Jean Cottereau

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Jean Cottereau

Jean Chouan

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Jean Cottereau
Jean Cottereau
Surnom Jean Chouan,
Le Gars mentoux,
Pas de danger
Naissance 30 octobre 1757
Saint-Berthevin
Mort au combat 18 juillet 1794 (Ă  36 ans)
Olivet
Origine Français
Allégeance Naval Ensign of the Kingdom of France.svg Association bretonne,
Flag of Royalist France.svg Chouan
Service 1792 - 1794
Conflits Chouannerie
Guerre de Vendée
Faits d’armes Affaire de la Brossiniùre
Virée de Galerne
Bataille de La Gravelle
Bataille de Croix-Bataille
Bataille d'Entrammes
Bataille de FougĂšres
SiĂšge de Granville
SiĂšge d'Angers
Bataille du Mans
Famille Famille Chouan, FrÚres: François Cottereau, Pierre Cottereau, René Cottereau
Image : Portrait prĂ©sumĂ© de Jean Chouan par L. de Labarre, rĂ©alisĂ© d'aprĂšs tĂ©moignages.

Jean Chouan est le surnom de Jean Cottereau, nĂ© le 30 octobre 1757 [1] Ă  Saint-Berthevin (Mayenne) et mort le 18 juillet 1794 Ă  Olivet (Mayenne), est, avec ses frĂšres — Pierre, François et RenĂ© — un des chefs de l'insurrection contre-rĂ©volutionnaire et royaliste qui s'est dĂ©veloppĂ©e en Mayenne en 1793.

Ses camarades l'avaient surnommé le Gars mentoux[2] ( le garçon menteur).

Sommaire

Avertissement

Une grande partie des biographies de Jean Chouan repose sur l'ouvrage de Jacques Duchemin des CĂ©peaux, Ɠuvre rĂ©digĂ©e en 1825, Ă  la demande de Charles X, Ɠuvre partisane et comportant de nombreuses affirmations parfois non-fondĂ©es. L'histoire de Jean Chouan comporte donc une grande part de lĂ©gende, alimentĂ©e sans discontinuer par une minoritĂ© catholique et royaliste-lĂ©gitimiste. Son rĂŽle est parfaitement contestable et les documents d'archives, mĂȘmes issus d'aristocrates demeurant dans la rĂ©gion, prouvent qu'il Ă©tait un parfait inconnu avant la Restauration. Une seule certitude : les rĂ©publicains, dans leur soucis de mater l'insurrection, contribuĂšrent Ă  la naissance de cette lĂ©gende ; le nom de Jean Chouan figure sur nombre de documents rĂ©digĂ©s par les autoritĂ©s rĂ©publicaines incapables de mettre un nom sur les vĂ©ritables meneurs de ce mouvement.

HonorĂ© de Balzac a tirĂ© de ce flou historique deux personnages dans son roman Les Chouans : Pille-Miche, qui est guillotinĂ© en 1809 dans le dernier roman de la ComĂ©die humaine : L'Envers de l'histoire contemporaine , et Marche-Ă -Terre qui s'enrichit dans le commerce en 1816.

Le passĂ© peu glorieux de ce « hĂ©ros Â» embarrasse bon nombre d'historiens qui, bien souvent par facilitĂ©, trempent leur plume dans le flot ininterrompu de littĂ©rature offert depuis prĂšs de deux siĂšcles. Il convient de rappeler que la Chouannerie fut avant tout une guerre civile avec ses abominations, touchant une population dĂ©sarmĂ©e et terrorisĂ©e par l'un et l'autre camp et qui subit ce mouvement plus qu'elle ne l'approuva : sans idĂ©al gĂ©nĂ©reux, la chouannerie ne pouvait soulever l'enthousiasme populaire.

Portrait imaginaire de Jean Chouan, 1833

Origine

HĂ©ros de la chouannerie, Jean Cottereau naĂźt dans une hutte de bĂ»cheron-sabotier de la forĂȘt de Concise dans la Mayenne. Jean Cottereau, fils de Pierre Cottereau dit Chouan, et de Jeanne MoynĂ©, son Ă©pouse, est nĂ© le 30 octobre 1757, en la paroisse de Saint-Berthevin, prĂšs de Laval.

Article dĂ©taillĂ© : Famille Chouan.

Avant la Révolution française

La condamnation Ă  mort

En 1780, ĂągĂ© de 23 ans, Jean Chouan est poursuivi pour avoir d’abord rossĂ© un nommĂ© Marchais qu’il soupçonnait de l’avoir vendu aux gabelous, puis pour avoir, avec son ami Jean Croissant, tuĂ© Ă  coups de frette un agent de la gabelle, Olivier Jagu, dans une auberge de Saint-Germain-Le-Fouilloux.

CondamnĂ© Ă  mort par contumace, son exĂ©cution en effigie a lieu en mĂȘme temps que celle de Jean Croissant.[3] Il disparaĂźt Ă  cette Ă©poque, peut-ĂȘtre engagĂ© au rĂ©giment de Turenne sous un faux nom. Il n'Ă©tait pas restĂ© dans le pays. D'autres sources indiquent que sa mĂšre alla demander sa grĂące au roi, ce dont on peut doĂ»ter.[4]. Ce fait est contredit par la reprise, en 1785, de la procĂ©dure engagĂ©e contre lui en 1780. Il y a toute apparence, si l'on rapproche les souvenirs de la famille recueillis par Jacques Duchemin des CĂ©peaux de cette absence prolongĂ©e, que le contrebandier s'Ă©tait enrĂŽlĂ© dans quelque garnison lointaine.[5]

La prison

Jean Chouan est arrĂȘtĂ© le 18 mai 1785 aux Mesliers, au Bourgneuf-la-ForĂȘt. InterrogĂ©, il nie toute participation au meurtre du gabelou, mais fait un an de prison. Il parut devant le juge criminel, nia comme avait niĂ© Jean Croissant, mais plus heureux que lui, ne fut pas chargĂ© par les tĂ©moins dont certains sont morts, d'autres indĂ©cis, d'autres excusĂ©s. Le procureur Enjubault-Laroche ne put donc que requĂ©rir le 9 septembre 1785 un plus ample informĂ© qui fit maintenir le prĂ©venu un an en prison.

LibĂ©rĂ© le 9 septembre1786, il est transfĂ©rĂ© aussitĂŽt au DĂ©pĂŽt de MendicitĂ© de Rennes, par lettre de cachet en date du 2 aoĂ»t 1786[6] et il y sĂ©journe 3 ans.[7] A sa sortie, Jean Chouan s'engage comme domestique chez Marie Le Bourdais, veuve d'Alexis Ollivier, une cousine, demeurant Ă  la Besnerie, paroisse d'Olivet, et dont le fils, l'abbĂ© Alexis Ollivier, le sauve lui-mĂȘme de tout nouveau soupçon [8].

