Joseph Arthur De Gobineau

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Joseph Arthur De Gobineau

Joseph Arthur de Gobineau

Arthur de Gobineau en 1864

Joseph Arthur de Gobineau, dit le comte de Gobineau, n√© le 14 juillet 1816 √† Ville-d'Avray et mort le 13 octobre 1882 √† Turin, est un diplomate et √©crivain fran√ßais. Il doit sa notori√©t√© posthume √† son Essai sur l'in√©galit√© des races humaines (1853-1855), qui le range parmi les p√®res de la pens√©e racialiste. Il est √©galement l'auteur d'une Ňďuvre litt√©raire romantique, d'essais pol√©miques et de travaux historiques et philologiques sur l'Iran ancien.

Sommaire

Biographie

La jeunesse (1816-1849)

Arthur de Gobineau[1] est n√© dans une famille de robe d'origine bordelaise. Son arri√®re-grand-p√®re et son grand-p√®re ont exerc√© des charges √† la Cour des aides de Guyenne et au Parlement de Bordeaux. Son p√®re Louis de Gobineau, √©tant cadet, fit une carri√®re militaire, et se compromit sous l'Empire pour ses sympathies l√©gitimistes : sa participation √† l'√©vasion de Polignac en 1813 lui valut d'√™tre emprisonn√© √† Sainte-P√©lagie, dont il ne fut lib√©r√© qu'√† la Restauration. √Ä Bruxelles aupr√®s du roi durant les Cent-Jours, il est nomm√© √† son retour capitaine d'infanterie de la Garde royale.

Les tribulations de l'enfance (1816-1835)

Le Wasserschloss d'Inzlingen, o√Ļ Gobineau r√©side avec sa m√®re de septembre √† d√©cembre 1830.

L'enfance et la jeunesse de Joseph, qui est un enfant fragile et nerveux, sont marqu√©es par la discorde r√©gnant entre ses parents et l'instabilit√© de sa vie familiale. Son p√®re est rapidement √©loign√© de sa famille par les n√©cessit√©s de sa charge : il participe √† l' Exp√©dition d'Espagne de 1823, puis commande la place de la Seu de Urgel de 1823 √† 1828. Sa m√®re, Anne-Madeleine de Gercy, fille du dernier directeur des Fermes de Bordeaux et d'une cr√©ole de Saint-Domingue, m√®ne d√®s lors une existence tr√®s ind√©pendante aupr√®s du pr√©cepteur d'Arthur et de sa sŇďur Caroline, Charles Sotin de La Coindi√®re, fils d'un ministre de la Police du Directoire, Jean-Marie Sotin de La Coindi√®re. Ayant commis plusieurs escroqueries, elle s'enfuit √† Inzlingen, au pays de Bade, √† l'√©t√© 1830[2] ; une demande d'extradition ayant √©t√© formul√©e par la justice fran√ßaise, la "famille" s'installe en d√©cembre 1830 √† Bienne, o√Ļ Arthur est inscrit au Gymnase. Il y perfectionne son allemand et est initi√©, semble-t-il, au persan[3]. L'arriv√©e en Suisse des √©migr√©s polonais vaincus dans l'insurrection de novembre 1830 ouvre √† sa m√®re de nouvelles opportunit√©s, qui d√©cident son d√©part pour la Pologne fin 1832. Arthur est donc renvoy√© chez son p√®re, mis √† la retraite en 1831 √† cause de son antipathie pour la Monarchie de Juillet et install√© √† Lorient. De 1833 √† 1835, destin√© lui aussi √† une carri√®re militaire, Arthur de Gobineau fr√©quente le coll√®ge royal de Lorient[4], dont il semble avoir √©t√© renvoy√© pour indiscipline. C'est √† cette √©poque que se d√©veloppe sa sensibilit√© orientaliste, dans la mode romantique qui pr√©vaut alors, m√™me si l'on peut douter de la l√©gende familiale qui le dit capable, si jeune, de traduire Firdousi. Il forme √©galement des projets de mariage avec son amie Am√©lie Laigneau.

Les années de formation (1835-1840)

Fin septembre 1835, satisfait d'√©chouer au concours d'entr√©e √† Saint-Cyr[5] et ambitionnant une carri√®re litt√©raire, il s'installe √† Paris aux bons soins de son oncle paternel Thibaut-Joseph (un ancien ami de Talleyrand), qui le loge dans une mansarde rue Saint-Beno√ģt, lui alloue une pension et le fait entrer comme surnum√©raire (non r√©tribu√©) √† la Compagnie fran√ßaise d'Eclairage par le Gaz durant l'hiver 1835-1836. Si Arthur de Gobineau ne semble pas douter de son g√©nie, ce n'est qu'avec difficult√© qu'il parvient √† faire publier dans La Mode un extrait du premier po√®me qu'il √©crit alors, Dilfiza.

La situation de Gobineau se pr√©carise lorsque, en septembre 1836, son oncle lui coupe les vivres. Mobilisant ses relations dans la presse ultra, il parvient √† placer des articles, dont tous ne sont toujours pas identifi√©s √† ce jour. Ce travail et ces soucis ne sont pas sans le d√©courager quelque peu. Il parvient pourtant √† employer utilement les ann√©es suivantes en √©tudiant la langue et la litt√©rature persanes aupr√®s de Quatrem√®re, qui lui confie la traduction de la Geschichte der Ost-Mongolen d'Isaac Jacob Schmidt ; cette comp√©tence lui permet d'orienter sa production dans un sens plus conforme √† ses ambitions litt√©raires. D√®s 1838, √† l'invitation de Berryer qui lui ouvre sa nouvelle (et √©ph√©m√®re) revue France et Europe, il publie dans ce domaine un article remarquable : "Du mouvement intellectuel de l'Orient", puis une s√©rie de monographies de vulgarisation sur Rumi, Hafiz, Djami, et Saadi. Cependant, cinq ans apr√®s son arriv√©e √† Paris, il ne peut s'estimer satisfait de sa condition : "Paris, c'est l'enfer"[6], √©crit-il. Il a d√©finitivement rompu avec sa m√®re qui, rentr√©e √† Paris, le calomnie dans les salons qu'elle fr√©quente ; la m√®re d'Am√©lie Laigneau r√©pugne √† un mariage avec ce jeune homme exalt√© et sans situation ; les protections dont il dispose au faubourg Saint-Germain ne parviennent pas √† lui procurer mieux qu'une sin√©cure √† l'administration des Postes en janvier 1839 ; enfin, les divisions et l'√©chec du parti l√©gitimiste lors des √©lections de 1839 le navrent et le confirment dans sa tendance √† la misanthropie.

