Julien l'Apostat

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Julien l'Apostat

Julien (empereur romain)

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Julien
Empereur romain
JulianusII-antioch(360-363)-CNG.jpg
Pièce de bronze représentant Julien, v.360-363.

Règne
D‚Äôabord C√©sar (355 ‚Äď 361), puis usurpateur et l√©gitime
3 novembre 361 - 26 juin 363 (~2 ans)
Période Constantiniens
Prédécesseur(s) Constance II
Successeur(s) Jovien
Biographie
Naissance 331 ou 332 - Constantinople
Nom originel Flavius Claudius Julianus
D√©c√®s 26 juin 363 (31 ans)
Ctesiphon (Parthie)
Père Jules Constance
Mère Basilina
Consort(s) H√©l√®ne (355 - ?)

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Liste des empereurs romains
Série Rome antique

Flavius Claudius Julianus (331 ou 332 - 26 juin 363), nomm√© Julien l'Apostat par la tradition chr√©tienne, aussi appel√© Julien le Philosophe ou Julien II (par r√©f√©rence au pr√©c√©dent empereur Didius Julianus), est nomm√© C√©sar en Gaule de 355 √† 361 par Constance II, puis proclam√© empereur romain √† part enti√®re de 361 √† 363. Il doit son surnom √† sa tentative de restaurer la religion antique dans l'empire romain, alors qu'il avait √©t√© √©lev√© dans la religion chr√©tienne (plus pr√©cisement dans l'arianisme, sous la direction des √©v√™ques Eus√®be de Nicom√©die, puis Georges de Cappadoce). Il a produit des √©crits critiques contre le christianisme qui, avec le Discours Vrai de Celse, sont le meilleur t√©moin de l'opposition pa√Įenne au christianisme.

Sommaire

Biographie

Lettre - √©dit de l'empereur Julien √† Secundus, pr√©fet du pr√©toire d'Orient concernant le jugement d'affaires mineures. Copie en latin trouv√©e √† Amorgos (CIL III, 459 ; Mus√©e √©pigraphique d'Ath√®nes)

Ses origines

Neveu de Constantin Ier, qui est le demi-frère de son père Jules Constance, il est le dernier survivant, avec son demi-frère Gallus, de la branche cadette des descendants de l'empereur Constance Chlore. La mère de Julien est la très jeune Basilina, qui décède quelques mois après l'avoir mis au monde[1]. Sa date de naissance est incertaine, novembre ou décembre 331[2] ou mai/juin 332.

A la fin de l'√©t√© 337, le d√©c√®s de Constantin Ier laisse une succession non r√©gl√©e. Julien a alors six ans, lorsque des soldats massacrent les membres de la famille imp√©riale qui ne sont pas issus de Constantin. Seul Julien et son demi-fr√®re Gallus, qui g√ģt gravement malade dans un lit, sont √©pargn√©s. Tous les biens de son p√®re sont confisqu√©s par les trois successeurs de Constantin Ier, Constantin II, Constant Ier et Constance II que Julien consid√©ra comme les instigateurs de ce massacre.

L'éducation de Julien est confiée à l'évêque Eusèbe de Nicomédie, qu'il suit peut-être à Constantinople quand celui-ci s'empare du siège épiscopal de la capitale, à moins qu'il ne soit resté relégué à Nicomédie. Il a pour pédagogue l'eunuque Mardonios, Goth d'origine, qui avait déjà été le celui de Basilina. Mardonios l'initie aux grands classiques de la culture grecque, Homère et Hésiode, et lui donne la passion de la lecture. Julien tiendra de son éducation stricte l'habitude humble de garder les yeux baissés et le mépris des spectacles publics[1], mais gardera un souvenir heureux de son enfance avec Mardonios.

√Ä une date ind√©termin√©e, mais apr√®s la mort d'Eus√®be de Nicom√©die en 341, Constance II assigne Julien √† r√©sidence sous la tutelle de l'√©v√™que de C√©sar√©e Georges de Cappadoce dans la forteresse de Macellum en Cappadoce. Il y retrouve son demi-fr√®re a√ģn√© Gallus. On estime que la diff√©rence d'√Ęge (entre six et huit ans) et de temp√©rament ne fut pas propice √† l'√©tablissement d'une complicit√© affective. Ils y passeront six ans dans un isolement total, interdits de visite et en seule compagnie des domestiques[3]. Pendant ce s√©jour, ils pourraient avoir re√ßu le bapt√™me.

Georges de Cappadoce donne acc√®s aux jeunes gens √† sa biblioth√®que qui contient √† c√īt√© de textes chr√©tiens des Ňďuvres de philosophie antique, que Julien pourrait avoir lues alors : Platon, Aristote, Socrate, Th√©ophraste, et, plus r√©cents, les n√©o-platoniciens Plotin, Porphyre et Jamblique. Mais on ignore s'il s'est enthousiasm√© d√®s cette √©poque (ou seulement plus tard) par la th√©ologie solaire de ce dernier et ses discours sur le dieu H√©lios, dont il ressentit plus tard directement et intimement la pr√©sence[4]. Il pourrait, alors, avoir r√©solu de se d√©tacher du christianisme, la religion pr√īn√©e par les empereurs qui ont massacr√© sa famille et au nom de laquelle ils se sont absout de tous leurs homicides[5].

Toujours durant cette période de relégation, Julien et Gallus ont vraisemblablement été baptisé, contrairement à la pratique de l'époque destinant le baptême aux personnes adultes et volontaires, voire aux mourants souhaitant se purifier juste avant leur trépas. Les commentateurs favorables à Julien, comme Montaigne et Voltaire, ont souligné que ce baptême lui avait été imposé contre son gré, et ne pouvait donc être considéré comme valable, ce qui nierais l'accusation d'apostasie.

