Ancienne messe

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Ancienne messe

Rite tridentin

Dans la liturgie catholique, le rite tridentin dĂ©signe la forme du rite romain employĂ©e dans l'Église catholique entre le concile de Trente et la rĂ©forme liturgique entreprise par Paul VI Ă  la fin des annĂ©es 1960 - qui fait Ă©voluer le rite romain de façon sensible. On parle de rite tridentin pour tout ce qui concerne la cĂ©lĂ©bration de la messe (Missel romain) et des autres sacrements (Rituel romain), la liturgie des heures ou l’office divin (brĂ©viaire romain) et les autres cĂ©rĂ©monies liturgiques (Rituel romain et CĂ©rĂ©monial des Ă©vĂȘques).

L'autel prĂȘt pour la messe selon la forme extraordinaire du rite romain

On parle maintenant de « forme extraordinaire du rite romain Â»[1]. Le terme extraordinaire signifie simplement qu'il ne s'agit pas de la forme normalement employĂ©e[2]. On utilise aussi les expressions « rite ancien Â», « rite traditionnel Â», « messe de saint Pie V Â», « livres de 1962 Â», « missel de Jean XXIII Â» ou rite tridentin.

L’adjectif « tridentin Â» (de Trente en Italie) est appliquĂ© Ă  cette forme du rite romain parce que le concile de Trente, dans sa derniĂšre session du 4 dĂ©cembre 1563, a confiĂ© au pape Pie IV la rĂ©vision du Missel et du BrĂ©viaire. Le pape suivant, Pie V, a promulguĂ© les Ă©ditions rĂ©visĂ©es du BrĂ©viaire (9 juillet 1568) et du Missel (14 juillet 1570)[3]. Il a rendu obligatoire l’utilisation de ces deux textes dans toute l’Église latine, en faisant exception uniquement pour les lieux et communautĂ©s oĂč un autre rite a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ© pendant plus de deux cents ans. C’est ainsi que, entre autres, le rite ambrosien, le rite mozarabe et les rites de plusieurs instituts religieux ont pu continuer lĂ©galement leur existence.

MalgrĂ© la promulgation d'un nouveau missel par le pape Paul VI en 1970, la « forme extraordinaire Â» du rite romain n'a jamais Ă©tĂ© abrogĂ©e dans l'Église catholique, ce qu'a confirmĂ© le motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoit XVI en juillet 2007. C'est ce document qui rĂšgle dĂ©sormais l'usage de la forme extraordinaire du rite romain pour la messe, les sacrements, l'office divin et le cĂ©rĂ©monial des Ă©vĂȘques.

Sommaire


Pour une information plus gĂ©nĂ©rale sur la liturgie, priĂšre publique de l’Église, qui se traduit par diffĂ©rents rites variant selon le temps et l’espace, voir : Liturgie catholique.
Pour une information plus gĂ©nĂ©rale sur la liturgie romaine et son Ă©volution au cours des siĂšcles, voir : Histoire du rite romain.

La messe

Pour une information plus gĂ©nĂ©rale sur la messe, cĂ©rĂ©monie entourant le mystĂšre de l’Eucharistie, voir : Messe.

Historique de la messe tridentine

La rĂ©vision du missel ayant Ă©tĂ© ordonnĂ©e par le concile de Trente, saint Pie V codifia ce qui Ă©tait le missel de l'Église de Rome en 1570 et en Ă©tendit l’usage Ă  toute l’Église latine. Ce missel Ă©tait quasi identique au premier missel imprimĂ© en 1474. La Messe dite « de Saint Pie V Â» est donc plus ancienne que sa date de promulgation. La liturgie tridentine n'en est pas moins un tĂ©moin de la tradition ecclĂ©siastique[4] dont le Saint-SiĂšge a souhaitĂ© que l'usage soit maintenu et prĂ©servĂ© comme un trĂ©sor de la tradition commune[5].

ƒuvre du Concile

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Le Concile de Trente, rĂ©uni entre 1542 et 1563, en Ă©tablissant son « exposition de la doctrine touchant le sacrifice de la messe [6] Â», lors de sa XXIIe session du 17 septembre 1562, veut dĂ©fendre la doctrine catholique sur la messe des errements issus de la rĂ©forme protestante. Pour cela, le concile Ă©nonce les fondements doctrinaux du « saint sacrifice de la messe Â», et rappelle dans le dĂ©cret conclusif quelques principes pratiques Ă  respecter et s’opposant Ă  certaines mauvaises habitudes.

Le pape Pie V répond à la demande du concile avec la bulle Quo primum[7], par laquelle, il promulgue, le 14 juillet 1570, son édition du Missel romain.

« La rĂ©forme tridentine a Ă©tĂ© un retour de la liturgie Ă  une forme en accord avec les sources et missels qui ont connu leur apogĂ©e Ă  l’époque de GrĂ©goire VII (1073- 1085). [...] La rĂ©forme tridentine concernait le summum de la liturgie dans les rĂ©formes papales de GrĂ©goire VII (1073-1085) Ă  Innocent III (1198-1216). Il ne s’agissait pas prĂ©cisĂ©ment d’un dĂ©sir d’évacuer les innovations et Ă©volutions liturgiques mĂ©diĂ©vales.[...] Bref, pour moi comme pour beaucoup d’universitaires, le concile de Trente s’est contentĂ© de retirer de la messe toute trace de superstition, de nouveautĂ© ou d’hĂ©tĂ©rodoxie. Ceci est confirmĂ© par la grande similaritĂ© entre le missel de 1570 et les rituels mĂ©diĂ©vaux de la curie — et donc le missel de 1474. Â» [8].
« Et, Ă  la vĂ©ritĂ©, le Missel de 1570 s’éloigne trĂšs peu du Missel de 1474, la toute premiĂšre Ă©dition imprimĂ©e, lequel rĂ©pĂšte dĂ©jĂ  fidĂšlement le Missel du temps du pape Innocent III. En outre, s’ils ont fourni quelques corrections du texte, les manuscrits de la BibliothĂšque vaticane n’ont cependant pas permis que les recherches relatives aux « auteurs anciens et approuvĂ©s Â» remontent au-delĂ  des commentaires liturgiques du Moyen Âge.»[9] ,
« Le missel qui parut en 1570 sur l’ordre de saint Pie V ne se diffĂ©renciait que par d’infimes dĂ©tails de la premiĂšre Ă©dition imprimĂ©e du Missale romanum publiĂ©e juste cent ans plus tĂŽt Â» [10].

Saint Pie V a fixĂ© dans l’Ordinaire de la messe (Ordo Missae) les priĂšres au bas de l’autel, qui antĂ©rieurement Ă©taient rĂ©citĂ©es, au choix du prĂȘtre, comme prĂ©paration personnelle, soit dans la sacristie, soit pendant la procession Ă  l’autel, soit au pied de l’autel. Il a aussi ajoutĂ© tout ce qui se trouve aprĂšs l'Ite, missa est : bĂ©nĂ©diction, dernier Ă©vangile.

Changements ultérieurs de la liturgie tridentine

Les changements qui ont suivi, jusqu’au XXe siĂšcle, la promulgation du Missel romain de Pie V furent moins profonds. Les Ă©ditions « tridentines Â» du Missel reportaient le texte des bulles de promulgation des rĂ©visions des papes ClĂ©ment VIII (1604) et Urbain VIII (1634), et aussi celle du pape saint Pie X, qui en rĂ©formant la rĂ©citation du Psautier, annonçait son intention de rĂ©viser aussi le Missel. Mais sa mort en 1914 l’empĂȘche de mener Ă  bien ce projet. Le pape Pie XII, suite Ă  la publication de l’encyclique Mediator Dei en 1947, sur les principes de la liturgie, entama une rĂ©vision plus profonde du Missel, par une rĂ©novation radicale des formules et des cĂ©rĂ©monies de la Semaine sainte en 1955[11].

En effet, la liturgie n’est pas figĂ©e : dans la liturgie catholique romaine, la forme de la messe — qui se traduit par le Missel — est en constante et lente Ă©volution, sans rupture : c’est ce qu’on appelle « l’évolution organique de la liturgie Â»[12]. Des nouvelles Ă©ditions du Missel ont Ă©tĂ© publiĂ©es rĂ©guliĂšrement. Elles n’apportent gĂ©nĂ©ralement que des Ă©volutions mineures (ajout d’un formulaire pour une fĂȘte de saint ou changement dans les rubriques, par exemple), mais elles furent parfois plus importantes:

  • Des modifications nombreuses furent apportĂ©es dĂšs 1604, Ă  trente-quatre ans de la promulgation du missel de Pie V[13] : abolition de la priĂšre Ă  dire en entrant dans l’église, du mot « omnibus Â» dans les deux priĂšres qui suivaient la rĂ©citation du Confiteor, de la mention de l’empereur dans le canon de la messe, de la triple bĂ©nĂ©diction Ă  la fin de la messe solennelle.
  • RĂ©forme de la semaine sainte en 1956.
  • Ajout de saint Joseph dans le canon lui-mĂȘme, fin 1962.

