Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon (Place au Peuple) 001 (redécoupé).jpg
Jean-Luc Mélenchon.

Mandats
Coprésident du bureau national
du Parti de gauche
Actuellement en fonction
Depuis le 1er février 2009
(se met en retrait pendant sa campagne présidentielle)
En tandem avec Martine Billard (depuis 2010)
Prédécesseur Création du parti
Député européen
Actuellement en fonction
Depuis le 14 juillet 2009
Sénateur de l'Essonne
1er octobre 20047 janvier 2010
2 octobre 198627 avril 2000
Ministre délégué à l'Enseignement professionnel
27 mars 20006 mai 2002
Président Jacques Chirac
Gouvernement Lionel Jospin
Prédécesseur Claude Allègre (indirectement)
Successeur Luc Ferry (indirectement)
Biographie
Date de naissance 19 août 1951 (1951-08-19) (60 ans)
Lieu de naissance Drapeau : Maroc Tanger (Maroc)
Nationalité Française
Parti politique OCI
Parti socialiste
Parti de gauche
Profession Professeur de l'enseignement technique
Journaliste

Jean-Luc Mélenchon, né le 19 août 1951 à Tanger, au Maroc, est un homme politique français, député européen et co-président du Parti de gauche (PG). Élu local de Massy puis du département de l'Essonne à partir de 1983, il est élu sénateur de l'Essonne en 1986 et réélu en 1995 et 2004. Il est ensuite élu député européen dans la circonscription Sud-Ouest en 2009.

Jean-Luc Mélenchon est ministre de l'Enseignement professionnel de 2000 à 2002, sous le gouvernement de cohabitation de Lionel Jospin. Au Parti socialiste, il fait partie de l'aile gauche jusqu'au congrès de Reims de novembre 2008, date à laquelle il quitte ce parti pour fonder le Parti de gauche. Au départ président du bureau national du Parti de gauche, il en est actuellement le co-président, aux côtés de Martine Billard. Jean-Luc Mélenchon est candidat à l'élection présidentielle de 2012 au nom du Front de gauche.

Sommaire

Biographie

Famille

Jean-Luc Mélenchon est le fils cadet de Georges Mélenchon, receveur des PTT, et de Jeanine Bayona, institutrice, dont la famille est originaire d'Espagne[1]. Ses parents divorcent. En 1962, il quitte le Maroc pour la France, et s'installe à Yvetot, dans le Pays de Caux, puis dans le Jura, où sa mère est mutée[2],[3],[4]. Marié durant son séjour à Besançon, il a une fille, née en 1974[4]. Il a été un moment le compagnon de Pascale Le Néouannic, conseillère régionale d'Île-de-France[5].

Parcours professionnel

Titulaire d'une licence de philosophie[3],[6], il se marie et devient correcteur[4] dans l'imprimerie Néo-Typo[7] de Besançon, parallèlement à ses études[4]. Il a également travaillé à l'entreprise d'horlogerie Maty et dans une station-service « à la sortie de la ville »[7]. En 1976, il retourne à Lons-le-Saunier[4], où il est professeur de français[8],[9] dans un lycée technique[10],[4], puis devient journaliste à La Dépêche du Jura, collabore ponctuellement à l'hebdomadaire chrétien d'information La Voix Jurassienne et dirige La Tribune du Jura, le mensuel de la fédération socialiste du Jura, à la fin des années 1970[11]. En 1978, il s'installe dans l'Essonne où il devient directeur de cabinet du maire de Massy, Claude Germon[6],[12] et fonde un bulletin hebdomadaire intitulé À Gauche[4]. De 1993 à 1995, il est directeur politique de l'hebdomadaire du Parti socialiste Vendredi[3],[6],[4].

