Hongrois

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Hongrois
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la langue hongroise. Pour le peuple hongrois, voir Magyars.
Hongrois
Magyar
Parlée en Hongrie, Roumanie, Slovaquie, Autriche, Serbie, Croatie
RĂ©gion Europe
Nombre de locuteurs ~ 12,5 millions[1]
Typologie SOV + ordre libre
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle de Hongrie, Union européenne
Codes de langue
ISO 639-1 hu
ISO 639-2 hun
ISO 639-3 hun
IETF hu
Échantillon
Article premier de la DĂ©claration des Droits de l’Homme (voir le texte en français)

1. cikk

Minden emberi lĂ©ny szabadon szĂŒletik Ă©s egyenlƑ mĂ©ltĂłsĂĄga Ă©s joga van. Az emberek, Ă©sszel Ă©s lelkiismerettel bĂ­rvĂĄn, egymĂĄssal szemben testvĂ©ri szellemben kell hogy viseltessenek.

Le hongrois (magyar nyelv ['mɒɟɒr 'ÉČɛlv]) est une langue de la branche finno-ougrienne des langues ouraliennes, dont d'autres membres sont le finnois et l’estonien. Il est parlĂ© par environ 12,5 millions de personnes[1], dont les trois quarts vivent en Hongrie. Il existe aussi des communautĂ©s magyarophones dans tous les pays voisins de la Hongrie (Roumanie, Slovaquie, Serbie, Ukraine, Autriche, Croatie et SlovĂ©nie), ainsi que d’importantes communautĂ©s apparues par Ă©migration aux États-Unis d’AmĂ©rique, au Canada, en IsraĂ«l, etc.

Par sa morphologie, le hongrois est typologiquement une langue agglutinante. Sa phonologie est caractĂ©risĂ©e par l'harmonie vocalique. À cĂŽtĂ© de son vocabulaire hĂ©ritĂ© ou dĂ©veloppĂ© en interne, le hongrois a empruntĂ© historiquement des mots aux langues slaves, au latin, Ă  l'allemand et aux langues turques.

Le hongrois s'Ă©crit depuis le XIe siĂšcle dans une forme adaptĂ©e de l'alphabet latin.


Sommaire

Répartition géographique et statut

Hongrois
Répartition géographique et statut
Histoire
Variantes régionales
Phonologie et graphie
Grammaire
Morphologie
Le verbe
Le nom, l’adjectif et le numĂ©ral
L’adverbe
Les pronoms
Les mots grammaticaux
Les mots-phrases
Syntaxe
La phrase simple
La phrase complexe
Lexique
Liste Swadesh du hongrois
Le hongrois en Europe centrale.

Sur les 12,5 millions de locuteurs du hongrois, 9,5 millions vivent en Hongrie[2], oĂč le hongrois est langue officielle. Quant Ă  l’importance du nombre de locuteurs, le pays suivant est la Roumanie, avec 1 450 000 personnes[3]. Dans ce pays, le hongrois peut ĂȘtre utilisĂ© dans l’administration locale, dans les localitĂ©s oĂč le poids des personnes appartenant Ă  la minoritĂ© hongroise dĂ©passe les 20%. En Serbie (286 000 locuteurs)[4], dans la province de VoĂŻvodine, le hongrois est dit « d’usage officiel Â» dans les localitĂ©s oĂč la population magyarophone atteint 15% de la population totale. Cette langue a le mĂȘme statut dans trois localitĂ©s de SlovĂ©nie (6 000 locuteurs)[5]. En Slovaquie (573 000 locuteurs)[6], en Ukraine, dans la rĂ©gion de Transcarpathie (150 000 locuteurs)[7], en Autriche, dans le Burgenland (40 000 locuteurs)[8] et en Croatie (12 000 locuteurs)[9], le hongrois a un statut de langue minoritaire ou rĂ©gionale.

En dehors des pays voisins de la Hongrie, oĂč les Hongrois ont un statut de minoritĂ© nationale, il y a beaucoup de locuteurs de hongrois dans la diaspora. Les communautĂ©s les plus nombreuses se trouvent aux États-Unis (118 000)[10], au Canada (90 000)[11] et en IsraĂ«l (70 000)[12].

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire du hongrois.
La plus longue des trois phrases en hongrois contenues dans la charte de fondation de l’abbaye de Tihany.

L’histoire du hongrois commence il y a quelque 3 000 ans, Ă  l’est de l’Oural, dans la rĂ©gion du fleuve Ob. DĂšs cette Ă©poque-lĂ  et par la suite, au cours de la migration des Hongrois vers le sud-est, leur langue est influencĂ©e par des langues turquiques et iraniennes. AprĂšs leur Ă©tablissement dans le bassin des Carpates, l’adoption du christianisme et la fondation du royaume de Hongrie, le hongrois est influencĂ© par des langues slaves et par le latin, langue par laquelle commence la culture Ă©crite en Hongrie.

