Juno (sonde spatiale)

ÔĽŅ
Juno (sonde spatiale)
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Juno.

Juno

Accéder aux informations sur cette image commentée ci-après.

Vue d’artiste de la sonde Juno (Jupiter est en arrière-plan).

Caractéristiques
Organisation NASA
Domaine √Čtude de la plan√®te Jupiter
Type de mission Orbiteur
Masse 3 625 kg
Lancement 5 ao√Ľt 2011 √† 16 h 25 UTC
Lanceur Atlas V 551
Fin de mission octobre 2017
Satellite de Jupiter
Insertion en orbite ao√Ľt 2016
Propulsion Ergols liquides
Source énergie Panneaux solaires
Puissance √©lectrique 428 W (orbite de Jupiter)
Orbite polaire
Programme New Frontiers
Index NSSDC 2011-040A
Site Site NASA
Principaux instruments
MWR Radiomètre à micro-ondes
MAG Magnétomètre fluxgate
JIRAM Spectromètre imageur
JADE et JEDI Analyseurs de particules
WAVES √Čtude ondes de plasma/radio
UVS Spectrographe ultraviolet
GS Radio gravitation

Juno[N 1] est une mission spatiale de la NASA, qui a pour objectif l‚Äô√©tude de la plan√®te Jupiter. La structure de cette plan√®te gazeuse g√©ante et son mode de formation restent, au lancement de la mission, largement inconnus malgr√© plusieurs missions spatiales et les observations astronomiques faites depuis la Terre. La sonde spatiale lanc√©e en 2011 doit collecter sur place des donn√©es sur les couches internes de Jupiter, la composition de son atmosph√®re et les caract√©ristiques de sa magn√©tosph√®re. Ces √©l√©ments doivent permettre de reconstituer la mani√®re dont Jupiter s'est form√©e et de corriger ou d'affiner le sc√©nario de formation des plan√®tes du syst√®me solaire dans lequel Jupiter a, du fait de sa masse importante, jou√© un r√īle majeur.

La sonde spatiale a √©t√© lanc√©e par une fus√©e Atlas V le 5 ao√Ľt 2011. Deux ans apr√®s son lancement, Juno effectuera un survol √† basse altitude de la Terre qui, par assistance gravitationnelle, lui fournira le surcroit de vitesse n√©cessaire pour atteindre Jupiter. La phase scientifique de la mission d√©butera apr√®s la mise en orbite autour de Jupiter pr√©vue en 2016. Juno doit r√©aliser ses observations √† partir d'une orbite polaire tr√®s elliptique de 11 jours qui fait passer la sonde √† tr√®s basse altitude au-dessus de la plan√®te de p√īle en p√īle en √©vitant en grande partie la ceinture de radiations tr√®s intense susceptible de l'endommager. La mission doit durer une ann√©e au cours de laquelle Juno r√©alisera 32 survols de la plan√®te.

Juno emporte huit instruments scientifiques dont deux spectrom√®tres, un radiom√®tre, un magn√©tom√®tre et un ensemble d'instruments d√©di√©s √† l'√©tude des p√īles de Jupiter. Juno est la premi√®re sonde spatiale √† destination d'une plan√®te ext√©rieure qui utilise des panneaux solaires au lieu de g√©n√©rateurs thermo√©lectriques √† radioisotope (RTG). Juno est la deuxi√®me mission du programme New Frontiers qui regroupe des missions d'exploration du syst√®me solaire n√©cessitant un budget moyen. Son co√Ľt total est de 1,1 milliard de dollars.

Sommaire

Contexte

Jupiter photographiée par la sonde Cassini.

Jupiter

Jupiter est la plus grosse des plan√®tes du syst√®me solaire avec une masse qui repr√©sente deux fois et demi celle de l'ensemble des autres plan√®tes et un diam√®tre qui est plus de 11 fois celui de la Terre (environ 138 000 km). Elle fait partie des plan√®tes externes du syst√®me solaire comme Saturne, Uranus et Neptune et est √©galement une plan√®te gazeuse g√©ante. Jupiter est compos√©e essentiellement d'hydrog√®ne et d'h√©lium[N 2], comme le Soleil, avec sans doute un noyau central rocheux d'une masse √©quivalente √† dix fois celle de la Terre. La plan√®te tourne sur elle-m√™me en un peu moins de 10 heures. Situ√©e √† 5,2 unit√©s astronomiques du Soleil, elle boucle son orbite autour du Soleil en 11,9 ann√©es terrestres. Jupiter d√©gage plus de chaleur qu'elle n'en re√ßoit du Soleil. Celle-ci est g√©n√©r√©e par le m√©canisme de Kelvin-Helmholtz : le refroidissement de la plan√®te entra√ģne une lente contraction de celle-ci qui g√©n√®re en retour un √©chauffement localis√© dans son cŇďur. Cette chaleur est transport√©e par convection jusqu'√† la surface de la plan√®te et est sans doute responsable des mouvements complexes et violents agitant l'atmosph√®re de Jupiter. Celle-ci, d'une √©paisseur de 5 000 km, est form√©e de 3 couches : jusqu'√† 100 km de profondeur, des nuages de glace d'ammoniac, vers 120 km, des nuages d'hydrog√©nosulfure d'ammonium et √† partir de 150 km de profondeur, des nuages d'eau et de glace. √Ä une profondeur plus importante, l'hydrog√®ne soumis √† une pression √©norme se transforme en hydrog√®ne m√©tallique qui conduit l'√©lectricit√© comme un m√©tal. Les mouvements au sein de ce liquide m√©tallique sont sans doute √† l'origine du champ magn√©tique intense de la plan√®te, onze fois sup√©rieur √† celui de la Terre qui pi√®ge les √©lectrons et les ions cr√©ant une ceinture de radiations particuli√®rement puissante. La magn√©tosph√®re de Jupiter, c'est-√†-dire la zone de l'espace plac√©e sous l'influence de ce champ magn√©tique, s'√©tend jusqu'√† 3 millions de kilom√®tres dans la direction du Soleil et jusqu'√† 1 milliard de kilom√®tres dans la direction oppos√©e. Jupiter comprend 64 lunes. Les quatre principales Io, Europe, Ganym√®de et Callisto figurent parmi les plus grosses lunes du syst√®me solaire et pr√©sentent des caract√©ristiques remarquables : activit√© volcanique intense dans le cas de Io, pr√©sence suppos√©e d'oc√©ans compos√©s d'eau liquide en-dessous de la surface pour les autres. Jupiter, du fait de sa masse, a jou√© un r√īle tr√®s important dans le processus de formation des autres plan√®tes du syst√®me solaire et donc de la Terre, en agissant notamment sur leurs orbites et en contribuant √† nettoyer progressivement le syst√®me solaire des corps c√©lestes mineurs susceptibles de les percuter[1],[2].

L'exploration spatiale de Jupiter de 1973 à nos jours

Galileo est la seule sonde spatiale à s'être placée en orbite autour de Jupiter.

L'exploration spatiale de Jupiter d√©bute tardivement car l'envoi d'une sonde spatiale vers cette plan√®te, situ√©e √† 5 unit√©s astronomiques du Soleil, n√©cessite le recours √† une fus√©e puissante[N 3] : il faut en effet acc√©l√©rer un vaisseau √† une vitesse de 16 km/s au d√©part de la Terre pour que celui-ci atteigne la plan√®te m√™me si le recours √† l'assistance gravitationnelle peut permettre de r√©duire cette vitesse d'injection. Aussi, l'exploration des plan√®tes ext√©rieures, dont fait partie Jupiter, ne d√©bute qu'en 1973, alors que les plan√®tes int√©rieures[N 4] ont d√©j√† re√ßu √† l'√©poque la visite de plusieurs dizaines de sondes spatiales. Plusieurs engins spatiaux vont survoler Jupiter par la suite mais seule Galileo effectuera un s√©jour prolong√© apr√®s s'√™tre mise en orbite autour de la plan√®te.

La premi√®re sonde √† approcher Jupiter est Pioneer 10 qui passe √† une distance de 130 000 km de la plan√®te le 3 d√©cembre 1973 et d√©couvre sa ceinture de radiations[3],[4]. Pioneer 11 survole √† son tour Jupiter en 1974. Malgr√© leur instrumentation tr√®s simple, les deux sondes r√©v√®lent la complexit√© de l'atmosph√®re de Jupiter, fournissent des images d'une tr√®s grande qualit√© ainsi que les premi√®res donn√©es sur la magn√©tosph√®re de la plan√®te. Les sondes Voyager 1 et 2, dot√©es d'une instrumentation scientifique beaucoup plus importante, effectuent leur survol de la plan√®te en 1979. Elles d√©couvrent les anneaux t√©nus qui entourent Jupiter, plusieurs lunes nouvelles ainsi que l'activit√© volcanique √† la surface de Io[3],[5]. Ulysses en 1992 √©tudie la magn√©tosph√®re de Jupiter[6]. La sonde Galileo est le seul engin √† avoir orbit√© autour de Jupiter. Elle atteint Jupiter en d√©cembre 1995 et entame alors une mission d'exploration d'une dur√©e de 8 ans. Malgr√© une antenne parabolique grand gain d√©fectueuse affectant fortement la quantit√© de donn√©es pouvant √™tre transmise, Galileo parvient √† transmettre des informations sur l'ensemble du syst√®me jupit√©rien. Au d√©but de sa mission scientifique Galileo l√Ęche une petite sonde atmosph√©rique qui p√©n√®tre l'atmosph√®re de Jupiter et fournit la composition √©l√©mentaire des couches sup√©rieures de celle-ci avant d'√™tre √©cras√©e par la pression. Les donn√©es recueillies remettent en cause une partie des th√©ories admises sur le processus de formation des plan√®tes du syst√®me solaire[7]. En d√©cembre 2000, la sonde Cassini, en route pour Saturne, survole Jupiter : elle prend des images √† haute r√©solution de la plan√®te et en coordination avec la sonde Galileo √©tudie sa magn√©tosph√®re tr√®s √©tendue ainsi que ses interactions avec le vent solaire. L'intensit√© de la ceinture de radiations est mesur√©e avec plus de pr√©cision et se r√©v√®le beaucoup plus √©lev√©e que pr√©vu. Ces informations sont utilis√©es pour dimensionner les protections de la sonde Juno[8]. Avant Juno, la sonde New Horizons est la derni√®re √† survoler Jupiter le 28 f√©vrier 2007[9]. La sonde observe des √©clairs aux p√īles, la cr√©ation de nuages d'ammoniac et √©tudie la circulation des particules charg√©es dans la queue magn√©tique de la plan√®te[10].

