Jean Sibelius

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Jean Sibelius
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Jean Sibelius
Jean Sibelius vers 1889-1890
Jean Sibelius vers 1889-1890

Naissance 8 d√©cembre 1865
Hämeenlinna,
Grand-duché de Finlande,
Romanov Flag.svg  Empire russe
D√©c√®s 20 septembre 1957 (√† 91 ans)
J√§rvenp√§√§, Drapeau de Finlande Finlande
Activité principale Compositeur

Jean Sibelius, n√© le 8 d√©cembre 1865 √† Tavastehus, dans le grand-duch√© de Finlande et mort le 20 septembre 1957 √† J√§rvenp√§√§, pr√®s d'Helsinki, est un compositeur finlandais de musique classique. Il est, avec Johan Ludvig Runeberg, l'un des Finlandais qui symbolisent le mieux la naissance de l'identit√© nationale finlandaise, bien qu'il soit su√©dophone[1].

Armoiries du Grand-duché de Finlande

Sommaire

Biographie

Aino Sibelius, sa femme, en 1922.

Johan Christian Julius Sibelius (Janne pour ses amis et Jean[2] en fran√ßais, pour son activit√© musicale) na√ģt √† H√§meenlinna (Tavastehus en su√©dois) au nord d'Helsingfors, dans une famille parlant le su√©dois. En 1870, le tout jeune Jean re√ßoit ses premi√®res le√ßons de piano d'une tante, Julia Sibelius. C'est au contact de son oncle Pehr violoniste amateur, qu'il d√©couvre l'instrument pour lequel il √©crira un c√©l√®bre concerto et de nombreuses pi√®ces avec orchestre, le violon. √Ä dix ans il √©crit au piano sa premi√®re Ňďuvre Gouttes d'eau. En 1876, dans un contexte social qui promeut la culture finnoise, ses parents l'inscrivent dans une √©cole o√Ļ les cours sont en finnois. Il poursuit ensuite sa scolarit√© au lyc√©e normal de H√§meenlinna jusqu'en 1885.

Sibelius son fr√®re et sa sŇďur jouant de la musique de chambre

.

Sa formation musicale

C'est pendant cette p√©riode, vers 1880, qu'il entreprend d'√©tudier s√©rieusement la musique. Il prend ses premiers cours de violon avec le chef de la musique militaire Gustav Leander ; ayant acquis une certaine technique, il se met √† jouer de la musique de chambre avec son fr√®re et sa sŇďur et d√®s 1883 s'essaie √† la composition avec un trio.

Il fait une rencontre importante avec le virtuose du piano Ferruccio Busoni qui impressionne tant Sibelius qu'il renonce d√©finitivement √† l'id√©e de devenir un jour soliste virtuose du violon. √Čtudiant en droit peu studieux √† l'universit√© imp√©riale Alexandre √† Helsinki, il s'inscrit √† l'institut de musique de Martin Wegelius en classe de violon o√Ļ il suit les cours de Mitrofan Vassiliev. Sibelius d√®s lors se tourne d√©finitivement vers sa passion, la musique. Il compose sa premi√®re Ňďuvre d'importance, un quatuor en la mineur qui r√©colte un succ√®s certain lors d'un concert public.

Il travaille aussi l'harmonie avec Wegelius, mais faute de classe d'orchestration, Sibelius reste encore cantonn√© dans un environnement de musique de chambre. Il se rend √† Berlin pour √©tudier avec Albert Becker de 1889 √† 1890 ; il a l'occasion d'√©couter les concerts du grand chef d'orchestre allemand Hans von Bulow qui joue Richard Strauss et Antonin Dvorak ; dans cette ville qu'il trouve trop bruyante √† son go√Ľt, il y compose un quintette pour piano et cordes. De retour en Finlande, il √©crit son quatuor √† cordes en si b√©mol majeur. L'ann√©e suivante, il part pour Vienne pour travailler avec Karl Goldmark de 1890 √† 1891.

Sibelius en 1891

Il sollicite une entrevue avec Brahms qui ne r√©pond pas. Mais c'est la r√©v√©lation de la musique de Anton Bruckner avec sa troisi√®me symphonie qui sera le fait marquant de ce voyage. L'ann√©e 1890 marque un tournant dans sa vie de compositeur. Il compose ses premi√®res Ňďuvres pour orchestre, une simple ouverture, certes imparfaite, mais avec ¬ębeaucoup de bonnes choses¬Ľ[3] selon l'avis de son professeur et une sc√®ne de ballet. Il s'int√©resse de plus en plus aux mythes et l√©gendes finlandaises comme le Kalevala √©crit par Elias L√∂nnrot et s'oriente d√®s lors de plus en plus vers un art authentiquement finlandais dans ses racines et ses r√©f√©rences nationales, ¬ętout ce qui est finlandais m'est donc sacr√©, le monde primitif finlandais a p√©n√©tr√© ma chair et mon cŇďur¬Ľ √©crit-il √† Aino[4]

Un style musical naissant

Il travaille √† sa premi√®re composition symphonique Kullervo. Il √©choue √† devenir violoniste dans le Philharmonique de Vienne. De retour √† Helsinki en 1892, il √©pouse Aino J√§rnefelt et compose ses premiers Lieder. L'ann√©e suivante, il √©crit son premier po√®me symphonique En saga teint√© de couleurs d'Islande[5], quelques pi√®ces pour piano dont la sonate en fa majeur op. 12 et des impromptus.

