Julien (empereur romain)


Julien (empereur romain)
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Julien
Empereur romain
Image illustrative de l'article Julien (empereur romain)
Pièce de bronze représentant Julien, v.360-363.
Règne
D’abord César (355361), puis usurpateur et légitime
3 novembre 361 - 26 juin 363 (~2 ans)
Période Constantiniens
Prédécesseur(s) Constance II
Successeur(s) Jovien
Biographie
Naissance 331 ou 332 - Constantinople
Nom originel Flavius Claudius Julianus
Décès 26 juin 363 (31 ans)
Ctesiphon (Parthie)
Père Jules Constance
Mère Basilina
Épouse(s) Hélène (355 - ?)
Liste des empereurs romains

Flavius Claudius Julianus (331 ou 332 - 26 juin 363), nommé Julien l'Apostat par la tradition chrétienne, aussi appelé Julien le Philosophe ou Julien II (par référence au précédent empereur Didius Julianus), ou encore Julien l'Empereur, est nommé César en Gaule de 355 à 361 par Constance II, puis proclamé empereur romain à part entière de 361 à 363. Il doit son surnom d'« apostat » à sa volonté de rétablir le paganisme dans l'empire romain, alors qu'il avait été élevé dans la religion chrétienne (plus précisément dans l'arianisme, sous la direction des évêques Eusèbe de Nicomédie, puis Georges de Cappadoce). Il a produit des écrits critiques contre le christianisme qui, avec le Discours Vrai de Celse, sont le meilleur témoin de l'opposition païenne au christianisme.

Sommaire

Biographie

Lettre - édit de l'empereur Julien à Secundus, préfet du prétoire d'Orient concernant le jugement d'affaires mineures. Copie en latin trouvée à Amorgos (CIL III, 459 ; Musée épigraphique d'Athènes)

Ses origines

Neveu de Constantin Ier, qui est le demi-frère de son père Jules Constance, il est le dernier survivant, avec son demi-frère Gallus, de la branche cadette des descendants de l'empereur Constance Chlore. La mère de Julien est la très jeune Basilina, qui décède quelques mois après l'avoir mis au monde[1]. Sa date de naissance est incertaine, novembre ou décembre 331[2] ou mai/juin 332.

À la fin de l'été 337, le décès de Constantin Ier laisse une succession non réglée. Julien a alors six ans, lorsque des soldats massacrent les membres de la famille impériale qui ne sont pas issus de Constantin. Seul Julien et son demi-frère Gallus, qui gît gravement malade dans un lit, sont épargnés. Tous les biens de son père sont confisqués par les trois successeurs de Constantin Ier, Constantin II, Constant Ier et Constance II que Julien considéra comme les instigateurs de ce massacre.

L'éducation de Julien est confiée à l'évêque Eusèbe de Nicomédie, qu'il suit peut-être à Constantinople quand celui-ci s'empare du siège épiscopal de la capitale, à moins qu'il ne soit resté relégué à Nicomédie. Il a pour pédagogue l'eunuque Mardonios, Goth d'origine, qui avait déjà été celui de Basilina. Mardonios l'initie aux grands classiques de la culture grecque, Homère et Hésiode, et lui donne la passion de la lecture. Julien tiendra de son éducation stricte l'habitude humble de garder les yeux baissés et le mépris des spectacles publics[1], mais gardera un souvenir heureux de son enfance avec Mardonios.

À une date indéterminée, mais après la mort d'Eusèbe de Nicomédie en 341, Constance II assigne Julien à résidence sous la tutelle de l'évêque de Césarée Georges de Cappadoce dans la forteresse de Macellum en Cappadoce. Il y retrouve son demi-frère aîné Gallus. On estime que la différence d'âge (entre six et huit ans) et de tempérament ne fut pas propice à l'établissement d'une complicité affective. Ils y passeront six ans dans un isolement total, interdits de visite et en seule compagnie des domestiques[3]. Pendant ce séjour, ils pourraient avoir reçu le baptême.

Georges de Cappadoce donne accès aux jeunes gens à sa bibliothèque qui contient à côté de textes chrétiens des œuvres de philosophie antique, que Julien pourrait avoir lues alors : Platon, Aristote, Socrate, Théophraste, et, plus récents, les néo-platoniciens Plotin, Porphyre et Jamblique. Mais on ignore s'il s'est enthousiasmé dès cette époque (ou seulement plus tard) par la théologie solaire de ce dernier et ses discours sur le dieu Hélios, dont il ressentit plus tard directement et intimement la présence[4]. Il pourrait, alors, avoir résolu de se détacher du christianisme, la religion prônée par les empereurs qui ont massacré sa famille et au nom de laquelle ils se sont absous de tous leurs homicides[5].

