Jean-Pierre de Batz

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Jean-Pierre de Batz

Jean-Pierre, baron de Batz

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Jean-Pierre de Batz
Jean-PierreBatz.jpg

Nom de naissance Jean-Pierre de Batz
Naissance 1754
Goutz-les-Tartas
DĂ©cĂšs 1822 (Ă  68 ans)
Chadieu
NationalitĂ© France France
Profession(s) Financier
Autres activités Constituant

Jean-Pierre, baron de Batz, nĂ© le 26 janvier 1754 Ă  Goutz-les-Tartas, en Gascogne, mort le 10 janvier 1822 au chĂąteau de Chadieu, prĂšs de Vic-le-Comte, est un financier, dĂ©putĂ© Ă  l’AssemblĂ©e constituante et contre-rĂ©volutionnaire français.

Sommaire

Origines

L’origine comme la date de naissance du baron de Batz, encore plus cĂ©lĂšbre dans la littĂ©rature romanesque que dans l’histoire, a longtemps constituĂ© une Ă©nigme qui a ajoutĂ© Ă  sa lĂ©gende. Il est officiellement issu d’une famille roturiĂšre qui possĂ©dait des biens Ă  Gouts et Ă  BĂ©gaar sur la rive droite de la Midouze, au grand et au petit Armanthieu, et ses reprĂ©sentants Ă©taient qualifiĂ©s seigneurs ou co-seigneurs.

Bertrand, pĂšre du baron, Ă©tait, d’aprĂšs un extrait de baptĂȘme conservĂ© Ă  la municipalitĂ© de Tartas[1], fils posthume de Jean-François de Batz qualifiĂ© seigneur d’Armanthieu et de DĂȘme, chevalier, conseiller du roi, lieutenant criminel en la SĂ©nĂ©chaussĂ©e de Tartas, qui habita la petite ville de Gouts en 1715 aprĂšs avoir Ă©pousĂ© Quitterie de Chambre en 1713. QualifiĂ© Ă©cuyer, seigneur d’Armanthieu – il signait Batz-Armanthieu–, il fut avocat au Parlement en 1744, vĂ©cut et est mort Ă  Goutz le 17 frimaire an X. Le 26 avril 1752, il avait Ă©pousĂ© Jeanne-Marie-Catherine de Laboge, dame de la baronnie de SĂ©mimian[2], nĂ©e en 1730 Ă  LaubarĂšde.[3] qui constitua en dot les biens de campagne appelĂ©s Campets et Sainte-Croix, des meubles, une somme de 4000 livres se rĂ©servant sa chaise Ă  porteur garnie Ă  ses armes. Le futur apportait sa seigneurie d’Armanthieu avec ses quatre mĂ©tairies nobles dans la paroisse de BĂ©gaar et ses droits fiefs, cens et rentes. Le couple eut une fille, morte en bas Ăąge, et deux fils, dont l’aĂźnĂ© Jean-Pierre, futur baron de Batz, nĂ© Ă  Tartas le 26 janvier 1754[4].

MalgrĂ© l’opposition du gĂ©nĂ©alogiste ChĂ©rin, Jean-Pierre de Batz voulut faire valider sa gĂ©nĂ©alogie comme noble en prĂ©tendant que la famille de sa mĂšre descendait d’une branche des Batz-Lomagne, famille Ă©teinte dans les mĂąles. Une commission Ă  laquelle participa Jean-Jacques Duval d'EprĂ©mesnil qui en a gardĂ© trace dans ses papiers personnels[5] appuya ces prĂ©tentions qui furent reçues en 1780, malgrĂ© ChĂ©rin[6].

Bien qu’il se prĂ©sentĂąt en 1787 comme trĂšs haut et trĂšs puissant seigneur Jean, baron de Batz-Lomagne, des vicomtĂ©s de Lomagne et d’Auvillard[7], le baron de Batz appartenait Ă  une famille de parlementaires qui ne se rattachait pas aux Batz-Lomagne. Il avait bien prĂ©sentĂ© de faux titres provenant soi-disant de sa mĂšre Ă  la commission chargĂ©e d’établir sa filiation[8].

Ce constat trouve un Ă©cho dans la lĂ©gende troublante accompagnant la gravure d’un portrait de profil Ă  la sanguine de J.-P. de Batz d’aprĂšs Louis-Roland Trinquesse, et rĂ©alisĂ©e en 1775 :

Ami de tous les arts, il vole Ă  leur rencontre,
Sa naissance il la cacha et son Ăąme la montre[9].

