Killing Joke

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Killing Joke
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le groupe de musique. Pour l'album homonyme sorti en 1980, voir Killing Joke (album). Pour celui de 2003, voir Killing Joke (album, 2003).
Killing Joke
Logo de Killing Joke
Logo de Killing Joke, dessiné par Paul Raven.

Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Post-punk
New wave
Metal industriel
Rock industriel
AnnĂ©es d'activitĂ© 1979 – aujourd'hui
Site officiel www.killingjoke.com

Membres Jaz Coleman
Geordie Walker
Paul Ferguson
Youth
Reza Udhin (musicien additionnel)
Anciens membres Paul Raven
Martin Atkins
Ben Calvert
(voir liste détaillée en fin d'article)
Entourage Murder, Inc.
Ministry
Prong
Peyr
Treponem Pal

Killing Joke est un groupe de rock britannique formĂ© en 1979[1], reconnu comme un des groupes les plus importants de la pĂ©riode post-punk/new wave de la fin des annĂ©es 1970 et du dĂ©but des annĂ©es 1980. Il a fortement influencĂ© des groupes comme Nirvana, Metallica, Ministry, Soundgarden, Korn, ou encore Fear Factory, qui ont tous mentionnĂ© ĂȘtre redevables Ă  ce groupe[2],[3],[4].

Les seuls membres permanents du groupe depuis sa fondation sont Jaz Coleman (chanteur et leader historique du groupe : claviers, synthĂ©tiseurs, composition et direction des cordes et orchestres) et Geordie Walker (guitariste et choriste).

En 1994, Killing Joke sort l’album Pandemonium qui marque et influence profondĂ©ment et durablement la scĂšne du metal industriel. L’album est encore actuellement une rĂ©fĂ©rence dans ce style musical.

Leurs sons de guitare et de basse jouent beaucoup sur la distorsion, accompagnĂ©s selon l'Ă©poque par une batterie tantĂŽt tribale et puissante, tantĂŽt funky et par des synthĂ©tiseurs typiques de la new wave. Le chant joue, selon les morceaux et les pĂ©riodes, sur des plages allant d’une grande douceur au hurlement tribal.

Coleman partage son temps entre la composition d’Ɠuvres symphoniques et le travail en studio et sur scĂšne pour Killing Joke. Il a Ă©tudiĂ© de nombreuses cultures, vit actuellement entre Prague et la Nouvelle-ZĂ©lande et a dĂ©veloppĂ© une passion pour l'occultisme, le folklore tchĂšque et la musique māori.

Killing Joke se met en sommeil vers le milieu des annĂ©es 1990, ses membres se focalisant sur divers projets personnels. AprĂšs une parenthĂšse de sept ans entre la sortie de l'album Democracy et celle de Killing Joke, en 2003, le groupe reprend un rythme de production rĂ©gulier, ponctuĂ© de sorties d'albums studio et en concert, ainsi que celle d'un DVD live cĂ©lĂ©brant les 25 ans d'activitĂ© discographique de Killing Joke. Le groupe fĂȘte ses trente ans de production courant 2010, avec un nouvel album studio intitulĂ© Absolute Dissent et une tournĂ©e en Europe et aux États-Unis, rassemblant les quatre membres d'origine, sĂ©parĂ©s depuis 1982.

Sommaire

Historique

1978 : les origines

Jaz Coleman, chanteur et leader de Killing Joke, avant un concert en 1991.

La lĂ©gende veut que Killing Joke soit nĂ© d’une rencontre dans une file d’attente de l'agence britannique pour la recherche d'emploi, le British Unemployment Office, Ă  la toute fin de l’annĂ©e 1978. Ce jour-lĂ , Jeremy "Jaz" Coleman rencontre un ami et lui parle de ses aspirations musicales. En entendant le discours de Coleman, son ami lui glisse qu’il a quelqu’un Ă  lui prĂ©senter, puis l’emmĂšne Ă  son appartement londonien oĂč les attend le batteur Paul Ferguson[5]. Selon Coleman, sans Ă©changer un seul mot, ces deux-lĂ  rĂ©alisent qu’ils sont destinĂ©s Ă  jouer ensemble une musique que Ferguson dĂ©crira plus tard comme « the sound of the Earth vomiting Â» — le son que ferait la Terre en vomissant.

Pour donner corps Ă  leurs idĂ©es, Coleman et Ferguson font passer une annonce dans le journal musical Melody Maker, disant en substance : « Want to be part of the Killing Joke? Total Publicity - Total Anonymity - Total Exploitation Â»[6], soit Ă  peu prĂšs : « Vous souhaitez faire partie de la Blague qui Tue ? PublicitĂ© Totale - Anonymat Total - Exploitation Totale Â». Peu de temps aprĂšs, le guitariste Kenneth "Geordie" Walker et Martin "Youth" Glover les rejoignent et le groupe prend vie. Le nom provient d’une expression britannique faisant rĂ©fĂ©rence Ă  une situation ou un Ă©vĂ©nement paradoxal, ironique. Ils commencent alors Ă  Ă©crire et se produire en concert et gagnent rapidement une assez bonne rĂ©putation Ă  travers Londres avec des morceaux comme Malicious Boogie, Wardance, Pssyche, Turn to Red, Nuclear Boy, et une reprise des Sex Pistols, Bodies. Selon Coleman, Killing Joke s’est formĂ© autour d’intentions bien particuliĂšres : « dĂ©finir l’exquise beautĂ© de l’ùre atomique en termes de style, de son, et de forme. Â»

Le groupe dĂ©mĂ©nage et s’installe dans le quartier de Notting Hill Gate, pour y enregistrer le premier single du groupe, Almost Red, avec de l’argent empruntĂ© Ă  la petite amie de l’époque de Coleman. John Peel[7], impressionnĂ© par l’enregistrement, propose au groupe un passage dans son Ă©mission. Killing Joke devient l’un des groupes les plus populaires parmi ceux diffusĂ©s par ce biais, Ă  la fin des annĂ©es 1970. À la fin de l’annĂ©e 1979, les membres du groupe signent avec Island Records, qui leur permet de crĂ©er leur propre label, Malicious Damage[8].

