Homo Sapiens

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Homo Sapiens

Homo sapiens

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Homo sapiens
Homme et femme sur la plaque de Pioneer
Homme et femme sur la plaque de Pioneer
Classification classique
RĂšgne Animalia
Sous-rĂšgne Eumetazoa
Super-embr. Deuterostomia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Primates
Sous-ordre Haplorrhini
Infra-ordre Simiiformes
Micro-ordre Catarrhini
Super-famille Hominoidea
Famille Hominidae
Sous-famille Homininae
Tribu Hominini
Genre Homo
Nom binominal
Homo sapiens
Linnaeus, 1758
Statut de conservation IUCN :

LC : PrĂ©occupation mineure
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.

Répartition géographique
Densité de population humaine dans le monde en 1994

Densité de population humaine dans le monde en 1994

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Homo sapiens[1], « homme sage Â» en latin, est une espĂšce de primate appartenant Ă  la famille des hominidĂ©s. Plus communĂ©ment appelĂ© « homme Â», « humain Â», ou encore « ĂȘtre humain Â», il est le dernier reprĂ©sentant actuel du genre Homo[2].

D’un point de vue physiologique, il se distingue des autres hominidĂ©s[3] par sa bipĂ©die, son cerveau plus volumineux, et son systĂšme pileux moins dĂ©veloppĂ©[4],[5].

D'un point de vue Ă©thologique, l'ĂȘtre humain se distingue par l'extrĂȘme complexitĂ© de ses relations sociales, son utilisation d'un langage complexe transmis par apprentissage, la domestication du feu et de nombreuses espĂšces vĂ©gĂ©tales et animales, la facultĂ© Ă  fabriquer des outils, ainsi que l'aptitude de son systĂšme cognitif Ă  l'abstraction et l'introspection.

Plus généralement, il se distingue de toute autre espÚce animale par la complexité de ses réalisations techniques et artistiques, l'importance de l'apprentissage et de l'apport culturel dans le développement de l'individu, mais aussi par l'ampleur des transformations qu'il opÚre sur les écosystÚmes[6].

La science qui Ă©tudie l'homme sous tous ses aspects est l'anthropologie.

Sommaire

Appellation

Appellations courantes

Le mot français « homme Â» est une Ă©volution du latin hominem, accusatif de homo, et se rĂ©fĂšre avant toute chose Ă  l'espĂšce Homo sapiens dans son ensemble (le nominatif homo a donnĂ© en français le pronom indĂ©fini on[7]).

Le mot « homme Â», dans une deuxiĂšme acception, dĂ©signe aussi l'individu mĂąle (le latin classique utilisait, en ce sens, le mot vir, d'oĂč dĂ©rivent les mots français viril, virilitĂ©). L'individu femelle est, quant Ă  lui, dĂ©nommĂ© « femme Â» (du latin femina).

Les termes « garçon Â» et « fille Â» dĂ©signent respectivement les hommes et les femmes sous leurs stades infantiles ou pubĂšres.

On emploie aussi le terme « HumanitĂ© Â», au singulier et avec une majuscule, pour parler de l'espĂšce humaine dans son ensemble, ou pour dĂ©signer l'ensemble de la population humaine.

Certaines langues font la distinction entre l'homme « ĂȘtre humain Â» et l'homme « individu mĂąle Â» : par exemple le latin (homo = ĂȘtre humain et vir = ĂȘtre humain mĂąle), l'allemand (Mensch = ĂȘtre humain et Mann = ĂȘtre humain mĂąle). En français, certains dialectes (dont celui de France) utilisent indistinctement le terme « homme Â» tantĂŽt pour parler du mĂąle, tantĂŽt pour parler de l'espĂšce, alors que d'autres (comme celui du QuĂ©bec) prĂ©fĂ©reront les termes gĂ©nĂ©riques « personne Â» et « humain Â» pour dĂ©signer un membre de l'espĂšce et rĂ©serveront la dĂ©nomination « homme Â» pour parler du mĂąle humain adulte[8].

Enfin, on peut mentionner l'emploi de la majuscule (Homme) pour distinguer l'espĂšce Homo Sapiens de l'ĂȘtre humain mĂąle (homme).

Nom scientifique

La dĂ©nomination binomiale complĂšte de l'espĂšce humaine est : Homo sapiens, LinnĂ© 1758.

La signification des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments de cette dĂ©nomination est la suivante :

  • Homo est un mot latin au nominatif (avec majuscule et en italique) qui signifie « homme Â» en français. Il dĂ©signe ici le genre biologique.
  • sapiens est un adjectif latin (avec minuscule et italique), qui signifie en français : intelligent, sage, raisonnable ou encore prudent. Il dĂ©signe ici l'espĂšce.
  • LinnĂ© est le nom du scientifique qui a nommĂ© et dĂ©crit l'espĂšce.
  • 1758 est l'annĂ©e de l'appellation.

Toutefois, en pratique, le nom et l'année sont rarement précisés.

Jusqu'en 2003, l'espĂšce Homo sapiens Ă©tait subdivisĂ©e en deux groupes distincts, considĂ©rĂ©s comme deux sous-espĂšces, dont l'une Ă©tait l'espĂšce humaine actuelle, et l'autre, une espĂšce cousine Ă©teinte, celle de l'homme de NĂ©andertal. Comme pour toute sous-espĂšce la consĂ©quence terminologique a Ă©tĂ© de crĂ©er des noms trinomiaux en rajoutant un adjectif, toujours latin (et en italique), aprĂšs le nom d'espĂšce. C'est ainsi que l'espĂšce humaine Ă©tait appelĂ©e Homo sapiens sapiens. Bien que souvent encore entendue, cette terminologie n'est plus en vigueur pour la majoritĂ© des scientifiques. En effet, n'Ă©tant pas une terminologie constitutive, mais rĂ©fĂ©rentielle, elle est le rĂ©ceptacle Ă©volutif qui reflĂšte l'Ă©tat des connaissances et la place de l'homme dans la comprĂ©hension que celui-ci a du monde : de nouvelles connaissances ou une nouvelle comprĂ©hension pourront produire une nouvelle classification, qui pourra conduire Ă  une nouvelle dĂ©nomination.

Le principal avantage de cette terminologie est, depuis LinnĂ©, d'avoir offert un langage commun. Par delĂ  les noms vernaculaires propres Ă  chaque langue pour dĂ©signer l'espĂšce humaine ou les membres de celle-ci : Human, Mensch, Ser humano
 et parfois multiples au sein d'une mĂȘme langue : l'espĂšce humaine, l'homme, l'humain ; Homo sapiens se prĂ©sente comme un vocable de rĂ©fĂ©rence, certes de nature scientifique, mais qui a su par ailleurs acquĂ©rir une notoriĂ©tĂ© dĂ©passant celle du jargon.

Description physique générale

La Baigneuse, peinture de William Bouguereau, montrant plusieurs des caractÚres sexuels secondaires féminins

Homo sapiens est un primate qui se tient debout, la colonne vertébrale étant redressée.

La hauteur d'un individu adulte est gĂ©nĂ©ralement comprise entre 1,40 et 2 m, mais peut varier d'environ 80 cm Ă  environ 2,50 m dans les deux extrĂȘmes du nanisme et du gigantisme.

Par rapport aux autres espÚces de primates, sa pilosité est beaucoup moins importante[4]; celle-ci étant essentiellement limitée à certaines parties du corps, notamment le cuir chevelu. C'est chez l'individu masculin adulte que la pilosité est en général la plus importante.

La femme prĂ©sente d'ailleurs des caractĂšres sexuels secondaires uniques chez les primates[9] : chevelure particuliĂšrement longue, en contraste avec le manque de pilositĂ© du reste du corps, organes mammaires proĂ©minents mĂȘme en dehors des pĂ©riodes de gestation et d’allaitement, Ă©troitesse prononcĂ©e de la taille, et haute tessiture vocale. À plus d’un titre, son anatomie caractĂ©rise plus l’espĂšce humaine que celle des hommes.

La couleur de la peau humaine est variable (noire, marron, beige ou rosée). La couleur sombre constitue dans de nombreuses régions du globe une adaptation génétique à une insolation importante[10].

La peau humaine se ride, s’amincit et perd son Ă©lasticitĂ© avec l’ñge[11].

L’Homme porte gĂ©nĂ©ralement des vĂȘtements, recouvrant en gĂ©nĂ©ral au moins les parties gĂ©nitales[12]. Il peut aussi porter des accessoires divers comme des lunettes ou une canne.

