Jean-Luc Godard


Jean-Luc Godard
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Jean-Luc Godard

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Jean-Luc Godard à Berkeley en 1968

Nom de naissance Jean-Luc Godard
Naissance 3 décembre 1930 (1930-12-03) (80 ans)
Drapeau de la France Paris (France)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau de la France Française
Profession Réalisateur
scénariste
producteur
Films notables À bout de souffle
Le Mépris
Bande à part
Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution
Pierrot le fou
Passion
Hélas pour moi
Histoire(s) du cinéma
Notre musique
Sauve qui peut (la vie)

Jean-Luc Godard est un cinéaste franco-suisse, né le 3 décembre 1930 à Paris. Il est tout à la fois réalisateur, scénariste, dialoguiste, acteur, monteur, producteur et écrivain, critique et théoricien du cinéma.

Chef de file de la Nouvelle Vague, cinéaste engagé après 1968, expérimentateur vidéo dans la seconde partie des années 1970, son œuvre évolue à partir des années 1980-1990 vers le collage poétique, faits de références, de citations et d'hommages aux maîtres de l'histoire de la peinture, de la littérature, de la poésie et de la musique. Par son approche radicale, entière et provocatrice, Jean-Luc Godard est un des cinéastes les plus influents. La liste des cinéastes se réclamant de son influence est longue : Quentin Tarantino, Martin Scorsese, Bernardo Bertolucci, Arthur Penn, Hal Hartley, Richard Linklater, Gregg Araki, John Woo, Mike Figgis, Robert Altman, Steven Soderbergh, Richard Lester, Jim Jarmusch, Rainer Werner Fassbinder, Brian De Palma, Wim Wenders, Oliver Stone ou Ken Loach...

Lors de la remise de son Oscar en novembre 2010, le scénariste Phil Alden Robinson a déclaré : « Godard a changé la façon d'écrire, de réaliser, de tourner et de monter. Il n'a pas seulement bouleversé les règles. Il les a écrasées en voiture avant de repasser dessus en marche arrière pour être sûr qu'elles soient bien mortes. Â».

Sommaire

Biographie

Débuts

Jean-Luc Godard est le fils d'un médecin, Paul Godard, et d'Odile Monod issue d'une dynastie protestante[1] industrielle et politique. Par sa mère Jean-Luc Godard est le descendant du pasteur théologien Adolphe Monod, et le cousin du compositeur Jacques-Louis Monod, du naturaliste Théodore Monod et du pasteur Fréderic Monod[2].

Jean-Luc Godard est cousin germain de Jérôme Monod (1930-), administrateur de sociétés et homme politique français proche de Jacques Chirac, mais également, à un degré plus éloigné, du naturaliste Théodore Monod (1902-2000) et de son frère, le graphiste, typographe et éditeur Maximilien Vox (1894-1974), ainsi que du biologiste et chimiste Jacques Monod (1910-1976) et de l'ancien ministre Jean-Noël Jeanneney, ancien président de la Bibliothèque nationale de France, président du conseil scientifique de l'Institut François-Mitterrand et animateur d'une émission de radio hebdomadaire sur France Culture, Concordance des temps. Il est également cousin du maire de Clermont-Ferrand, Serge Godard[réf. nécessaire].

Après une scolarité à Nyon, en Suisse, puis à Paris, au lycée Buffon[3], il s'inscrit à la Sorbonne (en 1946) en anthropologie, mais fréquente plutôt les ciné-clubs de la capitale. Il pense un temps être peintre[4], mais atteint de cleptomanie[5], il est même interné en hôpital psychiatrique[6]. Il hante les cinémas du Quartier latin de Paris et noue des relations d'amitié avec André Bazin, Claude Chabrol, François Truffaut, Jacques Rivette et Éric Rohmer[3]. Godard était l'une des premières signatures du magazine Gazette du cinéma fondée par Rohmer[3]. Lorsque André Bazin fonde les Cahiers du cinéma en 1951, Godard, (avec Rivette et Rohmer) est un des premiers chroniqueurs[3] qu'il signe du pseudonyme de Hans Lucas. De nombreux articles de cette époque ont été republiés dans un volume intitulé Les années cahiers[7].