Les premiers succès d'un polygraphe (1840-1849)

Ainsi, au d√©but de 1840, Gobineau est-il √† bien des √©gards un jeune homme d√©√ßu et bless√©, envers qui il est temps que la vie tienne ses promesses, ce qui ne manque pas d'arriver. D'une part, son cercle de relations s'√©largit. Chez Madame de Serre, veuve de l'ancien ministre de Louis XVIII Hercule de Serre, il fait la connaissance de jeunes gens qui lui ressemblent : entre autres le jeune Hercule de Serre, neveu du pr√©c√©dent, Maxime Du Camp, et le peintre Guermann Bohn qui lui fera bien conna√ģtre Ary Scheffer. Ensemble, ils fondent un club, les Scelti (les "Elus") ou Cousins d'Isis ; ils projettent un roman collectif, un essai, une Revue de l'Orient qui faillit aboutir[7]. D'autre part, il parvient enfin √† publier, dans la Revue des Deux Mondes, un important et remarqu√© article politique sur le premier pr√©sident de la Gr√®ce ind√©pendante Jean Capodistrias, dans lequel il nie la filiation entre Grecs anciens et modernes et prend position en faveur des Turcs contre l'expansionnisme russe en Orient. Par la suite et jusque vers 1848, il fournira r√©guli√®rement des articles de politique int√©rieure et √©trang√®re √† diff√©rentes publications comme La Quotidienne, L'Union catholique ou la Revue de Paris, et est m√™me nomm√© en 1842 r√©dacteur en chef de L'Unit√©. En 1848-1849, il fondera et co-dirigera avec Louis de Kergorlay une Revue provinciale de tendance monarchiste et d√©centralisatrice[8].

Cependant, sa r√©ussite l'autorise √† d√©velopper plus librement ses projets litt√©raires. Ce domaine occupe √©videmment son activit√© de journaliste, et il publie √† partir de 1842, notamment dans Le Commerce, divers travaux de critique et d'histoire litt√©raires sur Hoffmann, Quinet, Musset, Gautier, Heine, Balzac, Stendhal ; une s√©rie sur les critiques contemporains le f√Ęchera durablement avec eux, particuli√®rement Gautier et Jules Janin. Dans deux articles plus th√©oriques tous deux parus en 1845 ("Une litt√©rature nouvelle est-elle possible ?" et "Des buts techniques de la litt√©rature"), il s'inscrit en faux contre l'accusation de d√©cadence lanc√©e √† la litt√©rature romantique, affirmant des positions simultan√©ment modernistes et formalistes. Mais il s'essaie aussi √† la cr√©ation litt√©raire proprement dite. Deux pi√®ces de th√©√Ętre (Les Adieux de Don Juan, publi√© √† compte d'auteur en 1844, et Alexandre le Mac√©donien, de 1847, rest√© in√©dit de son vivant), plusieurs nouvelles (Le Mariage d'un prince en 1840, Les Conseils de Rabelais et Scaramouche en 1843, Mademoiselle Irnois en 1847) et quatre romans-feuilletons (Le Prisonnier chanceux en 1846, Nicolas Belavoir et Ternove en 1847, L'Abbaye de Typhaines en 1849) t√©moignent de ses efforts. De cet ensemble, seule se distingue encore Mademoiselle Irnois, nouvelle "balzacienne"[9], "naturaliste"[10], t√©moignant d'une "admirable ma√ģtrise de la technique du roman-feuilleton"[11].

Cette p√©riode ne laisserait pas de donner une impression de disparate et d'√©parpillement, si la protection de Tocqueville n'avait pas valu √† Gobineau une formidable acc√©l√©ration de sa carri√®re. Apr√®s leur rencontre en 1843, peut-√™tre dans le salon de Charles de R√©musat, Tocqueville, s√©duit par la vivacit√© d'esprit du jeune homme[13], le chargea √† son service de r√©diger un panorama de la philosophie morale anglaise et allemande[14]. Il s'ensuivit une longue correspondance dans laquelle Gobineau put affronter ses id√©es √† celles d'un adversaire politique avec qui il entretenait n√©anmoins une relation d'amiti√©, de confiance et de respect mutuel. En juin 1849, lorsqu'il est nomm√© ministre des Affaires √©trang√®res dans le second cabinet d'Odilon Barrot, Tocqueville se souvient de son prot√©g√© et le fait son chef de cabinet. Le gouvernement est renvoy√© d√®s octobre par le pr√©sident Louis-Napol√©on Bonaparte, mais Gobineau est reclass√© comme premier secr√©taire de la l√©gation de France √† Berne : c'est le d√©but de sa carri√®re diplomatique. Il y part d√®s novembre, accompagn√© de sa femme Cl√©mence Monnerot (1816-1911), cr√©ole de la Martinique qu'il a √©pous√©e en 1845, et de leur fille Diane, n√©e en 1848.

