Johannes Vermeer

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Johannes Vermeer
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Johannes Vermeer
La Jeune Fille Ă  la perle, surnommĂ©e la « Mona Lisa du Nord Â».
La Jeune Fille Ă  la perle,
surnommĂ©e la « Mona Lisa du Nord Â».

Autres noms Vermeer de Delft,
Jan Vermeer,
Ver Meer,
Van der Meer,
le « Sphynx de Delft Â»
Naissance 31 octobre 1632
Delft
DĂ©cĂšs 16 dĂ©cembre 1675
Delft
Mouvement Peinture baroque
MaĂźtres (supposĂ©s) : Jacob Van Loo (?)
Erasmus Quellinus (?)
Carel Fabritius (?)
Leonard Bramer (?)
Christiaen Van Couwenbergh (?)
ƒuvres principales
Une des signatures de Vermeer.

Johannes ou Jan Vermeer[1],[2], nĂ© Ă  Delft le 31 octobre 1632, et enterrĂ© dans cette mĂȘme ville le 16 dĂ©cembre 1675, est un peintre baroque nĂ©erlandais (Provinces-Unies) parmi les plus cĂ©lĂšbres du siĂšcle d’or. Il rĂ©alisa surtout, dans un style raffinĂ©, des peintures de genre, principalement des intĂ©rieurs montrant des scĂšnes de la vie domestique.

La carriĂšre de Vermeer fut relativement courte et son Ɠuvre de faible ampleur : en vingt ans, il n’a guĂšre peint plus de quarante-cinq tableaux dont quelques-uns ont disparu : aujourd’hui, seuls trente-cinq lui sont attribuĂ©s avec certitude, et deux font encore l’objet de discussions.

Dans la citĂ© hollandaise rattachĂ©e Ă  la Maison d’Orange et qui bĂ©nĂ©ficiait encore d’un statut privilĂ©giĂ©, il semble que Vermeer ait acquis une rĂ©putation d’artiste novateur, mais il est fort possible que sa notoriĂ©tĂ© dĂ©passĂąt peu le territoire provincial de Delft.

Il travaillait lentement et avec mĂ©ticulositĂ©. Ses Ɠuvres se distinguent par une combinaison de couleurs inimitables â€“ des couleurs claires, et des pigments quelquefois coĂ»teux, avec une prĂ©dilection pour l'outremer naturel et le jaune â€“, la maĂźtrise dans le traitement et l’emploi de la lumiĂšre, et un arrangement idĂ©al, crĂ©ant une illusion d’espace particuliĂšre[3]. Il a crĂ©Ă© un monde plus parfait qu’aucun dont il eĂ»t Ă©tĂ© tĂ©moin[4].

AprĂšs avoir Ă©tĂ© pratiquement oubliĂ© durant prĂšs d’un siĂšcle, Vermeer fut redĂ©couvert en 1866 lorsque le critique d’art ThĂ©ophile ThorĂ©-Burger lui consacra une sĂ©rie d'articles. Depuis cette redĂ©couverte, la rĂ©putation de Vermeer s’est amplifiĂ©e, et il est Ă  prĂ©sent reconnu, avec Rembrandt, comme l’un des plus grands peintres du siĂšcle d'or nĂ©erlandais.

Sommaire

La redécouverte d'un maßtre

Les écrits sur l'art, Principes du dessin (Grondlegginge der teekenkonst, 1701) et Le Grand Livre des peintres (Het Groot schilderboeck, 1707), publié par Gérard de Lairesse[5], mentionne Vermeer comme peintre appliqué dans la maniÚre de Frans van Mieris de Oudere. Arnold Houbraken[6] l'omet totalement dans sa biographie des peintres hollandais (1718-1721). Ce sont les artistes et les collectionneurs qui ont totalement redécouvert son génie bien avant les historiens d'art.
On connaĂźt l'admiration portĂ©e par Joshua Reynolds[7] Ă  La LaitiĂšre de Vermeer lors de son voyage (1781) au Rijksmuseum d'Amsterdam, et celle de Renoir pour L'Entremetteuse du musĂ©e de Dresde. Dans une lettre adressĂ©e Ă  Émile Bernard[8], Van Gogh dĂ©crit l'Ă©trange palette de Vermeer.
AprĂšs un oubli de deux cents ans, Vermeer allait ĂȘtre redĂ©couvert en 1868 par ThĂ©ophile ThorĂ©-Burger[9]. RĂ©dacteur de la Gazette des Beaux-Arts, ce dĂ©mocrate radical Ă©pris de peinture recense 76 Ɠuvres de celui qu'il appelle le « Sphinx de Delft Â», autrefois prĂ©sentĂ©es sous d'autres noms, souvent celui de Pieter de Hooch. Harvard, en 1888, en authentifiait 56, et en 1907, Cornelis Hofstede de Groot seulement 34. Les travaux de ThorĂ©-Burger marquent un tournant dĂ©cisif dans la connaissance de Vermeer.

En d'autres domaines de la crĂ©ation artistique, le peintre a Ă©galement inspirĂ© des poĂšmes Ă  Deborah Woodward. Maurice Nadeau compare de façon convaincante son style Ă  celui de Flaubert dans Madame Bovary. Marcel Proust, lui, remarque : « Ce sont les fragments d'un mĂȘme monde, c'est toujours, quelque gĂ©nie avec lequel ils soient recrĂ©Ă©s, la mĂȘme table, le mĂȘme tapis, la mĂȘme femme, la mĂȘme nouvelle et unique beautĂ© Â». Plus tard, Salvador Dali, rendit hommage Ă  Vermeer[10] en peignant Le fantĂŽme de Vermeer de Delft. Il rĂ©cidive en 1955, avec L'Étude paranoĂŻaque critique de la DentelliĂšre. En 1954, Robert Rauschenberg a utilisĂ© une reproduction de Vermeer pour son Charlene pop. Jiƙí Koláƙ s'est servi du Soldat et la Jeune Fille riant comme arriĂšre plan dans l'un de ses collages, et de La Femme en bleu lisant une lettre dans un autre. Encore aujourd'hui Le Peintre Vermeer dans son atelier est l'une des Ɠuvres majeures du peintre amĂ©ricain contemporain Malcolm Morley.

Ni le classement chronologique, ni l'Ă©tablissement d'un catalogue complet et prĂ©cis des Ɠuvres de Vermeer ne sont possibles. Trop d'incertitudes demeurent, qu'il s'agisse de ses Ɠuvres de jeunesse, du problĂšme des imitations, de l'absence de signature, de date ou au contraire, de la prĂ©sence de signatures et de dates apocryphes. Plusieurs systĂšmes de classement des Ɠuvres ont Ă©tĂ© nĂ©anmoins proposĂ©s, mais ils ne coĂŻncident pas entres eux. ThorĂ©-Burger les classe d'aprĂšs l'Ă©volution de la coiffure fĂ©minine. De Vries d'aprĂšs les costumes. Tolnay d'aprĂšs l'inquiĂ©tude croissante du peintre.
Et Malraux d’aprĂšs l'Ăąge des personnages qu'il suppose ĂȘtre pris dans la famille de l'artiste. Quatre tableaux portent sa signature mais seule celle de L'Entremetteuse a Ă©tĂ© authentifiĂ©e. Aujourd'hui Vermeer est entrĂ© dans le cartel des grands peintres hollandais du XVIIe siĂšcle, aux cĂŽtĂ©s de Rembrandt et Frans Hals[11].

Biographie

Joan Blaeu, Delft en 1652.
La Nieuwe Kerk Ă  Delft.

On connaĂźt relativement peu de choses de la vie de Vermeer. Il semble avoir entiĂšrement Ă©tĂ© dĂ©vouĂ© Ă  son art dans la ville de Delft. Les seules informations Ă  son sujet proviennent de certains registres, de quelques documents officiels et de commentaires d’autres artistes ; c’est peut-ĂȘtre pour cette raison que ThorĂ© BĂŒrger le surnomma le « Sphynx de Delft Â»[12]. En 1989, John Michael Montias lui consacra une importante biographie, Vermeer and His Milieu : A Web of Social History, dans laquelle l’auteur tentait de donner du relief au personnage principal en dĂ©pit de son cĂŽtĂ© insaisissable en retraçant l’histoire sociale de son temps[13].

