Alexandre Le Grand

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Alexandre Le Grand

Alexandre le Grand

Buste d’Alexandre, IIe ‑ Ier siĂšcle av. J.-C., British Museum

Alexandre le Grand (en grec ancien : áŒˆÎ»Î­ÎŸÎ±ÎœÎŽÏÎżÏ‚ ᜁ ÎœÎ­ÎłÎ±Ï‚ / AlĂ©xandros ho MĂ©gas ou ÎœÎ­ÎłÎ±Ï‚ áŒˆÎ»Î­ÎŸÎ±ÎœÎŽÏÎżÏ‚ / MĂ©gas AlĂ©xandros) ou Alexandre III de MacĂ©doine ( áŒˆÎ»Î­ÎŸÎ±ÎœÎŽÏÎżÏ‚ Γ' ᜁ ΜαÎșΔΎώΜ / AlĂ©xandros III ho Makedốn, áŒˆÎ»Î­ÎŸÎ±ÎœÎŽÏÎżÏ‚ signifiant en grec « protecteur[1] de l’homme Â») nĂ© le 21 juillet -356 Ă  Pella, mort le 13 juin -323 Ă  Babylone) est un roi de MacĂ©doine et l’un des personnages les plus cĂ©lĂšbres de l’AntiquitĂ©.

Fils de Philippe II, Ă©lĂšve d’Aristote et roi de MacĂ©doine depuis -336, il devient l’un des plus grands conquĂ©rants de l’histoire. Il fait de son petit royaume le maĂźtre de l’immense empire perse achĂ©mĂ©nide, s’avance jusqu’aux rives de l’Indus et fonde prĂšs de soixante-dix citĂ©s, dont la majoritĂ© porte le nom d`Alexandrie.

La notoriĂ©tĂ© d’Alexandre s’explique principalement par sa volontĂ© de conquĂȘte de l'ensemble du monde connu. Cette aspiration, Ă  la fois illusoire et pourtant presque rĂ©alisĂ©e, avant qu’il ne soit foudroyĂ© Ă  l’ñge de trente trois ans, a pour consĂ©quence — durant un temps trĂšs court — une unitĂ© politique jamais retrouvĂ©e ensuite entre l’Occident et l’Orient.

L’hĂ©ritage d’Alexandre, marquĂ© par une tentative de fusion des cultures grecque et orientale, est partagĂ© entre ses gĂ©nĂ©raux pour former les diffĂ©rents royaumes et dynasties de la pĂ©riode hellĂ©nistique.

Sommaire

Biographie

Naissance et filiation

DĂ©tail d’une mosaĂŻque qui montre Alexandre combattant un lion avec son ami CratĂšre.

Alexandre est nĂ© Ă  Pella, la capitale du royaume de MacĂ©doine, le 20 (?) ou le 21 juillet -356[2]. Il est le fils de Philippe II de MacĂ©doine et d’Olympias, princesse d’Épire, sa troisiĂšme femme. Par sa mĂšre, il est le neveu d’Alexandre le Molosse, roi d’Épire, territoire qui se situe de nos jours entre la rĂ©gion grecque d’Épire et le sud de l’actuelle Albanie. Sa mĂšre donne naissance, en -355 Ă  une fille ClĂ©opĂątre.

Une lĂ©gende, connue dĂšs l'AntiquitĂ©, affirme qu’Olympias n’a pas conçu Alexandre avec Philippe, qui avait peur d’elle et de son habitude de dormir en compagnie de serpents, mais avec Zeus. Alexandre se sert de ces contes populaires Ă  des fins politiques, faisant rĂ©fĂ©rence au dieu plutĂŽt qu’à Philippe quand il Ă©voque son pĂšre. Une autre lĂ©gende datant du IIIe siĂšcle, d’origine Ă©gyptienne celle-lĂ  et faussement attribuĂ©e Ă  CallisthĂšne, le Roman d’Alexandre, veut qu’Alexandre soit le fils du dernier pharaon Ă©gyptien de la XXXe dynastie, NectanĂ©bo II[3].

Par son pĂšre Philippe II, Alexandre prĂ©tend descendre de TĂ©mĂ©nos d’Argos, lui-mĂȘme descendant d’HĂ©raclĂšs, fils de Zeus — pour cette raison, la dynastie macĂ©donienne s’appelle dynastie des ArgĂ©ades ou des TĂ©mĂ©nides. Par sa mĂšre, Olympias, de la dynastie des Éacides, Alexandre affirme descendre de NĂ©optolĂšme, fils d’Achille[4].

Selon une affirmation du temps, rapportĂ©e entre autres par Plutarque, Alexandre naquit la nuit mĂȘme oĂč Érostrate incendie le temple d'ArtĂ©mis Ă  ÉphĂšse, une des sept merveilles du monde antique[5]. Alexandre utilise plus tard cette coĂŻncidence pour renforcer son aura politique, et propose de financer la restauration du temple, ce qui est cependant refusĂ© par les EphĂ©siens[6].

Plutarque indique Ă©galement que Philippe et Olympias ont rĂȘvĂ© de la future naissance de leur fils. AprĂšs avoir consultĂ© Aristandre de Telmessos qui dĂ©termina que Olympias Ă©tait enceinte et que l’enfant aurait le caractĂšre d’un lion[7]. Quant Ă  son physique, il semblerait qu'il eĂ»t les yeux vairons et, Ă  cause d'une blessure de guerre qui lui aurait sectionnĂ© un nerf, la tĂȘte toujours penchĂ©e du cĂŽtĂ© droit[8].

Enfance et Ă©ducation

Alexandre possĂšde, aux yeux des Grecs une double appartenance. Il est aussi un barbare car c’est un MacĂ©donien qui possĂšde un tempĂ©rament passionnĂ© et se laisse emporter par des colĂšres d’une terrible violence, hĂ©ritage attribuĂ© Ă  sa mĂšre, mais souvent suivies de prompts repentirs. Il est capable d’élans gĂ©nĂ©reux qui lui allient des fidĂ©litĂ©s sans failles. Ses convictions religieuses sont entachĂ©es de superstitions[9]. Cependant le trait de caractĂšre dominant du personnage est sans aucune contestation sa volontĂ© de fer, qui peut aller jusqu’à l’obstination et l’entĂȘtement.

Alexandre et Aristote.

ParallĂšlement, Alexandre est profondĂ©ment influencĂ© par la culture grecque. Il est vrai que, situĂ©e dans le nord de la GrĂšce actuelle, la MacĂ©doine est l’une des rĂ©gions pĂ©lagiques antiques. La langue parlĂ©e est alors l’un des nombreux dialectes grecs et, dĂšs l’époque du roi ArchĂ©laos (fin du -Ve siĂšcle ), la langue officielle de la cour et de la chancellerie macĂ©donienne devient l’ionien-attique. Philippe, qui a sĂ©journĂ© Ă  ThĂšbes dans la maison d’Épaminondas comme otage (entre -369 et -367)[10], le parle pour sa part couramment ainsi que son fils. Ce dernier selon Plutarque ne parle macĂ©donien que sous le coup d'une forte Ă©motion[11]..

AprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă©duquĂ© par LĂ©onidas[12], un parent de sa mĂšre Olympias et Lysimaque d'Acarnanie, Alexandre reçoit pour prĂ©cepteur le philosophe Aristote de -343 Ă  -340. Ce dernier est le fils de Nicomaque, mĂ©decin d’Amyntas III, le grand-pĂšre d’Alexandre. Il rĂ©dige une Ă©dition annotĂ©e de l'Iliade pour son Ă©lĂšve. Alexandre lit Ă©galement HĂ©rodote et XĂ©nophon, auteurs qu’il sait exploiter plus tard lors de ses conquĂȘtes. Alexandre se rĂ©vĂšle un Ă©tudiant douĂ©. Il connaĂźt par cƓur de nombreuses tragĂ©dies, l’Iliade[13], et possĂšde de nombreuses notions de mĂ©decine, d’histoire et de mathĂ©matiques[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Plusieurs compagnons d’enfance d’Alexandre, dont PtolĂ©mĂ©e, Philotas, HĂ©phaestion, se retrouvent Ă  ses cĂŽtĂ©s lors de la conquĂȘte de l’Asie.

La sĂ©duction du personnage tient sans doute Ă  ce mĂ©lange contradictoire : barbare et MacĂ©donien, mystique et rĂ©aliste, violent et gĂ©nĂ©reux, emportĂ© par son imagination et son rĂȘve et guidĂ© par sa luciditĂ©. Sa volontĂ© inflexible se double d’un rĂ©el opportunisme et d’un sens innĂ© de la mise en scĂšne.

Le roi de Macédoine

Un prince associé au pouvoir (-338 / -336)

« HermĂšs Azara Â» : pilier hermaĂŻque romain reprenant le portrait d’Alexandre le Grand par Lysippe, musĂ©e du Louvre

Bien que considĂ©rĂ© comme barbare par les AthĂ©niens, le royaume de MacĂ©doine a, sous le rĂšgne de Philippe, Ă©tendu son hĂ©gĂ©monie sur la GrĂšce classique. Il vainc AthĂšnes aux Thermopyles en -352, intervient dans un conflit entre ThĂšbes et les Phocidiens, triomphe d’une coalition d’AthĂšnes et de ThĂšbes Ă  la bataille de ChĂ©ronĂ©e, en -338. Alexandre y fait ses preuves en commandant la cavalerie et en taillant en piĂšces le Bataillon sacrĂ© des ThĂ©bains[14].