Terre sauvage de Carélie

C'est √† cette √©poque que se manifeste un penchant pour la boisson. En 1893, il s'att√®le √† un projet d'op√©ra La Construction du bateau dont le livret s'inspire du Kalevala. ¬ę Trop lyrique, pas assez dramatique ¬Ľ jugeront certains[6], le projet sera abandonn√©. Il √©crit une musique de sc√®ne Karelia en hommage √† la Car√©lie, province peu industrialis√©e et sauvage[7], berceau de nombreux chants populaires. En 1894, il se rend √† Bayreuth pour √©couter la musique de Richard Wagner : le choc artistique est fort. Subjugu√© par Parsifal et Tristan et Isolde il est dans un premier temps conquis par le g√©nie wagn√©rien puis s'en d√©tache pour finalement se rapprocher de l'univers musical de Franz Liszt tel qu'il se traduit dans la Faust-Symphonie. En 1895, de retour en Finlande, apr√®s un d√©tour par l'Italie, il compose une Ňďuvre orchestrale d'envergure la suite Lemmink√§inen op. 22 dont l'une des parties, ¬ę Le Cygne de Tuonela ¬Ľ, devait conna√ģtre un succ√®s immense.

En 1896, il compose le seul op√©ra de sa carri√®re, en un acte, La Jeune Fille dans la tour qui ne sera jou√© que trois fois √† Helsinki. Bien que pl√©biscit√©, il √©choue √† obtenir le poste de professeur de musique √† l'universit√© d'Helsinki suite √† l'intervention du chef d'orchestre finlandais Robert Kajanus aupr√®s de l'administrateur russe √† Saint Petersbourg. Le commentaire du jury ne laisse aucun doute √† ce sujet ¬ę en la personne de Sibelius est donn√© √† notre pays un musicien dont le riche talent d√©passe tout ce que notre musique a pu produire jusqu'ici ¬Ľ[8]. En 1897, il compose la musique de sc√®ne pour la pi√®ce le Roi Christian II.

De retour √† Berlin au printemps 1898, il signe un contrat avec le c√©l√®bre √©diteur allemand Breitkopf & H√§rtel. En ao√Ľt, le tsar Nicolas II publie le Manifeste de f√©vrier qui prive la Finlande de tout droit √† l'autonomie. En r√©action, Sibelius compose le Chant des Ath√©niens dans lequel la Russie est compar√©e aux Perses primitifs de l'Antiquit√©.

Finlandia édition originale

Un univers symphonique

En 1899, il fait jouer sa premi√®re symphonie op. 39 qui re√ßoit un accueil triomphal. Sa musique op√®re pour la premi√®re fois une synth√®se r√©ussie entre son style ¬ę primitif ¬Ľ et les exigences de la symphonie post-romantique. La police tsariste accentuant sa r√©pression en instaurant la censure et en supprimant des journaux, la riposte s'organise autour d'une c√©l√©bration pour la presse spectacle chor√©graphique pour lequel Sibelius √©crit une musique de sc√®ne en 7 tableaux. Afin de pr√©senter une musique embl√©matique de la Finlande √† l'exposition universelle de 1900, Sibelius en reprend des extraits pour composer Finlandia. D√©but 1901, il s'installe avec sa famille en Italie o√Ļ il travaille sa deuxi√®me symphonie op. 43. Il fait la rencontre d'Antonin Dvorak et de Richard Strauss au festival de Heidelberg. La rencontre est des plus amicales, Sibelius note ¬ęil s'est montr√© tr√®s aimable et m'a parl√© de ses Ňďuvres avec la plus grande franchise¬Ľ[9]

le gouverneur général Bobrikov

L'ann√©e suivante en 1902, l'ex√©cution de la deuxi√®me symphonie obtient un vrai triomphe public. Puis il s'att√®le √† l'une de ses Ňďuvres embl√©matiques, son Concerto pour violon et orchestre op. 47 , encha√ģne avec une musique de sc√®ne Kuolema (la mort), qui contient la c√©l√®bre ¬ę Valse triste ¬Ľ. En 1903 pour √©chapper √† l'atmosph√®re pesante de la capitale, il se fait construire une villa au nord d'Helsinki qu'il baptise du nom de sa femme Ainola et o√Ļ il s'installe d√©finitivement avec sa famille quelques mois plus tard. Ses probl√®mes avec l'alcool ne s'estompent pas. Il confie √† son fr√®re Christian ¬ę tu vois, mon penchant pour la boisson a des racines tr√®s profondes et tr√®s dangereuses ¬Ľ[10]. En f√©vrier 1904, il dirige son concerto pour violon qui re√ßoit initialement un accueil public plut√īt chaleureux mais devant le peu de succ√®s rencontr√© lors des repr√©sentations suivantes, Sibelius d√©cide de le r√©viser. Le Grand-duch√© de Finlande qui appartient √† l'Empire russe depuis 1809 est √† partir de 1898 sous la coupe autoritaire du gouverneur g√©n√©ral du duch√©, le g√©n√©ral russe Nikola√Į Bobrikov dont les pouvoirs en 1903 ont pris une forme absolutiste. En juin il est assassin√© par un jeune patriote finlandais Eug√®ne Schauman pour lequel Sibelius en hommage √©crira en 1909 une marche fun√®bre In memoriam.