Le diplomate (1849-1877)

La Suisse, l'Allemagne, et l'Essai sur l'inégalité des races (1849-1855)

D'abord nomm√© premier secr√©taire de la l√©gation de France √† Berne, o√Ļ il s'ennuie (except√© durant les quelques mois de 1851 o√Ļ il occupe l'int√©rim du ministre de France √† Hanovre), il y trouve le temps de r√©diger les premiers volumes de son Essai sur l'in√©galit√© des races humaines, qui paraissent en 1853. Nomm√© secr√©taire de la repr√©sentation fran√ßaise √† la Di√®te de Francfort en 1854, ses ouvrages lui y valent l'estime d'Anton von Prokesch-Osten, d√©l√©gu√© autrichien aupr√®s de la m√™me instance, et une des rares amiti√©s fid√®les qu'il honora toujours.

La découverte de la Perse (1855-1863)

En d√©cembre 1854, nomm√© premier secr√©taire de la l√©gation fran√ßaise en Perse que commande Prosper Bour√©e, Gobineau voit son destin rejoindre ses passions d'adolescent. Il donne d'abord de son voyage, effectu√© par mer de Marseille √† Busheyr, puis en caravane jusqu'√† T√©h√©ran, un r√©cit superbe dans Trois Ans en Asie (un autre √©cho se lit, vingt ans plus tard, dans sa nouvelle La Vie de voyage). Puis, abandonn√© par Bour√©e et par sa femme, revenue accoucher en France de sa deuxi√®me fille, Christine, seul en charge de la l√©gation, il se fait "plus Persan que les Persans". Sa ma√ģtrise de la langue, sa remarquable adaptation √† des conditions de vie tr√®s exotiques lui apportent l'estime de la population et des notabilit√©s locales. Entour√© de savants, il entame l'√©tude de l'histoire perse et tente le d√©chiffrement des √©critures cun√©iformes, sur lesquels il fournit une th√©orie qui fit (et fait encore) l'hilarit√© des connaisseurs. C'est n√©anmoins sans regrets que, rappel√©, il quitte la cour de Perse en 1858.

Il reste alors un certain temps sans affectation d√©finitive. Esp√©rant le consulat g√©n√©ral de France √† Tanger afin de compl√©ter sa connaissance du monde musulman, il refuse en janvier 1860, au risque d'√™tre destitu√©, une nomination comme premier secr√©taire √† la l√©gation de France √† P√©kin. En mars de la m√™me ann√©e, il est envoy√© √† Terre-Neuve comme charg√© de mission afin de d√©limiter, en concertation avec deux commissaires britanniques, les zones des p√™cheries de morue respectivement r√©serv√©es aux p√™cheurs fran√ßais et anglais. De ce voyage de six mois, qui conduit Gobineau √† Saint-Pierre, Sydney (sur l'√ģle du Cap-Breton, o√Ļ il visite la forteresse de Louisbourg), Truro et Halifax en Nouvelle-√Čcosse, puis tout autour de Terre-Neuve avant de se fixer √† Saint-Jean, il tirera un remarquable r√©cit, Voyage √† Terre-Neuve et une nouvelle, La Chasse au caribou. Il semble √©galement que sa mission ait √©t√© conduite avec succ√®s et au b√©n√©fice des p√™cheurs fran√ßais : une petite baie de Terre-Neuve porte le nom d'"Anse de Gobineau"[15].

En 1861, il est renvoy√© en Perse, cette fois comme ministre de France de plein droit. Ce second s√©jour, effectu√© seul et abr√©g√© au possible, voit cependant un d√©veloppement tr√®s f√©cond des travaux esquiss√©s jusqu'alors : non seulement, en vain, sur les cun√©iformes, mais aussi sur les doctrines persanes. Son essai sur Les Religions et les philosophies dans l'Asie centrale, paru en 1865, demeure une source fondamentale sur les origines du Baha√Įsme, dont il connut de tr√®s pr√®s les premi√®res manifestations, et avec lequel il sympathisa activement.

Le ch√Ęteau de Trie, propri√©t√© de Gobineau de 1857 √† 1878.

Athènes, Rio et Stockholm (1864-1876)

√Ä son retour en Europe, Gobineau croit pouvoir conna√ģtre une certaine aisance. Sa femme a, durant son absence et gr√Ęce √† l'h√©ritage de l'oncle Thibaut-Joseph qui est mort en 1855, acquis le ch√Ęteau de Trie, ancienne propri√©t√© des ducs de Longueville, o√Ļ a s√©journ√© Rousseau en 1767 et 1768. Il conservera cette propri√©t√© jusqu'en 1878, sera √©lu conseiller municipal de Trie en 1860, puis nomm√© maire de 1863 √† sa d√©mission en 1870 ; sous la R√©publique et donc au suffrage universel, il sera √©galement √©lu conseiller g√©n√©ral du canton de Chaumont-en-Vexin en 1870[16].

