Ile de Paques


Ile de Paques

Île de Pâques

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27°09′S 109°27′W / -27.15, -109.45

Île de Pâques
Isla de Pascua (es)
Rapa Nui Modèle:Rapa nui
Flag of Chile.svg
Flag of Rapa Nui, Chile.svg
Drapeau Armoiries
Orthographic projection centred over Easter Island.png
Administration
Statut politique Territoire du Chili
Capitale Hanga Roa
Gouvernement
- Gouverneur Provincial
Intendance de la Région de Valparaíso
Melania Carolina Hotus Hey
Géographie
Superficie 162 km²
Démographie
Population 3 790 hab.
Densité 18 hab./km²
Langue(s) Espagnol,rapa nui.[1]
Économie
Monnaie Peso chilien (CLP)
Autres
Fuseau horaire UTC -6
Domaine internet .cl
Indicatif téléphonique +56-32


Carte de l’île.

L’île de Pâques (en espagnol Isla de Pascua, en langue rapa nui Rapa Nui « la grande Rapa ») est une île isolée dans le sud-est de l’océan Pacifique, particulièrement connue pour ses statues monumentales (les moaïs) et son unique écriture océanienne, le rongorongo.

L’île se trouve à 3 700 km des côtes chiliennes et à 4 000 km de Tahiti, l’île habitée la plus proche étant Pitcairn à plus de 2 000 km à l’ouest. L’île de forme triangulaire, d'environ 23 km dans sa plus grande dimension, couvre 162 km². La population comptait 3 304 habitants en 2002 [2]. Son chef-lieu est Hanga Roa.

Elle fut visitée par le premier Européen, le navigateur néerlandais Jakob Roggeveen, le jour de Pâques, le 5 avril 1722, et comptait alors près de 4 000 habitants. Elle fut annexée par l’Espagne en 1770 et devint une possession chilienne en 1888.

Depuis 1995, le patrimoine exceptionnel de l’île est protégé et inscrit au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO. Des parcs ou réserves naturelles, parfois surveillés, enserrent les zones des vestiges. La communauté rapanui veille jalousement sur les traces de son histoire et constitue un pouvoir parallèle au gouvernement officiel chilien.

Cette île, la plus à l'est de toute l’Océanie, est célèbre pour ses vestiges mégalithiques des Rapanui (premières civilisations pascuannes). Le patrimoine archéologique comprend environ 900 statues de pierre (basalte), les moaïs, de 4 m de hauteur moyenne, et près de 300 terrasses empierrées au pied de ces statues, les ahû.

Sommaire

Histoire et peuplement

Peuplement de l'Océanie

Il y a 5 000 ans (3 000 av. J.-C.), des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s’installer à Taïwan. Vers 2000 av. J.-C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Célèbes et Timor et de là, les autres îles de l’archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, vers les îles du Pacifique, occupées dans les années 600 à 800 ap. J.C. Les Austronésiens seraient les premiers navigateurs de l'histoire de l’humanité.

Découverte

La date du début du peuplement de l’île par des Polynésiens n'est pas déterminée avec précision. Des mesures au radiocarbone effectuées dans les années 1950 avaient estimé la date du peuplement de l’île [3] vers 400 +/- 80 ans. De nouvelles études[4] ont mis en évidence des pollutions sur les mesures effectuées, impliquant un rajeunissement des résultats. Les dernières mesures de radiocarbone publiées en 2006 [5] ont mis en évidence des implantations beaucoup plus tardives, vers 1200.

Aujourd'hui encore il existe un débat entre partisans d'une chronologie longue, pour lesquels le peuplement daterait de 800, voire de 400, et ceux, partisans d'une chronologie courte, qui pensent que le peuplement est plus tardif et date de 1200[6]. Cette chronologie courte, correspondant à une colonisation tardive de l'île, est actuellement très controversée.

Les Polynésiens, sur des pirogues à balancier ou bien sur des catamarans offrant plus de charge utile, seraient partis des îles Marquises (situées à plus de 3 200 km) ou bien des îles plus proches des Tuamotou (Mangareva, à 2 600 km) ou de Pitcairn (située à 2 000 km). Une reconstitution effectuée en 1999 à partir de Mangareva sur des embarcations polynésiennes a demandé 17 jours de navigation.

Selon la thèse de Jean Hervé Daude : Île de Pâques - L'empreinte des Incas, les Orejones accompagnant l'Inca Tupac Yupanqui dans son expédition dans le Pacifique vers 1465, seraient à l'origine de la construction des monuments sur l'île : tupa, ahu, moaï et pukao, et seraient aussi à l'origine des rites religieux concernant l'homme-oiseau et le dieu Makemake.[7]

Les premiers moaïs ressemblent beaucoup aux tikis que l’on peut voir dans les îles de Polynésie (Hiva Hoa des Marquises, Tahiti…).