Sa deuxi√®me symphonie suscite √† Berlin l'ann√©e suivante des r√©actions plut√īt contrast√©es tandis que sa nouvelle composition Pell√©as et M√©lisande d'apr√®s Maurice Maeterlinck rencontre un franc succ√®s. C'est l'heure de la d√©couverte des Ňďuvres de ses contemporains. Il s'√©merveille devant la musique de Claude Debussy, se passionne pour Arnold Sch√∂nberg, s'enthousiasme pour le grand orchestre de Richard Strauss. En octobre son concerto pour violon dans sa version d√©finitive est donn√© √† Berlin avec Richard Strauss √† la direction. Si la critique est favorable, l'accueil du public est en revanche plut√īt r√©serv√©. Il encha√ģne avec une nouvelle Ňďuvre inspir√©e du Kalevala, La Fille de Pohjola op. 49 suivie en 1907 de la troisi√®me symphonie qui ne suscite point d'enthousiasme populaire.

Gustav Mahler

Sa rencontre amicale avec Gustav Mahler, qui appr√©cie sa musique, met en lumi√®re deux visions de la musique radicalement diff√©rentes. Pour Gustav Mahler, la musique doit embrasser tout l'univers, pour Sibelius en revanche, cela doit √™tre le d√©pouillement, l'asc√®se, l'expression rigoureuse de l'essentiel, l'art du non-dit et de l'aphorisme. En 1908, Sibelius qui se remet difficilement d'une op√©ration d'un cancer √† la gorge entame l'√©criture d'un nouveau po√®me symphonique Chevauch√©e nocturne et lever de soleil puis termine l'ann√©e suivante son quatuor √† cordes Voces intimae, Ňďuvre d'un caract√®re sombre et douloureux.

Tradition et modernité

L'ann√©e 1910 verra naitre une Ňďuvre maitresse de la musique moderne, fascinant et intemporel, la quatri√®me symphonie op. 63, achev√©e en 1911. Partout o√Ļ elle est jou√©e c'est la r√©serve, l'incompr√©hension et m√™me l'hostilit√©. En septembre il ach√®ve une suite d'orchestre Sc√®nes historiques o√Ļ il reprend des th√®mes d'une musique compos√©e en 1899 en l'honneur de la presse finnoise. Il se rend √† Berlin puis √† Paris o√Ļ sa musique reste encore peu jou√©e.

Sibelius en 1907

De retour chez lui en Finlande, il traverse une p√©riode de d√©pression mais le printemps suivant se remet promptement √† la t√Ęche en terminant L'Amant, chanson pour cordes et timbales, et en travaillant sur la suite Sc√®nes historiques II. Accabl√© depuis longtemps par les soucis financiers, il re√ßoit avec int√©r√™t de l'acad√©mie de musique de Vienne l'offre pour un poste de professeur de composition. Finalement il y renonce pr√©f√©rant se consacrer enti√®rement √† l'√©criture musicale.

le Kalevala

Il a pas moins de deux symphonies en chantier, la cinqui√®me et la sixi√®me symphonie. Le 29 mars 1912 sont donn√©es en premi√®re audition les Sc√®nes historiques, c'est un grand succ√®s. Trois sonatines pour piano verront le jour peu apr√®s puis il part pour l'Angleterre o√Ļ en octobre il dirige sa quatri√®me symphonie qui re√ßoit un accueil des plus enthousiastes.

A Helsinki en 1913 est jou√© son nouveau po√®me symphonique le Barde qui r√©colte les √©loges tandis que sa quatri√®me symphonie boud√©e par les Viennois et l'Am√©rique est en revanche acclam√©e par le public finlandais. Durant l'√©t√© il compose un ouvrage ambitieux de longue dur√©e une symphonie lyrique Luonnotar (fille de la nature) pour soprano et orchestre; de la m√™me ann√©e date Scaramouche √©crit pour le Th√©√Ętre royal du Danemark.

Au printemps 1914 il se rend aux √Čtats-Unis sur l'invitation de Horatio Parker qui lui commande une nouvelle Ňďuvre pour le festival de musique de Norfolk les Oc√©anides, c'est enfin le succ√®s sans r√©serves et la reconnaissance outre-atlantique du ¬ę g√©nie sib√©lien ¬Ľ, cons√©cration supr√™me il est fait docteur honoris causa de l'universit√© Yale. Un projet de grande tourn√©e am√©ricaine est envisag√© mais l'attentat √† Sarajevo sonne le glas de la paix en Europe. C'est la Premi√®re guerre mondiale et pour Jean Sibelius quatre ann√©es d'isolement et de solitude.

Les années de guerre

Un voyage √† G√∂teborg en 1915 sera l'une des rares occasions pour Sibelius de renouer le contact avec le monde ext√©rieur et son public. Il travaille ardemment sur sa cinqui√®me symphonie et c'est en apercevant des cygnes voguer sur un √©tang qu'il trouve tout exalt√© par sa d√©couverte le th√®me du finale. Le 23 mai sa fille ain√©e Eva[11] donne naissance √† une petite fille, et l'auteur de en saga devient grand-p√®re. Le 15 aout dans son journal il note: ¬ę je suis si pauvre, si pauvre que je suis oblig√© d'√©crire de petites pi√®ces. ¬Ľ