En 1864, la nomination de Gobineau comme ministre pl√©nipotentiaire de France en Gr√®ce est une cons√©cration. Il s'agit d'un poste d√©licat, dans un pays dont la stabilit√© politique demeure fragile, deux ans apr√®s le coup d'√Čtat qui renversa le roi Othon Ier ; d'autre part, il y retrouve l'objet de ses premi√®res pr√©occupations politiques. C'est √† Ath√®nes qu'il passe la p√©riode la plus heureuse de sa vie : choy√© par le nouveau roi Georges Ier, il y tient le salon le plus prestigieux de la capitale, et y fait la connaissance d'un jeune admirateur, Robert Lytton, secr√©taire √† la l√©gation britannique, fils de l'√©crivain Edward Bulwer-Lytton et appel√© √† une brillante carri√®re. Son travail sur l' Histoire des Perses, dont les deux volumes para√ģtront en 1869, progresse ; il renoue avec la po√©sie en composant L'Aphro√ęssa ; inspir√© par les mod√®les classiques qui l'entourent, il s'essaie √† la sculpture que, en d√©pit d'un talent tr√®s m√©diocre, il continuera d'exercer jusqu'√† la fin de sa vie. Il met √©galement la derni√®re main √† un essai philosophique, le bref M√©moire sur diverses manifestations de la vie individuelle auquel il travaille depuis l'ach√®vement de l' Essai sur les races, et qu'il parvient non sans difficult√© √† publier dans la Zeitschrift f√ľr Philosophie une philosophische Kritik de I. H. Fichte gr√Ęce √† l'appui de son correspondant Adelbert von Keller[17]. Son s√©jour est √©galement √©gay√© par son marivaudage aupr√®s des jeunes Zo√© et Mar√≠a Drago√ļmis (filles de l'homme d'√Čtat Nik√≥laos Drago√ļmis, sŇďurs du futur Premier Ministre St√©phanos Drago√ļmis et tantes de l‚Äô√©crivain √ćon Drago√ļmis), avec qui il entretiendra une volumineuse et remarquable correspondance[18]. Mais son intransigeance et son indocilit√© commencent √† le desservir : trop ouvertement favorable aux Turcs lors de la r√©volte cr√©toise de 1866-1869, en d√©pit des mises en garde et des menaces du minist√®re fran√ßais des Affaires √©trang√®res, il perd progressivement la confiance du roi. En mai 1868, il fait arr√™ter et expulser autoritairement Gustave Flourens, r√©volutionnaire fran√ßais insurg√© aux c√īt√©s des Cr√©tois ; cette attitude n'est pas √©trang√®re √† son rappel d'Ath√®nes, qu'il quitte en septembre 1868.

Pedro II du Brésil, admirateur et ami de Gobineau.

Gobineau avait annonc√© son d√©sir d'√™tre envoy√© √† Constantinople ou au moins dans une cour allemande ; sa nomination √† Rio de Janeiro, o√Ļ il arrive le 20 mars 1869, signifie une vraie disgr√Ęce. √Ä sa grande surprise, il y est chaleureusement accueilli par l'empereur Dom Pedro II, son lecteur et son admirateur enthousiaste, qui lui fait partager son intimit√©. Ce pays trop lointain et trop neuf est pourtant peu fait pour lui plaire. La situation politique, qui voit les derniers jours de la guerre de la Triple Alliance, ne l'int√©resse pas. M√©prisant la soci√©t√© locale (√† l'exception d'Aur√©a Posno, la jeune √©pouse du consul de Hollande, √† qui il √©crira des dizaines de lettres rest√©es in√©dites "o√Ļ s'exprime une sensualit√© faussement chaste"[19]), il s'ennuie profond√©ment en d√©pit de l'amiti√© de l'empereur, et conna√ģt une d√©pression que dissimulent mal les √©pisodes comiques de ses lettres aux sŇďurs Drago√ļmis. Un incident est r√©v√©lateur de cette tension : √† l'op√©ra, il agresse √† coups de poing une notabilit√© locale qui l'avait bouscul√©. L'empereur re√ßoit avec bienveillance sa version des √©v√©nements et, soucieux de l'√©tat de Gobineau, √† qui il conservera son amiti√©, lui obtient un cong√© apr√®s moins d'un an de s√©jour. Au cours de cette p√©riode difficile, Gobineau aura n√©anmoins termin√© sa nouvelle sur la Gr√®ce, Akrivie Phrangopoulo et, dans la seule journ√©e du 16 d√©cembre 1869, √©crit la nouvelle Ad√©la√Įde, demeur√©e in√©dite jusqu'en 1913 mais parfois consid√©r√©e comme un chef-d'Ňďuvre[20].

Arriv√© en France peu de temps avant l'invasion prussienne de 1870, il la vit et la raconte de fa√ßon extr√™mement pittoresque, plac√© qu'il est aux premi√®res loges par sa qualit√© de maire et de conseiller g√©n√©ral. Mont√© √† Paris durant le si√®ge, il y s√©journe sous la Commune, qu'il envisage, curieusement, non sans une certaine sympathie, et y demeure apr√®s la Semaine sanglante, afin de se m√©nager les bonnes gr√Ęces du nouveau r√©gime et d'√©viter un renvoi au Br√©sil.

Apr√®s de longs atermoiements qui le m√®nent au bord de la mise √† la retraite d'office voire de la r√©vocation, Gobineau est finalement nomm√© ministre pl√©nipotentiaire en Su√®de. C'est son dernier poste : il ne fut jamais ambassadeur. C'est √† ces quelques ann√©es que, stimul√© par l'exasp√©ration de ses tensions avec sa famille, et surtout par l'amiti√© amoureuse qu'il entretient avec la comtesse de La Tour, √©pouse du ministre d'Italie √† Stockholm, et qui demeura aupr√®s de lui jusqu'√† sa mort, on doit les Ňďuvres majeures de Gobineau : le roman Les Pl√©iades et les Nouvelles asiatiques.

