Jo Siffert

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Jo Siffert

Joseph Siffert

Joseph Siffert en 1968

Joseph Siffert couramment appel√© Jo Siffert dans le milieu automobile ou encore Seppi par ses compatriotes suisses (n√© le 7 juillet 1936 √† Fribourg et d√©c√©d√© le 24 octobre 1971 √† Brands-Hatch) est un ancien pilote de course automobile suisse. Siffert a consacr√© une grande partie de sa carri√®re √† l'Endurance, signant de nombreuses victoires dont les 12 heures de Sebring en 1968 et les 1000 km du N√ľrburgring en 1968 et 1969. Il a √©galement pris le d√©part de 96 Grands Prix de championnat du monde de Formule 1 entre 1962 et 1971. Il est un des trois pilotes suisses (avec Clay Regazzoni et Emmanuel de Graffenried) a avoir remport√© une victoire en Formule 1. Au cours de sa carri√®re dans la discipline-reine, Jo Siffert a inscrit un total de 68 points, d√©croch√© 2 victoires, sign√© 6 podiums, 2 pole positions et 4 meilleurs tours en course. Joseph Siffert est d√©c√©d√© lors d'une √©preuve de Formule 1 disput√©e hors championnat √† Brands Hatch, la Course de la Victoire. Apr√®s une sortie de piste dans la partie la plus rapide du circuit et bien qu'il ne souffrit que d'une fracture de la jambe, il mourut asphyxi√© par l'incendie de sa monoplace.

Sommaire

Biographie

1957-1961 : Les d√©buts en sports m√©caniques

La Formule Junior Stanguellini des débuts en Sport automobile.

Joseph Siffert est le fils d'un modeste garagiste de Fribourg qui lui transmet tr√®s t√īt sa passion pour les sports m√©caniques. Jo passe ainsi sa jeunesse √† pratiquer mille petits m√©tiers pour s'acheter une motocyclette : il est tour √† tour vendeur de fleurs, chiffonnier, apprenti carrossier, revendeur d‚Äô√©tuis de munitions de l‚Äôarm√©e‚Ķ En 1957, il d√©bute en comp√©tition moto au guidon d‚Äôune Gilera 125. Il est champion de Suisse en cat√©gorie 350 cm3 en 1959 puis devient copilote en side-cars en championnat d'Europe. En 1960, il passe √† l'automobile en disputant le championnat de Formule Junior sur une Stanguellini. Pour assurer ses arri√®res, il monte une soci√©t√© de vente de voitures d‚Äôoccasion et parcourt la Suisse romande en qu√™te de voitures accident√©es qu'il restaure et revend. Les d√©buts sont r√©ellement difficiles, Siffert injectant tous ses b√©n√©fices commerciaux dans les frais d‚Äôengagement en course mais obtient une belle seconde place au Grand Prix de Suisse. En 1961, il dispose d‚Äôune Lotus 18 avec laquelle il d√©croche quatre victoires et une seconde place. Il la remplace d√®s sa sixi√®me course par une Lotus 20 qui lui permet de remporter cinq nouvelles √©preuves et de se classer premier du championnat europ√©en de Formule Junior, √† √©galit√© de points avec Tony Maggs (il n'y a pas de titre de champion de la discipline).

1962 : Voitures de Sport et Formule 1

Joseph Siffert fait ses d√©buts de pilote professionnel au sein de la Scuderia Ferrari en 1961 lors des 1 000 kilom√®tres du N√ľrburgring qui comptent pour le championnat du monde des Voitures de Sport. D√®s la saison suivante, le Suisse fait ses premi√®res armes en Formule 1 au sein de l'Ecurie Nationale Suisse, √† partir de cette saison, il disputera les deux championnats en parall√®le, tout en se permettant en 1962 de disputer cinq courses de Formule Junior sur Lotus 22 et 24 (et d√©crochant deux nouvelles victoires dans cette cat√©gorie). Ainsi, en 1962, Siffert d√©bute en Formule 1 au sein de son √©curie nationale qui l'engage sur deux √©preuves hors championnat. Il se classe 5e sur 21 au Grand Prix de Bruxelles puis 7e sur 18 lors de l'√©preuve paloise. Satisfaite de ses r√©sultats prometteurs, l' Ecurie nationale Suisse lui met le pied √† l'√©trier en l'engageant au Grand Prix de Monaco, √©preuve du Championnat du monde. Au volant de sa Lotus 21, il r√©alise le 17e temps des essais qualificatifs alors que la grille n'accueille que seize partants. Toutefois sa tentative m√©ritoire de qualification sur le pi√©geux circuit mon√©gasque le fait remarquer des dirigeants de l'√©curie priv√©e Scuderia Fillipinetti qui l'engagent pour le reste du championnat du monde. Au Grand Prix de Belgique, toujours sur une Lotus 21-Climax, Siffert d√©croche sa premi√®re qualification, en avant-derni√®re position, mais r√©ussit √† atteindre l'arriv√©e √† la 10e place. Pour l'√©preuve suivante, en France, il pilote une Lotus 24 qui diff√®re de la 21 par sa m√©canique BRM V8 en lieu et place du Climax √† 4 cylindres en ligne. Siffert doit abandonner d√®s les premiers tours sur panne d'embrayage et ne peut se rattraper au Grand Prix de Grande-Bretagne o√Ļ son √©quipe renonce √† s'engager suite √† un d√©saccord financier avec les responsables de l'√©preuve. La Lotus 24 n'√©tant pas fiabilis√©e, il retrouve la vieille 21 au Nurburgring, o√Ļ, sur le grand circuit de pr√®s de 23 kilom√®tres, il se classe 12e dans le m√™me tour que le vainqueur Graham Hill. Le Grand Prix d'Italie cl√īture la saison et bien qu'il dispose de la Lotus 24 au V8 BRM, il manque sa qualification, r√©alisant un temps √† plus de 15 secondes de la pole position de Jim Clark.

