John Fitzgerald Kennedy


John Fitzgerald Kennedy
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John F. Kennedy
John F. Kennedy, White House color photo portrait.jpg
Portrait officiel de John F. Kennedy, en 1961

Mandats
35e président des États-Unis
20 janvier 1961 – 22 novembre 1963
(&&&&&&&&&&&010362 ans, 10 mois et 2 jours)
Élection 8 novembre 1960
Vice-président Lyndon B. Johnson
Prédécesseur Dwight D. Eisenhower
Successeur Lyndon B. Johnson
Sénateur des États-Unis
représentant le Massachusetts
3 janvier 1953 – 22 décembre 1960
Prédécesseur Henry Cabot Lodge, Jr.
Successeur Benjamin A. Smith II
Représentant du 11e district au
Sénat de l'État de du Massachusetts
3 janvier 1947 – 3 janvier 1953
Prédécesseur James Michael Curley
Successeur Tip O'Neill
Biographie
Nom de naissance John Fitzgerald Kennedy
Date de naissance 29 mai 1917
Lieu de naissance Drapeau des États-Unis Brookline, Massachusetts
Date de décès 22 novembre 1963 (à 46 ans)
Lieu de décès Drapeau des États-Unis Dallas, Texas
Nature du décès Assassinat
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Jacqueline Kennedy
Diplômé de Harvard College
Religion Catholicisme romain
Signature John F. Kennedy signature.png

Seal Of The President Of The United States Of America.svg
Présidents des États-Unis

John Fitzgerald « Jack Â» Kennedy, né le 29 mai 1917 à Brookline (Massachusetts) et mort le 22 novembre 1963 à Dallas (Texas), est le 35e président des États-Unis. Entré en fonction le 20 janvier 1961 à l'âge de 43 ans, il est assassiné le 22 novembre 1963 à l'âge de 46 ans. Plus jeune président élu[1], il est aussi le plus jeune à mourir en cours de mandat, assassiné moins de trois ans après son entrée à la Maison Blanche. Il reste aujourd'hui le seul président américain de religion catholique.

En raison de son énergie, de son charisme, de son style et de ses qualités présumées de chef pendant la guerre froide, mais aussi en raison de son assassinat, JFK reste l'un des personnages les plus populaires du XXe siècle, tandis que son assassinat reste pour beaucoup un mystère des plus controversés.

Sommaire

Biographie

Article connexe : Famille Kennedy.

John Fitzgerald Kennedy, surnommé « Jack Â», est né le 29 mai 1917 à Brookline (Massachusetts), une banlieue huppée de Boston. Il est le second d'une famille qui compte neuf enfants: Joseph Jr., John F., Rosemary, Kathleen, Eunice, Patricia, Robert, Jean Ann et Edward.

Ses parents, Joseph Patrick Kennedy, qui a fait fortune dans les années 1930, et Rose Fitzgerald, fille de John Francis Fitzgerald (1863–1950), dit "Honey Fitz", maire de Boston et de Mary Josephine Hannon (1865-1964)[2], sont les descendants de familles originaires d'Irlande. Son père soutient Franklin Delano Roosevelt lors de l'élection de 1933, et devient ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni en 1938.

Le jeune Kennedy reçoit une éducation dans l'une des meilleures écoles privées à Wallingford, Connecticut où son frère aîné Joseph Patrick Kennedy Jr. l'a précédé. En septembre 1935, il intègre la London School of Economics sous la supervision du professeur Laski, mais doit interrompre ses études, car il est atteint de jaunisse. Il intègre ensuite l'université de Princeton, mais doit de nouveau interrompre ses études après seulement six semaines et se fait hospitaliser à l'hôpital Brigham de Boston. L'année suivante, en septembre 1936, il intègre Harvard. Ses principales matières sont l'économie, l'histoire et la politique américaine.

Quand son père s'installe à Londres, il visite l'Europe et écrit son mémoire de fin d'études sur la participation britannique aux accords de Munich. Il est diplômé avec mention à 23 ans et son mémoire est publié aux USA sous le titre Pourquoi l'Angleterre dormait. C'est un relatif succès de librairie qui semble le destiner au journalisme.

En 1941, il a alors une liaison avec Inga Arvad, une journaliste danoise, mariée, ancienne miss Danemark qui a couvert les jeux olympiques de Berlin en 1936 et le mariage d'Hermann Goering, devenant proche d'Hitler ce qu'a démontré de manière irréfutable le FBI[3]. Il doit renoncer à cette liaison assurément dangereuse. JFK est rappelé sur le continent en Caroline du sud ; mais Inga le suit ; ils continuent à se voir[4].

