Jacques Pierre Brissot

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Jacques Pierre Brissot

48° 52â€Č 25″ N 2° 19â€Č 22″ E / 48.87361, 2.32277

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Brissot de Warville
Jacques Pierre Brissot(peinture anonyme, musée Carnavalet, Paris)
Jacques Pierre Brissot
(peinture anonyme, musée Carnavalet, Paris)

Naissance 15 janvier 1754
Chartres
DĂ©cĂšs 31 octobre 1793 (Ă  39 ans)
Paris
NationalitĂ© Drapeau de France France

Jacques Pierre Brissot, dit de Warville, nĂ© Ă  Chartres le 15 janvier 1754 et guillotinĂ© Ă  Paris le 31 octobre 1793, est un conventionnel et Ă©crivain politique français, prĂ©sentĂ© comme le chef de file des Girondins pendant la RĂ©volution française. Son rĂŽle dans le dĂ©clenchement de la guerre contre l'Autriche et le dĂ©bat politique qui en dĂ©coula avec Robespierre eut des consĂ©quences trĂšs importantes sur la lutte entre Girondins et Montagnards.

Sommaire

Jeunesse et formation

TreiziĂšme des dix-sept enfants d’un riche traiteur rĂŽtisseur de Chartres[1], qui fit donner Ă  ses enfants l’éducation qu’il n’avait pas reçue lui-mĂȘme, Brissot fit ses Ă©tudes, avec le poĂšte Guillard et plusieurs jeunes gens tels que Bouvet, Bouteroue, Sergent, l’abbĂ© Chasles et PĂ©tion, qui ont figurĂ© comme lui dans la RĂ©volution, au collĂšge de Chartres, oĂč il montra une grande ardeur au travail et une fervente piĂ©tĂ©. Durant sa rhĂ©torique, la frĂ©quentation d’un de ses camarades jeta dans son Ăąme des semences de doute, que firent germer des lectures. Il devint peu Ă  peu, au grand dĂ©sespoir de sa famille, un adepte de Voltaire, de Diderot et, surtout, de Rousseau. La Profession de foi du vicaire savoyard lui parut ĂȘtre un nouvel Ă©vangile.

Lorsqu’il lui fallut adopter une profession, il ne lui restait que le barreau. Pour s’exercer Ă  la procĂ©dure, il entra chez un procureur, mais pour se distraire des fastidieuses minuties de la chicane, il se prĂ©cipita dans les Ă©tudes les plus variĂ©es, scientifiques et littĂ©raires, et y apporta jour et nuit un acharnement passionnĂ©, une voracitĂ© incomparable. Sa vĂ©ritable vocation paraĂźt avoir Ă©tĂ© pour l’érudition, en particulier pour la linguistique. Aussi, malgrĂ© tout, songea-t-il un moment, sans cesser d’ĂȘtre incrĂ©dule, Ă  se faire bĂ©nĂ©dictin. Il en fut dĂ©tournĂ© par son ami le moine philosophe dom Mulet.

Lorsqu’une jeune fille qui rĂ©pondait Ă  son idĂ©al sentimental et philosophique, fatiguĂ©e du monde, de la stupiditĂ© des uns, de la bassesse des autres, du despotisme qui rĂ©gnait partout, termina ses jours Ă  l’ñge de dix-huit ans, le sĂ©jour de Chartres devint insupportable au jeune Brissot, qui prit le chemin de Paris, oĂč il devint clerc du procureur Nolleau fils, qui, selon un passage de ses MĂ©moires, aurait employĂ© dans le mĂȘme temps le jeune Robespierre [2]. En rupture avec sa riche famille, il vit d’expĂ©dients littĂ©raires, il vend sa plume et son talent, dĂ©bordant de projets, multipliant les Ă©crits. En 1774, il ajouta Ă  son patronyme la forme anglicisĂ©e d'Ouarville, le village oĂč il avait Ă©tĂ© mis en nourrice.

