Iran (RĂ©publique islamique d')

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Iran (RĂ©publique islamique d')

Iran

ŰŹÙ…Ù‡ÙˆŰ±ÛŒ Ű§ŰłÙ„Ű§Ù…ÛŒ Ű§ÙŠŰ±Ű§Ù† (fa)
JomhĆ«rÄ«-ye EslāmÄ«-ye ÄȘrān (fa)
RĂ©publique islamique d'Iran (fr)
Drapeau de l'Iran EmblĂšme d'Iran
(DĂ©tails) (DĂ©tails)
Devise nationale :
Esteghlāl, Āzādi, Jomhuri-e Eslāmi
(« IndĂ©pendance, LibertĂ©, RĂ©publique islamique ! Â»)
carte
Langue officielle Persan
Capitale Téhéran
35°40â€Č29″N 51°25â€Č20″E / 35.67472, 51.42222
Plus grande ville Téhéran
Forme de l’État
 - Guide suprĂȘme
- Président
RĂ©publique islamique
Ali Khamenei
Mahmoud Ahmadinejad (de facto)
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 18e
1 648 195 kmÂČ
0,7 %
Population
 - Totale (2008)
 - DensitĂ©
Classé 19e
71 208 000 hab.
40 hab./kmÂČ


Gentilé Iranien, enne


Monnaie Rial (IRR)
Fuseau horaire UTC +3:30
Hymne national Sorud-é Djomhuri-yé Eslami
Domaine internet .ir
Indicatif
téléphonique
+98


L’Iran (en persan : Ű§ÙŠŰ±Ű§Ù†, IrānPrononciation du titre dans sa version originale), officiellement la RĂ©publique islamique d’Iran (en persan : ŰŹÙ…Ù‡ÙˆŰ±ÛŒ Ű§ŰłÙ„Ű§Ù…ÛŒ Ű§ÙŠŰ±Ű§ï»„, JomhĆ«rÄ«-ye EslāmÄ«-ye ÄȘrānPrononciation du titre dans sa version originale), est un pays d’Asie occidentale (ou centrale). Sa capitale est TĂ©hĂ©ran (ou Tehrān) et avait au dernier recensement de 2006 une population de 71 088 287 habitants[1]. La langue officielle est le persan et sa monnaie le rial. Le calendrier officiel est le calendrier persan. L'Iran Ă©tait aussi connu par le nom de Perse internationalement jusqu'en 1935.

Le pays a une superficie de 1 648 195 kmÂČ et une population de plus de 70 millions d’habitants. Avec un produit national brut de 570 milliards de dollars en 2005, il constitue la deuxiĂšme Ă©conomie de la rĂ©gion. Son produit intĂ©rieur brut par habitant s’élĂšve Ă  8 400 dollars. L'Iran est le 4e producteur de pĂ©trole au monde et le 2e exportateur de l'Organisation des pays exportateurs de pĂ©trole (OPEP). Il dispose aussi de la 2e plus grande rĂ©serve en gaz naturel, aprĂšs la Russie, et en est le 6e producteur.

Sommaire

Toponymie

Pendant la dynastie achĂ©mĂ©nide (550-330 av. J.-C.), les Iraniens appelaient leurs territoires Parsa du nom du royaume de Cyrus le Grand, qui appartenait Ă  la tribu perse, et qu’on retrouve encore aujourd’hui sous la forme de Fars ou Pars, correspondant au nom de cette province d’Iran. Cependant, la totalitĂ© de l’État Ă©tait alors appelĂ©e Aryanam. Ce mot est apparentĂ© au terme Aryen, qui signifie noble[2]. À l’époque Parthe (248 av. J.-C. - 224 apr. J.-C.) Aryanam a Ă©tĂ© modifiĂ© en Aryan pour Ă©voluer vers Iranshar et Iran Ă  l’époque sassanide.

Les Grecs utilisaient les termes Aryana et Persis pour dĂ©signer la rĂ©gion qui est aujourd’hui connue comme le plateau iranien[3]. Le terme est passĂ© au latin pour devenir Persia, puis en français Perse, terme qui est encore utilisĂ© dans les pays occidentaux et qui peut provoquer une confusion avec la province du Fars.

Au XXe siĂšcle, une dispute entre intellectuels Ă©clate pour savoir quel devrait ĂȘtre le nom correct du pays. Le 21 mars 1935, jour de Noruz, Reza Shah Pahlavi publie un dĂ©cret demandant Ă  toutes les relations Ă©trangĂšres du pays de le dĂ©signer sous le nom d'Iran dans leur correspondance officielle, en accord avec le fait que Perse est un terme utilisĂ© pour un pays appelĂ© Iran en persan[3].

En 1979, la rĂ©volution iranienne a abouti Ă  la crĂ©ation de la RĂ©publique islamique d’Iran, mais les termes Perse et Iran sont toujours largement utilisĂ©s.

GĂ©ographie

Article dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie de l'Iran.

GĂ©ographie physique

Carte de l’Iran

L'Iran est un pays montagneux et partiellement dĂ©sertique d'une superficie de 1 648 000 kmÂČ[4]. Au nord, il a des frontiĂšres communes avec l’ArmĂ©nie (35 km), l’AzerbaĂŻdjan (611 km) et le TurkmĂ©nistan (992 km), et a 740 km de cĂŽtes sur la mer Caspienne. Les frontiĂšres occidentales sont partagĂ©es avec la Turquie au nord-ouest et l’Irak au sud -ouest, finissant au Chatt-el-Arab (en persan : Arvand Rud). Le golfe Persique et le golfe d’Oman forment l’intĂ©gralitĂ© de sa limite mĂ©ridionale de 1 770 km. L’Iran a un contentieux avec les Émirats arabes unis depuis les annĂ©es 1970 portant sur les Ăźles Tunbs et Abu Moussa, occupĂ©es militairement par l’Iran. À l’est se trouvent l’Afghanistan au nord et le Pakistan au sud. La distance entre l’AzerbaĂŻdjan au nord-ouest et le Sistan et Baloutchistan au sud-est est approximativement de 2 330 km.

Le paysage iranien est dominĂ© par plusieurs chaĂźnes de montagnes qui sĂ©parent divers bassins et plateaux les uns des autres. La partie occidentale - la plus peuplĂ©e - est la plus montagneuse, avec des chaĂźnes telles celles du Zagros et de l’Alborz (Elbourz) ; c’est dans cette derniĂšre que se trouve le sommet le plus haut de l’Iran, le Damāvand qui culmine Ă  5 671 m. Le plateau iranien est la zone situĂ©e entre les chaĂźnes de montagnes localisĂ©es Ă  l’est et Ă  l’ouest du pays. La moitiĂ© orientale consiste essentiellement en une sĂ©rie de bassins dĂ©sertiques inhabitĂ©s (comme le Dasht-e Kavir) parsemĂ©s de rares lacs salĂ©s.

Paysage dans la province du Fars.

Les montagnes entourent plusieurs larges bassins, ou plateaux, sur lesquels sont situĂ©s des centres agricoles et urbains majeurs tels qu'Ispahan ou Shiraz. Jusqu’au XXe siĂšcle, lorsque furent construites les principales autoroutes et chemins de fer Ă  travers les chaĂźnes montagneuses, ces bassins avaient tendance Ă  ĂȘtre relativement isolĂ©s les uns des autres. Typiquement, une grande ville dominait un bassin, et il existait des relations Ă©conomiques complexes entre la ville et les centaines de villages Ă  sa pĂ©riphĂ©rie. Dans les hauteurs des chaĂźnes montagneuses dĂ©limitant les bassins, des groupes organisĂ©s de maniĂšre tribale pratiquaient la transhumance, dĂ©plaçant leurs troupeaux de moutons et de chĂšvres entre leurs pĂąturages traditionnels d’étĂ© et d’hiver.

Biotopes d’Iran :      ForĂȘts et zones arborĂ©es      Steppes arborĂ©es      Steppes      Plaines dĂ©sertiques      Zones semi dĂ©sertiques      Marais saumĂątres alluviaux

Il n’y a pas de systĂšme fluvial d’importance dans le pays, et historiquement, le transport se faisait au moyen de caravanes qui suivaient les routes traversant les cols des chaĂźnes montagneuses. Celles-ci empĂȘchaient aussi l’accĂšs au golfe Persique et Ă  la mer Caspienne.

Le climat de l’Iran est principalement aride ou semi-aride. La plaine cĂŽtiĂšre caspienne fait exception avec un climat subtropical : les tempĂ©ratures y tombent rarement en dessous de 0 Â°C en hiver et le climat reste humide toute l’annĂ©e. Les tempĂ©ratures estivales montent rarement au-dessus des 29 Â°C, et les prĂ©cipitations annuelles sont de 680 mm Ă  l’est et de 1 700 mm Ă  l’ouest. Dans l’ouest du pays, les rĂ©gions habitĂ©es dans les vallĂ©es des monts Zagros connaissent des tempĂ©ratures moins clĂ©mentes, des tempĂ©ratures moyennes en dessous de 0 Â°C et de fortes chutes de neige. Les bassins orientaux et centraux sont trĂšs arides, avec moins de 200 mm de prĂ©cipitations annuelles et des tempĂ©ratures estivales dĂ©passant les 38 Â°C. Les plaines cĂŽtiĂšres du golfe Persique ont des hivers tempĂ©rĂ©s, et des Ă©tĂ©s trĂšs chauds et trĂšs humides. Les prĂ©cipitations y varient entre 135 et 355 mm.

L’Iran est dans une zone du globe sismiquement trĂšs instable et est rĂ©guliĂšrement touchĂ©e par des tremblements de terre. Le 26 dĂ©cembre 2003, un important tremblement de terre a frappĂ© la rĂ©gion de Bam, dans le sud du pays, dĂ©truisant ainsi les vestiges de l’Arg-Ă© Bam (citadelle et ville antique) et faisant plus de 26 000 morts. Le relief accidentĂ© de l'Iran a surgi de la derniĂšre grande collision tectonique des continents. En s'Ă©loignant de l'Afrique, le nord de la pĂ©ninsule Arabique a heurtĂ© l'Eurasie, il y a 25 ou 30 millions d'annĂ©es, peu aprĂšs la crĂ©ation de l'Himalaya lors de la poussĂ©e de l'Inde. L'impact a soulevĂ© pratiquement toutes les chaĂźnes de montagnes de l'Iran, ainsi que le plateau central, qui passe de 2 000 m d'altitude dans le Nord-Ouest Ă  moins de 500 m dans les bassins dĂ©sertiques de l'Est. La collision, toujours Ă  l'Ɠuvre, est responsable des nombreux tremblements de terre[5],[6].

Article dĂ©taillĂ© : Liste des Ăźles d'Iran.

Faune, flore et environnement

Articles dĂ©taillĂ©s : Faune d'Iran, Flore d'Iran et Environnement en Iran.
Lynx d'Eurasie

La faune et la flore d’Iran, Ă©tant donnĂ©e la grande quantitĂ© de biomes et de biotopes, accueille de nombreuses espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales. Les zones semi-dĂ©sertiques accueillent des fĂ©lins et des gazelles tels le lynx d’Eurasie, le chat de Pallas, la gazelle indienne, la gazelle Ă  goitre ou encore l’onagre du dĂ©sert. Certaines sont menacĂ©es d’extinction, comme le GuĂ©pard d’Iran (Acinonyx jubatus venaticus), dont il ne reste que 50 Ă  60 individus.

D’autres animaux sont endĂ©miques aux rĂ©gions iraniennes, comme le TĂ©traogalle de Perse ou le daim de Perse, qui sont aujourd’hui trĂšs rares ; une espĂšce de poisson de la famille des cichlidae (Iranocichla hormuzensis, endĂ©mique de l'Hormozgan et possĂ©dant un genre mono-typique — ne comprenant qu'une seule espĂšce).

Les espĂšces d’oiseaux sont Ă©galement trĂšs nombreuses en Iran : buse fĂ©roce, faucon crĂ©cerelle, aigle royal, gypaĂšte barbu, ganga unibande dans les steppes, outarde houbara d’Asie dans les dĂ©serts. Dans les forĂȘts de montagne se trouvent des sangliers, des ours, des cerfs et des bouquetins.

La prĂ©servation de l’environnement en Iran a commencĂ© Ă  ĂȘtre prise en compte par l’État dans les annĂ©es 1950, Ă  la suite des dĂ©gradations environnementales et de la surexploitation des ressources naturelles. L’Iran s’est d’abord dotĂ© d’une association iranienne de la vie sauvage en 1956, puis d’une organisation de la chasse et de la pĂȘche en 1967 et enfin d’un ministĂšre de l’environnement en 1971. Le but de ces organisations Ă©tait la protection de l’environnement.

Depuis le dĂ©but du XXIe siĂšcle, les principaux problĂšmes environnementaux sont les suivants :

  • La pollution de l’air, particuliĂšrement dans les zones urbaines. Cette pollution a des causes anthropiques et est liĂ©e aux Ă©missions des vĂ©hicules, aux opĂ©rations de raffinerie et aux effluves industrielles ;
  • La dĂ©forestation ;
  • La dĂ©sertification ;
  • La diminution de la surface des marais Ă  cause de la sĂ©cheresse ;
  • La pollution par le pĂ©trole dans le golfe Persique (due aux opĂ©rations d’extraction et de dĂ©gazage) ;
  • La pollution de l’eau, causĂ©e par les rejets industriels et les rejets non contrĂŽlĂ©s d’eau usĂ©e.

Le plus prĂ©occupant de ces problĂšmes est peut-ĂȘtre celui de la qualitĂ© de l’air, plus particuliĂšrement dans la capitale Ă  TĂ©hĂ©ran. Le monoxyde de carbone reprĂ©sente une partie importante des 1,5 million de tonnes de produits polluants rejetĂ©s Ă  TĂ©hĂ©ran en 2002.

GĂ©ographie administrative

Article dĂ©taillĂ© : Provinces d'Iran.

L’Iran est subdivisĂ© en 30 provinces :

  1. Téhéran
  2. Qom
  3. Markazi
  4. Qazvin
  5. Gilan
  6. Ardabil
  7. Zanjan
  8. Azerbaijan-e-sharghi (de l’est)
  9. Azerbaijan-e-gharbi (de l’ouest)
  10. Kurdistan
  11. Hamedan
  12. Kermanshah
  13. Ilam
  14. Lorestan
  15. Khuzestan
  1. Chahar Mahaal-o-Bakhtiari
  2. Kohkiluyeh-o-Boyer Ahmad
  3. Bushehr
  4. Fars
  5. Hormozgan
  6. Sistan-o-Balouchestan
  7. Kerman
  8. Yazd
  9. Esfahan
  10. Semnan
  11. Mazandaran
  12. Golestan
  13. Khorasan-e-shomali (du Nord)
  14. Khorasan-e-razavi
  15. Khorasan-e-jonubi (du sud)
Carte des 30 provinces d'Iran découpée par numéro

Les provinces (en persan : ۧ۳ŰȘŰ§Ù†, Ostān) sont gouvernĂ©es depuis une ville centrale, gĂ©nĂ©ralement la plus grande ville de la province. Le gouverneur de province (en persan : ۧ۳ŰȘŰ§Ù†ŰŻŰ§Ű±, Ostāndār) est nommĂ© par le ministre de l’IntĂ©rieur.

Depuis 2004, la province du Khorassan est divisée en trois provinces, augmentant le nombre des provinces de 28 à 30.

Chaque province (Ostān) est divisĂ©e en dĂ©partements (Shahrestān), eux-mĂȘmes divisĂ©s en cantons (Bakhsh), qui regroupent une dizaine de villes (Shahr). Les villages (dehestān) sont la plus petite unitĂ© administrative ; ils sont rattachĂ©s aux villes. La structure administrative de l’Iran change trĂšs rĂ©guliĂšrement. En 2005, l’Iran comptait 324 dĂ©partements, 865 cantons, 982 villes et 2378 villages[7].

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de l'Iran.

L’Iran possĂšde l’une des civilisations continues les plus anciennes du monde. L’histoire de l’Iran couvre des milliers d’annĂ©es, depuis les civilisations antiques du plateau iranien, la civilisation des MannĂ©ens en AzerbaĂŻdjan, de Shahr-i Sokhteh (« Ville brĂ»lĂ©e Â») dans le Sistan, et l’ancienne civilisation de Jiroft, suivie du royaume d’Élam, de l’empire AchĂ©mĂ©nide, des Parthes, des Sassanides jusqu’à l’actuelle RĂ©publique islamique d’Iran.


Préhistoire et Antiquité

Des vestiges d’occupation humaine remontant au PalĂ©olithique infĂ©rieur y ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s au Baloutchistan, dont certains — parmi les plus anciens — ont un Ăąge estimĂ© Ă  800 000 ans. Au nord-ouest du pays, dans la rĂ©gion de la mer Caspienne, des vestiges datant du Xe millĂ©naire av. J.-C. attestent de l’apparition d’une Ă©conomie de production de biens au MĂ©solithique. Des sites nĂ©olithiques attestent que la pratique de l’agriculture remonte Ă  6 et 7 000 ans dans la vallĂ©e de Gorgan, Ă  Tureng Tepe, Yarim Tepe, et au centre du pays Ă  Sialk II (prĂšs de Kashan)[8].

Des objets de cuivre et des cĂ©ramiques peintes remontant Ă  l’ñge du cuivre (il y a 4 000 ans), ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s en Susiane (province du Khuzestan) et Ă  Sialk. Des recherches archĂ©ologiques commencent Ă  peine Ă  faire connaĂźtre des civilisations trĂšs anciennes comme la civilisation de Jiroft qui bĂątit des villes 3 000 ans av. J.C. soit bien avant les civilisations Ă©gyptienne et grecque.

