Jacques Lafleur

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Jacques Lafleur
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Jacques Lafleur
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Parlementaire français
Date de naissance 20 novembre 1932
Date de dĂ©cĂšs 4 dĂ©cembre 2010 (Ă  78 ans)
Mandat Député
‱ 1978 - 2007
Circonscription ‱ 2e circonscription de Nouvelle-CalĂ©donie (1978-1986)
‱ Nouvelle-CalĂ©donie (1986-1988)
‱ 1re circonscription de Nouvelle-CalĂ©donie (1988-2007)
Groupe parlementaire RPR (1978-2002)
UMP (2002-2007)
Ve RĂ©publique

Jacques Lafleur (nĂ© le 20 novembre 1932 Ă  NoumĂ©a, Nouvelle-CalĂ©donie - mort le 4 dĂ©cembre 2010 sur la Gold Coast, Australie[1]) est un homme politique français.

Député entre 1978 et 2007, président de la Province Sud de 1989 à 2004 et chef du camp anti-indépendantiste de 1977 à 2004, il a dominé la vie politique néo-calédonienne pendant plus de 25 ans. Il est l'un des principaux négociateurs et signataires des accords de Matignon (avec Jean-Marie Tjibaou et Michel Rocard) en 1988 et de Nouméa (avec Rock Wamytan et Paul Néaoutyine) en 1998.

Sommaire

Jeunesse

Issu d'une grande famille nĂ©o-calĂ©donienne, il est le deuxiĂšme fils de l'industriel et propriĂ©taire de mine Henri Lafleur, qui fut le premier sĂ©nateur de l'archipel de 1947 Ă  1955 et de 1955 Ă  1974 sous les couleurs des RĂ©publicains indĂ©pendants ainsi que l'une des figures locales de l'opposition Ă  la domination de l'Union calĂ©donienne (UC) de Maurice Lenormand, et de Claudine Spahr. Il suit les cours au lycĂ©e La PĂ©rouse de NoumĂ©a puis poursuit ses Ă©tudes en MĂ©tropole oĂč il obtient une licence en droit Ă  la facultĂ© de Paris. Il reprend ensuite, avec ses frĂšres, une partie des affaires de son pĂšre.

Famille

Il Ă©pouse Ă  Paris, le 22 dĂ©cembre 1950, Roberte Charon (nĂ©e en 1932), seconde fille de Robert Charon, commerçant originaire du Havre et installĂ© Ă  Tahiti oĂč il a Ă©tĂ© prĂ©sident de la Ligue de la France Libre de 1942 Ă  1948, de la section locale de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) de 1939 Ă  1949 et le consul honoraire de NorvĂšge en PolynĂ©sie française, ainsi que dĂ©lĂ©guĂ© Ă  l'AssemblĂ©e consultative provisoire d'Alger de 1943 Ă  1944. Jacques et Roberte Lafleur ont eu deux enfants, nĂ©s Ă  NoumĂ©a[2] :

  • Isabelle (nĂ©e le 17 septembre 1954), chef d'entreprise, mariĂ©e et mĂšre de trois enfants,
  • Pascal (nĂ© le 21 janvier 1961), chef d'entreprise, mariĂ© et pĂšre d'un enfant.

Entrée en politique

Il entre en politique le 10 septembre 1972 en Ă©tant Ă©lu Ă  l'AssemblĂ©e territoriale[3]. À l'Ă©poque, la vie politique calĂ©donienne est dominĂ©e par un parti, l'Union calĂ©donienne de l'ancien dĂ©putĂ© Maurice Lenormand. Mais, depuis le dĂ©but des annĂ©es 1970, ce dernier est de plus en plus contestĂ© en raison de sa mainmise autoritaire sur le parti. De nombreux petits partis se crĂ©ent, parmi eux l'Entente dĂ©mocratique et sociale (EDS) d'Henri Lafleur (opposant de longue date de l'UC) et de son fils Jacques. Aux Ă©lections territoriales de 1972, l'Union calĂ©donienne ne rĂ©ussit par Ă  obtenir la majoritĂ© absolue mais contrĂŽle toujours le conseil de gouvernement, auquel Jacques Lafleur est Ă©lu jusqu'en 1977[4]. Au cours de ce mandat, la dĂ©fection d'un des alliĂ©s politiques de l'Union calĂ©donienne (l'Union multiraciale) entraĂźne une vĂ©ritable instabilitĂ© politique oĂč aucun parti n'a la majoritĂ© et ne peut donc diriger les affaires locales.

Création du RPCR

RPC

Dans le mĂȘme temps, l'indĂ©pendantisme trouve de plus en plus d'Ă©coutes. Aux municipales de mars 1977, des indĂ©pendantistes font une percĂ©e spectaculaire tandis que lors de son congrĂšs de la mĂȘme annĂ©e Ă  Bourail, l'Union calĂ©donienne prend officiellement position pour l'indĂ©pendance. Face Ă  cela, Jacques Lafleur dĂ©cide de fĂ©dĂ©rer tous les partisans du maintien de la Nouvelle-CalĂ©donie dans la France en vue des Ă©lections territoriales du 11 septembre 1977. Ainsi, le 17 avril 1977, lors d'un grand congrĂšs Ă  NoumĂ©a dans une ambiance de kermesse « Ă  l'amĂ©ricaine Â», est crĂ©Ă© le Rassemblement pour la CalĂ©donie (RPC) unissant les grandes tendances loyalistes et autonomistes non-indĂ©pendantistes et des reprĂ©sentants des grands partis de droite de mĂ©tropole : des chiraquiens (Dick UkeiwĂ©, Jacques Lafleur) et des giscardiens (le maire de NoumĂ©a Roger Laroque, le sĂ©nateur Lionel Cherrier).

PremiĂšres victoires Ă©lectorales et RPCR

Ce nouveau parti remporte les élections territoriales avec 16 siÚges sur 34, sa majorité est complétée par les deux élus du Mouvement libéral calédonien (MLC), un parti anti-indépendantiste dissident de l'UC en 1971 et dirigé par Jean LÚques. Au conseil de gouvernement, dont les compétences ont été élargies par une loi de 1976, il y a, sur 7 membres, 5 RPC et 2 UC et c'est un membre du Rassemblement, André Caillard, qui devient vice-président de ce conseil.

Mais Jacques Lafleur, lui, ne s'est pas prĂ©sentĂ© sur la liste RPC aux Ă©lections territoriales : il se rĂ©serve pour un autre scrutin, les lĂ©gislatives de 1978 oĂč il brigue le siĂšge de dĂ©putĂ© dans un nouveau district Ă©lectoral tout juste crĂ©Ă©, la seconde circonscription dite « circonscription ouest Â», tandis que Dick UkeiwĂ© se prĂ©sente contre Rock Pidjot dans la premiĂšre. Le 12 mars 1978, dĂšs le premier tour et face Ă  cinq autres candidats[5], il est Ă©lu pour la premiĂšre fois Ă  l'AssemblĂ©e nationale avec 55,2 % des suffrages exprimĂ©s tandis que Dick UkeiwĂ© rĂ©ussit Ă  mettre en ballotage Rock Pidjot avant d'ĂȘtre assez sĂ©vĂšrement battu au second tour par 40,6 % des voix contre 59,4 % au dĂ©putĂ© sortant[6]. Jacques Lafleur est par la suite rĂ©Ă©lu Ă  sept reprise au Palais Bourbon oĂč il siĂšge jusqu'en 2007, dont six fois au premier tour.

À l'AssemblĂ©e nationale, Jacques Lafleur s'inscrit au groupe du Rassemblement pour la RĂ©publique (RPR) et transforme dĂšs le 21 juillet 1978 son RPC en Rassemblement pour la CalĂ©donie dans la RĂ©publique (RPCR) en l'affiliant au parti de Jacques Chirac qui est prĂ©sent pour la circonstance, provoquant le dĂ©part des fidĂšles de ValĂ©ry Giscard d'Estaing dont le sĂ©nateur Lionel Cherrier[7]. Cela provoque une division de la droite nĂ©o-calĂ©donienne (crĂ©ation d'une section locale de l'UDF et d'un parti autonomiste modĂ©rĂ©, la FĂ©dĂ©ration pour une nouvelle sociĂ©tĂ© calĂ©donienne, ou FNSC, du maire de Bourail Jean-Pierre AĂŻfa) et, le 14 novembre 1978, lors du renouvellement du conseil de gouvernement, le RPCR n'obtient que 3 Ă©lus, Ă  Ă©galitĂ© avec l'Union calĂ©donienne qui s'associe avec un Ă©lu du Parti socialiste calĂ©donien (PSC) pour faire accĂ©der Maurice Lenormand Ă  la tĂȘte de l'exĂ©cutif[8]. AprĂšs une loi en 1979 augmentant le nombre d'Ă©lus Ă  l'AssemblĂ©e territoriale et crĂ©ant un conseil de gouvernement formĂ© non plus Ă  la proportionnelle des groupes politiques mais par la liste ayant obtenu le plus de voix de conseillers territoriaux, les Ă©lections du 1er juillet 1979 voient une nouvelle fois la victoire du RPCR avec 40,2 % des suffrages exprimĂ©s sur l'ensemble du Territoire (et notamment 50,1 % dans la circonscription Sud, Ă  savoir le Grand NoumĂ©a sans PaĂŻta et avec l'Île des Pins et YatĂ©)[9] et 15 siĂšges sur 36[10]. Jacques Lafleur est Ă©lu comme tĂȘte de liste dans le Sud, mais il dĂ©missionne trois jours plus tard pour ne pas avoir Ă  cumuler de mandats[3].

Arrivée au pouvoir de la gauche en France

Le RPCR obtient en 1979 le contrĂŽle du conseil de gouvernement, sous la vice-prĂ©sidence de Dick UkeiwĂ©, en s'alliant Ă  la FNSC, et Jacques Lafleur est rĂ©Ă©lu dĂ©putĂ© au premier tour avec 54,3 % des suffrages et face Ă  huit adversaires en 1981[6]. Mais la gauche arrive au pouvoir au mĂȘme moment sur le plan national (François Mitterrand est Ă©lu prĂ©sident de la RĂ©publique en mai et le PS, alliĂ© au MRG et au PCF, remporte les lĂ©gislatives de juin). Le nouveau gouvernement, Ă  travers son secrĂ©taire d'État Ă  l'Outre-mer, Henri Emmanuelli, et le nouveau Haut-commissaire, par ailleurs dĂ©putĂ© socialiste, Christian Nucci se rapprochent des indĂ©pendantistes et tiennent Ă  affaiblir la droite locale (en sachant qu'en Nouvelle-CalĂ©donie, Mitterrand n'a obtenu que 35 % des voix contre 65 % Ă  ValĂ©ry Giscard d'Estaing). De plus, des tensions commencent Ă  apparaĂźtre avec l'assassinat du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'Union calĂ©donienne Pierre Declercq le 19 septembre 1981. C'est dans ce contexte que la FNSC, de plus en plus en dĂ©saccord avec le RPCR notamment sur les rĂ©formes fonciĂšres et fiscales, choisit de changer de camp et de s'allier au Front indĂ©pendantiste en juin 1982, permettant l'arrivĂ©e Ă  la tĂȘte du conseil de gouvernement de Jean-Marie Tjibaou[10]. Pour protester contre ce renversement de situation, les loyalistes descendent dans la rue et investissent l'AssemblĂ©e territoriale avant d'ĂȘtre repoussĂ©s par la police. Pour rĂ©tablir l'ordre et montrer au gouvernement de Paris qu'il a le soutien de la population calĂ©donienne, Jacques Lafleur dĂ©missionne le 6 juillet 1982 de son mandat de parlementaire et se reprĂ©sente Ă  sa propre succession lors de l'Ă©lection lĂ©gislative partielle du 5 septembre qui se transforme en vĂ©ritable plĂ©biscite en sa faveur. En effet, l'Ă©lectorat de la FNSC, mĂ©contente de la nouvelle alliance de leur parti, se reporte en masse sur le dĂ©putĂ© sortant qui est rĂ©Ă©lu avec 91,4 % des voix[6].

Mais bientĂŽt, tout s'accĂ©lĂšre pour mener aux « Ă‰vĂ©nements Â» : en juillet 1983, Ă  Nainville-les-Roches, le nouveau ministre de l'Outre-Mer, Georges Lemoine, rĂ©unit les chefs des deux camps pour nĂ©gocier un nouveau statut. Les indĂ©pendantistes croient alors obtenir que seuls les Kanak, soit environ 60 000 habitants sur les 127 000 que comptait alors la Nouvelle-CalĂ©donie, voteraient lors du rĂ©fĂ©rendum d'autodĂ©termination prĂ©vu pour 1989. Jacques Lafleur s'insurge contre cette promesse, refuse de signer la dĂ©claration finale de la rencontre par laquelle « nous (les CalĂ©doniens d'origine europĂ©enne) serions "acceptĂ©s" nous, CalĂ©doniens, parce que victimes de l'histoire Â» et s'en prend au « statut Ă©volutif et de transition Â» proposĂ© par le gouvernement Mauroy en exprimant Ă  la tribune de l'AssemblĂ©e nationale ses craintes que ce rĂ©gime cache une indĂ©pendance dĂ©guisĂ©e : « Transition, peut-ĂȘtre, vers un nouveau systĂšme Ă©lectoral baptisĂ© dĂ©mocratique, oĂč la minoritĂ© devient majoritĂ© par un savant dĂ©coupage gĂ©ographique et la manipulation politique Â»[11].

D'un autre cĂŽte, Jean-Marie Tjibaou et les indĂ©pendantistes souhaitent que cette limitation du corps Ă©lectoral soit acquise, et de prĂ©fĂ©rence avant les prochaines Ă©chĂ©ances Ă©lectorales de 1984 oĂč le RPCR Ă©tait pressenti pour obtenir une importante victoire. Le 24 septembre 1984, le dirigeant nationaliste kanak rĂ©unit tous les indĂ©pendantistes derriĂšre lui au sein du Front de libĂ©ration national kanak socialiste (FLNKS) et appelle Ă  boycotter les Ă©lections territoriales du 18 novembre 1984. Les indĂ©pendantistes dressent des barrages Ă  certains endroits pour empĂȘcher d'aller voter tandis qu'Éloi Machoro fait scandale en brisant une urne avec un casse-tĂȘte traditionnel kanak. Ce sont lĂ  les premiers pas vers les ÉvĂ©nements. Mais, avec une forte abstention qui n'atteint pas nĂ©anmoins les 50 % (42,5 % des inscrits ne se rendent pas aux urnes), le RPCR remporte une victoire Ă©crasante avec 70,87 % des suffrages exprimĂ©s et 34 Ă©lus sur les 42 de l'AssemblĂ©e territoriale. Dick UkeiwĂ©, Ă©lu sĂ©nateur en 1983, devient prĂ©sident du nouveau gouvernement, et Jean LĂšques est portĂ© au perchoir de l'assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante locale[10]. Jacques Lafleur, qui Ă©tait une nouvelle fois la tĂȘte de liste du parti dans la circonscription Sud (oĂč il a remportĂ© la totalitĂ© des 17 siĂšges Ă  pourvoir), conserve cette fois-ci son mandat de conseiller territorial.

ÉvĂ©nements

Deux camps face Ă  face

Lorsque la situation s'envenime entre loyalistes et indĂ©pendantistes, avec des heurts sanglants en brousse, Jacques Lafleur s'impose bientĂŽt comme le principal rempart contre l'indĂ©pendance, utilisant, comme le sĂ©nateur Dick UkeiwĂ©, son mandat parlementaire pour relayer les attentes des anti-indĂ©pendantistes nĂ©o-calĂ©doniens en MĂ©tropole. Il reçoit en ce sens le soutien actif du RPR, et plus gĂ©nĂ©ralement de l'ensemble de l'opposition nationale de droite, et de son chef Jacques Chirac. En visite sur le Territoire Ă  la fin du mois de septembre 1985, ce dernier s'oppose au projet d'« indĂ©pendance-association Â» (systĂšme « profondĂ©ment malhonnĂȘte et indigne Â» selon lui), proposĂ© par Edgard Pisani et le gouvernement socialiste, dans un grand meeting « bleu, blanc, rouge Â» sur la place des Cocotiers Ă  NoumĂ©a, devant 7 000 personnes. Le chef de l'opposition nationale de l'Ă©poque se dit toutefois favorable Ă  l'organisation d'un rĂ©fĂ©rendum d'autodĂ©termination ouvert Ă  tous les nĂ©o-calĂ©doniens, quels que soient leur origine, et rĂ©pond aux indĂ©pendantistes : « Vous ĂȘtes chez vous mais nous sommes aussi chez nous car nous avons tous ici notre place dans un destin commun : MĂ©lanĂ©siens, Caldoches venus de la vieille Europe mais aussi Wallisiens, Tahitiens ou Asiatiques. Oui, nous sommes chez nous car nous sommes en France ! Â»[7]. Charles Pasqua quant-Ă -lui conseille les dirigeants du RPCR sur les moyens de dĂ©fendre et de diffuser auprĂšs de la population locale leur discours, notamment en initiant le parti anti-indĂ©pendantiste Ă  l'importance des mĂ©dias[12]. C'est ainsi que le parti de Jacques Lafleur se dotent de deux organes importants : la Radio Rythme Bleu (RRB, Ă  partir d'une station existant depuis 1981 et jusque lĂ  appelĂ©e Radio Riposte Bis) le 3 mars 1985, puis l'hebdomaire Les Nouvelles Hebdo en 1988.