L’étude du droit avait peu d’attraits pour lui : dĂ©vorĂ© du besoin de se livrer Ă  quelques travaux utiles, ce polygraphe par nature et par besoin conçut le plan de sa ThĂ©orie des lois criminelles (1780, 2 vol.), qui le fait connaĂźtre, et dont il adressa la prĂ©face Ă  Voltaire[3]. Voltaire, au milieu de ses derniers triomphes, ne dĂ©daigna pas de le remercier de cet envoi par une lettre encourageante et flatteuse[4]. D’Alembert, auquel le jeune Ă©crivain s’était prĂ©sentĂ©, avait Ă©tĂ© moins bienveillant ; et Brissot, blessĂ© de cet accueil froid, et touchĂ© de celui qu’il reçut de Linguet, se voua tout entier au fameux auteur des Annales. Linguet lui donna d’excellents conseils, et le chargea de quelques articles pour le Mercure ; mais une intrigue lui fit enlever ce journal ; et Brissot, qui s’obstinait Ă  suivre une carriĂšre dans laquelle son pĂšre ne voulait point le voir entrer, fut obligĂ©, en 1778-1779, d’aller rĂ©diger le Courrier de l'Europe de Samuel Swinton, qui soutient les insurgĂ©s amĂ©ricains, feuille anglaise dont on publiait une traduction Ă  Boulogne-sur-Mer, oĂč il rencontre Charles ThĂ©veneau de Morande, avec lequel il entretient de trĂšs mauvais rapports.

Brissot, qui avait cru y trouver une tribune indĂ©pendante, se vit bientĂŽt imposer un censeur, qui rĂ©duisit son travail Ă  la plate traduction du journal de Londres ; il l’abandonna. De retour Ă  Paris, il s’y livra Ă  l’étude des sciences physiques. En mĂȘme temps qu’il s’occupait de chimie avec Fourcroy et Marat, il se fit recevoir avocat Ă  Reims[5], remporta deux prix Ă  l’AcadĂ©mie de ChĂąlons, prĂ©para son TraitĂ© de la vĂ©ritĂ©, publia sa ThĂ©orie et sa BibliothĂšque des lois criminelles, collection remarquable commencĂ©e Ă  Paris, finie Ă  Londres, imprimĂ©e Ă  Neufchatel, et au sujet de laquelle Servan lui Ă©crivit : « Vous avez rĂ©alisĂ© l’un de mes vƓux les plus anciens, lĂ  rĂ©union de tous les ouvrages qui ont traitĂ© des lois criminelles. Crions, monsieur, crions, tout un siĂšcle ! Peut-ĂȘtre Ă  la fin un roi dira : Je crois qu’ils me parlent ; peut-ĂȘtre il rĂ©formera. Â» Brissot disait, Ă  ce sujet, que Servan avait raison, exceptĂ© sur un point : « C’est le peuple qui a entendu, et qui a rĂ©formĂ©. Â» Si les premiers ouvrages de Brissot lui avaient valu l’amitiĂ© de quelques-uns des jurisconsultes et des littĂ©rateurs les plus cĂ©lĂšbres, seuls ses libraires avaient profitĂ© du fruit de ses veilles. Sans fortune, il avait besoin de s’en crĂ©er une par ses travaux. Nourri des doctrines de Jean-Jacques Rousseau, il se met Ă  Ă©crire des pamphlets sur l’InĂ©galitĂ© sociale et une BibliothĂšque philosophique du lĂ©gislateur
 (1782-1786, 10 vol.).

L'expérience londonienne

Il imagina d’aller Ă©tablir Ă  Londres une espĂšce de lycĂ©e ou musĂ©um, qui devait servir de point de rĂ©union Ă  tous les savants de l’Europe, un foyer d’oĂč se rĂ©pandraient toutes les connaissances renfermĂ©es dans chaque nation, et souvent inconnues chez les autres. Ce projet sĂ©duisit une foule de personnes, et d’Alembert chercha Ă  y intĂ©resser ses amis. AprĂšs un voyage en Suisse, nĂ©cessitĂ© par la publication de ses ouvrages et le dĂ©sir de se donner des correspondants, Brissot partit pour l’Angleterre ; mais il fut abandonnĂ© de tous ceux dont il attendait l’appui, et, aprĂšs y avoir publiĂ© le Journal du LycĂ©e de Londres, qui renferme des notices pleines d’intĂ©rĂȘt sur la littĂ©rature anglaise, il se vit emprisonnĂ© Ă  Londres pour dettes, Ă  la suite de dĂ©mĂȘlĂ©s avec Swinton et forcĂ© d’abandonner son Ă©tablissement commencĂ©. Quelques jours aprĂšs son retour en France, en 1784, il fut arrĂȘtĂ©, et enfermĂ© Ă  la Bastille. On l’avait dĂ©noncĂ© comme l’auteur des Passe-temps d’Antoinette, un pamphlet contre la reine Marie Antoinette, Ă©crit en rĂ©alitĂ© par le marquis de Pellepore. S’il semble Ă©tabli, aprĂšs les travaux de Simon Burrows, que Brissot n’est pas l’auteur de ce libelle contre la reine, le pamphlet du Diable dans un bĂ©nitier semble avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© de sa collaboration. Il fallut quatre mois, et les sollicitations puissantes de FĂ©licitĂ© de Genlis et du duc d’OrlĂ©ans, pour faire reconnaĂźtre son innocence.