Philippe est Ă©galement l’initiateur de la ligue de Corinthe, rassemblant toutes les citĂ©s grecques, Ă  l’exception de Sparte, sous son commandement. La ligue doit porter la guerre contre l’Empire perse[15]. En -340, en l’absence de son pĂšre parti assiĂ©ger Byzance, Alexandre, Ă  seize ans, devint rĂ©gent de MacĂ©doine.

En -337 cependant, une violente dispute oppose le pĂšre et le fils quand Alexandre prend le parti de sa mĂšre Olympias Ă  laquelle Philippe souhaite imposer ClĂ©opĂątre, sƓur ou niĂšce d’un gĂ©nĂ©ral de Philippe, Attale[16], comme seconde Ă©pouse lĂ©gitime et dont il a bientĂŽt un fils. Alexandre doit se rĂ©fugier dans la famille de sa mĂšre en Épire. Cependant la brouille ne dure guĂšre et bientĂŽt pardonnĂ©, Alexandre sauve la vie de son pĂšre lors d’une expĂ©dition contre les Triballes[17].

L’élimination de tout rival potentiel (Ă©tĂ© -336)

Au cours de l’étĂ© -336, Philippe est assassinĂ© lors du mariage de sa fille ClĂ©opĂątre avec le roi d’Épire, Alexandre le Molosse, le frĂšre d’Olympias. L’assassin est un jeune noble, Pausanias d'Orestis, un ancien officier du roi qui garde une rancune contre Philippe, ce dernier ayant ignorĂ© une requĂȘte qu’il lui aurait faite. Les historiens de l’AntiquitĂ© ont parfois cru que le meurtre de Philippe avait Ă©tĂ© une machination impliquant Olympias et peut-ĂȘtre Alexandre mais Diodore de Sicile penche pour un motif personnel du meurtrier[18]. Peu d'historiens contemporains[19] considĂšrent qu'Alexandre est impliquĂ© dans le meurtre de son pĂšre alors que toute la conduite de Philippe montre qu'il entend en faire son successeur.

Une autre hypothĂšse met en cause Darius III, le nouveau roi de Perse. Plutarque mentionne une lettre virulente d’Alexandre Ă  Darius, oĂč le MacĂ©donien blĂąme Darius (et Bagoas, son grand vizir dont Darius III se dĂ©barrasse rapidement peu aprĂšs), pour le meurtre de son pĂšre, soutenant que c’est Darius qui s’était vantĂ© auprĂšs des diffĂ©rentes citĂ©s grecques de la façon dont il avait fait assassiner Philippe[20].

AprĂšs la mort de Philippe, l’armĂ©e proclame Alexandre, alors ĂągĂ© de vingt ans, nouveau roi de MacĂ©doine. Les villes grecques comme AthĂšnes et ThĂšbes, qui avaient prĂȘtĂ© allĂ©geance Ă  Philippe, ne sont pas si pressĂ©es de faire de mĂȘme vis-Ă -vis du jeune homme. Alexandre ordonne immĂ©diatement l’exĂ©cution de tous ses rivaux potentiels. Ainsi, pour ne pas avoir de concurrent au trĂŽne, il fait assassiner son cousin Amyntas IV, roi de MacĂ©doine vers -360 / -359 que Philippe II avait renversĂ© alors qu’il n’était qu’un enfant[21]. Quant Ă  Olympias, profitant d’une absence de son fils parti guerroyer au nord, elle fait tuer le fils de Philippe II et de ClĂ©opĂątre et contraint cette derniĂšre Ă  se pendre[rĂ©f. nĂ©cessaire]. L’oncle de cette derniĂšre, Attale, qui se trouve en campagne en Asie avec ParmĂ©nion, est Ă©galement assassinĂ©. Impossible de savoir si elle agit avec l’assentiment d’Alexandre ou non ; toujours est-il que le nouveau roi de MacĂ©doine n’a plus de rival capable de lui contester le trĂŽne.

Le royaume de Macédoine à la mort de Philippe II

La consolidation du pouvoir (fin -336 / printemps -334)

Alexandre n’est pas seulement roi des MacĂ©doniens, mais aussi, comme son pĂšre, archonte Ă  vie des Thessaliens et hĂ©gĂ©mon (áŒĄÎłÎ”ÎŒÏŽÎœ, « commandant en chef Â») et stratĂšge autoproclamĂ© de la Ligue de Corinthe. De fait, la politique de la Ligue est entiĂšrement dictĂ©e par les MacĂ©doniens Philippe puis Alexandre. Ce dernier entreprend une rapide tournĂ©e diplomatique en GrĂšce afin que le rĂ©seau diplomatique constituĂ© patiemment par son pĂšre ne se dĂ©lite pas. L’allĂ©geance thessalienne est renouvelĂ©e et la ligue de Corinthe (donc les AthĂ©niens) prĂȘte serment au nouvel hĂšgĂ©mĂŽn.

Vue grecques du monde Ă  la naissance d’Alexandre. HĂ©catĂ©e de Milet, Ve siĂšcle av. J.-C.

Cependant, avant de reprendre le projet de son pĂšre de porter la guerre en Asie, il assure la sĂ©curitĂ© de son royaume par deux expĂ©ditions au nord de la MacĂ©doine ; l’une jusqu’au Danube, l’autre en Illyrie rĂ©voltĂ©e (fin de l’annĂ©e -336 et dĂ©but de l’annĂ©e -335 jusqu’en Ă©tĂ©). Suivant Strabon et Arrien, des Ă©missaires celtes — les ancĂȘtres des Scordisques du milieu du -IIIe siĂšcle  â€” rencontrent Alexandre sur le Danube, Ă  cette occasion en -335. L’anecdote suivante est rapportĂ©e :

« Quand Alexandre eut vaincu les GĂštes et rasĂ© leur ville, sur le Danube, il lui vint des ambassades de tous cĂŽtĂ©s et entre autres des Gaulois, qui sont (dit-il) de grands hommes. Alexandre leur demanda alors ce qu’ils craignaient le plus au monde, en s’attendant Ă  ce que ces gens disent qu’ils ne craignaient rien plus que lui : mais il fut dĂ©trompĂ© car il avait affaire Ă  des gens qui ne s’estimaient pas moins que lui ; ils lui dirent que la chose de ce monde qu’ils craignaient le plus Ă©tait que le ciel ne tombĂąt sur eux, ce qui signifiait qu’ils ne craignaient rien. Â»

C'est alors, tandis que le nouveau roi de MacĂ©doine est occupĂ© au nord, que les citĂ©s grecques se rĂ©voltent. C'est le rĂ©sultat de la politique de Darius III Codoman qui, Ă  la fois par l'intermĂ©diaire d'un chef mercenaire grec, Memnon de Rhodes, reconquiert les territoires pris par ParmĂ©nion Ă  la fin du rĂšgne de Philippe, et tente en mĂȘme temps de susciter une rĂ©volte en GrĂšce sur les arriĂšres macĂ©doniens. Une fausse rumeur de la mort d'Alexandre dĂ©clenche la rebellion de ThĂšbes que promettent d'aider AthĂšnes et Sparte.

La riposte d’Alexandre est foudroyante, impitoyable et paradoxale. Impitoyable, car la ville de ThĂšbes est entiĂšrement rasĂ©e (automne -335) Ă  l’exception de la citadelle de la CadmĂ©e, de la maison natale de Pindare et des temples des dieux, sa population rĂ©duite en esclavage et les terres partagĂ©es entre les vainqueurs[22]. Paradoxale, car Alexandre Ă©pargne AthĂšnes, trop heureuse de se soumettre Ă  moindre mal. Sans doute faut-il voir dans cette gĂ©nĂ©rositĂ© la volontĂ© de ne pas dĂ©truire le principal centre artistique, philosophique de la GrĂšce, ou bien l’influence de son ancien maĂźtre Aristote qui s’installe cette mĂȘme annĂ©e -335 Ă  AthĂšnes et y fonde le LycĂ©e. Il semble aussi vraisemblable que les talents de nĂ©gociateurs de Phocion et surtout de DĂ©made aient convaincu le roi de ne pas dĂ©truire la ville[23]. Alexandre rĂ©clame qui lui soit livrĂ© DĂ©mosthĂšne, Lycurgue et HypĂ©ride[24]. Cela dit, les accĂšs de fureur chez Alexandre alternent frĂ©quemment avec des gestes de grande gĂ©nĂ©rositĂ©, la destruction de ThĂšbes et le pardon d’AthĂšnes ne sont que les premiers d’une longue liste.

Au final, Alexandre est assez peu prĂ©sent comme souverain dans son royaume. Quand il quitte l’Europe au printemps -334 pour son expĂ©dition en Asie, c’est pour ne jamais y revenir.

