Jacques Attali


Jacques Attali
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Jacques Attali
Jacques Attali.jpg

Naissance 1er novembre 1943 (1943-11-01) (68 ans)
Alger, Drapeau : France Algérie française
Nationalité Français
Profession Économiste
Écrivain
Autres activités Haut fonctionnaire
Formation École Polytechnique
École des Mines
Sciences Po Paris
École nationale d'administration

Jacques Attali est un économiste, écrivain et haut fonctionnaire français, né le 1er novembre 1943 à Alger (alors en Algérie française).

Ancien conseiller de François Mitterrand puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, il dirige actuellement PlaNet Finance et a présidé la Commission pour la libération de la croissance française. Il a publié de nombreux essais et romans.

Sommaire

Origines et études

Il naît avec son jumeau Bernard Attali dans une famille juive[1]. Son père, Simon Attali[2], est un autodidacte qui réussit dans le commerce de parfumerie et bijouterie (enseigne « Bib et Bab ») à Alger où il se remarie le 27 janvier 1943 avec Fernande Abécassis[3] qui donne naissance à trois enfants, Bernard, Jacques et Fabienne (future médecin et psychanalyste)[4]. En 1956, deux ans après le début de la Guerre d'Algérie (1954 à 1962), son père décide de venir s'installer rue de la Pompe à Paris, avec sa famille (Jacques a 13 ans).

Les jumeaux Jacques et Bernard suivent des études au lycée Janson-de-Sailly, dans le XVIe arrondissement de Paris, où ils rencontrent Jean-Louis Bianco et Laurent Fabius. En 1966, Jacques sort major de promotion de l'École polytechnique (X1963). Ingénieur du Corps des mines, docteur d'État en sciences économiques, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'École nationale d'administration (ENA) dont il sort troisième de sa promotion en 1970 (promotion Robespierre avec Philippe Séguin et Louis Schweitzer).

En 1968, il effectue son stage de l'ENA dans la Nièvre, sous la férule du futur préfet de police de Paris Pierre Verbrugghe. Il rencontre à cette occasion pour la première fois François Mitterrand.

Passionné de musique, il pratique le piano (on l'a entendu jouer pour les Restos du Cœur) et a écrit des paroles de chansons pour Barbara. Il publie « Bruits », essai sur l'économie musicale et sur l'importance de la musique dans l'évolution des sociétés.

Il a également dirigé l'Orchestre universitaire de Grenoble, dans des pièces aussi diverses qu'une symphonie de Benda, des concertos pour violon de Bach, une messe de Mozart, l'Adagio de Barber et le double concerto pour violon et piano de Mendelssohn, et l'orchestre Lamoureux lors d'une soirée de gala à Paris pour le Technion, partageant le pupitre avec son ami, le généticien Daniel Cohen.

Carrière politique

En 1970, âgé de 27 ans, il devient auditeur au Conseil d’État. En 1972, il publie ses deux premiers livres en : Analyse économique de la vie politique et Modèles politiques pour lequel il obtient un prix de l'Académie des sciences.

Professeur d'économie à l'Université Paris-Dauphine, à l'École polytechnique et à l'École des ponts et chaussées, il réunit autour de lui quelques jeunes chercheurs : Yves Stourdzé (inventeur du programme européen de recherche Eurêka) ou Erik Orsenna. Il développe un réseau de personnalités dans des domaines très divers (journalisme, mathématiques, show business, analyse financière…).

En 1979, il participe à la fondation de l'ONG internationale Action internationale contre la faim, aujourd'hui connue sous le nom d'Action contre la faim (ACF)[5].

Son étroite collaboration avec François Mitterrand commence en décembre 1973. En 1981, celui-ci, qui vient d'être élu président de la République, le nomme conseiller spécial à son arrivée au palais de l'Élysée, et l'installe dans l'ancien bureau des aides de camp qui jouxte le bureau présidentiel. Dès lors, Jacques Attali rédige, chaque soir, des notes à l'attention du président sur l'économie, la culture, la politique ou le dernier livre qu'il a lu ou parcouru. Le président lui confie également le rôle de « sherpa » (représentant personnel d'un chef d'État) pour les sommets du G7.

Jacques Attali élargit ses relations à Raymond Barre, Jacques Delors, Philippe Séguin, Jean-Luc Lagardère, Antoine Riboud, Michel Serres, Coluche. Il conseille au président de faire venir à l'Élysée Jean-Louis Bianco, Alain Boublil et quelques jeunes énarques prometteurs, comme le couple François Hollande/Ségolène Royal.

En 1982, il plaide pour la « rigueur économique ». Il organise le sommet du G7 de Paris en 1982. En 1984, il met en place le programme européen Eurêka de « développement de nouvelles technologies ». Il organise le bicentenaire de la Révolution française du 14 juillet 1789. En 1989, il fonde un programme international d’action contre les inondations catastrophiques au Bangladesh.

Apôtre de la constitution de l'établissement d'un gouvernement mondial, il a un discours tentant à démontrer comme incontournable le maintien de la démocratie par la constitution d’un nouvel ordre mondial. Il pense que l'économie régulée par une institution financière mondiale peut être une solution à la crise financière émergeant en 2008. Cette institution financière est une première étape vers l'instauration d'un gouvernement mondial dont l'Union européenne est une illustration.

Carrière financière

En 1990, lors du second septennat de François Mitterrand, Jacques Attali abandonne la politique et quitte l'Élysée. Il participe à la création de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à Londres et en devient le premier président. Il avait lancé l'idée de cette institution en 1989, peu avant la chute du mur de Berlin, pour soutenir la reconstruction des pays de l'Europe de l'Est. Jacques Attali a ainsi fondé la première institution s'occupant de l'Europe de l'Est. Sous l'impulsion de son président, la BERD a en premier lieu lancé des investissements destinés à la protection des centrales nucléaires, à la protection de l'environnement et, plus généralement, au développement des infrastructures et de la privatisation.