1979-1982 : les annĂ©es Malicious Damage

AprĂšs la sortie du 4 titres Nervous System / Turn to Red sur Malicious Damage par le biais d’E’G Records, Killing Joke sort son premier album, Killing Joke en 1979[9]. La couverture est en noir et blanc, et il n’y a aucune mention des noms des membres du groupe. SaturĂ© de nombreuses sonoritĂ©s Ă©lectroniques, de batterie tribale, de basse syncopĂ©e et d’un son de guitare rythmique unique Ă  l’époque, l’album inclut le titre Change qui devient un standard des clubs des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique. Ferguson dira alors : « C’est de la musique agressive, ce n’est pas de l’amusement poli. Nous avons des titres dans les charts[10] ici [aux États-Unis] et c’est un plaisir. Ça ne m’embĂȘte pas du tout d’entrer dans les meilleures ventes disco. Je pense que c'est porteur de beaucoup d’espoir pour le monde. Â»

Les membres de Killing Joke Ă©crivent tous les morceaux de leur album suivant, What's THIS for....! alors qu’ils sont dĂ©jĂ  en studio. Selon Geordie, ce procĂ©dĂ© s’est rĂ©vĂ©lĂ© difficile, puisque pour le premier album ils disposaient d’un an de travail d’avance avant l’enregistrement. Sorti fin 1981, l’album rĂ©vĂšle un groupe focalisĂ© sur le dĂ©veloppement de son propre son. Depuis Madness, long de 7 minutes, jusqu’à Tension et Fall of Because, l’album continue dans le sillon tracĂ© par le groupe, basĂ© sur leur prĂ©diction d’une fin prochaine de la raison et d’un retour Ă  un type d’homme plus primitif. C’est aussi un bon indicateur de l’humour pervers qui se cache derriĂšre Killing Joke. La couverture montre une mĂšre de famille / touriste contemplant un champignon atomique, en contrepoint de paroles comme « I wonder who chose the color scheme? It’s very nice! Â» (« Je me demande qui a choisi les couleurs ? C’est trĂšs joli ! Â»).

1982 : pressions et dĂ©pression

Geordie Walker, guitariste du groupe depuis sa création (en tournée en Australie en 2005).

À l’issue d’une tournĂ©e mondiale, Killing Joke s’aventure en Allemagne avec le producteur vĂ©tĂ©ran Conny Plank. Cette premiĂšre collaboration avec un producteur extĂ©rieur au groupe donne Revelations, sorti en 1982. Nouveau travail anonyme, l’album comprend le hit Empire Song. Tout au long de cet album sont Ă©voquĂ©es les pressions auxquelles le groupe est soumis, aussi bien dans un registre personnel et relationnel que de la part de l’industrie musicale. Land of Milk and Honey y fait directement rĂ©fĂ©rence ainsi : « Land of - better change your tune now, Milk and - oh so negative, Honey - and we’re so content now, Land of Milk and Honey Â». (« Pays de - vous devriez changer de tonalitĂ©, Lait et - oh, c’est si nĂ©gatif, de Miel - voilĂ , on est bien contents, Pays de Lait et de Miel. Â»)

Incertain quant Ă  la direction musicale Ă  suivre, et confrontĂ© Ă  la perspective d’une nouvelle tournĂ©e mondiale, le groupe craque et se sĂ©pare[11]. Jaz Coleman, au bord de la dĂ©pression nerveuse, quitte le groupe pour se rĂ©fugier en Islande Ă  la fin d’un concert, le soir de son anniversaire[12]. Il choisit cette destination suite Ă  la vision d’une imminente fin du monde (a priori suite Ă  un conflit nuclĂ©aire), ses interlocuteurs mystiques souhaitant ainsi le mettre en sĂ»retĂ©. Geordie Walker le rejoint et ils enregistrent sur une brĂšve pĂ©riode avec le groupe local Peyr tandis que Youth et Big Paul forment leur propre groupe, Brilliant, apparemment nommĂ© ainsi Ă  cause de la face B du single Empire Song. Cependant, avant que Brilliant ait eu le temps de sortir un album, Paul Ferguson quitte le groupe. Les critiques britanniques s’expriment assez vertement sur ces dĂ©boires, et Youth accompagnĂ© de divers collaborateurs sort finalement un single appelĂ© That’s What Good Friends Are For (littĂ©ralement « C’est pour ça que les amis existent Â»), appel du pied assez Ă©vident envers ses anciens camarades. Depuis sa retraite islandaise, Coleman rejette l’offre.

Le délicat tournant des années 1980

Peut-ĂȘtre finalement motivĂ© par le succĂšs de Brilliant, Coleman rejoint Walker et Ferguson. Ils recrutent un bassiste alors inconnu, Paul Raven. Ils tournent en Europe et aux États-Unis au cours de l’annĂ©e 1982, permettant ainsi Ă  Raven de dĂ©couvrir le monde de la scĂšne. Plusieurs concerts Ă  Toronto sont enregistrĂ©s pendant la tournĂ©e, donnant naissance au maxi "HA" - Killing Joke Live.

Au dĂ©but des annĂ©es 1980, une des affiches du groupe destinĂ©e Ă  annoncer une sĂ©rie de concerts Ă  Londres leur vaut d’ĂȘtre frappĂ©s par la censure : elle reprĂ©senterait le pape Pie XI bĂ©nissant une haie d’honneur de soldats nazis peu de temps avant le dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit en fait d’une photo prise en 1934 et montrant l’abbĂ© catholique allemand Albanus Schachleiter au congrĂšs de Nuremberg. Peut-ĂȘtre par provocation, cette mĂȘme image est reprise sur la couverture de la compilation Laugh? I Nearly Bought One! sortie en 1992. Les croix gammĂ©es des brassards sont cependant remplacĂ©es par les symboles monĂ©taires de la livre sterling et du dollar amĂ©ricain[13].

Killing Joke signe ensuite chez Polydor et amorce un virage sujet Ă  controverse, la recherche d’un nouveau public pour leurs albums. Cette mĂȘme demande de la part de Youth, quelque temps plus tĂŽt, avait pourtant Ă©tĂ© ignorĂ©e. Le rĂ©sultat, sorti en 1983, est l’album Fire Dances. C’est alors la premiĂšre fois qu’apparaissent, dans un livret, les photos des membres du groupe. PrĂ©sentant des styles musicaux plus variĂ©s, Coleman dira de cet album qu’il est « leur meilleur Ă  ce jour Â» (comme il semble l’avoir dit de chaque nouvel opus) et Let’s All Go (to the Fire Dances) est choisi comme single de lancement. L’album contient quelques bons morceaux devenus des classiques du groupe, comme Frenzy et Harlequin.