Le Conquérant


L’armĂ©e d’Alexandre

Alexandre ne laisse pas la MacĂ©doine totalement dĂ©garnie. Il donne Ă  Antipater, nommĂ© rĂ©gent en l’absence du roi, la moitiĂ© de la cavalerie macĂ©donienne soit environ 1 500 hommes et 12 000 fantassins. Les effectifs au dĂ©part de l’expĂ©dition d’Asie sont d’environ 1 800 cavaliers, auxquels s’ajoutent un chiffre Ă©quivalent de cavaliers thessaliens et 600 autres recrutĂ©s dans les États grecs de la Ligue de Corinthe.

Phalange macédonienne

Les fantassins, sans doute 32 000, qui constituent la fameuse phalange, sont recrutĂ©s dans la classe paysanne macĂ©donienne. Au total un effectif assez faible, 4 400 cavaliers environ et Ă  peine plus de 30 000 fantassins[25]. Mais tout au long de l’expĂ©dition des renforts arrivent de MacĂ©doine et de GrĂšce, sans compter les troupes indigĂšnes qui vont complĂ©ter les effectifs de l’armĂ©e au fur et Ă  mesure qu’Alexandre avance en Asie. D’autre part la faiblesse des effectifs est compensĂ©e par une grande supĂ©rioritĂ© tactique. Les phalanges sont allĂ©gĂ©es et leurs sarisses (longues piques dont la base peut ĂȘtre fichĂ©e dans le sol et capables de briser les charges de cavalerie) allongĂ©es augmentant ainsi leur vitesse de charge, de sorte qu'avec des formations trĂšs serrĂ©es, les masses et les Ă©nergie cinĂ©tiques des hoplites se cumulent rendant le choc lors du contact tel qu’il peut renverser plusieurs rangs d’infanterie adverse[26]. La cavalerie lourde compense le manque de maniabilitĂ© des phalanges en protĂ©geant ses flancs trĂšs vulnĂ©rables et en attaquant ceux de l’ennemi pour dĂ©sorganiser les formations ennemies et les rendre vulnĂ©rables Ă  l’impact des phalanges.

La bataille du Granique (mai -334)

Dispositif de la bataille du Granique

Le jeune roi de MacĂ©doine[27] part de sa capitale Pella et, en vingt jours, atteint Sestos en ChersonĂšse de Thrace. Tandis que ParmĂ©nion est chargĂ© par le roi de transporter l’armĂ©e Ă  Abydos, tĂȘte de pont crĂ©e par Philippe II sur l’Hellespont, Alexandre se dirige vers ÉlĂ©onte oĂč il rend sacrifice au premier hĂ©ros tombĂ© lors de la guerre de Troie, ProtĂ©silas. Ce geste[28] est le premier d’une longue liste qui illustre la volontĂ© du roi de frapper les imaginations en se faisant passer pour le nouvel Achille, sans qu’il soit d’ailleurs possible de savoir s’il est sincĂšrement pĂ©nĂ©trĂ© de la fiertĂ© d’appartenir Ă  la race du hĂ©ros ou s’il s’agit d’une simple gestuelle thĂ©Ăątrale Ă  destination de ses soldats et des peuples d’Asie Mineure et de GrĂšce.

C’est ainsi qu’il dĂ©barque en Asie prĂšs de l’emplacement supposĂ© de Troie, dresse des autels dans le temple d’AthĂ©na Ă  Ilion, puis va mettre une couronne sur le tombeau d’Achille, tandis que HĂ©phaestion fait de mĂȘme sur celui de Patrocle[29] (Élien explique dans son Histoire variĂ©e (XII, 7) qu’il « laissait ainsi entendre qu’il Ă©tait le mignon d’Alexandre, comme Patrocle avait Ă©tĂ© celui d’Achille[30] Â». Son livre est une collection des anecdotes, Ă©crit plus de cinq siĂšcles aprĂšs la mort d'Alexandre et il est pourtant le seul historien Ă  faire allusion Ă  une telle relation, qui est donc probablement fausse. Hephaestion passe chez les autres historiens comme « l'ami le plus cher d'Alexandre Â»). Ce n’est qu’aprĂšs, qu’Alexandre rejoint son armĂ©e Ă  ArisbĂ© en quatre jours, en contournant par le nord le massif du Pityos.

Le principal chef mercenaire grec de Darius III, Memnon de Rhodes, est partisan de la politique de la terre brĂ»lĂ©e face aux MacĂ©doniens, dont il estime, Ă  juste titre, la valeur. Il propose que l’armĂ©e entraĂźne vers l’intĂ©rieur du pays, sans combattre, les troupes d’Alexandre tandis que la flotte perse porte la guerre jusqu’en MacĂ©doine. Memnon pouvait lĂ©gitimement espĂ©rer une rĂ©volte des citĂ©s grecques, s’appuyant sur l’or de Darius et sur le lĂ©gitime ressentiment contre Alexandre Ă  la suite du saccage de ThĂšbes. Mais les satrapes perses se mĂ©fient des conseils d’un Ă©tranger et ne tiennent aucunement compte de son avis. ArsitĂšs, le satrape de Phrygie, dĂ©clare qu’il ne laissera pas brĂ»ler une seule maison de sa satrapie[31].

Article dĂ©taillĂ© : Bataille du Granique.
Parcours de l’armĂ©e d’Alexandre le Grand dans la partie occidentale de l’Asie Mineure au cours de l’annĂ©e -334.

La prise de Milet (mai / juillet -334)

La victoire d’Alexandre a une consĂ©quence importante : jusqu’à la bataille d'Issos, il n’a que de simples garnisons laissĂ©es dans les villes pour s’opposer Ă  lui[32]. Dans la foulĂ©e du Granique, Sardes, la capitale de Phrygie, se rend sans rĂ©sistance, tandis que ParmĂ©nion s’empare de Dascylion. La ville d’ÉphĂšse, en proie Ă  des luttes de factions, oĂč Memnon s’est rĂ©fugiĂ© aprĂšs la bataille, voit le parti dĂ©mocratique favorable Ă  Alexandre l’emporter. Celui-ci s’attire habilement la sympathie des habitants de la ville en confiant au temple d’ArtĂ©mis le tribut que la ville payait jusqu’alors Ă  Darius et en rappelant les bannis.

Les adversaires d’Alexandre se sont rĂ©fugiĂ©s Ă  Milet, oĂč Memnon, qui vient de quitter ÉphĂšse, reprend les choses en main aprĂšs les vellĂ©itĂ©s de trahison de la cause perse par HĂ©gĂ©sistrate, le chef des mercenaires grecs au service de Darius. Cependant la ville est rapidement prise en juillet -334 par Alexandre, aprĂšs qu’il eut interdit Ă  la flotte perse de mouiller sur la cĂŽte en prenant le cap Mycale.

Le siĂšge d’Halicarnasse (Ă©tĂ© / automne -334)

Cependant Memnon s’est rĂ©fugiĂ© Ă  Halicarnasse dont le roi Pixodaros, le frĂšre du cĂ©lĂšbre Mausole, s’est rangĂ© du cĂŽtĂ© des Perses. Memnon est assistĂ© du satrape OrontabĂšs et du ThĂ©bain Ephialte, qui a jurĂ© la mort du macĂ©donien depuis la destruction de sa ville d’origine.

Alexandre joue sur les rivalitĂ©s internes Ă  la citĂ© et fait de Ada, la sƓur de Pixodaros, que celui-ci avait renversĂ©, le satrape de Carie. Celle-ci adopte alors Alexandre comme son fils et en fait son hĂ©ritier. La plupart des satrapies orientales seront organisĂ©es selon ce modĂšle. Les pouvoirs civils sont donnĂ©s Ă  un Perse ou un Asiatique et les pouvoirs militaires Ă  un MacĂ©donien.

Reste cependant Ă  s’emparer de la ville qui comporte deux citadelles dont l’une sur une Ăźle. Alexandre aprĂšs la prise de Milet vient de commettre l’erreur de licencier sa flotte[33],[34]. Aussi ne peut-il s’emparer que de la ville basse tandis que les deux acropoles restent aux mains des mercenaires grecs de Darius. Aussi Alexandre poursuit-il sa route en laissant sous le commandement de PtolĂ©mĂ©e une troupe de 3 000 fantassins et 200 cavaliers poursuivre le siĂšge[35].

Alexandre s’empare de la Pamphylie et de la Pisidie (hiver -334 / printemps -333)

Parcours de l’armĂ©e d’Alexandre le Grand en Asie mineure au cours de l’annĂ©e -333.

