Kanaky

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Kanaky

Kanaky est le nom donn√© √† la Nouvelle-Cal√©donie par les ind√©pendantistes depuis les ann√©es 1980, et d√©rive du mot polyn√©sien "Kanaka" impos√© par les colonisateurs anglais dans le Pacifique. Kanak d√©signe d√©sormais les M√©lan√©siens de cet archipel. Apr√®s la cr√©ation du Front de lib√©ration nationale kanak et socialiste (FLNKS) le 24 septembre 1984, le boycott actif des √©lections territoriales du 18 novembre suivant et l'entr√©e dans la p√©riode dite des ¬ę √Čv√©nements ¬Ľ (1984-1988), les ind√©pendantistes choisissent d'obtenir l'ind√©pendance par la force et cr√©ent certaines institutions et symboles qui doivent servir de base au futur √Čtat baptis√© ¬ę Kanaky ¬Ľ (le[Y]final est utilis√© pour √©viter la confusion avec la " Kanaki" d√©j√† existante de l'Attique en Gr√®ce)[r√©f. n√©cessaire].

Sommaire

Les institutions indépendantistes des années 1980

D√®s le 1er d√©cembre 1984 est cr√©√© un ¬ę Gouvernement provisoire de Kanaky ¬Ľ (GPK)[1], v√©ritable ex√©cutif parall√®le et clandestin ayant autorit√© sur les zones contr√īl√©es par le FLNKS. Il est pr√©sid√© par Jean-Marie Tjibaou (leader du FLNKS, UC) et, outre ce dernier, comprend quatre membres[2] :

  • un ministre de l'Int√©rieur et des Communications, Andr√© Gopoea (leader de l'UPM), charg√© surtout des questions fonci√®res.
  • un ministre de la S√©curit√©, √Čloi Machoro (secr√©taire g√©n√©ral de l'UC) puis, apr√®s sa mort le 12 janvier 1985, L√©opold Jor√©di√©, charg√© d'organiser le boycott actif et les actions sur le terrain.
  • un ministre des Relations ext√©rieures, Yann C√©l√©n√© Uregei (leader du FULK), charg√© d'obtenir le soutien d'√Čtats souverains (surtout les pays m√©lan√©siens voisins, et notamment le Vanuatu, mais aussi ceux du mouvement des non-align√©s et en particulier la Libye de Mouammar Kadhafi) et de relayer les revendications du FLNKS aupr√®s des instances r√©gionales (le Forum des √ģles du Pacifique) et internationales (l'Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies qui vote le 2 d√©cembre 1986 √† la majorit√© des 3/5e de ses membres la r√©solution 41/41 A affirmant ¬ę le droit inali√©nable du peuple de la Nouvelle-Cal√©donie √† l‚Äôautod√©termination et √† l‚Äôind√©pendance ¬Ľ et inscrivant l'archipel sur la Liste des territoires non autonomes selon l'ONU).
  • un porte-parole, ministre des Finances et de la Solidarit√© nationale, Yeiw√©n√© Yeiw√©n√© (UC), charg√© de la tr√©sorerie du mouvement ind√©pendantiste et des questions identitaires, culturelles ou √©ducatives (avec les √Čcoles populaires kanak), ainsi que de la propagande via notamment les ¬ę √Čditions populaires ¬Ľ (Edipop) d'Ismet Kurtovitch (UC), Radio Djiido fond√©e en 1985 par Octave Togna (UC) ou l'Agence kanak de presse (AKP) cr√©√©e en 1988 (avec son journal La D√©p√™che kanak) et confi√©e √† Jean-Pierre D√©teix (UC-Comit√© Pierre Declercq et secr√©taire g√©n√©ral du GPK).

Il est √©lu par une ¬ę Convention nationale de Kanaky ¬Ľ (CNK) compos√©e de 37 ¬ę d√©put√©s ¬Ľ d√©sign√©s par les conventions r√©gionales des comit√©s de lutte locaux (un comit√© est √©tabli par commune initialement pour y organiser le boycott actif, les barricades, les coups de force et occupations de propri√©t√©s publiques ou priv√©es appartenant √† des Cal√©doniens d'origine europ√©enne, le comit√© de lutte est √©galement charg√© √† partir du congr√®s de Nak√©ty de l'organisation √©conomique et sociale). Il est pourtant contr√īl√© et subordonn√©, tout particuli√®rement apr√®s le congr√®s de Nak√©ty de f√©vrier 1985, par le bureau politique (BP) du FLNKS, compos√© de deux repr√©sentants par parti et ¬ę groupe de pression ¬Ľ formant le front. Le GPK est √† partir de l√† charg√© d'ent√©riner les d√©cisions du congr√®s et du BP, de les faire appliquer et conna√ģtre et d'administrer le mouvement ind√©pendantiste.

