Le Devoir

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Le Devoir
Le Devoir
Logo du journal Le Devoir

Pays Drapeau du Canada Canada
Langue Français
Périodicité Quotidien
Format Grand format
Genre Généraliste
Prix au numĂ©ro 1,10 $ (en semaine)
2,44 $ (samedi)
Diffusion 28 458 ex. (2008[1])
Fondateur Henri Bourassa
Date de fondation 10 janvier 1910
Éditeur Bernard Descîteaux
Montréal, Québec

Propriétaire Le Devoir inc.
Rédacteur en chef Josée Boileau
ISSN 0319-0722
Site web www.ledevoir.com

Le Devoir est un quotidien d'information quĂ©bĂ©cois publiĂ© Ă  MontrĂ©al, au QuĂ©bec (Canada). Il a Ă©tĂ© fondĂ© le 10 janvier 1910 par Henri Bourassa. Sa devise est « Fais ce que dois Â». En 2008, le journal possĂšde 349 000 lecteurs selon le PMB[2],[3].

Sommaire

Histoire

Henri Bourassa a quittĂ© le Parti libĂ©ral du Canada en 1899 aprĂšs s'ĂȘtre opposĂ© Ă  la dĂ©cision du premier ministre Wilfrid Laurier de participer Ă  la Seconde Guerre des Boers aux cĂŽtĂ©s de la Grande-Bretagne. Il fonde Le Devoir comme atout pour le nationalisme quĂ©bĂ©cois, en rĂ©action contre les lois et les mesures prises en AmĂ©rique du Nord contre le français.

Le 10 janvier 1908, Bourassa et quelques amis fondent une compagnie, La PublicitĂ©, vouĂ©e Ă  la promotion de la pensĂ©e nationaliste[4]. Leur projet mettra deux ans Ă  se concrĂ©tiser. Nombreux sont ceux qui demandent un quotidien indĂ©pendant, catholique et nationaliste, mais Ă  l'exception de Guillaume-Narcisse Ducharme, de la compagnie d'assurance La Sauvegarde, qui contribue la somme de 10 000 dollars, les souscripteurs ne se bousculent pas. Bourassa rĂ©unit finalement les 100 000 dollars nĂ©cessaires en aoĂ»t 1909[5].

Il installe son journal au 71A, rue Saint-Jacques, à cÎté de son concurrent Le Canada. Les conditions de travail sont difficiles et les salaires minimes, mais les collaborateurs de Bourassa, à l'image d'Omer Héroux, lui sont fidÚles[6].

Dans son premier Ă©ditorial, le 10 janvier 1910, Henri Bourassa n'y va pas par quatre chemins pour Ă©noncer les buts du journal : « Le DEVOIR dĂ©fendra les honnĂȘtes gens et dĂ©noncera les coquins[7]. Â»

Suit un exposĂ© de la situation politique du moment, oĂč il appuie l'opposition conservatrice Ă  l'AssemblĂ©e lĂ©gislative Ă  QuĂ©bec et reproche aux deux partis Ă  Ottawa de favoriser l'expansion de l'impĂ©rialisme britannique, de sacrifier les droits des minoritĂ©s francophones dans les nouvelles provinces de l'Ouest et de favoriser un climat oĂč rĂšgnent « l'opportunisme, les intrigues de partis ou, pis encore, la cupiditĂ© des intĂ©rĂȘts individuels Â»[7].

Il annonce ensuite son credo :

« Pour assurer le triomphe des idĂ©es sur les appĂ©tits, du bien public sur l'esprit de parti, il n'y a qu'un moyen : rĂ©veiller dans le peuple, et surtout dans les classes dirigeantes, le sentiment du devoir public sous toutes ses formes : devoir religieux, devoir national, devoir civique. De lĂ  le titre de ce journal qui a Ă©tonnĂ© quelques personnes et fait sourire quelques confrĂšres.
La notion du devoir public est tellement affaiblie que le nom mĂȘme sonne Ă©trangement Ă  beaucoup d'oreilles honnĂȘtes. Â»

— Henri Bourassa, Le Devoir, 10 janvier 1910[7].

Le mordant de Bourassa attire quelques grands journalistes de son Ă©poque : la premiĂšre page du premier numĂ©ro est signĂ©e des gens qui feront leur marque : Omer HĂ©roux, Armand Lavergne, Olivar Asselin et Jules Fournier qui — dans ce premier numĂ©ro —, signe le texte « Mon encrier Â» :

« C'est un bel encrier tout flambant neuf, rempli jusqu'au bord de bonne encre fraĂźche et claire. Oh ! le merveilleux liquide ! Comme il fera d'agrĂ©ables Ă©claboussures sur de certains visages ! Â»

— Jules Fournier, Le Devoir, 10 janvier 1910[8].