Premiers pas en politique

Élève au lycée Rouget de Lisle de Lons-le-Saunier, il obtient son baccalauréat en 1969[13]. Leader du mouvement lycéen[14] lors de Mai 68 dans sa ville, il rejoint l'Union nationale des étudiants de France dès son entrée à la faculté des lettres et sciences humaines de Besançon[3] en septembre 1969. À l'issue des événements de mai-juin 1968 à Besançon, la Ligue communiste et le PSU, majoritaires dans l'AGEC-UNEF, appuient une prise en main du syndicat par les partisans de sa mutation en « mouvement politique de masse ». En s'y opposant, Jean-Luc Mélenchon rejoint l'Organisation communiste internationaliste, courant trotskiste d'obédience lambertiste, qui tente de contrer cette politique. Après la scission de l'UNEF en 1970, Jean-Luc Mélenchon participe au combat pour reconstruire une cellule locale du syndicat étudiant[4], à la fois contre le courant syndical issu de l'UEC, animant l'UNEF-Renouveau, liant le syndicat aux conseils de gestion de la loi Edgar Faure[réf. nécessaire], et contre les courants gauchistes qui visent sa transformation en mouvement politique[réf. nécessaire]. C'est à ce titre qu'il devient président de l'union locale étudiante, puis intègre le bureau national de l'Unef-Unité syndicale en 1974. Sa liste aux élections du CROUS en 1975 obtient 60 % des suffrages exprimés.

De 1972 à 1975, il devient le dirigeant de l'OCI à Besançon et joue un rôle important[réf. nécessaire] dans l'implantation régionale de cette organisation à Dole et Lons-le-Saunier (Jura). Pendant quatre années, il participe à toutes les luttes étudiantes et ouvrières du Jura — en particulier la grève des Lip[4], importante industrie horlogère bisontine démantelée quelques années plus tard. Cette expérience l'amène progressivement à prendre ses distances avec la conception léniniste du parti. C'est l'époque où le Parti socialiste de François Mitterrand reconstitué au congrès d'Épinay en 1971, occupe progressivement à gauche tout l'espace du socialisme démocratique, mettant le PCF en difficultés électorales.

Militant socialiste mitterrandien

Jean-Luc Mélenchon quitte Besançon pour entrer dans l'activité professionnelle à Lons-le-Saunier et adhère au PS en 1977[15]. Il y occupe très vite des responsabilités départementales et développe un journal fédéral qui combat pour l'union PS-PCF ; c'est l'époque où le second rompt les accords d'union de la gauche sur un programme commun de gouvernement. Remarqué lors d'une fête jurassienne du Poing et la Rose par Claude Germon, maire de Massy et membre du bureau exécutif du PS en charge du secteur entreprise du parti socialiste, il part en région parisienne et devient directeur de cabinet de ce responsable politique.

Il devient un des principaux dirigeants mitterrandistes de la fédération de l'Essonne, ce qui le conduit au poste de premier secrétaire de cette fédération au congrès de Valence en 1981 — il conserve cette fonction jusqu'en 1986[6]. S'opposant à la fois à la Deuxième gauche rocardienne et au CERES de Chevènement, il travaille à l'organisation du courant mitterrandiste, en Essonne d'abord puis à travers une publication Données et arguments, qui sera le creuset d'un courant ancré à la gauche du parti.

Bien qu'il refuse de confirmer son appartenance à la franc-maçonnerie, il fréquente depuis cette époque la loge Roger Leray du Grand Orient de France où il a comme thèmes de prédilections la laïcité et la défense de la république[16].

De la Gauche socialiste à PRS (1988-2005)

Fondateur avec Julien Dray de la Gauche socialiste en 1988, il s'oppose à l'entrée de la France dans la première guerre du Golfe contre la majorité de son parti. La Gauche socialiste présentera sa propre motion lors de trois congrès du PS jusqu'à sa disparition en 2002. Elle obtient des scores oscillant entre 7,3 % et 13,3 % des suffrages exprimés. Lors du dramatique congrès de Rennes de 1990 (aucune motion n'atteindra les 30 %), dans le cadre duquel l'aile gauche du parti part divisée en quatre, Jean-Luc Mélenchon conduit sa propre motion, qui obtient 1,35 % des voix. Lors du congrès de Brest en 1997, il se présente au poste de premier secrétaire du PS : seul concurrent face à François Hollande, il obtient 8,81 % des voix. En mars 2000, il accepte de participer au gouvernement de Lionel Jospin comme ministre délégué à l'enseignement professionnel.

Tirant le bilan de la défaite électorale d'avril 2002, lorsque la composante animée par Julien Dray fait le choix de passer dans l'équipe de François Hollande, Jean-Luc Mélenchon cofonde le courant Nouveau Monde avec Henri Emmanuelli. Leur motion obtiendra 16,3 % des voix lors du congrès de Dijon, un score équivalent à celui du Nouveau Parti socialiste (NPS), l'autre principale formation de l'aile gauche du parti.