La Révolution française

Le mécontentement

La RĂ©volution française Ă©clate, les prĂȘtres propriĂ©taires fonciers sont arrachĂ©s Ă  leurs paroisses et remplacĂ© par des prĂȘtres sans biens ayant prĂȘtĂ© serment Ă  la Constitution civile du clergĂ©, dĂšs le dĂ©but de l'annĂ©e 1791.[9] Mais, surtout, les possessions du clergĂ©, biens de premiĂšre origine sont mises en vente pour tenter de remplir les caisses du TrĂ©sor royal totalement vides.[10] Le roi est emprisonnĂ©. Les mĂ©contentements se manifestent. Jean Chouan, dans le milieu religieux oĂč il vivait ne pouvait y rester Ă©tranger.

Le début des troubles

Les troubles commencĂšrent bien avant le tirage au sort d'aoĂ»t 1792. Ainsi, les sƓurs de Jean Chouan s'en prirent, avec d'autres femmes, au curĂ© Pottier, prĂȘtre assermentĂ© de Saint-OuĂ«n-des-Toits, donc dĂ©clarĂ© intrus. Elles menacĂšrent de le faire rĂŽtir ou de le noyer dans l'Ă©tang. Une des deux sƓurs est emprisonnĂ©e avec d'autres pendant un mois.

En septembre 1791, le maire de Bourgon, acquéreur de biens nationaux, vit le tas de fagots appuyé à sa maison incendié par des inconnus. Le jour de la Saint-Pierre 1792, en pleine assemblée paroissiale, des esprits échauffés par la boisson s'en prirent à nouveau au maire de Bourgon dont ils saccagÚrent la maison. Jean Chouan et les FrÚres Pinçon - tous connus sous le nom de bande des oiseaux - s'installÚrent dans le cabaret de François Fortin et supervisÚrent les opérations, menées par François Blanchet et Gilles Bertier. Selon les témoignages de l'époque la troupe de Jean Chouan ne comptait ce jour-là que 15 hommes. Lorsqu'il rejoignit le Prince de Talmont à Laval, il lui avoua que son renfort ne comptait que 17 hommes, lui et son frÚre François compris. Le colonel de Pontbriand, dans ses Mémoires, ne lui en reconnaßt que de 20 à 40, ce qui est sans doute déjà une exagération.

La Rouairie

Le marquis de la Rouairie organisait en Bretagne la conjuration qui a donnĂ© directement naissance Ă  la Chouannerie.[11] Quand le marquis vint chez son cousin de Farcy, Ă  Launay-Villiers, oĂč il passa trois mois (mai, juin, juillet 1792), il trouva dans les cantons limitrophes de la Bretagne les esprits prĂ©parĂ©s pour l'action. En avril 1792, Jean Chouan fut aperçu Ă  Bourgon dans une manifestation en faveur des prĂȘtres rĂ©fractaires.

Rien ne prouve toutefois que Jean Chouan rencontra le marquis, et il est pratiquement impossible qu'il ait reçu un quelconque commandement, ne sachant ni lire ni écrire. Tout ceci relÚve de la fiction littéraire.

La conjuration bretonne

Le moment choisi fut celui du tirage au sort, qui devait avoir lieu le 15 aoĂ»t 1792. Sur l'ensemble de la lisiĂšre de la frontiĂšre entre la Bretagne, et la Mayenne, ce fut le concert unanime des protestations populaires suivant le mĂȘme mot d'ordre.[12]

Le 15 aoĂ»t 1792, Ă  Saint-OuĂ«n-des-Toits[13], non loin de Laval, Jean Chouan ameute les paysans lors d’une tentative d’enrĂŽlement de volontaires, bouscule les gendarmes et constitue une bande.[14] Le mouvement ne bougea pas ensuite jusqu'Ă  la fin de septembre.

Le 26 septembre, les patriotes d'Andouillé et de la BaconniÚre étant allés piller le chùteau de Villiers, ce fut le signal. Tous les chefs de paroisses du canton vinrent assaillir les Bleus rentrés le soir au Bourgneuf. Neuf gardes nationaux périrent, les autres s'enfuirent vers Laval. Le 27, la force armée de Laval venait pour réprimer l'insurrection, elle fut reçue à l'étang de la Chaßne par une fusillade à laquelle Jean Chouan ne prit aucune part, s'étant déjà réfugié en Bretagne, avec les frÚres Pinçon, de Bourgon.[15]

Depuis ce temps, les insurgĂ©s sont des Chouans ; leurs combats avec les escortes, avec les postes rĂ©publicains, avec les gardes nationaux d'AndouillĂ©, de la BaconniĂšre, avec les forgerons de Port-Brillet, se renouvellent par intervalles. Entre temps, Jean Chouan va se cacher en Bretagne, prĂšs de Saint-M'HervĂ©, pour Ă©tablir la correspondance avec les Ă©migrĂ©s et, s'abouche avec les autres chefs reconnus. On peut se demander quel rĂŽle il a pu jouer dans la "correspondance", ne sachant ni lire ni Ă©crire.

Chouannerie

Un rĂŽle actif

Il joue un rĂŽle actif dans la contre-rĂ©volution, favorise l’émigration. Sa tĂȘte Ă©tant mise Ă  prix, il tente en vain, en mars 1793, de gagner l’Angleterre. Il semblerait qu'il se rendit Ă  Granville pour quitter la France. Mais une surveillance rigoureuse avait Ă©tĂ© mise en place et il ne trouva ni barque ni pĂȘcheur. À partir du mois d'avril, Jean Chouan et sa bande sont l'objet journalier des prĂ©occupations du Directoire. La garde nationale de La BrĂ»latte est pendant deux jours Ă  la recherche du nommĂ© Cottereau dit Chouan, et travaille Ă  dissiper les attroupements qui se sont formĂ©s Ă  Saint-Ouen.

Il est reconnu par l'administration avec son frÚre comme le chef de la coalition.[16] Le 13 mai 1793, les frÚres Chouans s'emparent d'une vingtaine de fusils entreposés dans la mairie du Genest.