Mais Jacques Lafleur appelle Ă©galement, de mĂȘme que Jean-Marie Tjibaou de son cĂŽtĂ©, Ă  la paix[13] et dĂ©clare dĂšs le dĂ©but des violences espĂ©rer un retour Ă  une coexistence pacifique entre les diffĂ©rentes communautĂ©s de l'archipel[14]. Mais partout, des milices sont constituĂ©es (les ComitĂ©s de Lutte pour les indĂ©pendantistes, des Caldoches de Brousse, notamment autour du maire de Thio et dirigeant local du Front national Roger Galliot, et des milices loyalistes Ă  NoumĂ©a) et, le 27 dĂ©cembre 1984, Jacques Lafleur dĂ©clare que la Nouvelle-CalĂ©donie est en Ă©tat de « lĂ©gitime dĂ©fense Â» et demande bientĂŽt au gouvernement français de faire dissoudre et interdire le FLNKS[15].

Succession des statuts

En attendant, les statuts se multiplient. Celui prĂ©parĂ© par le Premier ministre Laurent Fabius et le ministre chargĂ© de la Nouvelle-CalĂ©donie Edgard Pisani en 1985 prĂ©voit la crĂ©ation d'un CongrĂšs du Territoire Ă  la place de l'AssemblĂ©e territoriale, de quatre rĂ©gions (Sud, Centre, Nord et Îles) et d'un Conseil exĂ©cutif composĂ© du prĂ©sident du CongrĂšs et des quatre prĂ©sidents de rĂ©gions. Jacques Lafleur s'oppose Ă  ce projet, notamment au dĂ©coupage gĂ©ographique qui assure au moins deux rĂ©gions (le Nord et les Îles LoyautĂ©) et lui donne un avantage certain dans une troisiĂšme (le Centre), et donc deux Ă  trois siĂšges sur cinq au Conseil exĂ©cutif (qui n'a toutefois qu'un rĂŽle consultatif) alors que minoritaires sur le plan dĂ©mographique. Lors du dĂ©bat sur la loi Ă  l'AssemblĂ©e nationale le 20 aoĂ»t, il dĂ©clare Ă  la tribune : « Nos dĂ©bats se trouvent entachĂ©s d'une vĂ©ritable violation de la Constitution et je me demande quelle peut ĂȘtre la validitĂ© de nos dĂ©libĂ©rations. [...] Je savais que les gouvernements socialistes avaient pour habitude de ne pas respecter les lois qu'ils avaient eux-mĂȘmes fait voter, concernant la Nouvelle-CalĂ©donie, mais je n'osais pas imaginer que l'on irait, pour forcer une terre française Ă  devenir Ă©trangĂšre, jusqu'Ă  violer la Constitution elle-mĂȘme Â»[16]

Une fois ce texte acceptĂ©, les loyalistes participent nĂ©anmoins aux Ă©lections qui sont, comme prĂ©vu, remportĂ©es par le RPCR Ă  l'Ă©chelle du Territoire (53,48 % des suffrages exprimĂ©s, avec une participation trĂšs forte, Ă©tant donnĂ© que le FLNKS participe cette fois au scrutin, Ă  80,62 % des inscrits, et 26 siĂšges sur 46 au CongrĂšs dont la prĂ©sidence revient Ă  Dick UkeiwĂ©) et dans la RĂ©gion Sud (la liste menĂ©e par Jacques Lafleur y obtient 70,62 % des suffrages et 17 Ă©lus sur 21 au Conseil de RĂ©gion qui est dirigĂ© par Jean LĂšques puis, aprĂšs son accession Ă  la mairie de NoumĂ©a en janvier 1986, par Pierre Frogier). Mais le FLNKS dirige les trois autres rĂ©gions (Jean-Marie Tjibaou dans le Nord, LĂ©opold JorĂ©diĂ© dans le Centre, YeiwĂ©nĂ© YeiwĂ©nĂ©, bras droit de Tjibaou, dans les Îles LoyautĂ©). Dans le Centre, oĂč le scrutin Ă©tait particuliĂšrement serrĂ© (45,47 % et 5 siĂšges sur 9 pour le FLNKS menĂ© par LĂ©opold JorĂ©diĂ©, contre 41,86 % et les 4 autres Ă©lus pour le RPCR et prĂ©sident du gouvernement local sortant Dick UkeiwĂ©), Jacques Lafleur a des mots trĂšs durs pour la liste « OPAO Â» (favorable au projet d'indĂ©pendance association) du maire de Bourail et prĂ©sident de la FNSC Jean-Pierre AĂŻfa, dĂ©nonçant sur les ondes de RRB « la troisiĂšme force [...] des individus mi-hommes mi-femmes [...] qui croient aux mirages Â». En effet, pour lui, la FNSC est responsable de la situation tendue pour s'ĂȘtre alliĂ©e avec les indĂ©pendantistes en 1982 et pour avoir maintenu sa candidature dans une RĂ©gion Centre qui Ă©tait vĂ©ritablement l'enjeu crucial de ce scrutin (la seule oĂč aucun des deux camps ne semblait ĂȘtre avantagĂ©), permettant, selon lui, la victoire de la liste FLNKS de LĂ©opold JorĂ©diĂ© qui ne l'emporte que de peu. Qui plus est, la liste RPCR dĂ©pose un recours en annulation des Ă©lections dans cette rĂ©gion mais Dick UkeiwĂ© finit par se dĂ©clarer, lors de l'installation du Conseil de RĂ©gion Ă  La Foa, « prĂȘt Ă  travailler, mais pas dans le cadre de la prĂ©paration Ă  l'indĂ©pendance Â»[16]. Jacques Lafleur dĂ©missionne de son mandat au CongrĂšs et au Conseil de la RĂ©gion Sud dĂšs le 6 dĂ©cembre 1985.

Aux Ă©lections lĂ©gislatives du 16 mars 1986, la droite revient au pouvoir sur le plan national, et les deux dĂ©putĂ©s calĂ©doniens sont dĂ©sormais RPCR : Jacques Lafleur et Maurice NĂ©nou, leur liste obtenant 88,5 % des suffrages exprimĂ©s pour une participation de 50,4 % des inscrits seulement, le FLNKS ayant appelĂ© Ă  l'abstention[6].

Le nouveau ministre de l'Outre-Mer, Bernard Pons, met en place un nouveau statut visant Ă  contrer l'indĂ©pendance et dĂ©fendant le droit commun face au droit coutumier, et propose l'organisation rapide d'un rĂ©fĂ©rendum d'autodĂ©termination ouvert Ă  tous les nĂ©o-calĂ©doniens, quelle que soit leur origine ou leur communautĂ© d'appartenance, avec toutefois une condition de rĂ©sidence de trois ans minimum. Ce rĂ©fĂ©rendum, boycottĂ© par le FLNKS, se tient le 13 septembre 1987 et se traduit par un rejet massif de l'indĂ©pendance : 98,3 % des suffrages exprimĂ©s, et 58,1 % des inscrits (puisque « seuls Â» 40,9 % des Ă©lecteurs se sont abstenus, un score relativement faible Ă©tant donnĂ© l'appel du front indĂ©pendantiste).

AprĂšs cette victoire pour les loyalistes, un nouveau statut Pons est mis en place le 22 janvier 1988, prĂ©voyant le maintien du CongrĂšs, la modification du dĂ©coupage des rĂ©gions (Sud, Sud, Est, Îles LoyautĂ©s) afin de limiter une Ă©ventuelle « sur-reprĂ©sentation Â» indĂ©pendantiste et la modification de la composition du Conseil exĂ©cutif (un prĂ©sident, les quatre prĂ©sidents de rĂ©gions et cinq membres Ă©lus par le CongrĂšs). Le RPCR et Jacques Lafleur, estimant que la revendication pour l'indĂ©pendance n'a plus lieu d'ĂȘtre aprĂšs le rĂ©sultat du rĂ©fĂ©rendum, appellent Ă  la dissolution du FLNKS le 15 mars[15]. Le FLNKS rejette ce nouveau statut et appelle Ă  l'abstention lors des Ă©lections aux conseils de rĂ©gions et au CongrĂšs du 24 avril 1988, si bien que Jacques Lafleur et son parti remportent une victoire Ă©crasante dans toutes les rĂ©gions (avec 64,52 % des suffrages exprimĂ©s, et 38,22 % des inscrits puisque le taux de participation n'est que de 59,23 %) : Jacques Lafleur devient prĂ©sident de la RĂ©gion Sud (avec 13 Ă©lus sur 21, contre 5 au FN, 2 Ă  un autre mouvement loyaliste radical, le Front calĂ©donien, et 1 Ă  la liste divers droite « Entente Â»), Harold Martin, qui depuis toujours organise les campagnes du dĂ©putĂ©, est Ă©lu dans l'Ouest (oĂč Dick UkeiwĂ© Ă©tait tĂȘte de liste, et avec 8 siĂšges sur 11, les 3 restants revenant au FN), Henri Wetta Ă  l'Est (oĂč la candidature du parti Ă©tait tirĂ©e par le dĂ©putĂ© Maurice NĂ©nou, avec 7 conseillers sur 9 face aux 2 seuls Ă©lus indĂ©pendantistes de ce scrutin, issus de liste « Unir pour Construire Â» du maire LKS de PoindimiĂ© Francis Poadouy, le taux de participation n'Ă©tait que de 29 %) et Simon Loueckhote dans les Îles LoyautĂ© (la liste qu'il menait Ă  emporter la totalitĂ© des 7 siĂšges, mais avec une abstention s'Ă©levant Ă  76,5 %), tandis que Dick UkeiwĂ© reste le chef d'un Conseil exĂ©cutif comprenant en plus quatre membres Ă©lus RPCR et un Front National[17]. Les prĂ©sidents de Conseils de RĂ©gion, et donc Jacques Lafleur, doivent, selon ce nouveau statut, abandonner leur siĂšge au CongrĂšs Ă  un suivant de liste.

Crise d'Ouvéa

Mais Ă  la mĂȘme Ă©poque, pour protester contre le statut Pons, un commando du FLNKS attaque la gendarmerie d'OuvĂ©a, les militaires rĂ©sistent : quatre d'entre eux sont tuĂ©s et vingt-sept sont emmenĂ©s en otage dans les grottes de Gossanah. C'est le point culminant des « Ă‰vĂ©nements Â». Les preneurs d'otage donnent pour condition Ă  la libĂ©ration des gendarmes l'annulation des Ă©lections rĂ©gionales, le retrait des forces de l'ordre de l'Ăźle et la nomination d'un mĂ©diateur. Le 25 avril, l'Ăźle d'OuvĂ©a est interdite aux journalistes tandis que le ministre Bernard Pons arrive sur le territoire avec des renforts de gendarmerie, dont des membres du GIGN. Jacques Lafleur, au mĂȘme titre que les deux autres parlementaires, membres du RPCR, Maurice NĂ©nou et Dick UkeiwĂ©, propose de se substituer aux otages[18]. Entre les deux tours de l'Ă©lection prĂ©sidentielle, le 5 mai 1988, le Premier ministre Jacques Chirac et Bernard Pons, avec l'accord du prĂ©sident de la RĂ©publique, François Mitterrand, dĂ©cident de libĂ©rer les otages en ordonnant l'assaut par le GIGN de la grotte de Gossanah : l'« opĂ©ration Victor Â» fait 21 morts (19 preneurs d'otage et 2 militaires).

Si ces Ă©vĂšnements agissent comme un Ă©lectrochoc sur l'Ă©lectorat anti-indĂ©pendantiste (qui, le jour du second tour de l'Ă©lection prĂ©sidentielle le 8 mai choisit Jacques Chirac Ă  90 % avant de rĂ©Ă©lire Jacques Lafleur dĂ©putĂ© avec 83,3 % des voix, mais avec une participation infĂ©rieure Ă  50 % du fait du boycott des indĂ©pendantistes et face Ă  une percĂ©e du Front national dont le candidat, Guy George, atteint les 13,8 %[6]), ils font surtout prendre conscience Ă  l'État (le nouveau Premier ministre, Michel Rocard, appelle Ă  la nĂ©gociation dĂšs son entrĂ©e en fonction), Ă  Jacques Lafleur et Ă  Jean-Marie Tjibaou que les choses ont Ă©tĂ© trop loin. Des nĂ©gociations tripartites commencent le 11 juin 1988.

Des accords de Matignon à l'accord de Nouméa

Accords de Matignon-Oudinot

Le 26 juin 1988, les accords de Matignon sont signĂ©s par Michel Rocard, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou. La poignĂ©e de main entre les deux chefs des camps antagonistes devient alors le symbole de la paix retrouvĂ©e. De nouvelles institutions sont mises en place et le texte prĂ©voit l'organisation en 1998 d'un scrutin d'autodĂ©termination sur l'indĂ©pendance, acceptĂ© par l'ensemble de la population française par un rĂ©fĂ©rendum national, ainsi que l'amnistie des preneurs d'otages d'OuvĂ©a. Les accords d'Oudinot (signĂ©s au ministĂšre de l'Outre-Mer, rue Oudinot Ă  Paris, en l'absence de Jacques Lafleur qui, pour Ă©viter de fatigants aller-retour vers Paris qu'il tend Ă  limiter suite Ă  un infarctus subi en juin 1986, suit les nĂ©gociations de ce second accord depuis sa propriĂ©tĂ© de Ouaco[19]) le 19 aoĂ»t viennent prĂ©ciser celui de Matignon sur le plan institutionnel et de l'amnistie : le corps Ă©lectoral est constituĂ© de tous les habitants de la Nouvelle-CalĂ©donie citoyens français mais celui du rĂ©fĂ©rendum de 1998 sera limitĂ© Ă  ceux pouvant justifier de dix ans de rĂ©sidences Ă  la date du scrutin, trois provinces (Sud, Nord et Îles LoyautĂ©s) viennent remplacer les cinq rĂ©gions du statut Pons II et l'amnistie des preneurs d'otages est confirmĂ©e. Le 6 novembre 1988, lors du rĂ©fĂ©rendum sur les accords, le « oui Â» l'emporte avec une large majoritĂ© de 80 % des suffrages exprimĂ©s mais avec 60 % d'abstentions sur l'ensemble de la France. En Nouvelle-CalĂ©donie, 36,7 % se sont abstenus et 33,1 % des inscrits ont votĂ© « oui Â», contre 24,9 % pour le « non Â».

Paix difficilement rétablie

Mais la paix n'est pas encore acquise : le 11 septembre 1988, l'une des organisations du FLNKS, le Front uni de libĂ©ration kanak (FULK) appelle Ă  voter contre les accords et fait finalement sĂ©cession en 1990 avant de se dissoudre en 1992. Lors du rĂ©fĂ©rendum, 67 % des Ă©lecteurs de la RĂ©gion Sud, le fief Ă©lectoral de Jacques Lafleur, votent pour le « non Â», ce qui est vu comme une sorte de dĂ©saveu pour le dĂ©putĂ© anti-indĂ©pendantiste de la part de son Ă©lectorat, le « oui Â» ne l'emportant sur l'ensemble du Territoire qu'avec une relativement faible avance Ă©tant donnĂ© l'engagement des deux principaux partis (FLNKS et RPCR) en sa faveur[15]. Le 4 mai 1989, lors des commĂ©morations de levĂ©e de deuil Ă  OuvĂ©a en l'honneur des morts indĂ©pendantistes de l'incident de Gossanah, Jean-Marie Tjibaou et son bras droit YeiwĂ©nĂ© YeiwĂ©nĂ© sont assassinĂ©s par un intĂ©griste indĂ©pendantiste, Djubelly WĂ©a, qui est lui-mĂȘme immĂ©diatement tuĂ© par les gardes du corps des deux hommes. AprĂšs ce drame, Jacques Lafleur apparaĂźt comme le dernier grand signataire des accords et un rempart contre le retour des violences et pour le maintien de la paix, tandis que la famille anti-indĂ©pendantiste, pourtant dans un premier temps critique comme l'atteste le rĂ©sultat du rĂ©fĂ©rendum, resserre les rangs derriĂšre lui, le Front national admettant lui-mĂȘme ĂȘtre « dĂ©boussolĂ© Â» et « obligĂ© de revoir toute sa position Â» pour les Ă©lections provinciales Ă  venir[20].