Premiers films

Comme beaucoup des critiques des Cahiers du cinéma, Jean-Luc Godard commence à s'intéresser à la réalisation. Son premier film, Opération béton (1954), est un documentaire. En 1958, il tourne Charlotte et son Jules (dédié à Jean Cocteau). Toujours en 1958 François Truffaut tourne pendant une véritable inondation Une histoire d'eau, mais se retrouve avec des rushes qu'il juge inutilisables. Jean-Luc Godard les récupère et fait un montage sur lequel il ajoute un commentaire en voix off. Il continue parallèlement son travail critique aux Cahiers du cinéma et devient une figure clef de la Nouvelle Vague.

Le producteur Georges de Beauregard misera sur son premier long métrage : À bout de souffle en 1959, avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg et, dans une apparition furtive, mais remarquée, Jean-Pierre Melville avec un scénario de François Truffaut. À la fois succès critique et public, reconnu internationalement, ce film devient représentatif du style de la Nouvelle Vague (sauts de coupure, tournage à la volée, improvisations sont autant d'irruptions novatrices dans un art que Godard considérait comme trop engourdi par l'académisme). Son second succès sera Vivre sa vie en 1962 avec Anna Karina. L'année suivante, il réalise Les Carabiniers en hommage à Jean Vigo. Le producteur italien Carlo Ponti lui confie alors l'adaptation du roman d'Alberto Moravia, Le Mépris : Godard y sublime Brigitte Bardot et rend un vibrant hommage à Fritz Lang qui joue son propre rôle.

En 1964, Godard et Anna Karina — qu'il a épousée en 1961 — fondent la maison de production Anouchka Films. En 1965, Godard tourne Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution et Pierrot le fou, film en couleur ou Jean-Luc Godard rend hommage aux peintres, Velasquez, Renoir, de Stael ; aux écrivains Céline, Élie Faure, au cinéaste Samuel Fuller... tout en pratiquant le collage situationniste et du Pop Art: certains dialogues sont des suites de slogans publicitaires. À la fin de l'année 1965, sur fond de campagne pour l'Élection présidentielle française de 1965, il tourne Masculin, féminin avec Jean-Pierre Léaud, Chantal Goya, Marlène Jobert et Brigitte Bardot qui par contrat lui devait encore une journée de tournage. À peu près au même moment, Godard et Anna Karina divorcent. Toujours en 1965, le film Paris, vu par... sort. Ce film est un ensemble de courts métrages réalisés par Claude Chabrol, Jean Douchet, Jean-Luc Godard, Jean-Daniel Pollet, Éric Rohmer et Jean Rouch.

Des années militantes à l'expérimentation vidéo

Autour de 1968, Jean-Luc Godard se rapproche de groupuscules maoïstes[8] (Groupe Dziga Vertov). Son chef opérateur Raoul Coutard, l'inventeur des techniques de tournage de la Nouvelle Vague le quitte. En 1967, il épouse l'actrice et future romancière Anne Wiazemsky, petite-fille de François Mauriac, qu'il fait tourner dans La Chinoise, puis tourne Le Vent d'est et Le Gai Savoir. En 1968, il est de ceux qui importent la « Révolution Â» au Festival de Cannes avec Truffaut, Chabrol, Malle… et part à Londres filmer les Rolling Stones enregistrant Sympathy for the Devil[9]... En 1971, un accident de moto laisse Jean-Luc Godard alité et hospitalisé 3 ans. À partir de 1974, il tente de penser le cinéma à la télévision pour laquelle il réalise, avec sa troisième compagne Anne-Marie Miéville, Ici et ailleurs, en 1974, Numéro deux, en 1975 ou France-tour-et-détour-deux-enfants, 1979.

À la suite de ce grave accident, il prend de la distance par rapport à son action militante, crée un atelier à Grenoble puis en Suisse où il vit depuis 1977[10], alors qu'il tient à rester domicilié en France pour y payer ses impôts[11].