Agioteur et spéculateur

On ignore presque tout de sa jeunesse mais le jeune homme bĂ©nĂ©ficia d’une Ă©ducation soignĂ©e qui lui permit de faire valoir son goĂ»t et ses talents pour le commerce et la haute finance. BrevetĂ© baron de Sainte-Croix par Louis XVI[10], il fut admis au rĂ©giment du Royal infanterie oĂč le chevalier de Coigny, qui le connaissait, dit qu’il ne mit jamais les pieds. Des passeports indiquent qu’il Ă©tait blondin, yeux bleus, « assez gentil de figure Â» mais de petite taille (cinq pieds, une taille Ă  peine la taille moyenne d’une femme). Courtisan, diplomate, trĂšs astucieux, il Ă©tait fort bien introduit dans la maison du vieux marquis de Brancas et se fit des relations avec des gens de la cour, principalement la marquise de Brancas, nĂ©e Catherine-FrĂ©dĂ©rique van Nyvenheim van Neukerque, une fort belle femme, hollandaise, sƓur de la fameuse marquise de Champcenetz aimĂ©e de Louis XV. Or cette dame qu’il voyait rĂ©guliĂšrement sous la RĂ©volution Ă©tait aimĂ©e du puissant ministre dit des lettres de cachet, le baron de Breteuil, gentilhomme de la chambre du roi, que Batz rencontra avant 1780. Ces relations laissent penser qu’il fut reçu Ă  Versailles et peut-ĂȘtre dans le cercle rapprochĂ© de la reine. Devenu le chargĂ© d’affaires du baron de Breteuil mais agissant aussi pour son compte personnel, il investit dans la Compagnie des Indes, et fut partie prenante dans la grande spĂ©culation orchestrĂ©e par l’abbĂ© d’Espagnac et d’autres financiers avec l’aval du contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral Calonne qui laissa s’opĂ©rer ce qu’on appelle aujourd’hui un « dĂ©lit d'initiĂ© Â». Ces spĂ©culateurs achetĂšrent ainsi des actions des Indes tant qu’elles Ă©taient au plus bas pour, dĂšs l’annonce par Calonne de la fin du monopole et la crĂ©ation de la nouvelle compagnie des Indes entraĂźnant une remontĂ©e immĂ©diate des valeurs, rĂ©aliser d’immenses profits[11].

Batz comme les autres (dont son nouvel ami Jean-Jacques Duval d'EprĂ©mesnil), retira de substantiels bĂ©nĂ©fices de cette opĂ©ration. Il rĂ©investit ses fonds en rachetant des bĂątiments du quartier de la ComĂ©die italienne appartenant Ă  la succession du duc de Choiseul, placements locatifs, entre autres rue Favart. Ces placements lui permirent d’investir dans des compagnies financiĂšres existantes mais surtout de crĂ©er la premiĂšre Compagnie royale d’assurances sur la vie (10 juin 1788), lucrative institution financiĂšre Ă  laquelle il associa son ami le financier suisse Étienne ClaviĂšre[12].

Par ses sens des affaires, par la grĂące de ses protecteurs, particuliĂšrement le baron de Breteuil, gentilhomme de la Chambre dont il servit continĂ»ment les intĂ©rĂȘts jusqu’au Directoire, Batz s’était enrichi prodigieusement en cinq ans, ce qui l’amena Ă  racheter les seigneuries de Sainte-Croix et CarcarĂšs, domaines de son pays d’origine, oĂč il fit Ă©difier le chĂąteau de Goutz dont les travaux n’étaient pas terminĂ©s en 1792 et restaurer la bĂątisse fĂ©odale de Sainte-Croix[13]. GrĂące Ă  son anoblissement appuyĂ© par ses amis et protecteurs, il avait pu intĂ©grer le RĂ©giment des Dragons de la reine puis recevoir du comte de Latour d’Auvergne des lettres de provision de SĂ©nĂ©chal d’ÉpĂ©e du duchĂ© d’Albret[14] en remplacement de feu le marquis de Pons[15].

Il avait aussi acquis divers domaines en Île de France - dont la seigneurie de GĂ©rouville dĂ©pendante de celle de Crosne -, et surtout, un petit bijou d’architecture situĂ© sur le grand chemin de Bagnolet, Ă  l’est de Paris, qu’on appelait couramment l’ermitage de Bagnolet. Il en avait passĂ© acte le 12 juin 1787, avec Simon Ferrand de Sandrecourt, au prix de 36 000 livres. Cette maison dont les murs furent tĂ©moins de scĂšnes dramatiques – l’arrestation de ses amis en 1793 –, Ă©tait composĂ©e d’un grand salon de rez-de-chaussĂ©e, « ornĂ© de peintures Â», dotĂ© de vastes ouvertures de plain pied sur un magnifique parc paysager. Une cour comportait des Ă©curies « pour dix chevaux Â» et une remise, un logement de jardinier, des serres et autres bĂątiments, un jardin fruitier, un jardin potager, des vignes, des bois, des piĂšces d’eau provenant des chutes de l’étang de Launay, le tout s’étendant sur plus de 16 arpents.

On ne sait si c’est lui ou un de ses homonymes qui fut envoyĂ© en mission officielle en Espagne pour resserrer l’alliance contre l’Angleterre, il obtient Ă  Madrid un brevet de colonel de cavalerie.

En 1788, il devient correspondant de la noblesse du duchĂ© d'Albret, avant de se faire Ă©lire dĂ©putĂ© de la noblesse de NĂ©rac aux États gĂ©nĂ©raux.

Membre du comité de liquidation de la Constituante

Sous la Constituante, il fut d’abord nommĂ© membre du comitĂ© des rapports en octobre 1789 mais sa rĂ©putation de financier avisĂ© lui valut d’ĂȘtre adjoint le 28 mai 1790 au comitĂ© de liquidation, crĂ©Ă© en janvier et dont le rĂŽle Ă©tait d’entamer la vĂ©rification de l’énorme masse des dettes et arriĂ©rĂ©s souscrites par l’ancienne monarchie Ă  l’égard de tiers. Il s’agissait d’évaluer au cas par cas les charges vĂ©nales Ă  liquider et de proposer au remboursement par le TrĂ©sor celles qui mĂ©riteraient d’ĂȘtre retenues. À cette liquidation qui portait sur plusieurs centaines de milliards furent affectĂ©s dĂšs l’origine des centaines de millions d’assignats fraĂźchement crĂ©Ă©s. Aucun comitĂ© d’assemblĂ©e ne revĂȘtait alors autant d’importance que celui de liquidation parce que touchant Ă  tout il pouvait tout paralyser. Batz avait compris que c’était lĂ  que battait le pouls du pays.