√Ä partir de 347, Julien est autoris√© √† revenir √† Constantinople, puis √† Nicom√©die en 351. Il y aurait suivi indirectement l'enseignement du sophiste Libanios. S√©journant ensuite √† Pergame chez Oribase, il entre en relation avec Priscus et Maxime d'√Čph√®se, √©l√®ves de Jamblique qu'il admire profond√©ment[6], qui encouragent son mysticisme solaire[7].

En 350, Constance II doit faire face à l'usurpation de Magnence en Gaule. Pour maintenir une présence impériale en Orient face aux Perses tandis qu'il se rend en Occident, Constance II, attaché comme son père au principe dynastique (tous ses frères ayant été tué), promeut en 351 Gallus au rang de César à Antioche. Hissé à cette responsabilité sans aucune préparation, et de tempérament coléreux, Gallus réagit avec brutalité face aux difficultés et aux oppositions. Il va même jusqu'à faire mettre à mort le préfet du prétoire de Constance II envoyé pour s'enquérir de ses difficultés. En 354, Constance II faisant suite aux plaintes contre Gallus, le rappelle, le destitue et le fait exécuter.

Peu apr√®s, dans le climat d√©l√©t√®re de r√©pression visant les anciens fonctionnaires de Gallus, Julien est √† son tour convoqu√© √† la cour imp√©riale √† Milan et mis sous surveillance pendant plusieurs mois √† C√īme. Des courtisans insinuent une connivence possible entre lui et Gallus. L'intervention de la nouvelle imp√©ratrice Eus√©bie, seconde √©pouse de Constance, sauve Julien et lui rend sa libert√© de mouvement[8].

Durant l'√©t√© 355, Julien peut approfondir ses √©tudes de philosophie √† Ath√®nes. Il y c√ītoie Basile de C√©sar√©e et Gr√©goire de Nazianze, qui deviendra √©v√™que et sera un de ses adversaires les plus f√©roces. Gr√©goire donne un portrait tr√®s partisan du ¬ę prodigieux abrutissement ¬Ľ de l'√©tudiant Julien ¬ę cou branlant ‚Ķ √©paules remuantes et tressautantes‚Ķregard exalt√© ‚Ķ pieds qui ne tenaient pas en place, parole hach√©e par la respiration dont le d√©bit s'arr√™tait brusquement, questions incoh√©rentes et inintelligibles, r√©ponses qui ne valaient pas mieux[9] ¬Ľ. Plus neutre Ammien Marcellin √©voque son "naturel impulsif" et sa tendance "√† parler fort abondamment et se taire tr√®s rarement"[10]. On peut voir dans ce temp√©rament nerveux et cette expression orale mal maitris√©e le r√©sultat d'une enfance traumatis√©e et d'une adolescence pass√©e dans l'isolement forc√©.

Lors de ce séjour à Athènes, et quoique l'on ne dispose pas de preuves formelles, les historiens modernes considèrent que Julien se fait initier aux mystères d'Eleusis[11]

Son accession au pouvoir

Les débuts du César des Gaules

Fin 355, Julien est soudainement rappel√© √† la cour. √Ä sa grande g√™ne, les eunuques du palais lui rasent la barbe qu'il avait adopt√©e √† la mode des philosophes, et le v√™tent d'une chlamyde, lui donnant selon ses propres termes, ¬ę l'aspect d'un soldat ridicule[12] ¬Ľ. Le 6 novembre, Constance II le pr√©sente √† l'arm√©e, et lui d√©cerne le titre de C√©sar, c'est-√†-dire de vice-empereur. Il √©pouse √† cette √©poque H√©l√®ne, la sŇďur de l'empereur, dite ¬ę la jeune ¬Ľ, par opposition √† sa grand-m√®re l'imp√©ratrice. D√©but d√©cembre, Julien part en Gaule avec une escorte r√©duite pour contrer les ravages des Alamans[13] . Il voit cette promotion similaire √† celle de Gallus comme une charge dangereuse, comme il en t√©moigne lui-m√™me :

¬ę Je ne dois pas omettre de raconter ici comment j'ai consenti et choisi de vivre sous le m√™me toit que ceux dont je savais qu'ils avaient min√© toute ma famille, et dont je soup√ßonnais qu'il ne leur faudrait pas beaucoup de temps avant de comploter contre moi. J'ai vers√© des torrents de larmes, j'ai pouss√© des g√©missements. J'ai tendu les mains vers votre Acropole, quand je re√ßus l'appel, et j'ai pri√© Ath√©na de sauver son suppliant, de ne pas l'abandonner. Beaucoup d'entre vous m'ont vu et en sont t√©moins. La d√©esse m√™me, plus que quiconque, sait que je lui ai demand√© de me faire mourir √† Ath√®nes plut√īt que de me laisser faire ce voyage. Or, la d√©esse n'a pas trahi ni abandonn√© son suppliant ; elle l'a montr√© par des faits. Car partout elle m'a guid√©, et de tous c√īt√©s elle m'a entour√© d'anges gardiens que le Soleil et la Lune lui avaient accord√©s ¬Ľ

‚ÄĒ Lettre aux Ath√©niens, 274d-275b, 276c-277a

La d√©fense de la Gaule avait √©t√© d√©sorganis√©e par les usurpations de Magnence puis de Sylvanus. Les Alamans avaient pris et mis √† sac de nombreuses forteresses sur la rive gauche du Rhin, dont Cologne, Mayence, Bonn, Bingen, qu'ils occupaient encore. L'arriv√©e de Julien √† Vienne est bien accueillie, il profite du souvenir prestigieux de ses parents Constance Ier et Constantin, mais il ne lui est attribu√© qu'un r√īle honorifique, √† l'image de son titre de consul pour l'ann√©e 356 : il est en fait √©troitement encadr√© par le g√©n√©ral Marcellus, et constamment espionn√© par les hauts fonctionnaires fid√®les √† Constance II.