En 1991, Jacques Attali invite Mikhail Gorbatchev au siège de la BERD à Londres, contre l'avis du premier ministre britannique John Major. Il oblige ainsi les chefs d'État d'un G7 se déroulant dans la ville au même moment, à recevoir le chef d'État soviétique[6]. Au lendemain d'un entretien téléphonique houleux entre Jacques Attali et John Major, la presse britannique multiplie les critiques à l'encontre du président de la BERD, diffusant notamment des soupçons sur la gestion de l'institution - soupçons qui seront ensuite relayés par certains journalistes de la presse française[7]. Jacques Attali explique sa position dans le chapitre « Verbatim et la BERD » du livre C'était François Mitterrand[8] : « les travaux en question avaient été réalisés sous la responsabilité d'un groupe de travail international dont je ne faisais pas partie ». De fait, à son départ, volontaire, de la BERD, Jacques Attali a reçu pour sa gestion le quitus du conseil des gouverneurs[9].

En 1993, Jacques Attali gagne un procès en diffamation alors qu'on l'accuse d'avoir reproduit dans son livre Verbatim, sans l'autorisation de François Mitterrand, des archives secrètes et quelques phrases du chef d'État français destinées à un autre livre[10]. Le journal Herald Tribune publia même, sur quatre colonnes à la une, un article affirmant à tort que le président Mitterrand avait demandé le retrait du livre des librairies. François Mitterrand confirma au cours d'une longue interview avoir demandé à Jacques Attali d'écrire ce livre et reconnut l'avoir relu lui-même la plume à la main[11].

En 1994, Jacques Attali crée Attali & Associés (A&A)[12], cabinet de conseil international spécialisé dans le conseil stratégique, l'ingénierie financière et les fusions-acquisitions.

En 1998, il fonde PlaNet Finance à Paris, une association à but non lucratif présente dans 60 pays qui finance, conseille et forme 10 000 institutions de microfinance. Le Monde révèle[13] que PlaNet Finance emploie des stagiaires rémunérés à 400 euros, en contradiction avec la position prise par la "commission de libération de la croissance" (présidée par Jacques Attali) qui préconise que les étudiants en stage soient décemment rémunérés.

Mis en examen en 2001 dans les ramifications de l'Angolagate, pour « recel d'abus de biens sociaux et trafic d'influence »[14], il est relaxé le 27 octobre 2009 par le tribunal correctionnel de Paris, « au bénéfice du doute »[15].

Commission pour la libération de la croissance française dite Commission Attali

Le 24 juillet 2007, Jacques Attali est chargé par Nicolas Sarkozy de présider une commission chargée d'étudier « les freins à la croissance »[16] après le renoncement de Philippe Séguin. Cette commission est composée de quarante-deux membres, essentiellement issus du courant libéral et social-libéral. Elle a rendu son rapport[17] le 24 janvier 2008 et remis au président de la République le 23 janvier 2008. Il émet des recommandations pour transformer en profondeur l’économie et la société françaises afin de « libérer la croissance » et relever différents défis macro-économiques.

Divers

Le 9 septembre 2010, il est nommé au Conseil d'administration du Musée d'Orsay[18]. Tout comme Nicolas Sarkozy, Martine Aubry et Dominique Stauss-Kahn, Jacques Attali est membre du club Le Siècle[19]. Il est devenu en 2010 chef d'orchestre, avec Patrick Souillot, de l'Orchestre symphonique universitaire de Grenoble[20].

Œuvres

Essais

  • Jacques Attali, Analyse économique de la vie politique, PUF, 1973 
  • Jacques Attali, Modèles politiques, PUF, 1974
    Prix de l'Académie des sciences
     
  • Jacques Attali avec Marc Guillaume, L'anti-économique, PUF, 1975
    Dans ce livre, Jacques Attali et Marc Guillaume proposent une critique de l'enseignement des sciences économiques. Dans une perspective de réforme, quatre thèmes sont retenus pour une "croissance consciente": richesse, évolution culturelle, incertitude, institution politique.
     
  • Jacques Attali, La parole et l'outil, PUF, 1976 
  • Jacques Attali, Bruits, PUF, 1977
    Si le bruit est toujours violence, la musique est toujours prophétie. En l’écoutant, on peut anticiper le devenir des sociétés. Dans la nouvelle édition de cet ouvrage, Jacques Attali montre ce que la musique, aujourd’hui comme hier, annonce pour le monde de demain. La liturgie était métaphore du sacrifice rituel ; le ménestrel annonçait le monde féodal ; le concert précéda la prise de pouvoir de la bourgeoisie ; l’enregistrement annonça la société de consommation ; le jazz précéda la révolte de la jeunesse contre la famille. Aujourd’hui, le MP3 et la musique virtuelle, la bataille entre les majors et Napster annoncent à la fois la victoire du capitalisme culturel et la gratuité de l’accès à toutes les formes d’art. Au-delà s’esquisse un autre monde où le plaisir de faire de la musique pourrait prendre le pas sur celui de l’écouter, où chacun pourrait devenir enfin créateur de sa propre vie.
     
  • Jacques Attali, La nouvelle économie française, Flammarion, 1978
    Quand commencera le 21e siècle, la France sera devenue une filiale des Etats-Unis d’Amérique ou la matrice d’une nouvelle forme de progrès. Tel est l’enjeu des choix politiques des prochaines années…En écrivant ce livre, Jacques Attali a voulu communiquer sa terreur de l’avenir qui se construit dans la crise et au-delà d’elle : un monde de mort, un monde mort où chaque seconde qui passe, chaque acte de nos vies, chacun de nos silences rend plus probable un absurde et irrésistible suicide collectif…
     
  • Jacques Attali, L'ordre cannibale, Grasset, 1979
    Où vont la médecine, la maladie, la santé ? La crise de nos sociétés ne plonge-t-elle pas ses racines les plus profondes en ce domaine où les attitudes et les conceptions risquent, d’ici la fin du siècle, de se trouver radicalement bouleversées ? Telle est la première interrogation à laquelle répond Jacques Attali dans cette « économie politique du mal » réalisée au terme de plusieurs années de réflexion et d’enquête, notamment aux USA, au Japon et partout en Europe. Jacques Attali revient dans cet ouvrage sur les principaux tournants de l’histoire de la médecine, de l’hôpital, des épidémies, de la charité, de l’assurance, jalonnée par les hégémonies successives du guérisseur, du prêtre, du policier puis du médecin dont le règne aujourd’hui touche à sa fin. Au terme de cette réflexion, on est conduit à se demander si, de la consommation réelle des corps dans les sociétés cannibales de jadis à la consommation des copies du corps que nous prépare l’ère des prothèses, notre société industrielle n’a jamais été rien d’autre qu’une machine à traduire un cannibalisme vécu en cannibalisme marchand.
     