Jean-Luc Mélenchon en compagnie d'Olivier Besancenot et de José Bové lors d'un meeting pour le non au référendum sur la Constitution européenne.

Après le référendum interne au Parti socialiste sur le projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe et la victoire du oui, il enfreint les consignes de son parti et fait campagne aux côtés de Marie-George Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR) et José Bové (Confédération paysanne) lors de meetings communs pour un non de gauche.

La campagne du non amène l'éclatement de Nouveau Monde et la recomposition de l'aile gauche du Parti socialiste. Alors qu'Henri Emmanuelli crée un nouveau courant, Alternative socialiste, Jean-Luc Mélenchon créé de son côté Trait d'union. Il fonde dans le même temps l'association PRS (Pour la république sociale), en dehors et indépendamment du Parti socialiste, dans le but de formuler et de faire vivre une orientation clairement républicaine et antilibérale dans la gauche française. PRS se prononce pour une force politique nouvelle qui prenne en compte à la fois l'échec de ce qui fut le modèle soviétique[17] et l'impasse d'une social-démocratie européenne qui accompagne les « réformes » du néo-libéralisme[18],[19]. Selon PRS, une autre voie est possible, c'est ce que traduirait l'émergence d'un parti comme Die Linke en Allemagne[20].

Après la victoire du non dans le pays au référendum du 29 mai 2005, il se présente lui-même comme le « trait d'union » au sein du Parti socialiste et des partenaires de gauche, d'où le nom de son nouveau courant. Il défend l'idée selon laquelle le candidat socialiste pour l'élection présidentielle de 2007 doit être une personne qui a défendu le non au référendum sur la Constitution européenne, car cette échéance coïnciderait selon lui avec le calendrier européen pour une renégociation du traité constitutionnel qui devrait s'appliquer à partir de 2009. Dans cet esprit, pour Jean-Luc Mélenchon, Laurent Fabius serait le rassembleur au sein du PS.

Dernières années au Parti socialiste (2005-2008)

Lors du congrès du Mans, en novembre 2005, Trait d'union (TU) dépose une contribution. L'aile gauche du PS, malgré le consensus de ses leaders sur la question européenne, partira à nouveau divisée, TU rejoignant la motion conduite par Laurent Fabius et soutenue par Marie-Noëlle Lienemann, tandis que les autres leaders de l'aile gauche se rassemblent derrière la motion présentée par le NPS. La première obtiendra 21,2 %, la seconde 23,6 %, tandis que les militants reconduisent la majorité sortante de François Hollande (53 %). Dans le cadre de l'élection primaire organisée un an plus tard au PS pour départager les candidats à la candidature socialiste à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon apporte à nouveau son soutien à Laurent Fabius.

À ce titre, il déclarait le lundi 22 août 2005 : « Il n'y a pas cinquante candidats pour l'élection présidentielle de 2007 au PS, au point où nous en sommes, il n'en reste que deux : Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Ce sont deux hommes intelligents, qui ont bonne mine, mais il faut bien les démarquer sur quelque chose donc sur leurs idées et leurs engagements. [...] Je souhaite que le PS ne fasse pas l'erreur d'aller présenter un candidat qui aurait été partisan du oui [à la Constitution européenne, ce qui est le cas de Dominique Strauss-Kahn]. Par raisonnement, je déduis que c'est Laurent Fabius qui doit être candidat. [...] Fabius a été ministre, il est capable de diriger le pays. Je vais le soutenir, mais pas de chèque en blanc ». Le surlendemain de l'investiture de Ségolène Royal par le Parti socialiste, il assistait à un meeting de la gauche antilibérale, laissant planer le doute sur son éventuel soutien à sa candidature à l'élection présidentielle.

Après l'échec du Collectif national pour un rassemblement antilibéral à apporter son soutien à une candidature, il écrit sur son blog : « Une partie de l'électorat politisé de la gauche se démobilise. Il ne se sent pas représenté. Une partie de la population électorale parmi les désemparés (par la dureté de la vie) - désorientés (par l'absence d'alternative politique radicale intelligible) va continuer à flotter entre l'indifférence écœurée et les poussées de colère électorale aveugle. Enfin, la centralité de la candidature socialiste à gauche est désormais totale, que cela plaise ou pas, parce qu'elle paraît la seule efficace pour atteindre le programme commun le plus élémentaire : être présent au deuxième tour et battre la droite[21] », affirmant donc son soutien à Ségolène Royal. La défaite de cette dernière au second tour du scrutin présidentiel, face au candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy, l'amènera à critiquer de manière très vive la stratégie de l'ex-candidate, notamment par le biais de son livre En quête de gauche.