Un scénario de formation mal défini

Sch√©ma 1 : hypoth√®ses et interrogations en 2011 sur la structure interne de Jupiter.

La sonde atmosph√©rique lanc√©e par Galileo dans l'atmosph√®re de Jupiter a relev√© des proportions d'√©l√©ments chimiques qui remettent en question les hypoth√®ses sur la formation de la plan√®te et en cons√©quence les th√©ories √©tablies sur les origines et l'√©volution du syst√®me solaire[11] :

  • Jupiter semble pauvre en eau alors que selon les th√©ories en vigueur celle-ci est consid√©r√©e comme un m√©dium indispensable pour l'incorporation des √©l√©ments lourds lors de la formation des plan√®tes du syst√®me solaire externe dont fait partie Jupiter. Or ces √©l√©ments abondent sur Jupiter. La r√©ponse qui sera apport√©e √† cette question aura des r√©percussions sur le sc√©nario de formation des plan√®tes aux caract√©ristiques proches de celles de la Terre.
  • Deux sc√©narios s'affrontent sur la mani√®re dont la plan√®te Jupiter s'est form√©e : selon le premier sc√©nario, la plan√®te s'est form√©e en deux temps ‚Äď accr√©tion de mat√©riaux situ√©s dans son voisinage jusqu'√† former un noyau solide repr√©sentant une dizaine de masses terrestres puis effondrement gravitationnel de la masse de gaz et de poussi√®re entourant la plan√®te ; le deuxi√®me sc√©nario repose sur le seul effondrement gravitationnel d'un nuage de poussi√®res et de gaz mais n√©cessite la pr√©sence d'une n√©buleuse originelle de plus grande taille que celle retenue dans les sc√©narios de formation du syst√®me solaire. La confirmation de la pr√©sence d'un noyau solide au cŇďur de Jupiter et la d√©termination de sa composition pourraient permettre de trancher.

Objectifs de la mission

Juno a pour objectif principal de reconstituer l'histoire de la formation de Jupiter et son √©volution. Compte tenu du r√īle jou√© par la plan√®te g√©ante dans la formation du syst√®me solaire, les √©l√©ments obtenus doivent permettre d'affiner les th√©ories dans ce domaine et de mieux comprendre les syst√®mes plan√©taires d√©couverts autour d'autres √©toiles[12]. Malgr√© les donn√©es recueillies par les astronomes et les sondes spatiales qui ont pr√©c√©d√© Juno, √† la date de lancement de la sonde, Jupiter reste une plan√®te mal connue (sch√©ma 1)[12]. Juno, plac√© sur une orbite elliptique autour de Jupiter, doit permettre d'effectuer des observations permettant de r√©pondre aux points suivants[13],[14] :

  • son mode de formation ;
  • la proportion d'eau et d'oxyg√®ne pr√©sente ;
  • sa structure interne ;
  • la mani√®re dont les diff√©rentes strates de la plan√®te se d√©placent les unes par rapport aux autres ;
  • la pr√©sence d'un noyau solide et sa taille ;
  • la mani√®re dont le champ magn√©tique est g√©n√©r√© ;
  • la relation existant entre les d√©placements des couches atmosph√©riques et les mouvements internes de la plan√®te ;
  • les m√©canismes √† l'origine des aurores polaires ;
  • les caract√©ristiques des zones polaires.

La sonde doit rechercher des informations sur plusieurs th√®mes importants :

La composition de l'atmosphère
Les aurores polaires de Jupiter sont permanentes et s'étendent jusqu'aux lunes de la planète.

La composition de l'atmosphère fournit des indices sur la genèse de Jupiter et peut permettre de déterminer si les planètes ont pu changer d'orbite au cours de leur processus de formation. Juno doit sonder l'atmosphère jusqu'aux couches soumises à une pression de 100 bars en utilisant des émetteurs micro-ondes qui permettront de dresser une carte tridimensionnelle de l'abondance en ammoniac et en eau[15],[14].

La structure de l'atmosphère

Juno doit √©tudier les variations qui se produisent dans les couches profondes de l'atmosph√®re de Jupiter et leurs incidences sur la m√©t√©orologie, les temp√©ratures, la composition, l'opacit√© des nuages et la dynamique atmosph√©rique. Gr√Ęce √† la repr√©sentation tridimensionnelle fournie par l'instrumentation, les donn√©es recueillies permettront peut-√™tre de d√©finir si la dynamique atmosph√©rique s'√©tend jusqu'aux couches o√Ļ la pression atteint 200 bars ou si elle ne concerne que les strates superficielles jusqu'√† une pression de 6 bars[16],[14].

Le champ magnétique

La sonde doit dresser une carte détaillée du champ magnétique situé à l'intérieur de la planète et dans l'espace environnant ainsi que ses variations. Ces données fourniront en retour des informations sur sa structure interne et sur les mécanismes de la dynamo qui génèrent ce champ[14].

La magn√©tosph√®re au niveau des p√īles
Sch√©ma 2 : la magn√©tosph√®re de Jupiter.

Juno doit dresser une carte en trois dimensions de la magn√©tosph√®re de Jupiter au niveau des p√īles et des aurores, les plus puissantes du syst√®me solaire, qui sont cr√©√©es par les particules charg√©es captur√©es par le champ magn√©tique p√©n√©trant dans l'atmosph√®re. Les instruments qui √©quipent la sonde doivent permettre simultan√©ment d'obtenir les caract√©ristiques des particules charg√©es et des champs magn√©tiques pr√®s des p√īles tout en effectuant des observations des aurores dans l'ultraviolet. Ces observations doivent permettre d'am√©liorer notre compr√©hension de ces ph√©nom√®nes et de ceux engendr√©s par des objets dot√©s de champs magn√©tiques similaires, comme les jeunes √©toiles poss√©dant leur propre syst√®me plan√©taire[17].

Le champ de gravité

En étudiant les variations du champ de gravité de Jupiter, la sonde Juno fournira des indications sur la distribution des masses à l'intérieur de la planète, l'incidence sur la planète du déplacement de son atmosphère et du mouvement de marée généré par les lunes[15],[14].

Déroulement prévisionnel de la mission

Transit vers Jupiter et insertion en orbite (2011-2016)

Sch√©ma 3 : le transit de Juno vers Jupiter.

La sonde Juno est lanc√©e par une fus√©e Atlas V 551, la version la plus puissante du lanceur. La fus√©e place la sonde sur une orbite elliptique dont l'apog√©e se situe √† l'ext√©rieur de l'orbite de la plan√®te Mars. Alors que la sonde a boucl√© la moiti√© de son orbite, deux manŇďuvres (Deep Space Maneuver ou DSM) destin√©es √† modifier sa trajectoire sont r√©alis√©es √† quelques jours d'intervalle vers le 28-30 septembre 2012 : le propulseur principal est mis √† feu √† deux reprises durant 33 minutes ce qui modifie sa vitesse de plus de 800 m/s. Sa nouvelle orbite lui permet de raser la Terre √† basse altitude (800 km) environ deux ans apr√®s son lancement le 9 octobre 2013 ; l'assistance gravitationnelle de la Terre acc√©l√®re la sonde de 7,3 km/s ce qui la place sur une orbite de transfert lui permettant d'atteindre Jupiter[18],[19],[20].

Le transit vers Jupiter dure plus de deux ans et demi. La propulsion principale est utilis√©e √† une dizaine de reprises avant et apr√®s le survol de la Terre pour effectuer de petites corrections de trajectoire. Six mois avant l'arriv√©e, vers janvier 2016, le fonctionnement des instruments est v√©rifi√©, ceux-ci sont calibr√©s. Les premi√®res observations scientifiques sur le champ magn√©tique et les particules sont effectu√©es lorsque l'interface entre le vent solaire et la magn√©tosph√®re de Jupiter est atteinte quelques semaines avant l'arriv√©e √† proximit√© de Jupiter. Lorsque la sonde aborde la plan√®te g√©ante d√©but juillet 2016, un peu plus de cinq ans s'est √©coul√© depuis le lancement (sch√©ma 3). La sonde se place sur son orbite finale en deux temps pour √©conomiser du carburant. La premi√®re manŇďuvre de r√©duction de vitesse (Jupiter Orbit Insertion ou JOI) est r√©alis√©e en faisant fonctionner le propulseur principal durant 30 minutes ; elle permet d'ins√©rer la sonde sur une orbite de 78 jours autour de Jupiter. Cette orbite est modifi√©e 106 jours plus tard en utilisant √† nouveau le propulseur principal durant 38 minutes (Period reduction maneuver ou PRM) ce qui ram√®ne l'orbite de la sonde √† 11 jours. Une derni√®re manŇďuvre de correction est effectu√©e 7,6 jours plus tard pour parfaire l'orbite sur laquelle la sonde va travailler[21],[22],[23].