Service militaire et période après-guerre

Au printemps 1941, Kennedy veut s'enrôler dans l'armée, mais est déclaré inapte en raison de ses problèmes de dos : il est en réalité atteint de la maladie d'Addison, une sorte de déficience (encore mortelle à son époque) des glandes surrénales, lesquelles produisent des hormones anti-douleurs osseuses. D'abord mobilisé à l'arrière, il obtient de servir sur plusieurs navires de la flotte américaine du Pacifique et devient commandant d'un patrouilleur avec le grade de lieutenant de vaisseau.

Le 2 août 1943 à deux heures du matin, son patrouilleur (une vedette lance-torpilles), le PT 109, est coupé en deux par le destroyer japonais Amagiri au large des îles Salomon. Kennedy est projeté sur le pont et se blesse au dos, ce qui aggrave ses douleurs ; en mer, il réussit malgré tout à haler un membre de son équipage blessé sur près de cinq kilomètres et à mettre pied sur une île, d'où il nage pour donner l'alerte : son équipage est récupéré. Ce fait d'armes lui vaut la médaille de la Marine avec la citation suivante :

« Le lieutenant de vaisseau Kennedy, au cours de l'attaque d'un destroyer japonais, a vu son navire éperonné et coulé. Il a dirigé le sauvetage de son équipage et a personnellement sauvé trois hommes, dont l'un était sérieusement blessé. Au cours des six jours qui ont suivi, il a pu ramener son équipage à terre. Son courage, sa ténacité et ses qualités de chef ont permis de sauver plusieurs vies, maintenant ainsi les traditions de la Marine des États-Unis. Â»

Kennedy reçoit d'autres décorations pendant la guerre, dont la Purple Heart. Il est démobilisé au début de 1945 quelques mois avant la capitulation du Japon. Un film de propagande raconte son aventure. Le décès de son frère aîné et les erreurs politiques de son père (qui était favorable au maintien de la paix avec Hitler) font de lui l'espoir politique de la famille.

Il est contraint de se faire opérer à plusieurs reprises en raison de problèmes de dos et reçoit même l'extrême onction à trois reprises. Pendant cette période, il publie un livre Profiles in Courage (Portraits d'hommes courageux), où il fait la biographie de huit sénateurs qui ont risqué leur carrière pour défendre leurs points de vue. Ce livre recevra le prix Pulitzer en 1957.

Carrière politique

Portrait officiel de John F. Kennedy par Aaron Shikler

Après la Seconde Guerre mondiale, Kennedy débute donc une carrière politique en se faisant élire à la Chambre des représentants dans une circonscription à majorité démocrate. Il est réélu deux fois malgré ses positions qui ne sont pas toujours en accord avec celles du président Harry S. Truman ou du Parti démocrate.

En 1952, il est candidat au siège de sénateur avec le slogan : « Kennedy en fera plus pour le Massachusetts Â». Il réussit à battre son concurrent républicain, le sénateur sortant Henry Cabot Lodge Jr. Cependant, il ne s'oppose pas au sénateur Joseph McCarthy, un ami de la famille, qui mène une campagne agressive dans le but d'extirper les prétendus espions communistes au sein du gouvernement. Il profite d'un séjour à l'hôpital pour ne pas voter la motion de censure contre McCarthy en 1954, ce qui lui sera longtemps reproché par l'aile gauche du Parti démocrate, Adlai Stevenson et Eleanor Roosevelt en tête.

Mariage

Le 12 septembre 1953[5], il épouse Jacqueline Bouvier avec qui il a quatre enfants : Arabella Kennedy (1956, morte-née), Caroline Kennedy (1957), John Fitzgerald Kennedy Jr. (1960-1999) et Patrick Bouvier Kennedy (1963, décédé deux jours après sa naissance).

L'élection présidentielle

Kennedy se déclare candidat pour succéder à Eisenhower en 1960. Le Parti démocrate doit choisir entre lui et les sénateurs Hubert Humphrey, Lyndon B. Johnson et Adlai Stevenson. Kennedy remporte les élections primaires dans certains États clés, comme le Wisconsin et la Virginie-Occidentale et obtient la nomination de son parti à la convention nationale. Son colistier est Lyndon B. Johnson, soutenu par les États du sud. Pendant la campagne électorale, les débats tournent autour du rôle des États-Unis dans le monde, du problème de la pauvreté, de l'économie et de l'équilibre de la terreur face aux missiles porteurs d'armes nucléaires de l'Union soviétique, mais aussi sur la religion catholique pratiquée par le candidat.