Le dĂ©but du IIIe millĂ©naire av. J.-C. voit apparaĂźtre une forme d’écriture, probablement dĂ©rivĂ©e du systĂšme sumĂ©rien, Ă  Suse. L’Empire Élamite (prĂ©cĂ©dĂ© par la civilisation proto-Ă©lamite) Ă©tablit un nouveau pouvoir rĂ©gional dans le sud-ouest de l’Iran, et concurrence les empires voisins de Babylonie et d’Assyrie. C’est au cours du second millĂ©naire avant notre Ăšre qu’arrivent sur le plateau iranien divers peuples iraniens, provenant d’Asie centrale. Au milieu du VIIe siĂšcle av. J.-C., les MĂšdes, groupes de tribus Ă©tablis au nord et au nord-ouest du pays, Ă©tablissent leur pouvoir sur la rĂ©gion. À la fin de ce mĂȘme siĂšcle, les MĂšdes et les Babyloniens se libĂšrent dĂ©finitivement du joug assyrien en prenant Ninive en 612 av. J.-C.. C’est Ă  la mĂȘme pĂ©riode qu’apparaissent les premiĂšres sources mentionnant Cyrus Ier, roi d’Anshan, petit-fils d’AchĂ©mĂ©nĂšs, fondateur du premier Empire Perse, celui des AchĂ©mĂ©nides[9].

Les ruines des palais des Achéménides, Persépolis

Achéménides

Article dĂ©taillĂ© : AchĂ©mĂ©nides.

Despotes Ă©clairĂ©s, les AchĂ©mĂ©nides construisent un immense empire s’étendant de l’Inde Ă  l’Égypte, organisĂ© en satrapies reliĂ©es entre elles par un immense rĂ©seau routier. Le cylindre de Cyrus est la premiĂšre trace Ă©crite d’une dĂ©claration des Droits de l’Homme, datant de Cyrus II[10]. La dynastie achĂ©mĂ©nide Ă©tablit des capitales Ă  Pasargades, PersĂ©polis, Suse et Ecbatane. Leur rĂšgne est marquĂ© par les Guerres mĂ©diques les opposant aux Grecs. L’empire perse dĂ©cline aprĂšs le rĂšgne de XerxĂšs Ier et chute en 330 av. J.-C., conquis par Alexandre le Grand, sous Darius III.

SĂ©leucides

Article dĂ©taillĂ© : SĂ©leucides.

Les gĂ©nĂ©raux d’Alexandre Ă©tablissent la dynastie des SĂ©leucides, qui s’effondre Ă  son tour en 60 av. J.-C., le dernier reliquat de l’empire, en Syrie Ă©tant transformĂ© en province romaine par PompĂ©e. L’empire Parthe (aussi appelĂ© Arsacide), fondĂ© par Arsace et Tiridate en 250 av. J.-C., leur succĂšde jusqu’en 224, quand le roi Artaban IV est dĂ©fait par un de ses vassaux perses. Une nouvelle dynastie naĂźt : les Sassanides, qui donnent naissance au second empire perse (226 - 651).

Sassanides

Article dĂ©taillĂ© : Sassanides.

Les Sassanides furent les premiers Ă  appeler leur empire Iranshahr ou Eranshahr (en persan : Ű§ÙŠŰ±Ű§Ù†ŰŽÙ‡Ű±, Terre des Aryens). Il s’agit d’une des pĂ©riodes les plus importantes de l’histoire de l’Iran : la civilisation perse s’accomplit dans de nombreux domaines, et influence considĂ©rablement le monde romain, les deux empires Ă©tant perpĂ©tuellement en guerre[11]. L’influence culturelle atteint l’Europe occidentale, l’Afrique, la Chine et l’Inde, et continue durant la pĂ©riode islamique[12],[13].

PĂ©riode islamique

Article dĂ©taillĂ© : ConquĂȘte islamique de la Perse.

La conquĂȘte de l’Iran commence en 637, avec 'Umar. AprĂšs avoir occupĂ© CtĂ©siphon, capitale de l’empire, les musulmans battent l’armĂ©e sassanide Ă  Nahavand en 641-642. L’Iran est ensuite rapidement conquis. La conversion Ă  l’islam est progressive jusqu’au IXe siĂšcle. L’Iran a Ă©tĂ© islamisĂ©, mais n’a jamais Ă©tĂ© arabisĂ©, contrairement aux autres rĂ©gions conquises par le califat[14]. Les persans ont mĂȘme rĂ©ussi Ă  se distinguer au sein de l’Islam, et l’apport culturel, politique et mĂȘme religieux des iraniens Ă  l’Islam est d’une importance fondamentale[14].

Carte de l’Iran vers l’an 1000.

Au VIIIe siĂšcle, le Khorassan se rallie Ă  la doctrine dissidente du chiisme et s’émancipe de la domination arabe. Une rĂ©volte renverse la dynastie Omeyyade, installant les Abbassides Ă  Bagdad en 748[15]. Le pouvoir des califes diminue progressivement, et plusieurs dynasties rĂ©gionales Ă©mergent en Iran entre 820 et 1005, dont les Samanides. Ces derniers rivalisent avec Bagdad, et crĂ©ent d’importants foyers de vie intellectuelle. Outre la culture arabe classique, ils favorisent l’éclosion de la littĂ©rature persane et accordent leur protection Ă  des penseurs. En 962, la dynastie GhaznĂ©vides s’installe Ă  Ghazna et rĂ©gne du Khorasan au PanjĂąb. C’est sous le patronage de MahmĂ»d de GhaznĂź que Ferdowsi Ă©crit en persan le ShĂąh NĂąmĂą (signifiant "Le livre des Rois"), poĂšme Ă©pique qui recueille les histoires de la mythologie perse[16].

Un groupe turc, les Seldjoukides, arrive dans la rĂ©gion au XIe siĂšcle[2]. Les GhaznĂ©vides, puis les Samanides, sont dĂ©faits. L’Iran connaĂźt une renaissance culturelle et scientifique. L’observatoire d’Esfahan est crĂ©Ă©, oĂč Omar Khayyam met au point un nouveau calendrier qui introduit l’annĂ©e bissextile : le calendrier persan, encore utilisĂ© aujourd’hui. Cette Ă©poque voit aussi une production artistique trĂšs riche : l’Art des Saljukides d’Iran.

AprĂšs les Seldjoukides, l’Iran est encore dirigĂ© par des petites dynasties locales avant d’ĂȘtre envahi par les Mongols de Gengis Khan en 1219. Le pays est dĂ©vastĂ© et l’invasion est dĂ©sastreuse pour la population[17]. La destruction de nombreux qanats (un systĂšme d’irrigation traditionnel performant) dĂ©truit le rĂ©seau d’habitat. Les villes sont dĂ©truites et remplacĂ©es par des oasis isolĂ©es, la dĂ©mographie chute et le pays se tribalise. De petites dynasties locales se mettent en place aprĂšs la fin de la premiĂšre pĂ©riode mongole en 1335.

Mais rapidement, le pays est de nouveau envahi : Tamerlan (ou Timur, d’origine turque ou mongole), conquiert la totalitĂ© de l’Iran, et en devient l’empereur en 1381. L’empire Timouride dure jusqu’en 1507 : les Chaybanides prennent Samarcande tandis que les Safavides reconquiĂšrent une bonne partie du territoire iranien Ă  partir de l’AzerbaĂŻdjan iranien.

Mise en place de l’État iranien moderne

Articles dĂ©taillĂ©s : Safavides et Qajar.

L’Iran se convertit au chiisme duodĂ©cimain au XVIe siĂšcle, sous l’impulsion d’Ismail Ier, premier souverain Safavide. Cette conversion rĂ©sulte d’une volontĂ© de s’affirmer face Ă  la domination des Ottomans sunnites et de crĂ©er une identitĂ© iranienne spĂ©cifique. La conversion des sunnites est obligatoire, sous peine de mort[18].

L’apogĂ©e des Safavides est atteinte sous Shah Abbas Ier le Grand. Le pays est pacifiĂ©, son territoire Ă©tendu et son administration centralisĂ©e. Son rĂšgne est aussi un Ăąge d’or pour le commerce et les arts (accueil de commerçants et d’artistes Ă©trangers, dĂ©veloppement de la production de tapis, construction d’Ispahan, etc.).

Une invasion de l’Iran par des tribus afghanes met un terme Ă  la dynastie des Safavides. La suprĂ©matie afghane est assez brĂšve. Tahmasp Quli, un chef de tribu Afshar, chasse les Afghans et prend le pouvoir en 1736 sous le nom de NĂądir ShĂąh. Tout le territoire iranien est repris, depuis la GĂ©orgie et l’ArmĂ©nie jusqu’à l’Afghanistan. Des campagnes militaires sont mĂȘme menĂ©es jusqu’à Delhi en 1739. NĂądir ShĂąh est assassinĂ© en 1747 par d’autres chefs Afshars.

Carte de l’État Safavide, XVIe, XVIIe, XVIIIe siĂšcles.

Le pays est ensuite la proie de luttes tribales pour la conquĂȘte du pouvoir : Afshar, Afghans, Qajars et Zands se battent. Karim Khan Zand rĂ©ussit Ă  rĂ©unifier presque tout le pays en 1750. Il refuse de prendre le titre de Shah et prĂ©fĂšre se nommer Vakil ar-Ra’aayaa (« Le RĂ©gent des paysans Â»). Sa mort en 1779 est encore suivie de luttes. C’est finalement Agha Mohammad Shah Qajar qui prend le pouvoir en 1794, Ă©tablissant une dynastie qui dure jusqu’en 1925.

Sous les rĂšgnes de Fath Ali Shah, Mohammad Shah, et Nasseredin Shah, le pays retrouve ordre, stabilitĂ© et unitĂ©. Les marchands (bāzāris) et les OulĂ©mas (chefs religieux) deviennent des membres importants de la sociĂ©tĂ© iranienne. Cependant, l’autoritĂ© centrale est plutĂŽt faible, la classe dirigeante relativement corrompue et le peuple exploitĂ© par ses dirigeants. Les puissances coloniales russe et britannique tirent parti de cette situation : grĂące Ă  leur supĂ©rioritĂ© militaire et technologique, elles dominent le commerce de l’Iran et interfĂšrent dans les affaires internes du pays.

RĂ©volution constitutionnelle et modernisation de l’Iran

Groupe de rĂ©volutionnaires Ă  Tabriz. Au centre : Sattar Khan et Bagher Khan.

Les premiĂšres tentatives iraniennes de modernisation commencent sous Nasseredin Shah. Le systĂšme fiscal est rĂ©formĂ©, le contrĂŽle central sur l’administration est renforcĂ©, le commerce et l’industrie sont dĂ©veloppĂ©s. L’influence du clergĂ© chiite et des puissances Ă©trangĂšres se rĂ©duisent. La montĂ©e de la colĂšre populaire et une demande de rĂ©forme mĂšnent le pays Ă  la rĂ©volution constitutionnelle de 1906. L’Iran devient le premier pays moyen-oriental Ă  faire une rĂ©volution et Ă  se doter d’une constitution.

La PremiĂšre Guerre mondiale voit grandir l’influence des Britanniques, dĂ©jĂ  intĂ©ressĂ©s par la dĂ©couverte de pĂ©trole dans le Khuzestan en 1908. Ils essaient d’imposer l’accord anglo-persan en 1919, qui est refusĂ© par le parlement.

Reza Khan Mir Panj, devenu Reza Shah Pahlavi.

Peu de temps aprĂšs, un coup d’État fait changer le pouvoir de main, au profit d’un officier, Reza Khan, qui devient quatre ans plus tard Reza Shah Pahlavi. Au moyen d’un gouvernement centralisĂ© et fort, il modernise l’Iran : dĂ©veloppement d’industries lourdes, projets majeurs d’infrastructures, construction d’un chemin de fer national, crĂ©ation d’un systĂšme public d’éducation nationale, rĂ©forme de la justice (jusque lĂ  contrĂŽlĂ©e par le clergĂ© chiite), crĂ©ation du code civil iranien, amĂ©lioration de l’hygiĂšne et du systĂšme de santĂ©. Les droits spĂ©ciaux accordĂ©s aux Ă©trangers pendant l’époque Qajar sont annulĂ©s pour diminuer la dĂ©pendance vis Ă  vis de la Grande-Bretagne et la Russie. Le 21 mars 1935, la communautĂ© internationale est officiellement sommĂ©e de ne plus utiliser le nom Perse mais Iran (nom local depuis les Sassanides). Interdiction du port du voile pour les femmes et obligation de porter un habit « Ă  l’occidentale Â» pour les hommes sont dĂ©crĂ©tĂ©s la mĂȘme annĂ©e.

Soldats entourant le bĂątiment de la Majles Ă  TĂ©hĂ©ran le 19 aoĂ»t 1953.

Inquiets de ses rapprochements avec l’Allemagne, les forces Britanniques et Russes envahissent le pays, et forcent Reza Shah Ă  abdiquer en faveur de son fils Mohammad Reza Pahlavi en 1941. Reza Shah est envoyĂ© en exil et meurt en 1944. L’occupation du pays a Ă©tĂ© d’une importance vitale pour les AlliĂ©s. Ayant dĂ©clarĂ© la guerre Ă  l’Allemagne en 1943, l’Iran se rapproche des puissances occidentales. La mĂȘme annĂ©e, la confĂ©rence de TĂ©hĂ©ran voit Churchill, Roosevelt et Staline rĂ©affirmer leur engagement sur l’indĂ©pendance de l’Iran, qui devient rapidement membre des Nations Unies.

Pourtant, en dĂ©cembre 1945, bĂ©nĂ©ficiant du soutien de l’Union soviĂ©tique, le Gouvernement du peuple d’AzerbaĂŻdjan et la RĂ©publique de Mahabad dĂ©clarent leur indĂ©pendance dans les rĂ©gions de l’AzerbaĂŻdjan iranien et du Kurdistan iranien. Des parties du Khorasan, du Gorgan, du Mazandaran et du Gilan sont occupĂ©es par les troupes soviĂ©tiques : la crise irano-soviĂ©tique, premiĂšre de la guerre froide, se termine en dĂ©cembre 1946 avec l’effondrement des gouvernements rĂ©publicains ayant perdu le soutien de l’URSS.

En 1951, le premier ministre Mohammad Mossadegh nationalise le pĂ©trole. Il est alors Ă©loignĂ© du pouvoir Ă  la suite d’un complot orchestrĂ© par les services secrets britanniques et amĂ©ricains, l'opĂ©ration Ajax. AprĂšs sa chute, Mohammad Reza Shah Pahlavi met en place un rĂ©gime autocratique et dictatorial fondĂ© sur l’appui amĂ©ricain. En 1955, l’Iran appartient au pacte de Bagdad et se trouve alors dans le camp amĂ©ricain pendant la guerre froide. Mohammad Reza Shah modernise l’industrie et la sociĂ©tĂ© grĂące aux revenus trĂšs importants du pĂ©trole et Ă  un programme de rĂ©formes nommĂ© la RĂ©volution blanche. L’Iran entre dans une pĂ©riode de prospĂ©ritĂ© fulgurante et de modernisation accĂ©lĂ©rĂ©e mais la sociĂ©tĂ©, bouleversĂ©e dans ses racines, souffre du manque de libertĂ©.

Mohammad Reza Shah, dernier représentant de la monarchie.

Révolution iranienne et république islamique

AprĂšs des mois de protestations populaires et de manifestations contre son rĂ©gime, Mohammad Reza Pahlavi quitte l’Iran le 16 janvier 1979. Le 1er fĂ©vrier 1979, Rouhollah Khomeini revient en Iran aprĂšs un exil de 15 ans. AprĂšs la proclamation de la neutralitĂ© des forces armĂ©es dans la rĂ©volution, Khomeini dĂ©clare la fin de la monarchie le 11 fĂ©vrier et met en place un gouvernement provisoire. Il existait une grande jubilation en Iran autour de la destitution du Shah, mais il existait aussi beaucoup de dĂ©saccords sur le futur de l’Iran[19]. Alors que Khomeini Ă©tait la figure politique la plus populaire, il existait des douzaines de groupes rĂ©volutionnaires, chacun ayant sa propre vue concernant le futur de l’Iran. Il y avait des factions libĂ©rales, marxistes, anarchistes et laĂŻques, ainsi qu’un large panorama de groupes religieux cherchant Ă  modeler le futur de l’Iran[3].

Les thĂ©ologiens sont les premiers Ă  rĂ©tablir l’ordre dans le pays, avec l’aide des comitĂ©s locaux. Connus sous le nom de Gardiens de la RĂ©volution Ă  partir de mai 1979, ces groupes ont vite pris le pouvoir dans les gouvernements locaux dans tout l’Iran, et rĂ©cupĂšrent ainsi la plupart des pouvoirs. Les tribunaux rĂ©volutionnaires mis en place permettent l’élimination de figures de l’ancien rĂ©gime et des opposants de tous bords. Finalement, Ă  l'issue d'un rĂ©fĂ©rendum organisĂ© le 1er avril 1979, une rĂ©publique islamique est instaurĂ©e, Ă  la tĂȘte de laquelle Khomeini devient le guide suprĂȘme.

La crise iranienne des otages (occupation de l’ambassade des États-Unis Ă  TĂ©hĂ©ran entre le 4 novembre 1979 et le 20 janvier 1981 et prise en otage de ses personnels) pousse l’administration Carter Ă  rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran, puis Ă  imposer des sanctions Ă©conomiques le 7 avril 1980. Le 22 septembre 1980, profitant de la faiblesse des forces armĂ©es iraniennes qui subissent des purges du nouveau rĂ©gime islamique[20], l’Irak envahit l’Iran. La politique officielle des États-Unis cherche Ă  isoler l’Iran. Les États-Unis et leurs alliĂ©s fournissent des armes et de la technologie Ă  Saddam Hussein, qui a pour objectif de s’emparer des champs de pĂ©trole du Khuzestan[21]. Ironiquement, des membres de l’administration Reagan vendent secrĂštement des armes et des piĂšces dĂ©tachĂ©es Ă  l’Iran dans ce qui est connu sous le nom de affaire Iran-Contra. L’Iran accepte de respecter le cessez-le-feu exigĂ© par la rĂ©solution 598 du conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU le 20 juillet 1987. Le 15 aoĂ»t 1990, Saddam Hussein accepte de revenir aux accords d’Alger de 1975 : retour Ă  un statu quo ante.