Le rĂŽle quasi discrĂ©tionnaire qu’il partagea avec ses collĂšgues du comitĂ© sur l’évaluation de certains droits fĂ©odaux supprimĂ©s le 4 aoĂ»t et certaines rentes anciennes, le remboursement d’emprunts consentis par des particuliers avec des intĂ©rĂȘts courant parfois depuis un demi-siĂšcle, Ă©tait exorbitant. Mais la masse des dĂ©putĂ©s Ă©tait peu ouverte Ă  ces questions, rĂ©servant son temps et son Ă©nergie Ă  l’examen des questions de politique gĂ©nĂ©rale.

Un examen rapprochĂ© indique que la gestion de Batz au comitĂ© de liquidation fut assez dĂ©plorable pour les intĂ©rĂȘts de la nation et profitable Ă  ceux de la contre-rĂ©volution. Il apparaĂźt mĂȘme que plusieurs liquidations de crĂ©ances frauduleuses sont passĂ©es, grĂące Ă  Batz, qui avait su envelopper ses rapports d’une aura technique dĂ©sarmante. Il couvrit mĂȘme des opĂ©rations de spĂ©culation sur des crĂ©ances appartenant Ă  des personnes pressĂ©es d’en finir et qui Ă©taient prĂȘtes Ă  vendre leurs crĂ©ances aux amis de Batz, ensuite de quoi ces derniers se les faisaient rembourser avantageusement. Toutes ces opĂ©rations furent dĂ©crĂ©tĂ©es par l’assemblĂ©e qui, apparemment, avait la tĂȘte ailleurs. De mĂȘme, lorsque le 25 juin 1790, il prĂ©tendit que la dette publique s’élevait Ă  sept milliards beaucoup de ses contradicteurs Ă©taient dans l’incapacitĂ© de fourbir les justes contre arguments. Batz a beaucoup jouĂ© de sa supĂ©rioritĂ©, d’abord en se servant lui-mĂȘme (obtention d’une « indemnitĂ© pour l’aliĂ©nation d’un droit de pĂ©age de son domaine de Sainte-Croix Â»[16], etc.) et en servant ceux Ă  qui il Ă©tait redevable d’une protection intĂ©ressĂ©e, c’est-Ă -dire, principalement, le baron de Breteuil, sa fille la duchesse de Matignon, et la belle duchesse de Brancas Villars maĂźtresse de Breteuil, qui bĂ©nĂ©ficiĂšrent en 1791 de remboursements substantiels[17].

Agent royaliste

Dans le mĂȘme temps, le baron de Batz Ă©tait devenu l’un des conseillers occultes de Louis XVI, chargĂ© d’organiser le financement de la politique parallĂšle et secrĂšte mise en Ɠuvre au chĂąteau des Tuileries sous Montmorin (ancien ministre des affaires Ă©trangĂšres), laquelle Ă©tait destinĂ©e Ă  dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts supĂ©rieurs des Bourbons, et qui se poursuivit au moins jusqu’au 10 aoĂ»t 1792. Cette politique, qui a Ă©tĂ© partiellement Ă©tudiĂ©e, avait plusieurs finalitĂ©s. Le principal objectif auquel s’intĂ©ressa tout particuliĂšrement le financier Batz fut la recherche de fonds privĂ©s[18] qui s’ajouteraient Ă  ceux de la liste civile et permettraient la mise en Ɠuvre de plusieurs actions. Il avança Ă  Louis XVI, pour son propre compte, une somme dĂ©passant les 500 000 livres.

Ces actions Ă©taient, grosso modo, de trois ordre : la mise en place d’une diplomatie parallĂšle Ă  celle, officielle, du ministĂšre (ou dĂ©partement) des affaires Ă©trangĂšres; la seconde action visait Ă  l’embauchage de personnalitĂ©s diverses, notamment les journalistes et les Ă©crivains, mais surtout les personnalitĂ©s les plus populaires dans les clubs, dont l’influence et les services rendus seraient monnayĂ©s; la derniĂšre action – Ă©videmment la plus importante – consistait Ă  acheter des suffrages ou des consciences parlementaires, pour exercer en quelque sorte un lobbying politique actif tel qu’il se pratique couramment aujourd’hui dans les dĂ©mocraties parlementaires d’Europe et d’ailleurs.

Copieusement enrichi par la spĂ©culation financiĂšre oĂč il excellait, Batz fut en mesure de consentir des avances Ă  la caisse noire des Tuileries sur laquelle veillaient l’intendant de la Liste civile, Arnault de Laporte, le banquier de cour Joseph Duruey et Maximilien Radix de Sainte-Foix, ancien contrĂŽleur des finances du comte d’Artois. Radix, qui avait Ă©tĂ© exilĂ© sous l’ancien rĂ©gime Ă©tait revenu de Londres Ă  Paris avec l’intention de soutenir la monarchie parlementaire telle qu’elle avait Ă©tĂ© mise en place sous la Constituante et telle que les membres du club des Feuillants entendaient la consolider contre les partisans d’une rĂ©publique.

