Josquin Des Prés

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Josquin Des Prés

Josquin des Prés

Josquin des Prés Josquin Desprez
Gravure sur bois d'après une peinture aujourd'hui perdue[1].
Gravure sur bois d'après une peinture aujourd'hui perdue[1].

Naissance vers 1450
Beaurevoir,France France
D√©c√®s 27 ao√Ľt 1521
Condé-sur-l'Escaut
Activité principale Compositeur
Activit√©s annexes chantre, ma√ģtre de chapelle

Josquin Lebloitte dit Josquin des Pr√©s n√© √† Beaurevoir (Picardie[2]) vers 1450 et mort √† Cond√©-sur-l'Escaut le 27 ao√Ľt 1521, souvent d√©sign√© simplement sous le nom de Josquin, est un compositeur franco-flamand de la Renaissance. Il est le compositeur europ√©en le plus c√©l√®bre entre Guillaume Dufay et Palestrina et est habituellement consid√©r√© comme la figure centrale de l'√©cole franco-flamande. Josquin est largement consid√©r√© par les sp√©cialistes comme le premier ma√ģtre du style polyphonique de la haute Renaissance, musique vocale qui allait √©merger au cours de sa vie.

Pendant le XVIe si√®cle, Josquin a graduellement acquis la r√©putation de plus grand compositeur de l'√©poque. La ma√ģtrise de sa technique et de son expression √©taient universellement admir√©es et imit√©es. Des auteurs aussi divers que Baldassare Castiglione ou Martin Luther ont √©crit au sujet de sa r√©putation et de sa renomm√©e. Des th√©oriciens comme Glar√©an et Gioseffo Zarlino ont jug√© son style comme le meilleur repr√©sentant de la perfection[3].

Il √©tait tellement admir√© que beaucoup de compositions anonymes lui ont √©t√© attribu√©es par des copistes, probablement pour augmenter leurs ventes[4]. Au moins 374 Ňďuvres lui sont imparties[5] ; c'est seulement √† l'arriv√©e des m√©thodes modernes d'analyse que certaines de ces attributions erron√©es ont pu √™tre r√©v√©l√©es, sur la base de la comparaison avec les caract√©ristiques de son style et de son √©criture. La seule Ňďuvre de sa propre main qui nous soit parvenue est un graffiti sur le mur de la Chapelle Sixtine et nous ne connaissons qu'une mention relative √† son caract√®re dans une lettre √† Hercule Ier d'Este, duc de Ferrare. La vie de douzaines de compositeurs mineurs de la Renaissance est mieux document√©e que celle de Josquin[6].

Il a √©crit de la musique sacr√©e et profane sous toutes les formes vocales propres √† l'√©poque et comprenant des messes, des motets, des chansons, et des frottoles. Au XVIe si√®cle, il √©tait vant√© pour son important apport m√©lodique et son usage de dispositifs techniques ing√©nieux. A l'√©poque moderne, les sp√©cialistes ont cherch√© √† compl√©ter sa biographie et ont essay√© de d√©finir les caract√©ristiques principales de son style pour corriger les erreurs d'attribution, t√Ęche particuli√®rement difficile. Comme Stravinsky plus de 400 ans plus tard, Josquin aimait r√©soudre des difficult√©s compositionnelles de diff√©rentes mani√®res dans ses Ňďuvres successives. Il √©crivait parfois dans un style aust√®re d√©nu√© de toute ornementation et composait d'autres fois une musique requ√©rant une virtuosit√© consid√©rable[7]. Glar√©an √©crivait en 1547 que Josquin n'√©tait pas seulement un "magnificent virtuoso" mais qu'il √©tait aussi capable de "moqueries" en utilisant la satire de mani√®re tr√®s efficace[8]. Au cours de ces derni√®res ann√©es, de nombreux sp√©cialistes se sont pr√©occup√©s de retirer des Ňďuvres du corpus de Josquin pour les r√©attribuer √† ses contemporains, cela ne l'emp√™che pas d'√™tre le compositeur le plus c√©l√®bre et le plus repr√©sentatif qui nous soit parvenu de la Renaissance[9].

Sommaire

Biographie

D'abord chanteur √† la coll√©giale de Saint-Quentin (Aisne) puis, de 1459 √† 1472, √† la cath√©drale de Milan (Italie), Josquin des Pr√©s entra en 1474 au service de Galeazzo Maria Sforza comme cantore di Cappella. Entre 1476 et 1504, il passa au service du cardinal duc Ascanio Sforza. De 1486 et 1494, il fut attach√© √† la chapelle pontificale, mais voyagea beaucoup : Milan, Mod√®ne, Nancy, Paris, Plaisance... Un temps musicien √† la cour du roi de France Louis XII, il fut ma√ģtre de chŇďur de la cath√©drale de Saint-Quentin en 1509. Vers 1500, il quitta Rome pour entrer au service du duc de Ferrare, aupr√®s duquel il restera jusqu'en 1515. Il fut alors nomm√© chanoine √† Cond√©-sur-l'Escaut jusqu'√† sa mort.

Naissance et début de la carrière

On conna√ģt peu de choses des premi√®res ann√©es de la vie de Josquin. L'essentiel est surtout d√©ductif et sp√©culatif bien que de nombreux indices aient √©merg√© de ses Ňďuvres et des √©crits de compositeurs contemporains ou de th√©oriciens et d'auteurs des g√©n√©rations suivantes. Josquin est n√© dans une r√©gion plac√©e sous l'autorit√© des ducs de Bourgogne et probablement dans le Comt√© de Hainaut (Belgique et France moderne), ou imm√©diatement apr√®s la fronti√®re dans la France actuelle, puisque plusieurs fois dans sa vie il a √©t√© consid√©r√© l√©galement en tant que Fran√ßais. Il a longtemps √©t√© confondu avec un homme au nom similaire, Josquin de Kessalia, n√© autour de l'ann√©e 1440, qui a chant√© √† Milan de 1459 √† 1474, et est mort en 1498. Il a √©t√© d√©montr√© que Josquin des Pr√©s √©tait n√© autour de 1450 ou quelques ann√©es plus tard et n'avait pas √©t√© en Italie avant les ann√©es 1480.

Vers 1466, peut-être à la mort de son père Gossart Lebloitte dit des Prez, Josquin est désigné comme leur héritier par son oncle et sa tante, Gilles Lebloitte dit des Prez et Jacque Banestonne. Selon Matthews et Merkley, "des Prez" était un surnom[10].

Selon Claude Hémeré, ami et bibliothécaire du cardinal de Richelieu dont le témoignage d'après les registres de la basilique de Saint-Quentin date de 1633[11], Josquin est devenu chantre à Saint-Quentin probablement autour de 1460, et était en charge de la musique de l'église.