AprĂšs la mort de Khomeini le 3 juin 1989, l’assemblĂ©e des experts choisit le prĂ©sident sortant, Ali Khamenei comme Guide de la rĂ©volution. La constitution est modifiĂ©e suite Ă  son arrivĂ©e au pouvoir.

Pendant la Guerre du Golfe en 1991, le pays reste neutre (il permet toutefois Ă  l’aviation irakienne de se poser en Iran et aux rĂ©fugiĂ©s irakiens de pĂ©nĂ©trer son territoire).

La rĂ©volution et la guerre avec l’Irak ont beaucoup pesĂ© sur l’économie du pays, ce qui conduit des pragmatiques comme Hachemi Rafsandjani Ă  devenir prĂ©sident en 1989 puis 1993. L’échec des politiques Ă©conomiques et de la modernisation de l’état iranien voit l’élection de Mohammad Khatami, un religieux modĂ©rĂ©, en 1997. Celui-ci doit diriger le pays en tenant compte des exigences d’une sociĂ©tĂ© demandeuse de rĂ©formes et de l'influence d’un clergĂ© trĂšs conservateur, qui souhaite garder la mainmise sur le pouvoir. Ce dĂ©calage atteint son paroxysme en juillet 1999, oĂč des protestations massives contre le gouvernement ont lieu dans les rues de TĂ©hĂ©ran. Khatami est rĂ©Ă©lu en juin 2001 mais, aussitĂŽt, les Ă©lĂ©ments conservateurs du gouvernement iranien Ɠuvrent pour dĂ©stabiliser le mouvement rĂ©formateur, bannissant les journaux libĂ©raux et disqualifiant les candidats aux Ă©lections parlementaire et prĂ©sidentielle.

L’échec de Khatami Ă  rĂ©former le gouvernement cause une apathie grandissante parmi la jeunesse. Le maire ultra-conservateur de TĂ©hĂ©ran, Mahmoud Ahmadinejad est Ă©lu prĂ©sident en 2005 (plus de 1000 candidatures sont invalidĂ©es par le Conseil des Gardiens). On observe alors un durcissement du discours nationaliste par le prĂ©sident, qui vise ainsi Ă  asseoir la lĂ©gitimitĂ© du programme nuclĂ©aire iranien et les dĂ©cisions de politique Ă©trangĂšre malgrĂ© l’opposition amĂ©ricaine.

L'Ă©lection prĂ©sidentielle iranienne de 2009 est marquĂ©e par la rĂ©Ă©lection contestĂ©e de Mahmoud Ahmadinejad, ce qui donne lieu Ă  des manifestations de masse d'opposition, probablement les plus importantes depuis la RĂ©volution de 1979. Ces manifestations pacifiques sont rĂ©primĂ©es avec violence par le pouvoir islamique : mĂȘme si leur nombre exact est encore inconnu Ă  ce jour, des dizaines de manifestants auraient Ă©tĂ© tuĂ©s Ă  l'instar de Neda Agha-Soltan par les milices pro-gouvernementales Bassiji ou les policiers antiĂ©meutes faisant aussi de nombreux blessĂ©s, et plus de deux mille arrestations auraient Ă©tĂ© opĂ©rĂ©es selon Amnesty International.

Voir aussi : Liste des dirigeants de l’Iran

Le peuple et sa culture

DĂ©mographie

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©mographie de l'Iran.
Densité de population par province en Iran.
Évolution de la dĂ©mographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d’habitants.

La dĂ©mographie iranienne a Ă©tĂ© complĂštement bouleversĂ©e au cours du XXe siĂšcle. La population est estimĂ©e Ă  70 millions en 2006 alors qu’elle Ă©tait de 10 millions au dĂ©but du siĂšcle prĂ©cĂ©dent. Cependant, il apparaĂźt que l’Iran a rĂ©cemment maĂźtrisĂ© son trĂšs fort taux de fĂ©conditĂ© grĂące Ă  un planning familial efficace, passant de 5 enfants par femme en Ăąge de procrĂ©er Ă  la fin des annĂ©es 1970 Ă  1,82 aujourd’hui[22]. Toutefois, la population continue Ă  croĂźtre Ă  rythme Ă©levĂ© (1% par an)[23],[24] : en effet, de la faible proportion de personnes ĂągĂ©es — 5 % de la population a 65 ans et plus — rĂ©sulte un faible taux de mortalitĂ© (5,5‰) ; la forte proportion de personnes en Ăąge de procrĂ©er explique le taux de natalitĂ© soutenu (17‰)[4]. À terme, le vieillissement de la population devrait tendre Ă  faire baisser la natalitĂ©, de sorte que la population se stabiliserait au-dessus de 80 millions d’habitants en 2050[25]. Le solde migratoire est faible (-0,5‰)[4].

La rĂ©partition gĂ©ographique de la population a aussi connu un bouleversement : les urbains formaient environ 10 % de la population iranienne au dĂ©but du XXe siĂšcle, ils sont 67 % en 2006. L’urbanisation est continue : le taux de croissance dĂ©mographique des villes est de 1,8 % par an tandis que les zones rurales perdent annuellement 0,7 % de leur population[26].

Le taux d’alphabĂ©tisation est de 80 % chez les plus de 15 ans[4]. La durĂ©e moyenne de scolarisation est de 12 ans[27].

Données synthétiques

Structure de la population
Pyramide des Ăąges de l'Iran, 2005
Population 69 688 439 habitants
DensitĂ© de la population 41,7 hab./kmÂČ
Taux de croissance de la population 1,1 %
Âge mĂ©dian (population totale)
 - Hommes
 - Femmes
24,8 ans
24,6 ans
25,0 ans
Structure par Ăąge
 - 0-14 ans
 - 15-64 ans
 - 65 ans et plus

26,1 %
69,0 %
4,9 %
Rapport de masculinité (population totale)
 - À la naissance
- Moins de 15 ans
- 15-64 ans
- 65 ans et plus
1,04 homme/femme
1,05 homme/femme
1,05 homme/femme
1,04 homme/femme
0,96 homme/femme
Part de la population urbaine 67 %
Sources: The World Factbook, CIA[4]; ONU[26]; FAO


Mortalité
Taux brut de mortalitĂ© 5,55 â€°
Taux de mortalité infantile (population totale)
- Hommes
- Femmes
40,30ʉۡ
40,49ʉۡ
40,10ʉۡ
Espérance de vie à la naissance (population totale)
 - Hommes
 - Femmes
70,26 ans
68,86 ans
71,74 ans
Source: The World Factbook, CIA[4]


Natalité
Taux brut de natalitĂ© 17,0 â€°
Indice synthĂ©tique de fĂ©conditĂ© 1,8 enfant(s)/femme
Source: The World Factbook, CIA[4]


Plus grandes villes
TĂ©hĂ©ran (Province de TĂ©hĂ©ran) 8 601 473
Mashhad (Khorasan-e-razavi) 2 307 177
Ispahan (Province d'Ispahan) 1 547 164
Tabriz (AzerbaĂŻdjan oriental) 1 424 641
Shiraz (Province du Fars) 1 279 140
Autres indicateurs sociaux
Taux d'alphabétisation (population totale)
- Hommes
- Femmes
79,4 %
85,6 %
73,0 %
Nombre moyen d'annĂ©es passĂ©es Ă  l'Ă©cole 12 ans
Taux de séropositivité au VIH/SIDA
(chez les adultes)
<0,1 %
Taux d'accĂšs Ă  l'eau potable 92 %
Taux de chĂŽmage 11,2 %
Sources: The World Factbook, CIA[4]; ONU[27],[28]


Migration

Distribution ethno-religieuse en Iran

La position géographique de l'Iran, sa démographie et sa situation économique en font à la fois un pays d'origine, de transit et de destinations pour les migrants[29]. Bien que le pays accueille une des plus grandes populations de réfugiés au monde, il est aussi un pays d'émigration.

L'Iran compte prĂšs d’un million de rĂ©fugiĂ©s, la plupart originaires d’Afghanistan et d’Irak. En 2001, le nombre de rĂ©fugiĂ©s afghans en Iran Ă©tait de 3 809 600, et le nombre de rĂ©fugiĂ©s irakiens de 530 100[30]. Cet afflux de rĂ©fugiĂ©s a lieu depuis le tout dĂ©but des annĂ©es 1980, causĂ© par les guerres qui ont eu lieu aux frontiĂšres de l'Iran (en Afghanistan Ă  partir de 1980), ou par des dĂ©cisions prises par les pays voisins (la dĂ©cision de Saddam Hussein d'expulser des irakiens d'origine iranienne vers l'Iran entre 1980 et 1981)[31].

La politique officielle du gouvernement vise Ă  rapatrier ces rĂ©fugiĂ©s et prĂšs de 2 millions l’ont Ă©tĂ©, pour une bonne part en coopĂ©ration avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s[32],[33],[34],[35].

La diaspora iranienne est estimĂ©e Ă  environ 2-3 millions de personnes qui ont Ă©migrĂ© en AmĂ©rique du Nord, en Europe de l’Ouest, en Australie, dans les pays du Golfe Persique ou en IsraĂ«l[36], la plupart aprĂšs la rĂ©volution de 1979. Le solde migratoire actuel est nĂ©gatif, et correspond au dĂ©part d’environ 40 000 personnes par an[4]. Les facteurs des migrations au dĂ©part de l'Iran peuvent ĂȘtre multiples : instabilitĂ© Ă©conomique de l'Iran, instabilitĂ© de son rĂ©gime politique, niveau d'Ă©ducation, attentes dĂ©mocratiques, prĂ©sence de famille dans le pays hĂŽte, montant du salaire et taux de chĂŽmage[37]. Cependant, il faut signaler que les donnĂ©es prĂ©cises sur les phĂ©nomĂšnes de migration en Iran ne sont pas toutes disponibles[37], il est donc difficile d'apprĂ©cier l'Ă©tendue du phĂ©nomĂšne.

Groupes ethniques

L’Iran est une mosaĂŻque de plus de 80 « ethnies Â» diffĂ©rentes. Les deux origines principales sont indo-europĂ©ennes ou turques (AzĂ©ris). La majoritĂ© des Iraniens parlent une langue du groupe iranien (persan, kurde, baloutchi
) et ils comprennent le persan, la langue officielle de l’Iran. Les principaux groupes ethniques sont :

Religions

Une particularitĂ© du chiisme duodĂ©cimain en Iran : le Tazieh, un genre thĂ©Ăątral qui rejoue le massacre de l’imam Husayn. Palais du Golestan, TĂ©hĂ©ran, fin du XIXe siĂšcle.
MausolĂ©e de la Esther biblique et de son oncle MordekhaĂŻ Ă  Hamedan, l’un des centres de pĂšlerinage juif les plus importants en Iran

Mythologie

Article dĂ©taillĂ© : Mythologie persane.

La mythologie perse est Ă  la fois trĂšs voisine et profondĂ©ment diffĂ©rente de la mythologie de l’hindouisme. Elle en est trĂšs voisine parce que les Iraniens sont, de tous les peuples indo-europĂ©ens, celui dont la langue a le plus d’affinitĂ©s avec le sanskrit et aussi celui qui est restĂ© avec les Aryens de l’Inde en relations les plus frĂ©quentes. Elle en est profondĂ©ment diffĂ©rente, parce que la religion des anciens Perses acquiert de bonne heure un caractĂšre beaucoup plus moral que mythologique.

Le nouvel an Iranien (Norouz) est cĂ©lĂ©brĂ© le 21 mars, premier jour du Printemps. Norouz a Ă©tĂ© candidat en tant que Patrimoine Oral et ImmatĂ©riel de l’HumanitĂ© de l’UNESCO en 2004[38].

Religions actuelles

L’islam chiite duodĂ©cimain est la religion officielle d’Iran Ă  laquelle 89 % de la population appartiendrait. L’Iran est, avec l'Irak, l'Azerbaidjan et BahreĂŻn, un des pays du monde musulman Ă  avoir plus de la moitiĂ© de sa population majoritairement chiite. L’Iran a sur son territoire deux sites saints du chiisme : Mashhad, oĂč est enterrĂ© l’imam Reza et Qom, oĂč est enterrĂ©e Fatimah Ma’sumeh, sƓur de Reza. Qom est de plus un des centres thĂ©ologiques chiites les plus influents du monde, rivalisant avec Nadjaf en Iraq[39]. Qom compte de nombreux sĂ©minaires chiites, comme le Howzeh ye Elmiyeh Qom et est aussi le siĂšge de nombreuses associations clĂ©ricales. C’est Ă  partir des sĂ©minaires et universitĂ©s religieuses de Qom qu’a eu lieu la consolidation du pouvoir du clergĂ© en Iran depuis l’ouverture du Howzeh ye Elmiye Qom en 1922[40].

Les sunnites (la branche majoritaire dans le reste du monde musulman) reprĂ©senteraient 9 % de la population iranienne. Les autres minoritĂ©s incluent les juifs, les baha’is, les chrĂ©tiens, les zoroastriens, les sabĂ©ens (ou mandĂ©ens) ou d’autres. Trois « religions rĂ©vĂ©lĂ©es Â» autres que l’islam sont considĂ©rĂ©es comme officiellement reconnues par la constitution et disposent de leurs reprĂ©sentants au Parlement (Majles) : les chrĂ©tiens, les juifs et les zoroastriens. Les musulmans sunnites, minoritaires en Iran, ne disposent pas de siĂšges rĂ©servĂ©s. La minoritĂ© sabĂ©enne qui ne compte que quelques centaines de fidĂšles, et les plus de 300 000 baha’is, durement persĂ©cutĂ©s sous tous les rĂ©gimes iraniens, n’ont jamais Ă©tĂ© reconnus comme minoritĂ©s religieuses. Depuis l’avĂšnement de la RĂ©publique islamique en 1979, les baha’is d’Iran, sont considĂ©rĂ©s comme des « infidĂšles non protĂ©gĂ©s, (...) des non-personnes, et n’ont ni droits, ni protection Â», indique la FĂ©dĂ©ration internationale des droits de l'homme (FIDH) dans son rapport de 2003 sur les discriminations religieuses en Iran[41].

Selon l’article 14 de la constitution iranienne et conformĂ©ment au Coran[42] « Dieu ne vous interdit pas de traiter avec bontĂ© et droiture ceux qui n'ont pas luttĂ© contre vous en raison de votre religion et qui ne vous ont pas expulsĂ©s de vos logements Â», le gouvernement se doit donc de respecter les droits humains des non-musulmans, tant qu’ils ne conspirent pas contre l’islam ou la RĂ©publique islamique d’Iran[43],[44]. Les reprĂ©sentants des minoritĂ©s religieuses reconnues ont confirmĂ© que l’enseignement de leur religion Ă©tait assurĂ© et respectĂ© tant dans les Ă©coles publiques que dans les Ă©coles propres aux minoritĂ©s[45]. Cependant, peu aprĂšs la rĂ©volution iranienne, le gouvernement a crĂ©Ă© un bureau des minoritĂ©s (religieuses) afin de les surveiller (et de les contrĂŽler). En 1993, le Majles (parlement) adopte une loi rendant obligatoire la mention de la religion sur les cartes d’identitĂ©, ce qui permet au gouvernement de contrĂŽler plus facilement les minoritĂ©s. Une des consĂ©quences est l’éviction des ChrĂ©tiens des services publics, des Ă©coles, de l’armĂ©e et d’autres institutions de l’État. D’aprĂšs le rapport de Abdelfattah Amor, « Outre le non-accĂšs aux postes gouvernementaux, il apparaĂźt que les minoritĂ©s ne peuvent accĂ©der professionnellement Ă  l'armĂ©e et Ă  la justice et seraient limitĂ©es dans leur plan de carriĂšre dans le reste de l'administration, sauf cas exceptionnels. Â»[45]

Société

FĂȘtes et jours fĂ©riĂ©s

FĂȘtes et jours fĂ©riĂ©s en 2007
Date Nom français Nom local Remarques
29 janvier et 30 janvier Achoura (mort de l'imam Hussein) Achoura peut durer deux jours
11 février Anniversaire de la révolution de 1979
10 mars Arba’in-e Hosseini (40e jour aprùs l'Achoura) Arba’in-e Hosseini
18 mars Martyre de l'imam Reza
19 mars Commémoration de la mort et martyre de l'imam Hassan
20 mars Jour de la nationalisation du pétrole
21 mars au 23 mars Nouvel An persan Norouz d'origine zoroastrienne
1er avril Jour de la RĂ©publique islamique proclamation de la rĂ©publique islamique en 1979
2 avril Sizdah bedar 13e jour de la nouvelle année, fin des festivités de Norouz
4 juin Anniversaire de la mort de l'imam Khomeini 1989
5 juin Anniversaire du soulĂšvement contre le chah
18 juin Martyre de Fatima
28 juillet Anniversaire de l'imam Ali
11 août Ascension de Mahomet Isra
28 août Anniversaire de l'Imam Mahdi
15 octobre Fin du ramadan Eid-e FĂȘtr
6 novembre Martyre de l'imam Sadeq
20 décembre Eid-ul-Adha Eid-e Ghorban peut varier d'une journée
Les dates des fĂȘtes sont basĂ©es sur le calendrier persan (solaire), le calendrier musulman (lunaire) ou sur le calendrier zoroastrien ; la date exacte en calendrier grĂ©gorien peut varier d'une annĂ©e sur l'autre.