Maximilien Radix de Sainte-Foix, conseiller occulte de Louis XVI aux Tuileries dĂ©pensa beaucoup d’argent pour un rĂ©sultat trĂšs catastrophique. Outre Batz, il s’était entourĂ© de plusieurs membres de sa propre famille, principalement son neveu Omer Talon et le beau-frĂšre de celui-ci, un richissime banquier belge nommĂ© Jean-Baptiste de Pestre de SĂ©neffe qui avait la confiance de puissantes maisons de finance europĂ©ennes, notamment Walckiers, Herries, Laborde, Boyd, etc. À Radix de Sainte-Foix s’agrĂ©geaient enfin trois diplomates qui firent carriĂšre sous NapolĂ©on, Ă  savoir Benoist d'Angers, Maret et SĂ©monville, lui-mĂȘme parent de Radix. Le baron de Batz n’était qu’un pion parmi d’autres et sa spĂ©cialitĂ© fut moins la diplomatie que les questions financiĂšres rapportĂ©es Ă  la politique intĂ©rieure. Ses connaissances et son audace inquiĂšteront au plus au haut point les Conventionnels de 1793, tel Robespierre, peu versĂ©s en matiĂšre de finance.

Le meilleur alliĂ© de Batz fut le ministre des finances de la Convention, Étienne ClaviĂšre qui fut son principal collaborateur et ami dans divers les projets financiers qu’ils avaient dĂ©veloppĂ© sous l’Ancien rĂ©gime. C’est sous couvert de missions Ă  l’étranger dont le chargeait Étienne ClaviĂšre qu’il effectua plusieurs voyages Ă  l’étranger entre mars 1792 et janvier 1793.

Revenu Ă  Paris en janvier 1793, le baron de Batz aurait tentĂ© de faire Ă©vader Louis XVI sur le chemin de l’échafaud. Cette histoire est nĂ©e d’une dĂ©nonciation de ChĂątelet agent du Tribunal rĂ©volutionnaire, qu’aurait confirmĂ©e Pierre Devaux, secrĂ©taire de Batz fort maltraitĂ© en prison et dont la tĂȘte et celle de sa jeune femme ne tenaient qu’à un fil. ArrachĂ©e par la violence par la police politique de prairial an II, cette dĂ©nonciation validĂ©e par Devaux a Ă©tĂ© utilisĂ©e Élie Lacoste dans son rapport sur la conspiration de l’étranger qui a Ă©tĂ© publiĂ©. le fait a ensuite Ă©tĂ© repris par le comte d’Allonville qui Ă©tait friand d’anecdotes secrĂštes, par l’auteur des MĂ©moires de l’abbĂ© Edgeworth et d’autres auteurs de la Restauration. Or le doute provient du fait qu’il n’existe pas de documents d’archives tels que rapports de police, procĂšs-verbaux d’interrogatoire ou ordres d’écrou datĂ©s du mois de janvier 1793 laissant penser que Batz, entourĂ© de gentilshommes Ă  sa dĂ©votion, aurait cherchĂ© Ă  soulever la foule et Ă  enlever Louis XVI dans le quartier de Bonne Nouvelle. il est difficile de trancher, et on peut se borner Ă  penser que le projet Ă©tait « dans l’air Â», mĂȘme s’il n’a pas abouti.

Depuis son retour d’Angleterre, Batz qui redoutait d’ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un Ă©migrĂ© rentrĂ©, Ă©tait demeurĂ© dans une semi-clandestinitĂ© jusqu’à ce qu’il puisse obtenir un certificat de non Ă©migration qui lui fut dĂ©livrĂ© au mois de juin 1793.

Il ne logeait plus rue de MĂ©nars chez ses amis Griois mais rue HelvĂ©tius chez le citoyen Roussel, puis il dĂ©mĂ©nagea chez le citoyen Cortey, rue de la loi (de Richelieu). Mais il est certain qu’il rĂ©sida souvent dans la propriĂ©tĂ© de Charonne qu’il avait vendue fictivement Ă  Marie de Grandmaison, sa maĂźtresse. Celle-ci y sĂ©journait volontiers, y recevant ses proches et ses amis parmi lesquels les cĂ©lĂšbres peintres François-AndrĂ© Vincent et sa compagne AdĂ©laĂŻde Labille-Guiard – le peintre Vincent et sa sƓur, Catherine-Suzanne Griois, Ă©taient locataires Ă  Paris de Marie de Grandmaison –, ainsi que la talentueuse Marie-Guilhelmine Benoist, nĂ©e Leroulx de Laville, cette derniĂšre accompagnĂ©e de son mari l’avocat et diplomate Benoist d’Angers, agent principal d’Omer Talon Ă  Paris, et l’un des principaux agents contre-rĂ©volutionnaires chargĂ© de dĂ©velopper la corruption au sein des institutions rĂ©publicaines. C’est Benoist d’Angers, sans doute plus que Batz, qui Ă©tait en mesure de pratiquer des ouvertures auprĂšs de HĂ©bert et des membres de la Commune, grĂące Ă  son « pays Â» Delaunay d’Angers lui-mĂȘme membre du ComitĂ© de sĂ»retĂ© gĂ©nĂ©rale.

Le Protée des comités de gouvernement

Selon une dĂ©claration faite plus tard de prison par le dĂ©putĂ© François Chabot, Ă  la demande du ComitĂ© de sĂ»retĂ© gĂ©nĂ©rale, le baron de Batz avait, tout le printemps 1793, frĂ©quentĂ© aussi bien des meneurs de la Commune de Paris que des conventionnels comme Chabot lui-mĂȘme, Basire, Julien de Toulouse ou Delaunay d’Angers qui appartenaient tous les quatre au ComitĂ© de sĂ»retĂ© gĂ©nĂ©rale, et de qui il obtint des services rĂ©munĂ©rĂ©s pour lui ou pour ses amis. Chabot qui avait Ă©tĂ© pris la main dans le sac dans l’affaire de friponnerie de la Compagnie des Indes Ă  laquelle Batz n’eut aucune part, a aussi affirmĂ© que celui-ci avait eu des entretiens avec des banquiers suisses et allemands, notamment les banquiers autrichiens Junius Frey et son frĂšre Emmanuel, le Bruxellois Proly, l’Espagnol Andres Maria de Guzman, le Portugais Pereira.