En septembre et en octobre 1960, Kennedy et le candidat républicain Richard Nixon débattent pour la première fois à la télévision. Nixon apparaît nerveux, en sueur et mal rasé. De plus, une douleur récurrente au genou le fait souffrir. Face à un Kennedy calme et maître de lui, Nixon « passe Â» mal à l'écran et ressort affaibli de la confrontation télévisée, alors que les citoyens ayant suivi le débat à la radio estiment que Nixon était légèrement plus convaincant. Ces débats sont donc considérés comme fondateurs d'une certaine politique moderne puisque, pour la première fois, la manière de se tenir face à une caméra devient un élément important dans une élection.

La politique de Kennedy, appelée « Nouvelle Frontière Â», prévoit la détente envers l'URSS, l'envoi d'un homme sur la Lune, l'égalité des Noirs et des Blancs, la relance de l'économie, la lutte contre la pègre et l'arrêt de l'expansion communiste dans le monde.

L'élection a lieu le 8 novembre 1960 ; Kennedy bat Nixon de très peu. Des rumeurs circulent par la suite sur le fait que son père, Joe, aurait utilisé ses liens avec la mafia américaine pour que certains comtés décisifs « votent bien Â». À 43 ans, John est le plus jeune président élu : Theodore Roosevelt était plus jeune lors de son accession à la présidence, mais il succédait à William McKinley, décédé en cours de mandat. Il est aussi le premier président des États-Unis de religion catholique et toujours le seul à ce jour.

Présidence

Entré en fonction le 20 janvier 1961, à l'âge de 43 ans.