Il a pu avoir √©tudi√© le contrepoint avec Ockeghem, qu'il a consid√©rablement admir√© durant toute sa vie : c'est ce que sugg√®re au XVIe si√®cle le t√©moignage de Gioseffo Zarlino et Lodovico Zacconi et l'√©loquente lamentation de Josquin sur la mort d'Ockeghem en 1497, Nymphes des bois /Requiem aeternam bas√© sur le po√®me de Jean Molinet[1]. Tous les registres de Saint-Quentin ont √©t√© d√©truits en 1669 ; toutefois la cath√©drale √©tait un important centre de production sous la protection royale pour la musique de toute la r√©gion. Jean Mouton et Loyset Comp√®re ont √©t√© enterr√©s l√†, et il est possible que les futures relations de Josquin avec la chapelle royale aient √©t√© initi√©es lors de ses premi√®res exp√©riences √† Saint-Quentin.

Les premi√®res traces de ses engagements sont dat√©es du 19 avril 1477, sur un registre prouvant qu'il √©tait chanteur √† la chapelle de Ren√©, duc d'Anjou, √† Aix-en-Provence o√Ļ il est certainement rest√© au moins jusqu'en 1478. Il n'existe pas de trace certaine de ses d√©placements pour la p√©riode allant de mars 1478 jusqu'en 1483, mais s'il est rest√© au service du roi Ren√© il a s√Ľrement suivi la cour √† Paris en 1481 avec la Chapelle royale. Un des premiers motets de Josquin, le Misericordias Domini in aeternum cantabo, sugg√®re une relation directe avec Louis XI. En 1483, Josquin retourne √† Cond√© pour r√©clamer l'h√©ritage de son oncle et sa tante qui ont pu avoir √©t√© tu√©s en mai 1478 par l'arm√©e de Louis XI qui avait enferm√© et br√Ľl√© vif la population dans l'√©glise lors du si√®ge de la ville[1].

Milan

La p√©riode de 1480 √† 1482 a embarrass√© les biographes : des t√©moignages contradictoires sugg√®rent, soit que Josquin √©tait toujours en France, soit qu'il √©tait d√©j√† au service de la famille Sforza et notamment d'Ascanio Sforza, qui avait √©t√© banni de Milan et r√©sidait temporairement √† Ferrare ou √† Naples.

La r√©sidence √† Ferrare au d√©but des ann√©es 1480 pourrait expliquer la Missa Hercules dux Ferrariae compos√©e pour Ercole d'Este bien qu'elle ne corresponde pas stylistiquement √† celles de la date de 1503-1504 √† laquelle on situe habituellement Josquin √† Ferrare. Une hypoth√®se alternative est bas√©e sur un document romain du milieu du XVIe si√®cle d√©crivant la cour hongroise de l'√©poque et incluant Josquin comme un des musiciens pr√©sent ; elle sugg√®re que Josquin aurait pass√© une partie de ce temps en Hongrie[12].

On sait qu'en 1483 ou 1484, Josquin est au service de la famille de Sforza à Milan. Toujours à leur service, il fait un ou plusieurs voyages à Rome et probablement aussi à Paris tandis qu'à Milan il fait la connaissance de Franchini Gaffurio, maestro di cappella de la cathédrale. En 1489, après une possible période de voyages, il est encore à Milan qu'il quitte cette année-là.

Rome

De 1489 √† 1495, Josquin est membre du chŇďur papal, d'abord sous Innocent VIII, et plus tard avec l'av√®nement des Borgia, sous le pape Alexandre VI. Il a alors pu faire l'objet d'un √©change de chanteurs avec Gaspar van Weerbeke qui est parti √† Milan en m√™me temps. Il se pourrait qu'il ait lui-m√™me grav√© dans le mur de la chapelle Sixtine le ¬ę JOSQUINJ ¬Ľ r√©cemment d√©couvert par des ouvriers qui restauraient la chapelle. Il √©tait habituel que les chanteurs gravent leur nom sur les murs et des centaines de noms ont √©t√© inscrits l√† pendant la p√©riode entre les XVe et XVIIIe si√®cles. Les probabilit√©s sont tr√®s fortes pour que Josquin soit √† l'origine de ce graffiti, auquel cas il s'agirait du seul autographe qui nous soit parvenu[13],[14].

Le style de Josquin a évolué vers la maturité pendant cette période. Comme à Milan il avait absorbé l'influence de la musique profane, à Rome il affine la technique de sa musique sacrée. Plusieurs de ses motets datent des années qu'il a passées à la chapelle papale.

Départ de Rome, puis la France

Comme le d√©montre un √©change de lettres entre la Maison Gonzague et la famille Sforza, Josquin est tr√®s probablement retourn√© au service des Sforza autour de 1498[15]. Il n'est sans doute pas rest√© longtemps √† Milan, puisqu'en 1499 Louis XII emprisonnera ses anciens employeurs lors de la conqu√™te de Milan pendant l'invasion du nord de l'Italie. Bien que la documentation relative √† sa carri√®re au tournant du si√®cle manque, on peut penser que Josquin est revenu en France √† cette √©poque. C'est sans doute avant de quitter l'Italie, qu'il a √©crit l'une de ses compositions de musique profane les plus c√©l√®bres, la frottola El Grillo bas√©e sur le psaume 30 In te Domine speravi. Cette derni√®re composition peut √™tre une allusion voil√©e au r√©formateur religieux Girolamo Savonarola qui avait √©t√© br√Ľl√© sur le b√Ľcher √† Florence en 1498 et pour qui Josquin semble avoir eu une v√©n√©ration particuli√®re. Le texte √©tait le psaume pr√©f√©r√© du moine qui en a laiss√© une m√©ditation inachev√©e en prison avant son ex√©cution[16].

On a tent√© de dater certaines des compositions de Josquin, telles que l'instrumental Vive le roy √† la p√©riode autour de 1500 o√Ļ il √©tait en France. Le motet Memor esto verbi tui servo tuo fut, selon Heinrich Glarean, √©crit dans le Dodecachordon de 1547, compos√© comme aimable rappel au roi de tenir sa promesse d'accorder √† Josquin un b√©n√©fice qu'il avait oubli√©. Selon le r√©cit de Glarean la manŇďuvre a r√©ussi : la cour a applaudi et le roi a remis son b√©n√©fice √† Josquin. Pour sa r√©ception, Josquin a, dit-on, √©crit un motet sur le texte Benefecisti servo tuo, Domine pour montrer sa gratitude au roi[17].

Ferrare

Hercule Ier d'Este était un important mécène de la Renaissance Italienne et fut l'employeur de Josquin en 1503 et 1504.

Josquin resta probablement au service de Louis XII jusqu'en 1503, quand le duc Ercole I de Ferrare l'engagea pour sa chapelle. L'une des rares mentions relatives √† la personnalit√© de Josquin date de cette √©poque. Un conseiller d'Hercule avait recommand√© au duc d'engager plut√īt Heinrich Isaac, lequel, plus sociable et surtout mieux dispos√© √† n√©gocier, co√Ľterait nettement moins (120 ducats contre 200). Le duc choisit cependant Josquin[18].

A Ferrare, Josquin a √©crit une partie de ses compositions les plus c√©l√®bres, dont l'aust√®re Miserere[19], influenc√© par Savonarola[20], qui fut l'un des motets les plus largement r√©pandus du XVIe si√®cle, le motet virtuose Virgo Salutiferi, compl√®tement √† l'oppos√©[21] et sans doute la Missa Hercules Dux Ferrariae, √©crite sur un cantus firmus[22] d√©riv√© des lettres musicales au nom du duc, une technique connue comme soggetto cavato[23].