Il est certain que, aprĂšs le 2 juin 1793, n’ayant pas pu sauver les Girondins parmi lesquels il avait des amis, Batz pourrait avoir Ă©tĂ© tentĂ© un mois durant de manipuler certains administrateurs ou Ă©lus corrompus pour obtenir des papiers en rĂšgle.

A-t-il, comme cela a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ©, cherchĂ© Ă  faire Ă©vader Marie-Antoinette ? La dĂ©nonciation Ă  ce sujet Ă©mane de François Chabot qui, le 26 frimaire an II[19] a affirmĂ© Ă  Maximilien de Robespierre qu’il avait Ă©tĂ© approchĂ© par la ci-devant marquise de Janson, une dame royaliste un peu exaltĂ©e, revenue de Suisse pour prĂ©server sa fortune, et qui avait rĂ©ussi Ă  se faire « dĂ©sĂ©migrer Â». Elle aurait, dit Chabot, demandĂ© Ă  Batz de lui avancer un million pour acheter des complicitĂ©s et pouvoir prendre la place de Marie-Antoinette Ă  la Conciergerie[20].

Or - comme le dit assez justement Alexandre de Lameth - si Batz n’avait pas le million nĂ©cessaire pour sauver Louis XVI, comment l’aurait-il trouvĂ© pour sauver Marie-Antoinette ? Une seule dĂ©nonciation, et surtout celle de Chabot Ă  qui il avait Ă©tĂ© bien recommandĂ© de compromettre Batz aux yeux de Robespierre s’il voulait se sortit de l’orniĂšre oĂč il Ă©tait et sauver sa tĂȘte, n’est pas une preuve. D’aprĂšs son passeport, Batz devait se rendre au Havre oĂč il retrouva ses amis d’EprĂ©mesnil dans leur propriĂ©tĂ© oĂč il passa une partie de l’étĂ©. C’est lĂ  probablement que se noua son idylle avec Melle Thilorier[21], la fille cadette d’un premier mariage de Mme d'EprĂ©mesnil.

GrĂące Ă  Lullier, prĂ©sident du directoire du dĂ©partement, il avait rĂ©ussi Ă  se faire donner les papiers nĂ©cessaires (certificats de non Ă©migration) Ă  l’obtention d’un passeport en rĂšgle – les dĂ©placements en province nĂ©cessitaient une autorisation –, et il Ă©tait au moment du dĂ©part Ă  la date bien prĂ©cise du 8 juillet 1793. Toutes les mentions ou allusions Ă  sa prĂ©sence Ă  Paris aprĂšs aoĂ»t 1793, et cela pendant plus d’un an, sont erronĂ©es. Tous les dossiers de police de la RĂ©volution au Consulat (alors que son dossier Ă©tait encore en cours de traitement) confirment qu’il a constamment voyagĂ© en province et en Suisse entre l’étĂ© 1793 et la fin de ventĂŽse an III. Les visas divers apposĂ©s sur son passeport ont Ă©tĂ© apposĂ©s par diverses municipalitĂ©s et prouvent que Batz n’a pas menti et qu’il ne se cachait pas Ă  Paris au moment de l’affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes.

C’est depuis la province qu’il a su combien, Ă  Paris, on se servait de son nom agitĂ© dans les comitĂ©s comme un Ă©pouvantail. Il Ă©tait partout et nulle part. Le grand conspirateur Ă©tait, Ă  en croire certains membres des comitĂ©s dont BarĂšre de Vieuzac, un ProtĂ©e que l’on pouvait s’attendre Ă  voir surgir n’importe oĂč n’importe quand, et cette invisibilitĂ© le rendait d’autant plus dangereux. GrĂące Ă  cette intoxication, comme on dirait aujourd’hui, on pouvait donner un visage et une identitĂ© aux complots royalistes de l’intĂ©rieur.

Or ce leurre a Ă©tĂ© totalement inventĂ© par BarĂšre, qui s’appuya sur des dĂ©nonciations de commande, pour fixer l’attention de Robespierre et des Jacobins sur les « complots Â». Beaucoup plus influençable qu’on ne l’imagine, l’Incorruptible a fermement cru Ă  cette fable qui a Ă©tĂ© soigneusement entretenue par ses faux amis BarĂšre, Collot, Billaud et le ComitĂ© de sĂ»retĂ© gĂ©nĂ©rale de l’an II, pendant une pĂ©riode qui se situe entre le moment oĂč l’on a dĂ©couvert la « Lettre anglaise Â» (juillet 1793) et celui (15 juin 1794) oĂč Élie Lacoste a officialisĂ© dans son rapport la conspiration de l’étranger dont Batz Ă©tait supposĂ© tirer les ficelles. Cette extraordinaire fable Ă  laquelle Robespierre et de nombreux conventionnels ont cru de bonne foi, a ensuite Ă©tĂ© reprise Ă  leur compte par des gĂ©nĂ©rations d’historiens dont G. Lenotre et Alain Decaux qui, prenant les dĂ©clarations d’Élie Lacoste pour argent comptant, en en rajoutant encore, se sont vainement efforcĂ© de « prouver Â» la vĂ©racitĂ© des agissements extraordinaires de Batz.