Départ du PS

Jean-Luc Mélenchon en compagnie de Marie-George Buffet au meeting de lancement du Front de gauche au Zénith, le 8 mars 2009.

À l'occasion du congrès de Reims en septembre 2008, Trait d'union dépose une nouvelle contribution. Appelant à l'union de toutes les tendances de l'aile gauche du PS, Jean-Luc Mélenchon parvient très tôt à un accord avec le courant Forces militantes animé par le député nordiste Marc Dolez. Mais les autres tendances, rassemblées autour du Nouveau Parti socialiste de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, hésitent longtemps entre cette stratégie et un soutien à la motion conduite par Martine Aubry et Laurent Fabius. La veille du dépôt des motions, un accord est finalement convenu entre les sept contributions de l'aile gauche du PS, et Jean-Luc Mélenchon fait partie des signataires de la motion C intitulée « Un monde d'avance », conduite par Benoît Hamon[22]. Il a qualifié ce rassemblement d'« événement historique »[23] : cette motion rassemble en effet pour la première fois toutes les sensibilités de l'aile gauche du PS, avec des personnalités emblématiques de cette tendance comme Gérard Filoche, Marie-Noëlle Lienemann ou Paul Quilès.

Le 7 novembre 2008 a lieu le vote des militants socialistes pour départager les différentes motions. La motion soutenue par Ségolène Royal arrive en tête avec environ 29 % des suffrages exprimés, tandis que celle conduite par Benoît Hamon arrive en quatrième position avec 18,5 %. Pour Jean-Luc Mélenchon, c'est une victoire de la majorité sortante, qui emporte 80 % des suffrages et, parmi elles, de celle prônant l'alliance au centre[24]. S'estimant trop éloignés de cette tendance au point qu'il ne soit pas utile de prendre part au Congrès, lui et Marc Dolez font part de leur décision, « par fidélité à leurs engagements » et dans un souci d'indépendance d'action, de quitter le Parti socialiste, pour créer un nouveau mouvement « sans concession face à la droite »[25].

Ils ont annoncé « la construction d'un nouveau parti de gauche », simplement intitulé le «Parti de gauche» (sur le modèle allemand de Die Linke), et appelé « à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes »[26]. Le 18 novembre, à l'occasion d'une rencontre avec le Parti communiste français, les deux partis ont annoncé leur alliance sous forme de « partenariat », dans le cadre d'un « front de gauche pour une autre Europe démocratique et sociale, contre la ratification du Traité de Lisbonne et les traités européens actuels ». Le meeting de lancement du Parti de gauche a eu lieu le 29 novembre à Saint-Ouen, en présence du co-président de Die Linke Oskar Lafontaine[27].

Parti de gauche

Le PG est officiellement fondé le 1er février 2009 lors du Congrès de Limeil-Brévannes, en présence de quelque 600 délégués venus de tous les départements dans lesquels des comités du parti se sont formés. Jean-Luc Mélenchon en devient le président du bureau national. À l'occasion de cette fondation s'inspirant du modèle de Die Linke, un secrétariat national (SN) au combat écologique (confié à Corinne Morel Darleux) est fondé pour réconcilier socialisme et préservation des ressources de la planète Terre sur des bases anticapitalistes et écologiques s'inspirant en partie des théories de la Décroissance pour réaffirmer l'identité de ce parti anticapitaliste autour de l'idée forte d'une organisation de gauche sociale et écologique. Ainsi, Martine Billard, ex-députée verte de Paris (aile gauche des Verts) annonce en juin 2009 sa décision de participer à la refondation du PG en décembre 2009, en raison de sa lassitude « de servir de caution de gauche » à des Verts englués dans une « dérive libéralo-centriste » a fortiori depuis l'avènement d'Europe Ecologie aux élections européennes en France du 6 juin 2009.(source:conférence de presse du 8 juillet 2009[1]).

