Ignace De Loyola

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Ignace De Loyola

Ignace de Loyola

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Saint Ignace de Loyola
Ignatius Loyola.jpg

Saint Ignace, fondateur des Jésuites
Naissance le 24 d√©cembre 1491
Azpeitia, Guipuscoa, Pays basque, Espagne
D√©c√®s le 31 juillet 1556  (√† 65 ans)
Rome, Latium, Italie
Nationalit√© Espagne Espagne, Pays basque
Canonisation le 12 mai 1622
par Grégoire XV
V√©n√©r√© par l'√Čglise catholique romaine
Fête le 31 juillet
Serviteur de Dieu ‚ÄĘ V√©n√©rable ‚ÄĘ Bienheureux ‚ÄĘ Saint

√ć√Īigo de O√Īaz y Loyola, francis√© en Ignace de Loyola (n√© le 24 d√©cembre 1491[note 1] √† Azpeitia dans le Pays basque espagnol et mort le 31 juillet 1556 √† Rome) est le fondateur et le premier Sup√©rieur g√©n√©ral de la Compagnie de J√©sus ‚ÄĒ en latin abr√©g√© SJ pour Societas Jesu ‚ÄĒ congr√©gation catholique reconnue par le pape Paul III en 1540 et qui prit une importance consid√©rable dans la r√©action de l'√©glise catholique aux XVIe et XVIIe si√®cles, face √† l'√©branlement caus√© par la R√©forme protestante.

Auteur des Exercices spirituels, il fut un extraordinaire directeur de conscience. La spiritualité ignacienne est l'une des principales sources d'introspection religieuse dans la religion catholique. À la tête des Jésuites, il devint le fer de lance de la lutte contre le protestantisme et un ardent promoteur de la Réforme catholique, aussi appelée Contre-Réforme.

Il a été canonisé par le pape Grégoire XV le 12 mars 1622, en même temps que François Xavier et Thérèse d'Avila. Sa fête est célébrée le 31 Juillet.

Sommaire

La formation d’Ignace

Eneko (√ć√Īigo en castillan) est n√© dans le ch√Ęteau de Loyola sur la commune d'Azpeitia, √† 25 kilom√®tres au sud-ouest de Donostia-San Sebasti√°n dans la province de Guipuzcoa, au Pays basque (Espagne). Son nom, I√Īigo, vient de Saint Enecus (Innicus), p√®re-abb√© d'O√Īa; le nom Ignatius fut pris plus tard lorsqu'il r√©sidait √† Rome[1].

Basilique San Ignacio à Azpeitia dans le Pays Basque

Dernier n√© d'une fratrie de 13 enfants, Ignace grandit au sein d'une famille de la petite noblesse basque, alli√©e traditionnelle de la maison de Castille. Il a seulement 7 ans quand sa m√®re, Marina Saenz de Lieona y Balda, meurt et il noue une relation forte avec son p√®re, don Beltr√°n Y√°√Īez de O√Īez y Loyola. Il conna√ģt l'√©ducation du grand si√®cle espagnol qui √©clot en cette fin du XVe si√®cle.

En 1506, √† l'√Ęge adulte, Ignace devient page de cour, puis gentilhomme et secr√©taire au service d'un parent de sa m√®re, Juan Vel√°zquez de Cu√©llar, tr√©sorier g√©n√©ral (contador mayor) de la Reine de Castille, Isabelle la Catholique. Il m√®ne pendant dix ans une vie de Cour, comme il le dit dans son Autobiographie : Jusqu'√† la vingt-sixi√®me ann√©e de sa vie, il fut un homme adonn√© aux vanit√©s du monde et principalement il se d√©lectait dans l'exercice des armes. Il se lie avec la princesse Catalina, sŇďur de Charles Quint, s√©questr√©e par sa m√®re Jeanne la Folle √† Tordesillas[2].