AprĂšs un moment de silence, Killing Joke revient en 1984 avec une nouvelle paire de 45 tours, A New Day et Eighties, qui sont plus diffusĂ©s Ă  la radio qu’aucun de leurs singles prĂ©cĂ©dents. Jouant devant d’immenses drapeaux amĂ©ricains et soviĂ©tiques, le groupe reprend les tournĂ©es et semble vouloir donner une image plus homogĂšne, coordonnant les costumes noirs, avec pour Walker et Raven de grandes bottes en caoutchouc et mĂ©tal Ă  la Kiss.

Profitant du succĂšs d'Eighties, le groupe sort l’album Night Time, enregistrĂ© Ă  Berlin et comprenant la chanson Love Like Blood qui jette Ă  nouveau du Killing Joke sur les pistes de danse des États-Unis et de l’Europe. En France, la version maxi de Love Like Blood remixĂ©e avec un son de batterie plus en avant, suscite un grand intĂ©rĂȘt chez un public plus large. Comprenant huit titres, dont Eighties, l’album est basĂ© sur des sons de claviers mĂ©lodiques, typiques de cette pĂ©riode, et sur la guitare de Geordie Walker sur des morceaux comme Kings and Queens et Europe.

Sur leur sixiĂšme album, Brighter than a Thousand Suns (« plus brillant qu’un millier de soleils Â», trouvant son nom dans une description japonaise de l’explosion nuclĂ©aire d’Hiroshima[14]), le groupe s’offre un succĂšs plus modeste dĂ» Ă  des articles de presse mitigĂ©s[15]. Le format des photos du groupe, pour sa part, s’agrandit. Coleman apparaĂźt en couverture, les autres membres dans le livret. Les deux chansons promues en singles, Adorations et Sanity, sont assez peu diffusĂ©es Ă  la radio. Nous sommes alors en 1986.

1988 : problĂšmes artistiques et juridiques

Pendant l’enregistrement de ce qui devait ĂȘtre un album solo de Jaz Coleman, Virgin Records et E’G font main basse sur des dĂ©mos enregistrĂ©es par Walker et Coleman seuls et projettent d’en faire un album de Killing Joke. Cela ressemble alors fortement Ă  une tentative de priver les membres du groupe des revenus issus de leurs droits d’auteurs. En toute hĂąte, Coleman finalise les morceaux et Outside the Gate sort en 1988. Globalement jugĂ© trĂšs dĂ©cevant, l’album reçoit un accueil critique glacial[16]. Y figure America, trait sarcastique Ă  destination d’un pays et d’une culture que Killing Joke avait semblĂ© courtiser sur les deux albums prĂ©cĂ©dents. Outside the Gate essaie de se maintenir au faĂźte des tendances musicales avec notamment Stay One Jump Ahead et son chant scandĂ© façon rap. Peu de temps aprĂšs la sortie de l’album, le groupe se sĂ©pare Ă  nouveau[17]. S’ensuit un procĂšs contre la maison de disques, qui ruine Killing Joke tant moralement que financiĂšrement.

1989 : nouveau retour, nouveaux revers

Killing Joke revient toutefois sur le devant de la scĂšne musicale en 1989. Afin de trouver une nouvelle maison de disques et de payer des frais de justice plutĂŽt Ă©levĂ©s, le groupe s’embarque pour une tournĂ©e amĂ©ricaine qui les mĂšne de petit club en petit club. Ils effectuent une sĂ©lection de nouveaux morceaux avec un nouveau batteur, Martin Atkins, un ancien de PIL et de Brian Brain et un bassiste de scĂšne, Dave Ball, plus connu sous le nom de Taif. La presse spĂ©cialisĂ©e britannique annonce originellement que le bassiste de la tournĂ©e sera Andy Rourke, ancien bassiste des Smiths. Celui-ci commence effectivement la tournĂ©e, mais est vite Ă©cartĂ© pour d’obscures raisons[18]. DotĂ©e de moyens financiers trĂšs faibles, la tournĂ©e permet au groupe de retrouver leur technicien et ami de longue date, Fil, et le claviĂ©riste John Bechdel.

MalgrĂ© des conditions difficiles, le groupe joue des sets intenses au cours desquels dĂ©filent presque tous les nouveaux morceaux. Dans la rĂ©gion de New York, ils jouent trois fois de suite et tiennent confĂ©rence dans le quartier de Greenwich Village. Jaz Coleman profite de cette occasion pour pester contre l’industrie du disque, qui selon lui a « avalĂ©, broyĂ© et recrachĂ© Â» le groupe. Les fans sont invitĂ©s Ă  assister Ă  ce discours, qui est filmĂ© pour l’émission de MTV, 120 minutes. Coleman parle alors de racheter les droits sur le nom Killing Joke, qu’il partage alors avec Big Paul Ferguson, et s’exprime sur les difficultĂ©s que le groupe a traversĂ©es. Il semble qu’en effet bien peu de directeurs artistiques se soient dĂ©placĂ©s pour les voir sur scĂšne lors de cette tournĂ©e[19].

1990-1991 : l’hĂ©ritage d’Extremities

Jaz Coleman sur la scĂšne du Metro, Chicago, Illinois (USA) en 1991.

À partir de lĂ , Killing Joke tente une approche de la popularitĂ© par la base. Ils crĂ©ent l’Organization of the Distant Island Chapter - groupe de fans basĂ© dans la ville de rĂ©sidence d’Atkins, Chicago, et qui se charge de vendre des T-shirts, badges et autres autocollants Ă  l’effigie du groupe. Ils proposent Ă©galement la cassette vidĂ©o d’un concert Ă  Miami et sortent sur vinyle l’album The Courtauld Talks, confĂ©rence sur fond musical ayant pour thĂšme central l’occultisme.

Finalement, le groupe signe pour un seul album avec le label Noise Entertainment, filiale du conglomĂ©rat allemand BMG, qui pense que Killing Joke cherche Ă  se faire une place sur le marchĂ© de la musique alternative. S’ensuit la sortie de l’album, Extremities, Dirt & Various Repressed Emotions. Reflet d’un Ă©tat d’esprit dĂ©sespĂ©rĂ©, Extremities ... est une avalanche de dĂ©goĂ»t pour la sociĂ©tĂ©, de colĂšre et de sarcasmes[20]. Le groupe a, depuis, renouĂ© avec succĂšs avec cette formule. S’ensuit une brĂšve sĂ©rie de concerts en Europe et aux États-Unis avec Raven Ă  la basse, puis le calme plat.