RĂ©gime alimentaire

Homo sapiens est omnivore. Il est incapable de digérer la cellulose.

Initialement chasseur-cueilleur, les humains forment pour la plupart depuis le nĂ©olithique des sociĂ©tĂ©s de producteurs basĂ©es sur agriculture et l’élevage.[rĂ©f. nĂ©cessaire] De nos jours, les hommes consomment une grande diversitĂ© d’aliments, aussi bien vĂ©gĂ©taux qu’animaux, mais la base de leur alimentation est constituĂ©e de fĂ©culents, issus en particulier de deux cĂ©rĂ©ales domestiques : le blĂ© et le riz.

Comportement

Le rire, élément de communication non verbale

L’homme est un animal diurne, mĂȘme s’il peut se tenir Ă©veillĂ© la nuit. Son rythme circadien n'est d'ailleurs pas tout Ă  fait ajustĂ© Ă  la durĂ©e du jour[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Comme tous les hominidĂ©s[13], l’homme manifeste un comportement social complexe et dispose d'aptitudes Ă  la communication telles qu'une expressivitĂ© faciale, accentuĂ©e chez lui par la mobilitĂ© des sourcils qu'offre l'absence de bourrelet sus-orbitaire[4]. Il est en plus capable de vocaliser un langage articulĂ© complexe, dont l'usage exact, appelĂ© « langue[14] Â», se transmet de façon culturelle.

L’homme dispose aussi d’un rĂ©flexe respiratoire et nerveux, appelĂ© rire, qui semble innĂ©, propre Ă  l’espĂšce[15], permettant d’exprimer la joie ou l’incongruitĂ© d’une situation, dotĂ© d’un pouvoir communicatif, et faisant office de signal d’apaisement dans une situation Ă©ventuellement conflictuelle. Le rire possĂšde une version attĂ©nuĂ©e se limitant Ă  une expression faciale, appelĂ©e sourire, qui semble ne pas avoir d'Ă©quivalent non plus chez les autres hominidĂ©s[16], et qui, contrairement au rire, peut ĂȘtre dĂ©clenchĂ© de façon consciente[4], ce qui lui fait jouer un rĂŽle particulier dans les conventions sociales[17].

Les humains sont aussi capables de pleurer, surtout dans les premiers stades de leur vie.

Les humains forment des sociĂ©tĂ©s complexes et souvent hiĂ©rarchisĂ©es, dont le fonctionnement est essentiellement basĂ© sur une rĂ©partition des activitĂ©s qui peut prendre la forme de la division du travail. Au sein de ces sociĂ©tĂ©s, chaque individu peut avoir des moyens de subsistance extrĂȘmement variĂ©s, qui dĂ©pendent du type de sociĂ©tĂ© dont il s’agit, et de la position hiĂ©rarchique qu’il y occupe[18].

Enfin, comme tous les primates, l’homme est dotĂ© de pouces opposables lui permettant de saisir et manipuler des objets. Mais chez l’homme, les mains sont particuliĂšrement efficaces et couplĂ©es Ă  des capacitĂ©s cognitives importantes.

Aptitudes physiques

Usain Bolt, dĂ©tenteur de trois records du monde : 100 m (9 s 58), 200 m (19 s 19) et 4 x 100 m (37 s 10).

L’homme, parfaitement bipĂšde, se dĂ©place essentiellement selon deux allures: la marche essentiellement, Ă  une vitesse de quelques km/h, et la course Ă  des vitesses comprises entre 6 et 30 km/h. AprĂšs un entraĂźnement, certains sont capables, dĂ©part arrĂȘtĂ©, de parcourir cent mĂštres en moins de dix secondes.

Son absence de pelage contribue à sa thermorégulation en favorisant la sudation.

Cette aptitude à la marche, déjà présente chez Homo erectus, a trÚs certainement contribué aux premiÚres colonisations des différents continents[19].

L’homme peut Ă©galement de maniĂšre occasionnelle, selon les situations, ramper, grimper, sauter, nager.

Les aptitudes physiques de l’ĂȘtre humain prĂ©sentent un dimorphisme sexuel : la puissance musculaire et l’endurance des femmes Ă©tant infĂ©rieures Ă  celles des hommes[20].

SystĂšmes sensoriels

Vision

L’Ɠil humain permet une vision trichromatique, probablement en raison de ses lointaines origines arboricole et frugivore[21]’[4].

OuĂŻe

Le systÚme auditif constitué par l'oreille capte des sons dont les fréquences s'étalent de 20 à 20 000 hertz.

Capteurs chimiques

Homo sapiens, comme la plupart des vertébrés, est capable de détecter des molécules dans l'air et dans un aliment, grùce à des récepteurs situés respectivement dans les fosses nasales qui captent les odeurs et les arÎmes (olfaction), et sur les papilles gustatives de la langue, qui captent les saveurs. L'hypothÚse de l'existence de phéromones humaines n'est pas exclue, bien que, chez Homo sapiens, l'organe voméro-nasal ne soit pas considéré comme actif puisqu'il n'est pas nerveusement relié au systÚme nerveux central[22].

Aptitudes cognitives

Premiers pas d’un Homo Sapiens sur la Lune lors du programme Apollo, aboutissement de l’essor des capacitĂ©s techniques humaines

De tous les animaux Ă  systĂšme nerveux central, l’homme est probablement celui qui a le cerveau le plus dĂ©veloppĂ© et performant[23]. C’est probablement cette particularitĂ© qui explique son succĂšs Ă©volutif.

L’homme est capable d’apprĂ©hender les rĂšgles qui organisent le monde qui l’entoure, de prĂšs comme de loin : du mouvement des astres aux lois qui structurent la matiĂšre, en passant par les rĂšgles qui organisent l’espace et les principes nĂ©cessaires Ă  l’induction.

Plus prĂ©cisĂ©ment, on peut dire que depuis le milieu du XXe siĂšcle[24], Homo sapiens est capable d’apprĂ©hender toutes les rĂšgles qui rĂ©gissent l’organisation du monde visible, Ă  l’exception de celles qui sont Ă  l’origine des forces subatomiques, et des raisons qui font que la matiĂšre courbe l’espace-temps[25]’[26].

Cette aptitude à comprendre le monde s'est traduite, au cours des deux derniers millénaires, par l'accumulation d'un ensemble de connaissances appelées sciences, et le développement d'outils divers appelés technologies.

Les capacitĂ©s cognitives d’Homo sapiens prĂ©sentent elles-aussi un certain dimorphisme sexuel : il est avĂ©rĂ© notamment que les femmes sont plus aptes Ă  maĂźtriser les subtilitĂ©s du langage et ont plus d’adresse manuelle, alors que les hommes sont plus performants en matiĂšre d’orientation dans l’espace et de raisonnement logique [27]’[28].

Reproduction

Une femme enceinte
humain en bas-ùge. On remarquera à la fois le sourire et la chevelure déjà imposante

La femme est nubile de la mĂ©narche, qui survient en gĂ©nĂ©ral entre 11 et 13 ans (parfois dĂšs l’ñge de 10 ans), jusqu’à la mĂ©nopause qui survient, elle, entre 40 et 50 ans (certaines femmes sont mĂ©nopausĂ©es dĂšs l’ñge de 35 ans). Il est important de noter que la mĂ©nopause n’existe chez aucune autre espĂšce de primate[9]’[29], et aurait eu en fait un certain avantage Ă©volutif[30] au cours de l'hominisation.

Le cycle ovarien dure environ 28 jours, et est marquĂ© par les menstruations. Contrairement Ă  la plupart des femelles primates, la femme ne manifeste pas de chaleurs, et la pĂ©riode de meilleure fĂ©conditĂ© n'est donc pas dĂ©celable par les mĂąles[4]’[9]. Cependant, il est avĂ©rĂ© que le comportement des femmes, en particulier lors de la recherche d'un partenaire sexuel, est sensiblement diffĂ©rent pendant l'Ɠstrus[31].

Les garçons atteignent leur maturitĂ© sexuelle entre 12 et 15 ans. L’andropause, Ă©quivalent masculin de la mĂ©nopause, n’existe pas[9].

Les hommes et les femmes, à l'instar des bonobos ou des chimpanzés, peuvent pratiquer le coït de façon ludique ou sociale, ou avoir des pratiques sexuelles à visée non reproductive, comme l'homosexualité ou la sexualité orale, mais le plus souvent l'acte sexuel est l'aboutissement d'une relation à forte implication émotionnelle[4], prélude à une union à long terme visant à la fondation d'une famille.