Le 8 d√©cembre 1915, la repr√©sentation de la cinqui√®me symphonie √† la bourse d'Helsinki donne lieu √† un soir√©e des plus officielles o√Ļ Sibelius est unanimement reconnu comme le porte-flambeau de la musique finlandaise. Suite √† la d√©fection am√©ricaine les soucis d'argent s'aggravent et des amis parmi lesquels la chanteuse Ida Ekman organisent urgemment une grande collecte nationale √† son profit. Durant l'√©t√© 1916 il retravaille la cinqui√®me symphonie et √† sa premi√®re audition √† Helsinki les critiques sont si vives qu'il d√©cide de la r√©√©crire ; entre temps il compose une musique pour la pi√®ce de th√©√Ętre Everyman. Son penchant pour la boisson cr√©e de telles tensions avec son √©pouse Aino qu'il envisage le divorce mais en 1917 les bruits de la R√©volution russe et les espoirs de libert√© qu'elle fait naitre pour les finlandais occupent d√®s lors tous les esprits. √Ä l'actif du compositeur s'ajoutent Humoresques et un cycle de m√©lodies op. 88.

un meeting de soldats en Finlande mars 1917

La situation politique finlandaise se dramatise: les gardes Rouges pro-russes sont pr√™ts √† en d√©coudre avec les gardes civils Blancs nationalistes. Pour Sibelius, en composant une musique sur un texte de Heikki Nurmio, J√§√§k√§rien marssi (J√§gers March, la Marche des chasseurs), la cause est entendue : la Finlande. Les √©v√©nements se pr√©cipitent, le 7 novembre 1917 le gouvernement de Kerenski √† Moscou est renvers√©, les Soviets prennent le pouvoir et deviennent les nouveaux maitres de l'Empire russe. Alors que le 15 novembre la Finlande annonce au nouveau pouvoir des Soviets sa volont√© d'ind√©pendance, le parlement finlandais d√©clare √™tre seul d√©positaire du pouvoir supr√™me sur le pays. Le 6 d√©cembre 1917 la Finlande est officiellement ind√©pendante.

La Finlande libre

Le 18 Sibelius √©crit : ¬ę je suis malade et incapable de travailler, mais dans ma t√™te j'ai la cinqui√®me et sixi√®me symphonie ¬Ľ. D√©prim√© il pense un temps au suicide mais se ravise en pensant √† Aino et aux enfants. En janvier 1918, les Gardes rouges s'emparent du pouvoir; la censure est install√©e ; des troupes nationalistes ont attaqu√© des garnisons rouges, c'est la guerre civile, Sibelius est plac√© en r√©sidence surveill√©e, puis se r√©fugie chez son fr√®re. C'est le temps du rationnement et Sibelius perd beaucoup de poids.

En avril 1918, les Gardes rouges sont vaincus, apr√®s les r√©jouissances de la libert√© retrouv√©e, en ce printemps Sibelius s'active toujours sur la cinqui√®me symphonie qui ne cesse d'√™tre remani√©e. Fin avril apr√®s d'incessantes retouches et r√©visions la symphonie est enfin achev√©e; en juin 1919 il part avec Aino au Danemark et au retour sa cantate Sang Jordens est donn√©e √† la nouvelle acad√©mie d'√Öbo. En novembre est jou√©e la cinqui√®me symphonie, c'est le triomphe. Il s'empresse d√®s lors d'√©crire la sixi√®me symphonie. En 1920 il compose la Valse lyrique et durant l'√©t√© dirige ses Ňďuvres √† la premi√®re foire industrielle de Finlande.

La consécration

Reconnu dans la sph√®re anglo-saxonne comme l'un des compositeurs majeurs de ce d√©but de si√®cle, les offres affluent. La Eastman School of Music aux √Čtats-Unis lui propose un poste de professeur et Londres le sollicite pour √™tre chef d'orchestre invit√©. Il accepte la derni√®re. Sur le plan mat√©riel pour ses cinquante-cinq ans quelques patrons finlandais lui font un don de 19 000 marks. L'ann√©e suivante il se rend √† Berlin pour r√©gler quelques menus d√©tails de contrat avec son √©diteur Breitkopf & Hartel puis fait une tourn√©e r√©ussie en Grande-Bretagne en y dirigeant ses grandes compositions. Il s'offre quelques moments de d√©tente avec des amis en Norv√®ge ; les concerts qu'il y donne sont chaudement salu√©s puis il rentre en Finlande.

Il compose, il dirige, participe √† quelques soir√©es bien arros√©es. Pour Sibelius c'est un cycle perp√©tuel. Il termine la Valse chevaleresque au printemps 1920, il apprend que son fr√®re Christian est atteint d'un mal incurable qui finalement l'emporte le 2 juillet. En 1922 il devient franc-ma√ßon et compose de la musique rituelle pour ses fr√®res de loge. En d√©cembre on lui commande une Cantate de No√ęl, il d√©cide en relisant des brouillons d'√©crire un quatuor √† cordes qu'il intitule Andante festivo. En 1938 il en tire un arrangement pour cordes et timbales. D√©but 1923, la sixi√®me symphonie est enfin achev√©e et jou√©e devant un parterre d'auditeurs et de critiques conquis, il se rend √† Stockholm o√Ļ il est ovationn√© puis se rend √† Rome o√Ļ amoindri et fatigu√© l'accueil est plut√īt mitig√©. En revanche √† G√∂teborg, il est acclam√© par le public su√©dois.

Sibelius travaille maintenant à sa septième symphonie. Pour calmer ses mains tremblantes il boit suivant en cela les avis des médecins. Il achève la partition de sa symphonie au printemps 1924, qu'il dirige à Stockholm avec succès. Il apprend avec douleur la nouvelle de la mort de Ferrucio Busoni puis après une tournée au Danemark, le tremblement de ses mains le force à envisager de mettre un terme à la direction d'orchestre.