1963 : Sa propre √©curie de Formule 1

D√©but 1963, Siffert est engag√© sur quatre √©preuves hors championnat par la Scuderia Filipinetti, au volant de la Lotus 24, mais ne prend que le d√©part du Grand Prix d'Imola, o√Ļ il se classe second derri√®re Jim Clark et de l'√©preuve sicilienne de Syracuse qu'il remporte. Il rach√®te alors sa monoplace √† son √©curie pour disputer quatre nouvelles courses hors championnat au sein du Siffert Racing Team, sans r√©el succ√®s. La surprise vient de sa d√©cision de participer au Championnat du monde √† titre priv√©. Il se qualifie en 12e place √† Monaco, mais abandonne d√®s le d√©but de l'√©preuve. Il re√ßoit le drapeau √† damiers √† Zandvoort o√Ļ il termine 7e, puis, √† Reims √† l'occasion du Grand Prix de France, il inscrit son premier point en championnat du monde en se classant 6e. La suite de la saison est plus laborieuse, la Lotus souffrant de soucis m√©caniques (bo√ģte de vitesses et transmission).

1964-1969 : Avec Rob Walker en F1 et Porsche en Sport

En 1964, Siffert poursuit l'aventure en championnat du monde de Formule 1 tout en courant le cachet hors championnat. Il d√©bute avec la Lotus 24 au Grand Prix de Monaco o√Ļ il arrache sa qualification aux forceps avec une monoplace vieille de deux ans. Il parvient n√©anmoins √† se classer 10e, mais √† douze tours du vainqueur Graham Hill. D√®s le Grand Prix suivant aux Pays-Bas, il remise sa Lotus et dispose d'une Brabham BT 11 plus r√©cente qui ne lui permet pas de briller ni en qualification puisqu'il s'√©lance bon dernier, ni en course o√Ļ il termine 13e √† 25 tours du vainqueur. Il faut attendre le Grand Prix d'Allemagne pour que Siffert se mette en valeur. Sur le grand Nurburgring o√Ļ il se qualifie en milieu de grille, il termine au pied du podium √† seulement cinq minutes du vainqueur John Surtees. Sur ce trac√© √©prouvant pour les m√©caniques, le V8 BRM l'a certainement aid√©, les sept premiers de la course disposant en effet d'un moteur BRM ou d'une m√©canique Ferrari. Le Suisse termine √† la porte des points au GP d'Italie mais conclut la saison en beaut√© en obtenant son premier podium en championnat au Grand Prix des √Čtats-Unis √† Watkins Glen derri√®re Hill et Surtees. Hors championnat, il remporte le Grand Prix de la M√©diterran√©e. Ses r√©sultats ont attir√© l'Ňďil de Rob Walker qui l'engage dans son √©curie priv√©e, le RRC Walker Racing Team pour prendre part √† toutes les √©preuves du calendrier 1965 : Joseph Siffert n'aura plus la charge de travail incombant √† tout patron-pilote et pourra se concentrer uniquement sur son pilotage.

En 1964, le Suisse entame √©galement une longue collaboration avec Porsche en Sport-prototypes. Il dispute ainsi, sur une 904, avec Heinz Schiller, au sein du Team Schiller, les 1000 kilom√®tres du Nurburgring (8e √† l'arriv√©e) et les 12 heures de Reims o√Ļ l'√©quipage est contraint √† l'abandon. Enfin, preuve de son √©clectisme au volant, il dispute une √©preuve de Formule 2 en juillet √† Reims o√Ļ, sur Brabham BT 10, il se classe 7e.

En 1965, hors championnat, Siffert remporte pour la seconde ann√©e cons√©cutive le Grand Prix de la M√©diterran√©e sur une Brabham BT11 dont le V8 BRM a √©t√© troqu√© contre un Climax 4 cylindres en ligne. Cette m√™me monoplace est engag√©e en championnat mais avec un moteur BRM. Le d√©but de saison est prometteur puisque le Suisse se classe dans les neuf premiers lors des cinq premi√®res √©preuves, inscrivant par deux fois (√† Monaco et en France) le point de la 6e place. Les courses suivantes sont moins convaincantes, mais Siffert finit l'ann√©e en beaut√© en terminant au pied du podium lors du Grand Prix de cl√īture au Mexique. Il est 11e du championnat et conserve son baquet au sein du RRC Walker Racing Team pour la saison suivante. Il dispute √©galement deux √©preuves de Formule 2, d√©sormais sur Cooper T75 mais ne brille pas particuli√®rement puisqu'il rate sa premi√®re qualification √† Crystal Palace et ne termine qu'√† une modeste 10e place sur le circuit sicilien d'Enna-Pergusa.