Quatre ans aprĂšs, le 14 juillet au soir, ce fut dans ses mains que les vainqueurs de la Bastille dĂ©posĂšrent les clefs du chĂąteau Ă  la chute duquel il venait d’assister. ÉchappĂ© de la Bastille, Brissot alla demeurer chez ClaviĂšres, avec lequel il s’était liĂ© pendant son voyage en Suisse ; et ils composĂšrent ensemble plusieurs ouvrages sur les finances, qui parurent sous le nom de Mirabeau. Mirabeau vivait alors dans leur intimitĂ©, et se prĂ©parait, comme eux, aux grands combats de la rĂ©volution. À cette Ă©poque le marquis Ducrest, frĂšre de FĂ©licitĂ© de Genlis, fut mis Ă  le tĂȘte de la fortune du duc d’OrlĂ©ans : il songea Ă  s’entourer d’hommes instruits et de publicistes, dont les conseils et les Ă©crits pussent servir ses projets de rĂ©forme, et la pierre qu’il voulait faire aux ministres. Brissot, dont la femme Ă©tait lectrice de Mlle AdĂ©laĂŻde, se laissa sĂ©duire par les projets de Ducrest, et accepta prĂšs de lui une place Ă  la chancellerie du Palais-Royal. LĂ  il s’aperçut combien il pouvait compter sur les principes et le caractĂšre d’hommes qu’il voyait conspirer au milieu des orgies du palais, et parler de rĂ©formes et de libertĂ© dans les boudoirs, avec des filles. À la suite d’un complot qui Ă©clate au parlement, et qui avait Ă©tĂ© concertĂ© par la chancellerie d’OrlĂ©ans, le prince fut exilĂ©, et une lettre de cachet fut lancĂ©e contre Brissot. PrĂ©venu Ă  temps, il se rĂ©fugia Ă  Londres.

Pendant ce nouveau sĂ©jour en Angleterre, Brissot avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© Ă  la SociĂ©tĂ© de l’abolition de la traite des noirs. À son retour Ă  Paris, il rĂ©solut d’établir une sociĂ©tĂ© semblable ; elle fut appelĂ©e SociĂ©tĂ© des amis des Noirs, et commença ses travaux an mois de fĂ©vrier 1788. Parmi les membres signataires du procĂšs-verbal de la premiĂšre sĂ©ance, on remarque ClaviĂšres et Mirabeau. Il faut les considĂ©rer, avec Brissot, comme les fondateurs de cette sociĂ©tĂ©, qui exerça une si grande influence sur le sort des colonies ; la Fayette, Bergasse, la Rochefoucauld, LacĂ©pĂšde, Volney, Tracy, Lavoisier, Pastoret, PĂ©tion, Sieyes, et plus tard l’abbĂ© GrĂ©goire, furent au nombre de ses membres les plus actifs et les plus dĂ©vouĂ©s. À cette Ă©poque il est aussi, tout comme Nicolas Bergasse ou le Marquis de Lafayette, un partisan du magnĂ©tisme animal du mĂ©decin allemand Franz Anton Mesmer. Il rejettera plus tard le magnĂ©tisme animal comme pratique contre-rĂ©volutionnaire.

