Horatio Nelson

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Horatio Nelson
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Horatio Nelson 1er vicomte Nelson
Horatio Nelson, 1er vicomte Nelson par Lemuel Francis Abbott[Note 1]
Horatio Nelson, 1er vicomte Nelson
par Lemuel Francis Abbott[Note 1]

Surnom Lord Nelson
Naissance 29 septembre 1758
Burnham Thorpe, Grande-Bretagne
DĂ©cĂšs 21 octobre 1805 (Ă  47 ans)
Cap de Trafalgar, Espagne
Mort au combat
Origine Britannique (Anglais)
AllĂ©geance Union flag 1606 (Kings Colors).svg Royaume de Grande-Bretagne
Arme Pavillon de la Royal Navy Royal Navy
Grade Vice-amiral
Années de service 1771 - 1805
Conflits Guerre d'indĂ©pendance des États-Unis
Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes SiĂšge de Calvi
Bataille de GĂȘnes,
Bataille du cap Saint-Vincent,
Bataille de Santa Cruz de Tenerife,
Bataille d'Aboukir,
Bataille de Copenhague,
Bataille de Trafalgar
Distinctions Titre de noblesse
Ordre du Croissant
Ordre du Bain
Ordre de Saint-Joachim
Famille Edmund Nelson, pĂšre
Catherine Suckling, mĂšre
Maurice Suckling, oncle maternel
William Nelson, frÚre aßné
Frances Nisbet, femme
Emma Hamilton, maĂźtresse
Horatia Nelson, fille illégitime
Signature Horatio Nelson Signature.svg

Horatio Nelson, 1er vicomte Nelson, duc de Bronte, nĂ© le 29 septembre 1758 Ă  Burnham Thorpe et mort le 21 octobre 1805 au large du cap de Trafalgar, est un vice-amiral[Note 2] britannique. Il s'est illustrĂ© pendant les guerres de la RĂ©volution française et napolĂ©oniennes notamment Ă  la bataille de Trafalgar, oĂč il remporte une victoire dĂ©cisive pour la Grande-Bretagne, qui inaugure la suprĂ©matie de la Royal Navy, mais y perd la vie. Il est couramment appelĂ© l’amiral Nelson par les Français et Lord Nelson par les Anglo-Saxons.

Nelson saura utiliser un large Ă©ventail de tactiques, sans rester prisonnier de schĂ©mas traditionnels au contraire de nombre de ses collĂšgues, ce qui lui vaut une rĂ©putation d'officier insubordonnĂ©. Son coup d'Ɠil et sa facultĂ© d'adaptation lui permettent d'agir trĂšs rapidement, prenant souvent de vitesse ses adversaires. Il a le don d'inciter ses hommes Ă  donner le meilleur d'eux-mĂȘmes[Note 3]. Il attire le dĂ©vouement et la loyautĂ© de ses subordonnĂ©s et en retour leur laisse une grande libertĂ© d'action. Son courage physique dans les combats et l'image d'hĂ©roĂŻsme que lui valent ses nombreuses blessures en font de son vivant mĂȘme une figure vĂ©nĂ©rĂ©e par la population britannique.

En 1798, alors qu'il est marié depuis 1787, Nelson a une liaison passionnée avec Emma Hamilton, l'épouse de l'ambassadeur britannique à Naples William Hamilton. Emma devient sa maßtresse, vit ouvertement avec lui à son retour en Angleterre et lui donne une fille, Horatia.

Au moment de sa mort en 1805, Nelson est considĂ©rĂ© comme un hĂ©ros et reçoit des funĂ©railles nationales. De nombreux monuments cĂ©lĂšbrent sa mĂ©moire, notamment la colonne Nelson au cƓur de Trafalgar Square Ă  Londres.

Sommaire

Biographie

Famille et enfance

Le Révérend Edmund Nelson, pÚre de Horatio.
Catherine Suckling, mĂšre de Horatio.

Horatio Nelson est nĂ© Ă  Burnham Thorpe dans le comtĂ© de Norfolk en Angleterre[1]. Fils de bonne famille, il est le sixiĂšme des onze enfants du rĂ©vĂ©rend Edmund Nelson et de Catherine Suckling[1], dont certains sont morts en bas Ăąge. Sa mĂšre, qu'il perd Ă  l'Ăąge de neuf ans, Ă©tait la petite-niĂšce de Lord Robert Walpole, comte d'Orford, considĂ©rĂ© de facto comme le premier Premier ministre du parlement du Royaume-Uni[2]. Catherine vivait dans le village de Barsham dans le comtĂ© du Suffolk et se maria avec Edmund le 11 mai 1749. Le nom de Horatio provient de son parrain, Horace Walpole[a 1].

Nelson Ă©tudie briĂšvement Ă  la Paston Grammar School de North Walsham, oĂč il se lie d'amitiĂ© avec plusieurs condisciples, comme Levett Hanson, correspondant de Nelson jusqu'Ă  sa mort. Nelson Ă©tudie Ă©galement Ă  la Norwich School et il apprend la navigation Ă  Barton Broad avant de s'engager dans la Royal Navy[3]. En effet, son oncle maternel, l'officier de marine Maurice Suckling avait dĂ©cidĂ© de s'occuper de l'avenir de Horatio pour aider Edmund Ă  la mort de Catherine.

DĂ©buts de sa carriĂšre navale

Pour consulter un article plus gĂ©nĂ©ral, voir : Guerre d'indĂ©pendance des États-Unis .

Sa carriĂšre dĂ©bute le 1er janvier 1771, quand il devient matelot et patron de canot sur le vaisseau de guerre de 3e rang HMS Raisonnable, commandĂ© par Maurice Suckling, mais le dĂ©part est reculĂ© de trois mois durant lesquels le Raisonnable entre Ă  l'arsenal pour rĂ©parations et Horatio est renvoyĂ© Ă  l'Ă©cole. À la mi-mars, aprĂšs son arrivĂ©e Ă  bord, Nelson est nommĂ© aspirant et commence une formation d'officier. Nelson dĂ©couvre qu'il souffre du mal de mer, un problĂšme chronique qui le poursuivra le reste de sa vie[4].

Le HMS Raisonnable est armĂ© durant une pĂ©riode de tension avec l'Espagne, mais quand le calme revient, Suckling passe sur le HMS Triumph, un navire de garde-cĂŽtes basĂ© prĂšs du Nore. Il inscrit Horatio comme aspirant sur le Triumph mais prĂ©fĂšre le faire embarquer Ă  bord d'un navire marchand oĂč sa formation devrait ĂȘtre plus fructueuse, Nelson est envoyĂ© pour servir Ă  bord d'un Indiaman de l'entreprise de Hibbert, Purrier and Horton afin de s'aguerrir[b 1]. À ce titre, il traverse deux fois l'ocĂ©an Atlantique avant de retourner servir comme patron de canot pour Suckling, assurant les transports des hommes et des vivres avec la terre. Nelson apprend ensuite l'existence d'un projet d'expĂ©dition sous le commandement de Constantine John Phipps, destinĂ© Ă  enquĂȘter sur un passage vers l'Inde par l'Arctique, le lĂ©gendaire passage du Nord-Ouest. À sa demande, Suckling prend des dispositions pour que Nelson se joigne Ă  l'expĂ©dition, comme aspirant Ă  bord de la bombarde HMS Carcass. L'expĂ©dition n'est pas en mesure de trouver un chemin Ă  travers le pack et est contraint de rebrousser chemin. Sur le voyage du retour de l'expĂ©dition vers la Grande-Bretagne en septembre 1773, Nelson retourne briĂšvement sur le Triumph, mais est, suite Ă  un arrangement de Suckling, transfĂ©rĂ© sur le HMS Seahorse, l'un des deux navires qui se prĂ©paraient Ă  appareiller pour les Indes[a 2].

Nelson s'embarque pour les Indes, le 19 novembre 1773, arrivant Ă  Madras le 25 mai 1774[a 3]. Nelson et l'HMS Seahorse passe le reste de l'annĂ©e croisant au large de la cĂŽte et escortant des navires marchands. Avec le dĂ©clenchement de la premiĂšre guerre anglo-marathe, la flotte britannique appuie la Compagnie anglaise des Indes orientales et au dĂ©but de 1775 l'HMS Seahorse est envoyĂ© escorter un navire de transport Ă  Bombay, chargĂ© de l'argent de la sociĂ©tĂ©. Le 19 fĂ©vrier, l'HMS Seahorse est attaquĂ© par deux ketchs ennemi, mais les repousse aprĂšs un bref Ă©change de tir. C'est la premiĂšre participation Ă  un combat de Nelson[a 4]. Le reste de l'annĂ©e est consacrĂ©e Ă  l'escorte des convois, Nelson continuant Ă  apprendre la navigation. Le capitaine Suckling devient contrĂŽleur de la Marine en 1775 et se sert de sa position pour favoriser la carriĂšre de Nelson[2]. Au dĂ©but de 1776, Nelson contracte le paludisme. Gravement malade, il est libĂ©rĂ© de son poste le 14 mars et retourne en Angleterre Ă  bord du HMS Dolphin[a 5], passant les six mois du voyage retour jusqu'Ă  son arrivĂ©e en septembre 1776 Ă  rĂ©cupĂ©rer. Son mentor, Suckling, a maintenant atteint le poste de Third Sea Lord (« TroisiĂšme Lord de la Mer Â») et, par son influence, Nelson, encore aspirant, est dĂ©signĂ© pour faire fonction de lieutenant Ă  bord du HMS Worcester, puis se prĂ©pare Ă  appareiller pour Gibraltar[a 6].

Le capitaine Horatio Nelson avec le Fort San Juan en arriÚre plan, 1781. Cette peinture de John Francis Rigaud fut commencée et presque achevée avant la bataille. Nelson, alors lieutenant, reviendra avec le rang de capitaine. L'artiste rajoutera à ce moment les soutaches d'or des manches, qui témoignent de ce nouveau grade[a 7].

Le HMS Worcester, sous le commandement du capitaine Mark Robinson, escorte un convoi le 3 dĂ©cembre et est de retour en Grande-Bretagne avec un autre convoi en avril 1777[a 8]. À son retour, Nelson se rend Ă  Londres pour passer son examen de lieutenant, ce qu'il fait le 9 avril, devant les capitaines John Campbell, Abraham Nord et son oncle Maurice Suckling. Nelson reçoit dĂšs le lendemain son affectation comme lieutenant en second sur le JamaĂŻque sous les ordres du capitaine William Locker[a 9]. Le navire navigue du 16 mai au 19 juillet et aprĂšs s'ĂȘtre rĂ©approvisionnĂ©, a effectuĂ© plusieurs voyages dans la mer des CaraĂŻbes. Le dĂ©clenchement de la guerre d'indĂ©pendance des États-Unis est l'occasion pour Nelson de se distinguer[5]. Le HMS Worcester capture plusieurs prises, dont l'une a Ă©tĂ© utilisĂ©e comme annexe et renommĂ©e Little Lucy. Nelson demande et reçoit son commandement et le dirige durant deux voyages[a 10]. Locker, impressionnĂ© par les capacitĂ©s de Nelson, le recommande au nouveau commandant en chef Ă  la JamaĂŻque, Sir Peter Parker, lequel prend Nelson sur son navire amiral, le HMS Bristol[a 11]. L'entrĂ©e des Français dans la guerre, appuyant les AmĂ©ricains, apporte d'autres objectifs pour la flotte de Parker et un grand nombre de prises sont faites fin 1778, ce qui permet Ă  Nelson d'obtenir des parts de prise pour un montant d'environ 400 ÂŁ, soit une prime correspondant Ă  plus de 2 ans 1/2 de solde[Note 4].