  • Jacques Attali, Les trois mondes, Fayard, 1981
    En matière de théorie économique, il n’est d’autre point de départ possible que la crise. Aussi faut-il avant tout dresser l’inventaire, jusqu’ici introuvable, de toutes les théories existantes de la crise : toutes vraies, dès lors qu’elles inspirent les politiques effectivement menées par les pouvoirs, partout dans le monde. Pour les expliquer, Jacques Attali distingue entre trois mondes de pensée, qui correspondent aux trois réalités dans lesquelles nous vivons. Celle de l’échange et de la régulation, où la crise n’est qu’écart hors de l’équilibre. Celle de la production, où la crise dévoile les contradictions qui sont le moteur de l’Histoire. Et le monde nouveau qui sous nos yeux s’ébauche : celui de l’organisation. Au terme de ce parcours, des rites magiques aux empires, du potlach au nucléaire, des sacrifices aux ordinateurs, de Bruges à Tokyo, le choix est entre la solitude et la création, le suicide et la séduction.
     
  • Jacques Attali, Histoires du temps, Fayard, 1982
    Dans ce livre, Jacques Attali présente une Histoire du Temps à travers ses instruments de mesures, ses outils, leurs formes et leurs usages. Une histoire faite aussi de leurs théoriciens, de leurs inventeurs, de leurs fabricants. Une histoire ? Des histoires, plutôt. Car les formes du temps s’enchevêtrent en de complexes arabesques, en des interférences raffinées, passionantes à déchiffrer. Jacques Attali nous montre ainsi quà chaque grand carrefour de l’histoire du pouvoir correspond un bouleversement de la mesure du temps, signal annonciateur. Le gnomon, la clepsydre, l’horloge astronomique, la montre, le chronomètre de marine et la pointeuse d’usine révèlent certaines de ces grandes fractures. De même, aujourd’hui, notre avenir, ses richesses et ses ruines, ses espérances et ses cauchemars sont inséparables de l’usage que nous ferons du temps, autrement dit de l’usage que nous ferons de nous-mêmes.
     
  • Jacques Attali, La figure de Frazer, Fayard, 1984
    Dans ce bref essai, Jacques Attali présente la synthèse de ses travaux successifs sur la musique (Bruits), la médecine (l’Ordre cannibale), l’économie (La Parole et l’Outil et les Trois Mondes), et la mesure du temps (Histoires du Temps), approfondie et enrichie à partir d’une conférence donnée lors d’un colloque à Cerisy. Métaphore de cette réflexion: une figure géométrique, la « figure de Fraser », qui présente la particularité d’être, selon la position de l’observateur, soit une spirale (emblème du progrès continu), soit une succession de cercles concentriques (symbole de la répétition de cycles). À partir de cette figure et des représentations contraires et conjuguées de l’Histoire qui s’y lisent, Jacques Attali s’interroge sur la nature de toutes les « crises », et en particulier de celle de cette fin du XXe siècle.
     
  • Jacques Attali, Au propre et au figuré, Éditions Fayard, 1988
    Ce qui change le moins chez l’homme, ce sont les questions qu’il se pose sur lui-même. A toutes les époques, il a éprouvé les mêmes angoisses, nourri les mêmes doutes, formulé les mêmes interrogations sur son identité, sur le sens de sa vie, de la douleur et de la mort, sur les meilleurs moyens d’être, d’avoir, de durer, de transmettre. Jacques Attali nous montre qu’il en est ainsi de la propriété. Ce livre présente comment, de tout temps, les hommes se sont interrogés sur la meilleure façon d’organiser la propriété, toujours plus juste et plus libre. Jacques Attali dresse un large panorama des différentes tentatives imaginées par eux. Ainsi, d’aucuns ont soutenu que l’homme évoluait, au rythme d’un progrès irréversible, de la propriété communautaire à la propriété individuelle. D’autres ont affirmé que l’évolution et les luttes allaient exactement en sens contraire. D’autres enfin ont rêvé d’une société sans propriété, ni privée, ni collective. « Il m’a semblé découvrir qu’il y avait, derrière chacune des conceptions de la propriété qui se sont succédé et entrechoquées depuis des millénaires, comme un signal toujours présent, comme une obsession incontournable que je résumerai ainsi: ce que cache la propriété, c’est la peur de la mort.»
     
  • Jacques Attali, Lignes d'horizon, Éditions Fayard, 1990
    Nous entrons dans une période radicalement neuve : l’Histoire s’accélère, les blocs se dissolvent, la démocratie gagne partout du terrain, acteurs et enjeux nouveaux surgissent. Face à ces évolutions en apparence désordonnées, la mode est à se méfier des modèles, à s’abandonner au jeu des forces multiples qui agitent notre planète, à faire du marché le maître de toute chose, l’arbitre de toute culture. Dans cet essai, Jacques Attali nous montre au contraire que notre époque, comme toutes les autres, peut certainnement s’expliquer et qu’on est en droit d’esquisser des lignes d’horizon suscpetibles d’éclairer notre avenir. A condition de jeter des ponts entre les innombrables apports des sciences sociales d’aujourd’hui et de s’en servir pour donner sens au foisonnement de faits qui surprennent notre quotidien.
     
  • Jacques Attali, 1492, Historique - Éditions Fayard, 1991
    Dans ce livre, Jacques Attali retrace les évènements qui marquèrent l'année charnière de l'Histoire que fut 1492. La découverte du Nouveau Monde y est évidemment racontée, mais aussi les recompositions géopolitiques au sein de l'Europe, de la consolidation du territoire du Royaume de France, au renversement des hiérarchies entre Anvers et Venise au coeur de l'économie-monde. D'autres évènements, moins connus mais tout aussi révélateurs des bouleversement de cette année de rendez-vous entre l'homme et l'Histoire, sont racontés en détail. Les progrès de la médecine, de la cartographie, les révolutions alimentaires, artistiques, ponctuent cette fresque historique. Surtout, en 1492, l'Europe se tourne vers l'Atlantique et oublie son passé oriental. Jacques Attali voit par ailleurs dans cette année les racines du rationalisme, du protestantisme, et de la démocratie. C'est selon lui, à cette période que commence à germer le projet d'un Homme nouveau, et à s'écrire l'Histoire telle que vue par l'Europe, et pour sa propre gloire.
     