Si chez l'humain il n'existe pas Ă  proprement parler de parade nuptiale, l'attrait des adolescents et des jeunes adultes pour la musique et pour la danse, qui semble ĂȘtre innĂ© et universel, en tient manifestement lieu.

Du fait de sa station debout, la femme dissimule ses parties gĂ©nitales. Des thĂ©ories quelque peu controversĂ©es[32] Ă©mettent l'hypothĂšse que la femme parviendrait nĂ©anmoins Ă  exciter sexuellement l'homme en exhibant sa poitrine et ses lĂšvres, dont les formes, inhabituelles pour une femelle primate, auraient Ă©voluĂ© pour Ă©voquer respectivement celles de ses fesses et de sa vulve[9]’[33].

Chez l'ĂȘtre humain, le coĂŻt est le plus souvent nocturne et fait l'objet de prĂ©liminaires[4].

La gestation chez la femme est appelĂ©e grossesse, et dure neuf mois. Une femme gravide est dite enceinte. La grossesse est le plus souvent monoembryonnaire, mĂȘme si une grossesse sur quarante[rĂ©f. nĂ©cessaire] est gĂ©mellaire. La parturition, quant Ă  elle, est appelĂ©e accouchement. L'accouchement s'effectue le plus souvent dans la douleur, en raison du volume de la boĂźte crĂąnienne de l'enfant, et de l'Ă©troitesse relative du bassin, requise par la locomotion bipĂšde[34]. Le placenta est comestible, mais rarement consommĂ©.

À la naissance le petit est complĂštement dĂ©pendant de sa mĂšre. Cette derniĂšre l'allaite pendant plusieurs mois, parfois plus d'une annĂ©e, et le garde Ă  ses cĂŽtĂ©s au moins jusqu'Ă  la pubertĂ©.

MĂȘme s'il existe des exceptions, Homo sapiens possĂšde une trĂšs forte tendance monogame[4]. Les couples forment le plus souvent la base de la structure familiale et sociale, s'Ă©tablissent dĂšs la pubertĂ© et durent en gĂ©nĂ©ral jusqu'Ă  la mort. Cette tendance s'explique par le trĂšs fort investissement que nĂ©cessite la protection et l'Ă©ducation des enfants, rendant nĂ©cessaire d'un point de vue Ă©volutif la cohĂ©sion du couple. Il s'agit lĂ  encore d'un caractĂšre distinguant l'homme des autres hominidĂ©s.

Cette tendance monogame est cependant contrariĂ©e par l'indiscernabilitĂ© Ă©voquĂ©e de l'Ɠstrus et par les diffĂ©rences mentionnĂ©es de comportements pendant cette pĂ©riode[9]’[31]. Ces caractĂ©ristiques permettent en effet Ă  la femme de diversifier son apport en matĂ©riel gĂ©nĂ©tique extĂ©rieur, tout en bĂ©nĂ©ficiant du soutien et de l'apport en ressources de l'homme avec lequel elle a Ă©tabli un foyer[4]’[35]’[36].

Culture

La Dame de Brassempouy, l'une des plus anciennes sculptures connues reprĂ©sentant une tĂȘte humaine

Homo sapiens manifeste une activité culturelle variée, qui se présente notamment sous forme de:

  • rites, de croyances,
  • de connaissances et de savoir-faire techniques et scientifiques: pratiques agricoles par la domestications de diffĂ©rentes espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales, amĂ©lioration de l'habitat, soins mĂ©dicaux...
  • sous forme de pratiques et d'objets artistiques.

On admet qu'il existe des cultures simples chez les autres primates actuels ( méthode de toilettage, outils à termites...). Mais ce n'est que dans l'espÚce humaine, que l'on constate une modification de la culture avec un aspect cumulatif[37], ce qui lui permet d'atteindre un haut niveau de complexité.

Tous les humains ne partagent pas la mĂȘme culture. On peut toutefois trouver une certaine homogĂ©nĂ©itĂ© culturelle dans un mĂȘme groupe, appelĂ© peuple. L'Ă©tude de ces peuples et de leurs diffĂ©rentes caractĂ©ristiques est l'objet de l'ethnologie.

Les premiĂšres cultures techniques qui ont permis de confectionner les premiers outils ont fait leur apparition bien avant Homo sapiens. Voir Industrie lithique. De mĂȘme pour la maĂźtrise du feu. Les premiers rites funĂ©raires sĂ»rement liĂ©s Ă  des croyances, les premiers objets artistiques, dĂ©coratifs sont attribuĂ©s Ă  Homo neanderthalensis[38]. En revanche, l'art rupestre et les premiĂšres reprĂ©sentations humaines font leur apparition au cours du palĂ©olithique supĂ©rieur chez l'espĂšce humaine moderne.

PremiÚres représentations de Homo sapiens

Bien que les premiĂšres manifestations de prĂ©occupations esthĂ©tiques ou symboliques soient attribuables Ă  l'homme de NĂ©andertal durant le PalĂ©olithique moyen, les plus anciennes reprĂ©sentations humaines authentifiĂ©es comme telles sont le fait d’Homo sapiens et peuvent ĂȘtre datĂ©es du PalĂ©olithique supĂ©rieur (vers 40 000 Ă  10 000 ans BP). Ainsi Ă  l'Aurignacien (vers 40 000 Ă  28 000 ans BP), faciĂšs culturel le plus ancien et attribuable Ă  l'homme en Europe, sont associĂ©es les statuettes de Vogelherd, de Geissenklösterle et de Hohlenstein-Stadel qui restituent des figures en ronde bosse reprĂ©sentant des mammouths, des fĂ©lins, des ours, des chevaux et des hommes. On note aussi dans l'art pariĂ©tal, comme Ă  la grotte Chauvet, la reprĂ©sentation de vulves fĂ©minines ainsi que d'individus mi-homme mi-bison[39]. Puis au Gravettien (29 000 Ă  22 000 ans BP) sont sculptĂ©es des figures fĂ©minines dites VĂ©nus palĂ©olithiques. Au MagdalĂ©nien (19 000 Ă  10 000 ans BP), les reprĂ©sentations humaines sur paroi ou sur objet se font plus frĂ©quentes.

Culture et biologie humaine

Certains aspects de la culture humaine, notamment la médecine, et les connaissances scientiques et techniques, influencent les processus biologiques et reproductifs, et ont un impact sur l'espérance de vie ou la fécondité, et in fine sur la démographie[40].

Origines

Article dĂ©taillĂ© : Histoire Ă©volutive des homininĂ©s.
Évolution simplifiĂ©e de la lignĂ©e humaine (Dates approximatives en annĂ©es)

Les recherches en palĂ©oanthropologie, ainsi que des Ă©tudes en gĂ©nĂ©tique[41], aboutissent Ă  l'idĂ©e que la population originelle pour tous les humains se situait en Afrique, il y a trĂšs approximativement 200 000 ans.

Les premiers représentants du genre Homo seraient, quant à eux, apparus il y a environ 2,5 Ma.

Un aspect de ce processus Ă©volutif supposĂ© est la modification hĂ©rĂ©ditaire du phĂ©notype consistant en une persistance des caractĂšres juvĂ©niles Ă  l'Ăąge adulte, appelĂ©e nĂ©otĂ©nie, et dont on peut, encore de nos jours, voir des indices Ă  travers la physiologie et l'Ă©thologie humaine — Ă  prĂ©ciser —[4].

Fossiles humains

La palĂ©oanthropologie classe les ossements fossiles d'hominidĂ©s parmi ceux d’Homo sapiens, lorsque leurs morphologies satisfont aux critĂšres suivant :

De plus, ces caractĂšres propres doivent ĂȘtre combinĂ©s Ă  d'autres caractĂšres comme un volume cĂ©rĂ©bral important: entre 1 400 cm3 et 1 600 cm3 [42].

Les plus vieux ossements retrouvĂ©s sont deux crĂąnes datĂ©s de -195 000 ans, et appelĂ©s Omo 1 et Omo 2. Viennent ensuite ceux de l'homme d'Herto encore appelĂ© Homo sapiens idaltu, datĂ©s d'environ -154 000 ans, puis les ossements de Qafzeh et Skhul en IsraĂ«l/Palestine datĂ©s respectivement de -97 000 et -80 000 ans.

Les plus cĂ©lĂšbres sont ceux de l'homme de Cro-Magnon, datĂ©s de -35 000 ans et dĂ©couverts en France.