Parker le nomme comme « Master and Commander Â» du brick HMS Badger le 8 dĂ©cembre[a 12]. Nelson et le HMS Badger passent la majeure partie de 1779 au large de la cĂŽte d'AmĂ©rique centrale, allant dans les colonies britanniques du Honduras et du Nicaragua, mais sans beaucoup d'interception de navires ennemis[a 13]. À son retour Ă  Port Royal, il apprend que Parker l'a promu capitaine le 11 juin et lui donne une autre affectation. Nelson, qui n'a Ă  l'Ă©poque que vingt ans, remet le HMS Badger Ă  Cuthbert Collingwood en attente de l'arrivĂ©e de son nouveau navire, une frĂ©gate capturĂ©e Ă  la France de 28 canons et intĂ©grĂ©e Ă  la Royal Navy sous le nom de Charles Henri d'Estaing approchant de la JamaĂŻque lui sont connues. Parker se hĂąte d'organiser sa dĂ©fense, mettant Nelson au commandement du Fort Charles qui protĂ©geait l'approche de Kingston[a 14]. Mais Charles Henri d'Estaing fait route au nord, ne concrĂ©tisant jamais l'invasion supposĂ©e. AprĂšs cette alerte, Nelson prend le commandement du HMS Hinchinbroke le 1er septembre[a 15].

Le HMS Hinchinbroke appareille de Port Royal le 5 octobre 1779 et aprĂšs s'ĂȘtre joint Ă  plusieurs autres navires britanniques, capture un certain nombre de navires amĂ©ricains[a 16]. À son retour en JamaĂŻque, en dĂ©cembre, Nelson commence Ă  ĂȘtre atteint de crises rĂ©pĂ©tĂ©es de paludisme, mais il reste dans les Antilles afin d'ĂȘtre en mesure de prendre part Ă  la tentative de capture des colonies espagnoles en AmĂ©rique centrale de John Dalling, avec notamment l'assaut sur la forteresse de San Juan au Nicaragua[7]. Le HMS Hinchinbroke navigue dans les eaux de la JamaĂŻque en fĂ©vrier 1780 comme escorte des forces d'invasion de Dalling et aprĂšs avoir atteint l'embouchure du Colorado, il rĂ©ussit un assaut sur le fort espagnol[a 17]. Nelson reçoit des fĂ©licitations pour ce succĂšs rapide puis est rappelĂ© par Parker, et affectĂ© au commandement de la frĂ©gate de 44 canons Costa Rica, probablement atteint par une nouvelle crise de paludisme et n'est pas en mesure de prendre le commandement du navire. Il est dĂ©chargĂ© de son commandement en aoĂ»t et renvoyĂ© en Grande-Bretagne Ă  bord du 15 aoĂ»t 1781, Nelson reçoit le commandement de la frĂ©gate modifier] Au commandement d'un navire

Capitaine de l’Albemarle

Le 23 octobre, Nelson reçoit l'ordre d'emmener l’Albermarle en mer afin d'encadrer un convoi de la Compagnie de Moscovie d'Elseneur jusqu'en Grande-Bretagne. Pour ce faire, les frĂ©gates Portsmouth en fĂ©vrier 1782. LĂ , le navire est rĂ©parĂ© et Nelson reçoit l'ordre d'escorter un autre convoi partant de Cork pour le QuĂ©bec[a 24]. Nelson arrive au large de Terre-Neuve Ă  la fin du mois de mai, avant de repartir chasser des corsaires amĂ©ricains. Nelson Ă©choue dans sa quĂȘte, reprenant malgrĂ© tout plusieurs marchands britanniques capturĂ©s, et capturant un certain nombre de petits bateaux[a 25]. En aoĂ»t, il Ă©chappe aprĂšs une longue poursuite Ă  une flotte menĂ©e par Louis-Philippe de Vaudreuil[a 26]. Il retourne Ă  QuĂ©bec le 18 septembre[a 27], puis navigue de nouveau comme escorteur jusqu'Ă  New York, arrivant Ă  la mi-novembre et rencontrant l'amiral Samuel Hood, commandant de la flotte britannique basĂ©e lĂ -bas[a 28]. À la demande de Nelson, Hood le transfĂšre avec son navire Ă  sa flotte et il navigue avec lui jusqu'Ă  son dĂ©part Ă  destination des Antilles en novembre[a 29]. À leur arrivĂ©e, la flotte prend position au large de la JamaĂŻque, en attendant l'arrivĂ©e de la flotte française de Vaudreuil. Nelson et l’Albermarle sont envoyĂ©s pour trouver des traces de l'ennemi, mais au dĂ©but de 1783, il est devenu clair que les Français ont Ă©chappĂ© Ă  Hood[a 30]. Pendant ce temps, Nelson avait concoctĂ© un plan pour mener l'assaut de la garnison française des Ăźles Turques-et-CaĂŻques. Prenant le commandement d'une petite flottille de frĂ©gates et de navires de taille modeste, il dĂ©barque, le 8 mars, 167 hommes et soutient leur avancĂ©e grĂące Ă  des bombardements[a 31]. Les Français tiennent tĂȘte et Nelson est forcĂ© de battre en retraite aprĂšs plusieurs heures. Nelson est critiquĂ© par plusieurs des officiers impliquĂ©s, mais Hood ne semble pas l'avoir rĂ©primandĂ©[a 32]. Nelson passe le reste de la guerre Ă  croiser dans les Antilles, capturant un certain nombre de navires français et espagnol[a 33]. AprĂšs l'annonce de la paix, Nelson est renvoyĂ© chez lui, arrivant en Grande-Bretagne Ă  la fin du mois de juin 1783[a 34].

Île NiĂ©vĂšs et mariage

Article connexe : Frances Nisbet.

Nelson se rend à Saint-Omer en France à la fin de l'année 1783 avec des amis, et tente briÚvement d'apprendre le français. Il retourne en Angleterre en janvier 1784[a 35]. Attiré par la politique, il envisage de se présenter au Parlement lors des élections en tant que partisan de William Pitt le Jeune mais n'est pas en mesure d'obtenir un siÚge[a 36]. Il reçoit à la place le commandement de la frégate Actes de Navigation dans les environs d'Antigua[a 37]. Désormais considérés comme étrangers, les navires américains ne sont plus autorisés à commercer avec les colonies britanniques en mer des Caraïbes, une rÚgle impopulaire à la fois dans les colonies et pour les Américains[a 38]. Il sert sous l'amiral Richard Hughes mais entre souvent en conflit avec lui au sujet de l'interprétation des Actes de Navigation[a 39].

AprĂšs avoir saisi quatre navires amĂ©ricains au large de l'Ăźle NiĂ©vĂšs, Nelson est poursuivi par les capitaines des navires pour « saisie illĂ©gale Â». Comme les marchands de l'Ăźle NiĂ©vĂšs les soutenaient, Nelson risque l'emprisonnement et doit rester sĂ©questrĂ© sur le Boreas pendant huit mois. Il faut du temps pour que les tribunaux dĂ©boutent les capitaines de leurs prĂ©tentions, mais dans l'intervalle, Nelson rencontre Frances Nisbet, plus connu sous le surnom de « Fanny Â», une veuve originaire de l'Ăźle NiĂ©vĂšs[a 40] qui a dĂ©jĂ  un fils de cinq ans prĂ©nommĂ© Josiah. Nelson et Fanny se marient le 11 mars 1787 vers la fin de son service dans les CaraĂŻbes[a 41]. Nelson retourne en Angleterre, arrivant en juillet, et Fanny le rejoint plus tard[a 42]. Fanny se rĂ©vĂ©la ĂȘtre une amie fidĂšle du pĂšre de Horatio.

PĂ©riode de paix

Nelson demeure avec le Boreas jusqu'Ă  ce que celui-ci soit payĂ© en novembre 1787[a 43]. Avec Fanny, il partage ensuite son temps entre Londres et Bath, visitant occasionnellement ses amis dans le Norfolk. Ils s'installent finalement en 1788 dans la maison d'enfance de Nelson Ă  Burnham Thorpe[a 44]. DĂ©sormais en demi-solde[Note 5], il tente de persuader l'AmirautĂ© et d'autres personnes haut placĂ©es, comme Hood, de lui fournir un commandement. Il Ă©choue dans sa requĂȘte car trop peu de navires sont disponibles dans la marine en temps de paix et Hood refuse de l'aider[a 45].

En 1792, le gouvernement rĂ©volutionnaire français annexe les Pays-Bas autrichiens – l'actuelle Belgique – qui est traditionnellement considĂ©rĂ© comme un État « tampon Â». Nelson est rappelĂ© et reçoit le commandement du vaisseau de 64 canons HMS Agamemnon en janvier 1793. Le 1er fĂ©vrier, la France dĂ©clare la guerre[a 46].

Service dans la mer Méditerranée

Pour consulter un article plus gĂ©nĂ©ral, voir : Guerres de la RĂ©volution française.

Nelson navigue en mai sous le commandement du vice-amiral William Hotham, dont la flotte est rejointe plus tard dans le mois par le reste de la flotte de Samuel Hood[a 47]. Ils naviguent tous ensemble vers Gibraltar avec l'intention d'Ă©tablir la supĂ©rioritĂ© navale britannique dans la mer MĂ©diterranĂ©e, et s'arrĂȘtent Ă  Toulon, s'ancrant au large du port en juillet[a 48]. La ville est en grande partie sous le contrĂŽle des RĂ©publicains modĂ©rĂ©s et des royalistes, mais est menacĂ©e par les forces de la Convention nationale qui marchent sur la ville. À court de vivres et doutant de leur capacitĂ© Ă  se dĂ©fendre par eux-mĂȘmes, les autoritĂ©s de la ville demandent Ă  Hood qu'il prenne la ville sous sa protection. Hood accepte et envoie Nelson vers les Royaumes de Sardaigne et de Naples pour demander des renforts[a 49]. AprĂšs le dĂ©barquement de dĂ©tachements de Sardaigne, Nelson arrive Ă  Naples au dĂ©but du mois de septembre. Il y rencontre Ferdinand Ier des Deux-Siciles[a 50] accompagnant l'ambassadeur britannique, William Hamilton[a 51]. Lors des nĂ©gociations en vue de l'envoi de renforts, Nelson rencontre pour la premiĂšre fois la nouvelle femme d'Hamilton, Emma Hamilton[a 52]. Les nĂ©gociations sont rapides et 2 000 hommes et plusieurs navires sont rassemblĂ©s Ă  la mi-septembre. Nelson prend la mer pour poursuivre une frĂ©gate française, mais Ă©chouant Ă  la rattraper, s'embarque pour Livourne, puis la Corse[a 53]. Il arrive Ă  Toulon le 5 octobre, oĂč il trouve une situation presque dĂ©sespĂ©rĂ©e. Une grande armĂ©e française occupe les collines entourant la ville et la bombarde. Hood espĂšre tout de mĂȘme que la ville puisse tenir si plus de renforts arrivent et dans le mĂȘme temps envoie Nelson se joindre Ă  un escadron au large de Cagliari[a 54].

La Corse et le siĂšge de Calvi

Article dĂ©taillĂ© : SiĂšge de Calvi.
Portait de Horatio Nelson par Robert Bowyer

Au dĂ©but de la matinĂ©e du 22 octobre 1793, l’équipage de l’Agamemnon dĂ©tecte cinq navires au loin. Nelson met le cap sur eux et voit finalement une escadre française. Nelson donne rapidement la chasse, tirant sur le 40 canons Melpomene[a 55]. Il inflige des dommages considĂ©rables au navire mais les autres embarcations françaises entrent aussi dans la bataille et, se rendant compte qu'il Ă©tait Ă  court de munitions, Nelson se retire et met le cap vers Cagliari, y arrivant le 24 octobre[a 56]. AprĂšs avoir effectuĂ© les rĂ©parations, Nelson navigue de nouveau le 26 octobre Ă  destination de Tunis avec un escadron sous les ordres du Commodore Robert Linzee. À l'arrivĂ©e, Nelson se voit confier le commandement d'un petit escadron composĂ© de l’Agamemnon, trois frĂ©gates et un sloop, et a l'ordre d'organiser le blocus de la garnison française en Corse[a 57]. À la fin du mois de dĂ©cembre, les succĂšs britanniques dans la mer MĂ©diterranĂ©e sont contrariĂ©s par la prise de Toulon. Hood a Ă©chouĂ© Ă  prendre des dispositions appropriĂ©es pour un retrait et dix-huit navires de ligne tombent dans les mains des RĂ©publicains[a 58]. Avec ce contexte, la mission de Nelson en Corse prend une importance accrue, car l'Ăźle pourrait fournir une base navale prĂšs des cĂŽtes françaises[a 59] et les Britanniques disposaient du soutien de Pascal Paoli. Hood renforce l'escadre de Nelson avec d'autres navires, que Nelson utilise pour amĂ©liorer son blocus au cours du mois de janvier 1794.