Henri Bourassa : le combat anti-impĂ©rialiste et religieux

Henri Bourassa

DĂšs ses dĂ©buts, Le Devoir dĂ©fend les causes de son fondateur. Le journal prend fait et cause contre le projet du gouvernement de Wilfrid Laurier de crĂ©er une marine canadienne, qui est vue comme une capitulation qui ne vise qu'Ă  satisfaire les intĂ©rĂȘts impĂ©riaux britanniques dans le cadre de la course aux armements Ă  laquelle se livrent les puissances europĂ©ennes. Les rĂ©dacteurs du journal sont cependant divisĂ©s sur le ton Ă  adopter. La fougue d'Olivar Asselin et de Jules Fournier rebute les annonceurs potentiels et Bourassa tente de calmer ses rĂ©dacteurs Ă  la plume agressive. Il Ă©chouera et les deux journalistes quitteront Le Devoir aprĂšs quelques mois[9].

Quelques annĂ©es aprĂšs son ouverture, les ventes du Devoir sont souvent tributaires des Ă©tats d'Ăąme de son fondateur et des controverses qu'il suscite. Au dĂ©but 1913, le journal a accumulĂ© une dette de 40 000 $ et se rĂ©organise. Une nouvelle compagnie, L'Imprimerie populaire limitĂ©e est constituĂ©e le 6 fĂ©vrier 1913[10].

Bourassa lance plusieurs appels Ă  soutenir Le Devoir Ă  la veille de la PremiĂšre Guerre mondiale. Des lecteurs rĂ©pondent Ă  l'appel et forment une sociĂ©tĂ© autonome de sympathisants, les Amis du Devoir. L'annĂ©e 1914 se termine avec un lĂ©ger profit et le banquet du 5e anniversaire, au cours duquel le fondateur du journal lance un appel passionnĂ©, permet de lever un capital supplĂ©mentaire de 150 000 $[11].

En 1917, Bourassa dĂ©nonce la loi sur la conscription que le gouvernement fĂ©dĂ©ral s'apprĂȘte Ă  imposer. À Ottawa, on envisage d'interdire la publication du Devoir, au moins temporairement, le temps d'adopter la lĂ©gislation. Mgr BruchĂ©si, archevĂȘque de MontrĂ©al, intercĂšde en faveur du journal, et Le Devoir poursuit sa campagne d'opposition. La conscription sera nĂ©anmoins adoptĂ©e le 24 juillet et dĂ©clenche des violences rĂ©prouvĂ©es par le fondateur du journal[12]. Le Devoir renoue avec Laurier, qui malgrĂ© tout sera battu par Borden lors de l'Ă©lection gĂ©nĂ©rale du 17 dĂ©cembre[13].

À la fin de la guerre, Bourassa prend du temps Ă  se remettre du dĂ©cĂšs de son Ă©pouse JosĂ©phine (nĂ©e Papineau)[14], le 26 janvier 1919, et celui de Laurier, survenu quelques jours plus tard. Il se tourne vers un « catholicisme intĂ©gral Â», pour reprendre l'expression de Pierre-Philippe Gingras, qui a Ă©crit un ouvrage sur les 75 premiĂšres annĂ©es du quotidien. Henri Bourassa se retire graduellement de la gestion courante — il quittera dĂ©finitivement la direction du Devoir en 1932 — pour laisser plus de place Ă  ses fidĂšles lieutenants Louis Dupire, Omer HĂ©roux et Georges Pelletier. En juin 1924, les bureaux dĂ©mĂ©nagent de la rue Saint-Vincent vers une ancienne manufacture de chaussures situĂ©e au 434, rue Notre-Dame Est, un Ă©difice qu'il occupera pendant prĂšs d'un demi-siĂšcle[15].

En dĂ©cembre 1928, Bourassa veut s'assurer de conserver au directeur du journal toute l'indĂ©pendance nĂ©cessaire face aux groupes politiques et aux intĂ©rĂȘts commerciaux. Il organise une structure afin de permettre au directeur de conserver la majoritĂ© des actions, soit 2 501 sur 5 000. Ces actions de L'Imprimerie populaire limitĂ©e sont remises Ă  une fiducie administrĂ©e par Bourassa et ses deux principaux collaborateurs ; Omer HĂ©roux et Georges Pelletier, avec interdiction de les vendre. Cette fondation donne en pratique un pouvoir total du directeur sur les orientations de l'entreprise, Ă  condition qu'il respecte l'essence des objectifs fixĂ©s par le fondateur. Le directeur siĂšge Ă©galement parmi les trois membres du conseil d'une seconde fondation, qui dĂ©tient un autre bloc de 951 actions. Le vote de cette fondation est nĂ©cessaire afin de poser certains gestes lĂ©gaux[16].