En 1516, la mort de Ferdinand d'Aragon √† qui succ√®de Charles Quint entra√ģne le renvoi de Juan Vel√°zquez et donc d'Ignace. En 1517, Ignace entre dans l'arm√©e du vice-roi de Navarre, r√©cemment rattach√©e au Royaume de Castille (1512). Le 20 mai 1521[3], alors qu'il a atteint l'√Ęge de trente ans, il se retrouve √† d√©fendre la ville de Pampelune (Pays basque) contre les troupes franco-navarraises, qui avec l'appui de Fran√ßois Ier, cherchait √† r√©cup√©rer la couronne de Navarre au b√©n√©fice de la famille d'Albret. Submerg√©s par le nombre, les Espagnols voulurent se rendre, mais Ignace les exhorte √† se battre. Une jambe bless√©e, l'autre bris√©e par un boulet de canon, il est ramen√© √† son ch√Ęteau et ¬ę op√©r√© ¬Ľ, mais sa jambe droite restera plus courte de plusieurs centim√®tres pour le restant de sa vie[4].

La conversion

La Vierge de Montserrat, Vierge Noire en bois du XIIe si√®cle

Durant sa convalescence, faute de trouver les c√©l√®bres romans de chevalerie du temps[5], il lit de nombreux livres religieux comme une Vie de J√©sus de Ludolphe le Saxon en quatre volumes ou la L√©gende dor√©e de Jacques de Voragine, richement illustr√©e [6]qui narre les faits et gestes de saints. Dans un m√©lange de ferveur et d'anxi√©t√©, il voit en songe lui appara√ģtre "Notre-Dame avec le Saint Enfant J√©sus", il rejette "sa vie pass√©e et sp√©cialement les choses de la chair"[7]. Il ne songe plus qu'√† adopter une vie d'ermite et suivre les pr√©ceptes de saint Fran√ßois d'Assise et d'autres grands exemples monastiques. Il se d√©cide √† se d√©vouer enti√®rement √† la conversion des infid√®les en Terre Sainte. L'esprit de comp√©tition du chevalier l'anime. Par ailleurs, Ignace, en signe d'expiation veut partir en p√©lerinage et toute sa vie, il recherchera les sites consacr√©s √† la d√©votion chr√©tienne. Il devint p√©lerin, dans la tradition m√©di√©vale, "el pelegrino", ainsi qu'il titre ses souvenirs dict√© √† Luis Gon√ßalves de Camara √† la fin de sa vie[8].

Apr√®s son r√©tablissement, il quitte en f√©vrier 1522 la maison familiale pour rejoindre J√©rusalem. Sur le chemin, arriv√© au monast√®re b√©n√©dictin de Montserrat, pr√®s de Barcelone, il se confesse √† un p√®re d'origine fran√ßaise, le p√®re Chanon, et passe trois jours en pri√®res. Dans la nuit du 24 mars 1522, dans un geste de rupture avec sa vie ancienne de chevalier, il accroche ses habits militaires et ses armes devant la statue de la Vierge Noire. V√™tu d'un simple tissu, une esp√®ce de soutane en toile, avec une corde en guise de ceinture, l‚Äôhome del sac (en catalan), veut reprendre la route de Barcelone.

Le couvent de Saint Ignace à Manrèse

Mais, meurtri par son voyage, ses blessures mal cicatrisées, l'ascèse, et certains diront bloqué par la peste qui sévit à Barcelone, d'autres pour éviter le cortége du nouveau pape Adrien VI qui se rend de Madrid à Rome[9], il passe plusieurs mois dans une grotte près de la ville de Manresa (Manrèse en français) en Catalogne ou il pratique le plus rigoureux ascétisme.

Il mène jusqu'au début de 1523 une vie d'ermite au cours de laquelle il commence la rédaction de ce qui deviendra les Exercices spirituels. Depuis sa "conversion", Ignace avait pris l'habitude de consigner dans des carnets, les extraits les plus frappants des textes qu'il lisait. Lors de son séjour à Manrèse, il prend l'habitude de consigner ses expériences dans un cahier, une sorte de journal intime qui deveindra l'un des livres clés de la spiritualité chrétienne.