La premiĂšre attestation Ă©crite du hongrois date du XIe siĂšcle. Ce sont quelques phrases et mots isolĂ©s, dans la lettre de fondation de l’abbaye de Tihany.

Au XIIe siĂšcle paraĂźt le premier texte complet en hongrois, Halotti beszĂ©d Ă©s könyörgĂ©s (Discours funĂšbre et priĂšre), et au XIVe siĂšcle la premiĂšre Ɠuvre littĂ©raire, le poĂšme Ómagyar MĂĄria-siralom (Plainte de la Vierge Marie en ancien hongrois).

Au XVIe siĂšcle, la langue se dĂ©veloppe grĂące Ă  la littĂ©rature laĂŻque, mais surtout aux premiĂšres Ɠuvres imprimĂ©es en hongrois, des traductions de textes bibliques initiĂ©es par l’Église catholique et par des protestants. Au mĂȘme siĂšcle paraissent les premiers ouvrages linguistiques concernant le hongrois.

Aux XVIe-XVIIIe siĂšcles, dans la PrincipautĂ© de Transylvanie, le hongrois devient pour la premiĂšre fois langue de l’État. Les codes de lois Compillatae Constitutiones Regni Transylvaniae (1671) et Approbatae Constitutiones Regni Transylvaniae (1677) sont rĂ©digĂ©s en hongrois[13].

Au XIXe siĂšcle, la langue nationale unitaire est formĂ©e et les normes de la langue standard sont fixĂ©es par des lettrĂ©s adeptes du mouvement appelĂ© de « renouveau de la langue Â», qui tend Ă  Ă©liminer les influences latines et allemandes, ainsi que par les ouvrages normatifs de la SociĂ©tĂ© scientifique hongroise. D’abord entre 1844 et 1849, puis dĂ©finitivement en 1867, le hongrois devient langue officielle.

Variantes régionales

Article dĂ©taillĂ© : Variantes rĂ©gionales du hongrois.
Les groupes de parlers hongrois : 1. de l’Ouest ; 2. d’au-delĂ  du Danube ; 3. du Sud ; 4. de la Tisza ; 5. du Nord-Ouest ; 6. du Nord-Est ; 7. transylvains ; 8. sicules ; 9. csĂĄngĂłs.

Le hongrois a neuf groupes de parlers :

  • le groupe des parlers de la Tisza ;
  • le groupe des parlers du Sud ;
  • le groupe des parlers de l’Ouest ;
  • le groupe des parlers d’au-delĂ  du Danube ;
  • le groupe des parlers du Nord-Ouest ;
  • le groupe des parlers du Nord-Est ;
  • le groupe des parlers transylvains ;
  • le groupe des parlers sicules ;
  • le groupe des parlers csĂĄngĂłs.

Phonologie et graphie

Article dĂ©taillĂ© : Phonologie et graphie du hongrois.

Le systĂšme phonologique du hongrois standard est formĂ© de sept paires de voyelles, une brĂšve et une longue par paire, et de 25 consonnes, chacune pouvant ĂȘtre brĂšve ou longue. L’opposition brĂšve – longue a une valeur fonctionnelle : le sens des mots peut ĂȘtre diffĂ©renciĂ© par la quantitĂ© d’une voyelle ou d’une consonne.

Le hongrois se caractĂ©rise par l’harmonie vocalique, c’est-Ă -dire, en gĂ©nĂ©ral, un mot ne contient que des voyelles ayant un certain trait : elles sont, sauf exception, soit antĂ©rieures, soit postĂ©rieures.

En hongrois, l’accent est tonique (appelĂ© aussi d’intensitĂ©), plus marquĂ© qu'en français. Les mots relativement longs peuvent comporter plusieurs accents, dont l’un principal. L’accent unique ou principal frappe toujours la premiĂšre syllabe des mots Ă  sens lexical plein.

L’écriture du hongrois est phonĂ©mique dans une grande mesure. Sauf de rares exceptions, un graphĂšme correspond toujours au mĂȘme phonĂšme.

Quelques signes diacritiques sont utilisĂ©s pour des graphĂšmes notant des voyelles: l’accent aigu servant Ă  noter les voyelles longues (ĂĄ, Ăș, Ăł, Ă©, Ă­), le trĂ©ma (ö, ĂŒ) qui renvoie Ă  des voyelles courtes et le double accent aigu (Ƒ, Ʊ) qui sert aussi Ă  noter des voyelles longues et qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un trĂ©ma long, puisqu’il ne modifie que la longueur d’une voyelle Ă  trĂ©ma.