Les caractéristiques de l'orbite de travail

Pour pouvoir recueillir les donn√©es scientifiques n√©cessaires √† l'atteinte de ses objectifs, la sonde doit passer au plus pr√®s de Jupiter ce qui lui permet d'utiliser ses instruments √† faible distance de la plan√®te en particulier d'effectuer des mesures in situ de l'aurore (sch√©ma 5). Mais en s'approchant autant de Jupiter, elle traverse la ceinture de radiations cr√©√©es par le champ magn√©tique de la plan√®te g√©ante qui prend la forme d'un tore entourant Jupiter au niveau de l'√©quateur et dont l'intensit√© exceptionnelle constitue un risque de dysfonctionnement des appareils √©lectronique qui √©quipent la sonde. Pour limiter les d√©g√Ęts la sonde est plac√©e sur une orbite dont l'excentricit√©, l'argument du p√©riastre ainsi que la faible altitude au p√©rig√©e lui permettent de contourner en grande partie la ceinture de radiations : Juno se glisse sous celle-ci lorsque la sonde longe Jupiter et passe √† l'ext√©rieur de la ceinture lorsqu'elle s'√©loigne de Jupiter (sch√©ma 6). Sur cette orbite polaire, dont l'inclinaison est de 90¬į, la sonde plonge √† l'approche de Jupiter, pratiquement √† la verticale vers son p√īle Nord, survole √† tr√®s basse altitude (entre 4 200 et 5 200 km) la couche nuageuse de Jupiter jusqu'au p√īle sud, puis s'√©loigne de Jupiter initialement dans le prolongement de ce p√īle pour rejoindre son apog√©e situ√©e √† 39 rayons jupit√©riens de la plan√®te (environ 2,8 millions de kilom√®tres) √† peu pr√®s dans le plan de l'√©quateur. Au cours de sa mission scientifique d'une dur√©e d'un an, la sonde va parcourir 32 fois cette orbite. Celle-ci se d√©forme progressivement au fil du temps, du fait de la forme l√©g√®rement aplatie de Jupiter. La ligne des apsides s'incline progressivement et le temps de s√©jour de la sonde dans la ceinture de radiations s'allonge √† chaque orbite[24] (sch√©ma 6) : 25 % de la dose totale de rayonnement ionisant que subit la sonde durant sa mission est ainsi re√ßue durant les quatre derni√®res orbites autour de Jupiter. L'√©lectronique de la sonde est confront√©e √† un risque croissant de panne et la mission est volontairement arr√™t√©e √† ce stade avant que Juno ne devienne incontr√īlable. Au cours de sa 33e orbite vers la mi-novembre, la propulsion de la sonde est allum√©e une derni√®re fois pour r√©duire sa vitesse ce qui diminue l'altitude de son orbite au p√©rig√©e lorsqu'elle survole √† basse altitude Jupiter. Quelques jours plus tard Juno p√©n√®tre dans l'atmosph√®re de Jupiter o√Ļ elle est d√©truite par la pression et la temp√©rature[25],[26].

La collecte des données scientifiques

Sch√©ma 6 : l'orbite de Juno permet √† la sonde d'√©viter en grande partie la ceinture de radiations (repr√©sent√©e par la zone color√©e de part et d'autre de la plan√®te (intensit√© croissante de bleu √† rouge) mais la rotation de la ligne des apsides de l'orbite l'expose de plus en plus au fur et √† mesure du d√©roulement de la mission.

Au cours de chaque orbite de 11 jours, la phase de collecte de donn√©es scientifiques, qui se d√©roule durant le survol rapproch√© de la plan√®te, dure six heures. Les donn√©es recueillies sont transmises durant les dix jours suivant le passage √† proximit√© de Jupiter : six vacations d√©di√©es aux t√©l√©communications d'une dur√©e de quelques heures sont planifi√©es pour transmettre les 2 √† 3 gigabits de donn√©es scientifiques de chaque orbite. Tout au long de son orbite, les panneaux solaires et l'antenne grand gain font face √† la fois √† la Terre et au Soleil, tr√®s proches l'un de l'autre vus de Jupiter[27].

Les deux premi√®res orbites sont destin√©es √† parfaire la trajectoire de la sonde et √† pr√©parer la phase suivante. La sonde va utiliser successivement deux types d'orientation pour r√©pondre aux contraintes incompatibles de deux de ses instruments (sch√©ma 4). Durant les orbites 1, 3, 4, 5 et 6, la sonde utilise le radiom√®tre √† micro-ondes pour sonder l'atmosph√®re, ce qui impose que les antennes situ√©es sur les flancs de la sonde soient parall√®les √† la surface de Jupiter. Avec cette orientation l'antenne parabolique n'est plus point√©e vers la Terre et la mesure de la gravit√© de Jupiter qui utilise les √©changes radio entre la Terre et la sonde (exp√©rience de radio-gravit√©) est d√©sactiv√©e. Pour les autres orbites, la sonde est orient√©e de mani√®re √† maintenir l'antenne principale point√©e vers la Terre ce qui permet la r√©alisation des mesures de radio gravit√© tandis que le radiom√®tre et la cam√©ra infrarouge JIRAM sont d√©sactiv√©s. Tous les autres instruments fonctionnent durant les deux phases. L'orbite est par ailleurs calcul√©e pour que la sonde balaye √† chaque passage une longitude situ√©e √† exactement 24 ¬į de la pr√©c√©dente afin de dresser une cartographie pr√©cise du champ magn√©tique. La trajectoire de la sonde est ajust√©e par une manŇďuvre au d√©but de la 16e orbite pour d√©caler de 12 ¬į la longitude, ce qui permet d'obtenir √† l'issue de la mission un relev√© du champ magn√©tique tous les 12 degr√©s. La 32e orbite est r√©serv√©e √† des mesures compl√©mentaires au cas o√Ļ celles-ci s'av√®reraient n√©cessaires. Une fois celle-ci boucl√©e la sonde utilise ses moteurs pour quitter son orbite et plonger vers l'int√©rieur de Jupiter : elle est ainsi d√©truite afin d'√©viter tout risque de contamination post√©rieure des lunes de Jupiter par des micro-organismes qui auraient pu √™tre emport√©s par la sonde[28],[26].

Caractéristiques de la sonde Juno

Juno en cours d'assemblage : l'adaptateur est situ√© au milieu du pont inf√©rieur au centre duquel se trouve le propulseur principal et √† l'oppos√© l'antenne grand gain. Les antennes du radiom√®tre sont sur le flanc non recouvert de panneaux solaires.

Juno est une sonde spatiale d'une masse de 3 625 kg dont 2 025 kg d'ergols utilis√©s essentiellement pour les corrections de trajectoire et l'insertion en orbite autour de Jupiter et environ 170 kg de charge utile r√©partis entre 8 instruments scientifiques. La sonde est stabilis√©e par rotation (spinn√©e) et les instruments sont fixes. Les composants les plus sensibles sont plac√©s dans un compartiment blind√© pour les prot√©ger lorsque l'orbite de la sonde autour de Jupiter coupe la ceinture de radiations. L'√©nergie est fournie par des panneaux solaires qui remplacent les g√©n√©rateurs thermo√©lectriques √† radioisotope (RTG) habituellement utilis√©s pour les sondes √† destination des plan√®tes externes. Compar√© √† Galileo, le seul orbiteur qui ait pr√©c√©d√© Juno est un engin moins co√Ľteux mais beaucoup moins sophistiqu√© ; Galileo, d'une masse de 2,8 tonnes, emportait 16 instruments scientifiques dont certains mont√©s sur une plateforme stabilis√©e et d'autres sur une sonde atmosph√©rique qui, apr√®s s'√™tre s√©par√©e du vaisseau principal, s'est enfonc√©e dans l'atmosph√®re de Jupiter pour en faire l'analyse[29].

Architecture générale

Juno est compos√©e d'un corps central form√© d'un caisson de forme hexagonale encadr√© par un pont sup√©rieur et un pont inf√©rieur. Le caisson contient les six r√©servoirs de carburant de forme sph√©rique et le propulseur principal. Ce dernier d√©bouche au centre du pont inf√©rieur au milieu de l'adaptateur qui solidarise la sonde avec son lanceur. Les cloisons sont r√©alis√©es en mat√©riau composite carbone sur une structure en nid d'abeilles. Le pont sup√©rieur est surmont√© par un compartiment blind√© cubique de taille nettement plus r√©duite (1 m√®tre de c√īt√©) dans lequel est enferm√© l'√©lectronique sensible aux radiations. Des colonnes verticales situ√©es sur les ponts inf√©rieur et sup√©rieur servent de support aux groupes propulseurs charg√©s du contr√īle d'orientation. L'ensemble mesure 3,5 m√®tres de haut pour 3,5 m√®tres de diam√®tre. Les panneaux solaires sont regroup√©s en 3 ailes repliables qui s'articulent sur le corps central. Une fois d√©ploy√©s, ils offrent une envergure de 20 m√®tres √† la sonde. L'armoire blind√©e est elle-m√™me surmont√©e par une antenne parabolique √† grand gain de 2,5 m√®tres de diam√®tre qui assure les communications √† haut d√©bit avec les stations sur Terre. Pour pouvoir communiquer dans toutes les configurations de vol, la sonde dispose √©galement sur le pont sup√©rieur d'une antenne √† moyen gain et d'une antenne √† faible gain et sur le pont inf√©rieur d'une antenne √† faible gain toro√Įdale. L'emplacement des capteurs des instruments scientifiques, qui sont tous fixes, r√©pond √† plusieurs contraintes. Ils sont dispos√©s de mani√®re √† pouvoir effectuer des observations dans des conditions optimales compte tenu de l'orientation de la sonde et de son axe de rotation. Cinq des instruments sont situ√©s sur le pourtour du pont sup√©rieur ou du pont inf√©rieur. Les longues antennes WAVES sont fix√©es sur le pont inf√©rieur. Les capteurs du magn√©tom√®tre sont plac√©s √† l'extr√©mit√© d'une des ailes pour que les mesures ne soient pas perturb√©es par l'√©lectronique tandis que les antennes plates du radiom√®tre occupent deux des six flancs du corps central de la sonde. Leur taille est une des contraintes importantes qui ont d√Ľ √™tre prises en compte dans le dimensionnement de la sonde. La plus grande partie de l'√©lectronique permettant aux instruments scientifiques de fonctionner est confin√©e dans le compartiment blind√© o√Ļ se trouvent notamment les calculateurs et les centrales √† inertie[25],[30].

Télécommunications

L'antenne parabolique grand gain en cours d'assemblage avec le corps de la sonde.