Joseph Siffert sur Porsche 906 en 1966 au Nurburgring

Siffert commence la saison 1966 avec la Brabham BT11 gr√Ęce √† laquelle il se classe second du Grand Prix d'Afrique du Sud (hors-championnat) remport√© par Mike Spence. Il se qualifie en 13e place √† son volant pour le Grand Prix de Monaco o√Ļ quatre pilotes seulement seront class√©s. D√®s l'√©preuve suivante en Belgique, il dispose d'une toute nouvelle Cooper T81 √† moteur V12 Maserati. Impliqu√© dans le carambolage du d√©part o√Ļ huit pilotes en tout restent sur le carreau, il ne peut pas en tirer partie. Le Maserati est victime d'une surchauffe au Grand Prix de France et ne permet pas √† Siffert de se classer lors de la course de Brands Hatch qu'il termine √† dix tours du vainqueur. Le Maserati fait encore des siennes aux Pays-Bas et √† Monza alors que la bo√ģte l√Ęche au Nurburgring. Siffert sauve sa saison √† Watkins Glen o√Ļ il manque de peu de r√©√©diter son exploit de 1964 : il termine 4e, derri√®re les deux autres Cooper T81 de Jochen Rindt et John Surtees qui n'ont pu emp√™cher Clark de mener sa Lotus √† la victoire.

En Endurance, toujours en contrat avec Porsche, il dispute les 12 heures de Sebring et les 1 000 kilomètres de Monza sur une 906 de l'écurie Team Vögele. Il se classe second de l'épreuve italienne puis abandonne en Allemagne au Nurburgring avant de participer aux 24 heures du Mans et aux 500 kilomètres de Zelweg pour le compte de l'écurie officielle Porsche Engineering. Siffert engrange encore de belles places d'honneur (4e en terre mancelle puis second en Autriche) mais n'a toujours pas remporté la moindre victoire. Il ne peut se consoler en F2 puisqu'avec sa Cooper T75, il est contraint à trois reprises à l'abandon et n'obtient qu'une 7e place comme meilleur résultat sur le circuit de Goodwood.

En 1967, Rob Walker s'associe √† Jack Durlacher pour fonder le Rob Walker/Jack Durlacher Racing Team qui poursuit en championnat du monde avec Joseph Siffert et la Cooper-Maserati T81. Hors championnat, le Suisse monte √† trois reprises sur la derni√®re marche du podium, √† la Race of Champions, au BRDC International Trophy et au Grand Prix de Syracuse. En championnat les r√©sultats sont beaucoup moins glorieux, Siffert ne marque ses premiers points qu'au cinqui√®me Grand Prix de la saison, en France sur le circuit du Mans o√Ļ les moteurs Repco(champions du monde en titre) de Jack Brabham et Denny Hulme ont encore montr√© leur supr√©matie naissante sur toutes les autres m√©caniques. Siffert ne marque √† nouveau que lors de sa course f√©tiche, √† Watkins Glen o√Ļ il r√©√©dite sa performance de la saison pass√©e en se classant au pied du podium. Avec 6 points acquis en deux occasions, le Suisse termine 11e du classement pilote. Il devient d√©sormais de plus en plus difficile pour les pilotes d'√©curies priv√©es de rivaliser avec les √©quipes d'usine comme Brabham-Repco, Lotus-Cosworth, BRM ou Ferrari, d'autant plus que de nouvelles prometteuses √©quipes comme Honda ou Eagle permettent √† leurs pilotes de jouer les trouble-f√™tes dans le haut du classement g√©n√©ral. Toujours engag√© en Formule 2, il dispute cinq √©preuves au volant d'une BMW-Lola mais doit renoncer √† quatre reprises, se contentant d'une 9e place √† Vallelunga.