Le 18 octobre 1987, au nom du GPK, Jean-Marie Tjibaou d√©pose - un mois apr√®s le r√©f√©rendum d'autod√©termination organis√© par le gouvernement fran√ßais et boycott√© par le FLNKS qui a vu toutefois l'ind√©pendance rejet√©e par 98,3 % des suffrages exprim√©s et par 58,1 % des inscrits - √† l'ONU un projet de constitution pour la ¬ę Kanaky ¬Ľ, ¬ę r√©publique d√©mocratique et la√Įque ¬Ľ qui aurait pour fondement social la coutume traditionnelle kanak et pour principe √©conomique le socialisme, souhaitant donner une forme juridique au principe de l'Ind√©pendance kanak socialiste (IKS) d√©fendue par le FLNKS. L'organisation territoriale souhait√©e pr√©voit trois niveaux de gouvernement : local (communes), r√©gional (les huit aires coutumi√®res traditionnelles kanak) et national (avec pour capitale Noum√©a, qui aurait un statut √† part), chaque √©chelon √©tant dirig√© par une assembl√©e (√©lue par les seuls Kanak, sur le mod√®le des comit√©s de lutte, conventions r√©gionales et convention nationale d√©j√† appliqu√©e par le FLNKS) et une instance coutumi√®re (conseil ou s√©nat, principe repris ensuite par les statuts issus des Accords de Matignon en 1988 puis de Noum√©a en 1998), afin d'¬ę administrer ou co-administrer [...] le patrimoine naturel du peuple indig√®ne ¬Ľ. Le fran√ßais serait reconnu comme langue v√©hiculaire officielle et des accords de coop√©ration avec la France seraient √©tablis[3].

Si, apr√®s les Accords de Matignon, le GPK et toutes les institutions parall√®les du FLNKS sont dissoutes, le terme de ¬ę Kanaky ¬Ľ reste le terme essentiellement utilis√© par les ind√©pendantistes pour d√©signer l'√Čtat souverain qu'il souhaite voir na√ģtre un jour.

Le drapeau Kanaky

Le ¬ę drapeau Kanaky ¬Ľ

Le m√™me jour que l'installation du GPK le 1er d√©cembre 1984 est hiss√© pour la premi√®re fois √† la tribu de La Conception au Mont-Dore le drapeau dit ¬ę de Kanaky ¬Ľ[4], ¬ę Kanaky ¬Ľ[5] ou ¬ę ind√©pendantiste ¬Ľ[1]. Celui-ci est toujours utilis√© comme embl√®me par tous les partisans de l'ind√©pendance : il flotte g√©n√©ralement aux c√īt√©s du drapeau fran√ßais et du pavillon municipal dans les communes dont le maire est ind√©pendantiste[6] et est devenu un motif fr√©quent sur tissus et v√™tements. Il est toutefois rejet√© par l'ensemble des non-ind√©pendantistes et plus particuli√®rement par ceux issus de communaut√©s non m√©lan√©siennes.

Le drapeau est √† cinq couleurs (bleu, rouge, vert, jaune et noir). Il comprend trois bandes horizontales (de haut en bas : bleu, rouge et vert) surmont√©s d'un cercle jaune l√©g√®rement d√©cal√© sur la gauche et comportant en son centre, en ombre chinoise, une fl√®che fa√ģti√®re de case traditionnelle kanak perc√©e d'une toutoute. Sa symbolique est ainsi expliqu√©e par Jean-Marie Tjibaou[7] :

  • ¬ę Vert qui symbolise la terre, les anc√™tres, la richesse du sol et l'espoir ¬Ľ,
  • ¬ę Rouge qui symbolise le sang vers√© dans la lutte, le socialisme et l'unit√© du peuple ¬Ľ,
  • ¬ę Bleu qui symbolise le ciel et le Pacifique environnant ¬Ľ,

En outre, Jean-Marie Tjibaou tenait à ce que les couleurs initiales de la révolution française restent présentes (à l'exception du "blanc monarchique") "en rappel du peuple qui se soulève contre l'oppresseur et de la déclaration des droits de l'homme" (discours du 5 décembre 1984).

  • ¬ę Et le Soleil, sur lequel s'inscrit en noir la Case avec la fl√®che fa√ģti√®re et son Toutoute ¬Ľ. La fl√®che fa√ģti√®re √† toutoute stylis√©e est un symbole largement r√©utilis√© notamment dans des embl√®mes de collectivit√©s locales contr√īl√©es par les ind√©pendantistes et majoritairement peupl√©es de Kanak : elle figure ainsi sur les pavillons des Provinces Nord et √éles Loyaut√©, mais aussi dans le blason de la Nouvelle-Cal√©donie. Elle repr√©sente le ¬ę fr√®re a√ģn√© ¬Ľ, √† savoir le chef de clan, ou, aux √éles Loyaut√©, le grand chef du district, et est donc devenu le symbole de l'organisation clanique et coutumi√®re kanak[8],[9],[10].

Références

Liens internes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Kanaky de Wikipédia en français (auteurs)

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