Le développement des recherches scientifiques et technologiques sur la voiture électrique et de sa production industrielle massive (fortement stimulable par la commande publique), des énergies alternatives, du fret et du ferroutage sont donc des chevaux de bataille décisifs pour le PG et son président Mélenchon qui considère qu'«écologie et capitalisme sont incompatibles» et opposés. Selon Jacques Généreux (SN à l'économie au PG) dans Le Socialisme néomoderne, «la "vraie" écologie est socialiste» (et non centriste et libérale à la sauce Europe écologie) et «prône la rupture avec le productivisme tout en donnant les moyens économiques suffisants aux classes moyennes et populaires d'assurer la transition énergétique» (détaxation des produits et services écologiques, sains et surtaxation des produits et services polluants et malsains par exemple) «la transformation profonde des modes de vie et de déplacement qui articule étroitement progrès social et préservation écologique de la planète».

La liste du Front de gauche qu'il conduit dans la circonscription Sud-Ouest lors des élections européennes de juin 2009 obtient 8,15 % des suffrages exprimés et lui permet de devenir député européen.

Peu de temps après avoir été officiellement intronisé europarlementaire le 14 juillet 2009, Jean-Luc Mélenchon livre notamment dans son blog qu'il se rend compte (notamment lors de la désignation du président (PPE) de l'europarlement, l'ancien premier ministre de la Pologne, Jerzy Buzek et de la réélection du président portugais Barroso à la tête de la Commission européenne) qu'en réalité un eurodéputé a encore moins de pouvoir qu'un parlementaire national (temps de parole réduit à une minute au lieu de trois dans le parlement français, etc.) dans des institutions européennes. Dès lors, en octobre 2009, il s'est dit disponible pour se présenter aux élections régionales françaises de 2010 en tant que tête de liste dans la région Languedoc-Roussillon [2],d'une part, puis, d'autre part; à la suite de "l'affaire" Jean Sarkozy portant sur la direction de l'EPAD,situé dans le département des Hauts-de-Seine (92) au sein du quartier de la Défense, premier quartier d'affaires européen ; il a signalé sa disponibilité pour mener la liste Front de gauche en Île-de-France pour remporter la bataille du leadership à gauche .

Enfin, si Jean-Luc Mélenchon se qualifie lui-même de socialiste républicain, son ambition ultime est de parvenir à « être le rassembleur de toute la gauche » sur une ligne politique antilibérale voire anticapitaliste issue de la « révolution par les urnes » pour gouverner et transformer profondément (révolution socialiste) la France dans le sens du progrès massif de l'intérêt général (refondation républicaine) à l'instar des expériences sud-américaines boliviennes et vénézuéliennes respectivement pilotées par Evo Morales et Hugo Chavez(sources: interview sur France inter au 7-10h le 28 août 2009 [3] et l'Autre Gauche). En somme, il s'agit pour lui de viser l'avènement du socialisme en s'appuyant sur la confiance des électeurs (élections démocratiques) et sur les leviers de l'État pour mener des réformes socialistes.

Jean-Luc Mélenchon est élu président du bureau national du Parti de gauche lors du congrès de Limeil-Brévannes en janvier 2009, puis co-président de ce parti (en binôme avec Martine Billard) lors du congrès du Mans en novembre 2010.

Élection présidentielle de 2012

Jean-Luc Mélenchon propose sa candidature à l'élection présidentielle le 21 janvier 2011[28]. Il obtient successivement le soutien du Parti de gauche, de Gauche unitaire et de la Fédération pour une alternative sociale et écologique. Le 5 juin 2011, 63,6 % des 800 délégués du Parti communiste français réunis lors d'une conférence nationale à Montreuil votent en faveur d'une résolution politique incluant la candidature de Jean-Luc Mélenchon en vue de l'élection présidentielle de 2012[29]. Lors d'une consultation interne qui se tient du 16 et 18 juin 2011, les militants communistes se prononcent majoritairement en faveur de sa candidature (59,12 %) et non pour celles d'André Chassaigne (36,82 %) et d'Emmanuel Dang Tran (4,07 %). Jean-Luc Mélenchon devient ainsi le candidat officiel du Front de gauche pour l'élection présidentielle de 2012[30].

Prises de positions et controverses

Les propos et prises de positions de Jean-Luc Mélenchon suscitent les réactions de divers mouvements et personnalités.

