Amiante

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Amiante
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Amiante
Amiante fibreux sur de la muscovite.
Amiante fibreux sur de la muscovite.
Général
No CAS chrysotile: 132207-32-0
amosite: 12172-73-5
crocidolite: 12001-28-4
Propriétés chimiques
Formule brute Mg3Si2O5(OH)4 (chrysotile)[1]
Propriétés physiques
T° fusion chrysotile : stable jusqu'Ă  ~550 Â°C.
(dĂ©shydratation complĂšte Ă  ~750 Â°C)
amphiboles : 400 Ă  600 Â°C (dĂ©shydratation).
900 Ă  1 000 Â°C (dĂ©composition) [1]
Précautions
Directive 67/548/EEC
Toxique
T
Phrases R : 45, 48/23,
Phrases S : 45, 53,
Transport
90
   2590   
[2]
SIMDUT[4],[5],[6]
Amiante :
D2A : MatiĂšre trĂšs toxique ayant d'autres effets toxiques
D2A,

Amosite :
D2A : MatiĂšre trĂšs toxique ayant d'autres effets toxiques
D2A,

Crocidolite :
D2A : MatiĂšre trĂšs toxique ayant d'autres effets toxiques
D2A,
SGH[7]
SGH08 : Sensibilisant, mutagĂšne, cancĂ©rogĂšne, reprotoxique
Danger
H350, H372,
Classification du CIRC
Groupe 1 : CancĂ©rigĂšne pour l'homme[3]
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.
Amiante.
Amiante.
Amiante bleue (crocidolite) provenant de Wittenoom (Australie de l'Ouest). La rĂšgle mesure 1 cm.
Amiante bleue montrant la texture fibreuse du minéral.

L’amiante (nom masculin[8]) est un terme dĂ©signant des minĂ©raux Ă  texture fibreuse utilisĂ©s dans l’industrie. Ce sont des silicates magnĂ©siens ou calciques ayant des propriĂ©tĂ©s rĂ©fractaires. Les diverses catĂ©gories d’amiante correspondent Ă  plusieurs espĂšces minĂ©rales :

L'amiante a attirĂ© l'attention des industriels Ă  la fin du XIXe siĂšcle en raison de sa rĂ©sistance Ă  la chaleur, aux agressions Ă©lectriques et chimiques, son pouvoir absorbant et sa rĂ©sistance Ă  la tension. Lorsque l'amiante est utilisĂ© pour sa rĂ©sistance Ă  la chaleur et au feu, il est mĂ©langĂ© Ă  du ciment ou entrelacĂ© dans des tissus ou tapis. L'amiante est utilisĂ© pour les patins de freins et les joints pour sa rĂ©sistance Ă  la chaleur, et a Ă©tĂ© utilisĂ© pour les fours Ă©lectriques et les installations Ă©lectriques des plaques chauffantes pour ses capacitĂ©s d'isolation Ă©lectrique Ă  forte tempĂ©rature, et dans les bĂątiments pour ses propriĂ©tĂ©s ignifuges, isolantes, sa flexibilitĂ©, sa rĂ©sistance Ă  la tension et sa rĂ©sistance aux produits chimiques.

Mais ce matĂ©riau « miracle Â» est toxique. L'inhalation de fibres d'amiante est Ă  l'origine de l'asbestose (fibrose pulmonaire) ; de cancers broncho-pulmonaires, ainsi que de cancers de la plĂšvre (mĂ©sothĂ©liome) et de cancers des voies digestives. Les victimes de ces pathologies sont principalement les « travailleurs de l'amiante Â», mais aussi des personnes exposĂ©es de maniĂšre environnementale et souvent Ă  leur insu. Bien que les dangers de l'amiante aient Ă©tĂ© identifiĂ©s clairement dĂšs le dĂ©but du XXe siĂšcle[9], il faudra attendre le milieu des annĂ©es 1980 et 1990 pour que l'utilisation de l'amiante soit interdite dans de nombreux pays.

Sommaire

Physique

La masse volumique de l’amiante en fibres est de 1 400 kg·m-3 avec une conductivitĂ© thermique de 0,168 W/(m.K), et une chaleur massique de 1045 J/(kg.K).

L'amiante est un excellent matériau d'isolation thermique ignifuge. Les caractéristiques physicochimiques (point de fusion, résistance à la traction, stabilité chimique, aptitude au filage
) des amiantes en font un produit exceptionnel par rapport aux fibres artificielles comme la fibre de verre ou la fibre de roche et le kevlar.

Ce sont ses caractĂ©ristiques physico-chimiques de rĂ©sistance et de persistance dans l'organisme, associĂ©es Ă  une capacitĂ© Ă  se fractionner en particules microscopiques pour atteindre les alvĂ©oles pulmonaires, et mĂȘme migrer jusqu’à la plĂšvre, qui rendent l’inhalation de particules d’amiante pathogĂšne.

Économie

Gisements

L’amiante est exploitĂ©e dans des mines, il se prĂ©sente sous plusieurs formes selon son origine. Par exemple les gisements du QuĂ©bec sont riches en chrysotile, alors que l'on rencontre principalement de la crocidolite au BrĂ©sil. Aujourd'hui, les plus gros producteurs sont, par ordre d'importance, la Russie, le Kazakhstan, la Chine, le Canada et le BrĂ©sil[rĂ©f. souhaitĂ©e].

La production mondiale en chiffres

La consommation mondiale

Utilisations

Usages historiques

Les amiantes sont connus depuis plus de 2000 ans. Leurs propriĂ©tĂ©s exceptionnelles ne manquent pas d’intĂ©resser les Grecs qui le nomment ÎŹÏƒÎČÎ”ÏƒÏ„ÎżÏ‚ (asbestos, c’est-Ă -dire « indestructible Â») mais aussi chrysotile, (fibre d’or, de Ï‡ÏáżĄÏƒÏŒÏ‚, « or Â»).