Victoire de Lafleur et du RPCR

Aux Ă©lections provinciales du 11 juin 1989, le FLNKS obtient le contrĂŽle prĂ©vu des Provinces Nord (avec pour prĂ©sident LĂ©opold JorĂ©diĂ©) et Îles LoyautĂ© (avec Richard KaloĂŻ Ă  sa tĂȘte). Mais le RPCR obtient une large victoire dans la province de loin la plus importante sur le plan dĂ©mographique et Ă©conomique, celle du Sud, oĂč il obtient une majoritĂ© absolue tant en voix (53,2 % des suffrages) qu'en nombre de siĂšges (21 Ă©lus sur 32), et Jacques Lafleur devient pour la premiĂšre fois prĂ©sident de l'AssemblĂ©e provinciale. Son parti est Ă©galement le premier du Territoire, avec 44,46 % des suffrages exprimĂ©s (et les deux tiers de l'Ă©lectorat anti-indĂ©pendantiste qui reprĂ©sente lui-mĂȘme 62,02 % des suffrages exprimĂ©s et 42,42 % des inscrits), et est majoritaire au CongrĂšs du Territoire avec 27 Ă©lus sur 54)[21]. Simon Loueckhote en est Ă©lu prĂ©sident. Commence alors le vĂ©ritable rĂšgne politique de Jacques Lafleur tandis qu'une sorte de pacte de non-agression est instaurĂ© dans les assemblĂ©es entre l'UC et le RPCR.

Entre la fidĂ©litĂ© sans faille des anti-indĂ©pendantistes en raison de son rĂŽle historique, le respect des indĂ©pendantistes modĂ©rĂ©s pour les accords de Matignon, augmentĂ© de plus par sa vente le 5 octobre 1990 de 85 % du capital de la SociĂ©tĂ© miniĂšre du Sud Pacifique (SMSP, qui rassemble les concessions miniĂšres du groupe Lafleur mais aussi des participations dans l'hĂŽtellerie ou l'agriculture) Ă  la Sofinor (SociĂ©tĂ© de financement de la Province Nord) qui en fait un outil important du « rĂ©Ă©quilibrage Â» Ă©conomique et permet aux Kanak de devenir acteurs dans le domaine de la production de nickel[22],[23], et la prĂ©sidence de la Province Sud, qui rassemble alors les deux-tiers de la population locale mais aussi les principaux leviers Ă©conomiques de l'archipel, Jacques Lafleur passe de chef de l'un des camps de la Nouvelle-CalĂ©donie au statut de chef du territoire.

Sa gestion porte alors avant tout sur le dĂ©veloppement touristique, avec de grands projets hĂŽteliers et de zones d'activitĂ©s de loisirs ou sportives afin d'attirer une clientĂšle aisĂ©e : en fĂ©vrier 1995, le premier hĂŽtel cinq Ă©toiles de l'archipel, appartenant Ă  la chaĂźne Le MĂ©ridien et agrĂ©mentĂ© d'un casino, ouvre ses portes Ă  la pointe Magnin Ă  NoumĂ©a Ă  l'initiative de la Province par le biais de sa SEM de dĂ©veloppement PromoSud crĂ©Ă©e dans ce but le 31 dĂ©cembre 1991, et plus particuliĂšrement de sa filiale la SociĂ©tĂ© des HĂŽtels de NoumĂ©a (dont PromoSud dĂ©tient 33,9 % du capital, Jacques Lafleur y ayant fait Ă©galement participĂ© les deux autres provinces et plusieurs organismes publics ou privĂ©s)[24], suivi en 1998 par un autre MĂ©ridien de luxe Ă  la baie d'Oro sur l'Ăźle des Pins[25]. Dans les autres Province, il joue Ă©galement un rĂŽle important dans le lancement du projet de construction du Club MĂ©diterranĂ©e de HienghĂšne en Province Nord, inaugurĂ© en 1992 et contrĂŽlĂ© par une filiale de la SMSP. Au final, l'hĂŽtellerie constitue la quasi totalitĂ© (3,0153 milliards de F CFP), soit 97,4 %, des investissements de PromoSud pour la pĂ©riode 1991-1996[24].

Le 28 dĂ©cembre 1990 est Ă©galement lancĂ© le projet de construire un golf d'envergure internationale dans la presqu'Ăźle de Tina, Ă  l'est de NoumĂ©a, amĂ©nagĂ© entre 1992 et 1994 et dont les neuf premiers trous ont Ă©tĂ© inaugurĂ©s le 4 mars 1994[26] pour une mise en service totale en 1997. La Province dĂ©cide dans le mĂȘme temps de la rĂ©alisation d'une nouvelle base nautique Ă  la cĂŽte blanche dans la baie de Sainte-Marie, toujours Ă  NoumĂ©a, oĂč sont installĂ©s les locaux de l'École provinciale de voile (EPV qui assure l'enseignement des sports nautiques aux scolaires et donne des stages payants durant les vacances) et de plusieurs clubs sportifs dans le domaine de la voile (SociĂ©tĂ© des RĂ©gates calĂ©doniennes SRC pour l'optimist, le Hobby Cat Club et l'Association calĂ©donienne de planche Ă  voile ACPV). Mais la reconquĂȘte des touristes, qui avaient dĂ©sertĂ© le Territoire pendant les ÉvĂšnements, se fait relativement lentement pendant la premiĂšre moitiĂ© des annĂ©es 1990 : le niveau record de 1984 (91 512 touristes)[27] est Ă  peine atteint en 1996 (91 121 visiteurs) pour ĂȘtre dĂ©passĂ© en 1997 (105 137) et s'Ă©tablir ensuite aux alentours des 100 000 touristes. La nouvelle offre d'hĂŽtels et Ă©quipements hauts de gamme permet d'obtenir une clientĂšle japonaise relativement importante qui forme la plus grosse part des personnes venant visiter la Nouvelle-CalĂ©donie Ă  partir de 1997, dĂ©passant alors les MĂ©tropolitains qui Ă©tait jusqu'alors majoritaires[28].

Sur le plan des transports, la mesure phare de son administration reste la construction, entre 1996 et 2002 en deux tranches (1996-2000 pour la premiÚre et 2001-2002 pour la seconde), de la Voie de Dégagement Est (VDE, voie rapide à péage desservant la banlieue sud du Grand Nouméa dans la commune du Mont-Dore en réalisant la majorité de son parcours sur des espaces gagnés sur la mer)[29],[30]. La Province Sud met également en place une compagnie d'autobus interurbains dans le Grand Nouméa, CarSud.

PremiĂšres dissidences

Mais bientĂŽt, Jacques Lafleur ne fait plus l'unanimitĂ©. Le premier dĂ©saveu de poids vient de l'autre signataire des accords de Matignon et ancien chef de l'exĂ©cutif local pendant la pĂ©riode des ÉvĂšnements, Dick UkeiwĂ©. AprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă©cartĂ© en 1992 de son mandat de sĂ©nateur en 1992 au profit d'un autre Kanak anti-indĂ©pendantiste, plus jeune, Simon Loueckhote, il quitte le parti qu'il avait contribuĂ© Ă  fonder en 1978 en janvier 1993 pour fonder sa propre formation, le « Mouvement des CalĂ©doniens et Loyaltiens libres Â» (MCLL), et appeler Ă  un « toilettage des accords Matignon Â» en refusant de participer aux comitĂ©s du suivi avec l'État, le FLNKS et le RPCR[31]. Aux Ă©lections lĂ©gislatives de 1993, Dick UkeiwĂ© se prĂ©sente contre son « ancien ami Â» Jacques Lafleur dans la 1re circonscription : si le dĂ©putĂ© sortant est une nouvelle fois rĂ©Ă©lu au premier tour, il obtient alors son plus mauvais rĂ©sultat depuis sa premiĂšre Ă©lection en 1978 (53,27 % des suffrages exprimĂ©s) contre 16,04 % Ă  l'ancien sĂ©nateur qui arrive en seconde position, devant le candidat du FLNKS Rock Wamytan (14,3 %)[6].

Mais la premiĂšre rĂ©elle division des partisans du chef historique de la lutte contre l'indĂ©pendance apparaĂźt Ă  l'approche de l'Ă©lection prĂ©sidentielle d'avril-mai 1995. Il surprend en effet Ă  cette occasion les membres de son camp, la direction parisienne du RPR et son Ă©lectorat en apportant son soutien au Premier ministre Édouard Balladur contre Jacques Chirac, auquel il avait toujours jusqu'alors dĂ©montrĂ© une fidĂ©litĂ© sans faille et alors que l'on prĂ©sentait les deux hommes comme des amis personnels. Pourtant, une majoritĂ© de la droite locale soutient le maire de Paris, notamment Didier Leroux, ancien Ă©lu du RPCR et pendant longtemps chef de la fĂ©dĂ©ration patronale du Territoire, mais aussi l'autre dĂ©putĂ©, Maurice NĂ©nou, qui lui reste toutefois fidĂšle, contrairement au premier, au chef anti-indĂ©pendantistes[32]. Et l'Ă©lectorat loyaliste, restĂ© trĂšs chiraquien, se prononce largement pour le prĂ©sident du RPR, avec 42,97 % des suffrages exprimĂ©s en sa faveur au premier tour contre seulement 26,56 % au chef du gouvernement[33].

Une fois le maire de Paris Ă©lu, les relations entre les deux hommes se refroidissent. Dans le mĂȘme temps, Ă  la veille des Ă©lections provinciales du 9 juillet 1995, certains partisans de la candidature de Jacques Chirac, rĂ©unis autour de Didier Leroux, crĂ©ent le 9 juin un nouveau parti se voulant « non-indĂ©pendantiste Â» plutĂŽt qu'anti-indĂ©pendantiste et baptisĂ© « Une Nouvelle-CalĂ©donie pour tous Â» (UNCT), et prĂ©sentent une liste en Province Sud contre celle du prĂ©sident sortant[34]. La campagne est particuliĂšrement violente, Jacques Lafleur et ses partisans rĂ©servant l'essentiel de leurs attaques Ă  ce nouvel adversaire qui quant-Ă -lui critique « la rĂ©gression dĂ©mocratique, le mĂ©pris des minoritĂ©s, la dĂ©rive affairiste et le verrouillage de l'information Â» du RPCR qu'il rebaptise « Rassemblement pour la conservation de la royautĂ© Â»[35]. À ceci s'ajoute une autre liste divers-droite dans le Nord, emmenĂ©e par le seul maire anti-indĂ©pendantiste de cette Province (Koumac) et l'une des anciennes figures du RPCR dans la rĂ©gion, Robert Frouin, sous le nom de « DĂ©velopper ensemble pour construire l'avenir Â» (DECA)[36].

Le scrutin marque alors un recul du parti loyaliste historique qui reste toutefois la premiĂšre formation du Territoire avec 37,06 % des suffrages exprimĂ©s (perte de 1 800 voix par rapport Ă  1989) et 22 siĂšges sur 54 au CongrĂšs (5 de moins et la perte de la majoritĂ© absolue). En Province Sud, la formation de Jacques Lafleur passe de 53,2 % des voix et 21 Ă©lus sur 32 Ă  48,97 % des suffrages et une majoritĂ© rĂ©duite Ă  18 conseillers. L'UNCT a donc rĂ©ussi Ă  lui enlever 7 909 voix (11,28 %) et Ă  se constituer en une opposition crĂ©dible avec 7 siĂšges dans le Province Sud, oĂč le dĂ©putĂ© reste toutefois majoritaire (tout en ayant perdu la majoritĂ© absolue au sein de l'Ă©lectorat) et retrouve ainsi la prĂ©sidence provinciale. Dans le Nord, l'Ă©lectorat anti-indĂ©pendantiste est divisĂ© en deux avec un RPCR de Maurice NĂ©nou qui ne rĂ©alise plus que 15,9 % des suffrages pour 2 siĂšges sur 15 (contre 27,3 % et 4 Ă©lus en 1989) face aux 15,18 % et 2 conseillers Ă©galement Ă  la liste DECA. Il n'y a qu'aux Îles LoyautĂ© que le Rassemblement, emmenĂ© par le nouveau sĂ©nateur Simon Loueckhote, conserve la totalitĂ© de sa base (20,5 % et 2 siĂšges sur 14, la liste UNCT n'obtenant qu'Ă  peine 500 bulletins et aucun Ă©lu)[37]. Et si le RPCR conserve la prĂ©sidence du CongrĂšs, en la personne de Pierre Frogier, et celle de sa Commission permanente (Pierre Maresca)[38], il ne garde en revanche qu'une seule vice-prĂ©sidence du bureau de l'assemblĂ©e territoriale sur huit[39] tandis qu'une alliance entre le FLNKS et l'UNCT (24 siĂšges sur 54, 26 en comptant les Ă©lus de DECA proches de l'UNCT) rend les dĂ©bats particuliĂšrement houleux dans l'institution[10].

Vers l'accord de Nouméa

Quoi qu'il en soit, malgrĂ© ces divisions, Jacques Lafleur se maintient comme le gardien du statu-quo nĂ© des accords de Matignon et du maintien du dialogue avec des indĂ©pendantistes eux aussi de plus en plus divisĂ©s (notamment entre l'Union calĂ©donienne, composante majoritaire et historiquement dominante au sein du FLNKS, et les autres « groupes de pression Â» du Front indĂ©pendantiste dont le Palika de Paul NĂ©aoutyine). Conscient que quoiqu'il arrive le rĂ©fĂ©rendum d'autodĂ©termination prĂ©vu en 1998 se soldera par un rejet de l'accĂšs a la pleine souverainetĂ©, et craignant que cela ne blesse les indĂ©pendantistes au point de pousser certains Ă  reprendre les armes, il est le premier Ă  proposer, dĂšs avril 1991, une « solution consensuelle Â»[15]. Cette proposition est reprise au IVe ComitĂ© du suivi des accords de Matignon Ă  Paris du 4 fĂ©vrier 1993 par les autres signataires (l'État et le FLNKS) qui s'engagent Ă  tout faire pour Ă©viter le « rĂ©fĂ©rendum guillotine Â». Le 19 septembre 1994, Jacques Lafleur prĂ©cise son propos en appelant Ă  un « pacte trentenaire Â» et « un Matignon bis Â» qui repousserait la question de l'indĂ©pendance aux alentours de 2018. L'annĂ©e suivante, le 20 septembre 1995, le RPCR et le FLNKS commencent Ă  parler ensemble de l'avenir institutionnel du Territoire et des discussions officielles sont ouvertes sous la mĂ©diation du Premier ministre Alain JuppĂ© le 18 octobre suivant. À la fin de l'annĂ©e, les deux camps formulent leurs projets qui doivent servir de base aux nĂ©gociations. Si les indĂ©pendantistes proposent purement et simplement l'instauration dĂšs 1998 d'un État libre et souverain baptisĂ© « Kanaky Â», le « schĂ©ma d'Ă©mancipation et de large dĂ©centralisation Â» avancĂ© par Jacques Lafleur les rejoint sur certains points en demandant une forte autonomie : crĂ©ation d'un gouvernement local Ă©lu, le maintien du CongrĂšs et des provinces, la crĂ©ation d'un SĂ©nat coutumier Ă©largi mais qui resterait consultatif et le transfert d'un certain nombre de compĂ©tence que, d'aprĂšs le dĂ©putĂ©, les nĂ©o-calĂ©doniennes doivent pouvoir gĂ©rer seuls (immigration, politique miniĂšre, Ă©nergie et commerce extĂ©rieur essentiellement). Le principal point de dĂ©saccord reste les compĂ©tences rĂ©galiennes (dĂ©fense, affaires Ă©trangĂšres, sĂ©curitĂ© publique, justice, monnaie), Jacques Lafleur restant anti-indĂ©pendantiste et dĂ©fendant leur maintien entre les mains de l'État français exclusivement[40].