SystĂšme Ă©ducatif

Article dĂ©taillĂ© : Éducation en Iran.
FacultĂ© de littĂ©rature de l’UniversitĂ© de TĂ©hĂ©ran

Un programme prĂ©-primaire non obligatoire d’une durĂ©e d’un an est dispensĂ© pour les enfants de cinq ans. L’éducation primaire (dabestan) commence Ă  l’ñge de six ans et dure cinq ans. L’éducation secondaire de base, Ă©galement connue sous le nom de cycle d’orientation (dawra’i-rahnama’ii tahsili), englobe la sixiĂšme Ă  la huitiĂšme annĂ©e. Le cycle d’orientation sert Ă  dĂ©terminer les aptitudes Ă  suivre des Ă©tudes gĂ©nĂ©rales ou professionnelles/techniques au niveau de l’éducation secondaire supĂ©rieure (dabirestan), qui est constituĂ©e d’un cycle de trois ans et n’est ni obligatoire ni gratuite[46]. Les Ă©tudes secondaires supĂ©rieures sont subdivisĂ©es en trois filiĂšres : thĂ©orique, technique/professionnelle et pratique, elles-mĂȘmes subdivisĂ©es en diverses spĂ©cialitĂ©s.

L’éducation supĂ©rieure est assurĂ©e par les universitĂ©s, les universitĂ©s technologiques, les universitĂ©s de mĂ©decine, les Ă©tablissements d’enseignement professionnel, les collĂšges et les centres de formation des professeurs, et des Ă©tablissements privĂ©s. Les conditions requises pour l’accĂšs Ă  l’éducation supĂ©rieure sont d’avoir achevĂ© les Ă©tudes secondaires supĂ©rieures et le programme d’un an de prĂ©paration Ă  l’universitĂ© et de rĂ©ussir l’examen national d’entrĂ©e Ă  l’UniversitĂ©. Les Ă©tudes supĂ©rieures dĂ©livrent plusieurs diplĂŽmes : Fogh-Diplom ou Kardani (Ă©quivalent Ă  un Grade de technicien supĂ©rieur) pour deux ans d’études supĂ©rieures, Karshenasi (Ă©galement connu sous le nom de licence), sanctionnant 4 ans d’études supĂ©rieures. Deux ans aprĂšs la licence, la Fogh Licence (maĂźtrise). Un examen d’entrĂ©e permet ensuite aux Ă©tudiants de commencer un programme doctoral[46].

En 1999, les Ă©tudiants avaient Ă©tĂ© aux premiers rangs de la contestation du rĂ©gime islamique, violemment rĂ©primĂ©e. En 2004, l’Iran comptait plus de 2,2 millions d’étudiants Ă  l’universitĂ© dont 60 % de filles[47],[48]. L’Iran a actuellement 54 universitĂ©s d’État, et 42 Ă©coles mĂ©dicales d’État. Il existe Ă©galement 289 universitĂ©s privĂ©es[49]. 6 % environ des Ă©tablissements d’éducation secondaire supĂ©rieure sont des Ă©tablissements privĂ©s[46], qui suivent le mĂȘme programme que les Ă©coles publiques et doivent se conformer aux directives du ministĂšre de l’éducation, mĂȘme si leurs dĂ©penses sont payĂ©es par les frais de scolaritĂ© des Ă©lĂšves. En 2009, l'UniversitĂ© de TĂ©hĂ©ran a Ă©tĂ© au cƓur de la contestation[50] aprĂšs la proclamation de la rĂ©Ă©lection du prĂ©sident sortant, l'opposition dĂ©noncant les raids des forces de sĂ©curitĂ© dans des dortoirs universitaires oĂč "le sang a coulĂ© et des jeunes ont Ă©tĂ© battus[51]".

Protection sociale

La premiĂšre forme d'assurance sociale (en persan : , Bimeh-ye ejtemāi) existant en Iran a Ă©tĂ© introduite en 1931 par le ministĂšre des Routes pour les ouvriers travaillant Ă  son service sous la forme d'un fonds de compensation ; deux annĂ©es plus tard, le mĂȘme type de fonds est introduit pour les ouvriers d'État des secteurs de l'industrie et des mines. Plusieurs fonds de compensation sont ensuite crĂ©Ă©s jusqu'Ă  ce qu'une loi rĂ©gulant la sĂ©curitĂ© sociale des ouvriers soit votĂ©e en 1953 (Bimehā-ye ejtemāi-e kārgarān), par la suite Ă©tendue aux non-ouvriers en 1960, aux employĂ©s agricoles en 1963. En 1975, une loi est votĂ©e pour l'unification des statuts de sĂ©curitĂ© sociale pour tous les travailleurs[52]. L'État a tout d'abord pris en compte l'assurance maladie et les pensions de retraite Ă©taient d'abord rĂ©servĂ©es au secteur public, et la loi de 1975 a Ă©tendu la loi sur l'assurance sociale au secteur privĂ©[53].

AprĂšs la rĂ©volution de 1979, plusieurs fondations sont crĂ©Ă©es pour aider les plus dĂ©munis (appelĂ©s mostaz'afin) et amĂ©liorer leurs conditions de vie sous formes d'aides financiĂšres ou de pensions. Le ComitĂ© de secours de l'Imam Khomeini (CSIK), la fondation des martyrs ou la fondation du 15 khordad sont des exemples de ces fondations qui disposent de moyens financiers importants (subventions de l'État, exemption de taxes et dons religieux)[54].

En 1986, la protection sociale est Ă©tendue aux travailleurs indĂ©pendants[55], qui doivent cotiser volontairement entre 12 et 18 % de leurs revenus selon la protection souhaitĂ©e.

La protection sociale couvre les employĂ©s entre 18 et 65 ans, et le financement est partagĂ© entre l'employĂ© (7 % du salaire), l'employeur (20 Ă  23 % de la masse salariale) et l'État (qui complĂšte la contribution de l'employeur Ă  hauteur de 3 % de la masse salariale).

La sĂ©curitĂ© sociale permet d'assurer les employĂ©s contre le chĂŽmage, la maladie, la vieillesse (pension de retraite), les accidents professionnels. L'Organisation de la sĂ©curitĂ© sociale, gĂ©rĂ©e par le MinistĂšre la protection sociale, dĂ©livre aussi des allocations familiales et de maternitĂ© dans certaines conditions[55]. L'Iran n'a pas lĂ©gifĂ©rĂ© en faveur d'une protection sociale universelle, mais en 1996, le Centre des statistiques d'Iran estime que plus de 73 % de la population iranienne est couverte par une assurance sociale[54].

Science

Article dĂ©taillĂ© : Science et technologie en Iran.

L’histoire des sciences en Iran remonte Ă  l’AntiquitĂ©, avec des exemples comme l’acadĂ©mie de Gundishapur, premier hĂŽpital d’enseignement connu. Suivant la conquĂȘte islamique de la Perse, le savoir de la GrĂšce antique, de l’Inde et d’Alexandrie a Ă©tĂ© traduit en arabe par des scientifiques d’origine perse et arabe, crĂ©ant ainsi un des plus grands trĂ©sor scientifique du Moyen Âge. Des scientifiques iraniens trĂšs importants ont, lors de la pĂ©riode islamique, posĂ© les bases de nombreuses disciplines : algĂšbre et mathĂ©matiques avec al-Khuwarizmi, Nasir ad-Din at-Tusi ou Ghiasseddin Jamshidi Kashani ; mĂ©decine avec Avicenne ou Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya al-Razi (dit Rhazes) ; chimie et physique avec Jabir Ibn Hayyan ou Alhazen, astronomie avec Al-Biruni ou Omar Khayyam.

Les sciences appliquĂ©es et les sciences fondamentales sont assez dĂ©veloppĂ©es en Iran. Les physiciens et les chimistes sont rĂ©guliĂšrement publiĂ©s dans des revues Ă  fort facteur d’impact. MalgrĂ© les limites posĂ©es par les fonds, les installations et les collaborations internationales, les scientifiques iraniens ont Ă©tĂ© trĂšs productifs dans des domaines tels que la pharmacologie, la chimie pharmaceutique, et la chimie organique et analytique. Des scientifiques iraniens sont en train d’aider Ă  la construction du SolĂ©nodĂŻde compact Muon, un dĂ©tecteur destinĂ© au Large Hadron Collider du CERN, qui sera mis en opĂ©ration en 2007. Des installations de RMN, de microcalorimĂ©trie, de dichroĂŻsme circulaire ou d’autres permettant d’étudier les protĂ©ines existent en Iran depuis des dĂ©cennies. La recherche sur la rĂ©paration de Tissu biologique Ă©merge Ă  peine dans les dĂ©partements de biophysique.

L’Iran est le bon exemple d’un pays qui a fait des avancĂ©es considĂ©rables en se concentrant sur l’éducation et la formation. MalgrĂ© les sanctions subies pendant les dĂ©cennies passĂ©es, les scientifiques iraniens ont tout de mĂȘme produit des recherches de trĂšs bonne qualitĂ©. Leur taux de publication dans les journaux internationaux a quadruplĂ© durant la dĂ©cennie passĂ©e. Bien que ce taux de publication soit toujours trĂšs bas par rapport aux pays dĂ©veloppĂ©s, cela place l’Iran a la premiĂšre place parmi les pays islamiques[56]. L’Iran a multipliĂ© par dix ses publications entre 1996 et 2004 et a Ă©tĂ© classĂ© premier en termes de taux de croissance, suivi par la Chine[57]

Le phénomÚne des drogues en Iran

L'Iran a Ă©tĂ© un pays producteur et consommateur d'opium pendant des siĂšcles. Le contrĂŽle des drogues a Ă©tĂ© pris en compte depuis longtemps : les premiĂšres ordonnances visant Ă  rĂ©guler l'usage des drogues ont Ă©tĂ© Ă©mises il y a 4 siĂšcles Ă  l'Ă©poque Safavide[58]. En 1920, le pays mettait environ 100 tonnes d'opium par an sur le marchĂ© intĂ©rieur et extĂ©rieur. En 1949, les consommateurs de drogues reprĂ©sentaient 11 % de la population ; les consommateurs rĂ©guliers d'opium Ă©taient 1,3 million, et 500 fumeries d'opium existaient alors dans la capitale, TĂ©hĂ©ran[59].

Alors que la production en Iran a fortement baissĂ© depuis 1979 (le nouveau rĂ©gime met alors en place des politiques trĂšs restrictives vis-Ă -vis du problĂšme des drogues), le caractĂšre de « pays de transit Â» est devenu plus important. Cela est dĂ» Ă  la longue frontiĂšre commune avec l'Afghanistan, qui est devenu le premier producteur d'opium au monde. De plus, le transit relie les zones de production d'Asie Centrale aux zones de consommation que sont la Russie, le Golfe Persique, la Turquie ou l'Europe. Les saisies d'opium faites en Iran reprĂ©sentent ainsi 25 % des saisies mondiales d'opium. Les routes principales du trafic passent par le Khorassan et le Sistan et Balouchestan, des rĂ©gions montagneuses et inhospitaliĂšres, avant de continuer vers TĂ©hĂ©ran, puis vers la Turquie, d'oĂč la drogue part pour l'Europe par la « route des Balkans Â»[60]. Il est gĂ©nĂ©ralement estimĂ© que 40 % des drogues qui transitent par l'Iran restent dans le pays pour servir la consommation locale[61]

Boire du cafĂ© ou du thĂ© Ă  l'opium dans les cafĂ©s Ă©tait une pratique culturelle tolĂ©rĂ©e dans les annĂ©es 1950. Le nombre des consommateurs de drogue a baissĂ© jusqu'aux annĂ©es 1970, dans le cadre de programmes de sevrage ou maintenance de l'usage pour ceux souffrant de maladies chroniques[59]. AprĂšs la rĂ©volution iranienne, une campagne anti-drogues est lancĂ©e : une politique de rĂ©pression se met alors en place. Cependant, l'effort de rĂ©pression est surtout concentrĂ© sur l'alcool, et l'usage de drogues connait une forte augmentation, accompagnĂ©e de l'Ă©volution des modes de consommation.

D'aprĂšs des sources du dĂ©but du XXIe siĂšcle, l'Iran compterait entre 200 000 et 300 000 usagers de drogues[62] ; 1,2 million selon le gouvernement iranien[59] ou 3,3 millions selon les experts iraniens du SIDA[63].

La migration Ă  l'intĂ©rieur du pays, l'urbanisation, la dĂ©linquance et les problĂšmes sociaux ont augmentĂ©, laissant place au dĂ©veloppement et Ă  l'expansion des problĂšmes liĂ©s aux drogues[58]. Les causes sont multiples : les drogues sont largement disponibles (opium, hĂ©roĂŻne, haschich, la cocaĂŻne et d'autres drogues de synthĂšse ont fait leur apparition), la dĂ©pression est courante, le chĂŽmage toucherait 14 Ă  25 % de la population selon les estimations. D'autres personnes avancent encore d'autres causes. Samii rapporte les propos d'usagers de drogue iranien dans son article : « Les jeunes sont en train de devenir des droguĂ©s. Nous n'avons pas de libertĂ©, pas de travail, nulle part oĂč aller pour s'amuser. Alors nous sommes droguĂ©s. Â»[61]

La politique rĂ©pressive, dans un contexte oĂč l'usage et la rĂ©pression augmentent, met le systĂšme judiciaire iranien sous pression : en 2000, la police a procĂ©dĂ© Ă  269 259 arrestations pour des infractions liĂ©es Ă  la drogue (+18 % par rapport Ă  l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente) et plus de 80 000 personnes ont Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©es pour crimes liĂ©s aux drogues. Cependant, la politique de rĂ©pression ayant ses limites, des politiques de rĂ©duction des risques ont Ă©tĂ© mis en place, et cela depuis le milieu des annĂ©es 1990 : ouverture de quelques centres de traitement soutenus par le gouvernement, dĂ©veloppement de groupes d'auto-support par des structures de type Narcotiques Anonymes, rĂ©ouverture des cliniques non-rĂ©sidentielles qui avaient Ă©tĂ© fermĂ©es dans les annĂ©es 1970, traitements de substitutions, actions de prĂ©vention du VIH. Le chef du systĂšme judiciaire, l'Ayatollah Shahroudi a Ă©galement Ă©mis une ordonnance en 2005 rappelant aux juges de ne pas entraver l'action du ministĂšre de la SantĂ© ou des autres organisations qui oeuvrent pour proposer des traitements de substitution ou qui implĂ©mentent des programmes de prĂ©vention des MST[64].

Arts et artisanat

Article dĂ©taillĂ© : Culture de l'Iran.

L’Iran a une longue histoire artistique, musicale, poĂ©tique, philosophique, de traditions et d’idĂ©ologies. Beaucoup d’Iraniens pensent que leur culture est la seule et unique raison ayant permis Ă  leur civilisation de survivre Ă  des milliers d’annĂ©es de perturbations.

La quĂȘte de justice sociale et d’équitĂ© est une partie importante des caractĂ©ristiques de la culture iranienne. Le respect des anciens et l’hospitalitĂ© aux Ă©trangers est aussi partie intĂ©grante de cette Ă©tiquette iranienne.

Littérature

Farhang (« la culture Â») a toujours Ă©tĂ© le point central de la civilisation iranienne. Beaucoup d’Iraniens se considĂšrent comme les fiers dĂ©positaires d’une culture millĂ©naire et sophistiquĂ©e.
Article dĂ©taillĂ© : LittĂ©rature persane.

که Ű§ÛŒŰ±Ű§Ù† ŰšÙ‡ŰŽŰȘ ۧ۳ŰȘ ÛŒŰ§ ŰšÙˆŰłŰȘŰ§Ù†
همی ŰšÙˆÛŒ Ù…ŰŽÚ© ŰąÛŒŰŻ ۧŰČ ŰŻÙˆŰłŰȘŰ§Ù† « Que quelqu’un pense Ă  l’Iran comme Eden ou comme Jardin,
L’odeur du musc de l’ami, du compagnon, abonde ici bas. Â»
—Firdawsi

همه ŰčŰ§Ù„Ù… ŰȘن ۧ۳ŰȘ و Ű§ÛŒŰ±Ű§Ù† ŰŻÙ„
Ù†ÛŒŰłŰȘ ÚŻÙˆÛŒÙ†ŰŻÙ‡ ŰČین Ù‚ÛŒŰ§Űł ŰźŰŹÙ„ « L’Iran est le cƓur et l’univers le corps,
De cette parole, le poĂšte ne ressent humilitĂ© ni remords. Â»
— Nizami

Les travaux subsistants Ă©crits en langues persanes (comme le vieux-persan ou le moyen-persan) remontent aussi loin qu’en 650 av. J.-C., date des inscriptions AchĂ©mĂ©nides les plus anciennes retrouvĂ©es. L’essentiel de la littĂ©rature persane, cependant, remonte Ă  la pĂ©riode de la conquĂȘte de l'Iran par l'Islam aux environs de 650 de notre Ăšre. AprĂšs que les Abbassides soient arrivĂ©s au pouvoir (750), les Persans sont devenus les scribes et les bureaucrates de l’empire Islamique et aussi, de plus en plus, ses Ă©crivains et poĂštes. Les persans Ă©crivaient Ă  la fois en arabe et en persan ; le persan a ensuite prĂ©dominĂ© dans les cercles littĂ©raires successifs. Les poĂštes perses tels que Saadi, Hafez et RĂ»mi sont lus dans le monde entier et ont une eu grande influence sur la littĂ©rature dans de nombreux pays. La littĂ©rature persane contemporaine est peut-ĂȘtre moins connue.

La littĂ©rature persane est notamment renommĂ©e pour sa poĂ©sie, qui peut ĂȘtre Ă©pique, historique, philosophique, amoureuse


Les principaux Ă©crivains persans sont Ferdowsi, auteur du ShĂąh NĂąmĂą, la grande Ă©popĂ©e iranienne, Nizami, auteur du Khamsa (ou « Cinq PoĂšmes Â»), RĂ»mi avec MesvĂąni et le Chant des oiseaux, Sa’adi, Hafez, Omar Khayyam, Attar avec le MĂ©morial des Saints, la confĂ©rence des oiseaux et le livre des secrets


Parmi les Ă©crivains contemporains, on peut citer aussi Sadegh Hedayat, Ali Shariati, Fereydoun Moshiri, Furough Farrokhzad.