Ils en connaissent dĂ©jĂ  les dangers ; Pline l'Ancien, qui s’extasie devant ses propriĂ©tĂ©s, remarque aussi les dommages aux poumons dont souffrent des esclaves chargĂ©s du tissage de vĂȘtements d’amiante[rĂ©f. souhaitĂ©e]. Ces Ă©toffes Ă©taient utilisĂ©es par les plus aisĂ©s parmi les Romains et les Perses comme nappes, que l’on nettoyait en les jetant au feu d’oĂč elles sortaient indemnes. Charlemagne en aurait eu une en sa possession[rĂ©f. souhaitĂ©e]. L’usage semble avoir perdurĂ© puisque Marco Polo fait Ă©tat d’une telle pratique en Dzoungarie (province situĂ©e entre l’Altai et le Xinjiang) :

« Il y a dans cette province une montagne oĂč l’on trouve [
] des salamandres [de l’amiante], dont on fait des Ă©toffes lesquelles Ă©tant jetĂ©es dans le feu ne sauraient ĂȘtre brĂ»lĂ©es. [
]. On trouve sur cette montagne certaine mine de terre, qui produit des filets ayant aspect de laine, lesquels Ă©tant dessĂ©chĂ©s au soleil sont pilĂ©s dans un mortier de cuivre ; ensuite on les lave, ce qui emporte toute la terre ; enfin ces filets ainsi lavĂ©s et purifiĂ©s sont filĂ©s comme de la laine, et ensuite on en fait des Ă©toffes. Et quand ils veulent blanchir ces Ă©toffes, ils les mettent dans le feu pendant une heure ; aprĂšs cela elles en sortent blanches comme neige et sans ĂȘtre aucunement endommagĂ©es. C’est de cette maniĂšre aussi qu’ils ĂŽtent les taches sur ces Ă©toffes, car elles sortent du feu sans aucune souillure. [
]. On dit qu’il y a Ă  Rome une nappe d’étoffe de salamandre, oĂč le suaire de Notre Seigneur est enveloppĂ©, de laquelle un certain roi des Tartares a fait prĂ©sent au souverain pontife. Â»

— Marco Polo, in Le Devisement du monde, Livre 1 Chapitre 47

Utilisations modernes

Utilisations avant les restrictions et interdictions de l'amiante

L'amiante a Ă©tĂ© utilisĂ© trĂšs tĂŽt dans l’industrie pour l’isolation, les joints ou encore les garnitures de friction (embrayage et plaquette de frein). Le coĂ»t faible de production (environ 5 fois moindre que les fibres minĂ©rales artificielles) font que ce matĂ©riau a aussi Ă©tĂ© fortement utilisĂ©, notamment dans le BTP entre 1960 et 1980.

L’application la plus rĂ©pandue est l’amiante-ciment qui reprĂ©sente 90 % de l’utilisation de l’amiante. Ce produit trĂšs utilisĂ© dans le secteur du bĂątiment a contenu de l’amiante jusqu’à fin 1996. Il fut le produit phare de Swiss Eternit Group (l'amiante Ă©tant connu sous le nom d'Eternit), dont l'ex-PDG a Ă©tĂ© inculpĂ© fin 2009 en Italie dans le cadre de nĂ©gligence concernant l'exposition Ă  l'amiante de ses ouvriers.

Matériaux de substitution et utilisations subsistantes

Dans certaines applications Ă  haute tempĂ©rature et de protection contre l’incendie, l’amiante peut ĂȘtre remplacĂ© par le mica, grĂące aux qualitĂ©s de rĂ©sistance Ă  la chaleur et au feu, ainsi qu’aux propriĂ©tĂ©s d’isolant Ă©lectrique, de ce matĂ©riau. Le mica ne prĂ©sente aucun des risques liĂ©s Ă  l’amiante ; c’est un matĂ©riau inerte, non toxique, se prĂ©sentant sous forme de paillettes et non sous forme de fibres. L'amiante ne peut pas ĂȘtre remplacĂ©e dans tous les cas en raison de ses propriĂ©tĂ©s uniques[10].

MĂȘme depuis que l'amiante est bannie, certains usages spĂ©cifiques subsistent. Par exemple :

  • jusqu’à prĂ©sent, aucun matĂ©riau en remplacement de l’amiante n’a Ă©tĂ© approuvĂ© par la NASA. Une Ă©tude en 1988, suite Ă  l’explosion de Challenger, a conclu que les joints de matĂ©riaux composites (en remplacement de l’amiante) sur le rĂ©servoir auxiliaire ne supportaient pas les chaleurs extrĂȘmes d’une poussĂ©e de rĂ©acteurs nĂ©cessaire pour se soustraire Ă  la gravitĂ©. La compagnie J.M. Asbestos, de Asbestos, province de QuĂ©bec, Canada, est mandataire d’un contrat exclusif de production d’amiante chrysotile de grade 1 pour les navettes spatiales et vĂ©hicules orbitaux ;
  • l’interdiction de l’amiante en Europe exclut les filtres Ă  vin Ă  base d’amiante utilisĂ©s par presque 90 % des producteurs vinicoles.

Toutefois, l'amiante n'est pas interdit chez les pays gros producteurs et dans de nombreux pays Ă©mergents oĂč l'on retrouve les utilisations classiques de ce matĂ©riau.

Risques sanitaires

Toutes les variétés d'amiante sont cancérigÚnes selon l'INSERM en 1996. Le chrysotile et le crocidolite sont clairement identifiés comme la cause de pathologies mortelles.

Les caractĂ©ristiques physico-chimiques de l'amiante, associĂ©es Ă  une capacitĂ© Ă  se fractionner en particules microscopiques pour atteindre les alvĂ©oles pulmonaires, et mĂȘme migrer jusqu’à la plĂšvre, font que l’inhalation importantes de particules d’amiante est dangereuse. La rĂšglementation fixe qu'un travailleur ne doit pas inhaler plus de 0,1 fibres par cm3 sur une heure[11].

Les pathologies peuvent se dĂ©clarer jusqu’à plus de cinquante ans aprĂšs les premiĂšres expositions aux fibres d’amiante. Ce caractĂšre relativement tardif explique aussi le retard dans la prise en compte des dangers de l'amiante : les victimes sont souvent assez ĂągĂ©es. Environ 125 millions de personnes sont exposĂ©es Ă  l’amiante professionnellement dans le monde, et 90 000 en meurent chaque annĂ©e.

Plaques pleurales

Les plaques pleurales sont des lĂ©sions, le plus souvent asymptomatiques, de la plĂšvre pariĂ©tale qui apparaissent en gĂ©nĂ©ral plus de 15 ans aprĂšs la premiĂšre exposition Ă  l’amiante. Elles sont trĂšs frĂ©quentes, puisque dĂ©crites entre 20 et 60 % des personnes exposĂ©es[12]. En fonction de leur taille, de leur localisation et si elles sont calcifiĂ©es, elles peuvent provoquer des douleurs thoraciques. La question des plaques pleurales demeure toutefois controversĂ©e : vĂ©ritable maladie pour les uns, en particulier les victimes et leurs associations, simple cicatrice pour les autres.

