Jardin Sauvage

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Jardin Sauvage

Jardin sauvage

Jardin sauvage, √ģle de F√©drun/Saint-Joachim

Un jardin sauvage (wild garden ou wildlife garden en anglais, Naturgarten ou naturnaher Garten en allemand, wilde tuin, natuurtuin ou heemtuin en n√©erlandais) est un jardin dans lequel la conservation de la nature joue un r√īle important. Il reproduit, √† son √©chelle, des milieux naturels locaux (biotopes) afin d'offrir un refuge √† la vie sauvage, tant v√©g√©tale qu'animale. Sa caract√©ristique principale est une forte pr√©sence de v√©g√©taux indig√®nes, qui servent de support √† la faune sauvage. Un jardin sauvage a donc une vocation de refuge naturel, qu'il soit cr√©√© de toutes pi√®ces ou que l'on ait simplement laiss√© les esp√®ces s'√©tablir d'elle-m√™mes. Comme tout jardin, il fait n√©anmoins l'objet d'une gestion, puisque, d'une part, il doit rester attrayant pour le jardinier et sa famille (aspects r√©cr√©atif et esth√©tique) et que, d'autre part, les v√©g√©taux les mieux adapt√©s √† la situation du jardin risquent de tout envahir si leur expansion n'est pas un tant soit peu contr√īl√©e.

Les jardins sauvages sont parfois qualifi√©s de ¬ę jardins naturels ¬Ľ, comme le fait par exemple l'association Ponema (association fran√ßaise qui promeut l'utilisation d'esp√®ces sauvages dans les jardins). Toutefois, ce terme est assez vague et peut aussi √™tre employ√© comme synonyme de ¬ę jardin √©cologique ¬Ľ ou ¬ę biologique ¬Ľ (ou d√©signer simplement un jardin d'aspect ¬ę libre ¬Ľ). Ces divers termes se recoupent et sont li√©s √† une m√™me philosophie du jardinage, plus respectueuse de l'environnement au sens large ; l'appellation ¬ę jardin sauvage ¬Ľ met cependant l'accent sur la place accord√©e aux esp√®ces v√©g√©tales indig√®nes et √† la cr√©ation de milieux naturels, afin de contribuer √† la sauvegarde de la biodiversit√© r√©gionale. ¬ę Jardin nature admise ¬Ľ est un bon synonyme.

Sommaire

Philosophie

La notion de ¬ę jardin sauvage ¬Ľ remonte au XIXe si√®cle et est attribu√©e au jardinier irlandais William Robinson (1838-1935). Celui-ci rompt avec le conformisme des jardins de l'√©poque et promeut une forme de jardinage qui accorde une place aux fleurs rustiques et les laisse se naturaliser au lieu de les contr√īler strictement. Le jardin acquiert ainsi un caract√®re plus naturel, plus romantique. Le souci de protection de la nature n'√©tant pas encore √† l'ordre du jour, les esp√®ces pr√©sentes dans ce type de jardin √©taient alors aussi bien exotiques qu'indig√®nes. Aujourd'hui, on qualifierait plut√īt ces jardins de ¬ę jardins naturels ¬Ľ ou ¬ę d'aspect naturel ¬Ľ.