Chronologie

1961
Kennedy serre la main de Dwight Eisenhower après sa nomination le 20 janvier 1961
  • 20 janvier : entrée en fonction de John F. Kennedy comme 35e président des États-Unis. Son discours est resté dans la mémoire des Américains : « Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. Â».
  • 2 février : Kennedy propose au Congrès sa politique sociale afin de mettre fin à la récession économique. Elle inclut un programme de tickets-nourriture et un accroissement des allocations pour les chômeurs et les personnes sans ressources.
  • 1er mars : Kennedy signe un décret créant les Corps de la Paix, l’une des institutions les plus marquantes de son gouvernement. Il en confie la direction à son beau-frère Sargent Shriver.
  • 16-18 avril : le gouvernement Kennedy tente d'appliquer un plan initialement préparé par Dwight Eisenhower, pour renverser Fidel Castro, le président cubain communiste. Avec l'aide de la CIA, 1 500 exilés cubains retournent dans l'île et tentent de rallier la population ; c'est un échec qui est connu sous le nom de « l'invasion de la baie des Cochons Â». En moins de deux jours, Kennedy refusant tout appui aérien, le gouvernement castriste tue ou fait prisonnier les exilés et Kennedy doit négocier leur libération. Elle sera obtenue après 20 mois au prix de 53 millions USD en nourriture et médicaments. Kennedy, dans un discours, se déclare seul responsable du désastre, mais en privé, il déclare que la CIA lui a menti et l'a manipulé pour qu'il donne l'ordre de l'invasion totale de Cuba. Allen Welsh Dulles, directeur de la CIA, sera limogé et le reste du mandat de Kennedy sera marqué par une certaine méfiance envers la communauté des services de renseignements (CIA)
    La capsule Friendship 7 présentée à Kennedy par John Glenn
  • 25 mai : Kennedy prononce le fameux discours qui donne le coup d’envoi du programme lunaire américain. « Notre nation doit s’engager à faire atterrir l’homme sur la Lune et à le ramener sur Terre sain et sauf avant la fin de la décennie.»
    Il répond ainsi à l’URSS qui, en pleine guerre froide, avait pris plusieurs longueurs d’avance dans la conquête spatiale. Il conforte le concept de Nouvelle Frontière de l'espace, qu'il avait déjà évoqué dans un discours d'investiture comme candidat à l'élection présidentielle, le 15 juillet 1960.
  • 13 août : le gouvernement est-allemand, sous le contrôle de l'URSS, débute la construction du Mur de Berlin séparant les secteurs Est et Ouest de la ville afin d'empêcher l'exode de la population vers l'Ouest. Bien que cet acte soit contraire à l'accord entre les quatre grandes puissances, Kennedy ne l'empêche pas, car il est en vacances et ne jugera pas utile d'interrompre son voyage. Il ne fera pas grand chose non plus lors de l'extension de la frontière entre la RDA et la RFA sur 155 km.
  • 3 septembre : Kennedy signe la loi sur le salaire minimum et étend son domaine d’application.
  • 30 septembre : un étudiant noir, James H. Meredith, s’inscrit pour la première fois à l’université d’État du Mississippi ; des manifestants s’opposent à la déségrégation et le ministre de la justice, Robert Kennedy – frère du président – utilise 23 000 agents fédéraux pour contrer les manifestants. Les échauffourées font deux morts parmi les manifestants et 160 blessés parmi les forces de l’ordre.
1962
  • 12 septembre : il prononce son discours We choose to go to the Moon, qui influence de façon majeure la politique spatiale américaine.
  • 14 octobre : des avions espions américains U2 photographient des sites de missiles soviétiques en construction à Cuba. Kennedy est confronté à un dilemme : soit il attaque les sites en risquant une confrontation nucléaire avec l'URSS, soit il ne fait rien et les États-Unis doivent vivre sous la menace d'armes nucléaires tactiques près d'eux. Kennedy décide un blocus de l'île et entame des négociations avec le président du Conseil des ministres soviétique Nikita Khrouchtchev. Un accord sera trouvé après plusieurs semaines de négociations diplomatiques, les États-Unis s'engageant à ne pas envahir Cuba et à retirer leurs missiles implantés en Turquie.
1963
  • 11 juin : Kennedy prononce un discours sur les droits civiques : « Nous sommes, à la fois en tant que pays et en tant que peuple, face à une crise des valeurs morales Â».[réf. nécessaire]
  • 23 juin : Kennedy visite Berlin Ouest et prononce avec Willy Brandt et Konrad Adenauer un discours resté célèbre durant lequel il lancera la phrase (de) « Ich bin ein Berliner Â» (« Je suis un Berlinois Â») [6].
  • 28 août : Kennedy rencontre Martin Luther King[réf. nécessaire] et les autres dirigeants du mouvement pour les droits civiques après une manifestation, qui rassemble plus de 250 000 Américains, devant le mémorial au président Lincoln.
  • Octobre : Kennedy envisage un désengagement des conseillers militaires américains au Viêt Nam et un accroissement de l’aide pour l’entraînement des forces sud-vietnamiennes[réf. nécessaire].
  • 7 octobre : Kennedy signe le Traité d’interdiction des essais nucléaires, le premier permettant d’envisager un désarmement.
Kennedy signe le traité d’interdiction des essais nucléaires, 7 octobre 1963
  • 12 novembre : Il prononce un discours à l'université de Colombia, qui mentionne un « complot pour anéantir la liberté des Américains Â»[réf. nécessaire] et qui serait pour certains à l'origine de son assassinat le 22 novembre[réf. nécessaire].
  • 21 novembre : Il prépare sa politique de « lutte contre la pauvreté Â» pour son programme d’action à mettre en œuvre en 1964[réf. nécessaire].
  • 22 novembre : Il entame la campagne pour sa réélection par un voyage au Texas, qui avait voté majoritairement pour Nixon, donc républicain. L'avion présidentiel Air Force One atterrit sur l'aéroport de Dallas Love Field, où Kennedy et son épouse sont accueillis chaleureusement. À 12 heures 30, alors que le cortège présidentiel se dirige vers Dealey Plaza, plusieurs coups de feu sont tirés, le gouverneur John Connally est touché, Kennedy est atteint en pleine tête. Il décédera peu de temps après à l'hôpital Parkland. Son assassinat reste à ce jour, pour beaucoup, non résolu, alimentant les rumeurs et les hypothèses les plus folles. Le 27 septembre 1964, la commission d’enquête désignée par Lyndon Johnson, connue sous le nom de Commission Warren, conclut que l’assassin présumé de Kennedy, Lee Oswald, a agi seul.
  • 25 novembre : le président est enterré au cimetière militaire d'Arlington.

Politique étrangère

Rencontre de Kennedy et Khrouchtchev à Vienne, 1961

Le mandat de Kennedy est marqué par la guerre froide entre l’Union soviétique et les États-Unis et les crises majeures destinées à contrer l’expansion communiste. Au début de sa présidence, il pense que le monde peut s'améliorer par des moyens pacifiques et il crée les régiments de la paix. Ce programme, qui existe toujours, permet à des volontaires américains d'aider les pays sous-développés dans les domaines de l'éducation, de l'agriculture, de la santé et du bâtiment.

