John Maxwell Coetzee


John Maxwell Coetzee

J. M. Coetzee

J. M. Coetzee
J.M. Coetzee.JPG

Naissance 9 février 1940
Le Cap
Nationalité Afrique du Sud Afrique du Sud
Profession(s) Écrivain, professeur de littérature
Distinctions Prix Nobel de littérature, prix Booker...

J. M. Coetzee, de son nom complet John Maxwell Coetzee (né le 9 février 1940 au Cap en Afrique du Sud) est un romancier et professeur en littérature sud-africain d'expression anglaise, descendant de colons afrikaners. Il est lauréat de nombreux prix littéraires de premier ordre dont le prix Nobel de littérature en 2003.

Sommaire

Biographie

Coetzee naît au Cap dans une famille boer. Son père était avocat et sa mère institutrice. L'anglais est sa première langue et il suit d'ailleurs sa scolarité dans une école anglophone. Il ne semble d'abord pas se destiner à un cursus universitaire dans les lettres et étudie un temps les mathématiques à l'université du Cap. En 1960, il part pour l'Angleterre et poursuit à Londres des études en linguistique et en informatique.

Après avoir travaillé comme programmeur pour IBM, puis pour International Computers, Coetzee nourrit des ambitions littéraires mais il est tiraillé entre ses besoins financiers et sa passion pour les lettres et l'écriture. L'attribution d'une bourse d'étude lui permet de reprendre des études d'anglais à l'université du Texas à Austin, où il soutient une thèse de doctorat en 1965 sur les romans de Samuel Beckett. Il obtient ensuite un poste à l'université de Buffalo (New York) où il enseigne jusqu'en 1971. En 1972, il obtient une chaire de professeur en littérature au département d'anglais de l'université du Cap. Son premier roman, Terres de crépuscule (Dusklands), y est publié en 1974.

Coetzee s'installe en Australie en 2002 pour enseigner à l'université d'Adélaïde. Il est maintenant professeur émérite à l'université de Chicago (Illinois), aux États-Unis.

L'auteur a reçu de nombreux prix littéraires de premier ordre: il a notamment été le premier écrivain et à ce jour encore le seul avec l'auteur australien Peter Carey, à obtenir deux fois le prestigieux Prix Booker, en 1983 pour Michael K, sa vie, son temps (Life and Times of Michael K) et en 1999 pour Disgrâce (Disgrace). La plus importante de toutes les distinctions internationales, à savoir le prix Nobel de littérature, vient couronner en 2003 l'ensemble de son œuvre « qui, dans de multiples travestissements, expose la complicité déconcertante de l’aliénation » [1].

Son œuvre

Thématiques du roman coetzien

Coetzee se définit comme un « écrivain occidental vivant en Afrique du Sud »[2]. Ses romans prennent donc généralement pour toile de fond son pays natal et sa réalité politique (racisme, ségrégationnisme, inégalités ethniques et sociales, violence, paranoïa...). Cependant, ses livres, contrairement à ceux de sa consœur Nadine Gordimer ne traitent pas des spécificités du régime sud-africain en eux-mêmes, ne cédant ni aux tentations du parti pris politique, ni aux modes idéologiques, ni au manichéisme. Ses récits se veulent en dehors de l'histoire et de toute réflexion dialectique. L'auteur traite certes des problèmes de sa nation mais il les subvertit sur par un mode allégorique et étudie leurs répercutions sur l'individu jusque dans son intimité, élargissant même le propos à toutes les formes d'oppression dans le temps, quelles qu'elles soient[3].

Le positionnement du romancier

Coetzee renvoie le cadre de l'apartheid à un fonctionnement philosophique plus général : « la société d’apartheid était une société de maître et d’esclaves, où les maîtres eux-mêmes n’étaient pas libres »[4]. L'écrivain cherche d'ailleurs lui-même à démystifier le rôle de l'artiste, l'incluant, comme maillon ordinaire, à la chaîne politique et sociale dont il est censé se départir : « Je ne suis pas le représentant d’une communauté ou quoi que ce soit d’autre. Je suis juste quelqu’un qui, comme tout prisonnier enchaîné, a des intuitions de liberté et qui construit des représentations de gens laissant tomber ces chaînes et tournant leurs visages vers la lumière. »[5]. En effet, Coetzee s'attache à illustrer l'humanité fébrile de vies et de destins singuliers pris en étau dans un système « politique » (au sens large du terme) dont ils sont à la fois les victimes et les complices.