La dimension de refuge naturel qui s'est greff√©e sur le concept de W. Robinson √©mane du constat que l'espace r√©serv√© √† la vie sauvage se r√©duit de plus en plus. Sous la pression des activit√©s humaines, les biotopes naturels sont d√©truits ou modifi√©s. Dans l'esprit de nombreuses personnes, la nature a sa place - et la trouve - en dehors des zones urbanis√©es. Or, dans les r√©gions du globe √† forte densit√© d√©mographique, ce n'est souvent plus le cas. Les zones rurales, foresti√®res et c√īti√®res ont √©t√© √† ce point modifi√©es en vue de la satisfaction des besoins humains que le qualificatif de ¬ę naturel ¬Ľ ou ¬ę semi-naturel ¬Ľ ne peut plus leur √™tre appliqu√©. Trop souvent, la for√™t n'est envisag√©e que sous l'angle √©conomique et se compose d'un nombre limit√© d'essences, exotiques dans le pire des cas (p.ex. √©pic√©a en Belgique, eucalyptus en r√©gion m√©diterran√©enne) ; l'agriculture intensive transforme le paysage en gigantesques monocultures arros√©es de pesticides et d'engrais ; zones humides, friches, dunes, landes, berges de rivi√®res, parcelles de nature indompt√©e sont d√©truites, morcel√©es ou modifi√©es pour favoriser des activit√©s ¬ę rentables ¬Ľ (habitat ¬ę extensif ¬Ľ, tourisme, agriculture, navigation fluviale, captage d'eau pour les villes et les champs, etc.). La n√©cessit√© de cr√©er des r√©serves naturelles, strictement prot√©g√©es, en t√©moigne.

Or, la superficie de ces r√©serves est bien trop r√©duite pour compenser la perte d'espace pour la vie sauvage. De plus, elles sont √©loign√©es les unes des autres, ce qui r√©duit les possibilit√©s de dispersion des populations v√©g√©tales et animales et, par l√†, les possibilit√©s de brassage g√©n√©tique. Sans celui-ci, les esp√®ces, en particulier animales, risquent de d√©g√©n√©rer. D'o√Ļ l'id√©e de laisser une place √† la nature dans des zones vertes strictement li√©es √† un usage humain mais non soumises √† des imp√©ratifs de productivit√©, √† savoir les parcs et les jardins publics et priv√©s, qui peuvent repr√©senter une surface non n√©gligeable des zones urbanis√©es. Cette philosophie peut √©galement s'appliquer aux bermes d'autoroutes, bords de chemins et petits √©l√©ments de verdure urbaine, comme les ronds-points. On constitue ainsi des mini-r√©serves et des couloirs pour le d√©placement et la diss√©mination des esp√®ces, qui viennent compl√©ter le r√©seau form√© par les talus de chemin de fer et les terrains vagues.

Milieux

Pour offrir un espace diversifi√© √† la vie sauvage, un jardin sauvage peut pr√©senter diff√©rents types de milieux accueillant chacun une flore sp√©cifique :

Une zone ¬ę ferm√©e ¬Ľ pr√©sente les caract√©ristiques d'un milieu bois√©, forestier, avec divers √©tages de v√©g√©tation (strate herbac√©e, arbustes, plantes grimpantes, arbres de haut jet). En fonction de la superficie du jardin, on privil√©gie des essences plus ou moins hautes.

Une zone ¬ę ouverte ¬Ľ est un espace herbeux, potentiellement tr√®s fleuri. Les possibilit√©s sont multiples : la v√©g√©tation peut √™tre coup√©e √† diff√©rentes p√©riodes de l'ann√©e, plus ou moins fr√©quemment, pour favoriser telles ou telles esp√®ces v√©g√©tales, mais elle peut aussi √™tre tondue relativement court la plupart du temps, pour favoriser les plantes les plus basses et offrir un terrain de chasse √† certains oiseaux. Cette zone peut aussi √™tre laiss√©e totalement en friche, milieu qui offre un abri permanent aux insectes des zones herbeuses, ou prendre la forme d'un parterre de fleurs. Enfin, une partie du jardin, par exemple une bordure, peut √™tre retourn√©e tous les ans afin de favoriser les esp√®ces annuelles telles que les fleurs des champs.

Une zone semi-ouverte est une zone intermédiaire entre zones fermée et ouverte. Elle est souvent présente dans les jardins sous la forme d'une haie, plantée pour sa fonction de délimitation, mais correspond aussi à la lisière du milieu boisé. Une haie libre (non taillée) a l'avantage de pouvoir fleurir et produire des fruits, et d'être ainsi plus attrayante pour les insectes, oiseaux et mammifères. Les espèces épineuses offrent aux petits animaux un bon abri contre les prédateurs (chats et autres).