Un autre reprĂ©sentant du genre Homo, Homo neanderthalensis, a fait son apparition en Europe il y a 250 000 ans, et a Ă©tĂ© contemporain d'Homo Sapiens jusqu'Ă  sa disparition, il y a environ 28 000 ans. On ignore presque tout de la nature de leurs relations.

« L'homme de Cro-Magnon Â» est un reprĂ©sentant des premiers Homo sapiens en Europe (-35 000 ans)

L'homme moderne et ses ancĂȘtres immĂ©diats ne sont plus considĂ©rĂ©s comme des Homo sapiens sapiens, selon l'ancienne dĂ©nomination trinomiale, mais comme des Homo sapiens, dont ils sont les seuls reprĂ©sentants[43].

L'apparition de l'espĂšce humaine

Du point de vue scientifique, l'apparition de l'homme rĂ©sulte d'une Ă©volution biologique Ă  partir d'espĂšces ancĂȘtres, d'abord des eucaryotes, puis des vertĂ©brĂ©s, des tĂ©trapodes et aussi des mammifĂšres arboricoles prĂ©sentant une allure gĂ©nĂ©rale semblable aux singes actuels. Cette Ă©volution depuis notre ancĂȘtre commun le plus rĂ©cent avec les chimpanzĂ©s est relativement bien documentĂ©e grĂące aux fossiles, bien que des lacunes importantes existent[44]; le fait que les deux espĂšces de chimpanzĂ©, Pan troglodytes et Pan paniscus, soient considĂ©rĂ©s comme les espĂšces vivantes les plus proches de l'Homme est aussi Ă©tablie par la phylogĂ©nĂ©tique.

Les sĂ©parations des lignĂ©es ayant menĂ© aux diffĂ©rentes espĂšces de primates actuels, dont le genre Homo, se sont produites de maniĂšre successive. La sĂ©paration la plus rĂ©cente entre la lignĂ©e humaine et celle d'une autre espĂšce de primate a Ă©tĂ© la bifurcation des HomininĂ©s en Hominines (lignĂ©e humaine) et Panines (lignĂ©e des chimpanzĂ©s). Selon David Reich de la Harvard Medical School Ă  Boston, cette sĂ©paration s'est faite il y a moins de 6,3 Ma[45]. Toutefois, ces travaux indiquent Ă©galement que cette sĂ©paration a Ă©tĂ© progressive, car la comparaison des sĂ©quences des chromosomes X de l’Homo sapiens et du chimpanzĂ© montre des similitudes qui semblent reflĂ©ter une pĂ©riode de rĂ©hybridation entre des Hominines et des Panines. Une hybridation significative entre au moins une espĂšce de chimpanzĂ© d'une part, des espĂšces d'australopithĂšque et probablement des espĂšces d'homme d'autre part, conduisant Ă  des Ă©changes de gĂšnes entre les deux tribus, a dĂ» exister pendant peut-ĂȘtre quatre millions d'annĂ©es selon les auteurs de ces travaux.

Les mĂ©canismes orientant cette Ă©volution ne sont pas encore entiĂšrement compris, mais la sĂ©lection naturelle semble avoir jouĂ© un rĂŽle important : l'environnement aurait guidĂ© notre Ă©volution rĂ©cente bien que les facteurs environnementaux responsables n'ont pas encore tous Ă©tĂ© identifiĂ©s.

Les thĂ©ories scientifiques se sont d'abord centrĂ©es sur l'Ă©volution de la taille du cerveau qui aurait prĂ©cĂ©dĂ© en temps les autres Ă©volutions adaptatives de l'ĂȘtre humain (thĂ©orie du singe au gros cerveau). Toutefois, la dĂ©couverte de Lucy qui avait une dĂ©marche dĂ©jĂ  bipĂšde mais un cerveau de faible volume vint infirmer cette hypothĂšse, la bipĂ©die Ă©tant de loin plus ancienne voire archaĂŻque tandis que l'augmentation du volume cĂ©rĂ©bral Ă©tant un phĂ©nomĂšne plus rĂ©cent. Des empreintes de pas fossilisĂ©es datant de 3,75 Ma (trouvĂ©es Ă  Laetoli en Tanzanie) montrent une bipĂ©die archaĂŻque. Des empreintes comparables aux nĂŽtres datant de 1,51 Ă  1,52 Ma (trouvĂ©es au Kenya Ă  Ileret)[46].

Place sur la Terre

DĂ©mographie humaine depuis 12 000 ans.

Par sa capacité à maßtriser des techniques lui permettant d'affronter des conditions climatiques difficiles, Homo sapiens prospÚre sur tous les continents, à l'exception notable de l'Antarctique, et sur toutes les latitudes.

Il ne connait aucun prĂ©dateur[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Son effectif actuel est estimé à 6,785 milliards au 21 septembre 2009[47].

Articles dĂ©taillĂ©s : Population mondiale et Histoire du monde.

Impact sur l'environnement

Homo sapiens exerce un impact important sur son environnement, essentiellement du fait de ses activités agricoles et industrielles.

Son besoin en surfaces agricoles l'a amenĂ© et l'amĂšne encore Ă  dĂ©forester, ce qui a tendance Ă  provoquer la rĂ©duction voir la destruction complĂšte du milieu de vie de nombreuses espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales. Ce phĂ©nomĂšne est notamment connu pour ce qui concerne les forĂȘts tropicales et humides telles que celles d'AmĂ©rique du Sud et d'IndonĂ©sie.

L'agriculture moderne, quant Ă  elle, fait un usage intensif de pesticides et de dĂ©sherbants, dont l'innocuitĂ© sur la qualitĂ© des sols ne fait pas l'unanimitĂ©[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Concernant l'industrialisation, elle pose essentiellement problÚme du fait de son usage intensif d'énergies fossiles, qui par leur combustion dégagent des gaz dits à effet de serre, risquant ainsi de contribuer au réchauffement climatique.

Place dans le monde vivant

Classification biologique

Les espĂšces actuellement les plus proches de l'humain sont les deux espĂšces de chimpanzĂ© : Pan troglodytes (le chimpanzĂ© commun) et Pan paniscus (le bonobo). Dans leur proximitĂ© phylogĂ©nĂ©tique Ă  l’homme viennent ensuite le gorille et l'orang-outan. Le gĂ©nome des humains ne diffĂšre que de 0,27 % de celui des chimpanzĂ©s, et de 0,65 % de celui des gorilles. Ces chiffres conduisent Ă  estimer que notre lignĂ©e s'est sĂ©parĂ©e de celle des chimpanzĂ©s il y a environ cinq millions d'annĂ©es, et des gorilles il y a environ sept millions d'annĂ©es.

La dĂ©marche phylogĂ©nĂ©tique part de l'idĂ©e que la vie Ă©volue des formes les plus simples aux plus organisĂ©es, avec acquisition de plus en plus de caractĂ©ristiques nouvelles, mĂȘme si des pertes secondaires de caractĂšres peuvent se produire au sein des lignĂ©es. Ainsi, l'espĂšce humaine fait partie, comme toute autre espĂšce du vivant, de plusieurs groupes emboĂźtĂ©s dont chacun est caractĂ©risĂ© par un caractĂšre nouveau, qui se rajoute Ă  ceux dĂ©jĂ  accumulĂ©s. Notre espĂšce est classĂ©e dans :

Dans le groupe des primates, Homo sapiens fait partie[48] des :

Parmi toutes les espĂšces citĂ©es ci-dessus, aucune n'est « infĂ©rieure Â» Ă  aucune autre. Seuls les degrĂ©s de parentĂ© diffĂšrent, en allant des espĂšces les plus Ă©loignĂ©es jusqu'aux espĂšces les plus proches de nous.

Préjugé anthropocentrique

On entend souvent : « l'homme descend du singe Â». Cette phrase est en fait fausse : l'humain partage avec les singes actuels des ancĂȘtres communs, qu'on ne connaĂźt pas encore. L’Homo sapiens serait en fait l'espĂšce actuelle la plus proche des chimpanzĂ©s, et inversement. Donc, parmi toutes les espĂšces vivantes actuelles, il n'existe aucun ancĂȘtre, mais simplement des espĂšces qui sont plus ou moins apparentĂ©es entre elles. Du point vue scientifique, les humains ne sont pas « plus Ă©voluĂ©s Â» que les chimpanzĂ©s. Ils ne sont pas « supĂ©rieurs Â» aux autres ĂȘtres vivants, ni aux singes, ni aux bactĂ©ries ; chaque espĂšce est adaptĂ©e Ă  son milieu. Parler en termes de supĂ©rioritĂ© d’une espĂšce relĂšve de jugements de valeur.