Cependant, contre toute attente, cet intellectuel pétri d'hellénisme, nerveux et mal à l'aise va se révéler être un excellent administrateur et un stratège militaire efficace. Prenant Marc-Aurèle comme modèle, il récuse tout le faste impérial, et ne s'épargne aucune fatigue. Travailleur acharné, il acquiert rapidement une pratique courante du latin, (sa langue maternelle étant le grec), il fait son éducation militaire et apprend à marcher au pas cadencé, se nourrissant comme les soldats et couchant à la dure[14].

Pendant ce temps, la pression des Alamans se maintient et menace Autun. Pourtant les g√©n√©raux romains restent passifs : Constance a affect√© la direction de l'arm√©e en Gaule √† Marcellus, tout en laissant son pr√©d√©cesseur Ursicin en fonction. Les deux se d√©testent et se neutralisent l'un l'autre continuellement.

Fin juin 356, Julien prend la direction de quelques unit√©s, et, apr√®s avoir fait lever le si√®ge d'Autun, rejoint √† Reims les forces command√©es par Marcel et Ursicin. Il reprend alors le contr√īle de plusieurs places sur le Rhin, notamment Cologne, dont il fait remettre en √©tat les fortifications. Impressionn√©s par la contre-offensive de l'arm√©e romaine, des d√©l√©gations de Francs demandent √† traiter avec Julien. Apr√®s ces succ√®s, les troupes romaines sont r√©parties dans plusieurs cit√©s pour la dur√©e de l'hiver. Julien s'installe √† Sens, avec une faible garnison. Les Alamans mettent alors √† profit la dispersion des forces romaines pour attaquer la ville, et y bloquent Julien pendant un mois, avant de devoir lever leur si√®ge, lass√©s par la r√©sistance romaine. Marcellus, cantonn√© √† proximit√© mais qui n'avait rien tent√© pour secourir les assi√©g√©s, est renvoy√© avec l'assentiment de Constance, qui ne pouvait tol√©rer qu'on expose un C√©sar, quel qu'il soit, √† la possibilit√© d'une capture ou d'une mort humiliante face aux barbares. Toutefois, Julien pr√©voit que Marcellus va le calomnier d√®s son arriv√©e √† la cour de Constance. Par pr√©caution, il d√©l√®gue √† Milan un homme de confiance, son chambellan Euth√®re. Tandis que Marcellus insinue que Julien est un ambitieux qui veut voler de ses propres ailes, Euth√®re garantit sur sa propre vie l'absolue fid√©lit√© de Julien √† l'empereur. Convaincu par l'assurance d'Euth√®re, Constance renvoie Marcellus dans sa ville natale, [15].

L'installation à Lutèce

A partir de 357, Julien prend ses quartiers d'hiver √† Lut√®ce (Paris), cit√© mineure mais relativement proche des fronti√®res du Rhin et facile √† d√©fendre gr√Ęce √† la Seine qui l'entoure comme un rempart naturel. Julien appr√©cie l'endroit et y passe les hivers suivants. Il manque toutefois d'y laisser la vie : lors d'un hiver exceptionnellement glacial, il consent √† la pr√©sence d'un brasero dans sa chambre, malgr√© son d√©sir de s'endurcir, et subit un d√©but d'asphyxie[16].

Son √©pouse H√©l√®ne pr√©f√®re, quant √† elle, s√©journer en Italie o√Ļ le climat s'av√®re plus cl√©ment. Enceinte, elle met au monde un gar√ßon, mort-n√©. Selon Ammien Marcellin, l'imp√©ratrice Eus√©bie, st√©rile et jalouse de cette grossesse, aurait soudoy√© la sage-femme pour qu'elle provoque une issue fatale lors de l'accouchement[17]. H√©l√®ne d√©c√®de vers 358, et Julien ne se remariera pas.

Julien s'entoure de quelques amis, tous pa√Įens, Oribase le rejoint comme m√©decin personnel, le gaulois Saturninus Secundus Salustius, plus √Ęg√© que Julien, devient pour sa part un conseiller √©cout√©.

L'administration des Gaules

Durant la pause hivernale, l'activit√© de Julien ne faiblit pas. Mamertin clame, dans son pan√©gyrique, que Julien passait tout l‚Äô√©t√© dans les camps, et tout l‚Äôhiver sur le si√®ge de juge[18]. Comme juge, il traite des affaires graves, mais ne pr√™te pas attention √† la d√©lation qui a cours entre les fonctionnaires imp√©riaux. Durant un jugement portant sur une accusation de dilapidation des fonds publics formul√©e contre l'ancien gouverneur de Narbonnaise, l'accusateur √† cours de preuves, finit par s'√©crier ¬ę s‚Äôil suffit de nier, o√Ļ seront d√©sormais les coupables ? ¬Ľ, √† quoi Julien r√©torque ¬ę  S‚Äôil suffit d‚Äôaccuser, o√Ļ seront les innocents? ¬Ľ[19].

Lors des incursions barbares, les Gaules ont subis une d√©sorganisation et un appauvrissement notable. Julien, qui refuse les imp√īts suppl√©mentaires propos√©s par le pr√©fet du pr√©toire Florence pour couvrir les d√©penses militaires, diminue au contraire les taxes pour soulager les populations √©puis√©es. En cinq ann√©es, l'imposition en Gaule passe de 27 solidi √† seulement 7. Malgr√© cela, les rentr√©es fiscales augmentent : les contribuables se sont en effet empress√©s d'acquitter leur d√Ľ de peur qu'il n'augmente. De plus, Julien fait surveiller les employ√©s du fisc afin d'emp√™cher tout d√©tournement, et n'accorde aucune remise d'arri√©r√©s, pratique qui avantageait les gros contribuables[20].

