Amerindiens aux Etats-Unis

ï»ż
Amerindiens aux Etats-Unis

AmĂ©rindiens aux États-Unis

Le terme AmĂ©rindiens dĂ©signe les premiers occupants du continent amĂ©ricain et leurs descendants. En 1492, l’explorateur Christophe Colomb pense avoir atteint les Indes occidentales alors qu’il vient de dĂ©barquer en AmĂ©rique. À cause de cette erreur, on continue d’utiliser le mot « Indiens Â» pour parler des populations du Nouveau Monde. Avec les travaux du cartographe Martin WaldseemĂŒller au dĂ©but du XVIe siĂšcle, on commence Ă  parler de « continent amĂ©ricain Â», en l’honneur du navigateur italien Amerigo Vespucci ; ses habitants deviennent les « Indiens d’AmĂ©rique Â» pour les distinguer des populations de l’Inde.

En absence d’appellation qui fasse consensus, on utilise parfois les expressions de « premiĂšres nations Â» ou « premiers peuples Â». La formule « Peaux rouges Â» est ancienne et n’est jamais utilisĂ©e aux États-Unis oĂč l’on prĂ©fĂšre les expressions Native Americans (AmĂ©ricains d’origine), Native peoples (peuples d’origine), American Indians, First Nations (premiĂšres nations), Aboriginal Peoples (peuples aborigĂšnes), American Indians (Indiens d’AmĂ©rique), Indigenous Peoples of America (peuples indigĂšnes d’AmĂ©rique), Amerindians (AmĂ©rindiens) ou encore Amerinds ; mais aucun n’est vraiment satisfaisant en raison de la diversitĂ© de ces peuples et parce que ces derniers les rejettent et prĂ©fĂšrent employer leur nom de nation ou de tribu[N 1].

L'arrivĂ©e des EuropĂ©ens en AmĂ©rique du Nord Ă  partir du XVIe siĂšcle provoqua d'importantes consĂ©quences sur les AmĂ©rindiens : leur nombre s'effondra Ă  cause des maladies, des guerres et des mauvais traitements. Leur mode de vie et leur culture subirent des mutations. Avec l'avancĂ©e de la FrontiĂšre et la colonisation des Blancs amĂ©ricains, ils perdirent la majoritĂ© de leur territoire, furent contraints d'intĂ©grer des rĂ©serves. Leur situation dĂ©mographique, sociale et Ă©conomique ne cessa de se dĂ©grader. Depuis les annĂ©es 1970, la communautĂ© amĂ©rindienne connaĂźt un certain renouveau : leur population augmente, la pauvretĂ© recule lentement, les traditions revivent. Si les AmĂ©rindiens sont dĂ©sormais des citoyens Ă  part entiĂšre, ils restent malgrĂ© tout Ă  la traĂźne du dĂ©veloppement amĂ©ricain.

Un AmĂ©rindien (dĂ©tail d’un tableau de Benjamin West)
Carte des principales concentrations amĂ©rindiennes aux États-Unis

Sommaire

Les AmĂ©rindiens Ă  l’époque prĂ©colombienne

Les sources

L’archĂ©ologie permet de retracer une partie de l’histoire amĂ©rindienne. Ici, le site anasazi de Chaco Canyon au Nouveau-Mexique

Retracer le passĂ© des tribus amĂ©rindiennes est un vĂ©ritable dĂ©fi pour les historiens. En effet, leur culture repose sur la transmission orale. Contrairement aux Mayas ou aux AztĂšques, les peuples d’AmĂ©rique du Nord n’utilisent aucun systĂšme d’écriture Ă  l’époque prĂ©colombienne et demeurent par consĂ©quent dans la protohistoire. InfluencĂ©s par les EuropĂ©ens, certains peuples (Cheyennes, Micmacs, Cris) dĂ©veloppent toutefois un systĂšme d’écriture syllabaire, de façon tardive.

Pour autant, Ă©crire une histoire des AmĂ©rindiens n’est pas totalement impossible. Il faut pour cela croiser les sources archĂ©ologiques et artistiques. L’étude des scĂšnes et des calendriers peints sur les peaux d’animaux ou celle des pĂ©troglyphes du Sud-Ouest amĂ©ricain est souvent utilisĂ©e par les spĂ©cialistes.

L’histoire des peuples amĂ©rindiens peut Ă©galement ĂȘtre en partie reconstituĂ©e grĂące aux rĂ©cits des EuropĂ©ens ayant Ă©tabli les premiers contacts. Missionnaires, explorateurs, officiers, coureurs des bois donnent des informations intĂ©ressantes sur les indigĂšnes. Par exemple, le mĂ©morialiste de l’expĂ©dition de PĂĄnfilo de NarvĂĄez, Álvar NĂșñez Cabeza de Vaca a consignĂ© ses observations ethnographiques sur les peuples indigĂšnes du golfe du Mexique, publiĂ©es en 1555 sous le titre de Naufragios (Naufrages). Ces tĂ©moignages sont toutefois d’une nature bien particuliĂšre ; ce sont ceux des conquĂ©rants qui redoutent les autochtones, les mĂ©prisent ou les dĂ©crivent comme des sauvages. Certains Ă©crits de captifs, faits prisonniers des AmĂ©rindiens Ă  la suite de raids, prĂ©sentent des informations intĂ©ressantes sur les diffĂ©rentes peuples d’AmĂ©rique du Nord. RĂ©duits en esclavage, ces prisonniers vivent au sein des tribus, et ont parfois livrĂ© des descriptions prĂ©cieuses pour les anthropologues.

Peuplement préhistorique

FlÚches préhistoriques paléoindiennes, culture Clovis

Il est gĂ©nĂ©ralement admis que l’arrivĂ©e des premiers hommes sur le continent amĂ©ricain remonte Ă  la derniĂšre Ăšre glaciaire. À cette Ă©poque, le dĂ©troit de BĂ©ring est pris par les glaces et forme un passage terrestre entre l’Asie et l’AmĂ©rique empruntĂ© des populations asiatiques nomades. Il est Ă©galement possible que certains hommes aient longĂ© les cĂŽtes en bateau.

La prĂ©sence humaine est attestĂ©e en Alaska vers 20 000 avant J.-C[1], vers 16  000 avant J.-C. sur la cĂŽte est (Pennsylvanie, Virginie, Caroline du Sud), vers 13 000 avant J.-C. sur le site Clovis (Nouveau-Mexique) vers 10 000 avant J.-C. en Floride[2],[3],[4].

Aujourd’hui, certains spĂ©cialistes remettent en cause l’origine uniquement asiatique des premiers occupants de l’AmĂ©rique. Douglas Wallace, Denis Stanford et Bruce Bradley utilisent les dĂ©couvertes rĂ©centes pour accrĂ©diter la thĂšse d’une migration europĂ©enne au PalĂ©olithique supĂ©rieur[5]. Les restes de l'homme de Kennewick, dĂ©couverts dans l'État de Washington en 1996, aurait environ 9 000 ans et ne prĂ©senterait pas les traits morphologiques des AmĂ©rindiens actuels[6].

Cultures disparues

Reconstitution d’un tertre des Mound Builders


Les diffĂ©rents sites prĂ©historiques attestent d’abord de l’existence de groupes de chasseurs-cueilleurs nomades. Ces palĂ©oamĂ©ricains chassaient les animaux du PleistocĂšne (mammouth laineux, bison) ; d'autres pratiquaient la pĂȘche et le rammassage des coquillages sur les cĂŽtes. L'archĂ©ologie a mis au jour des objets lithiques, en particulier les pointes de flĂšche des traditions Clovis et Folsom. Ces chasseurs utilisaient probablement dĂ©jĂ  l'atlatl pour envoyer leurs projectiles.

Il y a environ 11 500 ans, le climat de l'AmĂ©rique du Nord devint plus chaud et plus sec[7], ce qui eut pour consĂ©quence une Ă©volution du milieu naturel : la mĂ©gafaune disparut et la vĂ©gĂ©tation s'adapta aux nouvelles conditions. À la faveur d’un rĂ©chauffement climatique et d’influences mĂ©so-amĂ©ricaines, les populations amĂ©rindiennes se sont sĂ©dentarisĂ©es. Cette pĂ©riode archaĂŻque se caractĂ©rise par la diversification des sources de nourriture : chasse d'un gibier plus petit (cervidĂ©s), pĂȘche dans les cours d'eau, cueillette de baies, noix, graines et tubercules. Surtout, les premiĂšres formes d’agriculture et de commerce se dĂ©veloppent dans certaines rĂ©gions : Ă  l’est du Mississippi, le tournesol est cultivĂ© vers 3000 avant J.-C[7]. À l'Ă©poque prĂ©colombienne, l'ensemble des AmĂ©ridiens consommait 1000 espĂšces vĂ©gĂ©tales et 1500 espĂšces animales diffĂ©rentes[8].

Les civilisations disparues avant l’arrivĂ©e des EuropĂ©ens se rĂ©partissent en deux rĂ©gions principales. L’une se trouve Ă  l’est du Mississippi, oĂč s’épanouissent successivement les Mound Builders, des Adenas, des Hopewells et des civilisations du Mississippi ; l’autre occupe le Sud-Ouest des États-Unis actuels, oĂč se cĂŽtoient les Mogollons, les Hohokams et les Anasazis.

Ces civilisations prĂ©sentent un haut degrĂ© de dĂ©veloppement marquĂ© par un certain niveau d’urbanisation (Cahokia[9], Chaco Canyon[10]), une agriculture efficace (irriguĂ©e dans le Sud-Ouest) et diversifiĂ©e (courge, maĂŻs, haricot et coton dans le Sud-Ouest[7]), un artisanat raffinĂ© (travail du cuivre) et des lieux de culte monumentaux (tertres en terre des Mound Builders, kivas des Anasazis). Les causes de leur effondrement avant le XVIe siĂšcle demeurent incertaines : les Anasazis disparaissent sans doute en raison d'une grande sĂ©cheresse[7].

Caractéristiques culturelles traditionnelles

Vivant en symbiose avec leur milieu naturel, les AmĂ©rindiens dĂ©pendent des conditions climatiques et des ressources naturelles, mĂȘme s’ils ont su s’adapter aux contraintes. Chaque grand ensemble a ainsi dĂ©veloppĂ© une activitĂ© de prĂ©dilection, avec son savoir-faire propre.