Selon Jean-Marie Schaeffer[49], on a longtemps estimĂ©, en sociologie et en philosophie, que l'espĂšce humaine Ă©tait Ă  part dans le monde vivant. Dans son ouvrage La fin de l'exception humaine, il estime que l'espĂšce humaine doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e de la mĂȘme maniĂšre que les autres espĂšces « pour apprĂ©hender la complexitĂ© de notre psychisme et de nos relations sociales Â».

Le propre de l'homme ?

Article dĂ©taillĂ© : HumanitĂ©.
Rembrandt, La leçon d'anatomie du professeur Tulp ou la diversité des émotions de l'homme

La notion du propre de l'homme relÚve à la fois de la philosophie et de la science, notamment la paléoanthropologie et la sociobiologie, et a une grande importance religieuse.

Les plus anciennes traces de rĂ©flexion sur la spĂ©cificitĂ© de l'homme remontent Ă  l'AntiquitĂ©. Par la suite, Ă  de nombreuses reprises, les scientifiques et les penseurs ont tentĂ© de dĂ©finir le propre de l'homme par des caractĂ©ristiques anthropocentriques aujourd'hui dĂ©passĂ©es[50] :

«  Ainsi, mĂȘme dans le cadre des thĂ©ories modernes de l'Ă©volution, qu'on appelle nĂ©odarwinisme ou thĂ©orie synthĂ©tique de l'Ă©volution - terme inventĂ© pas Julian Huxley - et qui domine la pensĂ©e Ă©volutionniste entre 1947 et 1977, les Ă©volutionnistes s'efforcent de rĂ©server une place Ă  part Ă  l'homme, Ă©tant entendu que si son corps Ă  Ă©voluĂ©, il reste que ce qui fait l'humain Ă©chappe aux lois de l'Ă©volution[51]. Â»

Durant les dĂ©veloppements de la science moderne, les « spĂ©cificitĂ©s Â» avancĂ©es comme Ă©tant propres Ă  l'homme ont tour Ă  tour Ă©tĂ© remise en question. Ainsi, il fut avancĂ© que le propre de l'homme Ă©tait l'usage de l'outil, et il fut aussi question de la culture, qui semblait seulement exister chez notre espĂšce animale. Toutefois, les dĂ©couvertes rĂ©centes montrent que les grands singes manient eux aussi des outils, et sont capables de transmettre des Ă©lĂ©ments de culture. Le caractĂšre bipĂšde exclusif de l'homme est lui aussi remis en question : la bipĂ©die aurait pu prĂ©exister parmi l'ancĂȘtre commun des hominoĂŻdes, dans ce cas ce n'est pas la lignĂ©e humaine qui aurait acquis la bipĂ©die, mais ce seraient les lignĂ©es existantes de grands singes qui l'auraient perdue. Le rire a lui aussi Ă©tĂ© souvent prĂ©sentĂ© comme Ă©tant le propre de l'Homme mais de nombreuses recherches le montrent comme appartenant Ă©galement aux grands singes et mĂȘme aux rats[52].

Du point de vue de la biologie, cette question peut sembler peu pertinente si l'on prend l'angle d'approche de la sociobiologie : elle est « Ă©vidente Â» par sa prĂ©sence. Par contre, la palĂ©oanthropologie apporte une rĂ©ponse intĂ©ressante Ă  la question, tout en se concentrant sur les aspects biologiques de l’Homo sapiens. Une citation de Pascal Picq rĂ©sume cette position scientifique :

«  L'humain est bien une invention des hommes, qui repose sur notre hĂ©ritage Ă©volutif partagĂ©, mais n'est pas une Ă©vidence pour autant. Homo sapiens n'est pas humain de fait.[53] Â»

Selon Rolf SchĂ€ppi[9], les caractĂ©ristiques distinguant l'homme des autres primates sont Ă  chercher chez la femme. La femelle humaine prĂ©sente en effet diverses caractĂ©ristiques anatomiques tout Ă  fait exceptionnelles : forme Ă©troite du bassin, existence d'une mĂ©nopause, nombreux caractĂšres sexuels secondaires, en particulier une chevelure dĂ©mesurĂ©ment longue, pilositĂ© particuliĂšrement tĂ©nue, faible pigmentation relative de la peau par rapport aux hommes, etc.

Caractéristiques physiques

L'Ă©volution vers Homo sapiens se caractĂ©rise par les Ă©lĂ©ments suivants :

  • expansion de la boĂźte crĂąnienne et du volume du cerveau, en moyenne 1 400 cm3 (plus de deux fois celui des chimpanzĂ©s ou des gorilles). Pour certains anthropologues, la modification de la structure du cerveau est plus importante encore que l'augmentation de sa taille ;
  • diminution de la taille des canines ;
  • locomotion bipĂšde, marche ; toutefois pour certains anthropologues, l'aptitude Ă  courir est plus importante que l'aptitude Ă  marcher.
  • descente du larynx, ce qui permet le langage articulĂ©.

Les liens entre ces Ă©lĂ©ments, leur valeur adaptative, et leur rĂŽle dans l'organisation sociale est sujet Ă  dĂ©bat parmi les anthropologues. La taille moyenne des hommes, aujourd'hui[Quand ?], en France, est de 1,75 m, et celle des femmes de 1,62 m, pour des masses respectives moyennes de 75 et 61 kg. Les donnĂ©es individuelles sont trĂšs variables autour de ces moyennes, avec une forte influence de facteurs environnementaux, des comportements et des rĂ©gimes nutritionnels. Les moyennes elles-mĂȘmes varient beaucoup selon les populations et les Ă©poques.

 v Â· d Â· m  Formule dentaire
mùchoire supérieure
3 2 1 2 2 1 2 3
3 2 1 2 2 1 2 3
mùchoire inférieure
Total: 32
Dentition permanente humaine


Les jeunes naissent avec une masse autour de 3 kg, et une taille d'environ 50 Ă  60 cm, aprĂšs une gestation de neuf mois. Totalement dĂ©pendants Ă  la naissance, leur croissance dure plusieurs annĂ©es. La maturitĂ© sexuelle survient entre 12 et 15 ans. La croissance des garçons continue souvent jusque vers 18 ans (la croissance se termine vers 21-25 ans avec la solidification de la clavicule). L'espĂ©rance de vie est trĂšs dĂ©pendante des conditions matĂ©rielles et de la disponibilitĂ© de soins mĂ©dicaux. L'espĂ©rance de vie se situe aujourd'hui autour de 75 ans dans les pays les plus riches, et est infĂ©rieure Ă  40 ans dans les plus pauvres. Des cas isolĂ©s de longĂ©vitĂ© approchent 120 ans, et la personne ayant vĂ©cu le plus longtemps sans doute possible sur son Ăąge est la française Jeanne Calment, qui a vĂ©cu plus de 122 ans.

L'ĂȘtre humain possĂšde 23 paires de chromosomes (contre 32 pour le cheval).



Droit

En droit international

Le jeudi 30 mars 2006 s’est tenu Ă  l’UNESCO un colloque ayant pour thĂšme « L’espĂšce humaine peut-elle se domestiquer elle-mĂȘme ? Â». Le directeur gĂ©nĂ©ral de l’UNESCO, Monsieur Matsuura, avait alors exposĂ© les deux enjeux de cette question : l’enjeu scientifique, mais Ă©galement l’enjeu Ă©thique, et exposa ainsi la problĂ©matique : « Pour la premiĂšre fois de son histoire, l’humanitĂ© va donc devoir prendre des dĂ©cisions politiques, de nature normative et lĂ©gislative, au sujet de notre espĂšce et de son avenir. Elle ne pourra le faire sans Ă©laborer les principes d’une Ă©thique, qui doit devenir l’affaire de tous. Car les sciences et les techniques ne sont pas par elles-mĂȘmes porteuses de solutions aux questions qu’elles suscitent. Face aux dĂ©rives Ă©ventuelles d’une pseudoscience, nous devons rĂ©affirmer le principe de dignitĂ© humaine. Il nous permet de poser l’exigence de non-instrumentalisation de l’ĂȘtre humain Â». L’espĂšce humaine ainsi apprĂ©hendĂ©e dans sa vulnĂ©rabilitĂ© gĂ©nĂ©tique pose la question de son statut juridique : est-elle un sujet de droit ? Est-elle protĂ©gĂ©e en elle-mĂȘme ? Comment est-elle protĂ©gĂ©e ?