Il devient secrĂ©taire de Louis-Philippe d’OrlĂ©ans et se charge, en 1788, d’aller, au nom de la SociĂ©tĂ© des amis des noirs, Ă©tudier aux États-Unis les moyens d’émanciper les populations que l’on voulait rendre libres et dignes de la libertĂ©. AccompagnĂ© par le financier genevois Étienne ClaviĂšre, il y passe quatre mois avant de se rendre ensuite aux Pays-Bas oĂč il assiste Ă  la RĂ©volution brabançonne.

La Révolution française

Jacques Pierre Brissot (gravure du XIXe siĂšcle)

À son retour des Pays-Bas, Brissot « se jeta [dans la RĂ©volution] avec l'impĂ©tuositĂ© d'un homme qui avait concouru Ă  la prĂ©parer par ses Ă©crits Â», selon les MĂ©moires de Madame Roland[6]. Lors de la rĂ©union des États gĂ©nĂ©raux de 1789, il publia une foule d’écrits, qui fixĂšrent, dĂšs lors, l’attention sur lui. Quelque temps avant la prise de la Bastille, il crĂ©a un journal rĂ©publicain, le Patriote français, qui connut un grand succĂšs.

Il ne lui avait manquĂ© que quelques voix pour ĂȘtre dĂ©putĂ© supplĂ©ant aux Ă©tats gĂ©nĂ©raux avec ses amis SiĂ©yĂšs et PĂ©tion. Il fut membre de la premiĂšre municipalitĂ© de Paris et du comitĂ© des recherches de la ville de Paris ; et, quoique Ă©tranger Ă  l’AssemblĂ©e nationale, on l’appela, comme publiciste, dans le sein de son comitĂ© de constitution. MalgrĂ© la vive opposition de la cour et du parti modĂ©rĂ©, Brissot fut portĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale par les Ă©lecteurs de Paris. LĂ , il fut parmi les fondateurs de la SociĂ©tĂ© des amis des Noirs pour abolir la traite des noirs et non l’esclavage, mĂȘme si l’idĂ©e est dĂ©sormais en marche. AprĂšs la fuite de Louis XVI en juin 1791, il rĂ©dige au champ de Mars la pĂ©tition pour la dĂ©chĂ©ance du roi (17 juillet 1791) et demande la proclamation de la RĂ©publique, en s’opposant Ă  sa vieille connaissance, le royaliste ThĂ©veneau de Morande, dont il devient l’ennemi.

Élu Ă  l’AssemblĂ©e lĂ©gislative le 18 septembre 1791[7], il s’oppose Ă  Maximilien de Robespierre sur la question de la guerre et est l’un des plus acharnĂ©s Ă  dĂ©fendre la dĂ©claration de guerre aux puissances de l’Europe. RĂ©Ă©lu Ă  la Convention (1792) par le dĂ©partement d’Eure-et-Loir, il Ă©tait alors regardĂ© comme le puissant chef de file de ce parti brissotin, bientĂŽt les girondins, qui combattait les excĂšs des Montagnards, et dont la force devait s’évanouir avec la royautĂ© qu’il avait renversĂ©e, et sur les dĂ©bris de laquelle il voulait Ă©tablir un ordre de choses nouveau. Il combattit sans cesse l’anarchie ; il flĂ©trit de toute son indignation les septembriseurs, et s’éleva avec tant d’énergie contre la condamnation Ă  mort du roi, qu’il regardait comme impolitique, qu’en entendant son arrĂȘt Louis XVI s’écria : « Je croyais que M. Brissot m’avait sauvĂ© ! Â»[8] Brissot cependant, convaincu de l’inutilitĂ© de ses efforts, avait votĂ© la mort, mais avec la condition expresse que le jugement ne serait exĂ©cutĂ© qu’aprĂšs avoir Ă©tĂ© ratifiĂ© par le peuple. Ce vote ne servit qu’à exaspĂ©rer les Montagnards, sans sauver le roi ni mĂȘme retarder sa mort. Brissot, qui comprenait tout ce que la France rĂ©publicaine devait montrer d’audace devant l’Europe monarchique, et qui n’était pas assez inhabile pour croire qu’on la laisserait paisiblement organiser ses forces, fit encore dĂ©clarer la guerre Ă  l’Angleterre et Ă  la Hollande ; c’est le dernier acte politique par lequel il s’est signalĂ©. Sans cesse attaquĂ© par la faction montagnarde, tour Ă  tour accusĂ© de royalisme et de fĂ©dĂ©ralisme, il s’attira la haine de Robespierre et succomba, avec tous ses amis, au 31 mai. Mis en arrestation avec les Girondins le 2 juin 1793, il put s’enfuir, mais fut arrĂȘtĂ© Ă  Moulins, et ramenĂ© Ă  l’Abbaye.