PrĂ©venu des attroupements du Bourgneuf, de La Gravelle, de Saint-Ouen, et surtout de Bourgon, le Directoire dĂ©crĂšte aussitĂŽt l'arrestation des Cottereaux, dit Chouans, de leur mĂšre, de la veuve Alexis Ollivier, leur tante, du nommĂ© Salmon, soupçonnĂ© de leur donner refuge. Il fait arrĂȘter Ă©galement des gens de la maison de Fresnay, soupçonnĂ©e de leur fournir Ă©galement des choses qui leur sont nĂ©cessaires. Le directoire du dĂ©partement estime que le principal chef de ces rassemblements se nomme Pontavice et est de la ville de FougĂšres et dĂ©cide de prĂ©venir le district de FougĂšres et de faire arrĂȘter ou de faire surveiller exactement le nommĂ© Pontavice. [17]. Le 26 mai 1793, une expĂ©dition contre les Chouans les manque prĂšs de La Gravelle. Jean Chouan et ses compagnons se rĂ©fugient dans le bois des Effretais.

L'administration dĂ©partementale, totalement paniquĂ©e, fait arrĂȘter des membres de la famille Cottereau et plusieurs de leurs amis. RenĂ© Cottereau est effectivement arrĂȘtĂ© avec Jeanne Bridier, sa femme mais on le relĂąche parce qu'il n'est coupable que d'ĂȘtre frĂšre des Cottereau. Perrine, sa sƓur, Guy Ollivier et Pierre Gauffre sont maintenus en prison, 1er juin. Salmon, copieusement pillĂ© par les chouans, est Ă©galement libĂ©rĂ© et placĂ© sous contrĂŽle de Guerchais, commandant la garde nationale de La Gravelle.

Le 18 juin 1793, aprĂšs avoir dĂ©sarmĂ© les patriotes du Bourgneuf, les Pinçon et Cottereau gagnĂšrent les landes de Saudre et de la BrossiniĂšre (ou BrĂ©ciniĂšre) et y interceptĂšrent huit soldats rĂ©publicains qui rentraient de Nantes sur ErnĂ©e. Ils en tuĂšrent un, en blessĂšrent un autre et firent deux prisonniers.

Article dĂ©taillĂ© : Affaire de la BrossiniĂšre.

On croit savoir qu'un des frĂšres François Cottereau s'est blessĂ© d'un coup de fusil et qu'il est cachĂ© au village de Saint-Roch Ă  ChangĂ© ; on l'y cherche mais vainement, 10 juillet. Le mĂȘme jour et avec le mĂȘme succĂšs on fouille des caves du chĂąteau de Saint-Ouen oĂč doivent ĂȘtre les armes des Chouans. Beurin, adjudant major du 31e bataillon de la rĂ©serve, cantonnĂ© dans le presbytĂšre de Bourgon, est depuis plusieurs jours avec ses hommes Ă  la poursuite de la bande Cottereau dit Chouan, 27 juillet. Guerchais, commandant de la garde nationale de La Gravelle fouille la lande d'Olivet, le bois de Misedon, Port-Brillet, etc repaire de la ligue des Cottereaux, 17 aoĂ»t 1793. La garde nationale de Courbeveille est Ă  la recherche des Cottereau dit Chouans, Ă  Loiron, Montjean, etc., aoĂ»t, septembre. Il est difficile de croire que les chouans aient pu opĂ©rer sur une Ă©tendue aussi vaste, d'autant qu'on les retrouve Ă©galement dans les communes situĂ©es entre VitrĂ© et FougĂšres : il s'agit de la lĂ©gende de Duchemin des ScĂ©peaux.

La virée de Galerne

En octobre 1793, il rejoint l’armĂ©e des VendĂ©ens Ă  Laval[18]. Son intervention contribue efficacement Ă  la victoire de cette armĂ©e Ă  la bataille d'Entrammes. (RĂ©fĂ©rence ?)

Il participe Ă  la virĂ©e de Galerne jusqu’à la sanglante dĂ©faite du Mans, le 13 dĂ©cembre 1793[19]

Le repli Ă  Misedon

Il se replie alors dans son bois de Misedon, oĂč il continue la lutte sur un terrain qui lui est plus favorable que celui d’une bataille rangĂ©e. Jean Chouan mettait surtout beaucoup de zĂšle pour sauver les prĂȘtres, et il a protĂ©gĂ© la fuite d'un grand nombre ; il en a conduit plusieurs jusqu'Ă  Granville pour leur faciliter les moyens de s'Ă©vader. (RĂ©fĂ©rence ?)

Il tente pour sauver le prince de Talmont, sur le chemin de Vitré à Laval, un coup de main qui avorte[20]. Mais le ravitaillement est difficile dans un pays sillonné par les troupes républicaines.[21]

Insurrection royaliste

Ses deux sƓurs, Perrine et RenĂ©e Cottereau sont arrĂȘtĂ©es, conduites Ă  Laval oĂč elles sont jugĂ©es et guillotinĂ©es le 20 avril 1794[22],[23]. François Cottereau se blesse griĂšvement avec son fusil. Le 5 avril 1794, il s'empare du bourg de La BaconniĂšre, dĂ©sarme la garde nationale, pĂ©nĂštre dans l'Ă©glise et fait sonner l'Angelus.

L'insurrection royaliste du Bas Maine commença vers le mois de mai 1794, et forma six divisions, qui prirent le nom de leurs chefs ; mais la troupe, garda le nom gĂ©nĂ©rique de Chouans.

Les circonstances de sa mort

Sa mort a été racontée de différentes maniÚres, ce qui prouve que certaines sont inexactes, sinon toutes[24],[25],[26],[27].

Alphonse de Beauchamp reproduisit le récit de Renouard, en l'ornant de quelques circonstances nouvelles [28].

Quelques trente annĂ©es aprĂšs les faits, dans ses Lettres sur l'origine de la Chouannerie, Duchemin-DescĂ©peaux, qui vivait dans le pays et qui avait pu recueillir, de la bouche mĂȘme des anciens Chouans, beaucoup de dĂ©tails intĂ©ressants, donna de la mort de Jean Chouan un rĂ©cit entiĂšrement diffĂ©rent


En juillet 1794, il est reconnu dans une mĂ©tairie dite la BabiniĂšre, appartenant Ă  la famille Ollivier et oĂč rĂ©sidait son frĂšre RenĂ©, mariĂ© en 1792; poursuivi, il attire sur lui le feu des rĂ©publicains de la forge du Port-Brillet, pour permettre Ă  sa belle-sƓur, enceinte, de s’échapper. Jean Cottereau demeure Ă  l'arriĂšre-garde et reçoit une balle dans l'abdomen. Il rĂ©ussit Ă  se cacher et est transportĂ© dans les fourrĂ©s oĂč il meurt le 28 juillet 1794. Sa tombe n’a pas Ă©tĂ© retrouvĂ©e[29]. Toutefois on ne retrouve pas la trace de l'enfant dont sa belle-sƓur Ă©tait enceinte. Le rĂ©cit de Duchemin DescĂ©peaux souffre dĂšs sa premiĂšre ligne, d'un manque de sens critique et d'analyse: RenĂ© Cottereau Ă©tait mariĂ© depuis deux ans Ă  Jeanne Bridier et ils vivaient Ă  la mĂ©tairie de la Petite BabiniĂšre, qui n'est pas situĂ©e en lisiĂšre du bois du bois de Misedon. La course poursuite aurait donc Ă©tĂ© assez longue et cette erreur donne au rĂ©cit un tour assez surrĂ©aliste.