Ainsi, le Missel romain Ă©ditĂ© en 1962, date de sa sixiĂšme Ă©dition « typique Â», la derniĂšre avant la rĂ©vision du pape Paul VI, avait continuĂ© sa lente Ă©volution depuis sa promulgation initiale. Au dĂ©but de cette Ă©dition de 1962, Jean XXIII indiquait que « les grands principes commandant la rĂ©forme de l’ensemble de la liturgie doivent ĂȘtre proposĂ©s aux PĂšres au cours du prochain concile ƓcumĂ©nique Â». C'est ce missel de Jean XXIII qui est l'Ă©dition de rĂ©fĂ©rence[14] pour l'usage de ce rite au sein de l'Église catholique.


Les rites de la messe tridentine

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La rĂ©fĂ©rence liturgique des cĂ©rĂ©monies de la messe est le Missel romain, surtout les RubricĂŠ generales Missalis (rubriques gĂ©nĂ©rales du Missel) et le Ritus servandus in celebratione MissĂŠ (rite Ă  suivre dans la cĂ©lĂ©bration de la messe), avec, aprĂšs 1911, les changements introduits par la bulle Divino afflatu du pape Pie X et prĂ©sentĂ©s dans le Missel sous le titre Additiones et Variationes in Rubricis Missalis, auxquels on peut ajouter les modifications du pape Jean XXIII de l’an 1962.

Historiquement, dans le dĂ©veloppement de la liturgie au dĂ©but du Moyen Âge, la messe pontificale (messe solennelle dite par un Ă©vĂȘque) est Ă  l’origine des autres formes (messe en prĂ©sence pontificale, messe solennelle avec diacre et sous-diacre, messe chantĂ©e avec encens, messe chantĂ©e sans encens, messe parlĂ©e, messe basse) qui furent plus ou moins normalisĂ©es au cours du temps. À son tour la messe basse a influencĂ© les autres formes, par exemple en imposant au prĂȘtre de rĂ©citer Ă  voix basse les chants de la chorale et aussi l’épĂźtre pendant que le sous-diacre la chantait dans la messe solennelle.

La messe, quand elle est chantĂ©e, fait intervenir un certain nombre d’acteurs qui vont tous, Ă  des degrĂ©s diffĂ©rents, avoir un rĂŽle dans l’action liturgique.

  • Le prĂȘtre est l’acteur majeur et indispensable : il agit « in persona Christi Â» pour l’offrande du sacrifice propitiatoire qui renouvelle l’unique sacrifice.
  • Les servants de messe assurent le « service du chƓur Â». Le cĂ©rĂ©moniaire assiste et guide le prĂȘtre dans le dĂ©roulement des rites (il remplace le prĂȘtre assistant du rituel pontifical). Les acolytes, au nombre de deux, sont les porte-lumiĂšres. Ils se tiennent prĂšs de la crĂ©dence sur laquelle sont posĂ©es les burettes. Le thurifĂ©raire porte l’encensoir et l’encens. Le porte-croix mĂšne les processions d’entrĂ©e et de sortie. D’autres services existent et permettent de solenniser davantage le rite : porte-navette (adjoint au thurifĂ©raire), cĂ©rofĂ©raire (porte-cierge), etc.
  • La chorale a la charge de chanter le « propre Â» de la messe, et soutenir le chant de l’assistance. Selon l’adage « chanter, c’est prier deux fois Â» [15], elle se doit d’assurer une liturgie fervente. « L’Église reconnaĂźt dans le chant grĂ©gorien le chant propre de la liturgie romaine [16] Â»
  • L’assemblĂ©e (l'ecclesia en latin) (ou la foule, ou le peuple) participe par sa priĂšre, par sa tenue, Ă©ventuellement par son chant, des parties communes de la messe. Traditionnellement en thĂ©ologie catholique, toutes les parties de l’Église assistent Ă  la messe : l’église militante (les baptisĂ©s vivants), l’église souffrante (les Ăąmes du purgatoire) et l’église triomphante (les saints). Cependant, jusqu’à la rĂ©forme liturgique consĂ©cutive Ă  Vatican II, l’assistance n’était jamais mentionnĂ©e dans les rubriques, et jouait un rĂŽle presque exclusivement passif, d'assistance Ă  la cĂ©rĂ©monie. C’est pour rĂ©affirmer le rĂŽle propre de l’assistance que le Concile de Vatican II a demandĂ© qu’elle ait une participation « actuosa Â», un rĂŽle dans l’action d’ensemble.

Entrée

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La messe commence par l’entrĂ©e du clergĂ© en procession : l’encens reprĂ©sente la priĂšre qui monte vers Dieu, la croix est encadrĂ©e par les acolytes et, derriĂšre eux, par le cĂ©rĂ©moniaire qui guide le prĂȘtre. En entrant dans le chƓur, chacun fait le geste d’adoration dĂ©fini (soit gĂ©nuflexion, soit inclination profonde). Le prĂȘtre se place alors au pied des marches de l’autel avec le cĂ©rĂ©moniaire, pendant que les servants de messe gagnent leurs places. Les fidĂšles et la chorale assistent Ă  cette procession debout, gĂ©nĂ©ralement en chantant un « chant d’entrĂ©e Â» (souvent en langue vernaculaire). Le dimanche, Ă  la grand-messe, a lieu le rite de l’aspersion, on chante l'antienne Asperges me, remplacĂ© de PĂąques Ă  la TrinitĂ© par l'antienne Vidi aquam.

Puis, par le signe de la croix, commencent alors les priĂšres au bas de l’autel. Avec le psaume 42, Judica me, le prĂȘtre demande Ă  Dieu sa purification pour ĂȘtre digne d’accomplir le saint-sacrifice. « Juge-moi, Dieu, et sĂ©pare ma cause de celle d’une nation impie ; de l’homme inique et trompeur dĂ©livre-moi, car tu es mon Dieu et ma force. – Ps. Envoie ta lumiĂšre et ta vĂ©ritĂ© ; qu’elles me mĂšnent et me conduisent vers ta sainte montagne et vers ton tabernacle'  Â»

Se placent ici le confiteor, rĂ©citĂ© d’abord par le prĂȘtre puis par les servants au nom de la foule. Pendant ce temps, la chorale chante l'introit, priĂšre d’entrĂ©e qui fait partie du propre de la messe. Puis le prĂȘtre monte Ă  l’autel.

Ces priĂšres ne datent que du Xe siĂšcle. Elles se disaient autrefois Ă  la sacristie. Saint Pie V les a rendues obligatoires et uniformes au XVIe siĂšcle, et les a incorporĂ©es Ă  la Messe. Le mouvement du renouveau liturgique avait recommandĂ© aux fidĂšles de s'unir Ă  ces priĂšres, ce qui a Ă©tĂ© finalement consacrĂ© par la rĂ©forme liturgique de Vatican II.

Historiquement, les cĂ©rĂ©monies d'entrĂ©e dĂ©rivent des processions qui conduisaient le clergĂ© Ă  l'Ă©glise stationnaire, oĂč la Messe de la station devait ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©e. Le chant d'entrĂ©e est un chant de procession ; le Kyrie est initialement un reste de litanie chantĂ©e en procession ; et les priĂšres prĂ©paratoires et formules pĂ©nitentielles Ă©taient rĂ©citĂ©es par le clergĂ© quand, arrivĂ© Ă  la sacristie, il se prĂ©parait pour la Messe proprement dite. Dans cette perspective historique, l'ouverture de la Messe proprement dite est le premier acte liturgique qui lui est strictement rattachĂ©, l'invitation oremus introduisant la collecte, prononcĂ©e au moment oĂč le rassemblement est achevĂ©.

Messe des catéchumÚnes

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Cette premiĂšre partie de la messe tient son nom des premiers temps du christianisme : cette partie, trĂšs didactique, avec lectures et prĂ©dication, a comme but principal l’instruction et l’édification des fidĂšles. Les prĂ©parants au baptĂȘme (encore non-membres de la communautĂ©) Ă©taient conviĂ©s Ă  cette partie qui s’adressait particuliĂšrement Ă  eux.