Cinéma

Article dĂ©taillĂ© : CinĂ©ma iranien.

Le cinĂ©ma n’est ĂągĂ© que de cinq ans quand il arrive en Perse au dĂ©but du XXe siĂšcle. Le premier rĂ©alisateur iranien fut sĂ»rement Mirza Ebrahim Khan Akkas Bashi, le photographe officiel de Mozaffaredin Shah, le Shah d’Iran (1896-1907). AprĂšs une visite Ă  Paris en juillet 1900, Akkas Bashi obtint une camĂ©ra et filma la visite du Shah en Belgique.

Le cinĂ©ma iranien d’aprĂšs la rĂ©volution rencontre un important succĂšs sur les forums internationaux pour son style distinct, ses thĂšmes, ses auteurs, son idĂ©e de nationalitĂ© et la manifestation de la culture. De nombreux rĂ©alisateurs iraniens de classe mondiale ont Ă©mergĂ©, comme Abbas Kiarostami et Jafar Panahi. La prĂ©sence rĂ©guliĂšre de films iraniens dans de prestigieux festivals internationaux comme le Festival de Cannes, la Mostra de Venise ou le Festival de Berlin ont attirĂ© l’attention du monde entier sur des chefs-d’Ɠuvre[65]. Les films iraniens ont Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement sĂ©lectionnĂ©s ou ont gagnĂ© des prix prestigieux tels que le Lion d’Or de la Mostra de Venise, la Palme d’Or du Festival de Cannes ou l'Ours d’argent ou d’or de la Berlinale. En 2006, 6 films iraniens, de 6 styles diffĂ©rents, ont reprĂ©sentĂ© le cinĂ©ma iranien au festival du film de Berlin. Cela a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© par les critiques comme un Ă©vĂšnement remarquable pour le cinĂ©ma iranien[66],[67].

Musique

Article dĂ©taillĂ© : Musique d'Iran.

La musique d’Iran a une histoire plusieurs fois millĂ©naire remontant au NĂ©olithique, tels que peuvent l’attester les fouilles archĂ©ologiques Ă  Élam, au sud-ouest de l’Iran. Il faut distinguer la science de la musique, ou musicologie (Elm-e Musiqi) qui, en tant que branche des mathĂ©matiques, a toujours Ă©tĂ© trĂšs bien considĂ©rĂ©e dans le pays, et la performance musicale (Tarab, Navakhteh, Tasneef, Taraneh ou plus rĂ©cemment Muzik) qui a souvent eu une relation conflictuelle avec les autoritĂ©s religieuses.

La musique classique iranienne (Musiqi Asil) est basĂ©e sur les thĂ©ories acoustiques et esthĂ©tiques exposĂ©es par Farabi et Shirazi dans les premiers siĂšcles de l’Islam. Ce genre musical prĂ©serve les formules mĂ©lodiques attribuĂ©es aux musiciens des Cours impĂ©riales de Khosro Parviz Ă  la pĂ©riode Sassanide. Ces modes sont connus sous le nom de dastgah et reprĂ©sentent un rĂ©pertoire (radif) dans lequel les autres genres musicaux iraniens puisent leurs idĂ©es et leur inspiration[68].

Musiciens jouant de la musique de chambre iranienne traditionnelle

La musique religieuse n’est pas un genre homogĂšne. Les piĂšces de thĂ©Ăątre (tazieh) reprĂ©sentant la passion de l’imam Hussein ont leur origine dans la musique martiale. D'une maniĂšre similaire, la musique des confrĂ©ries soufies, par l’utilisation d'instruments mystiques daf et tambur et la pratique de cĂ©rĂ©monies rituelles (zikr et jam), possĂšde une libertĂ© de composition plus grande et est rythmiquement plus sophistiquĂ©e que la musique classique[69].

La musique populaire et folklorique joue un rĂŽle important dans la vie quotidienne des iraniens ruraux, comme les chansons folkloriques du Kurdistan et du Khorasan, mais aussi des citadins car elle inspire la musique populaire et classique.

L’Iran a dĂ©veloppĂ© sa propre musique pop dans les annĂ©es 1970, utilisant des formes et des instruments indigĂšnes et ajoutant de la guitare Ă©lectrique et d’autres caractĂ©ristiques importĂ©es; le musicien le plus populaire de cette Ă©poque Ă©tait une chanteuse, Gougoush. La musique pop a cependant Ă©tĂ© bannie aprĂšs la rĂ©volution de 1979[70] qui a lancĂ© une renaissance dans la musique classique perse permettant l'Ă©mergence de cĂ©lĂ©britĂ©s nationales et internationales comme Mohammad Reza Lotfi, Hossein Alizadeh, Shahram Nazeri et Mohammad Reza Shadjarian. Toutefois, beaucoup d’iraniens trĂšs conservateurs ne voyaient pas d’un bon Ɠil mĂȘme les mĂ©lodies et les paroles les plus simples. Ainsi fut-il interdit aux femmes de chanter en public ; elles peuvent toujours jouer d’un instrument[70].

Danse

Article dĂ©taillĂ© : Danse persane.

La danse en Iran possĂšde une longue histoire et s’est dĂ©veloppĂ©e depuis les temps datant de l’époque prĂ©-achĂ©mĂ©nides. En effet, des fouilles durant ces 30 derniĂšres annĂ©es donnent accĂšs Ă  la preuve de son existence depuis l’apparition du culte de Mithra 2000 ans avant notre Ăšre[71]. Pour cette nation ancienne, la danse peut ĂȘtre envisagĂ©e comme un phĂ©nomĂšne important et social et/ou un rituel religieux. Cependant, des restrictions politiques aux danses iraniennes et traditionnelles ont eu lieu aprĂšs la rĂ©volution de 1979, la danse et la musique ont un temps Ă©tĂ© mal vues, voire interdites pendant un temps, mais cette histoire millĂ©naire se perpĂ©tue toujours, parfois dans un cadre plus privĂ©.

La danse peut intervenir dans de nombreux contextes trĂšs diffĂ©rents : les Ă©vĂ©nements sociaux, les rites de passage, les exorcismes et les cĂ©rĂ©monies[71]. Ces contextes peuvent ĂȘtre associĂ©s Ă  des Ă©vĂ©nements traditionnels ou historiques (fĂȘtes nationales, jours religieux festifs, fĂȘtes prĂ©-islamiques, migrations tribales
) ou avoir lieu de maniĂšre improvisĂ©e.

Miniatures

Kelileh va Demneh, Manuscrit persan datant de 1429, provenant de Herat, l’illustration reprĂ©sente un chacal essayant de faire fuir un lion.
Article dĂ©taillĂ© : Miniature persane.

Les thĂšmes de la miniature persane sont pour la plupart liĂ©s Ă  la mythologie persane et Ă  la poĂ©sie. Les artistes occidentaux ont dĂ©couvert la miniature persane au dĂ©but du XXe siĂšcle. Les miniatures persanes utilisent de la gĂ©omĂ©trie pure et une palette de couleurs vives.

Il est difficile de tracer les origines de l’art de la miniature persane, qui a atteint son sommet pendant les pĂ©riodes Mongoles et Timourides (XIIe ‑ XVIe siĂšcles). Les dirigeants mongols de l’Iran ont rĂ©pandu le culte de la peinture chinoise et l’ont amenĂ© avec eux, comme un certain nombre d’artisans chinois. Le papier lui-mĂȘme, est arrivĂ© en Perse depuis la Chine en 753. L’influence chinoise est donc trĂšs grande sur cet art.

La fonction la plus importante de la miniature Ă©tait l’illustration. Elle donnait une image Ă  un texte littĂ©raire, le rendant plus agrĂ©able et facile Ă  comprendre. La richesse poĂ©tique iranienne a permis l’émergence de nombreuses Ă©coles importantes de la miniature, chacune possĂ©dant son style unique, et crĂ©ant ainsi une grande diversitĂ© de peintures. C’est Ă  travers ces Ă©coles que la peinture miniature a atteint son apogĂ©e, Ă  la fois en Iran et en Asie centrale. Les trois Ă©coles ayant eu le plus d’influence sur la miniature Ă©taient situĂ©es Ă  Shiraz, Tabriz et Herat (actuel Afghanistan).

Un des peintres les plus connus et ayant eu le plus d’influence dans l’école d’Herat Ă©tait Kamaleddin Behzad. Les Ɠuvres de Behzad ont influencĂ© le dĂ©veloppement ultĂ©rieur de l’art de la miniature.

Le thĂšme des miniatures est devenu plus limitĂ© au fur et Ă  mesure que le temps passa. Au XVIIe siĂšcle, les thĂšmes portaient principalement sur des scĂšnes d’amour, des portraits et mĂȘme des copies d’images europĂ©ennes. Au XVIIIe siĂšcle apparut un nouveau genre faisant apparaĂźtre des fleurs et des oiseaux.

Tapis

Article dĂ©taillĂ© : Tapis persan.

Probablement nĂ© Ă  l'Ăąge du Bronze, le tapis persan est un Ă©lĂ©ment essentiel de l’art et de la culture persane. Au XVIe siĂšcle, les Safavides en ont dĂ©veloppĂ© la production et en ont Ă©levĂ© le tissage au rang d'art[72].

C'est aujourd'hui un mode d’expression artistique par la libertĂ© qu’autorise notamment le choix des couleurs vives et des motifs employĂ©s. Les secrets de fabrication sont passĂ©s de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Les artisans utilisaient les insectes, les plantes, les racines, les Ă©corces et d’autres matiĂšres comme source d’inspiration.

Cuisine

Dressage de table typique pour un plat iranien populaire, le Chelo Kabāb
Article dĂ©taillĂ© : Cuisine iranienne.

La cuisine d’Iran est diverse, chaque province ayant ses propres plats aussi bien que ses styles et traditions culinaires, distinctes selon les rĂ©gions. Elle n’est pas Ă©picĂ©e. Les herbes sont beaucoup utilisĂ©es, de mĂȘme que les fruits tels que prunes, grenades, raisins, coings ou autres. La plupart des plats iraniens sont une combinaison de riz avec de la viande (poulet, agneau) ou du poisson et beaucoup d’ail, d’oignon, de lĂ©gumes, de noix et de fines herbes.

Dans son livre La nouvelle nourriture de la vie, Najmieh Batmanglij Ă©crit que la « cuisine d’Iran a beaucoup en commun avec d'autres cuisines du Moyen-Orient, mais est souvent considĂ©rĂ©e comme la plus sophistiquĂ©e et la plus imaginative de toutes, aussi colorĂ©e et complexe qu'un tapis persan. Â»[73]

Sport

Article dĂ©taillĂ© : Sport en Iran.
Pahlevans s’entraünant à l’exercice dit Kabbadeh zadan dans une zurkhaneh de Shiraz

Le sport traditionnel iranien est le Varzesh-e Pahlavani (« sport des hĂ©ros Â»), un art martial remontant Ă  l’époque parthe ou sassanide. Ce sport consiste en une sĂ©rie de techniques de culturisme accompagnĂ©es de lutte. De plus, ce sport accorde une grande importance Ă  l’esprit chevaleresque, Ă  la courtoisie et Ă  la bravoure. Le Varzesh-e Pahlavani est normalement pratiquĂ© dans une Zurkhaneh oĂč diffĂ©rents accessoires sont utilisĂ©s pour l’entraĂźnement (par ex. MÄ«l, Kabbadeh, Sang et Takhteh Shena). Les pratiquants de ce sport sont appelĂ©s des Pahlavan (littĂ©ralement "athlĂšte").

Gholamreza Takhti.

L’Iran gagne sa premiĂšre mĂ©daille olympique avec la mĂ©daille d’argent en lutte obtenue Ă  Helsinki en 1952 par Gholamreza Takhti. Il gagne par la suite une mĂ©daille d’or Ă  Melbourne en 1956 puis l’argent de nouveau Ă  Rome. Le pays se distingue rĂ©guliĂšrement dans des compĂ©titions internationales en lutte et en haltĂ©rophilie. Hossein Reza Zadeh est actuellement (2006) dĂ©tenteur du record du monde d’haltĂ©rophilie dans la catĂ©gorie de plus de 105 kg, il est le premier iranien Ă  avoir remportĂ© deux mĂ©dailles d’or olympiques. Nassim Hassanpour a reprĂ©sentĂ© l’Iran en tir au pistolet Ă  10 m aux jeux Olympiques de Sydney en 2004. Elle Ă©tait la plus jeune et la seule reprĂ©sentante fĂ©minine de la dĂ©lĂ©gation iranienne.

Ali Daei.

L’équipe de football a participĂ© Ă  deux phases finales de Coupe du monde et s’est rĂ©cemment qualifiĂ© pour sa troisiĂšme, en 2006. Des joueurs comme Ali Daei, Vahid Hashemian, Ali Karimi, Andranik Teymourian et Javad Nekounam jouent ou ont jouĂ© Ă  l’étranger dans des clubs de premiĂšre division europĂ©ens tels que le Bayern de Munich, VfL Bochum, Hambourg SV, Osasuna Pampelune ou au Bolton Wanderers FC.

Le ski est Ă©galement un sport trĂšs prisĂ© des classes aisĂ©es iraniennes, pratiquĂ© dans nombre de stations de sports d’hiver comme Dizin, situĂ© Ă  proximitĂ© de TĂ©hĂ©ran, ou Sepidan, dans le Fars.

En 2002, les sports les plus pratiqués sont le football, le culturisme, le volley-ball, les arts martiaux, la natation, les sports de montagne (alpinisme, ski, randonnée) et la lutte. Le tennis, le golf, le basket-ball, la gymnastique et le Varzesh-e Pahlavani sont pratiqués dans des proportions moindres[74].

État et politique

Article dĂ©taillĂ© : Politique de l'Iran.

RĂ©partition des pouvoirs

Institutions politiques de l’Iran.

L’Iran, depuis l’instauration de la RĂ©publique islamique, prĂ©sente un systĂšme institutionnel trĂšs singulier. L’Iran est le seul État officiellement chiite et un des rares pays Ă  ĂȘtre une thĂ©ocratie ; c’est-Ă -dire que le pouvoir, censĂ© Ă©maner de Dieu, rĂ©side dans les mains du clergĂ©. Cette thĂ©ocratie dĂ©coule du concept de velayat-e faqih, thĂ©orisĂ© dans les annĂ©es 1960 par l’ayatollah Rouhollah Khomeini, premier « Guide de la RĂ©volution Â». Cependant, il existe aussi une dimension reprĂ©sentative dans ce systĂšme, puisque la souverainetĂ© populaire est reconnue et qu’un processus Ă©lectoral permet l’élection du prĂ©sident de la rĂ©publique, des dĂ©putĂ©s et des membres de l’assemblĂ©e des experts. Ce systĂšme Ă©lectoral s’inspire des dĂ©mocraties populaires, le pluralisme politique n’existe pas ; les candidats appartiennent aux diverses factions islamistes[75].

Le systĂšme politique de la RĂ©publique islamique est basĂ© sur la Constitution de 1979 appelĂ©e Qānun-e Asasi (« Loi Fondamentale Â»). Le systĂšme comprend plusieurs corps gouvernants intimement reliĂ©s, dont la plupart sont nommĂ©s par le guide (seuls le prĂ©sident, les membres du parlement, et les membres de l’assemblĂ©e des experts sont Ă©lus au suffrage universel). L’ñge minimum requis pour voter est fixĂ© Ă  15 ans.

Pouvoir exécutif

Article dĂ©taillĂ© : Rahbar.

Le Guide de la rĂ©volution (aussi appelĂ© « Guide suprĂȘme Â») est responsable de la supervision des « politiques gĂ©nĂ©rales de la RĂ©publique islamique d’Iran Â»[76]. Le guide de la rĂ©volution est Ă©lu par l’AssemblĂ©e des experts pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e. Le guide de la rĂ©volution est commandant en chef des forces armĂ©es ; il contrĂŽle le renseignement militaire et les opĂ©rations liĂ©es Ă  la sĂ©curitĂ© ; lui seul a le pouvoir de dĂ©clarer la guerre. C’est aussi la seule personne des institutions d’État obligatoirement religieuse. Il peut dĂ©mettre le prĂ©sident de la rĂ©publique de ses fonctions, aprĂšs que la cour suprĂȘme eut reconnu ce dernier coupable de violation de ses devoirs constitutionnels, ou aprĂšs un vote du Parlement tĂ©moignant de son incapacitĂ© sur la base du principe 89 de la constitution. L’assemblĂ©e des experts est responsable de la supervision du guide suprĂȘme dans le cadre de l’exĂ©cution de ses devoirs lĂ©gaux. Le guide suprĂȘme actuel est l’ayatollah Ali Hossein Khamenei (dĂ©signĂ© en 1989).

Article dĂ©taillĂ© : PrĂ©sident de l'Iran.

La Constitution dĂ©finit le prĂ©sident comme la plus haute autoritĂ© de l’État aprĂšs le guide de la rĂ©volution[76]. Le prĂ©sident est Ă©lu au suffrage universel pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. Les candidats Ă  la prĂ©sidence doivent ĂȘtre autorisĂ©s Ă  se prĂ©senter par le Conseil des gardiens. Le prĂ©sident est responsable de l’application de la constitution et de l’exercice des pouvoirs exĂ©cutifs, Ă  l’exception de ceux directement liĂ©s au guide suprĂȘme. Le prĂ©sident nomme et supervise le Conseil des Ministres, coordonne les dĂ©cisions du gouvernement et sĂ©lectionne les politiques du gouvernement avant qu’elles soient transmises au parlement. Dix vice-prĂ©sidents assistent le prĂ©sident, ainsi qu’un cabinet de 22 ministres, dont la nomination doit ĂȘtre approuvĂ©e par le parlement[77]. Le PrĂ©sident de la RĂ©publique actuel est Mahmoud Ahmadinejad (Ă©lu en juin 2005).

Pouvoir législatif

Article dĂ©taillĂ© : Majlis d'Iran.