Croyances et mythologie

Croquis de la cĂ©rĂ©monie de l’Okipa chez les Mandans par George Catlin
Un site sacrĂ© pour les AmĂ©rindiens : Shiprock (Nouveau-Mexique)
Une Medicine Wheel dans le Wyoming

Étant donnĂ© la grande acculturation des AmĂ©rindiens d’aujourd’hui, il est souvent difficile de retrouver leurs croyances originelles. Ils ont Ă©tĂ© christianisĂ©s par les prĂȘtres europĂ©ens Ă  partir du XVIIe siĂšcle et les deux cultures ont souvent fusionnĂ© : les religions amĂ©rindiennes sont syncrĂ©tiques car elles ne possĂšdent pas de dogme rigide[11]. Cependant, des Ă©lĂ©ments des croyances indiennes ont subsistĂ©, Ă  l’instar de la situation en AmĂ©rique centrale. S’il existe une diversitĂ© dans les rites et les superstitions indiennes, il est nĂ©anmoins possible de dĂ©gager quelques points communs qui permettent de comprendre leur spiritualitĂ©.

En premier lieu, les AmĂ©rindiens sont animistes et conçoivent le monde comme un « Grand Tout Â» dans lequel les Ă©lĂ©ments naturels et surnaturels coexistent[11]. La frontiĂšre entre le monde visible et le monde des esprits n’existe pas et les croyances s’expriment dans tous les moments de la vie quotidienne. Les AmĂ©rindiens honorent un Dieu crĂ©ateur et unique appelĂ© « Le Grand Esprit Â» dont le nom varie en fonction des langues : « Wacondah Â» ou « capitaine du ciel Â» pour les Apaches[12], « Gitche Manitou Â» chez les Algonquins. Il existe aussi une multitude de dieux secondaires, « Esprits auxiliaires Â» (par exemple : les esprits du vent, du feu, du tonnerre, ou wakantanka, le dieu de la chasse) ou encore « ancĂȘtres Â»[13]. Le monde compte Ă©galement des crĂ©atures malĂ©fiques comme le Wendigo. Mais contrairement aux AztĂšques ou aux Incas, les Indiens d'AmĂ©rique du Nord n'assimilĂšrent pas les explorateurs europĂ©ens Ă  des dieux[14]. MĂȘme s'il existe des rĂ©cits traditionnels faisant mention de migrations de leurs ancĂȘtres, la plupart des AmĂ©rindiens pensent qu'ils sont apparus en AmĂ©rique. Dans beaucoup de mythes, les AmĂ©rindiens auraient Ă©mergĂ© de la mer, d'un lac ou d'une cavitĂ©[15].

Ensuite, les AmĂ©rindiens partagent des rites communs qui ont comme principale caractĂ©ristique d’ĂȘtre cycliques[13]. Avant les priĂšres ou les grandes cĂ©rĂ©monies (dĂ©part Ă  la chasse, Ă  la guerre, passage Ă  l'Ăąge adulte), les AmĂ©rindiens doivent se purifier : ils utilisent pour cela la hutte Ă  sudation ou les bains rituels. Les moyens d’entrer en transe ou d’avoir des visions sont multiples : fumer ou brĂ»ler des plantes (tabac, sauge, Ă©corce de bouleau)[13], jeĂ»nes ou prise de drogues comme le peyotl. Il existe bien d’autres rituels destinĂ©s Ă  se concilier les esprits tels que les offrandes Ă  la Terre-MĂšre pour faire pousser le maĂŻs ou bien Ă  l’esprit de l’animal tuĂ© Ă  la chasse[16].

La danse tient Ă©galement une place prĂ©pondĂ©rante au moment des grands rassemblements (les Pow wow). La Danse des Esprits (Ghost Dance) rĂ©unit les participants qui rĂ©pĂštent des couplets au son des tambours. Leurs incantations peuvent mener Ă  la transe. La Danse du Soleil (Sun Dance) dans les Grandes Plaines a pour but de vĂ©nĂ©rer l’astre diurne, pendant la pĂ©riode du solstice d’étĂ©. Elle est accompagnĂ©e de mutilations corporelles volontaires destinĂ©es Ă  montrer son courage et Ă  entrer en transe[17]. Les Cherokees pratiquent quant Ă  eux la Danse de la pluie pour que leurs rĂ©coltes soient bonnes. Les AmĂ©rindiens frĂ©quentent des sites qu'ils considĂšrent comme sacrĂ©s : Bear Butte (Dakota du Sud), Devils Tower (Wyoming), Shiprock (Nouveau-Mexique) ou Enchanted Rock (Texas).

Les pratiques religieuses ne sont pas le monopole d’un clergĂ© Ă  proprement parler : le chaman est chargĂ© d’entrer en contact avec les esprits et d’interprĂ©ter les signes surnaturels parl'observation de la nature, par le rĂȘve et la transe. La sagesse de l’« homme-mĂ©decine Â» lui permet de guĂ©rir les malades : il Ă©tait capable de rĂ©duire la douleur par les plantes ou l’hypnose[18].

Enfin, sur un plan symbolique, les AmĂ©rindiens reprĂ©sentent des formes et des silhouettes depuis des milliers d’annĂ©es sur diffĂ©rents supports : sur les parois et les rochers (pĂ©troglyphes), sur le sable (peintures navajos), les peaux d’animaux (Indiens des Plaines), les objets de la vie quotidienne, jusque sur leurs corps (peintures rituelles). Ces symboles forment un langage Ă©sotĂ©rique. Le cercle est l’un des plus frĂ©quents : on le retrouve dans les danses rituelles, la forme et la disposition des tipis ou des wigwams[13], dans le soleil et dans les medicine wheels (« roues mĂ©decine Â»). Il symbolise l'unitĂ© et l'Ă©quilibre du monde, son renouveau sous forme de cycle[19].

Chaque animal et Ă©lĂ©ment sacrĂ© doit ĂȘtre reprĂ©sentĂ© sous forme de totem qui peut prendre des formes diverses (mĂąt sculptĂ©, sac-mĂ©decine, partie du corps d’un animal)[20]. Chaque clan a le sien : la tortue pour les Iroquois ; l’ours pour les Mohawks, le calumet pour les Cayugas. Ces groupes totĂ©miques sont toutefois bien distincts des tribus.

Les AmĂ©rindiens croient en une existence aprĂšs la mort[21]. Cependant, les rites mortuaires sont trĂšs diffĂ©rents d'un peuple Ă  l'autre : dans le Sud-Ouest, les Hopis enterrent les dĂ©funts[22]. Dans les Grandes Plaines, les parents se coupent les cheveux ou s'automutilent[23]. Sur les cĂŽtes du Nord-Ouest, les morts sont placĂ©s dans des cabanes mortuaires[24]. Dans les plaines du nord, les corps sont disposĂ©s sur des arbres ou des Ă©chafaudages pour qu'ils se dĂ©composent Ă  l'air libre[25].

Organisation sociale et politique

Amérindiennes, Oregon, vers 1902

L’organisation sociale varie selon les peuples. En schĂ©matisant, on peut distinguer deux groupes : des sociĂ©tĂ©s Ă©galitaires et animistes d'une part, et des sociĂ©tĂ©s hiĂ©rarchisĂ©es et dĂ©istes d'autre part[26]. Dans le Nord-Ouest, les AmĂ©rindiens ont dĂ©veloppĂ© une stratification sociale importante, tandis qu’elle est quasi inexistante chez les Navajos, pour lesquels la famille est la base de la sociĂ©tĂ©. D’autre part, la notion de propriĂ©tĂ© privĂ©e des terres et des habitations est parfaitement Ă©trangĂšre aux AmĂ©rindiens. Chez les peuples sĂ©dentaires les travaux dans les champs ou la chasse des grands animaux nĂ©cessitent une certaine organisation sociale.

Les femmes ont une place importante dans la vie des tribus. Elles prĂ©parent le bison ou les rĂ©coltes et elles s’occupent des enfants. Une mĂšre peut avoir suffisamment d’influence pour dissuader son fils de partir Ă  la guerre. Chez les Navajos et les Iroquois, le mode de filiation est matrilinĂ©aire.

Depuis l'effondrement des civilisations du Mississippi et du Sud-Ouest, il n'existait pas d'État en AmĂ©rique du Nord[8]. Les AmĂ©rindiens se rĂ©partissent en tribus, parfois subdivisĂ©es en clans, en bandes et en gentes ont des caractĂ©ristiques communes : leurs membres Ă©lisent et dĂ©pose leur chef ; ils sont solidaires les uns des autres et dĂ©fendent leurs intĂ©rĂȘts mutuels. Ils sont enterrĂ©s au mĂȘme endroit[27]. Les membres de la tribu partagent un mĂȘme sang, un mĂȘme territoire, une mĂȘme langue et des coutumes similaires. Le chef de la tribu, parfois appelĂ© sachem, est responsable du bien commun. Il est choisi pour ses capacitĂ©s et sa sagesse, mĂȘme si certaines tribus connaissent la transmission hĂ©rĂ©ditaire du pouvoir[28]. Les AmĂ©rindiens de l’époque prĂ©colombienne n’ont pas de lois Ă©crites mais disposent de normes[N 2] orales (Gayanashagowa des Iroquois). Les dĂ©libĂ©rations et les dĂ©cisions ont lieu autour du feu.

La guerre

Tomahawk nez-percé

Bien que les AmĂ©rindiens ne soient pas organisĂ©s en États, les guerres entre tribus sont frĂ©quentes : avant l'arrivĂ©e de Blancs, elle se manifeste par des raids pour montrer son courage ou pour enlever des femmes[29]. Par exemple, Ă  l’est, les SĂ©nĂ©cas (une tribu iroquoise) affrontent rĂ©guliĂšrement les Cherokees. Dans les Hautes Plaines, les Sioux massacrent les Mandans et les Apaches s’attaquent frĂ©quemment aux Pueblos dans le Sud-Ouest. Au dĂ©but du XVIIe siĂšcle, les colonisateurs français prennent part aux attaques des Algonquins et des Hurons contre leurs ennemis iroquois. Ces derniers rĂ©pliquent au milieu du XVIIe siĂšcle et finissent par affaiblir la confĂ©dĂ©ration des Hurons. Les guerriers les plus redoutables sont les Indiens des Plaines.

Tous ces conflits sont des guerres de territoire, d’honneur, de pillage ou de vengeance. Le courage et la bravoure sont des principes fondamentaux chez les AmĂ©rindiens. Le combattant valeureux tient ainsi une place importante au sein de la tribu. Les traitĂ©s d’alliance sont discutĂ©s autour du feu du grand conseil. La paix est annoncĂ©e par le calumet, la guerre par la hache. Aucun document n’est signĂ© car la parole d’honneur suffit. Les cĂ©rĂ©monies qui prĂ©cĂšdent la bataille consistent en des danses de guerriers en armes et des rites de purification[30]. Avant l’attaque, les AmĂ©rindiens lancent leur cri de guerre qui doit effrayer l’ennemi et souder le groupe. AprĂšs la guerre, les plus courageux reçoivent des distinctions honorifiques : collier de griffes d'ours, coiffe de plume[31].

