Komintern

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Komintern

Internationale communiste

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L'Internationale communiste (IC ou Komintern d'apr√®s son nom russe –ö–ĺ–ľ–ľ—É–Ĺ–ł—Ā—ā–ł—á–Ķ—Ā–ļ–ł–Ļ –ė–Ĺ—ā–Ķ—Ä–Ĺ–į—Ü–ł–ĺ–Ĺ–į–Ľ, Kommunistitcheskiy Internatsional) ou Troisi√®me Internationale est n√©e d'une scission de l'Internationale ouvri√®re, scission r√©alis√©e le 2 mars 1919 √† Moscou sous l'impulsion de L√©nine et des bolcheviks : l'Internationale communiste regroupa les partis communistes qui avaient rompu avec les partis socialistes de la IIe Internationale.
La Troisi√®me Internationale √©tait dirig√©e par le Parti communiste de l'Union sovi√©tique, bien que ce dernier entret√ģnt toujours la fiction qu'il n'en √©tait qu'une section parmi d'autres. Elle √©tait th√©oriquement sans rapports avec l'√Čtat sovi√©tique, bien qu'elle fut de plus en plus mise par Staline au service des int√©r√™ts de ce dernier. Si les directives √©taient √©labor√©es √† Moscou, la plaque tournante du Komintern √©tait Berlin jusqu'√† l'av√®nement de Hitler en 1933, puis Paris.

Sommaire

Historique

La genèse

Le 4 ao√Ľt 1914, alors que la Grande Guerre vient d'√©clater et qu'elle embrase le Vieux Continent, les d√©put√©s du SPD votent les cr√©dits de guerre au Reichstag. Exil√© √† Zurich, L√©nine apprend avec stupeur et incr√©dulit√© le ralliement des socialistes allemands √† l'Union Sacr√©e, allant jusqu'√† croire dans un premier temps √† une fausse nouvelle de journaliste.

Le plus ancien et le plus puissant parti social-démocrate d'Europe, leader de la IIe Internationale, n'est pas le seul à abandonner du jour au lendemain des années de militantisme pacifiste, au nom de la défense de la patrie "agressée". Dans tous les pays belligérants, socialistes et syndicalistes marxistes font de même, à l'exception d'individualités et de groupes très minoritaires, ainsi que du petit parti socialiste serbe et des cinq députés sociaux-démocrates du POSDR russe, qui refusent de voter les crédits à la Douma, mais annoncent qu'ils ne tenteront pas de saboter l'effort de guerre. Partout les ouvriers (et les paysans) répondent comme un seul homme à la mobilisation générale. Le sentiment national forgé par des siècles d'histoire l'emporte sans grand mal sur la lutte des classes théorisée au XIXe siècle, démentant toutes les prévisions. C'est la faillite spectaculaire de la IIe Internationale. Ses partis-membres, impuissants à empêcher la guerre, sont maintenant divisés, et ses militants se retrouvent face-à-face dans les tranchées.

L√©nine ne pardonnera jamais au SPD et aux sociaux-d√©mocrates ce qu'il consid√®re comme leur "trahison". D√®s la conf√©rence de Zimmerwald (1915) et celle de Kienthal (1916), o√Ļ il retrouve divers militants europ√©ens hostiles √† la poursuite de la guerre, il proclame que l'Internationale de 1889 est morte √† jamais, et qu'il faut donc en reconstruire une troisi√®me. Il pr√īne √©galement le d√©faitisme r√©volutionnaire, et "la transformation de la guerre civile inter-imp√©rialiste en guerre r√©volutionnaire mondiale". Tous les participants sont cependant loin de le suivre alors sur ces points, et en Russie, L√©nine est minoritaire m√™me parmi ses camarades du parti bolchevik.

Toutefois, rentr√© en Russie √† la suite de la r√©volution de f√©vrier, L√©nine conduit en quelques mois les bolcheviks au pouvoir √† la surprise g√©n√©rale (r√©volution d'Octobre). Il s'adresse en vain √† tous les bellig√©rants pour obtenir une paix blanche, puis conclut avec les seuls Allemands le tr√®s co√Ľteux trait√© de Brest-Litovsk (mars 1918).