Josquin ne resta pas longtemps à Ferrare. Une épidémie de peste lors de l'été 1503 amena le duc et sa famille à évacuer la ville en même temps que les deux tiers des citoyens et Josquin partit en avril de l'année suivante sans doute pour échapper aussi à la peste. Son remplaçant Jacob Obrecht, mourut dans l'épidémie pendant l'été 1505[24] et fut remplacé en 1506 par Antoine Brumel qui resta à la chapelle jusqu'à sa dissolution en 1510.

Retraite à Condé-sur-l'Escaut

De Ferrare, Josquin retourne directement dans sa r√©gion d'origine de Cond√©-sur-l'Escaut, au sud-est de Lille sur la fronti√®re actuelle entre la Belgique et la France, et devient, le 3 mai 1504, pr√©v√īt de l'√©glise coll√©giale de Notre-Dame, un grand centre musical qu'il dirige jusqu'√† la fin de sa vie.

On ignore la r√©ponse qu'il a pu faire au chapitre de la Cath√©drale de Bourges qui lui demandait d'assurer la ma√ģtrise des enfants de ses chŇďur en 1508 : aucun registre ne mentionne son engagement en ce lieu ; la plupart des sp√©cialistes pr√©sument qu'il est rest√© √† Cond√©.

Pendant les deux derni√®res d√©cennies de sa vie, la renomm√©e de Josquin continua √† se r√©pandre √† l'√©tranger. Les nouvelles techniques d'impression ont aid√© √† une plus large diffusion de sa musique. Josquin √©tait en outre le compositeur pr√©f√©r√© des premiers imprimeurs : l'une des premi√®res publications d'Ottaviano Petrucci, qui est aussi l'impression la plus ancienne consacr√©e √† la musique d'un simple compositeur qui nous soit parvenue, est un livre des messes de Josquin imprim√© en 1502. Cette publication eut tellement de succ√®s que Petrucci √©dita de nouveaux volumes des messes de Josquin en 1504 et 1514 et les ressortit plusieurs fois[25].

Sur son lit de mort Josquin demanda √† √™tre enregistr√© en tant qu'√©tranger pour que sa propri√©t√© ne passe pas aux seigneurs et aux dames de Cond√©[26]. Ce mince t√©moignage a √©t√© utilis√© pour d√©montrer qu'il √©tait Fran√ßais de naissance. Il a par ailleurs laiss√© un don pour que son dernier motet, Pater noster, Ave Maria, soit chant√© lors du passage des processions devant sa maison, et qu'une hostie soit plac√©e sur l'autel √† la Vierg√© situ√© sur la place du march√©. Le Pater noster est peut-√™tre sa derni√®re Ňďuvre[27].

Musique

L'Ňďuvre de Josquin des Pr√©s fut largement diffus√©e en Europe occidentale, notamment gr√Ęce √† l'imprimerie musicale naissante. Ma√ģtre du contrepoint, il fut le premier grand musicien de la Renaissance et l'un des cr√©ateurs de la chanson polyphonique. Jusqu'en 1485, il a plut√īt utilis√© le contrepoint m√©lismatique √† la mani√®re d'Ockeghem. Ses laudes Victimae paschali (1502), constituent un bon exemple de son art de jeunesse. Entre 1485 et 1505, il a tent√© de faire la synth√®se entre la tradition polyphonique de Dufay ou Ockeghem et l'harmonie italienne ; l'anthem Planxit David ou Absalon, fili mi montrent une plus grande maturit√©. Ses motets post√©rieurs, tel In principio erat verbum, g√©n√©ralement des arrangements √† quatre parties de textes bibliques, sont plus m√©lodieux.

Généralités

Josquin a v√©cu pendant une p√©riode transitoire dans l'histoire de la musique. Les styles changeaient rapidement, en partie gr√Ęce aux d√©placements des musiciens entre les diff√©rentes r√©gions d'Europe[28]. Beaucoup de musiciens nordiques s'installaient en Italie, coeur de la Renaissance, attir√©s par le m√©c√©nat des arts exerc√© par la noblesse italienne puis, de retour dans leur pays, ramenaient souvent avec eux les id√©es dont ils avaient subi l'influence. La ligne musicale sinueuse de la g√©n√©ration des Ockeghem, la complexit√© contrapuntique des N√©erlandais, la texture homophonique du laude italien, la musique profane commen√ßaient √† se fondre en un style unifi√©. Josquin √©tait la figure de proue de ce processus qui aboutit √† la formation d'un langage musical international dont les repr√©sentants les plus c√©l√®bres √©taient Palestrina et Roland de Lassus[29].

Ses premi√®res Ňďuvres de musique sacr√©e rivalisent avec la complexit√© contrapuntique et ornementale, avec les lignes m√©lismatiques d'Ockeghem et de ses contemporains mais, en m√™me temps qu'il apprenait sa technique contrapuntique, environn√© par la musique populaire italienne √† Milan, il acqu√©rait un idiome italianisant pour sa musique profane. Vers la fin de sa longue carri√®re cr√©atrice qui a embrass√© approximativement 50 ans de productions, il a d√©velopp√© un style simplifi√© dans lequel chaque voix d'une composition polyphonique expose un mouvement libre et r√©gulier, et dans lequel il accorde une attention particuli√®re tant √† une organisation claire du texte qu'√† son alignement avec les motifs musicaux.

Tandis que d'autres compositeurs √©taient influents sur le d√©veloppement du mod√®le de Josquin, particuli√®rement vers la fin du XVe si√®cle, il lui-m√™me est devenu le compositeur le plus influent en Europe, particuli√®rement apr√®s le d√©veloppement de la musique imprimant, qui √©tait concourante avec les ann√©es de son rendement de maturit√© et de cr√™te. Pendant que d'autres compositeurs concouraient √† l'influence de son style, particuli√®rement √† la fin du XVe si√®cle, il devint lui-m√™me le compositeur le plus influent en Europe, surtout apr√®s le d√©veloppement de l'impression de la musique qui correspond √† ses ann√©es de maturit√© et de plus forte production et sans laquelle son influence n'aurait s√Ľrement pas √©t√© aussi d√©cisive.

Beaucoup de pratiques compositionnelles ¬ę modernes ¬Ľ sont n√©es dans la p√©riode autour de 1500. Josquin a fait une large utilisation de ¬ę cellules en motifs ¬Ľ dans ses compositions, courtes, aux fragments m√©lodiques ais√©ment reconnaissables, passant de voix en voix dans une texture contrapuntique lui donnant une unit√© int√©rieure selon un principe organisationnel pratiqu√© sans interruption d'approximativement 1500 jusqu'√† nos jours[30].

Josquin a √©crit dans toutes les formes importantes courantes √† l'√©poque comme les messes, les motets, les chansons ou les frottoles. Il a m√™me contirbu√© au d√©veloppement d'une nouvelle forme, le motet-chanson[31], dont il a laiss√© au moins trois exemples. Certaines de ses pi√®ces ont en outre probablement √©t√© pr√©vues pour une ex√©cution instrumentale. Chaque domaine de sa production peut encore √™tre subdivis√© selon la forme ou la p√©riode hypoth√©tique de composition. La datation des Ňďuvres de Josquin reste encore probl√©matique, les sp√©cialistes n'ayant abouti √† un consensus que sur une minorit√© de compositions.