Toujours durant cette période de relégation, Julien et Gallus ont vraisemblablement été baptisés, contrairement à la pratique de l'époque destinant le baptême aux personnes adultes et volontaires, voire aux mourants souhaitant se purifier juste avant leur trépas. Les commentateurs favorables à Julien, comme Montaigne et Voltaire, ont souligné que ce baptême lui avait été imposé contre son gré, et ne pouvait donc être considéré comme valable, ce qui nierait l'accusation d'apostasie.

À partir de 347, Julien est autorisé à revenir à Constantinople, puis à Nicomédie en 351. Il y aurait suivi indirectement l'enseignement du sophiste Libanios. Séjournant ensuite à Pergame chez Oribase, il entre en relation avec Priscus et Maxime d'Éphèse, élèves de Jamblique qu'il admire profondément[6], qui encouragent son mysticisme solaire[7].

En 350, Constance II doit faire face à l'usurpation de Magnence en Gaule. Pour maintenir une présence impériale en Orient face aux Perses tandis qu'il se rend en Occident, Constance II, attaché comme son père au principe dynastique (tous ses frères ayant été tués), promeut en 351 Gallus au rang de César à Antioche. Hissé à cette responsabilité sans aucune préparation, et de tempérament coléreux, Gallus réagit avec brutalité face aux difficultés et aux oppositions. Il va même jusqu'à faire mettre à mort le préfet du prétoire de Constance II envoyé pour s'enquérir de ses difficultés. En 354, Constance II faisant suite aux plaintes contre Gallus, le rappelle, le destitue et le fait exécuter.

Peu après, dans le climat délétère de répression visant les anciens fonctionnaires de Gallus, Julien est à son tour convoqué à la cour impériale à Milan et mis sous surveillance pendant plusieurs mois à Côme. Des courtisans insinuent une connivence possible entre lui et Gallus. L'intervention de la nouvelle impératrice Eusébie, seconde épouse de Constance, sauve Julien et lui rend sa liberté de mouvement[8].

Durant l'été 355, Julien peut approfondir ses études de philosophie à Athènes. Il y côtoie Basile de Césarée et Grégoire de Nazianze, qui deviendra évêque et sera un de ses adversaires les plus féroces. Grégoire donne un portrait très partisan du « prodigieux abrutissement » de l'étudiant Julien « cou branlant … épaules remuantes et tressautantes…regard exalté … pieds qui ne tenaient pas en place, parole hachée par la respiration dont le débit s'arrêtait brusquement, questions incohérentes et inintelligibles, réponses qui ne valaient pas mieux[9] ». Plus neutre Ammien Marcellin évoque son "naturel impulsif" et sa tendance "à parler fort abondamment et se taire très rarement"[10]. On peut voir dans ce tempérament nerveux et cette expression orale mal maitrisée le résultat d'une enfance traumatisée et d'une adolescence passée dans l'isolement forcé.

Lors de ce séjour à Athènes, et quoique l'on ne dispose pas de preuves formelles, les historiens modernes considèrent que Julien se fait initier aux mystères d'Éleusis[11]

Son accession au pouvoir

Les débuts du César des Gaules

Fin 355, Julien est soudainement rappelé à la cour. À sa grande gêne, les eunuques du palais lui rasent la barbe qu'il avait adoptée à la mode des philosophes, et le vêtent d'une chlamyde, lui donnant selon ses propres termes, « l'aspect d'un soldat ridicule[12] ». Le 6 novembre, Constance II le présente à l'armée, et lui décerne le titre de César, c'est-à-dire de vice-empereur. Il épouse à cette époque Hélène, la sœur de l'empereur, dite « la jeune », par opposition à sa grand-mère l'impératrice. Début décembre, Julien part en Gaule avec une escorte réduite pour contrer les ravages des Alamans[13] . Il voit cette promotion similaire à celle de Gallus comme une charge dangereuse, comme il en témoigne lui-même :

« Je ne dois pas omettre de raconter ici comment j'ai consenti et choisi de vivre sous le même toit que ceux dont je savais qu'ils avaient miné toute ma famille, et dont je soupçonnais qu'il ne leur faudrait pas beaucoup de temps avant de comploter contre moi. J'ai versé des torrents de larmes, j'ai poussé des gémissements. J'ai tendu les mains vers votre Acropole, quand je reçus l'appel, et j'ai prié Athéna de sauver son suppliant, de ne pas l'abandonner. Beaucoup d'entre vous m'ont vu et en sont témoins. La déesse même, plus que quiconque, sait que je lui ai demandé de me faire mourir à Athènes plutôt que de me laisser faire ce voyage. Or, la déesse n'a pas trahi ni abandonné son suppliant ; elle l'a montré par des faits. Car partout elle m'a guidé, et de tous côtés elle m'a entouré d'anges gardiens que le Soleil et la Lune lui avaient accordés »

— Lettre aux Athéniens, 274d-275b, 276c-277a

La défense de la Gaule avait été désorganisée par les usurpations de Magnence puis de Silvanus. Les Alamans avaient pris et mis à sac de nombreuses forteresses sur la rive gauche du Rhin, dont Cologne, Mayence, Bonn, Bingen, qu'ils occupaient encore. L'arrivée de Julien à Vienne est bien accueillie, il profite du souvenir prestigieux de ses parents Constance Ier et Constantin, mais il ne lui est attribué qu'un rôle honorifique, à l'image de son titre de consul pour l'année 356 : il est en fait étroitement encadré par le général Marcellus, et constamment espionné par les hauts fonctionnaires fidèles à Constance II.