La sonde Juno dispose de plusieurs antennes pour communiquer avec les stations de r√©ception sur Terre dans les diff√©rentes orientations adopt√©es durant la mission. Les √©changes de donn√©es passent essentiellement par l'antenne parabolique grand gain (HGA) de 2,5 m√®tres de diam√®tre dont le d√©bit est le plus important. Celle-ci n'est pas orientable et son axe est align√© avec la normale aux panneaux solaires. L'antenne principale transmet l'ensemble des donn√©es scientifiques recueillies mais joue √©galement un r√īle scientifique important : elle est utilis√©e pour l'exp√©rience de radio gravit√© qui doit permettre de fournir des informations sur la structure de la plan√®te. L'antenne moyen gain (MGA) tourn√©e vers l'avant comme l'antenne grand gain n√©cessite un pointage vers la Terre moins fin que celle-ci et peut √™tre utilis√©e lorsque l'antenne principale ne peut pas √™tre orient√©e avec suffisamment de pr√©cision vers la Terre ; c'est le cas notamment durant une partie du transit entre la Terre et Jupiter lorsque l'orientation des panneaux solaires vers le Soleil est privil√©gi√©e par rapport au pointage de l'antenne principale. Les deux antennes faible gain (LGA) l'une tourn√©e vers l'avant, l'autre vers l'arri√®re n√©cessitent un pointage tr√®s grossier mais en contrepartie disposent d'un d√©bit tr√®s faible. Ces antennes sont utilis√©es lorsque la sonde entre en mode de survie (safe mode) pour qu'une liaison minimale puisse √™tre √©tablie avec les √©quipes sur la Terre[N 5]. L'antenne moyen gain toro√Įdale (Toroidal Low Gain Antenna ou TLGA) est tourn√©e vers l'arri√®re et √©met un signal qui couvre les angles morts des antennes faible gain sur les c√īt√©s de la sonde. Elle joue un r√īle crucial durant les manŇďuvres de correction de trajectoire et d'insertion en orbite autour de Jupiter. La sonde utilise pour communiquer avec la Terre les bandes Ka et X. Le d√©bit descendant (de la sonde vers la Terre) est de 40 kilobits par seconde durant une partie du transit et de 18 kilobits par seconde durant la phase scientifique de la mission. Le d√©bit ascendant est au maximum de 2 kilobits par seconde. Les antennes de 70 m√®tres de diam√®tre du Deep Space Network sont utilis√©es ponctuellement durant les manŇďuvres critiques mais l'essentiel des donn√©es passe par les antennes de 34 m√®tres. Le volume de donn√©es √† transf√©rer est d'environ 2,3 gigabits √† chaque orbite[14],[31],[32].

Contr√īle d'attitude

Juno est stabilis√©e par rotation (spinn√©e) autour de son axe vertical qui est constamment point√© vers le Soleil. Cette solution a √©t√© pr√©f√©r√©e √† une stabilisation 3 axes (orientation fixe) pour deux raisons : d'une part elle permet de r√©duire la consommation de l'√©nergie √©lectrique peu abondante en supprimant le recours aux roues de r√©action pour contr√īler l'orientation[N 6] ; d'autre part elle simplifie la mise en Ňďuvre des instruments de mesure de champ (magn√©tom√®tre, WAVES) et de particules (JADE, JEDI) qui peuvent ainsi effectuer leurs observations dans toutes les directions. Les instruments d'observation √† distance comme le radiom√®tre ou les spectrom√®tres UVS et JIRAM, sont entrain√©s par le mouvement de la sonde contrairement √† ce qui avait √©t√© retenu pour la sonde Galileo[N 7]. Les inconv√©nients pour ces instruments ont √©t√© jug√©s mineurs. La vitesse de rotation de la sonde prend plusieurs valeurs : 1 tour par minute durant le transit entre la Terre et Jupiter, 5 tours par minute durant les manŇďuvres de correction de trajectoire, 2 tours par minute lorsque les instruments scientifiques fonctionnent √† proximit√© de Jupiter. Les instruments scientifiques sont plac√©s √† la p√©riph√©rie du corps de la sonde de mani√®re √† balayer la plan√®te √† chaque rotation. Durant le survol rapproch√© de Jupiter, il est n√©cessaire de connaitre la position pr√©cise de la sonde, pour la pr√©cision des relev√©s. Des senseurs stellaires ont d√Ľ √™tre d√©velopp√©s sp√©cifiquement pour fonctionner malgr√© la rotation de la sonde tout en r√©sistant aux radiations √† forte √©nergie que subit la sonde durant une partie de sa trajectoire[21].

Sch√©ma 7 : diagramme de Juno.

Calculateur et logiciels embarqués

Le calculateur utilise un microprocesseur RAD750 disposant d'une mémoire de masse de 250 mégaoctets au format flash et de 128 mégaoctets de mémoire vive de type DDR. Théoriquement il peut traiter jusqu'à 100 millions de bits par seconde de données scientifiques[33]. Un signal envoyé depuis la Terre met 45 minutes pour parvenir à Juno. En conséquence le logiciel qui pilote le fonctionnement de la sonde est conçu pour que celle-ci puisse enchainer les opérations de manière complètement autonome. Les logiciels qui commandent les instruments scientifiques sont complètement séparés du logiciel de la plateforme pour éviter tout risque de corruption de l'un par l'autre. Ces logiciels peuvent être actualisés par téléchargement depuis la Terre[34].

√Čnergie √©lectrique

Les panneaux solaires d'une des trois ¬ę ailes ¬Ľ de Juno en cours de tests.

La plan√®te Jupiter est cinq fois plus √©loign√©e que la Terre du Soleil et la sonde Juno re√ßoit, lorsqu'elle orbite autour de Jupiter, 2 √† 3 % de l'√©nergie solaire dont elle dispose au niveau de l'orbite terrestre. Pour cette raison les sondes lanc√©es vers Jupiter et au-del√† ont jusqu'√† pr√©sent eu recours pour la fourniture d'√©nergie √† des g√©n√©rateurs thermo√©lectriques √† radioisotope (RTG) qui contrairement aux panneaux solaires ne d√©pendent pas de l'√©clairement. Juno est la premi√®re sonde √† utiliser des panneaux solaires. Plusieurs raisons sont invoqu√©es par la NASA : la mise en Ňďuvre des RTG est complexe et co√Ľteuse ; compte tenu du profil de son orbite, les besoins √©lectriques ne sont importants que durant 6 heures par p√©riode de 11 jours (dur√©e d'une orbite) ; les progr√®s de la technologie dans le domaine des cellules photovolta√Įques ont permis un gain de puissance de 50 % en 20 ans et les panneaux solaires sont plus r√©sistants aux radiations. En utilisant l'√©nergie solaire la NASA √©vite √©galement les protestations soulev√©es par le lancement des RTG contenant du plutonium qui pourrait retomber sur Terre en cas d'√©chec au lancement. Cependant, la NASA a planifi√© plusieurs autres projets utilisant des RTG[35].

Pour r√©pondre aux besoins g√©n√©r√©s par les instruments scientifiques, les t√©l√©communications et le maintien en fonctionnement de la sonde dans l'environnement froid de Jupiter, Juno dispose de 45 m2 de cellules solaires (surface totale des panneaux de 60 m2). Celles-ci sont r√©parties sur 3 ailes de 8,86 m√®tres de long form√©es chacune d'un petit panneau (2,02 √ó 2,36 m√®tres) et de 3 panneaux plus importants (2,64 √ó 2,64 m√®tres) articul√©s entre eux. Sur l'une des ailes, le panneau d'extr√©mit√© est remplac√© par le support du magn√©tom√®tre qui est ainsi plac√© √† distance de l'√©lectronique qui aurait pu fausser les mesures. Les panneaux sont d√©ploy√©s une fois la sonde plac√©e en orbite. L'√©nergie th√©orique fournie est de 15 000 W au niveau de l'orbite terrestre et de 428 W lorsque la sonde est en orbite autour de Jupiter[25]. La trajectoire et l'orientation de la sonde sont choisis pour que les panneaux solaires soient en permanence √©clair√©s avec une incidence perpendiculaire des rayons du Soleil. La seule p√©riode d'√©clipse se produit lors du survol de la Terre au cours duquel le Soleil est masqu√© durant 10 minutes. Deux batteries lithium-ion de 55 amp√®res-heures permettent de stocker l'√©nergie. L'angle des ailes avec le corps central de la sonde est r√©gl√© par un bras articul√© qui permet de le modifier l√©g√®rement pour compenser le d√©placement du centre de masse de la sonde apr√®s chaque utilisation du moteur principal[36],[33],[37].

Protection contre les radiations

Le compartiment blindé est le cube situé sur le pont supérieur de la sonde.

Juno, durant son s√©jour √† proximit√© de Jupiter, traverse √† chaque orbite la ceinture de radiations en forme de tore qui entoure Jupiter au niveau de l'√©quateur. Le rayonnement ionisant pr√©sent dans ces r√©gions est d√Ľ au pi√©geage et √† l'acc√©l√©ration des particules par le champ magn√©tique particuli√®rement puissant de la plan√®te. Les panneaux solaires, les plus expos√©s, seront soumis √† 100 millions de rad au cours de la dur√©e de la mission (environ une ann√©e terrestre)[N 8]. Ces radiations affectent le fonctionnement de l'√©lectronique. L'effet peut √™tre temporaire : par exemple une unit√© √©l√©mentaire de la m√©moire change d'√©tat (un bit passe de 0 √† 1) ce qui peut avoir des cons√©quences graves lorsque cette modification touche l'instruction d'un programme. Il peut y avoir √©galement d√©gradation permanente de composants par g√©n√©ration de paires √©lectrons-trous dans les couches isolantes, cr√©ant des courants parasites qui perturbent ou ne permettent plus le fonctionnement du composant. Les performances des panneaux solaires ou la qualit√© des √©l√©ments d'optique sont √©galement affect√©es. Pour tenir compte de ces effets, la sonde est con√ßue pour orbiter sur une trajectoire sp√©cifique avec une courte dur√©e dans la zone d'intense radiation.