Des troupes britanniques dĂ©barquent sur l'Ăźle le 7 fĂ©vrier et Nelson intensifie le blocus au large de Bastia. Il passe la fin du mois Ă  effectuer des raids le long de la cĂŽte en interceptant des navires ennemis. À la fin du mois de fĂ©vrier, la ville de Saint-Florent tombe et les troupes britanniques sous le commandement du lieutenant-gĂ©nĂ©ral David Dundas arrivent Ă  la pĂ©riphĂ©rie de Bastia[a 60]. Toutefois, Dundas, Ă©valuant les positions ennemies, se retire, arguant du fait que les Français Ă©taient trop bien en place pour tenter un assaut. Nelson convaincu de l'importance de l'assaut, essaye de plaider pour une attaque auprĂšs de Hood, mais les dĂ©bats prolongĂ©s entre l'armĂ©e et les commandants de la marine font que Nelson ne reçoit pas l'autorisation de dĂ©marrer l'attaque avant la fin du mois de mars. Nelson commence Ă  mettre Ă  terre une partie de ses canons de ses navires et les place dans les collines entourant la ville. Le 11 avril, l'escadre britannique entre dans le port et ouvre le feu, tandis que Nelson prend le commandement des forces terrestres et ordonne le bombardement[a 61]. AprĂšs quarante-cinq jours de combat, la ville se rend[a 62] et Nelson commence alors Ă  prĂ©parer un assaut sur Calvi en compagnie du lieutenant-gĂ©nĂ©ral Charles Stuart.

Les deux hommes effectuent un dĂ©barquement le 19 juin et commencent immĂ©diatement Ă  placer les canons pour occuper les hauteurs qui entourent la ville. Alors que Nelson dirige un bombardement continu des positions ennemies, Stuart fait avancer ses hommes. Le 12 juillet, Nelson est Ă  l'une des batteries quand un tir ennemi touche l'un des sacs de sable protĂ©geant la position, pulvĂ©risant du sable et des pierres sur Nelson et d'autres soldats. TouchĂ© Ă  l'Ɠil, Nelson est forcĂ© de partir de la position. Il est rapidement soignĂ© et retourne au combat[a 63]. Le 18 juillet, la plupart des positions ennemies sont dĂ©truites, et la nuit, Stuart appuyĂ© par Nelson, donne l'assaut de la principale position dĂ©fensive et la capture. Repositionnant rapidement leurs canons, les Britanniques font subir Ă  Calvi un bombardement constant, et la ville capitule le 10 aoĂ»t[a 64]. La vision de Nelson est irrĂ©mĂ©diablement endommagĂ©e et il perd en fin de compte la vue de son Ɠil droit[a 65].

GĂȘnes et le combat du Ça Ira

Article connexe : Bataille de GĂȘnes.
Le combat du Ça Ira prĂšs de Noli le 14 mars 1795.

AprĂšs l'occupation de la Corse, Samuel Hood envoie Nelson Ă  GĂȘnes afin d'entamer des relations avec un alliĂ© potentiel important stratĂ©giquement[a 66]. Hood retourne ensuite en Angleterre, pour ĂȘtre remplacĂ© par l'amiral William Hotham en tant que commandant en chef dans la MĂ©diterranĂ©e. Nelson arrive Ă  Livourne et alors que l’Agamemnon est en rĂ©paration, il a une brĂšve liaison avec une femme, Adelaide Correglia[a 67]. Hotham arrive avec le reste de la flotte en dĂ©cembre, et l’Agamemnon navigue sur un certain nombre de croisiĂšres avec eux Ă  la fin de l'annĂ©e 1794 et au dĂ©but de 1795[a 68].

Le 8 mars, Hotham apprend que la flotte française est en mer et met le cap pour la Corse. Il prend immĂ©diatement la mer pour l'intercepter, avec un Nelson impatient de faire sa premiĂšre bataille en flotte. Les Français sont rĂ©ticents Ă  engager le combat, et les deux flottes se suivent jusqu'au 12 mars, date oĂč les Britanniques sont Ă  portĂ©e de vue. Mais le lendemain, deux des navires français entrent en collision, en laissant le navire de 84 canons Ça Ira endommagĂ© et Ă  la traĂźne par rapport Ă  la flotte française. Le capitaine Thomas Fremantle, Ă  bord du Sans-Culotte et le Jean Bart approchent de l'Ă©change de tirs. Nelson continue cependant Ă  se rapprocher de l’Agamemnon et des tirs de bordĂ©e s'Ă©changent avec le Ça Ira pendant deux heures et demie, jusqu'Ă  ce que l'arrivĂ©e des deux plus grands navires français force Nelson Ă  se rabattre. De lourdes pertes et des dommages considĂ©rables sont infligĂ©s au Ça Ira[a 69]. Les deux flottes continuent Ă  se suivre, avant de finalement reprendre contact le 14 mars, et la bataille de GĂȘnes dĂ©bute. Nelson se joint aux autres navires britanniques en attaquant sa proie prĂ©cĂ©dente, le Ça Ira, depuis remorquĂ© par le Censeur. Fortement endommagĂ©s, les navires français sont finalement forcĂ©s de se rendre et Nelson prend possession du Censeur. La flotte française abandonne son plan d'invasion de la Corse et retourne au port[a 70].

Escarmouches et retraite de l'Italie

Nelson et la flotte restent en mer MĂ©diterranĂ©e pendant l'Ă©tĂ©, et le 4 juillet l’Agamemnon appareille de Saint-Florent avec une petite force composĂ©e de frĂ©gates et de sloops, Ă  destination de GĂȘnes. Le 6 juillet, il se heurte Ă  la flotte française et se trouve lui-mĂȘme poursuivi par plusieurs navires de ligne beaucoup plus grands que lui. Il accĂ©lĂšre pour retourner Ă  Saint-Florent, juste avant l'arrivĂ©e de la poursuite française, qui rompt le combat et bat en retraite Ă  la suite de l'alerte donnĂ© par Nelson aux canons de la flotte britannique dans le port[a 71]. Hotham commence la poursuite, suivant les Français aux Ăźles d'HyĂšres. Un certain nombre de petits engagements sans actions dĂ©cisives sont menĂ©s, et Ă  la consternation de Nelson, il y a eu peu d'action[a 72].

Nelson est ensuite retournĂ© vers GĂȘnes, interceptant et inspectant des navires de commerces, et attrapant les navires suspects se rendant dans les ports ennemis et neutres[a 73]. Il Ă©tablit des plans ambitieux pour faire obstacle Ă  la progression de l'ArmĂ©e d'Italie, mais qui suscite peu d'intĂ©rĂȘt de la part d'Hotham[a 74]. En novembre, Hotham est remplacĂ© par Hyde Parker, mais la situation en Italie se dĂ©tĂ©riore rapidement, avec les Français faisant des raids autour de GĂȘnes, et un fort sentiment jacobin au sein mĂȘme de la ville[a 75]. Finalement, un grand assaut français Ă  la fin du mois de novembre casse les lignes alliĂ©es, et, en dĂ©pit des tentatives de Nelson pour sauver la situation en couvrant la retraite, il a trop peu de navires et les Britanniques sont forcĂ©s de se retirer des ports italiens. Nelson retourne en Corse, le 30 novembre, avec la colĂšre de l'Ă©chec britannique, et des doutes sur le futur de sa carriĂšre dans la Royal Navy[a 76].

John Jervis et l'évacuation de la Méditerranée

En janvier 1796, le poste de commandant en chef de la flotte en mer Méditerranée est transmis à John Jervis, qui nomme Nelson commodore et lui laisse une certaine liberté sur l'organisation du blocus de la cÎte française[a 77]. Il passe la premiÚre moitié de l'année à faire obstacle aux opérations françaises et à renforcer les positions anglaises et de ses alliés italiens. Malgré quelques succÚs en interceptant des petits navires de guerre français, Nelson commence à sentir que la présence britannique sur la péninsule italienne est en passe de devenir inutile[a 78].

En juin, l’Agamemnon est renvoyĂ© en Grande-Bretagne pour des rĂ©parations et Nelson est nommĂ© au commandement du navire de 74 canons HMS Captain[a 78]. C'est Ă©galement le mĂȘme mois que les Français ont fondu sur Livourne et sont sur le point de capturer la ville. Nelson se prĂ©cipite pour superviser l'Ă©vacuation des ressortissants britanniques et pour les transporter en Corse, puis Jervis lui ordonne de faire un blocus autour du port capturĂ© par les Français[a 79]. En juillet, il supervise l'occupation de l'Ăźle d'Elbe, mais en septembre, les GĂ©nois abandonnent leur neutralitĂ© pour se dĂ©clarer en faveur de la France[a 80]. En octobre, l'avance des Français est telle que l'AmirautĂ© conclut que la flotte ne peut plus ĂȘtre approvisionnĂ©e et ordonne l'Ă©vacuation de la mer MĂ©diterranĂ©e. Nelson aide Ă  superviser le retrait de Corse, et en dĂ©cembre 1796 il est Ă  bord de la frĂ©gate Gibraltar[a 81].

Une frégate espagnole, la Santa Sabina, est capturée et le lieutenant Thomas Hardy prend en charge le navire capturé. Le lendemain matin, deux navires de ligne espagnols et une frégate apparaissent. Nelson pense qu'il n'a pas d'autre choix que d'engager le combat. Mais Hardy, afin de sauver son commodore, sacrifie son propre navire en attirant sur lui le feu espagnol, laissant la voie libre à Nelson pour fuir. Le Santa Sabina est récupéré par les Espagnols et Hardy est capturé[9]. Le capitaine espagnol qui était à bord du Minerve fut ensuite échangé contre Hardy à Gibraltar[a 82].

À la tĂȘte d'une flotte

Bataille du cap Saint-Vincent

Article dĂ©taillĂ© : Bataille du cap Saint-Vincent (1797).
Nelson receiving the surrender of the San Nicolas at the Battle of Cape St Vincent par Richard Westall, 1806.

Nelson, désormais commodore, rejoint la flotte de John Jervis au large du cap Saint-Vincent et signale la présence d'une flotte espagnole qui avait appareillé de CarthagÚne[10]. Jervis souhaite engager le combat et les deux flottes se rencontrent le 14 février. Nelson se trouve à l'arriÚre de la ligne britannique, et réalise qu'il faudra un long moment avant qu'il puisse entrer en action. Il effectue alors son premier acte de désobéissance aux ordres[10]. Au lieu de continuer à suivre la ligne, il change de cap, pour engager la bataille avec une division espagnole composée du 112 canons San Josef, du 80 canons San Nicolas et du 130 canons Santísima Trinidad. Il les combat tous les trois, assisté par le Cadix. En plus des deux prises de Nelson, deux autres vaisseaux ont été capturés par les Britanniques.

Nelson est victorieux mais a dĂ©sobĂ©i aux ordres. Étant apprĂ©ciĂ© de Jervis, l'affaire en reste lĂ [12]. Toutefois, dans son rapport officiel sur la bataille, il n'est pas fait mention de Nelson[Note 6]. Il Ă©crit cependant une lettre privĂ©e Ă  George Spencer dans laquelle il explique que Nelson avait beaucoup contribuĂ© Ă  la « chance de la journĂ©e Â»[12]. Nelson Ă©crit aussi plusieurs lettres au sujet de sa victoire, notant que son action avait Ă©tĂ© portĂ©e Ă  connaissance de la flotte[11]. Le point de vue de Nelson sur le combat a Ă©tĂ© plus tard contestĂ© par le contre-amiral William Parker prĂ©sent Ă  bord du baissĂ© pavillon[13]. NĂ©anmoins, la version de Nelson fait rĂ©fĂ©rence. Elle est bien accueillie en Grande-Bretagne oĂč Jervis est fait « vicomte de Saint-Vincent Â» et Nelson, Chevalier de l'Ordre du Bain[14]. Le 20 fĂ©vrier, il est promu contre-amiral de l'escadre Bleue. Cette promotion est cependant plutĂŽt liĂ©e Ă  son anciennetĂ© qu'Ă  ses actions dans cette bataille[15].