Le pélerinage en Terre Sainte

Il prend alors comme ¬ę p√®lerin de Dieu ¬Ľ la route de la Terre Sainte et, le 20 mars 1523, embarque pour l'Italie. B√©ni √† Rome par le pape Adrien VI, il continue son p√©riple jusqu'√† Venise, et parvient √† J√©rusalem ou il ne reste que trois semaines en septembre 1523, avant d'√™tre pri√© par les fr√®res franciscains de quitter le pays. √Ä nouveau en Italie, travers√©e par les arm√©es espagnoles et fran√ßaises, il se retrouve √† Venise et se convainc de l'absolue n√©cessit√© d'√©tudier pour enseigner. Apr√®s la m√©thode religieuse mise au jour dans les Exercices, la conviction du r√īle des √©tudes va √™tre une autre des caract√©ristiques du futur projet j√©suite[10]. Il est de retour √† Barcelone en mars 1524.

Les études

Façade du collège San Ildefonso à l'université d'Alcalá (1543)

Il consacre les onze ann√©es suivantes aux √©tudes, plus d'un tiers de ce qu'il lui restait √† vivre. Il reprend des cours de base (grammaire et latin) √† Barcelone et, d√®s 1526, il en sait assez pour suivre les cours de philosophie et de th√©ologie √† l'universit√© d'Alcal√° de Henares. Foyer intellectuel brillant de la Castille, cette Universit√© rassemble tous les alumbrados et conversos qui forment le climat spirituel de cette √©poque[11]. √Ä la fin de 1527, encourag√© par Alonso de Fonseca, archev√™que de Tol√®de, il rejoint la plus prestigieuse de toutes : l'universit√© de Salamanque. Mais les attaques vives qu'il subit en particulier de la part de l'Inquisition et des dominicains le d√©cide √† se rendre √† Paris en f√©vrier 1528.

Collège Sainte-Barbe - Vue de 1891

Ses progr√®s dans la compr√©hension des m√©canismes de l'enseignement et sa capacit√© √† dominer intellectuellement y compris plus √©rudit que lui-m√™me par l'usage du ¬ę discernement ¬Ľ, le distinguent. Mais sa personnalit√© rigoureuse et enti√®re et son attitude r√©formatrice lui cr√©ent de nombreux ennemis. √Ä Barcelone, il est battu tr√®s s√©v√®rement, et son compagnon tu√©, sur l'instigation de notables vex√©s de ne plus √™tre admis dans un couvent qu'Ignace avait r√©cemment r√©form√©[12]. √Ä Alcal√°, un inquisiteur, le grand vicaire Figueroa, le harasse constamment le soup√ßonnant d'illuminisme, allant jusqu'√† l'emprisonner pendant quelques semaines[13]. A Paris, ses √©preuves furent vari√©es, pauvret√©, maladie, Ňďuvres de charit√©, discipline du coll√®ge, particuli√®rement s√©v√®re dans celui de Montaigu, ou il r√©sida, car trop pauvre et ignorant avant de rejoindre celui plus ¬ę lib√©ral ¬Ľ du Coll√®ge Sainte-Barbe, ou il fut accus√© publiquement par Diego de Gouvea, recteur du coll√®ge, d'enfreindre les r√®gles mais il se d√©fendit vigoureusement et obtint des excuses publiques.

√Ä l'Universit√© de Paris, Ignace se retrouve ¬ę dans le chaudron de la Renaissance ¬Ľ, au cŇďur de ce que Jean Lacouture appelle la d√©cennie prodigieuse qui d√©bute en 1525 avec la pol√©mique entre Erasme (De libero arbitrio) et Luther (De servo arbitrio), puis la cr√©ation du coll√®ge de France en 1530, la parution du Pantagruel de Rabelais (1532) ou enfin, de la publication de l‚ÄôInstitution de la religion chr√©tienne de Calvin (1536)[14]. Il est re√ßu ma√ģtre √®s arts le 13 mars 1533. Pendant ce temps, ayant d√©but√© ses √©tudes de th√©ologie, il est licenci√© en 1534, mais il ne peut √™tre re√ßu docteur, ses ennuis de sant√© le conduisant hors de Paris en mars 1535.