Un mur de briques colonisé par la végétation

Une zone humide peut √™tre constitu√©e d'un plan d'eau plus ou moins vaste, d'une fontaine, d'un marais, d'un foss√© ; il faut veiller √† ce que son am√©nagement ne risque pas de provoquer la noyade des animaux - ni des humains - qui s'en approchent (berges en pente douce). Une telle zone h√©berge une faune propre, mais permet √©galement aux esp√®ces terrestres de s'abreuver, aux oiseaux de se baigner et √† certains de ces derniers de pr√©lever de la boue pour la construction de leur nid.

Une zone sèche prend la forme d'un talus, d'un sentier de gravier, d'une rocaille, d'une zone sablonneuse, d'un muret en pierres sèches (non maçonné) ou d'une toiture végétale. Il peut tout simplement s'agir d'un mur de briques ou de pierres que l'on s'abstient de rejointoyer.

Choix des végétaux

Puisqu'un jardin sauvage reproduit l'environnement naturel de la r√©gion qui l'entoure, il accueille donc en majorit√© des plantes indig√®nes. Celles-ci accueillent toujours un nombre plus √©lev√© d'esp√®ces animales que les esp√®ces ¬ę exotiques ¬Ľ. En effet, elles sont en relation √©troite avec les insectes et autres animaux de la r√©gion, avec lesquels elles √©voluent depuis des mill√©naires. Ainsi, les inflorescences des v√©g√©taux d'une r√©gion donn√©e sont parfaitement adapt√©es aux pollinisateurs (insectes, oiseaux, mammif√®res) de cette m√™me r√©gion, qui sont attir√©s par leur nectar et leur pollen ; il en va de m√™me de leurs fruits, dont les consommateurs diss√©minent les graines.

Les plantes indig√®nes constituent donc la base des pyramides ou cha√ģnes alimentaires. La d√©pendance la plus forte vis-√†-vis des plantes indig√®nes se situe au niveau des insectes, et plus particuli√®rement de leurs larves ; ces derni√®res d√©pendent strictement, pour se nourrir, de la pr√©sence de v√©g√©taux particuliers, voire d'une seule et unique esp√®ce. Or, plus les insectes sont nombreux, plus le jardin attirera d'oiseaux, et ainsi de suite. En r√©sum√©, une grande diversit√© de plantes indig√®nes favorise une grande diversit√© d'esp√®ces animales qui se nourrissent les unes des autres ; de la sorte, aucune esp√®ce ne devient abondante au point de nuire √† la v√©g√©tation. Cet √©quilibre entre ravageurs et pr√©dateurs est recherch√© par les partisans de l'agriculture et du jardinage biologiques.

Cependant, un jardin sauvage peut tr√®s bien accueillir un certain nombre d'esp√®ces non indig√®nes. Certaines d'entre elles sont en effet de grandes productrices de nectar, de graines ou de fruits, ou bien fleurissent tr√®s t√īt ou tr√®s tard dans la saison et assurent par l√† une plus longue p√©riode de nourrissage aux animaux. Elles ne devraient toutefois pas repr√©senter la majorit√© des v√©g√©taux d'un jardin sauvage, mais plut√īt √™tre consid√©r√©es comme un ¬ę plus ¬Ľ. Exemple : le tournesol n'est indig√®ne qu'en Am√©rique du Nord, mais il est int√©ressant dans tout jardin sauvage en raison de son importante production de graines et parce qu'il s'agit d'une plante mellif√®re.