Certaines consonnes sont notĂ©es Ă  l’aide de digrammes ([tÍĄÊƒ] – cs, [dÍĄz] – dz, [ɟ] – gy, l’une des graphies de [j] – ly, [ÉČ] – ny, [s] – sz, [c] – ty et [ʒ] – zs) ou d’un trigramme ([dÍĄÊ’] – dzs).

Le caractĂšre agglutinant du hongrois

Le hongrois est une langue agglutinante, ce qui constitue le principal trait qui le diffĂ©rencie des langues indo-europĂ©ennes, mais le rapproche des langues de sa famille et de langues d’autres familles, telles que le turc et le japonais. Le caractĂšre agglutinant consiste en ce que les morphĂšmes sont des affixes (prĂ©fixes et suffixes) qu’on attache aux mots radicaux, souvent plusieurs suffixes l’un aprĂšs l’autre, de façon que les limites entre eux restent nettes, chacun correspondant Ă  un seul trait sĂ©mantique ou fonctionnel.

Les linguistes qui Ă©tudient du hongrois utilisent des termes diffĂ©rents pour les diffĂ©rents types de suffixes. Le suffixe dĂ©rivatif s’appelle kĂ©pzƑ et les suffixes grammaticaux sont de deux sortes. Ceux qui s’ajoutent Ă  une racine ou Ă  un suffixe dĂ©rivatif et peuvent ĂȘtre suivis d’un autre suffixe grammatical, s’appellent jel ’marque, signe’. De tels suffixes sont ceux qui indiquent le pluriel et les suffixes possessifs. Ceux qui expriment les cas grammaticaux et ceux qui indiquent la personne du verbe s’appellent ragok (singulier rag). Ils se distinguent des marques par le fait qu’il est impossible de leur attacher un autre suffixe.

Exemple de mot Ă  suffixes : hĂĄzaimban ’dans mes maisons’, formĂ© de la racine hĂĄz ’maison’, la voyelle de liaison -a-, le suffixe -i indiquant le pluriel des objets possĂ©dĂ©s, le suffixe -m indiquant la 1re personne du singulier du possesseur, et le suffixe -ban correspondant Ă  la prĂ©position française ’dans’.

Les suffixes se succĂšdent en un ordre qui suit des rĂšgles prĂ©cises. Par exemple, dans le cas des noms, les suffixes dĂ©rivatifs s’attachent au radical du mot ou Ă  un autre suffixe dĂ©rivatif, Ă©tant suivis des suffixes grammaticaux, dont le suffixe casuel est toujours le dernier. Il peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de :

  • le suffixe k marquant le pluriel sans idĂ©e de possession : ember ’homme’ + ek → emberek ’hommes’ + nek → embereknek ’à des hommes’ ;
  • le suffixe personnel appliquĂ© Ă  l’objet possĂ©dĂ© : ember + em → emberem ’mon homme’ + nek → emberemnek ’à mon homme’ ;
  • le suffixe i marquant le pluriel de l’objet possĂ©dĂ© + le suffixe personnel de la 1re ou de la 2e personne du singulier et du pluriel, ou de la 3e personne du pluriel : ember + eim → embereim ’mes hommes’ + nek → embereimnek ’à mes hommes’ ;
  • le suffixe personnel de la 3e personne du singulier + le suffixe i marquant le pluriel de l’objet possĂ©dĂ© : ember + e → embere ’son homme’ + i → emberei ’ses hommes’ + nek → embereinek ’à ses hommes’ ;
  • le suffixe marquant le possesseur : az ember + Ă© → ’celui/celle de l’homme’ + t → az emberĂ©t ’celui/celle de l’homme’ Ă  l’accusatif, az emberemĂ©t ’celui/celle de mon homme’ (accusatif), az embereimĂ©t ’celui/celle de mes hommes’ (accusatif), az embereiĂ©t ’celui/celle de ses hommes’ (accusatif).

Grammaire

Morphologie

Classification morphologique des mots

Le manuel universitaire de grammaire hongroise le plus rĂ©cent[14] classe les mots selon leur nature comme suit :

I. Types de mots fondamentaux :

1. Types de mots fondamentaux proprement-dits :
A. Verbe
B. Types de mots nominaux :
a. Nom
b. Adjectif
c. Numéral
C. Adverbe
2. Types de mots substituts de types de mots fondamentaux (pronoms) :
A. Pronom personnel
B. Pronom démonstratif
C. Pronom interrogatif
D. Pronom relatif
E. Pronom général
F. Pronom indéfini
3. Types de mots intermĂ©diaires entre le verbe et les autres types de mots fondamentaux – formes nominales du verbe :
A. Infinitif
B. Participe
C. GĂ©rondif