Origines

Vermeer naquit le 31 octobre 1632 Ă  Delft[14], dans le milieu rĂ©formĂ© protestant, la mĂȘme annĂ©e que Spinoza Ă  Amsterdam. Sa mĂšre s’appelait Dymphna Balthasars (ou Dyna Baltens)[15], et son pĂšre Reynier Janszoon ; au dĂ©part, celui-ci Ă©tait dĂ©signĂ© sous le patronyme Vos (i.e. Renard)[16] mais, Ă  partir de 1640, pour une raison qui demeure obscure, il changea son nom en Van der Meer (i.e. Du Lac)[17]. - Le « Ver Â» qui dĂ©bute certains patronymes nĂ©erlandais est en fait la contraction de « Van der Â». À l’ñge de 20 ans, Reynier Janszoon avait Ă©tĂ© envoyĂ© par son pĂšre Ă  Amsterdam pour y apprendre le mĂ©tier de tisserand et, Ă  l'Ă©poque, il avait habitĂ© la Sint Antoniebreestraat (la grand-rue Saint-Antoine), oĂč vivaient bon nombre de peintres. Il avait ensuite Ă©pousĂ©, en 1615, dans la mĂȘme ville, Digna Baltens â€“ pour faciliter leur mariage, le couple avait apportĂ© un certificat Ă©manant d’un pasteur remonstrant de Delft[18]. En 1620, ils avaient eu une fille, qu’ils baptisĂšrent Geertruyt[19]. Ils n'auront que deux enfants.

Le pĂšre de Vermeer avait un tempĂ©rament plutĂŽt sanguin : en effet, un document nous apprend qu’en 1625, soit sept ans avant la naissance de Johannes, il fut arrĂȘtĂ© pour avoir donnĂ© un coup de couteau Ă  un soldat au cours d’une rixe ; la victime devait succomber Ă  ses blessures cinq mois plus tard.

La Liseuse Ă  la fenĂȘtre, vers 1657-1659 (Staatliche Kunstsammlungen, GemĂ€ldegalerie Alte Meister, Dresde).

Tisserand[20], mais aussi Ă  la fois aubergiste et marchand d’art (le 13 octobre 1631, il avait d'ailleurs Ă  ce titre rejoint la guilde de Saint-Luc de Delft[21]), les activitĂ©s de Reynier Van der Meer lui permettaient d’entretenir de bonnes relations avec des peintres de Delft reconnus, comme Cornelis Saftleven (v.1607-1681) et Egbert van der Poel (1621-1664). Le fait que son pĂšre fut tisserand semble Ă©galement avoir exercĂ© une influence sur le futur peintre. Lorsqu’il Ă©tait enfant, ce dernier fut probablement marquĂ© par les piĂšces d'Ă©toffe et les rouleaux de soie de toutes les couleurs qui devaient l’entourer, comme en tĂ©moignent les tapis, la plupart du temps utilisĂ©s comme nappes, et les tentures, frĂ©quemment reprĂ©sentĂ©s dans ses Ɠuvres.

En 1641, aprĂšs avoir louĂ© un temps une auberge appelĂ©e De Vliegende Vos (Le Renard volant), Vermeer pĂšre en acheta une autre, le « Mechelen Â»[22], oĂč son fils passa le reste de son enfance. Le commerce Ă©tait situĂ© sur le Markt (le MarchĂ©) Ă  Delft. Son acquisition reprĂ©sentait une lourde charge financiĂšre[23].

Formation

Vers la fin des annĂ©es 1640, Vermeer dut certainement entamer son apprentissage auprĂšs d’un maĂźtre, puisqu'il fut admis comme maĂźtre Ă  la guilde des peintres de Saint-Luc de Delft le 29 dĂ©cembre 1653, et qu’il Ă©tait pour cela requis d’avoir suivi une telle formation, qui durait en gĂ©nĂ©ral quatre Ă  six ans[24]. Cependant, aucun document n'indique qui fut alors son maĂźtre ni dans quelle ville il Ă©tudia. Les noms de plusieurs peintres et de plusieurs villes ont Ă©tĂ© avancĂ©s.

Ses premiĂšres Ɠuvres, des tableaux d’histoire â€“ un genre beaucoup mieux considĂ©rĂ© Ă  l’époque que les portraits et les paysages â€“ montrent d’évidentes ressemblances avec les peintures de Jacob Van Loo (1614-1670) et de l’Anversois Erasme Quellin (1607-1678) ; tous deux Ă©tant actifs Ă  Amsterdam, on a pu penser que c’est sous l’égide de l’un ou de l’autre, dans cette ville, que Vermeer apprit la peinture.

On a Ă©galement Ă©voquĂ© Carel Fabritius (1622-1654), lui-mĂȘme Ă©lĂšve de Rembrandt. En effet, certains tableaux plus sombres ou mĂ©lancoliques de Vermeer, comme Une jeune fille assoupie, ne sont pas sans parentĂ© avec certaines rĂ©alisations de Fabritius. Toutefois, ce dernier, s’il fut actif Ă  Delft, n’était pas encore habilitĂ© Ă  s’entourer d’apprentis pendant la pĂ©riode concernĂ©e...

Autres noms citĂ©s : celui de Leonard Bramer (1596-1674)[25], peintre qui Ă©tait proche de la famille de Vermeer, et aussi Christiaen Van Couwenbergh (1604-1667), mais leur style est fondamentalement diffĂ©rent de celui de Johannes Vermeer qui, bien que ses Ɠuvres tĂ©moignent de l’influence de l’École caravagesque d'Utrecht, et de peintres tels que Gerard Houckgeest (v.1600-1661), Nicolaes Maes (1632-1693) et surtout Pieter De Hooch (1629-apr.1683), semble avoir suivi son propre chemin. Il est aussi possible qu’il fut autodidacte ou qu’il fut conseillĂ© par des connaissances de son pĂšre[26].

Mariage

L'AllĂ©gorie de la foi, vers 1671-1674 (Metropolitan Museum of Art, New York). â€“ ƒuvre au thĂšme catholique.

À la mort du pĂšre de Vermeer en octobre 1652[27], son fils lui succĂšde comme marchand de tableaux. Le 5 avril 1653, Vermeer fait enregistrer son intention d’épouser Catharina Bolnes, une catholique aisĂ©e, et le mariage proprement dit dut sans doute avoir lieu en avril ou mai de la mĂȘme annĂ©e, Ă  Schipluiden, un village proche de Delft. Vermeer, qui avait reçu une Ă©ducation protestante calviniste[28], semble alors s'ĂȘtre converti Ă  la religion de sa femme, et vraisemblablement sa belle-mĂšre, Maria Thins, qui jouissait d’une situation matĂ©rielle bien plus confortable que celle du peintre â€“ elle Ă©tait issue d’une riche famille de marchands de briques de Gouda â€“, ne fut pas Ă©trangĂšre Ă  cette dĂ©cision. (Le catholicisme Ă©tait alors une minoritĂ© marginalisĂ©e dans les Provinces-Unies. Il y Ă©tait tolĂ©rĂ© depuis la guerre de Quatre-Vingts Ans, et c’est dans des Ă©glises clandestines, appelĂ©es schuilkerken, que les services religieux Ă©taient cĂ©lĂ©brĂ©s ; ceux qui se disaient catholiques Ă©taient par ailleurs freinĂ©s dans leur carriĂšre : il leur Ă©tait notamment impossible d’exercer des fonctions dans l’administration des villes ou d’occuper des postes gouvernementaux. AprĂšs 1648, certains semblent s’ĂȘtre lassĂ©s de ces discriminations et avoir quittĂ© l’Église catholique romaine). Quelques spĂ©cialistes mettent en doute la conversion de Vermeer, mais l’une de ses peintures exĂ©cutĂ©e entre 1670 et 1672, L'AllĂ©gorie de la Foi, traduit la croyance dans le sacrement de l’Eucharistie. Cette Ɠuvre fut sans doute produite pour un mĂ©cĂšne catholique ou pour une schuilkerk[29].

Maria Thins s’était sĂ©parĂ©e de son mari en 1641 parce que celui-ci la battait. Elle occupait une maison assez spacieuse de l’Oude Langendijk, Ă  l’endroit oĂč se trouve aujourd’hui une Ă©glise. Peu aprĂšs leur mariage, Johannes Vermeer et Catharina emmĂ©nagent chez elle.