Georges Pelletier : conservatisme et conscription

Maxime Raymond, AndrĂ© Laurendeau et Henri Bourassa, lors d'une assemblĂ©e du Bloc populaire canadien, tenue au stade de Lorimier de MontrĂ©al, le 3 aoĂ»t 1944.

Trois ans plus tard, les administrateurs confient à Pelletier la tùche de demander le départ d'Henri Bourassa, qui nuit à la réputation du journal dans les milieux catholiques par ses déclarations controversées sur les relations entre les communautés religieuses québécoises et les capitalistes[17].

Bourassa cĂšde sa place de mauvaise grĂące le 3 aoĂ»t 1932[18], et avec Omer HĂ©roux comme rĂ©dacteur en chef, Georges Pelletier devient le deuxiĂšme directeur du Devoir. Sous sa direction, Pelletier instaure une « paisible continuitĂ© Â» ; le ton est toutefois moins virulent qu'au temps de Bourassa. Les campagnes d'abonnement fonctionnent mieux[19].

Le journal prend des positions indĂ©pendantes, mais conservatrices, soutenant Ă  un mois d'intervalle l'Ă©lection de Mackenzie King au fĂ©dĂ©ral tout en prenant ses distances du gouvernement Taschereau, qui rĂšgne sans interruption sur la scĂšne quĂ©bĂ©coise depuis 38 ans, lors de l'Ă©lection de novembre 1935 au QuĂ©bec[19]. Le journal couvre abondamment les travaux du comitĂ© des comptes publics et informe ses lecteurs, plus nombreux, des diffĂ©rents scandales qui ternissent les derniers mois du rĂ©gime libĂ©ral. Lors de l'Ă©lection suivante — dĂ©clenchĂ©e peu aprĂšs la dĂ©mission du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau, par son successeur, AdĂ©lard Godbout —, Pelletier donne son appui Ă  l'Union nationale de Maurice Duplessis. Le Devoir l'appuiera l'avocat trifluvien Ă  trois reprises entre 1935 et 1939[20].

C'est Ă©galement Ă  cette Ă©poque que le chanoine Lionel Groulx se joint Ă  l'Ă©quipe du journal. L'historien y publiera une quantitĂ© impressionnante de textes sous plusieurs noms de plume[21]. Cette pĂ©riode controversĂ©e de l'histoire du Devoir sera Ă©voquĂ©e par Jean-François Nadeau dans un cahier spĂ©cial, publiĂ© par le quotidien Ă  l'occasion de son 90e anniversaire : « Plusieurs Ă©tudes ont Ă©tĂ© consacrĂ©es depuis Ă  cette pĂ©riode trouble de l'histoire du journal, certaines plus enclines Ă  voir ce qu'elles comptent y trouver qu'autre chose, mais toutes observant les traits antidĂ©mocratiques, antiparlementaires et anticommunistes qui se dĂ©gagent alors de la lecture du quotidien du soir montrĂ©alais. Â»[22]

Le dĂ©clenchement de la Seconde Guerre mondiale et le retour au pouvoir des libĂ©raux viennent changer la donne pour le quotidien, qui perd ses contrats de publicitĂ© avec le gouvernement provincial ; le gouvernement Godbout prĂ©fĂ©rant encourager des journaux concurrents comme Le Canada et Le Soleil[23]. Comme en 1917, le journal critique l'idĂ©e d'Ă©tablir une conscription au Canada afin de renforcer les forces armĂ©es britanniques[13].

Le Devoir prend rapidement fait et cause pour la cause de la Ligue pour la dĂ©fense du Canada, un groupe nationaliste formĂ© en fĂ©vrier 1942 et regroupant, entre autres, GĂ©rard Filion, de l'Union catholique des cultivateurs, AndrĂ© Laurendeau, de la Ligue d'action nationale, Athanase FrĂ©chette, de la SociĂ©tĂ© Saint-Jean-Baptiste de MontrĂ©al et Jean Drapeau, des mouvements de jeunesse catholiques. Georges Pelletier se joint volontiers Ă  eux et Le Devoir prĂȘte sa voix volontiers aux initiatives et actions des opposants Ă  la conscription[23].