Cependant, contre toute attente, cet intellectuel pétri d'hellénisme, nerveux et mal à l'aise va se révéler être un excellent administrateur et un stratège militaire efficace. Prenant Marc-Aurèle comme modèle, il récuse tout le faste impérial, et ne s'épargne aucune fatigue. Travailleur acharné, il acquiert rapidement une pratique courante du latin, (sa langue maternelle étant le grec), il fait son éducation militaire et apprend à marcher au pas cadencé, se nourrissant comme les soldats et couchant à la dure[14].

Pendant ce temps, la pression des Alamans se maintient et menace Autun. Pourtant les généraux romains restent passifs : Constance a affecté la direction de l'armée en Gaule à Marcellus, tout en laissant son prédécesseur Ursicin en fonction. Les deux se détestent et se neutralisent l'un l'autre continuellement.

Fin juin 356, Julien prend la direction de quelques unités, et, après avoir fait lever le siège d'Autun, rejoint à Reims les forces commandées par Marcel et Ursicin. Il reprend alors le contrôle de plusieurs places sur le Rhin, notamment Cologne, dont il fait remettre en état les fortifications. Impressionnés par la contre-offensive de l'armée romaine, des délégations de Francs demandent à traiter avec Julien. Après ces succès, les troupes romaines sont réparties dans plusieurs cités pour la durée de l'hiver. Julien s'installe à Sens, avec une faible garnison. Les Alamans mettent alors à profit la dispersion des forces romaines pour attaquer la ville, et y bloquent Julien pendant un mois, avant de devoir lever leur siège, lassés par la résistance romaine. Marcellus, cantonné à proximité mais qui n'avait rien tenté pour secourir les assiégés, est renvoyé avec l'assentiment de Constance, qui ne pouvait tolérer qu'on expose un César, quel qu'il soit, à la possibilité d'une capture ou d'une mort humiliante face aux barbares. Toutefois, Julien prévoit que Marcellus va le calomnier dès son arrivée à la cour de Constance. Par précaution, il délègue à Milan un homme de confiance, son chambellan Euthère. Tandis que Marcellus insinue que Julien est un ambitieux qui veut voler de ses propres ailes, Euthère garantit sur sa propre vie l'absolue fidélité de Julien à l'empereur. Convaincu par l'assurance d'Euthère, Constance renvoie Marcellus dans sa ville natale, [15].

L'installation à Lutèce

A partir de 357, Julien prend ses quartiers d'hiver à Lutèce (Paris), cité mineure mais relativement proche des frontières du Rhin et facile à défendre grâce à la Seine qui l'entoure comme un rempart naturel. Julien apprécie l'endroit et y passe les hivers suivants. Il manque toutefois d'y laisser la vie : lors d'un hiver exceptionnellement glacial, il consent à la présence d'un brasero dans sa chambre, malgré son désir de s'endurcir, et subit un début d'asphyxie[16].

Son épouse Hélène préfère, quant à elle, séjourner en Italie où le climat s'avère plus clément. Enceinte, elle met au monde un garçon, mort-né. Selon Ammien Marcellin, l'impératrice Eusébie, stérile et jalouse de cette grossesse, aurait soudoyé la sage-femme pour qu'elle provoque une issue fatale lors de l'accouchement[17]. Hélène meurt vers 358, et Julien ne se remariera pas.

Julien s'entoure de quelques amis, tous païens, Oribase le rejoint comme médecin personnel, le Gaulois Saturninus Secundus Salustius, plus âgé que Julien, devient pour sa part un conseiller écouté.

L'administration des Gaules

Durant la pause hivernale, l'activité de Julien ne faiblit pas. Mamertin clame, dans son panégyrique, que Julien passait tout l’été dans les camps, et tout l’hiver sur le siège de juge[18]. Comme juge, il traite des affaires graves, mais ne prête pas attention à la délation qui a cours entre les fonctionnaires impériaux. Durant un jugement portant sur une accusation de dilapidation des fonds publics formulée contre l'ancien gouverneur de Narbonnaise, l'accusateur à court de preuves, finit par s'écrier « s’il suffit de nier, où seront désormais les coupables ? », à quoi Julien rétorque «  S’il suffit d’accuser, où seront les innocents ? »[19].