Ainsi, pour les royalistes en mal de romantisme, le baron de Batz est longtemps apparu comme une rĂ©incarnation de d’Artagnan et son personnage fantasmĂ© a assurĂ©ment inspirĂ© Alexandre Dumas pour le Chevalier de Maison-Rouge, qui emprunte autant Ă  Batz qu’à Rougeville. Et cela malgrĂ© les dĂ©nĂ©gations de Batz qui a inlassablement rĂ©pĂ©tĂ© ĂȘtre demeurĂ© Ă©tranger Ă  cette affaire effrayante. De fait, ses prĂ©tendues conspirations se sont limitĂ©es Ă  un certain savoir-faire en matiĂšre financiĂšre au temps de la Constituante et de la LĂ©gislative.

Les deux complots de l’étranger

Le dispositif destinĂ© Ă  donner une rĂ©alitĂ© au complot de Batz ou de l’étranger s’est fondĂ© sur les dĂ©nonciations de commande produites Ă  partir de dĂ©cembre 1793 par Chabot puis, de façon systĂ©matique par Dossonville et ses crĂ©atures, Ă  savoir, le repris de justice Armand et l’aristocrate tarĂ© Louis-François de FerriĂšres-Sauvebeuf, condamnĂ©s Ă  mort virtuels et tous les deux dĂ©nonciateurs en sursis. Ce complot dit de Batz fut donc vĂ©ritablement un complot chimĂ©rique destinĂ© Ă  masquer un complot d’une autre envergure dont le point d’orgue fut le 9 thermidor an II, et les agissements politiques de certains membres des comitĂ©s de gouvernement, particuliĂšrement BarĂšre de Vieuzac. Cette opĂ©ration politico-policiĂšre permit des mois durant, de concentrer l’attention des Jacobins sur les prĂ©tendus dangers que Batz et ses complices faisaient courir Ă  la Convention, dans le but de la dissoudre. Et ces dĂ©nonciations et accusations, comme tous les grands mensonges d’état, mĂȘlaient le vrai et le faux.

AprĂšs la dĂ©couverte, fin octobre 1793, d’une tentative d’escroquerie de quatre dĂ©putĂ©s dans la liquidation de l’affaire de la liquidation de la compagnie des Indes, le ComitĂ© de salut public et le ComitĂ© de sĂ»retĂ© gĂ©nĂ©rale, entraĂźnĂ©s par BarĂšre de Vieuzac, avaient dĂ©signĂ© Batz comme Ă©tant le chef de ce complot visant Ă  avilir les institutions rĂ©publicaines. À cette Ă©poque, Bertrand BarĂšre de Vieuzac, rapporteur au ComitĂ© de salut public et supervisant les affaires diplomatiques, cherchait Ă  justifier la Terreur qu’il avait mise Ă  l’ordre du jour, comme instrument de gouvernement en arguant de la rĂ©alitĂ© de complots multiples et en agitant le spectre de la patrie trahie et vendue Ă  l’étranger. On accusa Ă©galement Batz, au lendemain d’une tentative d’évasion de la reine, d’ĂȘtre l’un des instigateurs du projet ; on l’accusa enfin d’avoir cherchĂ© Ă  corrompre des dĂ©putĂ©s pour les dresser contre le Gouvernement rĂ©volutionnaire et Ă  favoriser la contre-rĂ©volution, voire en utilisant les excĂšs des ultra-rĂ©volutionnaires tels que Chaumette, Gobel et HĂ©bert, notamment la dĂ©christianisation.

Son nom est ainsi apparu dans l’affaire dite des ExagĂ©rĂ©s, le 14 mars 1794, lorsque plusieurs proches de la Commune de Paris, proches des Cordeliers, et Ă  leur tĂȘte Vincent, Ronsin et Jacques-RenĂ© HĂ©bert, furent guillotinĂ©s comme complices de l’étranger avec les nommĂ©s Anacharsis Clootz, Jacob Pereira et Berthold Proly, tous les trois ressortissants Ă©trangers. Puis Ă  nouveau, le 5 avril suivant, Danton, Camille Desmoulins, Philippeaux et diverses personnes qui ne se frĂ©quentaient pas, furent amalgamĂ©es les unes aux autres et exĂ©cutĂ©es avec les dĂ©putĂ©s compromis dans le prolongement judiciaire de l’affaire de la Compagnie des Indes dont on accusait couramment, depuis les dĂ©clarations arrachĂ©es Ă  Chabot, le ci-devant baron de Batz d’ĂȘtre l’instigateur principal : c’est lui, disait-on, qui avait soudoyĂ© Chabot, Basire, Delaunay d’Angers et Fabre d'Églantine, c’est lui encore qui les avait mis en rapport avec des marchands d’argent dont l’abbĂ© d’Espagnac, Andres Maria de Guzman et les Frey.

Or tout Ă©tait faux, tout reposait sur de fausses dĂ©clarations signĂ©es par François Chabot et Claude Basire qui savaient risquer gros depuis qu’ils avaient Ă©tĂ© officiellement mis en cause par leur ancien complice Amar dans son rapport sur la falsification du dĂ©cret de liquidation de la Compagnie des Indes.