II. Mots grammaticaux :

1. Dans des structures de nature morphologique :
A. Verbe auxiliaire
B. Formes nominales du verbe auxiliaire
C. Postposition
D. Adjectif dérivé de postposition
E. mint formateur de complément
F. Préfixe verbal
2. Dans des structures de nature non-morphologique :
A. Conjonction
B. Particule
C. Article
D. Mot de négation

III. Mots-phrases :

1. Interjection
2. Mot-phrase d’interaction
3. Modalisateur
4. Onomatopée

Les suffixes personnels

En hongrois, les personnes s’expriment par les pronoms personnels et par des suffixes spĂ©cifiques, qui ont plusieurs fonctions, s’appliquant :

  • Ă  la forme de nominatif des pronoms personnels, pour former leur accusatif (avec des irrĂ©gularitĂ©s) ;
  • Ă  des suffixes casuels, pour former des pronoms personnels Ă  d’autres cas ;
  • Ă  des postpositions, pour former divers complĂ©ments circonstanciels ;
  • aux noms et aux divers pronoms, pour exprimer le possesseur de ceux-ci ;
  • aux verbes, pour leur servir de dĂ©sinence[15] :
Pronom personnel Suffixe casuel / Postposition Nom Verbe Ă  l’indicatif prĂ©sent ÉlĂ©ment typique
Nominatif Accusatif + suffixe personnel +  suffixe personnel + suffixe personnel possessif Conjugaison subjective Conjugaison objective
Ă©n ’moi’ engem nĂĄlam ’chez moi’ alattam ’sous moi’ lakĂĄsom ’mon appartement’ lĂĄtok ’je vois’ lĂĄtom ’je le/la/les vois’ -m avec les voyelles de liaison -o/(-a)/-e/-ö ou -a/-e
te ’toi’ tĂ©ged nĂĄlad alattad lakĂĄsod lĂĄtsz lĂĄtod -d avec les voyelles de liaison -o/(-a)/-e/-ö ou -a/-e
Ƒ ’lui/elle’ Ƒt nála alatta lakása lát látja -a/-e
mi ’nous’ minket nĂĄlunk alattunk lakĂĄsunk lĂĄtunk lĂĄtjuk -nk avec les voyelles de liaison -u/-ĂŒ
ti ’vous’ titeket nĂĄlatok alattatok lakĂĄsotok lĂĄttok lĂĄtjĂĄtok -tok/-tek/-tök
Ƒk ’eux/elles’ Ƒket náluk alattuk lakásuk látnak látják -k

Le verbe

Article dĂ©taillĂ© : Morphologie du hongrois – le verbe.

Concernant le verbe, les grammaires du hongrois prennent en compte les traits grammaticaux suivants : diathĂšse, mode, temps, nombre (singulier et pluriel) et personne. Par rapport au français, tout comme pour les autres types de mots, il manque au verbe le genre.

  • En gĂ©nĂ©ral, on prend en compte cinq diathĂšses : active, passive, moyenne, rĂ©flĂ©chie et factitive. À part celles-ci on traite aussi la catĂ©gorie du verbe potentiel.
  • Dans les grammaires du hongrois, on considĂšre comme des modes verbaux seulement ce qu’on appelle « modes personnels Â» dans les grammaires du français, soit l’indicatif, le conditionnel et l’impĂ©ratif.
    • L’indicatif a trois temps : le prĂ©sent, le passĂ© et le futur. Au XIXe siĂšcle, il existait encore plusieurs temps passĂ©s, mais il en subsiste un seul. Les diffĂ©rences exprimĂ©es en français par l’imparfait, le passĂ© composĂ© et le plus-que-parfait sont rendues en hongrois par des prĂ©fixes verbaux et par le contexte. Le futur aussi a une seule forme.
    • Le conditionnel a les temps prĂ©sent et passĂ©. Il peut aussi avoir une valeur d’optatif.
    • L’impĂ©ratif n’a qu’une seule forme temporelle. Les grammaires hongroises considĂšrent qu’il comporte toutes les personnes, ayant aussi les valeurs du subjonctif français.
  • Les formes qui, en grammaire française, sont considĂ©rĂ©es comme des « modes impersonnels Â», ne sont pas vues comme des modes en grammaire hongroise mais comme des formes nominales du verbe :
    • L’infinitif hongrois n’a qu’une seule forme. Il prĂ©sente la particularitĂ© de pouvoir ĂȘtre conjuguĂ©, c’est-Ă -dire de recevoir des suffixes personnels, les mĂȘmes que reçoit l’objet possĂ©dĂ©.
    • Le participe a trois temps: prĂ©sent, passĂ© et futur.
    • Le gĂ©rondif a une seule forme.