ManƓuvres prùs de Cadix

Nelson Ă  Cadix, Richard Westall.
Article dĂ©taillĂ© : Assaut sur Cadix (1797).

Nelson se voit confier le commandement du HMS Theseus et le 27 mai 1797, on lui ordonne de croiser au large de Cadix afin de surveiller la flotte espagnole et d'attendre l'arrivĂ©e de ses galions arrivant des colonies amĂ©ricaines[b 2]. Le 3 juillet, il organise ensuite une attaque sur la ville, rĂ©alisant un bombardement et un assaut amphibie. Conduisant personnellement la manƓuvre, sa barge entre en collision avec celle du commandant espagnol, et une lutte s'ensuit entre les deux Ă©quipages. Par deux fois, Nelson manque d'ĂȘtre abattu, Ă  chaque fois il est sauvĂ© par un marin nommĂ© John Sykes qui est blessĂ© en s'interposant. Les Britanniques capturent le bateau espagnol et le remorquent jusqu'au Theseus[b 2].

Bataille de Santa Cruz de Tenerife

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Santa Cruz de Tenerife.

Au cours de la pĂ©riode oĂč il est vers Cadix, il Ă©tablit un plan pour capturer Santa Cruz de TĂ©nĂ©rife dans le but de se saisir la grande quantitĂ© d'argent transportĂ©e par le navire Principe de Asturias qui venait d'y arriver.

Le plan de bataille consiste en une combinaison de bombardements navals et un dĂ©barquement amphibie. La premiĂšre tentative est annulĂ©e aprĂšs que l'effet de surprise a Ă©tĂ© perdu[b 3]. Nelson ordonne immĂ©diatement un autre assaut, mais il est repoussĂ©. Il se prĂ©pare pour une autre tentative au cours de la nuit. Il veut ĂȘtre Ă  la tĂȘte de l'un des bataillons mais l'opĂ©ration se solde par un Ă©chec car les Espagnols Ă©taient mieux prĂ©parĂ©s que ce qu'il avait prĂ©vu[b 4]. Dans la confusion de l'assaut, plusieurs des bateaux n'atteignent pas la terre au bon endroit alors que ceux qui ont accostĂ© au but sont repoussĂ©s par des coups de feu et des tirs de mitraille. Nelson est touchĂ© au bras droit par un tir de mousquet, fracturant son humĂ©rus en plusieurs endroits[b 4]. Il est ramenĂ© au Theseus pour ĂȘtre soignĂ© par un chirurgien. En arrivant sur son navire, il refuse d'ĂȘtre aidĂ© Ă  bord, en dĂ©clarant « Laissez-moi tranquille ! J'ai encore mes jambes et un bras Â»[b 4]. Une grande partie du bras droit doit ĂȘtre amputĂ©e et en moins d'une demi-heure, Nelson est dĂ©jĂ  retournĂ© donner des ordres Ă  ses capitaines[b 5].

Dans le mĂȘme temps les forces sous le commandement de Thomas Troubridge sont bloquĂ©es et ne peuvent battre en retraite car leurs bateaux ont Ă©tĂ© coulĂ©s. Troubridge est contraint d'entamer des nĂ©gociations avec le commandant espagnol et les Britanniques sont par la suite autorisĂ© Ă  se retirer[c 1]. L'expĂ©dition est un Ă©chec et laisse un quart des forces britanniques blessĂ© ou mort[c 1]. La flotte reste encore au large de Santa Cruz de Tenerife pendant trois jours et Nelson mesure l'ampleur de son Ă©chec et les effets nĂ©fastes que la perte de son bras pourrait avoir sur sa carriĂšre.

Sir Horatio Nelson when wounded at Teneriffe par Richard Westall

Le 16 aoĂ»t, son escadron rejoint la flotte de Jervis au large de Cadix. Il Ă©crit Ă  Jervis : « Un amiral gaucher ne sera plus jamais considĂ©rĂ© comme utile, donc plus tĂŽt je pourrai obtenir un humble cottage, et plus vite je libĂ©rerai de la place pour un homme plus Ă  mĂȘme de servir l'État Â»[c 2]. Il retourne en Angleterre Ă  bord du HMS Seahorse, arrivant Ă  Spithead le 1er septembre. Il est accueilli comme un hĂ©ros, galvanisĂ© par l'exploit de la bataille du cap Saint-Vincent et peinĂ© par sa blessure[c 3]. Le public refuse d'attribuer la dĂ©faite de Santa Cruz de Tenerife Ă  Nelson, prĂ©fĂ©rant blĂąmer pour la mauvaise planification de Saint-Vincent les responsables politiques ou mĂȘme William Pitt[c 3].

Retour en Grande-Bretagne

Pour consulter un article plus gĂ©nĂ©ral, voir : Guerres napolĂ©oniennes.

Nelson retourne Ă  Bath avec Fanny, avant d'aller Ă  Londres en octobre, pour avoir un avis mĂ©dical au sujet de son bras amputĂ©. Alors qu'il est dans la capitale, il apprend la victoire de l'amiral Adam Duncan sur les forces de la RĂ©publique batave Ă  la bataille de Camperdown[c 4]. Nelson dĂ©clare qu'il aurait donnĂ© son autre bras pour avoir Ă©tĂ© prĂ©sent Ă  cette bataille[c 4]. Il passe les derniers mois de l'annĂ©e 1797 Ă  rĂ©cupĂ©rer Ă  Londres, annĂ©e au cours de laquelle il reçoit une rĂ©compense de la ville de Londres et une pension annuelle de 1 000 livres sterling. Il utilise cet argent pour acheter Round Wood Farm prĂšs d'Ipswich, endroit destinĂ© Ă  prendre sa retraite avec Fanny[c 5]. En dĂ©pit de ces plans, Nelson ne put jamais y vivre[c 5].

Les chirurgiens ne sont pas en mesure d'enlever la ligature de son bras amputĂ©, qui a provoquĂ© une inflammation. NĂ©anmoins, Nelson sort de l'hĂŽpital de sa propre initiative au dĂ©but du mois de dĂ©cembre. Nelson commence Ă  rĂ©cupĂ©rer rapidement, et, dĂ©sireux de retourner Ă  la mer, commence Ă  demander Ă  l'AmirautĂ© une affectation. Le navire de 80 canons HMS Foudroyant lui est promis mais il n'est pas encore prĂȘt Ă  naviguer. À la place, il est affectĂ© au 74 canons Edward Berry comme son flag captain[c 6].

Les activitĂ©s françaises en mer MĂ©diterranĂ©e inquiĂštent l'AmirautĂ© britannique. Bonaparte rassemblant des forces pour l'invasion de l'Égypte, objectif encore inconnu des Britanniques. Nelson et le Vanguard sont expĂ©diĂ©s Ă  Cadix pour renforcer la flotte, Nelson hisse son drapeau le 28 mars 1798 et navigue pour rejoindre la flotte de Cadix qu'il prend sous son commandement. Il navigue ensuite vers Gibraltar avec une petite flotte de reconnaissance[c 7].

À la poursuite des Français

Alors que Nelson fait voile sur Gibraltar dans une tempĂȘte furieuse, Bonaparte navigue avec sa force d'invasion sous le commandement du vice-amiral François Paul de Brueys d'Aigalliers. Quand la nouvelle est connue, la flotte de Nelson est renforcĂ©e par un certain nombre de navires de ligne de 74 canons et Nelson reçoit l'ordre d'intercepter les Français[c 8]. Nelson commence immĂ©diatement Ă  rechercher le long de la cĂŽte italienne la flotte de Bonaparte, mais il est retardĂ© par le manque de frĂ©gates, des navires plus faciles Ă  manƓuvrer pour la reconnaissance. NapolĂ©on arrive Ă  Malte et aprĂšs une dĂ©monstration de force, oblige l'Ăźle Ă  capituler[c 9]. Nelson fonce sur Malte, mais rate de nouveau les Français, qui avaient dĂ©jĂ  quittĂ© l'Ăźle pour l'Égypte. AprĂšs une rĂ©union avec ses capitaines, il dĂ©cide que la destination la plus probable pour Bonaparte est l'Égypte et met donc le cap sur Alexandrie.

À son arrivĂ©e le 28 juin, il ne trouve aucun signe des Français. ConsternĂ©, il commence des recherches Ă  l'est du delta du Nil. Le 1er juillet, en l'absence de Nelson, la flotte de Bonaparte a pu dĂ©barquer ses troupes sans ĂȘtre menacĂ©e[c 10]. François Paul de Brueys d'Aigalliers retire ensuite sa flotte dans la baie d'Aboukir, prĂȘte Ă  soutenir NapolĂ©on en cas de besoin[c 11]. Nelson retraverse la MĂ©diterranĂ©e dans une vaine tentative pour localiser les Français et retourne Ă  Naples se ravitailler[c 12]. Il navigue de nouveau, dans l'intention de rechercher un signe des Français au large de l'Ăźle de Chypre, mais dĂ©cide de repasser Ă  proximitĂ© d'Alexandrie pour une derniĂšre vĂ©rification. Un navire marchand français capturĂ© fournit des indications sur les Français qu'il avait vus passer au sud-est de la CrĂšte un mois auparavant en direction d'Alexandrie[c 13]. Nelson se hĂąte d'arriver Ă  Alexandrie, mais ne trouve une nouvelle fois pas de traces des Français. Recherchant le long de la cĂŽte, il dĂ©couvre finalement la flotte française dans la baie d'Aboukir le 1er aoĂ»t 1798.

Bataille d'Aboukir

Article dĂ©taillĂ© : Bataille d'Aboukir (1798).

Le 1er aoĂ»t 1798, l’escadre française de l’expĂ©dition d’Égypte est surprise au mouillage en baie d'Aboukir par la flotte de Nelson. Celui-ci est immĂ©diatement prĂȘt pour la bataille rĂ©pĂ©tant le sentiment qu'il avait dĂ©jĂ  exprimĂ© lors de la bataille de cap Saint-Vincent en dĂ©clarant : « Avant la mĂȘme heure demain, je vais avoir acquis une pairie ou l'Abbaye de Westminster Â»[c 14].

Nelson Ă  la bataille d'Aboukir, Daniel Orme.

La proximitĂ© d'une ligne de hauts-fonds, semble assurer le cĂŽtĂ© bĂąbord de la flotte française. Brueys s'attend donc Ă  ce que les Britanniques attaquent le centre du cĂŽtĂ© tribord de sa flotte. AncrĂ©s dans une position de force, les Français, ont une puissance de feu supĂ©rieure Ă  leurs adversaires. Comme il est dĂ©jĂ  tard, ils ne s'attendent pas Ă  ĂȘtre attaquĂ©s avant le lendemain[c 15].

Contre toute attente, Nelson ordonne d'engager aussitÎt le combat. Le capitaine Thomas Foley a découvert qu'il y a assez de place entre les hauts-fonds et les navires français. Suivit par quelques autres, il emmÚne le L'Orient. Le navire amiral de Brueys, soumis à un feu constant, s'embrase et explose. Revenu sur le pont pour continuer à commander ses hommes, Nelson assiste à la fin de L'Orient[c 18]

La bataille d'Aboukir est un dĂ©sastre pour les ambitions Ă  l'est de Bonaparte et une importante victoire pour Nelson[Note 7]. La flotte française est dĂ©truite ou capturĂ©e hormis deux navires de ligne et deux frĂ©gates qui ont rĂ©ussi Ă  s'Ă©chapper. PrivĂ©e de sa flotte, l’armĂ©e d’Orient est prisonniĂšre de l’Égypte[c 18]. Bonaparte tente de marcher vers le nord le long de la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne, mais son armĂ©e est stoppĂ©e lors du siĂšge de Saint-Jean-d'Acre par le capitaine William Sidney Smith. NapolĂ©on doit laisser son armĂ©e et retourner en France en esquivant la surveillance des navires britanniques.