Le baron de Batz, qui Ă©tait loin de Paris, apprit ainsi avec consternation que ses intimes et la plupart de ses relations avaient Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s, les six premiers - dont Marie de Grandmaison - dĂšs septembre 1793 dans la villa dite l’Ermitage de Charonne, et les autres au fur et Ă  mesure. L'arrestation de son ex-maĂźtresse, puis celle de Mme d'EprĂ©mesnil et de sa fille cadette qui rĂ©chappa seule Ă  l'hĂ©catombe, le bouleversĂšrent assurĂ©ment, mais il ne pouvait rien pour elles. Tous et toutes avaient Ă©tĂ© dissĂ©minĂ©s dans les prisons de Paris puis rassemblĂ©e en germinal et florĂ©al, aprĂšs le procĂšs de Danton, dans une seule et mĂȘme prison, Sainte-PĂ©lagie, d’oĂč ils partirent pour la conciergerie et le Tribunal rĂ©volutionnaire rĂ©gi par la loi du 22 prairial, sans dĂ©bats contradictoires. Pour donner vraisemblance Ă  un complot imaginaire dont Batz serait le centre, il fallait recueillir un certain nombre de dĂ©nonciations qui serviraient Ă  bĂątir un acte d’accusation que les accusĂ©s, privĂ©s de parole, ne pourraient pas rĂ©futer. Or il n’y avait rien de tangible Ă  reprocher aux amis de Batz sinon le fait qu’ils l’avaient connu, plus ou moins, selon les cas. Pour contourner la difficultĂ©, la police politique chargea son agent Jean-Baptiste Dossonville de se charger du montage policier de cette affaire.

Les chemises rouges

Ainsi, le 17 juin, parmi les soixante condamnĂ©s des chemises rouges, une vingtaine de personnes innocentes des complots dont les dĂ©nonciateurs gagĂ©s les accablaient Ă©taient des amis ou des intimes de Batz. À ces malheureux, on avait adjoint d’autres que, pour des raisons diverses et toujours monstrueuses, on voulait se dĂ©faire. Les relations de Batz Ă©taient principalement le sieur Devaux, dont l'Ă©pouse nĂ©e Saint-Haon Ă©tait incarcĂ©rĂ©e, le ci-devant marquis de La Guiche dont l'Ă©pouse Ă©tait Ă©migrĂ©e, le ci-devant comte ThĂ©odore de Marsan, Melle Marie-Madeleine Babin de Grandmaison et sa suivante Nicole Bouchard, Mme d'EprĂ©mesnil, nĂ©e Sentuary, et ses logeurs Mme Griois, nĂ©e Vincent, et les citoyens Cortey et Roussel. D'autres Ă©taient des membres de la commune hĂ©bertiste Ă  qui il aurait eu plus ou moins affaire pour des raisons administratives, mais aussi, semble-t-il, pour favoriser un projet chimĂ©rique d'Ă©vasion de Marie-Antoinette qui se rĂ©vĂ©lait impraticable tant les incertitudes Ă©taient grandes.

AprĂšs la Terreur

Revenu en France en l’an III, Batz fut mĂȘlĂ© Ă  l’insurrection royaliste du 13 vendĂ©miaire an IV (25 octobre 1795). ArrĂȘtĂ©, emprisonnĂ©, il dut son salut Ă  la prĂ©sence d'esprit de Melle Thilorier, sa future Ă©pouse, et de la ci-devant marquise de Janson[22], qui enlevĂšrent ses papiers avant la pose des scellĂ©s Ă  son domicile[23].

AprĂšs le coup d'État du 18 fructidor an V, il se rĂ©fugia en Auvergne, oĂč il avait achetĂ© un chĂąteau. DĂ©couvert, il fut arrĂȘtĂ©, mais s’évada lors de son transfert vers Lyon et passa en Suisse.

Revenu Ă  Paris sous le Consulat, il obtint, grĂące Ă  Regnaud de Saint-Jean d'AngĂ©ly, d’ĂȘtre radiĂ© de la liste des Ă©migrĂ©s. Il voyagea Ă  l'Ă©poque de la paix d'Amiens et ne participa pas aux conspirations royalistes contre Bonaparte. En 1808, il s'agrĂ©gea Ă  la famille de Michel Regnaud de Saint-Jean d'AngĂ©ly et de Mme de Bonneuil, ses amis de toujours, en Ă©pousant Melle Augustine-Michelle - dite DĂ©sirĂ©e - Thilorier, fille cadette du premier mariage de Mme d'EprĂ©mesnil guillotinĂ©e avec son mari en 1794[24]. Il abandonna toute activitĂ© politique pour s’occuper de son domaine de Chadieu, en Auvergne.

Sous la Restauration, il obtint le grade de marĂ©chal de camp et la croix de Saint-Louis pour ses services, ainsi que le commandement militaire du Cantal, qui fut supprimĂ© aprĂšs les Cent-Jours. RetirĂ© dans son domaine de Chadieu, il y meurt le 10 janvier 1822. Sa belle-sƓur, Mme Legras de Bercagny qui vivait chez lui y mourut Ă  son tour. La baronne de Batz mourut Ă  Paris sous le second Empire.

Représentations littéraires

Jean de Batz est le hĂ©ros d’une sĂ©rie de romans de Juliette Benzoni, le Jeu de l’amour et de la mort.