Presque tous les historiens, presque tous les biographes [30] ont d'ailleurs acceptĂ© la version de Duchemin-DescĂ©peaux, sans citer toujours la source Ă  laquelle ils l'empruntaient : CrĂ©tineau Joly [31], ThĂ©odore Muret[32], le docteur Lepelletier de la Sarthe [33], Albert Lemarchand [34], EugĂšne Veuillot [35], l'abbĂ© Paulouin [36], le SupplĂ©ment de la Biographie Michaud [37].

La famille de Jean Chouan connaĂźt un sort aussi tragique : François meurt aprĂšs s'ĂȘtre blessĂ© avec son fusil, Ă  moins qu'il n'ait Ă©tĂ© tuĂ© par les forgerons de Port-Brillet. Pierre est arrĂȘtĂ©, jugĂ© et guillotinĂ©, ainsi que ses deux sƓurs. Seul survĂ©cut RenĂ© Cottereau, qui mourut en 1846.

Romans et prétendue postérité

Arthur de Gobineau, dans la Chronique rimée de Jean Chouan et de ses compagnons [38] a restitué un poÚme sur la mort de Jean Chouan.


Victor Hugo a publiĂ© dans La LĂ©gende des siĂšcles [39], une piĂšce de vers sur la mort hĂ©roĂŻque de Jean Chouan, frappĂ© victime de son dĂ©vouement, en protĂ©geant, au prix de sa vie, celle de sa belle-sƓur poursuivie par les Bleus et qui, grosse et Ă©puisĂ©e, allait tomber entre leurs mains.


Un jeune collĂ©gien, se prĂ©tendant « le seul descendant direct de Jean Chouan Â», s'avisa d'adresser Ă  Victor Hugo une lettre de remerciement et d'adhĂ©sion politique ; de son cĂŽtĂ©, Victor Hugo lui en envoya une de congratulation sur sa conversion Ă  la lumiĂšre. Toutes deux furent, naturellement, livrĂ©es Ă  la publicitĂ© ; elles n'avaient Ă©tĂ© Ă©crites qu'Ă  cette fin [40].

Le mĂȘme type de tentative de supercherie aura lieu sur le personnage de RenĂ© Chouan, frĂšre de Jean Chouan Ă  la fin du XIXe siĂšcle. À ce sujet, ses descendants, les dames LeliĂšvre et Courcelle, petites filles de RenĂ© Chouan, avaient fait annoncer dans l'IndĂ©pendant de l'Ouest, en octobre 1879, que c'Ă©tait Ă  elles seules que devaient s'adresser les personnes dĂ©sireuses d'obtenir des renseignements sur leur famille.

Une eau-forte de TancrĂšde Abraham [41] reprĂ©sente l’Arbre prĂšs duquel fut tuĂ© Jean Cottereau (dit le Chouan) [42]

Voir aussi

Jean Chouan n'a jamais eu derriĂšre lui qu'un trĂšs petit nombre d'hommes dĂ©vouĂ©s, mĂȘme aux jours de sa plus grande autoritĂ© [43].

Vue romanesque

« [...] Il y eut deux VendĂ©es, la Grande qui faisait la guerre des forĂȘts, la Petite qui faisait la guerre des buissons ; lĂ  est la nuance qui sĂ©pare Charette de Jean Chouan. La Petite VendĂ©e Ă©tait naĂŻve, la Grande Ă©tait corrompue ; la Petite valait mieux. Charette fut fait marquis, lieutenant gĂ©nĂ©ral des armĂ©es du Roi et Grand-Croix de Saint-Louis ; Jean Chouan resta Jean Chouan. Charette confine au bandit, Jean Chouan au paladin ........ La Rochejaquelein n'est qu'Achille, Jean Chouan est ProtĂ©e.. [...] Â»
Victor Hugo, Quatrevingt-Treize[44]
«  La proscription des princes, la religion dĂ©truite ne furent pour les Chouans que des prĂ©textes de pillage, et les Ă©vĂ©nements de cette lutte intestine contractĂšrent quelque chose de la sauvage ĂąpretĂ© qu'ont les mƓurs en ces contrĂ©es. Quand de vrais dĂ©fenseurs de la monarchie vinrent recruter des soldats parmi ces populations ignorantes et belliqueuses, ils essayĂšrent, mais en vain, de donner, sous le drapeau blanc, quelque grandeur Ă  ces entreprises qui avaient rendu la chouannerie odieuse et les Chouans sont restĂ©s comme un mĂ©morable exemple du danger de remuer les masses peu civilisĂ©es d'un pays (...) La religion ou plutĂŽt le fĂ©tichisme de ces crĂ©atures ignorantes dĂ©sarmaient le meurtre de ses remords.  Â»
Honoré de Balzac, Les Chouans (1829)

Bibliographie

Bibliographie ancienne

On peut consulter les divers ouvrages publiés sur la Vendée et la chouannerie, tels que l'Histoire de la guerre de la Vendée et des chouans, par Beauchamp, et les Lettres sur l'origine de la chouannerie et sur les chouans du bas Maine, 2 vol. in-8°, par Jacques Duchemin des Cépeaux.

M. Boblet a fait lithographie du portrait de Jean Chouan, en 1852, format in-4°.[45]

En 1926, Luitz-Morat réalise le film Jean Chouan avec Maurice Lagrenée dans le rÎle de Jean Chouan.