La création de la Compagnie de Jésus

Le vŇďu de Montmartre

√Čglise Saint-Pierre de Montmartre b√Ętie sur le site ou la tradition catholique situe la fondation des J√©suites

En France, Ignace de Loyola regroupe autour de lui des étudiants de qualité issus d'horizons divers, mais tous unis par une commune fascination pour Ignace. Il connut en particulier au collège Sainte-Barbe, ses deux premiers compagnons qui furent le Savoyard Pierre Favre et le Navarrais Francisco Iassu de Aprizcuelta y Xavier dit François Xavier; puis, Diego Lainez et Alonso Salmerón le rallièrent, connaissant sa réputation d'Alcalà; enfin, Nicolás Bobadilla et Simón Rodríguez de Azevedo, un Portugais.

Ignace évolua progressivement sur l'attitude et la discipline qu'il s'imposait. Prenant en compte les critiques reçues à Alcalà ou Salamanque sur les pratiques d'extrême pauvreté et de mortification, il s'adapta à la vie dans la cité, en dirigeant les efforts de tous vers les études et les exercices spirituels. Le lien devint très fort avec ses compagnons unis dans le grand idéal de vivre en Terre Sainte la même vie que le Christ.

Le 15 ao√Ľt 1534, √† l'issue de la messe c√©l√©br√©e √† Montmartre dans la crypte Notre-Dame par Pierre Favre, ordonn√© pr√™tre trois mois auparavant, les sept prononcent les deux vŇďux de pauvret√© et chastet√© et le troisi√®me de se rendre dans les deux ans √† J√©rusalem pour y convertir les infid√®les, √† la fin de leurs √©tudes.

Ils furent ensuite rejoints par Claude Le Jay, un autre Savoyard de Gen√®ve et deux Fran√ßais : Jean Codure et Paschase Bro√ęt. Unis par le charisme d'Ignace, les nouveaux amis d√©cident de ne plus se s√©parer.

La fondation de l’ordre

Apr√®s avoir quitt√© Paris, il se rend six mois en Espagne puis √† Bologne, o√Ļ incapable de se remettre aux √©tudes, il se consacre √† des Ňďuvres de charit√©[15] attendant que ses 10 compagnons rejoignent Venise (6 janvier 1537) sur la route de J√©rusalem. Mais la guerre avec les Turcs les emp√™che de poursuivre. Ils d√©cident de reporter d'un an leur engagement, apr√®s quoi ils se mettront √† disposition du pape. Ignace de Loyola, comme la plupart de ses compagnons est ordonn√© pr√™tre √† Venise le 24 juin 1537. Ils partent ensuite dans des villes universitaires voisines, Ignatius avec Pierre Favre et Laynez prennent en octobre 1537 la route de Rome. Ignace, en vue de la ville, au lieu-dit la Storta, a une vision de Dieu s'adressant √† lui apr√®s l'avoir plac√© aux c√īt√©s du Christ : ¬ę Je vous serai propice √† Rome ¬Ľ[16].

Le pape Paul III approuve la création de la Compagnie de Jésus en 1540

√Ä Rome, capitale des √Čtats pontificaux, Alexandre Farn√®se venait en 1534 d'√™tre √©lu pape, sous le nom de Paul III. Il r√®gne sur une capitale en crise, √† peine remise du sac de Rome par les troupes de l'empereur en 1527, en butte √† la corruption g√©n√©ralis√©e et si√®ge d'une √©glise en crise, profond√©ment √©branl√©e par la fulgurante progression de la R√©forme. Paul III semble rapidement voir tout le profit √† tirer de cette nouvelle soci√©t√© de pr√™tres savants, rigoureux, int√®gres et d‚Äôun immense volontarisme r√©formateur. En novembre 1538, Paul III, apr√®s de nombreux contacts avec Lainez, re√ßoit Ignace et ses compagnons venus faire leur ¬ę oblation ¬Ľ au pape. Celui-ci leur ordonne de travailler √† Rome qui sera leur J√©rusalem[17]. D√®s lors, s'√©bauche la Compagnie de J√©sus ou Ordre des j√©suites.

De mars √† juin 1539, selon les minutes r√©dig√©es par Pierre Favre, ils d√©battent de la forme √† donner √† leur action, devoir d'ob√©issance, coh√©sion du groupe alors que l'activit√© missionnaire disperse les j√©suites, r√īle dans l'√©ducation‚Ķ En ao√Ľt 1539, Ignace, Codure et Favre r√©digent la prima Societatis Jesu instituti summa, esquisse des constitutions de la Compagnie avec quelques points forts : l'ob√©issance √† un Pr√©pos√© g√©n√©ral, l'exaltation de la pauvret√©, le refus du c√©r√©monial monastique, et en particulier de la pri√®re collective et des mortifications.