Messes

Manuscrit montrant le Kyrie de la Missa de Beata Virgine, une oeuvre tardive. (Rome, Biblioteca Apostolica Vaticana, Capp. Sist. 45, ff. 1v-2r)

Josquin écrivait vers la fin de la période pendant laquelle la messe[32] était la forme prédominante de musique sacrée en Europe. Telle qu'elle s'était développée durant le XVe siècle, la messe était une forme longue avec de multiples sections, une structure et une organisation inenvisageables pour les autres formes comme le motet. Josquin a écrit certains des exemples les plus célèbres du genre, utilisant pour la plupart une organisation cyclique[33],[34].

Bien que l'on retrouve les diff√©rentes techniques dans chacune des compositions, on peut classer les messes de Josquin selon les cat√©gories suivantes[35] :

  • messe sur cantus firmus, dans laquelle un air pr√©-existant appara√ģt, la plupart du temps inchang√©, dans l'une des voix, les autres voix √©tant plus ou moins librement compos√©es[36] ;
  • messe en paraphrase, dans laquelle un air pr√©-existant est utilis√© librement dans toutes les voix et dans un grand nombre de variations[37] ;
  • messe-parodie, dans laquelle une chanson pr√©-existante √† plusieurs voix appara√ģt, en totalit√© ou en partie, avec le mat√©riel de toutes les voix, pas seulement l'air[38] ;
  • soggetto cavato, ou solmisation, dans laquelle l'air est tir√© des syllabes d'un nom ou d'une phrase (par exemple la sol fa r√© mi bas√© sur les syllabes de Lascia fare mi ("laisse-moi faire", une phrase usit√©e par un protecteur inconnu, dans un contexte autour duquel sont n√©es beaucoup de l√©gendes)[39] ;
  • canon, dans laquelle une messe enti√®re est bas√©e sur les techniques canoniques et o√Ļ aucun mat√©riel pr√©-existant n'a √©t√© identifi√©[40].

La plupart de ces techniques, en particulier la paraphrase et la parodie, ont √©t√© standardis√©es pendant la premi√®re moiti√© du XVIe si√®cle ; Josquin √©tait r√©ellement un pionnier, et ce qui a √©t√© per√ßu comme un m√©lange de ces techniques par de r√©centes analyses est en r√©alit√© le processus par lequel elles ont √©t√© cr√©√©es[41].

Josquin aimait √©norm√©ment les techniques canoniques, comme beaucoup d'autres compositeurs de sa g√©n√©ration, et le canon appara√ģt dans la totalit√© de ses messes √† l'exclusion parfois de tout autre dispositif structurel.

Messe sur cantus firmus

Antérieurement à la période de maturité de Josquin, la technique d'écriture des messes la plus répandue était le cantus firmus, déjà en usage pendant la majeure partie du XIVe siècle. C'est la technique utilisée par Josquin au début de sa carrière dans la messe L'ami Baudichon, probablement sa première messe[42]. Cette messe est basée sur une chanson paillarde. Qu'une messe basée sur une telle source soit un procédé admis est démontré par l'existence de la messe dans le livre de partitions de la Chapelle Sixtine de la période de la papauté de Jules II (1503-1513)[43]

Les deux messes sur cantus firmus les plus célèbres de Josquin sont celles basées sur L'homme armé[44], l'air favori pour la composition de messes durant toute la Renaissance. La première, Missa L'homme armé super voces musicales[45], est un tour de force technique contenant de nombreux canons de proportion et étalages contrapuntiques. C'est de loin la plus célèbre de ses messes[46]. La seconde, Missa L'homme armé sexti toni[47], est une "fantaisie sur le thème de l'homme armé[48]. Bien que basée sur un cantus firmus, c'est aussi une messe en paraphrase, par les fragments de l'air qui apparaissent dans toutes les voix. Techniquement elle est relativement sobre, comparé à l'autre messe sur L'homme armé, jusqu'à l'Agnus Dei final, qui contient une structure en canon complexe avec un rare canon renversé autour duquel sont tissées les autres voix[49].

Messes en paraphrase

La technique de la paraphrase diff√®re de la technique du cantus-firmus par 'origine du mat√©riel qui, bien qu'il se compose toujours d'un original monophonique, est souvent embelli par des ornements. Comme dans la technique du cantus-firmus, l'air d'origine peut appara√ģtre dans plusieurs voix de l'ensemble.

Parmi les Ňďuvres les plus c√©l√®bres de Josquin, plusieurs de ses messes de Josquin utilisent la technique de la paraphrase. La Missa Ave maris stella, l'une des premi√®res datant probablement de ses ann√©es dans le chŇďur de la Chapelle Sixtine, paraphrase l'antienne mariale[50] du m√™me nom ; c'est aussi l'une des plus courtes de ses messes [51]. La Missa de Beata Virgine[52] paraphrase des plain-chants de louanges √† la Vierge Marie ; c'est une messe votive pour la c√©l√©bration du samedi et sa messe la plus populaire au XVIe si√®cle[53],[54].

De loin la plus c√©l√®bre des messes de Josquin utilisant la technique, et l'une des plus c√©l√®bres de toute l'√©poque, √©tait la Missa pange lingua[55] est bas√©e sur l'hymne de Thomas d'Aquin pour les V√™pres de la F√™te-Dieu. C'est probablement la derni√®re messe compos√©e par Josquin[56]. Cette messe est une fantaisie prolongeant l'air en utilisant la m√©lodie dans toutes les voix et dans toutes les parties de la messe dans une polyphonie raffin√©e et toujours changeante. Un des points culminants de la messe est le et incarnatus est du Credo, o√Ļ le texte devient homophonique et o√Ļ la m√©lodie appara√ģt dans la voix la plus haute ; ici la partie qui donnerait normalement Chante, √ī ma langue, le myst√®re du corps divin" est remplac√©e par les mots "et il a √©t√© incarn√© par l'Esprit Saint, est n√© de la Vierge Marie et a √©t√© fait homme"[57].

Messes-parodies sur des chansons populaires

Dans les messes-parodies, le mat√©riel d'origine n'√©tait pas une simple ligne mais un texte entier, souvent celui d'une chanson populaire. Plusieurs Ňďuvres de Josquin rel√®vent vaguement de cette cat√©gorie, comme la Missa Fortuna desperata, bas√©e sur une chanson √† trois voix Fortuna desperata[58] (sans doute d'Antoine Busnois) ; la Missa Malheur me bat (bas√©e sur une chanson attribu√©e parfois √† Obrecht, √† Ockeghem, ou, plus vraisemblablement, √† Abertijne Malcourt)[59],[60] ; et la Missa Mater Patris, bas√©e sur un motet √† trois voix d'Antoine Brumel[61]. La Missa Mater Patris qui ne contient plus la moindre allusion au cantus firmus est probablement la premi√®re vraie messe-parodie √† avoir √©t√© compos√©e[62]. La technique de la parodie allait devenir la m√©thode de composition des messes la plus fr√©quente jusqu'√† la fin du XVIe si√®cle bien que la messe soit graduellement tomb√©e en d√©su√©tude pendant que se d√©veloppait l'attrait pour le motet.