Il s’y prĂ©para Ă  la mort qu’il prĂ©voyait, en Ă©crivant des MĂ©moires qu’il a laissĂ©s sous le titre de Legs Ă  ses enfants. Ce fut tout leur hĂ©ritage, et un homme dont la voix avait Ă©tĂ© l’arbitre des destinĂ©es de l’Europe, et que l’on accusait d’avoir reçu des millions de l’Angleterre, ne laissa pas Ă  sa veuve de quoi imprimer sa noble et Ă©loquente dĂ©fense devant le tribunal rĂ©volutionnaire. CondamnĂ© Ă  mort le 30 octobre 1793, avec vingt-et-un de ses collĂšgues, Brissot fut guillotinĂ© le lendemain, Ă  l’ñge de trente-neuf ans. Il fut inhumĂ© au cimetiĂšre de la Madeleine, avant d'ĂȘtre dĂ©placĂ© dans un autre cimetiĂšre prĂšs de l'OpĂ©ra lors de la construction de la chapelle expiatoire Ă  Paris. Il est maintenant avec ses collĂšgues girondins dans les catacombes.

Postérité

Brissot fut l’un des Ă©crivains qui ont exercĂ© le plus d’influence sur la marche de la RĂ©volution française, ou qui, du moins, ont le plus accĂ©lĂ©rĂ© son mouvement. Ses premiers ouvrages sur la lĂ©gislation, ses nombreuses brochures, ses discours Ă  l’AssemblĂ©e lĂ©gislative et Ă  la Convention attestent son dĂ©vouement aux grands principes de la RĂ©volution française. Moraliste de l’école de Jean-Jacques, il eut toutes les vertus qu’il prĂȘchait dans ses Ă©crits. Enthousiaste des mƓurs amĂ©ricaines longtemps avant d’avoir visitĂ© l’AmĂ©rique, c’était un vĂ©ritable quaker[9]. Son dĂ©sintĂ©ressement et son austĂšre simplicitĂ© Ă©taient faits pour honorer cette rĂ©publique qu’il se glorifiait d’avoir aidĂ© Ă  fonder. Il avait Ă©pousĂ© FĂ©licitĂ© Dupont (1759-1818), qui a traduit des ouvrages anglais, notamment d’Oliver Goldsmith et de Robert Dodsley. Brissot eut avec elle trois enfants lĂ©gitimes : FĂ©lix, Sylvain et Anacharsis[10].

Il fut, par ailleurs, le grand-pĂšre du peintre FĂ©lix Brissot de Warville (1818-1892).

Principaux Ă©crits

  • Recherches philosophiques sur le droit de propriĂ©tĂ© considĂ©rĂ© dans la nature, pour servir de premier chapitre Ă  la "ThĂ©orie des lois" de M. Linguet, Paris, 1780, 128 p., in-8° (en ligne) ;
  • BibliothĂšque philosophique du LĂ©gislateur, du Politique et du Jurisconsulte, Berlin et Paris, 1782-1786, 10 vol. in-8° (en ligne) ;
  • Moyens d’adoucir la rigueur des lois pĂ©nales en France sans nuire Ă  la sĂ©curitĂ© publique, Discours couronnĂ© par l’AcadĂ©mie de ChĂąlons-sur-Marne en 1780 ; ChĂąlons, 1781, in-8° ;
  • ThĂ©orie des lois criminelles, Paris, 1781, 2 vol. in-8° ;
  • De la VĂ©ritĂ© des MĂ©ditations sur les moyens de parvenir Ă  la vĂ©ritĂ© dans toutes les connaissances humaines, NeufchĂątel et Paris, 1782, in-8° ;
  • Correspondance universelle sur ce qui intĂ©resse le bonheur de l’homme et de la sociĂ©tĂ©, Londres et NeufchĂątel, 1783, 2 vol. in-8° ;
  • Journal du LycĂ©e de Londres, ou Tableau des sciences et des arts en Angleterre, Londres et Paris, 1784 ;
  • Tableau de la situation actuelle des Anglais dans les Indes orientales, et Tableau de l’Inde en gĂ©nĂ©ral, ibid., 1784, in-8° ;
  • l’AutoritĂ© lĂ©gislative de Rome anĂ©antie, Paris, 1785, in-8°, rĂ©imprimĂ© sous le titre : Rome jugĂ©e, l’autoritĂ© du pape anĂ©antie, pour servir de rĂ©ponse aux bulles passĂ©es, nouvelles et futures du pape, ibid., 1731, m-g ;
  • Discours sur la RaretĂ© du numĂ©raire, et sur les moyens d’y remĂ©dier, 1790, in-8° ;
  • MĂ©moire sur les Noirs de l’AmĂ©rique septentrionale, 1790, in-8°.
  • Voyage aux États-Unis, 1791