1992 : rupture et projets personnels

La prĂ©sence de deux fortes personnalitĂ©s au sein du groupe entraĂźne de frĂ©quentes tensions, jusqu’à une nouvelle dispersion des membres. Dans ce qui a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une tentative de la part d’Atkins de dĂ©barrasser Killing Joke de Coleman, le batteur invite Raven, Walker, Ferguson, le claviĂ©riste Bechdel et le chanteur Chris Connelly Ă  le rejoindre sur son label Invisible Records pour enregistrer sous le nom de Murder, Inc. EnregistrĂ© au Minnesota, l’album est enrichi du son inimitable de Geordie Walker, avec Atkins et Ferguson en guise de contrepoids. Le groupe se sĂ©pare sans jamais avoir tournĂ© pour promouvoir le travail en studio.

Au cours des quelques annĂ©es suivantes, les membres de Killing Joke se recentrent sur d’autres activitĂ©s artistiques. Coleman, de son cĂŽtĂ©, sort un album teintĂ© de musique populaire d’inspiration Ă©gyptienne, en collaboration avec Anne Dudley d’Art of Noise : Songs from the Victorious City[21]. Mettant Ă  profit sa formation en direction d’orchestre symphonique, il travaille Ă  ses propres compositions dans ce style et s’installe en Nouvelle-ZĂ©lande. Walker se marie et s’installe dans la ville de son Ă©pouse, DĂ©troit. AprĂšs une audition rĂ©ussie visant Ă  remplacer le guitariste fraĂźchement expulsĂ© de Faith No More, Jim Martin, il dĂ©cide d’abandonner cette opportunitĂ©. Paul Raven fonde The Hellfire club, puis rejoint les rangs du groupe de metal new-yorkais Prong. Martin Atkins, pendant ce temps, tourne et enregistre avec son nouveau groupe, Pigface. La dispersion du groupe semble dĂ©finitive.

1992-1996 : Ă  nouveau sur le devant de la scĂšne

Youth et Jaz Coleman, en concert Ă  Nottingham en 1994.

Cependant, en 1992 dĂ©marre une nouvelle phase pour Killing Joke. Cette annĂ©e-lĂ , Virgin Records finance la compilation Laugh? I Nearly Bought One! et Geordie Walker est contactĂ© afin de vĂ©rifier qu’y sont inclus les morceaux les plus reprĂ©sentatifs du groupe. Il fait alors appel au producteur Youth pour savoir si ce dernier dispose encore de vieilles photos du groupe afin d’illustrer le livret de l’album. Depuis les incidents l’ayant opposĂ© Ă  Coleman, Youth a enregistrĂ© quelques albums avec Brilliant et est devenu un producteur renommĂ©. Les deux ex-collĂšgues retrouvent une certaine complicitĂ©, et finalement, Youth propose de reformer Killing Joke.

En utilisant Ă  bon escient les nombreux contacts de Youth, Killing Joke est rapidement signĂ© sur Zoo Entertainment, une division de BMG. Pandemonium est enregistrĂ© aux printemps, Ă©tĂ© et automne 1994 aux studios York en Nouvelle-ZĂ©lande, dont Coleman est copropriĂ©taire, et aux studios Butterfly de Youth Ă  Brixton. L’album est co-produit par Youth, on trouve un certain Geoff Dugmore Ă  la batterie, et certaines parties vocales sont enregistrĂ©es dans la chambre du Roi de la grande pyramide de Gizeh en Égypte, grĂące Ă  une gĂ©nĂ©reuse « donation Â» de 3 500 $ Ă  un fonctionnaire du ministĂšre de la culture[22]. Faisant fusionner leur « vieux Â» son avec des influences plus mĂ©talliques, le groupe renoue avec le succĂšs commercial puisque le single Millenium est diffusĂ© trĂšs rĂ©guliĂšrement sur les stations de radios amĂ©ricaines. Ils reprennent la route pendant une bonne partie de l’annĂ©e 1994 et au cours des premiers mois de 1995, jouant devant un public mĂ©langeant vieux fidĂšles et jeunes - qui prennent Killing Joke pour un groupe tout rĂ©cemment formĂ©.

Jaz Coleman sur scùne, lors d’un concert de Killing Joke à Manchester en 1994. On distingue Geordie Walker en arriùre-plan.

Suit, en 1996, l’album Democracy. Ajoutant, sur nombre de morceaux, une rythmique lancinante jouĂ©e Ă  la guitare acoustique Ă  l’habituel son Ă©lectrique de Walker, l’album marque un nouveau changement dans le style du groupe. Toutefois, sont abordĂ©s des thĂšmes devenus rĂ©currents chez Killing Joke. Les « leaders Â» du monde occidental sont la cible de critiques violentes, de mĂȘme que le systĂšme dĂ©mocratique en gĂ©nĂ©ral. En annexe on retrouve la violence et l’inĂ©galitĂ©, rejetĂ©es avec force par le chant de Coleman, qui passe du murmure lĂ©ger, dans des morceaux comme Pilgrimage, aux hurlements de rage du dernier titre, Another Bloody Election. L’album, aprĂšs le trĂšs mĂ©tallique Pandemonium, aura du mal Ă  conserver au groupe les fans rĂ©cemment acquis. S’ensuit une tournĂ©e Ă©talĂ©e sur les annĂ©es 1996 et 1997, puis une nouvelle pĂ©riode de silence longue de sept ans qui laisse les « gatherers Â»[23] dans l’expectative.

1996-2003 : une longue parenthĂšse

Durant cette parenthĂšse, bien peu nombreux sont ceux qui auraient pariĂ© sur un futur album. Jaz Coleman se recentre sur sa seconde passion, l’écriture pour orchestre symphonique. À cette fin, il vit de plus en plus souvent Ă  Prague, en RĂ©publique tchĂšque. Il connaĂźt un bon succĂšs en arrangeant les Ɠuvres de groupes comme les Doors, faisant interprĂ©ter ses versions par l’Orchestre national de Prague avec, comme soliste, le cĂ©lĂšbre violoniste Nigel Kennedy. L’ùre Killing Joke semble bel et bien terminĂ©e. Coleman fait cependant des rencontres fort intĂ©ressantes sur le plan musical, qui sont Ă©voquĂ©es dans le film tchĂšque Rok Ďábla[24]. Les membres du groupe se font discrets, Ă©vitant en entretien de s’exprimer sur la possibilitĂ© d’une reformation.