Dans la messe solennelle ou grand-messe, pendant que la chorale chante l'introit et le kyrie (en grec), le prĂȘtre dit Ă  voix basse (avec le diacre et le sous-diacre) les priĂšres au bas de l’autel, puis monte Ă  l’autel, le baise en disant d’autres priĂšres, et lit, toujours Ă  voix basse, l’introit et le Kyrie. Le Kyrie s'adresse aux trois personnes de la sainte TrinitĂ©. Puis le prĂȘtre entonne le Gloria repris en alternance par la chorale. Cette hymne Ă©tait dans les premiers siĂšcles chantĂ©e Ă  la seule fĂȘte de NoĂ«l. Le Gloria fut ensuite chantĂ© toutes les messes de fĂȘtes. C'est une hymne de gloire en l'honneur des trois Personnes divines montrant les quatre finalitĂ©s de la messe : l'adoration, l'action de grĂąces, la propitiation (ou rĂ©conciliation par le pardon des pĂ©chĂ©s) et la supplication (demande de bienfaits). Le Gloria n'est pas d'usage notamment aux temps de pĂ©nitence que sont l'Avent et le CarĂȘme, ainsi que lorsque les ornements sacerdotaux sont noirs ou violets.

Puis l’oraison est prononcĂ©e solennellement par le prĂȘtre. Tous se joignent Ă  la priĂšre de l’Église par la rĂ©ponse Amen (mot hĂ©breu).

Dans la forme la plus simple (la messe basse), il n’y a pas de chorale, ni d’assistance de diacre et sous-diacre. Le prĂȘtre rĂ©cite les priĂšres au bas de l’autel en alternance avec le servant. La participation de toute l’assemblĂ©e pour les rĂ©ponses et les rĂ©citations en alternance a commencĂ© Ă  ĂȘtre pratiquĂ©e, initialement en Belgique et en Allemagne, surtout dans des monastĂšres et des sĂ©minaires, depuis le dĂ©but du XXe siĂšcle, mais malgrĂ© les encouragements du Saint-SiĂšge exprimĂ©s par des documents de 1922, 1935, 1947 (Mediator Dei) et 1958, l’usage de cette « missa dialogata Â» ne s’est que rarement gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă  cette Ă©poque. Il a fallu attendre l'impulsion de Vatican II, recommandant une participation « actuosa Â», pour que la pratique soit finalement gĂ©nĂ©ralisĂ©e.

Commencent alors les lectures : habituellement deux, y compris l’évangile. L’épĂźtre, extrait du Nouveau Testament (Ă©pĂźtre d’apĂŽtre, actes des apĂŽtres ou Apocalypse) ou de l'Ancien Testament, est chantĂ©e dans la grand-messe par le sous-diacre tournĂ© vers l'autel cĂŽtĂ© droit (appelĂ© cĂŽtĂ© EpĂźtre). Dans la messe basse le prĂȘtre la lit tournĂ© vers l’autel. Les chants du graduel et de l'Alleluia (mot hĂ©breu) - substituĂ© dans certains temps liturgiques par le trait - sont ordinairement des extraits de psaumes chantĂ©s par la chorale ou simplement lus par le prĂȘtre. Le peuple y assiste assis, puis se met debout pour la lecture de l’Évangile. Certains jours on chante en plus la SĂ©quence. Dans le Missale Romanum il en reste 5 : pour PĂąques (VictimĂŠ Paschali), la PentecĂŽte (Veni Sancte Spiritus), la FĂȘte-Dieu (Lauda Sion), Notre-Dame des Sept Douleurs (15 septembre - Stabat Mater) et enfin pour les messes des dĂ©funts et le 2 novembre (Dies IrĂŠ).

La lecture de l'Évangile est entourĂ©e d’un grand nombre de rites dans la messe solennelle. Le rite de l’encensement rappelle qu’alors que toutes les lectures bibliques sont Parole de Dieu, dans l’Évangile on parle directement du Christ. Les acolytes encadrent le diacre avec leurs cierges, car cette parole est la lumiĂšre du monde. Le diacre proclame solennellement l’Évangile en se plaçant au nord (thĂ©orique, si l'Ă©glise est orientĂ©e, c’est-Ă -dire Ă  la gauche de l’abside) : cette tradition mĂ©diĂ©vale veut insister sur le fait que la parole de Dieu est destinĂ©e Ă  disperser les tĂ©nĂšbres (reprĂ©sentĂ©es par la rĂ©gion plus Ă©loignĂ©e du soleil de midi). A l'imitation du diacre dans la grand-messe, dans la messe basse le prĂȘtre lit l’évangile au cĂŽtĂ© gauche de l’autel, Ă  demi tournĂ© vers ce nord thĂ©orique. Voici pourquoi on parle du cĂŽtĂ© Ă©vangile et du cĂŽtĂ© Ă©pĂźtre de l’autel.

Le prĂȘtre se rend ensuite Ă  la chaire ou et commence le sermon, qui n’est pas toujours en relation avec les lectures de la messe. Bien qu'il ait Ă©tĂ© recommandĂ© par le concile de Trente, l’Ordinaire tridentin de la messe ne mentionne pas le sermon ; Ă  l’Évangile suit immĂ©diatement le credo (profession de foi), si la messe du jour le prĂ©voit. Le Credo a Ă©tĂ© introduit dans la messe de rite romain au temps de l’empereur Henri II (1002-1024). Court rĂ©sumĂ© de la doctrine catholique, il exprime la foi des conciles de NicĂ©e et de Constantinople, dont il porte le nom de « Symbole de NicĂ©e-Constantinople Â».

Puis le prĂȘtre se tourne vers le peuple et prononce : « Dominus vobiscum Â» et « Oremus Â», sans ajouter aucune priĂšre particuliĂšre. C’est ce qui dans la messe tridentine est restĂ© des « priĂšres des fidĂšles Â», les intentions de priĂšre de l’Église en gĂ©nĂ©ral et de la communautĂ© en particulier. Ces priĂšres — (dont l'origine remonterait Ă  saint Martin de Tours) — subsistaient dans certaines paroisses avant le sermon sous le nom de « priĂšres du prĂŽne Â». Elles ont Ă©tĂ© rĂ©introduites par les rĂ©formes liturgiques qui ont suivi le concile Vatican II.

Messe des fidĂšles, le Saint Sacrifice

Offrande du calice à l’offertoire
Offertoire

Dans les premiers temps de l’Église, le diacre faisait se retirer les catĂ©chumĂšnes et les pĂ©nitents. Dans le rite byzantin, il subsiste une formule de renvoi des catĂ©chumĂšnes. Il ne restait que les « fidĂšles Â» : c’est de ce fait que cette partie de la messe tient son nom.

L’offertoire commence. Le prĂȘtre offre Ă  Dieu le pain, en le priant d’accepter « cette hostie sans tache Â» pour ses pĂ©chĂ©s personnels, pour ceux qui sont prĂ©sents et pour tous les chrĂ©tiens fidĂšles ; puis le vin, en l’appelant « calice de salut Â».

Dans la grand-messe, lors du rite d’encensement, on encense les offrandes, l’autel, le crucifix, puis le prĂȘtre, les clercs et enfin les fidĂšles : l’encens traduit en effet l’honneur que l’on doit Ă  Dieu seul, et on reconnaĂźt par lĂ  la prĂ©sence de Dieu spĂ©cifique en chacun de ces membres. AprĂšs ce rite, vient prendre place le lavabo : en rĂ©citant le psaume 25, le prĂȘtre reconnaĂźt son indignitĂ© et demande Ă  Dieu la purification. Il prie la Sainte TrinitĂ© d’agrĂ©er le sacrifice par le Suscipe, sancta Trinitas et demande ensuite la priĂšre de la foule par l'Orate fratres. C’est lĂ  que s’insĂšre la priĂšre sur les offrandes ou SecrĂšte.

Préface et Canon

Le cĂ©lĂ©brant dialogue avec la chorale ou les acolytes, en indiquant quels doivent ĂȘtre les sentiments du peuple qui entre alors dans la cĂ©lĂ©bration du mystĂšre eucharistique. « Sursum corda Â» - « habemus ad Dominum Â» (Haut les cƓurs - Nous les tournons vers le Seigneur), « Gratias agamus Domino Deo nostro Â» - « Vere dignum et justum est Â» (Rendons grĂące au Seigneur notre Dieu - Cela est digne et juste.)