Rapa Nui et les Pascuans

Moaï.
Moaïs de l’Ahu d'Aka'hivi.

Les premiers migrants avaient réussi à construire, à partir de ressources assez limitées, une société technologiquement avancée. Ils avaient dressé des centaines de statues. Les importantes ressources en arbres dont ils disposaient le long de la côte furent épuisées en quelques siècles. Dès les années 1500 à 1600, l’île aurait perdu la majeure partie de sa végétation ; l'agriculture souffrant alors de l'érosion des sols. On suppose que les habitants auraient subi les effets des luttes tribales ; à partir de cette époque la construction des statues et des plateformes cérémonielles diminue considérablement. Puis les maladies apportées par des nouveaux venus (européens) et les déportations (l'esclavage pratiqué par les blancs) réduisirent encore la population.

Société de clans

À l'époque de la découverte par Jakob Roggeveen, neuf vai'hu (clans familiaux) se partageaient l'île : Aka'hanga, Anakena, Heiki'i, Mahetua, Taha'i, Tepe'u, Tongariki, Va'i Mata et Vinapu. Leurs territoires se rencontraient au centre de l'île, en un lieu (sacré, et réservé aux palabres) appelé Te pito o te fenua (« le nombril de la terre » souvent traduit à tort comme "le nombril du monde"). Les ahu (plate-formes à moaï) étaient aussi appelés Mat'a kite u'rani (les yeux qui regardent le ciel ou du ciel, ce qui est logique pour des représentations d'ancêtres divinisés, mais a été interprété par les européens de manière parfois très fantaisiste).

Moaïs

Les statues proviennent de la carrière de Rano Raraku, située sur les flancs et dans le cratère d’un volcan. On peut y voir un très grand nombre de moaïs (près de 400). Certains sont terminés et dressés au pied de la pente et d’autres non terminés, de l’ébauche à la finition. Le plus grand qui ait été érigé mesure 10 m de haut et pèse 75 t. Un des derniers resté inachevé fait 21 m de hauteur pour une masse estimée à 270 t. L’île de Pâques est surtout connue pour le mystère, longtemps inexpliqué, qui entourait la fabrication, mais surtout le transport[8], de blocs de basalte allant de 2,5 à 10 m de haut et l’élévation des moaïs. Un mystère qui ne fut éclairci que lorsque l'on comprit que l'île avait été boisée, et après que des reconstitutions des méthodes probablement employées eurent été faites sur le terrain.

Rongorongo

D'autres interrogations portaient sur la découverte des plaquettes de bois couvertes de signes (les plaquettes Rongo-Rongo) qui restent en partie indéchiffrables malgré la traduction partielle de Steven Fischer, contestée par les linguistes spécialisés dans la langue austronésienne (qui voient des groupes verbaux, nominaux ou des phrases là où lui trouve des symboles conceptuels). Bien que toute la Polynésie soit jalonnée d'écritures, ces plaquettes ajoutent au mystère de l’île de Pâques car elles sont uniques en leur genre (la culture polynésienne étant considérée comme de tradition orale).

Les premières civilisations pascuanes ont laissé des tablettes et des sculptures en bois, des pétroglyphes dont la signification précise n’est pas encore déchiffrée, mais dont les répétitions de symboles (par exemple : oiseau-pénis-poisson-vulve-humain) ont été rapprochées[9] des refrains traditionnels des hymnes généalogiques polynésiens (« les oiseaux ont copulé avec les poissons et ainsi ont été engendrés les premiers hommes »). L’origine des différentes vagues de peuplement est controversée (il semblerait, d'après les analyses génétiques, qu'ils soient d'origine polynésienne) mais il est acquis que la langue māori est austronésienne, avec toutefois des mots communs aux langues d'Amérique du Sud (par exemple « kumara », la patate que les pascuans sont allés chercher sur le continent).

Explorations européennes

Plan de l’île levé par La Pérouse en 1797.

Le premier Européen à avoir aperçu ces îles, fut en 1687, le « pirate » Edward Davis à bord de son navire le Bachelor’s Delight alors qu’il voulait contourner les îles Galápagos au large du cap Horn. Il aperçut l’île plutôt par hasard et crut avoir trouvé le légendaire continent du Sud. Cependant, aucun débarquement ne suivit sa découverte.