Il faut √©galement souligner le probl√®me que peuvent constituer les cultivars (c'est-√†-dire les vari√©t√©s cultiv√©es, les cr√©ations horticoles). Lorsqu'un cultivar r√©sulte de l'¬ę am√©lioration ¬Ľ d'une esp√®ce existante pour donner des fleurs doubles, il ne produit souvent plus de nectar ni de graines, ou en moindre quantit√©, et perd ainsi tout ou partie de son int√©r√™t pour la vie sauvage. Lorsqu'une couleur particuli√®re de feuillage est favoris√©e par s√©lection, les insectes qui vivent sur cette plante et s'en nourrissent sont menac√©s d'une autre fa√ßon ; l'effet de mim√©tisme chromatique qui les prot√®ge sur la plante dans sa forme originelle est r√©duit √† n√©ant et ils sont beaucoup plus visibles pour leurs pr√©dateurs (risque de modification de l'√©quilibre √©cologique). Lorsqu'un cultivar est un hybride entre deux ou plusieurs esp√®ces, on a affaire √† une esp√®ce ¬ę nouvelle ¬Ľ ; celle-ci pourra peut-√™tre nourrir certains insectes, mais certainement pas autant qu'une esp√®ce existant √† l'√©tat sauvage (cf. les esp√®ces exotiques).

Pour ce qui est de l'installation des plantes, deux philosophies coexistent. Certains sont partisans de laisser faire la nature avant tout et d'attendre que des plantes sauvages s'installent dans les milieux pr√©par√©s pour elles. Cette m√©thode permet de laisser se d√©velopper au maximum les graines d√©j√† pr√©sentes dans le sol du jardin. Elle poss√®de un avantage certain : les v√©g√©taux qui se d√©veloppent sont parfaitement adapt√©s aux conditions particuli√®res du terrain. D'autres jardiniers sont davantage ¬ę interventionnistes ¬Ľ et plantent plus de v√©g√©taux, tout en conservant la flore spontan√©e. L'avantage est que cela permet l'installation de plantes sauvages qui ne sont plus pr√©sentes dans l'environnement proche et pour lesquelles la probabilit√© de les voir s'installer naturellement dans le jardin est tr√®s r√©duite, voire nulle.

Pour se procurer des plants et des graines sauvages, plusieurs solutions existent. On peut s'approvisionner dans une p√©pini√®re sp√©cialis√©e dans les esp√®ces sauvages d'origine locale ou faire appel √† d'autres ¬ę jardiniers sauvages ¬Ľ qui ont souvent des graines ou plantes en surplus. Il est √©galement possible de pr√©lever des graines et des boutures dans les terrains vagues ou au bord des routes. Attention : pour certaines esp√®ces prot√©g√©es, tout pr√©l√®vement d'une quelconque partie de la plante est interdit. Enfin, si un terrain est en passe d'√™tre enti√®rement construit, on peut y pr√©lever des plantes enti√®res et des ¬ę carr√©s de sol ¬Ľ √† l'aide d'une b√™che. C'est le seul cas o√Ļ il est permis de ¬ę piller ¬Ľ un tant soit peu le terrain, puisque le milieu est vou√© √† la destruction. Dans les autres cas, il faut se limiter √† la r√©colte de graines et boutures l√† o√Ļ une plante est particuli√®rement abondante, afin de ne pas mettre en danger sa population, ce qui irait √† l'encontre de la volont√© de pr√©servation de la nature qui est √† la base du jardin sauvage.

Animaux, abris et nourrissage

S'agissant des animaux, le mot d'ordre est simple : il ne faut proc√©der √† aucune introduction. Tout d'abord, de nombreuses esp√®ces sont prot√©g√©es et il est interdit de d√©placer les individus (m√™me au stade de l'oeuf). Ensuite, il est impossible d'√™tre absolument certain que le jardin conviendra √† l'esp√®ce, et l'introduction risque de se solder par un √©chec. Enfin, certains animaux peuvent modifier fortement l'√©quilibre √©cologique et nuire √† la biodiversit√© ; il est ainsi totalement d√©conseill√© d'introduire poissons et canards dans une mare de surface r√©duite. Si le jardin convient √† certaines esp√®ces animales, elles y viendront d'elles-m√™mes et s'y implanteront durablement - pour autant que chats et chiens les laissent tranquilles...