En gĂ©nĂ©ral, les femmes et les enfants sont Ă©pargnĂ©s lors des attaques. Certains prisonniers sont adoptĂ©s (chez les Iroquois), d’autres sont torturĂ©s[32] ou frappĂ©s Ă  coups de bĂąton. Certains guerriers mangent les organes des vaincus[33] ou gardent des trophĂ©es (doigts ou scalp). Avant l’arrivĂ©e des EuropĂ©ens, les Indiens ne disposent que d’armes rudimentaires : hache, Tomahawk, flĂšches et arc, massue, couteau...

Artisanat et arts

Peinture sur peau

L’art amĂ©rindien est avant tout pictural et dĂ©coratif : des signes (idĂ©ogrammes) ou pictogrammes sur leurs tentes, leurs boucliers, leurs poteries, leurs masques
 et aussi en peintures corporelles. Les Ɠuvres sont le plus souvent trĂšs colorĂ©es.

L’expression corporelle, la danse et la musique sont des formes artistiques qui accompagnent les rites et les cĂ©rĂ©monies religieuses. Une fois encore, les manifestations sont trĂšs variĂ©es : Gourd Dance (Indiens des Plaines du sud), Ghost Dance, Peyote song (Apaches), waila music (Tohono O'odham)


L’artisanat dĂ©pend du milieu naturel et du mode de vie : les sĂ©dentaires fabriquent des objets destinĂ©s Ă  garder les rĂ©coltes. Les peuples du Sud-Ouest sont rĂ©putĂ©s pour leur cĂ©ramique, leur vannerie ainsi que pour leurs tissages gĂ©omĂ©triques et colorĂ©s. Les Indiens des Plaines dĂ©corent leurs armes et leurs costumes, peignent sur les peaux de bison, portent des bijoux et des parures raffinĂ©es. Les habitants du Nord-Ouest sculptent d’immenses mĂąts totĂ©miques et des masques dans le bois de thuya. Les peuples du Nord travaillent l’os et la corne.

Économie et vie quotidienne

Iroquoises au travail pilant des grains et des fruits secs (gravure de 1664).

L’agriculture amĂ©rindienne est traditionnelle et essentiellement vivriĂšre, mĂȘme si certains produits peuvent faire l’objet d’un commerce[N 3]. Ignorant les techniques de la mĂ©tallurgie, ils ne disposent pas d’outils en fer et travaillent la terre au moyen d’instruments agraires simples, en bois et en pierre : houe, plantoir, etc. Les omoplates de bisons servent Ă  fabriquer des sortes de bĂȘches. En gĂ©nĂ©ral, les travaux agricoles reviennent aux femmes, ainsi que la prĂ©paration des repas. Les productions agricoles varient en fonction du climat ; cependant, les principales plantes cultivĂ©es, que les AmĂ©rindiens surnommaient les « Trois Soeurs Â», Ă©taient la courge, le maĂŻs et le haricot. Selon les aires culturelles, on peut trouver du tabac, du tournesol ou du coton. Les peuples sĂ©dentaires savent mettre en oeuvre des procĂ©dĂ©s pour amĂ©liorer les rendements : irrigation dans le Sud-Ouest, engrais et associations culturales dans le Nord-Est, brĂ»lis 
 Les AmĂ©rindiens ne connaissent qu’un seul animal domestique avant l’arrivĂ©e des EuropĂ©ens : le chien. Il est un compagnon de chasse et de garde. Certains peuples pratiquent Ă©galement l’élevage de la dinde.

Les AmĂ©rindiens pratiquent un jeu de balle, ancĂȘtre de la crosse : apparu au XIe siĂšcle en MĂ©soamĂ©rique ou au Mexique[34], il se diffuse dans la rĂ©gion des Grands Lacs et la CĂŽte Est des États-Unis. Certains anthropologues ont vu dans ce sport une sorte de substitut Ă  la guerre[35]. Il existe d'autres jeux comme le Handgame[36].

Différences par domaines bioclimatiques

Les principales aires culturelles de l'Amérique du Nord

Les spĂ©cialistes distinguent habituellement huit aires culturelles principales pour l’AmĂ©rique du Nord[37]. Ce dĂ©coupage permet d’étudier les diffĂ©rences entre les peuples, sans pour autant rendre compte de toute leur diversitĂ©. Ces aires sont Ă©tablies en fonction du milieu naturel, qui conditionne en partie le mode de vie des populations, et de la famille linguistique. Il existe 300 Ă  500 langues amĂ©rindiennes rĂ©groupĂ©e en 50 familles linguitisques en AmĂ©rique du Nord[38]. Beaucoup d'AmĂ©rindiens connaissaient deux ou trois langues, ce qui facilitait les contacts entre tribus[8].

RĂ©gions sub-arctiques

Dans l’actuel État de l’Alaska, le milieu est dĂ©favorable Ă  l’agriculture. Dans le nord de cette rĂ©gion, l’hiver est particuliĂšrement long et rigoureux, le sol est gelĂ© une bonne partie de l’annĂ©e. La toundra cĂšde la place Ă  la taĂŻga plus au sud, qui donne aux AmĂ©rindiens des ressources en bois et en gibier. Ces derniers ont appris Ă  utiliser au mieux les ressources naturelles : en l’absence de rĂ©coltes, ils sont nomades et se tournent vers la pĂȘche, la chasse et la cueillette pour survivre. Ils poursuivent le caribou dans les forĂȘts, Ă©quipĂ©s de raquettes et de luges (les toboggans) qui leur permettent de progresser facilement dans la neige. Ils remontent les cours d’eau au moyen de canoĂ« en Ă©corce de bouleau. Ils rĂ©coltent du sirop d'Ă©rable. Leurs armes sont rudimentaires : arc, flĂšches, massue et lance. Les Cris et les Chipewyans se livrent Ă  des guerres frĂ©quentes pour le contrĂŽle des territoires de pĂȘche et de chasse. Ils font des esclaves qui sont troquĂ©s contre des matiĂšres premiĂšres, comme le silex ou le cuivre. Ils habitent dans des wigwams ou des abris semi enterrĂ©s, en particulier pendant l’hiver. Chez certains peuples, les personnes ĂągĂ©es Ă©taient abandonnĂ©es dans la nature sans nourriture[39]. La majoritĂ© des peuples de la zone sub-arctique appartiennent soit Ă  la famille des langues athapascanes, soit Ă  celle des langues algonquiennes.

La cĂŽte nord-ouest du Pacifique

Mùt totémique en Alaska

Dans le Nord-Ouest (État de Washington, Oregon), le climat et les ressources de la mer et des fleuves offrent un milieu propice au dĂ©veloppement des AmĂ©rindiens. Les communautĂ©s y vivent de la pĂȘche aux cĂ©tacĂ©s et aux phoques ; des nasses et des barrages permettent de capturer des saumons, des truites et des morues. Les tribus Makahs, Haidas, Nootkas ramassent Ă©galement des coquillages et partent dans les montagnes de l’intĂ©rieur pour chasser la chĂšvre, l’ours et le wapiti.

L’abondance des thuyas est exploitĂ©e pour bien des aspects de la vie matĂ©rielle : il sert Ă  la construction de barques monoxyles dĂ©corĂ©es. Le travail du bois (masques), la vannerie et le tissage remplacent aisĂ©ment la poterie. Les peuples de cette rĂ©gion connaissent une organisation sociale hiĂ©rarchisĂ©e, Ă  la diffĂ©rence des autres AmĂ©rindiens : il existe des groupes qui se distinguent par leur rang (une noblesse, une plĂšbe et des esclaves) ; le principal dignitaire est un roi hĂ©rĂ©ditaire qui possĂšde la plus belle maison, la plus richement dĂ©corĂ©e. Les villages sont constituĂ©s de grandes maisons de cĂšdre et de thuya dans lesquelles peuvent loger plusieurs familles. Des mĂąts totĂ©miques sont dressĂ©s devant l’entrĂ©e. La culture de ces peuples prĂ©sente plusieurs caractĂ©ristiques originales comme la danse rituelle du chinook, destinĂ©e Ă  faire fondre la neige au printemps. La tradition du potlatch montre aussi la richesse et la puissance du donataire (sacrifices d’esclaves)[40].

ForĂȘts du Nord-Est

Campement objiwa

Les forĂȘts du nord-est couvrent un important territoire allant des Grands Lacs Ă  l’Ohio et de la cĂŽte atlantique au Mississippi. Les AmĂ©rindiens de cette rĂ©gion partagent en partie le mode de vie des peuples sub-arctiques, mais ils pourchassent un autre gibier (ours, Ă©lan, cerf) et pratiquent l'agriculture. Leur habitat est divers : les Algonquins, les Micmacs ou les Abenakis vivent dans des wigwams. Plus au sud, les AmĂ©rindiens vivent dans de vastes maisons (maison longue amĂ©rindienne ou long houses en anglais) qui pouvaient accueillir entre 10 et 20 familles. Les tribus sĂ©dentaires du sud de la Nouvelle-Angleterre construisent des villages protĂ©gĂ©s par une palissade en bois[41]. Les habitations sont constituĂ©es d’une structure en bois recouverte de torchis ou d’écorces. Les habitants du nord-est pratiquent l’agriculture sur les terres qu’ils dĂ©frichent mais n’abandonnent pas la chasse et la cueillette pour complĂ©ter leur alimentation. La rĂ©colte du maĂŻs donne lieu Ă  des cĂ©rĂ©monies. Les autres activitĂ©s sont le commerce ainsi que la pĂȘche sur les cours d'eau et les lacs, pratiquĂ©e grĂące Ă  des canoĂ«s et des pirogues. Certaines tribus sont fĂ©dĂ©rĂ©es : la ligue des cinq nations est sans doute formĂ©e dĂšs le XVIe siĂšcle. Enfin, les principales familles de langues sont l'iroquois, le sioux et l'algonquien, qui se dĂ©clinent en une multitude de dialectes. Certains historiens pensent que la rĂ©gion occupĂ©e par les Iroquois a dĂ©passĂ© sa capacitĂ© porteuse dĂšs le XVe-XVIe siĂšcle, ce qui amena des rivalitĂ©s entre tribus[38].

Les Indiens des Grandes Plaines

Article dĂ©taillĂ© : Indiens des Plaines.
Chasse au bison dans les Grandes Plaines

Les Indiens des Plaines sont les groupes indigĂšnes auxquels on pense d’abord lorsque l’on Ă©voque la ConquĂȘte de l'Ouest. Il s’agit ici de reconstituer leur mode de vie avant l’arrivĂ©e de l’homme blanc et du cheval. Dans les Grandes Plaines, les AmĂ©rindiens chassent le bison depuis des centaines d’annĂ©es et vivent en semi-nomades. Le bison leur fournit de la viande, de la peau pour les tipis, l’habillement et les sacs, de la toison pour les vĂȘtements et des tendons pour le fil.