La Majles (maÊ€les), dont le nom complet est « AssemblĂ©e consultative islamique Â» (en persan : Ù…ŰŹÙ„Űł ŰŽÙˆŰ±Ű§ÛŒ Ű§ŰłÙ„Ű§Ù…Ù‰, Majles-e Shora-ye Eslami), est l’unique assemblĂ©e du systĂšme monocamĂ©ral iranien. Elle compte 290 membres Ă©lus pour un mandat de quatre ans. La Majles Ă©bauche la lĂ©gislation, ratifie les traitĂ©s internationaux et approuve le budget national. Tout candidat Ă  la lĂ©gislature doit ĂȘtre autorisĂ© Ă  se prĂ©senter par le Conseil des gardiens. En 2006, 5 siĂšges sont rĂ©servĂ©s pour les minoritĂ©s religieuses.

Article dĂ©taillĂ© : AssemblĂ©e des experts.

L’AssemblĂ©e des experts, qui siĂšge une semaine par an, compte 86 membres du clergĂ© « vertueux et cultivĂ©s Â» Ă©lus au suffrage universel pour un mandat de huit ans. Comme pour les Ă©lections prĂ©sidentielle et lĂ©gislatives, c’est le Conseil des Gardiens qui dĂ©termine l’éligibilitĂ© des candidats. L’assemblĂ©e Ă©lit le Guide suprĂȘme et a l’autoritĂ© constitutionnelle pour lui retirer le pouvoir Ă  n’importe quel moment. On n’a cependant jamais vu de cas oĂč cette assemblĂ©e s’opposait aux dĂ©cisions du guide suprĂȘme.

Article dĂ©taillĂ© : Conseil des Gardiens.

Le Conseil des Gardiens compte 12 juristes dont 6 sont nommĂ©s par le Guide suprĂȘme. L’autre moitiĂ© est recommandĂ©e par le dirigeant du pouvoir judiciaire (lui-mĂȘme nommĂ© par le Guide de la rĂ©volution) et officiellement nommĂ©s par le parlement. Le conseil interprĂšte la constitution et peut user de son droit de veto Ă  l’encontre de la Majles : s’il juge une loi incompatible avec la constitution ou les principes de l’islam, il la renvoie au parlement pour rĂ©examen. Dans l’exercice controversĂ© de son autoritĂ©, le conseil se rĂ©fĂšre Ă  une interprĂ©tation stricte de la constitution afin de mettre son veto aux candidats au parlement.

Le Conseil de discernement, composĂ© de six membres religieux du Conseil des Gardiens de la Constitution, des chefs des pouvoirs lĂ©gislatifs, judiciaires et exĂ©cutif, du ministre concernĂ© par l’ordre du jour auxquels s’ajoute une dizaine d’autres personnalitĂ©s. Il a l’autoritĂ© pour faire la mĂ©diation des problĂšmes entre le parlement et le conseil des gardiens, et sert de corps consultatif au guide suprĂȘme ; en faisant ainsi un des organes de pouvoir les plus puissants du pays.

Pouvoir judiciaire

Article dĂ©taillĂ© : SystĂšme judiciaire iranien.

Le guide de la rĂ©volution nomme le chef du pouvoir judiciaire (actuellement Mahmoud Hashemi Shahroudi), qui Ă  son tour nomme le dirigeant de la cour suprĂȘme et le procureur en chef. Il existe diffĂ©rents types de tribunaux incluant les tribunaux publics qui sont en charge des cas civils et criminels, et les tribunaux rĂ©volutionnaires qui traitent diffĂ©rents cas, dont les crimes contre la sĂ©curitĂ© nationale. Les dĂ©cisions des tribunaux rĂ©volutionnaires sont finales et l’appel n’est pas possible. Le tribunal spĂ©cial clĂ©rical est en charge des crimes commis par les membres du clergĂ©, bien qu’il se soit aussi chargĂ© de cas impliquant de laĂŻcs. Le tribunal spĂ©cial clĂ©rical fonctionne indĂ©pendamment du systĂšme judiciaire rĂ©gulier et ne rend compte qu’au guide de la rĂ©volution. Les dĂ©cisions de ce tribunal sont dĂ©finitives et on ne peut y faire appel. Plusieurs religieux rĂ©formistes ont par exemple Ă©tĂ© jugĂ©s et condamnĂ©s sous des prĂ©textes divers par le tribunal spĂ©cial du clergĂ©[78], comme le montre l’exemple de l’Hojjat-ol-Eslam Abdollah Nouri, Ă©diteur du journal Khordad. Ce religieux rĂ©formateur, critique de la rĂ©pression, est accusĂ© d’insultes Ă  Khomeini et de publication d’articles religieux puis condamnĂ© Ă  cinq ans d’emprisonnement[79]

Pouvoirs locaux : conseils de villes et de villages

Article dĂ©taillĂ© : Conseils de villes et villages en Iran.

Les conseils locaux sont Ă©lus par un vote public pour des mandats de quatre ans dans toutes les villes et villages d’Iran. D’aprĂšs l’article 7 de la constitution iranienne, ces conseils locaux, avec le parlement, sont « les organes administratifs et de dĂ©cision de l’État Â»[76]. Cette section de la constitution n’a pas Ă©tĂ© appliquĂ©e avant 1999, quand les premiĂšres Ă©lections de conseils locaux ont Ă©tĂ© tenues dans le pays. Les conseils ont diffĂ©rentes responsabilitĂ©s comme Ă©lire les maires, superviser les activitĂ©s des municipalitĂ©s, Ă©tudier les besoins sociaux, sanitaires, Ă©conomiques, culturels et Ă©ducatifs de leurs administrĂ©s. Ils planifient et coordonnent la participation nationale Ă  l’implĂ©mentation des dĂ©cisions sociales, Ă©conomiques, culturelles, Ă©ducatives et autres.

Politique intérieure

Nonobstant le caractĂšre "rĂ©publicain" et "dĂ©mocratique" de l'Etat iranien, son gouvernement est un rĂ©gime autoritaire[80],[81]. La majoritĂ© du peuple iranien serait totalement insatisfait du rĂ©gime[82]. MĂȘme si le peuple Ă©lit ses reprĂ©sentants au suffrage universel, les personnes Ă©ligibles sont choisies par les instances islamiques[83]. Amnesty International classe l'Iran dans les deux pays avec le plus fort taux d'exĂ©cution (avec la Chine). Selon les organismes internationaux de dĂ©fense des droits de l'homme, la torture et le viol par les Gardiens de la RĂ©volution islamique se produisent rĂ©guliĂšrement[84]. Amnesty International affirme aussi qu'il n'existe pas de libertĂ© d'expression[85]. Enfin, dans son Ă©ditorial consacrĂ© Ă  l'Iran d'aprĂšs l'Ă©lection prĂ©sidentielle contestĂ©e de juin 2009 et la violente rĂ©pression des protestations qui l'ont suivie, le journal Le Monde s'est fait l'Ă©cho d'un concept qui pourrait dĂ©crire la dĂ©rive autocratique du pouvoir de TĂ©hĂ©ran : "Comment nommer ce mĂ©lange d'hypernationalisme (note: ceci est une erreur, le rĂ©gime iranien ne se veut pas nationaliste et rejette tout ce qui relĂšve de la culture et de l'histoire iranienne, les ruines de Persepolis auraient Ă©tĂ© dĂ©truites par les bulldozers du rĂ©gime si le peuple ne s'Ă©tait pas dresser contre ce projet, ils ont interdit le drapeau iranien, l'hymne national iranien, toutes les thĂ©ories de la rĂ©publique islamique considĂšrent l'Islam comme une rĂ©alitĂ© supĂ©rieur Ă  tout et en tout cas Ă  la nation, voire la vidĂ©o de Khomeini revenant en Iran aprĂšs 15 ans d'exil dĂ©clarant qu'il ne ressent rien par rapport Ă  ce retour Ă  sa terre natale) et de populisme, de quĂȘte de "puretĂ© rĂ©volutionnaire" et d'anti-intellectualisme, de mĂ©pris de la dĂ©mocratie, de rejet du compromis ? Islamo-fascisme ?"[86]

Politique générale

Peinture murale Ă  Suse vantant le tchador
Partisans de Mostafa Mo’in, candidat Ă  l’élection prĂ©sidentielle en 2005, dont un des slogans Ă©tait de se battre pour les Droits de l’Homme

L’État iranien, Ă  part ces structures institutionnelles, possĂšde d’autres particularitĂ©s sur le plan politique. Il existe en effet des structures de dĂ©doublement de l’appareil d’État. Ces structures, appelĂ©es structures rĂ©volutionnaires (nahadha ye enqelāb), dĂ©pendent directement du guide de la rĂ©volution et prennent en charge des activitĂ©s gĂ©nĂ©ralement sous le contrĂŽle du gouvernement. L’ArmĂ©e iranienne est ainsi doublĂ©e par les Gardiens de la rĂ©volution et les tribunaux par des tribunaux rĂ©volutionnaires. Dans chaque ministĂšre et chaque province est nommĂ© un reprĂ©sentant du guide.

La politique est rĂ©servĂ©e aux factions[87] islamistes[88], puisque tous les autres partis traditionnels sont interdits[89]. Il existe deux tendances chez les islamistes : conservateurs et rĂ©formateurs. Tous deux veulent faire durer le systĂšme iranien, mais ils ne sont pas d’accord sur les moyens Ă  employer. Les conservateurs s’opposent Ă  tout changement, et sont pour la ligne dure en vigueur aux dĂ©buts de la rĂ©volution. Les rĂ©formateurs sont pour une certaine libĂ©ralisation politique. L’élection de Mohammad Khatami, un rĂ©formateur, en 1997, a montrĂ© la volontĂ© de changement des Iraniens. NĂ©anmoins, les difficultĂ©s crĂ©Ă©es par les conservateurs pour faire valider les lois des rĂ©formateurs ont empĂȘchĂ© le moindre changement et ont permis aux conservateurs de revenir sur la scĂšne politique. La perte de crĂ©dibilitĂ© a entraĂźnĂ© un fort taux d’abstention aux Ă©lections municipales en 2003, le retour de dĂ©putĂ©s conservateurs au Majles en 2004, jusqu’à l’élection de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2005. Ce dernier sera rĂ©Ă©lu en 2009 Ă  l'issue d'un scrutin aux rĂ©sultats trĂšs contestĂ©s par des millions d'Iraniens favorables Ă  son principal concurrent rĂ©formateur l'ex-Premier Ministre, de la RĂ©publique Islamiste Iranienne, Mir-Hossein Mousavi de 1981 Ă  1989.

Les catĂ©gories de la population les plus sensibles pour les autoritĂ©s politiques de la rĂ©publique d’Iran sont les jeunes, les femmes et les intellectuels[89]. La jeunesse iranienne vit une crise causĂ©e par les contraintes morales, le manque de perspectives d’avenir et le chĂŽmage[90]. Les jeunes n’abandonnent pas pour autant leur quĂȘte de libertĂ© sociale : libertĂ© de choix vestimentaires, de rencontre entre sexes opposĂ©s dans les lieux publics, d’accĂšs Ă  la production culturelle et artistique du monde entier[89]. Les revendications ayant trait Ă  la condition de la femme en Iran n’ont rien perdu de leur vigueur[91]. Bien que leur statut juridique soit infĂ©rieur, comme le montrent notamment l’obligation du port du voile[92] et les mesures relatives Ă  la mixitĂ©, les femmes participent Ă  tous les aspects de la vie politique, sociale, Ă©conomique, scientifique et artistique. Il existe aujourd’hui deux mouvements fĂ©ministes en Iran : un courant fĂ©ministe islamiste, se rĂ©clamant des valeurs religieuses et de la tradition, et un autre se rĂ©clamant de la laĂŻcitĂ©[91]. Les intellectuels (roshanfekran) sont eux aussi divisĂ©s en religieux et laĂŻques[93]. Ils ont changĂ© leur vision entre les dĂ©buts de la rĂ©publique islamique et aujourd’hui, un quart de siĂšcle aprĂšs. Abdul Karim Soroush, un philosophe iranien tout d’abord partisan de la rĂ©volution, est aujourd’hui considĂ©rĂ© comme un degarandishan (« ceux qui pensent autrement Â») ; il a dĂ©veloppĂ© une approche critique de l’islam : il distingue une version de la religion qui n’a son mot Ă  dire que dans la sphĂšre du sacrĂ© et une autre qui a son mot Ă  dire sur tout, y compris la vie sociale et politique[93]. De nombreux intellectuels pensent de maniĂšre similaire Ă  Soroush et sont opposĂ©s Ă  l’imbrication du politique et du religieux. Les laĂŻques, bien que soumis Ă  l’intimidation sont toujours actifs. Des dĂ©bats rĂ©guliers ont lieu sur l’ouverture du systĂšme politique, le rĂŽle de la sociĂ©tĂ© civile, la dĂ©mocratie, l’espace public, etc[89].

Les jeunes, les femmes, les intellectuels et les classes moyennes forment une sociĂ©tĂ© civile qui n’est pas dotĂ©e de structures d’encadrement, car l’appareil d’État a infiltrĂ© les institutions civiles[94]. Des groupes existent nĂ©anmoins en dehors du contrĂŽle de l’état, qui permettent d’organiser des manifestations, signer des pĂ©titions[95],[89]. Des contacts ont aussi lieu avec la diaspora iranienne et l’extĂ©rieur du pays pour informer sur la situation nationale et internationale[89].

Situation des droits humains en Iran
Partisans de Mostafa Mo’in, candidat Ă  l’élection prĂ©sidentielle en 2005, dont un des slogans Ă©tait de se battre pour les Droits de l’Homme (il n’a obtenu que 13,83%)
Article dĂ©taillĂ© : Droits de l'homme en Iran.

La situation des droits de l’homme est jugĂ©e trĂšs prĂ©occupante en Iran[96].

Sous le rĂšgne du Shah, le non-respect des droits de l'homme avaient Ă©tĂ© constatĂ© et dĂ©noncĂ© par des ONG. Depuis l'instauration de la RĂ©publique islamique, la violation par le gouvernement iranien des droits civils et de la libertĂ© d’expression politique est toujours dĂ©noncĂ©e Ă  travers le monde. L’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et la Commission des droits de l’homme de l’ONU se dĂ©clarent prĂ©occupĂ©es par « le grand nombre d'exĂ©cutions capitales, de cas de torture et de traitements ou chĂątiments inhumains ou dĂ©gradants, les normes appliquĂ©es en ce qui concerne l'administration de la justice, l'absence de garanties d'une procĂ©dure rĂ©guliĂšre, le traitement discriminatoire de certains groupes de citoyens Â»[96].

RĂ©cemment, la rĂ©Ă©lection contestĂ©e par beaucoup d'iraniens du PrĂ©sident de la rĂ©publique sortant, Mahmoud Ahmadinejad, celui-ci Ă©tant soutenu par le Guide suprĂȘme de la rĂ©volution, et la rĂ©pression des manifestations de protestation dont, parmi bien d'autres, Neda Agha-Soltan est la victime emblĂ©matique, accentue la situation critique des droits de l'homme dans le pays.

Depuis l’établissement de la rĂ©publique islamique en 1979, les lois iraniennes sont basĂ©es sur une interprĂ©tation particuliĂšre de la Charia. Toutes les relations sexuelles qui ont lieu en dehors du traditionnel mariage hĂ©tĂ©rosexuel sont illĂ©gales et aucune distinction lĂ©gale n’est faite entre les relations consenties ou non consenties. Le rapport du HCR de 2001 dit que la chirurgie de changement de sexe est frĂ©quemment et ouvertement menĂ©e en Iran, et que les homosexuels et les travestis sont en sĂ©curitĂ© tant qu’ils gardent profil bas[97]. Le rapport dĂ©clare de plus qu’il n’est pas possible actuellement pour les individus transgenres de choisir de ne pas subir de chirurgie - si on leur accorde le droit de changer de sexe, il est attendu qu’ils le fassent immĂ©diatement. Ceux qui ne veulent pas se faire opĂ©rer (ainsi que ceux qui se travestissent ou ne peuvent dĂ©finir leur sexe) sont considĂ©rĂ©s comme Ă©tant de leur genre biologique, et, en tant que tels, peuvent ĂȘtre soumis Ă  harcĂšlement pour le fait d’ĂȘtre homosexuels et sont donc sujets aux mĂȘmes lois interdisant les actes homosexuels[98].

Depuis son Ă©lection en 2005, la prĂ©sidence de Mahmoud Ahmadinejad est marquĂ©e par la prioritĂ© donnĂ©e Ă  la politique internationale. Le pouvoir se prĂ©occupe plus de la position gĂ©ostratĂ©gique du pays que des problĂšmes intĂ©rieurs. L’efficacitĂ© de l’action internationale sur les Droits de l’Homme en est affectĂ©e. Le dialogue avec l’Union europĂ©enne, rompu en 2004, n’est pas repris malgrĂ© une tentative de relance en 2005. L’ACAT note toutefois que, malgrĂ© des dĂ©clarations contradictoires, la position de l’Iran pourrait Ă©voluer sur la question de l’application de la peine capitale aux mineurs[99]. À l’opposĂ©, Amnesty International craint que le nombre d’exĂ©cutions de mineurs depuis 2005 soit sous-Ă©valuĂ©. L’association avait vu dans les promesses Ă©lectorales de Mahmoud Ahmadinejad (amĂ©lioration des droits sociaux et Ă©conomiques) une occasion de sensibiliser l’Iran au thĂšme des droits humains. Elle note au contraire que « les mois ont passĂ© et
 rĂ©pression, limitation du droit Ă  l’expression et d’association, arrestations arbitraires, torture et pour agrĂ©menter le tout, retour massif Ă  la peine de mort, sont Ă  nouveau Ă  la carte Â»[100].