Lors des incursions barbares, les Gaules ont subi une désorganisation et un appauvrissement notables. Julien, qui refuse les impôts supplémentaires proposés par le préfet du prétoire Florentius pour couvrir les dépenses militaires, diminue au contraire les taxes pour soulager les populations épuisées. En cinq années, l'imposition en Gaule passe de 27 solidi à seulement 7. Malgré cela, les rentrées fiscales augmentent : les contribuables se sont en effet empressés d'acquitter leur dû de peur qu'il n'augmente. De plus, Julien fait surveiller les employés du fisc afin d'empêcher tout détournement, et n'accorde aucune remise d'arriérés, pratique qui avantageait les gros contribuables[20].

Les campagnes militaires

L'année suivante, en 357, Ursicin est également rappelé. Il est remplacé par Sévère, un officier expérimenté qui collaborera efficacement avec Julien. Celui-ci obtient pleinement le commandement et repousse les invasions des Alamans en 357 et 360 et des Francs en 358.

Toutefois, l'empereur, qui se défie de son César, est jaloux du prestige de celui-ci auprès de ses soldats et de ses subalternes. Désireux de lui retirer une part de son pouvoir, et ayant, par ailleurs, grandement besoin de troupes du fait de ses impératifs militaires sur le Danube et la frontière perse, Constance II exige en 360 de Julien qu'il lui envoie deux légions en renfort, puisque la Gaule venait d'être pacifiée. Que ce soit spontanément ou sous l'influence de Julien, ses soldats refusent et proclament leur officier empereur (Auguste), titre qu'il accepte. Constance refuse le fait accompli. En dépit d'appels de Julien à la conciliation, il marche contre celui qui n'est encore qu'un usurpateur. Il n'y aura cependant pas de bataille : Constance meurt en effet brutalement sur le chemin en 361. De son lit de mort, l'empereur, désireux de faire survivre la dynastie constantinienne, se résout à confier la pourpre impérial au seul descendant de Constance Chlore encore en vie, son cousin, Julien.

Son règne

Julian the Apostate Presiding at a Conference of Sectarians, de Edward Armitage, 1875, Walker Art Gallery, Liverpool.

Devenu maître de l'empire tout entier, Julien promulgue un édit de tolérance autorisant toutes les religions et il abroge les mesures prises non seulement contre le paganisme, mais aussi contre les Juifs et contre les chrétiens qui ne suivent pas le credo d'inspiration arienne qui avait la faveur de Constance[21].

En 362, il promulgue un édit qui interdit aux chrétiens d'enseigner la grammaire, la rhétorique et la philosophie[22], soit l'ensemble de l'instruction profane. Il justifie ainsi l'édit sur les chrétiens : « Qu'ils cessent d'enseigner ce qu'ils ne prennent pas au sérieux ou qu'ils l'enseignent comme la vérité et instruisent les élèves en conséquence[23]. » Parallèlement, il tente de réformer le paganisme sur le modèle des institutions chrétiennes (moralité des prêtres, création d'institutions charitables) et institue une hiérarchie des cultes autour du Dieu Soleil. Il favorise les cités païennes et la restauration de leurs temples. Malgré son indifférence devant les cas de vexations causées à des chrétiens, il ne prend pas de mesure de persécution en tant que telle. Il s'explique en déclarant qu'il souhaitait que les chrétiens reconnaissent eux-mêmes leur erreur et qu'il ne voulait pas les y forcer. Seuls quelques martyrs, comme Alexandre de Corinthe sont mentionnés sous son règne par la tradition chrétienne. Si Julien ordonne l'expulsion d'Athanase, patriarche d'Égypte[24] (déjà exilé sous Constantin Ier et Constance II), il condamne le massacre de l'évêque arien Georges d'Alexandrie.

Lorsqu'il s'attaque aux chrétiens, c'est par le biais de pamphlets et de réfutations : son Contre les Galiléens[25], fragmentaire, fait office de réquisitoire contre ceux-ci[26], tenants d'une religion nouvelle et sans racines[27]. Sa critique s'exerce par comparaison avec le judaïsme vis-à-vis duquel son attitude reprend les deux traditions de pensée qui se croisent alors, l'une hostile et l'autre plus tolérante. Son œuvre manifeste ainsi des sentiments ambivalents[28] à l'égard de la culture et la religion juive dont il respecte l'ancienneté des traditions, allant jusqu'à considérer, dans le Contre les Galiléens, que les Juifs et les Hellènes sont semblables[29]. Néanmoins Julien s'étonne qu'un dieu digne de ce nom se soit fait connaître dans une toute petite région et présente parfois les juifs comme un peuple inférieur[27]. Même s'il trouve les mythes des Juifs absurdes et incomplets, il admire la piété des juifs qui contraste avec le peu de ferveur des sujets païens de l'Empire[27]. C'est peut-être pour cela (et peut-être aussi pour des motifs politiques) qu'il ordonne la reconstruction du temple de Jérusalem[30], dont la construction sera abandonnée dès sa mort.