  • Jacques Attali, Économie de l'apocalypse - Trafic et prolifération nucléaire, Éditions Fayard, 1994
    Ce livre est le résultat du rapport rédigé par Jacques Attali à la demande du Secrétaire général de l'ONU sur la prolifération et le trafic nucléaires. En rencontrant ministres, savants, diplomates, policiers, douaniers, ingénieurs, militaires et experts du monde entier, Jaques Attali aboutit aux conclusions les plus édifiantes : non seulement le désordre est immense, non seulement tous les bazars de trafiquants ont ouvert grand leurs portes, mais le monde, mû par une foi aveugle en la science, se laisse entraîner vers une accumulation incontrôlable de matières et de technologies meurtrières. D'où la nécessité de repenser tous les concepts jusqu’ici confortablement manipulés par des experts rassurants.
     
  • Jacques Attali, Chemins de sagesse, Éditions Fayard, 1996
    Dans cet essai, Jacques Attali livre une étude de cette construction architecturale singulière qu'est le labyrinthe, présente sur les 5 continents, dans toutes les civilisations et toutes les religions, depuis dix mille ans. Il en fait la métaphore des chemins de sagesse humaines, ceux oubliés du passé, et ceux qu'il reste à décrypter dans le présent. Jacques Attali perçoit le voyage labyrinthique comme une représentation de l'histoire de l'homme. Il invite à s'égarer pour mieux se trouver, à « apprendre à vivre le temps comme un espace, à puiser une force dans l'erreur, à tracer sa vie comme un labyrinthe, sans cesse l'improviser, en faire un jeu, une oeuvre d'art ». Jacques Attali distingue les labyrinthes de demain, communicationnels, économiques, politiques, et propose de les replacer dans leur continuité historique, dans le fil de l'Histoire et le chemin de sagesse qu'elle tresse.
     
  • Jacques Attali, Mémoires de sabliers, Éditions de l'Amateur, 1997 
  • Jacques Attali, Le citoyen, les pouvoirs et dieu, Éditions Fayard, 1998 
  • Jacques Attali, Pour un modèle européen d'enseignement supérieur, Éditions Stock, 1998
    Ce rapport vise à préparer la France aux évolutions qui s’apprêtent à bouleverser son système éducatif, comme celui de l’ensemble des pays européens dans les années à venir. Il est le fruit d’une Commission de chefs d'entreprises, chercheurs, scientifiques et sociologues présidée par Jacques Attali. Au sein de ce rapport, Jacques Attali propose notamment la réorganisation du cursus d’enseignement supérieur selon un découpage en 3, 5 ou 8 ans. Cette refonte du système offrirait non seulement une base de discussion en vue d’une harmonisation européenne des systèmes éducatifs mais permettrait également de favoriser les reconnaissances de diplômes entre les étudiants des universités et des grandes écoles.
     
  • Jacques Attali, Dictionnaire du XXIe siècle, Éditions Fayard, 1998
    Dans ce dictionnaire, Jacques Attali présente une grille de lecture du siècle à venir, où chaque mot, concept, symbole offre à lui seul une clé de compréhension du devenir de nos sociétés. Eclaté, jubilatoire, barbare, heureux, insensé, monstrueux, invivable, libérateur, horrible, religieux, laïc…, tel sera le XXIe siècle selon lui. Ainsi n’est-il pas de meilleure métaphore pour le décrire que celle du dictionnaire, mosaïque de mots, miroitement de sens, voisinage d’antonymes, inventaire de hasards. Ce dictionnaire peut se lire d’une traite, de A (comme Activité) à Z (comme Zen). On peut aussi s’y promener en nomade, de renvoi en renvoi. On peut encore le garder à portée de main pour y puiser une référence au gré d’une perplexité, d’un voyage, d’une conversation. Déjà, par sa forme, ce livre parle d’avenir: demain, on lira comme on navigue.
     
  • Jacques Attali, Fraternités : Une nouvelle utopie, Éditions Fayard, 1999
    "Prendre du plaisir au bonheur des autres" : sera-ce, sous le nom de « Fraternité », la prochaine utopie qui emportera le monde au XXIe siècle? Avant de devenir la réalité triomphante de la fin du XXe siècle, le marché et la démocratie ont été des moyens, imaginés au long des siècles par quelques rêveurs sous les quolibets de leurs contemporains, pour réaliser l’utopie d’aujourd’hui, celle de la liberté. Leur triomphe ne garantit pourtant ni la paix, ni la justice sociale, ni la protection des générations suivantes. La mondialisation est en train de tuer la démocratie. Le temps est revenu de penser autrement la société, au-delà du libéralisme et de la social-démocratie. À travers une fresque de toutes les utopies passées et de la façon dont elles ont nourri l’action des hommes, Jacques Attali ouvre avec ce livre un immense chantier sur des questions totalement inédites comme le droit à l’enfance, le droit à l’hospitalité, le droit des générations suivantes, etc., qui témoignent de l’urgence d’une démocratie fraternelle et planétaire. Mais après quelles secousses? et par quelles actions? La politique, même la plus généreuse, n’est pas affaire de bons sentiments. Et l’utopie n’est, en définitive, que le nom donné aux réformes lorsqu’il faut attendre des révolutions pour les entreprendre.
     
  • Jacques Attali, Les Juifs, le monde et l'argent, Éditions Fayard, 2002
    Ce livre constitue la première fresque historique sur un sujet aussi passionnant que sulfureux[non neutre] puisqu’il n’a cessé d’alimenter l’antisémitisme avec la caricature du juif en accapareur, usurier et avare : les relations de ce petit peuple nomade, pourchassé, relégué et dispersé avec le maître du monde : l’Argent. À travers cet essai, Jacques Attali nous invite à repenser la façon dont se sont toujours imbriqués le religieux et l’économique. Pour autant, l’argent n’est que le fil directeur d’un voyage plus large qui retrace l’histoire culturelle du monde juif, son éthique, sa foi, ses traditions. Ainsi Jacques Attali explique-t-il les liens étroits entre les Juifs et le monde de l’argent par la tolérance de l’éthique juive vis-à -vis des gains de richesse, le rôle historique de prêteur auquel ils sont très tôt assignés, les incitations à circuler que leur impose des siècles de persécutions… Jacques Attali ne manque pas de montrer dans cet essai que si le nomadisme juif a longtemps prédestiné ce peuple aux échanges et à la mondialisation, il n’en reste pas moins un trait de plus en plus partagé avec tous les autres peuples, questionnant par là une des spécificités de l’identité juive.
     