Kennedy développa des liens d'amitié étroits avec le Royaume-Uni et la RFA. Cependant, les relations avec le Canada seront faibles, John Diefenbaker ne supportant pas Kennedy et réciproquement. Le prochain premier ministre canadien Pearson s'entendra très bien avec lui et accepte l'installation de bases nucléaires américaines au Canada. Les relations avec la France de De Gaulle sont faibles, mais les deux dirigeants ont un grand respect l'un pour l'autre et le peuple français a une certaine admiration pour Kennedy ; ils sont notamment fiers que sa femme, Jacqueline Bouvier de son nom de jeune fille, ait des racines françaises.

La Crise des missiles de Cuba montre que le risque d'une guerre nucléaire n’est pas négligeable et que les États-Unis et l'URSS sont "au bord du gouffre", d’où une attitude plus mesurée en Europe. Cette attitude est d'ailleurs déjà effective avant cette crise, comme le prouve le fait que les Américains restent passifs lorsque l’Allemagne de l’Est lancera la construction du mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961 et que les pays du bloc de l’Est rendront leurs frontières quasiment étanches. Après une tentative de retrait, Kennedy essayera malgré tout de contenir l'expansion soviétique en envoyant des conseillers militaires, puis des troupes, au Viêt Nam. En octobre 1963, Kennedy signa un mémorandum ordonnant le retrait de 1 000 soldats du Viêt Nam avant la fin de 1963 car il pensait la guerre bientôt gagnée[7]. Ce mémorandum sera annulé par Lyndon B. Johnson.

Kennedy signe un traité d'interdiction des essais nucléaires dans l'atmosphère pour lutter contre la prolifération des armements et contre les effets à long terme des retombées radioactives. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'URSS en seront les premiers signataires et Kennedy considérera que c'est une des actions majeures de son gouvernement.

Politique intérieure

Rencontre avec les leaders des droits civiques en 1963

Kennedy milite contre la ségrégation raciale, en prenant pour modèle Abraham Lincoln. Il soutient Martin Luther King, et le rencontre lors de sa marche sur Washington en 1963.

L'un des problèmes les plus importants auquel Kennedy doit faire face est celui de mettre fin aux mesures discriminatoires contre les minorités ethniques qui restent légales dans certains États. Un arrêt de 1954 de la Cour suprême des États-Unis interdit la ségrégation dans les écoles publiques, mais est resté lettre morte dans de nombreux États du sud. Par ailleurs, des mesures discriminatoires restent toujours en vigueur dans d'autres lieux publics, tels que les transports urbains, les cinémas et les restaurants.

Il fait beaucoup pour la conquête de l'espace, en lançant le programme Apollo (We choose to go to the moon).

Sur le plan social, son programme Nouvelle Frontière vise à améliorer le sort des classes modestes et des droits civiques de ses concitoyens noirs. Sur ces objectifs, Kennedy se heurte souvent, ce qui est courant aux États-Unis, à un Congrès dont la majorité n'est pas celle de son courant politique. Ici, cependant, le Congrès est en majorité démocrate, mais cette dernière est dominée par les démocrates du sud, conservateurs sudistes hostiles à la disparition de la ségrégation.

Assassinat

Article détaillé : Assassinat de John F. Kennedy.
Pierre tombale de JFK, cimetière d'Arlington

Le 22 novembre 1963, lors d'une visite pré-électorale de John F. Kennedy à Dallas, le cortège présidentiel traverse la ville à petite vitesse, salué par la foule amassée. Alors que la limousine décapotée du président passe sur Dealey Plaza, des coups de feu éclatent. Le président est d'abord blessé au cou, tandis que le gouverneur Connally, assis devant lui, est blessé à la poitrine, puis une balle atteint le président à la tête puis ressort de la tempe droite. Aussitôt transporté au Parkland Hospital, le président est déclaré mort après une demi-heure de vains efforts de réanimation. Le monde est consterné en apprenant la nouvelle.

Selon les enquêtes officielles, Lee Harvey Oswald a assassiné le président, quoique la seconde enquête (celle du HSCA) ait estimé qu'il y avait eu conspiration.

Les assassinats du président Kennedy, de Martin Luther King, de Malcolm X, de Robert Kennedy, frère de l'ancien président, en 1968, et d'Alî Bhutto (1979) font disparaître cinq personnalités représentatives de certains mouvements sociaux du XXe siècle.