Le retour au long métrage

À partir de 1979, Godard revient dans les salles de cinéma grâce au producteur Marin Karmitz. Raoul Coutard redevient son chef opérateur, et il tourne avec des acteurs connus : Isabelle Huppert et Jacques Dutronc dans Sauve qui peut (la vie) (1979), Nathalie Baye et Johnny Hallyday dans Détective (1985), Michel Piccoli et Isabelle Huppert dans Passion (1982), Alain Delon dans Nouvelle Vague (1990), Gérard Depardieu dans Hélas pour moi (1993). En 1982, il reçoit un Lion d'or à Venise pour l'ensemble de sa carrière. En 1983 Passion reçoit le César du meilleur film.

De 1988 à 1998, il entreprend Histoire(s) du cinéma, vaste fresque philosophico-esthétique constituée de collages, de citations à la manière du Musée imaginaire d'André Malraux. Il publie une version sous forme de livre. Ses écrits théoriques sur le cinéma, sa poésie sont régulièrement publiés (Gallimard, P.O.L ).

Les années 2000

Considéré comme un penseur de l'image, adoré des critiques et des universitaires, Jean-Luc Godard continue à réaliser des films, donner des conférences où il distille aphorismes tels que « La photographie, c’est la vérité. Le cinéma c’est vingt-quatre fois la vérité par seconde Â», « Le travelling est une affaire de morale Â», « Le ralenti, c’est le silence de la vitesse Â»... et pensées sibyllines « Ce n'est pas une image juste, c'est juste une image Â» annonçant la mort du cinéma et de l'art. Jean-Luc Godard est auréolé du prestige des nombreux prix et récompenses reçus dans les différents festivals de cinéma au long de sa carrière. Le personnage public controversé et polémique supplante ses films. Godard se présente comme un sage ermite, à la fois provocateur et poète cynique retiré du monde qui commente l'actualité.

Ses films toujours radicaux et poétiques, comme Film Socialisme (2010), ne rencontrent plus un vaste public. Il crée des bandes-annonces de 1, 2, 3, 4 minutes, qui concentrent le film en accéléré.

En 2006, le Centre Georges Pompidou lui rend hommage en lui proposant une rétrospective.

En 2010, après la mort d'Éric Rohmer, Godard réalise un film hommage de 3 min 26. L'Académie des Oscars (États-Unis) lui remet un oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

Il vit aujourd'hui avec la réalisatrice Anne-Marie Miéville à Rolle, dans le canton de Vaud, en Suisse.

Analyses de l’œuvre

Le cinéma de Godard est construit en suite d'improvisation, à la manière des musiciens de Jazz sur un thème donné[12], il n'y a pas forcément de scénario, ni de dialogues préétablis, mais une suite de collages, de notes éparses assemblées suivant des liens plastiques et sonores. Comme le remarque le philosophe Gilles Deleuze l'art du montage chez JLG, est construit sur l'usage du ET, de l'entre-deux pour montrer le no man's land des frontières. « Ce qui compte chez lui, ce n'est pas 2 ou 3, ou n'importe combien, c'est ET, la conjonction ET. L'usage du ET chez Godard, c'est l'essentiel. C'est l'important parce que notre pensée est plutôt modelée sur le verbe être, EST. [...] Le ET, ce n'est ni l'un ni l'autre, c'est toujours entre les deux, c'est la frontière [...] Le but de Godard : « voir les frontières Â», c'est-à-dire faire voir l'imperceptible Â»[13]

Jeux de mise en abyme sur le cinéma

Le cinéma intervient très souvent dans ses films dans des jeux de mise en abyme. Exemples : Détective où l'on voit une caméra JVC qui filme. À un moment elle se tourne vers l'oncle (Terzieff), se tournant en réalité vers la caméra qui la filme, créant un effet de mise en abyme similaire à celui de l'ouverture du Mépris.

Le cinéaste fait aussi souvent allusion à du matériel vidéo : le néon AGFA dans Détective, les VHS et le vidéoclub dans Hélas pour moi...