Le couple a eu, semble-t-il, onze enfants en tout, dont quatre sont morts en bas Ăąge[30]. On ignore jusqu'au prĂ©nom de l'un d'entre eux. Les dix autres, trois garçons et sept filles, ont Ă©tĂ© vraisemblablement baptisĂ©s dans l’église catholique de Delft, mais les registres paroissiaux de celle-ci ayant aujourd’hui disparu, la chose n’est pas tout Ă  fait certaine. Leurs prĂ©noms apparaissent dans des testaments de la famille : Maria, Elisabeth, Cornelia, Aleydis, Beatrix, Johannes, Gertruyd, Franciscus, Catharina et Ignatius[31].

Le peintre fut donc contraint de travailler dans un environnement que l'on imagine bruyant, ce qui, curieusement, ne transparaĂźt aucunement dans ses toiles. La famille devait en outre ĂȘtre troublĂ©e par des incidents violents. Ainsi, un jour, Willem, le frĂšre de Catharina, fait brutalement intrusion dans la maison, se met Ă  injurier Maria Thins et Ă  menacer sa fille, alors enceinte, avec un bĂąton. La jeune servante s’interpose, et Willem, pour finir, sera emmenĂ© au bagne. Les parents de Catharina avait dĂ©jĂ  par le passĂ© eu affaire Ă  la justice : notamment lorsque sa grand-mĂšre avait organisĂ© une loterie pour laquelle elle n’avait pas reçu d’autorisation ; son grand-pĂšre, faux-monnayeur, connut le bagne lui aussi.

CarriĂšre

Sept mois environ aprĂšs son mariage, le 29 dĂ©cembre 1653, Johannes Vermeer entre dans la guilde de Saint-Luc de Delft. D’aprĂšs les archives de la corporation, Vermeer y est inscrit sans s’ĂȘtre acquittĂ© des droits d’admission en usage, sans doute parce que sa situation financiĂšre, alors, ne le lui permet pas. Il aurait finalement trouvĂ© un mĂ©cĂšne en la personne de Pieter Claesz. Van Ruijven[32], un riche percepteur patricien de Delft et un grand collectionneur de peintures ; en 1657, celui-ci prĂȘte Ă  l’artiste la somme de 200 florins. Vermeer peut par la suite prĂ©sider la guilde Ă  quatre reprises, en 1662, 1663, 1670 et 1671, ce qui dĂ©montre que ses pairs reconnaissaient son talent.

Diane et ses compagnes, vers 1653-1656 (Mauritshuis, La Haye)
Le Christ dans la maison de Marthe et Marie, vers 1654-1656 (National Gallery of Scotland, Édimbourg)

Deux Ɠuvres du dĂ©but de la carriĂšre de Vermeer, l'une Ă  sujet mythologique et l'autre Ă  sujet biblique, thĂšmes qu'il abandonnera assez rapidement, mais pas tout Ă  fait (on date en effet L'AllĂ©gorie de la foi du dĂ©but des annĂ©es 1670).

Tout comme son pĂšre, il exerce l’activitĂ© de marchand de tableaux, mais il se considĂšre lui-mĂȘme avant tout comme peintre. Pieter de Hooch arrive Ă  Delft en 1654 : les deux artistes ont pu alors se frĂ©quenter ; ensemble, ils contribueront Ă  crĂ©er un style nouveau de peinture de genre en reproduisant les effets rĂ©alistes de lumiĂšre et de texture.

Vermeer travaillait sur commande, et lentement, ne rĂ©alisant, semble-t-il, pas plus de trois tableaux par an. Le chroniqueur Balthasar de Monconys, amateur d’art, raconte dans le journal de ses voyages[33] qu’en 1663, il rendit visite Ă  l’artiste dans l’espoir de pouvoir contempler l’une ou l’autre de ses toiles. On lui dit alors de se rendre chez le boulanger du coin, sans doute Hendrick Van Buyten[34]. Le passage indique : « [...] A Delphes [i.e. Delft] je vis le Peintre Vermer qui n’avoit point de ses ouvrages : mais nous en vismes un chez un Boulanger qu’on avoit payĂ© six cens livres, quoyqu’il eust qu’une figure, que j’aurois cru trop payer de six pistoles. Â» Le prix citĂ©, si du moins il est vĂ©ridique, Ă©tait en fait plutĂŽt Ă©levĂ© si on le compare avec ceux demandĂ©s habituellement par les peintres de l’époque[34].

La Jeune Femme Ă  l'aiguiĂšre (The Metropolitan Museum of Art, New York).
La Femme portant une balance (National Gallery of Art, Washington).
La Femme en bleu lisant une lettre (Rijksmuseum, Amsterdam).
La Dame au collier de perles (GemÀldegalerie, Berlin).

Quatre tableaux trĂšs proches d'un point de vue de la composition, Ă  la fois raffinĂ©s et mystĂ©rieux, que l'on situe chacun aux environs de 1662-1665. L'Ɠuvre de l'artiste, faite d'instants suspendus, inspire un sentiment de calme et de sĂ©rĂ©nitĂ©, en contraste avec sa vie.

Vermeer a sans doute exĂ©cutĂ© la plupart de ses toiles pour des particuliers et non pour le grand public du marchĂ© de l’art. Il semble par ailleurs avoir Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ© en qualitĂ© d’expert en tableaux, puisqu’en 1672, en mĂȘme temps que trente-quatre autres peintres dont Jan Lievens, Melchior D'Hondecoeter et Gerbrand van den Eeckhout, Vermeer fut convoquĂ© Ă  La Haye pour expertiser une collection de treize toiles vĂ©nitiennes vendues Ă  FrĂ©dĂ©ric-Guillaume, Grand Électeur de Brandenbourg, par Gerrit Uylenburgh.

En 1672 â€“ annĂ©e appelĂ©e en nĂ©erlandais la Rampjaar â€“, une crise Ă©conomique grave frappe les Provinces-Unies. L’annĂ©e voit non seulement le dĂ©but de la guerre de Hollande avec l’invasion au sud par l’armĂ©e française de Louis XIV, mais aussi celui de la TroisiĂšme Guerre anglo-nĂ©erlandaise : la flotte anglaise, alliĂ©e aux principautĂ©s de Cologne et MĂŒnster, attaque le pays Ă  l’est(?) dans le but de mettre un terme Ă  son hĂ©gĂ©monie. Dans la panique, des commerces et des Ă©coles sont fermĂ©es. Les affaires de Vermeer, comme peintre mais aussi comme vendeur de tableaux, sont touchĂ©es par la chute du marchĂ© de l’art. La belle-mĂšre de Vermeer, Maria Thins, qui possĂ©dait des maisons et des terres prĂšs de Schoonhoven, perd elle aussi une part de ses revenus, car le territoire est alors sous eau. Dans ce contexte dĂ©sastreux, et afin de pouvoir continuer Ă  subvenir aux besoins de sa nombreuse famille, Vermeer est contraint d’emprunter Ă  nouveau de l’argent.

Les choses s'aggravent encore l’annĂ©e suivante avec la mort de Van Ruijven, qui semble avoir Ă©tĂ© le principal mĂ©cĂšne du peintre. En 1675, Maria Thins enverra Vermeer Ă  Amsterdam pour y rĂ©gler pour elle une transaction ; elle le chargeait en fait de contracter pour elle un emprunt.

Cette succession de revers prĂ©cipitent la mort du peintre, qui survient soudainement, en dĂ©cembre 1675. Sa femme le racontera plus tard : « Pour cette raison et Ă  cause des grandes dĂ©penses occasionnĂ©es par les enfants et pour lesquelles il ne disposait plus de moyens personnels, il fut si affligĂ© et s’affaiblit tellement qu’il en perdit la santĂ© et mourut en l’espace d’un jour et demi Â».

Le microscopiste Antoni van Leeuwenhoek, Ă  qui il arrivait de travailler pour le conseil municipal, fut dĂ©signĂ© comme curateur. La maison, qui comprenait huit piĂšces au rez-de-chaussĂ©e, Ă©tait remplie de peintures, de dessins, de vĂȘtements, de chaises et de lits. Dans l’atelier du peintre dĂ©funt, se trouvaient parmi « un fatras dont il ne valait pas la peine de dresser l’inventaire Â», deux chaises, deux chevalets, trois palettes, dix toiles, un bureau, une table en chĂȘne et une petit armoire en bois munie de tiroirs[35]. Il y avait Ă©galement des berceaux et des lits un peu partout dans la maison[36]. RestĂ©e seule avec onze enfants Ă  Ă©lever, Catharina demanda Ă  la Haute Cour d’étendre l’échĂ©ance pour le payement des crĂ©diteurs[37].. Dix-neuf toiles de Vermeer revinrent Ă  Catharina et Ă  sa mĂšre. La veuve en vendit deux autres au boulanger pour pouvoir s’acquitter des dettes.

