Jardin Chinois

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Jardin Chinois

Jardin chinois

¬ę Bien que tout ceci ne soit qu'une cr√©ation humaine, elle peut para√ģtre Ňďuvre du Ciel ¬Ľ, Ji Cheng

L'art du jardin appartient au m√™me titre que la calligraphie ou la po√©sie aux arts sacr√©s chinois. Le jardin est tout √† la fois un lieu de vie et de divertissement dans lequel on se pla√ģt √† fl√Ęner et un lieu ¬ę magique ¬Ľ, un cosmos miniature dans lequel on cherche √† recr√©er l'image d'une nature id√©ale. Il se pr√©sente donc comme un compromis constant entre les dimensions esth√©tiques et symboliques.
Les jardins chinois répondent ainsi à un certain nombre de codes qui méconnus en rendent la compréhension très parcellaire.

Sommaire

Historique

L'histoire du jardin en Chine est plus que millénaire.

Le jardin a d'abord une origine mystique : Zhuang Zi rapporte un discours qu'il attribue √† Confucius faisant √©tat du parc de Xiwei, souverain l√©gendaire ant√©rieur √† l'Empereur Jaune (II mill√©naire avant notre √®re). Le jardin chinois traditionnel symbolise le paradis dans le monde. Selon les anciennes l√©gendes chinoises ce paradis tr√īne au sommet de la grande montagne, dans les √ģles lointaines au milieu de la mer. L√† se trouve l'√©lixir de longue vie qui permet d'acc√©der √† l'immortalit√©. Cette l√©gende explique le r√īle majeur que la montagne, la mer et les √ģles jouent dans la symbolique du jardin chinois.

Plus prosa√Įquement, le jardin se d√©veloppa sans doute au cours de la dynastie des Han. Il n'√©tait pas alors l'objet d'une recherche esth√©tique mais √©tait d√©di√© au d√©lassement (Le Jardin sans soucis - Mianyuan) et √† la pratique de la chasse. Ainsi le Shuowen jiezi, compil√© au IIe si√®cle de notre √®re, mentionne les termes you (parc), pu (potager), yuan (jardin) et yuanyou (parc). Le parc Becha√Į, agrandi et transform√© depuis, fut cr√©√© sous les Han en -104.

√Ä partir des Tang et des Song, l'environnement qu'il soit int√©rieur comme ext√©rieur commence √† jouer un r√īle pr√©pond√©rant dans la conception des jardins. C'est sous les Ming et les Qing qu'il acquiert sa dimension artistique et atteint sa pl√©nitude. Lorsqu'on √©voque l'art des jardins chinois, c'est aux jardins con√ßus durant cette p√©riode qu'on se r√©f√®re. S'il on en croit l'adage populaire c'est au sud du fleuve bleu ou dans son delta que les plus beaux furent imagin√©s :

¬ę Au ciel existe le paradis et sur la terre, Suzhou et Hangzhou. ¬Ľ

D√®s le IIIe si√®cle le jardin va sortir de la sph√®re imp√©riale gr√Ęce au d√©veloppement d'une classe de marchands fortun√©s et surtout de lettr√©s fonctionnaires (shidafu) qui veulent b√©n√©ficier des bienfaits de la nature sans quitter la ville et leurs affaires. Les styles de jardins vont alors se multiplier en fonction de l'usage qui leur est d√©volu. Certains sont de grandes dimensions et tr√®s opulents. Ils sont alors ouverts au public afin de montrer la puissance de leur propri√©taire. D'autres vont au contraire se fermer aux regards ext√©rieurs et entrer dans l'intimit√© de la famille. Essentiellement propri√©t√© des shidafu, ils sont le reflet de la culture humaniste chinoise. Elle les pousse √† associer √† la r√©ussite sociale acquise en servant l'√Čtat et l'Empereur et relevant plut√īt des valeurs confuc√©ennes, la r√©ussite spirituelle qui s'acquiert en cultivant sa vie int√©rieure et qui rel√®ve elle des valeurs tao√Įstes. En s'appropriant les jardins, ils vont ainsi leur ajouter une dimension symbolique, en faire un lieu de refuge et de m√©ditation, tenter d'y recr√©er une nature voire un monde id√©alis√©.