Mais les nĂ©gociations vont bientĂŽt ĂȘtre interrompues. En avril 1996, la dĂ©lĂ©gation du FLNKS au ComitĂ© du suivi, composĂ©e de trois modĂ©rĂ©s partisans d'une solution consensuelle, Ă  savoir le prĂ©sident unitaire du Front Rock Wamytan, le prĂ©sident de la Province Nord LĂ©opold JorĂ©diĂ© et le prĂ©sident de l'UC (parti auquel appartiennent les trois nĂ©gociateurs indĂ©pendantistes) François Burck, est dĂ©savouĂ©e par la direction de la coalition indĂ©pendantiste et rappelĂ©e en urgence sur le Territoire. Il leur est reprochĂ© d'avoir acceptĂ© trop facilement le plan de Jacques Lafleur et des loyalistes en vue de maintenir dĂ©finitivement le Territoire dans l'ensemble français, d'aprĂšs un article paru dans le Firgaro[41]. Ils sont remplacĂ©s par les tenants d'une ligne plus dure, Bernard Lepeu (qui succĂšde Ă  Burck en novembre Ă  la tĂȘte de l'UC), Damien YeiwĂ©nĂ© et Charles Pidjot. Le 19 septembre de la mĂȘme annĂ©e, le FLNKS rompt les discussions et pose un « prĂ©alable minier Â» Ă  la reprise des pourparlers, Ă  savoir l'obtention par la SMSP, afin d'alimenter la future usine du Nord, du massif minier de TiĂ©baghi, alors propriĂ©tĂ© de la SociĂ©tĂ© Le Nickel (SLN), filiale du groupe mĂ©tallurgique Eramet (contrĂŽlĂ© par l'État) qui refuse de cĂ©der cette concession. De plus, dĂšs le mois d'octobre, le FLNKS organise le blocage des sites miniers et reçoit en ce sens le soutien des syndicats USTKE (ouvertement indĂ©pendantiste et connu pour ses mĂ©thodes musclĂ©es) et USOENC (premier syndicat du Territoire en nombre d'adhĂ©rent pour les non-fonctionnaires, proche de la CFDT). Le 27 avril 1997, le bureau politique du FLNKS fait le choix de boycotter les Ă©lections lĂ©gislatives de 1997, dĂ©cision non respectĂ©e toutefois par le Palika qui, avec l'USTKE, dĂ©cide de soutenir la candidature dans la seconde circonscription de l'homme d'affaires pourtant anti-indĂ©pendantiste Philippe Pentecost contre le dĂ©putĂ© sortant RPCR Pierre Frogier (qui a remplacĂ© Maurice NĂ©nou, dĂ©cĂ©dĂ© en novembre 1996). Jacques Lafleur, pour sa part, est rĂ©Ă©lu sans difficultĂ©, une nouvelle fois au premier tour, avec 63,07 % des suffrages mais une participation faible de 45 % des inscrits. Ce scrutin fait nĂ©anmoins de lui le dĂ©putĂ© le mieux Ă©lu de la nouvelle assemblĂ©e et montre qu'une majoritĂ© de l'Ă©lectorat anti-indĂ©pendantiste soutient ses propositions pour l'avenir de la Nouvelle-CalĂ©donie[6].

En revanche, l'attitude du Front indĂ©pendantiste fait de moins en moins l'unanimitĂ© en son sein et, le 26 dĂ©cembre 1997, les partisans d'une reprise des nĂ©gociations, dont les deux anciens membres UC de la dĂ©lĂ©gation dĂ©savouĂ©e de 1996 François Burck et LĂ©opold JorĂ©diĂ©, auxquels s'ajoute le numĂ©ro deux du Palika RaphaĂ«l Mapou, fondent le ComitĂ© de coordination pour l'indĂ©pendance (CCI) et reviennent Ă  la table des discussions. Exclus de leurs partis respectifs et du FLNKS, ils finissent par fonder le 30 mai 1998 la FĂ©dĂ©ration des comitĂ©s de coordination indĂ©pendantistes (FCCI) qui devient une force d'appoint du RPCR au CongrĂšs. Les indĂ©pendantistes accusent alors Jacques Lafleur d'ĂȘtre l'artisan de cette division dans le seul but d'affaiblir ses adversaires, ce Ă  quoi le dĂ©putĂ© rĂ©pond : « ceux qui essaieraient d'entraver ce processus prendraient une lourde responsabilitĂ© Â»[42].

C'est dans ce contexte que le prĂ©alable minier finit par ĂȘtre levĂ© : le nouveau gouvernement socialiste de Lionel Jospin reprend la proposition formulĂ©e par son prĂ©dĂ©cesseur le 13 novembre 1996 de procĂ©der Ă  l'Ă©change entre la SMSP et la SLN du massif de Poum (appartenant Ă  la premiĂšre) contre celui de Koniambo (propriĂ©tĂ© de la seconde). Si, du fait du maintien de son refus, Eramet avait Ă©tĂ© privĂ© de ses titre sur le gisement convoitĂ© par la sociĂ©tĂ© miniĂšre de la Province Nord le 25 fĂ©vrier 1997, le groupe finit par accepter la transaction et un accord est conclu le 3 fĂ©vrier 1998, quelques mois seulement avant l'ouverture de la pĂ©riode rĂ©fĂ©rendaire prĂ©vue par les accords de Matignon. Les discussions tripartites peuvent donc reprendre Ă  Paris puis Ă  NoumĂ©a Ă  partir de la fin du mois de fĂ©vrier et du dĂ©but du mois de mars, sous la mĂ©diation de l'État qui dĂ©pĂȘche en Nouvelle-CalĂ©donie l'ancien Haut-commissaire Alain Christnacht, dĂ©sormais conseiller du Premier ministre pour l'Outre-mer. Pour autant, toutes les oppositions ne sont pas rĂ©glĂ©es, Jacques Lafleur exigeant une pĂ©riode minimale de vingt ans pendant laquelle la Nouvelle-CalĂ©donie resterait quoiqu'il arrive dans la France et qui se clĂŽturerait sur une consultation d'autodĂ©termination pour ou contre l'indĂ©pendance, tandis que Rock Wamytan pour le FLNKS demande une « indĂ©pendance-association Â» immĂ©diate avec la RĂ©publique française. Un nouvel arrĂȘt des pourparlers est toujours possible, et le dĂ©putĂ© nĂ©o-calĂ©donien brandit la menace d'un blocage qui aboutirait Ă  l'organisation, comme prĂ©vu initialement, du scrutin sur l'indĂ©pendance en 1998, ce que tout le monde veut Ă©viter[43]. Finalement, un consensus est trouvĂ© (transfert de toutes les compĂ©tences possible sauf les rĂ©galiennes sur une pĂ©riode de 15 Ă  20 ans puis interrogation d'un Ă©lectorat restreint aux seules personnes prĂ©sentes sur le territoire depuis au moins 1994 et leurs enfants une fois atteint leur majoritĂ© lors de plusieurs scrutins d'autodĂ©termination organisĂ©s sur une pĂ©riode de cinq ans, la reconnaissance d'une double lĂ©gitimitĂ©, celle du premier occupant et celle de la majoritĂ© dĂ©mographique, du « fait colonial Â» et de la nĂ©cessitĂ© de construire une « citoyennetĂ© nĂ©o-calĂ©donienne Â») en avril. La signature officielle de l'accord de NoumĂ©a a lieu le 5 mai 1998 par le Premier ministre Lionel Jospin (au nom de l'État), une dĂ©lĂ©gation du RPCR menĂ©e par Jacques Lafleur et celle du FLNKS de Rock Wamytan[10].

Il fait ensuite activement campagne, avec le RPCR, pour le « oui Â» au rĂ©fĂ©rendum local du 8 novembre 1988 pour l'approbation du texte qu'il prĂ©sente comme le meilleur moyen d'assurer Ă  la Nouvelle-CalĂ©donie de « demeurer au sein de la RĂ©publique dans le cadre de relations refondĂ©es et rĂ©novĂ©es Â», tandis que parallĂšlement le FLNKS et Rock Wamytan expliquent Ă  leur Ă©lectorat qu'il s'agit d'un pas vers une « indĂ©pendance irrĂ©versible qui commence Ă  se construire dĂšs aujourd'hui Â», traduisant une interprĂ©tation diamĂ©tralement opposĂ©e de l'accord[44]. Quoi qu'il en soit, le projet est approuvĂ© avec une participation Ă©levĂ©e (74 %) par 72 % de « oui Â», celui-ci l'emportant, contrairement Ă  celui sur les accords de Matignon dix ans plus tĂŽt, dans toutes les communes du Territoire. Pourtant, Jacques Lafleur ne peut s'empĂȘcher de s'estimer « un peu amer Â»[45] et parle de « sorte de dĂ©saveu personnel Â» : en effet, si l'Ă©lectorat des deux provinces indĂ©pendantistes a largement suivi le mot d'ordre pour le « oui Â» du FLNKS (Ă  86 % dans le Nord et mĂȘme 95 % dans les Îles LoyautĂ©), la Province Sud connaĂźt une plus forte proportion de « non Â», notamment Ă  NoumĂ©a oĂč le rejet de l'accord obtient 42 % des suffrages[46]. À l'exception du RPCR, de la FNSC de Jean-Pierre AĂŻfa, de CalĂ©donie Demain de Bernard Marant et du petit parti Renouveau nĂ© d'une dissidence de l'UNCT, tous les partis du camp loyaliste avaient appelĂ© Ă  voter « non Â». Encore une fois, et cela tout le monde s'accorde Ă  le dire, mĂȘme ses plus grands opposants, Jacques Lafleur a su tendre la main au bon moment pour maintenir la paix[47] et sa lĂ©gitimitĂ© s'en trouve alors renforcĂ©e : ses partisans le comparent Ă  un visionnaire, d'autres pensent qu'il s'agit juste d'un pragmatique et ses plus grands dĂ©tracteurs parlent d'un habile politicien et manipulateur.

Victoire concrétisée

Aux Ă©lections provinciales du 9 mai 1999, il est rĂ©Ă©lu prĂ©sident de l'AssemblĂ©e de la Province Sud oĂč sa liste retrouve la majoritĂ© absolue en nombre de voix (51,06 % des suffrages exprimĂ©s) et conforte sa prĂ©sence dans un hĂ©micycle provincial agrandi avec 25 Ă©lus sur 40 (dont 20 siĂ©geant en mĂȘme temps au CongrĂšs). L'UNCT de Didier Leroux, devenue « Alliance pour la CalĂ©donie Â» en fusionnant avec la FNSC et CalĂ©donie demain mais qui a subi de nombreuses dissidences (Renouveau de Thierry Valet et CalĂ©donie autrement de Denis Milliard alliĂ© au MPF Claude Sarran, ensemble ces deux listes enlĂšvent pratiquement la moitiĂ© de l'Ă©lectorat de l'UNCT tout en n'obtenant aucun siĂšge), retombe Ă  9,74 % des voix et 4 siĂšges dont 3 au CongrĂšs. Dans les autres collectivitĂ©s, le RPCR renforce son assise ou se maintient, redevenant la seule force loyaliste prĂ©sente Ă  l'AssemblĂ©e de la Province Nord (17,8 % des suffrages, soit prĂšs de deux points supplĂ©mentaires par rapport Ă  1995, et quatre conseillers sur 22 dont trois Ă  l'assemblĂ©e du Territoire, tout en estimant que la prĂ©sence Ă  nouveau de la liste DECA de Robert Frouin lui a fait perdre au moins un siĂšge) et se stabilise aux Îles LoyautĂ© (19,05 % des voix et deux Ă©lus sur 14 dont un au CongrĂšs). Sur l'ensemble du Territoire, il augment son score de 1995 de trois mille votes et de prĂšs de deux points avec 38,8 % des suffrages exprimĂ©s.

Par consĂ©quent, le RPCR amĂ©liore sa reprĂ©sentation au CongrĂšs avec 24 siĂšges sur 54, mais n'a toujours pas la majoritĂ© absolue qu'il complĂšte en formant une coalition avec les 4 siĂšges de la FCCI[48]. Au sein du gouvernement collĂ©gial nouvemment formĂ©, le Rassemblement obtient six postes sur 11, la FCCI un, et le maire de NoumĂ©a, Jean LĂšques devient prĂ©sident de cet exĂ©cutif[49] jusqu'en 2001 avant d'ĂȘtre remplacĂ© par Pierre Frogier, l'un des dauphins potentiels de Jacques Lafleur.

DerniÚres années

Préparation de la succession, et dissidences

Car bientĂŽt, Jacques Lafleur fait de plus en plus allusion Ă  son dĂ©part prochain et tient Ă  prĂ©parer sa succession Ă  la tĂȘte du RPCR, de la Province Sud et Ă  la dĂ©putation. Il y a plusieurs candidats possibles : Pierre Frogier, l'autre dĂ©putĂ©, ancien prĂ©sident du CongrĂšs et de la RĂ©gion Sud et vice-prĂ©sident de l'AssemblĂ©e de la Province Sud, ou encore Harold Martin, maire de PaĂŻta, ancien prĂ©sident du CongrĂšs lui aussi et de la RĂ©gion Ouest et depuis le dĂ©but l'organisateur des campagnes de Jacques Lafleur. Mais cette annonce de retrait n'est jamais suivie de faits, et de plus en plus s'impatientent : Marie-NoĂ«lle ThĂ©mereau, vice-prĂ©sidente RPCR du CongrĂšs, dĂ©missionne de toutes ses fonctions et se retire du parti pour protester contre l'omniprĂ©sence de la Province Sud dans le jeu institutionnel local[50]. Puis, lors des municipales de mars 2001, au cours desquelles le RPCR augmente pourtant son assise Ă©lectorale (en remportant notamment Poya sur les indĂ©pendantistes ou en rĂ©ussissant Ă  gagner le fief de Jean-Pierre AĂŻfa, Bourail), il provoque la sĂ©cession d'Harold Martin en dĂ©cidant de refuser Ă  celui-ci la tĂȘte de liste RPCR Ă  PaĂŻta qu'il confie Ă  un de ses cousins et son prĂ©dĂ©cesseur Ă  la mairie, Ronald Martin. Harold Martin se maintient et est rĂ©Ă©lu, puis est suspendu du RPCR malgrĂ© les oppositions d'autres maires de brousse ou de l'agglomĂ©ration (Philippe GomĂšs Ă  La Foa, RĂ©ginald Bernut au Mont-Dore).

S'il est rĂ©Ă©lu dĂ©putĂ© aux Ă©lections lĂ©gislatives de 2002, il doit, pour la premiĂšre fois de sa carriĂšre de parlementaire, concĂ©der un deuxiĂšme tour. Avec 49,9 % des suffrages exprimĂ©s au 1er tour, il manque de peu d'ĂȘtre reconduit d'emblĂ©e mais est bien mis en ballotage par son dĂ©sormais principal opposant au sein de la famille anti-indĂ©pendantiste, Didier Leroux, qui lui a recueilli 15,1 %. Et ce dernier rĂ©alise une forte progression entre les deux tours, obtenant au second 44,26 % des voix contre 55,74 % au dĂ©putĂ© sortant[51]. Il avait alors l'Ă©tiquette de l'Union pour la majoritĂ© prĂ©sidentielle et adhĂšre donc quelques mois plus tard Ă  l'Union pour un mouvement populaire (UMP), dĂšs sa crĂ©ation. Comme il l'avait fait avec le RPR, il lie par un accord d'association le RPCR avec ce nouveau grand parti de la droite mĂ©tropolitaine, et fait rebaptiser son mouvement en 2004 qui devient le Rassemblement-UMP.

Seul dirigeant du Territoire

ImpliquĂ© dans plusieurs affaires (dĂ©taillĂ©es dans le chapitre suivant), on lui reproche un autoritarisme de plus en plus marquĂ© mais, d'un autre cĂŽtĂ©, il reste le seul Ă  ĂȘtre Ă©coutĂ© et Ă  pouvoir prendre des dĂ©cisions face Ă  un gouvernement qui agit rarement sans son consentement. Ainsi, Ă  la fin de l'annĂ©e 2000, les syndicats locaux manifestent pour obtenir une augmentation immĂ©diate du SMG de 78 000 Ă  100 000 Francs CFP (environ 838 euros), alors que le pacte social signĂ© en octobre prĂ©voit une hausse progressive d'ici 2003 : aucun accord ne peut ĂȘtre trouvĂ© et la tension atteint son comble avec la destruction d'un rond-point Ă  NoumĂ©a par les manifestants le 16 novembre 2000, le montant des dĂ©gĂąts Ă©tant estimĂ© Ă  16 millions de Francs CFP (soit 134 000 Euros environ)[52]. La situation n'est dĂ©bloquĂ©e que lorsque Jacques Lafleur intervient en personne pour accorder cette augmentation[53].