Le misanthrope errant (1877-1882)

Portrait de Gobineau par la Comtesse de la Tour, 1876

Mis √† la retraite en mars 1877 suite √† une vacance quelque peu prolong√©e consacr√©e √† accompagner Dom Pedro II au cours de son voyage en Europe, il quitte Stockholm et la diplomatie. C'est le d√©but d'une vie errante men√©e jusqu'√† sa mort, et qui le voit h√©siter continuellement entre le ch√Ęteau de Cham√©ane[2], propri√©t√© auvergnate de la comtesse de La Tour ; l'Italie, o√Ļ il va de ville en ville √† la recherche d'un climat favorable et de commanditaires pour ses travaux de sculpteur ; et l'Allemagne, o√Ļ il visite des amis (dont les Wagner, rencontr√©s en 1876 √† Rome) et prend les eaux afin de soigner les maladies nerveuses qui l'accablent de plus en plus douloureusement.
Ces difficult√©s ruinent progressivement ses facult√©s cr√©atrices. Sa sculpture n'exc√®da jamais le m√©diocre. Ses travaux historiques, concentr√©s dans l' Histoire d'Ottar-Jarl qui pr√©tend retracer la propre g√©n√©alogie de Gobineau depuis le dieu Odin, sombrent dans l'invraisemblance. Ses projets d'articles ne sont plus que des √©bauches n√©glig√©es. Sa po√©sie, qui ne fut jamais brillante, le requiert de fa√ßon pr√©pond√©rante : il consacre ses derniers efforts au vaste po√®me √©pique Amadis, partiellement posthume. Son caract√®re de plus en plus heurt√© l'√©loigne progressivement de ses proches, dont seuls les plus fid√®les parviennent encore √† s'en accommoder : il mourut d√©finitivement brouill√© avec ses filles et son √©pouse, et pr√®s de la rupture avec Richard Wagner, dont l'antis√©mitisme, la misogynie et le messianisme lui sont insupportables.

C'est dans un ultime caprice qu'il conna√ģt sa mort subite : d√©cidant brusquement de fuir l'automne auvergnat, seul et presque aveugle, il quitte Cham√©ane, s'embarque √† Saint-Germain-des-Foss√©s traverse la France en train et arrive √† Turin, o√Ļ il meurt le 13 octobre 1882, terrass√© par une crise d'apoplexie dans la voiture qui le conduisait √† la gare pour prendre le train de Pise. Il est enterr√© dans le d√©nuement au cimeti√®re central de Turin (ampliazione I, arcata 87), o√Ļ le r√©gime fasciste a install√© en 1932 une plaque en son honneur : "Il tempo e gli eventi ne esaltano la figura di presago pensatore" ("Le temps et les √©v√®nements exaltent en lui la figure du penseur visionnaire").

La pens√©e et l'Ňďuvre

La pensée de Gobineau

Théories racistes

L'histoire des th√©ories de Gobineau, formul√©es dans son Essai sur l'in√©galit√© des races humaines (1853-1855) pourrait aussi bien √™tre celle de leur d√©formation sous l'influence des milieux wagn√©riens de la fin du XIXe si√®cle, et notamment de celle du penseur eug√©niste Houston Chamberlain, principal inspirateur d'Adolf Hitler, dont √©galement l'Ňďuvre de l'anthropologue et philosophe Allemand Ludwig Woltmann.

Deux tendances fondamentales de la pens√©e de Gobineau s'opposent n√©anmoins √† cette lecture de son Ňďuvre. En premier lieu, son pessimisme, inspir√© de la lecture de Lord Byron et de Schopenhauer, interdit cat√©goriquement tout projet de r√©forme politique, toute application de la th√©orie de l'in√©galit√© des races. En effet, mieux que les qualit√©s ou lacunes de son style et de son argumentation, ce sont les motivations ayant concouru √† sa naissance qui orientent le plus nettement l'Essai dans le seul champ de la litt√©rature ; ses quatre volumes ne sont pas une d√©monstration scientifique, mais une longue variation (justement qualifi√©e d'"√©pop√©e" par Jean Gaulmier) sur le postulat in√©branlable de la d√©cadence de l'humanit√©. Ce pessimisme, tel que Gobineau l'affirme lui-m√™me, est le fondement de sa pens√©e et de toute son Ňďuvre, et rel√®ve d'abord de sa psychologie personnelle, de la rudesse de son enfance, d'une qu√™te de l√©gitimit√© toujours infructueuse et incarn√©e dans un ¬ę l√©gitimisme ¬Ľ politique de rencontre. Les th√©ories raciales n'y jouent qu'un r√īle de circonstance, inspir√© par une longue tradition de racialisme occidental.

D'autre part, comme l'indique Claude L√©vi-Strauss dont Race et histoire est certainement la formulation la plus brillante et la plus rigoureuse des th√©ories gobiniennes, la distinction primordiale qu'√©tablit Gobineau entre les races n'est pas tant quantitative que qualitative, et pr√©tend t√©moigner d'aptitudes diff√©rentes plut√īt que similaires et in√©gales (voir la critique dans l'onglet Discussion). Contre le m√©tissage, Gobineau, comme L√©vi-Strauss, et en d√©pit de tics de langage aujourd'hui p√©rim√©s, se veut ainsi le d√©fenseur de la diversit√© ethnique et culturelle, telle qu'il l'a lui-m√™me pratiqu√©e par une curiosit√© et une empathie de toujours envers les peuples √©trangers auxquels il s'est confront√© avec une all√©gresse communicative. R√©v√©l√© dans ses r√©cits de voyage et ses nouvelles, son amour de l'Iran, de la Gr√®ce et de la Su√®de rel√®ve bien moins, on ne sait quelle pr√©f√©rence "aryenne", qu'un go√Ľt tr√®s vif pour l'exotisme dans la juste mesure que th√©orisera plus tard Victor Segalen. "Blancs", "Noirs" et "Jaunes" ne sont que des arch√©types qu'il reconna√ģt lui-m√™me pour hypoth√©tiques, et qui donnent surtout lieu √† une impressionnante r√©capitulation narrative.