La tempête

√Ä l'automne il compose la Fantaisie symphonique. En 1925 l'√©diteur Hansen et le Th√©√Ętre royal danois sollicitent Sibelius pour une musique d'accompagnement de la pi√®ce la Temp√™te de William Shakespeare. Il y travaille activement et la premi√®re audition est pr√©sent√©e au printemps 1926. √Ä l'occasion de ses soixante ans est organis√©e une collecte nationale qui rapporte 275 000 marks √† Sibelius, ajout√©e √† cela une pension d'√Čtat de 100 000 marks, Sibelius est d√©sormais √† l'abri du besoin.

Au d√©but de l'ann√©e 1926, l'Orchestre philharmonique de New York lui passe commande d'un po√®me symphonique d'une vingtaine de minutes. Ayant accept√© il part pour Rome afin de s'y consacrer. A l'automne la commande est boucl√©e et elle s'appellera Tapiola. On la joue √† New York o√Ļ elle re√ßoit un accueil mitig√© de la part des critiques. D√©but 1927 il √©crit sa Massonic Ritual Music op. 113 ou (Musique religieuse). Pendant l'√©t√©, il met la touche finale √† sa musique de sc√®ne pour La Temp√™te.

La symphonie n¬į 8

Au d√©but de 1928, il part pour Berlin dans le but r√©solu d'√©crire une nouvelle symphonie mais c'est d'abord une petite pi√®ce chorale le Gardien du pont qui voit le jour puis se met au travail √† une 8e symphonie. En 1929 il √©crit cinq esquisses op. 114, une sonate pour violon et piano op. 115. Il met en chantier un op. 117 mais aucun √©diteur ne s'√©tant propos√© de publier la partition, Sibelius la d√©laisse. Sibelius ne devait plus jamais proposer √† l'√©dition d'Ňďuvres nouvelles achev√©es.

Il ne cesse pas de composer et en 1930 il produit une Ňďuvre pour chŇďur d'hommes et piano Fate Car√©lie. En 1931, il √©crit une pi√®ce pour deux pianos et une pi√®ce pour orgue Surusoitto. Son travail sur la symphonie progresse mais il est victime d'une grave attaque de pleur√©sie pulmonaire. On essaie une nouvelle th√©rapie qui faillit lui couter la vie. Il r√©cup√®re mais n'a plus envie de composer quoi que ce soit. Il √©crit √† Serge Koussevitzky[12] qui doit cr√©er l'Ňďuvre qu'il y travaille toujours et qu'elle sera achev√©e en 1932. Mais en janvier 1932 nouveau message o√Ļ il annonce laconiquement au chef d'orchestre ¬ę pas de symphonie cette ann√©e ¬Ľ.

Sibelius chez lui, partition à la main

En 1933 la symphonie se fait toujours attendre. Pourtant il confie à un ami qu'elle est sur le point d'être terminée. Il remet un feuillet de 23 pages à son copiste pour la transcription, puis plus rien. Il se consacre désormais à la révision de ses anciennes compositions et les fait éditer. En 1939 il écrit une nouvelle version de la Suite Lemminkäinen. En janvier 1939 il retrouve la baguette de chef d'orchestre pour diriger l'orchestre Radio symphonique finnois.

En 1940 Martti Paavola[13] invit√© chez Sibelius aper√ßoit dans un coffre laiss√© ouvert des partitions . Le conflit mondial est l'occasion pour l'Allemagne nazie de renforcer ses liens culturels avec la Finlande au point que sur une requ√™te du ministre des Affaires √©trang√®res finlandais, Joseph Goebbels, ministre de la propagande, d√©cide de cr√©er la Soci√©t√© Sibelius en Allemagne. Dans un message de remerciement radiodiffus√©, Sibelius √©voque l'Allemagne comme la terre glorieuse de musique. Il condamne un an plus tard dans son journal la politique raciale men√©e par le r√©gime hitl√©rien. En 1942 il √©crit des arrangements sur des chants de No√ęl. Sibelius ne renonce pas √† terminer la 8e symphonie. En aout 1945 il avoue avoir √† de nombreuses reprises achev√© la 8e symphonie, mais qu'√† chaque fois, insatisfait il jette tout au feu[14].

Le chant du cygne

Il compose en 1946 deux pi√®ces de musique rituelle ma√ßonnique Veljesvirsi et Ylistyshymni pour chant et harmonium[15]. En 1948 il r√©arrange Skidsp√•rt ensamt ett (une piste de ski solitaire) pour r√©citant, harpe et cordes. Ses contacts avec le monde ext√©rieur peu √† peu se rar√©fient sauf √† l'occasion d'un festival de musique les semaines Sibelius √† Helsinki au cours duquel il re√ßoit √† Ainola quelques invit√©s de marque comme les violonistes Yehudi Menuhin, Isaac Stern, les chefs d'orchestre Eugene Ormandy ou bien Thomas Beecham. A l'occasion de ses 85 ans, en d√©cembre 1950, le pr√©sident finlandais Juho Kusti Paasikivi lui fait l'honneur de se rendre en visite officielle chez lui √† Ainola. En 1951 il √©crit un arrangement de son op. 91b Marssi partiolaisten pour deux voix de femme et piano et en 1954 √† l'√Ęge de 89 ans il r√©arrange un cantique de No√ęl Julvisa pour chŇďur d'enfants et pendant l'√©t√© 1957, il dicte √† Jussi Jalas[16]la musique d'un arrangement sur Valitus kullervon pour baryton et orchestre. Le 20 septembre 1957 Jean Sibelius se retire d√©finitivement dans le silence apr√®s une vie enti√®re consacr√©e √† composer de la musique.