Épaississements pleuraux

Constituent une pathologie Ă  l’origine de douleurs, voire d’une altĂ©ration de la fonction respiratoire.

Asbestose

Article dĂ©taillĂ© : Asbestose.

L’asbestose et toutes les autres maladies qui en dĂ©coulent seraient principalement dues Ă  une inflammation chronique du poumon, avec accumulation de macrophages ayant phagocytĂ© des fibres d'amiante.

Les cancers broncho-pulmonaires

Les cancers broncho-pulmonaires reprĂ©sentent la premiĂšre cause de mortalitĂ© des sujets ayant Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  l’amiante. Le temps de latence entre la premiĂšre exposition et le dĂ©veloppement de la maladie dĂ©passe en gĂ©nĂ©ral 20 ans. Aucune particularitĂ© clinique ou radiologique ne les distingue des cancers broncho-pulmonaires d’autres origines et leur dĂ©veloppement est indĂ©pendant d’une fibrose pulmonaire. Le risque d’atteinte tumorale est majorĂ© par l’exposition Ă  d’autres agents cancĂ©rogĂšnes, le tabac, mais aussi des produits cancĂ©rogĂšnes que l'on peut retrouver dans le milieu de travail. Pour un risque Ă©gal Ă  1, associĂ© Ă  une personne non exposĂ©e Ă  l’amiante et ne fumant pas, ce risque est multipliĂ© par 5 pour une exposition Ă  l’amiante, par 10 pour un fumeur et par 50 pour un fumeur exposĂ© Ă  l’amiante. Il existe une relation dose/effet entre l’intensitĂ© de l’exposition Ă  l’amiante et le risque de cancer bronchique, sans qu’il soit possible de proposer de valeur seuil. En l’état actuel des Ă©valuations Ă©pidĂ©miologiques, on estime entre 1 800 et 4 000 l’incidence annuelle de cancers broncho-pulmonaires attribuables Ă  l’amiante.

Le mésothéliome

Le mĂ©sothĂ©liome, cancer de la plĂšvre ou, plus rarement, du pĂ©ritoine, est spĂ©cifique de l'amiante et le pronostic est fatal assez rapidement. Lorsque le mĂ©sothĂ©liome est dĂ©couvert, la durĂ©e de survie est de 1 an. Il peut apparaĂźtre 20 Ă  50 ans aprĂšs l’inhalation des fibres.

Cancers digestifs

Les études épidémiologiques démontrent une augmentation significative des cancers digestifs, en particulier cÎlorectaux, avec le niveau d'exposition à l'amiante[13].

Exposition des travailleurs

Article dĂ©taillĂ© : Scandale de l'amiante.
Nombre de maladies professionnelles liées à l'amiante officiellement reconnues par le systÚme de santé en France

Les travailleurs qui sont exposĂ©s au risque de mortalitĂ© sont les personnels des mines et usines d’amiante, et les travailleurs impliquĂ©s dans le BTP et dans l’entretien et la rĂ©paration de lieux ou produits contenant de l’amiante. Les travailleurs indĂ©pendants, nombreux dans le secteur du BTP, souffrent en outre de moindre protection juridique[14]. Ils ont souvent Ă©tĂ© exposĂ©s sans le savoir, en particulier, lorsque les risques de l’amiante Ă©taient inconnus (c'est-Ă -dire bien avant la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni mettant en place une lĂ©gislation spĂ©cifique pour prĂ©venir des risques contre l'amiante dĂšs les annĂ©es 1930). À titre d’exemple, en France, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a estimĂ© en 2007[15] que 50 % des artisans français mis Ă  la retraite en 2004 ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  de l’amiante lors de leur vie professionnelle. Ceux qui ont fait l’objet de cette Ă©tude venaient des rĂ©gions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, qui ne sont pas les plus industrielles. Ils travaillaient pour moitiĂ© dans le BTP, et pour le reste dans la rĂ©paration automobile, marine ou ferroviaire, la chaudronnerie, la ferronnerieetc. Un bilan et un suivi mĂ©dical ont Ă©tĂ© proposĂ©s aux artisans par le programme Espri (ÉpidĂ©miologie et surveillance des professions indĂ©pendantes), pour Ă©ventuelle indemnisation. Cette Ă©tude a montrĂ© qu’une personne sur quatre lors du bilan prĂ©sentait au moins une anomalie ou pathologie (gĂ©nĂ©ralement bĂ©nigne) pouvant ĂȘtre induite par l’amiante. L’InVS a recommandĂ© l’extension du suivi Ă  toute la France. La Haute et Basse-Normandie, le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie devraient faire l’objet d’un suivi des artisans (volontaires) en 2008.

DĂ©samiantages

En 2005, une Ă©tude menĂ©e par l’inspection du travail, la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariĂ©s (CNAMTS) et l’Institut national de recherche et de sĂ©curitĂ© (INRS) sur 784 chantiers de dĂ©samiantage en France a rĂ©vĂ©lĂ© que dans « 67 % des cas, des anomalies plus ou moins graves ont Ă©tĂ© constatĂ©es, donnant lieu notamment Ă  41 procĂšs-verbaux, 84 arrĂȘts de chantiers, 6 injonctions et 390 courriers d’observations Â»[16]. L’étude Ă©quivalente menĂ©e en 2006 sur 936 chantiers a rĂ©vĂ©lĂ© que 76 % des chantiers de dĂ©samiantage Ă©taient non conformes Ă  la rĂ©glementation. Elle a donnĂ© lieu Ă  86 arrĂȘts de chantier[17]. Les rapports du SĂ©nat sur la question, en France, mettent en Ă©vidence le fait que si la rĂ©glementation existe, son application est trĂšs mal contrĂŽlĂ©e : contrĂŽles peu frĂ©quents, sanctions peu dissuasives, sociĂ©tĂ©s de dĂ©samiantage perdant leur habilitation et qui renaissent sous un autre nom. Tout dĂ©samiantage ou dĂ©molition d’un bĂątiment amiantĂ© doit faire l’objet d’un plan de retrait dĂ©posĂ© Ă  la Direction dĂ©partementale du travail. En cas de dĂ©samiantage « sauvage Â», le recours consiste en un appel Ă  l’inspection du travail pour faire cesser le chantier.