C'est dans le cours de sa narration que Gobineau prend le plus nettement position sur les th√®mes aujourd'hui pertinents des th√©ories raciales, dans un sens g√©n√©ralement beaucoup plus moderne que la plupart de ses contemporains. Une page c√©l√®bre de l‚ÄôEssai est ainsi consacr√©e √† un √©loge des Juifs qui contredit toute accusation d'antis√©mitisme ; une autre, moins connue, est une violente accusation de l'eug√©nisme tel qu'il √©tait pratiqu√© dans certaines cit√©s de l'Antiquit√© grecque ; une autre enfin montre son opposition √† la colonisation, et s'√©l√®ve avec une ironie cinglante contre le g√©nocide des Am√©rindiens. Ces positions, √©trang√®res √† la th√©orie propag√©e par une certaine vulgate gobinienne, sont en revanche extr√™mement coh√©rente avec l'hostilit√© de Gobineau √† la d√©mocratie, qu'il juge un danger contre le g√©nie individuel de chacun. Mis en relation avec ses Ňďuvres romanesques tardives, sa correspondance et son m√©moire De la vie individuelle, l'Essai sur l'in√©galit√© des races humaines appara√ģt ainsi comme un document majeur de l'individualisme, qui n'est pas sans √©voquer la pens√©e de Max Stirner et celle de Friedrich Nietzsche.

Conceptions politiques

Philosophie religieuse

Ňíuvre litt√©raire

La production proprement littéraire de Gobineau se répartit en deux périodes, l'une précédant, l'autre suivant sa carrière de diplomate. Il ne saurait être considéré comme anodin qu'un esprit d'une indépendance aussi ombrageuse n'ait su pleinement s'exprimer qu'au mépris de tout plan de carrière.

La premi√®re p√©riode, de 1840 √† 1849, est celle d'une jeunesse laborieuse et vell√©itaire √† la fois, adonn√©e √† la production de feuilletons dont peu ont su impressionner favorablement la post√©rit√©. De cet ensemble, dont il demeure probablement des d√©bris encore inconnus sem√©s parmi la presse de l'√©poque, se d√©gagent n√©anmoins quelques nouvelles et quatre romans. Ceux-ci, s'ils brillent davantage par leurs d√©fauts que par leurs attraits et fournissent un vaste sujet d'√©panchement aux contempteurs de Gobineau, n'en poss√®dent pas moins quelques charmes m√™l√©s. On a su reconna√ģtre au Prisonnier chanceux (1847) des qualit√©s picaresques ; √† Ternove (1848) et L'Abbaye de Typhaines (1849), en d√©pit de leurs maladresses et d'un certain ennui, un vrai souci documentaire ; Nicolas Belavoir (1848), de loin le plus long, frappe par la mani√®re dont son principal d√©faut, la manie feuilletonni√®re de tirer √† la ligne, est renvers√© par l'auteur en un humour absurde s'illusionnant extr√™mement peu sur l'int√©r√™t du r√©cit. Les nouvelles de cette √©poque pr√©sentent un reflet aggrav√© de cette qualit√© in√©gale : si la plupart sont d'une lecture particuli√®rement difficile et ne pr√©sentent plus d'autre int√©r√™t que biographique sur leur auteur, quelques unes figurent, d'ores et d√©j√†, parmi les productions les plus significatives de Gobineau. L'une des premi√®res, Scaramouche (1843) a connu un certain succ√®s, corrobor√© par le commentaire qu'en fait Louis Aragon dans Je n'ai jamais appris √† √©crire, ou les incipit. Une des derni√®res, surtout, Mademoiselle Irnois (1848), a connu un succ√®s durable. Cette p√©riode est √©galement celle de la production d'un th√©√Ętre et d'une po√©sie √©galement m√©diocres et d√©consid√©r√©s par la critique.

Ce n'est pas avant 1869, dans l'ennui de son s√©jour √† Rio de Janeiro que Gobineau renoue avec la prose romanesque. Sa nouvelle Ad√©la√Įde, √©crite en une journ√©e est parfois consid√©r√©e comme son chef-d'Ňďuvre quoiqu'elle n'ait paru que de fa√ßon posthume. P√©rip√©tie concentr√©e sur la jalousie entre deux femmes, pleine de cruaut√©, de bravache et d'humour, elle ne r√©v√®le pas encore de traces de cet exotisme qui sera la marque de la production de la deuxi√®me p√©riode romanesque de Gobineau. Celle-ci, courant jusqu'√† sa mort, cristallise en effet les impressions de vingt ans d'errance, comme l'indique le titre des deux recueils publi√©s alors : Souvenirs de voyage (1872) et Nouvelles asiatiques (1876), distincts par l'occasion de leur r√©union mais essentiellement solidaires dans leur contenu. Ces neuf nouvelles sont peut-√™tre la quintessence du g√©nie litt√©raire de Gobineau : de la gr√Ęce de sa capacit√© d'√©merveillement devant le monde, de son romantisme d√©suet tout entich√© d'amour courtois, et aussi de l'√Ępret√© de son √©litisme. Except√© dans la moquerie, l'ordinaire n'y conna√ģt aucune part, et les passions s'y d√©cha√ģnent avec noblesse ; c'est assez dire que les th√©ories raciales de Gobineau n'y ont que tr√®s peu de part, et ne se signalent √† l'occasion que m√™l√©es d'une certaine ironie gu√®re plus insistante que le souci de la "couleur locale". Plus entier, plus violent, plus maladroit aussi, le roman Les Pl√©iades (1874) se veut la th√©orie litt√©raire de l'individualisme √©litiste. Charge brutale contre la d√©mocratie et la modernit√©, il affirme l'amour comme la valeur sup√©rieure des "fils de Roi". Aucune des tentatives post√©rieures ne semble avoir √©t√© men√©e √† son terme, except√© l'ensemble de "sc√®nes historiques" de La Renaissance (1877), qui figura jusqu'en 1934 au programme d'√©tude de l'enseignement secondaire allemand, et peut-√™tre le roman Les Voiles noirs, dont le manuscrit in√©dit a disparu dans l'incendie du ch√Ęteau de Cham√©ane.