En dĂ©cembre 2001, une nouvelle crise ethnique apparaĂźt Ă  Saint-Louis, tribu de la commune du Mont-Dore au sud de NoumĂ©a : les Kanak de la tribu n'acceptent plus l'installation sur les terres revendiquĂ©es par les autoritĂ©s coutumiĂšres d'une communautĂ© wallisienne et futunienne, Ă  quoi s'ajoutent des rivalitĂ©s entre clans. Des tireurs embusquĂ©s tirent sur des habitations de PolynĂ©siens ou sur des vĂ©hicules, cinq personnes trouvent la mort entre le dĂ©but de l'annĂ©e 2002 et septembre 2003 et plusieurs personnes griĂšvement blessĂ©es dont le commandant de gendarmerie qui reçoit une balle de fusil de chasse dans le dos. On parle alors d'un nouvel « OuvĂ©a Â». Jacques Lafleur, bien que le maintien de l'ordre public relĂšve de la compĂ©tence de l'État, intervient personnellement pour que la situation se calme: « Nous ne revivrons pas ce que nous avons connu par le passĂ© et cette fois-ci nous prendrons les devant Â»[54]. Il est alors Ă  l'origine de la proposition des dĂ©lais progressifs de retrait des familles wallisiennes et futuniennes du lotissement de l'Ave Maria[55].

Controverses

Mais les controverses contre celui que l'on appelle le « Chef Â», ou encore « Jacquot Â», s'accumulent :

  • À l'automne 1987, le Canard enchaĂźnĂ© rĂ©vĂšle que Jacques Lafleur, actionnaire de 21 sociĂ©tĂ©s locales, n'a pas payĂ© d'impĂŽt sur le revenu pour l'annĂ©e 1985, alors mĂȘme qu'il dĂ©clarait pour la mĂȘme pĂ©riode 1 million de francs de dividendes qui, en vertu de dispositions fiscales locales, n'Ă©taient pas fiscalisĂ©es. Il fait condamner en premiĂšre instance le journal Ă  8 000 F de dommages et intĂ©rĂȘts au nom de l'« atteinte Ă  sa vie privĂ©e Â». Le journal fait appel, le marathon juridique dure 6 ans. La Cour de Cassation estime une 1re fois que « le respect dĂ» Ă  la vie privĂ©e de chacun n'est pas atteint par la publication de renseignements d'ordre purement patrimonial Â». Lafleur contre-attaque en vain. À l'Ă©tĂ© 1993, la cour d'appel de Versailles le condamne Ă  verser 10 000 F au journal et Ă  payer les dĂ©pens du procĂšs au motif que « les Ă©lecteurs d'un homme politique sont en droit d'ĂȘtre informĂ©s de tout ce qui concerne leur Ă©lu, pour leur permettre de conserver Ă  son Ă©gard la confiance qu'ils ont mise en lui pour gĂ©rer la chose publique Â».
  • L'affaire Van Peteghem - Baie de la Moselle : fondateur d'une association de riverains de Port Moselle, Bruno Van Peteghem s'est opposĂ© Ă  partir de 1994 Ă  la construction dans le quartier d'un immeuble de 74 logements Ă  forte valeur ajoutĂ©e sur le domaine maritime de l'État et sans autorisation. Accusant la ville de NoumĂ©a et la Province Sud de chercher Ă  rentabiliser une opĂ©ration de remblai dĂ©ficitaire, il met particuliĂšrement en cause Henri Lafleur, neveu du dĂ©putĂ©-prĂ©sident de l'AssemblĂ©e provinciale, administrateur autant de la SociĂ©tĂ© d'Ă©conomie mixte chargĂ©e du remblaiement que de la sociĂ©tĂ© opĂ©rant le projet immobilier ainsi qu'adjoint au maire de la commune. En avril 1997 la cour administrative d'appel de Paris annule le permis de construire et, en novembre 1997, Henri Lafleur est mis en examen pour dĂ©lit d'ingĂ©rence Ă  la requĂȘte des actionnaires de sa sociĂ©tĂ© de promotion immobiliĂšre. RelaxĂ© en premiĂšre instance, il est condamnĂ© en appel en mai 2000 Ă  un an de prison avec sursis et deux ans d'inĂ©ligibilitĂ©[56], son pourvoi en Cassation Ă©tant rejetĂ© le 7 novembre 2001[57]. Mais les logements incriminĂ©s sont dĂ©jĂ  construits et habitĂ©s, Bruno Van Peteghem et son association rĂ©clament alors leur dĂ©molition Ă  plusieurs reprises, trois permis de construire Ă©tant successivement cassĂ©s par dĂ©cision judiciaire sans que les immeubles soient dĂ©truits. Le tribunal administratif de NoumĂ©a finit cependant par rejeter en mars 2003 les demandes de dĂ©molition et d'indemnisation des riverains. Quoi qu'il en soit, le combat de Bruno Van Peteghem Ă©volue bientĂŽt au-delĂ  de la simple dĂ©fense des droits d'habitants de quartier et il semble peu Ă  peu canaliser derriĂšre lui la « contestation Â» au « systĂšme Lafleur Â», sa cause s'Ă©tendant bientĂŽt Ă  d'autres domaines (comme la protection de l'environnement et du lagon), et annonce la crĂ©ation d'une section locale du parti national Les Verts, baptisĂ©e « Verts Pacifique Â». L'opinion publique est particuliĂšrement alertĂ©e lorsque sa voiture et son garage sont incendiĂ©s le 23 novembre 1998, l'ensemble de sa maison subissant le mĂȘme sort le 31 dĂ©cembre suivant[58]. Au lendemain de ce second sinistre, Jacques Lafleur dĂ©clare : « Il s'est piĂ©gĂ© en voulant jouer au plus malin. Mais quelles que soient les dĂ©cisions, on ne dĂ©molira rien. Â»[59]. En octobre 1999, dans une lettre Ă  en tĂȘte de l'AssemblĂ©e nationale, le prĂ©sident de la Province Sud traite le chef des riverains mĂ©contents de « vulgaire procĂ©durier et de petit saligaud Â», phrases pour lesquelles il est condamnĂ© par le tribunal correctionnel de NoumĂ©a Ă  11 000 F d'amende pour « injures publiques Â» en avril 2000[60], dĂ©cision confirmĂ©e le 22 aoĂ»t 2000 par la cour d'appel de NoumĂ©a, l'amende Ă©tant mĂȘme augmentĂ©e Ă  33 000 F, ce qui provoque l'affaire de la « vraie fausse dĂ©mission Â» du dĂ©putĂ©[61],[62]. De plus, en 2003, lors du retrait de la compagnie Air France, sur laquelle Bruno Van Peteghem Ă©tait steward, de Nouvelle-CalĂ©donie, il Ă©tait prĂ©vu que tout le personnel de la compagnie nationale souhaitant rester dans l'archipel soit repris par la compagnie locale, Aircalin. Mais Van Peteghem est le seul Ă  ne pas bĂ©nĂ©ficier de ce plan, selon une « dĂ©cision d’entreprise basĂ©e sur des critĂšres strictement professionnels Â» d'aprĂšs la direction de la sociĂ©tĂ©, et est donc contraint de quitter la Nouvelle-CalĂ©donie. La Ligue des droits de l'Homme et les Verts de Nouvelle-CalĂ©donie parlent d'une manipulation politique visant Ă  Ă©loigner un adversaire politique[63]. En aoĂ»t 2004, le tribunal de commerce de NoumĂ©a condamne Aircalin Ă  verser 16 millions de Francs CFP (environ 134 000 euros) de dommages et intĂ©rĂȘts Ă  Bruno Van Peteghem pour « rupture abusive et discriminatoire de promesse d'embauche Â»[64].
  • La « vraie fausse dĂ©mission Â» : le 23 aoĂ»t 2000, il annonce sa dĂ©mission de ses fonctions politiques pour mettre en cause un « grave dysfonctionnement de la justice en Nouvelle-CalĂ©donie Â» suite Ă  sa condamnation la veille en appel pour injures publiques dans le cadre de l'affaire Van Peteghem[65]. Ses opposants et une grande partie de l'opinion publique calĂ©donienne ont vu dans cette dĂ©mission une vĂ©ritable mascarade. AprĂšs un entretien accordĂ© la semaine suivante aux Nouvelles CalĂ©doniennes par le ministre des Relations avec le Parlement Jean-Jacques Queyranne l'appelant Ă  rester dans le jeu politique, et surtout un congrĂšs extraordinaire du RPCR organisĂ©, en son absence, par ses principaux lieutenants politiques (Harold Martin, Pierre Frogier, Simon Loueckhote) Ă  NoumĂ©a pour lui demander de ne pas se retirer[66], il dĂ©cide finalement de retirer sa dĂ©mission[67]. Son attitude est alors jugĂ©e « puĂ©rile Â» par ses adversaires mais aussi par une partie de l'opinion publique[54].
  • L'affaire « Lafleur - Levallois Â» : dans son autobiographie L'AssiĂ©gĂ© : vingt-cinq ans de vie politique. Une histoire partagĂ©e avec la Nouvelle-CalĂ©donie parue en avril 2000 aux Ă©ditions Plon, Jacques Lafleur accuse nommĂ©ment Michel Levallois, ancien directeur des affaires politiques, administratives et financiĂšres de l'outre-mer pendant la pĂ©riode des ÉvĂšnements, d'avoir une part de responsabilitĂ© importante dans la mort du dirigeant indĂ©pendantiste Éloi Machoro en 1985. Pour ces dĂ©clarations, Michel Levallois obtient du tribunal correctionnel de Paris la condamnation en diffamation du dĂ©putĂ© nĂ©o-calĂ©donien et de son Ă©diteur, confirmĂ© en appel le 2 avril 2003. Jacques Lafleur et Plon doivent alors payer solidairement 15 245 euros de dommages et intĂ©rĂȘts Ă  Michel Levallois, tandis que les passages incriminĂ©s du livre doivent ĂȘtre retirĂ©es dans ses publications ultĂ©rieures. Cependant, le chef anti-indĂ©pendantiste s'insurge contre cette dĂ©cision de justice en dĂ©clarant : « Je maintiens que ce que j’ai Ă©crit est vrai Â»[68].
  • L'affaire Les Nouvelles CalĂ©doniennes : ses opposants lui ont reprochĂ© d'avoir la mainmise sur les mĂ©dias calĂ©doniens et citent en exemple la bataille qu'il a menĂ© contre Philippe Hersant. En effet, le Groupe Hersant est propriĂ©taire du seul quotidien calĂ©donien, Les Nouvelles CalĂ©doniennes. Or, il existait depuis plusieurs annĂ©es un accord entre Les Nouvelles et Les Nouvelles Hebdo (appelĂ© plus simplement L’Hebdo), un journal politique hebdomadaire rĂ©alisĂ© par des fidĂšles du dĂ©putĂ© : en effet, le quotidien imprimait gratuitement, et mĂȘme moyennant paiement, L'Hebdo qu'il distribuait en mĂȘme temps que son journal chaque semaine, le jeudi. Apprenant cela, le magnat de la presse Ă©crite rĂ©gionale mĂ©tropolitaine dĂ©cide de mettre fin Ă  cette situation en changeant la direction des Nouvelles et en nommant au dĂ©but de l'annĂ©e 2001 Ă  la tĂȘte du quotidien local un ancien des DerniĂšres Nouvelles d'Alsace', Bruno Franceschi, afin de rendre plus neutre la ligne Ă©ditoriale du journal. Jacques Lafleur rĂ©agit violemment : il appelle Ă  partir de fĂ©vrier 2001 au boycott des Nouvelles. Le mot d'ordre est alors qu'il ne faut plus le lire ni y Ă©mettre d'annonces et mĂȘme boycotter ceux qui y annoncent[69]. Mais ce mot d'ordre est peu suivi, certains de ses alliĂ©s ne pouvant se passer de publier de la publicitĂ© dans le seul quotidien, et les ventes des Nouvelles augmentent tandis que celles de L'Hebdo baissent. NĂ©anmoins, ce dernier reste encartĂ© toutes les semaines avec le quotidien, mais dĂ©sormais dans les conditions dictĂ©es par le groupe Hersant. Jacques Lafleur n'abandonne pas pour autant son opposition Ă  Bruno Franceschi auquel il reproche, au contraire d'avoir « neutralisĂ© Â» le propos des Nouvelles, d'en avoir fait un organe de critique systĂ©matique Ă  l'Ă©gard de la majoritĂ© locale, et le traite de « petit tĂ©lĂ©graphiste Â», phrase pour laquelle il est une nouvelle fois condamnĂ© pour « injures publiques Â». AprĂšs la publication d'une bande dessinĂ©e satyrique qu'il estime ĂȘtre une attaque directe Ă  « sa probitĂ© et son honnĂȘtetĂ© Â» et d'un article mettant en cause les intĂ©rĂȘts financiers de son fils, Pascal Lafleur, dans le dĂ©part du Club MĂ©diterranĂ©e de NoumĂ©a, il se rend directement le 27 novembre 2001 Ă  la direction du journal pour, selon ses propres termes, « secouer [Bruno Franceschi] pour ce qu'[il a] fait Â». Une grave altercation a lieu entre les deux hommes, le dĂ©putĂ© empoignant au col le directeur et le projetant sur son siĂšge, armant mĂȘme son poing sans frapper[70]. Quelques minutes plus tard, sous le coup de la colĂšre, Jacques Lafleur remonte dans sa voiture et accroche un autre vĂ©hicule quelques mĂštres plus loin. Ces « coups d'Ă©clat Â» mettent mal Ă  l'aise de plus en plus de ses partisans[54].
  • L'Usine du Sud : il a Ă©tĂ© reprochĂ© Ă  Jacques Lafleur de favoriser la Province Sud au dĂ©triment du rĂ©Ă©quilibrage prĂ©vu par l'accord de NoumĂ©a, et plus gĂ©nĂ©ralement l'Ă©chelon provincial Ă  l'encontre de celui du gouvernement nĂ©o-calĂ©donien (raison invoquĂ©e par Marie-NoĂ«lle ThĂ©mereau pour justifier sa dĂ©mission en 2001). D'un autre cĂŽtĂ©, ses opposants (notamment le ComitĂ© RhĂ©Ă©bĂč NĂčĂč, les Verts Pacifique ou l'Alliance de Didier Leroux) l'ont accusĂ© de « brader Â» le sol calĂ©donien en vendant en juillet 2002 pour « presque rien Â» (4,8 milliards de Francs CFP, soit 40,224 millions d'euros), ont dit ses dĂ©tracteurs[71], en concession l'exploitation de la latĂ©rite dans le gisement de Prony ouest au gĂ©ant canadien Inco[72], aprĂšs lui avoir dĂ©jĂ  cĂ©dĂ© les droits miniers sur celui voisin de Goro en 1992[73] pour 2 milliards de F CFP (16,76 millions d'euros)[74]. Jacques Lafleur obtient toutefois la contrepartie en 2002 d'une participation Ă  hauteur de 10 % concĂ©dĂ©e Ă  la Nouvelle-CalĂ©donie dans le capital de Goro Nickel[75]. À ce projet s'ajoute la construction d'une usine colossale sur le site de Goro. Il s'agit, pour les dĂ©fenseurs du projet, d'un extraordinaire moyen de dĂ©velopper Ă©conomiquement le territoire et de crĂ©er des emplois, mais entraĂźnant l'opposition des militants Ă©cologistes, pour qui il s'agit d'une destruction pure et simple de l'environnement du Grand Sud, tandis qu'un groupe de coutumiers et d'hommes politiques de la rĂ©gion, emmenĂ©s par Rock Wamytan et RaphaĂ«l Mapou, tous deux membres Ă  l'Ă©poque du Gouvernement de Pierre Frogier (RaphaĂ«l Mapou, en tant que membre de la FCCI, est mĂȘme un alliĂ© du RPCR Ă  cette Ă©poque), fondent le ComitĂ© RhĂ©Ă©bĂč NĂčĂč dans le but d'obtenir pour les populations locales plus de contrepartie financiĂšre. Ces opposants multiplient les recours en justice et les manifestations. À ceci s'ajoutent des difficultĂ©s financiĂšres qui poussent Inco Ă  interrompre le chantier et Ă  reprendre le projet Ă  zĂ©ro dĂšs le 6 dĂ©cembre 2002. En dĂ©cembre 2003, le tribunal administratif de NoumĂ©a annule le permis de recherche (et donc d'exploitation) accordĂ© par le prĂ©sident de la Province Sud l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente au groupe canadien. Il est rĂ©attribuĂ© par l'exĂ©cutif provincial dĂšs le mois suivant. L'Avenir ensemble, arrivĂ© au pouvoir en 2004, a fait campagne pour une renĂ©gociation des clauses de dĂ©veloppement de l'usine du Sud, mais, dĂšs octobre 2004, le successeur de Jacques Lafleur, Philippe GomĂšs, accorde le permis ICPE Ă  Goro Nickel qui peut reprendre les travaux. Toutefois, les manifestations et actions d'Ă©clat du ComitĂ© RhĂ©Ă©bĂč NĂčĂč continuent, et un accord notamment environnemental ne peut ĂȘtre trouvĂ© qu'en 2008 pour une mise en service finalement de l'usine prĂ©vue en 2009[76].
  • Gouaro Deva : en 1992, la Province Sud fait l'acquisition, pour 325 millions de F CFP (2,7 millions d'euros environ), d'une propriĂ©tĂ© de plus de 7 700 hectares dite de Gouaro Deva sur la commune de Bourail, domaine disposant d'un fort potentiel Ă©conomique (notamment touristique et agricole, mais nĂ©cessitant d'importants travaux d'irrigations, ainsi qu'une forte rĂ©serve en sable utile pour l'industrie) et d'une forte valeur historique (avec des vestiges de la rĂ©volte kanak du grand-chef AtaĂŻ de 1878) et symbolique pour les MĂ©lanĂ©siens du clan Gouaro (sĂ©pultures de la VallĂ©e tabou). Celui-ci revendiquait d'ailleurs cette terre depuis 1984. En dĂ©cembre 2003, l'AssemblĂ©e de la Province Sud accepte la vente de ce terrain en deux parties : 335 hectares pour 110 millions de Francs (922 000 euros environ) Ă  la SAS FonciĂšre de CalĂ©donie pour un projet touristique incluant une marina et un golf notamment, et 7 300 hectares pour 679 millions de F CFP (5,7 millions d'euros) Ă  la SAS Gouaro Deva pour un dĂ©veloppement agro-pastoral incluant essentiellement un Ă©levage de cerf. Cette vente est immĂ©diatement critiquĂ©e non seulement par les membres des clans mĂ©lanĂ©siens locaux, mais aussi par les Ă©leveurs des environs et une partie de la population bouraillaise emmenĂ©s par l'ancien maire de la commune, et opposant politique de longue date Ă  Jacques Lafleur, Jean-Pierre AĂŻfa. Ceux-ci reprochent au prĂ©sident de province de ne pas avoir respectĂ© ses engagements vis-Ă -vis du clan Gouaro, auquel il aurait promis entre 1994 et 1997 l’attribution de 1 000 hectares aux jeunes du clan, le gel des lieux historiques (sĂ©pultures et site de l’ancienne tribu) et 20 % d’intĂ©ressement dans une sociĂ©tĂ© d’économie mixte chargĂ©e du dĂ©veloppement d’activitĂ©s touristiques et de l’exploitation des rĂ©serves de sable. Pour ses partisans, cette opĂ©ration permet au contraire non seulement Ă  la collectivitĂ© de rĂ©aliser une plus-value importante de 455 millions de Francs pacifiques (3,8 millions d'euros) par rapport Ă  son prix d'achat de 1992, mais de plus de crĂ©er des « centaines d'emploi Â» par le biais des deux seuls secteurs Ă©conomiques qui, selon eux, sont viables sur la propriĂ©tĂ© : le tourisme et l'agriculture extensive (une Ă©tude rĂ©alisĂ©e estimant que « l’installation d’agriculteurs sur de petites parcelles n'est pas viable Â», de mĂȘme pour l'exploitation du sable qui reste toutefois du ressort de la Province qui est propriĂ©taire de fait du sol et sous-sol sous-marin et du littoral), tout en imputant l'Ă©chec d'un accord sur le plan de la revendication fonciĂšre coutumiĂšre Ă  un conflit entre deux clans[77]. Quoi qu'il en soit, cette dĂ©cision est remise en question dĂšs l'arrivĂ©e au pouvoir en 2004 de l'Avenir ensemble qui dĂ©cide de ne pas donner suite aux promesses de vente et de conserver Gouaro Deva dans le domaine provincial.