À Delft, Vermeer Ă©tait un artiste respectĂ©, mais il Ă©tait restĂ© pour ainsi dire inconnu Ă  l’extĂ©rieur de sa ville. Le fait que ce fut vraisemblablement Van Ruijven, un mĂ©cĂšne local, qui acquit la plus grande part de sa production est sans doute l’une des raisons pour lesquelles sa rĂ©putation n’a pas Ă©tĂ© propagĂ©e davantage. La collection de Van Ruijven, Ă  la mort de ce celui-ci, fut lĂ©guĂ©e Ă  sa fille et Ă  son beau-fils, Jacob Dissius. Quand ce dernier mourut Ă  son tour, en 1695, il possĂ©dait vingt et un tableaux de Vermeer, qui furent vendus aux enchĂšres Ă  Amsterdam, et l'Ɠuvre fut dispersĂ©e.

Vermeer, au cours de sa carriĂšre, ne semble pas avoir eu d’élĂšves.

RedĂ©couverte de l'Ɠuvre

Pendant le XVIIIe siĂšcle, aucun biographe ne s’intĂ©ressa au maĂźtre de Delft. AprĂšs la RĂ©volution française, plusieurs de ses toiles se retrouvĂšrent Ă  l’étranger. C’est d'abord au marchand d’art John Smith en 1833 et, quelques dĂ©cennies plus tard, au critique d’art français W. ThorĂ©-BĂŒrger (pseudonyme d’Étienne-Joseph ThĂ©ophile ThorĂ©, 1807-1869) que Vermeer dut la rĂ©surrection de sa notoriĂ©tĂ©. À la fin du XXe siĂšcle, John Michael Montias apporta une importante contribution Ă  une meilleure connaissance du peintre.

En octobre 1866, ThorĂ©, sous le nom de W. BĂŒrger, commença la publication dans la Gazette des Beaux-Arts, revue d'art parisienne, d'une sĂ©rie d'articles consacrĂ©s au peintre[38]. L'auteur, qui Ă©tait aussi journaliste, Ă©tait un rĂ©publicain radical et Ă©tait violemment critique Ă  l’égard de la peinture de son temps. Selon lui, les sujets contemporains n’étaient pas suffisamment reprĂ©sentĂ©s en comparaison avec les sujets mythologiques et religieux, qu’il associait avec la pression de l’Église et de la monarchie. À cet Ă©gard, il accordait de la valeur par exemple Ă  l’Ɠuvre de Jean-François Millet et de Gustave Courbet, mais aussi Ă  celle de Vermeer, qui reprĂ©senta beaucoup de tableaux « bourgeois Â» et intimes. Il admirait aussi le style relativement souple de Vermeer. ThorĂ©-BĂŒrger possĂ©da quelques toiles du maĂźtre[39] : la Dame au collier de perles, qu'il avait acquise sur le marchĂ© de l'art ancien d'Amsterdam en 1811[40], Une dame debout au virginal[41], Une dame assise au virginal[42] et le Concert[43].

La LaitiĂšre, vers 1658-1661 (Rijksmuseum, Amsterdam).

ThorĂ©-BĂŒrger prĂ©sentait Vermeer, auquel il attribuait soixante-six tableaux (soit prĂšs de la moitiĂ© erronĂ©ment), comme un gĂ©nie ignorĂ© et mĂ©connu et le surnomma le « sphynx de Delft Â» (« sphynx Â» parce qu’en fait trĂšs peu de choses Ă©taient connues de la vie de l'artiste). C’est sous l’influence du critique français qu’eut lieu au XIXe siĂšcle une vĂ©ritable chasse aux Ɠuvres de Vermeer, qui jusque lĂ  se trouvaient quasiment toutes aux Pays-Bas. Les acquĂ©reurs des rares peintures Ă©taient surtout des hommes politiques et des entrepreneurs, ce qui amena Victor De Stuers Ă  publier en 1873 un cĂ©lĂšbre article accusateur, « Holland op zijn Smalst Â», dans le pĂ©riodique De Gids ; et il fut mĂȘme question de l’achat de La LaitiĂšre Ă  la DeuxiĂšme Chambre des États-GĂ©nĂ©raux (Tweede Kamer).

En 1935, le MusĂ©e Boijmans Van Beuningen de Rotterdam lui consacra sa premiĂšre exposition individuelle sous le titre Vermeer - origine et influence. Le maĂźtre de Delft obtint enfin la renommĂ©e qu’il mĂ©ritait, mĂȘme s’il restait encore Ă  Ă©liminer les erreurs des hagiographes et les imitations des faussaires (voir plus bas, § « AuthenticitĂ© Â»).

En 1989, John Michael Montias, Ă©conomiste de formation, aprĂšs avoir publiĂ© une Ă©tude socio-Ă©conomique sur le marchĂ© de l'art dans la ville de Delft au XVIIe siĂšcle, entreprit d'Ă©crire une biographie de Vermeer basĂ©e sur ses Ă©tudes antĂ©rieures et un patient travail de recherche d'archives. Vermeer and His Milieu : A Web of Social History apporta des Ă©clairages essentiels sur la vie de l'artiste et son Ă©poque.

En 1995, une importante rétrospective consacrée au peintre fut organisée conjointement par la National Gallery of Art de Washington et la Mauritshuis de La Haye[44]. La derniÚre rétrospective eut lieu à la National Gallery de Londres, du 20 juin au 16 septembre 2001[45].

La redĂ©couverte de Vermeer et de son Ɠuvre a donnĂ© au maĂźtre de Delft sa place au panthĂ©on des grands maĂźtres de la peinture. Ainsi, la Jeune Fille Ă  la perle, surnommĂ©e la « Joconde du Nord Â» et la LaitiĂšre figurent parmi les tableaux les plus connus au monde.

L'Autriche a décidé de garder L'Art de la Peinture, une huile sur toile de Vermeer achetée pour Hitler en 1940[46].


L'Entremetteuse, 1656 (Staatliche Kunstsammlungen, GemĂ€ldegalerie Alte Meister, Dresde). â€“ Vermeer s'est-il reprĂ©sentĂ© sur ce tableau ?
L'Officier et la jeune fille riant, vers 1657 (The Frick Collection, New York)
L'Astronome, dit aussi L'Astrologue, 1668 (Musée du Louvre, Paris.
Vue de Delft, vers 1660-1661 (Mauritshuis, La Haye).

ƒuvre

ThĂšmes

Les premiĂšres toiles de Vermeer comprennent quelques peintures Ă  sujets religieux et mythologique, au nombre desquelles Le Christ dans la maison de Marthe et Marie et Diane et ses Nymphes, mais la plupart de ses peintures les plus cĂ©lĂšbres reprĂ©sentent des scĂšnes intimes, sereines et « bourgeoises Â», dans lesquelles les personnages sont occupĂ©s Ă  leurs activitĂ©s de tous les jours, et semblent plus ou moins avoir Ă©tĂ© surpris par le peintre. On a longtemps pensĂ© que Vermeer peignait des scĂšnes de thĂ©Ăątre, particuliĂšrement avec les toiles La Leçon de musique interrompue, L'Entremetteuse, L'Officier et la Jeune Femme riant, etc. On retrouve d'ailleurs souvent des personnages identiques dans des tableaux diffĂ©rents (l'homme de la Jeune Fille au verre de vin et de la Leçon de musique interrompue).

En 1696, il est fait mention d’un autoportrait de Vermeer, mais celui-ci est perdu. Selon certains, cependant, il se serait reprĂ©sentĂ© au moins une fois dans l’un des tableaux qui nous restent : le personnage de gauche de L'Entremetteuse.

Dans un nombre frappant de toiles, la lumiĂšre pĂ©nĂštre par une fenĂȘtre reprĂ©sentĂ©e Ă  gauche, comme par exemple dans la LaitiĂšre et l'Astronome. Fait Ă©galement marquant, Vermeer reprĂ©senta relativement peu d’hommes, et rarement des fleurs ou des plantes. Par ailleurs, seuls deux Vermeer, et certainement non des moindres, ne sont pas des intĂ©rieurs : Ă  savoir Vue de Delft et la Ruelle.