On cite souvent les noms de Balzac et de Stendhal au sujet de l'Ňďuvre romanesque de Gobineau. Mais, et bien qu'il se soit quelquefois voulu leur √©mule, il n'aura conserv√© du premier que la volont√© de peindre le monde bourgeois, et du second l'enthousiasme romantique. En r√©alit√©, il semble que ce soit √† son talent d'√©crivain voyageur, lou√© par Nicolas Bouvier, qu'il faille recommander sa m√©moire. Dans la libert√© du voyage, Gobineau a su exprimer un humour tr√®s particulier, m√™l√© d'outrage et de d√©licatesse d√©sesp√©r√©e ; un talent picaresque extr√™me ; et une ouverture √† l'existence et √† l'√™tre m√™me des choses sans pr√©c√©dent dans la litt√©rature fran√ßaise, et o√Ļ il ne conna√ģtra pas de suivant avant les romans de Victor Segalen et surtout Ecuador d'Henri Michaux.

Une postérité controversée

Mathilde de La Tour h√©rite de la propri√©t√© des manuscrits de Gobineau, qui sont mis en valeur par Ludwig Schemann, disciple de Wagner et fondateur en 1894 de la Soci√©t√© Gobineau (Gobineau-Vereinigung). En 1903, la Biblioth√®que nationale et universitaire de Strasbourg acquiert le fonds ; un cabinet en son honneur, qui existe toujours, y ouvre ses portes en 1906, √† l'inverse du mus√©e projet√© par le m√©decin et patriote strasbourgeois Pierre Bucher. La pens√©e de Gobineau, n√©glig√©e et m√©pris√©e en France, se disposait √† y revenir apr√®s un d√©tour par l'Allemagne qui la travestit durablement.

Ňíuvres de Gobineau

Les trois volumes des Ňíuvres de Gobineau publi√©s sous la direction de Jean Gaulmier (Paris, Gallimard, "Biblioth√®que de la Pl√©iade", 1982-1983) regroupent : Scaramouche, Mademoiselle Irnois, Essai sur l'in√©galit√© des races humaines (tome 1), M√©moire sur l'√©tat social de la Perse actuelle, Trois Ans en Asie, Les Religions et les philosophies dans l'Asie centrale, Souvenirs de voyage, Ad√©la√Įde (tome 2), Nouvelles Asiatiques, Les Pl√©iades, La Renaissance (tome 3).

Publications en revue

  • Le Mariage d'un prince (1840 ; r√©√©d. dans "La Nouvelle Revue Fran√ßaise", Paris, Gallimard, 1er juillet 1966)
  • Scaramouche (1843, √©d. en volume en 1922)
  • Le prisonnier chanceux, ou les Aventures de Jean de La Tour-Miracle (1846, premi√®re √©dition en 3 volumes in-8 √† Paris chez Louis Chlendowski √† moins de 100 exemplaires en 1847 (rarissime), puis √©d. en volume en 1924 ; L'Arsenal, 1989)
  • Ternove (1847 ; r√©√©d. Perrin, 1919)
  • Nicolas Belavoir (1847 ; r√©√©d. Gallimard, 1927)
  • Les Conseils de Rabelais (1847 ; r√©√©d. Folio-Gallimard, 1985)
  • L'aventure de jeunesse (1847)
  • La Belle de F√©verolles (1848)
  • Mademoiselle Irnois (1848 ; √©d. en volume en 1920)
  • L'abbaye de Typhaines (1849 ; Gallimard, 1919)

Essais

Histoire :


  • M√©moire sur l'√©tat social de la Perse actuelle (1856)
  • Histoire des Perses, Paris, Plon, 1869
  • Ce qui se passe en Asie (1877 ; √©dition posthume, Paris, Cahiers libres, 1928)
  • Histoire d'Ottar Jarl et de sa descendance, Paris, Plon, 1879.

Philosophie :

Philologie :

  • Lecture des √©critures cun√©iformes (1858)
  • Trait√© des √©critures cun√©iformes (1864)

Pamphlets :

  • Ce qui est arriv√© √† la France en 1870 (1870, posthume ; Klincksieck, 1970)
  • La Troisi√®me R√©publique et ce qu'elle vaut (1877, posthume)

Ňíuvres litt√©raires

Romans et nouvelles :

  • Ad√©la√Įde (1869, posthume)
  • Souvenirs de voyage : Le Mouchoir rouge Akrivie Phrangopoulo, La Chasse au caribou (1872 ; Folio-Gallimard, 1985)
  • Les Pl√©iades (1874 ; Folio-Gallimard, 1997)
  • Nouvelles asiatiques : La Danseuse de Shamakha, L'Illustre Magicien, Histoire de Gamb√®r-Aly, La Guerre des Turcomans, Les Amants de Kandahar et La Vie de voyage (1876 ; P.O.L., 1990 ; Les Editions du Sonneur, 2007)
  • La Renaissance, sc√®nes historiques (1877 ; GF-Flammarion, 1980)

R√©cits de voyage :

Po√©sie :

  • La Chronique rim√©e de Jean Chouan et de ses compagnons (1846)
  • L'Aphro√ęssa (1869)
  • Amadis (1876)
  • Amadis (1887, r√©√©d. int√©grale, partiellement posthume)
  • Tre poemi inediti (Firenze, Olschki, 1965)

Th√©√Ętre :

  • Les Adieux de Don Juan (1844)
  • Alexandre le Mac√©donien (1847, posthume)

Critique :

  • √Čtudes critiques 1842-1847 (Klincksieck, 1984)

Correspondance

  • (√† sa fille) Lettres √† la princesse Toqu√©e (Seuil, 1987)
  • (√† sa sŇďur) Lettres persanes (Mercure de France, 1958)
  • (√† sa sŇďur) Correspondance 1870-1882 (Mercure de France, 1958)
  • (aux sŇďurs Drago√ļmis) Lettres √† deux Ath√©niennes (Ath√®nes, Castalie, 1935)
  • Gobineau et le comte de Prokesch-Osten, Correspondance (Plon, 1933)
  • Gobineau et D. Pedro II, Correspond√™ncia (S√£o Paulo, Raeders, 1938)
  • Alexis de Tocqueville, Ňíuvres compl√®tes, IX, Correspondance avec Gobineau (Gallimard, 1959)
  • Gobineau et Richard Wagner, Correspondance (Nizet, 2001)

Bibliographie et sources

Les manuscrits de Gobineau, dont un certain nombre d'in√©dits, figurent pour la plupart dans les collections du fonds Gobineau[3] de la Biblioth√®que nationale et universitaire de Strasbourg, et de la Biblioth√®que nationale de France √† Paris. Une grande partie d'entre eux furent d√©truit par l'incendie du ch√Ęteau de Cham√©ane, en 1944.