Analyse

Ňíuvre

Esthétique

Jean Sibelius par Akseli Gallen-Kallela.
Jean Sibelius en 1939.

Outre son concerto pour violon, qui reste la plus jou√©e de ses Ňďuvres, Sibelius est surtout connu pour les sept Symphonies dont il est l'auteur (il en d√©truisit une huiti√®me). Il composa par ailleurs de nombreux po√®mes symphoniques tr√®s repr√©sentatifs de son style, inspir√©s par des sc√®nes du Kalevala, √©pop√©e nationale finnoise constitu√©e de plusieurs corps de r√©cits. Mais Sibelius, dont on exag√®re souvent le nationalisme et l'enracinement dans la tradition musicale finlandaise, fut au contraire attentif aux r√©volutions musicales qui marqu√®rent l'Europe de son temps, et m√™me si son style demeure profond√©ment original, on peut y entendre l'√©cho des Ňďuvres de Wagner, de Debussy ou de Tcha√Įkovski.

Jean Sib√©lius, vilipend√© par les uns[17], encens√© par les autres, est aujourd'hui consid√©r√© comme l'un des grands symphonistes du d√©but du XXe si√®cle. Son langage musical reste n√©anmoins profond√©ment tonal, et la musicologie dans les ann√©es 1950-60 peinait √† placer l'importance de son Ňďuvre au niveau de celle de son contemporain Gustav Mahler, qui √©puise le genre symphonique romantique par un double mouvement d'expansion universel et de concentration de la forme √† l'inverse de l'esth√©tique sib√©lienne, d'un d√©pouillement ramen√© √† l'essentiel proche de l'asc√®se (Olin Downes a parl√© d'un ¬ę monolithe pan-consonnant ¬Ľ √† propos de Tapiola). D'apr√®s Neville Cardus, Sibelius aurait lui-m√™me √©voqu√© ¬ę la pure eau froide ¬Ľ de sa 6e symphonie, aux harmonies modales qui ressuscitent l'ancienne polyphonie gr√©gorienne, publi√©e en r√©action aux ¬ę cocktails ¬Ľ musicaux de son temps.

Pourtant, rien ne serait plus faux que de ne voir en Sibelius qu'un musicien tourn√© vers le pass√©, sourd aux r√©volutions esth√©tiques de Debussy, Stravinski ou Schoenberg. Il h√©rite certes des genres consacr√©s par la tradition classique (symphonie et concerto), mais il impose dans la plupart de ses Ňďuvres orchestrales un contrepoint minimal, une atmosph√®re charg√©e reposant sur l'accumulation des strates sonores, et une forme de cyclicit√© qui contredisent le primat de la m√©lodie et rendent la suite des m√©tamorphoses harmoniques seule responsable de la tension dramatique. Des trouvailles m√©lodiques (comme la Deuxi√®me S√©r√©nade pour Violon, op. 69b en sol mineur) et des th√®mes inoubliables pars√®ment n√©anmoins son Ňďuvre, √† l'image de ceux qui inaugurent dans une atmosph√®re diaphane de vitrail son Concerto pour violon et sa 6e symphonie, ou de ceux qui ach√®vent dans une clameur hymnique certaines de ses symphonies (la Deuxi√®me et la Cinqui√®me en particulier). Sa 1re symphonie, pendant scandinave des R√™ves d'hiver de Tcha√Įkovski, est avec la Troisi√®me sans doute la plus classique de ses cr√©ations et la moins caract√©ristique du mysticisme ¬ę √©cologique ¬Ľ auquel il parviendra par des moyens purement musicaux (Quatri√®me Symphonie) et sans rien devoir √† une foi religieuse ni jamais √©crire de musique sacr√©e (si l'on excepte une Ňďuvre ma√ßonnique achev√©e en 1927 ayant pour titre Musique religieuse, op. 113, devenue c√©l√®bre sous l‚Äôappellation Massonic Ritual Music). Dans ses derni√®res Ňďuvres (Septi√®me symphonie, Tapiola), les mouvements s'encha√ģnent insensiblement les uns aux autres et les compositions tirent leur unit√© d'un d√©veloppement organique comparable √† celui d'une cellule vivante (proc√©d√© qui a √©t√© celui du Debussy des Jeux, et sera celui du Strauss des M√©tamorphoses).

Ses plus grands chefs-d'Ňďuvre sont sans doute ses Deuxi√®me, Quatri√®me, Cinqui√®me et Septi√®me symphonies, ainsi que son Concerto pour violon, mais aussi parmi ses autres Ňďuvres, ses cantates (notamment Oma Maa et Sn√∂frid) dont certaines appartiennent au cycle du Kalevala comme Kullervo (vaste po√®me symphonique avec chŇďur et solistes gr√Ęce auquel il obtint √† vingt-six ans une grande notori√©t√©), Luonnotar, po√®me symphonique avec soprano racontant la cr√©ation du monde, La Fille de Pohjola et surtout son ultime po√®me symphonique, Tapiola, monolithe sonore immobile, imm√©morial et myst√©rieux, sorte d'√©quivalent musical √† celui mis en sc√®ne par Kubrick dans 2001, l'Odyss√©e de l'espace (film dont la musique emprunte d'ailleurs des passages de la Quatri√®me symphonie).