Notes

  1. ↑ CitĂ© dans de Bonald, François Chabot, 1908, pp.238-239
  2. ↑ C’est sur ce titre de noblesse dont la lĂ©gitimitĂ© est trĂšs douteuse qu’ont portĂ© les discussions sur les origines nobles de Batz
  3. ↑ Contrat passĂ© chez Labeyrie notaire Ă  Mugron
  4. ↑ Archives de la MunicipalitĂ© de Tartas, GG20; inscrit « 1755 Â» sur la gĂ©nĂ©alogie de Batz conservĂ©e dans les papiers d’EprĂ©mesnil
  5. ↑ Papiers d’EprĂ©mesnil, « tableau de la gĂ©nĂ©alogie produite par M. le baron de Batz Â» AN, 158AP (3) dossier 11
  6. ↑ Concernant la « seigneurie d’Armanthieu Â», il y a aussi un problĂšme car il a existĂ© une autre famille de ce nom dont Jean-Pierre de Batz, seigneur d’Armenthieu, qui eut un fils guillotinĂ© Ă  Saint-Sever en mars 1794. Peut-ĂȘtre le baron de Batz voulait faire valoir cette prĂ©tention du fait que sa mĂšre, Marie de Laboge, avait Ă©tĂ© mariĂ©e en premiĂšres noces avec Pierre-Hector de Junca, gentilhomme, alliĂ© Ă  cette famille par sa mĂšre Marguerite de Batz, fille de Louis de Batz et de Jeanne d’Artigues, elle-mĂȘme fille de Guillaume d’Artigues, bourgeois de Saint-Sever, et de Marguerite d’Armanthieu. Cette Marguerite de Batz Ă©tait sƓur de cet autre Jean-Pierre de Batz, seigneur d’Armanthieu, capitaine au rĂ©giment de Lorraine, qui eut plusieurs enfants dont l’hĂ©ritier fut Antoine de Batz d’Armanthieu, guillotinĂ© Ă  Saint-Sever le 27 mars 1794, d’oĂč postĂ©ritĂ©.
  7. ↑ AN, Minutier central, Ă©tude Minguet le 12/6/1787
  8. ↑ Il semble qu’il ait rachetĂ© vers 1777 Ă  un membre de la famille noble du Lin de Marsan les titres d’une famille landaise de Galard de Marsan, du Lau du Lin de Marsan, Marsan de Sainte-Croix, possĂ©dant la baronnie de SĂ©minian, d’oĂč ce nom de Laboge-Marsan et cette terre noble de SĂ©minian dont il a qualifiĂ© feue sa mĂšre.
  9. ↑ Sanguine originale, signĂ©e et datĂ©e 1775, in exposition rĂ©trospective « Alfred de Dreux Â», Galerie La Cimaise, 174, faubourg Saint-HonorĂ©, reproduite dans Catalogue de gravures du XIXe siĂšcle, Paris, 1988.
  10. ↑ Le 29 dĂ©cembre 1776.
  11. ↑ En 1787, il possĂ©dait 680 actions des Indes formant 692 073 livres et six sols : AN, T699.
  12. ↑ Il possĂ©dait 745 actions de la compagnie d’assurance sur la vie formant en 1787 la somme de 1 307 820 livres et 80 sols, AN, T 699
  13. ↑ Il Ă©tait aussi propriĂ©taire du chĂąteaux de Loustalau que l’on peut identifier avec celui de Goutz (?)
  14. ↑ Les 30 aout 1788 et date 28 janvier 1789.
  15. ↑ Il obtint aussi un brevet de lieutenant de vaisseau par le comte de Chalais
  16. ↑ Le 21 juillet 1791.
  17. ↑ Sur Batz financier au comitĂ© de liquidation, voir principalement Arnaud de Lestapis, Batz et la crĂ©ance Guichon, Annales historiques de la RĂ©volution, p. 195 ; Jean Bouchary, Les Manieurs d’argent, Paris, 1941-1943, vol. I, II et III.
  18. ↑ Il est probable que des sommes d’argent issues du remboursement de crĂ©ances opĂ©rĂ© par le comitĂ© de liquidation furent ensuite affectĂ©es Ă  la cause royale.
  19. ↑ Desessarts, Procùs fameux, III, p. 31
  20. ↑ Lettre de son fils à Decazes, BHVP, Ms.882 fol.253).
  21. ↑ Augustine-Françoise dite DĂ©sirĂ©e Thilorier qui remplaça Melle de Grandmaison, et qu’il Ă©pousa en 1808.
  22. ↑ CondamnĂ©e par contumace depuis le rapport d'Élie Lacoste comme « agente enragĂ©e de la conspiration, chargĂ©e de suborner Chabot et d'enlever la femme Capet Â», bĂ©nĂ©ficiant, depuis, de la protection de son cousin Barras.
  23. ↑ D'Allonville, MĂ©moires tirĂ©s des papiers d'un homme d'État
  24. ↑ Sa sƓur Marie-Antoinette Thilorier, dite ChloĂ©, avait Ă©pousĂ© en 1794 l'ex-abbĂ© Claude Armel Legras de Bercagny, comapagnon de d'EprĂ©mesnil sous la RĂ©volution, devenu prĂ©fet de NapolĂ©on

Sources

  • Olivier Blanc, Les Hommes de Londres, histoire secrĂšte de la Terreur, Paris, Albin Michel, 1989.
  • Olivier Blanc, La corruption sous la Terreur, Paris, Robert Laffont, 1993.
  • Roger Dupuy, « Jean, Baron de Batz Â», in Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la RĂ©volution française, Paris, PUF, 1989 (rĂ©Ă©d. Quadrige, 2005, p. 96-97)
  • NoĂ«lle Destremau, Le Baron de Batz un Ă©tonnant conspirateur, Nouvelles Éditions latines.
  • G. Lenotre, Le Baron de Batz, Librairie acadĂ©mique Perrin et Cie
  • Robert Schnerb, « Ă€ propos d’Admirat et du baron de Batz Â», Annales historiques de la RĂ©volution française, 1948, p. 471-488.
  • Baron de Batz, La Vie et les conspirations de Jean, baron de Batz, 1754-1793, - Les conspirations et la fin de Jean, Baron de Batz, 1793-1822, Calmann-LĂ©vy, 1910-1911.
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