Les campagnes militaires

L'année suivante, en 357, Ursicin est également rappelé. Il est remplacé par Sévère, un officier expérimenté qui collaborera efficacement avec Julien. Celui-ci obtient pleinement le commandement et repousse les invasions des Alamans en 357 et 360 et des Francs en 358.

Toutefois, l'empereur, qui se d√©fie de son C√©sar, est jaloux du prestige de celui-ci aupr√®s de ses soldats et de ses subalternes. D√©sireux de lui retirer une part de son pouvoir, et ayant, par ailleurs, grandement besoin de troupes du fait de ses imp√©ratifs militaires sur le Danube et la fronti√®re perse, Constance II exige en 360 de Julien qu'il lui envoie deux l√©gions en renfort, puisque la Gaule venait d'√™tre pacifi√©e. Que ce soit spontan√©ment ou sous l'influence de Julien, ses soldats refusent et proclament leur officier empereur (Auguste), titre qu'il accepte. Constance refuse le fait accompli. En d√©pit d'appels de Julien √† la conciliation, il marche contre celui qui n'est encore qu'un usurpateur. Il n'y aura cependant pas de bataille : Constance meurt en effet brutalement sur le chemin en 361. De son lit de mort, l'empereur, d√©sireux de faire survivre la dynastie constantinienne, se r√©sout √† confier la pourpre imp√©rial au seul descendant de Constance Chlore encore en vie, son cousin, Julien.

Son règne

Devenu ma√ģtre de l'empire tout entier, Julien promulgue un √©dit de tol√©rance autorisant toutes les religions et il abroge les mesures prises non seulement contre le paganisme, mais aussi contre les Juifs et contre les chr√©tiens qui ne suivent pas le credo d'inspiration arienne qui avait la faveur de Constance[21].

En 362, il promulgue un √©dit qui interdit aux chr√©tiens d'enseigner la grammaire, la rh√©torique et la philosophie[22], soit l'ensemble de l'instruction profane. Il justifie ainsi l'√©dit sur les chr√©tiens : ¬ę Qu'ils cessent d'enseigner ce qu'ils ne prennent pas au s√©rieux ou qu'ils l'enseignent comme la v√©rit√© et instruisent les √©l√®ves en cons√©quence[23]. ¬Ľ Parall√®lement, il tente de r√©former le paganisme sur le mod√®le des institutions chr√©tiennes (moralit√© des pr√™tres, cr√©ation d'institutions charitables) et institue une hi√©rarchie des cultes autour du Dieu Soleil. Il favorise les cit√©s pa√Įennes et la restauration de leurs temples. Malgr√© son indiff√©rence devant les cas de vexations caus√©es √† des chr√©tiens, il ne prend pas de mesure de pers√©cution en tant que telle. Il s'explique en d√©clarant qu'il souhaitait que les chr√©tiens reconnaissent eux-m√™mes leur erreur et qu'il ne voulait pas les y forcer. Seuls quelques martyrs, comme Alexandre de Corinthe sont mentionn√©s sous son r√®gne par la tradition chr√©tienne. Si Julien ordonne l'expulsion d'Athanase, patriarche d'√Čgypte[24] (d√©j√† exil√© sous Constantin Ier et Constance II), il condamne le massacre de l'√©v√™que arien Georges d'Alexandrie.

Lorsqu'il s'attaque aux chr√©tiens, c'est par le biais de pamphlets et de r√©futations : son Contre les Galil√©ens[25], fragmentaire, fait office de r√©quisitoire contre ceux-ci[26], tenants d'une religion nouvelle et sans racines[27]. Sa critique s'exerce par comparaison avec le juda√Įsme vis-√†-vis duquel son attitude reprend les deux traditions de pens√©e qui se croisent alors, l'une hostile et l'autre plus tol√©rante. Son oeuvre manifeste ainsi des sentiments ambivalents[28] √† l'√©gard de la culture et la religion juive dont il respecte l'anciennet√© des traditions, allant jusqu'√† consid√©rer, dans le Contre les Galil√©ens, que les Juifs et les Hell√®nes sont semblables[29]. N√©anmoins Julien s'√©tonne qu'un dieu digne de ce nom ne se soit fait connaitre dans une toute petite r√©gion et pr√©sente parfois les juifs comme un peuple inf√©rieur[27]. M√™me si il trouve les mythes des Juifs absurdes et incomplets, il admire la pi√©t√© des juifs qui contraste avec le peu de ferveur des sujets pa√Įens de l'Empire[27]. C'est peut-√™tre pour cela (et peut-√™tre aussi pour des motifs politiques) qu'il ordonne la reconstruction du temple de J√©rusalem[30], dont la construction sera abandonn√©e d√®s sa mort.

Julien manifeste son intention de revenir à un empire de forme moins autocratique et plus conforme à la tradition républicaine du principat telle qu'elle existait sous Auguste. Son règne n'en resta pas moins autoritaire. Après avoir réorganisé et assaini la lourde administration impériale, en réduisant en particulier le personnel du palais et celui affecté à la délation et à l'espionnage (les agentes in rebus), il s'installe à Antioche pour préparer une grande expédition militaire contre la Perse. Il entre assez vite en conflit avec la population de la métropole chrétienne, d'une part, à cause de son paganisme affiché, d'autre part, parce que sa rigueur morale s'oppose aux habitudes de vie ayant court dans cette grande cité orientale.