Pour r√©duire les impacts nocifs de la ceinture de radiations de Jupiter, les sondes qui ont pr√©c√©d√© Juno se sont, soit tenues √©cart√©es de celle-ci, soit n'y ont effectu√© que de brefs s√©jours. La mission fix√©e √† la sonde Juno la contraint √† subir des expositions beaucoup plus longues. Pour limiter les co√Ľts, les concepteurs de Juno ont choisi d'utiliser des √©quipements √©lectroniques d√©j√† disponibles qui n'ont pas subi un durcissement leur permettant de supporter l'environnement particuli√®rement hostile de cette mission. Pour les prot√©ger des rayonnements intenses, les √©quipements les plus sensibles sont enferm√©s dans un coffre cubique blind√©e de pr√®s d'un m√®tre de c√īt√©. Chacune des six parois de ce compartiment est constitu√©e d'une plaque en titane √©paisse de 1 cm environ et d'une masse de 18 kg qui doit arr√™ter une partie du rayonnement[38]. Les √©quipements situ√©s √† l'int√©rieur du blindage ne devraient pas recevoir plus de 25 000 rad durant toute la mission. Les √©quipements situ√©s √† l'ext√©rieur du coffre blind√© disposent d'une protection locale qui est fonction de leur sensibilit√© aux radiations[25],[39].

Contr√īle thermique

La sonde subit des écarts thermiques importants au cours de sa mission avec une trajectoire qui s'approche à 0,8 unité astronomique (UA) du Soleil et se situe à environ 5 UA durant le séjour près de Jupiter. Pour protéger les composants sensibles de la sonde contre les températures extrêmes rencontrées, Juno utilise une combinaison de moyens passifs (couches d'isolants, peintures) et de moyens actifs (résistances, ouvertures à dimension variable). Lorsque la sonde est relativement proche du Soleil, l'antenne grand gain s'interpose entre celui-ci et le compartiment blindé qui renferme l'électronique sensible[40],[41].

Propulsion

La propulsion principale est assur√©e par un moteur-fus√©e biergol de 645 N de pouss√©e et 317 s d‚Äôimpulsion sp√©cifique qui consomme un m√©lange hypergolique d‚Äôhydrazine et de peroxyde d‚Äôazote. Ce propulseur de type Leros-1b est r√©serv√© aux principales corrections de trajectoire et est charg√© d‚Äôins√©rer Juno en orbite autour de Jupiter. La sonde dispose par ailleurs de quatre groupes de petits moteurs-fus√©es monergol consommant de l'hydrazine (Rocket Engine Module ou REM) constitu√©s chacun de deux propulseurs permettant de r√©aliser une pouss√©e transversale et un propulseur permettant d'effectuer une pouss√©e axiale. Deux REM sont plac√©s sur le pont sup√©rieur et deux sur le pont inf√©rieur. Les REM sont capables d'assurer toutes les corrections d'orbite et d'orientation post√©rieures √† l'insertion de Juno sur son orbite d√©finitive[42],[33].

La sonde et ses instruments scientifiques (vue d'artiste).

√Čquipements scientifiques

Sch√©ma 8 : les longueurs d'ondes des √©missions radio re√ßues par le radiom√®tre MWR refl√®tent les caract√©ristiques de l'atmosph√®re √† diff√©rentes profondeur (jusqu'√† 500 km de profondeur).
Les capteurs du magn√©tom√®tre sont install√©s au bout d'une des trois ¬ę ailes ¬Ľ, ici repli√©e, portant les panneaux solaires.
Cette vue d'artiste de la sonde permet de distinguer de gauche à droite, l'antenne grand gain qui coiffe le compartiment blindé, les antennes plates du radiomètre MWR sur le flanc du corps de la sonde et l'antenne en V de l'instrument WAVES.

Juno emporte huit ensembles d'instruments comprenant en tout 29 capteurs ainsi que la cam√©ra (JunoCam). Ces instruments comprennent un radiom√®tre √† micro-ondes (MWR) destin√© √† sonder les couches profondes de l'atmosph√®re de la plan√®te, un magn√©tom√®tre (MAG) charg√© de mesurer le champ magn√©tique interne et externe et une exp√©rience de mesure de la gravit√© par ondes radio (GS, Gravity Science) pour √©tablir la structure interne de Jupiter. Enfin cinq instruments sont plus particuli√®rement d√©di√©s √† l'√©tude de la magn√©tosph√®re et des aurores polaires : un spectrom√®tre infrarouge (JIRAM), un spectrom√®tre ultraviolet (UVS), un d√©tecteur d'ondes de plasma et d'ondes radio (WAVES) et les deux d√©tecteurs de particules √©nerg√©tiques JEDI et JADE[24].

Pour limiter les risques et les couts, tous les instruments sont fournis par des √©quipes qui peuvent s'appuyer sur des dispositifs embarqu√©s √† bord d'une des sondes suivantes : New Horizons, Mars Global Surveyor, Cassini ou Galileo. Mais la mission de Juno est exigeante en termes de performances et de conditions rencontr√©es ce qui a souvent impos√© de faire √©voluer les instruments existants. Ainsi le magn√©tom√®tre doit pouvoir mesurer un champ magn√©tique de 16 gauss soit deux ordres de magnitude au-dessus des instruments d√©velopp√©s auparavant ; tous les instruments doivent faire face √† des √©carts de temp√©rature li√©s √† la trajectoire de la sonde qui se trouve peu apr√®s son lancement √† 0,8 unit√© astronomique (UA) du Soleil et durant la phase de l'√©tude scientifique √† environ 5 UA[43].

Radiomètre MWR

Le radiom√®tre √† micro-ondes (Microwave Radiometer ou MWR) comporte 6 antennes mont√©es sur deux des flancs du corps hexagonal de la sonde. Celles-ci permettent d'effectuer des mesures des ondes √©lectromagn√©tiques √©mises sur autant de fr√©quences toutes situ√©es dans le domaine des micro-ondes : 600 MHz, 1,2 GHz, 2,4 GHz, 4,8 GHz, 9,6 GHz et 22 GHz. En effet les nuages dans les couches profondes de l'atmosph√®re jupit√©rienne √©mettent dans toutes les fr√©quences radio mais seules les fr√©quences micro-ondes parviennent √† traverser une grande √©paisseur d'atmosph√®re. Le radiom√®tre doit permettre de mesurer l'abondance de l'eau ainsi que celle de l'ammoniac dans les couches profondes de l'atmosph√®re jusqu'√† 200 bars de pression soit 500 √† 600 km de profondeur (le pr√©c√©dent sondage effectu√© par la sonde Galileo explorait jusqu'√† 22 bars). La combinaison des diff√©rentes longueurs d'onde et de l'angle de l'√©mission doit permettre d'obtenir un profil de temp√©rature √† diff√©rents √©tages de l'atmosph√®re (sch√©ma 8). Les donn√©es recueillies permettront de d√©terminer jusqu'√† quelle profondeur s'effectue la circulation atmosph√©rique[44],[45],[46].

Magnétomètre MAG

Le magn√©tom√®tre (MAG), d√©velopp√© par le Centre de vol spatial Goddard de la NASA, est capable d'indiquer la direction et l'intensit√© du champ gr√Ęce √† deux capteurs vectoriels (FGM, Flux Gate Magnetometer) pour mesurer le vecteur du champ magn√©tique et un troisi√®me capteur scalaire (SHM, Scalar Helium Magnetometer) pour en √©valuer l'intensit√©. Les magn√©tom√®tres sont mont√©s √† l'extr√©mit√© d'une des trois ailes supportant les panneaux solaires. Chaque capteur est associ√© √† un senseur stellaire d√©velopp√© par une √©quipe danoise qui permet de connaitre avec pr√©cision l'orientation du capteur. Le magn√©tom√®tre doit permettre de dresser une carte d'une grande pr√©cision des champs magn√©tiques qui s'√©tendent √† l'ext√©rieur et √† l'int√©rieur de la plan√®te[17],[47],[46].

Expérience de radiogravité GS

L'expérience de mesure de la gravité par ondes radio (Gravity Science, GS) doit permettre de dresser une carte de la distribution des masses à l'intérieur de Jupiter. La répartition non homogène de la masse au sein de Jupiter induit de faibles variations de la gravité tout au long de l'orbite suivie par la sonde lorsqu'elle longe au plus près la surface de la planète. Ces variations de gravité entrainent à leur tour de petites modifications de vitesse de la sonde. L'expérience de radiogravité consiste à détecter ces dernières en mesurant l'effet Doppler sur les émissions radio émises par Juno en direction de la Terre en bande Ka et bande X, une gamme de fréquences qui permettent de mener l'étude avec moins de perturbations liées au vent solaire ou à l'ionosphère terrestre[48],[49],[46].

Les détecteurs de particules énergétiques JADE et JEDI

Les d√©tecteurs de particules √©nerg√©tiques JADE (Jovian Auroral Distributions Experiment) mesurent la distribution angulaire, l'√©nergie et le vecteur vitesse des ions et √©lectrons √† faible √©nergie (ions entre 13 eV et 20 keV, √©lectrons entre 200 eV 40 keV) pr√©sents dans les aurores polaires ainsi que la masse de ces ions. Il comprend un spectrom√®tre de masse d√©di√© aux ions et 3 analyseurs d'√©lectrons. Sur JADE comme sur JEDI (l'instrument suivant), les 3 analyseurs d'√©lectrons sont install√©s sur trois des c√īt√©s du plateau sup√©rieur ce qui permet une fr√©quence de mesure trois fois plus importante[50],[51].

Les d√©tecteurs de particules √©nerg√©tiques JEDI (Jupiter Energetic Particle Detector Instrument) mesurent la distribution angulaire et le vecteur vitesse des ions et √©lectrons √† grande √©nergie (ions entre 20 keV et 1 000 keV, √©lectrons entre 40 keV et 500 keV) pr√©sents dans les aurores polaires. JEDI comprend trois capteurs identiques d√©di√©s √† l'√©tude des ions notamment d'hydrog√®ne, h√©lium, oxyg√®ne, soufre[52],[51].