Le prĂȘtre entonne alors la prĂ©face, dont la musique d’une grande sĂ©rĂ©nitĂ© faisait dire Ă  Mozart qu’il donnerait toute son Ɠuvre pour l’avoir Ă©crite. La prĂ©face est un chant de gratitude pour ses bienfaits, surtout ceux qui ont relation avec la fĂȘte du jour. Les textes de la prĂ©face sont au nombre de quinze pour les diffĂ©rentes pĂ©riodes du calendrier liturgique. Ils terminent toujours en rappelant et en s’unissant avec les louanges des anges et des saints au ciel : « Saint, saint, saint, le Seigneur, le Dieu tout-puissant Â» (Is 6,3; Apoc 4,8).

Le premier verset du Sanctus est une citation d’IsaĂŻe « Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire Â» (Is 6,3), le deuxiĂšme est tirĂ© de saint Mathieu « BĂ©ni soit celui qui vient au nom du Seigneur Â» (Math 21,9).

Miniature extraite du Livre d’heures du marĂ©chal de Boucicaut

Dans la grand-messe, alors que le prĂȘtre le rĂ©cite Ă  voix basse et dĂ©bute en silence le canon, la chorale chante le Sanctus.

Le prĂȘtre s’incline profondĂ©ment et commence le canon. Cette « rĂšgle officielle de la grande priĂšre sacrificielle Â» [17] est fixĂ©e depuis le Ve siĂšcle et n’a Ă©voluĂ© que d’un mot en 1962, lorsque Jean XXIII ajouta saint Joseph au Communicantes. Depuis le haut Moyen Âge, cette priĂšre est dite Ă  voix basse (elle doit ĂȘtre labialisĂ©e par le prĂȘtre - les rubriques prĂ©cisent « dicit Â»).

Te igitur : c’est le PĂšre que, profondĂ©ment inclinĂ©, le prĂȘtre supplie d’agrĂ©er le sacrifice de son Fils par la grĂące de ce mĂȘme Christ. In primis : en premier lieu le prĂȘtre prie pour l’Église et ses gardiens : le pape et les Ă©vĂȘques (mais aussi le roi dans les monarchies catholiques). Memento : le prĂȘtre prie pour tous les assistants Ă  la messe et leurs proches. Mais aussi pour tous les chrĂ©tiens unis par la pensĂ©e et la priĂšre et qui ne sont pas prĂ©sents. Le cĂ©lĂ©brant marque une interruption dans la rĂ©citation du canon pour placer les intentions particuliĂšres de cette messe. Communicantes, Par les mĂ©rites acquis par la Vierge Marie et tous les saints, l’Église demande Ă  Dieu d’accorder secours et protection Ă  tous les chrĂ©tiens.

Hanc igitur : le prĂȘtre Ă©tend les mains sur les offrandes : au nom de l’Église, le prĂȘtre remet la direction du sacrifice Ă  Dieu qui seul sauve. À cet instant, un acolyte sonne la clochette : les fidĂšles savent maintenant que le mystĂšre de la transsubstantiation va s’accomplir et le plus grand silence souligne le mystĂšre. Les rubriques prĂ©cisent que les paroles de consĂ©cration sont prononcĂ©es secrete, c’est-Ă -dire d’une maniĂšre distincte ou isolĂ©e, sĂ©parĂ©e du reste, faisant ainsi valoir le mystĂšre qu’elles reprĂ©sentent.

Quam oblationem : le prĂȘtre en appelle Ă  la grĂące divine pour que le sacrifice s’accomplisse selon Sa volontĂ©.

Qui Pridie : s’identifiant au Christ dont il accomplit plusieurs des gestes, le prĂȘtre reproduit la sainte CĂšne du jeudi-saint et rĂ©cite les mots par lesquels le pain puis le vin deviennent le Corps et le Sang du Sauveur. Est alors renouvelĂ© sacramentellement de maniĂšre non sanglante le sacrifice de la croix. Depuis le Xe siĂšcle, l’élĂ©vation permet au peuple de contempler et adorer le corps et le sang sous les espĂšces du pain et du vin.

Unde et memores : le prĂȘtre continue la rĂ©citation silencieuse. Il offre Ă  Dieu les biens parfaits qui sont maintenant sur l’autel. Supra quae : ces offrandes sont alors comparĂ©es aux deux grands sacrifices agrĂ©ables Ă  Dieu de l’Ancien Testament : celui d’Abel et celui de MelchisĂ©dech. Supplices : le prĂȘtre demande que « le saint Ange de Dieu Â» porte cette offrande parfaite au ciel, afin que ceux qui participent au sacrifice sur Terre en retirent grĂące et bĂ©nĂ©diction. Memento : le prĂȘtre prie alors pour les dĂ©funts et marque une interruption pour citer les intentions particuliĂšres. Nobis quoque : ce sont les fidĂšles prĂ©sents, pĂ©cheurs, qui demandent le bonheur Ă©ternel, non pas grĂące Ă  leurs mĂ©rites si faibles, mais par le pardon octroyĂ© par Dieu. Per quem : et c’est le Christ qui Dieu crĂ©e, sanctifie, fait vivre, bĂ©nit et donne ses bienfaits.

Per ipsum : par le Christ, avec le Christ et en le Christ, le peuple chrĂ©tien peut rendre Ă  Dieu honneur et gloire.

Amen : en rĂ©pondant ainsi, la chorale ou les acolytes signifient l’adhĂ©sion du peuple chrĂ©tien Ă  la grande priĂšre.

Communion et fin de la messe
Partition du Pater Noster grégorien

Le Pater Noster est chantĂ© par le prĂȘtre seul, les fidĂšles s’unissant Ă  la priĂšre du prĂȘtre en chantant la derniĂšre demande « Sed libera nos a malo Â» ( mais dĂ©livrez nous du mal ). Cette habitude remonte au dĂ©but du Moyen Âge : en effet le pape GrĂ©goire le Grand affirmait au VIe siĂšcle : « La priĂšre du Seigneur, chez les Grecs, est dite par tout le peuple ; chez nous par le prĂȘtre seul Â»[18] . Et saint Augustin ajoutait : « Dans l’église, on rĂ©cite chaque jour Ă  l’autel de Dieu cette oraison dominicale, que les fidĂšles Ă©coutent Â»[19]. Le prĂȘtre dĂ©veloppe cette derniĂšre demande par la priĂšre Libera nos.

La fraction de l’hostie rĂ©unit deux rites antiques : la fraction du pain est symbole d’unitĂ© : un mĂȘme pain, rompu et distribuĂ© ; la commixtion (un morceau d’hostie est mĂȘlĂ© au sang dans le calice) symbolise l’union entre le prĂȘtre et l’évĂȘque, rappel d’un rite ancien oĂč cette parcelle Ă©tait envoyĂ©e par l’évĂȘque Ă  chacun de ses prĂȘtres. Le prĂȘtre prononce alors les mots pax domini sit semper vobiscum : ces paroles sont la formule qu’emploie l’évĂȘque Ă  la place du Dominus Vobiscum.

La chorale entonne alors l'Agnus Dei que le prĂȘtre rĂ©cite de son cĂŽtĂ©. Suit la premiĂšre priĂšre Domine Jesu Christe demandant la paix pour l’Église. Lors de la messe solennelle, le rite de la paix a alors lieu : le cĂ©lĂ©brant baise l’autel (car la paix vient du Christ), puis donne la paix au diacre. Celui-ci la transmet alors au sous-diacre et au reste du chƓur.

Les deux « priĂšres avant la communion Â» (Domine Jesu Christe et Perceptio Corporis tui), que le prĂȘtre prononce silencieusement, proviennent des formules mĂ©diĂ©vales de dĂ©votion privĂ©es avant la communion, et ont Ă©tĂ© prescrites par le missel de saint Pie V. La premiĂšre Ă©tait dĂ©jĂ  recommandĂ©e par Alcuin, le liturgiste de Charlemagne ; la deuxiĂšme date du Xe siĂšcle.

La communion dĂ©crite dans le Missel tridentin se limite Ă  celle du prĂȘtre : rĂ©pĂ©tant les paroles du centurion de CapharnaĂŒm, « Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo et sanabitur anima mea Â» (Math 8, 8) (Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon Ăąme sera guĂ©rie), il communie au corps puis au sang du Christ.