Alexandre se dirige alors vers la Lycie et s’en empare sans grande rĂ©sistance. Puis, Ă  la fin de l’annĂ©e -334 et au dĂ©but de -333, il pĂ©nĂštre en Pamphylie puis en Pisidie. Ces rĂ©gions n’appartiennent que trĂšs nominalement Ă  l’empire achĂ©mĂ©nide. Le plus souvent ces villes sont autonomes et rivales entre elles. De ces rivalitĂ©s, Alexandre va jouer et reçoit la soumission d’Aspendos (Ă  l’est de la ville actuelle d’Antalya), de SidĂ© (aujourd’hui le port de Selimye Ă  environ 60 kilomĂštres Ă  l’est d’Antalya). Puis il remonte vers la Phrygie et combat les habitants de la ville de Termessos (34 km au nord-ouest d’Antalya) sans rĂ©ussir Ă  prendre la ville, traite avec bienveillance leurs ennemis de la citĂ© de Selge, s’empare de Sagalassos et parvient enfin Ă  Gordion (village actuel de YassihöyĂŒk). Il y trouve des renforts venus Ă  la fois de MacĂ©doine et de GrĂšce ainsi que ParmĂ©nion qui venait en partie d’hiverner Ă  Sardes. Le gouvernement de la Pamphilie et de la Pisidie est confiĂ© Ă  NĂ©arque.

La contre-offensive de Memnon de Rhodes (hiver -334 / -333)

La premiĂšre partie de la campagne d’Alexandre est terminĂ©e. La situation est indĂ©cise car certes le roi de MacĂ©doine vient de remporter de glorieux succĂšs mais il doit faire face Ă  plusieurs incertitudes. Pour certains membres de son entourage, dont ParmĂ©nion est semble-t-il le reprĂ©sentant, l’objectif de Philippe II, thĂ©orisĂ© par Isocrate[36] Ă  savoir la conquĂȘte de l’Asie jusqu’aux rives de l’Halys, est atteint. Un vaste territoire est conquis par la MacĂ©doine et ouvert Ă  la colonisation et l’influence hellĂ©nique. Mais Isocrate, dans les projets qu’il avait prĂ©sentĂ© Ă  Philippe envisageait une seconde solution : l’anĂ©antissement de l’empire perse.

C’est cet objectif que souhaite atteindre Alexandre. Cela explique d’ailleurs pourquoi, bien qu’il proclame sa volontĂ© d’agir en qualitĂ© de chef des HellĂšnes, il s’appuie avant tout, du moins au dĂ©part, sur les MacĂ©doniens considĂ©rĂ©s comme plus fiables et attachĂ©s Ă  sa personne par la fidĂ©litĂ© dynastique. C’est pourquoi il ne reste qu’assez peu de temps Ă  Gordion, oĂč l’épisode du nƓud gordien, s’il est authentique, lui promet l’empire d’Asie (Alexandre se voit prĂ©senter le nƓud gordien : il est dit que la personne qui arrivera Ă  dĂ©nouer ce nƓud acquerra l’empire de l’Asie. Alexandre, d’un coup de son Ă©pĂ©e, tranche le fameux nƓud), et cela alors que la situation n’est pas totalement sans risque sur ses arriĂšres.

Alexandre tranchant le nƓud gordien par Jean Simon BerthĂ©lemy, Paris, École des Beaux-Arts

En effet lors de l’hiver -334 Darius donne le commandement de sa flotte Ă  Memnon de Rhodes. Celui-ci envisage de porter la guerre en MacĂ©doine en dĂ©barquant en GrĂšce (on parle de l’EubĂ©e) et en organisant une rĂ©volte gĂ©nĂ©rale. Le sentiment anti-macĂ©donien demeure vivace dans de nombreuses citĂ©s. L’idĂ©e d’une guerre de revanche contre les Perses, par rapport aux guerres mĂ©diques, idĂ©e dĂ©veloppĂ©e par Alexandre et ses partisans en GrĂšce ne rend pas acceptable Ă  leurs adversaires l’hĂ©gĂ©monie macĂ©donienne. N’oublions pas que des soldats grecs combattent dans les deux camps. Memnon reprend Chios, qui lui est livrĂ©e par le parti oligarchique (cette tendance politique sera globalement toujours hostile Ă  Alexandre dans les citĂ©s grecques contrairement au parti dĂ©mocratique) puis il rĂ©tablit le tyran Aristonicos Ă  MĂ©thymne et met le siĂšge devant MytilĂšne. C’est alors que Memnon meurt (fin de l’étĂ© -333) et que son plan est abandonnĂ© par Darius III. Le souverain perse dĂ©cide de prendre lui-mĂȘme la tĂȘte de son armĂ©e contre Alexandre. AutophradatĂšs et Pharnabaze remplacent Memnon Ă  la tĂȘte de l’armĂ©e et de la flotte. Pharnabaze reprend Milet et Halicarnasse mais doit se sĂ©parer de ses mercenaires grecs qui vont rejoindre, sans doute par mer, l’armĂ©e que Darius rassemble.

Alexandre estime cependant, Ă  juste titre, avoir fait une erreur en licenciant sa flotte. C’est pourquoi il charge deux officiers, HĂ©gĂ©lochos et AmphotĂ©ros (le frĂšre de CratĂšre) d’en reconstituer une[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il s’en faut de peu qu’un conflit Ă©clate avec AthĂšnes dont les vaisseaux venus du Pont-Euxin sont interceptĂ©s par HĂ©gĂ©lochos. Celui-ci doit faire face Ă  une menace d’intervention de la flotte d’AthĂšnes et relĂąche les vaisseaux. Cet Ă©pisode illustre la nĂ©cessitĂ© pour Alexandre d’une victoire en Asie pour empĂȘcher toute tentative de rĂ©volte en GrĂšce[rĂ©f. nĂ©cessaire]. C’est pourquoi, quant au dĂ©but de l’étĂ© -333 il apprend que Darius III marche sur la Cilicie, Alexandre quitte Gordion.

D’Issos à Arbùles

Alexandre le Grand sur son cheval Bucéphale, détail de la mosaïque romaine de Pompéi représentant la bataille d'Issos, musée national archéologique de Naples

En quittant Gordion, Alexandre se rend dans un premier temps Ă  Ancyre et reçoit la soumission de la Paphlagonie puis celle de la Cappadoce jusqu’à l’Halys. Il pousse ensuite vers le sud, pĂ©nĂštre en Cilicie par le passage gardĂ© par le satrape ArsamĂšs des Portes ciliciennes. Il fait Ă©tape Ă  Tarse et y tombe malade plusieurs semaines (sans doute des suites d’une hydrocution aprĂšs une baignade dans le fleuve Kydnos[37]. Cependant ParmĂ©nion, vĂ©ritable second du roi lors du dĂ©but de l’expĂ©dition, occupe les passes qui permettent le passage de la Cilicie Ă  la plaine d’Issos (col de Karanluk-Kapu) puis celles qui au-delĂ  contrĂŽlent le passage vers la Syrie (passes de MerkĂšs et de BaĂŻlan). Alexandre, une fois sur pied, soumet, en sept jours selon Arrien, les populations montagnardes de Cilicie et s’empare de Soles oĂč il rĂ©tablit, en thĂ©orie du moins, la dĂ©mocratie. Il apprend Ă  ce moment la pacification de ses arriĂšres avec les victoires de PtolĂ©mĂ©e en Carie sur le satrape OrontobatĂšs et la chute d’Halicarnasse, de Myndos et la soumission de Cos. Mais, peu de temps aprĂšs (-333), le satrape Pharnabaze, Ă  la tĂȘte de la flotte perse soumet TĂ©nĂ©dos et Sigeion et s’entend avec le roi de Sparte, Agis III, qui tente de soulever la GrĂšce en lui donnant de l’argent et quelques navires. La situation reste donc dĂ©licate d’autant que l’arrivĂ©e imminente de Darius III se prĂ©cise.

Le souverain achĂ©mĂ©nide s’est installĂ© dans la plaine d’Issos, abandonnant curieusement la position plus favorable Ă  sa cavalerie de Soches, peut-ĂȘtre dans la volontĂ© de couper Alexandre de ses arriĂšres et de le contraindre Ă  la bataille. Alexandre est en Syrie mais il fait demi-tour, ayant besoin pour les raisons invoquĂ©es plus haut d’une victoire. Il reprend le chemin des passes syriennes dĂ©jĂ  empruntĂ©, s’aventure lentement dans la plaine d’Issos et y organise sa ligne de bataille devant l’armĂ©e perse.

Article dĂ©taillĂ© : Bataille d'Issos.

La conquĂȘte de la PhĂ©nicie (hiver -333)

La dĂ©route des Perses aprĂšs la dĂ©faite d’Issos (1er novembre -333) est totale. Darius avec quelques milliers d’hommes Ă  peine s’enfuit vers Thapsaque (ville de Syrie sur l’Euphrate) tandis que d’autres fuyards sont dispersĂ©s par les divers officiers d’Alexandre. De nombreux fugitifs se rĂ©fugient en PhĂ©nicie puis de lĂ  gagnent l’Égypte ou Chypre. Le rĂ©sultat le plus net de la victoire c’est, paradoxalement, la soumission totale du monde grec qui ne songe plus Ă  apporter son soutien aux Perses, comme venait de le tenter le roi de Sparte, Agis III en rencontrant des satrapes perses et en tentant de soulever la CrĂšte. DĂ©mosthĂšne, Ă  AthĂšnes, avait prĂ©dit (et espĂ©rĂ© ?) la dĂ©faite du roi de MacĂ©doine. La victoire d’Issos fait cesser, provisoirement en tout cas, les vellĂ©itĂ©s d’indĂ©pendance des citĂ©s grecques.