Élections du 9 mai 2004

BientĂŽt approchent le renouvellement des AssemblĂ©es de Provinces et du CongrĂšs. Les indĂ©pendantistes sont divisĂ©s : le FLNKS n'a plus de prĂ©sident et en son sein le Palika appelle Ă  maintenir le dialogue ouvert tandis que l'UC, qui a boycottĂ© la visite de Jacques Chirac sur le territoire en 2003, tient Ă  ce que l'accord de NoumĂ©a soit respectĂ© Ă  la lettre, notamment sur les questions de l'identitĂ© Kanak. De nombreux mouvements indĂ©pendantistes dissidents existent, dont certains qui envisagent la possibilitĂ© que l'indĂ©pendance n'ait jamais lieu (notamment la FCCI). Donc ce n'est pas le camp indĂ©pendantiste qui peut encore inquiĂ©ter Jacques Lafleur, mais bien ses opposants au sein du mouvement anti-indĂ©pendantiste. Car tous les dissidents plus ou moins rĂ©cents se sont rĂ©unis au sein d'une liste commune : l'Avenir ensemble, dont les dirigeants sont des anciens caciques du RPCR (Marie-NoĂ«lle ThĂ©mereau est tĂȘte de liste, suivie d'Harold Martin, Philippe GomĂšs) mais aussi les membres de l'Alliance, toujours dirigĂ©e par Didier Leroux. À cela s'ajoute des militants syndicaux et des membres de la sociĂ©tĂ© civile. Ils dressent un bilan amer du mandat prĂ©cĂ©dent, appellent Ă  un plus grand respect de l'accord de NoumĂ©a, Ă  une politique sociale (inspirĂ©e par Marie-NoĂ«lle ThĂ©mereau et Philippe GomĂšs, deux des principaux nĂ©gociateurs du pacte social en 2000) plus active, Ă  la construction d'un « destin commun Â» par le consensus et condamnent la « politique purement politicienne Â». Leur slogan semble ĂȘtre « Tout sauf Lafleur Â» et fait de plus en plus d'Ă©mules, notamment au sein des jeunes Ă©lecteurs. Jacques Lafleur fait face en resserrant les rangs : un grand rassemblement est organisĂ© Ă  La Foa (la commune de Philippe GomĂšs) pour le 27e anniversaire du RPCR le 17 avril 2004. Un chapiteau de 6 000 mÂČ est installĂ© sur l'hippodrome, tout est prĂ©parĂ© pour faire un vĂ©ritable spectacle Ă  l'amĂ©ricaine ou Ă  la Sarkozy. Et c'est un franc succĂšs selon ses organisateurs : entre 8 000 et 10 000 personnes se dĂ©placent. À la fin de son discours Jacques Lafleur se jette dans un bain de foule et met plus de 45 minutes pour sortir de l'hippodrome. Enfin, pour renforcer ses liens avec le chiraquisme et l'UMP, il rebaptise son parti « Rassemblement-UMP Â» tout en gardant le sigle RPCR. Il part ainsi une nouvelle fois favori pour les Ă©lections du 9 mai et, s'il est pressenti que l'Avenir ensemble va affaiblir la forteresse Lafleur, il ne fait aucun doute pour les observateurs de la vie politique locale et pour les partisans de Lafleur que le Rassemblement va enregistrer une nouvelle victoire. Mais les organisateurs de la campagne font l'erreur d'axer celle-ci uniquement sur la critique de l'Avenir ensemble qui est prĂ©sentĂ© comme un conglomĂ©rat arriviste et opportuniste, alliance « hĂ©tĂ©roclite Â» et « contrefaite Â» qui n'a qu'un seul but, conquĂ©rir le pouvoir pour ensuite mieux se diviser. Ce que les fidĂšles de Jacques Lafleur appellent les « Trahir ensemble Â» gagnent nĂ©anmoins de plus en plus de voix grĂące Ă  l'image de femme intĂšgre de sa tĂȘte de liste, Ă  un programme politique annoncĂ© clairement et Ă  l'utilisation de nouveaux outils (comme la diffusion d'un dvd).

Finalement, c'est le « tremblement de terre Â» politique du 9 mai 2004. Si, sur l'ensemble du territoire et en nombre de voix, le RPCR reste le premier parti nĂ©o-calĂ©donien (avec 21 880 voix, suivi de prĂšs par l'Avenir ensemble qui en a obtenu 20 328, il est la seule formation reprĂ©sentĂ©e dans les trois provinces mais a perdu prĂšs de 7 000 suffrages par rapport Ă  1999), il perd son bastion traditionnel : la Province Sud (17 100 voix pour le Rassemblement, soit 31,18 % des suffrages et 16 siĂšges sur 40, soit plus de 6 000 votes de moins et 9 siĂšges perdus par rapport Ă  1999, arrivant derriĂšre l'Avenir ensemble qui a rĂ©uni 18 584 bulletins soit 33,9 % des suffrages et 19 Ă©lus, manquant la majoritĂ© absolue Ă  deux siĂšges prĂȘts). C'est un dĂ©saveu personnel de Jacques Lafleur qui Ă©tait une nouvelle fois tĂȘte de liste dans le Sud, puisque dans les autres provinces les listes RPCR s'en tirent plutĂŽt bien, ne perdant qu'un siĂšge dans le Nord avec 3 Ă©lus et en se maintenant Ă  deux reprĂ©sentants dans les Îles LoyautĂ©. L'Avenir ensemble pour sa part n'a pas prĂ©sentĂ© de liste dans les Îles et n'a obtenu qu'un siĂšge dans le Nord, ce qui fait que, finalement, le RPCR et le nouveau grand parti calĂ©donien font jeu Ă©gal au CongrĂšs avec 16 siĂšges chacun. Jacques Lafleur, qui reconnaĂźt sa dĂ©faite et comme il l'avait promis lors de sa campagne s'il ne gagnait pas nettement les Ă©lections dans le Sud, dĂ©missionne de ses fonctions d'Ă©lus de l'AssemblĂ©e de Province et du CongrĂšs et ne conserve que son mandat de dĂ©putĂ© tout en restant prĂ©sident du Rassemblement. Certains ont vu cette dĂ©cision comme la volontĂ© de ne pas avoir Ă  nĂ©gocier de lui-mĂȘme avec le Front national, qui dispose des 5 siĂšges restant Ă  l'AssemblĂ©e de Province et de 4 siĂšges au CongrĂšs, afin de former une coalition pour conserver la majoritĂ© Ă  la Province Sud. Mais finalement le FN dĂ©cide de s'abstenir lors du vote pour dĂ©signer le nouveau prĂ©sident de la Province, ce qui fait que le candidat de l'Avenir ensemble, Philippe GomĂšs, est Ă©lu au troisiĂšme tour de scrutin Ă  la majoritĂ© restreinte (19 voix contre 16 Ă  Pierre Maresca et 5 abstentions) pour succĂ©der Ă  Jacques Lafleur.

La nouvelle Ă©quipe dirigeante accuse alors l'ancien prĂ©sident d'avoir prĂ©alablement vidĂ© son bureau et de s'ĂȘtre dĂ©barrassĂ© de bon nombre de dossiers, ce que Jacques Lafleur et ses collaborateurs ont toujours dĂ©menti. Au CongrĂšs, le mĂȘme scĂ©nario qu'Ă  la Province Sud se renouvelle, alors que le Rassemblement et l'Avenir ensemble ont autant d'Ă©lus (16 plus le soutien officiel d'un Ă©lu LKS pour l'Avenir ensemble, et 16 plus le soutien officiel de son alliĂ© traditionnelle, la FCCI, qui elle aussi a un Ă©lu, pour le RPCR). Mais l'UC, qui dispose de 7 Ă©lus au CongrĂšs, ainsi que le FN et ses 4 conseillers, apportent leurs voix au candidat de l'Avenir ensemble Ă  la prĂ©sidence de l'assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante nĂ©o-calĂ©donienne : Harold Martin est Ă©lu ainsi Ă  la majoritĂ© absolue (28 voix contre 17 Ă  Jean LĂšques et 9 abstentions). Mais une vĂ©ritable crise institutionnelle se met en place suite Ă  l'Ă©lection le 9 juin par le CongrĂšs du nouveau gouvernement : sur 11 membres, l'Avenir ensemble obtient 5 postes, le RPCR 3 et le FLNKS 3, dont 2 pour le Palika et 1 pour l'UC. Marie-NoĂ«lle ThĂ©mereau est sans surprise Ă©lue prĂ©sidente de cet exĂ©cutif, et DĂ©wĂ© Gorodey, du FLNKS - Palika, est reconduite en tant que vice-prĂ©sidente. Mais, le mĂȘme jour, les membres Rassemblement dĂ©cident de dĂ©missionner avec leurs suivants de liste, entraĂźnant la chute du gouvernement dans son ensemble. En effet, Pierre Frogier, ancien prĂ©sident de l'exĂ©cutif local et tĂȘte de la liste RPCR pour l'Ă©lection des membres du nouveau gouvernement, estime que le partir de Jacques Lafleur n'a pas fait le plein de ses voix au CongrĂšs et qu'il n'est pas normal qu'il ait deux reprĂ©sentants de moins que l'Avenir ensemble, le mettant Ă  Ă©galitĂ© avec les indĂ©pendantistes. En fait, l'origine de ce problĂšme revient Ă  un bulletin nul dĂ©posĂ© lors du vote par l'une des Ă©lues du Rassemblement : Suzie Vigouroux, Ă©lue pour la premiĂšre fois, ayant inscrit sur son bulletin le nom de Pierre Frogier alors qu'il fallait voter pour une liste. Le RPCR parle rapidement d'une manipulation. AprĂšs un entretien avec Jacques Lafleur, Suzie Vigouroux dĂ©clare avoir reçu des pressions de la part des dirigeants de l'Avenir ensemble. S'ensuit une vĂ©ritable bataille judiciaire entre les deux partis, le premier attaquant le second pour dĂ©ni de dĂ©mocratie et en retour le deuxiĂšme attaquant le premier pour diffamation. Finalement, la crise se rĂ©sout le 25 juin par l'Ă©lection d'un nouveau gouvernement oĂč le Rassemblement a pu obtenir le nombre de siĂšges prĂ©vu avec 4 membres, Ă  Ă©galitĂ© avec l'Avenir ensemble suivi des 3 indĂ©pendantistes, et enfin le 29 juin lorsque les membres issus du RPCR et de l'Avenir ensemble s'accordent pour Ă©lire Marie-NoĂ«lle ThĂ©mereau prĂ©sidente.

Départ forcé hors Rassemblement

Jacques Lafleur, quant Ă  lui, prĂ©pare lentement sa succession en laissant Pierre Frogier diriger de fait son parti, position qu'il veut rendre officielle par des Ă©lections internes en 2005. Seulement, au dernier moment, Jacques Lafleur fait marche arriĂšre et dĂ©cide de se reprĂ©senter Ă  sa propre succession Ă  la tĂȘte du Rassemblement contre son dauphin, estimant que ce dernier n'est pas assez ferme dans son opposition Ă  l'Avenir ensemble. Jacques Lafleur perd alors l'essentiel de ses soutiens qui ne comprennent pas ce dernier revirement de situation alors que tout Ă©tait prĂȘt pour organiser l'« aprĂšs Lafleur Â» et que celui-ci avait encore l'occasion de se retirer dans « les honneurs Â». Lors du congrĂšs de RiviĂšre-SalĂ©e Ă  NoumĂ©a le 2 juillet 2005, Jacques Lafleur est largement battu par Pierre Frogier, ne recueillant que 889 votes des militants (21,42 % des suffrages exprimĂ©s et 18 % des inscrits) contre 3 261. L'ancien dirigeant rĂ©agit Ă  sa dĂ©fait en dĂ©clarant : « Je n’ai aucune rancƓur, je n’ai aucune aigreur, mais ça me fait bizarre d’ĂȘtre mis Ă  la porte Â»[78]. Le 28 dĂ©cembre 2005, il confirme sa dĂ©mission du parti, dĂ©nonçant le « congrĂšs braquage Â» de juillet, « des adhĂ©sions et des procurations achetĂ©es Ă  l’avance Â» et une nouvelle Ă©quipe dirigeante qu'il juge « inapte Â», mais nie Ă  ce moment vouloir crĂ©er un nouveau parti[79].