En juillet 2009 : un arrĂȘt de la Cour de cassation a rappelĂ© aux employeurs qu'ils sont tenus envers leurs salariĂ©s d'une obligation de rĂ©sultat en matiĂšre de sĂ©curitĂ©, notamment concernant les maladies professionnelles contractĂ©es par les salariĂ©s du fait de produits fabriquĂ©s ou utilisĂ©s dans l'entreprise. Manquer Ă  cette obligation revĂȘt un caractĂšre inexcusable au sens de l'article L. 452-1 du Code de la sĂ©curitĂ© sociale « lorsque l'employeur avait ou aurait dĂ» avoir conscience du danger auquel Ă©tait exposĂ© le salariĂ©, et qu'il n'a pas pris les mesures nĂ©cessaires pour l'en prĂ©server Â»[18]

Exposition de proximité (riverains de sites industriels, familles de travailleur exposés, proximité d'un affleurement naturel)

En janvier 2009, un rapport de l’InVS concluait à une exposition actuelle globalement faible des riverains de roches amiantifùres[19],[20]

Une autre Ă©tude[21] devait initialement Ă©valuer (via l'incidence des mĂ©sothĂ©liomes dans la population ayant vĂ©cu autour de 553 sites industriels et 1 119 chantiers navals) l'exposition de riverains d'anciens sites industriels, Ă  la demande de la Direction gĂ©nĂ©rale de la santĂ© (DGS) en 2003. Faute d'un nombre suffisant, la puissance statistique de l'Ă©tude n'a pas permis un travail exhaustif ni de produire des Ă©valuations prĂ©cises du risque, mais l’InVS a nĂ©anmoins trouvĂ© une augmentation non significative du risque de mĂ©sothĂ©liome, chez les femmes, et non chez les hommes. L'InVS estime avoir assez d'indices pour conclure qu’il existe bien des pathologies dues Ă  l’amiante parmi les riverains d’anciens sites industriels.

Une exposition indirecte peut ĂȘtre Ă©galement dĂ©lĂ©tĂšre : les Ă©pouses des travailleurs de l'amiante ont un risque augmentĂ© de faire un mĂ©sothĂ©liome, probablement parce que s'occupant du soin des vĂȘtements imprĂ©gnĂ©s en poussiĂšre du mari[22].

Chronologie

Le premier cas mortel a Ă©tĂ© dĂ©crit en 1899[23]. C'est en 1906, que Denis Auribault, inspecteur du travail, signale pour la premiĂšre fois en France la forte mortalitĂ© des ouvriers exposĂ©s Ă  l'amiante dans l'usine de CondĂ©-sur-Noireau prĂšs de Caen[24]. Il faudra attendre 1945 et le tableau 25 des maladies professionnelles « des affections professionnelles consĂ©cutives Ă  l'inhalation des poussiĂšres de silice et amiantifĂšres Â» pour une premiĂšre reconnaissance des pathologies liĂ©es Ă  l'amiante[25].

Malgré ses effets mortels, l'amiante a été utilisé de maniÚre trÚs importante en France, notamment comme isolant dans les bùtiments publics et les habitations individuelles et nombre de processus industriels. On rencontre deux acteurs principaux, Eternit France qui exploitera le seul gisement d'amiante en France jusqu'en 1965, et Saint-Gobain qui sous le nom d'Everite fabrique du fibrociment. Jusque dans les années 1990, les industriels de l'amiante regroupés au sein du Comité Permanent Amiante se sont largement employés, en l'absence d'une volonté politique des pouvoirs publics, à sous-estimer les risques liés à ce matériau.

En 1996, il se produit un changement de reprĂ©sentation collective. Les dĂ©cĂšs liĂ©s Ă  l'amiante sont estimĂ©s Ă  environ 3 000 par an, ce qui en fait quasiment un non-sujet en termes de santĂ© publique du point de vue des autoritĂ©s. Mais quand l'Inserm adopte une prĂ©sentation sous la forme de 100 000 dĂ©cĂšs liĂ©s Ă  l'amiante en France entre 1995 et 2025 (ce qui reste la mĂȘme chose), l'opinion est frappĂ©e.

L'Andeva, l'association nationale des victimes de l'amiante, est crĂ©Ă©e et engage des procĂ©dures judiciaires. Des procĂšs ont lieu, qui aboutissent Ă  la condamnation d'industriels pour « faute inexcusable de l'employeur Â» devant les tribunaux des affaires sociales et sanitaires, les entreprises qui ont « mis en danger Â» la vie de leurs salariĂ©s en connaissance de cause.

En 1997, le gouvernement français interdit l'usage des fibres d'amiante.

Cependant le procÚs pénal de l'amiante n'a toujours pas été jugé treize ans aprÚs le dépÎt de plainte.

Le scandale de l’amiante

Article dĂ©taillĂ© : Scandale de l'amiante.

Aujourd'hui, analystes et commentateurs s'accordent à définir l'utilisation de l'amiante en France comme un scandale de santé publique[26]. L'amiante a, en effet, été utilisé de maniÚre trÚs importante en France, notamment comme isolant dans les bùtiments publics et les habitations individuelles. Par ailleurs, les pouvoirs publics ont tardé, comparativement aux autres pays développés, à interdire son usage.

Le scandale n'a Ă©clatĂ© que tardivement, durant les annĂ©es 1990. L'amiante n'a Ă©tĂ© longtemps pensĂ©e que comme un risque couru par des travailleurs du bĂątiment ayant Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  de fortes doses d’amiante pendant leurs annĂ©es d’activitĂ©. C'est lorsque l'amiante a Ă©tĂ© alors perçue comme un risque environnemental menaçant toutes les populations que son usage intensif a Ă©tĂ© dĂ©fini comme un problĂšme majeur de santĂ© publique. En cessant de n'ĂȘtre considĂ©rĂ© que comme un risque professionnel, l'usage de l'amiante est ainsi devenu un scandale public[27]. Le campus de Jussieu a Ă©tĂ©, en particulier, un des lieux symboliques des risques posĂ©s par l'utilisation de l'amiante en France, et de l'inertie des pouvoirs publics : la mobilisation du personnel de Jussieu fera prendre conscience Ă  l'opinion publique que l'amiante reprĂ©sente un risque sanitaire majeur. AprĂšs d'importantes polĂ©miques, Claude AllĂšgre y voyant par exemple un « phĂ©nomĂšne de psychose collective Â», son dĂ©samiantage a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©.