La mise en abyme est très présente par le biais des activités des personnages qui :

  • vont au cinéma (À bout de souffle, Vivre sa vie, Masculin/féminin, Pierrot le fou, les Carabiniers, Éloge de l'amour où une scène se passe à l'Espace Saint-Michel) ;
  • tournent un film (Le Mépris, Passion, Prénom Carmen, For Ever Mozart) ;
  • parlent longuement de films (le scénariste, le producteur et Fritz Lang dans Le Mépris)

Des affiches d'autres films apparaissent parfois. Exemples : dans Éloge de l'amour, on voit l'affiche de Matrix. Dans le Mépris et 2 ou 3 choses, on voit l’affiche de Vivre sa vie.

Références à des scènes de films

Références à des réalisateurs : le cinéma de Godard, extrêmement référentiel, fourmille d'hommages à ses pairs, et il serait fastidieux de tous les référencer. Quelques exemples : dans Le Petit soldat, Anna Karina interprète le personnage de Veronika Dreyer dans ce qui semble être un hommage à l'un des réalisateurs favoris de Godard, Dreyer. Elle est bouleversée au cinéma, dans Vivre sa vie par le visage de Falconetti, la Jeanne d'Arc de Dreyer. Fritz Lang joue son propre rôle dans Le Mépris, dans ce qui est un hommage de Godard à l'un de ses maîtres. De façon plus générale, un réalisateur mis en abyme est quasi systématiquement présent dans les œuvres de Godard : dans Le Mépris c'est Lang, dans Pierrot le fou c'est Fuller, dans La Chinoise c'est lui-même, dans Tout va bien c'est Montand, Dans Sauve qui peut (la vie) c'est Dutronc, dans Passion c'est Djerzy, dans Prénom Carmen c'est lui, dans Soigne ta droite, King Lear et Notre musique aussi.

Les jeux de renvois entre les films de Godard

La cinématographie de Godard a une forte dimension autoréférentielle, ses films se renvoyant les uns aux autres :

  • Dans Une femme est une femme, Belmondo parle d'À bout de Souffle.
  • Chantal Goya parle de Pierrot le fou dans Masculin/Féminin.
  • Marie regarde Le Mépris dans Le Livre de Marie.
  • Dans Hélas pour moi, un personnage au vidéoclub reprend la formule de Belmondo dans À bout de Souffle : « tu te le rappelles, et non pas tu t'en rappelles Â».
  • Eddie Constantine, dans Allemagne année 90 neuf zéro, reprend la formule des Carabiniers : « Un soldat salue un artiste Â». Sa présence en tant qu'agent secret Lemmy Caution, constitue déjà en soi un renvoi à Alphaville.

Postérité

  • En tant que chef de file de la nouvelle vague, Godard a bénéficié d'une influence et d'une postérité extrêmement importantes. Tant au niveau formel que discursif, son œuvre a entraîné une rupture conséquente qui a permis à Hollywood d'opérer une véritable « révolution culturelle Â» en abandonnant en partie le cinéma de studio, et en France de rendre crédible l'alternative à la « qualité française Â». L'impact de ses premiers films, extrêmement populaires, lui a permis d'être un personnage contesté et contestataire de premier plan n'hésitant pas à participer à de nombreux débats sociétaux en France. Ses œuvres suivantes, plus confidentielles et malgré une originalité intacte, n'auront qu'une influence plus réduite et réservée à certains cercles cinéphiles.
  • Jean-Luc Godard est l'une des plus grandes sources d'inspiration du réalisateur américain Quentin Tarantino qui lui rend souvent hommage à travers ses films. Il a ainsi nommé sa société de production A Band Apart en hommage au film Bande à part.
  • Godard est souvent cité dans la série Nerdz : Jérôme, l'intellectuel de la maison, est un grand fan du réalisateur.

Filmographie

Réalisateur

Cette filmographie reprend celle établie pour Jean-Luc Godard - Documents, publié en mai 2006 par le Centre Georges Pompidou à l'occasion de l'événement Jean-Luc Godard.