  • Jacques Attali, L'Homme nomade, 2003
    Dans cette vaste fresque historique et prospective, Jacques Attali retrace l’histoire de l’humanité avec un prisme inédit[non neutre]. Pour lui, l’homme est nomade depuis ses origines, il y a quelques millions d’années ; il n’a été que très brièvement sédentaire, et il est en train de redevenir, à travers la mondialisation, un nomade d’un genre nouveau. Jacques Attali cherche à montrer dans cet essai que l'homme nomade est une force d'innovation et de création à la source de tous les empires passés et présent, et notamment des Etats-Unis. De là, Jacques Attali défend l'idée qu'une société qui se ferme aux mouvements de population est une société menacée de déclin. Les nouvelles technologies du voyage, réel et/ou virtuel, ouvrent selon lui des perspectives radicalement neuves pour l'humanité. Parallèlement, l'hégémonie du dernier empire sédentaires, les Etats-Unis, s'achève et commence une lutte entre les trois forces nomades qui aspirent à le remplacer: le marché, la démocratie, et la foi. Jacque Attali montre ainsi dans cet essai comment cet affrontement bouleverse les enjeux éthiques, culturels, militaires et politiques de notre temps.
     
  • Jacques Attali, La Voie humaine : Pour une nouvelle social-démocratie, Éditions Fayard, 2004
    Dans ce livre, Jacques Attali interroge l'avenir de la gauche et de son projet politique, alors que se généralise la loi du marché. Il y dénonce l'immobilisme général des partis politiques, leurs postures faciles et leur attentisme. Surtout, Jacques Attali s'inquiète de l'absence de programme, de doctrine et de vision du monde qui frappe les partis de gauche. Pourtant, par ce livre, il entend réaffirmer que jamais la politique n’a été plus nécessaire, pour échapper à la violence, à la marchandisation du monde, à la précarité générale des choses, des idées et des gens. Il y propose donc une réflexion de fond sur la sociale-démocratie, et avance des solutions nouvelles et détaillées pour redonner à la politique sa raison d'être.
     
  • Jacques Attali, Raison et Foi, Éditions BNF, 2004
    « Voici l’histoire de la rencontre des trois monothéismes avec ce qui allait devenir la science. Non pas à partir d’une réflexion théorique, mais d’une histoire locale, concrète. Multiple choc, d’où sont sortis l’individualisme et la raison, c’est-à-dire ce qui fait l’essentiel de la civilisation occidentale. En un lieu réduit: en Espagne, au Maroc, en France et en Italie. En un moment limité: aux XIIe et XIIIe siècles. Seul lieu et seul moment de l’Histoire où ces quatre regards sur le monde se sont nourris avec tolérance les uns des autres, pour donner naissance au meilleur de ce que nous sommes. Autour de trois hommes: Averroès, Maïmonide, Thomas d’Aquin. »
     
  • Jacques Attali, Muhammad Yunus, Portraits de micro entrepreneurs, 2006
    La pauvreté est aujourd'hui le problème majeur de la planète. Loin de reculer, elle menace de toucher d'ici une trentaine d'années la moitié de la population mondiale. Dans cet ouvrage, Jacques Attali et Muhammad Yunus montrent qu’il existe pourtant un instrument économique simple et efficace pour enrayer cette marche: le microcrédit. Un terme un peu technique pour désigner une démarche véritablement révolutionnaire : offrir des microcrédits, de quelques centaines d'euros en moyenne, aux trois milliards de personnes aujourd'hui exclues des services financiers de base. Ces crédits sont proposés sans garanties et avec peu de formalités, mais ils ont déjà permis à plus de 80 millions de personnes de financer une activité assurant leur subsistance et celle de leur famille. Jacques Attali et Muhammad Yunus nous invitent à la rencontre de quelques-uns d'entre eux, de tous métiers, sur tous les continents. Ces portraits constituent autant de preuves que, si le microcrédit ne peut à lui seul éradiquer la pauvreté, il n’en est pas moins un moyen essentiel de retrouver la dignité en échappant à la fois à la misère et à la charité.
     
  • Jacques Attali, Pierre Cahuc, François Chérèque, et Jean-Claude Javillier, L'Avenir du travail, Éditions Fayard, 2007
    Les élèves de tous les lycées d'aujourd'hui travailleront encore en 2050. Quels métiers exerceront-ils? A quels métiers faut-il les préparer? Avec quelles technologies? Dans quelles entreprises? Selon quelles règles? Avec quel droit du travail ? Aura-t-on plus de robots ou plus d'employés, ou les deux à la fois? Comment la globalisation et les délocalisations qu'elle entraîne influeront-elles sur la nature des professions, sur les revenus, sur la pénibilité du travail? Comment évoluera le mouvement syndical? Aura-t-on plus de précarité, ou plus de protection? Le travail intérimaire se développera-t-il? Le chômage peut-il disparaître? C'est à toutes ces questions et à bien d'autres encore que répond cet ouvrage dirigé par Jacques Attali.
     
  • Jacques Attali avec Stéphanie Bonvicini, Amours, Éditions Fayard, 2007
    Depuis plus de quatre milliards d’années, l’histoire de la vie suit une seule route, celle de sa propre pérennité. Elle n’emploie qu’une seule stratégie, celle de la diversité. Elle ne fait surgir qu’une seule valeur, l’amour. Dans ce livre, Jacques Attali nous propose un voyage à travers cette histoire, merveilleuse et menacée. Il y relate les incroyables formes que prennent les relations entre les hommes et les femmes, sexuelles et/ou sentimentales, instinctives et/ou réfléchies, sauvages et/ou ritualisées, contraintes et/ou volontaires, religieuses et/ou laïques, durables et/ou éphémères, hétéro- et/ou homosexuelles.
     