Julien manifeste son intention de revenir à un empire de forme moins autocratique et plus conforme à la tradition républicaine du principat telle qu'elle existait sous Auguste. Son règne n'en resta pas moins autoritaire. Après avoir réorganisé et assaini la lourde administration impériale, en réduisant en particulier le personnel du palais et celui affecté à la délation et à l'espionnage (les agentes in rebus), il s'installe à Antioche pour préparer une grande expédition militaire contre la Perse. Il entre assez vite en conflit avec la population de la métropole chrétienne, d'une part, à cause de son paganisme affiché, d'autre part, parce que sa rigueur morale s'oppose aux habitudes de vie ayant cours dans cette grande cité orientale.

L'attention de la tradition historique, tant chrétienne qu'anti-chrétienne, s'est focalisée sur la politique religieuse de Julien. Ce n'est cependant qu'une partie de sa politique dont le reste ne dépendait pas nécessairement. Ainsi, dans l'administration, il ne semble pas avoir marqué de préférence religieuse dans le recrutement du personnel : il s'entourait, de fait, comme ses prédécesseurs immédiats, de fonctionnaires de toute confession.

Sa fin

La campagne de Julien contre les Perses (363)

Au printemps 363, Julien se lance dans une vaste expédition militaire qui le mène jusqu'à Ctésiphon, capitale des Perses. Mais il doit entamer une retraite, au cours de laquelle, le 26 juin 363, il est mortellement blessé (bataille de Ctésiphon). L'historien chrétien Théodoret de Cyr écrivit un siècle plus tard que, transpercé par une flèche mortelle, Julien aurait prononcé ces derniers mots : « Tu as vaincu, Galiléen ! » (Vicisti, Galilæe). Ainsi, il aurait prédit la victoire inéluctable d'un christianisme pourtant encore minoritaire dans l'Empire.

Libanios, contemporain de Julien avance, d'ailleurs, que celui-ci aurait été assassiné au cours de la bataille par un soldat romain chrétien.

L'historien païen modéré Ammien Marcellin rapporte quant à lui les faits dont il a été le témoin, puisqu'il faisait partie de l'expédition de l'empereur. Il écrit, sur l'ultime combat de Julien :

« Au moment où Julien, oublieux de toute précaution, se précipitait témérairement au combat en levant les bras, et à grands cris, pour bien faire entendre que c'était la débâcle et la panique chez l'ennemi, et pour exciter ainsi la fureur des poursuivants, ses gardes blancs dispersés par l'effroi lui criaient de tous côtés d'éviter la masse des fuyards comme on fait pour l'écroulement incertain d'un toit qui menace ruine ; mais soudain, une lance de cavalerie (equestris hasta) égratigna la peau de son bras, lui transperça les côtes, et se ficha dans le lobe inférieur du foie. »

— Ammien Marcellin, XXV, 3, 6

.

La plupart des historiens contemporains s'accordent aujourd'hui sur cette version des faits.

Son œuvre littéraire et philosophique

Solidus de Julien

Julien est l'un des principaux auteurs grecs du IVe siècle. Il a écrit des lettres, des discours et un ouvrage critique contre le christianisme, le Contre les Galiléens. Ce dernier, jugé « démoniaque » par les époques ultérieures, a été détruit ou, du moins n'a pas été conservé. On en connaît cependant une bonne partie grâce au Contre Julien composé par Cyrille d'Alexandrie au Ve siècle (l'œuvre de Cyrille prouve que celle de Julien était encore jugée dangereuse 50 ans plus tard).

Adepte de la philosophie néoplatonicienne, il a néanmoins toujours tenu à préciser qu'il n'était pas parvenu au stade de philosophe à part entière et qu'il n'était dans ce domaine qu'un étudiant. C'est pourquoi il n'a pas écrit d'ouvrage proprement philosophique, même si la plupart de ses écrits s'inspirent explicitement de positions philosophiques. On peut distinguer parmi ses œuvres, outre le Contre les Galiléens :

  • des lettres à des amis ou à des personnages de son temps,
  • des écrits satiriques ou polémiques : Les Césars, Le Misopogon, Contre Héracleios, Contre les cyniques ignorants,
  • des écrits philosophico-religieux : Sur la Mère des dieux, Sur Hélios-Roi,
  • des écrits politiques ou philosophico-politiques : Lettre à Thémistius, Lettre aux Athéniens
  • des écrits rhétoriques : éloges de Constance (l'empereur, son cousin), d'Eusébie (impératrice, épouse de Constance), une consolation à soi-même.