Une caractĂ©ristique importante du systĂšme verbal hongrois, c’est l’existence de deux sĂ©ries de conjugaison pour les verbes transitifs : une conjugaison appelĂ©e « objective Â» (ou « dĂ©terminĂ©e Â»), et une autre dite « subjective Â» (ou « indĂ©terminĂ©e Â»).

Le nom, l’adjectif et le numĂ©ral

Le nom. Le genre grammatical n’étant pas indiquĂ© en hongrois, le nom ne peut exprimer que le genre naturel.

Le nom comporte le trait grammatical du nombre, bien que le pluriel ne soit pas toujours exprimĂ© par le mĂȘme suffixe. La marque du pluriel des noms en gĂ©nĂ©ral est -k, alors que celle des objets possĂ©dĂ©s est -i : a gyerekek ’les enfants’ mais a gyerekei ’ses enfants’.

En gĂ©nĂ©ral, on considĂšre que le paradigme casuel hongrois comprend 18 cas. Le systĂšme casuel du hongrois est trĂšs riche pour ce qui est de l’expression des rapports spatiaux, ayant trois cas diffĂ©rents pour faire la diffĂ©rence entre le lieu oĂč une action a lieu, celui vers lequel un dĂ©placement est effectuĂ© et celui depuis lequel un dĂ©placement est effectuĂ©. Exemple : a hĂĄzban van ’il/elle est dans la maison’ – bemegy a hĂĄzba ’il/elle entre dans la maison’ – kimegy a hĂĄzbĂłl ’il/elle sort de la maison’.

Le hongrois n’ayant pas d’adjectif possessif, la possession est exprimĂ©e Ă  l’aide de suffixes, certains qui sont ajoutĂ©s Ă  l’objet possĂ©dĂ© et deux autres qui s’appliquent au possesseur. Les constructions par lesquelles on exprime la possession sont les suivantes :

Exemple Construction Traduction littérale
a(z ember) hĂĄza ’la maison de l’homme’ (le possesseur sans suffixe +) l’objet possĂ©dĂ© avec un suffixe personnel ’l(’homme) maison sa’
(Az embernek) van hĂĄza. ’(L’homme,) il a une maison.’ le possesseur avec le suffixe -nak/-nek + le verbe van ’ĂȘtre’ + l’objet possĂ©dĂ© avec le suffixe personnel de la 3e personne ’à l’homme il y a maison sa’
(Nekem) van hĂĄzam. ’(Moi,) j’ai une maison. le suffixe -nak/-nek avec un suffixe personnel + le verbe van ’ĂȘtre’ + l’objet possĂ©dĂ© avec le mĂȘme suffixe personnel ’(Ă  moi) il y a maison ma’
A hĂĄz az emberĂ©. ’La maison est Ă  l’homme.’ l’objet possĂ©dĂ© sans suffixe + le possesseur avec le suffixe -Ă© (le verbe van Ă©tant omis) ’la maison Ă  l’homme’

L’adjectif qualificatif prĂ©sente la particularitĂ© de ne pas s’accorder en nombre dans la fonction d’épithĂšte, mais seulement dans celle d’attribut.

Le numĂ©ral cardinal a gĂ©nĂ©ralement deux formes, par exemple hĂĄrom et hĂĄrmas ’trois’. La premiĂšre est utilisĂ©e pour compter, en tant que complĂ©ment d’un nom ou lorsque ce nom est sous-entendu, ainsi que pour dĂ©signer un chiffre dans un nombre. La deuxiĂšme forme est l’appellation du chiffre en cause ou du nombre dont ce chiffre est l’unitĂ©. Les grammaires hongroises incluent dans la classe des numĂ©raux ce qu’elles appellent « numĂ©raux indĂ©finis Â», tels sok ’beaucoup’, kevĂ©s ’peu’, szĂĄmos ’nombreux, -euse’, etc. Le numĂ©ral peut aussi prendre des formes adverbiales si on lui ajoute certains suffixes : öten ’cinq’ (le nombre de personnes participant Ă  une action), kettesben ’à deux’ (l’intimitĂ© de personnes limitĂ©e au nombre en question).

L’adverbe

Article dĂ©taillĂ© : Morphologie du hongrois – l'adverbe.

Le principal trait spĂ©cifique de l’adverbe hongrois par rapport au français, c’est un systĂšme triple d’expression du lieu, comme pour certains suffixes casuels : le lieu oĂč une action a lieu, celui vers lequel et celui depuis lequel un dĂ©placement est effectuĂ©. Exemple : bent ou benn ’dedans, Ă  l’intĂ©rieur’ (complĂ©ment de verbes qui n’expriment pas le dĂ©placement) – be ’dedans, vers l’intĂ©rieur’ (auprĂšs de verbes qui expriment le dĂ©placement vers l’intĂ©rieur) – bentrƑl ’du dedans, de l’intĂ©rieur’ (auprĂšs de verbes qui expriment le dĂ©placement depuis l’intĂ©rieur).