Ses Mémoires et son Testament politique (4 vol.) ont été publiés en 1829-1832.

Bibliographie

  • Yves BĂ©not, La RĂ©volution française et la fin des colonies, Paris, La DĂ©couverte, 1987.
  • (en) Simon Burrows, The innocence of Jacques-Pierre Brissot, The Historical Journal, vol. 46, no 4, dĂ©cembre 2003, p. 843-71.
  • Robert Darnton :
    • « Jacques Pierre Brissot de Warville, espion de police Â», BohĂšme littĂ©raire et RĂ©volution, Paris, Gallimard, 2010 (Ă©dition originale en anglais, UniversitĂ© de Chicago, 1968), p. 83-111.
    • La Fin des LumiĂšres : le mesmĂ©risme et la rĂ©volution, 1968.
    • « The Brissot Dossier Â», French Historical Studies, vol. 17 (1991), p. 191-205.
  • Marcel Dorigny, « La SociĂ©tĂ© des Amis des Noirs, les Girondins et la question coloniale Â», Actes du sĂ©minaire LumiĂšres et rĂ©volution française, 16-25 fĂ©vrier 1989, p. 81-95.
  • Marcel Dorigny, Bernard Gainot, La SociĂ©tĂ© des Amis des Noirs, 1788-1799 contribution Ă  l'histoire de l'abolition de l'esclavage, Paris Éditions de l'Unesco, 1998.
  • (en) E. Ellery, Brissot de Warville, Boston et New York, 1915.
  • Jean François-Primo, La jeunesse de J.-P. Brissot, Grasset, Paris, 1932.
  • H.-A. Goetz-Bernstein, La politique extĂ©rieure de Brissot et des Girondins, ThĂšse, Paris, 1912.
  • Patrice Gueniffey, « Brissot Â», in François Furet et Mona Ozouf (dir.), La Gironde et les Girondins, Paris, Payot, collection « BibliothĂšque historique Payot Â», 1991 p. 437-464.
  • Suzanne d'Huart, Brissot, la Gironde au pouvoir, Paris, Robert Laffont, 1986 (ISBN 2-221-04686-2)
  • (en) Leonore Loft, Passion Politics and Philosophie: Rediscovering J.-P. Brissot, Greenwood press, 2002.
  • Damien Malet (dir. FrĂ©dĂ©ric Bidouze), Le Patriote français et la caricature : Des images en mots, des mots en images. Essai de comparaisons et de correspondances (1789-1793), TER d'Histoire moderne, Pau, 2010.
  • Quentin Laurent (dir. Pierre Serna), Jacques-Pierre Brissot. GenĂšse et stratĂ©gie d'un projet politique et diplomatique. Du dĂ©but de la LĂ©gislative Ă  la dĂ©claration de guerre d'avril 1792, Paris, IHRF (mĂ©moire de master 2 en Histoire), 2011, 206 p. (cote : Z 1070) [fiche sur le site de l'IHRF]
  • Damien Malet (dir. FrĂ©dĂ©ric Bidouze), L'Ancien RĂ©gime et ses suppĂŽts dans le Patriote français de J.-P. Brissot de Warville (1789-1791), TER d'Histoire moderne, Pau, 2008.
  • Jean-Daniel Piquet, L'Ă©mancipation des Noirs dans la RĂ©volution française (1789-1795), Paris, Karthala, 2002.
  • Richard Whatmore et James Livesey, « Ă‰tienne ClaviĂšre, Jacques-Pierre Brissot et les fondations intellectuelles de la politique des girondins Â», in Annales historiques de la RĂ©volution française, n° 321, juillet-septembre 2000, p. 1-26.