Le président Kennedy repose au cimetière national d'Arlington, près de Washington.

Anecdotes

  • 19 mai 1962 : Marilyn Monroe chante Happy Birthday (en) pour célébrer le 45e anniversaire du président au Madison Square Garden, dix jours avant sa date exacte. Cette séquence enregistrée par la télévision fait partie des grands moments de la petite histoire et alimente les potins sur la liaison entre elle et Kennedy.
  • Lors du voyage officiel du président accompagné de son épouse à Paris, en juin 1961, le succès de Jackie est tel que le président s'est présenté de la façon suivante lors d'une réception : « Je suis l'homme qui accompagne Jacqueline Kennedy à Paris Â».
  • Il a été affirmé que lors d'un discours tenu à Berlin Ouest, le président Kennedy a prononcé sa célèbre phrase : (de) « Ich bin ein Berliner Â», des rires se mêlèrent aux cris d'approbation parce que ein Berliner désigne une boule de Berlin en allemand. Il s'agit d'une légende urbaine : cette déclaration a recueilli une ovation dans laquelle aucun rire ne se distingue et, de toute façon, si un Berliner peut effectivement désigner un beignet, il s'agit d'un terme utilisé uniquement hors de Berlin.
  • Kennedy était un grand joueur d'échecs et admirateur de Mozart.
  • Quant à Barack Obama, il est parfois comparé à Kennedy en raison de son caractère de nouveauté et de jeunesse, de sa différence par rapport à la majorité de la population (Kennedy était catholique et Obama est le premier président noir de l'histoire des États-Unis) et surtout par rapport à son charisme et à sa « télégénie Â».
  • John Kennedy est resté durant son mandat, un président très populaire. Pour preuve, pendant toute la durée de son mandat, il n'a jamais connu de sondages inférieurs à 50 % d'opinions favorables. Il est d'ailleurs le seul à ce jour[8].

Hommages

Visage de Kennedy sur un timbre de 1964.

Notes et références

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. ↑ Theodore Roosevelt entra en fonction plus jeune, mais sans avoir été élu président.
  2. ↑ Elle vit donc l'élection de son petit-fils à la Maison Blanche, et lui survécut. Cas unique dans l'histoire des États-Unis.
  3. ↑ voir "Kennedy - secrets de femmes", de Pierre Lunel - Éditions du Rocher 2010 - ISBN : 978-2-268-06953-1.
  4. ↑ JFK, les liaisons dangereuses, Harvey Lilley, docu. TV, 2006.
  5. ↑ Régine Torrent, First ladies: d'Eleanor Roosevelt à Hillary Clinton, Bruxelles : Racine, 2006. (ISBN 9782873864903), p. 121.
  6. ↑ Mur de Berlin
  7. ↑ (en) « John F. Kennedy's Role in Vietnam Â» sur VietnamWar.com.
  8. ↑ http://french.peopledaily.com.cn/International/6841897.html

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Georges Ayache, Une histoire américaine, Paris, Éditions Choiseul, 2010, environ 230 p. (ISBN 978-2-916722-93-1) 

John Fitzgerald Kennedy (trad. Jean Bloch-Michel)), Stratégie de la paix (The strategy of peace), Paris, Calmann-Lévy, 1961, environ 220 p. 

Frédéric Kiesel, Dallas, un crime sans assassin, Bruxelles, Pierre De Meyère, 1966 

André Kaspi, Kennedy. Les mille jours d'un président, Paris, Armand Colin, coll. Â« Biographies Â», 1er septembre 1993, 309 p. (ISBN 978-2200213855) 

Jean-Baptiste Thoret, 26 secondes, l'Amérique éclaboussée. L'assassinat de JFK et le cinéma américain (Rouge Profond, 2003)

Geoffrey Perret, Kennedy, une vie comme aucune autre, Paris, Éditions Encre de Nuit, coll. Â« Document Â», 13 novembre 2003, 415 p. (ISBN 978-2848600130) 

André Kaspi, John F. Kennedy. Une famille, un président, un mythe, Bruxelles, Complexe, coll. Â« Destins Â», 24 janvier 2007, 369 p. (ISBN 978-2804801250) 

François Forestier, Marilyn et JFK, Paris, Albin Michel, coll. Â« Essais Doc. Â», 15 mars 2008, 297 p. (ISBN 978-2226183989) 



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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article John Fitzgerald Kennedy de Wikipédia en français (auteurs)

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