Malgré quelques oppositions à la Curie, la création de la Compagnie de Jésus est acceptée par le pape Paul III le 27 septembre 1540, dans sa bulle Regimini militantis ecclesiae, qui reprend la formula instituti tout en limitant le nombre de profès[18] à soixante. Cette restriction fut rapidement éliminée lors de la promulgation de la bulle Injunctum nobis du 14 Mars 1543.

Le 22 avril 1541, Ignace est élu, en dépit de ses réticences, premier supérieur général de la Compagnie de Jésus puis il fit avec ses compagnons, sa profession dans la basilique Saint-Paul-hors-les-murs[19]. L'Ordre est dès lors constitué.

Les débuts de la Compagnie de Jésus jusqu'à la mort d’Ignace

La structuration de l’Ordre

Article d√©taill√© : Constitutions de la Compagnie de J√©sus.

Ignace fut chargé en 1541 de mettre au point les règles d'organisation de la nouvelle compagnie, les fameuses Constitutions, mais il ne démarra pas les travaux en fait avant 1547, introduisant progressivement des coutumes, destinées à se transformer à terme en lois. En 1547, Juan de Polanco devint son secrétaire, et avec son aide, il réalisa un premier jet des Constitutions entre 1547 et 1550, tout en sollicitant simultanément l'approbation pontificale de réaliser une nouvelle édition de la Formula Instituti. Le pape Jules III l'accepta dans la bulle Exposcit Debitum, le 21 juillet 1550.

En parallèle, un nombre important de pères révisèrent le premier texte, mais bien que ne proposant que peu de changements, la version suivante réalisée par Ignace en 1552 était assez différente. Cette version fut publiée et prit force de loi dans la Compagnie. Des amendements légers furent jusqu'à sa mort introduits par Ignace.

Sous le nouveau général Jacques Lainez, la Ie Congrégation générale de la compagnie décida d'imprimer le texte qui resta tel quel jusqu'aux modifications introduites par la XXXIVeCongrégation en 1995.


Enseigner

Il envoya ses compagnons comme missionaires en Europe pour créer un réseau d'écoles de collèges et de séminaires. Juan de Vega, l'ambassadeur de Charles Quint à Rome y avait connu Ignace. L'estimant énormément ainsi que ses jésuites, quand il fut nommé Vice-roi de Sicile, il y attira ceux-ci. Un premier collège fut fondé en 1548 à Messine; il eut rapidement un grand succès et et ses règles et méthodes furent ensuite reproduites partout.

Lutter contre la Réforme

Allez enseigner les nations

La postérité d’Ignace

Article d√©taill√© : Compagnie de J√©sus.
Tombeau de Saint-Ignace dans l'√©glise du Ges√Ļ √† Rome.

√Ä sa mort, le 31 juillet 1556 √† Rome, la Compagnie de J√©sus compte d√©j√† plus de mille membres r√©partis dans douze Provinces, soixante-douze r√©sidences et soixante-dix-neuf maisons et coll√®ges.

Aujourd'hui, la spiritualit√© ignatienne inspire directement :

Canonisation

Ignace de Loyola est canonis√© le 12 mars 1622, en m√™me temps que Fran√ßois Xavier et Th√©r√®se d'Avila.

La spiritualité ignacienne

Article d√©taill√© : Exercices spirituels.

Les Exercices spirituels sont un ouvrage de m√©ditation et de pri√®re qui est consid√©r√© comme le chef-d'Ňďuvre spirituel d'Ignace de Loyola √† partir de sa propre exp√©rience spirituelle, v√©cue notamment √† Manr√®se. Tout l‚Äôenseignement d‚ÄôIgnace de Loyola, est orient√© vers le discernement, car pour lui, toute d√©cision humaine est le lieu d‚Äôune rencontre avec le Seigneur. Le livre fait environ 200 pages. Il veut √™tre le ¬ę livre du ma√ģtre ¬Ľ qui guide l'accompagnateur spirituel lors d'une retraite d'environ 30 jours.