L'opposition Ă  la conscription fait rapidement l'objet d'un large consensus au QuĂ©bec, mais les rĂ©sultats du plĂ©biscite du 27 avril 1942 laissent apparaĂźtre un profond clivage entre anglophones et francophones. Le journal ne lĂąche pas prise et continue la lutte, donnant son appui au Bloc populaire, un mouvement politique issu de la bataille de la conscription[24].

GĂ©rard Filion : la guerre au duplessisme

AprĂšs la mort de Pelletier en janvier 1947, l'arrivĂ©e de GĂ©rard Filion Ă  titre de directeur du Devoir, le 10 avril 1947, marque un tournant dans l'histoire du journal. ÂgĂ© de seulement 38 ans et impliquĂ© dans les luttes tant sociales que nationalistes — il Ă©tait le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'union des cultivateurs catholiques et directeur de l'hebdomadaire La Terre de chez nous —, Filion reprĂ©sente l'arrivĂ©e d'une nouvelle gĂ©nĂ©ration au quotidien de la rue Notre-Dame[25]. « Je n'ai pas recherchĂ© la fonction de directeur du Devoir. Je n'ai pas intriguĂ© pour l'obtenir. J'ai mĂȘme hĂ©sitĂ© longtemps avant d'accepter, car je ne gagne rien au change Â»[26], annonce-t-il, deux jours aprĂšs l'annonce de sa nomination.

L'arrivĂ©e du nouveau patron s'accompagne d'un grand mĂ©nage dans la maison. En 1947, Le Devoir perd 5 000 $ par mois, sur un chiffre d'affaires de 30 000 $, l'Ăąge moyen des employĂ©s s'Ă©lĂšve Ă  60 ans et la moitiĂ© des 15 000 lecteurs sont des « amis sincĂšres Â» de l'Ɠuvre d'Henri Bourassa. Dans un marchĂ© oĂč 7 quotidiens se disputent l'attention des lecteurs, la tĂąche est immense et la survie du journal est encore une fois menacĂ©e[27].

MĂȘme s'il endosse encore l'Union nationale qui sollicite un second mandat Ă  l'Ă©tĂ© 1948, cet appui de Filion au parti de Maurice Duplessis est marquĂ© du sceau d'une certaine tiĂ©deur, notant que « son administration [Duplessis] ressemble en beaucoup de points Ă  celle de Taschereau : conservatisme exagĂ©rĂ©, liaison Ă©troite avec la rue Saint-Jacques Â», Ă©crit-il Ă  la veille de l'Ă©lection[28].

À cette Ă©poque, Le Devoir commence Ă  s'intĂ©resser de plus prĂšs aux problĂšmes sociaux. AprĂšs avoir combattu la « loi du cadenas Â», qui donnait de larges pouvoirs au gouvernement dans ses efforts de lutte anti-communiste, et donnĂ© l'appui du journal aux grĂ©vistes du textile Ă  Lachute, le journal rĂ©clame que le gouvernement s'occupe des nombreux cas d'amiantose enregistrĂ©s Ă  East Broughton, site de la mine de la Quebec Asbestos Company.

Pendant ce temps, la grĂšve de l'amiante Ă©clate Ă  la mine Johns-Manville d'Asbestos, le 14 fĂ©vrier 1949, et le directeur du Devoir dĂ©nonce contre la politique du gouvernement, qui transforme le QuĂ©bec en « forteresse [...] du capitalisme cupide Â». La position de Filion trouve un Ă©cho dans une partie du clergĂ©, oĂč on lit toujours le journal assidĂ»ment, Ă  commencer par l'archevĂȘque de MontrĂ©al. Mgr Joseph Charbonneau prend lui-mĂȘme position en faveur des ouvriers et organise des collectes de fonds pour venir en aide aux grĂ©vistes et Ă  leurs familles. Conscient de l'importance que prend l'affaire, le directeur du journal dĂ©pĂȘche GĂ©rard Pelletier comme envoyĂ© spĂ©cial dans les Appalaches. Ses dĂ©pĂȘches dĂ©crivent le climat d'extrĂȘme violence de ce conflit de travail et le lectorat augmente[29].