Le jardin de la politique des simples, Suzhou

Le d√©veloppement du bouddhisme et du tao√Įsme va permettre au jardin de gagner le monde religieux dans les temples que les moines ont construits √† l'√©cart des villes.

L'art des jardins chinois va ainsi √©voluer dans trois milieux diff√©rents (empereur, bourgeoisie marchande et monde monacale) se perfectionnant jusqu'au XVIIIe si√®cle. La p√©n√©tration occidentale (missionnaires, colonisateurs) introduit alors la culture du jardin occidental. Le jardin fran√ßais con√ßu avec l'aide des missionnaires fran√ßais dans le jardin Yuanming Yuan est l'un des exemples les plus frappants de cette importation. N√©anmoins elle signe √©galement la fin des jardins chinois traditionnels.

Au regard de leur profusion √† l'√©poque ancienne, bien peu de jardins chinois traditionnels subsistent aujourd'hui. La plupart ont √©t√© victime d'incendies accidentels ou volontaires. Comme les b√Ętiments traditionnels chinois √©taient construits en bois, aucun vestige, pas m√™me architectural, ne subsiste.

Notons pour finir les apports décisifs du jardin chinois vis-à-vis des jardins japonais et coréens qui ont ensuite développé leur propre esthétique.

Principaux aspects du jardin chinois

Ji Cheng, l'auteur du Yuanye, consid√©rait que la r√©ussite d'un jardin d√©pendait de deux principes essentiels : l'adaptation √† l'environnement et l'emprunt √† d'autres paysages.

Il pourrait y √™tre ajout√© la cr√©ation d'un monde en miniature. ¬ę Le monde dans un grain ¬Ľ est ainsi une expression bouddhique qui refl√®te l'une des pr√©occupations majeures du paysagiste chinois. La petitesse donne de la valeur √† l'objet. Plus la reproduction de l'objet naturel s'√©loigne, par ses dimensions, de la r√©alit√© et plus il rev√™t un caract√®re magique ou mythique. Ce point est √† rapprocher du pr√©c√©dent. Si am√©nager un parc qui contienne au complet toutes les essences et tous les √™tres de l'univers constitue d√©j√† un acte de magie, le r√©duire √† l'√©tat de miniature revient √† lui √īter le dernier semblant de r√©alit√© et par l√† l'√©l√®ve au-dessus de cette derni√®re.

Nous verrons dans les quelques points qui suivent comment ces différents aspects sont mis en pratique dans la réalisation d'un jardin.

Principes généraux

L'artiste doit faire montre de sa capacit√© √† utiliser l'environnement naturel pour cr√©er son Ňďuvre plut√īt que de celle √† le ma√ģtriser. La sym√©trie n'est pas √©rig√©e en principe comme dans le jardin occidental, l'artiste cherchant plut√īt √† d√©gager une harmonie g√©n√©rale qui puisse avoir apparence naturelle. Il s'agit en quelques de sorte de donner une repr√©sentation id√©ale de la nature, de la sublimer.

L'habitat est compos√© de b√Ętiments s√©par√©s par des cours, dispos√©s selon un ordre conventionnel, en principe le long d'un axe (yang). Les jardins, eux, ont un plan libre et asym√©trique (yin). Dans toute composition il y a un espace ouvert dans lequel sont mis en place les principaux d√©cors et les pavillons les plus importants pour les contempler, au cŇďur d'un entrelacs de galeries, de chemins et de bosquets.

Un jardin est un √©l√©ment qui se vit dans le temps. Le jardin doit savoir tirer parti de l'alternance des saisons et de la succession de floraisons qui l'accompagne, des jeux de lumi√®re et d'ombre procur√©s par le cycle solaire, des alternances diurnes et nocturnes. Au travers des incessantes et multiples transmutations, le jardin acquiert une nouvelle dimension, celle o√Ļ chaque instant se d√©finit par des visions √©ph√©m√®res et des impressions fugitives, dans un univers en perp√©tuel devenir.