Les méditations ont été écrites de manière à refléter authentiquement la spiritualité catholique, mais l'accent mis sur la rencontre personnelle entre le retraitant et Dieu attire aussi des chrétiens d'autres confessions.

Oeuvres d'Ignace de Loyola

Wikisource-logo.svg

Wikisource propose un ou plusieurs textes écrits par Ignace de Loyola.

Saint Ignace n‚Äôest pas un ‚Äėgrand √©crivain‚Äô, au sens o√Ļ on l‚Äôentend habituellement. Ses √©crits sont fonctionnels (direction spirituelle ou gouvernement de la Compagnie) ou personnels (journal spirituel). Une √©dition critique de l‚Äôensemble de ses √©crits se trouve dans les MHSI: les Monumenta Ignatiana (22 volumes).

Les Exercices Spirituels

Livret de m√©ditations et contemplations organis√©es en quatre semaines, permettant un progr√®s dans la compr√©hension de soi-m√™me et des myst√®res de la vie du Christ pour se les assimiler. Pour chaque m√©ditation, seuls quelques ‚Äėpoints‚Äô sont donn√©s, chaque fois avec beaucoup de sobri√©t√©. Dans l‚Äôesprit de Saint Ignace les ‚Äėexercices spirituels‚Äô sont toujours faits avec un guide dont le r√īle doit √™tre cependant effac√© car ¬ęil doit laisser le Cr√©ateur agir sans interm√©diaire avec la cr√©ature [retraitant], et la cr√©ature avec son Createur et Seigneur¬Ľ (ES, N¬į15)

  • Exercices spirituels, introduit par Fran√ßois Courel, Paris, DDB, 1963.

Le Journal Spirituel

Il s'agit d'un journal intime strictement personnel tenu dans les ann√©es 1544 et 1545 o√Ļ il note quotidiennement les mouvements int√©rieurs de son √Ęme durant et suivant la c√©l√©bration de la messe (exp√©riences de consolations et d√©solations). Seule une partie de ce journal nous est parvenue. Ce cahier fut publi√© pour la premi√®re fois au XIXe si√®cle.

  • Journal des Motions int√©rieures, √©dit√© par Pierre Antoine Fabre, Lessius, 286p, 2007.

L’Autobiographie

Le R√©cit du p√®lerin (c‚Äôest ainsi qu‚ÄôIgnace s‚Äôidentifie dans ce r√©cit) est l'histoire autobiographique d'Ignace de Loyola tel qu'il l'a racont√©e, entre 1553 et 1555, √† un autre j√©suite, le p√®re Louis Gon√ßalv√®s da C√Ęmara. √Ä la fin de sa vie, il r√©pondait ainsi √† la demande de plusieurs compagnons qui d√©siraient obtenir un testament spirituel en forme de r√©cit. Ignace a longtemps h√©sit√© avant de raconter son histoire, m√™me s'il l'avait promis d√®s 1551. Selon Louis Gon√ßalv√®s da C√Ęmara, c'est le 4 ao√Ľt 1553 qu'Ignace prit la d√©cision de r√©aliser sa promesse. Apr√®s une conversation sur le th√®me de la vaine gloire, relate le p√®re da C√Ęmara, ¬ę alors qu'il mangeait avec Juan de Polanco et moi, notre P√®re dit que bien souvent Ma√ģtre Nadal et d'autres de la Compagnie lui avaient demand√© une chose et qu'il ne s'y √©tait jamais d√©cid√© ; mais que, apr√®s avoir parl√© avec moi et s'√™tre recueilli dans sa chambre, il avait eu une grande d√©votion et inclination √† le faire et s'y √©tait totalement d√©cid√© ¬Ľ. Ce texte fut ensuite maintenu dans les archives pendant 150 ans, jusqu'√† ce que les bollandistes le publient dans les Acta Sanctorum.

  • Le R√©cit du P√®lerin: Autobiographie de saint Ignace de Loyola, pr√©sent√© par Andr√© Thiry, Seuil, Paris, 2001.
  • Autobiographie, pr√©sent√©e par Alain Guillermou, Seuil, Paris, 1982.