Messes sur des syllabes solmisées

La plus ancienne messe connue d'un compositeur employant cette m√©thode de composition ‚Äď le soggetto cavato[63] ‚Äď est la Missa Hercules Dux Ferrariae, que Josquin a probablement √©crite au d√©but des ann√©es 1480 pour le puissant Ercole I, duc de Ferrare. Les notes du firmus de cantus sont tir√©es des syllabes musicales du propre nom du duc : Re - Ut - Re - Ut - Re - Fa - Mi - Re. Une autre messe utilisant cette technique est la Missa La sol fa re mi[64], bas√©e sur les syllabes musicales contenues dans "Lascia fare mi" ("laissez moi faire !"). D'apr√®s l'histoire rapport√©e par Glar√©an en 1547, un aristocrate inconnu avait l'habitude d'√©loigner les cr√©anciers avec cette expression, et Josquin a imm√©diatement √©crit une messe ¬ę excessivement √©l√©gante ¬Ľ l√†-dessus s'appropriant cette parade[65].

Messes en canon

Ouverture de l'Agnus Dei (II) de la Missa L'homme armé super voces musicales[66]. Le mouvement est composé d'un canon de proportion[67] à trois voix. La voix du milieu est la plus lente, la plus basse chante deux fois plus vite et celle d'en haut trois fois plus. Les quatre premières notes du canon sont reliées par des lignes de même couleur (Les huit premières notes sont une citation de Ma bouche rit d'Ockeghem pour contreténor).

La pr√©dominance des messes en canon est all√© croissant dans la derni√®re partie du XVe si√®cle si√®cle. Les premiers exemples en sont la c√©l√®bre Missa prolationum[68] constitu√©e enti√®rement de canons de proportion, la Missa L'homme arm√© de Guillaume Faugues[69], dont le cantus firmus se pr√©sente en canon √† la quinte descendante, et la Missa ad fugam de Marbrianus de Orto[70], bas√©e sur des canons librement compos√©s √† la quinte entre la voix de t√©nor et la voix sup√©rieure. Josquin utilise le canon dans l'Osanna et l'Agnus Dei (III) de la Missa L'homme arm√© sexti toni, dans toute la Missa Sine nomine et dans les trois mouvements finaux de la Missa De beata virgine. La Missa L'homme arm√© super voces musicales comporte des canons de proportion dans le Kyrie, le Benedictus, et l'Agnus Dei (II).

Motets

Le style des motets de Josquin a évolué depuis les compositions strictement homophoniques avec des groupes d'accords et une déclamation syllabique du texte vers des fantaisies contrapuntiques extrêmement ornementées, aux psaumes combinant ces extrêmes avec des figures rhétoriques et une peinture textuelle annonçant le futur développement du madrigal. Beaucoup de ses motets sont écrits pour quatre voix, norme compositionnelle autour de 1500, mais Josquin a aussi été un considérable novateur en écrivant des motets pour cinq et six voix[71]. Aucun motet au-delà de cette taille ne lui a été attribué.

Presque tous les motets de Josquin sont encadr√©s dans une contrainte compositionnelle ; ils ne sont pas √©crits librement[72]. Certains utilisent un cantus firmus comme dispositif d'unification, certains sont en canon, d'autres utilisent un mouvement se r√©p√©tant d'un bout √† l'autre, d'autres encore emploient plusieurs de ces m√©thodes. Les motets qui utilisent le canon peuvent √™tre approximativement divis√©s en deux groupes : ceux dans lequel le canon est clairement d√©sign√© comme devant √™tre entendu et appr√©ci√© pour lui-m√™me et un autre groupe dans lequel le canon est pr√©sent mais presque impossible √† entendre et semble avoir √©t√© √©crit pour le plaisir des yeux[73].

Josquin a fr√©quemment employ√© l'imitation dans ses motets, notamment en paire, avec des sections apparent√©es √† des expositions fugu√©es reproduites dans les lignes successives du texte. On trouve un exemple dans son introduction du Dominus regnavit (psaume 93), pour quatre voix : chacune des lignes du psaume commence avec une voix chantant seule un nouvel air, rapidement suivie par l'entr√©e des trois autres en imitation[74].

Josquin fut un pionnier dans l'arrangement polyphonique des psaumes entrant dans une large proportion des motets de ses dernières années. Peu de compositeurs avant Josquin avaient écrit de tels arrangements[75]. Font partie de ces arrangements le célèbre Miserere[76], écrit à Ferrare en 1503 ou 1504 et très vraisemblablement inspiré par la récente exécution du moine réformiste Girolamo Savonarola[77], Memor esto verbi tui, basée sur le psaume 119, et deux arrangements du De profundis[78] (psaume 130), souvent considérés comme les plus significatifs de son accomplissement[79],[80].

Chansons et compositions instrumentales

Dans le domaine de la musique profane, Josquin a laiss√© de nombreuses chansons fran√ßaises pour trois √† six voix, une poign√©e de chansons profanes italiennes connues sous le nom de frottole et quelques pi√®ces probablement pr√©vues pour une ex√©cution instrumentale. Les probl√®mes d'attribution se posent de mani√®re bien plus aigu√ę avec les chansons qu'avec ses autres formes de production : alors qu'environ soixante-dix chansons √† trois ou quatre voix √©taient publi√©es sous son nom de son vivant, seules six sur au moins une trentaine de chansons √† cinq ou six voix lui √©tant attribu√©es circulaient sous son nom dans le m√™me temps. Beaucoup d'attributions rajout√©es apr√®s sa mort sont consid√©r√©es comme incertaines et un travail consid√©rable a √©t√© r√©alis√© dans les derni√®res d√©cennies du XXe si√®cle pour les corriger sur des fondements stylistiques[81].

Josquin a probablement compos√© ses premi√®res chansons en Europe du nord sous l'influence de compositeurs comme Ockeghem et Busnois. A la diff√©rence de ceux-ci cependant, il n'a jamais rigoureusement respect√© les conventions des formes fixes[82] ‚Äď les motifs rigides et la r√©p√©tition complexe des rondeau[83], virelai, et ballade[84] ‚Äď il a au contraire souvent √©crit ses premi√®res chansons en stricte imitation[85], un proc√©d√© partag√© avec plusieurs de ses Ňďuvres sacr√©es[86]. Il a √©t√© l'un des premiers compositeurs de chansons √† √©crire toutes les parties √† voix √©gale et beaucoup de ses chansons contiennent des points d'imitation √† la mani√®re des motets. Toutefois il a utilis√© la r√©p√©tition m√©lodique, en particulier sur les textes rim√©s et beaucoup de ses chansons ont une texture plus l√©g√®re et un tempo plus rapide que ses motets.