  • Jacques Attali, 300 décisions pour changer la France, XO Éditions, 2008
    Au mois d'Août 2007, le président de la République et le Premier ministre ont demandé à Jacques Attali de réunir une commission pour réfléchir aux moyens de retrouver une croissance forte, en libérant les énergies des Français. Pendant 6 mois, 43 personnalités ont rencontré des centaines de professionnels du public et du privé, dépouillé les suggestions reçues par internet, examiné les expériences étrangères. Le diagnostic est clair: dans ce monde emporté par la plus forte vague de croissance l'histoire, la France prend du retard. Sa position dans le monde est affaiblie, et la prospérité de ses habitant actuels et futurs est en jeu. Comment réagir? La Commission pour la libération de la croissance française a mis au point les 300 décisions qui peuvent changer la France. Ce rapport l'affirme: si le pays réagit fort et vite, les enfants d'aujourd'hui vivront aussi bien que leurs parents. Ce texte n'est pas seulement un rapport, il est un véritable mode d'emploi. Il appelle à une mise en oeuvre d'ensemble des réformes majeures proposées, sans en négliger aucune. Pour que la France de demain soit plus forte, plus libre, plus riche, plus juste.
     
  • Jacques Attali, La crise, et après?, Éditions Fayard, 2008
    Dans ce livre, Jacques Attali nous offre sa réponse à une simple question « Comment en est-on arrivé là? ». Alors que le monde semblait aller pour le mieux, que la croissance économique était la plus rapide de l'Histoire, et tous les indicateurs annonçaient que cette période de prospérité allait se poursuivre et s'étendre à l'ensemble de la planète, le monde est plongé dans la pire dépression qu'il ait connu depuis 80 ans. Entre ces deux extrêmes, en apparence, pas grand chose, sinon des familles américaines incapables de rembourser un crédit sur leur logement. Par ce livre, Jacques Attali entend percer et résoudre le mystère de cette crise, pour la comprendre, et éviter qu'elle ne se mue en catastrophe politique mondiale. Et pour éviter qu'elle ne se reproduise à l'avenir.
     
  • Jacques Attali, Dictionnaire amoureux du Judaïsme, Éditions Plon-Fayard, 2009
    Dans cet ouvrage, Jacques Attali retrace les contours de l’identité juive. « J’ai appris à devenir curieux – c’est-à-dire, en fait, amoureux du judaïsme, de son histoire, de sa façon de penser, de ce qu’il dit du monde, de ce qu’il permet aussi de penser, de comprendre, d’imaginer, J’aime aussi la façon dont il accueille toutes les critiques et dont il doute sans cesse de lui-même. J’aime la façon dont il me fait réfléchir, comme beaucoup d’autres grandes cosmogonies, aux grands invariants du monde ; j’aime encore les histoires de tant de personnages de la Bible et de l’histoire, fidèles à leur foi jusqu’à la quitter ou paraître le faire ; j’aime enfin ces petites histoires qu’on appelle juives, éclairantes autodérisions. Enfin, et peut-être surtout, j’apprécie dans le judaïsme qu’il ne soit pas jaloux, mais tolère bien d’autres amours. »
     
  • Jacques Attali, Le sens des choses, Éditions Robert Laffont - Hyperlivre[21], 2009
    Plus que jamais notre époque de rupture a besoin d’être décryptée. Dans cet ouvrage, Jacques Attali nous invite à questionner le monde à travers les yeux des plus grands experts. Chaque auteur apporte un éclairage essentiel sur les grands bouleversements de notre temps, en matière sociale, culturelle, économique, politique et géostratégique. Dans un texte à la fois précis et très vivant, truffé d’exemples éclairants, chaque auteur dresse un état des lieux et apporte des réponses à des questions clés. En contrepoint de chaque chapitre, Jacques Attali vient « chahuter » l’expert en recadrant son sujet dans une perspective historique et théorique de long terme et montre en quoi nous vivons une période de rupture majeure de l’histoire humaine. De ces confrontations de points de vue naissent des idées neuves, des contradictions révélatrices : la pensée en marche.
     
  • Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir (Édition remise à jour) - Éditions Fayard, 2009
    Jacques Attali raconte ici l’incroyable histoire des cinquante prochaines années telle qu’on peut l’imaginer à partir de tout ce que l’on sait de l’histoire, de la science et de leurs lois. Constatant le triomphe de l'individualisme et la victoire toujours plus grande des forces de l'argent sur les Etats, Jacques Attali prédit une première vague d'histoire à venir: celle de l'hyperempire du marché, qui mènera à son stade ultime à l'aliénation puis la disparition de l'homme. Refuser cette évolution en interrompant brutalement la mondialisation provoquera selon Jacques Attali l'avènement de l'hyperconflit, qui aboutira à terme à la disparation de l'humanité. Un autre avenir est cependant possible. Dans cet avenir la mondialisation et le marché continueront de prospérer tout en étant régulés, et la démocratie s'étendra à l'ensemble de la planète. L'hyperdémocratie, a priori impossible, triomphera et sera le prélude à la création d'un gouvernement mondial, seule évolution institutionnelle capable d'assurer la survie de l'homme dans toute sa dignité. A l'appui de ses prédictions, Jacques Attali dévoile dans son livre la façon dont évolueront les rapports entre les nations et comment les bouleversements démographiques, les mouvements de population, les mutations du travail, les nouvelles formes du marché, le terrorisme, la violence, les changements climatiques, l’emprise croissante du religieux viendront chahuter notre quotidien.
     
  • Jacques Attali, Sept leçons de vie : Survivre aux crises, 2010
    Dans ce livre, Jacques Attali entend proposer un mode d'emploi pour anticiper les crises, y survivre, et même en ressortir renforcé. Pour cela Jacques Attali expose la logique de la crise et définit des voies à suivre pour en sortir sans s'en remettre aux autres. Jacques Attali dénonce les stratégies passives que sont le renoncement à soi, le renoncement au monde, l'excès de repentance, ou l'espérance déraisonnée en autrui. Il expose par ailleurs les limites de certaines stratégies actives à caractère politique comme l'exaspération, l'action politique et la révolution. Jacques Attali suggère des stratégies précises et concrètes, praticables au niveau des individus, des entreprises, des nations, et de l'humanité toute entière. Ces stratégies s'articulent autour de 7 principes principaux, développés dans l'ouvrage: le respect de soi, le plein usage du temps, l'empathie, la résilience, la créativité, l'ubiquité, et la capacité à penser révolutionnaire. Ce sont ces 7 principes qui permettront de survivre à la crise en préparant demain.
     