L'attention de la tradition historique, tant chr√©tienne qu'anti-chr√©tienne, s'est focalis√©e sur la politique religieuse de Julien. Ce n'est cependant qu'une partie de sa politique dont le reste ne d√©pendait pas n√©cessairement. Ainsi, dans l'administration, il ne semble pas avoir marqu√© de pr√©f√©rence religieuse dans le recrutement du personnel : il s'entourait, de fait, comme ses pr√©d√©cesseurs imm√©diats, de fonctionnaires de toute confessions.

Sa fin

Au printemps 363, Julien se lance dans une vaste exp√©dition militaire qui le m√®ne victorieusement jusqu'√† Ct√©siphon, capitale des Perses. Mais il doit entamer une retraite, au cours de laquelle, le 26 juin 363, il est mortellement bless√© au cours de la retraite qui suit la bataille de Ctesiphon. L'historien chr√©tien Th√©odoret de Cyr √©crivit un si√®cle plus tard que, transperc√© par une fl√®che mortelle, Julien aurait prononc√© ces derniers mots : ¬ę Tu as vaincu, Galil√©en ! ¬Ľ (Vicisti, Galil√¶e). Ainsi, il aurait pr√©dit la victoire in√©luctable d'un christianisme pourtant encore minoritaire dans l'Empire.

Libanios, contemporain de Julien avance, d'ailleurs, que celui-ci aurait été assassiné au cours de la bataille par un soldat romain chrétien.

L'historien pa√Įen mod√©r√© Ammien Marcellin rapporte quant √† lui les faits dont il a √©t√© le t√©moin, puisqu'il faisait partie de l'exp√©dition de l'empereur. Il √©crit, sur l'ultime combat de Julien :

¬ę Au moment o√Ļ Julien, oublieux de toute pr√©caution, se pr√©cipitait t√©m√©rairement au combat en levant les bras, et √† grands cris, pour bien faire entendre que c'√©tait la d√©b√Ęcle et la panique chez l'ennemi, et pour exciter ainsi la fureur des poursuivants, ses gardes blancs dispers√©s par l'effroi lui criaient de tous cot√©s d'√©viter la masse des fuyards comme on fait pour l'√©croulement incertain d'un toit qui menace ruine ; mais soudain, une lance de cavalerie (equestris hasta) √©gratigna la peau de son bras, lui transper√ßa les c√ītes, et se ficha dans le lobe inf√©rieur du foie. ¬Ľ

‚ÄĒ Ammien Marcellin, XXV, 3, 6.

La plupart des historiens contemporains s'accordent aujourd'hui sur cette version des faits.

Son Ňďuvre litt√©raire et philosophique

Solidus de Julien

Julien est l'un des principaux auteurs grecs du IVe si√®cle. Il a √©crit des lettres, des discours et un ouvrage critique contre le christianisme, le Contre les Galil√©ens. Ce dernier, jug√© ¬ę d√©moniaque ¬Ľ par les √©poques ult√©rieures, a √©t√© d√©truit ou, du moins n'a pas √©t√© conserv√©. On en conna√ģt cependant une bonne partie gr√Ęce au Contre Julien compos√© par Cyrille d'Alexandrie au Ve si√®cle (l'Ňďuvre de Cyrille prouve que celle de Julien √©tait encore jug√©e dangereuse 50 ans plus tard).

Adepte de la philosophie n√©oplatonicienne, il a n√©anmoins toujours tenu √† pr√©ciser qu'il n'√©tait pas parvenu au stade de philosophe √† part enti√®re et qu'il n'√©tait dans ce domaine qu'un √©tudiant. C'est pourquoi il n'a pas √©crit d'ouvrage proprement philosophique, m√™me si la plupart de ses √©crits s'inspirent explicitement de positions philosophiques. On peut distinguer parmi ses Ňďuvres, outre le Contre les Galil√©ens :

  • des lettres √† des amis ou √† des personnages de son temps,
  • des √©crits satiriques ou pol√©miques : Les C√©sars, Le Misopogon, Contre H√©racleios, Contre les cyniques ignorants,
  • des √©crits philosophico-religieux : Sur la M√®re des dieux, Sur H√©lios-Roi,
  • des √©crits politiques ou philosophico-politiques : Lettre √† Th√©mistius, Lettre aux Ath√©niens
  • des √©crits rh√©toriques : √©loges de Constance (l'empereur, son cousin), d'Eus√©bie (imp√©ratrice, √©pouse de Constance), une consolation √† soi-m√™me.

Dans sa lettre au philosophe Th√©mistius, il √©crit :

¬ę Que personne ne me vienne diviser la philosophie en plusieurs parties, ou la d√©couper en plusieurs morceaux, ou plut√īt en cr√©er plusieurs √† partir d'une seule ! La v√©rit√© est une, et semblablement la philosophie est une, il n'y a pas lieu de s'√©tonner, cependant, si nous suivons tous d'autres chemins pour l'atteindre. Imaginons un √©tranger ou, par Zeus, un citoyen de jadis d√©sirant retourner √† Ath√®nes. Il pouvait y aller en bateau ou √† pied. S'il voyageait par terre, il pouvait se servir, √† mon avis, des larges voies publiques, des sentiers ou des raccourcis. En naviguant, il pouvait longer les c√ītes, ou encore faire comme le vieillard de Pylos et traverser la haute mer. Qu'on ne vienne pas m'objecter que certains de ces voyageurs se sont √©gar√©s et qu'arriv√©s quelque part ailleurs, app√Ęt√©s par Circ√© ou par les Lotophages, c'est-√†-dire par le plaisir, par l'opinion ou par autre chose, ils ont n√©glig√© de poursuivre leur route et d'atteindre leur but. Qu'on examine plut√īt les protagonistes de chaque secte, et on d√©couvrira que tout s'accorde ¬Ľ