Régionalisme breton

Il est, selon ses propos, opposé « à ce que des groupes de locuteurs aient des droits particuliers » mais non « à la pratique des langues régionales »[31]. Aussi, ses prises de position sur l'enseignement de la langue bretonne par les écoles Diwan et le financement de ses écoles par l'État[32] et sur certains régionalistes bretons qualifiés d'« identitaires ethnicistes »[33] lui ont attiré l'opposition d'autonomistes bretons[34], de linguistes[35], de la commission culture du PCF[36]. Ses propos ont également suscité des critiques parmi les socialistes de la région Bretagne, qu'il avait accusés de favoriser les « autonomistes », lors de l'organisation de la Breizh Touch, en septembre 2007 à Paris. À cette occasion, Jean-Yves Le Drian, président socialiste de la région Bretagne, répondant à ses accusations de « manipulation », le qualifie de « paon sectaire d'avant-guerre »[37]. Quant à Jean-Jacques Urvoas, député de Quimper, il dénonce « l'irrationalité » de l'« idéologie nationaliste » de Jean-Luc Mélenchon, de même que ses « propos diffamatoires », à propos d'une intervention au Sénat relative aux origines de la langue bretonne[38].

Chine et Tibet

En avril 2008, il se prononce[39] contre « le boycott des jeux de Pékin et la propagande anti-chinoise », jugeant dans cette attitude une « morgue ressemblant à du racisme » et « l'écho du mépris des colons qui ont imposé en leur temps les armes à la main l'obligation pour les Chinois de faire le commerce de l'opium[40] ». Tout en dénonçant le non-respect des droits de l'Homme au Tibet et l'hypocrisie de la situation, il se prononce contre la création d'un État tibétain qui serait religieux et théocratique. Ces positions polémiques génèrent des critiques l'accusant de « reprendre fidèlement l'historiographie officielle de Pékin »[41],[42],[43]. Face à ses détracteurs, Jean-Luc Mélenchon publie de nouveau un long article sur la question du Tibet le 24 avril 2008[44].

Journalisme

En octobre 2010, un extrait du film Fin de concession de Pierre Carles diffusé sur internet montre Jean-Luc Mélenchon, visionnant une interview de Xavier Mathieu, délégué CGT Continental AG à Clairoix par David Pujadas, qualifier le journaliste de « salaud » et de « larbin », lui reprochant de demander à plusieurs reprises au syndicaliste de désavouer le saccage de la sous-préfecture de Compiègne par son syndicat, sans évoquer la violence sociale subie par ces ouvriers licenciés. Une polémique médiatique s'ensuit, au cours de laquelle Xavier Mathieu prend la défense de Jean-Luc Mélenchon[45].

Récapitulatif des mandats

Fonctions ministérielles

Mandat de sénateur

Mandats locaux

Mandat européen

Fonctions politiques au PS

  • Membre du conseil national du PS
  • Membre du bureau national du PS
  • Directeur de la rédaction du bulletin hebdomadaire À Gauche
  • Secrétaire national du PS
  • Cofondateur et président du club socialiste Nouveau monde (2002 - 2008)