Pourtant paradoxalement la situation d'Alexandre reste pĂ©rilleuse. Un des meilleurs officiers perses, NabarzanĂšs s'est retirĂ© avec d'importantes forces de cavalerie en Cappadoce et Paphlagonie et recrute d'importantes forces (fin -333/dĂ©but -332). Il y a donc un risque rĂ©el sur les arriĂšres d'Alexandre et ses lignes d'approvisionnement en Asie mineure. De plus il apparait clairement que Darius lĂšve une nouvelle armĂ©e. Enfin la flotte perse reprĂ©sente un grand danger en mer ÉgĂ©e. La maĂźtrise de la cĂŽte phĂ©nicienne, pouvant lui servir de base arriĂšre, est donc indispensable. C’est pourquoi, dĂ©laissant la poursuite de Darius III, Alexandre prend la route du sud vers Arados (au nord de la PhĂ©nicie) tandis que ParmĂ©nion est envoyĂ© sur Damas oĂč il s’empare des bagages de Darius. Dans le mĂȘme temps Alexandre nomme un de ses officiers les plus Ă©nergiques, Antigone, au commandement de toutes les forces macĂ©doniennes prĂ©sentes en Asie mineure. Celui-ci rĂ©ussit, avec l'aide de NĂ©arque, Ă  briser la contre-offensive perse en Asie mineure au printemps de -332.

La pĂ©riode de l’empire achĂ©mĂ©nide pour les PhĂ©niciens avait Ă©tĂ© une pĂ©riode prospĂšre car, en leur laissant une vĂ©ritable autonomie, les rois perses avaient permis aux citĂ©s phĂ©niciennes de reprendre en partie la maĂźtrise de nombreuses routes commerciales[rĂ©f. nĂ©cessaire] face Ă  leurs adversaires traditionnels : les Grecs. Les PhĂ©niciens constituaient une grande part des marins de la flotte perse Ă  la bataille de Salamine par exemple[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Mais divisĂ©es entre elles, ces citĂ©s n’adoptent pas une attitude commune face Ă  l’arrivĂ©e des MacĂ©doniens. Le roi d’Arastos, GĂ©rostrate, estime qu’il n’a pas les moyens de rĂ©sister et surtout que sa citĂ©, plus riche de son commerce terrestre (avec la Perse et la MĂ©die surtout) que de son commerce maritime, n’a aucun intĂ©rĂȘt Ă  un siĂšge destructeur. La ville se rend ainsi que les citĂ©s de Marathos, SigĂŽn et Byblos. Quant Ă  Sidon, elle se soumet d’autant plus facilement que ses habitants n’ont pas oubliĂ© les reprĂ©sailles d’ArtaxerxĂšs II lorsque la ville avait participĂ© Ă  la rĂ©volte des satrapes sous le rĂšgne de ce prince.

Le siÚge de Tyr (janvier / août -332)

À la fin de l’annĂ©e -333, alors qu’Alexandre est Ă  Sidon, des nĂ©gociations s’engagent avec le roi de Tyr, Azemilcos, lequel souhaite rester neutre dans le conflit. Refus d’Alexandre qui par contre dĂ©sire offrir un sacrifice dans le temple de Melqart Ă  Tyr. Refus des Tyriens qui dĂ©cĂšlent le piĂšge. Faire entrer Alexandre en vainqueur dans le temple c’est lui donner pouvoir sur la citĂ©. Quant Ă  Alexandre, il ne lui sert Ă  rien de tenir la cĂŽte phĂ©nicienne si la ville de Tyr, avec ses deux ports, reste en dehors de son contrĂŽle. C’est pourquoi commence en janvier -332 le long siĂšge de Tyr (jusqu’en aoĂ»t -332). La ville neuve est sur une Ăźle (voir Ancharadus) qu’Alexandre compte atteindre en construisant une digue, avec les dĂ©bris de la vieille ville (la ville continentale), d’environ 60 m de long. Mais les difficultĂ©s s’accroissent quand la digue atteint des eaux plus profondes, d’autant que les Tyriens effectuent des raids meurtriers avec leurs navires[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Alexandre cependant a un atout. En tenant les autres citĂ©s phĂ©niciennes, il disperse la flotte perse (dĂ©but -332) dont les Ă©quipages phĂ©niciens rentrent progressivement dans leurs ports d’attache. Les rois de Sidon, d’Aratos, de Chypre offrent ces navires Ă  Alexandre qui ainsi peut constituer une flotte suffisante pour le siĂšge de la ville (sans doute une centaine de navires). AprĂšs un raid d’une dizaine de jours pour soumettre les populations des montagnes du Liban actuel, il constate que sa nouvelle flotte est prĂȘte et apprend l’arrivĂ©e de ClĂ©andre avec un corps de 4 000 mercenaires, pour la plupart issus du PĂ©loponnĂšse.

AttaquĂ©e par terre, isolĂ©e par mer, la vieille citĂ© rĂ©siste jusqu’en aoĂ»t -332.

La flotte de Tyr est dĂ©truite par les navires d’Alexandre lors d’une contre-attaque dĂ©sespĂ©rĂ©e. Les habitants se dĂ©fendent au moyen d’engins balistiques, de plongeurs et de navires brĂ»lots[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Une fois les tours de siĂšge et les bĂ©liers approchĂ©es des murs, Alexandre mĂšne lui-mĂȘme l’assaut (selon l’historien Diodore de Sicile). La prise de la ville donne lieu Ă  des actes d’une grande violence tant les habitants se dĂ©fendent avec acharnement. Les Tyriens utilisent des tridents, ressemblant Ă  des sortes d’hameçons, pour arracher les boucliers des MacĂ©doniens, et dĂ©versent du sable brĂ»lant sur les attaquants[38]. Ces derniers n’ont pas oubliĂ© les scĂšnes de prisonniers de l’armĂ©e d’Alexandre prĂ©cipitĂ©s du haut des murailles. Sans doute 7 000 Ă  8 000 habitants de la ville sont tuĂ©s (selon Diodore de Sicile), et 20 000 au moins sont vendus comme esclaves (une partie de la population dont beaucoup de femmes et d’enfants s’est enfuie vers Carthage). Seul le temple est Ă©pargnĂ© dans la ville. La digue Ă©rigĂ©e par Alexandre existe encore en partie de nos jours ; elle servit notamment aux croisĂ©s lorsqu’ils assiĂ©gĂšrent Tyr. Ce succĂšs permet Ă  Alexandre de terminer sa mainmise sur l’ensemble de la PhĂ©nicie.

Quels objectifs ?

Parcours de l’armĂ©e d’Alexandre le Grand au cours des annĂ©es -332 et -331, de la bataille d’Issos Ă  celle de GaugamĂšles et jusqu’à la prise de Babylone.

Alexandre aprĂšs la prise de Tyr prend le chemin de l’Égypte non sans avoir repoussĂ© Ă  deux reprises, malgrĂ© l’avis favorable de ParmĂ©nion, des propositions de paix plus qu’avantageuses de Darius III. Darius propose qu'Alexandre Ă©pouse sa fille Stateira et lui donne en dot toute la rĂ©gion entre l'Europe et le fleuve Halys en Asie mineure[39]. Ce que semble dĂ©sirer Alexandre ce n’est pas un empire grĂ©co-macĂ©donien dĂ©bordant largement sur l’Asie, idĂ©e dĂ©jĂ  dĂ©fendue par Isocrate[40] le rhĂ©teur athĂ©nien[41], mais l’Asie tout entiĂšre, du moins la connaissance qu’en possĂšdent les Grecs. Le refus d'Alexandre s'explique aussi par le caractĂšre fictif des concessions territoriales de Darius. Celles-ci ne constituent que la dot de Stateira ce qui signifie qu'en aucun cas Darius ne renonce Ă  sa souverainetĂ© sur les rĂ©gions considĂ©rĂ©es. C'est ce piĂšge que veut Ă©viter Alexandre qui exige d'ĂȘtre regardĂ© comme le souverain (kurios) plein et entier des territoires dĂ©jĂ  conquis. Il ne fait d'ailleurs qu'appliquer le droit grec de la guerre, ainsi dĂ©fini par XĂ©nophon :

« C'est une loi universelle et Ă©ternelle que, dans une ville prise sur des ennemis en Ă©tat de guerre, tout, et les personnes et les biens, appartient au vainqueur[42]. Â»

Il semble donc que l'objectif premier d'Alexandre soit de remplacer la souverainetĂ© achĂ©mĂ©nide par la souverainetĂ© macĂ©donienne et qu'il considĂšre que toutes ses conquĂȘtes le sont Ă  titre dĂ©finitif. La nomination de satrapes, dĂšs la victoire du Granique, va dans ce sens. AprĂšs la prise de Tyr il affirme avec force qu'il ne va pas se contenter de la conquĂȘte de la Lydie et la Cilicie[43], ce qui Ă©tait grosso-modo l'objectif d'Isocrate. Les historiens de l'AntiquitĂ© sont tous convaincus que son objectif est bien la conquĂȘte de l'ensemble du territoire achĂ©mĂ©nide[44]. Certes il faut se montrer prudent avec les diverses sources. S'agit-il chez Arrien et Quinte-Curce du rapport fidĂšle des ambitions territoriales d'Alexandre ou d'un discours historiographique construit aprĂšs coup afin de donner l'impression chez le conquĂ©rant d'une vision Ă  long terme et non d'une conquĂȘte improvisĂ©e au grĂ© des victoires et des Ă©vĂšnements. La rĂ©ponse Ă  cette question est problĂ©matique mais il semble difficile de croire qu'Ă  la suite d'un Ă©ventuel accord entre Darius et Alexandre ce dernier ait acceptĂ© de faire de l'Euphrate sa frontiĂšre orientale. Le fait que tout au long de la pĂ©riode Alexandre revendique, systĂ©matiquement, les territoires qui Ă  un moment ou Ă  un autre Ă©taient achĂ©mĂ©nides illustre bien qu'il y a chez lui une volontĂ© et un projet politique fort et cohĂ©rent.