Scénariste

Godard filmé (en dehors de ses propres films)

Producteur

Dialoguiste

  • 1982 : Passion de Jean-Luc Godard

Chef monteur

  • 1982 : Passion de Jean-Luc Godard
  • 1996 : For Ever Mozart de Jean-Luc Godard

Monteur

Récompenses

Très souvent récompensé[14], on le remarque surtout avec ses six films en sélection officielle à Cannes, ses six films en compétition pour le Lion d'or à la Mostra de Venise, ou encore ses nombreuses participations à la Berlinale, festival de Berlin. C'est grâce à la diversité de ses films, ou par son originalité que les sélectionneurs le remarqueront souvent. Voici une liste des prix qu'il a gagnés.

Berlinale

  • 1960 : Sélection en compétition au Festival du Film de Berlin et Ours d'argent pour À bout de souffle
  • 1961 : Sélection en compétition au Festival du Film de Berlin et Ours d'argent pour Une femme est une femme
  • 1961 : obtention de l'Ours d'argent extraordinaire au Festival de Berlin pour Une femme est une femme et Mabu
  • 1965 : Ours d'or pour Alphaville une étrange aventure de Lemmy Caution
  • 1966 : Interfilm Award, Youth Film Award et Ours d'argent pour Masculin féminin : 15 faits précis
  • 1968 : Sélection en compétition au Festival du film de Berlin pour Week-end
  • 1969 : Sélection en compétition au Festival du film de Berlin pour Amore e rabbia
  • 1973 : Interfilm Award pour Tout va bien
  • 1985 : Interfilm Award et OCIC Award pour Je vous salue Marie, et nommé à l'Ours d'or

Festival de Cannes

Six sélections officielles au Festival de Cannes en compétition avec Éloge de l'amour, Nouvelle Vague, Aria, Détective, Passion, et Sauve qui peut (la vie).

César du cinéma

Oscar du cinéma

  • 2010 : Oscar d'honneur (Governor's Award) pour l'ensemble de sa carrière[15],[16].

Mostra de Venise

  • 1962 : Pasinetti Award et prix spécial du jury, et sélection au Festival de Film de Venise pour Vivre sa vie, film en douze tableaux
  • 1964 : Sélection au Festival de Film de Venise pour Une femme mariée : suite de fragments tournés en 1964
  • 1965 : Sélection au Festival de Film de Venise pour Pierrot le fou
  • 1967 : Sélection au Festival de Film de Venise pour La Chinoise
  • 1982 : Lion d'or pour sa carrière
  • 1983 : Lion d'or pour Prénom Carmen
  • 1991 : Médaille d'or du président du Sénat italien et nomination au Lion d'or pour Allemagne année 90 neuf zéro
  • 1996 : Sélection au Festival du Film de Venise pour For ever Mozart

Autres distinctions

Exposition

  • 2006 : Voyage(s) en utopie. À la recherche d'un théorème perdu. JLG 1945-2005. Centre Georges Pompidou, Paris.

En 2006, le Centre Georges Pompidou à Paris a organisé une exposition Godard intitulée Collage(s) de France. Archéologie du cinéma, mais en raison, semble-t-il, de difficultés artistiques, techniques et financières, l'exposition fut annulée et en lieu et place une maquette de ladite exposition fut présentée au public sous le titre Voyage(s) en utopie. À la recherche d'un théorème perdu. JLG 1945-2005. L'exposition se présentait sous la forme d'un vaste chantier, avec parpaings, palettes et autres objets laissés en plan ; parmi ces installations, des moniteurs montraient des extraits de films auxquels répondaient des aphorismes sur l'art et le cinéma.