‚ÄĒ Discours, VI, 184c-185a

Après la mort de Julien

Julien est devenu tr√®s t√īt un mythe. Certains pa√Įens, en particulier Ammien Marcellin et Libanios, en ont fait un h√©ros de tol√©rance, de vertu et d'√©nergie, un homme trop grand pour son temps, qui a succomb√© sous les coups de la mesquinerie et de la m√©chancet√© (chr√©tienne, mais pas n√©cessairement) ambiantes. Inversement, les auteurs chr√©tiens l'ont pr√©sent√© comme un imb√©cile fr√©n√©tique (Gr√©goire de Nazianze, qui l'avait connu √©tudiant √† Ath√®nes), un monstre (les historiens eccl√©siastiques qui lui attribuent diverses profanations et des sacrifices humains), un apostat pervers (toutes les mesures qu'il a prises, y compris son √©dit de tol√©rance visaient selon eux √† lutter hypocritement contre le christianisme). Ainsi selon certains auteurs chr√©tiens, Julien se serait rendu, en plus d'une occasion, coupable d'actes de pers√©cution violente :

  • Il fait profaner les tombeaux des chr√©tiens et les reliques ; et lui-m√™me se vante d'avoir ordonn√© de ¬ę d√©truire tous les tombeaux des ath√©es[31] ¬Ľ ;
  • Sur sa volont√©, ¬ę les pa√Įens, mirent le feu aux s√©pulcres des martyrs, en m√™me temps qu'ils br√Ľlaient le corps de ceux-ci, m√™l√©s par d√©rision aux plus vils ossements, et jetaient au feu les cendres[32] ¬Ľ ;
  • Des meurtres et des massacres de chr√©tiens suivent ou accompagnent ces confiscations d'√©glises. Antioche voit le martyre d'un certain Basile, pr√™tre d'Ancyre Basile d'Ancyre coupable d'avoir tout haut pri√© Dieu de pr√©server les chr√©tiens de l'apostasie. D√©f√©r√© pour ce fait au gouverneur de la province, et ¬ę ayant, pendant le proc√®s souffert de nombreux tourments, il consomma intr√©pidement son martyre[33] ¬Ľ ;
  • √Ä H√©liopolis, le diacre Cyrille est assassin√©, des religieuses, expos√©es nues devant le peuple, outrag√©es, tortur√©es, d√©pec√©es ; ¬ę des mis√©rables go√Ľt√®rent de leur foie et, arrachant leurs entrailles pantelantes, les jet√®rent saupoudr√©es d'orge √† des porcs[34] ¬Ľ ;
  • √Ä Gaza, le fanatisme pa√Įen, d√©cha√ģn√© par l'exemple de l'empereur, accomplit de semblables crimes[34] ;
  • Sur la d√©fense faite aux chr√©tiens d‚Äôapprendre et d'enseigner les belles lettres, l'historien Ammien Marcellin, tout pa√Įen qu'il f√Ľt, d√©plore lui-m√™me de telles iniquit√©s : ¬ę C'est un acte barbare, qu'il faut couvrir d'un √©ternel silence[35] ¬Ľ.

Cette image n√©gative pr√©vaut tout au cours du Moyen √āge et de l'√©poque classique, bien que le personnage ait fascin√© occasionnellement des originaux (ainsi Montaigne). Ainsi une tradition m√©di√©vale met au compte de Julien une s√©rie de martyrs en Lorraine, frappant la famille de saint √Člophe.

Au XVIIIe si√®cle, les philosophes (Voltaire en particulier) veulent le r√©habiliter, au titre de champion des lumi√®res contre l'obscurantisme chr√©tien et de champion de la libert√© contre l'absolutisme de ce qu'ils appellent ¬ę Bas Empire ¬Ľ. Le romantisme (par exemple Alfred de Vigny) s'est passionn√© √† son tour pour le personnage, voyant en lui un romantique avant la lettre, esprit lucide et d√©sesp√©r√©, incompris de son si√®cle et dont la mort en pleine jeunesse donnait le signal du triomphe des m√©diocres. En 1873, Henrik Ibsen a √©crit sur Julien une trag√©die gigantesque en dix actes, Empereur ou Galil√©en.

N√©anmoins, les jugements n√©gatifs voire haineux perdurent : ainsi dans un ouvrage publi√© en 1911, Jean Guiraud, fondateur de l‚ÄôAssociation catholique des chefs de famille et r√©dacteur de manuels scolaires √† destination des √©tablissements priv√©s, d√©crit ainsi l'action de Julien :

¬ę Il a combattu le christianisme par la violence. Surtout par la pers√©cution l√©gale [...] : chr√©tiens exclus des emplois publics ; chr√©tiens victimes de l'injustice l√©gale ; chr√©tiens priv√©s de la libert√© d'enseignement ¬Ľ

‚ÄĒ Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines √† Jeanne d'Arc, neuvi√®me √©dition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 146

Jean Guiraud dresse aussi un catalogue qu'il qualifie d'actions pers√©cutrices[36] :

  • Il confisque la cath√©drale de C√©sar√©e en Cappadoce[37] ;
  • Il fait br√Ľler l'√©glise de Beyrouth[37] ;
  • Sur son ordre, les √©glises d'Antioche sont ferm√©es, et la principale basilique en est profan√©e sans qu'il s'y oppose et avec la complicit√© de ses parents[37].

Au XXe si√®cle, les trois images, Julien l'apostat, Julien le philosophe et Julien le h√©ros d'une cause perdue, se prolongent non seulement dans la litt√©rature de fiction, mais m√™me dans les ouvrages de r√©flexion (avec parfois des variantes : un Julien philosophe ath√©e se cachant sous un paganisme affich√©, selon Alexandre Koj√®ve).