A l'été 1918, Lénine fait prendre à sa formation le nom de "parti communiste", pour accentuer la rupture catégorique avec la social-démocratie.

Internationalistes convaincus, L√©nine et Trotski consid√®rent d'embl√©e que la r√©volution russe n'a de sens que comme premier acte d'une r√©volution g√©n√©rale dans le monde entier, et qu'elle ne survivra qu'√† condition de recevoir l'aide d'autres pays socialistes. Ils comptent particuli√®rement sur une r√©volution en Allemagne, pays au potentiel √©conomique le plus √©lev√© d'Europe, et o√Ļ la classe ouvri√®re est une des mieux organis√©es. Seuls Zinoviev et Kamenev s'√©taient oppos√©s au coup de force d'Octobre en pr√©venant que les travailleurs europ√©ens ne bougeraient pas pour √©tendre la r√©volution russe.

De fait, les appels des Bolcheviks √† ces derniers re√ßoivent dans l'imm√©diat peu d'√©chos concrets : gr√®ves, mutineries et r√©voltes s'accroissent mais restent minoritaires jusqu'√† la fin du conflit. En d√©pit du volontarisme l√©ninien, la contagion r√©volutionnaire existe mais ne d√©bouche pas sur un embrasement g√©n√©ral ni en 1918 ni m√™me apr√®s.

Cependant, dans une Europe ruin√©e et traumatis√©e par l'immense carnage, L√©nine gagne un prestige consid√©rable aupr√®s de nombreux ouvriers, paysans, intellectuels et militants. Il s'est en effet toujours r√©solument oppos√© au conflit mondial, et pour la premi√®re fois une r√©volution dite ¬ę marxiste ¬Ľ et ¬ę prol√©tarienne ¬Ľ est parvenue au pouvoir. D√®s l'√©t√© 1917, des inscriptions "Vive L√©nine!" apparaissent sur des murs d'Italie ou d'Espagne, o√Ļ les troubles sociaux des ann√©es 1917-1919 recevront le surnom significatif de "bienno bolchevik".

Fascin√©s par ¬ę la grande lueur √† l'Est ¬Ľ (Jules Romains), beaucoup de sympathisants de la r√©volution russe accordent alors peu d'importance au programme r√©el de la r√©volution d'Octobre (collectivisme agraire, r√©gime de parti unique), ni √† la dictature impitoyable que les Bolcheviks instaurent bien avant m√™me le d√©but de la guerre civile russe, alors qu'elle n'√©pargne pas les autres partis r√©volutionnaires ni de nombreux hommes du peuple, paysans en t√™te. Mais partout se diffusent les m√™mes mots d'ordre tr√®s porteurs qu'en Russie, pr√īnant la paix, la "terre aux paysans", les "usines aux ouvriers", le "pouvoir aux soviets". Enfin, l'intervention militaire des Occidentaux, qui finissent par aider les arm√©es blanches, choque profond√©ment tous ceux qui refusent de voir la jeune r√©volution √©cras√©e par les forces contre-r√©volutionnaires. D√®s mars 1919, ainsi, Andr√© Marty et Charles Tillon m√®nent une mutinerie √† bord de plusieurs navires fran√ßais stationn√©s en Mer Noire.

Staline, Lénine et Kalinine au VIIIe congrès du Parti communiste russe, mars 1919

Des hommes, des groupes, des partis sont donc d'emblée prêts à répondre à l'appel de Lénine à constituer une IIIe Internationale. Le premier congrès se tient dès mars 1919 à Moscou, en pleine guerre civile. Mais le vrai congrès de fondation sera le deuxième, tenu à l'été 1920, en pleine euphorie de la marche sur Varsovie (guerre russo-polonaise).