RĂ©compenses

Portrait d'Emma Hamilton vers 1782–1784 par George Romney.
Article connexe : Lady Emma Hamilton.

AprĂšs avoir rĂ©digĂ© ses rapports Ă  l'AmirautĂ© et supervisĂ© les rĂ©parations du Vanguard, Nelson retourne Ă  Naples, oĂč il est accueilli en hĂ©ros[b 6]. Le roi de Naples, en compagnie des Hamilton, le salue en personne quand il arrive au port, et William Hamilton propose Ă  Nelson de l'hĂ©berger[b 7].

En septembre, des cĂ©lĂ©brations sont organisĂ©es en l'honneur de l'anniversaire de Nelson et lors d'un banquet chez les Hamilton, son attention pour Emma est remarquĂ©e par les autres officiers. Jervis lui-mĂȘme commence Ă  se sentir prĂ©occupĂ©. Au dĂ©but du mois d'octobre, la nouvelle de la victoire de Nelson parvient Ă  Londres. Le premier lord de l'AmirautĂ©, George Spencer s'Ă©vanouit en apprenant la nouvelle[b 8]. Des scĂšnes de joie Ă©clatent dans tout le pays, les bals et des fĂȘtes pour la victoire ont lieu et les cloches sonnent. La ville de Londres attribue Ă  Nelson et Ă  son capitaine une rĂ©compense, tandis que le roi leur ordonne d'ĂȘtre prĂ©sents officiellement pour une remise de mĂ©dailles. Nelson reçoit la jouissance de l'Ăźle du Pharaon sur la Tamise. Des cadeaux sont envoyĂ©s de l'Ă©tranger par le Sultan de Turquie Selim III — qui lui dĂ©cerne Ă©galement le Chelengk — et le Tsar de Russie Paul Ier. Samuel Hood, aprĂšs une conversation avec le Premier ministre William Pitt le Jeune, indique Ă  Fanny que Nelson serait probablement fait vicomte, une rĂ©compense similaire Ă  celles reçues par John Jervis et Adam Duncan aprĂšs leur victoire[b 9]. George Spencer refuse cette nomination, au motif que Nelson avait Ă©tĂ© dĂ©tachĂ© aux commandes d'un escadron et n'Ă©tait donc pas le commandant en chef de la flotte, et que ce serait un fĂącheux prĂ©cĂ©dent. Nelson est donc simplement crĂ©Ă© baron et reçoit le titre de « Baron Nelson du Nil Â»[b 10].

Campagne napolitaine

Lorsque la nouvelle parvient Ă  Nelson, il est consternĂ© et dĂ©clare qu'il prĂ©fĂ©rerait ne pas recevoir de titre plutĂŽt que celui d'un simple baron[b 10]. Il est toutefois ravi de l'attention que lui apportent les citoyens de Naples, du prestige que lui accorde l'Ă©lite du royaume et du confort qu'il a Ă  la rĂ©sidence des Hamilton. À l'Ă©poque, il est dĂ©jĂ  profondĂ©ment amoureux d'Emma Hamilton[b 11], se montrant souvent avec elle.

Il reçoit l'ordre de l'Amirauté d'effectuer un blocus des forces françaises à Alexandrie et à Malte, ordre qu'il délÚgue à ses capitaines, Samuel Hood et Alexander Ball. PlutÎt que de profiter de son mode de vie à Naples, il commence à penser à retourner en Angleterre[b 11]. Cependant, aprÚs une longue période de pression de sa femme Marie-Caroline d'Autriche et de William Hamilton, Ferdinand Ier des Deux-Siciles accepte finalement de déclarer la guerre à la France. L'armée napolitaine, dirigée par le général autrichien Karl Mack et appuyée par la flotte de Nelson, reprend Rome aux Français à la fin du mois de novembre.

Mais les Français se regroupent Ă  l'extĂ©rieur de la ville, et aprĂšs s'ĂȘtre renforcĂ©s, mettent en dĂ©route les Napolitains, qui fuient vers Naples, poursuivis par les Français[b 12]. Nelson se hĂąte d'organiser l'Ă©vacuation de la famille royale, de plusieurs nobles et des ressortissants britanniques, y compris les Hamilton. Nelson et sa flotte atteignent Palerme le 26 dĂ©cembre[b 13]. Avec le dĂ©part du roi, Naples sombre dans l'anarchie et en janvier, les Français menĂ©s par le gĂ©nĂ©ral Jean Étienne Vachier Championnet pĂ©nĂštrent dans la ville et proclament la RĂ©publique parthĂ©nopĂ©enne[b 14]. Nelson est promu « contre-amiral de l'escadre rouge Â» le 14 fĂ©vrier 1799 et s'occupe durant cette pĂ©riode du blocus de Naples, alors qu'une armĂ©e menĂ©e par le cardinal Fabrizio Dionigi Ruffo marche pour reprendre la ville.

À la fin juin, l'armĂ©e pĂ©nĂštre dans la ville, obligeant les Français et leurs partisans Ă  se retirer vers les fortifications et les bastions tandis que des Ă©meutes et des pillages Ă©clatent parmi les troupes indisciplinĂ©es[b 15]. ConsternĂ© par l'effusion de sang, Ruffo nĂ©gocie une amnistie gĂ©nĂ©rale pour les forces jacobines et leur rapatriement en sĂ©curitĂ© en France. Nelson, maintenant Ă  bord du HMS Foudroyant, est scandalisĂ© et, soutenu par le roi Ferdinand, insiste sur le fait que les rebelles doivent se livrer sans condition[b 16]. Il garde prisonniers ceux qui s'Ă©taient rendus en vertu de l'amnistie, y compris l'ancien amiral Francesco Caracciolo qui avait pris le commandement de la marine napolitaine sous le rĂšgne du roi Ferdinand mais qui avait changĂ© de camp[b 17]. Nelson ordonne son procĂšs en cour martiale et Caracciolo refuse qu'il soit tenu par des officiers britanniques. Caracciolo est jugĂ© par les officiers royalistes napolitains et condamnĂ© Ă  mort. Il demande Ă  ĂȘtre abattu plutĂŽt que pendu, mais Nelson refuse, et ignore Ă©galement la demande de la Cour de permettre Ă  Caracciolo d'avoir vingt-quatre heures pour se prĂ©parer. Caracciolo est pendu Ă  bord de la frĂ©gate napolitaine Minerva[b 18]. Nelson retient les Jacobins emprisonnĂ©s et approuve une vague d'exĂ©cutions, refusant d'intervenir en dĂ©pit des rĂ©clamations des Hamilton et de la Reine de Naples pour plus de clĂ©mence[b 19]. Quand les navires de transport sont finalement autorisĂ©s Ă  emmener les rĂ©publicains en France, moins d'un tiers Ă©taient encore en vie[b 20]. Pour son soutien Ă  la monarchie, Nelson est fait duc de Bronte par le roi Ferdinand[b 21] .

Demeure de Horatio Nelson Ă  Bronte en Sicile.

Nelson retourne Ă  Palerme en aoĂ»t et, le mois suivant, devient le principal reprĂ©sentant de la marine britannique dans la MĂ©diterranĂ©e aprĂšs que le successeur de Jervis, George Keith Elphinstone est parti pour poursuivre les flottes française et espagnole dans l'ocĂ©an Atlantique[b 22]. Nelson passe le reste de l'annĂ©e 1799 Ă  la cour napolitaine, mais il prend de nouveau la mer en fĂ©vrier 1800 aprĂšs le retour d'Elphinstone. Le 18 fĂ©vrier, le GĂ©nĂ©reux, navire survivant d'Aboukir, est repĂ©rĂ© et Nelson lui donne la chasse. AprĂšs une courte bataille, il capture le navire, gagnant la confiance d'Elphinstone[b 23]. Nelson a cependant une relation difficile avec son supĂ©rieur hiĂ©rarchique, gagnant une rĂ©putation d'officier insubordonnĂ©, aprĂšs avoir d'abord refusĂ© d'envoyer le navire au moment oĂč Elphinstone le lui a demandĂ©, et retournant Ă  l'occasion et sans ordre Ă  Palerme en invoquant sa mauvaise santĂ©[b 24]. Les rapports d'Elphinstone et les rumeurs de son Ă©troite relation avec Emma Hamilton sont Ă©galement connus Ă  Londres, oĂč George Spencer lui Ă©crit une lettre dans laquelle il lui suggĂšre de rentrer, car, dit-il, « vous aurez de meilleures chances de recouvrer votre santĂ© et vos forces en Angleterre qu'en restant inactif auprĂšs d'une cour Ă©trangĂšre, si plaisantes que soient les marques de respect et de gratitude que l'on vous tĂ©moigne pour vos services Â»[b 25].

Retour au pays

Le rappel de William Hamilton en Grande-Bretagne est, pour Nelson, une incitation supplĂ©mentaire Ă  revenir. Avec les Hamilton, il navigue sur le Foudroyant en avril 1800, et c'est durant ce voyage que leur fille illĂ©gitime, Horatia, a probablement Ă©tĂ© conçue[b 26]. AprĂšs une croisiĂšre autour de Malte, Nelson convoie la reine de Naples et sa suite Ă  Livourne. À son arrivĂ©e, Nelson embarque sur l'George Keith Elphinstone en refusant de se joindre Ă  la flotte principale. Elphinstone arrive Ă  Livourne en personne et demande une explication. Il refuse Ă©galement que la reine soit transportĂ©e sur un navire britannique[b 27]. MalgrĂ© sa rĂ©ticence, Nelson cĂšde Ă  la demande d'Emma Hamilton de rentrer en Angleterre par la route[b 28].

Avec William et Emma, ainsi que plusieurs autres voyageurs britanniques, il quitte Livourne pour Florence le 13 juillet s'arrĂȘtant Ă  Trieste et Ă  Vienne. Lors des trois semaines passĂ©s Ă  Vienne, ils se divertissent avec la noblesse locale et entendent la Missa in Angustiis de Joseph Haydn, messe qui porte dĂ©sormais le nom de Nelson[b 29]. En septembre, ils sont Ă  Prague, puis plus tard Ă  Dresde, Dessau-Roßlau et Hambourg, d'oĂč ils prennent un navire pour Great Yarmouth, y arrivant le 6 novembre[b 30]. Il reçoit un accueil triomphal de la part de la population locale et aprĂšs avoir prĂȘtĂ© serment en tant que citoyen de l'arrondissement, il rejoint Londres, y arrivant le 9 novembre. Il est l'invitĂ© d'honneur d'un certain nombre de banquets et de bals. C'est au cours de cette pĂ©riode que sa femme et Emma Hamilton se rencontrent pour la premiĂšre fois. On remarque la distance de Nelson envers sa femme, tandis que son attention sur Emma fait l'objet de ragots[b 31]. Le mariage bat de l'aile et Nelson a de plus en plus de mal Ă  ĂȘtre dans la mĂȘme piĂšce que Fanny. À NoĂ«l lorsque Nelson reçoit, selon son avocat, un ultimatum de la part de Fanny afin de lui demander de choisir entre elle et Emma, Nelson rĂ©pond : « Je t'aime sincĂšrement, mais je ne peux pas oublier mes obligations envers Lady Hamilton ou parler d'elle autrement que par de l'affection et de l'admiration Â»[b 32]. Ils n'ont jamais de nouveau vĂ©cu ensemble aprĂšs cet Ă©pisode.

Parker et la Baltique

Article connexe : Horatia Nelson.