L’Astronome et le GĂ©ographe occupent une place un peu Ă  part dans l’Ɠuvre du peintre, en ce sens que ce ne sont pas des activitĂ©s mĂ©nagĂšres mais professionnelles qui y sont reprĂ©sentĂ©es. Sur les deux toiles figure le mĂȘme personnage. Certains ont pensĂ© qu’il s’agissait d’Antoni Van Leeuwenhoek, contemporain de Vermeer, qui fut baptisĂ© quatre jours aprĂšs lui dans la mĂȘme Ă©glise, et qui plus tard devait aider Ă  rĂ©gler la succession de l’artiste (voir plus haut). D’autres rejettent cependant cette hypothĂšse, en se basant sur d’autres reprĂ©sentations de Van Leeuwenhoek et sur des informations concernant le caractĂšre et la façon de travailler de ce dernier.

Vermeer est Ă©galement un symboliste de premier ordre. En effet, les tableaux prĂ©sents au second plan de ces Ɠuvres reprĂ©sentent souvent des allĂ©gories (Éros triomphant par exemple) ou des cartes gĂ©ographiques qui, pense-t-on, Ă©taient prĂ©sentes au domicile du maĂźtre, mais donneraient une tonalitĂ© diffĂ©rente Ă  la scĂšne.

Composition

Vermeer est surtout rĂ©putĂ© pour son art de la perspective et pour sa capacitĂ© Ă  dessiner les portraits et les personnages, soit lorsqu'ils exercent seuls une activitĂ© (La DentelliĂšre, Le GĂ©ographe, L'Astronome, La LaitiĂšre, etc.) soit lorsqu'ils sont en interaction avec d'autres personnages. Vermeer ne rĂ©alisa pratiquement pas de dessins ou d’étude prĂ©paratoire.

En 2001, David Hockney, parmi d’autres historiens et partisans de la thĂšse Hockney-Falco[47], a Ă©mis l’hypothĂšse que des peintres anciens et notamment Vermeer se servaient d’une camera obscura pour obtenir un positionnement prĂ©cis dans leurs compositions. Dans le cas du maĂźtre de Delft, cette idĂ©e semble confortĂ©e par certains effets de lumiĂšre – la prĂ©sence d’élĂ©ments moins nets, ressemblant au flou artistique –, et une perspective sans dĂ©faut qui seraient dus Ă  l’utilisation de ces lentilles et non Ă  l’observation Ă  l’Ɠil nu, et par l’absence de lignes guides sous la couche de peinture. On ignore Ă  quel degrĂ© Vermeer aurait alors eu recours Ă  ce procĂ©dĂ©.

Technique

La Jeune Fille au verre de vin, v.1659-1660 (Herzog Anton Ulrich-Museum, Brunswick).
Une dame assise au virginal (National Gallery, Londres). â€“ L'un des derniers tableaux peints par Vermeer.

Toutes les Ɠuvres sont des huiles sur toile, Ă  l’exception de la Fille au chapeau rouge et la Jeune Fille Ă  la flĂ»te, qui sont peintes sur panneau.

Techniquement, Vermeer aurait Ă©tĂ© influencĂ© par l’Ɠuvre de Carel Fabritius, Ă©lĂšve de Rembrandt qui vĂ©cut Ă©galement Ă  Delft. Sa palette de couleurs rappelle par ailleurs celle de Hendrick Ter Brugghen. Son pinceau Ă©tait agile. Il travaillait avec des couleurs unies sur des grandes surfaces rendues Ă©paisses. C’est avec soin qu’il apportait des couches de pigment et de vernis, qui donnent Ă  ses peintures cet Ă©clat et cette fraĂźcheur caractĂ©ristiques. On ne peut toutefois pas le compter parmi les Fijnschilders, depuis la description de la restauration de deux peintures Ă  la Mauritshuis en 1996.

Vermeer produisait des couleurs transparentes en appliquant de la peinture sur les toiles en couches granuleuses par endroits, une technique appelĂ© le pointillĂ© (Ă  ne pas confondre avec le pointillisme). Aucun dessin n’a pu ĂȘtre attribuĂ© avec certitude Ă  l’artiste, et ses peintures n’offrent que peu d’indices concernant les mĂ©thodes prĂ©paratoires.

Aucun autre artiste du XVIIe siĂšcle n’utilisa autant que lui l’outremer naturel, un pigment extrĂȘmement onĂ©reux (du lapis lazuli broyĂ©), dont il ne se servait pas uniquement pour peindre des Ă©lĂ©ments de cette couleur. Ainsi, on a pu remarquer que, dans le tableau La Jeune Fille au verre de vin, rĂ©alisĂ© vers 1659-1660, la sous-couche de peinture des ombres de la robe de satin rouge est constituĂ©e d'outremer naturel ; le mĂ©lange de rouge et vermillon appliquĂ© par-dessus acquiert de la sorte un aspect lĂ©gĂšrement pourpre, frais et tranchant, d’une trĂšs grande force.

Cette façon de travailler fut sans doute inspirĂ©e Ă  Vermeer par LĂ©onard de Vinci qui avait observĂ© que la surface de chaque objet participe Ă  la couleur de l’objet qui se trouve juste Ă  cĂŽtĂ©[48]. Cela signifie qu’aucun objet n’est entiĂšrement vu dans sa propre couleur.

Étrangement, mĂȘme aprĂšs la faillite financiĂšre de Vermeer consĂ©cutive aux Ă©vĂ©nements survenus en 1672, il continua Ă  utiliser sans retenue ce coĂ»teux pigment, notamment pour Une dame assise au virginal (vers 1670-1675). Ceci peut laisser supposer que ses couleurs et son matĂ©riel lui Ă©taient fournis par un amateur « attitrĂ© Â», et conforter la thĂ©orie de John Michael Montias selon laquelle Pieter Van Ruijven Ă©tait le mĂ©cĂšne de Vermeer.

Le peintre employait Ă©galement la terre d’ombre naturelle et l’ocre pour la lumiĂšre chaude d’un intĂ©rieur fortement Ă©clairĂ©, dont les couleurs multiples se reflĂštent sur les murs.

Authenticité

En tout, Vermeer exĂ©cuta vraisemblablement quelque quarante-cinq peintures, dont trente-cinq ont Ă©tĂ© conservĂ©es. Ce qui signifie qu’il peignait deux Ă  trois toiles par an, une production exceptionnellement faible. On ne connaĂźt de lui ni dessin ni estampe.

Parmi les Ɠuvres attribuĂ©es Ă  Vermeer, vingt-et-une sont signĂ©es, mais il se peut que toutes les signatures ne soient pas authentiques ; quatre tableaux sont datĂ©s, mais seule la date qui apparaĂźt sur L'Entremetteuse semble ĂȘtre de la main de l’artiste. Encore aujourd’hui, une controverse subsiste donc concernant l’authenticitĂ© de certains tableaux[49]. Ainsi, la Jeune Fille Ă  la flĂ»te a-t-elle vraisemblablement Ă©tĂ© achevĂ©e ou restaurĂ©e ultĂ©rieurement par un autre peintre. Et le tableau Sainte PraxĂšde, copie d’un tableau de Felice Ficherelli, fait l’objet de discussions[50].

Ces incertitudes attirĂšrent bon nombre de faussaires, qui essayĂšrent de tirer parti de l’énorme popularitĂ© de Vermeer. Le plus cĂ©lĂšbre parmi ceux-ci est Han Van Meegeren, un peintre nĂ©erlandais qui peignait Ă  la maniĂšre des anciens maĂźtres hollandais. Son PĂšlerins d’EmmaĂŒs fut accueilli en 1937 comme le plus beau tableau de Johannes Vermeer et il trouva une place d’honneur en 1938 au MusĂ©e Boijmans van Beuningen. Son faux le plus rententissant fut cependant Le Christ et la Femme adultĂšre, une toile qui fut acquise en 1943 â€“ il n’en avait jamais Ă©tĂ© fait mention jusque lĂ  â€“ par Hermann Göring, jaloux de l'Art de la peinture que possĂ©dait Hitler. On en trouve d'autres exemples dans les biographies de Han Van Meegeren[51]. L’aveu de Van Meegeren en 1945 choqua le monde de l’art. Une vague d’autocritique s’empara des musĂ©es oĂč bon nombre d’« anciens maĂźtres Â» furent dĂ©masquĂ©s. Theo Van Wijngaarden, un ami de Van Meegeren, produisit Ă©galement un faux Vermeer : Jeune Fille riant.