Leur habitat est adaptĂ© au milieu et au mode de vie nomade : il est en principe lĂ©ger (wigwam, tipi), dĂ©corĂ© de peintures, de trophĂ©es de chasse ou encore de scalps. Les Indiens des Plaines se peignent le visage et des parties du corps de signes multicolores. La veste de guerre est sortie au moment des grandes batailles. Pour les cĂ©rĂ©monies, les Indiens des Plaines se costument avec de vĂ©ritables dĂ©guisements qui imitent les animaux. Ils aiment se parer de bijoux tels que des colliers, des anneaux et des bracelets en mĂ©tal ou en coquillage. Une dent d’ours accrochĂ©e autour du cou est un signe de courage ou fait office d’amulette. Les guerriers les plus valeureux portent des couronnes faites de plumes d’aigle.

Les Indiens des Plaines ont des dialectes trĂšs diffĂ©rents, si bien qu’ils ne peuvent se comprendre sans l’intermĂ©diaire d’interprĂštes. Le langage des signes pallie ces barriĂšres linguistiques et les signaux de fumĂ©e permettent de communiquer sur de grandes distances. Les Pieds-Noirs parlent une lanque algonquienne ; les Sarsis une langue athapascane ; les Sioux, le lakota.

Les plateaux

Les plateaux du nord-ouest des États-Unis actuels reprĂ©sentent une vaste Ă©tendue de moyenne ou haute altitude. Le milieu naturel est dominĂ© par la forĂȘt et des hivers neigeux. Les plateaux sont occupĂ©s par diverses tribus telles que les Nez-PercĂ©s, les Yakamas ou les Flatheads. Dans la partie orientale, le mode de vie est nomade. Les Indiens sont en contact avec les trappeurs français et canadiens Ă  partir du XVIIe siĂšcle et deviennent au siĂšcle suivant des Ă©leveurs de chevaux. L’expĂ©dition Lewis et Clark dĂ©couvre le mode de vie de ces peuples au dĂ©but du XIXe siĂšcle. Ces derniers vivent des ressources de la forĂȘt (cerf, ours, racines, baies, thuya) et des cours d’eau tels que la Columbia. Ils pĂȘchent le saumon Ă  la fin de l’étĂ©. Les maisons sont lĂ©gĂšres Ă  la belle saison et partiellement enterrĂ©es en hiver, avec un toit couvert de terre.

Le Sud-Est

Francois Bernard, Village Choctaw, XIXe siĂšcle

Les espaces situĂ©s au sud de l’Ohio et autour du golfe du Mexique bĂ©nĂ©ficient d’un milieu favorable Ă  l’agriculture et d’une faune abondante. De nombreuses tribus se sont dĂ©veloppĂ©es ici, parmi lesquelles les Cinq tribus civilisĂ©es qui sont considĂ©rĂ©es comme les hĂ©ritiĂšres des cultures mississippiennes. Elles rĂ©coltent essentiellement le maĂŻs, la courge et la pomme de terre. Le climat subtropical permet de faire pousser la patate douce, la banane et la canne Ă  sucre ; les AmĂ©rindiens cultivent Ă©galement des plantes mĂ©dicinales et du tabac. Ils consomment les produits de la chasse et de la pĂȘche[38]. Ils connaissent les techniques de la poterie et de la [cĂ©ramique], qui servent Ă  confectionner des objets pour la vie quotidienne ou pour les cultes mortuaires. L’habitat est trĂšs divers : les maisons adoptent un plan rectangulaire et sont crĂ©pies de glaise en Ă©tĂ© ; en hiver, des huttes coniques Ă  demi enfouies servent d’abri. Ces sociĂ©tĂ©s sont hiĂ©rarchisĂ©es (chefs, prĂȘtres) et certains villages comptent plusieurs centaines d'habitants[38]. Dans les rĂ©gions les plus mĂ©ridionales, les AmĂ©rindiens vivent presque nus dans des huttes lĂ©gĂšres couvertes de palmes. Pour se concilier les forces de la nature, les peuples cultivateurs pratiquent le puskita (cĂ©rĂ©monie du maĂŻs vert). Enfin, les langues du Sud-Est se rĂ©partissent en cinq grandes familles : langues iroquoises (Cherokee
), Caddo (langue cadoenne), siouenne, muskogee (SĂ©minoles, Creeks
) ; quant Ă  la langue des Natchez, elle constitue un langue isolĂ©e.

Les cultures du Sud-Ouest

Taos, Nouveau-Mexique. Exemple de construction adobe des pueblos

Dans le Sud-Ouest, on trouve des peuples sĂ©dentaires influencĂ©s par leurs voisins et par les civilisations qui les ont prĂ©cĂ©dĂ©s (Anasazis). Ainsi les Pueblos, les Hopis, les Zuñis ou encore les Papagos pratiquent l’irrigation pour le maĂŻs, tissent le coton, font des poteries, tressent des paniers, exploitent le cactus pour son eau, son jus, sa pulpe et son sirop, aux propriĂ©tĂ©s hallucinogĂšnes. Comme leurs ancĂȘtres, ils construisent des villages de pierres ou en adobe. Ils vivent sous la menace permanente des attaques des Apaches ou des Comanches.

Amérindiens du Grand Bassin

Le Grand Bassin est marquĂ© par l’ariditĂ© et se trouve relativement isolĂ© par des chaĂźnes de hautes montagnes (Montagnes Rocheuses Ă  l’est et Sierra Nevada Ă  l’ouest). Les tribus qui vivent ici avant l’arrivĂ©e des Espagnols sont peu nombreuses, dispersĂ©es et doivent s’adapter aux contraintes naturelles fortes. Elles pratiquent la chasse et cultivent des lopins irriguĂ©s. Elles tressent l’armoise d’AmĂ©rique et le yucca pour confectionner des nattes, des pagnes et des sandales. Leurs techniques de vannerie sont trĂšs anciennes. Elles utilisent le saule du dĂ©sert pour l’armature de leurs maisons, qui sont gĂ©nĂ©ralement des huttes coniques rudimentaires. Les maisons de sudation (« sweathouse Â» ou « sweatlodge Â» en anglais) servent Ă  purifier le corps des hommes avant les cĂ©rĂ©monies[42]. Les Havasupais bĂątissent des villages au fond du Grand Canyon. Les Shoshones, les Utes et les Paiutes pratiquent la chasse sur le plateau dĂšs l’automne venu. Ils poursuivent le bison, le wapiti et la chĂšvre des montagnes. La chasse leur permet d’obtenir des peaux de lapins pour fabriquer des manteaux afin de passer l’hiver.

L’originalitĂ© de la Californie

Habitation traditionnelle miwok, Parc national de Yosemite, Californie

L’actuelle cĂŽte de la Californie se trouve isolĂ©e du reste du continent par l’imposante chaĂźne de la Sierra Nevada. Avant l’arrivĂ©e des colons europĂ©ens, elle est peuplĂ©e d’environ 250 tribus (Chumash, Maidu, Miwok, Modoc, Ohlone, Tongva
) qui appartiennent en majoritĂ© aux langues athapascanes et se partagent de petits territoires. Ces groupes vivent en autarcie dans des huttes fabriquĂ©es avec du bois de sĂ©quoia au nord, dans des constructions en adobe au sud. Leur artisanat produit des objets en vannerie, dĂ©corĂ©s de plumes et de coquillages (chapeaux, sandales, pagnes). Ils vivent de la chasse, de la pĂȘche et surtout de la cueillette[8]. Certaines tribus Ă©lĂšvent la dinde pour sa viande.

L’arrivĂ©e des Blancs (XVIe / XIXe siĂšcles)

Les premiers contacts : la colonisation europĂ©enne et ses consĂ©quences

Situation démographique en 1492

Il est trĂšs difficile d’estimer le nombre d’AmĂ©rindiens Ă  la veille de la conquĂȘte europĂ©enne : l’historien Russel Thorntorn Ă©value Ă  environ 7 millions le nombre d’habitants vers 1500[43]. Selon d’autres sources[44], la population en AmĂ©rique du Nord Ă©tait de un ou deux millions d’habitants Ă  12 millions[45],[8] au dĂ©but du XVIe siĂšcle.

Exploration et colonisation

Quakers embrassant des Indiens en Pennsylvanie

À partir du XVIe siĂšcle, les puissances europĂ©ennes se lancĂšrent dans l’exploration et la colonisation de l’AmĂ©rique du Nord. Ils Ă©tablissent des relations plus ou moins conflictuelles avec les indigĂšnes, dans un contexte de concurrence coloniale. Ils se servent des rivalitĂ©s entre les tribus et cherchent Ă  dresser les AmĂ©rindiens les uns contre les autres.

Dans le Sud-Ouest des États-Unis actuels, les Espagnols Ă©tendent leurs colonies de Nouvelle-Espagne depuis le Mexique. À partir de la fin du XVIe siĂšcle[38], ils s’établissent sur les territoires des Indiens Pueblos qu’ils rĂ©duisent en esclavage par le systĂšme de l’encomienda. Les frĂšres franciscains Ă©vangĂ©lisent les peuples de Californie, du Nouveau-Mexique et du Texas grĂące Ă  un rĂ©seau de missions. Ils n'hĂ©sitent pas Ă  recourir au travail forcĂ©, Ă  la torture et aux exĂ©cutions pour les AmĂ©rindiens qui persistent Ă  pratiquer leurs rites traditionnels[38]. L’armĂ©e espagnole doit faire face Ă  plusieurs rĂ©voltes au XVIIe siĂšcle : en 1680, la rĂ©volte Pueblo dirigĂ©e par PopĂ© provoque l'Ă©vacuation temporaire de la rĂ©gion par les Espagnols. DĂšs 1784, une politique d'extermination des Apaches est mise en place : il s'agit de massacrer tout Apache de plus de sept ans[46]. AprĂšs 1821, la rĂ©gion passe sous la souverainetĂ© mexicaine. AprĂšs l'expĂ©dition d'Hernando de Soto (1539-1542), les Espagnols Ă©tendent leur influence sur les rĂ©gions du Sud-Est. Les AmĂ©rindiens sont massacrĂ©s, rĂ©duits en esclavage avant d'ĂȘtre dĂ©portĂ©s dans les CaraĂŻbes[38].

Sur la cĂŽte orientale, les Britanniques fondent les 13 colonies Ă  partir du XVIIe siĂšcle. Les colons sont beaucoup plus nombreux que dans les autres colonies d’AmĂ©rique du Nord et les AmĂ©rindiens sont refoulĂ©s vers l’ouest, notamment Ă  cause de l’accaparement de leurs terres (pratique du squatting). Les tribus du Nord-Est s’engagent dans les rivalitĂ©s franco-britanniques au XVIIIe siĂšcle, pendant la Guerre de Sept Ans.