En 2003, Bernard Hourcade, iranologue au CNRS dressait un portrait optimiste de l’évolution politique et sociale de l’Iran. Il constatait une modernisation du pays dans les secteurs culturel, social, Ă©conomique, politique, des relations internationales, et des Ă©changes universitaires internationaux. De nombreux anciens pasdarans qui occupent aujourd’hui des postes clefs sont allĂ©s Ă©tudier Ă  l’étranger. Il notait que les notions de rĂ©publique, de dĂ©mocratie ou de libertĂ©s s’ancrent de plus en plus dans la sociĂ©tĂ© iranienne et crĂ©ent les conditions d’un changement profond ; changement dans lequel l’islam politique a une nouvelle place. Selon lui, « malgrĂ© la rĂ©pression, l’Iran est un pays oĂč les gens dĂ©battent, parlent, s’expriment, protestent. Quels que soient leurs efforts, les autoritĂ©s clĂ©ricales qui contrĂŽlent la justice et la police ne sont plus en mesure de contrĂŽler l’accĂšs Ă  l’information ni l’expression des revendications. Les actes de rĂ©pression pour l’exemple, notamment contre les journalistes, sont d’autant plus violents et systĂ©matiques, mais dĂ©noncĂ©s avec force et efficacitĂ©, mĂȘme par des membres du gouvernement Â». Si des oppositions bloquent encore les processus Ă©lectoraux, ou la promulgation de lois, le pays a changĂ© et a pris l’habitude de l’indĂ©pendance et de la libertĂ© de parole, avant celle des actes[101].

Certains experts de la région considÚrent que le peuple est contre le régime et a adopté le principe de démocratie depuis longtemps, sans que le régime ne fasse quelconque effort pour l'écouter. D'ailleurs, la majorité des Iraniens ne penseraient pas qu'une "République Islamique réformée" puisse les satisfaire[102].

Amnesty International classe l'Iran comme ayant le plus fort taux d'exécution sommaires, de violation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales en 2008 avec 317 exécutions sommaires. Selon les organismes internationaux de défense des droits de l'homme, la torture et le viol par les gardiens de la révolution se produiraient réguliÚrement[103]. Amnesty International constate aussi qu'il n'existe pas de liberté d'expression[104].

Situation des femmes en Iran
Article dĂ©taillĂ© : Femmes iraniennes.

Si les femmes en Iran bénéficient globalement de droits plus étendus que dans bon nombre d'Etats voisins du Moyen-Orient, un certain nombre de ces droits datant des années 60 et années 70, ceux-ci ont été restreints depuis la révolution islamique et, singuliÚrement, depuis l'élection présidentielle de 2005 comme en atteste l'actualité en 2009[105].

Les femmes en Iran font face à une situation de discrimination vis-à-vis des hommes, comme le montre l'inégalité de leurs droits concernant le mariage. La loi islamique permet, en effet, aux hommes d'épouser quatre femmes à titre permanent et de prendre autant d'épouses "temporaires", par des contrats religieux qui peuvent durer de quelques heures à plusieurs années. Les femmes qui contractent des mariages temporaires sont des veuves ou des divorcées. Les femmes, par contraste, doivent demander l'autorisation de leur mari pour travailler ou voyager à l'étranger et leurs droits au divorce ou à la garde des enfants est plus restreint[106].

Par ailleurs, le port du foulard islamique est obligatoire pour toutes les femmes, y compris les touristes, en Iran. Plus de 110 000 femmes "mal voilĂ©es" ont reçues des "avertissements" dĂ©livrĂ©s par la police pour non-respect du strict code vestimentaire en 2007.

MĂ©dias

Article dĂ©taillĂ© : MĂ©dias en Iran.

Les mĂ©dias existent depuis l’apparition du premier journal papier en 1835[107]. Ils regroupent aujourd’hui plusieurs agences de presse officielles (dont l'Agence de presse de la RĂ©publique islamique ou IRNA), de trĂšs nombreux journaux et magazines, des chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision officielles et libres (Ă©mettant depuis l’étranger), des stations de radio. L’explosion du phĂ©nomĂšne des blogs s’observe aussi dans le pays, dans la mesure oĂč ce mĂ©dia permet de s’exprimer librement et anonymement.

La constitution de l’Iran accorde la libertĂ© de la presse aussi longtemps que sont respectĂ©s les principes islamiques. On exige de chaque publicateur de journal ou magazine d’avoir une licence de publication valide[108]. Toute publication perçue comme anti-islamique ne se voit pas attribuer cette licence. En pratique, le critĂšre dĂ©finissant le caractĂšre anti-islamique englobe tous les supports qui prĂ©sentent un sentiment anti-gouvernemental[108]. En 1987, tous les journaux et magazines en circulation soutenaient les institutions de la rĂ©publique islamique. AprĂšs l’élection de Mohammad Khatami en 1997 et la libĂ©ralisation relative qui a suivi dans le pays, les publications se sont beaucoup dĂ©veloppĂ©es, dont certaines rĂ©ussissent Ă  ĂȘtre plus critiques envers le gouvernement.

Toutes les radios et tĂ©lĂ©visions Ă©mettant depuis l’Iran sont contrĂŽlĂ©es par le gouvernement. C’est le guide de la rĂ©volution qui nomme les directeurs des chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision et des radios nationales. Des chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision et des stations de radio existent Ă  TĂ©hĂ©ran et dans la plupart des grandes villes provinciales. Les chaĂźnes en AzerbaĂŻdjan iranien et au Kurdistan iranien sont autorisĂ©es Ă  Ă©mettre des programmes en azĂ©ri et en kurde. Plusieurs groupes d’opposition Ă©mettent depuis l’Irak ou les rĂ©publiques du Caucase. RFI, la BBC, Voice of America ont des programmes d’actualitĂ© en persan Ă©mettant sur la bande FM en Iran.

La censure qui s'applique aussi bien Ă  l'actualitĂ© qu'Ă  des travaux de fiction est la rĂšgle en Iran. Tout Ă©diteur doit soumettre les Ɠuvres qu’il souhaite publier[108].

Quand le gouvernement a introduit Internet en Iran, les services Ă©taient complĂštement ouverts. Cependant, le gouvernement a par la suite dĂ©cidĂ© de filtrer l’accĂšs Ă  Internet pour bloquer le contenu jugĂ© inappropriĂ©. Les sites pornographiques sont complĂštement filtrĂ©s, ainsi que la quasi-totalitĂ© des sites fournissant des outils permettant de contourner les filtrages. Certains blogs et sites d’information sont Ă©galement bloquĂ©s, dans des proportions moindres[109]. Le blocage et la restriction d’Internet est rendu possible par la loi iranienne de la presse de 1986, qui dĂ©finit les conditions de l’accĂšs Ă  l’information par le public. La loi requiert aujourd’hui que les FAI installent des mĂ©canismes de filtrage. Les peines prĂ©vues pour les violations des lois sur l’accĂšs et la diffusion de l’information peuvent ĂȘtre trĂšs sĂ©vĂšres.

AprĂšs l’arrivĂ©e au pouvoir de Khatami en 1997 et l’émergence d’un mouvement rĂ©formateur (les rĂ©formistes, menĂ©s par Khatami, voulaient faciliter l’information du public), les conservateurs ont agi sur la presse et les mouvements se sont dĂ©placĂ©s sur la toile. C’est Ă  la mĂȘme pĂ©riode qu’ont commencĂ© Ă  croĂźtre fortement le nombre de blogs en persan. En effet, les blogs reprĂ©sentent une fenĂȘtre pour les jeunes qui veulent s’exprimer de maniĂšre plus libre que dans la sociĂ©tĂ© iranienne. Selon des statistiques non-officielles, il y en aurait plus de 100 000 rĂ©guliĂšrement mis Ă  jour en fĂ©vrier 2005[110].

La censure persiste et s'est durcie avec le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad. En octobre 2006, celui-ci a fait passer un décret forçant les FAI à limiter les vitesses de téléchargement à 128Kbps pour tous les clients individuels et les cybercafés[111]. Par ailleurs, une lutte sans merci a été menée par le gouvernement islamique pour éliminer les antennes paraboliques (une saisie de plus de 125 000 antennes a été opérée, à Téhéran, en mars 2009[112]) qui avaient fleuries sur les toits ces derniÚres années afin de permettre à des millions d'iraniens de capter les chaßnes de télévision étrangÚres par satellite.

Politique Ă©trangĂšre

Article dĂ©taillĂ© : Relations internationales de l'Iran.

En Iran, le rĂ©gime rĂ©volutionnaire mis en place par l’ayatollah Khomeini a initiĂ© des changements radicaux dans la politique Ă©trangĂšre qui Ă©tait menĂ©e par le Shah, particuliĂšrement en inversant l’orientation du pays vis-Ă -vis de l’Occident. AprĂšs l’idĂ©alisme post-rĂ©volutionnaire initial, une politique Ă©trangĂšre dure et la Guerre Iran-Irak, le pays a initiĂ© une politique Ă©trangĂšre plus rationnelle, basĂ©e sur des objectifs Ă©conomiques[113]. Cependant, celle-ci est occasionnellement occultĂ©e par la rhĂ©torique idĂ©ologique.

Darvāzeh-ye Bāgh-e Melli : les portes principales du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres Ă  TĂ©hĂ©ran

Dans les annĂ©es rĂ©centes, l’Iran a fait de grands efforts pour amĂ©liorer ses relations avec ses voisins, particuliĂšrement avec l’Arabie saoudite. Les buts rĂ©gionaux de l’Iran sont d’essayer de ne pas ĂȘtre dominĂ© en Ă©tablissant leur rĂŽle de leader dans la rĂ©gion, de circonscrire l’influence amĂ©ricaine et des autres puissances extĂ©rieures et de construire des relations commerciales de qualitĂ©. En termes gĂ©nĂ©raux, la politique Ă©trangĂšre de l’Iran se base sur trois idĂ©es principales :

  1. Elle prend position contre les États-Unis et IsraĂ«l : le premier en tant que puissance militaire qui la menace dans le golfe Persique et le second comme ennemi dĂ©signĂ© de la propagande islamique post-rĂ©volution (dans le cadre du soutien Ă  l'Ă©dification d’un État Palestinien proche de ses conceptions islamistes en soutenant le Hamas et en dĂ©noncant le rĂŽle de l'AutoritĂ© palestinienne[114],[115]).
    Voir aussi : Relations Iran-États-Unis et Relations Iran-IsraĂ«l
  2. Elle veut Ă©liminer l’influence extĂ©rieure dans la rĂ©gion. L’Iran se voit comme une puissance rĂ©gionale, alors que des puissances mondiales telles que les États-Unis ou la Grande-Bretagne ne le souhaitent pas. Elle cherche donc Ă  rĂ©duire leur prĂ©sence dans le golfe Persique autant que possible.
    Voir aussi : Relations franco-iraniennes et Relations Iran-Allemagne
  3. Elle dĂ©veloppe fortement les contacts diplomatiques avec les autres pays en voie de dĂ©veloppement dans un effort pour construire des relations commerciales et des appuis politiques, maintenant que le pays a perdu son soutien amĂ©ricain d’avant la rĂ©volution.
    Voir aussi : Relations Iran-Inde, Relations Iran-Chine et Relations Iran-Russie

MalgrĂ© ses lignes directrices, les relations bilatĂ©rales sont frĂ©quemment confuses et contradictoires, Ă  cause de l’oscillation permanente de l’Iran entre des aspects pragmatiques et idĂ©ologiques.

Le pays envisagerait d’entrer dans l’Association sud-asiatique pour la coopĂ©ration rĂ©gionale.

Exportation de la révolution

Le concept de l'exportation de la rĂ©volution islamique dĂ©rive d’une façon particuliĂšre de voir le monde, qui perçoit la rĂ©volution islamique comme le combat politique Ă  mener par les musulmans pour se libĂ©rer de l’oppression des « tyrans Â» ennemis de l'islam, lesquels ne serviraient en rĂ©alitĂ© que les intĂ©rĂȘts de l’impĂ©rialisme international. Il en rĂ©sulte la volontĂ© de bĂątir une sorte d'empire islamique rĂ©gional, sinon mondial, dont l'Iran serait le cƓur. L’article 11 de la constitution de la RĂ©publique islamique d'Iran affirme explicitement que « le gouvernement islamique a l’obligation de mener sa politique (Ă©trangĂšre) sur le principe de l’unitĂ© islamique et d’entreprendre une action suivie pour la rĂ©alisation de l’unitĂ© politique, Ă©conomique et culturel du monde musulman. Â»[116] C'est en cela que, pour Ali Khamenei, « l’exportation de la rĂ©volution est une responsabilitĂ© constante de la RĂ©publique islamique. Â»[117]

Il existe plusieurs courants de pensĂ©e quant aux moyens Ă  mettre en Ɠuvre pour exporter la rĂ©volution islamique. En gĂ©nĂ©ral, ceux qui sont pour l’exportation de la rĂ©volution seulement Ă  travers l’éducation et l’exemple ont dominĂ© le ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres, alors que ceux en faveur d’une assistance active aux groupes rĂ©volutionnaires n’ont pas servi Ă  de tels postes. NĂ©anmoins, parce que ces soutiens Ă  l’approche activiste sont aussi des dirigeants politiques influents, ils ont pu influencer certains domaines des relations Ă©trangĂšres. Cela est particuliĂšrement vrai au sujet de la politique envers le Liban[118]. En 1982, l’Iran dĂ©ploie 1 500 gardiens de la rĂ©volution Ă  Baalbek au Liban, pour organiser, fournir et entraĂźner le Hezbollah[119]. L’Iran aurait diminuĂ© son aide au mouvement libanais, mais continue tout de mĂȘme Ă  armer le Hezbollah et l’encourage Ă  maintenir une capacitĂ© militaire significative[113]. De plus, TĂ©hĂ©ran soutient des mouvements chiites en Irak, Ă  BahreĂŻn, en Arabie saoudite, en Afghanistan. L'Iran a aussi soutenu, encadrĂ© et financĂ© les mouvements islamistes en AlgĂ©rie au dĂ©but des annĂ©es 90, aussi bien le FIS que, en secret, le GIA[120]. Enfin, aprĂšs la premiĂšre guerre du Golfe de 1991, l’Iran a tissĂ© des liens de soutien en Palestine auprĂšs du Hamas et du Jihad islamique ; ainsi qu'Ă  d’autres mouvements sunnites auxquels ils ont octroyĂ©s des financements restreints, en profitant (plus encore sous George W. Bush depuis le 11 septembre 2001), du mĂ©contentement croissant envers la politique Ă©trangĂšre des États-Unis[113] .

L’exportation de la rĂ©volution islamique ne cadrant pas avec le dĂ©sir d’ouverture de l’Iran exprimĂ© durant la pĂ©riode de pouvoir des rĂ©formateurs autour du prĂ©sident Mohammad Khatami, certains auteurs ont pu penser que le concept d’exportation de la rĂ©volution s’était Ă©vanoui dĂšs les premiĂšres annĂ©es du rĂ©gime[121]. Mais, au lendemain de sa rĂ©Ă©lection contestĂ©e en 2009, Mahmoud Ahmadinejad, s'exprimant devant un cercle restreint de dignitaires religieux, a Ă©voquĂ©, sans aucune ambiguĂŻtĂ©, une rĂ©volution destinĂ©e Ă  l'islamisation du monde entier[122].

Programme nucléaire iranien

Les ministres des affaires Ă©trangĂšres de France, Allemagne, États-Unis, Royaume-Uni, Russie et Chine pendant une rĂ©union sur le programme nuclĂ©aire iranien en mars 2006.
Article dĂ©taillĂ© : Programme nuclĂ©aire iranien.

Le programme nuclĂ©aire iranien est devenu une discussion politique Ă  la fois en Iran et dans les pays occidentaux. Un fossĂ© considĂ©rable Ă©merge entre les vues politiques des iraniens et celles de l’occident. Le public iranien voit la puissance nuclĂ©aire comme un moyen de diversifier les sources d’énergie et d’affirmer son rĂŽle politique international[123]. Le public iranien, pratiquement tous les candidats politiques et le gouvernement actuel sont unis sur ce point : l’Iran devrait dĂ©velopper son industrie nuclĂ©aire civile, car ils ne peuvent accepter que d’autres pays, comme IsraĂ«l, l’Inde ou le Pakistan soient dotĂ©s de l’énergie atomique en dehors du cadre du TraitĂ© de non-prolifĂ©ration (TNP)[124]. Les gouvernements occidentaux pensent que le programme nuclĂ©aire civil possĂšde des intentions cachĂ©es, dont celle de se doter d’armes nuclĂ©aires[123],[125].

L’Iran a ratifiĂ© le TNP en 1970, ce qui l’engage Ă  ne pas fabriquer d’armes nuclĂ©aires et Ă  ne pas essayer de s’en procurer. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) estime, depuis plusieurs annĂ©es, que la non-coopĂ©ration iranienne rend impossible la conduite d’inspections afin de s’assurer que la technologie n’est pas dĂ©tournĂ©e pour un usage militaire, comme l'a dĂ©clarĂ© un rapport de son directeur gĂ©nĂ©ral le 31 aoĂ»t 2006[126].

Si Mohamed ElBaradei avait alors indiquĂ©, le 19 octobre 2007, qu'aucune activitĂ© militaire n'Ă©tait dĂ©montrĂ©e[127], des pourparlers Ă©tant mĂȘme menĂ©s pour une inspection plus complĂšte et permanente, il a depuis acquis une perception diffĂ©rente des visĂ©es gĂ©opolitiques iraniennes.

En effet, tandis que TĂ©hĂ©ran prĂ©tend toujours que ce programme a une finalitĂ© strictement civile, Ali Khamenei a nĂ©anmoins dĂ©clarĂ© le 14 mai 2009 que l’Iran « en se renforçant sur un plan scientifique, Ă©conomique et technologique surmontera tous les complots de l'Ă©tranger et dans un avenir proche, atteindra un point tel qu’aucun ennemi n'osera plus mĂȘme penser Ă  une offensive militaire, politique ou Ă©conomique contre l'Iran. Â»[128]

Enfin, le directeur de l'Agence internationale de l’énergie atomique a rĂ©cemment affirmĂ© que, dĂ©sormais, son « sentiment viscĂ©ral est que l'Iran veut assurĂ©ment se doter de la technologie [...] qui lui permettrait de disposer d'armes nuclĂ©aires Â» (17 juin 2009)[129].