De retour Ă  MontrĂ©al aprĂšs son sĂ©jour Ă  Asbestos, Pelletier se voit confier un nouveau mandat par son patron. Me Pacifique Plante, un ancien greffier de la Cour municipale et enquĂȘteur de la police, aurait des rĂ©vĂ©lations fracassantes Ă  faire sur la criminalitĂ© qui rĂšgne sur le quartier du Red Light de MontrĂ©al. PrĂȘts usuraires, jeux illĂ©gaux et prostitution seraient endĂ©miques dans les cabarets montrĂ©alais[30]. Suivra une sĂ©rie de 62 articles qui dĂ©crivent l'infiltration de la pĂšgre dans le milieu des cabarets et l'inaction de la police. Les articles donnent des noms, des adresses et des dates[31]. Les rĂ©vĂ©lations publiĂ©es par Le Devoir choquent l'opinion publique, et en mars 1950, un ComitĂ© de moralitĂ© publique est formĂ© pour rĂ©clamer une enquĂȘte. Le comitĂ©, prĂ©sidĂ© par J.-Z.-LĂ©on Patenaude, s'adjoint l'aide d'un jeune avocat, Me Jean Drapeau, qui deviendra maire de MontrĂ©al quatre ans plus tard[30].

Dans les années 1950, des journalistes comme André Laurendeau mettent sévÚrement en doute la capacité de gouverner du premier ministre Maurice Duplessis. Une série d'articles de textes fracassants publiés en 1958 dévoilent les dessous d'un scandale financier impliquant des membres du gouvernement de l'Union nationale, et provoqueront ce qu'on a appelé le scandale du gaz naturel.

Sur le plan idĂ©ologique, on note une rupture nette avec le courant socialement conservateur des annĂ©es 1930 est consommĂ©e aprĂšs la guerre, Ă  l’époque de GĂ©rard Filion et d’AndrĂ© Laurendeau. Le journal Ă©volue alors vers une pensĂ©e sociale nettement plus progressiste. L’avocat du journal et membre de son conseil d’administration Jacques Perrault se prĂ©sente mĂȘme Ă  la direction du CCF (ancĂȘtre du NPD) en 1957. L’expression d’un nouveau nationalisme, teintĂ© de social-dĂ©mocratie et influencĂ© par les penseurs de dĂ©colonisation que sont Jacques Berque et Frantz Fanon, voit le jour dans les annĂ©es 1960, notamment sous la plus de Jean-Marc LĂ©ger[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Claude Ryan : le « pape de la rue Saint-Sacrement Â»

Claude Ryan prend le flambeau en 1964. Travailleur infatigable et conseiller informel des dirigeants politiques, Ryan dirige le journal en solitaire, contrairement à ses prédécesseurs qui s'entourent d'une équipe de proches collaborateurs.

Lors de la crise d'octobre 1970, il conseille au premier ministre Robert Bourassa de considérer avec prudence la ligne dure promue par certains conseillers et par le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau. Il signera une déclaration controversée avec des personnalités politiques afin de faire valoir ce point de vue.

Lors de la crise d'Octobre, Le Devoir est un des rares journaux Ă  faire preuve de modĂ©ration envers les rĂ©volutionnaires. Le directeur du temps, Claude Ryan — pourtant peu suspect d’accointances avec l'idĂ©ologie rĂ©volutionnaire du Front de libĂ©ration du QuĂ©bec —, estime que les mesures employĂ©es par le gouvernement fĂ©dĂ©ral pour lutter contre les felquistes dĂ©passent la raison. Plusieurs journalistes du Devoir ont Ă©tĂ© mis sous enquĂȘte par la Gendarmerie royale du Canada. La police fĂ©dĂ©rale canadienne a d'ailleurs Ă©tĂ© accusĂ©e Ă  cette occasion de violer la libertĂ© de presse.

Les efforts du journal pour lutter contre la corruption ont toujours Ă©tĂ© reconnus. Le 1er mai 1973, le chroniqueur judiciaire du journal, Jean-Pierre Charbonneau, est la victime d'un attentat perpĂ©trĂ© en pleine salle de rĂ©daction. Antonio « Tony Â» Mucci, un membre de la mafia montrĂ©alaise tire trois balles dans la direction du journaliste qui est atteint une fois, Ă  l'avant-bras. La main gauche de Charbonneau en est paralysĂ©e, mais aprĂšs plusieurs mois de physiothĂ©rapie, il en retrouve l'usage. Pour se protĂ©ger, il obtient un permis de port d'arme et, pendant les trois annĂ©es suivantes, le journaliste se dĂ©place avec un revolver de calibre 38.

Lors de l'Ă©lection gĂ©nĂ©rale de 1976, il en fait sourciller plusieurs lorsqu'il donne l'appui du journal au Parti quĂ©bĂ©cois de RenĂ© LĂ©vesque. En Ă©ditorial, il conclut que le parti souverainiste est celui « le plus apte Ă  procurer au QuĂ©bec le leadership dont il a besoin Â», tandis qu'un troisiĂšme mandat libĂ©ral enliserait « davantage le QuĂ©bec dans la stagnation politique et dans des jeux mesquins d'Ă©quilibrisme qui sont aux antipodes de la vraie vie politique Â»[32].