Dans sa lettre au philosophe Thémistius, il écrit :

« Que personne ne me vienne diviser la philosophie en plusieurs parties, ou la découper en plusieurs morceaux, ou plutôt en créer plusieurs à partir d'une seule ! La vérité est une, et semblablement la philosophie est une, il n'y a pas lieu de s'étonner, cependant, si nous suivons tous d'autres chemins pour l'atteindre. Imaginons un étranger ou, par Zeus, un citoyen de jadis désirant retourner à Athènes. Il pouvait y aller en bateau ou à pied. S'il voyageait par terre, il pouvait se servir, à mon avis, des larges voies publiques, des sentiers ou des raccourcis. En naviguant, il pouvait longer les côtes, ou encore faire comme le vieillard de Pylos et traverser la haute mer. Qu'on ne vienne pas m'objecter que certains de ces voyageurs se sont égarés et qu'arrivés quelque part ailleurs, appâtés par Circé ou par les Lotophages, c'est-à-dire par le plaisir, par l'opinion ou par autre chose, ils ont négligé de poursuivre leur route et d'atteindre leur but. Qu'on examine plutôt les protagonistes de chaque secte, et on découvrira que tout s'accorde »

— Discours, VI, 184c-185a

Après la mort de Julien

Julien est devenu très tôt un mythe. Certains païens, en particulier Ammien Marcellin et Libanios, en ont fait un héros de tolérance, de vertu et d'énergie, un homme trop grand pour son temps, qui a succombé sous les coups de la mesquinerie et de la méchanceté (chrétienne, mais pas nécessairement) ambiantes. Inversement, les auteurs chrétiens l'ont présenté comme un imbécile frénétique (Grégoire de Nazianze, qui l'avait connu étudiant à Athènes), un monstre (les historiens ecclésiastiques qui lui attribuent diverses profanations et des sacrifices humains), un apostat pervers (toutes les mesures qu'il a prises, y compris son édit de tolérance visaient selon eux à lutter hypocritement contre le christianisme). Ainsi selon certains auteurs chrétiens, Julien se serait rendu, en plus d'une occasion, coupable d'actes de persécution violente :

  • Il fait profaner les tombeaux des chrétiens et les reliques ; et lui-même se vante d'avoir ordonné de « détruire tous les tombeaux des athées[31] » ;
  • Sur sa volonté, « les païens, mirent le feu aux sépulcres des martyrs, en même temps qu'ils brûlaient le corps de ceux-ci, mêlés par dérision aux plus vils ossements, et jetaient au feu les cendres[32] » ;
  • Des meurtres et des massacres de chrétiens suivent ou accompagnent ces confiscations d'églises. Antioche voit le martyre d'un certain Basile, prêtre d'Ancyre (qui n'est pas le théologien Basile d'Ancyre), coupable d'avoir tout haut prié Dieu de préserver les chrétiens de l'apostasie. Déféré pour ce fait au gouverneur de la province, et « ayant, pendant le procès souffert de nombreux tourments, il consomma intrépidement son martyre[33] » ;
  • À Héliopolis, le diacre Cyrille est assassiné, des religieuses, exposées nues devant le peuple, outragées, torturées, dépecées ; « des misérables goûtèrent de leur foie et, arrachant leurs entrailles pantelantes, les jetèrent saupoudrées d'orge à des porcs[34] » ;
  • À Antioche, les prêtresses d'Aphrodite organisèrent des orgies publiques, avec des prostituées et des homosexuels. Les Chrétiens qui refusèrent d'y participer furent maltraités. La cathédrale de la ville fut saccagée, les fonts baptismaux remplis avec de l'urine et des excréments, et des piles de Bibles jetées au feu. A Damas et à Emese, les églises furent brûlées, sauf une qui est reconvertie en temple de Dionysos[35].
  • À Gaza, le fanatisme païen, déchaîné par l'exemple de l'empereur, accomplit de semblables crimes[34] ;
  • Sur la défense faite aux chrétiens d’« apprendre et d'enseigner » les belles lettres, l'historien Ammien Marcellin, tout païen qu'il fût, déplore lui-même de telles iniquités : « C'est un acte barbare, qu'il faut couvrir d'un éternel silence[36] ».

Cette image négative prévaut tout au cours du Moyen Âge et de l'époque classique, bien que le personnage ait fasciné occasionnellement des originaux (ainsi Montaigne). Ainsi une tradition médiévale met au compte de Julien une série de martyrs en Lorraine, frappant la famille de saint Élophe.

Au XVIIIe siècle, les philosophes (Voltaire en particulier) veulent le réhabiliter, au titre de champion des lumières contre l'obscurantisme chrétien et de champion de la liberté contre l'absolutisme de ce qu'ils appellent « Bas Empire ». Le romantisme (par exemple Alfred de Vigny) s'est passionné à son tour pour le personnage, voyant en lui un romantique avant la lettre, esprit lucide et désespéré, incompris de son siècle et dont la mort en pleine jeunesse donnait le signal du triomphe des médiocres. En 1873, Henrik Ibsen a écrit sur Julien une tragédie gigantesque en dix actes, Empereur ou Galiléen.