Les pronoms

Les grammaires du hongrois prennent en compte neuf espĂšces de pronoms : personnels, rĂ©flĂ©chis, de rĂ©ciprocitĂ©, possessifs, dĂ©monstratifs, interrogatifs, relatifs, indĂ©finis et gĂ©nĂ©raux.

En fonction du type de mots qu’ils remplacent, les pronoms sont classĂ©s en substantivaux, adjectivaux et numĂ©raux.

Les adjectifs pronominaux ne sont pas distingués des pronoms.

Les pronoms personnels prĂ©sentent une particularitĂ© notable. Seul l’accusatif est constituĂ© de la forme de nominatif + le suffixe casuel spĂ©cifique. Les autres sont des suffixes casuels auxquels on ajoute les suffixes personnels appliquĂ©s Ă  l’objet possĂ©dĂ©. Exemple : Ă©n ’je, moi’, nĂĄlam ’chez moi’, velem ’avec moi’, etc.

À la diffĂ©rence du français, en hongrois il n’y a pas d’adjectifs possessifs, mais seulement des pronoms possessifs. La fonction des adjectifs est remplie par des suffixes ajoutĂ©s Ă  l’objet possĂ©dĂ© (voir plus haut Le nom, l’adjectif et le numĂ©ral).

Les mots grammaticaux

On considĂšre comme des verbes auxiliaires non seulement ceux qui forment des temps verbaux composĂ©s, mais on prend Ă©galement en compte des auxiliaires aspectuels, modaux et pragmatiques. On inclut dans la mĂȘme classe les verbes copulatifs. Il y a aussi des verbes appelĂ©s « quasi-auxiliaires Â», chez lesquels le sens grammatical est prĂ©dominant, mais ils ont aussi un sens lexical plus ou moins marquĂ©. Ces verbes peuvent ĂȘtre, d’une part, des verbes de modalitĂ© et d’aspect, d’autre part, des verbes appelĂ©s « fonctionnels Â», utilisĂ©s en association avec des types de mots nominaux qui sont formellement leurs complĂ©ments.

Les formes nominales des verbes copulatifs sont considĂ©rĂ©es comme des types de mots Ă  part dans les grammaires du hongrois, au mĂȘme titre que les formes nominales du verbe en gĂ©nĂ©ral (voir plus haut Le verbe).

Les postpositions sont des mots grammaticaux qui constituent l’un des moyens d’expression des fonctions syntaxiques qui s’appellent en grammaire du français complĂ©ments d’objets indirects et complĂ©ments circonstanciels. Elles correspondent gĂ©nĂ©ralement aux prĂ©positions et locutions prĂ©positives du français (exemple : a fa alatt ’sous l’arbre’).

Les adjectifs dĂ©rivĂ©s de postpositions ne sont que formellement des adjectifs. Ils n’ont pas de sens lexical plein, mais remplissent la fonction des postpositions dont ils dĂ©rivent, formant des complĂ©ments de nom avec les noms aprĂšs lesquels ils se placent (exemple : a fa alatti pad ’le banc sous l’arbre’).

Le seul mot hongrois pouvant ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une prĂ©position est mint ’comme, en tant que’, par exemple dans Mint mĂ©rnök dolgozik. ’Il travaille comme ingĂ©nieur.’

Les verbes hongrois sont souvent munis de prĂ©fixes ayant une nature partiellement diffĂ©rente des prĂ©fixes que peuvent avoir les verbes français. D’un cĂŽtĂ©, les prĂ©fixes hongrois ont une fonction grammaticale et lexicale, d’un autre cĂŽtĂ©, ils doivent ĂȘtre sĂ©parĂ©s du verbe dans certains cas, voire parfois placĂ©s aprĂšs celui-ci.

Les conjonctions hongroises ont la mĂȘme fonction que celles du français.

La particule est, dans les grammaires du hongrois, « un mot grammatical qui ne peut accepter d’affixes, ne rĂ©alise de rapports ni morphologiques ni syntaxiques avec d’autres mots, ne peut ĂȘtre terme de la phrase simple [
]. Elle a la fonction d’effectuer des opĂ©rations sur l’affirmation de la phrase [
] ; elle exprime un rapport modal, l’attitude du locuteur (sa façon de se rapporter d’un point de vue affectif, volitif, axiologique, ou bien elle marque la rĂ©action du locuteur Ă  la situation de communication ou Ă  une composante de celle-ci [
][16].

Les articles pris en compte par les grammaires hongroises sont l’article dĂ©fini et l’article indĂ©fini, qui ont les mĂȘmes fonctions qu’en français.