  • Jacques Attali, Tous ruinés dans dix ans ? Dette publique : la dernière chance, Éditions Fayard, 2010
    Serons-nous tous ruinés dans dix ans? Telle est la question qui guide la réflexion de Jacque Attali dans cet ouvrage. Le constat qui y mène est simple. Jamais, sauf en période de guerre mondiale, la dette publique des grands pays de l’Occident n a été aussi élevée. Jamais les dangers qu'elle fait peser sur la démocratie n’ont été aussi graves. Pour comprendre les raisons profondes qui peuvent conduire des Etats comme l’Islande ou la Grèce à la faillite, Jacques Attali retrace l’histoire de la dette publique, qui est aussi celle de la constitution progressive de la fonction souveraine et de ce qui menace de la détruire. Tel est l’enjeu de la dette publique actuelle, née avec la crise financière et nécessaire à sa solution, mais dont chacun sent bien qu'elle ne peut continuer de croître sans conduire aux pires catastrophes. Dans son livre, Jacques Attali refuse de céder au fatalisme et au défaitisme. Il est encore possible de régler ces problèmes, d’éviter la dépression, l’inflation et le moratoire, en repensant le rôle du Souverain et la part des dépenses publiques, en mettant en place d’autres règles comptables et une tout autre architecture financière et politique, que ce soit en France, en Europe ou au niveau mondial.
     
  • Jacques Attali, Phares. 24 destins[22], Éditions Fayard, 2010
    Dans ce livre, Jacques Attali convoque la mémoire de 24 grandes figures de l'humanité, 24 destins hors du commun, 24 « phares » dont notre monde a besoin pour éclairer son devenir. Quoi de commun entre Abd-el-Kader, premier résistant à la colonisation au Maghreb, Ho Chi Minh, fondateur de la nation vietnamienne, Bolivar, le « libertador » de l’Amérique latine ; Aristote, penseur à l’influence dominante sur la philosophie médiévale, Confucius, moraliste à l’influence dominante sur la pensée asiatique ; entre le catholique Thomas d’Aquin qui ouvre à l’idée d’une conscience individuelle, le musulman Averroès qui demande à concilier philosophie antique et monothéisme, Maïmonide, le juif, ouvrant aux siens la voie de la laïcité ; entre Maître Eckhart, fondateur de la mystique rhénane, et Hildegarde de Bingen, mystique visionnaire issue des béguinages ; entre Giordano Bruno, accusé d’hérésie pour avoir clamé l’infini des mondes composant l’univers, et Le Caravage, premier peintre de la rupture avec la beauté idéale ; entre Mme de Staël, esprit européen par excellence et annonciatrice du romantisme, et Darwin, fils des Lumières et théoricien de l’évolution ; entre Edison, maître incontesté de la recherche appliquée, Joseph Schumpeter, théoricien des crises endogènes au capitalisme, et Walter Rathenau, industriel juif allemand antisioniste, ministre de Weimar ; entre Richard Strauss, musicien de l’unité allemande, Thomas Mann, prix Nobel, banni par l’Allemagne nazie, et Walt Whitman, barde radical de l’Amérique antiesclavagiste ? Dans « Phares », Jacques Attali jette un regard nouveau sur ces trajectoires remarquables, dans lesquelles chacun peut trouver une source d'inspiration pour soi et pour le monde.
     
  • Jacques Attali, Demain, qui gouvernera le monde?, Éditions Fayard, 2011
    « Demain, qui gouvernera le monde? Personne, sans doute. Et c’est là le pire. Aucun pays n’aura plus les moyens de maîtriser les richesses et les problèmes de la planète. Et personne ne voudra d’un gouvernement mondial. Pourtant, les crises économiques, financières, écologiques, sociales, politiques et le développement des activités illégales et criminelles d’aujourd’hui montrent l’urgence d’un gouvernement du monde autre que celui des religions, des empires, des nations ou des marchés. Demain, d’autres scandales, d’autres injustices, d’autres catastrophes plus amples encore feront comprendre à l’humanité que le marché ne peut fonctionner correctement sans un état de droit ; que l’état de droit ne peut être appliqué et respecté sans un État ; et qu’un État n’est durable que s’il est réellement démocratique. L’humanité comprendra alors qu’elle a tout à gagner à se rassembler autour d’un gouvernement démocratique du monde dépassant les intérêts des nations, y compris les plus puissantes, gérant le monde dans sa totalité, dans le temps et dans l’espace. Un tel gouvernement existera un jour. Après un désastre, ou en lieu et place de lui. Il est urgent d’y penser, avant qu’il ne soit trop tard. »
     

Romans

Biographies

  • Jacques Attali, Sigmund Warburg, un homme d'influence, Éditions Fayard, 1985
    Jacques Attali retrace ici la trajectoire fascinante de Siegmund Warburg, né avec le siècle dans une très ancienne famille de banquiers juifs, très tôt confronté aux tourbillons de Weimar puis à l’avènement d’Hitler qui le pousse à l’exil. Etrange destin d’un homme presque seul, dont l’obsession unique est de relever son nom et d’en prolonger l’influence, au cœur des principaux cyclones de ce siècle. Vigile d’un temps de barbarie, jamais résigné à sa défaite. Prince de la finance, aventurier du siècle, écouté des hommes de pouvoir sans jamais en être un lui-même, il a vécu une de ces très grandes vies à l’ombre desquelles rien ne pousse. Homme d’influence: ainsi aime-t-il à se vouloir lui-même, comme le Joseph des Ecritures et celui de Thomas Mann qu’il place plus haut que tout; c’est-à-dire homme de séduction sur ces autres hommes qui prétendent, eux, avoir du pouvoir sur les choses.
     
  • Jacques Attali, Blaise Pascal ou le génie français, Éditions Fayard, 2000
    Il y avait un homme qui, à douze ans, avec des barres et des ronds, avait créé les mathématiques; qui, à seize, avait fait le plus savant traité des coniques qu’on eût vu depuis l’Antiquité ; qui, à dix-neuf, réduisit en machine une science qui existe tout entière dans l’entendement ; qui, à vingt-trois, démontra les phénomènes de la pesanteur de l’air, et détruisit une des grandes erreurs de l’ancienne physique ; qui, à cet âge où les autres hommes commencent à peine de naître, ayant achevé de parcourir le cercle des sciences humaines, s’aperçut de leur néant et tourna ses pensées vers la religion ; qui, depuis ce moment jusqu’à sa mort, arrivée dans sa trente-neuvième année, toujours infirme et souffrant, fixa la langue que parlèrent Bossuet et Racine, donna le modèle de la plus parfaite plaisanterie, comme du raisonnement le plus fort ; enfin qui, dans les courts intervalles de ses maux, résolut, par abstraction, un des plus hauts problèmes de géométrie, et jeta sur le papier des pensées qui tiennent autant du Dieu que de l’homme. Cet effrayant génie se nommait Blaise Pascal
     