Josquin utilise dans ses chansons souvent un cantus firmus, parfois une chanson populaire dont les origines ne peuvent plus √™tre retrac√©es, comme dans Si j'avoye Marion[87]. D'autres fois il emploie un air associ√© √† l'origine √† un autre texte ou encore il compose librement une chanson enti√®re sans aucun mat√©riel externe apparent. Une autre technique qu'il a parfois utilis√©e √©tait de prendre une chanson populaire et de l'√©crire comme un canon avec elle-m√™me, en deux voix de milieu, puis d'√©crire un nouveau mat√©riel m√©lodique au-dessus et autour pour un nouveau texte : il a utilis√© cette technique dans l'une de ses plus c√©l√®bres chansons, Faulte d'argent, chant√©e par un homme qui se r√©veille au lit avec une prostitu√©e, fauch√© et incapable de la payer.

Certaines de ses chansons ont sans doute √©t√© con√ßues pour √™tre jou√©es instrumentalement. Que Petrucci ait publi√© nombre d'entre elles sans texte confirme ceci comme une √©vidence ; en outre, certaines des pi√®ces, (par exemple Vive le roy en forme de fanfare), contiennent une √©criture idiomatique plus instrumentale que pour les voix[88].

Les plus célèbres chansons de Josquin ont largement circulé en Europe. Son lamento sur la mort d'Ockeghem, Nymphes des bois/Requiem aeternam, Mille Regretz (dont l'attribution à Josquin a récemment été mise en doute)[89], Plus nulz regretz et Je me complains sont parmi les plus connues.

Au-del√† de ses chansons fran√ßaises, il a √©crit au moins trois pi√®ces dans la mani√®re de l'italienne frottola, une forme de chanson populaire qu'il a d√Ľ rencontrer durant ses ann√©es milanaises. On trouve parmi celles-ci Scaramella, El grillo, et In te domine speravi. Elles ont une texture bien plus simple que ses chansons fran√ßaises, √©tant presque uniform√©ment syllabiques et homophoniques, et sont parmi ses productions les plus fr√©quemment chant√©es.

Motets-chansons

√Ä Milan, Josquin a √©crit plusieurs exemples d'un nouveau type de pi√®ces d√©velopp√© par les compositeurs du lieu, le motet-chanson[90]. Ces compositions √©taient d'une texture tr√®s similaire aux chansons du XVe si√®cle si√®cle sur le mod√®le de la forme fixe[91], sauf qu'√† la diff√©rence de ces Ňďuvres compl√®tement profanes, elles contenaient un chant d√©riv√© du cantus firmus latin dans la plus basse des trois voix. Les autres voix, en fran√ßais, chantaient un texte profane ayant un rapport symbolique avec le texte sacr√© en latin ou constituant un commentaire de celui-ci[92]. Trois motets-chansons connus de Josquin, Que vous madame/In pace, A la mort/Monstra te esse matrem, et Fortune destrange plummaige/Pauper sum ego, sont semblables stylistiquement √† celles des autres compositeurs de la chapelle de Milan comme Loyset Comp√®re et Alexandre Agricola.

Influence

La renomm√©e de Josquin a travers√© tout le XVIe si√®cle si√®cle, grandissant encore plusieurs d√©cennies apr√®s sa mort. Zarlino, √©crivant dans les ann√©es 1580, citait toujours Josquin en exemple dans ses trait√©s de composition. La r√©putation de Josquin n'a diminu√© qu'apr√®s le d√©but de la p√©riode baroque avec le d√©clin du style polyphonique pr√©-tonal. Pendant les XVIIIe si√®cle et XIXe si√®cle, elle a √©t√© √©clips√©e par Palestrina, compositeur de l'√Čcole romaine[93] tardive, dont la musique consid√©r√©e comme le summum du raffinement polyphonique a √©t√© codifi√©e par des th√©oriciens comme Johann Fux ; Cependant, durant le XXe si√®cle, la r√©putation de Josquin s'est raffermie au point que les sp√©cialistes le consid√®rent √† nouveau comme "le plus grand et le plus r√©put√© des compositeurs de son √©poque"[94]. Selon Richard Sherr, √©crivant dans l'introduction du Josquin Companion, au sujet de la r√©duction du nombre de canons de Josquin due √† la correction des attributions erron√©es, " Josquin survivra parce que sa meilleure musique est r√©ellement aussi magnifique que tout le monde a toujours dit qu'elle √©tait"[95].

Depuis les ann√©es 50, la r√©putation de Josquin a √©t√© amplifi√©e par la diffusion des enregistrements, gr√Ęce √† l'√©mergence d'ensembles sp√©cialis√©s dans l'ex√©cution de la musique vocale du XVIe si√®cle dont beaucoup ont mis au cŇďur de leur r√©pertoire la musique de Josquin[96]

Liste des Ňďuvres de Josquin des Pr√©s

Les difficult√©s de recensement des Ňďuvres de Josquin ne sont pas exag√©r√©es. En raison de son immense prestige au d√©but du XVIe si√®cle, beaucoup de copistes et d'√©diteurs ne r√©sist√®rent pas √† la tentation d'attribuer √† Josquin des Ňďuvres anonymes si ce n'est des faux. L'√©diteur allemand Georg Forster a r√©sum√© admirablement la situation en √©crivant en 1540 : "Maintenant que Josquin est mort, il produit plus d'Ňďuvres que lorsqu'il √©tait vivant[97]. L'authenticit√© de plusieurs des Ňďuvres list√©es ci-dessous est ainsi contest√©e.

Messes

  1. Missa Ave maris stella[98] (Rome, 1486‚Äď1495) (4 voix);
  2. Missa de Beata Virgine[99] (5 voix);
  3. Missa Di dadi (N'aray-je jamais) (4 voix; attribution contestée)
  4. Missa Faisant regretz (4 voix);
  5. Missa Fortuna desperata (4 voix);
  6. Missa Gaudeamus (4 voix);
  7. Missa Hercules Dux Ferrariae[100] (Ferrare, 1503-1504) (4 voix, 6 dans l'Agnus III);
  8. Missa La sol fa re mi[101] (4 voix);
  9. Missa L'ami Baudichon (4 voix);
  10. Missa L'homme armé sexti toni[102] (4 voix, 6 dans l'Agnus III);
  11. Missa L'homme armé super voces musicales[103] (4 voix);
  12. Missa Malheur me bat[104] (4 voix, 6 in Agnus III);
  13. Missa Mater patris (4 voix; attribution contestée)
  14. Missa Pange lingua[105] (Condé, vers 1514) (4 voix);
  15. Missa Sine nomine[106] (4 voix; messe en canon, originellement titrée "Missa Ad fugam");

Attribution incertaine :

  1. Missa Ad fugam[107] (4 voix)
  2. Missa Da pacem (4 voix)
  3. Missa Une musique de Biscaye (4 voix)
  4. Missa D'ung aultre amer (4 voix)

Fragments de Messes

Authenticité discutable, excepté pour le Credo De tous biens playne:"

  1. Credo Chascun me crie ( Des rouges nez);
  2. Credo De tous biens playne;
  3. Credo Vilayge (II);
  4. Credo [Quarti toni] (en canon)
  5. Gloria De beata virgine;
  6. Sanctus De passione;
  7. Sanctus D'ung aultre amer.
  8. Credo Vilayge (I);
  9. Credo La belle se siet (probablement Robert de Févin[108])

