James Frederick Ferrier


James Frederick Ferrier
James Frederick Ferrier
Philosophe Occidental
Époque Contemporaine
James Frederick Ferrier.jpg

Naissance 16 juin 1808
Édimbourg
Décès 11 juin 1864 (à 55 ans)
Saint Andrews
Nationalité Écosse
École/tradition Idéalisme
Principaux intérêts Épistémologie
Œuvres principales Institutes of metaphysic
Influencé par Hegel

James Frederick Ferrier, né le 16 juin 1808 à Édimbourg et mort 11 juin 1864 à Saint Andrews, est un écrivain et métaphysicien écossais.

Il a créé le néologisme « Ã©pistémologie Â» dans son ouvrage Epistemology or Theory of Knowing.

Sommaire

Études et premiers écrits

Fils de John Ferrier, également écrivain, et de la sœur de John Wilson, dont le pseudonyme était Christopher North, Ferrier a été élève à la Royal High School, à l’Université d’Édimbourg, ainsi qu’au Magdalen College d’Oxford. Il étudie la philosophie allemande à Heidelberg, en compagnie de son ami, William Hamilton. En 1842, il est promu professeur d’histoire, et, en 1845 il devient professeur de philosophie morale et d’économie politique à l’Université de St Andrews. Il se porte deux fois candidat à la chaire de directeur de la chaire de philosophie d’Edinburgh, à celle de philosophie morale en 1852, et à celle de logique et de métaphysique en 1856, après la mort d’Hamilton. Il demeura enseigna ensuite à l’Université de St Andrews pour le restant de ses jours. Ferrier eut cinq enfants de sa cousine, Margaret Anne, fille de John Wilson ; une de ses filles devint la femme de Sir Alexander Grant.

La première contribution de Ferrier à la philosophie fut une série d’articles publiés dans la magazine Blackwood en 1838 et 1839, intitulé Introduction à la philosophie de la conscience (An Introduction to the Philosophy of Consciousness). Dans ces articles, Ferrier condamne les philosophes antérieurs pour leur ignorance des investigations de la psychologie, dans le domaine de la Conscience. Celle-ci est ainsi la qualité fondamentale de l’homme, pourtant ignorée par les philosophes qui s’en tiennent à l’esprit. La Conscience se manifeste en effet lorsque l’homme utilise le mot, en étant conscient de son sens. Cette notion prend son origine dans l’homme lui-même. La conscience a ainsi son origine dans la volonté, qui, au sein de l’acte de conscience, pose le je en lieu et place des sensations. Morale, réflexion et responsabilité sont les résultats nécessaires de la conscience.

De nombreux autres articles suivirent. Le plus important fut la Crise de la spéculation moderne (The Crisis of Modern Speculation) (1841), mais aussi : Berkeley et l’Idéalisme (Berkeley and Idealism) (1842) ainsi que l’importante critique des publications des œuvres de Thomas Reid (1847), qui contient une attaque véhémente de la philosophie du sens commun. La perception de la matière est ainsi pour Ferrier le plus important phénomène de la pensée, alors que Reid, se donnant comme but de l’analyser, fait œuvre de représentationniste bien qu’il soit connu comme intuitionniste. Ferrier distingue ainsi entre la perception de la matière et notre propre perception de la matière. La psychologie tente vainement d’en analyser la forme. La métaphysique permet alors de séparer l’élément subjectif, que l’homme appréhende, de l’élément objectif : la perception de la matière. Il s’agit néanmoins non de la matière en soi mais de la perception de la matière comme existence indépendante de la pensée individuelle. Cette dernière ne peut cependant pas être indépendante de la pensée. La pensée est ainsi assujettie à l’esprit, lui-même la propriété de l’esprit divin. Cette dernière constitue l’argument irréfragable de l’existence de Dieu.

Institutes of Metaphysic (1854) est son ouvrage majeur, publié sous deux éditions, et dans lequel il fonde le mouvement idéaliste anglais, qu’il développe depuis les travaux du philosophe allemand Georg Wilhelm Friedrich Hegel.

Derniers écrits

La doctrine philosophique de Ferrier trouve son expression la plus aboutie dans son Traité de métaphysique ; théorie de la connaissance et de l’être (Institutes of metaphysic; the theory of knowing and being) (1854) dans lequel il affirme avoir satisfait à la double obligation imposée à tout système philosophique, à savoir, d’être logique et vrai. Sa méthode est celle, comme chez Spinoza, de la démonstration rigoureuse, ou qui tente tout du moins de l’être. Toutes les erreurs de la pensée naturelle et de la psychologie peuvent ainsi être expliquées par l’un ou l’autre de ces trois notions : Connaissance et Connu, Ignorance et Être. Ces concepts étant exhaustifs, ils composent en conséquence les divisions de la philosophie, dont le seul but est de corriger les inadvertances de la pensée ordinaire.

Le Traité de métaphysique analyse les vérités allant de soi touchant à la connaissance et au connu[1]. Il explique que le fait que toute intelligence, en plus de connaitre tout ce qu’elle connait, doit, comme base ou condition de sa connaissance, posséder une certaine connaissance de soi, constitue la base de l’ensemble du système philosophique. En outre, le seul type possible de connaissable est celui qui est à la fois connu d’un objet et connu par un sujet (objet + sujet, ou chose + intelligence). En conclusion, un esprit indépendant ne peut penser qu’à un univers qui soit en synthèse avec quelque autre esprit ou conscience.

La principale contradiction, qui a été corrigée dans Agnoiology or Theory of Ignorance (Agnoiologie ou théorie de l’ignorance), affirme qu’il peut exister une ignorance dont on ne peut avoir connaissance. Elle est corrigée par le fait que l’Ignorance est un défaut, et fait valoir qu’il n’y a pas de défaut à ne pas connaitre ce qui ne peut être connu d’aucune intelligence (par exemple, que deux et deux font cinq), et que conséquent il ne peut y avoir d’ignorance que de ce dont on ne peut avoir connaissance, c’est-à-dire, de quelque-objet-plus-quelque-sujet. Ergo, seul le connaissable est incognoscible. Ferrier revendique tout particulièrement l’originalité de cette section du Traité de métaphysique.

The Ontology or Theory of Being (Ontologie ou théorie de l’être) constitue un examen de l’origine des connaissances, où Ferrier retrouve tous les doutes et les erreurs des philosophes à l’hypothèse de l’existence absolue de la matière. Il parvient à la conclusion que les seules vraies existences qui soient réelles et indépendantes sont les esprits-ensemble-avec-ce-qu’ils-appréhendent, et que la seule existence absolue strictement nécessaire est un esprit suprême et infini et éternel en synthèse avec toute chose.

En 1861, Ferrier souffre d’une faiblesse cardiaque à laquelle il succombe trois ans plus tard.

Notes

  1. ↑ On pense que Ferrier a inventé le terme d’« Ã©pistémologie Â» dans cet ouvrage, p. 48.

Sources


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