Les paysages empruntés

L'emprunt de sc√®nes est lui aussi d√©terminant dans la qualit√© du jardin. D√®s la dynastie des Jin de l'Est, de multiples documents mentionnent cette pratique. Il ne s'agit pas de copier le plus fid√®lement possible mais de recr√©er dans l'esprit du spectateur les sensations qu'il pourrait √©prouver √† la vue de la sc√®ne repr√©sent√©e. Chen Chongzhou √©crit : ¬ę Toute la subtilit√© r√©side dans le mot "je vois" : l'emprunt s'est r√©alis√© entre intention et hasard d'une mani√®re totalement naturelle et √©l√©gante ¬Ľ.

Le jardin devient alors le lieu du regard partagé, le lieu de deux espaces. On retrouve aussi dans cette conception la nécessaire continuité spatiale entre espace intérieur et extérieur.

La frontière entre artifice et réalité est parfois ténue, en témoignent les lamaseries du jardin dans lesquelles avaient été détachés des prêtres ou les rizières dans lesquelles travaillaient des paysans.

Le jardin chinois est une reflextion complexe

Feng Shui

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Le feng shui (litt√©ralement vent et eau) consiste √† examiner les √©l√©ments constitutifs de l'environnement en vue de l'√©tablissement d'un √©difice, le faste ou le n√©faste d'un site d√©terminant la prosp√©rit√© ou la d√©cadence du ma√ģtre des lieux.

Le feng shui remonte au moins au IIIe si√®cle et ses racines id√©ologiques sont encore plus anciennes. Il vise √† d√©velopper une mani√®re de vivre harmonieuse assurant prosp√©rit√© et bonheur. L'√©nergie vitale qi (litt√©ralement air, souffle, √©nergie, temp√©rament ou atmosph√®re) doit √™tre capt√©e et dirig√©e √† des fins b√©n√©fiques. Selon la philosophie tao√Įste ce flux d'√©nergie invisible est porteur d'une force vitale. Progressivement le fengshui va incorporer des √©l√©ments telles que la g√©omancie ou l'horoscope.

√Ä partir du IIIe si√®cle, il est de plus en plus fr√©quent de faire appel √† des experts en feng shui pour d√©terminer l'emplacement ou l'orientation d'une maison ou d'une tombe. L'application aux jardins de ces pr√©ceptes est alors tout √† fait naturelle.

Le jardin chinois se doit de refl√©ter la nature. Comme on l'a d√©j√† mentionn√© l'harmonie g√©n√©rale est recherch√©e bien plus que la sym√©trie et l'ordre. Le principe fondamental du feng shui, ¬ę moins est mieux ¬Ľ s'illustre dans les jardins, la qualit√© devant pr√©valoir sur la quantit√©. Le jardin chinois ne s'apparente donc pas √† une collection botanique. Les arbres y sont ainsi plant√©s de mani√®re asym√©trique, ils ont valeur d'√©l√©ments structuraux et permettent de cr√©er des perspectives int√©ressantes ou de mettre en valeur d'autres √©l√©ments du jardin (pierre, √©tendue d'eau).

Selon le concept tao√Įste du yin et du yang, l'harmonie na√ģt et vit par la pr√©sence d'√©l√©ments oppos√©s comme beaut√© et laideur, clair et obscur ... Ces √©quilibres entre √©l√©ments oppos√©s sont √©videmment mis en valeur dans les jardins. Les rochers par leurs formes tourment√©es constituent le yang alors que l'eau du bassin ou de l'√©tang par l'√©quilibre qu'elle procure se place du c√īt√© du yin.

La montagne et l'eau constituent les deux éléments primordiaux à prendre en compte lors de l'examen du site, le premier exerce son influence sur la destinée de l'homme le second sur sa bonne fortune pécuniaire. Si on peut y voir un rapport évident avec la conception chinoise des jardins, le feng shui et son bien fondé ont souvent été interrogés par les grands traité de paysagisme.

Les √©l√©ments fondamentaux : l'eau et la montagne

Comme nous l'avons vu précédemment l'eau et la pierre sont porteurs d'une grande valeur symbolique. Ils sont également des piliers essentiels de l'esthétique des jardins chinois.