1968 : L'ann√©e des premiers succ√®s

En 1968, Le Rob Walker Racing offre √† Siffert une Lotus 49 de la saison pr√©c√©dente d√®s le second Grand Prix de la saison bien que la d√©pass√©e Cooper T81 lui ait permis de se classer 7e de la manche inaugurale en Afrique du Sud. Les quatre premi√®res courses de sa nouvelle monoplace se soldent par autant d'abandons pour causes m√©caniques. La voiture est fiabilis√©e pour le Grand Prix de France, mais est remplac√©e par une toute nouvelle 49B pour la course de Brands Hatch. La 49B a un empattement allong√© qui la rend plus stable que sa devanci√®re et re√ßoit une bo√ģte de vitesses Hewland en lieu et place de la ZF qui causait des soucis (rupture d'embrayage, panne de transmission). Cette machine convient particuli√®rement au style de pilotage de Siffert : il se qualifie en 4e position sur la grille (derri√®re deux autres Lotus et une Ferrari) et prend le commandement de la course au 44e tour apr√®s que Graham Hill et Jackie Oliver ne soient contraints √† renoncer. Il d√©croche ainsi sa premi√®re victoire en championnat du monde F1 en 57 d√©parts. Apr√®s trois abandons pour raisons m√©caniques, Siffert retrouve son circuit f√©tiche de Watkins Glen et, comme √† son habitude, s'y met en valeur en se classant 5e. Il va pourtant faire mieux lors de la seconde √©preuve de la tourn√©e am√©ricaine au Mexique, en d√©crochant sa premi√®re pole position. Il n'en profite malheureusement pas puisqu'il est 8e √† la fin de la premi√®re boucle. Ne se r√©signant pas, il reprend la t√™te au 22e tour avant de d√©gringoler en 12e et derni√®re position. Son opini√Ętret√© est telle qu'il remonte petit √† petit ses adversaires pour accrocher le point de la 6e place finale. Avec 12 points, sa 7e place au championnat et ses premi√®re pole et victoire, le Suisse r√©alise sa meilleure saison en championnat du monde de Formule 1.

Il en va de m√™me en Championnat du monde des voitures de sport puisqu'il d√©croche avec la Porsche 907 ses trois premi√®res victoires dans la discipline lors des 12 heures de Sebring, des 1 000 kilom√®tres du N√ľrburgring et des 500 kilom√®tres de Zeltweg. Ses r√©sultats en Formule 2 sont √† l'image des pr√©c√©dents puisqu'il d√©croche enfin un podium lors de l'√©preuve de Buenos Aires qu'il dispute sur une Tecno 68. A la fin de l'ann√©e, Siffert a pris le d√©part de trente-neuf courses, de Formule 1, Formule 2 et Voitures de Sport.

1969 : Formule 1, Sport et CanAm

Joseph Siffert sur BMW Formule 2 en 1969 au Nurburgring
Joseph Siffert sur Porsche 908-1 en 1969 au Nurburgring

La saison suivante, Siffert poursuit l'aventure en Formule 1 au sein du Rob Walker Racing o√Ļ il doit se contenter de la Lotus 49B de l'ann√©e pass√©e. Le d√©but de saison est riche de promesses avec une 4e place lors du Grand Prix inaugural en Afrique du Sud, puis deux nouveaux podiums : Siffert se classe 3e du Grand Prix de Monaco, derri√®re Graham Hill et Piers Courage puis grimpe d'une marche lors du Grand Prix des Pays-Bas √† Zandvoort o√Ļ il est le dauphin de Jackie Stewart. Il recueille √† cette occasion ses derniers gros points de la saison. En effet, il n'obtient qu'un seul r√©sultat correct (5e du Grand Prix d'Allemagne) lors des quatre courses suivantes puis abandonne √† l'occasion des trois derni√®res √©preuves de l'ann√©e.

La moisson de victoires est beaucoup plus copieuse en Voitures de Sport. Avec Brian Redman, au volant des Porsche officielles (908-2 et 908 LH), il remporte les 500 miles de Brands-Hatch, les 1000 kilomètres de Monza, les 1000 kilomètres de Spa, et, avec Kurt Ahrens sur une Porsche 917 officielle, le Grand prix de Zeltweg. Engagé à plusieurs reprises par l'écurie privée Porsche Austria, il gagne (avec Redman) les 1000 kilomètres du Nurburgring et les 6 heures de Watkins Glen.

Porsche lui propose également de disputer le championnat nord-américain de CanAm sur une 917 de l'écurie Porsche Audi Amerika. En huit épreuves, il décroche une 6e et une 5e place, trois 4e places et une 3e lors de l'épreuve disputée à Bridgehampton. A la fin de l'année, il a pris le départ de trente-six épreuves dans pas moins de quatre catégories différentes.

1970 : Porsche "impose" son choix en Formule 1

En 1970, Siffert est consid√©r√© comme un pilote de r√©f√©rence dans le monde de l'endurance avec ses quatre victoires de 1968 et ses six de l'ann√©e pr√©c√©dente. Il est contact√© par Enzo Ferrari qui lui propose un volant en Formule 1 ou en Voitures de Sport, voire un double contrat. Porsche, uniquement engag√©e en Endurance, ne se r√©sout pas √† l'id√©e de voir son pilote f√©tiche courir sur une Porsche en Endurance et sur une Ferrari en Formule 1. Les dirigeants allemands tiennent √† conserver Siffert au volant des 908 et 917 et lui offrent une rallonge financi√®re √† condition qu'il dispute sa saison de F1 chez March Engineering. Si la situation financi√®re du Suisse b√©n√©ficie de la manŇďuvre des Allemands, il n'en va pas de m√™me de son palmar√®s en Formule 1. Au volant de la 701, Siffert ne termine que 10e du Grand Prix d'Afrique du Sud alors qu'il √©tait au pied du podium en 1969. C'est encore pire au Grand Prix d'Espagne sur le nouveau circuit de Jarama o√Ļ il ne se qualifie pas. Puis il abandonne par deux fois lors des √©preuves mon√©gasque et belge tout en parvenant √† se classer 8e puis 7e. Ces abandons ne sont que le d√©but de son chemin de croix : il abandonne √† sept autres reprises, n'obtenant comme meilleur r√©sultat qu'une 8e place. Sa saison de Formule 1 se conclut donc avec un score vierge de points.