Bibliographie moderne

  • Jean Chouan, hĂ©ros de lĂ©gende. de M.-C. Meaux. 1977.
  • Jean Chouan et ses compagnons, des paysans mayennais. AndrĂ© Avril. Association Le souvenir de la chouannerie mayennaise 1979
  • Jean Chouan, Le Paysan Rebelle, Le Premier InsurgĂ© Royaliste. Jean Silve De Ventavon. Albatros Paris 1985
  • Jean Chouan l'insoumis. Spectacle du ChĂąteau de Lassay. 1988.
  • Histoire gĂ©nĂ©rale de la chouannerie, Anne Bernet, Perrin, 2000.[47]

Notes et références

  1. ↑ Son acte de naissance figure dans le registre paroissial de Saint-Berthevin (consultable en ligne sur le site des Archives DĂ©partementales de la Mayenne)B. (BaptĂȘme) Jean Cottereau. Aujourd’huy trente-un d’octobre mil sept cent cinquante-sept, a Ă©tĂ© baptisĂ© par nous vicaire de cette parroisse soussignĂ© Jean nĂ© du jour d’hier, fils issu du lĂ©gitime mariage de Pierre Cotereau sabottier et de Jeanne MoynĂ© son Ă©pouse. Ont Ă©tĂ© parrein Pierre L’Amy, cousin de l’enfant, et mareinne Marie Crouillebois, coussinne dudit enfant, laquelle a signĂ© avec nous avec le pĂšre dudit enfant et autres prĂ©sens Ă  la cĂ©rĂ©monie, et a ledit parrein dĂ©clarĂ© ne sçavoir signer enquis. (Signatures : ) Marie Croulbois, P. Cottereau, J. Le Bourdais, M. Gallot prĂȘtre
  2. ↑ En faisant la contrebande, Jean Chouan montrait de l'Ă©nergie et du courage. Lorsqu'il voyait ses camarades s'intimider, son habitude Ă©tait de leur dire : Ne craignez point, il n'y a pas de danger. Ces mots, il n'y a pas de danger, Ă©taient sa devise ; et comme il les rĂ©pĂ©tait quelquefois sans raison, elle explique son surnom.
  3. ↑ "Et sera la prĂ©sente sentence Ă  l'encontre dudit Cottereau dit Chouan contumax exĂ©cutĂ©e par effigie en un tableau qui sera attachĂ©e Ă  laditte potence par l'exĂ©cuteur de la haute justice" prĂ©cise le jugement.
  4. ↑ ArrivĂ©e prĂšs du prince, elle oublia la leçon qu'on lui avait apprise, et demanda la vie pour son fils dans les termes que lui inspira sa tendresse. Le roi accorda la grĂące...
  5. ↑ Qu'on ne retrouve Ă  Lille ou ailleurs ni son nom de famille ni son nom de guerre sur les rĂŽles, le fait est trop naturel pour qu'on s'en Ă©tonne.
  6. ↑ sur l'avis de M. l'Intendant de Tours
  7. ↑ Cet Ă©tablissement accueillait des individus originaires de Bretagne, du Maine, de Normandie et mĂȘme de Touraine. Les pensionnaires n'y Ă©taient dĂ©tenus toutefois qu'en vertu d'un jugement prĂ©vĂŽtal ou sur ordre du roi. Jean Chouan est donc bien condamnĂ© Ă  une peine privative de libertĂ©, mais qui ne peut ĂȘtre purgĂ©e dans une prison ordinaire, seulement dans un Ă©tablissement de rĂ©insertion sociale. À La lecture de la liste des dĂ©tenus en 1787, et aprĂšs consultation des archives municipales de Rennes, on peut aller jusqu'Ă  dire qu'il s'agissait d'un asile d'aliĂ©nĂ©s.
  8. ↑ Marie Le Bourdais, fille de notaire, Ă©tait la femme de Alexis Ollivier, aussi fils de notaire. Elle achetait Ă  peu prĂšs tout ce qui Ă©tait Ă  vendre dans sa paroisse. Son fils, l'abbĂ© Alexis Ollivier, protecteur de Jean Chouan Ă©tait propriĂ©taire de plusieurs mĂ©tairies sur Olivet et le Genest. Son frĂšre, Jean Le Bourdais, parrain de Pierre Cottereau Ă©tait marchand tissier. Du cĂŽtĂ© de la mĂšre de Jean Chouan (Jeanne MoynĂ©), on trouve un Pierre AnjuĂšre, prĂȘtre curĂ© de Saint-Pierre-la-Cour, ainsi qu'un Nicolas MoynĂ©, prĂȘtre curĂ© de La Croixille, lequel avait de nombreuses terres sur sa paroisse et celle de Bourgon, dont certaines Ă©taient louĂ©es Ă  Julien Pinçon et Pierre Huet, chouans notoires.
  9. ↑ De fait, les prĂȘtres devenaient des fonctionnaires payĂ©s qui devaient consacrer la totalitĂ© de leur temps Ă  leurs tĂąches sacerdotales, ce qui bouleversait totalement le mode de vie des ecclĂ©siastiques habituĂ©s Ă  vivre de leurs terres.
  10. ↑ L'abbĂ© Alexis Ollivier possĂ©dait plusieurs mĂ©tairies, Ă  Olivet et au Genest. Jean Chouan se retrouvait sans travail et son bienfaiteur oisif sans moyen de subsistance, les terres des ecclĂ©siastiques Ă©tant gĂ©nĂ©ralement donnĂ©e Ă  bail Ă  colonat paritaire (mĂ©tairies), soit Ă  ferme, au plus offrant et dernier enchĂ©risseur.
  11. ↑ Les Tuffin de la Rouairie Ă©taient alliĂ©s avec la famille de Farcy, dont les deux frĂšres habitaient l'un le chĂąteau de MuĂ©, en ParcĂ©, l'autre le chĂąteau de Launay-Villiers. M. de MuĂ© avait encouragĂ© un royaliste sĂ»r de sa paroisse de ParcĂ©, Jean-Louis Gavard Ă  prendre les fonctions de maire. Il le mit plus tard en rapport avec le conspirateur, qui le chargea spĂ©cialement d'organiser la coalition sur la lisiĂšre de la Bretagne.
  12. ↑ Qu'on nous rende nos prĂȘtres ; nous ne partirons point pour faire la guerre au roi et Ă  la religion ; que les acquĂ©reurs de biens nationaux aillent dĂ©fendre le gouvernement