Pour attirer un maximum de vie animale sauvage, toutes sortes d'am√©nagements sont possibles : plates-bandes de fleurs riches en nectar, carr√© de tournesols et autres plantes grandes fournisseuses de graines appr√©ci√©es des oiseaux, table de nourrissage et mangeoires (uniquement en hiver, car le type de nourriture g√©n√©ralement propos√© ne convient pas au nourrissage des jeunes), nichoirs pour diff√©rentes esp√®ces d'oiseaux, mat√©riaux de construction pour les nids (boue, mousses, restes de laine...), abris √† h√©rissons, √† insectes et √† chauves-souris... Le jardinier peut √©galement multiplier √† l'envi toutes sortes de micro-milieux favorables √† la diversit√© de la vie sauvage : tas de bois, de feuilles mortes, de pierres, fagots de tiges creuses, talus secs et creux humides, souche ou tronc d'arbre mort qui sera colonis√© par les champignons... Lorsque le jardin est entour√© de murs, ceux-ci peuvent √™tre couverts de plantes grimpantes. Un tas de compost abrite une foule d'animaux minuscules et sert de garde-manger aux insectivores du jardin.

Entretien

La notion de jardin sauvage peut appara√ģtre comme un contresens, un espace jardin√© (dessin√©, cultiv√©, contr√īl√©) √©tant l'oppos√© d'un espace sauvage, o√Ļ l'homme n'intervient pas. Toutefois, si l'on souhaite maintenir une certaine diversit√© de milieux, il est n√©cessaire, √† l'instar de ce qui se fait dans certaines r√©serves naturelles, d'effectuer un minimum de gestion. Dans le cas contraire, le jardin pourrait ne plus contenir, au bout d'un certain temps, qu'un nombre limit√© d'esp√®ces dominantes. La gestion permet √©galement de conserver un espace agr√©able pour le jardinier et sa famille gr√Ęce √† l'entretien de chemins, d'une pelouse pour les jeux des enfants, d'aires de repos, etc. L'entretien est d'autant plus n√©cessaire que la surface du milieu concern√© est petite, et donc sensible √† l'envahissement par l'une ou l'autre esp√®ce.