Les débuts

Un tournant autoritaire appara√ģt d√®s 1921 avec l'exclusion de nombreux militants de la gauche de l'Internationale (Anton Pannekoek, Herman Gorter‚Ķ), dont certains pouvaient se retrouver dans les positions d√©fendues par Rosa Luxemburg (assassin√©e en 1919).

Les ann√©es 1919-1923 sont remplies d'espoir. Mais toutes les insurrections arm√©es en Europe √©chouent et sont r√©prim√©es : r√©volte spartakiste de Berlin en janvier 1919, Commune de Budapest qui voit la Hongrie dirig√©e 133 jours par Bela Kun au printemps 1919, reflux des gr√®ves insurrectionnelles de 1919-1920 en Italie, suivies de la prise du pouvoir par Mussolini (1922), nouvelles tentatives en Allemagne en octobre 1923, dont l'√©chec rapide cause une immense d√©ception... De plus, la d√©faite russe dans la guerre russo-polonaise brise tout espoir de l'Arm√©e rouge d'atteindre Varsovie et Berlin et d'acc√©l√©rer ainsi la propagation de la r√©volution. Au milieu des ann√©es 1920, la plupart des Partis communistes en Europe et dans le monde sont r√©duits √† la clandestinit√©, ou sont l'objet de surveillance et de r√©pression r√©guli√®re, comme le PCF. Enfin, les scissions entre socialistes et communistes, comme en France lors du congr√®s de Tours (No√ęl 1920) ou en Italie lors du congr√®s de Livourne (1921), ont dans l'imm√©diat affaibli et durablement divis√© les forces de gauche face √† la mont√©e des forces conservatrices ou fascistes.

La bolchevisation des PC

Pour adhérer à la IIIe Internationale, les partis membres doivent accepter les "21 conditions", très draconiennes, qui alignent leurs structures et leurs méthodes sur le modèle bolchevik, jusque là inconnu hors de Russie. Même en pays démocratique, les partis communistes doivent devenir semi-clandestins, être strictement hiérarchisés et centralisés, adopter une discipline de fer, et recourir au besoin à l'illégalité. Ils doivent aussi obéir impérativement aux ordres du centre. Après 1921, ils doivent aussi interdire les tendances en leur sein (centralisme démocratique) et exclure, surtout après 1924, ceux qui ne suivent pas strictement la ligne imposée depuis Moscou

Beaucoup de communistes, mais aussi de militants venus de l'anarcho-syndicalisme ou de la gauche r√©publicaine radicale, ont adh√©r√© en pensant qu'ils pourraient toujours garder une certaine autonomie - c'√©tait le cas de bien des participants fran√ßais du Congr√®s de Tours (1920), o√Ļ les 21 conditions ne furent d‚Äôailleurs pas adopt√©es.

Mais Moscou entend aligner fermement les partis sur le modèle russe. Elle les encadre et les soumet de plus en plus étroitement par le biais d'agents délégués par le centre (Jules Humbert-Droz ou Eugen Fried en France). Dès 1921, ainsi, Trotski se plaint qu'il reste des Francs-Maçons au PCF, et exige leur exclusion, une première en France dans un parti de gauche.

En 1924, le pr√©sident du Komintern, Zinoviev, r√©put√© et critiqu√© pour son autoritarisme, lance le mot d'ordre de bolchevisation des PC au Ve Congr√®s du Komintern. C'est un durcissement autoritaire qui provoque une crise et des exclusions dans la plupart des partis-membres. Au m√™me moment, de surcro√ģt, Staline, Zinoviev et Kamenev lancent une violente campagne pour mettre sur la touche les trotskistes en URSS comme √† l'√©tranger.

La stalinisation

À partir de 1926, la Troisième Internationale passe totalement sous la domination de Staline. Dans les années 1930, Staline élabore une nouvelle idéologie qu'il nomme le marxisme-léninisme et qui repose sur la théorie dite du socialisme dans un seul pays. C'est en réalité l'accompagnement de la dictature stalinienne.