Au XVIe siĂšcle, la communion des fidĂšles Ă©tait assez exceptionnelle, et faisait l’objet d’un « Ordo Administrandi Sacram Communionem Intra Missam Â» sĂ©parĂ© de l’Ordo Missae, venant en complĂ©ment Ă  la communion du cĂ©lĂ©brant. L’organisation de cet Ordo est la suivante : Pendant la prĂ©paration, le servant rĂ©cite le Confiteor au nom des communiants (ceux-ci peuvent se prĂ©parer de mĂȘme Ă  la communion). En 1962, ce Confiteor a Ă©tĂ© supprimĂ©. L’Ordo Missae, qui ne contenait pas l’« Ordo Administrandi Â», n’a pas Ă©tĂ© touchĂ© par ce changement. Toutefois, dans de nombreuses paroisses, on rĂ©citait toujours le Confiteor. Le cĂ©lĂ©brant se rend cĂŽtĂ© Ă©vangile et se tourne vers l’assemblĂ©e (en faisant attention Ă  ne pas tourner le dos au Saint Sacrement) pour dire le Misereatur et l'Indulgentiam. Puis les fidĂšles rĂ©citent Ă  leur tour trois fois l’invocation Domine, non sum dignus.

La nécessité d'une communion fréquente a souvent été réaffirmée par le magistÚre dÚs la fin du XIXe siÚcle, et la pratique s'en est généralisée au fil du XXe siÚcle.

Pendant le rite de communion et l’action de grĂące, la chorale exĂ©cute le chant de communion, antienne qui accompagnait le chant d’un psaume dans les premiers temps de l’Église.

Le prĂȘtre proclame ensuite la priĂšre aprĂšs la communion (ou « postcommunion Â») demandant Ă  Dieu que cette rencontre avec son Fils soit rĂ©ellement profitable.

Le prĂȘtre renvoie alors l’assemblĂ©e par la formule qui a donnĂ©e son nom Ă  la messe : Ite, missa est veut dire littĂ©ralement « allez, c’est l’envoi Â». Puis il bĂ©nit l’assemblĂ©e. Cette bĂ©nĂ©diction Ă©tait historiquement celle du cĂ©lĂ©brant se rendant Ă  la sacristie, qui a fini par ĂȘtre incorporĂ©e dans le rite de la Messe.

Le dernier Ă©vangile, qui a Ă©tĂ© supprimĂ© en 1965, est fixĂ© relativement rĂ©cemment, au XVIe siĂšcle : c’est habituellement le prologue de saint Jean qui est lu, mĂȘme si en certaines occasions, ce peut ĂȘtre un autre Ă©vangile (en particulier le Jeudi saint ou le jour de NoĂ«l). On le voit apparaĂźtre dĂšs le XIe siĂšcle, lorsque, par piĂ©tĂ©, les fidĂšles rĂ©clament la lecture d’un autre passage d’Évangile Ă  leur curĂ©. Cette habitude se dĂ©veloppe au cours des siĂšcles suivant, et est fixĂ©e dĂ©finitivement par saint Pie V.[20]

Le BrĂ©viaire et l’office

L’office, ou la cĂ©lĂ©bration des heures canoniales, est la priĂšre publique de l’Église Ă  laquelle tout clerc doit participer, soit en communautĂ©, soit en privĂ©. Un prĂȘtre n’est dispensĂ© de dire chaque jour son brĂ©viaire qu’en cas de maladie grave, d’impossibilitĂ© physique, ou d’empĂȘchement rĂ©sultant de fonctions prolongĂ©es et imprĂ©vues; la suspense, l’interdit, l’excommunication ou la dĂ©position ne dispensent pas du brĂ©viaire (canon 276 §2), en revanche la perte de l’état clĂ©rical (canon 290) suspend cette obligation. Le concile Vatican II a recommandĂ© Ă  l’ensemble des fidĂšles de s’unir Ă  cette priĂšre officielle et perpĂ©tuelle de l’Église.

Jusque vers le XIIIe siĂšcle, l’office divin ne se disait qu’au chƓur parce qu’il exigeait un grand nombre de livres, peu portatifs Ă  cause de leur volume. Il fallait le psautier, l’Ancien et le Nouveau Testament, l’Homiliaire renfermant les Ă©crits des PĂšres de l’Église, le Martyrologe pour la vie des Saints, l’Antiphonaire donnant la suite des antiennes, l’Hymnaire pour les hymnes et le Collectaire pour les collectes ou oraisons.

Le brĂ©viaire est le livre qui synthĂ©tise et regroupe l’ensemble de ces Ă©lĂ©ments, dans une version adaptĂ©e au clergĂ© sĂ©culier. Il est publiĂ© par Pie V par la bulle Quod a nobis du 7 juillet 1568. Il compte huit offices rĂ©partis sur la nuit et la journĂ©e : matines au milieu de la nuit, laudes Ă  l’aurore, prime Ă  la premiĂšre heure du jour, tierce Ă  la troisiĂšme heure, sexte Ă  midi, none en milieu d’aprĂšs-midi, vĂȘpres en fin d’aprĂšs-midi (au lever de l’étoile Vesper : VĂ©nus), complies avant le coucher.

Le Breviarium romanum est lĂ©gĂšrement modifiĂ© par le Pape ClĂ©ment VIII par la bulle Cum in Ecclesia, du 10 mai 1602, puis par le Pape Urbain VII, par la bulle Divinam psalmodiam, du 25 janvier 1631. Le 1er novembre 1911, Le pape saint Pie X promulgue une rĂ©forme plus importante de l’élĂ©ment central du BrĂ©viaire, le psautier, par la constitution apostolique Divino afflatu.[21]

Par le Motu proprio Summorum Pontificum, le pape accorde la possibilitĂ© d'employer le brĂ©viaire romain dans son Ă©dition de 1962 Ă  « tous les clercs dans les ordres sacrĂ©s Â»[22]

Le Rituel et l’administration des sacrements

C’est en 1614, que Paul V publie le premier rituel romain, il renferme les priĂšres et les rites employĂ©s dans l’administration des sacrements de BaptĂȘme, de PĂ©nitence, d’Eucharistie, d’ExtrĂȘme-Onction et de Mariage, ainsi que pour les formules des bĂ©nĂ©dictions, et les rĂšgles Ă  observer pour les processions, les funĂ©railles, etc. Plusieurs rĂ©visions auront lieu au cours des siĂšcles, en particulier sous le pape BenoĂźt XIV. La derniĂšre version dite « tridentine Â» date de Pie XI. Le motu proprio Summorum Pontificum, dans son article 9 accorde l'emploi du rituel romain dans son Ă©dition en vigueur sous Jean XXIII, Ă  la disposition du curĂ© « s’il juge que le bien des Ăąmes le rĂ©clame Â».

Emploi moderne

Suite au travail effectuĂ© par le mouvement liturgique entre 1850 et 1950, l’idĂ©e se fait jour d’une rĂ©forme gĂ©nĂ©rale de la liturgie catholique romaine. Cet effort de rĂ©flexion trouve son achĂšvement par la constitution Sacrosanctum concilium du concile Vatican II, publiĂ©e en 1963, qui promeut une certaine simplification des rites pour atteindre plus exactement l’essence de la liturgie. En 1969, le pape Paul VI publie la premiĂšre Ă©dition typique du rite romain rĂ©novĂ©.

Cet Aggiornamento de la liturgie fut critiquĂ© Ă  l’époque, la principale critique Ă©tant que ces livres restaurĂ©s ne s’inscrivent plus dans le dĂ©veloppement organique de la liturgie. Les protestations contre les abus liturgiques multiples accomplis au nom du concile[23] vont reprendre cet argument. Des thĂ©ologiens et liturgistes, tels le pĂšre Louis Bouyer dĂšs 1968 dans La dĂ©composition du catholicisme[24] ou le cardinal Joseph Ratzinger dans L’esprit de la liturgie[25] en 2001, vont s’élever face Ă  ces abus qui, pour eux, ne peuvent se prĂ©tendre hĂ©ritiers du concile.