Peu de temps aprĂšs son arrivĂ©e en Angleterre, Nelson est dĂ©signĂ© pour ĂȘtre commandant en second de la flotte situĂ©e dans la Manche sous le commandement de John Jervis[b 33]. Il est promu « vice-amiral de l'escadre bleue Â» le 1er janvier 1801. Nelson se rend Ă  Plymouth, oĂč, le 22 janvier, il reçoit les honneurs de la ville (Freedom of the City), et le 29 janvier, Emma donne naissance Ă  leur fille, Horatia[b 34]. Nelson est ravi aprĂšs avoir d'abord Ă©tĂ© abattu par un ordre de changement d'affectation du mer Baltique[b 35]. LassĂ©s des blocus des navires britanniques sur les Français, les Russes, les Prussiens, les Danois et les SuĂ©dois avaient formĂ© une alliance afin de briser les blocus. Nelson rejoint l'amiral Hyde Parker et sa flotte Ă  Yarmouth, d'oĂč ils font voile vers la cĂŽte danoise en mars. À leur arrivĂ©e, Parker veut imposer un blocus Ă  l'entrĂ©e de la mer Baltique, mais Nelson demande instamment une attaque prĂ©ventive sur la flotte danoise basĂ©e dans le port de Copenhague[b 36]. Il convainc finalement Parker de lui permettre de faire une attaque, et reçoit plusieurs navires en renfort. Parker attendant dans le CattĂ©gat et couvrant Nelson en cas d'arrivĂ©e des flottes suĂ©doises ou russes[b 37].

Bataille de Copenhague

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Copenhague (1801).
Battle of Copenhagen par Nicholas Pocock.
PremiĂšre lettre de Nelson pour le gouvernement danois.

Le matin du 2 avril 1801, Nelson s'avance dans le port de Copenhague. Le combat commence mal pour les Britanniques puisque Ă  l'arrivĂ©e de l’Agamemnon, du capitaine de pavillon Thomas Foley : « Vous savez, Foley, je n'ai qu'un seul Ɠil. J'ai le droit d'ĂȘtre aveugle parfois Â». Plaçant sa longue-vue devant son Ɠil aveugle, il dit : « Je ne vois vraiment pas ce signal Â»[b 39],[16]. La canonnade dure plus de trois heures, laissant les navires danois et britanniques fortement endommagĂ©s. Nelson envoie une lettre au commandant danois, le prince hĂ©ritier FrĂ©dĂ©ric proposant une trĂȘve, que le prince accepte[b 40]. Les actions de Nelson sont approuvĂ©es rĂ©trospectivement, aprĂšs le succĂšs de la bataille et parce que Parker lui donne l'honneur d'aller en ville le lendemain pour ouvrir les nĂ©gociations officielles[b 41]. Lors d'un banquet dans la soirĂ©e, il dit au prince FrĂ©dĂ©ric que la bataille fut la plus Ăąpre de celles auxquelles il n'ait jamais participĂ©[b 42]. Un armistice de quatorze semaines est conclu, et comme Parker est rappelĂ© en mai, Nelson devient commandant en chef pour la mer Baltique[b 43].

En rĂ©compense pour cette victoire, Nelson est fait « vicomte Nelson, du Nil et de Burnham Thorpe dans le comtĂ© de Norfolk Â», le 19 mai 1801. En outre, le 4 aoĂ»t 1801, il est fait « baron Nelson, du Nil et de Hilborough dans le comtĂ© de Norfolk Â», cette fois avec un ajout en l'honneur de son pĂšre et de ses sƓurs[17]. Nelson fait voile vers la base navale russe de Tallinn en mai, et, peu aprĂšs son arrivĂ©e, apprend que le pacte de neutralitĂ© allait ĂȘtre rompu. Accueillant avec satisfaction les rĂ©sultats de l'expĂ©dition, il s'embarque pour l'Angleterre, y arrivant le 1er juillet[b 44].

Vie en Angleterre

Pendant ce temps, Bonaparte a rassemblĂ© ses forces au camp de Boulogne pour envahir la Grande-Bretagne. AprĂšs un bref sĂ©jour Ă  Londres, oĂč il rend visite de nouveau aux Hamilton, Nelson est chargĂ© de la dĂ©fense de la Manche pour empĂȘcher l'invasion[b 45]. Il passe l'Ă©tĂ© en reconnaissance des cĂŽtes françaises, mais en dehors de l'Ă©chec d'une attaque sur Boulogne-sur-Mer en aoĂ»t, il voit peu d'action[b 46]. Cependant, le 22 octobre 1801, la paix d'Amiens est signĂ©e entre les Britanniques et les Français, et Nelson, de nouveau en mauvaise santĂ©, se retire en Grande-Bretagne oĂč il reste avec ses amis, William Hamilton et Lady Hamilton. Le 30 octobre, Nelson prend la parole pour appuyer le gouvernement d'Henry Addington Ă  la Chambre des Lords et, par la suite, fait des visites rĂ©guliĂšres pour assister aux sessions[b 47].

Nelson et les Hamilton entreprennent une tournĂ©e de l'Angleterre et du Pays de Galles, visitant Birmingham, Warwick, Gloucester, Swansea et Monmouth ainsi que de nombreuses autres villes et villages. Nelson est souvent reçu comme un hĂ©ros et participe aux cĂ©lĂ©brations et aux Ă©vĂ©nements organisĂ©s en son honneur[b 48]. En 1802, Nelson achĂšte « Merton Place Â», une propriĂ©tĂ© de Merton dans le Surrey oĂč il vit briĂšvement avec les Hamilton[18]. Son pĂšre Edmund qui dĂ©sapprouvait la conduite de Horatio et qui fut bon ami avec Fanny, meurt le 26 avril 1802 Ă  l'Ăąge de 80 ans. Horatio n'assiste pas Ă  l'enterrement qui s'est dĂ©roulĂ© le 11 mai Ă  Burnham Thorpe[b 49]. Il paye cependant les frais de l'enterrement[19]. En avril 1803, William Hamilton meurt Ă©galement et avec la guerre qui reprend le mois suivant, Nelson se prĂ©pare Ă  retourner en mer[b 50].

Retour en mer

La paix d'Amiens n'a pas durĂ© longtemps et Nelson reprend rapidement du service dans la TroisiĂšme Coalition. Il est nommĂ© commandant en chef de l'escadre de MĂ©diterranĂ©e, arborant sa marque sur le HMS Victory en mai 1803. Il en prend possession Ă  Portsmouth oĂč il reçoit l'ordre de partir pour Malte et de prendre les commandes d'un escadron pour diriger le blocus du port de Toulon oĂč se trouve une partie de la flotte française[b 51]. Il ne mettra plus les pieds sur la terre ferme pendant plus de deux ans.

Le 23 avril 1804, alors qu'il est en mer, Nelson est promu « vice-amiral de l'escadre blanche Â», le cinquiĂšme des Ă©chelons les plus Ă©levĂ©s dans la hiĂ©rarchie de la Royal Navy. La flotte française de Toulon, commandĂ©e par Pierre Charles Silvestre de Villeneuve et chargĂ©e par Bonaparte de naviguer vers les Antilles pour faire diversion loin des cĂŽtes anglaises, sort du port au dĂ©but de l'annĂ©e 1805. RepoussĂ©e par les vents sur Toulon, la flotte française parvient de nouveau Ă  casser le blocus en avril[b 52] et passe le dĂ©troit de Gibraltar le 8 avril. Une chasse fĂ©roce entre les flottes s'engage Ă  travers l'Atlantique nord jusqu'aux Antilles oĂč Villeneuve arrive, le 12 mai, avec onze vaisseaux. RenforcĂ© par neuf vaisseaux (six espagnols et trois français) et fort de ses vingt navires de ligne, Villeneuve, pourtant pressĂ© par les officiers de l'armĂ©e française de participer Ă  la reprise des Ăźles conquises par les Britanniques, reste inactif pendant un mois, attendant Ganteaume, bloquĂ© Ă  Brest avec l'escadre de l'Atlantique. Le 7 juin malgrĂ© les vents contraires qui l'ont retenu, Nelson enfin arrive enfin dans les CaraĂŻbes. Villeneuve appareille pour l'Europe le 11 juin bientĂŽt suivi par la flotte de Nelson. Mais la santĂ© de celui-ci l'oblige Ă  prendre du repos Ă  Merton au Royaume-Uni. Il ne participe donc pas Ă  la bataille du cap Finisterre, Ă©vĂ©nement majeur de la campagne oĂč les britanniques sont sous les ordres de Robert Calder. NĂ©anmoins, en moins de deux mois, Nelson retourne en mer, Ă©chappant Ă  sa propre surprise aux remarques de sa hiĂ©rarchie sur son Ă©chec du blocus et Ă©tant mĂȘme fĂ©licitĂ©[b 53].

Nelson avant la bataille de Trafalgar.

Le 13 septembre 1805, il est appelĂ© pour s'opposer aux flottes espagnoles et françaises, qui ont rĂ©ussi Ă  se rejoindre et Ă  se rĂ©fugier dans le port de Cadix en Espagne[b 54]. À bord du HMS Victory il rejoint la flotte britannique au large de la ville le 27 septembre, prenant la relĂšve de l'amiral Cuthbert Collingwood[b 55]. Il passe les semaines suivantes Ă  prĂ©parer et revoir sa tactique pour la bataille qui semblait inĂ©luctable[b 56].

Bataille de Trafalgar

La flotte combinĂ©e de trente-trois navires de ligne français et espagnols sont sous le commandement de Pierre Charles Silvestre de Villeneuve. NapolĂ©on avait l'intention d'envoyer Villeneuve dans la Manche afin de permettre l'invasion de la Grande-Bretagne par l'armĂ©e des cĂŽtes de l'OcĂ©an situĂ©e au camp de Boulogne. Cependant, l'entrĂ©e de l'Autriche et de la Russie dans la coalition contre NapolĂ©on le force Ă  annuler l'invasion prĂ©vue et Ă  transfĂ©rer ses troupes vers l'Allemagne. Il ordonne donc Ă  la flotte de naviguer dans la mer MĂ©diterranĂ©e pour dĂ©poser d'autres troupes Ă  Naples, avant de rejoindre le port de Toulon. Suite Ă  la rĂ©ticence de Villeneuve Ă  engager le combat avec les Britanniques, il ordonne que le vice-amiral François Étienne de Rosily-Mesros se rende Ă  Cadix pour prendre le commandement de la flotte pour l'opĂ©ration[b 55]. Villeneuve dĂ©cide nĂ©anmoins de faire naviguer la flotte avant l'arrivĂ©e de son successeur[b 55]. Le 20 octobre, la flotte est vue en train de sortir du port par des frĂ©gates de reconnaissance britanniques, Nelson est informĂ© qu'elle semble se diriger vers l'ouest[b 57].

La Bataille de Trafalgar par Turner (1822–1824) montre les trois derniĂšres lettres du cĂ©lĂšbre pavillon « England expects that every man will do his duty Â» sur le HMS Victory.

À quatre heures du matin le 21 octobre, Nelson ordonne au HMS Victory de mettre le cap vers la flotte ennemie, et signale au reste de sa flotte de prendre position pour le combat. Il rejoint ensuite ses quartiers pour faire son testament, avant de revenir sur le pont afin de procĂ©der Ă  une inspection[b 58]. En dĂ©pit d'une flotte moins nombreuse – vingt-sept navires de ligne –, Nelson est convaincu de la victoire, en dĂ©clarant qu'il ne serait pas satisfait Ă  moins de vingt navires dĂ©truits ou coulĂ©s[b 58]. Il retourne briĂšvement dans sa cabine pour Ă©crire une priĂšre finale, aprĂšs quoi il demande Ă  son officier de communication, le lieutenant John Pasco, de signaler Ă  la flotte, aussi rapidement que possible, le message suivant : « England confides that every man will do his duty Â» (« L’Angleterre a confiance dans le fait que chaque homme fera son devoir Â»). Pasco suggĂšre Ă  Nelson que soit substituĂ© Ă  confides le mot expects dĂ©jĂ  prĂ©sent dans le livre de codes et lui Ă©vitant de devoir l’épeler. Nelson est d’accord avec le changement[20]. Le terme England (Angleterre) Ă©tait couramment employĂ© pour dĂ©signer le Royaume-Uni malgrĂ© les importants contingents d’Irlande, d’Écosse et du Pays de Galles dans la Royal Navy. Ainsi, vers 11 h 45, le 21 octobre 1805, le signal naval le plus cĂ©lĂšbre dans l’histoire britannique a Ă©tĂ© hissĂ© au mĂąt[21],[22].