2003 : retour en grĂące

Mais Coleman, Walker et Youth se reforment en trio et en 2003, crĂ©ent la surprise en sortant un second album nommĂ© Killing Joke, comme l’était le tout premier. La machine est extrĂȘmement bien huilĂ©e, tout est fait pour que l’album soit un succĂšs. Les morceaux sont prĂ©parĂ©s en studio, et la batterie est confiĂ©e Ă  Dave Grohl, ancien batteur de Nirvana et chanteur-guitariste des Foo Fighters. Ce dernier suit les rythmiques lourdes, quasi-tribales, prĂ©parĂ©es en studio sur sĂ©quenceur et leur donne vie avec talent. Grohl parle Ă  cette occasion de l’admiration sans borne que les membres de Nirvana vouaient Ă  Killing Joke. Le teaser de l’album (morceau destinĂ© Ă  appĂąter l’acheteur) se retrouve sur le CD mensuel de nombreux magazines musicaux Ă  travers le monde. Killing Joke retrouve un public perdu depuis Pandemonium, celui des fans de metal et de musique industrielle. Les critiques sont globalement excellentes, l’album est souvent citĂ© comme l’un des meilleurs de l’annĂ©e, voire le meilleur album rock, tous styles confondus[25]. Le groupe n’avait pas rĂ©ussi Ă  fĂ©dĂ©rer autant de monde autour de sa musique depuis bien des annĂ©es.

Killing Joke au London Astoria, le 14 octobre 2005.

Le thĂšme principal de cet opus est l’opposition farouche de Coleman Ă  la guerre en Irak initiĂ©e par George W. Bush. Sur des morceaux comme Asteroid, on peut remarquer une tendance assumĂ©e au millĂ©narisme. Les compositions sont signĂ©es Coleman/Glover/Walker, mais Raven apparaĂźt tout de mĂȘme dans les crĂ©dits de l’album. Personne ne sait avec certitude qui tient la basse sur l’album, cependant Raven est bien le bassiste de la tournĂ©e qui s’ensuit. Cette tournĂ©e couvre l’Europe, les États-Unis et l’Australie en 2003 et 2004, avec, derriĂšre la batterie, Ted Parsons, un ancien de Prong.

L’annĂ©e 2005 est celle de la consĂ©cration avec deux soirĂ©es anniversaire pour cĂ©lĂ©brer les 25 ans du groupe. Le Shepherds Bush Empire, beau petit thĂ©Ăątre Ă  l’italienne de Londres, est rempli pour l’évĂ©nement. S’ensuivent un DVD et un album live sur CD et vinyle. Ben Calvert, jeune batteur, se joint au groupe en compagnie d’un nouveau claviĂ©riste, Reza Udhin. Dans la foulĂ©e, Killing Joke assure la premiĂšre partie de la tournĂ©e d'Ă©tĂ© 2005 du groupe Mötley CrĂŒe, nouvellement reformĂ©. Au vu des performances comparĂ©es des deux groupes sur scĂšne, un critique sort cette pique : « Ă  la place des Mötley CrĂŒe, je ferais dans mon pantalon Â»[26]. Pour sa part, Coleman dit du cĂ©lĂšbre groupe que leurs QI additionnĂ©s sont Ă  peine aussi Ă©levĂ©s que la tempĂ©rature ambiante (« their collective IQ barely touches room temperature Â»)[27].

2006-2010 : nouveaux travaux, dĂ©cĂšs de Paul Raven

Commence alors le travail de crĂ©ation et d’enregistrement de leur nouvel album. La ville de Prague Ă©tant devenue le point de chute du groupe, c’est lĂ  que naĂźt Hosannas from the Basements of Hell. Petr Zelenka, qui a dirigĂ© Coleman dans le film Rok ďábla, rĂ©alise le clip du titre phare de l’album. Sorti en avril 2006, cet opus dĂ©livre une Ă©nergie brute qui remonte loin dans l’histoire du groupe. Le son cru, brutal et sans artifice rappelle celui dĂ©jĂ  entendu sur Extremities.... Une nouvelle fois, l’accueil est excellent et les ventes suivent le mĂȘme mouvement. ImmĂ©diatement aprĂšs la sortie de Hosannas from the Basements of Hell, Killing Joke entame une tournĂ©e europĂ©enne[28]. Paul Raven quitte cependant assez vite la scĂšne pour aller tourner avec Ministry. Il est remplacĂ© par Kneill Brown. Le 10 juin 2006, le groupe occupe la scĂšne MySpace du Download Festival, recevant pour l’occasion une excellente critique de la part du magazine Kerrang[29],[30]. La partie automnale de la tournĂ©e est ensuite annulĂ©e Ă  cause de « problĂšmes de santĂ© Â», sans autre prĂ©cision[30].

Jaz Coleman devient compositeur rĂ©sident en RĂ©publique tchĂšque, oĂč il effectue de frĂ©quents sĂ©jours depuis 7 ans, ainsi qu’en Nouvelle-ZĂ©lande, son pays de rĂ©sidence, respectivement avec l'orchestre national de Prague et l'orchestre philharmonique d'Auckland. En octobre 2006, une rumeur fait Ă©tat de sa nomination comme compositeur rĂ©sident pour l’Union europĂ©enne : Coleman serait ainsi appelĂ© Ă  composer et jouer ses musiques pour toute occasion spĂ©ciale au sein de l’Union. Si Coleman a confirmĂ© lors d'une interview, il est nĂ©anmoins impossible de trouver la preuve d'une telle nomination dans une quelconque source officielle[31].

Killing Joke s'attache depuis quelques années à ressortir leurs albums en versions remasterisées et agrémentées de divers bonus, tels que quelques morceaux n'ayant jusque là fait leur apparition qu'en face B de 45 tours ou maxi 45 tours. Outre ces nouvelles versions, l'album Extremities... a subi un traitement de faveur, sa réédition se voyant précédée d'un double album intitulé Inside Extremities, Dirt and Various Repressed Emotions. Ce double enregistrement est constitué, pour la premiÚre partie, de diverses prises de son de répétition, et pour la seconde d'un enregistrement en concert réalisé en France. Sortent ensuite deux rééditions officielles comprenant chacune trois albums originellement distribués sur le marché parallÚle dans les années 1980, intitulées Bootleg Vinyl Archive vol. 1 & 2[30].

Killing Joke en concert Ă  Paris, le Trabendo, 27 septembre 2008.
Killing Joke en concert Ă  l'occasion du festival Ilosaarirock, Finlande, le 19 juillet 2009.