Presque jamais sorti de Russie, ignorant les langues √©trang√®res, souvent peu au fait des r√©alit√©s de pays ext√©rieurs qu'il ne conna√ģt pas, Staline se montre m√©prisant envers le Komintern ("la boutique"). Il ne cro√ģt pas √† une r√©volution mondiale qui n'en finit pas de se faire attendre, redoute les ph√©nom√®nes insurrectionnels qu'il ne ma√ģtriserait pas lui-m√™me et qui attirerait des complications diplomatiques √† l'URSS. √Ä ses yeux, l'extension de la r√©volution passera par les conqu√™tes de l'Arm√©e rouge - ce qui se produit en 1939-1941 lors du Pacte germano-sovi√©tique, puis en Europe de l'Est apr√®s la victoire de 1945. En attendant, l'Internationale doit surtout servir les int√©r√™ts nationaux de l'Union sovi√©tique, assimil√©s h√Ętivement √† ceux du prol√©tariat mondial.

Après avoir été exclu du Parti communiste d'Union soviétique par Staline, Léon Trotsky espère encore quelque temps une régénération possible de la IIIe Internationale, puis déclare en 1933 que l'Internationale est irrémédiablement morte. Il fonde en 1938 la IVe Internationale. D'autres opposants, souvent exclus, créent ou participent à l'Opposition communiste internationale, ou encore au Centre marxiste révolutionnaire international.

La Purge

Pendant la Grande Terreur de 1937-1939 (Grandes Purges), l'Internationale est une cible de choix de l'√©puration. C'est l'√©poque o√Ļ les t√©moins entendent chaque nuit le NKVD entrer √† l'H√ītel Lux, quartier g√©n√©ral du Komintern √† Moscou, et o√Ļ le lendemain matin, de nouveaux scell√©s ont √©t√© appos√©s sur les portes des employ√©s et des militants arr√™t√©s dans la nuit.

Des v√©t√©rans du Komintern tels que le Hongrois Bela Kun ou le Russe Piatnitski disparaissent en prison, vraisemblablement ex√©cut√©s. R√©fugi√©s √† Moscou, plus de dirigeants du KPD sont victimes de la r√©pression stalinienne que de la terreur hitl√©rienne, dont Hugo Eberlein ou Heinz Neumann. La femme de ce dernier, Margarete Buber-Neumann, d√©port√©e au Goulag √† Karaganda, est livr√©e √† la Gestapo en 1940 et envoy√©e √† Ravensbr√ľck. Tout l'√©tat-major en exil du parti polonais est d√©cim√©, et la formation elle-m√™me dissoute. Le parti palestinien et le parti yougoslave sont √©galement dissouts, mais Staline √©pargne le futur mar√©chal Tito, non sans avoir fait fusiller sa femme. Jaan Anvelt est charg√© des purges au sein du parti communiste estonien avant d'√™tre lui-m√™me √©limin√©.

La répression s'étend aux militants qui se sont battus dans la guerre d'Espagne, tels Antonov-Ovseenko, aux vétérans des Brigades Internationales ou aux républicains espagnols réfugiés après la victoire de Franco. Si l'on épargne le chef du Komintern, le Bulgare Dimitrov, héros du procès de Leipzig intenté par les nazis aux prétendus "incendiaires du Reichstag" (1933), ses deux coaccusés, Popov et Tanev, finissent au Goulag.

Le chef du NKVD, Nikola√Į Iejov, proposa m√™me √† Staline d'organiser un proc√®s de Moscou sp√©cifiquement consacr√© √† l'Internationale. Sans doute parce que trop compliqu√© √† ex√©cuter, ce projet n'eut pas de suite.

Enfin, de nombreux agents moins illustres du Komintern furent rappel√©s √† Moscou et arr√™t√©s √† leur arriv√©e, comme le Fran√ßais Jacques Rossi. Ceux qui refus√®rent de rentrer furent parfois retrouv√©s assassin√©s √† l'√©tranger, comme le ma√ģtre-d'Ňďuvre de la propagande du Komintern, Willy M√ľnzenberg.