Livres, écrits et ouvrages de Jean-Luc Godard

  • Jean-Luc Godard, 2 ou 3 choses que je sais d'elle : Découpage intégral, Paris, Seuil/Avant scène, coll. Â« Points/Films Â», 1971, 127 p. (ISBN 978-2020006439) 
  • Jean-Luc Godard et François Truffaut, À bout de souffle, Paris, Éditions Balland, coll. Â« Bibliothèque des classiques du cinéma Â», 1974, 235 p. (ISBN 978-2715800106) 
  • Jean-Luc Godard, Introduction à une véritable histoire du cinéma, tome 1, Paris, Éditions Albatros, coll. Â« Ã‡a-cinéma Â», 1980, 266 p. (ISBN 978-2715800106) 
  • Jean-Luc Godard, For ever Mozart : phrases, Paris, P.O.L., coll. Â« Poésies Théâtre Â», 1996, 101 p. (ISBN 978-2867445392) 
  • Jean-Luc Godard, Bande à part, de Jean-Luc Godard, Crisnée, Belgique, Yellow Now Éditions, coll. Â« Long métrage Â», 1993 (ISBN 978-2873400903) 
  • Jean-Luc Godard, For ever Mozart : phrases, Paris, P.O.L., coll. Â« Poésies Théâtre Â», 1996, 101 p. (ISBN 978-2867445392) 
  • Jean-Luc Godard, Les Enfants jouent à la Russie, Paris, P.O.L., coll. Â« Poésies Théâtre Â», 1998, 64 p. (ISBN 978-2867446245) 
  • Jean-Luc Godard, 2 fois 50 ans de cinéma français, Paris, P.O.L., coll. Â« Poésies Théâtre Â», 1998, 45 p. (ISBN 978-2867446276) 
  • Jean-Luc Godard, Allemagne neuf zéro, Paris, P.O.L., coll. Â« Poésies Théâtre Â», 1998, 81 p. (ISBN 978-2867446320) 
  • Jean-Luc Godard, JLG/JLG : Phrases, Paris, P.O.L., coll. Â« Poésies Théâtre Â», 1999, 80 p. (ISBN 978-2867445408) 
  • Jean-Luc Godard et Youssef Ishaghpour, Archéologie du cinéma et mémoire du siècle. Dialogue, Paris, Éditions Farrago, 2000, 118 p. (ISBN 978-2844900494) 
  • Jean-Luc Godard, Éloge de l'amour, Paris, P.O.L., coll. Â« Fiction Â», 2001, 125 p. (ISBN 978-2867448416) 
  • Jean-Luc Godard et Alain Bergala, Godard par Godard, Paris, Flammarion, coll. Â« Champs Â», 2002, 186 p. (ISBN 978-2080815170) 
  • Jean-Luc Godard, Histoire(s) du cinéma, Paris, Éditions Gallimard, coll. Â« Hors série connaissance Â», 2006, 314 p. (ISBN 978-2070779949) 
  • Jean-Luc Godard, Des années Mao aux années 80, Paris, Flammarion, coll. Â« Champs Â», 2007, 183 p. (ISBN 978-2081203020) 
  • Jean-Luc Godard, Film socialisme : Dialogues avec visages auteurs, Paris, P.O.L., coll. Â« Fiction Â», 2010, 97 p. (ISBN 978-2818004883) 

(note : les livres de poésie Cosmogonie variations ainsi que Ventrifuge ne sont pas du cinéaste mais d'un écrivain homonyme né en 1946)

Sa lettre à Malraux

« Votre patron avait raison. Tout se passe à un niveau vulgaire et subalterne… Heureusement, pour nous, puisque nous sommes des intellectuels, vous, Diderot et moi, le dialogue peut s'engager à un échelon supérieur.[17]
Étant cinéaste comme d'autres sont juifs ou noirs, je commençais à en avoir marre d'aller chaque fois vous voir et de vous demander d'intercéder auprès de vos amis Roger Frey et Georges Pompidou pour obtenir la grâce d'un film condamné à mort par la censure, cette gestapo de l'esprit. Mais Dieu du Ciel, je ne pensais vraiment pas devoir le faire pour votre frère, Diderot, un journaliste et un écrivain comme vous, et sa Religieuse, ma sœur.[17]
Aveugle que j'étais ! J'aurais dû me souvenir de la lettre pour laquelle Denis avait été mis à la Bastille… Ce que j'avais pris chez vous pour du courage ou de l'intelligence lorsque vous avez sauvé ma Femme mariée de la hache de Peyrefitte, je comprends enfin ce que c'était, maintenant que vous acceptez d'un cœur léger l'interdiction d'une œuvre où vous aviez pourtant appris le sens exact de ces deux notions inséparables : la générosité et la résistance. Je comprends enfin que c'était tout simplement de la lâcheté[17].
Si ce n'était prodigieusement sinistre, ce serait prodigieusement beau et émouvant de voir un ministre UNR en 1966 avoir peur d'un esprit encyclopédique de 1789…[17]
Rien d'étonnant à ce que vous ne reconnaissiez plus ma voix quand je vous parle, à propos de l'interdiction de Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot, d'assassinat. Non. Rien d'étonnant dans cette lâcheté profonde. Vous faites l'autruche avec vos mémoires intérieurs. Comment donc pourriez-vous m'entendre, André Malraux, moi qui vous téléphone de l'extérieur, d'un pays lointain, la France libre ? Â»[17]
Un post-scriptum précise : « Lu et approuvé par François Truffaut, obligé de tourner à Londres, loin de Paris, Fahrenheit 451, température à laquelle brûlent les livres. Â»[17]