Son nom actuel vient du Hollandais Jakob Roggeveen qui y accosta, parti en expédition avec trois navires sur ordre de la Société commerciale des Indes occidentales. Il la découvrit le dimanche de Pâques 1722. Il l’appela Paasch-Eyland (île de Pâques). Le Mecklenbourgeois Carl Friedrich Behrens participait à l’expédition et son rapport publié à Leipzig orienta l’attention de l’Europe vers cette région du Pacifique à peine connue.

L’explorateur suivant fut l’Espagnol Felipe González de Haedo qui avait reçu du vice-roi du Pérou l’ordre d’annexer l’île Roggeveens pour le compte de la couronne espagnole. L'expédition de González de Haedo débarqua le 15 novembre 1770. Après une visite rapide et très partielle de l'île, exploration d'une demi-journée dans un seul secteur, après un contact amical avec une population à structure sociale hiérarchisée, Felipe González de Haedo décide d'annexer cette terre (il ne pense pas qu'il s'agit de l'Île de Roggeveen) à la couronne d'Espagne et la nomme Île de San Carlos. Il fit planter plusieurs croix sur la pointe du Poike. Durant les années qui suivirent, l’Espagne ne se soucia que très peu de sa nouvelle possession. Preuve fut faite en cartographie qu'il s'agissait bien de la découverte du Hollandais Roggeveen, donc cette terre lointaine ne pouvait appartenir à l'Espagne.

Au cours de sa deuxième expédition du Pacifique Sud, James Cook a visité du 13 mars 1774 au 17 mars 1774 l’île de Pâques. Il n’a pas été enthousiasmé par l’île et a écrit dans son livre de bord : « Aucune nation ne combattra jamais pour l’honneur d’avoir exploré l’Île de Pâques, […] il n'y a pas d'autre île dans la mer qui offre moins de rafraîchissements et de commodités pour la navigation que celle-ci. »[10] Cependant, son séjour a apporté des constatations essentielles sur la constitution géologique, la végétation, la population et les statues — qui avaient déjà été renversées dans leur majorité. Nous devons de posséder des images témoins de cette époque au naturaliste allemand Johann Reinhold Forster et son fils Johann Georg Adam Forster qui participaient à l’expédition Cook. Reinhold Forster a dessiné les premiers croquis des statues (moaïs) qui, gravés et publiés dans un style alors typiquement romantique, firent sensation dans les salons.

En 1786, débarqua sur l’île de Pâques le comte français Jean-François Galaup de La Pérouse lors de sa circumnavigation terrestre effectuée sur l’ordre du roi Louis XVI. La Pérouse avait l’ordre de dessiner des cartes précises afin de contribuer, avec l’étude des peuples du Pacifique à la formation du dauphin.

Les maladies introduites par des explorateurs européens comme la tuberculose et la syphilis ont provoqué une diminution constante de la population. Un chapitre particulièrement sombre est écrit à ce sujet par un marchand d’esclaves péruvien qui fit armer plusieurs navires en 1862 et kidnappa, lors de plusieurs raids, environ 1500 insulaires pour les envoyer travailler aux îles Guano. Tout cela, ajouté à des épidémies constantes à partir de 1864 provoqua une forte diminution de population dont le nombre était tombé à seulement 111 personnes en 1877.

En 1882, la canonnière allemande S.M.S. Hyäne (la Hyène) visita durant cinq jours l’île de Pâques au cours d’une expédition dans le Pacifique. Le capitaine-lieutenant Geiseler avait l’ordre de l’amirauté impériale d’entreprendre des études scientifiques pour le département ethnologique des musées royaux prussiens à Berlin. L’expédition a fourni entre autres les descriptions très détaillées des us et coutumes, de la langue et de l’écriture de l’île de Pâques ainsi que des dessins exacts de différents objets culturels, des statues (moaïs), des croquis de maison et un plan détaillé du lieu de culte Orongo.

Le médecin de navire William Thomson a pris les premières photos de statues (moaïs) en 1886 alors qu’il visitait l’île à bord du navire américain Mohi.

Géographie et climat

Photo de l’île prise par un satellite.
Îles de Pâques et Sala y Gómez et la côte de l'Amérique du sud

Géographie et géologie

L’île de Pâques est l'une des terres les plus isolées au monde. Elle se trouve à 3 700 km des côtes chiliennes et à 4 000 km de Tahiti, l’île habitée la plus proche est Pitcairn à plus de 2 000 km à l’ouest. L'île de Sala y Gómez à 415 km à l'est est inhabitée. Elle est de forme triangulaire, environ 23 km dans sa plus grande dimension, et couvre 162 km². Le plus haut point de l'île à 507 mètres d'altitude est le mont Terevaka. Il y a trois lacs d'eau douce dans des cratères volcaniques (Rano) : Rano Kau, Rano Raraku et Rano Aroi mais aucun cours d'eau permanent. La population comptait 3 304 habitants en 2002[2]. Son chef-lieu est Hanga Roa.