À la diffĂ©rence des grammaires du français, dans celles du hongrois les mots de nĂ©gation ne sont pas inclus dans la classe des adverbes, mais forment une classe Ă  part dans la catĂ©gorie des mots grammaticaux.

Les mots-phrases

Cette catégorie de mots, qui ne comprend pas les verbes, se caractérise par leur capacité à constituer à eux seuls une phrase simple.

Outre les interjections et les onomatopées, présentes également dans les grammaires du français, les grammaires du hongrois prennent en compte deux autres classes de mots.

Les mots-phrases d’interaction sont utilisĂ©s pour interagir avec le destinataire de la communication. Cette classe comprend des formules de salutation (szervusz ’salut’), des mots affirmatifs (igen ’oui’), des mots nĂ©gatifs (nem ’non’) et des mots injonctifs (rajta! ’allez !’).

Les modalisateurs ne participent Ă  des rapports syntaxiques avec aucun terme de la phrase simple, mais indiquent l’attitude du locuteur Ă  l’égard du contenu de l’énoncĂ© entier oĂč ils sont utilisĂ©s. Ce sont celles des particules (voir plus haut Les mots grammaticaux) qui peuvent constituer Ă  elles seules une phrase simple. De tels mots sont talĂĄn ’peut-ĂȘtre’, valĂłszĂ­nƱleg ’vraisemblablement’, esetleg ’éventuellement’, ĂĄllĂ­tĂłlag ’on le dit’, etc.

Syntaxe

La phrase simple

Nous prĂ©sentons la syntaxe du hongrois Ă  l’aide de la terminologie hongroise transposĂ©e en français. Les fonctions syntaxiques dans la phrase simple sont le verbe, le sujet, l’objet, le complĂ©ment de lieu, de temps, numĂ©rique, d’état, d’origine, de rĂ©sultat, d’accompagnement, de maniĂšre, de cause, de but, de relation, de degrĂ©/mesure, de moyen, d’attribution et de comparaison, les complĂ©ments asĂ©mantiques (ou permanents) et l’épithĂšte[17].

Au sujet de l’épithĂšte, il est Ă  noter qu’elle se place devant le terme dĂ©terminĂ© et ne s’accorde pas avec celui-ci.

Dans la phrase simple, l’ordre des mots est trùs libre, en fonction du mot ou du syntagme qu’on veut mettre en relief.

La phrase complexe

Article dĂ©taillĂ© : Syntaxe du hongrois – la phrase complexe.

Les propositions coordonnĂ©es peuvent ĂȘtre liĂ©es entre elles par juxtaposition ou par une conjonction. La coordination peut ĂȘtre copulative, adversative, disjonctive, consĂ©cutive ou explicative[18].

Une caractĂ©ristique importante des propositions subordonnĂ©es en hongrois, c’est qu’elles ont la plupart du temps un antĂ©cĂ©dent exprimĂ© par un pronom dans la proposition principale, et la subordonnĂ©e complĂšte cet antĂ©cĂ©dent.

Dans la phrase complexe hongroise il peut y avoir des subordonnĂ©es sujet, prĂ©dicat, objet, des subordonnĂ©es complĂ©ments (de lieu, temporelle, numĂ©rique, d’état, d’origine, de rĂ©sultat, d’accompagnement, de maniĂšre, de cause, de but, de relation, de degrĂ©/mesure, de moyen, d’attribution, de comparaison), des subordonnĂ©es complĂ©ments permanents, des subordonnĂ©es Ă  contenu sĂ©mantique spĂ©cial (consĂ©cutive, conditionnelle, concessive et comparative) et des subordonnĂ©es Ă©pithĂšte[19].

Lexique

Article dĂ©taillĂ© : Lexique du hongrois.

Le lexique hongrois provient principalement (80%) de formations lexicales internes, le reste Ă©tant constituĂ© de mots hĂ©ritĂ©s (8%) et d’emprunts (7%). L'Ă©tymologie de 5% du vocabulaire reste inconnue.

La plupart des emprunts sont d’origine slave (27%), latine (25%), allemande (17%) ou turquique. On trouve aussi des emprunts Ă  des langues iraniennes, romanes (italien, français, roumain), et Ă  l’anglais. Les calques sont Ă©galement une source importante de vocabulaire.

Les moyens d’enrichissement internes du lexique sont de loin les plus utilisĂ©s. Parmi ceux-ci, les plus productifs sont la crĂ©ation spontanĂ©e de mots (interjections, mots onomatopĂ©iques, crĂ©ations expressives), la formation spontanĂ©e de mots par dĂ©rivation et par composition, ainsi que la crĂ©ation consciente de vocables par les deux derniers procĂ©dĂ©s. Par rapport au français, la composition spontanĂ©e et la crĂ©ation consciente ont une importance beaucoup plus grande[20].