Heureusement, Porsche lui permet de briller en Voitures de Sport. La situation de Porsche en Endurance évolue en 1970 car si l'usine de Stuttgart défend son titre, l'organisation et l'engagement des voitures est désormais confié à l'écurie britannique de John Wyer, le John Wyer Gulf Team. Wyer engage deux Porsche 917 confiées aux équipages Pedro Rodriguez - Leo Kinnunen et Joseph Siffert - Brian Redman. Alors que le Mexicain et le Finlandais sont contractuellement liés à l'écurie, Joseph et Brian Redman conservent leur statut de pilote officiel Porsche, "prêtés" à John Wyer par le constructeur. Siffert et Redman font honneur à leur statut en remportant la Targa Florio et les 1000 kilomètres de Spa et de Zeltweg. Ils décrochent également plusieurs podiums en se classant seconds des 24 heures de Daytona, des 6 heures de Watkins Glen, des 9 heures du Rand à Kyalami tandis que Siffert, seul, se classe 3e des 6 heures de Jarama.

Lors des 24 heures du Mans, Siffert se qualifie en troisi√®me position, ne conc√©dant qu'une seconde √† Vic Elford. Parti en t√™te, il est n√©anmoins vite d√©bord√© et l√Ęch√© par Elford, mais son aisance dans le trafic lui permet de regagner du terrain. Au terme de la premi√®re heure, le classement officiel donne Siffert 3e √† un tour d'Elford alors qu'en r√©alit√©, il est second √† 4 secondes. Siffert porte une attaque au 23e tour et les deux leaders n√©gocient c√īte √† c√īte la Courbe Dunlop, Elford conservant l'avantage. La Gulf-Porsche de Siffert-Redman prend la t√™te √† la 4e heure puis porte son avance √† trois tours. Plus tard, Siffert-Redman toujours leaders portent leur avance √† sept tours et n'ont plus qu'√† rouler jusqu'√† l'arriv√©e sans forcer lorsque Siffert provoque un surr√©gime et rejoint son stand avec une voiture fumante, crachant son huile et se retirant de l'√©preuve √† 2h10 : Siffert ne gagnera pas encore l'√©preuve mythique.

Le cumul de ses engagements fait qu'en fin de saison, il a encore disputé un nombre conséquent d'épreuves, trente-six, qui le laissent épuisé.

1971 : Ultime saison chez BRM

Joseph Siffert sur Porsche 908-3 en 1971 au Nurburgring

En 1971, le pilote suisse, d√©√ßu de sa pi√®tre saison de Formule 1 l'ann√©e pass√©e, claque la porte de March pour courir chez BRM, firme dont il conna√ģt bien les m√©caniques qu‚Äôil a utilis√©es √† de nombreuses reprises. Il fait √©quipe avec Pedro Rodriguez qui est √©galement son ex-co√©quipier et toujours rival en Endurance. Les relations sont extr√™mement tendues entre les deux pilotes au parcours similaire : bien qu‚Äôils se portent une admiration mutuelle, leur rivalit√© est exacerb√©e au plus haut point. Siffert tiendra ainsi ces propos √† charge √† l'encontre de Rodriguez : Le petit salopard essaie de me sortir de la piste chaque fois qu'il le peut., faisant allusion √† la passe d‚Äôarmes du d√©part des 1000 kilom√®tres de Spa 1970 o√Ļ, dans la mont√©e de l'Eau rouge abord√©e en t√™te par le poleman Rodriguez, les deux Porsche 917 se sont longuement frott√©es avant que Siffert ne renonce √† ravir le commandement au Mexicain. Mais preuve de son respect pour le Mexicain il prendra sa d√©fense √† l'issue des 1000 kilom√®tres de Spa 1971 : en d√©pit de sa longueur, le rythme de la course est le m√™me qu'un Grand Prix de Formule 1 et Siffert pr√©c√®de √† 230 km/h de moyenne la Ferrari de Rodriguez tapie dans son aspiration. Soudain, en haut du raidillon de l'Eau-Rouge, Siffert doit doubler par l'int√©rieur la 907 tr√®s lente de Von Wendt tandis que Rodriguez tente de forcer le passage et touche la voiture de l'Allemand qui sort de la piste, passe √† travers un panneau publicitaire et finit sa course dans un buisson de noisetiers. Heureusement indemne il se plaint √† Joseph de l'attitude de Pedro Rodriguez. Joseph Siffert lui r√©torque alors : C'est bien fait pour toi, tu n'as qu'√† regarder un peu plus souvent dans tes r√©troviseurs.