Comme les flottes convergent, le capitaine du Victory, Thomas Hardy suggĂšre Ă  Nelson de supprimer les dĂ©corations sur sa veste, de sorte qu'il ne soit pas facilement identifiĂ© par des tireurs d'Ă©lite ennemis. Nelson rĂ©pond qu'il est trop tard pour changer de vĂȘtements, ajoutant que les dĂ©corations sont des mĂ©dailles militaires et qu'il n'a pas peur de les montrer Ă  l'ennemi[b 59]. Le capitaine Henry Blackwood de la frĂ©gate Eliab Harvey devant le Victory et de conduire la ligne britannique dans la bataille[b 59].

Le Victory essuie des tirs, d'abord au large puis de plus en plus prĂ©cis Ă  mesure que les distances diminuent. Un boulet touche le navire et tue John Scott, le secrĂ©taire de Nelson. Le greffier de Hardy prend la relĂšve, mais est presque immĂ©diatement tuĂ©. La barre du Victory est ensuite dĂ©truite et des boulets tuent des marins. Nelson observe que le combat est trop intense pour durer longtemps[b 60]. Le Victory atteint la ligne ennemie, et Hardy demande Ă  Nelson quel navire prendre pour cible. Nelson lui dit de choisir lui-mĂȘme et Hardy positionne le Victory de travers arriĂšre par rapport aux 80 canons Bucentaure[b 60]. Le Victory essuie alors des tirs du 74 canons Redoutable et du 138 canons SantĂ­sima Trinidad. Les tireurs d'Ă©lite français tirent sur le pont du Victory oĂč Nelson et Hardy continuent Ă  donner des ordres[b 60].

Mort de Nelson

The Death of Nelson par Benjamin West, 1806.

Peu de temps aprĂšs treize heures, Hardy rĂ©alise que Nelson n'est plus Ă  ses cĂŽtĂ©s. Il se retourne pour voir Nelson Ă  genoux sur le pont, s'appuyant sur sa main, avant de tomber sur le flanc. Hardy se prĂ©cipite vers lui et Nelson sourit, en disant « Hardy, je pense qu'ils ont enfin rĂ©ussi
 ma colonne vertĂ©brale est touchĂ©e Â»[b 60]. Il avait Ă©tĂ© touchĂ© par un tireur d'Ă©lite du Redoutable, situĂ© Ă  une distance de 50 pieds[Note 8]. La balle a pĂ©nĂ©trĂ© son Ă©paule gauche, transpercĂ© son poumon et s'est immobilisĂ©e Ă  la base de sa colonne vertĂ©brale.

Nelson est transportĂ© au pont infĂ©rieur par deux marins et un officier. Lors du transport, il leur demande de faire une pause pour donner quelques conseils Ă  l'aspirant sur la façon de barrer[b 61]. Il pose alors un mouchoir sur son visage pour Ă©viter de dĂ©moraliser les membres de l'Ă©quipage et est emmenĂ© au chirurgien William Beatty, lui prĂ©cisant « Vous ne pouvez rien faire pour moi. Il ne me reste que peu de temps Ă  vivre. Mon dos est transpercĂ© Â»[b 62].

Nelson est installé confortablement et, aprÚs qu'il s'est plaint de bouffées de chaleur et de soif, on lui donne de la limonade et du vin mélangés à de l'eau. Il demande à plusieurs reprises à voir Hardy, qui est sur le pont supérieur pour superviser la bataille, et demande à Beatty de porter son souvenir à Emma, sa fille et ses amis[b 62].

The Death of Nelson, 21 October 1805 par Arthur Devis, 1807.

Hardy arrive pour voir Nelson juste aprĂšs 14h30 et l'informe qu'un certain nombre de navires ennemis se sont rendus. Nelson lui dit qu'il est sĂ»r de mourir et le supplie de transmettre ses biens Ă  Emma[b 63]. À ce moment-lĂ , aux cĂŽtĂ©s de Nelson, se trouvent l'aumĂŽnier Alexander Scott, l'officier Walter Burke, le steward de Nelson Chevalier et Beatty. Nelson, craignant qu'un coup de vent arrive, charge Hardy de s'assurer de l'ancrage du navire. AprĂšs avoir rappelĂ© de « prendre soin de la pauvre Lady Hamilton Â», Nelson dit : « Embrasse-moi, Hardy Â»[b 63]. Beatty note que Hardy s'agenouilla sur Nelson et l'a embrassĂ© sur la joue. Hardy s'est ensuite relevĂ© une minute ou deux, puis l'embrassa de nouveau. Nelson demande « Qui est-ce ? Â» et entendant que c'Ă©tait Hardy, lui rĂ©pond « Que Dieu vous bĂ©nisse Hardy Â»[b 63]. Devenu trĂšs faible, Nelson continue Ă  murmurer des instructions Ă  Burke et Scott. Beatty entend Nelson murmurer « Dieu merci, j'ai fait mon devoir Â»[b 63]. Il regarde Beatty prendre son pouls puis ferme les yeux. Scott, qui reste aux cĂŽtĂ©s de Nelson jusqu'Ă  sa mort, note que ses derniĂšres paroles sont « Dieu et mon pays Â»[23]. Nelson meurt peu aprĂšs 16h30, trois heures aprĂšs avoir Ă©tĂ© touchĂ© par la balle[b 63].

Retour en Angleterre

La bataille est une victoire pour les Britanniques avec 21 navires capturĂ©s, un coulĂ©, 7 000 prisonniers et plus de 3 000 morts et blessĂ©s dans la force franco-espagnole et seulement plus de 1 500 morts et blessĂ©s pour les Britanniques.

Affiche commémorant la bataille de Trafalgar.

Pour respecter le souhait de Nelson d'ĂȘtre enterrĂ©, contrairement Ă  la coutume des marins d'ĂȘtre jetĂ© Ă  la mer, et afin de conserver le corps de Nelson, William Beatty propose de le placer dans un tonneau d'eau-de-vie, mĂ©langĂ© avec du camphre et de la myrrhe[Note 9],[Note 10]. Le tonneau est ensuite attachĂ© au mĂąt principal du Victory et placĂ© sous bonne garde[b 64]. EndommagĂ©, le Victory est remorquĂ© aprĂšs la bataille vers Gibraltar et Ă  son arrivĂ©e, le corps est transfĂ©rĂ© dans un cercueil doublĂ© de plomb rempli d'eau-de-vie de vin[b 64]. Les rapports de Cuthbert Collingwood sur la bataille sont transportĂ©s en Angleterre Ă  bord du HMS Pickle et, une fois la nouvelle arrivĂ©e Ă  Londres, un messager est envoyĂ© Ă  « Merton Place Â» pour annoncer la mort de Nelson Ă  Emma Hamilton. Elle tĂ©moignera plus tard que comprenant la mort de Nelson, elle cria et tomba, incapable pendant dix heures, de parler ou de pleurer[b 65].

Le roi, recevant des nouvelles, aurait dit en pleurant « Nous avons perdu plus que ce que nous avons acquis Â»[b 66]. The Times rapporte « Nous ne savons pas si nous devrions nous rĂ©jouir ou pleurer. Le pays a gagnĂ© la plus belle et dĂ©cisive victoire qui ait jamais honorĂ© les annales navales de l'Angleterre, mais elle a Ă©tĂ© chĂšrement acquise Â»[b 66].

Funérailles

Le cercueil de Nelson est renvoyĂ© en Grande-Bretagne Ă  bord du Victory. DĂ©chargĂ© au Nore, il est emmenĂ© Ă  Greenwich et placĂ© dans un cercueil de bois, fait Ă  partir du mĂąt de L'Orient qui avait Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© aprĂšs la bataille d'Aboukir. Il reste trois jours, avant d'ĂȘtre remontĂ© sur la Tamise Ă  bord d'une barge, accompagnĂ© par Samuel Hood, Peter Parker et le prince de Galles George[b 67]. Le cercueil est conservĂ© Ă  l'AmirautĂ© pour la nuit, en prĂ©sence de l'aumĂŽnier de Nelson, Alexander Scott[b 67].

Le jour suivant, le 9 janvier, un cortĂšge funĂšbre composĂ© de trente-deux amiraux, d'une centaine de capitaines et d'environ 10 000 soldats prennent le cercueil de l'AmirautĂ© pour l'emmener Ă  la cathĂ©drale Saint-Paul. Quatre heures aprĂšs, il est enterrĂ© dans un sarcophage sculptĂ©, Ă  l'origine pour le cardinal Thomas Wolsey[b 68].

Postérité

La « Nelson Touch Â»

L’Apotheosis of Nelson par Scott Pierre Nicolas Legrand. Nelson fait son ascension vers l'immortalitĂ© pendant que la bataille de Trafalgar fait rage en arriĂšre plan. Il est aidĂ© par Neptune alors que Fama tient une couronne d'Ă©toiles au-dessus de sa tĂȘte. Britannia lĂšve les bras et HĂ©raclĂšs, Mars, Minerve et Jupiter regardent la scĂšne.

Nelson est reconnu pour ses talents de meneur d'hommes, au point que certains parlaient de Nelson Touch. Déjà célÚbre de son vivant et encore plus aprÚs sa mort, il est respecté comme quasiment aucune autre figure militaire dans l'histoire britannique, hormis Malborough et Wellington[25]. La plupart des historiens pensent que la capacité de Nelson à galvaniser ses officiers supérieurs comme ses marins et ses qualités de stratÚge et de tacticien, expliquent ses nombreuses victoires. Il fut l'un des plus grands commandants de la marine dans l'histoire militaire.

Son souci du bien-ĂȘtre de ses hommes Ă©tait une caractĂ©ristique distinctive, et tout Ă  fait inhabituelle pour les normes contemporaines. Cela s'illustre par son appui Ă©nergique Ă  The Marine Society, la premiĂšre organisation de charitĂ© pour les marins, oĂč il siĂ©geait au conseil et qui avait formĂ© et habillĂ© environ 15% des hommes ayant combattu Ă  Trafalgar.

La « Nelson Touch Â» marchait aussi en dehors du cercle des marins puisqu'il a Ă©tĂ© aimĂ© par pratiquement tout le monde en Grande-Bretagne[Note 11]. Aujourd'hui comme hier, Nelson reste un hĂ©ros populaire, qui figure en 9e place du sondage 100 Greatest Britons, et est largement commĂ©morĂ© lors du bicentenaire de la bataille de Trafalgar en 2005. Des expressions comme « England expects Â» et « Nelson Â» (111) restent Ă©troitement associĂ©s Ă  des Ă©quipes sportives en Angleterre, en particulier le cricket.

Nelson et la Royal Navy

La mĂ©moire de Nelson influence toujours la Royal Navy Ă  bien des Ă©gards. Elle cĂ©lĂšbre le « Trafalgar Day Â» tous les 21 octobre en l'honneur de « La mĂ©moire immortelle Â» de Nelson. Son navire amiral, le HMS Victory, bien que navire musĂ©e, est toujours officiellement en service actif en l'honneur de Nelson. Le Victory est le navire amiral du Second Sea Lord (« DeuxiĂšme Lord de la Mer Â») et est le plus ancien navire commissionnĂ© encore existant au monde. Il est dĂ©sormais conservĂ© au Royal Naval Museum de la base navale de Portsmouth[26].