NĂ©anmoins, il fait paraĂźtre en janvier 2006 un nouveau journal politique oĂč il critique fortement les dĂ©cisions de l'Avenir ensemble mais aussi celles de la nouvelle direction du RPCR. Dans ce Bulletin d'Information, qui paraĂźt tous les mois ou tous les deux mois, il s'applique ainsi Ă  faire la distinction entre ce qu'il qualifie de « petit Rassemblement Â», celui de Pierre Frogier, qu'il considĂšre comme un petit parti Ă©lectoraliste incapable de s'opposer Ă  l'Avenir ensemble et ne servant qu'Ă  rechercher le soutien de Nicolas Sarkozy en MĂ©tropole, et un « grand Rassemblement Â», incarnĂ© par lui et par certains Ă©lus qui lui sont restĂ©s fidĂšles (notamment le sĂ©nateur Simon Loueckhote). Partant de ce principe, il dĂ©cide finalement de crĂ©er un mouvement qui reprend le nom du RPCR des origines : le Rassemblement pour la CalĂ©donie (RPC). Ce retour sur la scĂšne politique est aidĂ© par le fait que l'Avenir ensemble est confrontĂ© Ă  ses premiers gros problĂšmes depuis son arrivĂ©e au pouvoir (incertitude quant Ă  la finalisation du projet de l'usine du Nord, les nombreux rebondissements dans l'affaire de l'usine du Sud, la polĂ©mique sur le corps Ă©lectoral figĂ© ou glissant, les grĂšves Ă  rĂ©pĂ©tition qui provoquent un sentiment d'insatisfaction de plus en plus fort dans l'opinion publique Ă  l'encontre du principal syndicat de Nouvelle-CalĂ©donie, la trĂšs controversĂ©e USTKE) et que les nouveaux dirigeants du RPCR n'arrivent pas Ă  prĂ©senter une vĂ©ritable nuance ni avec le Rassemblement du temps de Lafleur ni avec l'Avenir ensemble. Il s'est fait Ă©galement le chantre, avec Simon Loueckhote, de l'opposition au vote du gel du corps Ă©lectoral au Parlement. Ce projet ayant Ă©tĂ© successivement adoptĂ© par les dĂ©putĂ©s, par les sĂ©nateurs puis par tous les parlementaires rĂ©unis en CongrĂšs Ă  Versailles, les deux dirigeants du RPC ont dĂ©cidĂ© de marquer leur mĂ©contentement en dĂ©missionnant de l'UMP et en soutenant le candidat gaulliste orthodoxe Nicolas Dupont-Aignan (qui a Ă©tĂ© l'un des rares Ă©lus mĂ©tropolitains Ă  s'opposer au gel du corps Ă©lectoral, notamment au sein de la majoritĂ©) pour l'Ă©lection prĂ©sidentielle[80]. En dissidence, Jacques Lafleur se prĂ©sente une nouvelle fois Ă  sa succession dans la premiĂšre circonscription lors des lĂ©gislatives de 2007, contre le candidat officiel de l'UMP et du Rassemblement, GaĂ«l Yanno, son ancien supplĂ©ant. Il prend sur son « ticket Â», comme candidate supplĂ©ante, l'ancienne championne olympique de cyclisme sur piste FĂ©licia Ballanger, depuis peu installĂ©e Ă  NoumĂ©a aprĂšs avoir Ă©pousĂ© un nĂ©o-calĂ©donien et faisant partie des personnes exclues des scrutins provinciaux par le gel du corps Ă©lectoral[81]. Il fait essentiellement campagne en mettant en avant son expĂ©rience, et se refuse Ă  Ă©noncer des promesses ou Ă  prĂ©senter un programme[82]. Il ne recueille que 11,74 % des voix au premier tour et arrive en cinquiĂšme position parmi neuf candidats, ne se qualifiant donc pas pour le second tour[83].

La dĂ©faite de Jacques Lafleur en 2007 qui a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e de celles de Lucette Michaux-Chevry en Guadeloupe en 2004 et de Gaston Flosse en PolynĂ©sie française en 2005 marque la fin d'une Ă©poque des proches de Jacques Chirac au pouvoir dans les territoires d'outre-mer français. AprĂšs deux annĂ©es passĂ©es en retrait dans son appartement en France mĂ©tropolitaine et la perte du dernier Ă©lu d'importance le soutenant en 2008 (le sĂ©nateur Simon Loueckhote dĂ©cide ainsi de crĂ©er son propre parti, le Mouvement de la diversitĂ©, dit LMD), il est toutefois une nouvelle fois candidat, comme tĂȘte de liste du RPC en Province Sud lors des Ă©lections provinciales du 10 mai 2009, tout en annonçant avant le lancement de la campagne : « Je ne brigue aucun mandat malgrĂ© mon engagement dans la campagne. J’ai Ă©tĂ© Ă©lu pendant trente-six ans, ça suffit Â»[84]. CrĂ©ditĂ© d'Ă  peine 3 % d'intentions de votes par un sondage TNS Sofres rĂ©alisĂ© pour les Nouvelles CalĂ©doniennes du 14 au 24 avril[85], il obtient finalement le jour du scrutin 7,1 % des suffrages exprimĂ©s et deux siĂšges sur les 40 de l'AssemblĂ©e de la Province Sud et deux Ă©galement sur les 54 du CongrĂšs[86]. Bien que ce rĂ©sultat soit plus important que prĂ©vu et crĂ©e la surprise parmi les analystes de la vie politique locale[87],[88], Jacques Lafleur dĂ©clare quant-Ă -lui n'ĂȘtre « pas content du tout du rĂ©sultat Â» et que l'Ă©lectorat avait alors estimĂ© que son « action appartenait au passĂ© Â»[89]. Le 15 mai suivant, doyen d'Ăąge de la nouvelle assemblĂ©e, il prĂ©side la premiĂšre sĂ©ance chargĂ©e d'Ă©lire le prĂ©sident et les vices-prĂ©sidents : candidat pour retrouver le perchoir et ne participant pas Ă  l'alliance des trois principales forces anti-indĂ©pendantistes (appelĂ© « pacte de stabilitĂ© Â» par Harold Martin et l'Avenir ensemble-LMD qui l'avaient appelĂ©e de leurs vƓux avant mĂȘme l'Ă©lection[90], « Rassemblement rĂ©publicain Â» par le Rassemblement-UMP de Pierre Frogier qui a lancĂ©, en tant que parti arrivĂ© en tĂȘte, l'initiative des nĂ©gociations[91] et « plate-forme commune Â» par CalĂ©donie ensemble de Philippe GomĂšs[92]) pour le partage des institutions. Il n'obtient ainsi que sa propre voix et celle de sa colistiĂšre, contre 34 Ă  Pierre Frogier qui est Ă©lu au premier tour et les 4 votes FLNKS pour Rock Wamytan. Pour l'Ă©lection des vices-prĂ©sidents, le RPC ne soutient que Philippe Michel (CalĂ©donie ensemble) Ă  la seconde vice-prĂ©sidence (qui est donc, avec 36 voix sur 40, le mieux Ă©lu du nouvel exĂ©cutif provincial) et vote blanc ou nul pour les deux autres (Éric Gay et Sonia Lagarde)[93]. La semaine suivante, lors de la sĂ©ance d'installation du CongrĂšs (de laquelle il est absent, donnant procuration de vote Ă  sa colistiĂšre Nathalie Brizard), il apporte toutefois sa voix Ă  Harold Martin qui accĂšde ainsi Ă  la prĂ©sidence de l'institution en faisant le plein des suffrages anti-indĂ©pendantistes, tandis que le RPC participe Ă  la liste commune loyaliste pour l'Ă©lection des vices-prĂ©sidents en la personne de Nathalie Brizard qui devient la 8e et derniĂšre vice-prĂ©sidente.

Il se montre pour autant discret par la suite, limitant ses prises de position publiques. Il sort toutefois de son silence en fĂ©vrier 2010 pour dĂ©noncer la proposition de Pierre Frogier d'associer le drapeau tricolore au drapeau Kanaky pour en faire conjointement les drapeaux officiels de Nouvelle-CalĂ©donie, dĂ©clarant que cette idĂ©e « ne peut que diviser Â» et que « la Nouvelle-CalĂ©donie a un drapeau, celui de la RĂ©publique française Â»[94]. Il dĂ©missionne de ses deux derniers mandats, Ă  l'AssemblĂ©e de la Province Sud et au CongrĂšs le 7 avril 2010. Il avait notamment indiquĂ© la semaine prĂ©cĂ©dente, pour justifier son intention de se retirer : « Je suis seul et je ne peux rien faire seul [...] je crains qu’à force d’égoĂŻsme, on se dirige Ă  nouveau vers les troubles. Et moi, je suis trop vieux, je ne veux plus faire ce que j’ai fait pendant des annĂ©es, c’est-Ă -dire mettre fin Ă  la guerre civile Â»[95].

De plus en plus en retrait de la scĂšne politique locale, il reçoit dans le mĂȘme temps plusieurs distinctions pour son action politique passĂ©e et tout particuliĂšrement pour la prĂ©paration de la signature des accords de Matignon et de NoumĂ©a. Le 23 septembre 2009, il reçoit des mains du Haut-commissaire de la RĂ©publique en Nouvelle-CalĂ©donie Yves Dassonville les insignes de chevalier de la LĂ©gion d'honneur[96]. Le 18 novembre 2010, il reçoit, conjointement avec Jean-Marie Tjibaou (pour sa part Ă  titre posthume), la « Colombe de la Paix Â», prix dĂ©cernĂ© chaque annĂ©e depuis 2008 par l'Allemagne soutenue par l'UNESCO[97].

DĂ©cĂšs et hommages

Quelques semaines plus tard, Jacques Lafleur dĂ©cĂšde alors qu'il sĂ©journait sur la Gold Coast, dans l'État du Queensland en Australie, le 4 dĂ©cembre 2010[1]. Une chapelle ardente avec veillĂ©e mortuaire est organisĂ©e le 9 dĂ©cembre dans le hall de l'ancien hĂŽtel ChĂąteau-Royal, toujours propriĂ©tĂ© de la famille Lafleur, dans le quartier de l'Anse Vata Ă  NoumĂ©a, en prĂ©sence de personnalitĂ©s locales (les prĂ©sidents des diffĂ©rentes institutions comme Philippe GomĂšs, Harold Martin, Pierre Frogier, une dĂ©lĂ©gation du FLNKS emmenĂ©e par Rock Wamytan et Charles Pidjot ou encore la veuve de Jean-Marie Tjibaou, Marie-Claude) ou nationales (la ministre de l'Outre-mer Marie-Luce Penchard ou le dĂ©putĂ© UMP du Maine-et-Loire Marc Laffineur, 1er vice-prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale). Une chapelle ardente, avec l'ouverture d'un livre d'or, a Ă©galement Ă©tĂ© organisĂ©e Ă  la Maison de la Nouvelle-CalĂ©donie Ă  Paris, tandis qu'une minute de silence a Ă©tĂ© observĂ©e Ă  l'AssemblĂ©e nationale lors de la sĂ©ance des questions au gouvernement du 7 dĂ©cembre. Les obsĂšques ont lieu le 10 dĂ©cembre au cimetiĂšre du QuatriĂšme KilomĂštre Ă  NoumĂ©a, et sont retransmises par la chaĂźne locale Nouvelle-CalĂ©donie 1re[98].

Une stĂšle commĂ©morative en son honneur a Ă©tĂ© inaugurĂ©e le 7 mai 2009 Ă  l'entrĂ©e de la propriĂ©tĂ© Lafleur Ă  Ouaco, sur le territoire de Voh, Ă  l'initiative de deux figures anti-indĂ©pendantistes de la Province Nord et de cette commune : France Debien (Ă©lu provincial et du CongrĂšs de 1999 Ă  2009, tĂȘte de liste du RPCR dans le Nord en 1999 et 2004 et numĂ©ro deux de celle du Rassemblement-UMP en 2009) et Éric Babin (Ă©lu provincial et du CongrĂšs sous les couleurs du RPCR de 1995 Ă  1999, puis tĂȘte de liste de l'Avenir ensemble dans le Nord en 2004 et 2009 et membre du gouvernement de la Nouvelle-CalĂ©donie entre 2004 et 2009)[99].

Poids Ă©conomique

À l'origine, Jacques Lafleur a hĂ©ritĂ© de la fortune de son pĂšre et de ses mines autour de Ouaco dans le nord de la Grande Terre. En 1990, il a revendu la SociĂ©tĂ© miniĂšre du Sud Pacifique (SMSP), sociĂ©tĂ© d'exploitation, qui depuis peu est associĂ©e au groupe canadien Falconbridge, Ă  la SociĂ©tĂ© financiĂšre de la Province Nord (Sofinor) afin de faciliter le rĂ©Ă©quilibrage Ă©conomique, d'intĂ©grer les Kanaks dans le secteur minier et pour construire l'usine du Nord. Mais il a fait fructifier sa fortune en l'investissant dans divers domaines et en crĂ©ant un groupe familial, prĂ©sent dans l'immobilier, la brasserie, l'Ă©dition de magazines locaux, les matĂ©riels de bureau ou encore les produits d’entretien[100], et dirigĂ© aujourd'hui par ses enfants Pascal et Isabelle Lafleur. Ses opposants l'ont souvent accusĂ© d'utiliser ses fonctions politiques pour favoriser ses activitĂ©s financiĂšres ou celles de ses proches[54].

DĂ©tail des mandats

Bibliographie

Ouvrages de Jacques Lafleur

Ouvrages sur Jacques Lafleur

  • Kotra, WallĂšs, Conversations calĂ©doniennes : Rencontre avec Jacques Lafleur, Ă©d. Au Vent des Îles, Papeete, 2009 : Entretiens entre Jacques Lafleur et le journaliste kanak et directeur dĂ©lĂ©guĂ© de France Ô WallĂšs Kotra. (ISBN 2-915-65458-1)

Citations

  • « S'exclure complĂštement de notre Nation, c'est se priver du ciment qui unit les communautĂ©s entre elles, c'est la certitude de courir Ă  l'Ă©chec Ă  l'exemple de certains États insulaires de la rĂ©gion ou d'autres, sur d'autres continents, pĂ©nalisĂ©s justement parce qu'orphelins d'une nation. Â» (Ce que je crois, 2002)
  • « Pendant que les autres restent engluĂ©s dans l'accord de NoumĂ©a, les signes identitaires ou qu'ils font des propositions dĂ©risoires, ce qui nous prĂ©occupe d'avantage, c'est l'avenir Â» (congrĂšs de La Foa, avril 2004)
  • « Petit tĂ©lĂ©graphiste Â» (en parlant du directeur des Nouvelles calĂ©doniennes)
  • « Il y a deux chefs au Rassemblement Â» (aprĂšs sa dĂ©faite face Ă  Pierre Frogier aux Ă©lections internes pour dĂ©signer un prĂ©sident au RPCR en juillet 2005)
  • « Tout le monde sait que c’est un "congrĂšs braquage" contre moi qui avait Ă©tĂ© organisĂ©, avec des adhĂ©sions et des procurations achetĂ©es Ă  l’avance
 Ce parti avait besoin de se rĂ©fĂ©rer au passĂ© pour construire l’avenir. Je considĂšre que l’équipe dirigeante du Rassemblement est totalement inapte. Les Ă©lus capables, il y en a, subissent l’autoritĂ© de gens inaptes et ineptes. L’état-major du Rassemblement les conduit au vide, alors que les enjeux pour la CalĂ©donie sont Ă©normes. Â» (lors de sa dĂ©mission du Rassemblement, Les Nouvelles calĂ©doniennes du 28 dĂ©cembre 2005).
  • « Je suis un Français de Nouvelle-CalĂ©donie, et les MĂ©lanĂ©siens le sont aussi. Aujourd’hui, les MĂ©lanĂ©siens sont du reste trĂšs heureux de ne pas avoir l’indĂ©pendance. Ils n’en veulent plus. Pourquoi ? Parce qu’ils ont sous les yeux 4,5 millions de MĂ©lanĂ©siens – appartenant Ă  l’arc mĂ©lanĂ©sien – qui ne sont jamais en paix. La Nouvelle-CalĂ©donie est le seul territoire de la rĂ©gion Ă  vivre en paix, et elle le doit au fait que ses habitants ont pris les habitudes de la RĂ©publique. Â» (intervention lors du dĂ©bat sur le vote de la loi constitutionnelle concernant le gel du corps Ă©lectoral Ă  l'AssemblĂ©e nationale, le 13 dĂ©cembre 2006).
  • « Car dans un rĂ©fĂ©rendum, il y a un gagnant et un perdant. Ceux qui auront perdu, le FLNKS, seront humiliĂ©s. On aura rayĂ© d’un trait de plume les annĂ©es de discussion passĂ©es Ă  faire la paix. Ce sera exploitĂ© et on verra se recrĂ©er une agitation raciste. Â» (lors d'une rĂ©union de campagne Ă  l'Hippodrome de NoumĂ©a, le 22 avril 2009, il revient sur son opposition Ă  la proposition de Pierre Frogier d'organiser un rĂ©fĂ©rendum dĂšs 2014).
  • « C’est un geste qui a coĂ»tĂ© la vie Ă  Jean-Marie Tjibaou, et qui m’a valu d’essuyer plusieurs attentats. Mais c’est un geste sans lequel la Nouvelle-CalĂ©donie n’aurait pas retrouvĂ© la paix et aurait sans doute sombrĂ© dans la guerre. Mais deux autres hommes ont jouĂ© un rĂŽle absolument dĂ©cisif dans cette affaire. Il s’agit d’Alain Christnacht, aujourd’hui membre du Conseil d’État, et Pierre Steinmetz, aujourd’hui au Conseil constitutionnel. Et je tiens absolument Ă  les associer Ă  cette distinction. Sans eux, sans leur intelligence et leur finesse, Jean-Marie Tjibaou et moi n’aurions pas rĂ©ussi Ă  nous rapprocher. Et Jean-Marie Tjibaou m’a appris beaucoup de choses. Â» (au sujet de la poignĂ©e de main de 1988, lors de la rĂ©ception de la Colombe de la Paix le 18 novembre 2010).