Dans les Grandes Plaines et dans la vallĂ©e du Mississippi, les Français contrĂŽlent l’immense territoire de la Louisiane. Ils font du commerce avec les AmĂ©rindiens et organisent la traite des fourrures. MalgrĂ© quelques affrontements violents (guerre des Renards, soulĂšvements natchez et expĂ©ditions contre les Chickasaws), les relations franco-indiennes sont relativement bonnes en Louisiane, parce que les Français ne sont pas nombreux. L’impĂ©rialisme français s’exprime par quelques guerres et la mise en esclavage d’un certain nombre d’AmĂ©rindiens[47] dĂšs le dĂ©but du XVIIIe siĂšcle, malgrĂ© l'interdiction officielle. Ces esclaves sont capturĂ©s par les tribus au cours de raids et de batailles.

Enfin, les Russes cherchent Ă  satisfaire la demande des Chinois en fourrures venues des cĂŽtes du Nord-Ouest : ils contraignent les indigĂšnes Ă  chasser la loutre de mer[7].

Conséquences sur les Amérindiens

Fichier:Mission San Xavier Arizona USA.jpg

Les EuropĂ©ens introduisent des maladies inconnues des AmĂ©rindiens (variole, grippe) qui font des ravages. On estime que, dans les rĂ©gions les plus touchĂ©es par les Ă©pidĂ©mies, la population a pu se rĂ©duire de 90 % avant 1650[48].

Les AmĂ©rindiens Ă©changent avec les Blancs de nouveaux produits, qui modifient leurs modes de vie et tend vers l'uniformisation des cultures : alcool, armes, blĂ©, objets en mĂ©tal, nouvelles plantes et animaux. La diffusion du cheval vers les Grandes Plaines s'intensifia aprĂšs la rĂ©volte des Pueblos en 1680 dans le Sud-Ouest[49]. Au Texas actuel, Le cheval renforça le nomadisme de plusieurs tribus[50] et contribua Ă  modifier leur rĂ©partition gĂ©ographique. Les Navajos se mettent Ă  Ă©lever les moutons, introduits par les Espagnols[8]. Les Cinq tribus civilisĂ©es (Cherokee, Chickasaw, Choctaw, Creek, Seminole) Ă©taient considĂ©rĂ©es comme « civilisĂ©es Â» par la sociĂ©tĂ© blanche pour avoir adoptĂ© beaucoup de coutumes occidentales (dont la possession de plantations, de maisons Ă  l'europĂ©enne et d'esclaves noirs[51]) et avoir de bonnes relations avec leurs voisins. L'arrivĂ©e des Blancs modifia Ă©galement les rapports politiques en exarcerbant les rivalitĂ©s et les relations sociales (montĂ©e de chefs amĂ©rindiens, du machisme)[48]. Les AmĂ©rindiens tentĂšrent de s'unir contre l'invasion en formant des ligues et des alliances : les plus cĂ©lĂšbres sont celle des Iroquois, des Hurons et des Creek qui rĂ©unit quelque 50 citĂ©s qui disposent chacune d’un chef et d’un conseil. Les tribus se rĂ©unissent en conseils (chez les Cheyennes, le conseil des 40 chefs). En pĂ©riode de guerre, les tribus se regroupent en confĂ©dĂ©rations, mais ces alliances sont la plupart du temps Ă©phĂ©mĂšres.

L’AmĂ©rique du Nord est vue comme une terre Ă  Ă©vangĂ©liser : la christianisation est en partie acceptĂ©e par une partie des AmĂ©rindiens lorsqu’ils peuvent l’assimiler Ă  leurs cultes traditionnels. Si la plupart du temps les EuropĂ©ens mĂ©prisaient des AmĂ©rindiens, certains EuropĂ©ens s’unissent Ă  des AmĂ©rindiennes comme certains coureurs de bois français. Pocahontas Ă©pouse l’Anglais John Rolfe en 1613. Dans le regard des EuropĂ©ens, l’Indien est au mieux un bon sauvage qu’il faut civiliser, au pire un diable Ă  convertir, Ă  rĂ©duire en esclavage, ou Ă  massacrer : en 1763, le commandement anglais de Pennsylvanie fournit aux Indiens des vĂȘtements infestĂ©s des germes de la variole[52].

L'arrivĂ©e des EuropĂ©ens provoqua d'importantes migrations ou encore des guerres entre tribus pour le contrĂŽle du commerce. Par exemple, les Sioux ont quittĂ© les forĂȘts de l’ouest du Wisconsin et du centre du Minnesota pour migrer vers l’ouest et le sud Ă  partir du milieu du XVIIe siĂšcle[53].

Enfin, l'invasion européenne puis américaine engendra une profonde crise morale, qui s'est manifestée par des suicides et une augmentation de la criminalité[48].

Les guerres indiennes et l’ethnocide (XIXe siĂšcle)

Article dĂ©taillĂ© : Guerres indiennes.
Bad Wound, un chef sioux

La cause principale de ces conflits est la volontĂ© expansionniste des treize colonies britanniques en AmĂ©rique du Nord puis du gouvernement amĂ©ricain, qui se traduit aussi par les guerres mexico-amĂ©ricaines, la conquĂȘte de l'Ouest par des colons recherchant des terres et de l’or renforça l’animositĂ© entre les deux peuples. Ces conflits ont fait l’objet de reprĂ©sailles, de massacres et de pillages de la part des deux camps. Parmi les guerres indiennes les plus connues, on peut citer les guerres sĂ©minoles en Floride (entre 1817 et 1858) et la guerre des Black Hills (1876-1877) contre les Sioux.

En 1862, les Sioux santees massacrent 1 500 hommes, femmes et enfants amĂ©ricains dans le Minnesota. Le 25 juin 1876, la cĂ©lĂšbre bataille de Little Big Horn tourne Ă  la tuerie des hommes du lieutenant-colonel Custer par les guerriers menĂ©s par Sitting Bull. Le dernier Ă©pisode des guerres indiennes est le massacre de Wounded Knee (29 dĂ©cembre 1890) au cours duquel 250 Indiens Sioux Miniconjous et le chef Big Foot sont tuĂ©s par les soldats du 7e de cavalerie.

Cependant les relations entre Indiens et EuropĂ©ens n’ont pas toujours Ă©tĂ© violentes : en 1805, l’expĂ©dition Lewis et Clark qui part de Saint-Louis pour rejoindre le Pacifique, a souvent Ă©tĂ© aidĂ©e par des tribus amĂ©rindiennes. La Cour SuprĂȘme des États-Unis a souvent dĂ©fendu les droits des AmĂ©rindiens au XIXe siĂšcle contre celui des États fĂ©dĂ©rĂ©s. Plusieurs personnalitĂ©s amĂ©ricaines ont soutenu la cause indienne, Ă  l’instar de Thomas Paine, Thomas Jefferson ou Roger Williams.

DĂ©portation et assimilation

Pile de crùnes de bisons destinés à devenir du fertilisant dans les années 1870.
Robert Lindneux, The Trail of Tears (La Piste des Larmes), 1942

Au XIXe siĂšcle, les AmĂ©rindiens sont parquĂ©s dans des rĂ©serves et leur principal gibier, les troupeaux de bisons, exterminĂ©s pour leur fourrure sous les incitations du gouvernement fĂ©dĂ©ral. Ainsi mĂȘme si la qualification de gĂ©nocide du traitement de ces populations fait dĂ©bat[54], dans la mesure oĂč il n’y a pas de volontĂ© gouvernementale arrĂȘtĂ©e d’exterminer les AmĂ©rindiens, ces derniers sont affamĂ©s (prime au massacre de bisons), spoliĂ©s de leurs terres par la violence et la fourberie (non respect des accords signĂ©s) et privĂ©s de leur libertĂ© de culte ainsi que du droit de parler leurs langues.

La construction du premier chemin de fer transcontinental et l’arrivĂ©e des colons par les pistes de l’Ouest dĂ©vaste le territoire des Indiens des Plaines. Cette politique est frĂ©quemment nommĂ©e ethnocide, terme dĂ©signant l’extermination d’une culture. De nombreux Indiens se laissent mourir de dĂ©sespoir : ce fut le cas des Creeks. Au total, ce sont tous les aspects de la conquĂȘte de l'Ouest qui provoquent le dĂ©clin de la population et de la culture indigĂšne. L'historien Howard Zinn Ă©crit : « le coĂ»t en vie humaine [de l'expansion territoriale vers l'Ouest] ne peut ĂȘtre estimĂ© avec prĂ©cision. Quant aux souffrances, elles sont purement et simplement incommensurables[55]. Â» La recherche historique actuelle tend Ă  montrer que les AmĂ©rindiens eurent un impact sur leur environnement par la dĂ©forestation, l'Ă©cobuage et la mise en pĂąture de grands territoires[56]. Certains spĂ©cialistes pensent que la Grande Prairie oĂč se nourrisaient les bisons est une crĂ©ation des AmĂ©rindiens par brĂ»lage de la forĂȘt[57]. L’historien Dan Flores, de l'universitĂ© du Montana, dĂ©montre que les AmĂ©rindiens ont jouĂ© un rĂŽle dĂ©cisif dans l’extermination des bisons par la surchasse[58].

Le Bureau des affaires indiennes (Bureau of Indian Affairs ou BIA) est ouvert en 1824. En 1830, l’Indian Removal Act inaugure la politique de dĂ©placement des populations indiennes toujours plus vers l’Ouest : le prĂ©sident de l’époque, Andrew Jackson, fait voter une loi dĂ©portant les AmĂ©rindiens de l’est du Mississippi Ă  l’ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma[59], afin d’exploiter l’or situĂ© sur leurs territoires, dans l’Ohio et installer les migrants venus d’Europe. Cette loi est dĂ©clarĂ©e anticonstitutionnelle par la Cour SuprĂȘme et entraĂźne des guerres avec les Cherokees jusqu’en 1838. Jusqu’en 1850, 100 000 Indiens sont dĂ©portĂ©s. L’épisode le plus cĂ©lĂšbre reste celui de la Piste des Larmes en 1838-1839. Ce nom vient des larmes de compassion versĂ©es par les AmĂ©ricains qui voyaient passer les Cherokees devant eux. Cette dĂ©portation forcĂ©e fit au moins 4 000 victimes, Ă  cause du froid, des maladies et de l’épuisement.