Les pierres peuvent √™tre agenc√©es de diff√©rentes mani√®res. Elles peuvent √™tre accumul√©es pour donner l'image d'une montagne (shan). En ce cas, elles ont autant un r√īle symbolique que structurel. Structurel, car elles forment la toile de fond naturelle d'une perspective, tout en la s√©parant de la suivante sans aucun √©l√©ment artificiel. En dissimulant, elles contribuent √† d√©gager une impression d'espace malgr√© l'exigu√Įt√© du jardin.

Les rochers présentés seuls sont choisis pour leurs formes tourmentées. Ils évoquent l'incertitude et le wei (équilibre précaire). Ils constituent l'ossature du squelette de la Terre symbolisée par les montagnes miniatures. L'eau (shui) se rattache à cette métaphore, puisque son mouvement au sein des rivières ou des ruisseaux qui parcourent le jardin pourrait symboliser le pouls vivant de la Terre

L'eau est un √©l√©ment essentiel. Elle favorise par le calme qu'elle v√©hicule la contemplation m√©ditative. Le son d'une chute d'eau judicieusement plac√©e renforcera ce sentiment. Le bassin, de forme naturelle, toujours dans le souci de pr√©server l'harmonie naturelle, se trouve au centre et unit les diff√©rents √©l√©ments du jardin. L'eau symbolise aussi la force molle qui en suivant la pente du terrain est capable d'√©roder n'importe quelle roche. Elle illustre en cela une des valeurs primordiales du tao√Įsme :

L'homme d'une vertu supérieure est comme l'eau.
L'eau excelle à faire du bien aux êtres et ne lutte point.
Elle habite les lieux que déteste la foule.
Parmi toutes les choses du monde, il n'en est point de plus molle et de plus faible,
et cependant, pour briser ce qui est dur et fort, rien ne peut l'emporter sur elle.
Pour cela rien ne peut remplacer l'eau.
Ce qui est faible triomphe de ce qui est fort.
Ce qui est mou triomphe de ce qui est dur.
Lao-tseu, Tao-te king.

La place de l'art dans les jardins chinois : les influences tao√Įstes

L'expression de la philosophie tao√Įste de la nature ainsi que celle de son lien avec des arts telles que la po√©sie et la calligraphie constitue une constante dans les jardins chinois. Le Tao (litt√©ralement la voie) fait r√©f√©rence √† un processus plut√īt qu'√† un chemin √† suivre. Cette philosophie met l'accent sur l'unit√© avec l'univers, dont tous les √©l√©ments sont constitu√©s du m√™me mat√©riel, le qi. Le Tao est la somme de toutes les choses pass√©es, pr√©sentes et futures.

Les immenses roches érodées par le temps sont une manifestation du Tao en cela qu'elles représentent le cours du temps et notre avenir décomposé.

Les jardins chinois ont de tr√®s profondes racines philosophiques. Les √©l√©ments naturels y sont soigneusement choisis pour leurs significations historiques, litt√©raires ou symboliques Les peintures de paysage et l'art des jardins se d√©velopp√®rent en parfaite symbiose en Chine. Ce ph√©nom√®ne historique conduisit √† d√©velopper un "Ňďil" tr√®s particulier commun √† ces deux formes artistiques. L'aspect "estampe" de certains jardins chinois n'est donc absolument pas le fruit du hasard mais bien le r√©sultat de la combinaison des regards du peintre et du paysagiste. On pourrait m√™me mettre en parall√®le l'agencement des jardins et la peinture sur rouleau (invent√©e par Wang Wei √©rudit de la p√©riode Tang), qui permet de ne d√©voiler l'Ňďuvre que progressivement aux yeux du spectateur. Tout comme elle, le jardin n'est jamais visible dans son ensemble. Le jeu des ouvertures que nous examinerons succinctement dans le paragraphe suivant nous fournira une nouvelle illustration de ces liens.

Un jardin doit donc refléter deux souffles vitaux. Celui de la nature qui est mise en scène au travers des arbres, des roches ou des étendues d'eau qui parsèment le jardin mais également celui du jardinier qui représente la création, mais une création qui doit approcher au plus près le plus parfait des équilibres, l'équilibre naturel.