Les opposants Ă  la rĂ©forme liturgique de 1969, tels Mgr Lefebvre, dĂ©noncent le caractĂšre « Ă©quivoque Â» de la nouvelle liturgie promulguĂ©e par Paul VI, qui serait, selon eux, susceptible de permettre une interprĂ©tation protestante de la messe. Ils reprochent notamment Ă  la rĂ©forme liturgique d’avoir affaibli et obscurci la conception traditionnelle de la messe (tel que son caractĂšre propitiatoire par exemple) afin de faciliter le dialogue avec les communautĂ©s protestantes. De ce point de vue, la modification de la liturgie est symptomatique d’une volontĂ© de modification apportĂ©e par le concile Vatican II. Mgr Lefebvre dĂ©clare : « On ne peut modifier profondĂ©ment la lex orandi sans modifier la lex credendi. À messe nouvelle correspond catĂ©chisme nouveau, sacerdoce nouveau, sĂ©minaires nouveaux, universitĂ©s nouvelles, Église charismatique, pentecĂŽtiste, toutes choses opposĂ©es Ă  l’orthodoxie et au magistĂšre de toujours. Â»[26]. Pour les mouvements proches de la FraternitĂ© sacerdotale Saint-Pie-X, la rĂ©forme liturgique n’est donc pas acceptable, car elle n’a pas seulement touchĂ© aux formes du culte mais aussi Ă  son essence.

CommencĂ© en France et en Suisse simultanĂ©ment, ce que les dĂ©fenseurs du rite tridentin appelĂšrent parfois le « combat pour la messe Â»[27] s’est Ă©tendu Ă  d’autres pays, quoique dans une moindre mesure. Parmi les sociĂ©tĂ©s de prĂȘtres « traditionalistes Â» utilisant les formes tridentines on trouve la FraternitĂ© sacerdotale Saint-Pie-X, en rupture de communion avec Rome depuis 1988 et l’excommunication de son supĂ©rieur Ă  l’occasion des sacres d’évĂȘques sans mandat pontifical, puisqu’elle refuse de se soumettre Ă  l’exercice de son magistĂšre ordinaire. On trouve aussi une multitude d’instituts et mouvements agissant au sein de l’Église dans le cadre du Motu proprio Ecclesia Dei.

Pour plus d'Ă©lĂ©ments sur la querelle liturgique Ă  la fin du XXe siĂšcle, voir : La mise en application du concile Vatican II et FraternitĂ© sacerdotale Saint-Pie-X.
Bénédiction selon le rite tridentin.

DĂšs 1971, en Angleterre, par l'indult Agatha Christie[28], le Saint-SiĂšge permet la pratique du rite tridentin, dans certaines conditions. Cet indult est Ă©tendu Ă  l’Église universelle par la lettre Quattuor abhinc Annos[29]de 1984 puis, suite Ă  la consĂ©cration d’évĂȘque sans l’accord pontifical au sein de la FraternitĂ© Saint-Pie-X, par le Motu proprio Ecclesia Dei en 1988.

Aujourd'hui, l'usage du rite tridentin dans toute l'Église catholique de rite latin est rĂ©git par le motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.

D'aprĂšs une Ă©valuation de l'Ă©vĂȘque traditionaliste Bernard Fellay, en 2007, 20% des nouveaux prĂȘtres français qui sont ordonnĂ©s, le seraient pour cĂ©lĂ©brer l'« ancienne messe Â», soit dans le cadre du motu proprio, soit dans la mouvance de la fraternitĂ© Saint-Pie-X.

Aspects canoniques

L’ordo de 1962 n’est plus aujourd’hui la « forme ordinaire Â» du rite romain, mais il en est considĂ©rĂ© comme la « forme extraordinaire Â». D'abord une simple concession, soumise au bon vouloir de l'Ă©vĂȘque, initialement accordĂ©e Ă  la suite de la lettre Quattuor abhinc annos et du motu proprio Ecclesia Dei en 1988, l'usage du rite ancien selon les livres de Bienheureux Jean XXIII a Ă©tĂ© complĂštement libĂ©ralisĂ© par le motu proprio Summorum Pontificum en 2007.

Article dĂ©taillĂ© : Summorum Pontificum (motu proprio).

L’usage de cette forme ancienne du rite romain au titre de l’indult a initialement Ă©tĂ© accordĂ© Ă  des sociĂ©tĂ©s sacerdotales comme la fraternitĂ© Saint-Pierre (en septembre 1988[30]), et pour la premiĂšre fois en tant que « rite exclusif Â» Ă  l’Institut du Bon-Pasteur, Ă©rigĂ© en sociĂ©tĂ© de vie apostolique de droit pontifical le 8 septembre 2006. Pour les prĂȘtres de ces sociĂ©tĂ©s, la dispense rĂ©sulte de leur appartenance mĂȘme Ă  la communautĂ© ; ils sont donc tenus de cĂ©lĂ©brer leurs messes suivant les livres liturgiques tridentins. « Enfin, aux membres de cet Institut, elle confĂšre le droit de cĂ©lĂ©brer la liturgie sacrĂ©e, en utilisant, et vraiment comme leur rite propre, les livres liturgiques en vigueur en 1962, Ă  savoir le missel romain, le rituel romain et le pontifical romain pour confĂ©rer les ordres, et aussi le droit de rĂ©citer l’office divin selon le brĂ©viaire romain Ă©ditĂ© la mĂȘme annĂ©e Â»[31].

De nos jours, la cĂ©lĂ©bration privĂ©e (messe sans le peuple) selon l'ordo de 1962 est permise Ă  tout prĂȘtre de rite latin. La cĂ©lĂ©bration publique selon l'ordo de 1962 peut ĂȘtre effectuĂ©e avec l'accord du curĂ© (ou recteur du lieu) « dans les paroisses oĂč il existe un groupe stable de fidĂšles attachĂ©s Ă  la tradition liturgique antĂ©rieure Â»[32]. Les instituts de vie consacrĂ©e et les sociĂ©tĂ©s de vie apostolique peuvent choisir le missel du Bienheureux Jean XXIII pour leur cĂ©lĂ©bration conventuelle ou communautaire.

En France, 83 diocĂšses sur 94 (chiffre d'avril 2008) donnent la possibilitĂ© d'assister Ă  la liturgie traditionnelle avec l'autorisation de l'Ă©vĂȘque diocĂ©sain ; toutes catĂ©gories confondues, les catholiques assistant rĂ©guliĂšrement Ă  la messe dans le rite tridentin reprĂ©sentent environ 100 000 fidĂšles[33]. En Belgique, six diocĂšses font de mĂȘme, trois diocĂšses en Suisse, le diocĂšse de Luxembourg, 147 diocĂšses aux États-Unis sur les 178 de rite latin (juillet 2008), etc. La messe et l’office tridentin sont Ă©galement cĂ©lĂ©brĂ©s dans plusieurs abbayes et communautĂ©s religieuses, entre autres Ă  Fontgombault, Ă  Randol ou au Barroux.

Ordo ancien et autorité liturgique

Afin de disposer d’une rĂ©fĂ©rence, c’est « par dĂ©finition Â» la derniĂšre Ă©dition de 1962 qui est retenue comme norme de la forme traditionnelle de la Messe. « Dans la cĂ©lĂ©bration des sacrements, les livres liturgiques approuvĂ©s par l’autoritĂ© compĂ©tente seront fidĂšlement suivis; c’est pourquoi personne n’y ajoutera, n’en supprimera ou n’y changera quoi que ce soit de son propre chef. Â» (Canon 846)

Pour ce qui est de la lettre, par nature, les rubriques de l’ordo de 1962 sont ce qu’elles Ă©taient en 1962, et ne sont pas actualisĂ©es. Cependant, pour que cette « forme liturgique et disciplinaire antĂ©rieure Â» puisse ĂȘtre utilisĂ©e dans une cĂ©lĂ©bration liturgique vivante et manifestant la « communion ecclĂ©siale Â», l’application du motu proprio impose de facto des adaptations.

MĂȘme rĂ©alisĂ©e sous sa forme traditionnelle, la liturgie reste soumise Ă  l’autoritĂ© qu’a l’Église sur la pratique des sacrements. « Les sacrements Ă©tant les mĂȘmes pour l’Église tout entiĂšre et faisant partie du dĂ©pĂŽt divin, il revient Ă  la seule autoritĂ© suprĂȘme de l’Église [
] de fixer ce qui a trait [
] au rite Ă  observer dans leur cĂ©lĂ©bration. Â» (Canon 841). Quand l’Église prescrit une nouvelle rĂšgle Ă  observer pour la liturgie romaine, il faut dĂ©terminer s’il est nĂ©cessaire, pour respecter la dĂ©rogation accordĂ©e en faveur de la liturgie ancienne, de dĂ©roger Ă©galement Ă  cette nouvelle rĂšgle ; ou si cette nouvelle rĂšgle, par sa nature, doit Ă©galement s’appliquer Ă  la cĂ©lĂ©bration suivant une liturgie traditionnelle. Dans ce dernier cas, l’ordo de 1962 ne peut pas ĂȘtre observĂ© Ă  la lettre.