La bibliographie gobinienne est pl√©thorique. Outre les dix volumes d' √Čtudes gobiniennes parues sous la direction de Jean Gaulmier (Klincksieck, 1966-1978), on consultera en priorit√© :

  • Jean Boissel, Gobineau pol√©miste (Pauvert, 1967).
  • Jean Boissel, Gobineau, l'Orient et l'Iran, tome 1 (Klincksieck, 1974).
  • Jean Boissel, Gobineau, biographie (1981 ; Berg international, 1993).
  • Nicolas Bouvier, "Autour de Gobineau", in L'Echapp√©e belle (Metropolis, 1996).
  • Janine Buenzod, La Formation de la pens√©e de Gobineau et l'Essai sur l'in√©galit√© des races humaines (Paris, Nizet, 1967).
  • L√©on Deffoux, Trois aspects de Gobineau (Plon, 1929).
  • Robert Dreyfus, La Vie et les proph√©ties du comte de Gobineau (Cahiers de la Quinzaine, 1905)
  • Jean Gaulmier, Spectre de Gobineau (Pauvert, 1965)
  • Maurice Lange, Le Comte Arthur de Gobineau, √©tude biographique et critique (Facult√© de Lettres de Strasbourg, 1924)
  • Pierre-Louis Rey, L'Univers romanesque de Gobineau (Gallimard, 1981).

Et √©galement :

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Son acte de naissance ne porte pas de particule, mais il s'agit d'une erreur de l'√©tat-civil : sa soeur Caroline, n√©e en 1820, est bien de Gobineau.
  2. ‚ÜĎ Sur les agissements d'Anne-Madeleine de Gercy, voir M.-L. Concasty, "Quand Maxime du Camp ne mentait pas", Etudes Gobiniennes, Paris, Klincksieck, 1968-1969.
  3. ‚ÜĎ Selon le t√©moignage de sa soeur Caroline, que cite et discute Jean Boissel in Gobineau, Paris, Berg international, 1993, p.49
  4. ‚ÜĎ Actuel Lyc√©e Dupuy de L√īme.[1]
  5. ‚ÜĎ Toujours d'apr√®s sa soeur Caroline, √† qui il √©crira le 30 juin 1840 : "Si je d√©sire vivement ne pas partir du monde sans savoir ce que c'est qu'un champ de bataille, je d√©sire plus vivement encore ne pas √™tre esclave." (Cit√© par Boissel, op. cit., p.52)
  6. ‚ÜĎ Lettre √† son p√®re et √† sa soeur, 16 f√©vrier 1840. (Cit√© in Boissel, op. cit., p.56)
  7. ‚ÜĎ Sur les "Scelti", cf. L√©on Deffoux, "En marge des Adieux de Don Juan", in Trois aspects de Gobineau, Paris, Cr√®s, 1929.
  8. ‚ÜĎ Cf. J. Gaulmier, "Gobineau, la d√©centralisation et la Revue provinciale", Etudes Gobiniennes, Paris, Klincksieck, 1971.
  9. ‚ÜĎ Jean Gaulmier, in Gobineau, Le Mouchoir rouge et autres nouvelles, Paris, Garnier, 1968
  10. ‚ÜĎ Jean Boissel, in Gobineau, Ňíuvres, I, Paris, Gallimard, "Biblioth√®que de la Pl√©iade", 1982, p.1198
  11. ‚ÜĎ Ibid., p.1206
  12. ‚ÜĎ Portrait d'Alexis de Tocqueville
  13. ‚ÜĎ "Vous avez des connaissances vari√©es, de l'esprit beaucoup, les mani√®res de la meilleure compagnie, ce √† quoi on ne peut s'emp√™cher d'√™tre sensible, quelque d√©mocrate qu'on soit." (Tocqueville √† Gobineau, le 8 ao√Ľt 1843)
  14. ‚ÜĎ Ce travail, intitul√© Coup d'oeil sur la philosophie morale, para√ģtra en 1959 seulement dans A. de Tocqueville, Ňíuvres compl√®tes, IX, Paris, Gallimard.
  15. ‚ÜĎ J. Boissel, Gobineau, biographie, op. cit., p.158.
  16. ‚ÜĎ Sur Gobineau √† Trie, cf. L√©on Deffoux, "En marge d' Ottar-Jarl", in Trois aspects de Gobineau, Paris, Cr√®s, 1929.
  17. ‚ÜĎ Sur les difficult√©s de cette publication, voir l'avant-propos d'A.B. Duff √† l'√©dition fran√ßaise du M√©moire sur diverses manifestations de la vie individuelle, Paris, Descl√©e de Brouwer, 1935.
  18. ‚ÜĎ Une partie de cette correspondance a √©t√© publi√©e par N. M√©la sous le titre Lettres √† deux Ath√©niennes, Ath√®nes, Kauffmann, 1936.
  19. ‚ÜĎ J. Boissel, Gobineau, biographie, op. cit., p.218.
  20. ‚ÜĎ J. Boissel, Gobineau, biographie, op. cit., p.214.

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