La saison commence plut√īt mal pour Siffert au sein du Yardley Team BRM. Pour le Grand Prix inaugural, √† Kyalami, il ne dispose que de l'ancienne P153 avec laquelle il ne se qualifie qu'en fond de grille tandis que Rodriguez pointe √† la 10e place. La course s'interrompt pr√©matur√©ment pour le Suisse au 31e tour, sur surchauffe moteur, son rival mexicain abandonnant deux boucles plus tard pour la m√™me raison. Il abandonne √©galement d√®s le cinqui√®me tour de l'√©preuve suivante en Espagne suite √† un probl√®me d'acc√©l√©rateur sur la nouvelle P160 tandis que Rodriguez termine l'√©preuve au pied du podium. Siffert, passablement frustr√©, d√©croche une belle 3e place en qualification lors du Grand Prix de Monaco, mais Rodriguez ne s'avoue pas battu et pointe en 5e position : Siffert ne parvient pas √† d√©montrer sa sup√©riorit√© sur son co√©quipier. La course est √† nouveau une d√©ception puisque Siffert abandonne pour la troisi√®me fois sur probl√®me m√©canique tandis que Rodriguez re√ßoit le drapeau √† damiers en 9e position.

La suite de la saison est beaucoup plus satisfaisante. Siffert d√©croche son premier point √† Zandvoort mais sa performance est √©clips√©e par le podium de Rodriguez (2e derri√®re Jacky Ickx et devant l'autre pilote suisse Clay Regazzoni). Il faut attendre le Grand Prix suivant, en France sur le circuit du Castellet pour que Jo Siffert puisse profiter pleinement de son r√©sultat : qualifi√© en 6e position, juste derri√®re Rodriguez, il termine au pied du podium tandis que le Mexicain est contraint √† l'abandon, cette course est la parfaite revanche sur l'√©preuve espagnole de d√©but de saison. La bataille interne pour la supr√©matie au sein de l'√©curie BRM ne dure pourtant pas puisque le dimanche 11 juillet 1971 Pedro Rodriguez se tue au volant d'une Ferrari au cours d'une √©preuve d'Interserie sur le Norisring, √† N√ľremberg : tass√© contre un muret par un adversaire, le Mexicain meurt √† 31 ans dans l'incendie de sa voiture. Siffert apprend la nouvelle alors qu'il se repose entre deux √©preuves dans son domicile suisse et est atterr√©.

En Grande-Bretagne puis en Allemagne, Siffert brille en qualifications en d√©crochant √† chaque fois la 3e place, sans pouvoir convertir ces bonnes options par un r√©sultat honorable. Bien que profond√©ment touch√© par la mort de Rodriguez, le Suisse semble lib√©r√© de la pression qu'ils s'infligeaient mutuellement. Ainsi, en Autriche, le Suisse r√©ussit une exceptionnelle performance en r√©alisant un chelem. Il d√©croche en effet la pole position devant Jackie Stewart, m√®ne l'√©preuve de bout en bout en signant au passage le meilleur tour en course lors de son 29e passage sur la ligne. Cette victoire, sa seconde seulement en championnat du monde en 93 d√©parts, sera √©galement sa derni√®re. En Italie, il continue de briller en qualifications en d√©crochant une nouvelle 3e place puis il accroche la premi√®re ligne derri√®re Stewart au Canada. Mais √† nouveau il ne parvient pas √† profiter de ces avantages en terminant √† deux reprises √† la 9e place. La fin de saison se d√©roule sur son circuit f√©tiche de Watkins Glen o√Ļ il se qualifie en troisi√®me ligne avant de d√©crocher son sixi√®me et dernier podium en terminant juste derri√®re Fran√ßois Cevert qui signe son premier succ√®s dans la discipline. La saison de Formule 1 du Suisse est sans commune mesure avec la pr√©c√©dente puisqu'il r√©alise son meilleur parcours dans la discipline : 4e du championnat du monde (√† √©galit√© de points avec Jacky Ickx) avec 19 points, une pole, un record du tour, une victoire, deux podiums, r√©sultats qui ont largement contribu√© √† la seconde place de BRM au championnat des constructeurs.

En Voitures de Sport, Siffert poursuit sa collaboration avec l'écurie John Wyer Gulf Team qui aligne selon les épreuves des Porsche 917 ou des 908-3. Il remporte la première épreuve de la saison, les 1000 kilomètres de Buenos Aires en compagnie de Derek Bell, son nouveau coéquipier attitré. Cette victoire sera néanmoins la seule de l'année pour Siffert au sein du Team Gulf, il devra ensuite se contenter de places d'honneur en terminant 2e des 1000 kilomètres de Monza, de Spa et du Nurburgring et les 6 heures de Watkins Glen (avec Gijs van Lennep). Les 12 heures de Sebring sont assez mouvementées pour l'équipage Siffert-Bell en tête de la course après deux heures lorsque la Porsche 917 tombe en panne d'essence sur le circuit. Siffert demande l'aide d'un commissaire qui l'amène à son stand à moto pour récupérer un bidon d'essence. Siffert a perdu 19 tours et est pénalisé de quatre tours, se classant finalement 5e mais se consolant en ayant réalisé le meilleur tour en course et battu le record officiel de la piste, à plus de 250 km/h.