On en arriva mĂȘme Ă  apposer une signature imitant celle de Vermeer sur des peintures d’autres anciens maĂźtres, et mĂȘme parmi les plus importants, comme Pieter De Hooch.

La DentelliÚre, vers 1669-1670 (Musée du Louvre, Paris).

La chronologie des Ɠuvres fait elle aussi encore dĂ©bat parmi les spĂ©cialistes, tels Arthur K. Wheelock et Albert Blankert.

Références culturelles à Vermeer

Peinture

Salvador DalĂ­, qui admirait beaucoup Vermeer, a peint sa propre version de la DentelliĂšre et a placĂ© en opposition des copies grand format de l’original et un rhinocĂ©ros au cours de ses expĂ©riences surrĂ©alistes. Cela donna lieu Ă  un film L'Histoire prodigieuse de la dentelliĂšre et du rhinocĂ©ros, dont Robert Descharnes commença le tournage en 1954. Dali a Ă©galement immortalisĂ© le maĂźtre de Delft dans Le Spectre de Vermeer de Delft, pouvant ĂȘtre utilisĂ© comme table (1934).

Littérature et cinéma

« Pour Ver Meer de Delft, elle lui demanda s’il avait souffert par une femme, si c’était une femme qui l’avait inspirĂ©, et Swann lui ayant avouĂ© qu’on n’en savait rien, elle s’était dĂ©sintĂ©ressĂ©e de ce peintre[52]. Â»

— Marcel Proust

Dans le cĂ©lĂšbre roman-cycle de Marcel Proust À la Recherche du temps perdu, l’Ɠuvre de Vermeer joue un rĂŽle important. Proust, qui considĂ©rait Vermeer comme le plus grand peintre de tous les temps, visita en 1921 une exposition consacrĂ©e Ă  l’artiste au MusĂ©e du Jeu de Paume (actuelle Galerie nationale du Jeu de Paume). Cette visite fut presque fatale Ă  l’écrivain qui Ă©tait alors gravement malade.

Dans son essai Les Portes de la perception (The Doors of Perception, 1954), Aldous Huxley cite Vermeer comme un exemple de peintre qui est parvenu dans une certaine mesure Ă  saisir les subtilitĂ©s des textures comme peut les faire percevoir l’usage de la mescaline (ou d’autres drogues similaires).

En 1998, l’AmĂ©ricaine Tracy Chevalier Ă©crivit le roman La Jeune Fille Ă  la perle (Girl with a Pearl Earring) qui a pour sujet la crĂ©ation du tableau du mĂȘme titre. Bien qu’il s’agisse d’un rĂ©cit fictif, le livre est basĂ© sur des faits connus au sujet de Vermeer et de son Ă©poque. Le livre fut par la suite adaptĂ© au cinĂ©ma en 2003 : La Jeune Fille Ă  la perle, un film qui connut un succĂšs important.

Un tableau de Vermeer joue Ă©galement un rĂŽle central dans Jeune Fille en bleu hyacinthe (Girl in Hyacinth Blue, 1999), un roman d'une autre AmĂ©ricaine, Susan Vreeland. À travers huit Ă©pisodes, elle suit dans le temps la trace d’une peinture fictive, un procĂ©dĂ© qui auparavant avait Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par Annie Proulx dans Les Crimes de l'accordĂ©on (1996), dont est tirĂ© le film The Red Violin (1998). Une diffĂ©rence importante, cependant, est que Vreeland, dans son livre, suit un ordre chronologique inversĂ© : elle commence au XXe siĂšcle, avec le fils d’un nazi qui hĂ©rite la peinture de son pĂšre, pour terminer au XVIIe siĂšcle, au moment de la conception â€“ imaginaire â€“ du tableau. Le livre a Ă©tĂ© adaptĂ© pour la tĂ©lĂ©vision, Brush with Fate ; rĂ©alisĂ© par Brent Shields, le film a Ă©tĂ© diffusĂ© en 2003 sur la chaĂźne amĂ©ricaine CBS.

Un roman pour enfants, L'Énigme Vermeer (Chasing Vermeer), Ă©crit par Blue Balliett et publiĂ© dans sa version originale en 2003, imagine le vol du tableau Jeune Femme Ă©crivant une lettre et a pour thĂšme central l’authenticitĂ© des peintures de Vermeer. Le livre a connu une suite : The Wright 3.

Dans le film de Peter Greenaway A Zed & Two Noughts (1985), un chirurgien orthopédique du nom de Van Meegeren met en scÚne des tableaux vivants reproduisant trÚs fidÚlement des peintures de Vermeer de façon à pouvoir en faire des copies.

All the Vermeers in New York est un film de 1990 réalisé par Jon Jost.

Le film Une vie volĂ©e (appelĂ© Jeune Femme interrompue au QuĂ©bec), rĂ©alisĂ© par James Mangold et sorti en 1999, ainsi que le livre de Susanna Kaysen dont il est l’adaptation, doivent leur titre original Girl, Interrupted Ă  la peinture La Leçon de musique interrompue.

Le film québécois Les Aimants réalisé par Yves P. Pelletier utilise comme toile de fond plusieurs oeuvres de Vermeer dont La jeune fille à la perle et la La Fille au chapeau rouge[53].

Dans son recueil de mĂ©ditations, Yonder[54], Siri Hustvedt nous propose son interprĂ©tation de « La Dame au collier de perles Â» en en faisant une sorte de mĂ©taphore de l'Annonciation.

Musique

Le compositeur néerlandais Louis Andriessen a basé son opéra Writing to Vermeer (1997-98, livret de Peter Greenaway), sur la vie du peintre.

Le chanteur français Pierre Bachelet fait allusion au peintre dans son succÚs de 1980 Elle est d'ailleurs[55].

Jan Vermeer est le titre d’une chanson figurant sur The Beginner, album solo de Bob Walkenhorst, le guitariste et principal auteur des paroles du groupe The Rainmakers.

No One Was Like Vermeer est le titre d’une chanson de Jonathan Richman figurant sur un album sorti en 2008 : Because Her Beauty Is Raw And Wild.

Jeu

Vermeer est le titre d’un jeu pour pc allemand de simulation Ă©conomique et de stratĂ©gie dĂ©veloppĂ© par Ralf Glau, dont la premiĂšre version, en 1987, fut Ă©ditĂ©e par C64 et Schneider/Amstrad CPC et distribuĂ©e par Ariolasoft. Le but du jeu Ă©tait, aprĂšs avoir gagnĂ© de l’argent en commerçant, de parcourir ensuite les ventes d’art Ă  travers le monde et d’acquĂ©rir autant de piĂšces que possible d’une collection de peintures dispersĂ©e durant la PremiĂšre Guerre mondiale. La piĂšce maĂźtresse de la collection Ă©tait un Vermeer ; le joueur qui rĂ©ussissait Ă  se l’approprier remportait habituellement la partie. Ce jeu de simulation Ă©conomique a Ă©tĂ© l’un des plus complexes de l’ùre de l’ordinateur personnel 8 bits.

Images de marques

En 1973, le tableau La LaitiĂšre commencera Ă  ĂȘtre utilisĂ© par une marque de produits laitiers.

La liqueur « Vermeer Dutch Chocolate Cream Liqueur Â» fut inspirĂ©e par Vermeer et nommĂ©e d’aprĂšs lui. La bouteille est garnie en relief de la signature du peintre, et sur l’étiquette figure une reproduction de la Jeune Fille Ă  la perle[56].

Tableau de toutes les Ɠuvres connues ou attribuĂ©es Ă  Vermeer

À peine 37 tableaux de Vermeer sont actuellement identifiĂ©s. Certains spĂ©cialistes rĂ©duisent pourtant encore ce nombre, certaines attributions Ă©tant contestĂ©es.

L’Ɠuvre est dispersĂ©e Ă  travers huit pays : les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, l’Autriche, l’Irlande, Monaco et les États-Unis [rĂ©f. souhaitĂ©e]. Il est frappant de constater que plus aucun Vermeer ne se trouve Ă  Delft[57].

Dans la nuit du 18 mars 1990, Le Concert fut volĂ© Ă  l’Isabella Stewart Gardner Museum de Boston ; il n’a toujours pas Ă©tĂ© retrouvĂ©.