  13. ↑ des gardes nationaux et des gendarmes de Laval vinrent pour engager les jeunes gens Ă  s'enrĂŽler. Ces Ă©missaires se rassemblĂšrent dans l'Ă©glise de Saint-OuĂ«n ; un d'entre eux prit la parole et vanta la libertĂ© dont jouissait la France, devant une foule de spectateurs accourus pour voir ce qui allait se passer. On Ă©couta tant bien que mal ce discours sur la libertĂ© ; mais quand l'orateur en vint Ă  la pĂ©roraison, et qu'il parla d'engagement et de volontaires, on entendit murmurer de tous les cĂŽtĂ©s. Les gendarmes reçurent l'ordre d'arrĂȘter les perturbateurs. Alors tout le monde se soulĂšve, et le dĂ©sordre est Ă  son comble. Le tirage au sort devient impossible. Le Directoire du dĂ©partement dĂ©libĂšre sur cette affaire le 19 aoĂ»t et le rapport note que, parmi les jeunes qui s'Ă©taient prĂ©sentĂ©s, plusieurs avaient dit audit commissaire (Tellot) qu'ils souhaitaient que les Français fussent battus et que les Autrichiens entrassent en France ; que bientĂŽt ils viendroient enlever les prĂȘtres et mettre Laval Ă  la raison ; qu'aprĂšs la lecture de la Loi et le dĂ©tail des mesures pour son exĂ©cution, les bancs de l'Ă©glise avaient Ă©tĂ© cassĂ©s Ă  coups de bĂątons et la vie du commissaire et de ses adjoints menacĂ©e; que la paroisse de la BrĂ»latte avoit offert de fournir son contingent, pourvu qu'elle qu'il lui fut permis de se rendre chez elle, ne pouvant opĂ©rer en sĂ»retĂ© Ă  Sant-OuĂ«n; que les habitants de laditte paroisse de la Brulatte avoient bientĂŽt aprĂšs Ă©tĂ© attaquĂ©s en s'en allant par plus de deux cents personnes Ă  la tĂȘte desquelles Ă©toient Cottereau dit Chouan et MorliĂšre, tous les deux demeurant paroisse de Saint-OuĂ«n, dans laquelle attaque le maire et le commandant de la garde nationale ont Ă©tĂ© dangereusement blessĂ©s; que ledit MorliĂšre Ă©tait revenu peu de temps aprĂšs armĂ© de fusil et de pistolets et ayant sa chemise ensanglantĂ©e offrir ses services au Maire de Saint-OuĂ«n;(
)les nommĂ©s Dupont, Tambour au GenĂȘt, Cottereau dit Chouan, MorliĂšre et Colombier dit la jeunesse, seront dĂ©noncĂ©s Ă  M.le juge de paix du canton de Saint-OuĂ«n, pour ĂȘtre poursuivis sur les charges du procĂšs verbal du sieur Tellot fils du 15 du prĂ©sent, dont copie lui sera remise, et que copie de la prĂ©sente sera envoyĂ©e Ă  laccusateur public du DĂ©partement de la Mayenne et au Ministre de la justice.(Archives dĂ©partementales de la Mayenne, L.504.) MenacĂ© de poursuites, Jean Chouan, qui avait dĂ©jĂ  goĂ»tĂ© Ă  la prison n'avait d'autres possibilitĂ©s que se rĂ©fugier dans la fuite : telle est l'origine de la chouannerie.
  14. ↑ Jean Chouan, Ă©tait bien obligĂ© de tirer au sort, comme tous les hommes de 18 Ă  40 ans, et risquait donc de devenir soldat. FormĂ© depuis longtemps par Gavard, mis en relation avec la Rouairie, plus directement aussi sous leur influence immĂ©diate, il Ă©tait mieux prĂ©parĂ© aux Ă©vĂšnements.
  15. ↑ Il prenait les ordres de Gavard, connu seulement de quelques-uns des chefs. Telle est la version officielle de la lĂ©gende des chouans. Pour qui connaĂźt les lieux, un simple maire ne pouvait faire preuve de tant de qualitĂ©s stratĂ©giques. L'endroit est particuliĂšrement bien choisi : la troupe doit passer sur un pont trĂšs Ă©troit, sans possibilitĂ© de passer au nord (dans l'Ă©tang) ni au sud (en bordure du bois de Misedon et dans les marĂ©cages.) Le stratĂšge sera reconnu officiellement un an plus tard, en septembre 1793: il s'agissait de Charles Gaspard Elisabeth Joseph de Bailly, supposĂ© Ă©migrĂ©, mais que mĂȘme la rumeur publique disait rĂ©fugiĂ© dans la rĂ©gion. (Archives DĂ©partementales de la Mayenne, L.2043).
  16. ↑ Il y a Ă  leur tĂȘte, Ă©crit le procureur syndic d'ErnĂ©e, le 28 avril 1793, deux hommes qui se nomment Cottereau, dit Chouan. Nous avons promis une rĂ©compense Ă  qui les arrĂȘtera, mais il faut y aller avec prĂ©caution car ces deux individus sont trĂšs braves et trĂšs dĂ©terminĂ©s. Si de votre cĂŽtĂ© vous pouviez vous en saisir, ce serait rendre Ă  la chose public un vrai service
  17. ↑ ArrĂȘtĂ© relatif aux chouans et autres,19 mai.
  18. ↑ Le 20 octobre 1793, il apprend du prĂȘtre qui dit la messe au Genest que les VendĂ©ens ont passĂ© la Loire, et le 23, en confĂ©rence avec Puisaye et Boisguy dans la forĂȘt du Pertre, il entend le canon qui tonne Ă  Laval. Sans prendre dĂ©sormais aucune prĂ©caution, il rĂ©unit ses hommes et marche sur la ville.
  19. ↑ . Ses hommes constituent un corps Ă  part et ne reconnaissent que lui pour les conduire. Au Mans, la mĂšre de Jean Cottereau est Ă©crasĂ©e accidentellement par une charrette. Sa troupe est dĂ©cimĂ©e.
  20. ↑ Parce que personne n'a su lire la dĂ©pĂȘche dans laquelle on l'avertit que l'itinĂ©raire de l'escorte avait changĂ©.
  21. ↑ Il s'unit avec Jambe d'Argent, et Moulins pour attaquer les postes qui cernaient le bois de Misedon, et on commence par celui de Saint-OuĂ«n-des-Toits qui est enlevĂ© vers le 20 avril 1794.
  22. ↑ Convaincues porte la sentence de la Commission rĂ©volutionnaire, d'avoir servi d'espions Ă  leurs frĂšres, chefs des rassemblements de Brigands, de les avoir alimentĂ©s, et enfin d'avoir endossĂ© la cuirasse et participĂ© Ă  leurs massacres (Duchemin, p.211, ThĂ©odore Perrin, Les martyrs du Maine, 1832, 2 volumes in-12, t.II p.36., Dom Piolin, L'Église du Mans pendant la RĂ©voltution, t.II.
  23. ↑ Voici leur sentence :
    « CondamnĂ©es Ă  mort comme sƓurs des Cottereau, dit Chouans, chefs de brigands, convaincues de leur avoir servi d'espions, de les avoir alimentĂ©s et approvisiionĂ©s, enfin d'avoir endossĂ©es la cuirasse et participĂ©es Ă  leurs massacres. Â»