Néanmoins, les jugements négatifs perdurent : ainsi dans un ouvrage publié en 1911, Jean Guiraud, fondateur de l’Association catholique des chefs de famille et rédacteur de manuels scolaires à destination des établissements privés, décrit ainsi l'action de Julien :

« Il a combattu le christianisme par la violence. Surtout par la persécution légale [...] : chrétiens exclus des emplois publics ; chrétiens victimes de l'injustice légale ; chrétiens privés de la liberté d'enseignement »

— Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Éditeurs, Paris 1911, p. 146

Jean Guiraud dresse aussi un catalogue qu'il qualifie d'actions persécutrices[37] :

  • Il confisque la cathédrale de Césarée en Cappadoce[38] ;
  • Il fait brûler l'église de Beyrouth[38] ;
  • Sur son ordre, les églises d'Antioche sont fermées, et la principale basilique en est profanée sans qu'il s'y oppose et avec la complicité de ses parents[38].

Au XXe siècle, les trois images, Julien l'apostat, Julien le philosophe et Julien le héros d'une cause perdue, se prolongent non seulement dans la littérature de fiction, mais même dans les ouvrages de réflexion (avec parfois des variantes : un Julien philosophe athée se cachant sous un paganisme affiché, selon Alexandre Kojève).

Point de vue

Eutrope sur Julien

L'historien Eutrope qui participe à l'expédition contre les Perses, en mars 363, en compagnie de l'empereur Julien, dit de lui dans son Abrégé de l'histoire romaine (traduction de N-A Dubois, 1865) :

« Il fut un grand prince, et eût parfaitement bien gouverné l’état, si les destins lui eussent prolongé ses jours. Il était très savant, surtout dans la langue grecque qu’il possédait incomparablement mieux que la langue latine. Il était très éloquent, et avait une mémoire des plus heureuses et des plus fidèles; il tenait un peu trop du philosophe en bien des choses ; il fut très libéral envers ses amis, mais il n’eut pas dans certaines rencontres toute l’attention que devait avoir un grand prince. Quelques-uns même prirent de là occasion de donner atteinte à sa gloire. Il fut très équitable à l’égard des provinces, et diminua autant qu’il le put les impôts dont elles étaient chargées; se montra affable à tous, et eut peu de soin d’enrichir l’épargne. Sa passion pour la gloire l’emporta souvent à de grands excès ; grand persécuteur des Chrétiens, il ne répandait pas néanmoins leur sang, à l’exemple de Marc-Antonin, qu’il s’efforçait de copier en tout »

— Eutrope, Abrégé de l'histoire romaine, livre X, XIV, [1]

Montaigne sur Julien

Dans le contexte des guerres de religions, Julien est mentionné dans les Essais de Montaigne (II, 19, De la liberté de conscience) avec une certaine sympathie. L'auteur considère qu'il aurait été tout aussi légitime de qualifier d'apostats son prédécesseur et ses successeurs. En effet, l’empereur n'aurait fait qu'essayer de revenir à la religion traditionnelle de Rome à une époque où la population de l'Empire demeurait majoritairement païenne.

Notes et références

  1. a et b Julien, Discours de Julien empereur. Misopogon, 22.
  2. par exemple * François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, édition Errance, 1995, (ISBN 2877722260), p. 152.
  3. Julien, Discours de Julien César. Au Sénat et au peuple d'Athènes, 3.
  4. Julien, Lettres, I, 2.
  5. Julien, Les Césars, Discours de Julien l'Empereur".
  6. Eunape, Vie des philosophes et des sophistes, VI.
  7. Aude de Saint Loup, introduction du Misopogon, Les Belles Lettres, 2003.
  8. Ammien Marcellin, Histoires, livre XV, II, 7-8.
  9. Grégoire de Nazianze, Discours, V, 23.
  10. Ammien Marcellin, Histoires, XXV.
  11. Par exemple François Zosso et Christian Zingg, ouvrage précité, Paul Petit, etc.
  12. Julien, Au Sénat et au peuple d'Athènes, 5.
  13. Ammien Marcellin, Histoires, livre XV, VIII, 4-18.
  14. Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, 5.
  15. Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, 3, 4 et 7.
  16. Julien l'empereur, Misopogon, 7.
  17. >Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, 10.
  18. Mamertin, Discours de remerciement à Julien, 1er juin 362, IV, édition Galletier, Paris, 1955.
  19. Ammien Marcellin, Histoires, livre XVIII, I.
  20. Ammien Marcellin, Histoires, livre XVI, 6.
  21. Certains critiques ont interprété cet édit de tolérance comme un moyen d'aviver les tensions entre les chrétiens.
  22. Théodoret en témoigne dans son Histoire ecclésiastique : Hist. Eccl. III, 8.
  23. Lettre 61.
  24. Théodoret, Hist. Eccl. III, IX (traduction Cousin).
  25. CG.
  26. bien qu'il ait été élevé dans cette religion, il ne les nomme pas « chrétiens  »- pas plus qu'il ne parle de « christianisme  » - mais « galiléens ».
  27. a, b et c Martin Allisson, Les Religions de l'empereur Julien : pratiques, croyances et politiques, Mémoire sous la direction de M. Jean-Jacques Aubert, Université de Neuchâtel, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Sciences de l'Antiquité, février 2002.
  28. Peter Schäfer, Judeophobia, Attitudes towards the Jews in the Ancient World, Harvard University Press, 1997, pp. 192-195, cité par M. Allisson, op. cit.
  29. Julien, CG, 306 B.
  30. Voir par exemple W.A. Meeks & R.L. Wilken, Jews and Christians in Antioch in the First Four Centuries of the Common Era (SBL. Sources… 13), Missoula (Montana), 1978, p. 27-30. Voir aussi le témoignage de Théodoret : Hist. Eccl. III, 20. (traduction Cousin).
  31. Cela figurerait dans le Misopogon. En réalité, ce discours ne contient rien de tel. Il mentionne simplement le transfert des restes de saint Babylas de Daphné au cimetière d'Antioche.
  32. Grégoire de Nazianze, Discours, V, 29.
  33. Sozomène, Histoire ecclésiastique, V, 2, cité in Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 149. Le texte de Sozomène tend à indiquer qu'il s'agirait de Basile d'Ancyre, mais celui-ci était toujours en vie sous Jovien.
  34. a et b Grégoire de Nazianze, Discours ; Sozomène, Histoire ecclésiastique, V, 10, in Jean Guiraud, ibid., p. 149.
  35. Sources : Jean Chrysostome, In sanctum Babylam contra Julianum et Gentiles, XIV ; Théodoret de Cyr, Histoire ecclésiastique, III, 7, 5 ; Sozomène, Histoire ecclésiastique, V, 8
  36. Ammien Marcellin, Histoires, XXII, 10.
  37. Les citations précédemment indiquées de Grégoire de Nazianze sont également tirées de son ouvrage.
  38. a, b et c Paul Allard, Julien l'Apostat, II, 273, cité in Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome I, Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Éditeurs, Paris 1911, p. 148.