Pour la 9e fois, Jo Siffert participe √† la mi-juin aux 24 Heures du Mans, en esp√©rant inscrire enfin son nom au palmar√®s de l'√©preuve. Mais cette √©dition restera marqu√©e par de nombreux soucis qui ne vont cesser de l'accabler. Lors de la derni√®re s√©ance d'essais, alors qu'il aborde √† 260 km/h le passage de "Maison "Blanche", Siffert se fait couper la route par un concurrent beaucoup plus lent. En voulant l'√©viter, Siffert part en t√™te-√†-queue puis en marche arri√®re sur plus de 300 m√®tres, heurte une glissi√®re de s√©curit√© et traverse la piste pour taper de la m√™me fa√ßon l'autre barri√®re. Le samedi, apr√®s que sa voiture a √©t√© r√©par√©e, Siffert se retrouve au commandement de l'√©preuve d√®s la deuxi√®me heure mais perd trois places pour refixer un transistor d'allumage. La nuit va ruiner une nouvelle fois les espoirs de victoire de Siffert au Mans : la Porsche est victime d'une panne d'√©clairage, de roulements de roues, de freins, de suspension et pour finir, √† la 17e heure, d'une fissure du bloc-moteur.

En solo, au sein de l'écurie David Piper Racing Team, Siffert remporte l'épreuve de Thruxton puis, dès la fin de la saison, il engage sa propre écurie, le Siffert Racing Team en championnat CanAm. Il avait déjà participé à cette compétition en 1969 mais avait fait l'impasse en 1970. Au volant d'une Porsche 917-10, il dispute six épreuves, ne se classant jamais au-delà de la 5e place. Il termine même à plusieurs reprises sur le podium, finissant 3e à Watkins Glen puis second à Mid Ohio et Road Atlanta.

1971 : La dramatique derni√®re course de la saison

En fin de saison et alors qu‚Äôil a d√©j√† disput√© quarante-quatre √©preuves toutes disciplines confondues, Jo Siffert, lass√©, dispute √† contre-cŇďur la derni√®re course de l‚Äôann√©e, une √©preuve hors championnat non pr√©vue au calendrier mais organis√©e suite au d√©c√®s du pilote mexicain Pedro Rodriguez en juillet au Norisring. Le 24 octobre 1971 √©tait en effet la date pr√©vue du Grand Prix du Mexique mais, apr√®s la mort de l'idole de tout un pays, les organisateurs mexicains n'ont pas le cŇďur √† mettre sur pied leur √©preuve nationale. Les Britanniques, afin de f√™ter le deuxi√®me titre mondial de Jackie Stewart, se saisissent de l'occasion pour organiser √† Brands Hatch √† cette date devenue vacante la Victory Race.

La course d√©bute mal pour le Suisse contraint de mettre ses roues dans l‚Äôherbe pour √©viter Ronnie Peterson. Rel√©gu√© en 10e position d√®s les premiers hectom√®tres, Siffert entame une remont√©e endiabl√©e et pointe √† la 4e place au quinzi√®me tour. Au passage suivant John Surtees, qui suit √† deux secondes, voit la BRM zigzaguer sur la piste √† plus de 260 km/h, puis se d√©porter sur la gauche, heurter un talus de protection qui la renvoie sur la piste et percuter alors le panneau de signalisation de la courbe Hawthorn. La BRM heurte √† nouveau le talus, perd son r√©servoir d'essence lat√©ral gauche, se retourne, est projet√©e en l'air, passe par dessus un abri r√©serv√© aux commissaires de course, puis, toujours retourn√©e, s'√©crase et explose. Coinc√© dans son cockpit avec la jambe fractur√©e, vraisemblablement sans connaissance, Joseph Siffert d√©c√®de presque instantan√©ment, asphyxi√©. La cause de sa sortie de piste demeure floue : peut-√™tre a-t-il √©t√© victime d‚Äôune crevaison lente comme lors du Grand Prix d‚ÄôAutriche quelques semaines auparavant, peut-√™tre que sa suspension s‚Äôest brutalement affaiss√©e ou encore que sa bo√ģte de vitesse r√©calcitrante ne lui a pas permis d‚Äėengager un rapport? Comme Jim Clark, Jochen Rindt et son meilleur ennemi Pedro Rodriguez, Joseph Siffert s'en est all√© emportant avec lui le secret de sa mort.

Le lendemain du d√©c√®s du pilote fribourgeois, toute la presse sp√©cialis√©e lui rendit unanimement hommage. Tout au long de sa carri√®re sportive, Siffert avait accumul√© un √©norme capital sympathie. L'Equipe du 25 octobre, d√©clara ainsi : Il √©tait rapide, adroit et batailleur comme tous les pilotes de course peuvent l'√™tre, mais il avait quelque chose de plus, quelque chose de diff√©rent. Son aisance n'avait en effet d'√©gal que son √©tonnant courage, courage d'autant plus grand qu'il ne le mentionnait jamais qu'en riant lorsque, apr√®s l'un de ses exploits, on allait lui demander comment cela s'√©tait pass√©. La Gazzetta dello Sport insista pour sa part sur le fait que Siffert √©tait un pilote complet : Il ne faisait aucune distinction en ce qui concerne les diff√©rents types de voitures qui lui √©taient confi√©es. Les fun√©railles de Jo Siffert ont lieu le 29 octobre 1971 √† Fribourg, sa ville natale. Cinquante mille personnes y participent, suivant le corbillard et la Porsche 917 qu‚Äôil avait si souvent conduite √† la victoire.