Le pharaon (automne -332 / printemps -331)

Alexandre en pharaon priant le dieu Amon - Temple de Louxor

Sur la route de l’Égypte il rencontre une forte rĂ©sistance Ă  Gaza, sous la conduite de l’eunuque Batis, et prend la ville (fin -332) dont la garnison est massacrĂ©e et la population vendue en esclavage. Alexandre est blessĂ© Ă  deux reprises lors de ce siĂšge. En sept jours depuis Gaza il atteint alors PĂ©luse en Égypte. Quand Alexandre entre en Égypte en dĂ©cembre -332, il semble ĂȘtre accueilli en libĂ©rateur. Il est fort possible que ce soit les Égyptiens eux-mĂȘmes qui aient demandĂ© son aide, pour les affranchir de la domination perse qui s’exerce difficilement car les Égyptiens se sont rĂ©voltĂ©s de nombreuses fois sur le pays depuis deux siĂšcles. Toujours est-il qu’il ne rencontre que peu de rĂ©sistance et qu’il Ă©tend rapidement son royaume jusqu’à la premiĂšre cataracte du Nil.

Alexandre se fait proclamer pharaon Ă  Memphis en -331. Il sacrifie au taureau Apis — gage de respect des traditions Ă©gyptiennes — et honore les autres dieux. Il se dirige ensuite vers la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne oĂč il choisit l’emplacement de la future Alexandrie qui n’est achevĂ©e que sous PtolĂ©mĂ©e Ier ou PtolĂ©mĂ©e II. La lĂ©gende veut qu’Alexandre ait choisi lui-mĂȘme les plans de la nouvelle citĂ©. Il se rend ensuite dans l’oasis de Siwa oĂč il rencontre l’oracle d’Ammon-Zeus qui le confirme comme descendant direct du dieu Amon. Cette salutation, conforme Ă  l’étiquette Ă©gyptienne, est trĂšs largement exploitĂ©e par la propagande du ConquĂ©rant. Cette anecdote est rapportĂ©e ainsi par Plutarque :

« Quelques-uns affirment que le prophĂšte, voulant le saluer en grec d’un terme d’affection, l’avait appelĂ© "mon fils" (παÎčÎŽÎŻÎżÎœ / paĂŻdion), mais que, dans sa prononciation barbare, il achoppa sur la derniĂšre lettre et dit, en substituant au nu (Îœ) un sigma (ς) : "fils de Zeus" (παÎčς ΔÎčός / paĂŻs dios) ; ils ajoutent qu’Alexandre goĂ»ta fort ce lapsus et que le bruit se rĂ©pandit qu’il avait Ă©tĂ© appelĂ© "fils de Zeus" par le dieu  Â»

— (Plutarque, Vies parallĂšles, 46-120)

De retour Ă  Memphis, il se fait officiellement couronner dans le temple de Ptah et rĂ©organise le pays avant de repartir Ă  la conquĂȘte du Moyen-Orient.

C’est durant son sĂ©jour Ă©gyptien qu’il apprend la dĂ©route dĂ©finitive de ce qui reste de la flotte perse et la capture de ses derniers adversaires en mer ÉgĂ©e dont le satrape Pharnabaze. Fait prisonnier, celui-ci parvient Ă  s’échapper mais l’un des amiraux d’Alexandre, HĂ©gĂ©lochos, apporte Ă  son maĂźtre de nombreux prisonniers qui sont exilĂ©s dans la ville Ă©gyptienne d’ÉlĂ©phantine. Cela laisse toute latitude Ă  Antipater, le rĂ©gent de MacĂ©doine pour s’occuper du toujours remuant roi de Sparte, Agis III. La situation en Europe inquiĂšte Alexandre tout au long de l'annĂ©e -331 mĂȘme aprĂšs l'Ă©crasement de la Perse Ă  GaugamĂšles. Il multiplie d'ailleurs les faveurs aux citĂ©s grecques pour les inciter Ă  rester loyales[45]. Il n'est pas impossible que l'incendie de PersĂ©polis, capitale religieuse des AchĂ©mĂ©nides, ait pour objectif de prouver Ă  la GrĂšce que l'objectif de la Ligue de Corinthe est atteint et, ainsi, d'Ă©viter des troubles en Europe.

Alexandre quitte ensuite l’Égypte au printemps -331 pour n’y jamais revenir vivant.

Vers la bataille dĂ©cisive avec Darius III (printemps / Ă©tĂ© -331 – octobre -331)

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de GaugamĂšles.

Lors d’un nouveau passage Ă  Tyr, il reçoit une dĂ©lĂ©gation d’AthĂšnes qui obtient du roi la libĂ©ration des mercenaires athĂ©niens qui avaient combattu Ă  la bataille du Granique dans les rangs de l’armĂ©e perse. Puis Ă  la fin du printemps/dĂ©but de l’étĂ© -331 l’armĂ©e macĂ©donienne se met en marche vers l’Euphrate qui est traversĂ© fin juillet Ă  Thapsaque sur un pont de bateaux. Le satrape Mazaios s’est repliĂ© Ă  l’arrivĂ©e de son adversaire. Les prodromoi d’Alexandre repĂšrent l’armĂ©e de Darius plus au nord, aussi le roi de MacĂ©doine au lieu de marcher sur Babylone selon son plan initial remonte vers le nord, vers Nisibe, et franchit le Tigre vers le 20 septembre -331 (aux environs de DjĂ©sireh, dans l’Irak actuel) contournant son adversaire par le nord. Alexandre reprend alors la direction du sud avec le Tigre sur sa droite. Au bout de quatre jours de marche il apprend que l’armĂ©e perse, bien supĂ©rieure en nombre, l’attend Ă  GaugamĂšles, non loin d’ArbĂšles (actuelle ville d’Erbil dans le Kurdistan irakien).

À la poursuite de Darius III

L’entrĂ©e dans Babylone et Suse (novembre / dĂ©cembre -331)

Le succĂšs du combat lui ouvre la route de Babylone, qui se rend suite Ă  des nĂ©gociations. Nous connaissons mieux de nos jours les trois semaines entre la bataille et son entrĂ©e dans la ville (fin octobre -331) grĂące Ă  une tablette babylonienne qui, bien que dĂ©tĂ©riorĂ©e, fait une nette allusion Ă  la bataille de GaugamĂšles et Ă  sa chronologie prĂ©cise. L’auteur anonyme y parle de la fuite de Darius « vers le pays de Guti Â» ce qui dĂ©signe la MĂ©die. La suite de ce texte indique que les autoritĂ©s de Babylone nĂ©gocient avec le vainqueur et que celui-ci habilement garantit le maintien des traditions religieuses et la prĂ©servation des sanctuaires. Il donne l’ordre de rebĂątir le sanctuaire de Bel Mardouk qui tombait en ruine. Le vainqueur de Darius maintient d’ailleurs la plupart des dignitaires Ă  leur poste (souvent sous le contrĂŽle d’un officier macĂ©donien). C’est le cas de Maziaos, un noble perse, qui sur ordre de Darius s’est repliĂ© sur Babylone dont il devient alors le satrape[46], poste auquel il est confirmĂ© par Alexandre. Celui-ci s’évite ainsi un siĂšge long qui pouvait permettre Ă  son ennemi de se ressaisir et inaugure sa politique de ralliement Ă  sa personne de l’aristocratie achĂ©mĂ©nide.

Il entre en vainqueur dans la capitale de l’Empire perse et y demeure prĂšs d’un mois. Tandis que Darius, en fuite, tente de rĂ©unir une nouvelle armĂ©e royale dans les hautes satrapies, Alexandre prend la direction de Suse, laquelle se rend Ă  son tour. Il avait cependant dĂ©pĂȘchĂ© PolyxĂ©nos Ă  Suse afin de s’assurer du trĂ©sor important (sans doute prĂšs de 50 000 talents d’argent) qui s’y trouvait. Une partie importante de cet argent (sans doute 30 000 talents) est envoyĂ© Ă  Antipater afin qu’il l’utilise dans sa lutte contre Sparte.