  • La r√®gle primordiale √† respecter est de ne pas empoisonner le jardin avec des pesticides (insecticides, fongicides, etc.) puisque l'objectif est de favoriser la vie sauvage. Il est pr√©f√©rable d'envisager l'attaque massive d'un ¬ę nuisible ¬Ľ comme symptomatique d'un d√©s√©quilibre √† corriger (plante re√ßevant trop peu de lumi√®re ou inadapt√©e au sol, trop faible diversit√© des v√©g√©taux, sol nu permettant aux spores de champigons d'atteindre les feuillages lorsque les gouttes de pluie rebondissent,...).
  • De mani√®re g√©n√©rale, il est pr√©f√©rable d'utiliser des outils m√©caniques, silencieux et plus ¬ę doux ¬Ľ que les outils √† moteur. Ainsi, utiliser une faux pour couper l'herbe haute laisse une chance de survie aux insectes, qui seraient par contre broy√©s par une tondeuse.
  • L'objectif de l'entretien n'est pas de nettoyer parfaitement le jardin, afin de laisser suffisamment d'abris pour les petits animaux. Ainsi, il vaut mieux supprimer les tiges mortes des plates-bandes au printemps, pour qu'elles puissent servir de refuge aux insectes pendant la mauvaise saison.
  • Une partie des v√©g√©taux ligneux peut √™tre entretenue en taillis, pour le bois de chauffe par exemple. Cela permet d'obtenir des plantes touffues. Certains arbres peuvent √™tre taill√©s en t√™tard : de nombreuses esp√®ces v√©g√©tales et animales s'installeront dans les cavit√©s de la ¬ę boule ¬Ľ. Les arbres en surnombre doivent √™tre supprim√©s. Il est int√©ressant de conserver les arbres morts et creux, pour autant que ceux-ci ne constituent pas un danger, car ils peuvent servir d'abri aux animaux cavernicoles (certains oiseaux, √©cureuils, chauves-souris...).
  • Dans un petit jardin, il est souvent n√©cessaire de tailler les haies tous les ans ou tous les deux ans pour en limiter la hauteur et la largeur. Il faut absolument proc√©der en dehors de la p√©riode de nidification des oiseaux.
  • L'entretien d'une pelouse n√©cessite une tonte r√©guli√®re, en r√©glant la lame assez haut (environ 8 cm). Ceci favorise les plantes basses, qui fleuriront si on saute de temps en temps quelques tontes. Pour favoriser les plantes de prairie de printemps, l'herbe est coup√©e r√©guli√®rement √† partir de fin juin seulement. Pour favoriser les plantes de prairie d'√©t√©, on ne fauche pas avant fin septembre ; l'herbe peut toutefois √™tre coup√©e jusqu'en juin si l'on a besoin d'une zone d'herbe rase (pour les jeux, bains de soleil, etc.).
  • L'herbe coup√©e doit √™tre √©limin√©e (compost) car les prairies les plus fleuries sont souvent les plus pauvres, un milieu riche √©tant trop favorable aux seuls chardons, orties et gramin√©es. L'herbe doit √™tre laiss√©e √† s√©cher quelques jours avant d'√™tre √©vacu√©e, le temps que les petits animaux se r√©fugient dans les chaumes et que les graines m√Ľres se d√©tachent des tiges.
  • Les friches doivent √™tre r√©guli√®rement d√©barrass√©es des v√©g√©taux ligneux qui s'y implantent, afin d'emp√™cher l'√©volution vers un milieu bois√©. On peut par exemple en faucher une partie chaque ann√©e.
  • Les zones r√©serv√©es aux plantes annuelles doivent √™tre retourn√©es tous les ans, avant ou pendant la p√©riode de repos de la v√©g√©tation, afin que ces plantes ne soient pas concurrenc√©es par le syst√®me racinaire des v√©g√©taux vivaces et r√©apparaissent chaque ann√©e.
  • Il est souvent n√©cessaire d'√©liminer les algues qui se d√©veloppent dans les mares lorsque l'eau est trop riche et de limiter certaines plantes qui risquent d'envahir la zone d'eau ouverte. La mati√®re v√©g√©tale morte doit √™tre √©limin√©e pour √©viter l'eutrophisation.
  • On peut souhaiter donner aux plates-bandes et rocailles proches de la maison et de la terrasse un aspect plus soign√©, y associer des couleurs particuli√®res et favoriser les plantes parfum√©es. Il est d√®s lors n√©cessaire d'enlever les v√©g√©taux ind√©sirables, quitte √† les r√©installer ailleurs dans le jardin.
  • Le compost doit √™tre a√©r√© et maintenu humide, et, une fois m√Ľr, √©tendu au pied des jeunes arbres et des fruitiers, sur les plates-bandes de fleurs exigeantes et au potager.

Les plantes indig√®nes, par essence parfaitement adapt√©es au climat et aux micro-organismes pr√©sents dans l'environnement (leurs ¬ę pr√©dateurs ¬Ľ), requi√®rent peu de soins. L'entretien d'un jardin sauvage ne n√©cessite pas d'engrais fortement dos√©s, d'arrosages copieux, de traitements insecticides et fongicides, de lourde pr√©paration du sol : pour autant que les v√©g√©taux soient adapt√©s au type de sol et √† l'ensoleillement de la zone du jardin o√Ļ ils sont plant√©s, ils sont naturellement r√©sistants et le jardinier peut se contenter de limiter leur d√©veloppement. Le tonneau ou la citerne d'eau de pluie et le tas de compost suffisent pour soigner les plantes plus exigeantes que l'on aura souhait√© cultiver. Si une plante d√©p√©rit malgr√© le bon √©quilibre du jardin, l'attitude du ¬ę jardinier sauvage ¬Ľ est plut√īt de se dire qu'elle n'y √©tait pas vraiment √† sa place plut√īt que de s'acharner √† la faire pousser co√Ľte que co√Ľte en intervenant continuellement.

Avantages

Outre la conservation de la nature et de la biodiversité, le jardin sauvage présente d'autres aspects positifs.