Paradoxalement, alors que les confĂ©rences insistent de plus en plus sur l’espĂšce humaine et sur son devenir, les textes internationaux ne protĂšgent pas pour le moment l’espĂšce humaine par un dispositif qui lui serait expressĂ©ment rattachĂ©.

Les quelques rares textes qui font mention de l’espĂšce humaine le font dans leur prĂ©ambule, au titre de fondement gĂ©nĂ©ral aux dispositions du corps du texte, qui ne vise donc pas directement Ă  protĂ©ger l’espĂšce humaine elle-mĂȘme ; ainsi peut-on lire dans le prĂ©ambule de la DĂ©claration sur la race et les prĂ©jugĂ©s raciaux adoptĂ©e par acclamation le 27 novembre 1978 Ă  la vingtiĂšme session de la confĂ©rence gĂ©nĂ©rale de l’Organisation des Nations unies pour l'Ă©ducation, la science et la culture Ă  Paris pour fonder la non-hiĂ©rarchisation de ses membres : alinĂ©a 5 : « PersuadĂ©e que l’unitĂ© intrinsĂšque de l’espĂšce humaine et, par consĂ©quent, l’égalitĂ© fonciĂšre de tous les ĂȘtres humains et de tous les peuples, reconnue par les expressions les plus Ă©levĂ©es de la philosophie, de la morale et de la religion, reflĂšte un idĂ©al vers lequel convergent aujourd’hui l’éthique et la science, Â». Il ne faut ici pas confondre la protection de l’espĂšce humaine en tant que telle, et l’interdiction de la hiĂ©rarchisation de ses membres qui est prĂ©cisĂ©ment l’objet des dispositions de la DĂ©claration.

La Convention pour la protection des Droits de l’homme et de la dignitĂ© de l’ĂȘtre humain Ă  l’égard des applications de la biologie et de la mĂ©decine: Convention sur les Droits de l’homme et la biomĂ©decine Ă©laborĂ©e au sein du Conseil de l’Europe, convention dite d’Oviedo du 4 avril 1997, fait Ă©galement rĂ©fĂ©rence Ă  l’espĂšce humaine dans l’alinĂ©a 10 de son prĂ©ambule : « Convaincus de la nĂ©cessitĂ© de respecter l’ĂȘtre humain Ă  la fois comme individu et dans son appartenance Ă  l’espĂšce humaine et reconnaissant l’importance d’assurer sa dignitĂ©; Â». L’espĂšce humaine est de premier abord prĂ©sentĂ©e de nouveau comme attribut d’un sujet de droit pour fonder la protection de celui-ci ; toutefois, la problĂ©matique du Directeur GĂ©nĂ©ral de l’UNESCO trouve dans le corps de la convention une rĂ©sonance au sein de l’article 13 de la convention, intitulĂ© « Interventions sur le gĂ©nome humain Â» situĂ© sous le Chapitre IV relatif au « GĂ©nome humain Â». En effet, cet article Ă©nonce qu’ « Une intervention ayant pour objet de modifier le gĂ©nome humain ne peut ĂȘtre entreprise que pour des raisons prĂ©ventives, diagnostiques ou thĂ©rapeutiques et seulement si elle n’a pas pour but d’introduire une modification dans le gĂ©nome de la descendance. Â» Ce texte se prĂ©occupe explicitement, non pas seulement de la dĂ©finition gĂ©nĂ©tique de l’individu lui-mĂȘme, mais Ă©galement de sa descendance Ă  travers son patrimoine gĂ©nĂ©tique, et, par lĂ  mĂȘme, de l’espĂšce. La protection ainsi Ă©laborĂ©e n’est cependant pas absolue. En effet, le texte ne retient la modification du gĂ©nome de la descendance comme illicite que dans la mesure oĂč cette modification n’est pas le but poursuivi ; a contrario, si le gĂ©nome de la descendance n’est pas la motivation directe de la modification du gĂ©nome, cette modification est licite dans les cas gouvernĂ©s par « des raisons prĂ©ventives, diagnostiques ou thĂ©rapeutiques Â» relatives Ă  la personne subissant l’intervention.

La procĂ©dure se dĂ©compose traditionnellement en une Signature par un plĂ©nipotentiaire (Chef d’État, Ministre des affaires Ă©trangĂšres
) et une Ratification, qui consiste en une confirmation de cette signature, par l’organe compĂ©tent propre Ă  chaque État, qui lie ainsi, de façon effective, l’État au TraitĂ©. Ainsi, une convention internationale n’a thĂ©oriquement valeur de droit positif que si, aprĂšs avoir Ă©tĂ© signĂ©e, elle a Ă©tĂ© ratifiĂ©e (en droit français la ratification est le fait du PrĂ©sident de la RĂ©publique, conformĂ©ment Ă  l’article 52 de la Constitution, aprĂšs autorisation du Parlement selon les cas Ă©numĂ©rĂ©s Ă  l’article 53 de la Constitution). La portĂ©e de cette protection est donc trĂšs relative.

La valeur juridique de ces traitĂ©s dĂ©pend de la comprĂ©hension propre Ă  chaque systĂšme juridique de ce qui constitue une atteinte Ă  l’espĂšce humaine. La France a adoptĂ© rĂ©cemment une des premiĂšres lĂ©gislations spĂ©cifiques visant explicitement Ă  protĂ©ger l’espĂšce humaine.

En droit français

La loi du 29 juillet 1994 relative au corps humain (une des lois dites bioĂ©thiques) a introduit, dans le droit français, la disposition selon laquelle « Nul ne peut porter atteinte Ă  l’intĂ©gritĂ© de l’espĂšce humaine Â» (article 16-4 1er alinĂ©a Code civil français). Cette disposition figure parmi les principes gĂ©nĂ©raux devant gouverner les recherches scientifiques et les pratiques mĂ©dicales (articles 16 Ă  16-9 c.civ.). D’importants dĂ©bats existent sur la portĂ©e et la signification pratique Ă  donner Ă  cette interdiction : en effet, les alinĂ©as subsĂ©quents de l’article 16-4 Ă©noncent les interdictions de l’eugĂ©nisme, du clonage reproductif (cette interdiction a Ă©tĂ© introduite par la loi bioĂ©thique du 7 aoĂ»t 2004), et de la modification des « caractĂšres gĂ©nĂ©tiques dans le but de modifier la descendance de la personne Â». Ainsi, le premier alinĂ©a doit-il ĂȘtre interprĂ©tĂ© indĂ©pendamment des autres, ce qui reviendrait Ă  distinguer l’interdiction de porter atteinte Ă  l’intĂ©gritĂ© de l’espĂšce humaine, l’interdiction des pratiques eugĂ©niques et l’interdiction du clonage, auquel cas le premier alinĂ©a demeure Ă©nigmatique ? Ou ce premier alinĂ©a doit-il ĂȘtre interprĂ©tĂ© Ă  la lumiĂšre des alinĂ©as subsĂ©quents, auquel cas l’intĂ©gritĂ© de l’espĂšce humaine serait atteinte par la rĂ©alisation d’actes d’eugĂ©nisme ou de clonage ?

Une rĂ©ponse semble pouvoir exceptionnellement ĂȘtre recherchĂ©e dans la traduction pĂ©nale de ces interdictions : en effet, ce sont les mĂȘmes textes qui figurent dans le Code civil français et dans le Code pĂ©nal, textes qui ont Ă©tĂ©, de surcroĂźt, introduits par les mĂȘmes lois. ProtĂ©gĂ©e pĂ©nalement depuis 1994 Ă  l’article 511-1 du Code pĂ©nal, dans le livre qui protĂ©geait les animaux des sĂ©vices graves (le Livre V du Code pĂ©nal), l’espĂšce humaine a reçu par la loi bioĂ©thique du 7 aoĂ»t 2004 une protection renforcĂ©e, les dispositions la protĂ©geant ayant Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es en partie dans le livre II, lui faisant partager Ă  prĂ©sent l’intitulĂ© du Titre I qui rĂ©primait les crimes contre l'humanitĂ©, soit : « Des crimes contre l’humanitĂ© et contre l’espĂšce humaine Â», et lui consacrant le Sous-titre II intitulĂ© « Des crimes contre l’espĂšce humaine Â» regroupant les articles 214-1 et suivant.