La place du spectateur

Le jardin est une Ňďuvre, un spectacle qui s'offre aux yeux du visiteur. Jamais l'on arrive √† le saisir dans son entier. L'ensemble est rythm√© par un r√©seau de murs trou√©s ici, de portes rondes l√†, de fen√™tres ajour√©es, qui finissent par transformer le jardin en une infinit√© de cours et de recoins. Ces cloisonnements qui le structurent et les ouvertures qui y sont pratiqu√©es visent √† produire artificiellement un ensemble de sensations visuelles. Les ouvertures conduisent le regard comme un cadre le ferait pour un tableau. Le symbolique se glisse jusque dans leurs formes : la p√™che pour l'immortalit√© ou la long√©vit√© (Qinghui yuan √† Shunde).

Elle permet de mettre en valeur ou de cacher certains éléments. Les dispositifs les plus élaborés prennent même en compte le déplacement du visiteur à l'intérieur du jardin. Le jardinier peut par cet intermédiaire, jouer sur la succession des scènes en les juxtaposant dans un ordre bien déterminé. Il est ainsi possible de créer un véritable parcours qui, bien que constitué de multiples scènes préserve l'unité de l'ensemble. Dans le Wangshi yuan à Suzhou, on peut noter les contrastes remarquables créés par l'artiste. Le promeneur passe ainsi en un instant d'une scène paisible dominée par les bambous à celle vertigineuse d'un précipice représenté par une falaise dont on ne peut voir le pied. Une des scènes les plus récurrentes de ce lieu est sans conteste la montagne artificielle de pierres (yang) dressée au-dessus d'un étang (yin).

Le jardin n'est pas seulement un spectacle il est aussi un complément de la maison, c'est-à-dire un lieu de vie. Il doit donc permettre aux êtres humains d'y pénétrer ainsi que de s'y mouvoir.

L'architecture

Article d√©taill√© : Architecture chinoise.
Le fameux pont aux dix neuf arches du palais d'été reconstruit après sa destruction par les occidentaux
Le ¬ę bateau ¬Ľ du palais d'√©t√©

L’architecture tient une place importante dans l'art du jardin chinois.

Les pavillons reliés entre eux par un ensemble de galeries permettent au concepteur du jardin de choisir les points de vue qu'il donnera à voir aux visiteurs. Les galeries et les murs permettent également de diviser le jardin en espaces indépendants.

On trouve dans les jardins de multiples formes d'architecture chinoise traditionnelle :

Les plantes et les animaux

Les animaux

Les animaux peuvent être présents ou symbolisés par des sculptures.

Le dragon repr√©sente l'empereur et le qi lorsqu'il danse. Il n'a pas de connotation n√©gative. Le ph√©nix symbolise l'imp√©ratrice, associ√© avec le dragon la Chine tout enti√®re. La tortue est souvent un symbole de long√©vit√© et d'endurance. Le poisson (carpe) repr√©sente la pers√©v√©rance : la carpe lutte contre le courant vers la porte du dragon o√Ļ elle se transformera en dragon. La chauve-souris est une marque de chance ou de fortune.

Les plantes

Le Yuanming yuan la quintessence du jardin à la chinoise

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Historique

Le jardin du Yuanming yuan (Le jardin du palais d'été ou littéralement le jardin de la clarté parfaite) constitue sans doute l'apogée de deux mille ans d'évolution de l'art des jardins impériaux.

C'est en 1677 que l'empereur Kangxi (1662-1722) d√©cide de restaurer un jardin h√©rit√© de la dynastie d√©chue des Ming, situ√© √† proximit√© de la capitale. Rebaptis√© Printemps glorieux, le parc devient la r√©sidence de plaisance du souverain qui d√©serte la Cit√© interdite o√Ļ r√®gnent une chaleur √©touffante en √©t√© et un froid glacial en hiver. En 1709, Kangxi offre √† son fils, le futur empereur Yongzheng (1723-1735), un jardin attenant au domaine qu'il baptise Yuanming, "Clart√© parfaite".