Un jardin sauvage est à la fois un jardin écologique et un jardin économique. L'absence d'utilisation de pesticides, d'arrosage intensif et de recours aux engrais chimiques en font en effet un jardin non polluant et respectueux des ressources en eau. L'usage parcimonieux de la tondeuse à gazon et du taille-haie contribuent à la fois au calme du quartier et aux économies d'énergie. Le prix des espèces indigènes est relativement peu élevé, et même nul si l'on privilégie l'implantation spontanée, la récolte de graines, le bouturage et les échanges avec d'autres jardiniers.

Un jardin sauvage constitue également un cadre idéal pour l'implantation d'un potager ou d'un verger biologique. En effet, l'équilibre écologique du jardin (absence de maladies, prédateurs variés) profite aux cultures et rend superflu l'usage de pesticides. La présence de nombreux insectes pollinisateurs est également garante de récoltes abondantes de fruits et légumes-fruits.

En zone rurale, ces jardins s'intègrent harmonieusement dans le paysage (pas de haies de thuyas qui défigurent le bocage, etc.).

Ce concept de jardinage convient parfaitement aux personnes qui ne souhaitent pas consacrer trop de temps à l'entretien de leur jardin (voir plus haut), mais préfèrent le contempler et observer la vie qui s'y développe.

Enfin, le jardin sauvage offre un terrain de d√©couvertes pour tous ses usagers, quel que soit leur √Ęge. Il permet de se familiariser avec des v√©g√©taux devenus rares dans les jardins et dans la nature, bien que naturellement pr√©sents dans la r√©gion, et d'observer la faune sauvage. Un tel jardin attire oiseaux et papillons ; c'est l√† un √©l√©ment qui s√©duira de nombreux propri√©taires de jardin.

Bibliographie

  • Vincent ALBOUY et Gilbert HODEBERT, Le Jardin des insectes. Les conna√ģtre, favoriser leur pr√©sence, Delachaux et Niestl√©, Paris, 2002
  • Vincent ALBOUY et Guillaume LEMOINE, Le Jardin naturel. 148 esp√®ces de fleurs sauvages √† introduire au jardin, Delachaux et Niestl√©, Paris, 2005
  • Vincent ALBOUY, Jardinez avec la nature. Les bases du jardinage √©cologique, Edisud, 2007.
  • Chris BAINES, Cr√©ez votre jardin sauvage, Terre Vivante, Paris, 1989
  • Fran√ßois COUPLAN et Fran√ßoise MARMY, Jardiner nature. Le guide du jardinage bio, Bordas-Larousse, 1999 (nouvelle √©dition de Le Jardin au naturel. Le guide pour faire vivre votre jardin, paru chez Bordas en 1995)
  • Nicole LAUROY, Jardins sauvages, Nathan, Paris, 1992
  • Jean-Fran√ßois NOBLET, La Nature sous son toit. Hommes et b√™tes : comment cohabiter ?, Delachaux et Niestl√©, Paris, 2005 (nouvelle √©dition de La maison nichoir, paru chez Terre Vivante en 1994)
  • Violet STEVENSON, Cr√©er un jardin sauvage, Nathan, Paris, 1995
  • Hartmut WILKE, Une mare naturelle dans votre jardin, Terre Vivante, Paris, 1989
  • Association Ponema, Attirez les papillons dans votre jardin, Eveil Editeur, Saint-Yrieix (France), 1995
  • Refuges naturels (1991) et Accueillir la nature au jardin (1998), brochures de l'association belge RNOB (aujourd'hui Natagora)
  • Fiches techniques Natagora (t√©l√©chargeables)
  • Jardin sauvage (2000), dossier technique de la Gazette des Terriers r√©alis√© par la F√©d√©ration des clubs CPN (Conna√ģtre et Prot√©ger la Nature, France) et command√© par les magasins Nature et D√©couvertes. √Čgalement disponible sous forme de livre CPN
  • Jardins nature admise. Guide pratique et technique, Ville de Namur, Belgique, 2006 (t√©l√©chargeable)
  • Votre jardin au naturel, Minist√®re de la R√©gion wallonne (t√©l√©chargeable sous Info-citoyens > Brochures et publications DGRNE)
  • Cr√©er une mare naturelle dans son jardin, Minist√®re de la R√©gion wallonne (t√©l√©chargeable sous Info-citoyens > Brochures et publications DGRNE)
  • Planter une haie, Province du Brabant wallon & Natagora (t√©l√©chargeable)
  • Le Guide du jardin au naturel, Chantier Nature, Lille, 2001 (t√©l√©chargeable - lien mort)
  • Site web "Le jardin au naturel" du CPIE Bocage de l'Avesnois (Nord Nature Bavaisis) (France)