Son po√®me symphonique Finlandia, √©crit en 1899-1900, devint le symbole de la r√©sistance finlandaise vis-√†-vis du suzerain russe. Son Ňďuvre la plus connue du grand public est, avec la Valse triste (tir√©e de la musique de sc√®ne Kuolema), le Cygne de Tuonela, extrait d'une suite en quatre tableaux (L√©gendes des Lemminkainen). Citons aussi Les Oc√©anides, Chevauch√©e nocturne et lever du soleil, Pell√©as et M√©lisande, La Reine captive, L'Origine du feu, Le Barde, La Nymphe des bois, En Saga, sa musique de sc√®ne La Temp√™te, Chanson de printemps, ainsi que Voces intimae, le plus connu de ses quatuor √† cordes, Korpo, un trio de jeunesse, et un Quintette pour piano en sol mineur g√©n√©ralement m√©connu. Il travailla √©galement √† un projet d'op√©ra qu'il n'acheva jamais, La Construction du bateau, dont le pr√©lude original constitue en fait Le Cygne de Tuonela. Toutefois, une Ňďuvre lyrique en un acte, La Jeune Fille dans la tour existe bel et bien m√™me si elle n'est pratiquement jamais jou√©e.

Beaucoup de compositeurs de la seconde moiti√© du XXe si√®cle trouv√®rent en Sibelius un digne pr√©curseur tandis que les compositeurs de musique de film pill√®rent sans complexes une Ňďuvre riche de th√®mes √©piques et grandioses (√† l'exemple des derni√®res mesures du premier mouvement de la Troisi√®me symphonie). Qualifi√©e souvent de panth√©iste, cette musique vide d'hommes qui c√©l√®bre la nature dans sa force primitive et d√©peint les rumeurs l√©gendaires qui la parcourent, est d'une puissance et d'une aust√©rit√© qui se conjuguent en de vastes incantations aux beaut√©s secr√®tes et in√©puisables. En cela, il annonce d√©j√† certains compositeurs de musique minimaliste comme Ligeti (Atmosph√®res, Requiem‚Ķ), duquel il sera d'ailleurs souvent rapproch√© dans les musiques de films (comme, une fois encore, 2001, l'Odyss√©e de l'espace).

L'un de ses √©l√®ves les plus brillants est le compositeur Leevi Madetoja, √©galement finlandais. Les interpr√®tes de Sibelius se partagent entre ceux qui exaltent son particularisme finnois (Paavo Berglund notamment) et ceux qui l'orientent vers le style symphonique viennois post-romantique (comme Lorin Maazel en signant une int√©grale de ses Symphonies √† la t√™te du Philharmonique de Vienne). Il faut citer aussi Herbert von Karajan (que Sibelius lui-m√™me a tant√īt lou√© tant√īt rejet√©), tr√®s proche de son esth√©tique nordique √† l'anonymat un peu lunaire, Leonard Bernstein, beaucoup plus passionn√©, et plus r√©cemment sir Colin Davis, Paavo J√§rvi, Neeme Jarvi et Osmo V√§nsk√§. Une interpr√©tation historique de En Saga par Wilhelm Furtw√§ngler dat√©e de 1943 est toujours disponible, ainsi qu'une Deuxi√®me symphonie par Arturo Toscanini. Au piano, seul Glenn Gould s'est fait le d√©fenseur de partitions mineures, (Sonatines, Suite Kyllikki) de m√™me que les cycles de m√©lodies, peu fr√©quent√©es par les grands noms de l'art lyrique, ont √©t√© enregistr√©es presque int√©gralement par Anne-Sofie von Otter. La plupart des Lieder de Sibelius n'ont √©t√© orchestr√©s que nombre d'ann√©es apr√®s leur composition par des amis du compositeur, √† l'exception toutefois de ceux compos√©s pour Aino Ackt√© pour qui Luonnotar notamment fut cr√©√©.

Compositions marquantes

Symphonies 
Concertos
Pièces symphoniques
Divers
  • En etsi valtaa loistoa (1895), chant de no√ęl populaire
  • J√§√§k√§rin marssi (La marche du chasseur) (1915)
  • Voces intimae (1909), quatuor √† cordes
  • Suite Rakastava, op. 14
  • Kuolema (La mort), op. 44 qui inclut la Valse triste, op. 44 n¬į 1
  • Romance pour orchestre √† cordes en do majeur op. 42
  • S√©r√©nade n¬į 1 pour violon et orchestre en R√© Maj. op. 69a
  • S√©r√©nade n¬į 1 pour violon et orchestre en Sol min. op.69b
  • Humoresque n¬į 1 pour violon et orchestre en R√© min. op.87/1
  • Humoresque n¬į 2 pour violon et orchestre en R√© Maj. op.87/2
  • Humoresque n¬į 3 pour violon et orchestre en Sol Maj. op.89a
  • Humoresque n¬į 4 pour violon et orchestre en Sol min. op.89b
  • Humoresque n¬į 5 pour violon et orchestre en Mi B√©mol Maj. op.89c
  • Humoresque n¬į 6 pour violon et orchestre en Sol min. op.89d
  • Impromptu pour orchestre √† cordes (Andante Lirico) (1893)
  • Suite pour violon et orchestre √† corde op.117