Motets

  1. Absalon, fili mi (4voix) (attribution récusée; peut-être Pierre de la Rue)
  2. Absolve, quaesumus, Domine/Requiem aeternam (6voix) (attribution récusée);
  3. Alma redemptoris mater;
  4. Alma redemptoris mater / Ave regina caelorum;
  5. Ave Maria, gratia plena ... benedicta tu (4voix);
  6. Ave Maria, gratia plena ... Virgo serena (Milan 1484/85);[109]
  7. Ave munda spes, Maria (n'appara√ģt pas dans la premi√®re √©dition des Ňďuvres compl√®tes);
  8. Ave nobilissima creatura;
  9. Ave verum corpus natum;
  10. Benedicta es, caelorum regina;
  11. Christum ducem, qui per crucem (4voix);
  12. De profundis clamavi (4voix) (sans doute composition de milieu de p√©riode : attribution remise en question);
  13. De profundis clamavi (5voix) (composition tardive);
  14. Domine exaudi orationem meam;
  15. Domine, ne in fuore tuo (4voix);
  16. Domine, non secundum peccata nostra (2-4voix; pour Rome);
  17. Ecce, tu pulchra es, amica mea;
  18. Factum est autem;
  19. Gaude virgo, mater Christi;
  20. Homo quidam fecit cenam magnam;
  21. Honor, decus, imperium;
  22. Huc me sydereo descendere jussit Olympo (5voix);
  23. Illibata Dei virgo nutrix;
  24. In exitu Israel de Aegypto;
  25. In illo tempore assumpsit Jesus doudecim disciplus;
  26. Iniquos odio habui (4voix, seules les parties de ténor ont survécu);
  27. In principio erat Verbum (authenticité remise en question)[110];
  28. Inviolata, integra et casta es, Maria;
  29. Jubilate Deo omnis terra;
  30. Liber generationis Jesu Christi;
  31. Magnificat quarti toni (attribué à Josquin sur la bse du style );
  32. Magnificat terii toni (attribué à Josquin sur la bse du style);
  33. Memor esto verbi tui;
  34. Miserere mei Deus[111] (Ferrare, 1503);
  35. Misericordias Domini in aeternum cantabo (France, 1480/83);
  36. Missus est Gabriel angelus ad Mariam Virginem;
  37. Mittit ad virginem;
  38. Monstra te esse matrem;
  39. O admirabile commercium (partie d'un cycle de 5 motets );
  40. O bone et dulcissime Jesu;
  41. O Domine Jesu Christe (partie d'une Passion en 5 sections);
  42. O virgo prudentissima;
  43. O virgo virginum;
  44. Pater noster, qui es in caelis (Cond√©, 1505‚Äď1521);
  45. Planxit autem David;
  46. Praeter rerum seriem;
  47. Qui edunt me adhuc;
  48. Qui habitat in adiutorio altissimi;
  49. Qui velatus facie fuisti (partie d'Passion en 6 sections);
  50. Salve regina (4voix);
  51. Salve regina (5voix, 1502);
  52. Stabat Mater;
  53. Tu lumen, tu splendor;
  54. Tu solus qui facus mirabilia;
  55. Usquequo Domine oblivisceris me (attribué sur la base du style; seule partie conservée);
  56. Ut Phoebi radiis;
  57. Veni, sancte spiritus (attribuée aussi à Forestier);
  58. Victimae paschali laudes;
  59. Virgo prudentissima;
  60. Virgo salutiferi (Ferrare, 1504/05);
  61. Vultum tuum deprecabuntur (cycle de Passion en 7 parties) (1480s).

Motets-chansons

  1. A la mort / Monstra te esse matrem;
  2. Fortune destrange plummaige/Pauper sum ego;
  3. Que vous madame / In pace in idipsum.

Chansons

  1. A l'heure que je vous;
  2. A l'ombre d'ung buissonet, au matinet (3voix);
  3. Adieu mes amours[112];
  4. Adieu mes amours (6voix or 7voix);
  5. Baisé moy, ma doulce amye (4voix);
  6. Belle, pour l'amour de vous;
  7. Bergerette savoyenne;
  8. Cela sans plus;
  9. Comment peult haver joye;
  10. Cueur langoreulx;
  11. De tous biens plaine (3voix);
  12. De tous biens plaine[113] (4voix);
  13. Douleur me bat;
  14. Du mien amant;
  15. Dulces exuviae;
  16. En l'ombre d'ung buissonet tout, au long (3voix);
  17. En l'ombre d'ung buissonet tout, au long (4voix);
  18. Entré je suis en grant pensée (3voix);
  19. Entré je suis en grant pensée (4voix);
  20. Fama malum;
  21. Faulte d'argent;
  22. Fors seulement[114] (seule la partie de l'une des 5 voix est conservée);
  23. Fortuna d'un gran tempo;
  24. Helas madame;
  25. Ile fantazies de Joskin;
  26. Incessament livré suis à martire;
  27. Je me complains;
  28. Je n'ose plus;
  29. Je ris et si ay larme;
  30. Je sey bien dire;
  31. La belle se siet;
  32. La Bernardina;
  33. La plus de plus;
  34. Le villain [jaloux];
  35. Ma bouche rit et mon cueur pleure;
  36. Mille Regretz (4 voix);
  37. Mon mary m'a diffamée;
  38. N'esse pas ung grant desplaisir;
  39. Nymphes des bois (lamento écrit pour la mort de Johannes Ockeghem);
  40. Nymphes, nappés / Circumdederunt me;
  41. Parfons regretz;
  42. Petite camusette;
  43. Plaine de dueil;
  44. Plus n'estes ma maistresse;
  45. Plus nulz regretz (écrite entre 1508 and 1511, en commémoration du Traité de Calais de 1507);
  46. Plusieurs regretz;
  47. Pour souhaitter;
  48. Quant je vous voye;
  49. Qui belles amours a
  50. Recordans de my signora;
  51. Regretz sans fin;
  52. Se congié prens;
  53. Si j'ay perdu mon amy (3voix);
  54. Si j'ay perdu mon amy (4voix);
  55. Tant vous aimme Bergeronette;
  56. Tenz moy en voz bras;
  57. Une mousque de Biscaye;
  58. Vive le roy (pièce instrumentale écrite pour Louis XII);
  59. Vous l'arez, s'il vous plaist;
  60. Vous ne l'arez pas;
  61. Sans texte (4voix).

Frottole

  1. El Grillo;
  2. In te Domine speravi per trovar pietà;
  3. Scaramella va alla guerra.

Discographie

  • Ma fin est mon commencement, Hortus 2004 par Louis Thiry sur l'orgue historique Lefebvre de la Chapelle du Centre Hospitalier Universitaire Charles Nicolle de Rouen.

Documents audio

1. El grillo
2. Tu Pauperum Refugium (Magnus es tu, Domine) - Ensemble de quatre bassons

Bibliographie

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Sources

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalit√© issu d‚Äôune traduction de l‚Äôarticle de Wikip√©dia en anglais intitul√© ¬ę Josquin des Prez ¬Ľ.