L'île est d'origine volcanique avec trois cônes principaux éteints. Le mont Terevaka forme la plus grande superficie de l'île. Les monts Poike à l'est et Rano Kau au sud lui sont reliés par des ponts de débris d'éruption et donnent la forme triangulaire de l'île. Il existe également plusieurs autres petits cratères et reliefs volcaniques dont le Rano Raraku, le Puna Pau et des tunnels de lave. Les pierres principales sont le basalte et l'hawaiite, tous deux riches en fer et apparentées aux roches ignées des Îles Galapagos[11].

L'île de Pâques est entourée d'îlots comme Motu Nui, une montagne volcanique de plus de 2 000 mètres de dénivelé entre le fond de la mer et son sommet. L'île de Pâques et ces îlots font partie de la chaîne de Sala y Gómez, surtout sous-marine, qui débute à Pukao et s'étend 2 700 km à l'est jusqu'à Nazca[12].

Les îles de Pukao, Moai et de Pâques ont été formées au cours des 750 000 dernières années, l'éruption la plus récente date d'un peu plus de 100 000 ans. Ce sont les plus jeunes montagnes des Sala y Gómez qui repose sur la plaque de Nazca au-dessus du point de passage d'un point chaud dans le sud-est du Pacifique et près d'une zone de fracture[12]. Bien qu'éteint, de la fumée a été photographié sortant du mur du cratère Rano Kau par l'administrateur de l'île, M. Edmunds[13].

Le point antipodal de l’île se trouve dans le district de Jaisalmer, dans le Rajasthan en Inde. C’est un lieu inhabité entre les villages de Kuchchri, Häbur et Mokal.

L'éclipse totale de Soleil du 11 juillet 2010 passera par l'ile de Pâques, 11 ans et 11 mois (calendaires) après celle du 11 aout 1999 [14].

Climat

Le climat de l'île est de type subtropical maritime. La température minimale est de 18°C en juillet et août (hiver austral) et le maximum est de 28°C en février[15]. Il tombe 1 138 mm de pluie annuellement et avril est le mois le plus pluvieux mais la pluie est assez bien répartie à l'année longue[16].

Flore et faune

Les îlots rocheux qui se trouvent au large de l'île de Pâques abritent une importante population d'oiseaux de mer : mouettes, goélands, frégates et le mythique sterne noir, devenu très rare aujourd'hui, mais qui jouait autrefois un rôle essentiel dans la croyance pascuane de l'homme-oiseau. Chaque année, à l'arrivée de cet oiseau migrateur connu sous le nom indigène de manutara, des hommes gagnaient au large l'île Motu Nui dans le but de rapporter l'un de ses oeufs. Le premier compétiteur à accomplir cet exploit permettait à son chef de clan d'être sacré homme-oiseau.[réf. nécessaire]


Dégradation de l’île

L'aspect de l'île frappe actuellement par l'absence de forêt. Cela n'avait pas toujours été le cas : les premiers explorateurs européens décrivent la présence de bois. Il existe de nombreuses traces de racines et de noix d'un palmier, le Paschallococos disperta. Les dernières recherches archéologiques, notamment l’analyse des pollens contenus dans les sédiments ou des restes de repas, prouvent que plusieurs espèces d’arbres ont totalement disparu ou du moins que leur nombre aurait considérablement chuté à partir des années 1500-1600. Sur les 900 statues (moaïs) présentes sur l’île, près de 400 restent inachevées dans la carrière principale. L’arrêt précipité évident de leur production soulève plusieurs hypothèses :

  • un évènement exceptionnel ou une suite d'évènements rapprochés sans doute liés aux conséquences de la déforestation (pénurie de bois et de cordes, sous alimentation, famine, conflits internes) aurait mis fin aux us et coutumes de l’île, et notamment au taillage, au transport et à l'érection des statues.
  • une longue période de sécheresse se serait abattue sur l’île, contribuant à épuiser ses ressources. Pour pallier cette sécheresse les habitants de l’île auraient fait appel aux dieux pour que la pluie revienne, ce qui pourrait expliquer la frénésie de construction des moaïs à cette époque-là, de plus en plus nombreux et de plus en plus colossaux. Se rendant compte que les érections d’ahûs étaient vaines, les habitants se seraient révoltés contre les dieux et auraient abattu eux-mêmes leurs idoles dans un déchaînement collectif brutal, plongeant l’île dans le chaos;
  • Une autre hypothèse est celle du rôle prédateur des rats, absents sur l'île et introduits par les colons, qui auraient mangé les noix de coco avant qu'elles ne puissent germer, contribuant ainsi à la disparition des palmiers. Les rats, en s'attaquant aux nids pour manger les oeufs et les oisillons, auraient également contribué à l'extinction de la ressource en oiseaux[17].