Le tableau Une Jeune Femme au virginal, acquis par le millionnaire Steve Wynn le 7 juillet 2004, a depuis lors Ă©tĂ© revendu.

Titre Genre Technique Remarques Format Date N°[58] Collection N° d’inventaire Image
L'AllĂ©gorie de la Foi AllĂ©gorie huile sur toile 114,3 × 88,9 1671-1674 (ca.) 35 The Metropolitan Museum of Art, New York 32.100.18
Vermeer - Allegorie op het Geloof (1671-1674).jpg
L'Art de la peinture Allégorie huile sur toile signé 120 x 100 1665-1666 (ca.) 19 Kunsthistorisches Museum, Vienne GG_9128
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L'Astronome Peinture de genre huile sur toile signé 51,5 x 45,5 1668 (daté) 27 Musée du Louvre, Paris RF 1983-28
Jan Vermeer - The Astronomer.JPG
Le Christ dans la maison de Marthe et Marie Peinture Ă  sujet biblique huile sur toile signĂ© 160 x 142 1654-1656 (ca.) 2 National Gallery of Scotland, Édimbourg NG 1670
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Le Concert[59] Peinture de genre huile sur toile signĂ© 72,5 × 64,7 1664-1667 (ca.) 20 Isabella Stewart Gardner Museum, Boston
Volé le 18 mars 1990
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La Dame au collier de perles Peinture de genre huile sur toile signé 55 x 45 1662-1665 (ca.) 17 Staatliche Museen Preussischer Kulturbesitz, GemÀldegalerie, Berlin
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La DentelliÚre Peinture de genre huile sur toile, collée sur panneau signé 24 x 21 1669-1670 (ca.) 32 Musée du Louvre, Paris MI 1448
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Diane et ses compagnes Peinture à sujet mythologique huile sur toile signé 97,8 x 104,6 1653-1656 (ca.) 1 Mauritshuis, La Haye
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L'Entremetteuse Peinture de genre huile sur toile signé 143 x 130 1656 (daté) 4 Staatliche Kunstsammlungen, GemÀldegalerie Alte Meister, Dresde
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La Femme au luth Peinture de genre huile sur toile 51,4 x 45,7 1662-1665 (ca.) 14 The Metropolitan Museum of Art, New York 25.110.24
Vermeer - Woman with a Lute near a window.jpg
La Femme en bleu lisant une lettre Peinture de genre huile sur toile 46,5 x 39 1662-1665 (ca.) 16 Rijksmuseum, Amsterdam C-251
Vermeer, Johannes - Woman reading a letter - ca. 1662-1663.jpg
La Femme portant une balance Peinture de genre huile sur toile 42,5 × 38 1662-1665 (ca.) 18 National Gallery of Art, Washington 1942.9.97
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La Fille au chapeau rouge Portrait huile sur panneau signé 23,2 x 18,1 1665-1666 (ca.) 28 National Gallery of Art, Washington 1937.1.53
Vermeer - Girl with a Red Hat.JPG
Le Géographe Peinture de genre huile sur toile signé 52 x 45 1669 (daté) 29 StÀdel Museum, Francfort 1149
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La Jeune Femme Ă  l'aiguiĂšre Peinture de genre huile sur toile 45,7 x 40,6 1662-1665 (ca.) 15 The Metropolitan Museum of Art, New York 89.15.21
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Jeune Femme Ă©crivant une lettre Peinture de genre huile sur toile signĂ© 45 × 39,9 1665-1666 (ca.) 24 National Gallery of Art, Washington 1962.10.1
Vermeer A Lady Writing.jpg
La Jeune Fille à la flûte Portrait huile sur panneau attribué à JV 20 x 17,8 1665-1670 (ca.) 22 National Gallery of Art, Washington 1942.9.98
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La Jeune Fille à la perle Portrait huile sur toile signé 44,5 x 39 1665-1667 (ca.) 23 Mauritshuis, La Haye
Johannes Vermeer (1632-1675) - The Girl With The Pearl Earring (1665).jpg
La Jeune Fille au verre de vin Peinture de genre huile sur toile signé 78 x 67 1659-1660 (ca.) 13 Herzog Anton Ulrich-Museum, Brunswick 316
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La Laitiùre Peinture de genre huile sur toile 45,45 × 40,6 1658-1661 (ca.) 10 Rijksmuseum, Amsterdam A-2344
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La Leçon de musique Peinture de genre huile sur toile signĂ© 73,3 × 64,5 1662-1664 (ca.) 21 Collection de Sa MajestĂ© la Reine Elisabeth II, Buckingham Palace, Londres RCIN 405346
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La Leçon de musique interrompue Peinture de genre huile sur toile 39,37 x 44,45 1658-1661 (ca.) 9 The Frick Collection, New York 1901.1.125
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La Lettre d'amour Peinture de genre huile sur toile signé 44 x 38,5 1669-1670 (ca.) 26 Rijksmuseum, Amsterdam A-1595
Vermeer, Johannes - The Loveletter.jpg
La Liseuse Ă  la fenĂȘtre Peinture de genre huile sur toile traces de signature (?) 83 x 64,5 1657-1659 (ca.) 7 Staatliche Kunstsammlungen, GemĂ€ldegalerie Alte Meister, Dresde
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La MaĂźtresse et la servante Peinture de genre huile sur toile 90,17 x 78,74 1666-1667 (ca.) 25 The Frick Collection, New York[60] 1919.1.126
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L'Officier et la jeune fille riant Peinture de genre huile sur toile 50,48 x 46,04 1657 (ca.) 6 The Frick Collection, New York 1911.1.127
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Portrait d'une jeune femme Portrait huile sur toile 44,5 x 40 1665-1674 (ca.) 36 The Metropolitan Museum of Art, New York
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La Ruelle Paysage huile sur toile signé 54,3 x 43,5 1657-1661 (ca.) 12 Rijksmuseum, Amsterdam A-2860
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Sainte PraxÚde Peinture à sujet religieux huile sur toile signé 101,6 x 82,6 1655 (daté) 3 Barbara Piasecka Johnson Collection, Musée de la Chapelle de la Visitation, Monaco
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Une Dame assise au virginal Peinture de genre huile sur toile signé 51,5 x 45,5 1670-1675 (ca.) 37 National Gallery, Londres NG2568
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Une Dame debout au virginal Peinture de genre huile sur toile signé 51,7 x 45,2 1670-1673 (ca.) 30 National Gallery, Londres NG1383
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Une Dame Ă©crivant une lettre et sa servante Peinture de genre huile sur toile signĂ© 71,1 × 58,4 1670-1671 (ca.) 33 Beit Collection, Blessington, Irlande
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Une Femme jouant de la guitare Peinture de genre huile sur toile signé 53 x 46,3 1669-1672 (ca.) 34 Kenwood House, Iveagh Bequest, Londres
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Une Jeune Femme assise au virginal[61] Peinture de genre huile sur toile 25,2 x 20 1670 (ca.) 31 Collection privée
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Une Jeune Fille assoupie Peinture de genre huile sur toile signĂ© 87,6 × 76,5 1656-1657 (ca.) 5 The Metropolitan Museum of Art, New York
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Le Verre de vin Peinture de genre huile sur toile 65 x 77 1658-1661 (ca.) 8 GemÀldegalerie, Berlin
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Vue de Delft Paysage huile sur toile signĂ© 98,5 × 115,7 1660-1661 (ca.) 11 Mauritshuis, La Haye
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Références