Il part en 1978 pour poursuivre une carriÚre en politique. Il se joindra au Parti libéral du Québec peu aprÚs.

AnnĂ©es 1980 : le temps des remises en question

Avec les années 1980, qui s'ouvrent par la défaite de l'option souverainiste au référendum de 1980, une récession majeure et un accord politique sur la constitution canadienne faite sans l'accord et en l'absence du Québec, le Québec des années 1980 traverse une période de remises en question. Le Devoir, sans directeur pendant presque trois ans, à compter du départ de M. Ryan n'échappe pas au phénomÚne.

Depuis 1990 : nouvelle assurance, nouveau dĂ©part

Lise Bissonnette devient la premiĂšre femme directrice du Devoir, le 1er juillet 1990, quelques jours aprĂšs le constat de l'Ă©chec de l'Accord du Lac Meech, de l'accession de Jean ChrĂ©tien au poste de chef de l'Opposition Ă  Ottawa, la crĂ©ation d'un nouveau groupe parlementaire fĂ©dĂ©ral, dirigĂ© par Lucien Bouchard qui se dĂ©clare en faveur de la souverainetĂ© du QuĂ©bec et la fameuse dĂ©claration de Robert Bourassa rappelant le droit du QuĂ©bec Ă  l'autodĂ©termination. Sans parler des problĂšmes financiers qui s'accumulent sur le journal.

Sous la gouverne de Lise Bissonnette, pendant les années 1990, le journal a pris des positions plus souverainistes. AprÚs une crise financiÚre, le journal est relancé sous une nouvelle maquette dont les principaux traits sont conservés en 2009.

Depuis 1993, Le Devoir est publiĂ© par Le Devoir inc., une nouvelle structure qui a permis d'accueillir des nouveaux actionnaires — parmi lesquels on retrouve le Fonds de solidaritĂ© FTQ, le Mouvement Desjardins, des lecteurs et des employĂ©s — tout en garantissant l'indĂ©pendance du journal prescrite par Henri Bourassa. L'Imprimerie populaire limitĂ©e, la sociĂ©tĂ© fondĂ©e en 1913 et placĂ©e sous le contrĂŽle du directeur de la publication, est toujours l'actionnaire majoritaire du journal[33].

Le Devoir ne se finance pas autant par la publicitĂ© que les autres journaux montrĂ©alais. Cependant, il fait plusieurs campagnes de financement. Sa direction et ses artisans aiment Ă  rappeler qu'il est le « seul journal indĂ©pendant Â» de langue française au QuĂ©bec[34], dans la mesure oĂč il n'appartient Ă  aucun des grands conglomĂ©rats qui dominent ce marchĂ©.

Sous la direction de Bernard DescĂŽteaux, en poste depuis 1999, la situation financiĂšre du journal s'est consolidĂ©e. Les revenus de l'entreprise se sont chiffrĂ©s Ă  16,5 millions CAD en 2006 et le bĂ©nĂ©fice avant intĂ©rĂȘts et amortissement Ă  512 000 CAD. En 2008, le journal a enregistrĂ© une perte de 71 497 CAD sur un chiffre d'affaires de 16,9 millions CAD, comparativement Ă  un bĂ©nĂ©fice de 318 000 CAD l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Cette lĂ©gĂšre perte s'explique notamment en raison de la hausse des coĂ»ts du papier, des dĂ©penses accrues provoquĂ©es par la tenue de deux campagnes Ă©lectorales en 2008[1].

Le Devoir a crĂ©Ă© son site web en juin 1997. Celui-ci reproduit le contenu intĂ©gral du journal avec des archives remontant Ă  1992. On y dĂ©nombre 1,2 million de « visiteurs uniques Â» par mois, dont 100 000 visiteurs rĂ©guliers.

MalgrĂ© un tirage toujours modeste de 28 458 exemplaires les jours de semaine et de 44 361 exemplaires le samedi[1], Le Devoir est une publication respectĂ©e parmi les journaux Ă  vocation politique et culturelle. Il est souvent considĂ©rĂ© comme le journal de rĂ©fĂ©rence par excellence au QuĂ©bec.[rĂ©f. nĂ©cessaire] Le tirage et le lectorat du Devoir ont constamment progressĂ© pendant les annĂ©es 2000, contrairement Ă  la plupart des autres quotidiens quĂ©bĂ©cois et canadiens.