Le 20 octobre 2007, Paul Raven, alors bassiste attitrĂ© de la formation, dĂ©cĂšde d'une crise cardiaque prĂšs de la frontiĂšre franco-suisse, oĂč il sĂ©journe afin de rĂ©pĂ©ter avec Treponem Pal. Les membres originaux de Killing Joke se retrouvent Ă  l'occasion des funĂ©railles de Raven et, motivĂ©s, selon eux, par un « sentiment de mortalitĂ© Â», dĂ©cident de jouer Ă  nouveau ensemble et de produire un treiziĂšme album studio[32]

En fĂ©vrier 2008, outre le nouvel opus en cours d'enregistrement, annoncĂ© « pour l'Ă©tĂ© Â» via le site officiel, album qui est ensuite repoussĂ© Ă  l'automne 2010, le groupe prĂ©pare une tournĂ©e mondiale s'Ă©talant sur septembre et octobre de la mĂȘme annĂ©e. L'originalitĂ© de cette tournĂ©e est de proposer, dans la plupart des villes visitĂ©es, deux soirĂ©es de suite, chacune basĂ©e sur un programme diffĂ©rent. La premiĂšre est consacrĂ©e au rĂ©pertoire issu des deux premiers albums du groupe tandis que la seconde se veut plus gĂ©nĂ©raliste - morceaux de l'album Pandemonium de 1994 et divers singles du groupe sortis chez Island dans les annĂ©es 1980[33]. Pour la premiĂšre fois depuis 1980, cette tournĂ©e rĂ©unit les quatre membres du groupe originel : Coleman, Walker, Youth et Paul Ferguson[33]. La premiĂšre partie des spectacles est assurĂ©e par Treponem Pal.

Jaz Coleman explique, à l'occasion de la tournée de l'automne 2008, que la sortie du nouvel album est repoussée pour une date indéterminée, et que seuls deux morceaux sont déjà finalisés, Fresh Fever from the Skies et Timewave[34].

2010 : Absolute Dissent

Une nouvelle date de sortie est annoncĂ©e dĂ©but 2010 : l'album, alors intitulĂ© XIII: Feast of Fools, Ă©crit, composĂ© et produit par les quatre membres du groupe[32], devrait ĂȘtre disponible en avril et se voir accompagner d'une tournĂ©e de promotion traversant une partie de l'Europe et des États-Unis. À quelques semaines du dĂ©but de la tournĂ©e, la date de sortie est Ă  nouveau repoussĂ©e, cette fois au 6 septembre 2010. En consĂ©quence du travail de postproduction restant Ă  accomplir sur l'album, la tournĂ©e est Ă©galement repoussĂ©e de six mois[35]. En parallĂšle, un troisiĂšme extrait de l'album, Endgames, fait son apparition dans les revues musicales, et le groupe annonce la sortie d'un EP intitulĂ© In Excelsis pour le 21 juin 2010 sur le label britannique Spinefarm Records[36]. Le treiziĂšme album studio de Killing Joke, avec une liste de morceaux revue, et renommĂ© en Absolute Dissent (« dissidence absolue Â») : Feast of Fools, qui devait donner son titre Ă  l'album, est Ă©cartĂ© de la sĂ©lection et sort sur une Ă©dition alternative. La date de sortie finale est fixĂ©e au 4 octobre 2010 - aprĂšs un ultime report d'une semaine -, sur supports CD, vinyl et en tĂ©lĂ©chargement payant, avec une Ă©dition spĂ©ciale comprenant un disque de reprises de morceaux de Killing Joke par d'autres artistes.

Killing Joke, Coleman et le monde de l’occulte

Article dĂ©taillĂ© : Jaz Coleman.

Jaz Coleman, trÚs influencé dans sa vie et sa carriÚre par l'occultisme, est connu pour sa propension à ajouter de trÚs nombreuses références à ses croyances mystiques et philosophiques dans ses textes et compositions musicales. L'univers visuel de Killing Joke est lui aussi fortement teinté de symboles occultes et politiques.

Pour plus d'information sur les références mystiques dans les albums de Killing Joke, voir également les articles de la section discographie, ci-dessous.

Affaire Come as You Are, relations avec Nirvana

À la sortie du morceau Come as You Are du groupe Nirvana, les membres de Killing Joke crient au plagiat, le thĂšme de guitare reprenant prĂ©cisĂ©ment celui de leur vieux succĂšs, Eighties. Une controverse oppose encore aujourd'hui plusieurs protagonistes et journalistes musicaux au sujet des suites donnĂ©es Ă  cette affaire : le magazine Rolling Stone explique qu'aucun procĂšs pour violation des droits d’auteurs n'a eu lieu, parce que les plaignants n’avaient pas, Ă  ce moment, les moyens financiers nĂ©cessaires Ă  ce type d’action en justice. Kerrang parle au contraire d'une procĂ©dure effectivement lancĂ©e, mais rejetĂ©e par le tribunal[37]. Selon Coleman, Kurt Cobain « plaide coupable Â» au cours d'une conversation privĂ©e, avouant que Come as You Are est bien inspirĂ©e par Eighties et l'affaire en reste lĂ [38]. D'autres sources font bien Ă©tat d'un procĂšs, au cours duquel la demande des plaignants aurait Ă©tĂ© rejetĂ©e. On parle Ă©galement d'un arrĂȘt des poursuites aprĂšs le dĂ©cĂšs de Cobain[39].

Geordie Walker Ă©voque l'affaire en ces termes[40] :

« Nous sommes trĂšs agacĂ©s par cette histoire, mais [la ressemblance entre les morceaux] est une Ă©vidence pour tout le monde. Nous avons fait Ă©tablir deux rapports de musicologues indĂ©pendants qui concluent [qu'elle] l'est. Notre Ă©diteur a Ă©crit Ă  [l']Ă©diteur [de Nirvana] pour leur donner les conclusions et ils ont rĂ©pondu : "Bah, on n'a jamais entendu parler de vous", mais le truc dingue quand Nirvana affirme qu'ils ne nous connaissent pas, c'est qu'ils nous avaient envoyĂ© une carte de vƓux pour NoĂ«l, auparavant[41]. Â»

En tout état de cause, les relations entre les deux groupes restent bonnes, comme le prouve la participation de Dave Grohl à l'album Killing Joke de 2003. En 2005, Grohl remet à Jaz Coleman un Lifetime Achievement Award, récompense décernée par le magazine Kerrang et couronnant l'ensemble de sa carriÚre[42].