D√®s son accession au tr√īne, Yongzheng fait de ce lieu sa r√©sidence principale. Le site est agrandi et remodel√© d'apr√®s la configuration g√©ophysique de la Chine de mani√®re √† constituer un microcosme de l'Empire dont il devient le centre politique. √Člev√© au Yuanming yuan, son fils, le futur empereur Qianlong (1736-1796), se passionne pour le jardin. Il parach√®ve l'Ňďuvre en faisant construire, par les artistes j√©suites √† son service, un ensemble de palais europ√©ens entour√©s de fontaines et de jeux d'eau. √Ä son apog√©e le jardin des jardins s'√©tendait sur 350 hectares au Nord-Ouest de P√©kin et renfermait d'inestimables tr√©sors.

La r√©alisation de ce jardin au XVIIIe si√®cle correspond √† l'apog√©e tant politique qu'√©conomique et culturel de la Chine. Au cours du si√®cle suivant la corruption ne tarde pas √† gangrener le pouvoir et la d√©cadence s'installe parmi les mandarins. La Deuxi√®me guerre de l'opium o√Ļ s'affrontent la Chine et l'Europe √©clate ainsi moins d'un si√®cle apr√®s l'ach√®vement du Yuanming yuan. Elle y trouvera son d√©nouement tragique. Le domaine est pill√© par le corps exp√©ditionnaire franco-britannique puis livr√© aux flammes par Lord Elgin en 1860. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'un seul jardin restaur√© apr√®s l'incendie, bien modeste t√©moignage de la magnificence du jardin des jardins.

¬ę B√Ętissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze et de la porcelaine, charpentez-le en bois de c√®dre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, l√† harem, l√† citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, √©maillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des po√®tes les mille et un r√™ves, des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d'eau et d'√©cume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d'√©blouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c'√©tait l√† ce monument. ¬Ľ Victor Hugo, Lettre au Capitaine Butler.

Le jardin des jardins

On y retrouve la plupart des éléments caractéristiques du jardin chinois.

Le Yuanming yuan constitue avant tout la création d'un univers en miniature. Il peut sembler étrange de choisir un jardin aussi vaste et grandiose que celui du palais d'été pour illustrer le concept primordial de microcosme. Néanmoins si on considère qu'en tant que jardin impérial, le microcosme correspond à l'Empire tout entier, le paradoxe n'est plus qu'apparent.

Le jardin est entièrement artificiel jusqu'au relief et au lac qui le caractérisent. Tout a été créé par la main de l'homme sous la direction d'un bureau dédié à cet effet. On y retrouve les éléments naturels fondamentaux du jardin chinois, l'eau et le relief, qui structurent et divisent l'espace.

La nature est repr√©sent√©e ou plut√īt id√©alis√©e. Son agencement est le reflet de la personnalit√© de son propri√©taire, l'empereur qui a, semble-t-il, travaill√© personnellement √† l'√©laboration de ses plans.

Dans le cas du Yuanming yuan, le feng shui a sans doute jou√© un r√īle majeur. Ainsi un rapport non dat√© √©voque un examen minutieux ayant permis de montrer la parfaite concordance entre les √©l√©ments int√©rieurs (montagne et eau) et les figures g√©omantiques. En particulier la proximit√© √† l'ouest de cha√ģnes montagneuses forme un paravent de montagnes qui permet de pr√©server le qi, souffle vital du lieu.

√Ä l'int√©rieur du cadre trac√© par la montagne et l'eau, qui structurent le jardin, de multiples paysages ont √©t√© dessin√©s √©voquant les plus c√©l√®bres sites chinois. Dans le jardin de la Clart√© parfaite, rochers et plans d'eau ont √©t√© am√©nag√©s pour r√©pondre √† la configuration de l'Empire en ¬ę neufs r√©gions et quatre mers ¬Ľ. Le point culminant repr√©sentait le mont Kunlun, g√©niteur des principales cha√ģnes de montagne en Chine. De l√† partaient les trois grandes cha√ģnes du jardin. L'eau se divisait en deux branches principales, l'une formait une fourche puis confluait vers un plan d'eau de quatre hectares ; l'autre bifurquait plusieurs fois avant de se d√©verser dans un immense lac de vingt-sept hectares, symbole de la mer de Chine. Il y est fait √©galement r√©f√©rence √† la doctrine confucianiste marquant ainsi le caract√®re imp√©rial du lieu : le gouvernement de l'√Čtat au juste milieu et le respect des anc√™tres sont ainsi des valeurs particuli√®rement mises en valeur. L'am√©nagement paysager devient ainsi le vecteur de messages politiques.