Notes et références

  1. ↑ a et b Cf. (en) Lewis, M. Paul (dir.), Ethnologue: Languages of the World, 16e Ă©dition, SIL International, Dallas (Texas), 2009 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)] (en) Fiche langue dans Ethnologue.com.
  2. ↑ Recensement de 2001 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  3. ↑ Recensement de 2002 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  4. ↑ Recensement de 2002 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  5. ↑ Recensement de 2002 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  6. ↑ Recensement de 2001 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  7. ↑ Recensement de 2001 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  8. ↑ Recensement de 2001 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  9. ↑ Recensement de 2001 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  10. ↑ Recensement de 2000 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  11. ↑ Recensement de 2001 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  12. ↑ Estimation de H. Mutzafi datant de 1998, citĂ©e par Ethnologue [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  13. ↑ (hu) TamĂĄsnĂ© SzabĂł, Csilla, Az ErdĂ©lyi FejedelemsĂ©g korĂĄnak jogi nyelve [« Le langage juridique de l’époque de la PrincipautĂ© de Transylvanie Â»] [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)].
  14. ↑ (hu) Keszler, BorbĂĄla (dir.), Magyar grammatika [« Grammaire hongroise Â»], Nemzeti TankönyvkiadĂł, Budapest, 2000 (ISBN 978-963-19-2499-2), citĂ©e par (hu) P. Lakatos, Ilona (dir.), Grammatikai gyakorlĂłkönyv (mintaelemzĂ©sekkel Ă©s segĂ©danyagokkal) [« Exercices de grammaire (avec des analyses modĂšles et des matĂ©riaux auxiliaires) Â»], BölcsĂ©sz Konzorcium, 2006 [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)], p.4, 5.
  15. ↑ Tableau traduit de l’article Magyar nyelv.
  16. ↑ (hu) Kugler, NĂłra, « A partikula Â» [« La particule Â»], dans Magyar NyelvƑr (ISSN 1585-4515), n° 2 (1998), citĂ©e par (hu) PĂ©teri, Attila, « Az ĂĄrnyalĂł partikulĂĄk elhatĂĄrolĂĄsĂĄnak problĂ©mĂĄja a magyar nyelvben Â» [« Le problĂšme de la dĂ©limitation des particules de nuance en hongrois Â»], dans Magyar NyelvƑr (ISSN 1585-4515), n° 1 (2001) [lire en ligne (page consultĂ©e le 25 octobre 2009)].
  17. ↑ Selon Keszler, op. cit., citĂ© par Lakatos, op. cit., p. 93-168.
  18. ↑ Cf. (hu) Balogh, Judit, « A mellĂ©rendelƑ összetett mondatok Â» [« Les phrases complexes Ă  propositions coordonnĂ©es Â»], dans Keszler, op. cit., p. 531-540.
  19. ↑ Cf. (hu) Haader, Lea, « Az alĂĄrendelƑ összetett mondatok ĂĄltalĂĄnos kĂ©rdĂ©sei Â» [« Questions gĂ©nĂ©rales concernant les phrases Ă  subordonnĂ©es Â»], dans Magyar NyelvƑr (ISSN 1585-4515), n° 123 (1999) [lire en ligne (page consultĂ©e le 25 octobre 2009)].
  20. ↑ Section d’aprĂšs (hu) Gerstner, KĂĄroly, « A magyar nyelv szĂłkĂ©szlete Â» [« Lexique du hongrois Â»], dans Kiefer, Ferenc (dir.), Magyar nyelv [« Langue hongroise Â»], AkadĂ©miai KiadĂł, Budapest, 2006 (ISBN 963 05 8324 0), p. 437-480.

Voir aussi

Bibliographie

  • (hu) ErdƑs, JĂłzsef (dir.), KĂŒszöbszint. Magyar mint idegen nyelv [« Un niveau-seuil. Hongrois langue Ă©trangĂšre Â»] [lire en ligne (page consultĂ©e le 7 octobre 2009)]
  • (hu) Kiefer, Ferenc, Magyar nyelv [« Langue hongroise Â»], AkadĂ©miai KiadĂł, Budapest, 2006 (ISBN 963 05 8324 0)
  • Lelkes, IstvĂĄn, Manuel de hongrois, TankönykiadĂł, Budapest, 1979 (ISBN 978-963-17-4426-2)
  • (hu) Nagy, KĂĄlmĂĄn, Kis magyar nyelvtankönyv [« Petite grammaire du hongrois Â»], Kriterion, Bucarest, 1980
  • Szende, Thomas et Kassai, Georges, Grammaire fondamentale du hongrois, Langues & Mondes – L’AsiathĂšque, Paris, 2001 (ISBN 978-2-911053-61-0)

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