A noter qu'on retrouve un riff similaire sur un titre du groupe anglais The Damned, intitulé Life goes on.

Discographie et filmographie

L'actuel logotype de la maison de disques du groupe.

Les dates de sorties indiquĂ©es ci-dessous correspondent aux Ă©ditions originales, au Royaume-Uni. Les plus anciens albums de Killing Joke sont disponibles en versions remasterisĂ©s et rĂ©Ă©ditĂ©s chez Virgin Music. Cependant, il n’est pas fait mention de l’annĂ©e de premiĂšre publication sur ces albums, mais uniquement de l’annĂ©e de rĂ©Ă©dition. Ainsi, certains CD de Revelations portent un copyright en date de © 2005 au lieu de © 1982. On peut distinguer ces rĂ©Ă©ditions des originaux grĂące Ă  la mention « KILLING JOKE: remastered with bonus track(s) Â» figurant en couverture, sur le cĂŽtĂ© gauche. Les charniĂšres de boĂźtier des albums remasterisĂ©s sont en plastique transparent, tandis que celles des originaux sont en plastique gris opaque.

Albums studio et enregistrements en public

Albums studio et enregistrements en public
Titre Année Informations complémentaires
Killing Joke 1980 RĂ©Ă©dition en 2005 avec 5 titres bonus.
What’s THIS for...! 1981 RĂ©Ă©dition en 2007 avec 3 titres bonus.
"HA" Killing Joke Live 1981 RĂ©Ă©dition en 2005 avec 3 titres bonus. L'album originel est sorti sur vinyl au format 10" - 33 t.
Revelations 1982 RĂ©Ă©dition en 2005 avec 1 titre bonus.
Fire Dances 1983 RĂ©Ă©dition en 2008 avec 8 titres bonus.
Night Time 1985 RĂ©Ă©dition en 2008 avec 9 titres bonus.
Brighter than a Thousand Suns 1986 RĂ©Ă©dition en 2008 avec restauration du mixage d'origine de Chris Kimsey sur plusieurs titres + 3 titres bonus.
Outside the Gate 1988 RĂ©Ă©dition en 2008 avec 7 titres bonus.
The Courtauld Talks 1989 Enregistrement de prises de parole par Coleman en marge d'une tournée américaine, sur les thÚmes de l'occultisme, de la numérologie et de l'industrie du disque, avec accompagnement musical par Geordie Walker.
Extremities, Dirt & Various Repressed Emotions 1990 RĂ©Ă©dition en 2007 avec 4 titres bonus.
Pandemonium 1994 RĂ©Ă©dition en 2005 avec 2 titres bonus.
BBC in Concert 1995 Enregistrement en conditions « live Â» dans les studios de la BBC.
Democracy 1996 RĂ©Ă©dition en 2005 avec 1 titre bonus.
Killing Joke 2003 Pour Ă©viter la confusion avec le premier album, cet opus est aussi appelĂ© « 2003 Â» ou encore « Killing Joke 2003 Â»
XXV Gathering! - Let Us Prey 2005 Également disponible en double vinyl (Ă©dition limitĂ©e, disque colorĂ©).
Hosannas from the Basements of Hell 2006 Également disponible en vinyl (Ă©dition limitĂ©e, disque colorĂ©).
Absolute Dissent 2010 Également disponible en double CD, vinyl et double vinyl.

Compilations et coffrets

Compilations et coffrets
Titre Année Informations complémentaires
An Incomplete Collection 1990 Compilation Ă©puisĂ©e, coffret de 5 disques vinyl couleur en tirage limitĂ© Ă  4 000 exemplaires.
Laugh? I Nearly Bought One! 1992
Wilful Days 1995
Alchemy - the Remixes 1996 compilation de remixes par plusieurs grands noms de la techno, de l'ambient et du metal industriel.
No Way Out but Forward Go 2001
Killing Joke for Beginners 2004 Cette compilation couvre les années 1980 à 1988.
Chaos for Breakfast 2004 Coffret sorti pour l’anniversaire du label Malicious Damage, reprenant en 5 CD les pochettes originales des premiers maxi-45 tours du groupe.
Comprend une sĂ©rie de photos noir et blanc et deux rĂ©Ă©ditions d’autocollants d’époque.
Inside Extremities, Mixes, Rehearsals And Live 2007 CD1 : Live in Pied – France 7th June 1991 (14 titres) - CD2 : remixes, inĂ©dits, sessions de rĂ©pĂ©tition (12 titres).
Bootleg Vinyl Archive Vol.1 2007 Coffret 3CD - 44 titres : Compilation approuvĂ©e par le groupe, regroupant des bootlegs reproduits et remasterisĂ©s pour la premiĂšre fois en CD.
Les enregistrements d'origine sont sortis sur vinyl au cours des annĂ©es 1980 : Live At Venue / Live In London + CD bonus : Porchester Hall 1988.
Bootleg Vinyl Archive Vol.2 2007 Coffret 3CD - 46 titres : Compilation approuvĂ©e par le groupe, regroupant des bootlegs reproduits et remasterisĂ©s pour la premiĂšre fois en CD.
Les enregistrements d'origine sont sortis sur vinyl au cours des annĂ©es 1980 : The Bums Rush (dĂ©mos) / The Act Is Done / Live At Joker Place + CD bonus : Astoria 20/09/94.
The Peel Sessions 1979-1981 2008 17 titres : Sessions enregistrĂ©es pour la BBC Radio 1 entre 1979 et 1981.
Duende: The Spanish Sessions 2008 14 titres : Sessions live enregistrĂ©es en 2008 dans le studio de Youth Ă  Granada en Espagne.
The Gathering 2008 - Part One 2009 21 titres live enregistrés à Londres en 2008 (2 CD).
The Gathering 2008 - Part Two 2009 19 titres live enregistrés à Londres en 2008 dont un titre inédit, Time Wave (2 CD).
Live at the Hammersmith Apollo 16.10.2010 2011 23 titres live (3 CD)

Vidéographie

Vidéographie
Titre Année Informations complémentaires
XXV Gathering! - The Band that Preys Together Stays Together 2005 Concert filmĂ© au Shepherds Bush Empire Ă  Londres, Ă  l’occasion des 25 ans de production discographique du groupe.