Bibliographie

Œuvres
  • trad. des Œuvres complètes par Eugène Talbot (1863) en ligne [2]
  • Œuvres complètes trad. Joseph Bidez, Les Belles Lettres, Paris
  1. t. I, 1ère partie : Discours de Julien César (Discours I-IV), édition 193, réédition 2003, 431 p. : Éloge de l'empereur Constance, Éloge de l'impératrice Eusébie, Les actions de l'empereur ou De la Royauté, Sur de le départ de Salluste, Au Sénat et au peuple d'Athènes
  2. t. II, 1ère partie : Discours de Julien l'Empereur (Discours VI-IX), édition 1963, réédition 2003, 314 p. : À Thémistius, Contre Hiérocleios le Cynique, ''Sur la Mère des dieux, Contre les cyniques ignorants
  3. t. II, 2e partie : Discours de Julien l'Empereur (Discours X-XII), édition 1964, réédition 2003, 332 p. : Les Césars, Sur Hélios-Roi, Le Misopogon,
  4. Lettres et fragments, édition 1924, réédition 2003, XXIV-445 p.
  • Misopogon, texte grec et traduction française de Ch. Lacombrade, Les Belles Lettres, 2003, (ISBN 2-251-79970-2)
Études anciennes
  • Henry Fielding, Julien l'Apostat, ou voyage dans l'autre monde, traduit de Fielding, par le Sieur Kauffmann, 2 vol in-12, Amsterdam & Paris, Le Jay, 1768 (ouvrage fort rare)

Deux points de vue opposés (mais bien documentés) :

  • Voltaire, Dictionnaire philosophique, s.v. « Apostat » et « Julien », 1 et 2;
  • Paul Allard, Julien l'Apostat, 2 (gros) vol., Paris, V. Lecoffre, 1900.
Études contemporaines
  • Jean Bouffartigue, « Les ténèbres et la crasse. L'empereur Julien et sa jeunesse chrétienne », in Daniel Tollet et Pierre Maraval (dir.), la religion que j'ai quittée, éd. Presses Paris Sorbonne, 2007, p. 25-38, article en ligne ;
  • Glen Warren Bowersock, Julien l'Apostat, Armand Colin, Paris, 2008 ;
  • Lucien Jerphagnon, Julien dit l'Apostat, Tallandier, Paris, 2008 ;
  • Claude Fouquet, Julien, la mort du monde antique, L'Harmattan, Paris, 2009 ;
  • Jean Bouffartigue, L'Empereur Julien et la culture de son temps, 1992 ;
  • L'Empereur Julien, de l'histoire à la légende, 2 vol., 1978 (Actes d'un colloque) ;
  • Lucien Jerphagnon, Julien, dit l'Apostat, Histoire naturelle et sociale..., 1986 ;
  • (en) Gore Vidal, Julian , roman historique, 1964 ; (fr) Julien, traduction par Jean Rosenthal, Galaade Éditions, 1987, 2006 ;
  • Jacques Benoist-Méchin, L'empereur Julien ou le rêve calciné., éd. Librairie Académique Perrin, Paris, 1977.
Théâtre
  • Regis Debray, Julien le fidèle, le banquet des démons, éd. Gallimard, 2005.

Voir aussi

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