Le prĂ©sident Jacques Chirac dĂ©cide d’interdire totalement l’amiante en 1997 et les pouvoirs publics mĂšnent des chantiers de dĂ©samiantage de bĂątiments publics. Par ailleurs, des procĂšs ont lieu entre industriels et ouvriers qui condamnent les entreprises qui ont « mis en danger Â» la vie de leurs salariĂ©s en connaissance de cause.

Selon un rapport parlementaire, 35 000 dĂ©cĂšs survenus entre 1965 et 1995 seraient dus Ă  des expositions aux fibres d’amiante et quelques dizaines de milliers de dĂ©cĂšs sont prĂ©vus entre 2005 et 2030[28].

Chronologie et changement de réglementations

Au Royaume-Uni

Les premiĂšres dĂ©couvertes sur la nocivitĂ© de l’amiante sont faites par Lucy Deane en 1898, alors inspectrice du travail pour le gouvernement : elle en fait Ă©tudier la poussiĂšre et fait le lien entre la prĂ©sence de ces particules dans l’environnement des travailleurs et leurs effets sur la santĂ©[29],[30]. Le docteur Montague Murray observe le premier cas de maladie des poumons due Ă  l’amiante en 1899 ; il signale en 1906 la mort suspecte de plusieurs travailleurs de l’amiante. En 1931, une rĂ©glementation est mise en place pour protĂ©ger les travailleurs. Des Ă©tudes ont Ă©tĂ© faites dans les annĂ©es 1950 et 1960, pour Ă©tudier la toxicologie de l’amiante.

  • 1971 : RĂ©union de Londres. Les industriels amĂ©ricains et europĂ©ens, qui dĂ©veloppent des centaines d'applications de la fibre ignifuge, se rĂ©unissent Ă  Londres lorsque des Ă©tudes scientifiques pointent sa nocivitĂ©. « Les pressions vont s'accroĂźtre Ă  plus ou moins long terme, redoute l'organisateur de la confĂ©rence, prĂ©parez votre dĂ©fense Â».