Composition chronologique du groupe

Chronologie de la composition de KILLING JOKE
1978 J. Coleman, G. Walker, P. Ferguson, M. Glover
1982 J. Coleman, G. Walker, P. Ferguson, P. Raven
1988 J. Coleman, G. Walker, P. Ferguson
1989 J. Coleman, G. Walker, M. Atkins, Taif, J. Bechdel
1990 J. Coleman, G. Walker, M. Atkins, P. Raven, J. Bechdel, A. Rourke
1994 J. Coleman, G. Walker, G. Dugmore, M. Glover
2003 J. Coleman, G. Walker, D. Grohl, M. Glover, P. Raven, T. Parsons, N. Walker
2005 J. Coleman, G. Walker, B. Calvert, P. Raven, K. Brown, R. Udhin
2008 J. Coleman, G. Walker, Youth, P. Ferguson, R. Udhin

Présentée ci-dessous dans l'ordre alphabétique, cette liste non-exhaustive prend en considération les éléments du groupe dont la participation a été suffisamment longue et/ou notable pour diverses raisons (influence musicale au sein de Killing Joke, autres collaborations dans des groupes majeurs, etc.). Se reporter au tableau ci-contre à droite pour la chronologie.

Notes et références

  1. ↑ (en) Biographie du groupe sur le site de Golf Records
  2. ↑ (en) En 2005, le magazine Kerrang dĂ©cerne Ă  Jaz Coleman une rĂ©compense pour l'ensemble de sa carriĂšre, principalement pour l'influence de Killing Joke sur de nombreux autres groupes notoires
  3. ↑ (en) Voir, au sujet des groupes influencĂ©s par Killing Joke, cette critique de leur premier album sur Guido.be
  4. ↑ (en)/(fr) Burton C. Bell, chanteur de Fear Factory, avoue ĂȘtre un grand admirateur de Killing Joke dans un entretien tirĂ© du DVD Transgression.
  5. ↑ (en) Cette anecdote correspond en fait Ă  la naissance du Matt Stagger Band, groupe au sein duquel se sont rencontrĂ©s Ferguson et Coleman avant de crĂ©er Killing Joke la mĂȘme annĂ©e. Voir cette biographie du groupe sur music.yahoo.com
  6. ↑ (en) Article de New Music News du 14 juin 1980.
  7. ↑ (en) Voir cette critique d'Ă©poque parue dans le magazine Allied Propaganda.
  8. ↑ (en) Voir Ă©galement anirrationnaldomain.net pour plus d’informations sur cette pĂ©riode.
  9. ↑ (en) On peut lire quelques mots sur ce premier album et sur les performances scĂ©niques du groupe dans le magazine Sounds du 9 aoĂ»t 1980.
  10. ↑ classement des meilleures ventes de singles.
  11. ↑ (en) Article de Melody Maker du 13 mars 1980.
  12. ↑ (en) Mensuel ZigZag d’avril 1982.
  13. ↑ (en) Voir encadrĂ© vers le milieu de la page, sur anirrationnaldomain.net.
  14. ↑ Cette citation cĂ©lĂšbre a Ă©galement donnĂ© son titre Ă  Brighter than a Thousand Suns: A Personal History of the Atomic Scientists, livre de Robert Jungk
  15. ↑ Lire la fin de l'article de Georges Daublon sur Brighter Than A Thousand Suns paru dans Best Magazine. DĂ©cembre 1986
  16. ↑ (en) Lire la critique de l'album Outside the Gate parue dans Sounds. 25 juin 1988
  17. ↑ (en) Voir cette chronologie sur music.yahoo.com.
  18. ↑ (en) Cette histoire du groupe sur MusicMight.com fait mention de la brùve collaboration de Rourke.
  19. ↑ Des extraits des discours tenus lors de cette tournĂ©e, enregistrĂ©s Ă  l'origine pour 120 Minutes, ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s dans l'album-confĂ©rence The Courtauld Talks, selon (en) musicianguide.com (paragraphe 12).
  20. ↑ (en) Critique de l’album Extremities sur pop-rock.com.
  21. ↑ (en) Copie du kit de presse d’époque sur Anirrationnaldomain.net
  22. ↑ (en) Voir l'interview de Coleman rĂ©alisĂ©e par crosstowntraffic.fr, site rĂ©pertoriant les plus cĂ©lĂšbres anecdotes concernant les groupes de rock majeurs.
  23. ↑ lit. « ceux qui se rassemblent Â», c’est le nom du fan club officiel du groupe et, par extension, de son public le plus fidĂšle.
  24. ↑ (en) Article du Prague Post du 20 mars 2002.
  25. ↑ (en) En France, voir les magazines D-Side et les Inrockuptibles de mars 2003.
  26. ↑ (en) Selon Classic Rock de mai 2005.
  27. ↑ (en) Entretien dans Classic Rock du 6 juin 2006.
  28. ↑ (fr) Critique de concert à Toulouse sur Metalorgie.com.
  29. ↑ (en) Voir cette biographie abrĂ©gĂ©e sur MusicMight.com.
  30. ↑ a, b et c (en) Voir l'historique du groupe sur le site officiel.
  31. ↑ (en) Killing Joke, Jaz Coleman and
 Composer to the European Union? Surely not., compte-rendu des investigations menĂ©es par un auteur anonyme
  32. ↑ a et b (en) Interview de Coleman et Youth par John Doran, janvier 2010.
  33. ↑ a et b (fr) Source : obskure.com, 28 fĂ©vrier 2008.
  34. ↑ Article en ligne de Noise Magazine, 28 septembre 2008.
  35. ↑ (en) annonce sur le site officiel, 9 mars 2010.
  36. ↑ (en) Voir les annonces sur le site officiel.
  37. ↑ (en) L'article est consultable en ligne sur anirrationaldomain.net.
  38. ↑ (en) Jaz Coleman et Youth donnent leur version des faits dans cette interview filmĂ©e visible sur YouTube.
  39. ↑ (en) C'est lĂ  ce qu'affirme Walker dans une interview accordĂ©e Ă  la BBC.
  40. ↑ (en) Guitarist Magazine de dĂ©cembre 1994 - article consultable en ligne sur anirrationaldomain.net.
  41. ↑ Citation originale : "We are very pissed off about that, but it's obvious to everyone. We had two separate musicologists' reports saying it was. Our publisher sent their publisher a letter saying it was and they went 'Boo, never heard of ya!', but the hysterical thing about Nirvana saying they'd never heard of us was that they'd already sent us a Christmas card!"
  42. ↑ (en) Voir le palmarùs sur le site ilikemusic.com.

Voir aussi

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