Mesure des ondes radio et magnétiques WAVES

L'antenne dipolaire (WAVES) mesure les ondes radio et les ondes de plasma qui se propagent dans la magnétosphère de Jupiter pour étudier les interactions entre le champ magnétique, l'atmosphère et la magnétosphère. Le capteur de WAVES est une antenne en V de 4 mètres de long dont l'une des branches mesure la composante électrique des ondes tandis que l'autre mesure les fluctuations magnétiques[53],[51].

Spectromètre ultraviolet UVS

Sch√©ma 9 : disposition des instruments scientifiques de Juno.

Le spectrom√®tre ultraviolet UVS (UV spectrograph) prend des photos des aurores de Jupiter dans l'ultraviolet (78-205 nm) avec une r√©solution spectrale inf√©rieure √† 3 nm et une r√©solution spatiale inf√©rieure √† 500 km. Combin√© avec les donn√©es des instruments JADE et JEDI ces images doivent permettre de comprendre la relation existant entre les aurores, les flux de particules qui les cr√©ent et l'ensemble de la magn√©tosph√®re. Les images obtenues alors que la sonde passe directement au-dessus des zones polaires devraient d'une bien meilleure qualit√© que celles existantes, fournies par le t√©lescope spatial Hubble[54],[51].

Spectromètre infrarouge JIRAM

Le spectrom√®tre imageur JIRAM (Jupiter Infrared Aural Mapper) fonctionnant dans le proche infrarouge (entre 2 et 5 őľm) effectue des sondages dans les couches sup√©rieures de l'atmosph√®re jusqu'√† une profondeur comprise entre 50 et 70 km o√Ļ la pression atteint 5 √† 7 bars. JIRAM doit notamment fournir des images des aurores dans la longueur d'onde de 3,4 őľm dans des r√©gions o√Ļ abondent les ions H3+. L'instrument doit √©galement ramener des donn√©es sur les zones d√©pourvues de nuages qui se cr√©ent parfois dans l'atmosph√®re de Jupiter (les hot spots) qui constituent des fen√™tres sur les couches internes de l'atmosph√®re. En mesurant la chaleur irradi√©e par l'atmosph√®re de Jupiter, JIRAM peut d√©terminer comment les nuages charg√©s d'eau circulent sous la surface. Certains gaz en particulier le m√©thane, la vapeur d'eau, l'ammoniac et la phosphine absorbent certaines longueurs d'ondes dans le spectre infrarouge. L'absence de ces longueurs d'ondes dans les spectres relev√©s par JIRAM est une mani√®re de d√©tecter la pr√©sence de ces gaz. JIRAM est un bonus ajout√© √† la charge utile apr√®s la s√©lection de la mission : il n'a pas √©t√© exig√© que cet instrument satisfasse aux exigences de r√©sistance aux radiations. Cet instrument est fourni par l'Institut national d'astrophysique italien[55],[56],[57].

Caméra en lumière visible JunoCam

La sonde emporte √©galement une cam√©ra couleur (JunoCam) fonctionnant en lumi√®re visible (400-900 nm), qui ne r√©pond √† aucun objectif scientifique mais devant fournir les premi√®res images des p√īles de Jupiter avec une r√©solution de 1 pixel pour 15 km. JunoCam a une optique grand angle avec un angle de champ de 58¬į. La cam√©ra, qui est d√©velopp√©e √† partir de la cam√©ra de descente MARDI de la sonde martienne Mars Science Laboratory lanc√©e √† la fin de l'ann√©e 2011, est con√ßue pour r√©sister aux radiations durant au moins 7 orbites[58],[59].

Masse et consommation des instruments scientifiques (estimation 2007)[43],[60]
Composant¬Ļ Masse¬Ļ (kg) Consommation¬≤ (W)
Magnétomètre FGM 15,25 12,5/12,5
Magnétomètre SHM 9,08 6,5/6,5
Instrument ondes radio et plasma WAVES 10,87 9,6/9,6
Détecteur de particules JADE 27,52 17,3/17,3
Détecteur de particules JEDI 21,6 9,7/9,7
Radiomètre micro-ondes MWR 42,13 32,6/0
Spectrographe ultraviolet UVS 13,65 11,8/11,8
Caméra infrarouge JIRAM 13,1 18,4/0
Caméra lumière visible JunoCam 1 6/6
Total charge utile 173,7 124/73,4
Masse s√®che 1 593
Carburant 2 032 -
Sonde 3 625
¬Ļ : L'exp√©rience de radio gravit√© n'est pas d√©compt√©e car elle utilise les √©quipements de t√©l√©communications. ¬≤ : Consommation durant les orbites 1 et 3 √† 6 / Consommation durant les autres orbites.

Historique et avancement de la mission

Juno sur l'aire de lancement au sommet de son lanceur Atlas V (4 aout 2011).

Sélection de la mission

En 2003, le Conseil National de la Recherche des √Čtats-Unis publie l'√Čtude d√©cennale 2003-2013 des sciences plan√©taires (Planetary Science Decadal Survey). Comme dans ses versions ant√©rieures, ce document fait un √©tat des lieux des questions les plus importantes touchant aux sciences plan√©taires et propose une strat√©gie d'exploration spatiale et astronomique pour les 10 ann√©es suivantes coh√©rente avec ces interrogations. Le rapport de 2003, intitul√© 2003-2013, New Frontiers in the Solar System, identifie 12 axes de recherche et d√©finit sept missions spatiales (en excluant celles consacr√©es √† la plan√®te Mars) √† lancer en priorit√©. √Ä c√īt√© d'une mission lourde √† destination de la lune de Jupiter, Europe et de l'extension de la mission de la sonde Cassini figurent cinq missions de classe moyenne c'est-√†-dire d'un co√Ľt compris √† l'√©poque entre 325 et 650 millions $ : ce sont l'exploration de Pluton et de la Ceinture de Kuiper (future mission New Horizons), une mission de retour d'√©chantillon depuis le p√īle sud de la Lune (Lunar South Pole-Aitken Basin Sample Return), un orbiteur plac√© sur une orbite polaire autour de Jupiter emportant trois sondes atmosph√©riques (Jupiter Polar Orbiter with Probe qui deviendra Juno), une mission d'√©tude in situ de V√©nus (Venus In-Situ Explorer) et une mission de retour d'√©chantillon depuis une com√®te (Comet Surface Sample Return)[61],[62].

L'une des cons√©quences de cette √©tude est la cr√©ation par la NASA d'une nouvelle classe de missions spatiales interplan√©taires : le programme New Frontiers regroupe des projets d'exploration du syst√®me solaire n√©cessitant un budget de taille moyenne avec un co√Ľt plafonn√© √† 900 millions $ hors lancement (en 2011). Ce type de mission s'intercale entre les missions du programme Flagship au budget non plafonn√© mais rares (une par d√©cennie) comme Mars Science Laboratory (2,5 milliards $) et les missions du programme Discovery comme MESSENGER dont le cout ne doit pas exc√©der 450 millions $ mais dont la cadence de lancement est relativement rapproch√©e (6 missions pour la d√©cennie 2000). La premi√®re mission du programme New Frontiers est New Horizons. Juno est la deuxi√®me mission ; elle est s√©lectionn√©e parmi 7 autres propositions le 1e juin 2005 √† la suite d'un appel √† candidatures lanc√© par la NASA en f√©vrier 2004[63]. La sonde est baptis√©e Juno, Junon en fran√ßais, d√©esse et √©pouse du maitre des dieux Jupiter dans la mythologie romaine, car sa mission est notamment de r√©v√©ler ce que cache Jupiter derri√®re ses nuages √† l'image d'un des faits connus attribu√©s au personnage mythologique[64],[N 9]

La responsabilité de chaque projet du programme New Frontiers est confiée par principe à une personnalité du monde universitaire ou de la recherche qui, notamment, sélectionne les différents participants et est responsable du budget. Pour Juno ce Principal Investigator (PI) est Scott Bolton du Southwest Research Institute. La direction de mission est assurée par le Jet Propulsion Laboratory, centre de la NASA à qui est confiée la majorité des missions interplanétaires et qui fournit par ailleurs le radiomètre MWR et le système de télécommunications. Le constructeur aérospatial Lockheed Martin est sélectionné pour la conception et la fabrication de la sonde[65].

De la conception aux tests

Au moment de sa s√©lection, il √©tait pr√©vu que Juno soit lanc√©e en 2009, mais au cours de l'ann√©e suivante, l'√©ch√©ance est recul√©e de 1 puis 2 ans[14]. Ce d√©lai est mis √† profit pour affiner le sc√©nario de la mission : l'orbite pr√©alable de 78 jours autour de Jupiter est ajout√©e car elle permet de gagner de la masse, pr√©parer la phase scientifique et donne l'opportunit√© d'observer sous un angle diff√©rent sa magn√©tosph√®re. La vitesse de rotation de la sonde durant son s√©jour pr√®s de Jupiter est fix√©e apr√®s une √©tude approfondie des avantages et inconv√©nients par les √©quipes scientifiques concern√©es et les ing√©nieurs[N 10],[66].

Apr√®s une phase de conception de pratiquement 3 ans, le projet passe avec succ√®s la revue de conception pr√©liminaire (PDR) et entre en phase de r√©alisation le 1er septembre 2008[14]. Durant le d√©veloppement qui suit, des modifications notables sont apport√©es √† la conception initiale. Les r√©sultats de simulations des effets des radiations sur l'√©lectronique enferm√©e dans le compartiment blind√© permettent d'optimiser l'√©paisseur des parois de celui-ci. Sa masse est r√©duite de 180 √† 157 kg. Par ailleurs le tantale port√© par une structure en nid d'abeilles retenu au d√©part pour ces parois est remplac√© par du titane plus facile √† usiner et √† modifier pour prendre en compte les changements de derni√®re minute. Apr√®s avoir affin√© la mod√©lisation du cycle de vieillissement des cellules photo√©lectriques utilis√©es par Juno et pris en compte la marge de puissance estim√©e indispensable, l'√©quipe projet d√©cide de porter la surface des panneaux solaires de 50 √† 60 m2[37]. En octobre 2007, le lanceur Atlas V est s√©lectionn√© pour un cout du lancement de 190 millions $[67]. L'assemblage de Juno d√©bute le 1e avril 2010 dans l'√©tablissement de Lockheed Martin situ√© √† Denver[68].