Dans le Territoire Indien, les cinq tribus civilisĂ©es s’établissent dans des villes et apportent avec eux leurs esclaves noirs. Ils sont surveillĂ©s et encadrĂ©s par une sĂ©rie de forts construits par le gouvernement fĂ©dĂ©ral Ă  proximitĂ© des rĂ©serves. Les terres sont attribuĂ©es aux tribus qui les gĂšrent librement. Les Cherokees relancent leur journal, fondĂ© en 1828, alors que les Creeks rĂ©digent une constitution originale. Tous fondent des Ă©coles de village et dĂ©veloppent l’enseignement secondaire. Ils rĂ©organisent leurs Ă©glises dans lesquels les pasteurs prĂȘchent en langue indigĂšne[60]. Certains Indiens rĂ©ussissent Ă  entreprendre des Ă©tudes dans les universitĂ©s amĂ©ricaines[61]. Mais l'Ă©cole est avant tout un instrument d'assimilation : les enfants amĂ©rindiens perdent leurs repĂšres traditionnels en Ă©tant coupĂ© de leur famille. Ils sont contraint d'apprendre de l’anglais et de porter l'uniforme scolaire[7].

En 1887, le Dawes Act[N 4] permet la mise en vente des terres des tribus à des particuliers[59]. Amendé en 1891 et 1906, il resta en application jusqu'en 1934.

La renaissance amérindienne

Article dĂ©taillĂ© : renaissance amĂ©rindienne.

La conquĂȘte des droits (XXe siĂšcle)

Un soldat navajo chargé des communications cryptés pendant la Seconde Guerre mondiale
Drapeau de l'American Indian Movement.

Au dĂ©but du XXe siĂšcle, le gouvernement amĂ©ricain prend conscience de l’inĂ©galitĂ© et du racisme qui affectent la minoritĂ© indienne. La citoyennetĂ© est accordĂ©e en 1924 (Indian Citizenship Act)[59], pour la reconnaissance de l’effort des Cheyennes et des Iroquois en particulier dans la PremiĂšre Guerre mondiale. Certains intĂšgrent le mode de vie et la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine : dans la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle, de nombreux ouvriers amĂ©rindiens travaillent sur les chantiers de construction des gratte-ciel.

Le rapport Meriam, publiĂ© en 1928, fait Ă©tat d’une situation dramatique pour les AmĂ©rindiens (pauvretĂ©, exclusion). En 1934, sous le premier mandat du prĂ©sident Franklin Delano Roosevelt, l’Indian Reorganization Act[N 5], donne une plus large autonomie politique et Ă©conomique aux Indiens. Il met fin Ă  la privatisation des terres amĂ©rindiennes, renforce l'autonomie des tribus et les engage Ă  se doter d'une constitution Ă©crite[62]. Cependant, ces constitutions, de mĂȘme que les dĂ©cisions tribales, sont soumise Ă  l'autorisation du BIA[63]. À la mĂȘme Ă©poque, l’Indian Arts and Craftboard est fondĂ© afin de promouvoir l’artisanat amĂ©rindien. L'anthropologue John Collier est Ă  l'origine de l'expression Indian New Deal en rĂ©fĂ©rence au programme de Roosevelt pour sortir les États-Unis de la crise[62]. En 1944 est instituĂ© le National Congress of American Indians (NCAI), destinĂ© Ă  unir les tribus pour prĂ©senter des revendications communes au BIA et maintenir la spĂ©cificitĂ© culturelle amĂ©rindienne[64]. Toutes ces dispositions leur permettent de rĂ©cupĂ©rer un million d’hectares[65]. Les AmĂ©rindiens jouent un rĂŽle important pendant la Seconde Guerre mondiale : ils Ă©taient 250000 dans l'ArmĂ©e amĂ©ricaine[66]. Des Navajos servant dans les services de transmissions amĂ©ricains ont Ă©laborĂ© un code basĂ© sur leur langue afin d’assurer la confidentialitĂ© des messages radio.

Entre 1949 et 1953, la Termination Policy (Loi de Terminaison[63]) doit favoriser l’installation des AmĂ©rindiens en ville et achever leur assimilation. La loi de 1953 prĂ©cise qu'elle vise Ă  « confĂ©rer aux Indiens les mĂȘmes privilĂšges et les mĂȘmes responsabilitĂ©s qu’aux autres citoyens, de mettre fin Ă  leur statut de pupilles du gouvernement[62] Â». Mais elle est rapidement abandonnĂ©e devant ses Ă©checs. En 1961 est fondĂ© le National Indian Youth Council (NIYC). En 1962, la commission des revendications indiennes (Indian Claims commission) doit verser prĂšs de quatre millions de dollars aux descendants des Creeks spoliĂ©s en 1814[67]. En 1968 est instituĂ© un Conseil National qui coordonne les aides financiĂšres. C’est la mĂȘme annĂ©e que naĂźt l’American Indian Movement, une organisation plus radicale que les prĂ©cĂ©dentes[64]. Le Red Power (« pouvoir rouge Â») s’organise et cherche Ă  se faire entendre en organisant des manifestations : en 1969, des AmĂ©rindiens occupent le site d’Alcatraz Ă  San Francisco auquel ils assimilent les rĂ©serves du pays ; en 1972, ils prennent le Bureau des affaires indiennes ; en 1973, ils investissent celui de Wounded Knee et rappellent que de nombreuses terres amĂ©rindiennes ont Ă©tĂ© spoliĂ©es. En 1975, l’Indian Self-Determination and Education Act rĂ©affirme la souverainetĂ© du conseil tribal. En 1977 est instituĂ© un SecrĂ©taire aux Affaires indiennes, qui fut longtemps un Blackfoot, Forrest Gerard. En 1978, les AmĂ©rindiens une grande marche qui relie San Francisco Ă  la capitale fĂ©dĂ©rale : ils dĂ©noncent les atteintes Ă  l’environnement ainsi que le matĂ©rialisme, et refusent l’assimilation[68]. La mĂȘme annĂ©e, l’American Indian Religion Freedom Act complĂšte les droits obtenus en offrant la garantie de la libertĂ© de culte pour les AmĂ©rindiens. En 1988, l’Indian Gaming Regulatory Act permet aux tribus d'ouvrir des casinos.

Le réveil amérindien

Croissance démographique

En premier lieu, les AmĂ©rindiens connaissent une renaissance dĂ©mographique au cours du XXe siĂšcle. En 1900, on pouvait compter 237 196 AmĂ©rindiens aux États-Unis[59]. D’aprĂšs les diffĂ©rents recensements[66], ils sont 800 000 en 1970, 1,4 million en 1980 et 2,8 millions[69] en 2004, soit un peu plus de 1 % de la population totale. En 2004, deux États du sud-ouest (Nouveau-Mexique et Arizona) les AmĂ©rindiens reprĂ©sentent une part significative de la population, puisqu’elle dĂ©passe les 5 % du total[70]. Moins d’un tiers des AmĂ©rindiens vivent actuellement dans des rĂ©serves[68],[71], qui sont pour la plupart concentrĂ©es Ă  l’ouest du fleuve Mississippi. Beaucoup rĂ©side dans les grandes villes : on peut recenser plus de 85 000 Indiens Ă  New York[72]. Les deux tribus les plus importantes en nombre sont les Cherokees (729 513) et les Navajos (298 197)[73].

RĂ©ussite Ă©conomique et sociale

Stacy R. Scott, une jeune AmĂ©ricaine d’origine Creek, prĂ©parant un pow wow Ă  Camp Taqaddum, Iraq, 18 septembre 2004

Certains AmĂ©rindiens ont rĂ©ussi Ă  s’intĂ©grer socialement Ă  la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine contemporaine : ainsi, on a pu voir des succĂšs individuels remarquables : N. Scott Momaday reçoit le prix Pulitzer en 1969.

En 1980, les AmĂ©rindiens obtiennent l'autorisation d'ouvrir et de gĂ©rer des casinos[74]. En 2004, ils avaient ouvert 350 Ă©tablissements de jeu dans le pays qui rapportent 12 milliards d’euros par an[70][75]. Cette activitĂ©, appelĂ©e « Nouveau bison Â», a permis Ă  beaucoup de tribus de s’enrichir et de se dĂ©velopper. Ainsi, les Arapahos se sont lancĂ©s dans l’industrie des jeux de hasard et ont montĂ© l’Arapaho Casino, dans l’état du Wyoming. Entre 1990 et 2000, le revenu moyen par habitant des AmĂ©rindiens Ă  progressĂ© de 27 %[76]. Les AmĂ©rindiens restent organisĂ©s en tribus qui ont chacune un chef et/ou un conseil tribal et qui peuvent organiser des rĂ©fĂ©rendums ou faire valoir leurs droits devant la justice fĂ©dĂ©rale. Certaines, comme les Cherokee, disposent d’une constitution qui affirme des droits. Les tribus reçoivent une aide fĂ©dĂ©rale proportionnelle au nombre de leurs membres. En vertu des traitĂ©s signĂ©s au XIXe siĂšcle, certaines d’entre elles reçoivent un dĂ©dommagement pour la spoliation de leurs terres : c’est le cas des SĂ©minoles noirs de Floride qui ont reçu rĂ©cemment 56 millions de dollars[70].

Aujourd’hui, les rĂ©serves indiennes disposent de journaux (le Navajo Times par exemple) qui rendent publiques les dĂ©cisions du conseil tribal. Si les conditions de vie se sont globalement amĂ©liorĂ©es, les communautĂ©s souffrent toujours de nombreux problĂšmes : SIDA, violence, alcoolisme, pauvretĂ©, isolement sont des flĂ©aux qui touchent particuliĂšrement les AmĂ©rindiens.

Statistiques comparĂ©es de divers indicateurs socio-Ă©conomiques : la condition indienne contemporaine en 1999[77] :

Salaire annuel moyen en $ (hommes) Salaire annuel moyen en $ (femmes) Taux de pauvretĂ© (en %) Niveau BaccalaurĂ©at ou plus (en %) ChĂŽmage (en %)
Moyenne nationale : 37 057 27 194 12,4 80,4 3,7
AmĂ©rindiens : 28 919 22 762 25,7 74,7 6,6

Ces chiffres montrent que l’assimilation de la population amĂ©rindienne au Melting pot Ă©tatsunien, bien qu’en progrĂšs, est encore limitĂ©e. De plus il existe encore d’importantes disparitĂ©s entre les tribus. Par exemple, les taux de pauvretĂ© des Navajo et des Sioux atteignent respectivement 37 et 38,9 % alors qu’il est d’environ 18 % pour d’autres tribus.

Une reconstruction culturelle

Plusieurs AmĂ©ricains d’origine amĂ©rindienne participent aux opĂ©rations dans la guerre d’Irak. Les Cherokees ont mĂȘme dansĂ© un pow wow, preuve que les AmĂ©rindiens assument de plus en plus leurs traditions ancestrales[70]. Il existe en 2004 trente stations de radios amĂ©rindiennes aux États-Unis[70]. Pour reconstruire leur identitĂ©, les tribus organisent des chasses au bison, des ateliers de tissage ou de poteries ou des cours de langue. Dans l’état du Minnesota, les Chippewas cultivent de façon traditionnelle le riz sauvage qu’ils appellent manoomin[78]. Ce renouveau culturel sĂ©duit en particulier les jeunes gĂ©nĂ©rations.