Une œuvre cruelle, pessimiste et ambigüe

Au cœur de ce pays (In the Heart of the Country, 1977), raconte l'histoire d'une vieille fille seule dans une ferme. En attendant les barbares (Waiting for Barbarians, 1980) évoque les turpitudes d'un pouvoir central, miroir d'un régime ségrégationniste, qui craint une invasion barbare dans un désert[6]. C'est d'ailleurs ce roman qui valut à l'auteur une renommée internationale. Michael K, sa vie, son temps conte l'itinéraire physique et mental d'un inoffensif bec-de-lièvre combattant pour la liberté dans un pays ravagé par la guerre civile. Disgrâce (1999) traite, quant à lui, de la société post-apartheid et de ses dysfonctionnements (violences, viols...). Par le biais d'une écriture qui rompt toute distance, comme celle d'un journal de bord ou la narration d'un cauchemar[7], Coetzee explore les comportements et les discours propres aux situations de survie individuelle dans des régimes politiques qui ont brisé toute possibilité de dialogue et ont anéanti le sens des mots[8]. Cet ordre de la violence isole chacun dans un soliloque ou dans une parole sans plus de ligne directrice. Le lecteur est alors pris de malaise dans la mesure où il s'identifie aux personnages, épris de culpabilité et luttant pour leur liberté, mais fascinés en même temps par le morbide, la souffrance, la violence, l'humiliation et l'aliénation dont ils cherchent à s'extraire tout en s'y confortant. Ce fonctionnement proprement « amoral » (en dehors de toute considération sur le bien et le mal) entrave tout processus de libération possible. Ce scepticisme, à la limite de la misanthropie, ne va pas sans rappeler les thèmes d'un Kafka ou la langue tragique d'un Beckett.

Le style de l'auteur

Le style romanesque de Coetzee est d'une grande habileté. Il « n’applique jamais la même recette à deux ouvrages, ce qui contribue à la grande variété de son œuvre »[9], selon les termes du jury Nobel. Coetzee s'avère être un véritable orfèvre de la langue, réfléchissant avec une grande pertinence le vocabulaire, le rythme de la phrase et pesant chaque mot écrit avec une extraordinaire minutie[10]. Sa prose luxuriante n'omet évidemment ni l'ironie, ni l'humour noir, ni l'ambiguïté des sens. L'auteur enrichit les codes de la fiction moderne et du langage littéraire avec l'approche du sémioticien et du linguiste qu'il fut à ses débuts[11]. Peu d'écrivains sud-africains ont réussi à trouver un tel équilibre entre appel de justice sociale et nécessité de réfléchir les techniques et les formes du roman contemporain[12].

En 1994, avec l'élection de Nelson Mandela à la tête de l'État, Coetzee retrouve son inspiration dans le pastiche littéraire post-moderne et post-coloniale, genre qu'il avait déjà inauguré avec Foe (1986), parodie de Robinson Crusoé. Le Maître de Pétersbourg (The Master of St. Petersburg, 1994) évoque en préambule, le parcours d'un Dostoïevski complètement inventé qui revient dans le Saint-Pétersbourg de 1869 après s'être exilé à Dresde, en Allemagne, pour échapper à ses créanciers russes[13].

Œuvres traduites en français

Prix littéraires

Références

  1. Notice sur J.M. Coetzee sur le site de l'Académie suédoise
  2. Citation extraite de l'article consacrée à Coetzee par Jacqueline Bardolph in le Nouveau Dictionnaire des auteurs, de tous les temps et de tous les pays, édition Laffont-Bompiani, Paris, 1994, volume 1, page 705
  3. Article Encarta sur J.M. Coeztee
  4. Article Encarta sur J.M. Coeztee
  5. Article Encarta sur J.M. Coeztee
  6. Article Encarta sur J.M. Coeztee
  7. Article de Jacqueline Bardolph concernant J.M. Coetzee sur le site consacré aux écrivains d'Afrique du Sud
  8. Article de Jacqueline Bardolph sur J.M. Coetzee in le Nouveau Dictionnaire des auteurs, de tous les temps et de tous les pays, édition Laffont-Bompiani, Paris, 1994, volume 1, page 705
  9. Notice sur J.M. Coetzee sur le site de l'Académie suédoise
  10. Article Encarta sur J.M. Coeztee
  11. Article de Jacqueline Bardolph sur J.M. Coetzee in le Nouveau Dictionnaire des auteurs, de tous les temps et de tous les pays, édition Laffont-Bompiani, Paris, 1994, volume 1, page 705
  12. Article Encarta sur J.M. Coeztee
  13. Article Encarta sur J.M. Coeztee

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Voir aussi


Précédé de :
Imre Kertész
Prix Nobel de littérature
2003
Suivi de :
Elfriede Jelinek


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