Notes et références

  1. ↑ « La religion fait partie de mon enfance. Je n'ai pas cherché la religion, mais je suis tombé. Je viens d'une famille autrefois très protestante. Je ne me sens d'aucune confession, mais quand on va au fond des choses, on est forcé de revenir à son enfance. Â» Godard cité par Anthony Palou. Godard se reconnaît deux grandes passions d'enfance, le sport (le football, le ski et le tennis) et la religion in Le Figaro 05/03/2010
  2. ↑ Descendance_de_Jean_Monod_(1765-1836)
  3. ↑ a, b, c et d Chiesi, p. 13.
  4. ↑ voir A de Baecque Godard, Grasset 2010, p 28 et 29 selon Jean-Luc Godard : « le cinéma (...) est un héritier de la peinture, en tant que vision du monde Â».
  5. ↑ Le grand-père de Jean-Luc Godard, Julien Monod était l'ami et le secrétaire particulier de Paul Valéry, à ce titre Julien Monod conservait la Bibliothèque de Valéry (le valérianum) dans laquelle Godard à 17 ans vola des premières éditions. Son forfait découvert, il fut banni de sa famille par son grand-père (in A de Baeque, Godard, 2010 p 34)
  6. ↑ (in A. de Baeque idem note 6). Son père le fait interner à l'hôpital psychiatrique de Lausanne où le docteur Muller diagnostiquait : « une forte névrose, avec tendances obsessionnelles Â» (p. 40)
  7. ↑ Jean-Luc Godard, Les Années Cahiers, Flammarion, 1989 
  8. ↑ Ce militantisme vaudra à JLG de se faire traiter de « plus con des suisses prochinois Â» par les situationnistes (graffiti à la Sorbonne)
  9. ↑ Dans son autobiographie Keith Richard, le guitariste de Rolling Stones donne son avis sur le film et Godard : « Que cela nous plaise ou pas, la politique s'est chargée de venir à nous en la personne de Jean-Luc Godard, le grand révolutionnaire du cinéma. (...) Je suis content qu'il ait filmé ces répètes, mais Godard quel numéro ! Je n'en croyais pas mes yeux : on aurait dit un employé de banque français ! Il n'avait aucun plan précis (...) Le film est un tissu de conneries. (...) Jusque-là, ses films étaient maîtrisés, presque hitchcockiens, mais c'était une année où on faisait tout et n'importe quoi, avec pas mal de n'importe quoi. Je veux dire que, bon, quel besoin avait-il de s'intéresser à la petite révolution hippie en cours chez les Anglais pour essayer de montrer que c'était quelque chose d'autre ? Mon explication, c'est que quelqu'un avait mis de l'acide dans son café et qu'il a passé cette année foireuse en surchauffe idéologique permanente. Â» in Keith Richard, Life, Robert Laffont 2010 p 295- 297
  10. ↑ Jean-Luc Godard émission Deux mille ans d'Histoire de France Inter du 17 mai 2006
  11. ↑ Godard : « En ce qui concerne la Suisse, je pense comme Kadhafi Â». Interview de Serge Kaganski et Jean-Marc Lalanne pour Les Inrockuptibles, 18 mai 2010
  12. ↑ « J'ai fait plutôt des films, comme deux ou trois musiciens de jazz : on se donne un thème, on joue et puis ça s'organise. Â» in Godard, Introduction à une véritable histoire du cinéma, p. 44
  13. ↑ in Trois questions sur six fois deux de Gilles Deleuze, Cahiers du cinéma, no 352, octobre 1983, in Pourparlers, Éditions de minuit, 1990, Paris, pp. 64-65
  14. ↑ 28 victoires, et 27 nominations, d'après sa fiche IMDb
  15. ↑ "Academy Governors Honor Coppola, Godard, Wallach, and Brownlow" sur indiewire.com le 26.08.2010
  16. ↑ "Brownlow, Coppola, Godard and Wallach to Receive Academy’s Governors Awards" sur oscars.org
  17. ↑ a, b, c, d, e et f Hamon, Hervé et Rotman, Patrick, Génération tome 1, Les Années de rêve, Le Seuil, 1987, isbn 2020095491