Selon la thèse de Jean Hervé Daude : Île de Pâques - La forêt disparue, un méga El Niño, dérèglement climatique de grande envergure aurait contribué à déforester l'Île vers l'an 1500-1600.

Un modèle mathématique[18] a établi que leur population n'aurait pas dû dépasser 2 000 habitants pour qu'ils puissent durablement survivre sur l'île sans épuiser une ressource qui leur était indispensable : le palmier.

La population survivante au cannibalisme avait développé de nouvelles traditions pour préserver les ressources restantes. Dans ce culte de « l’homme oiseau » — en rapanui Tangata manu — (XIVe siècle/XVe siècle, XVIIIe siècle), une course se tenait chaque année, où un représentant de chaque clan, choisi par ses chefs, devait plonger dans la mer et nager jusqu’à Motu Nui, un îlot tout près, afin de chercher le premier œuf de la saison des sternes manutara. Le premier nageur de retour avec un œuf contrôlait alors la distribution des ressources de l’île pour son clan pour une année. Cette tradition a perduré jusqu'au XIXe siècle.

Jared Diamond, dans son livre intitulé « Collapse » (Effondrement), montre que l’expansion polynésienne a entraîné une dégradation importante de l’écosystème, fait irréfutablement attesté par des recherches archéologiques — voir aussi Henderson Island. Cornelis Bouman, le capitaine de Jakob Roggeveen, écrit dans son livre de bord, « ... d’ignames, de bananiers et de cocotiers nous n’avons rien vu, ainsi qu’aucun autre arbre ou culture. » Or, selon Carl Friedrich Behrens, l’officier de Roggeveen, « Les indigènes présentaient des branches de palmiers comme offrandes de paix. Leurs maisons bâties sur pilotis étaient barbouillées de luting et recouvertes de feuilles de palmier. » Il restait donc au moins des palmiers à cette époque.

Benny Peiser, dans son article intitulé « Du génocide à l’écocide : le viol des Rapa Nui, » veut démontrer la preuve d’une auto-suffisance sur l’île de Pâques lors de l’arrivée des Européens. Certains petits arbres, tel le toromiro, auraient pu parsemer certaines sections de l’île aujourd’hui largement dégradées.

Cratère de Rano Raraku.

L’île de Pâques a souffert d’une forte érosion du sol durant les derniers siècles, très certainement le résultat de la déforestation. Ce processus semble avoir été graduel et accéléré par un élevage intensif de moutons durant une grande partie du XXe siècle. Jakob Roggeveen rapporte que l’île de Pâques était exceptionnellement fertile, produisant de grandes quantités de bananes, pommes de terre et de canne à sucre. Lors du passage de M. de La Pérouse, responsable de l’expédition française qui visita l’île en 1786, son jardinier déclara que « trois jours de travail par an » pourraient subvenir au besoin de la population. D’autre part, l’officier Rollin écrivit, « Au lieu de rencontrer des hommes détruits par la famine... je trouvai, au contraire, une population considérable, avec plus de beauté et de grâce que je n’en avais rencontrée sur d’autres îles ; et une terre, qui, avec un labour infime, fournissait d’excellentes provisions, et une abondance assez suffisante pour la consommation des habitants. »[19]

Curieusement, un siècle plus tard, les Européens trouvèrent que l’île n’était seulement utile que pour l’élevage des moutons.

Démographie

Jared Diamond estime qu’à son apogée, c'est-à-dire entre le XVIe siècle et le XVIIe siècle, l'île de Pâques aurait pu abriter jusqu'à 10 000 ou 15 000 habitants. Selon Daniel Taruno, ingénieur agronome, « il semble impossible qu’une société néolithique qui ne connaissait pas la roue et n’élevait pas de bêtes de trait ait pu développer la productivité agricole au point de nourrir 15 000 êtres humains sur 165 km², soit 90 habitants/km². Selon la monumentale Histoire des agricultures du monde de Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, une telle densité représenterait trois fois celles de la Grèce et de l’Italie antiques. Ainsi, l’agriculture pascuane se situerait presque au niveau de productivité du système agraire ultra-performant de l’Egypte pharaonique. Il me semble exclu que de tels résultats aient été atteints dans les conditions de l’île de Pâques, que Jared Diamond décrit comme non-optimales. »

Effets de la colonisation européenne

Suite à la déforestation, aux pénuries alimentaires et aux comportements belliqueux des dirigeants successifs, le nombre d’habitants se serait stabilisé (ou se serait réduit) à 2 000 ou 3 000 habitants avant l’arrivée des Européens. La déportation vers le Pérou d’habitants destinés aux travaux forcés fit chuter le nombre d’habitants à 900 en 1868. Quant à ceux (peu nombreux) qui purent revenir, les maladies qu’ils avaient contractées provoquèrent un nouveau recul démographique.