Voir aussi

Liens externes

Associations

Entreprises

A visiter

  • Jardin mod√®le Natagora au parc F√©lix Hap √† Bruxelles (Etterbeek) - Belgique
  • Refuge naturel mod√®le Natagora de La Marache √† Lasne - Belgique
  • Refuge naturel de l'ASBL Ardennes Li√©geoises √† Ferri√®res - Belgique
  • Jardin naturel de Gerpinnes - Belgique
  • Jardin didactique "Le Coquelicot" √† Olne - Belgique
  • Parc Salix-Malva en Champagne - France
  • Jardin sauvage Saint-Vincent √† Paris 18e (Montmartre) - France
  • Jardin naturel √† Paris 20e (P√®re Lachaise) - France
  • Jardin sauvage du WWF √† Versailles - France

Pour reconna√ģtre les fleurs sauvages

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  • Jardin ecologique ‚ÄĒ Jardin √©cologique La notion de jardin √©cologique d√©signe divers types de jardins, publics ou priv√©s, √©ventuellement Jardin communautaires ou associatifs, ayant en commun d √™tre con√ßu, g√©r√©s, organis√©s et cultiv√©s de mani√®re √† aussi restaurer et… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Jardin √Čcologique ‚ÄĒ La notion de jardin √©cologique d√©signe divers types de jardins, publics ou priv√©s, √©ventuellement Jardin communautaires ou associatifs, ayant en commun d √™tre con√ßu, g√©r√©s, organis√©s et cultiv√©s de mani√®re √† aussi restaurer et prot√©ger la… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • sauvage ‚ÄĒ [ sova í ] adj. ‚ÄĘ v. 1120; bas lat. salvaticus, alt√©r. du class. silvaticus, de silva ¬ę for√™t ¬Ľ I ‚ô¶ Qui est √† l √©tat de nature ou qui n a pas √©t√© modifi√© par l action de l homme. 1 ‚ô¶ (Animaux) Qui vit en libert√© dans la nature, n appartient pas √†… ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • Jardin √©cologique ‚ÄĒ La notion de jardin √©cologique d√©signe divers types de jardins, publics ou priv√©s, √©ventuellement Jardin communautaires ou associatifs, ayant en commun d √™tre con√ßu, g√©r√©s, organis√©s et cultiv√©s de mani√®re √† aussi restaurer et prot√©ger la… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Jardin de toiture ‚ÄĒ Le jardin sur terrasse du Rockefeller Center √† Manhattan ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Jardin Anglais ‚ÄĒ Le jardin anglais, ou jardin √† l‚Äôanglaise, avec ses formes irr√©guli√®res, est souvent oppos√© au ¬ę jardin √† la fran√ßaise ¬Ľ, dont il prend le contre pied esth√©tiquement et symboliquement. un gazon dont la rectitude √©voque le prestige pass√© ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Jardin anglais ‚ÄĒ Le jardin anglais, ou jardin √† l‚Äôanglaise, avec ses formes irr√©guli√®res, est souvent oppos√© au ¬ę jardin √† la fran√ßaise ¬Ľ, dont il prend le contre pied esth√©tiquement et symboliquement. un gazon dont la rectitude √©voque le prestige pass√© ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


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