Notes et références

  1. ↑ a et b Mort de Jacques Lafleur
 sur Le Monde avec AFP, 5 dĂ©cembre 2010 (en ligne)
  2. ↑ Source : Geneanet
  3. ↑ a et b Composition des AssemblĂ©es territoriales successives sur le site du CongrĂšs de la Nouvelle-CalĂ©donie
  4. ↑ Composition des Conseils de gouvernement successif sur le site du CongrĂšs de la Nouvelle-CalĂ©donie
  5. ↑ ArrĂȘtĂ© n° 379 du 23 fĂ©vrier 1978 portant fixation de la liste des candidats aux Ă©lections lĂ©gislatives du 12 mais 1978 (2e Circonscription Électorale), JONC n°5926, p. 219
  6. ↑ a, b, c, d, e, f et g « Un demi-siĂšcle de lĂ©gislatives en Nouvelle-CalĂ©donie Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 06/06/2002
  7. ↑ a et b « Jacques Chirac et la CalĂ©donie Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 07/05/2002
  8. ↑ Historique de l'exĂ©cutif local de 1957 Ă  1985, site officiel du CongrĂšs de la Nouvelle-CalĂ©donie
  9. ↑ [PDF] Publication des rĂ©sultats des Elections Territoriales du 1er juillet 1979, JONC n°6003, p. 758
  10. ↑ a, b, c, d et e [PDF] I. Leblic, « Chronologie de la Nouvelle-CalĂ©donie Â»
  11. ↑ F. Angleviel, Histoire de la Nouvelle-CalĂ©donie: nouvelles approches, nouveaux objets, Ă©d. L'Harmattan, Paris, 2006, p. 212-213
  12. ↑ « Tr : lafleur Â», Kanaky, 11/05/2000
  13. ↑ M. Labro, « Les "surprises" de Pisani Â», L'Express, 04/01/1985
  14. ↑ M. Labro, « Jacques Lafleur plus CalĂ©donien que Caldoche Â», L'Express, 04/01/1985
  15. ↑ a, b, c et d I. Kurtovitch, I. Leblic, « Chronologie Â», in « Dossier : 20 ans d'accord Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 18/06/2008
  16. ↑ a et b F. ANGLEVIEL, Histoire de la Nouvelle-CalĂ©donie: nouvelles approches, nouveaux objets, Ă©d. L'Harmattan, coll. « Portes ocĂ©anes Â», 2005, p. 216-217
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  20. ↑ F. Leclercq, « La deuxiĂšme mort de Tjibaou Â», L'Express, 12/05/1989
  21. ↑ [PDF] RĂ©sultats des Ă©lections aux assemblĂ©es de province et au CongrĂšs du 11 juin 1989, JONC n°6638, 27/07/1989, p. 1425-1426
  22. ↑ « En 20 ans, les Kanaks ont rĂ©alisĂ© une Ă©tonnante ascension dans le nickel Â», RFO Nouvelle-CalĂ©donie, 04/11/2008
  23. ↑ « II. Le dĂ©collage Ă©conomique : la "belle au bois dormant" de la Nouvelle-CalĂ©donie Â» in R. du Luart, « Rapport n° 212: Mission Nouvelle-CalĂ©donie Â», SĂ©nat, 1996
  24. ↑ a et b [PDF] Examen de la gestion exercices 1989 à 1996 de la Province Sud, Cour des comptes, 03/06/1998
  25. ↑ [PDF] Fiche Tourisme - Hîtellerie, site de l'ISEE
  26. ↑ [PDF] Examen de gestion, de 1991 à 2000, de la SEM Tina, Cour des Comptes, 11/12/2001
  27. ↑ « 2. Le tourisme et l'aquaculture : les espoirs déçus de la diversification Â» in R. du Luart, « Rapport n° 212: Mission Nouvelle-CalĂ©donie Â», SĂ©nat, 1996
  28. ↑ [PDF] « Le tourisme en Nouvelle-CalĂ©donie Â», site du vice-rectorat de Nouvelle-CalĂ©donie
  29. ↑ DĂ©libĂ©ration n°33-2000 de l'AssemblĂ©e de la Province Sud du 13 dĂ©cembre 2000 relative Ă  l’avenant n° 1 au traitĂ© de concession de la construction, l’exploitation et l’entretien de la route express Ă  pĂ©age VDE
  30. ↑ « NoumĂ©a - Mont-Dore 7 km par la voie express Â», Nouvelles CalĂ©doniennes, 12/12/2002
  31. ↑ J. Chatain, « Les accords de Matignon Ă  mi-parcours Â», 03/02/1993
  32. ↑ « Nouvelle-CalĂ©donie - L'effet Lafleur Â», Le Point, 15/04/1994
  33. ↑ « Outre-mer - Des scores dans le dĂ©cor Â», Le Point, 29/04/1995
  34. ↑ [PDF] ArrĂȘtĂ© n° 910 du 23 juin 1995 fixant les listes de candidats aux Ă©lections des AssemblĂ©es de province du 9 juillet 1995, JONC n°7073, 23/06/1995, p. 1711
  35. ↑ « CalĂ©donie - Le vote sanction Â», Le Point, 05/08/1995
  36. ↑ ArrĂȘtĂ© n° 910 du 23 juin 1995 fixant les listes de candidats aux Ă©lections des AssemblĂ©es de province du 9 juillet 1995, JONC n°7073, p. 1707
  37. ↑ [PDF] RĂ©sultats des Ă©lections aux AssemblĂ©es de province du 9 juillet 1995, JONC n°7080, 12/07/1995, p. 2028-2029
  38. ↑ Liste des prĂ©sidents du CongrĂšs de 1985 Ă  1999 et des prĂ©sidents de la Commission permanente de 1988 Ă  1999, sur le site officiel du CongrĂšs
  39. ↑ « En panne : Jacques Lafleur Â», Le Point, 05/08/1995
  40. ↑ « Nouvelle-CalĂ©donie - Des avancĂ©es de bon sens Â», Le Point, 27/01/1996
  41. ↑ « CalĂ©donie - Le consensus grince Â», Le Point, 20/04/1996
  42. ↑ « Nouvelle-CalĂ©donie - Au nom des accords de Matignon Â», Le Point, 03/01/1998
  43. ↑ « Nouvelle-CalĂ©donie - Difficile consensus Ă  trois Â», Le Point, 18/04/1998
  44. ↑ É. Conan, « Les faux-semblants du Caillou Â», 05/11/1988
  45. ↑ J. Chatain, « "Un peu amer", dit Jacques Lafleur Â», L'HumanitĂ©, 09/11/1998
  46. ↑ « CalĂ©donie - Lafleur, le consensuel Â», Le Point, 24/01/2007
  47. ↑ Journal officiel de la RĂ©publique Française CongrĂšs du Parlement compte rendu intĂ©gral, dĂ©bat sur le projet de loi constitutionnelle relatif Ă  la Nouvelle-CalĂ©donie, 06/07/1998
  48. ↑ Publication des rĂ©sultats de l'Ă©lection des membres du CongrĂšs et des assemblĂ©es de province du 9 mai 1999, JONC n°7377, 11/05/1999, p. 2022-2023
  49. ↑ ArrĂȘtĂ© n° 99-001/GNC-Pr du 28 mai 1999 constatant la prise de fonctions des membres du Gouvernement de la Nouvelle-CalĂ©donie, JONC n°7383, 31/05/1999, p. 2964
  50. ↑ Lettre de dĂ©mission de Marie-NoĂ«lle ThĂ©mereau
  51. ↑ Les rĂ©sultats des Ă©lections lĂ©gislatives de 2002 dans la 1re circonscription de Nouvelle-CalĂ©donie, ministĂšre de l'IntĂ©rieur
  52. ↑ Les Nouvelles de Tahiti, « Facture avec remise pour les casseurs du rond-point Berthelot Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 22/05/2002
  53. ↑ « BientĂŽt 150 000 Francs Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 18/02/2009
  54. ↑ a, b, c et d É. Conan, « Le systĂšme Lafleur se fane Â», 06/06/2002
  55. ↑ P. FrĂ©diĂšre, « Saint-Louis : la paix civile Ă  l’horizon Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 08/11/2002
  56. ↑ P. FrĂ©diĂšre, « Reconnu coupable d'ingĂ©rence dans l'affaire de la Baie de la Moselle Henri Lafleur condamnĂ© Ă  deux ans d'inĂ©ligibilitĂ© Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 24/05/2000, in Kanaky On Line
  57. ↑ « PrĂ©sentation des principales infractions susceptibles d'ĂȘtre commises au sein des sociĂ©tĂ©s d'Ă©conomie mixtes locales - Orientation de politiques pĂ©nales Â», BO du ministĂšre de la Justice, n°89, 3 : Circulaires de la direction des affaires criminelles et des grĂąces - Signalisation des circulaires du 1er janvier au 31 mars 2003, 12/02/2003
  58. ↑ É. Conan, « Guerre de la pierre sur le Caillou Â», L'Express, 14/01/1999
  59. ↑ « BTP-bananier en Nouvelle-CalĂ©donie Â», Marianne
  60. ↑ « En baisse Â», Nouvel Observateur, 27/04/2000
  61. ↑ « En baisse Â», Nouvel Observateur, 31/08/2000
  62. ↑ « Jacques Lafleur quitte l'AssemblĂ©e Â», Nouvel Observateur, 23/08/2000
  63. ↑ Les Nouvelles de Tahiti, « Aircalin n’embauche pas Bruno Van Peteghem Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 08/04/2003
  64. ↑ P. FrĂ©diĂšre, « Aircalin condamnĂ© pour licenciement discriminatoire Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 23/08/2004
  65. ↑ « Nouvelle-CalĂ©donie: condamnĂ©, le dĂ©putĂ© Lafleur dĂ©missionne Â», LibĂ©ration, 25/08/2000
  66. ↑ AFP, « Le Rassemblement demande Ă  Jacques Lafleur de ne pas dĂ©missionner Â», in Forum Kanaky, 04/09/2000
  67. ↑ D. Bussereau, R. DosiĂšre, « Rapport d'Information n° 3222 DĂ©posĂ© en application de l'article 145 du RĂšglement Par la commission des lois constitutionnelles, de la lĂ©gislation et de l'administration gĂ©nĂ©rale de la RĂ©publique sur la mise en place des institutions de la Nouvelle-CalĂ©donie Â», 09/07/2001
  68. ↑ « Affaire Lafleur /Levallois : "L’AssiĂ©gĂ©" condamnĂ© en appel Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 04/04/2003
  69. ↑ « Ă‡a craque Â», Kanaky On Line
  70. ↑ [PDF] La Lettre du RPCR, 11/2001
  71. ↑ « Nickel de Prony : La province dit oui Ă  Goro Nickel Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 06/07/2002
  72. ↑ Les Nouvelles de Tahiti, « Une manifestation pour dĂ©fendre le patrimoine minier Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 31/08/2002
  73. ↑ Historique d'Inco puis Vale Inco en Nouvelle-CalĂ©donie sur le site officiel de Vale Inco Nouvelle-CalĂ©donie
  74. ↑ « Les Provinces renforcent leur position dans Goro Nickel Â», site de la Province Sud
  75. ↑ « 10% de Goro Ă  la Nouvelle-CalĂ©donie : Une participation saluĂ©e par la classe politique Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 20/11/2002
  76. ↑ P. FrĂ©diĂšre, « Six ans de bras de fer Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 30/09/2009
  77. ↑ « PolĂ©mique autour de la vente de Gouaro DĂ©va Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 06/02/2004
  78. ↑ H. LEPOT, X. SERRE, « Pierre Frogier prĂ©sident Ă©lu d’un Rassemblement remotivĂ© Â», france-accdom.org
  79. ↑ « Jacques Lafleur dĂ©missionne du Rassemblement Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 29/12/2005
  80. ↑ « Jacques Lafleur dĂ©missionne de l’UMP Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 20/01/2007
  81. ↑ « Quatorze candidats pour deux siĂšges Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 19/05/2007
  82. ↑ « Une journĂ©e avec
 Jacques Lafleur Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 22/05/2007
  83. ↑ Élections lĂ©gislatives de 2007 - rĂ©sultats dans la premiĂšre circonscription de Nouvelle-CalĂ©donie sur le site du ministĂšre de l'IntĂ©rieur.
  84. ↑ P. FrĂ©diĂšre, « Jacques Lafleur : Actif mais pas candidat Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 08/04/2009
  85. ↑ H. Lepot, « Sondage dans le Sud : Frogier devant Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 30/04/2009
  86. ↑ H. Lepot, P. FrĂ©diĂšre, Y. Mainguet, « Ă‡a bouge dans les 3 provinces Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 11/05/2009
  87. ↑ « "Des rĂ©sultats assez proches du sondage" Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 11/05/2009
  88. ↑ F. Theriaux, « RĂ©sultats des Elections Provinciales 2009 en Nouvelle-CalĂ©donie Â», CalĂ©dosphĂšre, 10/05/2009
  89. ↑ « Les rĂ©actions Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 11/05/2009
  90. ↑ H. Lepot, « Harold Martin propose un "pacte de stabilitĂ©" Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 07/05/2009
  91. ↑ « Politique. L’UMP propose un "rassemblement rĂ©publicain" Â», RFO, 12/05/2009
  92. ↑ H. Lepot, « GomĂšs dit oui Ă  Frogier Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 15/05/2009
  93. ↑ H. Lepot, « Sud : Pierre Frogier Ă  la Maison bleue dans un fauteuil Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 16/05/2009
  94. ↑ « Jacques Lafleur trĂšs critique face Ă  l’initiative Frogier Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 14/02/2010, in le blog de Pascal Vittori
  95. ↑ P. FrĂ©diĂšre, « Lafleur jette l'Ă©ponge Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 08/04/2010
  96. ↑ « Jacques Lafleur chevalier de la LĂ©gion d'honneur Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 20/09/2009
  97. ↑ P. FRÉDIÈRE, « Lafleur rejoint Gorbatchev Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 19/11/2010
  98. ↑ P. FRÉDIÈRE, « La CalĂ©donie enterre Jacques Lafleur Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 10/12/2010
  99. ↑ M. BERNARD, « Jacquot, Ă  Ouaco pour l’éternitĂ© Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 09/05/2011
  100. ↑ Annexe 6 : Jacques Lafleur, in L. STEINMETZ, « La Nouvelle-CalĂ©donie de 1945 Ă  1999 Â», site du vice-rectorat de Nouvelle-CalĂ©donie

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Président de la Province Sud de Nouvelle-Calédonie
16 juin 1989 - 9 mai 2004
Philippe GomĂšs

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Jacques Lafleur de Wikipédia en français (auteurs)

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