Un autre phénomène aux conséquences démographiques est à noter : un élevage intensif de moutons (mené par un consortium européen) sur une partie de l’île eut pour conséquence le déplacement de toute une partie de la population. Pour ce qui est de la parcelle de terre exploitée par ces élevages, son expansion se trouva fortement affaiblie, tout comme dans tout le Nord-Est de l'île. Ce conflit d’intérêts provoqua en 1871 l’émigration de 168 habitants (l’île n’en comportait alors qu’un petit millier) qui reçurent alors l’aide des missionnaires présents sur l’île. En 1877 le nombre d’habitants était tombé à 111, après quoi la population augmenta à nouveau progressivement. En 1888, année de l’annexion de l’île par le Chili, 178 habitants furent recensés.

Actuellement

Pour mieux la protéger, au début du XXe siècle la population a été orientée à vivre dans une zone délimitée par les autorités chiliennes, tout le reste de l'île étant réservé à l'élevage du mouton. Après le départ de quelques mécontents, le gouvernement chilien a pris de sérieuses mesures pour enrayer un potentiel exil (Voir le livre de Marie-Françoise Peteuil, Les Evadés de l'Île de Pâques). Ce n’est que dans les années 1960 que les conditions de vie ont commencé à s’améliorer vraiment, ce qui a été accompagné d’une augmentation de la population. En 1960 on recensait plus de 1 000 habitants.

D’après le recensement de 2002, l’île compte 3 791 habitants. Cette augmentation repose aussi sur l’immigration chilienne. La conséquence de cette vague d’immigration est la modification de la composition ethnique de la population. En 1982 les Rapanui représentaient 70% de la population. En 2002 ils n’étaient plus que 60%. Parmi les 40% restant, 39% étaient d’origine européenne (il s’agissait en général de résidents temporaires, comme les employés d’administration, le personnel militaire, les scientifiques et leurs assistants) et 1% d’autre provenance.

Ces dernières décennies ne connurent cependant pas que des vagues d’immigration. Bon nombre d’habitants de l’île de Pâques ont émigré sur le continent, à la recherche de travail mais aussi pour faire des études. Lors du recensement de 2002 on constata que 2 269 Rapanui chiliens vivaient en dehors de l’île. La densité de population de l’île de Pâques n’est que de 23 hab./km² (pour comparaison : France, 113 hab./km² ; Belgique, 342 hab./km²). Au milieu du XIXe siècle, 6 agglomérations regroupaient les habitants de l’île de Pâques; Anakena, Tongariki, Vaihu, Vinapu, Matavei et Hanga Roa. Aujourd’hui, les habitants sont concentrés dans les villages de Hanga Roa, Mataveri et Moeroa au Sud-Ouest. Ces villages se sont développés les uns à côtés des autres, si bien qu’ils sont aujourd’hui considérés comme une seule et unique agglomération.

Langues

La langue officielle est l’espagnol. Le Rapanui, dialecte de Polynésie occidentale, est cependant utilisé dans les échanges quotidiens entre habitants.

Religion et mythologie

Administration

Civile

Pour les élus voir : Politique de l'Île de Pâques.

L'île de Pâques dépend du Chili depuis 1888. Elle a le statut d'un département (Departemento) de la région de Valparaíso. Un des gouverneurs accrédités par le gouvernement chilien administre l'île. Depuis 1984, il s'agit toujours d'un insulaire. Depuis 1966, un conseil municipal de 6 personnes est élu tous les 4 ans dans la commune de Hanga Roa. Un de ces 6 élus est nommé maire de l'île.

Une douzaine de policiers stationnent sur l'île et assurent, entre autres, la sécurité de l'aéroport. Les forces armées et la marine sont très présentes. La marine dispose d'un bateau de patrouille qui sert également en cas de sauvetage en mer. La monnaie est le peso chilien, mais le dollar américain s'est peu à peu imposé, si bien qu'il est en 2008 une monnaie secondaire mais acceptée partout.

L'île de Pâques est un territoire exempt de droits de douanes, si bien que les recettes issues des impôts et autres taxes sont relativement minces. Le budget public est dans une très grande mesure subventionné par le Chili. Le courrier n'est pas distribué aux habitants, mais gardé durant un certain délai au bureau de la poste. Source : Timbres magazine n° 100 avril 2009.