Notes et références

  1. ↑ Vermeer est aussi orthographiĂ© en deux mots, Ver Meer. Il s'agit de l'abrĂ©viation de Van der Meer, qui veut dire « du Lac Â». Vermeer signait ses toiles « I. V. Meer Â» ou « I. Ver Meer Â» (voir Le GĂ©ographe), avec le I/J latin pour « Ioannes Â».
  2. ↑ Vermeer de Delft ne doit pas ĂȘtre confondu avec Jan Vermeer (1628-1691), un peintre de paysage de Haarlem beaucoup moins connu, bien que Johannes soit parfois lui aussi dĂ©signĂ© sous le prĂ©nom de Jan.
  3. ↑ Cfr. J. Wadum (1996).
  4. ↑ W. Liedtke (2007), p. 867.
  5. ↑ GĂ©rard de Lairesse, Le Grand Livre des peintres, ou l'Art de la peinture considĂ©rĂ© dans toutes ses parties, et dĂ©montrĂ© par principes ... auquel on a joint les Principes du dessin, Paris, 1787. 2 vol.
  6. ↑ Voir ƒuvre Ă©crite, De Groote Schouburgh der Neder lantsche konstschilders en schilderessen (Le Grand ThĂ©Ăątre des artistes et peintres nĂ©erlandais, 1718–1721)
  7. ↑ Autoportrait, ca 1779-1780, Royal Academy of Art, Londres
  8. ↑ Émile Bernard 1868-1941 de Jean-Jacques Luthi et Armand IsraĂ«l, Ă©ditions de l'Amateur,(ISBN 2859173870)
  9. ↑ Publication : Van der Meer (Ver Meer) de Delft, 1866
  10. ↑ Étude paranoïaque-critique de la Dentelliùre de Vermeer, 1955
  11. ↑ Introduction et texte d'Eric de Vinez. Hors sĂ©rie n° 5, MUSEART. M 3813.(rĂ©trospective : mars-juin 1996).
  12. ↑ [http://findarticles.com/p/articles/mi_hb5037/is_200104/ai_n18271955 « Vermeer : A View of Delft Â» dans The Economist..
  13. ↑ J.M. Montias (1989).
  14. ↑ Archives de Delft en ligne (Digitale stamboom Stadarchief Delft). : BaptĂȘme Ă  Delft de Joannis, fils de Reijnier Jansz. et Dingnum Balthasars le 31 octobre 1632, avec pour tĂ©moins Pieter Brammer, Jan Heijndricxsz. et Maertge Jans.
  15. ↑ RenseignĂ©e dans les archives de Delft sous diverses variantes de son nom : « Dignum Balthasars Â», « Dijna Baltens Â»...Archives de Delft en ligne – Digitale stamboom Stadarchief Delft : Enterrement de la mĂšre de Vermeer le 13 fĂ©vrier 1670 dans la Nieuwe Kerk)
  16. ↑ C’est du moins ainsi qu’il est dĂ©signĂ© dans certains documents de l'Ă©poque. Il s’agit vraisemblablement d’une rĂ©fĂ©rence Ă  Reinaart de vos (Van den vos Reynaerde : le Roman de Renart).
  17. ↑ « Het Leven van Vermeer Â» (Vie de Vermeer) sur le site Vermeercentrum Delft. â€“ À cette Ă©poque, l'utilisation d'un nom de famille Ă©tait chose assez neuve ; les individus Ă©taient le plus souvent dĂ©signĂ©s par leur prĂ©nom suivi du nom de leur pĂšre. Ainsi Jansz. est-il l'abrĂ©viation de Janszoon, qui signifie « fils de Jan Â»Article dans lequel on s'interroge sur la maison oĂč naquit Vermeer.
  18. ↑ Circuit Vermeer.
  19. ↑ Archives de Delft en ligne (Digitale stamboom Stadarchief Delft). : Enterrement de la mĂšre de Vermeer le 13 fĂ©vrier 1670 dans la Nieuwe Kerk.] : BaptĂȘme Ă  Delft le 15 mars 1620 de Geertruijt, fille de Reijer Jansz. et Dingenum Baltens, tĂ©moins Jan Tonisz., Neeltge Goris et Maertge Jans. â€“ En 1647, l’unique sƓur de Vermeer se maria Ă  un fabricant d’encadrements, mais elle continua Ă  travailler dans l’auberge de ses parents, s’occupant de servir les consommations et de refaire les lits. Elle mourut en 1670.
  20. ↑ Un acte notarial le mentionne comme « caffawerker Â», c’est-Ă -dire travailleur de la caffa, un type de tissu fait avec de la soie.
  21. ↑ Chronologie de la vie de Vermeer sur le site Essential Vermeer.
  22. ↑ du nom de la ville de Malines – Mechelen en nĂ©erlandais – « Het Leven van Vermeer Â» (Vie de Vermeer) sur le site Vermeercentrum Delft.
  23. ↑ Robert D. Huerta (2003), p. 42-43.
  24. ↑ Chronologie de la vie de Vermeer sur le site Essential Vermeer.
  25. ↑ Biographie de Vermeer sur le site du National Gallery of Art, consultĂ© le 13 juillet 2007.
  26. ↑ W. Liedtke, p. 866.
  27. ↑ Archives de Delft en ligne (Digitale stamboom Stadarchief Delft). : Enterrement dans la Nieuwe Kerk Ă  Delft, le 12 octobre 1652, de Reijnier Jansz Vermeer.]
  28. ↑ http://www.essentialvermeer.com/vermeers_name.html
  29. ↑ W. Liedtke (2007), p. 893.
  30. ↑ Les enfants de Vermeer sur le site Essential Vermeer.
  31. ↑ J.M. Montias (1989), p. 370-371.
  32. ↑ J.M. Montias, (1989).
  33. ↑ Balthasar de Monconys (1666), p. 149.
  34. ↑ a et b La Vie de Vermeer sur le site Essential Vermeer
  35. ↑ J.M. Montias (1989), p. 339-344
  36. ↑ S. Schama (1997), p. 37-8.
  37. ↑ J.M. Montias (1989), p. 344-345.
  38. ↑ Table des matiĂšres du numĂ©ro d'octobre 1866 de la Gazette des Beaux-Arts sur le site Gallica de la BibliothĂšque nationale de France.
  39. ↑ La collection de ThorĂ©-BĂŒrger, qui ne comprenait pas que des Vermeer, fut vendue Ă  Paris, le 5 dĂ©cembre 1892, soit une vingtaine d'annĂ©es aprĂšs sa mort.
  40. ↑ C. Hofstede de Groot (1908), n° 20, p. 591.
  41. ↑ C. Hofstede de Groot (1908), n° 23, p. 592.
  42. ↑ C. Hofstede de Groot (1908), n° 25, p. 593.
  43. ↑ C. Hofstede de Groot (1908), n° 29, p. 595.
  44. ↑ Michael Kimmelman, « Timeless Contemplation of the Ordinary Â», dans The New York Times, 29 novembre 1995. â€“ Site du journal consultĂ© le 28 avril 2009.
  45. ↑ L'exposition Vermeer and the Delft School à la National Gallery de Londres.
  46. ↑ conserve le Vermeer achetĂ© pour HitlerARTINFOFRANCE.com
  47. ↑ (en) Site consacrĂ© Ă  la thĂšse Hockney-Falco.
  48. ↑ B. Broos et al. (1995).
  49. ↑ M. Van Maarseveen (2005), p. 10.
  50. ↑ Essentialvermeercom : Saint Praxedis
  51. ↑ Fredrik H. Kreuger (2007).
  52. ↑ Marcel Proust dans Un Amour de Swann
  53. ↑ PĂŽles magnĂ©tiques, Voir, 23 septembre 2004 - Manon Dumais. ConsultĂ© le 11 mars 2011
  54. ↑ Siri Hustvedt, Yonder : l'annonciation de Vermeer, Arles, Actes Sud, 1999 (ISBN 2-7427-2030-8) 
  55. ↑ « [...] Elle a de ces longues mains de dentelliĂšre - À damner l'Ăąme d'un Vermeer [...] Â»
  56. ↑ Site commercial de la « Vermeer Dutch Chocolate Cream Liqueur Â».
  57. ↑ Raad.delft.nl: Bedrijfsplan Stichting Vermeer in Delft (29 juli 2004)
  58. ↑ Classement par ordre chronologique supposĂ©.
  59. ↑ VolĂ© dans la nuit du 18 mars 1990, le tableau n'a toujours pas Ă©tĂ© retrouvĂ©.
  60. ↑ Tableau volĂ© Ă  deux reprises.
  61. ↑ L'attribution de ce tableau est sujette Ă  caution (voir : http://www.essentialvermeer.com/catalogue/baron_rolin.html). Celui-ci a Ă©tĂ© adjugĂ©, en juillet 2004 Ă  Londres, pour ÂŁ 16 200 000.

Sources

Bibliographie

  • AndrĂ© Blum, Vermeer et ThorĂ©-BĂŒrger, GenĂšve, Éditions du Mont-Blanc, 1946.
  • Pierre Descargues, Vermeer, GenĂšve, Éditions d'Art Albert Skira, 1966.
  • Dictionnaire BĂ©nĂ©zit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 14, Ă©ditions GrĂŒnd, janvier 1999, 13440 p. (ISBN 2700030249), p. 156-158 

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