Le statut des Amérindiens

Article dĂ©taillĂ© : Certificat de proportion de sang indien.

Les lois fĂ©dĂ©rales des États-Unis offrent certains droits aux minoritĂ©s indiennes, aux individus et aux communautĂ©s. Ces droits sont gĂ©rĂ©s par le bureau des affaires indiennes.

L’hĂ©ritage amĂ©rindien dans la culture amĂ©ricaine

National Museum of the American Indian, Washington, DC

Dans les annĂ©es 1960, sous l’influence du Red Power et des mouvements Ă©cologistes, on a redĂ©couvert l’hĂ©ritage et la civilisation des amĂ©rindiens. Ainsi en Californie, le Native American Day (le 4e lundi de septembre) est l’occasion de rendre hommage aux Indiens de l’état, les enseignants sont invitĂ©s Ă  parler de la culture indienne dans les Ă©coles. Depuis 2004, les cours d’histoire indienne sont obligatoires dans les Ă©coles Ă©lĂ©mentaires du Maine[70].

Reconstituer l’histoire des peuples amĂ©rindiens est relativement difficile pour les pĂ©riodes les plus reculĂ©es. Sans Ă©criture, les AmĂ©rindiens ont peu transformĂ© leur milieu et laissĂ© peu de traces anciennes. NĂ©anmoins, la culture amĂ©rindienne a influencĂ© les toponymes : plusieurs États fĂ©dĂ©rĂ©s (Ohio, Michigan, Idaho, Massachusetts, etc.) et plusieurs villes (Seattle par exemple) portent un nom d’origine indienne. De nombreux cours d'eau (Mississippi, Missouri) et Ă©lĂ©ments de gĂ©ographie physique ont Ă©tĂ© puisĂ©s dans la langue des AmĂ©rindiens. Les AmĂ©rindiens ont Ă©galement appris aux EuropĂ©ens la culture de plantes qui connurent ensuite un grand succĂšs : tomate, pomme de terre, maĂŻs et tabac. Enfin certains mots anglais rappellent leurs origines indiennes (anorak, moccassin, canoe, toboggan, etc.).

Blackfire, groupe Navajo de rock, en concert Ă  Prague en 2004

DĂšs le XIXe siĂšcle, les AmĂ©ricains blancs se sont intĂ©ressĂ©s aux cultures amĂ©rindiennes : les anthropologues tels que Lewis Henry Morgan, Alfred Louis Kroeber, James R. Walker ou Robert Harry Lowie ont Ă©tudiĂ© leurs coutumes et leur vie quotidienne. Mais c’est surtout depuis quelques annĂ©es que les États-Unis rĂ©habilitent l’hĂ©ritage amĂ©rindien : Ă  New York, le National Museum of the American Indian (MusĂ©e national des Indiens d’AmĂ©rique) abrite environ un million d’objets des origines Ă  aujourd’hui. Une autre partie des collections se trouve Ă  Washington dans un bĂątiment dessinĂ© par Douglas J. Cardinal et ouvert en 2004. Il s’agit d’une institution qui avait Ă©tĂ© crĂ©Ă©e Ă  la suite d’une loi votĂ©e par le CongrĂšs en 1989. Le cinĂ©ma a contribuĂ© au changement de regard des AmĂ©ricains sur les premiers peuples, avec des films comme Danse avec les loups. Mais certains spĂ©cialistes Ă©cornent l’image romantique de l’Indien respectueux de la nature : plusieurs scientifiques montrent que les tribus ont contribuĂ© au recul de la forĂȘt et participĂ© Ă  l’extinction du bison en profitant du commerce des peaux avec les Blancs[79]. En outre, les derniĂšres dĂ©couvertes archĂ©ologiques remettent en cause l’origine unique du peuplement des AmĂ©riques par les populations venues d’Asie, ce qui a des consĂ©quences sur les revendications indiennes.

Listes des grandes tribus

Aux États-Unis, neuf tribus comptent plus de 50 000 personnes[80] : les Apaches, les Chippewas, les Cherokees, les Choctaws, les Iroquois, les Lumbees, les Navajos, les Pueblos et les Sioux.

Carte des rĂ©serves indiennes aux États-Unis

Les peuples les plus connus sont :


mais il en existe beaucoup d’autres. Toutefois, les Inuits des rĂ©gions arctiques ne sont pas des AmĂ©rindiens.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Voir l’article de la wikipĂ©dia anglophone, [lire en ligne]
  2. ↑ voir aussi l’article coutume
  3. ↑ par exemple, les Pueblos Ă©changeaient avec les Apaches du maĂŻs et du coton contre de la viande
  4. ↑ Également connu sous le nom de General Allotment Act
  5. ↑ Également connu sous le nom de loi Wheeler-Howard

Références

  1. ↑ Sur les sites de Old Crow et Bluefish ; Philippe Jacquin, Daniel Royot, Go West ! Histoire de l’Ouest amĂ©ricain d’hier Ă  aujourd’hui, Paris, Flammarion, 2002, p.20
  2. ↑ (en) A brief history of Florida, Office of Cultural and Historical Preservation. ConsultĂ© le 04-03-2009
  3. ↑ (en) Timeline, Florida Memory. ConsultĂ© le 04-03-2009
  4. ↑ (en) Florida - History, City-data.com. ConsultĂ© le 04-03-2009
  5. ↑ « SolutrĂ© au Far West Â», dans Marianne, 20 aoĂ»t 2000, p.57-59
  6. ↑ Kaspi et al. 2004, p. 7
  7. ↑ a , b , c , d , e  et f  (en) American-Indian, EncyclopĂŠdia Britannica. ConsultĂ© le 21-07-2009
  8. ↑ a , b , c , d , e  et f  Renaud 2002, p. 1073
  9. ↑ Cahokia comptait au XIIe siĂšcle quelque 30 000 habitants, d’aprĂšs Gilles Havard, CĂ©cile Vidal, Histoire de l’AmĂ©rique française, Paris, Flammarion, 2003, p.201 ; 35 000 habitants d'aprĂšs Larry J. Zimmerman, Les Indiens d'AmĂ©rique du Nord, GrĂŒnd, Paris, 2003 (ISBN 2700031148) , p.48
  10. ↑ conurbation rassemblant 15 000 Ă  30 000 habitants d’aprĂšs Jerry J. Brody, Les Anasazis
, p.106-107.
  11. ↑ a  et b  Garrait-Bourrier 2006, p. 70
  12. ↑ R. ThĂ©venin, P. Coze, MƓurs et histoire
, 2004, p.101
  13. ↑ a , b , c  et d  Garrait-Bourrier 2006, p. 71
  14. ↑ Renaud 2002, p. 1075
  15. ↑ Zimmerman 2003, p. 41
  16. ↑ Garrait-Bourrier 2006, p. 84
  17. ↑ Garrait-Bourrier 2006, p. 75
  18. ↑ Garrait-Bourrier 2006, p. 87
  19. ↑ Zimmerman 2003, p. 92
  20. ↑ Garrait-Bourrier 2006, p. 82
  21. ↑ Zimmerman 2003, p. 132
  22. ↑ Zimmerman 2003, p. 133
  23. ↑ Zimmerman 2003, p. 134
  24. ↑ Zimmerman 2003, p. 52
  25. ↑ (en) American Indians, or Native Americans : How Indians Buried the Dead, Britannica Student EncyclopĂŠdia. ConsultĂ© le 20-07-2009
  26. ↑ Zimmerman 2003, p. 8
  27. ↑ (en) Lewis H. Morgan, Ancient Society, Charles H. Kerr & Company, Chicago, 1907, 70–71, 113 p. 
  28. ↑ (en) American Indians, or Native Americans : Leadership and Government, Britannica Student EncyclopĂŠdia. ConsultĂ© le 22-07-2009
  29. ↑ Zimmerman 2003, p. 126
  30. ↑ Zimmerman 2003, p. 127
  31. ↑ Zimmerman 2003, p. 94
  32. ↑ par exemple chez les Apaches, (on leur arrachait les ongles ou la langue) : lire R. ThĂ©venin, P. Coze, MƓurs et histoire..., 2004, p.83
  33. ↑ G. Havard, C. Vidal, Histoire de l’AmĂ©rique française, 2003, p.95-96.
  34. ↑ (en) Thomas Vennum, American Indian lacrosse : little brother of war, Smithsonian Institution Press, Washington, 1994, p.28, (ISBN 9781560983026)
  35. ↑ Zimmerman 2003, p. 46
  36. ↑ (en) American Indians, or Native Americans : Games, Sports, and Ceremonies American Indians, or Native Americans, Britannica Student EncyclopĂŠdia. ConsultĂ© le 20-07-2009
  37. ↑ Cette classification est retenue dans Anne Garrait-Bourrier, Monique VĂ©nuat, Les Indiens aux États-Unis, 2002 (voir la bibliographie en fin d'article
  38. ↑ a , b , c , d , e , f  et g  (en) Elizabeth Prine Pauls, « Native American history Â», EncyclopĂŠdia Britannica. ConsultĂ© le 21-07-2009
  39. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 87
  40. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 95
  41. ↑ Debo 1994, p. 24
  42. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 97
  43. ↑ Russel Thorntorn, American Indian Holocaust and Survival..., Norman, Universitry of Oklahoma Press, 1987. Estimation reprise dans A. Garrait-Bourrier, M. VĂ©nuat, Les Indiens aux États-Unis, 2002, p.23
  44. ↑ Jacques Binoche, Histoire des États-Unis, Paris, Ellipses, 2003, p.12 ; le Dictionnaire encyclopĂ©dique d’Histoire de Michel Mourre avance le chiffre de 1,2 million dans l’article « Indiens Â», p.2361 ; « En 1492, on compte environ 1,5 million d’Indiens en AmĂ©rique du Nord Â», d’aprĂšs AndrĂ© Kaspi, François Durpaire, HĂ©lĂšne Harter, Adrien Lherm, La civilisation amĂ©ricaine, Paris, Presses Universitaires de France, 2004, p.70
  45. ↑ Bernard Vincent (dir.), Histoire des États-Unis, Paris, Champs Flammarion, 1997, (ISBN 2080813765), p.13
  46. ↑ Debo 1994, p. 112
  47. ↑ On les dĂ©signe sous le terme panis : Philippe Jacquin, Daniel Royot, Go West ! Histoire de l'Ouest amĂ©ricain d'hier Ă  aujourd'hui, Paris, Flammarion, 2002, ISBN 2082118096, page 52
  48. ↑ a , b  et c  Renaud 2002, p. 1076
  49. ↑ Phillip M. White, American Indian chronology, Greenwood Press, 2006 (ISBN 0313338205) , p.32
  50. ↑ Pierre Lagayette, L’Ouest amĂ©ricain. RĂ©alitĂ©s et mythes, Paris, Ellipses, 1997, (ISBN 2729847898), p.64
  51. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 98
  52. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 10
  53. ↑ (en) Guy E. Gibbon, The Sioux: the Dakota and Lakota nations, Wiley-Blackwell, 2003 (ISBN 1557865663)  [lire en ligne], p.1-2
  54. ↑ Pour Noam Chomsky, la qualification de gĂ©nocide ne fait aucun doute : « Ici, aux États-Unis, nous avons commis un gĂ©nocide. Un pur gĂ©nocide. Et pas seulement aux États-Unis mais partout sur le continent Â» dans Comprendre le pouvoir : Tome II, Aden, 2006, p.58
  55. ↑ Et Howard Zinn ajoute : « la plupart des manuels d'histoire destinĂ©s aux enfants passent d'ailleurs rapidement sur tout cela Â» dans Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 Ă  nos jours, Agone, 2002, p.149.
  56. ↑ Charles C. Mann, 1491, Albin Michel, Paris, 2007 (ISBN 978-2-226-17592-2) , p.285
  57. ↑ Charles C. Mann, 1491, Albin Michel, Paris, 2007 (ISBN 978-2-226-17592-2) , p.288
  58. ↑ AndrĂ© Kaspi, François Durpaire, HĂ©lĂšne Harter, Adrien Lherm, La civilisation amĂ©ricaine, PUF (coll. Quadrige), Paris, 2004 (1°éd.), 621 p. (ISBN 2130543502) , p.74
  59. ↑ a , b , c  et d  Kaspi et al. 2004, p. 70
  60. ↑ Debo 1994, p. 159
  61. ↑ Debo 1994, p. 163
  62. ↑ a , b  et c  Kaspi et al. 2004, p. 71
  63. ↑ a  et b  Renaud 2002, p. 1079
  64. ↑ a  et b  Kaspi et al. 2004, p. 72
  65. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 74
  66. ↑ a  et b  Kaspi et al. 2004, p. 74
  67. ↑ Debo 1994, p. 134
  68. ↑ a  et b  Kaspi et al. 2004, p. 73
  69. ↑ [pdf] D’aprùs le bureau du recensement des États-Unis, table 13, [lire en ligne]
  70. ↑ a , b , c , d , e  et f  N. DelanoĂ«, « L’identitĂ© indienne.. Â»., 2004
  71. ↑ On peut lire dans le dossier « Indiens d’AmĂ©rique Â», du National Geographic France, n°60, septembre 2004, page 17 que 85 % des AmĂ©rindiens rĂ©sident hors des rĂ©serves
  72. ↑ Dossier « Indiens d’AmĂ©rique Â», du National Geographic France, n°60, septembre 2004, page 17
  73. ↑ Chiffres pour l’annĂ©e 2000, citĂ© dans Statistical Abstract: Population, Bureau du recensement des États-Unis, document Excel, [lire en ligne]
  74. ↑ FrĂ©dĂ©ric Martel, De la culture en AmĂ©rique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319), p.492
  75. ↑ 2004 ; Dossier « Indiens d’AmĂ©rique Â», dans National Geographic France, n°60, septembre 2004, p.15
  76. ↑ Dossier « Indiens d’AmĂ©rique Â», dans National Geographic France, n°60, septembre 2004, p.14
  77. ↑ Pour les trois premiĂšres colonnes, les donnĂ©es viennent du recensement 2000 (voir : [pdf] Stella U. Ogunwole, We the People : [...], [lire en ligne]) ; Pour les deux derniĂšres colonnes, les chiffres proviennent du dossier « Indiens d’AmĂ©rique Â», dans National Geographic France, n°60, septembre 2004, page 14 ; Taux de pauvretĂ© = Part des personnes vivant sous le seuil de pauvretĂ© ;
  78. ↑ Dossier « Indiens d’AmĂ©rique Â», dans National Geographic France, n°60, septembre 2004, M04020, p.16
  79. ↑ Kaspi et al. 2004, p. 75
  80. ↑ [pdf] (en) The American Community. American Indians and Alaska Natives: 2004, mai 2007, U.S. Census Bureau. ConsultĂ© le 20-07-2009