Le rĂ©dacteur en chef du journal, Jean-Robert Sansfaçon, rĂ©sume ainsi la bonne santĂ© du journal Ă  l'approche du centenaire de sa fondation : « Ă€ une Ă©poque oĂč il est de bon ton de proclamer la mort prochaine de la presse Ă©crite, les rĂ©sultats du Devoir montrent que les journaux qui savent distinguer l’essentiel du superflu en offrant de l’information et des analyses de qualitĂ© Ă  leurs lecteurs trouvent toujours leur place dans le nouvel univers mĂ©diatique, sur papier et Ă  l’écran[1]. Â»

Liste des artisans actuels du « Devoir Â»

  • Bernard DescĂŽteaux, directeur et Ă©ditorialiste;
  • JosĂ©e Boileau, rĂ©dactrice en chef et Ă©ditorialiste;
  • Roland-Yves Carignan, directeur de l'information;
  • Jean-François Nadeau, directeur de l'information culturelle;
  • Marie Vastel, correspondante Ă  Ottawa;
  • HĂ©lĂšne Buzzeti, correspondante Ă  Ottawa;
  • Antoine Robitaille, correspondant Ă  QuĂ©bec;
  • Robert Dutrisac, correspondant Ă  QuĂ©bec;
  • Christian Rioux, correspondant Ă  Paris;
  • Michel David, chroniqueur politique;
  • Louis-Gilles Francoeur, chroniqueur environnemental;
  • Fabien DĂ©glise, chroniqueur consommation
  • Michel BĂ©lair, chroniqueur de thĂ©Ăątre;
  • Paul Cauchon, chroniqueur mĂ©diatique;
  • Jean Dion, chroniqueur sportif;
  • Danielle Laurin, chroniqueuse de littĂ©rature quĂ©bĂ©coise;
  • Louis Hamelin, chroniqueur littĂ©raire;
  • Odile Tremblay, chroniqueuse de cinĂ©ma;
  • Éric Desrosiers, chroniqueur Ă©conomique;
  • GĂ©rard BĂ©rubĂ©, chroniqueur Ă©conomique;
  • François Brousseau, chroniqueur d'information internationale (lundi seulement);
  • Denise Bombardier, chroniqueuse politique (samedi seulement);
  • Chantal HĂ©bert, chroniqueuse politique (lundi seulement, bimensuel);
  • Manon Cornellier, chroniqueuse politique;
  • Louis Cornellier, chroniqueur d'essais;
  • Garnotte, caricaturiste
  • Pauline Gravel, science;
  • Marie-AndrĂ©e Chouinard, Ă©ditorialiste;
  • Serge Truffaut, jazz et blues et Ă©ditoraliste international;
  • Kathleen LĂ©vesque ;
  • Alexandre Shields ;
  • Marco BĂ©lair-Cirino ;
  • Guillaume Bourgault-CĂŽtĂ© ;
  • StĂ©phane Baillargeon ;
  • Louise-Maude Rioux Soucy ;
  • Jeanne Corriveau ;
  • Brian Myles ;
  • Guy Taillefer ;
  • Claude LĂ©vesque ;
  • Martin Bilodeau ;
  • AndrĂ© Lavoie.

Directeurs

Piratage

Le 15 aoĂ»t 2011, un pirate informatique vandalise le site internet, Ă©crivant un faux article sur la mort du premier ministre du QuĂ©bec, Jean Charest[35]. Jean Charest prend avec humour la fausse annonce de son dĂ©cĂšs et remercie le Devoir d'avoir dĂ©menti l'information rapidement[36].