La balle qui a tuĂ© Nelson a Ă©tĂ© extraite de son corps et est exposĂ©e au chĂąteau de Windsor, tandis que les vĂȘtements tachĂ©s de sang qu'il portait, le sont au National Maritime Museum de Greenwich. Une mĂšche de ses cheveux a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  la Marine impĂ©riale japonaise par la Royal Navy aprĂšs la guerre russo-japonaise pour commĂ©morer la victoire lors de la bataille de Tsushima. Elle est encore exposĂ©e Ă  l'AcadĂ©mie navale d'Edashima, un musĂ©e public gĂ©rĂ© par les Forces japonaises d'autodĂ©fense. Une autre mĂšche est Ă©galement visible dans le carrĂ© du navire musĂ©e Britannia, ancien yacht royal, maintenant amarrĂ© en permanence Ă  proximitĂ© d'Édimbourg en Écosse.

Plusieurs navires de la marine britannique ont reçu l'honneur de s'appeler Nelson, notamment le navire de ligne de 1er rang classe de navire de 120 canons Nelson, le croiseur cuirassé United States Navy a eu le destroyer de classe Gleaves modifier] Monuments et lieux

Statue de l'amiral Nelson Ă  Trafalgar Square.

Un certain nombre de monuments et de mĂ©moriaux ont Ă©tĂ© construits Ă  travers le pays pour honorer sa mĂ©moire et ses rĂ©alisations. La pĂ©riode de domination britannique sur mer qui suivit ses victoires est considĂ©rĂ©e comme un des facteurs de l'essor de l'Empire britannique, ce qui fait que ses monuments se trouvent Ă©galement hors de Grande-Bretagne. Ceux-ci prennent de multiples formes, la plus cĂ©lĂšbre Ă©tant la colonne Nelson (« Nelson's Column Â») de Trafalgar Square « d'oĂč il peut voir la mer Â» Ă  Londres. D'autres villes comme MontrĂ©al (la premiĂšre historiquement), Bridgetown et Dublin (« Nelson's Pillar Â») ont Ă©galement leur colonnes et Calton Hill, Portsdown Hill et Liverpool ont un monument. Le village de Swarland a Ă©galement un modeste mĂ©morial.

Des lieux ont Ă©tĂ© nommĂ©s en son honneur notamment en Nouvelle-ZĂ©lande oĂč toute une rĂ©gion porte ce nom, ainsi que la ville principale et le parc national. Au Canada et en Australie dans les États de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria se trouvent Ă©galement plusieurs villes. Aux États-Unis, beaucoup d'États ont leur ville : la GĂ©orgie, l'Illinois, le Missouri, le Minnesota, le Nebraska, le New Hampshire, New York et le Wisconsin. Bien Ă©videmment, en Angleterre et au Pays de Galles se trouvent des villes du nom de Nelson. Des comtĂ©s, des municipalitĂ©s et une Ă©cole Ă©lĂ©mentaire porte aussi ce nom. Un champ pĂ©trolier et sa plate-forme « Nelson Â» existent en mer du Nord. Un fleuve porte le nom de Nelson au Canada. Au large d'Aboukir, en Égypte, une Ăźle porte Ă©galement le nom de Nelson.

Nelson dans la fiction

Littérature

Nelson apparaĂźt, anonyme mais reconnaissable, dans le roman L'Amant du volcan de Susan Sontag, qui porte sur sa liaison avec Emma Hamilton. Il apparaĂźt aussi comme un fantĂŽme dans Ghosts of Albion de Amber Benson et Christopher Golden. Nelson apparaĂźt Ă  plusieurs reprises dans la sĂ©rie Ramage de Dudley Pope, envoyant le jeune Lord Ramage en mission secrĂšte en France. Il joue un rĂŽle de soutien dans Sharpe's Trafalgar de Bernard Cornwell et est l'objet de l'admiration du capitaine Jack Aubrey dans la sĂ©rie Aubrey–Maturin de Patrick O'Brian. Dans Ulysse de James Joyce, Stephen Dedalus parle de la colonne Nelson de Dublin. Dans le premier tome de CaraĂŻbes, de James A. Michener, Nelson est le personnage central du chapitre intitulĂ© « Un mariage sur l'Ăźle NiĂ©vĂšs Â». La nouvelle Losing Nelson de Barry Unsworth raconte l'histoire d'un homme obsĂ©dĂ© par la figure de Nelson. Dans la sĂ©rie Temeraire de Naomi Novik, Nelson survit Ă  la bataille de Trafalgar, et est fait duc. Dans Le chevalier de Sainte-Hermine d'Alexandre Dumas, le personnage principal est le tireur qui a tuĂ© Nelson et dans La San Felice, toujours de Dumas, Nelson est dĂ©crit Ă  Naples aprĂšs la bataille d'Aboukir. Enfin, le personnage de Horatio Hornblower dans la sĂ©rie de C. S. Forester a Ă©tĂ© en partie inspirĂ© par Nelson ; dans l'un des volumes de la sĂ©rie, il dirige mĂȘme les funĂ©railles du hĂ©ros de Trafalgar[27].

Cinéma

Nelson apparaĂźt aussi dans le film d'Henry King, Le Pacte (Lloyds of London) (1936), qui traite de l'importance des syndicats dans le commerce britannique au XVIIIe siĂšcle et de l'influence des dĂ©faites ou des victoires de l'Amiral Nelson. Nelson est reprĂ©sentĂ© dans le film de Laurence Olivier Lady Hamilton (1941) qui traite de sa romance avec Emma, et Ă©galement dans le film biographique The Young Mr Pitt (1942) de Carol Reed. Il est aussi reprĂ©sentĂ© dans A Bequest to the Nation (1973) de Peter Finch, adaptation de la piĂšce de thĂ©Ăątre du mĂȘme nom (1970) de Terence Rattigan. Nelson apparaĂźt Ă©galement comme un personnage mineur dans Austerlitz (1960) d'Abel Gance. Il apparaĂźt en 1961 dans la sĂ©rie de tĂ©lĂ©vision Triton et dans le film et la sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e Voyage au fond des mers Ă  travers l'amiral Harriman Nelson. Il est citĂ© dans le film Master and Commander : De l'autre cĂŽtĂ© du monde par le capitaine Jack Aubrey qui semble tirer un grand respect pour cet homme.

Titres

L'endroit de la dunette du HMS Victory oĂč Nelson a Ă©tĂ© touchĂ©.

Sur son cercueil est marquĂ© son titre complet : « The Most Noble Lord Horatio Nelson, Viscount and Baron Nelson, of the Nile and of Burnham Thorpe in the County of Norfolk, Baron Nelson of the Nile and of Hilborough in the said County, Knight of the Most Honourable Order of the Bath, Vice Admiral of the White Squadron of the Fleet, Commander in Chief of his Majesty's Ships and Vessels in the Mediterranean, Duke of Bronte in Kingdom of the Two Sicilies, Knight Grand Cross of the Sicilian Order of St Ferdinand and of Merit, Member of the Ottoman Order of the Crescent, Knight Grand Commander of the Order of St. Joachim Â».

Plus simplement, il est appelĂ© « Horatio Nelson, 1st Viscount Nelson Â», d'aprĂšs le titre de noblesse crĂ©Ă© pour lui et qu'il possĂšde Ă  sa mort. Ce titre est complĂ©tĂ© par une dĂ©signation territoriale : « of the Nile and of Burnham Thorpe in the County of Norfolk Â», « Nile Â» faisant rĂ©fĂ©rence Ă  l'appellation britannique de la bataille d'Aboukir et Burnham Thorpe Ă©tant le lieu de naissance de Nelson. Il est Ă©galement fait « duke of Bronte Â», en juillet 1799, pour son soutien aux troupes royalistes de Ferdinand Ier des Deux-Siciles.

Il est colonel des Royal Marines et reçoit les honneurs (« Freeman Â») des villes de Bath, Salisbury, Exeter, Plymouth, Monmouth, Sandwich, Oxford, Hereford et Worcester. L'universitĂ© d'Oxford dĂ©cerne Ă  Nelson le grade de docteur en droit civil honoraire (« Doctor of Civil Law Â») en 1802. AprĂšs avoir briĂšvement utilisĂ© « BrontĂ« Nelson of the Nile Â» comme signature, il signe « Nelson & BrontĂ« Â» le restant de sa vie. Ses titres sont en partie rĂ©cupĂ©rĂ©s par son frĂšre aĂźnĂ© William, faute de descendance lĂ©gitime et masculine.

La devise de Nelson est « Palmam qui meruit ferat Â»[28] (« Que celui qui a mĂ©ritĂ© la palme la porte Â»).

Précédé par Horatio Nelson Suivi par

(Création)
Pairie de Grande-Bretagne
Baron Nelson
(of the Nile and of Burnham Thorpe)
1798—1805

(Extinction)

(Création)
Pairie du Royaume-Uni
Baron Nelson
(of the Nile and of Hillborough)
1801—1805

William Nelson

(Création)
Pairie du Royaume-Uni
Viscount Nelson
1801—1805

(Extinction)

(Création)
Titre de noblesse
Duke of Bronté
(in the Kingdom of the Two Sicilies)
1799—1805

William Nelson

Bibliographie

England's Pride and Glory, par Thomas Davidson (1894).

Notes et références

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Notes

  1. ↑ Attention : les copies de tableaux prĂ©sentes sur cet article n'ont pas de vĂ©racitĂ© historique. Il s'agit de la vision d'un artiste oĂč son jugement personnel est partie prenante de l'Ɠuvre. Elles sont donc Ă  considĂ©rer avec une attention particuliĂšre.
  2. ↑ Nelson, qui n'atteindra jamais le grade d'amiral, obtient celui de contre-amiral en fĂ©vrier 1797 et de vice-amiral en janvier 1801 date Ă  laquelle il devient « vice-amiral de l'escadre blanche Â», du nom de l'escadre portant comme code couleur le blanc, Ă©chelon intermĂ©diaire dans la liste des vice-amiraux britanniques. Il lui restait donc Ă  passer par le grade de « vice-amiral de l'escadre rouge Â» avant d'atteindre le premier Ă©chelon des amiraux.
  3. ↑ Voir l'article England expects that every man will do his duty par exemple.
  4. ↑ Suivant une comparaison avec les donnĂ©es provenant de Nicholas Blake et Richard Lawrence, The illustrated companion to Nelson’s Navy, Chatham Publishing, 2000. Page 192.
  5. ↑ Un officier de marine sans affectation ne touche que la moitiĂ© de la solde correspondant Ă  son grade.
  6. ↑ Être citĂ© dans un tel rapport, correspond au systĂšme actuel des citations Ă  l'ordre de telle ou telle unitĂ© militaire. C'est aussi un moyen sĂ»r de favoriser son avancement. Enfin, les comptes-rendus victorieux Ă©tant, gĂ©nĂ©ralement, publiĂ©s, c'est aussi un moyen d'assurer sa cĂ©lĂ©britĂ©.
  7. ↑ Compte tenu de son Ă©norme importance stratĂ©gique, certains historiens voient la bataille d'Aboukir comme le fait le plus important de sa carriĂšre, au-dessus mĂȘme de la bataille de Trafalgar (Bradford 2005, p. 209 - Bradford describes it as 'the most complete victory ever recorded in naval history')
  8. ↑ D’aprĂšs Louis AndrĂ© Manuel Cartigny (HyĂšres le 1er septembre 1791- le 21 mars 1892 HyĂšres), dernier survivant de la bataille c’est un nommĂ© Robert Guillemard natif de Six-Fours soldat du 16e RI qui tua Nelson[rĂ©f. nĂ©cessaire]
  9. ↑ Ceci fut Ă  l'origine du surnom de « Nelson's blood Â» parfois utilisĂ© pour le rhum.
  10. ↑ On dit Ă©galement qu'Ă  l'arrivĂ©e en Angleterre le corps Ă©tait bien conservĂ© mais qu'il n'y avait plus d'eau-de-vie[24].
  11. ↑ . Les seules personnes qui semblaient lui tenir rancune Ă©taient les personnes offensĂ©es par sa liaison avec Lady Hamilton.

Références

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  2. ↑ p. 81
  3. ↑ pp. 92-93
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  5. ↑ p. 103
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Sources

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