  • Jacques Attali, Karl Marx ou l'esprit du monde, Éditions Fayard, 2005
    Alors que le mur de Berlin est tombé et qu’ont disparu presque toutes les dictatures se recommandant de Karl Marx, la lumière doit être faite sur l’extraordinaire trajectoire de ce proscrit, fondateur de la seule religion neuve de ces derniers siècles. Aucun auteur n’eut plus de lecteurs, aucun révolutionnaire n’a rassemblé plus d’espoirs, aucun idéologue n’a suscité plus d’exégèses, et, mis à part quelques fondateurs de religions, aucun homme n’a exercé sur le monde une influence comparable à celle que Karl Marx a eue au XXe siècle. Ce livre permet de comprendre comment ce jeune exilé allemand a pu rédiger à moins de trente ans le texte non religieux le plus lu de toute l’histoire de l’humanité, de révéler ses rapports singuliers avec l’argent, le travail, les femmes ; de découvrir un grand journaliste, un exceptionnel pamphlétaire, un immense théoricien ; de suivre un homme d’action orgueilleux et dictatorial. De réinterpréter ce XIXe siècle dont nous sommes les héritiers et de comprendre comment certains de ses successeurs ont créé nos démocraties pendant que d’autres, récupérant et distordant ses idées, en ont fait la source des deux principales barbaries de l’histoire moderne. De réaliser enfin qu’aujourd’hui, au moment où s’accélère la mondialisation, qu’il avait prévue, Karl Marx redevient d’une extrême actualité.
     
  • Jacques Attali, Ghandi ou l'éveil des humiliés, Éditions Fayard, 2007
    Jamais la violence n’a été plus présente et plus multiforme dans la vie des peuples. Jamais l’action et les idées de Mohandâs Gândhî, qui l’a combattue, sourire aux lèvres, jusqu’à en mourir, n’ont été plus actuelles. Peu de gens ont laissé une trace aussi profonde dans l’histoire humaine, traversant avec douceur un siècle de barbarie, adoré, divinisé par des dizaines de millions d’hommes, tentant de raisonner les pires monstres, faisant de son sacrifice un moyen de conduire les autres à l’introspection, révélant que l’humiliation est le vrai moteur de l’Histoire, pratiquant jusqu’à l’absurde la seule utopie permettant d’espérer la survie de l’espèce humaine : la tolérance et la non-violence. Son destin porte la marque de notre passé, notre avenir portera la marque de son histoire. A suivre son incroyable destin, à raconter comment il conduisit un des plus grands peuples du monde, l’Inde, à l’indépendance, on comprendra qu’il n’y a rien de plus universel que cette vie si particulière, si intense, si mystique, et qu’elle permet même à chacun de nous de répondre à la seule question qui vaille : est-il possible de se trouver?
     

Théâtre

Conte pour enfants

Mémoires

  • 1986 : Verbatim I, Éditions Lgf (réédité chez Fayard en 1993)
  • 1994 : Europe(s), Éditions Fayard
  • 1995 : Verbatim II, Éditions Fayard
  • 1995 : Verbatim III, Éditions Fayard
  • 2005 : C'était François Mitterrand, Éditions Fayard

Voir aussi

Article connexe

Liens externes

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Notes et références

  1. "Dérivé en -i du nom Attal, qui désigne en arabe un portefaix (`attâl). Le nom est porté par des juifs séfarades d'Afrique du Nord.", [1]
  2. Né en 1904, décédé en 1986 [2]
  3. Issue d'une famille juive d'Espagne.
  4. Jacques et Bernard Attali, émission C’est de famille sur Europe 1, 1 août 2011
  5. Novethic : Annuaire des organisations non gouvernementales - ONG
  6. Jacques Attali, C'était François Mitterrand, Fayard, p. 348
  7. Okba Lamrani, Jacques Attali : la chute, L'Humanité, 17 juillet 1993 lire en ligne.
  8. C'était François Mitterrand, Jacques Attali, Fayard, p. 360
  9. Il a en particulier été établi que l'aménagement des bureaux de la Banque a été fait sans dépassement budgétaire et qu'aucun acte contestable n'a pu lui être reproché dans sa gestion.
  10. C'était François Mitterrand, Jacques Attali, Fayard, p. 359
  11. C'était François Mitterrand, Jacques Attali, Fayard, p. 359 - Lire également l'interview de François Mitterrand par Guy Sitbon dans Le cas Attali, Flammarion.
  12. Site AetA
  13. « PlaNet Finance recherche stagiaires très qualifiés » Le Monde, [3]
  14. « Jacques Attali mis en examen dans l'affaire Falcone. L'ex-conseiller de Mitterrand aurait reçu des virements. » par Armelle Thoraval, Libération, 9 mars 2001.
  15. « Angolagate: Jacques Attali relaxé  » nouvelobs.com
  16. Jacques Attali accepte une mission du gouvernement, Le Figaro du 24 juillet 2007
  17. Texte intégral[PDF]
  18. Arrêté du 9 septembre 2010 portant nomination au conseil d'administration de l'Établissement public du musée d'Orsay et du musée de l'Orangerie. Consulté le 21/09/2010
  19. Emmanuel Ratier, Au cœur du pouvoir : Enquête sur le club le plus puissant de France, Paris, Facta, 1996, 589 p. (ISBN 978-2-9508318-3-5) 
  20. Interview donnée au Nouvel Observateur 17 juin 2010
  21. L'hyperlivre, Orange-Innovation. Consulté le 24/09/2009
  22. Confucius, Aristote, Açoka, Boèce, Hildegarde de Bingen, Ibn Rushd, Maïmonide, Thomas d’Aquin, Giordano Bruno, Caravage, Thomas Hobbes, Madame de Staël, Simon Bolivar, Charles Darwin, Abd el-Kader, Walt Whitman, Shrîmad Râjchandra, l’empereur Meiji, Walther Rathenau, Thomas Edison, Marina Tsvetaïeva, Richard Strauss, Hô Chi Minh, Amadou Hampâté Bâ.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Jacques Attali de Wikipédia en français (auteurs)

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