Liens externes


Notes et références

  1. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ P. Macey, Josquin des Prez
  2. ‚ÜĎ Ce village est situ√© dans le d√©partement de l'Aisne
  3. ‚ÜĎ Wegman, Sherr, p. 21‚Äď25.
  4. ‚ÜĎ Reese, Grove
  5. ‚ÜĎ Wegman, Sherr, p. 28.
  6. ‚ÜĎ Wegman, Sherr, p. 21‚Äď22.
  7. ‚ÜĎ Sherr, p. 3.
  8. ‚ÜĎ Glar√©an, cit√© dans Sherr, p. 3.
  9. ‚ÜĎ Sherr, p. 10.
  10. ‚ÜĎ Lora Matthews et Paul Merkley, Josquin des Prez, dans The Journal of Musicology, Summer 1998.
  11. ‚ÜĎ Gustave Reese et al, High Renaissance Masters. New York: W.W. Norton & Company, 1984
  12. ‚ÜĎ Macey, Grove
  13. ‚ÜĎ Pietschmann
  14. ‚ÜĎ Sherr, frontispiece
  15. ‚ÜĎ Macey, Grove
  16. ‚ÜĎ Macey, p.155.
  17. ‚ÜĎ David W. Barber, If It Ain't Baroque : More Music History as It Ought to Be Taught, Sound and Vision, Toronto, 1992, p.34.
  18. ‚ÜĎ Macey, Grove
  19. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Miserere (Josquin)
  20. ‚ÜĎ Macey, p. 184.
  21. ‚ÜĎ John Milsom, in Sherr, p. 307.
  22. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : cantus firmus
  23. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : soggetto cavato
  24. ‚ÜĎ Macey, Grove
  25. ‚ÜĎ Boorman, Stanley. "Petrucci, Ottaviano (dei)." Music Printing and Publishing. New York: Norton, 1990, pp. 365‚Äď369.
  26. ‚ÜĎ Sherr, p.16.
  27. ‚ÜĎ Milsom, in Sherr, 303‚Äď305.
  28. ‚ÜĎ Reese, p. 184‚Äď185.
  29. ‚ÜĎ Noble, Grove (1980)
  30. ‚ÜĎ Irving Godt, JMT, 264‚Äď292.
  31. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : motet chanson
  32. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : mass (music)
  33. ‚ÜĎ Dans la musique de la Renaissance, la "messe cyclique" √©tait un arrangement de l'ordinaire de la messe catholique dans lequel chacun des mouvements ‚Äď Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, et Agnus Dei ‚Äď partageaient un th√®me musical commun g√©n√©ralement un cantus firmus, cr√©ant de ce fait une unit√©. La messe cyclique √©tait la premi√®re forme √† plusieurs mouvements dans la musique occidentale √† ob√©ir √† un principe d'organisation unique
  34. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : cyclic mass
  35. ‚ÜĎ Blackburn, Planchart, Bloxham, Sherr, in Sherr, 51‚Äď248.
  36. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : cantus firmus mass
  37. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : paraphrase mass
  38. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : parody mass
  39. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : soggetto cavato
  40. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : canon
  41. ‚ÜĎ Noble, Grove (1980)
  42. ‚ÜĎ Noble, Grove (1980)
  43. ‚ÜĎ Bonnie J. Blackburn, in Sherr, p.72.
  44. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : L'homme arm√©
  45. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa L'homme arm√© super voces musicales
  46. ‚ÜĎ Blackburn, in Sherr, p. 53‚Äď62
  47. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa L'homme arm√© sexti toni
  48. ‚ÜĎ Blackburn, in Sherr, p. 63
  49. ‚ÜĎ Blackburn, in Sherr, p. 64
  50. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Marian antiphon
  51. ‚ÜĎ Planchart, in Sherr, p. 109.
  52. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa de Beata Virgine
  53. ‚ÜĎ Planchart, in Sherr, p. 120‚Äď130
  54. ‚ÜĎ Noble, Grove
  55. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa pange lingua
  56. ‚ÜĎ Planchart, in Sherr, p. 132.
  57. ‚ÜĎ Planchart, in Sherr, p. 142.
  58. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Fortuna desperata
  59. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Abertijne Malcourt
  60. ‚ÜĎ Noble, Grove (1980)
  61. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais Antoine Brumel
  62. ‚ÜĎ Reese, p. 240.
  63. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : soggetto cavato
  64. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa La sol fa re mi
  65. ‚ÜĎ Blackburn, dans Sherr, P. 78.
  66. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa L'homme arm√© super voces musicales
  67. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Prolation canon
  68. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa prolationum
  69. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Guillaume Faugues
  70. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Marbrianus de Orto
  71. ‚ÜĎ Milsom, in Sherr, p. 282
  72. ‚ÜĎ Milsom, in Sherr, p. 284
  73. ‚ÜĎ Milsom, in Sherr, p. 290
  74. ‚ÜĎ Reese, p. 249
  75. ‚ÜĎ Reese, p. 246
  76. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Miserere (Josquin)
  77. ‚ÜĎ Macey, p. xxx
  78. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : De profundis
  79. ‚ÜĎ Reese, p. 249
  80. ‚ÜĎ Milsom, in Sherr, p. 305
  81. ‚ÜĎ Louise Litterick, in Sherr, p. 335, 393
  82. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : formes fixes
  83. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Rondeau (music)
  84. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Ballade (music)
  85. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Imitation (music)
  86. ‚ÜĎ Noble, Grove
  87. ‚ÜĎ Brown, Grove (1980), "Chanson."
  88. ‚ÜĎ Noble, Grove
  89. ‚ÜĎ Litterick, in Sherr, p. 374‚Äď376
  90. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : motet-chanson
  91. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : formes fixes
  92. ‚ÜĎ Litterick, in Sherr, p. 336
  93. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Roman School
  94. ‚ÜĎ David Fallows, in Sherr, p. 575.
  95. ‚ÜĎ Sherr, p. 10
  96. ‚ÜĎ Sherr, p. 577; also Appendix B (Discography)
  97. ‚ÜĎ Jesse Rodin, "A Josquin Substitution," Early Music 34.2 (2006), p. 246
  98. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa Ave maris stella
  99. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa de Beata Virgine
  100. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa Hercules Dux Ferrariae
  101. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa La sol fa re mi
  102. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa L'homme arm√© sexti toni
  103. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa L'homme arm√© super voces musicales
  104. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa Malheur me bat
  105. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa Pange lingua
  106. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa Sine nomine
  107. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Missa Ad fugam
  108. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Robert de F√©vin
  109. ‚ÜĎ Pour la derni√®re oeuvre en date, voir Joshua Rifkin, Munich, Milan, and a Marian Motet: Dating Josquin's "Ave Maria ... virgo serena," Journal of the American Musicological Society 56.2 (2003), pp. 239‚Äď350
  110. ‚ÜĎ Finscher, Sherr, p. 264n
  111. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Miserere (Josquin)
  112. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : Adieu mes amours
  113. ‚ÜĎ Voir l'article en anglais : De tous biens plaine
  114. ‚ÜĎ Voir l'article anglais : Fors seulement
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