Religieuse

La paroisse catholique de l'île de Pâques appartient aujourd'hui au diocèse chilien de Valparaíso. Elle a appartenu au vicariat apostolique des îles de Tahiti jusqu'en 1911, avant d'être transférée au Chili. Il semble que le diocèse aux armées du Chili était alors responsable de la charge pastorale de l'île. Puis, le 24 octobre 1934, la paroisse a été assignée au vicariat apostolique de l'Araucanía (situé dans le Chili central-méridional, à 4 500 km au sud-est de l'île), à la charge des pères capucins. Le 5 janvier 2002, la paroisse a été transférée une dernière fois à Valparaíso[20].

Économie

Infrastructures

Depuis que dans les années 1970 la NASA a procédé à l'agrandissement de l'aérodrome de Mataveri, créant ainsi un terrain d'atterrissage d'urgence pour les navettes spatiales; les gros porteurs peuvent désormais atterrir sur cet aéroport, le plus isolé du monde. Cet agrandissement a eu pour effet d’augmenter la fréquentation touristique de l’île, ce qui représente aujourd’hui la première source de revenus. Le nombre de touristes reste cependant très limité en comparaison des autres îles touristiques. Depuis peu, un service des eaux centralisé est disponible. Auparavant, l’eau courante était limitée aux réserves des lacs formés dans les cratères des volcans et aux nappes phréatiques. Le réseau de distribution électrique fonctionnant grâce à des générateurs diesel est relié à d’autres îles (?) pour les fournir en énergie. Les routes situées à proximité de Hanga Roa et de Mataveri sont goudronnées, il en est de même pour la route allant de Hanga Roa à la plage d’Anakena et tout le long de la côte Sud jusqu’à la presqu'île de Poike.

À l’école de Hanga Roa l’enseignement est assuré jusqu’à l’obtention du Prueba de Aptitud, équivalant au Baccalauréat français. Les enseignements professionnels et supérieurs ne sont cependant disponibles que sur le continent. En outre, l’UNESCO soutient un programme d’enseignement bilingue rapanui-espagnol. Les services de santé sont bien meilleurs que dans d’autres régions isolées du Chili. Le petit hôpital dispose d’un médecin, d’un dentiste ainsi que d’une sage-femme. Une ambulance est également mise à disposition de l’hôpital.

D’autres infrastructures comme l’église, la poste, les services banquiers, la pharmacie, de petits commerces, un supermarché, des snack-bars et autres restaurants se sont considérablement améliorés depuis les années 1970 et ce notamment pour satisfaire les demandes des touristes. D’autres services comme la téléphonie par satellite ou Internet sont bien entendus également disponibles. Une discothèque a même été construite pour les plus jeunes.

Tourisme

Depuis le premier vol commercial depuis Santiago en 1967, le tourisme s'est rapidement développé. Avec environ 40000 visiteurs par an, le tourisme est devenu la ressource principale de l’île. Une seule compagnie aérienne dessert l’île en 2008 : LAN Chile. Le vol Santiago-Papeete, avec escale à l'Île de Pâques, deux fois par semaine permet aux visiteurs de séjourner 3 jours lors d'une escale en continuant leur route avec le vol suivant.

La piste de l’aéroport international Mataveri coupe le reste de l’île du secteur d'Orongo, le village des hommes oiseaux, et sa grande longueur permet d’accueillir en cas de besoin, les navettes spatiales pour un atterrissage d’urgence.

Bibliographie

  • Jean Hervé Daude : Île de Pâques - L'empreinte des Incas, Laval, Canada (2009)
  • Henri Lavachery : Île de Pâques. Une expédition belge en 1934, Grasset (1935), (ISBN B-0000DQVU-V).
  • Alfred Métraux : Ethnologie de l'île de Pâques (1935)
  • Alfred Métraux : l'îlede Pâques, Gallimard. Collection idées (1941)
  • Pierre Loti : L'Ile de Pâques - Journal d'un aspirant de la Flore. Editions Pierre-Olivier Combelles, Ville d'Avray, 1988.
  • Clive Ponting (historien anglais) : A Green History of the World, éd. Sinclair-Stevenson, 1990, 432 pages. L'histoire du monde, version écologique, en partant de l'exemple de l'île de Pâques.
  • Peter Bellwood : The Austronesians, 1995.
  • Michel Orliac et Catherine Orliac : L’île de Pâques - Des dieux regardent les étoiles, Éd. Gallimard, 2004, (ISBN 2-07-031415-4).
  • Thor Heyerdahl : Aku-Aku : le secret de l'île de Pâques, Éd. Phébus, ISBN 2-7529-0088-0.
  • Ronald Wright : La fin du progrès ?, traduction française, Éd. Naïve, 2006, (ISBN 2-35021028-6) (titre original : A Short History of Progress, Éd. Hurtubise HMH Ltd, 2004).
  • Thomas Lavachery : Pâques : l'île mystérieuse, La Renaissance du livre (21 octobre 2004), (ISBN 2-80460951-0).
  • Marie-Françoise Peteuil : Les évadés de l'Île de Pâques, éd. l'Harmattan, 2004, (ISBN 2-7475-7059-2)
  • Thomas Lavachery : Île de Pâques 1934 : deux hommes pour un mystère, éd. Labor, 1er septembre 2005, coll. Histoire, ASIN 2-80402091-6.
  • Jared Diamond : Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Gallimard, 2006 (ISBN 2-07-077672-7) (titre original : Collapse. How societies chose to fail or succeed, éd. Viking Penguin, 2005, (ISBN 2-07-077672-7)).