Les usages liturgiques traditionnels restent sous l’autoritĂ© de l’ordinaire (l’évĂȘque ayant juridiction sur un diocĂšse ou un institut ecclĂ©siastique), qui veille Ă  leur opportunitĂ© et « veillera Ă  ce que des abus ne se glissent pas dans la discipline ecclĂ©siastique, surtout en ce qui concerne le ministĂšre de la parole, la cĂ©lĂ©bration des sacrements et des sacramentaux Â» (Canon 392). Le Motu proprio de 1988 a mis en place la commission Ecclesia Dei « pour collaborer avec les Ă©vĂȘques locaux dans le but de satisfaire de nombreux groupes de fidĂšles liĂ©s Ă  la tradition liturgique Latine qui demandent de pouvoir cĂ©lĂ©brer rĂ©guliĂšrement la Messe dans leurs diocĂšses selon le rite de 1962 Â»[34], c’est elle qui est l’intermĂ©diaire entre les Ă©vĂȘques et les congrĂ©gations romaines au sujet du rite tridentin. Le rĂŽle de cette commission a Ă©tĂ© confirmĂ© et Ă©largi par le motu proprio Summorum Pontificum, c'est elle qui rĂ©gle l'ensemble des difficultĂ©s associĂ©es Ă  la cĂ©lĂ©bration de l'ancienne forme de la liturgie romaine.

Évolutions rĂ©centes de la « forme extraordinaire Â»

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Assemblée et langue vernaculaire

Les pratiques actuelles de la messe tridentines ne sont pas toujours conformes Ă  la lettre du Missel qu’elles prĂ©tendent respecter. Ainsi, aucune rubrique ne fait rĂ©fĂ©rence Ă  une quelconque participation de l’assemblĂ©e : dans l’ordo tridentin, la Messe est conçue comme une cĂ©rĂ©monie n’impliquant que le chƓur, l’assistance Ă©tant libre d’aller et venir Ă  sa convenance.

Dans la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle, le mouvement liturgique a beaucoup ƓuvrĂ© pour une meilleure participation de l’assemblĂ©e Ă  la liturgie. La pratique de 1962 reflĂšte dĂ©jĂ  trĂšs largement ces efforts pour une participation accrue de l’Église militante. Les paroissiens romains (missel de poche Ă  l’usage des fidĂšles) de cette Ă©poque (en particulier le Missel quotidien et vespĂ©ral Dom Lefebvre) reflĂštent cet effort pour la liturgie, mais ces Ă©volutions ne sont en toute rigueur pas inscrites dans le Missel de rĂ©fĂ©rence, qui ne les incorporera dĂ©finitivement que dans sa rĂ©forme de 1969.

Certains amĂ©nagements ont parfois Ă©tĂ© introduits dĂšs le dĂ©but du XXe siĂšcle dans la messe pour faciliter la participation de l’assemblĂ©e — comme de permettre le chant du Pater par tous, la lecture de la SecrĂšte Ă  voix haute, de chanter la doxologie finale, ou de donner les lectures dans la langue de l’assemblĂ©e. Ces amĂ©nagements, ne dĂ©naturant pas le rite, dans la mesure oĂč ils ne touchent pas au symbolisme et n’affectent pas la dignitĂ© de la cĂ©rĂ©monie, Ă©taient parfois permis ou tolĂ©rĂ©s par les Ă©vĂȘques sans toutefois avoir l'accord de l'autoritĂ© romaine. L'instruction sur la liturgie « Inter oecumenici Â» en 1964, puis la rĂ©forme de l'Ordo Missae en 1965[35] vont officialiser ces changements[36].

Certaines de ces adaptations sont toujours appliquĂ©es dans les paroisses Ecclesia Dei, mais restent soumises Ă  l’approbation de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » : en effet, absolument personne d’autre [que le SiĂšge apostolique], mĂȘme prĂȘtre, ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie[37], et le droit concernant « l'ancien rite Â» accordent l'usage des livres de 1962 et non ceux des Ă©ditions postĂ©rieures.

En ce qui concerne les lectures, l’usage de doubler les lectures latines par des traductions vernaculaires Ă©tait admis, comme le confirme la lettre du Saint-Office du 17 octobre 1956 sur ce sujet, mais la suppression du latin au profit de la langue de l’assemblĂ©e pour les lectures n’a Ă©tĂ© autorisĂ©e qu’aprĂšs le Concile par une ordonnance de l’épiscopat français le 14 janvier 1964[38]. Le motu proprio Summorum Pontificum rĂšgle cette question, en prĂ©cisant (article 6) que les lectures peuvent Ă  prĂ©sent ĂȘtre faites en langue vernaculaire, « utilisant des Ă©ditions reconnues par le SiĂšge Apostolique Â» (ce qui est le cas, a priori, du lectionnaire officiel Ă©ditĂ© dans la langue vernaculaire).

Intégration du calendrier liturgique

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Dans le cadre normal de la cĂ©lĂ©bration selon les livres de 1962, le calendrier liturgique utilisĂ© est celui Ă©tabli par le « code des rubriques Â» publiĂ©s par Jean XXIII en 1960. Celui-ci n’a bien Ă©videmment pas pu prendre en compte certaines nouvelles fĂȘtes, ou changement de statut de certains saints. Ainsi Padre Pio n’est pas dans les livres de 1962, de mĂȘme que sainte ThĂ©rĂšse de Lisieux n’est pas encore docteur de l’Église.

La rĂšgle initiale Ă©tait celle Ă©tablie par la lettre apostolique Quattuor abhinc annos en 1984 « On ne devra faire aucun mĂ©lange entre les textes et les rites des deux missels.[29] Â». En pratique, les textes des messes propres de saint Padre Pio ou saint Maximilien Kolbe ne sont pas inscrits dans les missels en usage dans les paroisses de rite tridentin, et ils ne sont pas mentionnĂ©s dans les calendriers liturgiques qui y sont employĂ©s. Cependant, les textes propres publiĂ©s par la congrĂ©gation pour le culte divin peuvent thĂ©oriquement ĂȘtre utilisĂ©s avec l’ordinaire tridentin, car ils ne sont pas dĂ©diĂ©s Ă  un ordo missae.[39]

En 2007, la lettre d'introduction au motu proprio Summorum Pontificum annonce que cette question devra ĂȘtre Ă©tudiĂ©e par la Commission pontificale « Ecclesia Dei »: « dans l'ancien Missel pourront et devront ĂȘtre insĂ©rĂ©s les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles prĂ©faces. Â» En 2008, la commission pontificale Ecclesia Dei a rĂ©pondu Ă  une question de la ConfĂ©rence Episcopale du Royaume-Uni Ă  propos des fĂȘtes liturgiques d'obligation, en posant le principe que : « les fĂȘtes liturgiques doivent ĂȘtre communes Ă  tous les catholiques de rite romain, quelle que soit la forme liturgique utilisĂ©e. Â»[40]