Bibliographie

Notes et références

  1. Il fait souvent mention de cette origine immigrée.
  2. Vanessa Schneider, « Jean-Luc Mélenchon, 48 ans, ex-grande gueule du PS, rentre dans le rang avec celui de ministre délégué. L'importuniste », Libération.fr, 27 avril 2000.
  3. a, b, c et d Who's who, 2001-2002, p. 1279.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Hortense Paillard, « Biographie : Qui est Jean-Luc Mélenchon ? », La République des lettres.
  5. Le Parisien, 13 février 2009 : http://www.leparisien.fr/antony-92160/la-compagne-de-melanchon-change-de-groupe-au-conseil-regional-13-02-2009-409091.php
  6. a, b, c, d et e Jean-Luc Mélenchon, Nouvel-Obs.com
  7. a, b et c Comptes rendus des débats-Séance du 4 novembre 1999, sur le site internet du Sénat.
  8. « Mélenchon se vend... en librairie ! », Le Point, 5 janvier 2011.
  9. Fédération socialiste du Jura, « Jean-Luc Mélenchon, ministre délégué à l'enseignement professionnel »
  10. Jean-Luc Mélenchon sur Site du Front de Gauche pour les élections européennes de 2009
  11. Les années jurassiennes de Mélenchon ce soir chez Guillaume Durand ? sur leprogres.fr, 5 octobre 2010
  12. Bio express sur leparisien.fr, 6 juillet 2009
  13. J.L. Mélenchon dans « Face aux Français... » (2e partie), 5 octobre 2010
  14. Mai 68 et vous : interview de Jean-Luc Mélenchon pour parti-socialiste.tv, 30 avril 2008
  15. Élections sénatoriales de 2004 - Résultats dans l'Essonne, sur le site du Sénat.
  16. « Des réseaux jusque chez les francs-maçons », Le Parisien, 7 novembre 2010.
  17. « Qui sommes-nous ? » sur Site internet de PRS Isère
  18. Jean-Luc Mélenchon, « « Le devoir d'audace », tribune libre parue dans L'Humanité le 9 mai 2007. Il explique que « cette réinvention de la gauche a lieu en ce moment même en Amérique latine, au Brésil, Venezuela, Bolivie, Équateur parmi d'autres pays. » »
  19. Jean-Luc Mélenchon, « le PS a un métro de retard », Le Nouvel Observateur, n° 2236, jeudi 13 septembre 2007.
  20. Jean-Luc Mélenchon, François Delapierre et Raquel Garrido, « Leçons d'une refondation », tribune libre parue dans le journal Politis.
  21. Jean-luc-melenchon.fr
  22. Congrès PS : Hamon, Emmanuelli, Lienemann et Filoche présentent une motion, AFP
  23. Mélenchon qualifie d'« événement historique » l'unité de l'aile gauche du PS, AFP
  24. Ça suffit comme ça ! Communiqué de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez sur le site casuffitcommeca.fr
  25. Jean-Luc Mélenchon quitte le PS, Le Figaro, 7 novembre 2008
  26. Jean-Luc Mélenchon quitte le PS, Le Monde, 7 novembre 2008
  27. www.lepartidelagauche.fr, "Dernière minute! "
  28. « Mélenchon partant pour 2012 », site de TFI-LCI, 21 janvier 2011.
  29. « Mélenchon n'attend plus que le vote des militants du PCF », Le Figaro, 5 juin 2011.
  30. « Le PCF choisit Mélenchon pour 2012 », Le Figaro, 19 juin 2011.
  31. Séance du Sénat, le 29 janvier 2008 (compte rendu intégral des débats)
  32. Diwan, une école contraire à l'idéal laïque, entretien accordé au journal Libération, 4 décembre 2001.
  33. « Il y a breton et breton » sur son blog, le 23 septembre 2007.
  34. par exemple de l'Union démocratique bretonne (Article de l'UDB, Mélenchon : caricature du nationalisme français, 5/10/2007), cf Éric Conan, « Vers un nouveau "modèle breton" ? », in L'Express, 29 juin 2006, article en ligne
  35. Gilbert Dalgalian, linguiste et Jean Petit, psycholinguiste, le 06 décembre 2001 « Questions à un ministre »
  36. Langues et Cultures de France
  37. « Jean-Yves Le Drian appelle à la tenue d'un congrès de "clarification" au PS »
  38. letelegramme.com « Langues régionales : tensions entre élus socialistes » ; Ouest-France du 22 mai 2008
  39. sur son blog et sur Europe 1 : « Jean-Luc Mélenchon s'en prend aux pro-Tibétains », L'Express, 9 avril 2008.
  40. « Je ne suis pas d'accord avec le boycott des jeux de Pékin et la propagande anti-chinoise », blog de Jean-Luc Mélenchon.
  41. Pierre Haski, « Pour Mélenchon, il n'y a jamais eu d'invasion chinoise du Tibet », Rue 89, 9 avril 2008
  42. Jean-Paul Ribes, Le dernier maoïste de France, 14 avril 2008
  43. Ce soir ou jamais : Débat sur le Tibet, émission du 23 avril 2008 (France 3)
  44. Un projet théocratique, autoritaire, ethniciste, dangereux pour la paix, blog de Jean-Luc Mélenchon, 24 avril 2008
  45. Jacques-Olivier Teyssier, « Jean-Luc Mélenchon – David Pujadas : les réactions » sur montpellier-journal.fr, 11 octobre 2011. Consulté le 17 janvier 2011

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