Reportages et documentaires télévisuels

  • Le testament de l’île de paques, documentaire de la Fondation Cousteau - réalisation Phillipe et Jacques-Yves Cousteau, France, 1978, 55 min.
  • L’homme de Pâques, documentaire de Thomas Lavachery, Belgique, 2002, 52 min. Images : Louis-Philippe Capelle et Eric Blavier. Son : Paul Heymans et Cosmas Antoniadis. Musique : Thierry Delvigne. Montage : Denis Roussel. Prod. : Y.C. Aligator Film. Coprod. : Triangle 7, RTBF, WIP.
  • Les Rapa Nui ont fait un rêve, documentaire de Gérard Bonnet et Philippe Ray, France, 2003, 54 min.[21]
  • La mémoire perdue de l’île de Pâques, documentaire de Thierry Ragobert, France, 2001, 52 min. Diffusé le 11 juin 2005 sur ARTE.
  • Une saison dans les îles : l’île de Pâques, reportage de Véronique Nizon et Guy Nevers pour Thalassa, France, 2006, 52 min. Diffusé le 8 septembre 2006 sur France 3.

Notes et références

  1. Portal Rapa Nui. http://www.portalrapanui.cl/rapanui/informaciones.htm
  2. a  et b (es)[1] Recensement 2002, Institut national de la statistique du Chili (INE)
  3. C. Smith (1961) in The Archaeology of Easter Island, Vol. 1. Thor Heyerdahl, Edwin Ferdon eds. Allen & Unwin, London, 393-396.
  4. Helene Martinsson-Wallin et Susan Crockford (2002), « Early settlement on Rapa-Nui (Easter Island) », Asian Perspective, 40, pp. 244-278.
  5. Terry L. Hunt et Carl P. Lipo (2006), « Late Colonization of Easter Island », Science, 311, pp. 1603—1606.
  6. fouilles à Anakena et datations de Lipo, C. et Hunt, T. 2006 [réf. souhaitée]
  7. Jean Hervé Daude (2009), « Île de Pâques - L'empreinte des Incas
  8. Transport qui avait parfois lieu sur près de 15 km
  9. Voir travaux du Dr Pierre Otino
  10. Citation de James Cook, livre de bord des voyages 1768-1779, édition Erdmann, Tübingen
  11. (en) P. E. Baker, F. Buckley et J. G. Holland, « Petrology and Geochemistry of Easter Island », dans Contr. Mineral, and Petrol, Springer-Verlag, no 44, 1974, p. 85-100 [texte intégral (page consultée le 2009-08-10)] [pdf]
  12. a  et b (en) Karsten M. Haase, Peter Stoffers et C. Dieter Garbe-Schoneberg, « The Petrogenetic Evolution of Lavas from Easter Island and Neighbouring Seamounts, Near-ridge Hotspot Volcanoes in theSE Pacific », dans Journal of Petrology, Oxford University Press, vol. 38, 1997, p. 785-813 [texte intégral (page consultée le 2009-08-10)] 
  13. (en)Steam crack in wall of Rano Kao, Photograhs of scenery : lakes and landscapes, Université d'Hawaï. Consulté le 2009-08-10
  14. Les prochaines éclipses.
  15. (en)Easter Island Climate and Weather, Enjoy Chile. Consulté le 2009-08-10
  16. (en)Easter Island, Letsgo
  17. L'île de Pâque détruite par les rats ?, T. Hunt, Pour la Science, janvier 2007, p 28-35
  18. Mauro Bologna, Université de Tarapacà, Brésil, cité par Science et Vie, avril 2008, p 36
  19. Cité dans Heyerdahl & Ferdon, 1961:57.
  20. (en) Notes on Easter Island sur le site de l'Église catholique norvégienne.
  21. Reseau France Outre-mer. Consulté le 14 janvier 2007

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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