L’enjeu de ces dispositions est de prĂ©server les spĂ©cificitĂ©s biologiques de l’espĂšce humaine que sont toutes ses caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques :

  • par la rĂ©pression des « pratiques eugĂ©niques tendant Ă  l’organisation de la sĂ©lection des personnes Â» (article 214-1 Code PĂ©nal). De plus le Conseil d’État, dans son rapport du 25 novembre 1999 Lois bioĂ©thiques : cinq ans aprĂšs, prĂ©cisa qu’il fallait entendre dans cette dĂ©finition le caractĂšre systĂ©matique de la sĂ©lection afin de ne pas assimiler les pratiques de procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e aux pratiques eugĂ©niques : leur caractĂšre non systĂ©matique est apprĂ©ciĂ© par l’exigence de « choix propres [, par nature contingent,] Ă  des couples confrontĂ©s Ă  l’annonce d’une maladie d’une particuliĂšre gravitĂ© Â». La pertinence de ce critĂšre est critiquĂ©e par la doctrine qui propose comme autre critĂšre de distinction : le cadre thĂ©rapeutique ; ou encore, sur la distinction kantienne selon laquelle il faut considĂ©rer l’homme non comme un moyen mais comme une fin, distinguer la sĂ©lection motivĂ©e par le sentiment d’empathie envers l’ĂȘtre Ă  naĂźtre atteint d’une « maladie d’une particuliĂšre gravitĂ© reconnue comme incurable aux moment du diagnostic Â» (articles 2131-1, 2131-4, 2131-4-1, 2141-2 Code de la SantĂ© publique), de la sĂ©lection motivĂ©e par un sentiment utilitariste de cet ĂȘtre perçu comme devant permettre l’amĂ©lioration de l’espĂšce humaine.
  • par la rĂ©pression du clonage reproductif (article 214-2 Code pĂ©nal), comme portant atteinte au caractĂšre sexuĂ© de la reproduction humaine (consistant en la rencontre de gamĂštes de patrimoine gĂ©nĂ©tique diffĂ©rent), et portant atteinte, Ă  grande Ă©chelle, Ă  la diversitĂ© biologique de l’espĂšce humaine (qui est un de ses facteurs d’adaptation). Le clonage thĂ©rapeutique, consistant en la crĂ©ation d’un embryon humain Ă  partir de cellules d’une personne malade, destinĂ© Ă  fournir des cellules souches prĂ©levĂ©es puis cultivĂ©es pour fournir un tissu ou un organe gĂ©nĂ©tiquement compatible avec le patient, ou implantĂ©es dans le corps de celui-ci pour que son organisme reconstitue des cellules dĂ©faillantes, n’est pas rĂ©primĂ© au titre de la protection de l’espĂšce humaine, mais au titre de la protection de l’embryon dans le Livre V du Code pĂ©nal(art. 511-17 et 511-18 Code pĂ©nal). Par ailleurs l’infraction de clonage thĂ©rapeutique est un dĂ©lit (puni d’un maximum de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 â‚Ź d’amende), alors que l’infraction de clonage reproductif est un crime (puni, tout comme le crime d’eugĂ©nisme, d’un maximum de 30 ans de rĂ©clusion criminelle et de 7 500 000 € d’amende). Cette diffĂ©rence de traitement est toutefois elle aussi critiquĂ©e dans la mesure oĂč d’un point de vue anthropologique, toujours selon la distinction kantienne, le clonage thĂ©rapeutique dĂ©classe la perception de la vie humaine au rang de mĂ©dicament (Ă  ne pas confondre avec le bĂ©bĂ©-mĂ©dicament qui consiste, pour un couple ayant un enfant malade et dĂ©sirant avoir un deuxiĂšme enfant, Ă  saisir l’opportunitĂ© que peut offrir la compatibilitĂ© gĂ©nĂ©tique des cellules du petit frĂšre pour sauver l’aĂźnĂ©, par le prĂ©lĂšvement de cellules sur le cordon ombilical, le don de sang ou encore de moelle Ă©piniĂšre, ce qui n’entrave nullement l’accĂšs sain Ă  la vie de cet enfant), donc de moyen, ce qui peut apparaĂźtre au moins aussi grave que le clonage reproductif (argument anthropologique proposĂ© par Mme Marie-AngĂšle Hermitte, Directeur d’étude Ă  l’École des hautes Ă©tudes en sciences sociales); toutefois, d’autres auteurs justifient cette diffĂ©rence par le caractĂšre d’utilitĂ© publique, d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral (pour les personnes nĂ©es atteintes aujourd’hui et demain d’une maladie grave et incurable), que peut revĂȘtir la motivation de procĂ©der Ă  de telles recherches, contre le clonage reproductif motivĂ© par le seul intĂ©rĂȘt Ă©goĂŻste des couples d’avoir un enfant (MikaĂ«l Benillouche, MaĂźtre de confĂ©rence Ă  la facultĂ© de droit de l’universitĂ© de Picardie).

Les crimes contre l’espĂšce humaine peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme le deuxiĂšme ensemble d’infractions les plus graves du systĂšme juridique français, aprĂšs les crimes contre l'humanitĂ©, apparaissant en deuxiĂšme position (aprĂšs les crimes prĂ©citĂ©s) dans l’énonciation des infractions dans le Code pĂ©nal, et l’action publique se prescrivant, par exception au droit commun (10 ans pour les crimes), par un dĂ©lai de 30 ans (ce dĂ©lai ne commençant par ailleurs Ă  courir qu’à la majoritĂ© de l’enfant qui serait nĂ© du clonage), l’action publique relative aux crimes contre l’humanitĂ© Ă©tant, quant Ă  elle, imprescriptible. On peut, par ailleurs, voir dans les crimes contre l’espĂšce humaine le complĂ©ment de la protection de l’homme initiĂ© par les crimes contre l’humanitĂ©, ces derniers protĂ©geant l’homme dans sa dimension mĂ©taphysique : le respect de son humanitĂ© et de sa dignitĂ©, et les crimes contre l’espĂšce humaine protĂ©geant l’homme dans sa dimension matĂ©rielle : sa dĂ©finition gĂ©nĂ©tique et sa spĂ©cificitĂ© biologique.