Voir aussi

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Bibliographie

  • Richard Roud, Jean-Luc Godard, Cinema One, Londres 1962
  • Jean Collet, Jean-Luc Godard, Seghers, Paris 1963 (OCLC 246193526)
  • Barthélémy Amengual sous la direction de, Jean-Luc Godard au-delà du récit, Lettres modernes, Paris 1967
  • Colin Miles MacCabe, Jean-Luc Godard, Images, Sounds, Politics, Indiana University Press, Bloomington 1980
  • Jean-Luc Godard, Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, sous la direction d'Alain Bergala, Éditions du Cahiers du cinéma, Paris 1985
  • Jean-Luc Godard, Les Années Cahiers, Flammarion, 1989 
  • Marc Cerisuelo, Jean-Luc Godard, Lherminier, Paris 1989
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  • Raymond Bellour et Mary Lea Bandy sous la direction de, Jean-Luc Godard, son + image 1974-1991, Museum of Modern Art, New York 1992,
  • Marc Cerisuelo sous la direction de, Jean-Luc Godard au-delà de l'image, dans "Études cinématographiques", 1993, n. 194-202, 1993
  • Jean-Luc Godard, Histoire(s) du cinema, 4 vol., Gallimard, Paris 1998
  • Alain Bergala, Nul mieux que Godard, Éditions du Cahiers du cinéma, Paris 1999.
  • Jacques Aumont, Amnésies : fictions du cinéma d'après Jean-Luc Godard , POL, 1999.
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  • Alberto Farassino, Jean-Luc Godard (1974), Il Castoro Cinema, Milan 2002
  • Suzanne Liandrat Guigues et Jean-Louis Leutrat, Godard simple comme bonjour, L'Harmattan : 2004.
  • Roberto Chiesi, Jean-Luc Godard, Rome, Gremese, 2004 (ISBN 9788873015840)
  • Céline Scemama, Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard. La force faible d’un art, L’Harmattan, 2006.
  • François Nemer, Godard : (Le cinéma), Gallimard, 2006 (ISBN 2070307808)
  • Raoul Coutard, L'impériale de Van Su, Ramsay, 2007 (ISBN 978-2-841114-866-0)
  • Nicole Brenez, David Faroult, Michael Temple, James E. Williams, Michael Witt, Jean-Luc Godard: Documents, Paris, Centre Georges Pompidou, 2007 (ISBN 9782844262998)
  • Antoine de Baecque, Godard, Grasset, 2010 (ISBN 978-2-246-64781-2)
  • Louis-Albert Serrut, Jean-Luc Godard, cinéaste acousticien: Des emplois et usages de la matière sonore dans ses œuvres cinématographiques, Éditions l'Harmattan, 2010
  • Richard Brody, Jean-Luc Godard, tout est cinéma, Presses de la Cité, 2011
  • Maurice Darmon, La question juive de Jean-Luc Godard / Filmer après Auschwitz, Le Temps qu'il fait, 2011.

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