Sources

Références

  1. ↑ MĂ©moires de Brissot, sur ses contemporains, et la RĂ©volution française, vol. 1, Reprints from the collection of the University of Michigan Library, p. 32.
  2. ↑ MĂ©moires de Brissot, Paris, Ladvocat, 1830, p. 160
  3. ↑ Ibid. pp. 258-261.
  4. ↑ « Votre ouvrage sera digne de la philosophie et de la lĂ©gislation ; il pourra contribuer au bonheur des hommes, s'il est Ă©crit avec l'Ă©nergie qui caractĂ©rise l'exorde, etc., etc. Â» Voltaire, le 13 avril 1778.
  5. ↑ Il Ă©crira dans ses mĂ©moires, tome 1, page 193 : "Je songeai (
) Ă  me faire recevoir avocat. Il fallait prendre des degrĂ©s dans la facultĂ© de droit, et, comme ce n’était qu’une vaine formalitĂ©, je prĂ©fĂ©rai la voie la plus prompte, celle de les acheter Ă  Reims. Le voyage que je fis dans cette ville me convainquit de l’avilissement de son universitĂ©, et du mĂ©pris que mĂ©ritaient tous ces Ă©tablissements qui Ă©taient moins une Ă©cole qu’un marchĂ© de titres. On y vendait tout, et les degrĂ©s, et les thĂšses et les arguments. Je rougis pour les docteurs qui m’interrogeaient ; ils me parurent jouer ou me faire jouer une mascarade dont le comique Ă©tait encore relevĂ© par les sujets de leurs interrogations, car ils me questionnĂšrent ou feignirent de me questionner trĂšs sĂ©rieusement sur la question de savoir si les eunuques pouvaient se marier Â». Et il ajoute « avoir payĂ© six cents livres pour cette pantalonnade. Â»
  6. ↑ MĂ©moires de Madame Roland, Mercure de France, p. 190 (ISBN 2-7152-2485-0)
  7. ↑ Il lui aura fallu onze ballotages pour triompher. Suzanne d'Huart, p. 132.
  8. ↑ MĂ©moires de Brissot, PrĂ©face p. XXI.
  9. ↑ Sur la vision de Brissot sur les Quakers, voir Q. Laurent, Jacques Pierre Brissot..., p. 47-48.
  10. ↑ Ibid., p. 42.

Liens externes

  • J.-P. Brissot, MĂ©moires (1734-1793) publiĂ©s avec Ă©tude critique et notes par Cl. Perroud (vol. 1)
  • Brissot de Warville, Jacques-Pierre, dans le catalogue de la BnF

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  • Brissot (de Warville), Jacques-Pierre — born Jan. 15, 1754, Chartres, France died Oct. 31, 1793, Paris French revolutionary politician. He founded the popular newspaper Le Patriote Français and became a leader of the Girondins (often called Brissotins) in the French Revolution. Elected 
   Universalium

  • Brissot (de Warville), Jacques-Pierre — (15 ene. 1754, Chartres, Francia–31 oct. 1793, ParĂ­s). PolĂ­tico revolucionario francĂ©s. FundĂł el periĂłdico popular Le Patriote Français y se convirtiĂł en lĂ­der de los girondinos (a menudo llamados brissotinos) en la RevoluciĂłn francesa. Elegido a 
   Enciclopedia Universal

  • Brissot — Jacques Pierre Brissot Jacques Pierre Brissot de Warville, genannt Brissot ( * 15. Januar 1754 in Chartres; † 31. Oktober 1793 in Paris), Publizist und Journalist, war ein FĂŒhrer der Girondisten, einer Gruppierung gemĂ€ĂŸigter Republikaner wĂ€hrend… 
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  • Brissot de Warville — Jacques Pierre Brissot Brissot de Warville Naissance 15 janvier 1754 Chartres DĂ©cĂšs 
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