  24. ↑ On ne trouve aucun dĂ©tail dans les guerres des VendĂ©ens et des Chouans par Savary, ni dans l'Histoire de la RĂ©volution dans les dĂ©partements de l'ancienne Bretagne, par A. du Chatellier, Paris, Desessart et Nantes, Mellinet, 1836, 6 volumes in-8.
  25. ↑ Mais le numĂ©ro du Moniteur du 8 fĂ©vrier 1794 contient une lettre du gĂ©nĂ©ral de division provisoire Beaufort, au PrĂ©sident de la Convention nationale, datĂ©e de VitrĂ©, le 14 pluviĂŽse (2 fĂ©vrier) et ainsi conçue : « Nous venons de dĂ©couvrir un repaire de cinquante-deux brigands ; un de leurs chefs a Ă©tĂ© tuĂ© en se sauvant ; il se nommait François Chouan ; c'Ă©tait de lui que cette horde infĂąme tirait son nom. Comme il se sauvait dans les broussailles, des volontaires de la Manche ont fait feu dessus, l'ont tuĂ© et ont apportĂ© sa tĂȘte Ă  la Gravelle ; les autres brigands sont livrĂ©s Ă  la Commission militaire. Â» Nous ne savons si les volontaires de la Manche portĂšrent en effet Ă  la Gravelle la tĂȘte d'un rebelle tombĂ© sous leurs coups ; c'eĂ»t Ă©tĂ© une abomination, assez commune du reste Ă  cette Ă©poque, que cette mutilation d'un cadavre ; mais il est certain que cette tĂȘte n'Ă©tait ni celle de François Chouan, qui n'Ă©tait pas le chef de son parti et dont les dĂ©tails de la mort sont bien connus, ni celle de Jean qui ne mourut qu'au mois de juillet suivant. Ce rĂ©cit doit avoir Ă©tĂ© complĂ©tĂ© par quelques autres publications du XIXe siĂšcle. Ainsi, suivant les uns, les Chouans dont il s'agit auraient Ă©tĂ© rencontrĂ©s au milieu d'un champ de genĂȘts, dans la commune de Launay-Villiers, prĂšs des bois des forges de Port-Brillet, et non dans la forĂȘt de Pertre (Darmaing, RĂ©sumĂ© de l'Histoire des guerres de la VendĂ©e, Paris, Lecomte et Durey, 1826, in-18, p. 357) ; suivant d'autres, leur bande aurait Ă©tĂ© commandĂ©e par les frĂšres Cottereau, et ce serait sur la route de VitrĂ© Ă  la Gravelle, en essayant de rĂ©sister aux troupes de Beaufort, que Jean Chouan aurait Ă©tĂ© frappĂ© (Patu Deshautschamps, Dix ans de guerre intestine, Paris, G. Laguionie, 1840, in-8, p. 278). Le mĂȘme donne comme positive la date du 3 fĂ©vrier (15 pluviĂŽse an II) dont ne parlait pas la lettre de Beaufort, date mĂȘme inconciliable avec cette lettre, qui est du 2. Nous verrons A. de Beauchamp ajouter quelques autres dĂ©tails.
  26. ↑ S'il fallait s'en rapporter Ă  Pierre Renouard, ancien curĂ© d'IzĂ©, bibliothĂ©caire du Mans, (Essai historique sur la province du Maine, t. 2, p. 270), un dĂ©tachement cantonnĂ© dans le bourg de la Gravelle aurait surpris, dans une reconnaissance, une compagnie de cinquante-deux chouans, commandĂ©s par Jean Chouan en personne, qui fut tuĂ© dans cette affaire, ajoute Renouard ; la tĂȘte de ce trop fameux insurgĂ© fut sĂ©parĂ©e de son corps, portĂ©e en triomphe Ă  la Gravelle et exposĂ©e ensuite Ă  un piquet sur la grande route de Laval Ă  VitrĂ©.
  27. ↑ Pierre Larousse a bien soin d'Ă©carter cet odieux dĂ©tail. Il suit d'ailleurs le rĂ©cit de Renouard, tout en fixant la mort de Jean Chouan au mois de juillet, c'est-Ă -dire en avouant qu’il a connu la version rectificative de ce rĂ©cit. (Grand Dictionnaire Universel du XIXe siĂšcle. V° Cottereau.)
  28. ↑ « Le dĂ©tachement cantonnĂ© Ă  la Gravelle poussant une reconnaissance, surprit une cinquantaine d'insurgĂ©s armĂ©s, Ă  la tĂȘte desquels marchait Jean Chouan, en personne. Les RĂ©publicains, plus nombreux, fondent sur les Royalistes qui se dispersent. Jean Chouan cherche aussi son salut dans la fuite, et serrĂ© de prĂšs dans les broussailles, il Ă©tend un tirailleur Ă  ses pieds. A l'instant mĂȘme, un grenadier du 6e bataillon de la Manche le met en joue et le frappe de deux balles. Jean Chouan tombe, et sa tĂȘte, bientĂŽt sĂ©parĂ©e de son corps, portĂ©e en triomphe Ă  la Gravelle, est exposĂ©e sur la grande route. Â» Histoire de la Guerre de la VendĂ©e, t. III, p. 210, 4e Ă©dition, 1820.
  29. ↑ Le dernier survivant, Jean GahĂ©ry, n'a jamais voulu plus tard rĂ©vĂ©ler l'endroit parce que tous les tĂ©moins s'Ă©taient engagĂ©s Ă  en garder le secret.
  30. ↑ Berthre de Bourniseaux, dans son Histoire complĂšte des Guerres de la VendĂ©e, 1837, Paris, Brunot-Labbe, 3 vol. in-8°, reproduit le rĂ©cit de Renouard (t. III, p. 135.) La premiĂšre Ă©dition publiĂ©e sous le titre de PrĂ©cis historique de la guerre civile de la VendĂ©e, Paris, 1802, in-8, ne parlait pas de Jean Chouan. Patu Deshautschamps, p. 278, reproduit aussi ce rĂ©cit. Darmaing, p. 357, fait de François, et non de Jean, la victime de l'affaire de PluviĂŽse.
  31. ↑ Histoire de la VendĂ©e militaire, t. III, p. 168, 2e Ă©dition, 1843. CrĂ©tineau Joly ajoute ce dĂ©tail, que les Chouans seraient revenus Ă  la charge, auraient dispersĂ© les Bleus et enlevĂ© du champ de bataille le corps de leur chef.
  32. ↑ Histoire des Guerres de l'Ouest, t. III, p. 281, 1848. — Le Bon Messager pour 1847. — Biographie HoĂ«fer.
  33. ↑ Histoire complĂšte de la province du Maine, t. II, p. 393. M. Lepelletier reproduit l'addition de CrĂ©tineau Joly.
  34. ↑ Album VendĂ©en, Angers, 2 vol. in-fol., 1854-1856 ; t. I. p, 90.