Notes et références

  1. ↑ a, b, c et d Jean-Robert Sansfaçon, « Hausse des ventes du Devoir Â», dans Le Devoir, vol. C, no 96, 2 mai 2009, p. A10 (ISSN 0319-0722) [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 2 mai 2009)] .
  2. ↑ Bernard DescĂŽteaux, « Le Devoir va bien Â», dans Le Devoir, 24 mai 2007 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 10 avril 2009)] .
  3. ↑ Jean-Robert Sansfaçon, « 301 000 lecteurs pour Le Devoir Â», dans Le Devoir, 13 mai 2006 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 10 avril 2009)] .
  4. ↑ Pierre-Philippe Gingras, Le Devoir, MontrĂ©al, Libre-Expression, 1985, 295 p. (ISBN 2-89111-204-0), p. 27 .
  5. ↑ Pierre-Philippe Gingras. op. cit., p. 28-29.
  6. ↑ Pierre-Philippe Gingras. op. cit., p. 32-33.
  7. ↑ a, b et c [PDF] Henri Bourassa, « Avant le combat Â», dans Le Devoir, vol. 1, no 1, 10 janvier 1910, p. 1 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 29 avril 2009)] .
  8. ↑ Jules Fournier, « Mon encrier Â», dans Le Devoir, vol. 1, no 1, 10 janvier 1910, p. 1 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 30 avril 2009)] .
  9. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 41.
  10. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 59.
  11. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 74-75.
  12. ↑ Henri Bourassa, « StĂ©riles violences Â», dans Le Devoir, 11 aoĂ»t 1917 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 1er mai 2009)] .
  13. ↑ a et b Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 77-78.
  14. ↑ ClairandrĂ©e Cauchy, « Anne Bourassa, 1906-2003 - La gardienne de la pensĂ©e d'Henri Bourassa s'Ă©teint Ă  97 ans Â», dans Le Devoir, 12 juin 2003 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 1er mai 2009)] .
  15. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 88.
  16. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 97-100.
  17. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 101-103.
  18. ↑ Gilles ParĂ©, « Le Devoir et ses directeurs Â», dans Le Devoir, 25 janvier 2003 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 2 mai 2009)] .
  19. ↑ a et b Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 111-113.
  20. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 115, 119.
  21. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 116.
  22. ↑ Jean-François Nadeau, « Les annĂ©es folles... Â», dans Le Devoir, 29 janvier 2000 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 2 mai 2009)] .
  23. ↑ a et b Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 119.
  24. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 121.
  25. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 131.
  26. ↑ GĂ©rard Filion, « Positions Â», dans Le Devoir, 12 avril 1947 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 2 mai 2009)] .
  27. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 137.
  28. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 139.
  29. ↑ Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 138-142.
  30. ↑ a et b Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 142-151.
  31. ↑ Pax Plante, « Lutte contre la pĂšgre : la farce recommence Â», dans Le Devoir, 29 novembre 1949 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 4 mai 2009)] .
  32. ↑ Marie-AndrĂ©e Chouinard, « Claude Ryan 1925-2004 - Homme de devoir Â», dans Le Devoir, 10 fĂ©vrier 2004 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 2 mai 2009)] .
  33. ↑ Gilles ParĂ©, « Le Devoir et ses directeurs Â», dans Le Devoir, 25 janvier 2003 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 29 avril 2009)] .
  34. ↑ L'Acadie nouvelle de Caraquet, au Nouveau-Brunswick est le seul autre quotidien francophone indĂ©pendant au Canada.
  35. ↑ Le Devoir, « Le site du Devoir piratĂ© Â» sur Le Devoir. Mis en ligne le 16 aoĂ»t 2011, consultĂ© le 17 aoĂ»t 2011
  36. ↑ Isabelle Porter, La Presse canadienne, « Le Devoir ciblĂ© par des pirates informatiques: Jean Charest rĂ©agit Â» sur Le Devoir. Mis en ligne le 16 aoĂ»t 2011, consultĂ© le 17 aoĂ»t 2011. « Le premier ministre Charest a pris avec humour la fausse nouvelle de son dĂ©cĂšs. Il en a profitĂ© pour remercier la direction du journal d’avoir rĂ©agi rapidement pour la dĂ©mentir. Â»

Voir aussi

Bibliographie

  • Pierre Anctil, Le Devoir, les Juifs et l'immigration : de Bourassa Ă  Laurendeau, QuĂ©bec, Institut quĂ©bĂ©cois de recherche sur la culture, 1988, 172 p. (ISBN 2892241138) 
  • Henri Bourassa, Le "Devoir" : ses origines, sa naissance, son esprit : discours prononcĂ© par M. Henri Bourassa, directeur du "Devoir" le 3 fĂ©vrier 1930, MontrĂ©al, 1930, 33 p. 
  • Henri Bourassa, Le "Devoir", son origine, son passĂ©, son avenir : discours de M. Henri Bourassa au Monument nationale 14 janvier 1915, MontrĂ©al, Imprimerie du Devoir, 1915, 53 p. 
  • Robert Comeau et Luc Desrochers, Le Devoir : un journal indĂ©pendant, 1910-1995, Sainte-Foy, Presses de l'UniversitĂ© du QuĂ©bec, 1996, 368 p. (ISBN 2-7605-0884-6) 
  • Guy Lachapelle, Claude Ryan et la violence du pouvoir : le Devoir et la Crise d'octobre 1970, ou, le combat de journalistes dĂ©mocrates, QuĂ©bec, Presses de l'UniversitĂ© Laval, 2005, 192 p. (ISBN 2-7637-8213-2) 
  • Robert Lahaise, Le Devoir : reflet du QuĂ©bec au 20e siĂšcle, LaSalle, Hurtubise HMH, 1994, 504 p. (ISBN 2-89428-027-0) 

Liens externes


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