Le Yuanming yuan b√Ęti sur une plaine parfaitement plane n'avait pas √† s'adapter au relief, mais sa localisation d√©montre le souci d'utiliser l'environnement pr√©existant respectant ainsi les pr√©ceptes de Ji Chenh. Ainsi le secteur de Haidan est extr√™mement bien pourvu en eau, √©l√©ment essentiel s'il en est du jardin chinois.

Autres célèbres jardins chinois

Jardins privés

  • Zhuo zheng Yuan (chinois traditionnel : śčôśĒŅŚúí ; chinois simplifi√© : śčôśĒŅŚõ≠, hanyu pinyin: ZhuŇćzh√®ng Yu√°n, Jardin de la Politique des Simples), √† Suzhou
  • Wang Shi Yuan (chinois traditionnel : Á∂≤ŚłęŚúí ; chinois simplifi√© : ÁĹĎŚłąŚõ≠, hanyu pinyin: W«éngshńę Yu√°n, Jardin du Ma√ģtre des Filets), √† Suzhou
  • Yi Yuan (chinois traditionnel : śÄ°Śúí, chinois simplifi√© : śÄ°Śõ≠, hanyu pinyin : Y√≠ Yu√°n, Jardin de l‚ÄôHarmonie, litt√©ralement ¬ę jardin joyeux ¬Ľ), √† Suzhou
  • Cang Lang Ting (ś≤ßśĶ™šļ≠, hanyu pinyin : CńĀng L√†ng T√≠ng, Jardin du Pavillon des Vagues, litt√©ralement ¬ę pavillon des vagues bleu fonc√© ¬Ľ), √† Suzhou
  • Liu Yuan (chinois simplifi√© : ÁēôŚõ≠, hanyu pinyin : Li√ļ Yu√°n, Jardin d‚ÄôAttachement, litt√©ralement ¬ę jardin o√Ļ l‚Äôon fl√Ęne ¬Ľ), √† Suzhou
  • Huan Xiu Shan Zhuang (ÁéĮÁßÄŚĪĪŚļĄ, hanyu pinyin: Hu√°nxi√Ļ ShńĀnzhuńĀng, Villa au Sein de la Beaut√©, litt√©ralement : ‚Äús√©jour de montagne aux beaux alentours‚ÄĚ), √† Suzhou

Jardins impériaux

Jardins de temples

Bibliographie

  • L√©on Vandemesch, Lu Dong, Che Bing Chiu, Antoine Gournay, L'art des jardins dans les pays sinis√©s.
  • Ji Cheng, Yuanye le trait√© du jardin (1634).
  • R. A. Stein, Le monde en petit (Jardins en miniature et habitations dans la pens√©e religieuse d'Extr√™me- Orient).

Voir aussi

Liens externes

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  • chinois ‚ÄĒ chinois, oise [  Éinwa, waz ] adj. et n. ‚ÄĘ 1575; de Chine I ‚ô¶ Adj. 1 ‚ô¶ De Chine. ‚áí sin(o) . L ancien empire chinois. ‚áí c√©leste. La R√©publique chinoise. La r√©volution culturelle chinoise. Religions chinoises (bouddhisme, confucianisme ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • chinois ‚ÄĒ CHINOIS, OISE. adj. Qui vient de la Chine, qui est dans le go√Ľt des ouvrages de la Chine. Tapisserie chinoise. Pavillon chinois. Cabinet chinois. Jardin chinois. Go√Ľt chinois ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie Fran√ßaise 1798

  • Jardin ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Jardin (homonymie). Un jardin (de l allemand Garten signifiant enclos ) est un espace ext√©rieur ou int√©rieur, clos ou d√©limit√© o√Ļ l on cultive des v√©g√©taux, dot√© selon l usage d √©quipements hydrauliques, d… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


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