Les Lettres

6815 lettres et instructions sont connues, écrites par lui-même ou - en son nom - par son secrétaire, Juan de Polanco. Lettres de direction spirituelle (la plus ancienne date de 1524) et de gouvernement, d’encouragement et de réprimande. Instructions pour ceux qui vont fonder un collège ou participer au concile de Trente. Ces lettres sont adressées à des compagnons jésuites, personnages importants, bienfaiteurs de la Compagnie, ou encore parents de novices, fils ou filles spirituelles.

  • S√©lection de Lettres, comment√©es par Gervais Dumeige, Bruges, DDB, 1959.

Les Constitutions

Le texte législatif fondamental de la Compagnie de Jésus, préparé avec l’aide de Juan de Polanco et revu régulièrement à la lumière de l’expérience des premiers compagnons jésuites. A strictement parlé Loyola n’en est pas l’auteur car il laissa à la première congrégation générale (réunie en 1558, après sa mort) le soin de les promulguer.

  • Constitutions de Saint Ignace de Loyola (avec les ‚ÄėNormes‚Äô de la CG34), Paris, 1997.

Notes

  1. ‚ÜĎ Sa date de naissance a pr√™t√© √† controverse. Selon l'Autobiographie, cette date serait 1495. Mais si l'on en croit sa nourrice interrog√©e par les enqu√™teurs de la Compagnie apr√®s sa mort, il s'agit bien de 1491, date confirm√©e par le fait qu'il signe en 1507 des actes apr√®s la mort de son p√®re - la limite l√©gale de signature √©tant fix√©e √† 16 ans. - Lacouture T1 p. 15. Plut√īt que le 24 d√©cembre, WP polonaise mentionne la date du 25 octobre.

Références

  1. ‚ÜĎ Catholic Encyclopedia, notice biographique Ignatius de Loyola, 1913
  2. ‚ÜĎ Lacouture, T1, p.17
  3. ‚ÜĎ Catholic Encyclop√©dia
  4. ‚ÜĎ Lacouture, T1, p.21
  5. ‚ÜĎ Catholic Encyclopedia
  6. ‚ÜĎ A. Guillermou, St Ignace de Loyola, P.15
  7. ‚ÜĎ autobiographie p.49
  8. ‚ÜĎ A. Guillermou, St Ignace de Loyola, P.17
  9. ‚ÜĎ A. Guillermou, p. 19
  10. ‚ÜĎ Lacouture p.35
  11. ‚ÜĎ Lacouture p.37 Les alumbrados sont les illumin√©s, empreints de mystique, li√©s √† la r√©forme franciscaine et les conversos sont les juifs ayant en 1492 choisi d'opter pour le catholicisme
  12. ‚ÜĎ Catholic Encyclopedia
  13. ‚ÜĎ deux mois pour l‚ÄôEncyclopedia, 17 jours pour Lacouture
  14. ‚ÜĎ Lacouture p.50 √† 52
  15. ‚ÜĎ Catholic Encyclopedia
  16. ‚ÜĎ Lacouture p. 93, t√©moignage de Diego Lainez
  17. ‚ÜĎ Lacouture p. 96
  18. ‚ÜĎ Pr√™tre j√©suite ayant prononc√© l'ensemble de ses vŇďux
  19. ‚ÜĎ Catholic encyclopedia

Voir aussi

Bibliographie

  • J√©suites, Jean Lacouture, Tome 1, Le Seuil, 1991 (ISBN 2-02-012213-8)
  • St Ignace de Loyola et la Compagnie de J√©sus, Alain Guillermou, (coll. Ma√ģtres spirituels, 23), 187 p., Le Seuil, Paris, 1960 - R√©ed. Points Sa 224, Le Seuil, 2007 (ISBN 978 2757804124)
  • Ignace de Loyola fonde la compagnie de J√©sus, Andr√© Ravier, Bellarmin, Paris, 1974.
  • La Vie de saint Ignace de Loyola, Alain Guillermou, Le Seuil, Paris, 1961.

Articles connexes

Liens externes

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