Résultats en championnat du monde de Formule 1

Saison Ecurie Ch√Ęssis Moteur Pneus GP disput√©s Victoires Pole
positions
Meilleurs
tours
Points
inscrits
Classement
1962 Ecurie Nationale Suisse
Ecurie Filipinetti
Lotus 21
Lotus 24
Climax 4 en ligne
BRM V8
Dunlop 3 0 0 0 0 n.c.
1963 Siffert Racing Team Lotus 24 BRM V8 Dunlop 9 0 0 0 1 15e
1964 Siffert Racing Team Lotus 24
Brabham BT 11
BRM V8
BRM V8
Dunlop 10 0 0 0 7 10e
1965 Rob Walker Racing Team Brabham BT 11 BRM V8 Dunlop 10 0 0 0 5 11e
1966 Rob Walker Racing Team Brabham BT 11
Cooper T81
BRM V8
Maserati V12
Dunlop 8 0 0 0 3 14e
1967 Rob Walker Racing Team Cooper T81 Maserati V12 Firestone 10 0 0 0 6 11e
1968 Rob Walker Racing Team Cooper T81
Lotus 49
Lotus 49B
Maserati V12
Cosworth V8
Cosworth V8
Firestone 12 1 1 3 12 7e
1969 Rob Walker Racing Team Lotus 49B Cosworth V8 Firestone 11 0 0 0 15 9e
1970 March Engineering March 701 Cosworth V8 Firestone 12 0 0 0 0 n.c.
1971 Yardley Team BRM BRM P153
BRM P160
BRM V12 Firestone 11 1 1 1 19 4e


Victoires en Championnat du monde de Formule 1


# Ann√©e Manche Date Grand prix Circuit √Čcurie Voiture
1
1968
07/12
20 juillet 1968
Grande-Bretagne
Brands Hatch
Rob Walker Racing Team
Lotus 49
2
1971
08/11
15 ao√Ľt 1971
Autriche
Osterreichring
BRM
BRM P160

Victoires en championnat du monde de Voitures de Sport

# Ann√©e Epreuve Manche √Čcurie Voiture Co√©quipier
1
1968
24 heures de Daytona
01/10
Porsche Engineering
Porsche 907
Rolf Stommelen-Vic Elford
2
1968
12 heures de Sebring
02/10
Porsche Engineering
Porsche 907
Hans Herrmann
3
1968
1 000 kilom√®tres du N√ľrburgring
06/10
Porsche Engineering
Porsche 907
Vic Elford
4
1968
500 kilomètres de Zelweg
09/10
Porsche Engineering
Porsche 908
aucun
5
1969
500 miles de Brands Hatch
03/10
Porsche Engineering
Porsche 908-2
Brian Redman
6
1969
1 000 kilomètres de Monza
04/10
Porsche Engineering
Porsche 908 LH
Brian Redman
7
1969
1 000 kilomètres de Spa
06/10
Porsche Engineering
Porsche 908 LH
Brian Redman
8
1969
1 000 kilom√®tres du N√ľrburgring
07/10
Porsche Austria
Porsche 908-2
Brian Redman
9
1969
6 heures de Watkins Glen
09/10
Porsche Austria
Porsche 908-2
Brian Redman
10
1969
1000 kilomètres de Zelweg
10/10
Porsche Engineering
Porsche 917
Kurt Ahrens
11
1970
Targa Florio
05/10
John Wyer Gulf Team
Porsche 908-3
Brian Redman
12
1970
1 000 kilomètres de Spa
06/10
John Wyer Gulf Team
Porsche 917
Brian Redman
13
1970
1 000 kilomètres de Zeltweg
10/10
John Wyer Gulf Team
Porsche 917
Brian Redman
14
1971
1 000 kilomètres de Buenos Aires
01/11
John Wyer Gulf Team
Porsche 917
Derek Bell

Résultats aux 24 Heures du Mans

Edition Ecurie Ch√Ęssis Moteur Copilote R√©sultat Classement
1965 J.H. Simone Maserati Tipo 65 5 litres 8 cylindres en V Jochen Neerpasch abandon au 3e tour 49e
1966 Porsche Engineering Porsche 906 LH 2 litres 6 cylindres à plat Colin Davis 339 tours 4e
1967 Porsche Engineering Porsche 907 LH 2 litres 6 cylindres à plat Hans Herrmann 358 tours 5e
1968 Porsche Engineering Porsche 908 3 litres 8 cylindres à plat Hans Herrmann abandon au 59e tour 43e
1969 Porsche Engineering Porsche 908-2 3 litres 8 cylindres à plat Brian Redman abandon au 60e tour 33e
1970 John Wyer Gulf Team Porsche 917 K 4,9 litres 12 cylindres à plat Brian Redman abandon au 156e tour 24e
1971 John Wyer Gulf Team Porsche 917 LH 4,9 litres 12 cylindres à plat Derek Bell abandon à la 18e heure 18e

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