Point de vue

Eutrope sur Julien

L'historien Eutrope qui participe √† l'exp√©dition contre les Perses, en mars 363, en compagnie de l'empereur Julien, dit de lui dans son Abr√©g√© de l'Histoire Romaine (traduction de N-A Dubois, 1865) :

¬ę Il fut un grand prince, et e√Ľt parfaitement bien gouvern√© l‚Äô√©tat, si les destins lui eussent prolong√© ses jours. Il √©tait tr√®s savant, surtout dans la langue grecque qu‚Äôil poss√©dait incomparablement mieux que la langue latine. Il √©tait tr√®s √©loquent, et avait une m√©moire des plus heureuses et des plus fid√®les; il tenait un peu trop du philosophe en bien des choses ; il fut tr√®s lib√©ral envers ses amis mais il n‚Äôeut pas dans certaines rencontres toute l‚Äôattention que devait avoir un grand prince. Quelques-uns m√™me prirent de l√† occasion de donner atteinte √† sa gloire. Il fut tr√®s √©quitable l‚Äô√©gard des provinces, et diminua autant qu‚Äôil le put les imp√īts dont elles √©taient charg√©es; se montra affable √† tous, et eut peu de soin l‚Äôenrichir l‚Äô√©pargne. Sa passion pour la gloire l‚Äôemporta souvent √† de grands exc√®s; grand pers√©cuteur des Chr√©tiens, il ne r√©pandait pas n√©anmoins leur sang, √† l‚Äôexemple de Marc-Antonin, qu‚Äôil s‚Äôeffor√ßait de copier en tout ¬Ľ

‚ÄĒ Eutrope, Abr√©ge de l'Histoire romaine, livre X, XIV, [1]

Montaigne sur Julien

Julien est mentionn√© dans les Essais de Montaigne avec une certaine sympathie. L'auteur rappelle qu'il e√Ľt √©t√© tout aussi l√©gitime de qualifier √©galement d'apostats son pr√©d√©cesseur et ses successeurs. En effet, il n'aurait fait qu'essayer de revenir dans le sein de la religion romaine traditionnelle (quoique sur une forme plus moderne) √† une √©poque o√Ļ la population de l'Empire demeure tr√®s massivement pa√Įenne. Ce rappel prenait beaucoup de sens dans une France alors tiraill√©e entre le catholicisme et la R√©forme.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Julien, Discours de Julien empereur. Misopogon, 22
  2. ‚ÜĎ par exemple * Fran√ßois Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, √©dition Errance, 1995, (ISBN 2877722260), p 152
  3. ‚ÜĎ Julien, Discours de Julien C√©sar. Au S√©nat et au peuple d'Ath√®nes, 3
  4. ‚ÜĎ Julien, Lettres, I, 2
  5. ‚ÜĎ Julien, Les C√©sars, Discours de Julien l'Empereur"
  6. ‚ÜĎ Eunape, Vie des philosophes et des sophistes, VI
  7. ‚ÜĎ Aude de Saint Loup, introduction du Misopogon, Les Belles Lettres, 2003
  8. ‚ÜĎ Ammien Marcellin, Histoires, livre XV, II, 7-8
  9. ‚ÜĎ Gr√©goire de Nazianze, Discours, V, 23
  10. ‚ÜĎ Ammien Marcellin, Histoires, XXV
  11. ‚ÜĎ Par exemple Fran√ßois Zosso et Christian Zingg, ouvrage pr√©cit√©, Paul Petit, etc
  12. ‚ÜĎ Julien, Au S√©nat et au peuple d'Ath√®nes, 5
  13. ‚ÜĎ Ammien Marcellin, Histoires, livre XV, VIII, 4-18
  14. ‚ÜĎ Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, 5
  15. ‚ÜĎ Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, 3, 4 et 7
  16. ‚ÜĎ Julien l'empereur, Misopogon, 7
  17. ‚ÜĎ >Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, 10
  18. ‚ÜĎ Mamertin, Discours de remerciement √† Julien, 1er juin 362, IV, √©dition Galletier, Paris, 1955
  19. ‚ÜĎ Ammien Marcellin, Histoires, livre XVIII, I
  20. ‚ÜĎ Ammien Marcellin, Histoires, livre XVI, 6
  21. ‚ÜĎ Certains critiques ont interpr√©t√© cet √©dit de tol√©rance comme un moyen d'aviver les tensions entre les chr√©tiens.
  22. ‚ÜĎ Th√©odoret en t√©moigne dans son Histoire eccl√©siastique : Hist. Eccl. III, 8.
  23. ‚ÜĎ Lettre 61.
  24. ‚ÜĎ Th√©odoret, Hist. Eccl. III, IX (traduction Cousin)
  25. ‚ÜĎ CG
  26. ‚ÜĎ bien qu'il ait √©t√© √©lev√© dans cette religion, il ne les nomme pas ¬ę chr√©tiens  ¬Ľ- pas plus qu'il ne parle de ¬ę christianisme  ¬Ľ - mais ¬ę galil√©ens ¬Ľ
  27. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ Martin Allisson, Les Religions de l'empereur Julien : pratiques, croyances et politiques, M√©moire sous la direction de M. Jean-Jacques Aubert, Universit√© de Neuch√Ętel, Facult√© des Lettres et Sciences Humaines, Sciences de l'Antiquit√©, f√©vrier 2002
  28. ‚ÜĎ Peter Sch√§fer, Judeophobia, Attitudes towards the Jews in the Ancient World, Harvard University Press, 1997, pp. 192-195, cit√© par M. Allisson, op. cit.
  29. ‚ÜĎ Julien, CG, 306 B
  30. ‚ÜĎ Voir par exemple W.A. Meeks & R.L. Wilken, Jews and Christians in Antioch in the First Four Centuries of the Common Era (SBL. Sources‚Ķ 13), Missoula (Montana), 1978, p. 27-30. Voir aussi le t√©moignage de Th√©odoret : Hist. Eccl. III, 20. (traduction Cousin).
  31. ‚ÜĎ Cela figurerait dans le Misopogon. En r√©alit√©, ce discours ne contient rien de tel. Il mentionne simplement le transfert des restes de saint Babylas de Daphn√© au cimeti√®re d'Antioche.
  32. ‚ÜĎ Gr√©goire de Nazianze, Discours, V, 29
  33. ‚ÜĎ Sozom√®ne, Histoire eccl√©siastique, V, 2, cit√© in Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines √† Jeanne d'Arc, neuvi√®me √©dition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 149. Le texte de Sozom√®ne tend √† indiquer qu'il s'agirait de Basile d'Ancyre, mais celui-ci √©tait toujours en vie sous Jovien.
  34. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Gr√©goire de Nazianze, Discours ; Sozom√®ne, Histoire eccl√©siastique, V, 10, in Jean Guiraud, ibid., p. 149.
  35. ‚ÜĎ Ammien Marcellin, Histoires, XXII, 10
  36. ‚ÜĎ Les citations pr√©c√©demment indiqu√©es de Gr√©goire de Nazianze sont √©galement tir√©es de son ouvrage
  37. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ Paul Allard, Julien l'Apostat, II, 273, cit√© in Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines √† Jeanne d'Arc, neuvi√®me √©dition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 148.