Lancement de la sonde spatiale

Plaque reproduisant la lettre de Galilée sur les lunes de Jupiter.

La fus√©e retenue pour le lancement de Juno est une Atlas V 551. Il s'agit de la version la plus puissante de ce lanceur : elle dispose de cinq propulseurs d'appoint qui fournissent avec le premier √©tage une pouss√©e de 985 tonnes au d√©collage pour une masse totale avec la charge utile de 574 tonnes. La sonde spatiale ainsi que le second √©tage sont entour√©s d'une coiffe a√©rodynamique de 5 m√®tres de diam√®tre qui est largu√©e d√®s que les couches les plus denses de l'atmosph√®re ont √©t√© d√©pass√©es[N 11]. La fen√™tre de lancement, d'une dur√©e d'environ une heure chaque jour, s'√©tend du 5 ao√Ľt au 26 ao√Ľt[69],[70]. La date du lancement conditionne celle de la sonde martienne Mars Science Laboratory qui doit utiliser le pas de tir pour une mise en orbite comprise entre fin novembre et d√©cembre[N 12]. La sonde Juno est lanc√©e le 5 ao√Ľt 2011, √† 16 h 25 UTC, depuis la base de Cape Canaveral[71]. La sonde emporte trois figurines repr√©sentant Jupiter, Junon et Galil√©e[72] ainsi qu'une copie grav√©e sur une plaque de la lettre[N 13] du savant italien d√©crivant sa d√©couverte des lunes jupit√©riennes fournie par l'Agence spatiale italienne[73],[74].

Calendrier prévisionnel de la mission

La sonde doit survoler la Terre en octobre 2013 pour une manŇďuvre d'assistance gravitationnelle qui doit lui donner une vitesse suffisante pour se placer en orbite autour de Jupiter en juillet 2016. La fin de la mission est planifi√©e pour octobre 2017[75].

Références

Notes

  1. ‚ÜĎ ¬ę Juno ¬Ľ est le nom en anglais de la d√©esse Junon, √©pouse de Jupiter dans la mythologie romaine
  2. ‚ÜĎ La densit√© de Jupiter est de 1,33 contre 5,52 pour la Terre.
  3. ‚ÜĎ Une unit√© astronomique repr√©sente la distance entre la Terre et le Soleil. La vitesse √† laquelle une sonde spatiale doit √™tre lanc√©e cro√ģt avec la distance de la plan√®te vis√©e par rapport au Soleil : il faut que la sonde s'extrait du puits gravitationnel du Soleil.
  4. ‚ÜĎ Toutefois la plan√®te int√©rieure Mercure n'a re√ßu la visite que d'une seule sonde au XXe si√®cle. √Čtant la plan√®te la plus proche du Soleil elle est profond√©ment enfonc√©e dans le puits gravitationnel du Soleil. Une sonde lanc√©e vers Mercure doit consommer beaucoup de carburant pour r√©duire suffisamment sa vitesse.
  5. ‚ÜĎ Lorsqu'une sonde spatiale rencontre des probl√®mes de fonctionnement, ils peuvent amener √† une perte du contr√īle de l'orientation car le maintien de celle-ci est tr√®s vuln√©rable car d√©pendant du bon fonctionnement de nombreux composants : senseurs stellaires, propulseurs, centrale √† inertie, programme de guidage, etc. s'il y a perte d'orientation, l'antenne grand gain n'est plus point√©e avec suffisamment de pr√©cision vers la Terre. Dans ces circonstances, les √©missions des antennes faible gain, beaucoup moins exigeantes en termes de pointage, peuvent √™tre re√ßues par les antennes terrestres ce qui permet aux √©quipes √† Terre de disposer des donn√©es leur permettant d'effectuer un diagnostic et de renvoyer des instructions pour tenter de r√©tablir un mode de fonctionnement normal.
  6. ‚ÜĎ Lorsque la sonde est en rotation elle r√©siste aux changements d'orientation par effet gyroscopique.
  7. ‚ÜĎ Sur la sonde Galileo qui √©tait √©galement stabilis√©e par rotation, les instruments d'observation √† distance √©taient regroup√©es sur une plateforme qui tournait en sens inverse de la sonde pour maintenir le pointage de ceux-ci dans une direction fixe. Mais ce dispositif complexe s'√©tait r√©v√©l√© tr√®s couteux.
  8. ‚ÜĎ Une dose instantan√©e de quelques centaines de rads est fatale pour un √™tre humain.
  9. ‚ÜĎ Jupiter, ma√ģtre des dieux de la mythologie romaine trompe sa femme Junon avec Io en dissimulant son acte sous une couche de nuages entourant la Terre. Mais son √©pouse, gr√Ęce √† ses talents de d√©esse, parvient √† d√©voiler Jupiter.
  10. ‚ÜĎ L'√©quipe scientifique d√©veloppant le radiom√®tre souhaitait une vitesse √©lev√©e qui permettait un balayage plus fr√©quent de la plan√®te tandis que l'√©quipe en charge du magn√©tom√®tre redoutait que les senseurs stellaires, qui jouent un r√īle essentiel dans les mesures effectu√©es, ne parviennent √† d√©terminer l'orientation de la sonde √† cette vitesse.
  11. ‚ÜĎ Cette version du lanceur a √©t√© utilis√©e une seule fois pour le lancement de la sonde spatiale New Horizons vers Pluton le 19 janvier 2006.
  12. ‚ÜĎ Il faut compter au moins 78 jours apr√®s le lancement de Juno pour pr√©parer le lancement de MSL.
  13. ‚ÜĎ Contenu de la lettre de Galil√©e ¬ę C'est ainsi que le 11 je vis une disposition de ce type (sch√©ma de Jupiter et ses lunes). Il y avait seulement deux √©toiles orientales et celle qui √©tait en position m√©diane √©tait trois fois plus distante de Jupiter que de celle qui √©tait plus √† l'est. De plus, la plus orientale √©tait presque deux fois plus grande que l'autre, alors que pourtant la nuit pr√©c√©dente elles apparaissaient √† peu pr√®s √©gales. Il √©tait donc pour moi, √©tabli et tranch√© sans aucun doute qu'il y avait dans le ciel trois √©toiles errant autour de Jupiter, √† la fa√ßon de V√©nus et de Mercure autour du Soleil ¬Ľ.