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Commons-logo.svg

Bibliographie

Ouvrages et revues en français

  • Angie Debo, Histoire des Indiens des États-Unis, Albin Michel, Paris, 1994 (ISBN 2-2260-6903-8)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Nelcya DelanoĂ«, « L’identitĂ© indienne Ă  l’épreuve de la modernitĂ© Â», dans Journal de la SociĂ©tĂ© des AmĂ©ricanistes, vol. 90, no 2, 2004, p. 128-136 (ISSN 1957-7842) [texte intĂ©gral] 
  • Daniel Dubois, Yves Berger, Les Indiens des Plaines, Ă©ditions du Rocher, Paris, 2007 (ISBN 2268062465) 
  • Claude Fohlen, Les Indiens d’AmĂ©rique du Nord, PUF, Paris, 1995, 3e Ă©d. (ISBN 2130442145) 
  • Anne Garrait-Bourrier et Monique Venuat, Les Indiens aux États-Unis : renaissance d’une culture, Ellipses, Paris, 2002 (ISBN 2-7298-1185-0)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Anne Garrait-Bourrier, « SpiritualitĂ© et fois amĂ©rindiennes : RĂ©surgence d’une identitĂ© perdue Â», dans Cercles, vol. 15, 2006, p. 68-95 [texte intĂ©gral]  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Arelene Hirschfelder (trad. Marc Baudoux), Histoire des Indiens d’AmĂ©rique du Nord, Larousse, Paris, 2001 
  • Philippe Jacquin, Daniel Royot, Go West ! Histoire de l’Ouest amĂ©ricain d’hier Ă  aujourd’hui, Flammarion, Paris, 2002 (ISBN 2082118096) 
  • AndrĂ© Kaspi, François Durpaire, HĂ©lĂšne Harter et Adrien Lherm, La civilisation amĂ©ricaine, PUF, coll. « Quadrige Â», Paris, 2004, 1re Ă©d., 621 p. (ISBN 2130543502)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Christophe Magny, La Voie de la nuit, cĂ©rĂ©monies des Indiens Navajo, AlphĂ©e, Paris, 2008 (ISBN 2753803299) 
  • Elise Marienstras, La rĂ©sistance indienne aux États-Unis, Julliard, Paris, 1980 (ISBN B0014LV9K4) 
  • Roger Renaud, « Indiens d'AmĂ©rique Â», dans EncyclopĂŠdia Universalis, vol. 11, 2002, p. 1072-1091  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • RenĂ© ThĂ©venin, Paul Coze, MƓurs et histoire des Indiens d’AmĂ©rique du Nord, Payot et Rivages, Paris, 2004 (ISBN 2-228-89858-9) 
  • Dossier « Indiens d’AmĂ©rique Â», dans National Geographic France, n°60, septembre 2004, M04020, pp.22–43
  • Larry J. Zimmerman, Les AmĂ©rindiens, Evergreen, Paris, 2002 (ISBN 3822817155) 
  • Larry J. Zimmerman, Les Indiens d'AmĂ©rique du Nord, GrĂŒnd, Paris, 2003 (ISBN 2700031148)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article

Ouvrages en anglais

  • Colin G. Calloway, First People, a Documentary Survey of American Indian History, Bedford/St Martin’s, Boston, 2007, 3e Ă©d. (ISBN 0312453736) 
  • Klaus Frantz, Indian Reservations in the United States: Territory, Sovereignty, and Socioeconomic Change (University of Chicago Geography Research Papers), University Of Chicago Press, Chicago, Illinois, 1999 (ISBN 0226260895) 
  • Rayna Green, The Encyclopedia of the First Peoples of North America, Douglas & McIntyre / Groundwood, Toronto, 2000 (ISBN 0888993803) 
  • Alan R. Velie, American Indian Literature, an anthologie, Norman, University of Oklahoma Press, 1999 (ISBN 0806123451) 
  • Clark Wissler, Indians of the United States: Four Centuries of Their History and Culture, Simon Publications, 2001 (ISBN 1931313512) 


  • Portail des États-Unis Portail des États-Unis
  • Portail de l’AmĂ©rique prĂ©colombienne Portail de l’AmĂ©rique prĂ©colombienne
Goldenwiki 2.png
La version du 21 septembre 2006 de cet article a Ă©tĂ© reconnue comme « article de qualitĂ© Â» (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complĂ©mentaire, consulter sa page de discussion et le vote l’ayant promu.

Ce document provient de « Am%C3%A9rindiens aux %C3%89tats-Unis ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Amerindiens aux Etats-Unis de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • AmĂ©rindiens aux États-Unis — Les AmĂ©rindiens sont les premiers occupants du continent amĂ©ricain et leurs descendants. En 1492, l’explorateur Christophe Colomb pense avoir atteint les Indes occidentales alors qu’il vient de dĂ©barquer en AmĂ©rique. À cause de cette erreur, on… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Histoire des AmĂ©rindiens aux États-Unis — AmĂ©rindiens aux États Unis Le terme AmĂ©rindiens dĂ©signe les premiers occupants du continent amĂ©ricain et leurs descendants. En 1492, l’explorateur Christophe Colomb pense avoir atteint les Indes occidentales alors qu’il vient de dĂ©barquer en… 
   WikipĂ©dia en Français

  • AmĂ©rindiens des Etats-Unis — AmĂ©rindiens aux États Unis Le terme AmĂ©rindiens dĂ©signe les premiers occupants du continent amĂ©ricain et leurs descendants. En 1492, l’explorateur Christophe Colomb pense avoir atteint les Indes occidentales alors qu’il vient de dĂ©barquer en… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Indiens aux États-Unis — AmĂ©rindiens aux États Unis Le terme AmĂ©rindiens dĂ©signe les premiers occupants du continent amĂ©ricain et leurs descendants. En 1492, l’explorateur Christophe Colomb pense avoir atteint les Indes occidentales alors qu’il vient de dĂ©barquer en… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Architecture Aux États-Unis — Les États Unis ont une histoire relativement rĂ©cente et les AmĂ©rindiens n ont pas laissĂ© de bĂątiments aussi spectaculaires qu au Mexique ou au PĂ©rou. C est pourquoi l architecture amĂ©ricaine est marquĂ©e par la modernitĂ© et l on pense spontanĂ©ment 
   WikipĂ©dia en Français

  • Architecture aux États-Unis — Chrysler Building (Ă  gauche) et Empire State Building (Ă  droite), New York, 1929 1931, Art dĂ©co Les États Unis ont une histoire relativement rĂ©cente et les AmĂ©rindiens n ont pas laissĂ© de bĂątiments aussi spectaculaires qu au Mexique ou 
   WikipĂ©dia en Français


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.