En France

Premier monument en France dĂ©diĂ© Ă  la mĂ©moire des victimes de l’amiante, inaugurĂ© Ă  CondĂ©-sur-Noireau le 1er octobre 2005.
  • 1906 : Denis Auribault, inspecteur dĂ©partemental du travail Ă  Caen, publie une note dĂ©nonçant la forte mortalitĂ© des ouvriers dans les filatures et dans les usines de tissage d'amiante [24]
  • 1945 : Un tableau de maladies professionnelles dues Ă  l'amiante est crĂ©Ă©. Les employeurs ne peuvent prĂ©tendre ignorer les risques.
  • 1951 : Les frĂšres Blandin crĂ©ent un matĂ©riau Ă  projeter sans amiante. Un flocage sans amiante est disponible et trĂšs largement utilisĂ© en France en concurrence avec l'amiante, bien avant l'interdiction de l'amiante dans les flocages.
  • 1960 : 1er lien entre l'amiante et le mĂ©sothĂ©lium pleural
  • 1962 : La France est septiĂšme rang des pays producteurs d’amiante, grĂące au gisement exploitĂ© en Corse, par Eternit, jusque dans les annĂ©es 1965 dans la commune de Canari (Haute-Corse). Actuellement, il subsiste une friche industrielle Ă  l’emplacement de l’ancienne mine d’amiante, mais celle-ci serait en cours de sĂ©curisation.
  • 1965 : Identification du premier cas français de mĂ©sothĂ©liome attribuĂ© Ă  l'amiante. Celui-ci sera pourtant massivement importĂ© pendant trente ans encore, pour un total Ă©quivalant Ă  80 kg par habitant.
  • 1967 : Un terrible incendie Ă  Bruxelles (les grands magasins de l'innovation) pousse le gouvernement Belge et dans la foulĂ©e d'autres pays Ă  conseiller l'usage de l'amiante dans tous les bĂątiments publics pour diminuer les risques dus au feu .
  • 1973 : CIRC classe l'amiante comme substance cancĂ©rogĂšne
  • 1975 : Une premiĂšre mobilisation du personnel de Jussieu, autour du chercheur Henri PĂ©zerat, qui s'insurge contre les risques liĂ©s au bĂątiment, Les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s informent du risque de cancer liĂ© Ă  l'amiante, et du risque de dĂ©cĂšs, autour de l'actualitĂ© de Jussieu.
  • L'amiante blanc est classĂ© cancĂ©rogĂšne en France depuis 1977, interdit depuis 1997. Les autres catĂ©gories d’amiante, classĂ©es cancĂ©rogĂšnes catĂ©gorie 1 CIRC sont Ă©galement toutes interdites en France.
  • 1982 : Le ComitĂ© Permanent Amiante est crĂ©Ă©. Un lobby est mis en place par les industriels de l'amiante et sous tutelle de l'Institut national de recherche et de sĂ©curitĂ© (INRS). Il milite pour un « usage maĂźtrisĂ© de l’amiante Â» jusqu'Ă  sa dissolution en 1995. Le comitĂ©, dont le financement sera entiĂšrement dĂ©pendant des industries, comprendra notamment des experts et des mĂ©decins du travail, ainsi que des dĂ©lĂ©guĂ©s des principaux syndicats qui dĂ©fendront longtemps l'usage de l'amiante au nom de la prĂ©servation de l'emploi.
  • 1991, la France est le premier importateur mondial d'amiante. Selon le ComitĂ© Permanent Amiante, seuls 200 dĂ©cĂšs par an sont liĂ©s au mĂ©sothĂ©liome.
  • En 1994, la mort de six enseignants au lycĂ©e de GĂ©rardmer (Vosges) relance le dĂ©bat sur l'amiante et Ă  Jussieu une nouvelle gĂ©nĂ©ration de chercheurs s'inquiĂšte de la prĂ©sence de l'amiante. Michel Parigot, responsable du ComitĂ© anti-amiante de Jussieu dĂ©clare : « Nous avons Ă©tĂ© confrontĂ©s au ComitĂ© Permanent Amiante, nous avons trĂšs vite compris que cette structure n'avait rĂ©ussi Ă  fonctionner aussi longtemps que parce qu'elle n'avait pas Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©e publiquement. C'est le genre de choses qui ne supportent pas la lumiĂšre. Â»
  • Le 19 octobre 1996, Claude AllĂšgre dĂ©nonce un « phĂ©nomĂšne de psychose collective Â»
  • 1996 : L'Inserm rĂ©vĂšle l'ampleur de la catastrophe sanitaire, estimant qu'elle pourrait faire 100 000 morts en France d'ici Ă  2025.
  • En 1996 se crĂ©e l'Andeva, avec l'aide de Ban Asbestos France, nĂ©e en 1995 de la rencontre en 1977, d’Henri PĂ©zerat, d'Annie ThĂ©baud-Mony (directrice de recherche Ă  l'INSERM) et de Patrick Herman (lanceur d'alerte sur l'amiante[31], association nationale des victimes de l'amiante. L'association facilite l'accĂšs Ă  la reconnaissance en maladies professionnelles et l'indemnisation des prĂ©judices devant les tribunaux. Elle milite pour une interdiction mondiale de la substance et un procĂšs pĂ©nal de l'amiante.
  • 1er janvier 1997 : L'usage de l'amiante est interdit, par le dĂ©cret no 96-1133 du 24 dĂ©cembre 1996 relatif Ă  l'amiante, pris en application du Code du travail et du Code de la consommation. La France est le huitiĂšme pays europĂ©en Ă  le faire.
  • En 1998, le Canada attaque la France devant l’OMC. En 2001, celle-ci reconnaĂźt que la santĂ© publique justifie l’entrave Ă  la libertĂ© de commerce.
  • 18 dĂ©cembre 1998 : Pour la premiĂšre fois, la responsabilitĂ© de la SĂ©curitĂ© sociale est reconnue dans une affaire concernant les victimes de l'amiante. Le tribunal reconnaĂźt la « faute inexcusable Â» de la sociĂ©tĂ© Everite et de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Gironde.
  • 1998, Un Fonds de cessation anticipĂ©e d'activitĂ© des travailleurs de l'amiante (FCAATA) est crĂ©Ă© par la loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale, les fonctionnaires en sont exclus.
  • 1998 : le Canada (2e producteur mondial) attaque la dĂ©cisions française d'interdire l'amiante devant l'OMC
  • 1999 : directive europĂ©enne qui interdit l'amiante au 1er janvier 2005 dans tous lesĂ©tats membres
  • DĂ©cembre 2000, un Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante a Ă©tĂ© crĂ©Ă© suite Ă  la loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale.
  • (novembre 2002), la norme AFNOR NF X 46-020 : Diagnostic amiante – RepĂ©rage des matĂ©riaux et produits contenant de l’amiante dans les immeubles bĂątis dĂ©crit la procĂ©dure de diagnostic Ă  utiliser pour dĂ©celer la prĂ©sence d’amiante dans les bĂątiments construits avant l’interdiction totale de l’amiante en 1997.Les rapports du SĂ©nat sur la question, en France, mettent en Ă©vidence le fait que si la rĂ©glementation existe, son application est trĂšs mal contrĂŽlĂ©e : contrĂŽles peu frĂ©quents, sanctions peu dissuasives, sociĂ©tĂ©s de dĂ©samiantage perdant leur habilitation et qui renaissent sous un autre nom. Tout dĂ©samiantage ou dĂ©molition d’un bĂątiment amiantĂ© doit faire l’objet d’un plan de retrait dĂ©posĂ© Ă  la Direction dĂ©partementale du travail. En cas de dĂ©samiantage « sauvage Â», le recours consiste en un appel Ă  l’inspection du travail pour faire cesser le chantier. (constat d'amiante)
  • En 2005, une Ă©tude menĂ©e par l’inspection du travail, la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariĂ©s (CNAMTS) et l’Institut national de recherche et de sĂ©curitĂ© (INRS) sur 784 chantiers de dĂ©samiantage en France a rĂ©vĂ©lĂ© que dans « 67 % des cas, des anomalies plus ou moins graves ont Ă©tĂ© constatĂ©es, donnant lieu notamment Ă  41 procĂšs-verbaux, 84 arrĂȘts de chantiers, 6 injonctions et 390 courriers d’observations Â»[16]. L’étude Ă©quivalente menĂ©e en 2006 sur 936 chantiers a rĂ©vĂ©lĂ© que 76 % des chantiers de dĂ©samiantage Ă©taient non conformes Ă  la rĂ©glementation. Elle a donnĂ© lieu Ă  86 arrĂȘts de chantier[17].
  • 2008 pour la premiĂšre fois une entreprise (Alstom), et son directeur de site sont condamnĂ©s au pĂ©nal (tribunal correctionnel de Lille) pour avoir exposĂ© leurs salariĂ©s Ă  l'amiante.
  • En 2009, Guy Lefrand publie un rapport d'information de l'AssemblĂ©e nationale sur la Prise en charge des victimes de l'amiante [32], qui Ă©voque notamment la surveillance mĂ©dicale postprofessionnelle, le dĂ©pistage prĂ©coce et des « certificats d’exposition Ă  l’amiante rarement dĂ©livrĂ©s Â», les mĂ©decins du travail rencontrant eux-mĂȘmes « des difficultĂ©s pour remplir ces attestations Â». Le rapporteur note aussi que les recommandations de la confĂ©rence de consensus de 1999 ne sont toujours pas suivies d'effet quand Ă  l'examen de rĂ©fĂ©rence qui ne devrait plus ĂȘtre une radiographie, mais un scanner thoracique, alors que les progrĂšs techniques (pet-scan ; scanner Ă  trĂšs haute rĂ©solution) permettent de limiter l’exposition aux radiations lors de cet examen.
  • En 2010, La Haute AutoritĂ© de SantĂ© (HAS) a organisĂ© une Audition Publique sur le « Suivi post-professionnel (SPP) aprĂšs exposition Ă  l’amiante Â» avec comme objectif de faire un Ă©tat des lieux des connaissances et d’émettre des recommandations destinĂ©es aux pouvoirs publics et aux professionnels concernant le contenu et l’organisation de ce suivi. La Commission d’Audition a constatĂ© l’inadĂ©quation des examens mĂ©dicaux prĂ©vus par la rĂ©glementation pour le suivi post-professionnel aprĂšs exposition Ă  l’amiante. L’examen de rĂ©fĂ©rence dĂ©sormais recommandĂ© pour le diagnostic des pathologies pleuro-pulmonaires associĂ©es Ă  une exposition Ă  l’amiante est l’examen tomodensitomĂ©trique (TDM) thoracique (gĂ©nĂ©ralement appelĂ© scanner). La Commission d’Audition recommande qu’un examen TDM thoracique soit proposĂ© Ă  toutes les personnes ayant Ă©tĂ© exposĂ©es Ă  l’amiante de maniĂšre active pendant au moins un an. Cette proposition devra ĂȘtre accompagnĂ©e d’une information complĂšte sur les bĂ©nĂ©fices attendus et les risques encourus et permettant aux personnes de dĂ©cider librement de bĂ©nĂ©ficier ou non de l’examen proposĂ©[33].
  • 3 juin 2011, un dĂ©cret[34] restructure la part rĂ©glementaire du code de la santĂ© publique relative Ă  la prĂ©vention des risques liĂ©s Ă  l'amiante dans les immeubles bĂątis, pour mieux protĂ©ger les rĂ©sidents ou personnes circulant ou travaillant dans des immeubles oĂč de l'amiante serait prĂ©sent.