Les difficultĂ©s d’Antipater (-331)

L’annĂ©e -331 est une annĂ©e difficile pour Antipater, outre ses relations exĂ©crables avec Olympias, Ă  qui Alexandre a confiĂ© le gouvernement de la MacĂ©doine et de la GrĂšce en son absence. Apparemment la dispersion de la flotte perse, suite Ă  la prise de Tyr, n’attise plus les vellĂ©itĂ©s de rĂ©volte des Grecs sauf Ă  Sparte oĂč le roi Agis III s’assure le concours des pirates crĂ©tois puis de l’ensemble des peuples du PĂ©loponnĂšse (ÉlĂ©ens, Arcadiens et la quasi-totalitĂ© de l’AchaĂŻe Ă  l’exception de PellĂšnĂš)[47]. MĂ©galopolis et MessĂšne sont les seules citĂ©s importantes Ă  refuser d’entrer dans la coalition anti-macĂ©donienne. Dans un premier temps Agis est vainqueur d’un corps expĂ©ditionnaire macĂ©donien dirigĂ© par Korragos et assiĂšge MĂ©galopolis. Le reste de la GrĂšce cependant ne bouge pas et mĂȘme DĂ©mosthĂšne Ă  AthĂšnes conseille de n’en rien faire. Il est vrai que les gestes habiles d’Alexandre, comme de renvoyer de Suse vers AthĂšnes la statue d’Aristogiton et d’Harmodios ou la libĂ©ration des prisonniers athĂ©niens de la bataille du Granique, lui concilient provisoirement une partie des habitants de la citĂ© attique[48].

En Thrace, Memnon, un stratĂšge macĂ©donien envoyĂ© pour contenir une rĂ©volte, prend le parti des populations insurgĂ©es. Enfin, la reine Olympias provoque des difficultĂ©s quand, Ă  la mort de son frĂšre Alexandre, le roi d’Épire, tuĂ© dans une expĂ©dition en Italie, elle avance des prĂ©tentions au trĂŽne de ce pays. Elle en assure finalement la rĂ©gence pour l’un de ses petits-enfants, fils du roi prĂ©cĂ©dent et de sa fille ClĂ©opĂątre la sƓur d'Alexandre. Antipater rĂ©agit, suivant les ordres d'Alexandre, en traitant avec Memnon pour le neutraliser et en en dirigeant la quasi-totalitĂ© de ses forces, sans doute 35 000 Ă  40 000 hommes vers le PĂ©loponnĂšse. Agis ne dispose quant Ă  lui que de 20 000 hommes environ et 2 000 cavaliers. Il est battu et tuĂ© sous les murs de MĂ©galopolis Ă  l’automne -331. Sparte est contrainte Ă  dissoudre la Ligue du PĂ©loponnĂšse et Ă  entrer dans la Ligue de Corinthe[rĂ©f. nĂ©cessaire]. La nouvelle de la victoire de GaugamĂšles en Asie aprĂšs la victoire d'Antipater sur Sparte[49] assurent avec plus de force la souverainetĂ© macĂ©donienne en GrĂšce.

La campagne en Perse et l’incendie de PersĂ©polis (janvier / mai -330)

Alexandre Rondanini, copie romaine d’un groupe d’Euphranor reprĂ©sentant Alexandre et son pĂšre, GlyptothĂšque de Munich

La campagne se poursuit en direction de la Perse proprement dite. Alexandre emprunte la route, que suivait la cour du Grand Roi lors de ses pĂ©rĂ©grinations entre les diverses capitales de l’empire, qui passe Ă  travers le pays des Ouxiens (sud-ouest de l’Iran actuel). Il soumet, par une campagne foudroyante dont il a l’habitude, les montagnards de ces rĂ©gions qui s’engagent Ă  payer un tribut en chevaux et bĂȘtes de somme dont a besoin l’armĂ©e. AprĂšs avoir Ă©tĂ© un temps arrĂȘtĂ© par la rĂ©sistance du satrape Ariobarzane aux Portes persiques, il franchit l’Araxe sur un pont qu’il fait construire et parvient dans la ville la plus symbolique du pouvoir perse, PersĂ©polis.

La ville est livrĂ©e au pillage, puis quelque temps aprĂšs, les palais de la terrasse sont livrĂ©s aux flammes (mai -330). Cet incendie est parfois interprĂ©tĂ© comme volontaire, bien qu’il aille Ă  l’encontre de la politique d’intĂ©gration aux coutumes locales du conquĂ©rant. Alexandre aurait ainsi effectuĂ© un geste symbolique mĂ»rement rĂ©flĂ©chi, Ă  la fois en direction des Perses et des Grecs de la Ligue[50]. Une autre interprĂ©tation affirme qu’Alexandre aurait provoquĂ© l’incendie dans un Ă©tat d’ivresse, poussĂ© en cela par une jeune courtisane athĂ©nienne, ThaĂŻs. Il est possible qu’Alexandre ait voulu par lĂ  venger les destructions perses Ă  AthĂšnes, en -480, ou plus simplement qu’il ait souhaitĂ© affirmer son pouvoir face Ă  une population peu encline Ă  se rallier Ă  lui. Quoi qu’il en soit, Alexandre regrettera par la suite cet acte trĂšs mal perçu par les Perses mais accompli avec joie par les troupes macĂ©doniennes qui pensent, bien Ă  tort, qu'Alexandre trahit son regret du pays natal et manifeste par cet incendie sa volontĂ© de ne pas se fixer en Asie[51],[52].

Les ruines des palais des Achéménides, Persépolis.

La mort de Darius III (été -330)

Darius III pendant ce temps s'est rĂ©fugiĂ© en MĂ©die puis, devant l'avance d'Alexandre, dĂ©cide de prendre le chemin de l'Hyrcanie (sud-est de la mer Caspienne). Il est rejoint Ă  Ecbatane par Ariobarzane, Bessos avec des cavaliers originaires de Bactriane et un corps d'environ 2 000 mercenaires Grecs. Darius envoie son harem, ce qui reste de son trĂ©sor aux portes caspiennes (Ă  l’est de TĂ©hĂ©ran) qui permettent l'entrĂ©e en Hyrcanie et qui se rĂ©vĂšlent faciles Ă  dĂ©fendre. Alexandre pĂ©nĂštre en ParatĂ©cĂšne (l'actuelle rĂ©gion d'Ispahan), soumet la population et fonce sur Ecbatane pour y apprendre que Darius vient de s’enfuir trois jours plus tĂŽt avec environ 9 000 hommes dont 3 000 cavaliers. À Ecbatane le roi de MacĂ©doine licencie ses cavaliers thessaliens, lance ParmĂ©nion vers l'Hyrcanie et Cleithos vers la Parthie (Ă  l’est de l'Hyrcanie). Lui-mĂȘme se lance avec des troupes rapides Ă  la poursuite du monarque en fuite. En onze jours il parcourt la route qui va d’Ecbatane Ă  RhagĂŠ (lĂ©gĂšrement au sud de TĂ©hĂ©ran) oĂč il est obligĂ© de laisser souffler ses hommes et chevaux cinq jours. Il apprend par des transfuges que Darius est prisonnier des satrapes Bessos et BarsaentĂšs et qu'il se dirige vers HĂ©catompyles (prĂšs de l'actuelle ville de Shahroud). En apprenant cette nouvelle, Alexandre confie ses troupes Ă  CratĂšre et avec ses Ă©lĂ©ments les plus rapides marche pendant une journĂ©e et demi sans pratiquer de vĂ©ritable pause. Un jour plus tard, aprĂšs une marche nocturne, il atteint le camp de Darius que celui-ci vient d'abandonner. Le soir mĂȘme Alexandre impose Ă  ses hommes une nouvelle marche de nuit pour aboutir Ă  un campement de nouveau abandonnĂ©. Finalement Alexandre avec quelques cavaliers et fantassins montĂ©s rejoint le convoi de Darius. Celui-ci est mort, assassinĂ© par Bessos[53], BarsaentĂšs et Satibarzane qui viennent de s’enfuir avec quelques centaines de cavaliers (Ă©tĂ© -330). L'un des satrapes comploteurs, Bessos, tente de prendre les rĂȘnes du pouvoir perse, sous le nom d'ArtaxerxĂšs IV, mais il est trop tard, Alexandre tient fermement l’empire perse.

Toujours plus à l’est

Darius III mort, Alexandre lui rend les honneurs royaux et se prĂ©sente en justicier contre ses assassins. Il est probable que la mort de Darius, Ă  laquelle il est Ă©tranger, est pour Alexandre une bonne nouvelle car quel sort eĂ»t-il pu rĂ©server au Grand Roi s’il avait Ă©tĂ© pris vivant ? Au contraire il lui est possible maintenant de se montrer gĂ©nĂ©reux avec sa famille et de faire ensevelir Darius dans les tombes royales de PersĂ©polis. Les satrapes restĂ©s fidĂšles Ă  Darius sont rĂ©compensĂ©s tel Artabaze qui reçoit la satrapie de Bactriane. La mort de Darius amĂšne la noblesse perse Ă  se rallier massivement Ă  Alexandre. Cette collaboration des Ă©lites vaincues lui est nĂ©cessaire car les premiĂšres manifestations de lassitude de certains contingents obligent le roi Ă  licencier une partie de ses troupes. En MĂ©die les cavaliers thessaliens et les alliĂ©s (7 000 hommes au dĂ©part de l’expĂ©dition) sont renvoyĂ©s dans leurs foyers[54]. Or les besoins en hommes augmentent au fur et Ă  mesure que l’armĂ©e pĂ©nĂštre en Asie. Ainsi, rien que pour garder les trĂ©sors royaux, Alexandre laisse 6 000 hommes Ă  Ecbatane.