Notes et références

  1. ↑ Selon la classification classique, rĂ©fĂ©rences :
  2. ↑ les autres espĂšces, une quinzaine en l’état actuel des connaissances palĂ©oanthropologiques, Ă©tant Ă©teintes.
  3. ↑ parfois appelĂ©s grands singes
  4. ↑ a , b , c , d , e , f , g , h , i , j  et k  Desmond Morris, le singe nu
  5. ↑ Selon Rolf SchĂ€ppi, il faudrait ajouter Ă  ces critĂšres, l’existence d’une mĂ©nopause chez la femelle, ainsi que le caractĂšre indĂ©celable de l’Ɠstrus chez cette derniĂšre. Rolf SchĂ€ppi,"la femme est le propre de l'homme"
  6. ↑ voir Extinction de l'HolocĂšne, rĂ©chauffement climatique, dĂ©forestation, pollution, surpĂȘche.
  7. ↑ Dictionnaire Ă©tymologique et historique du français, Larousse.
  8. ↑ Les droits de l'homme, par exemple, sont dĂ©nommĂ©s ainsi dans de nombreux pays francophones, mais, au QuĂ©bec, on parle plutĂŽt de « droits de la personne Â».
  9. ↑ a , b , c , d , e , f  et g  Rolf SchĂ€ppi, la femme est le propre de l’homme (ISBN 978-2-7381-1116-6)
  10. ↑ En Afrique par exemple les albinos sont sujets Ă  des cancers de la peau de maniĂšre plus frĂ©quente qu eles individus "normaux"albinos sans frontiĂšre
  11. ↑ Le phĂ©nomĂšne de perte de l’élasticitĂ© de la peau peut ĂȘtre observĂ© par le test consistant Ă  pincer et Ă  tirer lĂ©gĂšrement la peau du dessus de la main, et Ă  constater combien de temps elle met pour reprendre son aspect normal une fois relĂąchĂ©e. L’écart entre un sujet jeune et un sujet ĂągĂ© est d’environ une seconde.
  12. ↑ l’usage de vĂȘtements ou de peaux d’animaux pour dissimuler les parties gĂ©nitales est trĂšs ancien. Il est discutĂ© longuement dans "le singe nu"
  13. ↑ Voir section "principales caractĂ©ristiques" de l'article hominidĂ©s
  14. ↑ L'article Langage humain distingue la langue et le langage de la façon suivante : "Le langage est la facultĂ© de mettre en Ɠuvre un systĂšme de signes linguistiques (qui constituent la langue)[...]"
  15. ↑ le rire existerait nĂ©anmoins sous une forme moins accentuĂ©e chez d’autres primates, et mĂȘme chez les rats (cf. rire)
  16. ↑ Ă  l'exception peut-ĂȘtre du chimpanzĂ©[rĂ©f. nĂ©cessaire]
  17. ↑ le sourire Ă©tant dans certaines cultures un Ă©lĂ©ment de salutation requis par la politesse. Voir : SociĂ©tĂ©, Politesse
  18. ↑ Voir les articles SociĂ©tĂ©, Économie et Politique
  19. ↑ Les ossements Homo Erectus sont les plus anciens restes d'hominines dĂ©couverts en dehors du continent africain
  20. ↑ À titre indicatif, l'actuel record du monde de l'Ă©preuve fĂ©minine du 100 mĂštres, est de 10s49, contre 9s58 pour l'Ă©preuve masculine.
  21. ↑ l'aptitude Ă  distinguer un fruit rouge sur un fond de vĂ©gĂ©tation verte est en effet indispensable pour un animal frugivore.
  22. ↑ CNRS
  23. ↑ Ses seuls rivaux dans ce domaine sont certains cĂ©tacĂ©s
  24. ↑ Ă©poque ayant vu l’élaboration de l’électrodynamique quantique (voir note suivante)
  25. ↑ Selon le prix Nobel de physique Richard Feynman, ces deux domaines sont les seuls qui ne sont pas couverts par l’Électrodynamique quantique (Richard Feynman, "LumiĂšre & matiĂšre : une Ă©trange histoire")
  26. ↑ Il est possible Ă  ce propos que cette connaissance soit achevĂ©e prochainement grĂące Ă  la dĂ©marche expĂ©rimentale entreprise rĂ©cemment avec le LHC
  27. ↑ Pr. Doreen Kimura,Cerveau d’homme, cerveau de femme ?, Paris: Éditions Odile Jacob, 2001
  28. ↑ Pr. Doreen Kimura, Sex and Cognition, (ISBN 0-262-61164-3).
  29. ↑ la fĂ©conditĂ© diminue bien sĂ»r avec l'Ăąge chez les autres femelles primates, mais cela ne se produit pas de façon soudaine, ni avec les symptomes caractĂ©ristiques secondaires que l'on peut observer chez la femme (bouffĂ©es de chaleurs, sĂ©cheresse vaginale et cutanĂ©e, etc.). Voir Rolf SchĂ€ppi, "la femme est le propre de l'homme", et HypothĂšse de la grand-mĂšre
  30. ↑ voir : HypothĂšse de la grand-mĂšre
  31. ↑ a  et b  Gangestad S.W., R. Thornhill (2008), Human oestrus, Proc. Roy. Soc. B., 275, 991-1000, doi : 10.1098/rspb.2007.1425
  32. ↑ D'aucuns diront qu'elles font partie des "excùs des sociobiologistes"
  33. ↑ On considĂšrera Ă  ce propos les faits suivants. Tout d'abord, les seins des femmes ont tendance, avec l'Ăąge et surtout aprĂšs la mĂ©nopause, Ă  tomber et Ă  s'aplatir, prenant alors un aspect bien plus proche des mamelles des autres primates. Ensuite, toujours avec l'Ăąge, les lĂšvres ont tendance Ă  s'amincir et Ă  perdre leur aspect charnu et leur couleur rosĂ©e, jusqu'Ă  elles-aussi prendre un aspect simiesque. Il n'est d'ailleurs pas rare d'entendre la rĂ©flexion selon laquelle les personnes ĂągĂ©es ressemblent Ă  des singes. Pour la femme en tout cas, avec l'Ăąge les seins et les lĂšvres perdent incontestablement leur ressemblance avec les fesses et la vulve.
  34. ↑ Ce conflit Ă©volutif entre deux des principales caractĂ©ristiques de l'espĂšce humaine, est discutĂ© dans le singe nu
  35. ↑ Geoffrey Miller, The mating mind (ISBN 0-099-28824-9)
  36. ↑ Philippe Gouillon, Pourquoi les femmes des riches sont belles ? (ISBN 2801113360)
  37. ↑ Boyd et Silk, L'aventure humaine, de la molĂ©cule Ă  la culture, De Boeck 2004, partie 4, chapitre 18; ISBN 2 8041 4333 3
  38. ↑ http://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_neanderthalensis#La_naissance_de_l.27art
  39. ↑ La grotte Chauvet : Extraits de INORA Lettre Internationale d'Information sur l'Art Rupestre - no 29 - 2001 sur http://www.culture.gouv.fr/ MinistĂšre de la culture et de la communication (France). ConsultĂ© le 14 novembre 2007. Note : pour accĂ©der Ă  l'information, cliquez sur « La recherche Â» puis « rĂ©sultats Â» puis « INORA no 29 Â» (en haut Ă  droite).
  40. ↑ Voir Population humaine, Transition dĂ©mographique
  41. ↑ Études consistant en des comparaisons de l'ADN mitochondrial et du chromosome Y entre diffĂ©rentes populations humaines actuelles. (cf. Ève mitochondriale)
  42. ↑ Par exemple le fossile de l'homme de FlorĂšs n'a pu ĂȘtre attribuĂ© Ă  Homo sapiens en raison d'un volume cĂ©rĂ©bral de seulement 400 cm3.
  43. ↑ Les ĂȘtres humains actuels appartiennent Ă  cette seule espĂšce, et sa subdivision en races est considĂ©rĂ©e comme non pertinente d'un point de vue biologique.
  44. ↑ Note : les lacunes au niveau des fossiles concernent surtout la lignĂ©e Ă©volutive qui mena aux chimpanzĂ©s
  45. ↑ publiĂ©s dans la revue Nature no 441, p. 1103 s. ; (en)Nature, 17 mai 2006 [pdf]
  46. ↑ M. Benett et al., Science, vol 323, p 1197, 2009
  47. ↑ Estimation de la population mondiale par le Bureau de recensement des États-Unis. ConsultĂ© le 21 septembre 2009
  48. ↑ Classification phylogĂ©nĂ©tique de Guillaume Lecointre et HervĂ© Le Guyader, Belin
  49. ↑ Le Point, 4/12/2008
  50. ↑ ERRE M., PICQ P., VINCENT J-D. (2003) Qu’est-ce que l’Humain ?, Ă©d. Le Pommier et le CollĂšge de la CitĂ© des sciences, (ISBN 2746501309)
  51. ↑ P. Picq, L'humain Ă  l'aube de l'humanitĂ© p. 41 dans Qu'est ce que l'humain ?.
  52. ↑ Sources : BBC News le 1 mai 1998, ABC News le 31 mars 2005, National Geographic le 31 mars 2005.)
  53. ↑ P. Picq, L'humain Ă  l'aube de l'humanitĂ© p. 64 dans Qu'est ce que l'humain ?

14 ↑ Site web du GIEC : section Qui sommes-nous? [archive]

Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie

  • Desmond Morris, Le Singe nu, Ă©ditions du livre de poche, 1971.
  • Rolf SchĂ€ppi, La femme est le propre de l’homme, Odile Jacob, 2002.
  • Richard Dawkins, Le GĂšne Ă©goĂŻste, Odile Jacob, 2003.
  • Richard Dawkins, Le phĂ©notype Ă©tendu.
  • Boyd et Silk, L'aventure humaine, de la molĂ©cule Ă  la culture, De Boeck, 2004, partie 1, chapitre 3, pages 68–72. (ISBN 2-8041-4333-3).
  • Gerhard Bosinski, Homo sapiens, l’histoire des chasseurs du palĂ©olithique supĂ©rieur en Europe (40000-10000 av. J.-C.), Paris, Éditions Errance, 1990, 281 p. .

Liens externes

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  • homo sapiens — лат. (Ń…ĐŸĐŒĐŸ ŃĐ°ĐżĐžŃĐœŃ) Â«Ń‡Đ”Đ»ĐŸĐČĐ”ĐșŃ€Đ°Đ·ŃƒĐŒĐœŃ‹Đč»; Ń‡Đ”Đ»ĐŸĐČĐ”Đș ĐșĐ°Đș Ń€Đ°Đ·ŃƒĐŒĐœĐŸĐ” ŃŃƒŃ‰Đ”ŃŃ‚ĐČĐŸ. ĐąĐŸĐ»ĐșĐŸĐČыĐč ŃĐ»ĐŸĐČарь ĐžĐœĐŸŃŃ‚Ń€Đ°ĐœĐœŃ‹Ń… ŃĐ»ĐŸĐČ Đ›. П. ĐšŃ€Ń‹ŃĐžĐœĐ°. М: РуссĐșĐžĐč ŃĐ·Ń‹Đș, 1998 
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