En Suisse

  • 1939: PremiĂšre reconnaissance de l'asbestose comme maladie professionnelle
  • 1940: Introduction ponctuelle d'examens mĂ©dicaux pour les personnes exposĂ©es professionnellement
  • 1953: IntĂ©gration de l'asbestose dans la liste des maladies professionnelles et rĂ©duction des valeurs limites
  • 1959: RĂ©duction importante des valeurs limites
  • 1971: Reconnaissance du mĂ©sothĂ©liome comme maladie professionnelle.
  • 1975: Interdiction des isolants en amiante floquĂ©
  • 1990: Interdiction d'utilisation de l'amiante en Suisse, pĂ©riode transitoire jusqu'Ă  1994[35]

En Allemagne

En 1979, l’Allemagne interdit le flocage Ă  l’amiante, Ă  peu prĂšs Ă  la mĂȘme Ă©poque que les autres pays europĂ©ens (1975 en Suisse et aux États-Unis, 1977 en France, 1978 aux Pays-Bas, 1980 en Belgique, 1985 au Royaume-Uni)[36].

En Europe

DĂšs 1962, la Commission europĂ©enne a adressĂ© des recommandations aux six États membres de la CommunautĂ© Ă©conomique europĂ©enne, en dressant une liste des maladies professionnelles. Celle-ci incluait le cancer du poumon, en signalant les dangers de l'amiante[37].En 1991, la CommunautĂ© europĂ©enne s'interroge sur l'interdiction ma13B8), la norme AFNOR NF X 46-020 : Diagnostic amiante – RepĂ©rage des matĂ©riaux et produits contenant de l’amiante dans les immeubles bĂątis dĂ©crit la procĂ©dure de diagnostic Ă  utiliser pour dĂ©celer la prĂ©sence d’amiante dans les bĂątiments construits avant l’interdiction totale de l’amiante en 1997. Les rapports du SĂ©nat sur la question, en France, mettent en Ă©vidence le fait que si la rĂ©glementation existe, son application est trĂšs mal contrĂŽlĂ©e : contrĂŽles peu frĂ©quents, sanctions peu dissuasives, sociĂ©tĂ©s de dĂ©samiantage perdant leur habilitation et qui renaissent sous un autre nom. Tout dĂ©samiantage ou dĂ©molition d’un bĂątiment amiantĂ© doit faire l’objet d’un plan de retrait dĂ©posĂ© Ă  la Direction dĂ©partementale du travail. En cas de dĂ©samiantage « sauvage Â», le recours consiste en un appel Ă  l’inspection du travail pour faire cesser le chantier.

  • En 2005, une Ă©tude menĂ©e par l’inspection du travail, la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariĂ©s (CNAMTS) et l’Institut national de recherche et de sĂ©curitĂ© (INRS) sur 784 chantiers de dĂ©samiantage en France a rĂ©vĂ©lĂ© que dans « 67 % des cas, des anomalies plus ou moins graves ont Ă©tĂ© constatĂ©es, donnant lieu notamment Ă  41 procĂšs-verbaux, 84 arrĂȘts de chantiers, 6 injonctions et 390 courriers d’observations Â»[16]. L’étude Ă©quivalente menĂ©e en 2006 sur 936 chantiers indĂ©pendants, nombreux dans le secteur du BTP, et qui disposent d'une moindre protection juridique face Ă  ces risques[14].

Canada

La polĂ©mique sur l'amiante se poursuit au Canada. Le gouvernement canadien est accusĂ© par certains scientifiques de faire le jeu des producteurs d'amiante. L'Association mĂ©dicale canadienne a titrĂ© un Ă©ditorial : « La mortalitĂ© liĂ©e Ă  l'amiante, une exportation canadienne. Â» Elle estime que « Le Canada est la seule dĂ©mocratie occidentale Ă  s'ĂȘtre constamment opposĂ©e aux efforts internationaux visant Ă  rĂ©glementer le commerce mondial de l'amiante (
) en manipulant honteusement les connaissances scientifiques par des moyens politiques. Â»[38].

Le gouvernement canadien est également accusé par l'Institut Rideau, centre de recherche politique indépendant, de financer le lobby de l'amiante[38].

International

La réunion de Rome, en octobre 2008, n'a pas inscrit l'amiante chrysotile dans la liste des produits chimiques dangereux établie par la Convention de Rotterdam. L'Inde, le Pakistan, le Vietnam, les Philippines et le Canada se sont opposés à cette inscription[39].