  35. ↑ Les Guerres de la VendĂ©e et de la Bretagne, 1790-1802 ; 2e Ă©dition, Paris, Sagnier et Bray, 1853, in-12.
  36. ↑ La Chouannerie du Maine et pays adjacents, 1875, t. II, p. 240. L'abbĂ© Paulouin, tout en critiquant amĂšrement l'ouvrage de Duchemin DescĂ©peaux et en contestant Ă  Jean Cottereau, l'importance et la prioritĂ© de son rĂŽle dans l'insurrection de la Chouannerie, suit la version donnĂ©e par son devancier Seulement, il supprime le trait hĂ©roĂŻque de ce vaillant homme attirant sur lui les coups pour protĂ©ger la fuite de sa belle-sƓur, et c'est au passage de la haie qu'il le fait tomber. Il place aussi sa mort au 18 juillet au lieu du 28 : erreur typographique probablement.
  37. ↑ V° Chouan. L'article est de M. Badiche qui dĂ©clare en avoir recueilli les Ă©lĂ©ments sur les lieux mĂȘmes, notamment les dĂ©tails de la mort de Jean qu'il donne entiĂšrement conformes Ă  la version de DescĂ©peaux. Il a Ă©tĂ© reproduit dans la seconde Ă©dition de la Biographie.
  38. ↑ Paris, Franck, 1846, in-12.
  39. ↑ 1877, t. II, p. 233. Ces vers furent publiĂ©s en feuilleton, avant la mise en vente du volume, dans le Temps du 26 fĂ©vrier 1877.
  40. ↑ Les journaux radicaux se pĂąmĂšrent d'admiration. Les feuilles royalistes flairĂšrent la supercherie, sans la dĂ©masquer complĂštement. C'en Ă©tait une, en effet, ou si l'on veut une gaminerie, une mystification indĂ©cente Ă  l'endroit du grand poĂšte, une usurpation effrontĂ©e vis-Ă -vis de la famille de Jean Cottereau dit Chouan. L'Ă©tourdi qui se permettait ce procĂ©dĂ©, ou Ă  qui on l'avait soufflĂ©, et qui ne savait mĂȘme pas son Ăąge, — il se donnait quinze ans, quand il n'en avait que treize et demi ! — ni son nom vĂ©ritable — il prenait le nom de Georges CHOUAN DE COTTEREAU, au lieu de celui de Georges-Auguste CHOUAN que lui donne son acte de naissance, — n'Ă©tait ni le fils, ni le petit-fils, ni l'arriĂšre petit-fils, ni le neveu, ni le petit-neveu, ni l'arriĂšre petit-neveu, ni mĂȘme, selon toute apparence, le parent Ă  un degrĂ© quelconque, du fameux Jean Chouan. Les journaux qui l'avaient poussĂ© ou soutenu dans cette triste campagne, avaient Ă©tĂ© les instigateurs ou les dupes d'une fraude si grossiĂšre qu'elle devait frapper tous les yeux. Il fut facile pour LĂ©on de la SicotiĂšre de le dĂ©montrer par la production d'actes de l'Ă©tat civil et de piĂšces authentiques, qui Ă©taient Ă  leur disposition.
  41. ↑ PubliĂ©e chez Cadart vers 1870.
  42. ↑ Cet arbre, chĂȘne ou chĂątaignier, est placĂ© sur une Ă©minence, au pied de laquelle coule un ruisseau. Il se ramifie, Ă  une petite hauteur, en grosses branches qui s'Ă©tendent horizontalement de tous les cĂŽtĂ©s. Toutefois, TancrĂšde Abraham, a indiquĂ© que cette gravure avait Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©e d'aprĂšs un croquis d'origine assez incertaine, et en dehors de toute Ă©tude personnelle des localitĂ©s.
  43. ↑ Billard de Veaux, dans ses MĂ©moires d'un ancien chef VendĂ©en (Paris, 1832, 3 vol. in-8o), prĂ©tend tenir de Jean Chouan lui-mĂȘme qu'il n'aurait jamais eu que dix-sept hommes avec lui : affidĂ©s et toujours sous sa main, le fait est possible ; mais il en rĂ©unit souvent bien davantage. Duchemin-DescĂ©peaux donne le chiffre, peut-ĂȘtre un peu grossi, de ceux qu'il commandait en diverses rencontres.
  44. ↑ T. II, p. 112-113.
  45. ↑ On y voit que ce chef d'une nouvelle croisade portait au revers de son habit une croix et un SacrĂ©-CƓur. Un chapelet et une mĂ©daille sont suspendus Ă  la boutonniĂšre de son gilet. Il devait faire partie de la collection des chefs vendĂ©ens dont les portraits auraient Ă©tĂ© tirĂ©s en pied. Douze seulement ont paru : les Ă©vĂ©nements de juillet 1830 ont arrĂȘtĂ© cette entreprise.
  46. ↑ Ce livre est intĂ©ressant Ă  consulter. Journaliste, Émile Souvestre fit une enquĂȘte auprĂšs des survivants et sans trop prendre parti entre deux thĂšses qui resteront toujours diamĂ©tralement opposĂ©es, nous permet de mieux comprendre ce mouvement de la Chouannerie qui prit naissance dans ce Bas-Maine, Ă  la frontiĂšre de ce qu'on appelait alors, la province de Bretagne.
  47. ↑ À partir d'un travail de compilation de 88 ouvrages, sans aucun respect pour les archives, l'auteur a Ă©crit une histoire de la chouannerie trĂšs romancĂ©e. Histoire gĂ©nĂ©rale, car l'auteur intĂšgre les chouanneries mayennaise, normande et bretonne et elle associe le soulĂšvement vendĂ©en. Original, car Ă  partir de ces inventions historiques, elle fait vivre les personnages en mettant en scĂšne certains moments de leur vie. En fin de livre, 2 index (16 pages de noms propres et 9 pages de noms de lieu) et quelques illustrations dont
 un portrait-robot de Jean Chouan, rĂ©alisĂ© rĂ©cemment et sans tenir compte des caractĂ©ristiques physiques contenues dans les archives !

Source partielle

  • « Jean Chouan Â», dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [dĂ©tail de l’édition]
  • « Jean Chouan Â», dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabĂ©tique de la vie publique et privĂ©e de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littĂ©rateurs français ou Ă©trangers, 2e Ă©dition, 1843-1865 [dĂ©tail de l’édition]
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