Annexes

Notes et références

  1. ↑ depuis le motu proprio Summorum Pontificum publiĂ© en juillet 2007 par le pape BenoĂźt XVI
  2. ↑ Le Pape BenoĂźt XVI prĂ©cise dans la lettre aux Ă©vĂȘques accompagnant le motu proprio : « il faut dire avant tout que le Missel, publiĂ© par Paul VI et rĂ©Ă©ditĂ© ensuite Ă  deux reprises par Jean-Paul II, est et demeure Ă©videmment la Forme normale – la Forma ordinaria – de la liturgie Eucharistique. Â» Voir la lettre du pape aux Ă©vĂȘques en ligne
  3. ↑ « Le missel qui parut en 1570 sur l’ordre de saint Pie V ne se diffĂ©renciait que par d’infimes dĂ©tails de la premiĂšre Ă©dition imprimĂ©e du Missale romanum publiĂ©e juste cent ans plus tĂŽt Â» Cardinal Joseph Ratzinger, aujourd’hui pape sous le nom de Benoit XVI : La cĂ©lĂ©bration de la Foi, p. 84 - chez TĂ©qui, 2003
  4. ↑ « Je suis d’avis que l’on devrait accorder beaucoup plus gĂ©nĂ©reusement Ă  tous ceux qui le souhaitent le droit de conserver l’ancien rite. On ne voit pas d’ailleurs ce que cela aurait de dangereux ou d’inacceptable. Une communautĂ© qui dĂ©clare soudain strictement interdit ce qui Ă©tait alors pour elle tout ce qu’il y a de plus sacrĂ© et de plus haut, et Ă  qui l’on prĂ©sente comme inconvenant le regret qu’elle en a, se met elle-mĂȘme en question Â». Cardinal Joseph Ratzinger, Le sel de la terre.
  5. ↑ Voir le motu proprio Summorum Pontificum.
  6. ↑ texte du concile de Trente
  7. ↑ Texte de la bulle Quo Primum sur le site Salve Regina
  8. ↑ PĂšre Romano Tommasi Liturgie postconciliaire : faits et contradictions dans Catholica n°86, hiver 2004
  9. ↑ PrĂ©sentation gĂ©nĂ©rale du Missel romain 2002 PrĂ©ambule §7 sur le site cĂ©rĂ©moniaire.net
  10. ↑ Cardinal Joseph Ratzinger: La cĂ©lĂ©bration de la Foi, p.84, Ă©ditions TĂ©qui, 2003
  11. ↑ Publication 1955, mise en Ɠuvre pour Pñques 1956
  12. ↑ Voir à ce sujet L'encyclique Mediator Dei de Pie XII sur le site Salve Regina
  13. ↑ The Tridentine Mass, article (en) de Paul Cavendish
  14. ↑ cf article 1 du motu proprio Summorum Pontificum
  15. ↑ saint Augustin, Enarratio in Psalmos (72, 1)
  16. ↑ Constitution Sacrosanctum concilium §116, sur le site du Vatican
  17. ↑ Dom G. Lefebvre, osb dans Missel vespĂ©ral quotidien
  18. ↑ GrĂ©goire le grand, Lettre Ă  Jean de Syracuse (Epist. IX, 26).
  19. ↑ Saint Augustin Sermo 58, n°12.
  20. ↑ Voir le paragraphe Origine et antiquitĂ© de la rĂ©citation de l’évangile de saint Jean Ă  la fin de la messe dans l’article de l’abbĂ© Olivier sur le site Salve Regina
  21. ↑ sur cette partie, voir Introduction au brĂ©viaire latin-français, Ă©ditions Labergerie, 1934, par le P. Hogueny, OP, sur le site Salve Regina
  22. ↑ Summorum Pontificum Art. 9. § 3. Tout clerc dans les ordres sacrĂ©s a le droit d’utiliser aussi le BrĂ©viaire romain promulguĂ© par le bienheureux Pape Jean XXIII en 1962
  23. ↑ Voir Michel de Saint-Pierre Les fumĂ©es de Satan 1976, Ă©dition la Table Ronde
  24. ↑ L. Bouyer La dĂ©composition du catholicisme, rĂ©Ă©ditĂ© par Flammarion, 1992
  25. ↑ J. Ratzinger L’esprit de la liturgie, Ă©ditions ad solem, 2001
  26. ↑ DĂ©claration du 21 novembre 1974 de Mgr Lefebvre sur le site de la FSSPX
  27. ↑ Historique du combat pour la vraie messe extrait d’ItinĂ©raires, n° 288 - DĂ©cembre 1984
  28. ↑ Indult accordĂ© suite Ă  une requĂȘte signĂ©e par des intellectuels anglais, dont Agatha Christie, sur le site AMDG
  29. ↑ a  et b  Lettre Quattuor abhinc annos sur le site AMDG
  30. ↑ Voir le DĂ©cret de la commission Ecclesia Dei accordant l’usage des livres de 1962 Ă  la FSSP
  31. ↑ Commission Pontificale « Ecclesia Dei Â» DĂ©cret N° 118/2006, Ă©rection canonique de l’Institut du Bon-Pasteur
  32. ↑ Article 5 du motu proprio Summorum Pontificum
  33. ↑ Chantin, Jean-Pierre, « Les sectes en France. Marges et dissidences Â», dans VingtiĂšmre SiĂšcle, no. 66, avril-juin 2000, p. 67-78.
  34. ↑ prĂ©sentation de la commission Ecclesia Dei sur le site du Vatican
  35. ↑ rites de la messe en 1965 sur CĂ©rĂ©moniaire.net
  36. ↑ Ă©tude critique de l'ordo de 1965 par l'abbĂ© Dufour sur Salve Regina.com
  37. ↑ Sacrosanctum concilium §22.3
  38. ↑ PremiĂšre ordonnance de l’Épiscopat français sur le site cĂ©rĂ©moniaire.net. Ce texte pastoral s’applique de plein droit sur l’édition de 1962 car elle Ă©tait l’édition de rĂ©fĂ©rence de cette ordonnance.
  39. ↑ La cĂ©lĂ©bration de ces nouveaux saints n’est pas obligatoire faute de changement de Missel, mais aucune directive n’est Ă  vrai dire nĂ©cessaire dans de tels cas. Le propre de sainte ThĂ©rĂšse reste applicable mĂȘme aprĂšs sa proclamation comme docteur de l’Église (c’est la solution retenue par Solesmes); et la messe du commun des confesseurs non-pontifes peut ĂȘtre utilisĂ© pour le Padre Pio, du seul fait de sa canonisation, sans attendre une nouvelle Ă©dition du Missel tridentin. Les textes propres publiĂ©s par la congrĂ©gation pour le culte divin peuvent potentiellement poser un problĂšme de rĂ©gularitĂ© canonique, mais leur promulgation est en rĂ©alitĂ© indĂ©pendante de toute rĂ©fĂ©rence Ă  la version applicable du Missel. Cependant, quand la date de la fĂȘte n’est pas libre dans l’ancien calendrier, l’adaptation n’est pas toujours possible : Ainsi, saint Maximilien Kolbe dont la fĂȘte est le 14 aoĂ»t, ne peut ĂȘtre fĂȘtĂ© librement ce jour car c’est la date de la vigile de l’Assomption dans le missel de 1962. Dans une telle situation, compte tenu de la prĂ©sĂ©ance liturgique de la vigile de l'Assomption, la nouvelle fĂȘte devrait ĂȘtre dĂ©placĂ©e Ă  un autre jour par l'autoritĂ© compĂ©tente. Il n'est mĂȘme pas possible d'en cĂ©lĂ©brer la messe votive, vu la classe de la vigile (2Ăšme classe)
  40. ↑ ZENIT - Eclaircissements du Vatican sur les fĂȘtes liturgiques et le missel de 1962

Bibliographie

  • R.P. de ChivrĂ©, La messe de saint Pie V : commentaires thĂ©ologiques et spirituels, Touraine Micro Édition, Le Gros ChĂȘne,37460 ChemillĂ©-sur-Indrois, 2006, (ISBN 2-916043-06-3), 344p, [1]
  • Les rĂ©fĂ©rences au Droit Canon renvoient au code de droit canonique en vigueur depuis 1983.
  • PĂšre Martin de Cochem, Explication du Saint-Sacrifice de la Messe. Ouvrage allemand du XVIIe siĂšcle, traduit en français en 1891. Imprimatur 1900, rĂ©Ă©dition en texte intĂ©gral recomposĂ© Éditions D F T , ISBN 2-904770-44-5, 2003. (208 p.)
  • Jean-Jacques Olier, L’esprit des cĂ©rĂ©monies de la messe, Explication des cĂ©rĂ©monies de la grand’messe de paroisse selon l’usage romain, 1657 Le Forum Diffusion, 2004, (ISBN 2-915025-63-0), 418 p.
  • Dom Guy Oury, La Messe de saint Pie V Ă  Paul VI, Solesmes, SablĂ©-sur-Sarthe, 1975
  • Mgr Klaus Gamber, TournĂ©s vers le Seigneur, Ă©ditions sainte Madeleine, 1993.
  • Un moine de Fontgombault, La messe commentĂ©e, Introibo ad altare Dei, Ă©ditions Petrus et Stella, 1995 (ISBN 2-910769-01-1), 156p.
  • Dom Jean-Denis Chalufour, OSB La sainte Messe, hier, aujourd’hui et demain, Ă©ditions Petrus et Stella, 1998 (ISBN 2-910769-09-7), 344p.
  • R.P. de ChivrĂ©, La messe de saint Pie V : commentaires thĂ©ologiques et spirituels, Touraine Micro Édition,Le Gros ChĂȘne,37460 ChemillĂ©-sur-Indrois, 2006

Pour aller plus loin

Articles connexes


Les rites catholiques latins
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Rites liturgiques en vigueur

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Rite tridentin
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