Notes et références

  1. ↑ a et b http://www.inrs.fr/fichetox/ft145.html
  2. ↑ EntrĂ©e du numĂ©ro CAS « 132207-32-0 Â» dans la base de donnĂ©es de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sĂ©curitĂ© et de la santĂ© au travail) (allemand, anglais), accĂšs le 28 novembre 2008 (JavaScript nĂ©cessaire)
  3. ↑ IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, « Ă‰valuations Globales de la CancĂ©rogĂ©nicitĂ© pour l'Homme, Groupe 1 : CancĂ©rogĂšnes pour l'homme Â» sur http://monographs.iarc.fr, CIRC, 16 janvier 2009. ConsultĂ© le 22 aoĂ»t 2009
  4. ↑ « Amiante Â» dans la base de donnĂ©es de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme quĂ©bĂ©cois responsable de la sĂ©curitĂ© et de la santĂ© au travail), consultĂ© le 24 avril 2009
  5. ↑ « Amosite Â» dans la base de donnĂ©es de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme quĂ©bĂ©cois responsable de la sĂ©curitĂ© et de la santĂ© au travail), consultĂ© le 25 avril 2009
  6. ↑ « Crocidolite Â» dans la base de donnĂ©es de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme quĂ©bĂ©cois responsable de la sĂ©curitĂ© et de la santĂ© au travail), consultĂ© le 25 avril 2009
  7. ↑ NumĂ©ro index 650-013-00-6 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du rĂšglement CE N° 1272/2008 (16 dĂ©cembre 2008)
  8. ↑ DĂ©finitions lexicographiques et Ă©tymologiques de « amiante Â» du CNRTL.
  9. ↑ Roger Lenglet, L'affaire de l'amiante, Ă©ditions La DĂ©couverte, 1996.
  10. ↑ Par exemple, l'utilisation de l'amiante dans des diaphragmes dans l'industrie d'Ă©lectrolyse Ă  basse-tension ne prĂ©sente pas de risque et est plus efficiente que l'utilisation d'autres matĂ©riaux : (en) Review of the derogation on chrysotile asbestos diaphragms under Commission directive 1999/77/EC, Commission europĂ©enne, juillet 2007
  11. ↑ http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/Pdf%20AmianteProtecTravailleurs/$File/AmianteProtecTravailleurs.pdf
  12. ↑ Currie GP, Watt SJ, Maskell NA, An overview of how asbestos exposure affects the lung, BMJ, 2009;339:b3209
  13. ↑ ProvotĂ© S, Desoubeaux N, Letourneux M, Galateau-Salle F, Raffaelli C, Paris C, Launoy G. Exposition professionnelle Ă  l'amiante et risque de cancer digestif (rĂ©sumĂ©). Gastroenterol Clin Biol 2000;24:A151.
  14. ↑ a et b Les travailleurs indĂ©pendants et l'amiante, mĂ©moire de master de droit d'une Ă©tudiante de l'UniversitĂ© Paris-X Nanterre, 2007
  15. ↑ RĂ©sultats intermĂ©diaires de l’étude lancĂ©e en septembre 2005 par le dĂ©partement santĂ© et travail de l’InVS, publiĂ©e en septembre 2007, fondĂ©e sur des interviews de 2 334 artisans interrogĂ©s (des hommes Ă  88 %, mis en retraite en 2004), rĂ©alisĂ©e dans le cadre du programme Espri (ÉpidĂ©miologie et surveillance des professions indĂ©pendantes), avec le rĂ©gime social des indĂ©pendants (RSI).
  16. ↑ a, b et c ConfĂ©rence de presse du ministre dĂ©lĂ©guĂ© Ă  l’Emploi GĂ©rard Larcher. Propos rapportĂ©s par l’AFP, « DĂ©samiantage : 67 % des chantiers en infraction, durcissement annoncĂ© Â», 16 novembre 2005.
  17. ↑ a et b « Aggravation du risque amiante Â», La Tribune, 16 fĂ©vrier 2007, p. TR16.
  18. ↑ ArrĂȘt du 9 juillet 2009 de la Cour de cassation, 2e chambre civile, n° 08-16934, 9 juillet 2009.
  19. ↑  Â»Exposition environnementale Ă  l’amiante chez les personnes riveraines d’anciens sites industriels et affleurements naturels - Étude cas-tĂ©moins Ă  partir des donnĂ©es du Programme national de surveillance du mĂ©sothĂ©liome Â», InVS
  20. ↑ Exposition environnementale Ă  l’amiante chez les personnes riveraines d’affleurements de roches amiantifĂšres en France continentale Rapport final, InVS, dĂ©cembre 2008
  21. ↑ Exposition environnementale Ă  l’amiante chez les personnes riveraines d’anciens sites industriels et affleurements naturels ; Étude cas-tĂ©moins Ă  partir des donnĂ©es du Programme national de surveillance du mĂ©sothĂ©liome [PDF]
  22. ↑ Ferrante D, Bertolotti M, Todesco A, Mirabelli D, Terracini B, Magnani C, Cancer mortality and incidence of mesothelioma in a cohort of wives of asbestos workers in Casale Monferrato, Italy, Environ Health Perspect, 2007;115:1401-5
  23. ↑ Tweedale G, Hansen P, Protecting the workers: the medical board and the asbestos industry, 1930s-1960s, Med Hist, 1998;42:439-57
  24. ↑ a et b Note de Denis Auribault, inspecteur du travail - 1906 - dangers de l’amiante
  25. ↑ François Malye, « Amiante:100.000 morts Ă  venir Â», le Cherche Midi, 2004.
  26. ↑ Emmanuel Henry, Amiante : Un Scandale Improbable, PUR, 2007.
  27. ↑ Ibid.
  28. ↑ (fr)Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux rĂ©parer, en tirer des leçons pour l’avenir, Rapport d’information n° 37 du 20 octobre 2005 ; « Les pathologies de l'amiante Â»
  29. ↑ amisdelaterre.org, HĂ©lĂšne Gassie, « Lanceurs d'alerte Â», 5 aoĂ»t 2006, article de Patrick Piro, source : Politis n° 872
  30. ↑ [PDF]unesdoc.unesco.org, Comest, Le principe de prĂ©caution, mars 2005, « EncadrĂ© 1 – L'exemple de l'amiante Â», source : Agence europĂ©enne pour l'environnement, 2001, p. 10
  31. ↑ http://andeva.fr/
  32. ↑ Documents, novembre 2009, n° 2090, 138 pages. ([ttp://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i2090.asp tĂ©lĂ©charger le rapport])
  33. ↑ , Audition Publique : Suivi post-professionnel aprĂšs exposition Ă  l'amiante - Paris - 19 janvier 2010 et , HAS "amiante"
  34. ↑ DĂ©cret n° 2011-629 du 3 juin 2011 relatif Ă  la protection de la population contre les risques sanitaires liĂ©s Ă  une exposition Ă  l’amiante dans les immeubles bĂątis
  35. ↑ http://www.amiante.ch/ amiante.ch
  36. ↑ senat.fr, « Un Ă©chec : l'utilisation contrĂŽlĂ©e de l'amiante Â»
  37. ↑ Nico Krols et Marleen Teugels, Qui pouvait ignorer les dangers de l’amiante ?, Le Monde diplomatique, dĂ©cembre 2006
  38. ↑ a et b Le Monde, 31 octobre 2008, page 4
  39. ↑ Le Monde, 31 octobre 2008, page 4.

Voir aussi

Bibliographie

François Brassens, Philippe CourrÚges et Michel Touron, Le Désamiantage des bùtiments, édition Le Moniteur (2003), ISBN 9782281112290

Francis Chateauraynaud et Didier Torny, Les sombres précurseurs. Une sociologie pragmatique de l'alerte et du risque, Paris, Editions de l'EHESS, 1999.

Roger Lenglet, L'affaire de l'amiante, La DĂ©couverte, 1996.

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