Du Pacte germano-soviétique à la Résistance

Sortie exsangue des Grandes Purges, l'Internationale se vit ordonner, après l'entrevue Staline-Dimitrov du 7 septembre 1939, de faire l'apologie du Pacte germano-soviétique et de dénoncer la Seconde Guerre mondiale commençante comme un conflit "inter-impérialiste". Ces consignes eurent pour résultat une véritable "liquidation d'influence" (François Furet): le PCF fut discrédité et interdit, le chef du PC britannique Harry Pollitt annonça sa rupture avec le Komintern, de nombreux militants quittèrent leurs Partis, ou se gardèrent de suivre réellement les consignes de Moscou (Charles Tillon, Georges Guingouin). En juillet 1940, dans le désarroi de l'invasion et en l'absence de liaisons régulières avec Moscou, une poignée de dirigeants clandestins du PCF avec Jacques Duclos et Maurice Tréand sondèrent même la Kommandantur de Paris pour obtenir la reparution légale de l'Humanité, et firent manifester inconsidérément les sympathisants communistes de région parisienne pour obtenir le retour des municipalités PCF déchues en 1939. Moscou, avertie, ordonna de mettre fin immédiatement aux démarches.

Au printemps 1941, le Komintern infléchit sa ligne et ordonna aux partis communistes d'Europe occupée de conclure des ententes avec des forces non-communistes pour lutter contre les Allemands. Le 15 mai 1941, le PCF fonda ainsi le Front National de Lutte pour l'Indépendance de la France. Le 22 juin 1941, avec l'agression de l'URSS par Hitler, le basculement dans la résistance à outrance fut totalement achevé. Le lourd tribut payé par les communistes restaura en bonne partie le prestige entamé par le Pacte, tout comme les victoires soviétiques.

Sur ordre de Moscou, qui esp√©rait voir plus de troupes allemandes fix√©es dans les pays occup√©s, les PC durent pratiquer une strat√©gie d'action imm√©diate et d'attaques frontales de l'occupant allemand, exposant ainsi les militants, les otages et les populations civiles √† de terrifiantes r√©pressions co√Ľteuses en hommes. Cela tendit souvent les relations avec les autres formations de la R√©sistance en France, en Yougoslavie ou en Pologne, qui critiquaient l'inutilit√© et le danger des attentats individuels contre les soldats allemands ainsi que le lourd co√Ľt des sabotages spectaculaires et des combats de guerilla pr√©matur√©s. Beaucoup cependant admir√®rent la d√©termination et le courage des communistes, qui leur semblaient les plus d√©cid√©s √† se battre tout de suite et les plus riches en martyrs. Voir Colonel Fabien et otages de Ch√Ęteaubriant.

Dissolution et postérité

Dès 1940 Staline songe à dissoudre le Komintern, mais diffère l'annonce pour ne pas sembler le sacrifier à l'entente avec Hitler. La IIIe Internationale est finalement dissoute au cours de la Seconde Guerre mondiale, le 15 mai 1943, afin de détendre les relations avec les alliés. La création du Kominform par Staline en octobre 1947 s'inscrit dans la continuité de la Troisième Internationale, mais il ne s'agit plus, comme son nom l'indique, que d'un "bureau d'information". Cependant, dans les faits, les partis communistes occidentaux restèrent dominés comme avant par Moscou jusqu'à la déstalinisation de 1956, voire au-delà. Voir eurocommunisme.

Staline meurt en 1953. √Ä partir de 1956, l'URSS rompt, du moins officiellement, avec le stalinisme. Le Kominform est dissous le 17 avril 1956. √Ä partir des ann√©es 1960 et de la rupture sino-sovi√©tique, Mao Zedong et la R√©publique populaire de Chine se revendiquent de Staline. Ce n'est pas sans paradoxe, si l'on songe que Staline s'est toujours m√©fi√© de Mao du moment que ce chef de gu√©rilla tr√®s ind√©pendant n'√©tait pas pass√© par les √©coles du Komintern et √©chappait au contr√īle direct de Moscou.