Références

  1. ‚ÜĎ Jupiter, CNES. Consult√© le 15 aout 2011
  2. ‚ÜĎ (en)Jupiter, Stardate.org. Consult√© le 15 aout 2011
  3. ‚ÜĎ a et b (en) Eric Burgess, By Jupiter: Odysseys to a Giant, New York, Columbia University Press, 1982 (ISBN 978-0-231-05176-7) (LCCN 82004139) .
  4. ‚ÜĎ (en)Lawrence Lasher, ¬ę Pioneer Project Home Page ¬Ľ, NASA Space Projects Division, 1er ao√Ľt. Consult√© le 28 novembre 2006.
  5. ‚ÜĎ (en)Jupiter, NASA Jet Propulsion Laboratory, 14 janvier. Consult√© le 28 novembre 2006.
  6. ‚ÜĎ (en)[PDF] Chan, K.; Paredes, E. S.; Ryne, M. S., ¬ę Ulysses Attitude and Orbit Operations: 13+ Years of International Cooperation ¬Ľ, American Institute of Aeronautics and Astronautics, 2004. Consult√© le 28 novembre 2006.
  7. ‚ÜĎ (en)Shannon McConnell, ¬ę Galileo: Journey to Jupiter ¬Ľ, NASA Jet Propulsion Laboratory, 14 avril. Consult√© le 28 novembre 2006
  8. ‚ÜĎ (en) Hansen, C. J.; Bolton, S. J.; Matson, D. L.; Spilker, L. J.; Lebreton, J.-P., ¬ę The Cassini-Huygens flyby of Jupiter ¬Ľ, dans Icarus, vol. 172, no 1, novembre 2004, p. 1-8 [lien DOI] . R√©sum√© disponible sur ADS : 2004Icar..172....1H.
  9. ‚ÜĎ (en)Amir Alexander, ¬ę New Horizons Mission Update: At Closest Approach, a Fresh View of Jupiter ¬Ľ, Planetary society. Consult√© le 27 juillet 2007
  10. ‚ÜĎ (en)Pluto-Bound New Horizons Sees Changes in Jupiter System, NASA/JPL, 9 octobre 2007
  11. ‚ÜĎ (en)T. Owen et S. Limaye, ¬ę Juno Science background ¬Ľ, Universit√© du Wisconsin, 10 mai 2010
  12. ‚ÜĎ a et b Launch Press kit, op. cit. p. 8
  13. ‚ÜĎ Matousek, op. cit. p. 1-2
  14. ‚ÜĎ a, b, c, d, e, f, g et h R.S. Grammier, op. cit. p. 9
  15. ‚ÜĎ a et b Matousek, op. cit. p. 2
  16. ‚ÜĎ Matousek, op. cit. p. 3
  17. ‚ÜĎ a et b (en)NASA Goddard Delivers Magnetometers for Juno Mission, NASA, 27 octobre 2010. Consult√© le 28 aout 2011
  18. ‚ÜĎ Launch Press kit, op. cit. p. 9-13
  19. ‚ÜĎ (en)William McAlpine, ¬ę Lessons learned from the Juno project ESJSM Instrument Workshop ¬Ľ, 15-17 juillet 2009, p. 5
  20. ‚ÜĎ (en)Mission overview, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 11/8/2011
  21. ‚ÜĎ a et b R.S. Grammier, op. cit. p. 4
  22. ‚ÜĎ Launch Press kit, op. cit. p. 13-14
  23. ‚ÜĎ (en)William McAlpine, ¬ę Lessons learned from the Juno project ESJSM Instrument Workshop ¬Ľ, 15-17 juillet 2009, p. 6
  24. ‚ÜĎ a et b Matousek, op. cit. p. 4
  25. ‚ÜĎ a, b, c et d [PDF](en)Sammy Kayali, ¬ę Juno Project Overview and Challenges for a Jupiter Mission ¬Ľ, NASA, 9-10 f√©vrier 2010. Consult√© le 29 novembre 2010
  26. ‚ÜĎ a et b Launch Press kit, op. cit. p. 14
  27. ‚ÜĎ (en)Steve Levin, ¬ę Juno A Jupiter Polar Orbiter ¬Ľ, 17 f√©vrier 2009, p. 14-20
  28. ‚ÜĎ Matousek, op. cit. p. 7-8
  29. ‚ÜĎ (en)NASA Spacecraft Master Catalog, ¬ę Galileo orbiter ¬Ľ, NASA. Consult√© le 1er aout 2011
  30. ‚ÜĎ [PDF](en)R. Dodge, M. A. Boyles, C.E.Rasbach, ¬ę Key and driving requirements for the Juno payload suite of instruments ¬Ľ, NASA, septembre 2007. Consult√© le 5 d√©cembre 2010
  31. ‚ÜĎ (en)Steve Levin, ¬ę Juno A Jupiter Polar Orbiter ¬Ľ, 17 f√©vrier 2009, p. 12, 16 et 21
  32. ‚ÜĎ (en)Animation sur la mission, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 5 aout 2011
  33. ‚ÜĎ a, b et c Launch Press kit, op. cit. p. 15
  34. ‚ÜĎ Dodge et al., op. cit. p. 13
  35. ‚ÜĎ >(en)Enabling Exploration: Small Radioisotope Power Systems sur Jet Propulsion Laboratory. Consult√© le 28 aout 2011
  36. ‚ÜĎ R.S. Grammier, op. cit. p. 8
  37. ‚ÜĎ a et b Nybakken, op. cit. p. 4.
  38. ‚ÜĎ (en)Juno Armored Up to Go to Jupiter, NASA, 12 juin 2010. Consult√© le 28 aout 2011
  39. ‚ÜĎ (en) Andrew J. Ball et al, Planetary landers and entry probes, Cambridge University Press, 2007, 340 p. (ISBN 9780521129589), p. 121-123 
  40. ‚ÜĎ Launch Press kit, op. cit. p. 16
  41. ‚ÜĎ Dodge et al., op. cit. p. 14
  42. ‚ÜĎ R.S. Grammier, op. cit. p. 9-10
  43. ‚ÜĎ a et b Dodge et all, op. cit. p. 7
  44. ‚ÜĎ (en)T. Owen et S. Limaye, ¬ę Instruments : Microwave Radiometer ¬Ľ, Universit√© du Wisconsin, 23 octobre 2008
  45. ‚ÜĎ (en)Juno spacecraft MWR, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 14 aout 2011
  46. ‚ÜĎ a, b et c Dodge et al., op. cit. p. 8.
  47. ‚ÜĎ (en)Juno spacecraft MAG, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 14 aout 2011
  48. ‚ÜĎ (en)John Anderson et Anthony Mittskus, ¬ę Instruments : Gravity Science Experiment ¬Ľ, Universit√© du Wisconsin, 23 octobre 2008
  49. ‚ÜĎ (en)Juno spacecraft GS, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 14 aout 2011
  50. ‚ÜĎ (en)Juno spacecraft JADE, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 14 aout 2011
  51. ‚ÜĎ a, b, c et d Dodge et al., op. cit. p. 9.
  52. ‚ÜĎ (en)Juno spacecraft JEDI, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 14 aout 2011
  53. ‚ÜĎ (en)Juno spacecraft Waves, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 14 aout 2011
  54. ‚ÜĎ (en)Juno spacecraft UVS, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 14 aout 2011
  55. ‚ÜĎ (en)T. Owen et S. Limaye, ¬ę Instruments : The Jupiter Infrared Aural Mapper ¬Ľ, Universit√© du Wisconsin, 23 octobre 2008
  56. ‚ÜĎ (en)Juno spacecraft JIRAM, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 14 aout 2011
  57. ‚ÜĎ Dodge et al., op. cit. p. 10.
  58. ‚ÜĎ (en)JunoCam, Juno Jupiter Orbiter, Malin Space Science Systems. Consult√© le 28 novembre 2010
  59. ‚ÜĎ (en)Juno spacecraft JunoCam, Universit√© du Wisconsin. Consult√© le 14 aout 2011
  60. ‚ÜĎ Launch Press kit, op. cit. p. 6
  61. ‚ÜĎ (en)Space Studies Board, ¬ę New Frontiers in the Solar System: An Integrated Exploration Strategy ¬Ľ, The National academies Press
  62. ‚ÜĎ (en)Why Did NASA Create the New Frontiers Program? sur New Frontiers Program, NASAL. Consult√© le 12 aout 2011
  63. ‚ÜĎ (en)NASA Selects New Frontiers Mission Concept Study, NASA/JPL, 1er juin 2005. Consult√© le 28 novembre 2010
  64. ‚ÜĎ (en)Juno FAQ, NASA‚Äôs News Frontiers mission to Jupiter Juno, 23 octobre 2008. Consult√© le 29 novembre 2010
  65. ‚ÜĎ (en)Juno Institutionnal Partners, universit√© du Wisconsin, 23 octobre 2008. Consult√© le 2 d√©cembre 2010
  66. ‚ÜĎ (en)Rick Grammier, ¬ę JUNO making the most of more time ¬Ľ, Ask Magazine (NASA), mars 2008
  67. ‚ÜĎ (en)NASA Selects Launch Services Provider for Juno Jupiter Mission, SPACEREF, 3 octobre 2007. Consult√© le 28 novembre 2010
  68. ‚ÜĎ (en)Juno mission news, NASA, 5 avril 2010. Consult√© le 28 novembre 2010
  69. ‚ÜĎ (en)Juno Launch, NASA. Consult√© le 27 juillet 2011
  70. ‚ÜĎ (en)Get to know Juno's launcher:The Atlas 5 rocket, Spaceflight Now, 2 aout 2011
  71. ‚ÜĎ (en)ULA Atlas V launches NASA‚Äôs Juno on a path to Jupiter, nasaspaceflight.com, 5 aout 2011
  72. ‚ÜĎ (en)Juno Spacecraft to Carry Three Figurines to Jupiter Orbit, NASA, 3 aout 2011. Consult√© le 5 aout 2011
  73. ‚ÜĎ (en)Juno Jupiter Mission to Carry Plaque Dedicated to Galileo, NASA, 3 aout 2011. Consult√© le 5 aout 2011
  74. ‚ÜĎ Transcription du Messager c√©leste de Galil√©e en fran√ßais
  75. ‚ÜĎ (en)NASA Missions - Juno - overview, NASA. Consult√© le 28 aout 2011

Sources

NASA :

  • (en) NASA, Juno launch press kit, juillet 2011 [lire en ligne] 
    Présentation synthétique du lancement, de la sonde et de la mission mise à disposition de la presse et du public pour le lancement

Autres :

  • (en) Richard S. Grammier, ¬ę The Juno Mission to Jupiter ¬Ľ, dans [proceding of IEEE Aerospace Conference, Big Sky, MT], 1-8 mars 2008 [texte int√©gral (page consult√©e le 22 Aout 2011)] 
    Synthèse de la mission par son responsable (décédé en janvier 2011) avec un focus sur la conception de la sonde spatiale.
  • (en) R. Dodge, M. A. Boyles, C.E.Rasbach, Key and driving requirements for the Juno payload suite of instruments, septembre 2007 [lire en ligne] 
    Description détaillée de l'instrumentation scientifique.
  • (en) Rich Nybakken, ¬ę The Juno Mission to Jupiter ‚Äď A Pre-Launch Update ¬Ľ, dans [proceding of Aerospace Conference, 2011 IEEE], 5-12 mars 2011, p. 1-8 (ISSN 1095-323X) [texte int√©gral (page consult√©e le 25 Aout 2011)] 
    Evolution du design de la sonde durant les dernières phases de développement.
  • (en) Sammy Kayali, Juno Project Overview and Challenges for a Jupiter Mission, 9-10 f√©vrier 2010 
  • (en) Steve Matousek (NASA/JPL), The Juno New Frontiers mission, 2005 [lire en ligne] 

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bon article
Cet article est reconnu comme ¬ę bon article ¬Ľ depuis sa version du 30 ao√Ľt 2011 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l’ayant promu.

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Juno (sonde spatiale) de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Galileo (sonde spatiale) ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Galil√©e. Galileo ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Ulysses (sonde spatiale) ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Ulysse (homonymie). Ulysses ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Magellan (sonde spatiale) ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Magellan. Magellan ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Dawn (sonde spatiale) ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Dawn. Dawn ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Stardust (sonde spatiale) ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Stardust. Stardust ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • MAVEN (sonde spatiale) ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Maven. Mars Atmosphere and Volatile EvolutioN MAVEN ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Cassini-Huygens (sonde spatiale) ‚ÄĒ Cassini Huygens Vue d artiste de l insertion de la sonde Cassini Huygens dans l orbite de Saturne ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Juno ‚ÄĒ Cette page d‚Äôhomonymie r√©pertorie les diff√©rents sujets et articles partageant un m√™me nom. Voir √©galement les pages d homonymie Junon (homonymie)  et Juneau (homonymie)  ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Sonde Galileo ‚ÄĒ Galileo (sonde spatiale) Pour les articles homonymes, voir Galil√©e. Sonde Galileo (Vue d artiste) ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Sonde New Horizons ‚ÄĒ New Horizons Pour les articles homonymes, voir Horizon. La sonde New Horizons au Centre spatial Kennedy, o√Ļ des techniciens sont en train de retirer la ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.