Puissance militaire

Article dĂ©taillĂ© : ArmĂ©e iranienne.
Un des trois sous-marins classe Kilo de la marine iranienne

Les forces armĂ©es iraniennes se sont modernisĂ©es et ont Ă©tĂ© organisĂ©es aprĂšs la PremiĂšre Guerre mondiale, surtout aprĂšs la prise de pouvoir de Reza Shah en 1921. Sous le rĂšgne du dernier shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, l’armĂ©e iranienne a Ă©tĂ© entraĂźnĂ©e et Ă©quipĂ©e par des armĂ©es Ă©trangĂšres. La mission militaire amĂ©ricaine en Iran Ă©tait par exemple la plus importante du monde en 1978[130]. Les ventes d’armes amĂ©ricaines Ă  l’Iran se sont Ă©levĂ©es Ă  11,2 milliards de dollars entre 1950 et 1979[130]. AprĂšs la rĂ©volution iranienne et la prise de pouvoir du nouveau rĂ©gime, l’armĂ©e iranienne a perdu plus de 60 % de ses effectifs (purges ou dĂ©sertions)[131], alors que parallĂšlement, l’ayatollah Khomeini crĂ©ait par dĂ©cret le corps des gardiens de la rĂ©volution islamique (pasdaran) le 5 mai 1979, avec pour objectif de dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts de la rĂ©volution islamique.

Les forces armées iraniennes sont organisées de la façon suivante:

Les forces armĂ©es iraniennes peuvent aussi compter sur le corps appelĂ© Niruyeh Moghavemat Basij (littĂ©ralement « Force de Mobilisation de la rĂ©sistance Â»), une force d’intervention populaire rapide composĂ©e de volontaires (comparable Ă  une milice civile). Les Basij ont Ă©tĂ© initialement crĂ©Ă©s pour permettre l’envoi de forces sur le front lors de la guerre Iran-Irak ; aujourd’hui, leur rĂŽle est de faire respecter les prĂ©ceptes islamiques. Ils comptent Ă©galement des unitĂ©s spĂ©ciales anti-Ă©meutes et une forte prĂ©sence dans les universitĂ©s et parmi les Ă©tudiants. Leur nombre est difficile Ă  estimer, entre 11 millions selon leur commandant, et 400 000 Ă  un million selon d’autres sources[135].

La constitution de l’Iran de 1979 dĂ©signe le guide de la rĂ©volution comme commandant suprĂȘme des forces armĂ©es[136].

La puissance militaire iranienne a Ă©tĂ© fortement amoindrie par la guerre Iran-Irak et par l’embargo auquel la rĂ©publique islamique est soumise (malgrĂ© des livraisons d’armes amĂ©ricaines grĂące Ă  des intermĂ©diaires israĂ©liens, europĂ©ens ou latino-amĂ©ricains au dĂ©but des annĂ©es 1980[130]). À partir de 1988, les achats d’armes reprennent (notamment auprĂšs de la CorĂ©e du Nord, de la Chine, de la Syrie, de la Russie, de la France, de l’Italie, et d’autres[130]) et le pays dĂ©cide de se doter d’une industrie militaire nationale. En 2006, l’Iran produit donc des aĂ©ronefs (par ex. hĂ©licoptĂšre Shabaviz 2-75), des blindĂ©s (par ex. Zulfiqar), des missiles balistiques (par ex. Shahab-3). La rĂ©ussite iranienne dans le domaine balistique est notable et confĂšre Ă  la rĂ©publique islamique un pouvoir de dissuasion vis-Ă -vis des autres pays de l’aire rĂ©gionale[137]

D’aprĂšs Rand corporation, le budget militaire de l’Iran est limitĂ© (environ 5 milliards de dollars en 2003[138]) et est limitĂ© Ă  la dĂ©fense plus qu’à l’offensive[139].

Économie

Borj-e Sefid (« la tour blanche Â»), un centre commercial Ă  TĂ©hĂ©ran
Un vendeur de fruits secs du Bazar de Tajrish, Téhéran

L’Iran est un pays en dĂ©veloppement marquĂ© par une forte intervention de l’État et subissant des sanctions commerciales handicapantes, faisant Ă©cho Ă  la marginalisation du pays au sein de la communautĂ© internationale. Son Ă©conomie est fortement marquĂ©e par la prĂ©dominance du secteur pĂ©trolier et gazier, mais bĂ©nĂ©ficie aussi de certains atouts agricoles et maritimes.

Pendant du niveau de pauvretĂ©, un taux de croissance de 6,5%[4] (2005) fait apparaĂźtre l’économie iranienne sous un jour dynamique. Cette croissance est toutefois accompagnĂ©e d’une inflation Ă  deux chiffres, soit 25,6 en 2008[140], et n’empĂȘche pas le niveau de vie iranien actuel d’ĂȘtre infĂ©rieur Ă  celui des annĂ©es 1970[141], du fait du doublement de la population

La richesse et la population

En 2008, le produit intĂ©rieur brut (PIB) de l’Iran est estimĂ© Ă  841,1 milliards de dollars amĂ©ricains Ă  paritĂ© de pouvoir d’achat (ppa), 180 milliards selon les taux de change officiels. La part de l’agriculture dans la production nationale est relativement rĂ©duite pour un pays en voie de dĂ©veloppement: elle n’y contribue qu’à hauteur d'un peu plus de 10,2 % ; l’industrie et les services contribuent, Ă  parts semblables, pour les neufs dixiĂšmes restant du revenu national[4]. En 2005, le secteur pĂ©trolier a gĂ©nĂ©rĂ© Ă  lui seul 70 milliards de dollars et explique 80 % des exportations du pays[142]

Ces dĂ©sĂ©quilibres Ă©conomiques se retrouvent aussi dans la rĂ©partition des richesses. Alors qu’elle ne contribue qu’au dixiĂšme de la production nationale, l’agriculture occupe 25 % de la population employĂ©e, contre 31 % Ă  l’industrie et 45 % aux services[4]. MalgrĂ© un produit national brut (PNB) par habitant relativement correct de 12 800 dollars en ppa (contre 1390 Ă  l’Égypte)[143], 18% des Iraniens vivent en dessous du seuil de pauvretĂ©[4]. En 2008, un peu plus de 12,5 %[4] d’une population active de 24,35 millions de personnes est au chĂŽmage (environ 25 % selon certaines sources), et 90 % de la population occupĂ©e est payĂ©e par l’État[141]. L’ñge lĂ©gal du travail est fixĂ© Ă  15 ans, mais les principaux secteurs d’activitĂ© jouissent d’une exemption, rendant souvent lĂ©gal le travail des enfants[144].

Les diffĂ©rents secteurs d’activitĂ©

Le grand bazar de Téhéran

L’agriculture iranienne est relativement diversifiĂ©e grĂące Ă  la multiplicitĂ© des climats Ă  l’intĂ©rieur d’un pays pouvant produire de nombreuses cĂ©rĂ©ales, du riz, une grande variĂ©tĂ© de fruits, du coton
 Sa productivitĂ© demeure relativement faible. Alors qu’un tiers du territoire iranien est arable, seul un dixiĂšme est exploitĂ©, et moins d’un tiers des terres cultivĂ©es profitent d’un systĂšme d’irrigation performant. La plupart des exploitations sont infĂ©rieures Ă  dix hectares. L’opposition entre propriĂ©taires et ouvriers agricoles Ă  partir des annĂ©es 1970 a longtemps dĂ©couragĂ© les investissements et donc freinĂ© les gains de productivitĂ©. L’engagement du gouvernement dans l’agriculture a toutefois permis, durant les annĂ©es 1990, de se rapprocher de l’objectif d’autosuffisance alimentaire en agrandissant la surface irriguĂ©e[144] et a rĂ©orientĂ© certaines productions Ă  l’exportation (dattes, fleurs, pistaches
). Le pays doit cependant compter avec des alĂ©as climatiques comme la sĂ©cheresse, susceptible d’amoindrir les rĂ©coltes, comme entre 1999 et 2001[142]. L’Iran profite par ailleurs de la richesse de la mer, pĂȘchant de nombreuses espĂšces de poisson et Ă©tant un important producteur de caviar[144].

La part de l’industrie pĂ©troliĂšre dans l’économie nationale s’est nettement rĂ©duite depuis les annĂ©es 1970, en partie en raison des dĂ©gradations ou des destructions subies par l’appareil productif au cours des guerres[144]. Avec une production de 4 millions de barils par jour[4], soit la quatriĂšme du monde, dont 2,6 millions sont exportĂ©s elle reste toutefois largement prĂ©pondĂ©rante et assure prĂšs de la moitiĂ© des revenus de l’État[142]. Elle profite actuellement de l’envolĂ©e du cours du pĂ©trole et a permis au pays d’amasser d’importantes rĂ©serves de change[4], le manque de raffineries fait que le pays importe un tiers de son carburant[145] Dans ce domaine de l’énergie, la volontĂ© de l’Iran de dĂ©velopper son industrie nuclĂ©aire civile se heurte aux suspicions de la communautĂ© internationale quant Ă  ses objectifs militaires.

Le reste de l’industrie connaĂźt une croissance honnĂȘte d'environ 3 % par an. Elle est dominĂ©e par quelques secteurs comme le textile, les industries miniĂšres, les matĂ©riaux de construction, l'automobile, l'artisanat, l’agroalimentaire, et l’armement[4]. (Le budget militaire serait de 4,2 milliards de dollars en 2005[143].) Dans le cas du textile, la rĂ©putation des tapis persans tissĂ©s Ă  la main en fait une des premiĂšres activitĂ©s exportatrices du pays et contribue de façon substantielle aux revenus des familles rurales[144].

Le secteur tertiaire reprĂ©sente environ 40 % de la production nationale et occupe une part similaire de la population. L’activitĂ© touristique est largement handicapĂ©e par le rĂ©gime politique[144]. En mai 2007, le gouvernement a annoncĂ© le renforcement de la vigilance Ă  l'Ă©gard du code vestimentaire, qui concerne Ă©galement les touristes, rappelant l'obligation de porter un voile noir en public qui doit couvrir les cheveux et les Ă©paules, ainsi que des jupes et robes longues masquant les chevilles. Selon le chef de la police de TĂ©hĂ©ran, le gĂ©nĂ©ral Hossein Sajedi-Nia, en cas de manquement Ă  ces obligations, de sĂ©vĂšres amendes sont prĂ©vues voire des peines de prison en cas de rĂ©cidive[146].

Une partie de la population est engagĂ©e dans une Ă©conomie informelle[147]. Depuis le dĂ©but du XXIe siĂšcle, le dynamisme rĂ©el de l’économie procĂšde de plus en plus de sa dimension informelle (la contrebande et la fraude impliquent dĂ©sormais l’ensemble des provinces)[148]. Le secteur subventionnĂ© du commerce d'organes pour transplant est en pleine expansion du fait de la pauvretĂ© poussant des milliers de jeunes iraniens Ă  vendre leurs organes (essentiellement des reins) Ă  une des 137 agences gouvernementales spĂ©cialisĂ©es. Un rein se nĂ©gocie environ 2400 €[149].

Le dirigisme Ă©tatique

D’aprĂšs la Constitution de l’Iran, l’économie est divisĂ©e en trois secteurs :

Bien qu’à la suite de la rĂ©volution islamique, la question des nationalisations et de l’intervention Ă©tatique ait Ă©tĂ© l’objet d’un dĂ©bat traditionnel gauche-droite oĂč les conservateurs dĂ©fendaient la propriĂ©tĂ© privĂ©e, la guerre contre l’Irak a suscitĂ© un dirigisme croissant. À terme, il a donnĂ© Ă  l’État un contrĂŽle quasi total de toutes les activitĂ©s Ă©conomiques. De fait, les grandes entreprises du pays sont dirigĂ©es par l’administration publique, ainsi que l’activitĂ© pĂ©troliĂšre via le MinistĂšre du pĂ©trole et la Compagnie pĂ©troliĂšre nationale iranienne. L’activitĂ© du secteur privĂ© est gĂ©nĂ©ralement limitĂ©e aux petites structures, tels les ateliers artisanaux et les fermes agricoles[144]. MalgrĂ© des vellĂ©itĂ©s de rĂ©forme et de privatisation ayant pris quelques formes concrĂštes dans les annĂ©es rĂ©centes, l’État conserve son monopole sur l’essentiel de l’économie[143].

La lĂ©gislation d’inspiration islamique est, par ailleurs, extrĂȘmement problĂ©matique pour les activitĂ©s financiĂšres internationales. Aux termes de ces principes religieux, la rĂ©tribution d’intĂ©rĂȘts en Ă©change d’un prĂȘt monĂ©taire est illĂ©gale. Ces restrictions rendent virtuellement impossible la rĂ©alisation d’accords entre le pays et des institutions ou entreprises financiĂšres internationales, condamnant l’Iran Ă  se satisfaire des sources internes de financement[144]. Les banques islamiques ont remplacĂ© l’usure par diffĂ©rents modes de partage du profit. L’activitĂ© principale des banques consiste donc Ă  obtenir des fonds du public et Ă  les offrir aux hommes d’affaires sur la mĂȘme base[150].

Un hameau d’éleveurs entre Maku et Chaldoran dans l’AzerbaĂŻdjan iranien

Le secteur coopĂ©ratif est constituĂ© de fondations religieuses, ou bonyads. Mis en place juste aprĂšs la rĂ©volution iranienne, parfois sur la base de fondations royales existant auparavant, les bonyads ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour redistribuer les revenus du pĂ©trole aux pauvres et aux familles des martyrs (morts lors de la guerre Iran-Irak). Aujourd’hui, les bonyads sont des consortiums de compagnies qui sont exemptĂ©es de taxes et qui rendent compte directement au Guide de la rĂ©volution.

MalgrĂ© leur lĂ©galitĂ©, les syndicats sont absents en Iran. Les travailleurs sont gĂ©nĂ©ralement reprĂ©sentĂ©s par des institutions elles-mĂȘmes dĂ©pendantes de l’État et qui ne s’opposent jamais Ă  ses dĂ©cisions. L’existence et la pratique du droit de grĂšve n’empĂȘche pas sa rĂ©pression parfois violente par la police[144].

Étant donnĂ©e son emprise sur l’économie, le gouvernement iranien a une dette publique relativement faible (30% du PIB), ce qui n’empĂȘche pas l’existence d’une inflation importante (en moyenne autour de 15%[4]).

Relations extérieures et perspectives économiques

En consĂ©quence de ses prises de positions sur la scĂšne internationale, l’Iran subit de nombreuses sanctions Ă©conomiques. Depuis 1996, les États-Unis ont imposĂ© un embargo sur les importations de pĂ©trole et d’autres produits iraniens, puis d’interdiction d’investissements des firmes amĂ©ricaines, et dans certains cas non-amĂ©ricaines (loi d’Amato-Kennedy), vers l’Iran.

Sous la prĂ©sidence de Rafsandjani (1989 - 1997), le pays a dĂ» entamer une nouvelle politique Ă©conomique de privatisation et d’ouverture et d’encouragement des investissements Ă©trangers en Iran. Pour financer ses projets, l’état iranien a mĂȘme sollicitĂ© des emprunts de la part de ses partenaires Ă©trangers ou des instances financiĂšres internationales. La baisse des subventions qui s’en est suivie, et la mauvaise gestion de l’économie, a entraĂźnĂ© la hausse des prix et du chĂŽmage[151]. Cependant, l’ouverture aux investissements extĂ©rieurs est parfois freinĂ©e par le nationalisme Ă©conomique des dĂ©putĂ©s du Majles[152].

Du fait de l’importance de l’industrie pĂ©troliĂšre et de la dĂ©pendance extĂ©rieure du pays pour de nombreux produits, le taux d’ouverture (importations plus exportations en pourcentage du PIB) de l’Iran est cependant relativement Ă©levĂ© (54%, soit un taux comparable Ă  celui de l’Allemagne). Ses principaux partenaires commerciaux sont l’Allemagne, les Émirats arabes unis et la Chine, suivis par des pays europĂ©ens (la France est le troisiĂšme fournisseur de l’Iran[153]).

La situation de l’Iran vis-Ă -vis de l’extĂ©rieur est donc celle d’une dĂ©pendance Ă  ses exportations de pĂ©trole et d’un handicap provoquĂ© par les sanctions internationales. À court terme, les tensions actuelles sur la question nuclĂ©aire peuvent, selon le jeu diplomatique, tout Ă  la fois provoquer l’allĂšgement ou l’aggravation de ces sanctions. En 2006, les revenus du gaz et du pĂ©trole ont Ă©tĂ© le moteur principal de l’économie et de la stabilitĂ© sociale prĂ©caire du pays. L’économie iranienne ne se dĂ©veloppe toujours pas, et les revenus pĂ©troliers reprĂ©sentent une bouĂ©e de sauvetage pour un pays possĂ©dant une Ă©conomie administrĂ©e et inefficace[154].

Codes

L'Iran a pour codes :

Notes et références

Cet article comprend des extraits des Country studies de la BibliothĂšque du CongrĂšs amĂ©ricain, qui sont dans le domaine public. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflĂšte le savoir actuel sur ce thĂšme, si les sources sont citĂ©es et s’il ne contient pas de propos qui vont Ă  l’encontre des rĂšgles de neutralitĂ© de WikipĂ©dia.


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Annexes

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  • Voir aussi la bibliographie indicative du Portail:Iran.
  • (fr) Ramine Kamrane et FrĂ©dĂ©ric Tellier, "Iran: les coulisses d'un totalitarisme", Climats, 2007, (ISBN 978-2-08-120055-5)

Liens externes

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