Liste des Ňďuvres

Personnalité

La musique de Sibelius re√ßut assez t√īt un accueil tr√®s favorable en Allemagne. Mais √† partir de 1933 avec les nazis au pouvoir se pose la question des relations du compositeur avec le r√©gime hitl√©rien. La pol√©mique se cristallise autour des travaux de TL Jackson de l'universit√© de North Texas qui sur la base d'archives essentiellement allemandes soutient la th√®se d'un Sibelius plus que complaisant avec les autorit√©s nazies. Pr√©sident adjoint en 1934 aux c√īt√©s de Richard Strauss du Council of composer's international coop√©ration, une association pour la promotion de la musique nationale-socialiste, r√©cipiendaire de la m√©daille Goethe en 1935, cr√©ation d'une soci√©t√© Sibelius en 1942[18], Sibelius ne rejeta point les honneurs du r√©gime nazi.

Pour sa défense Veijo Murtomaki, professeur d'histoire de la musique à l'académie Sibelius, rejette toutes ses accusations en notant que la thèse de Jackson uniquement documentaliste est surprenante pour des finlandais qui connaissent mieux que quiconque la situation économique et culturelle de la Finlande de 1933 à 1945, que Sibelius était un homme d'orgueil très flatté par sa grande popularité en Allemagne et qu'il a tout fait pour en tirer le maximum de profit personnel, notamment financier et qu'en définitive on ne peut pas présenter Sibelius comme un soutien du régime nazi.

Annexes

Bibliographie

Sur les autres projets Wikimedia :

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  • Jean-Luc Caron, Sibelius, Arles : Actes Sud, coll. ¬ę Classica r√©pertoire ¬Ľ, 2005, 123 p. (ISBN 2-7427-5289-7)
  • Marc Vignal, Jean Sibelius, Fayard, 2004, 1177 p. (ISBN 2-216-61663-9)
  • Jean de La Varende, La Valse triste de Sibelius, Gen√®ve et Paris, La Palatine, 1953, 201 p.

Vidéographie

  • Timo Koivusalo, Sibelius, Finlande, 2003.

Illustrations

Paysage de Carélie finlandaise
Fichier audio
Valse Triste (info)
Chef d'orchestre: Simon Schindler
Ensemble: Fulda Symphonic Orchestra
Lieu: Großer Saal der Orangerie, Fulda (Allemagne)
Date: 18 March 2001
Size: 6468KB

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Notes et références

  1. ‚ÜĎ Comme d'ailleurs Runeberg. Deux langues officielles en Finlande, le finnois nettement majoritaire et le su√©dois qui √† l'√©poque repr√©sentait pr√®s de 20 % des Finlandais et seulement moins de 6 % aujourd'hui.
  2. ‚ÜĎ En 1889, il d√©couvre dans un tiroir des centaines de cartes de visite au nom de Jean Sibelius, en fait un oncle qui a francis√© son pr√©nom Johan en Jean. C'est devenu une coutume √† la fin du XIXe si√®cle dans les pays nordiques. Pour cette raison il garda le pr√©nom Jean
  3. ‚ÜĎ Marc Vignal, Sibelius, Fayard 2004, p.121
  4. ‚ÜĎ Marc Vignal, Sibelius, Fayard 2004, p.132
  5. ‚ÜĎ Marc Vignal, Sibelius, Fayard 2004, p. 193.
  6. ‚ÜĎ Marc Vignal, Sibelius, Fayard 2004, p. 203
  7. ‚ÜĎ le peintre Pekka Halonen a peint en 1899 terre sauvage de Car√©lie
  8. ‚ÜĎ Marc Vignal, Sibelius, Fayard 2004, p. 248
  9. ‚ÜĎ Marc Vignal, Sibelius, Fayard 2004, p.313
  10. ‚ÜĎ Marc Vignal, Sibelius, Fayard 2004 p. 350
  11. ‚ÜĎ Sibelius a quatre filles: Eva, Margareta, Katarina et Heidi
  12. ‚ÜĎ Chef de l'Orchestre symphonique de Boston
  13. ‚ÜĎ Martti Paavola, 1898-1990, est un pianiste, compositeur, critique et p√©dagogue finlandais. Il a enseign√© le piano √† l'Acad√©mie Sibelius. Il se lia d'amiti√© avec Sibelius
  14. ‚ÜĎ Aino Sibelius confie √† Erik Tawaststjema, dans les ann√©es 40, Sibelius a br√Ľl√© des partitions
  15. ‚ÜĎ ces deux pi√®ces sont les toutes derni√®res compositions originales de Sibelius
  16. ‚ÜĎ Jussi Jalas n√© en 1908, mort en 1985, chef d'orchestre finlandais, est devenu le gendre de Sibelius en √©pousant sa fille Margaret
  17. ‚ÜĎ Lucien Rebatet, √©crivain proche des milieux collaborationnistes, l'appelait le ¬ę plus ennuyeux des musiciens s√©rieux ¬Ľ, et Ren√© Leibowitz compositeur qui a fait conna√ģtre Arnold Sch√∂nberg en France, lui a consacr√© un essai intitul√©: ¬ę Sibelius, le plus mauvais compositeur du monde ¬Ľ
  18. ‚ÜĎ Timothy L. Jackson, Veijo Murtomaki, Sibelius Studies, Cambridge University Press, 2001


Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Jean Sibelius, le compositeur qui venait du froid


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Jean Sibelius de Wikipédia en français (auteurs)

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