Bibliographie

Ňíuvres
  • trad. des Ňíuvres compl√®tes par Eug√®ne Talbot (1863) en ligne [2]
  • Ňíuvres compl√®tes trad. Jean Bidez, Les Belles Lettres, Paris
  1. t. I, 1√®re partie : Discours de Julien C√©sar (Discours I-IV), √©dition 193, r√©√©dition 2003, 431 p. : √Čloge de l'empereur Constance, √Čloge de l'imp√©ratrice Eus√©bie, Les actions de l'empereur ou De la Royaut√©, Sur de le d√©part de Salluste, Au S√©nat et au peuple d'Ath√®nes
  2. t. II, 1√®re partie : Discours de Julien l'Empereur (Discours VI-IX), √©dition 1963, r√©√©dition 2003, 314 p. : √Ä Th√©mistius, Contre Hi√©rocleios le Cynique, ''Sur la M√®re des dieux, Contre les cyniques ignorants
  3. t. II, 2e partie : Discours de Julien l'Empereur (Discours X-XII), √©dition 1964, r√©√©dition 2003, 332 p. : Les C√©sars, Sur H√©lios-Roi, Le Misopogon,
  4. Lettres et fragments, édition 1924, réédition 2003, XXIV-445 p.
  • Misopogon, texte grec et traduction fran√ßaise de Ch. Lacombrade, Les Belles Lettres, 2003, (ISBN 2-251-79970-2)
√Čtudes anciennes

Deux points de vue oppos√©s (mais bien document√©s) :

  • Voltaire, Dictionnaire philosophique, s.v. ¬ę Apostat ¬Ľ et ¬ę Julien ¬Ľ, 1 et 2;
  • P. Allard, Julien l'Apostat, 2 (gros) vol., 1900.
√Čtudes contemporaines
  • Claude Fouquet, "Julien, la mort du monde antique", √Čditions de l'Harmattan, Paris 2009 ;
  • G. W. Bowersock, Julien l'Apostat, Armand Colin, 2008 ;
  • Lucien Jerphagnon, Julien dit l'Apostat, Tallandier, 2008 ;
  • Jean Bouffartigue, Les t√©n√®bres et la crasse. L'empereur Julien et sa jeunesse chr√©tienne, in Daniel Tollet et Pierre Maraval (dir.), la religieon que j'ai quitt√©e, √©d. Presses Paris Sorbonne, 2007, p. 25-38, article en ligne ;
  • Jean Bouffartigue, L'Empereur Julien et la culture de son temps, 1992 ;
  • L'Empereur Julien, de l'histoire √† la l√©gende, 2 vol., 1978 (Actes d'un colloque) ;
  • Lucien Jerphagnon, Julien, dit l'Apostat, Histoire naturelle et sociale..., 1986 ;
  • (en) Gore Vidal, Julian , roman historique, 1964 ; (fr) Julien, traduction par Jean Rosenthal, Galaade √Čditions, 1987, 2006 ;
  • Benoist-M√©chin : L'empereur Julien ou le r√™ve calcin√©., √©d. Librairie Acad√©mique Perrin, 1977.
Th√©√Ętre
  • Regis Debray, Julien le fid√®le, le banquet des d√©mons, √©d. Gallimard, 2005.

Voir aussi

Liens internes

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Liens externes

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  • apostat ‚ÄĒ apostat, ate [ ap…Ēsta, at ] adj. et n. ‚ÄĘ 1265; lat. eccl√©s. d o. gr. apostata ‚ô¶ Qui a apostasi√©. Julien l Apostat. Par ext. Moine apostat. ‚ôĘ Fig. Qui renonce √† une opinion, √† une cause. ‚áí d√©serteur, ren√©gat. Un apostat du communisme. ‚óŹ apostat… ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • apostat ‚ÄĒ APOSTAT. s. m. Celuy qui a quitt√© la vraye Religion. Julien l Apostat. Il se dit aussi d un Moine qui renonce √† ses voeux & √† son habit. C est un apostat, un Moine apostat ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie fran√ßaise


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