Vingt-neuf partis et groupes ont déclaré avoir "reconstitué" la Troisième Internationale le 5 novembre 1995 à Sofia, mais son existence est purement anecdotique.

La IIIe Internationale n'a jamais men√© √† bien aucune r√©volution victorieuse. Mais elle reste un champ d'√©tudes historiques important. Elle continue aussi √† fasciner comme remarquable organisation semi-secr√®te active dans tant de pays, et par la vie souvent romanesque de nombre de ses repr√©sentants clandestins. Elle a surtout √©t√© un vivier de cadres tr√®s importants. C'est l√† que se sont recrut√©s la plupart des dirigeants que Staline a plac√©s ensuite √† des responsabilit√©s-cl√©s dans les partis communistes (Togliatti, Duclos, Marty, Artur London, la Passionaria...) ou dans les gouvernements des d√©mocraties populaires : Tito, Ern√∂ Gero, Rakosi, Wilhelm Pieck, Ana Pauker...

Les congrès du Komintern

  • Premier congr√®s du Komintern (mars 1919)
  • Deuxi√®me congr√®s du Komintern (juillet 1920)
  • Troisi√®me congr√®s du Komintern (juin 1921)
  • Quatri√®me congr√®s du Komintern (novembre 1922)
  • Cinqui√®me congr√®s du Komintern (1924)
  • Sixi√®me congr√®s du Komintern (septembre 1928)
  • Septi√®me congr√®s du Komintern (1934)
  • Septi√®me congr√®s du Komintern (1935)

Présidents du Komintern

Agents du Komintern

  • Jacques Duclos
  • Eugen Fried, ¬ę camarade Cl√©ment ¬Ľ, communiste slovaque repr√©sentant du Komintern aupr√®s du PCF de 1929 √† 1943. Il fut le mentor de Maurice Thorez et l'√©minence grise du PCF, inspirant notamment avec Thorez la strat√©gie menant √† la constitution du Front populaire.
  • Arthur Koestler, √©crivain britannique, collaborateur de Willy M√ľnzemberg et agent du Komintern notamment en Espagne. Il rompit en 1938.
  • Andr√© Marty
  • Willi M√ľnzenberg : communiste allemand, ami intime de L√©nine qui l'avait charg√© de toutes les grandes op√©rations de propagande / d√©sinformation au sein des d√©mocraties occidentales. Il avait √©difi√© un empire de presse et d'√©ditions (¬ę trust Munzemberg ¬Ľ) et avait pour t√Ęche de collecter des soutiens au-del√† des cercles communistes ; il est de ce fait incontournable dans l'histoire des compagnons de route. Il avait √©chafaud√© une th√©orie de prise du pouvoir en investissant au pr√©alable le champ moral, par opposition √† Gramsci qui pronait le champ culturel.
  • Jacques Rossi
  • Palmiro Togliatti

Voir aussi

Liens internes

Bibliographie

  • Maurice Andreu, L'Internationale communiste contre le capital, 1919-1924, PUF, 2003
  • Pierre Brou√©, Histoire de la IIIe Internationale, Fayard, 1999
  • Arthur Koestler, R√©cits autobiographiques, Bouquins, Robert Lafont
  • Jean-Jacques Marie, Staline, Fayard, 2001
  • Boris Souvarine, Staline, Champ Libre, 1985
  • Jan Valtin, Sans patrie ni fronti√®res, Actes Sud, 1999
  • Serge Wolikow (dir.), Komintern, l'histoire et les hommes, 2001
  • Pierre Frank, Histoire de l'Internationale communiste, √©ditions la br√®che, 1979

Liens externes

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  • Komintern ‚ÄĒ /ňąk…ím…™nt…ún/ (say komintern) noun ‚Üí Comintern ‚Ķ   Australian English dictionary

  • Komintern ‚ÄĒ /kom in terrn , kom in terrn /, n. Comintern. * * * Kominform, Komintern alternative forms of ‚ÜĎCominform, ‚ÜĎComintern ‚Ķ   Useful english dictionary

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