La rĂ©volte de l’Arie (automne -330)

Avant de poursuivre Bessos et ses complices, Alexandre soumet l’Hyrcanie et les populations montagnardes de la rĂ©gion (actuelles montagnes du Khurāsān Ă  la frontiĂšre entre l’Iran et le TurkmĂ©nistan), les Tapouriens et les Mardes. Il incorpore Ă  son armĂ©e la majoritĂ© des mercenaires Grecs qui Ă©taient au service de la Perse (recrutĂ©s avant -334 ce qui lui permet de compenser le licenciement d’une partie de ses troupes abordĂ© prĂ©cĂ©demment) et rassemble ses soldats Ă  Zadracarta. Une partie des soldats est renvoyĂ©e, sous le commandement de ParmĂ©nion en qui il est plausible qu’Alexandre n’ait plus qu’une confiance limitĂ©e, Ă  Ecbatane tandis qu’il se prĂ©pare Ă  poursuivre les satrapes en fuite. Il apprend Ă  Zadracarta que ceux-ci se sont sĂ©parĂ©s et que Bessos, qui se proclame roi sous le nom d’ArtaxerxĂšs IV, s’est rĂ©fugiĂ© en Bactriane tandis que Satibarzane est retournĂ© en Arie (actuelle rĂ©gion d’HĂ©rat Ă  l’ouest de l’Afghanistan) et BarsaentĂšs en Drangiane (sud de l’Afghanistan).

Alexandre s’empare assez rapidement de l’Arie, en remontant la vallĂ©e de l’Atrek, et maintient Satibarzane Ă  son poste en lui adjoignant un stratĂšge macĂ©donien Anaxippos. Mais, alors qu’il se prĂ©pare Ă  remonter vers la Bactriane, Satibarzane se rĂ©volte (automne -330), assassine Anaxippos et massacre les troupes macĂ©doniennes laissĂ©es en Arie avant de s’enfuir. Alexandre afin de maintenir l’ordre dans cette province y fonde une ville, Alexandrie d’Arie (actuelle HĂ©rat), puis se dirige vers la Drangiane oĂč le rebelle BarsaentĂšs lui est livrĂ© et mis Ă  mort. En octobre ou novembre -330 Satibarzane se rĂ©volte de nouveau en Arie. Il est tuĂ© dans un affrontement avec le corps expĂ©ditionnaire lancĂ© contre lui par Alexandre et dirigĂ© par Artabaze, Érygyos et Caranos.

Les meurtres de Philotas et Parménion (automne -330)

C’est Ă  l’automne de l’annĂ©e -330 que se dĂ©roule un Ă©pisode dramatique entraĂźnant la mort de proches d’Alexandre sur ordre du roi. Alors que l’armĂ©e sĂ©journe dans la capitale de la Drangiane, Phrada-Prophtasia (au sud de HĂ©rat), Philotas le fils de ParmĂ©nion et commandant de la cavalerie est emprisonnĂ© et jugĂ© pour complot, ou plus exactement pour avoir eu vent d’un complot contre le roi et de n’avoir rien fait pour le dĂ©noncer. Il est probable que les critiques de Philotas sur le cĂ©rĂ©monial perse de plus en plus adoptĂ© par le roi aient indisposĂ© ce dernier. Philotas est jugĂ© par l’assemblĂ©e des MacĂ©doniens, fortement accusĂ© par CratĂšre (qui y voit sans doute un moyen d’éliminer un rival qui pourrait faire de l’ombre Ă  son Ă©toile montante) et lapidĂ© selon la coutume. Quant Ă  ParmĂ©nion, qui se trouve Ă  la tĂȘte de nombreuses troupes en MĂ©die, Alexandre ignore s’il se trouve impliquĂ© dans la conjuration. Dans le doute il envoie des officiers le mettre Ă  mort, ce qui est fait. Il s’en faut de peu que les troupes de MĂ©die se soulĂšvent Ă  cause de ce meurtre.

Cet Ă©pisode est rĂ©vĂ©lateur des rĂ©ticences de plus en plus fortes d’une partie des MacĂ©doniens et de l’entourage du roi (Ă  l’exception notable d’HĂ©phaestion) sur cette Ă©popĂ©e qui les voit s’enfoncer de plus en plus en Asie, loin de leurs bases, de leur pays Ă  la poursuite d’un but et d’un rĂȘve qui leur Ă©chappe. Les maladresses de Philotas, expliquant volontiers qu’Alexandre n’aurait pas remportĂ© ses victoires sans l’aide de son pĂšre et la sienne, et qui se moquait des prĂ©tentions du roi Ă  ĂȘtre considĂ©rĂ© comme le fils d’Ammon-Zeus, expliquent aussi sans doute qu’Alexandre ne tente rien pour sauver sa vie. Cet Ă©pisode dĂ©montre enfin qu’Alexandre est prĂȘt Ă  tout pour l’accomplissement de ses desseins, mĂȘme le meurtre de ses plus proches conseillers ou amis. La mort de Cleithos au printemps -328 le prouve tragiquement. Enfin il ne faut pas perdre de vue que la royautĂ© macĂ©donienne connaĂźt des rapports conflictuels frĂ©quents entre aristocratie et monarchie et que le meurtre de Philotas, hipparque et commandant des Compagnons, est un moyen pour le roi de se dĂ©barrasser d’un officier trop puissant.

La difficile pacification de l’Asie centrale (fin -330 / printemps -327)

Statue d’Alexandre sur le front de mer de Thessalonique

De Drangiane, l’armĂ©e passe vers la fin de -330 en Arachosie (sud-ouest de l’Afghanistan), mais est retardĂ©e dans sa poursuite de Bessos par la rĂ©volte de Satibarzane en Arie. Le roi fonde une nouvelle ville, Alexandrie qui correspond Ă  l’actuelle Kandahar, laisse un stratĂšge nommĂ© Memnon comme satrape en Arachosie et remonte vers la Bactriane Ă  la poursuite de Bessos. La traversĂ©e des monts Paraponisades (HindĆ«-KĆ«sh), que les MacĂ©doniens et les Grecs confondent apparemment avec le Caucase, s’effectue au printemps -329. En Bactriane, Bessos est en fuite, ravageant les vallĂ©es entre les Paraponisades et l’Oxus (actuel Amou-Daria) afin de limiter les possibilitĂ©s de ravitaillement de ses poursuivants. Il s’empare d’Aornos qui devient Ă  son tour une Alexandrie puis de la citĂ© de Zariapsa ou Bactres (actuellement Balkh). L’armĂ©e passe ensuite l’Oxus sur un pont flottant fait de tentes de peaux remplies de diverses matiĂšres sĂ©chĂ©es et passe en Sogdiane. Les nobles SpitamĂ©nĂšs et OxyartĂšs dĂ©cident alors de livrer Bessos et le font savoir Ă  Alexandre. PtolĂ©mĂ©e est chargĂ© de cette capture dĂ©licate qui intervient au dĂ©but de -329. Bessos est emmenĂ© Ă  Bactres oĂč, Ă  la façon des Perses, on lui coupe le nez et les oreilles puis il est envoyĂ© Ă  Ecbatane et exĂ©cutĂ© (-329).

Pendant prĂšs de deux ans Alexandre lutte en Sogdiane et en Bactriane contre des satrapes rĂ©voltĂ©s, contre les peuples des Sakas et des MassagĂštes contre lesquels CratĂšre va s’illustrer. SpitamĂ©nĂšs, le satrape ayant livrĂ© Bessos, se rĂ©volte et massacre plusieurs garnisons macĂ©doniennes. Il inflige mĂȘme un cuisant Ă©chec militaire Ă  des officiers d’Alexandre sur le fleuve Polytimetos (Zeravchan dans l’actuel OuzbĂ©kistan). La rĂ©action d'Alexandre aprĂšs cette dĂ©faite est extrĂȘmement significative du profond dĂ©sarroi de l'armĂ©e puisqu'il interdit, sous peine de mort, aux rescapĂ©s de ce dĂ©sastre de divulguer la rĂ©alitĂ©[55]. AprĂšs avoir hivernĂ© (-329/-328) Ă  Bactres, Alexandre repart pour la Sogdiane qui s’agite quand SpitamĂ©nĂšs reparait en Bactriane et surprend dans une embuscade la garnison de Zariapsa.

C’est en ce dĂ©but d’annĂ©e -328 que se dĂ©roule un Ă©pisode qu’Alexandre va profondĂ©ment regretter, le meurtre de Cleithos. Ce dernier, parfois prĂ©sentĂ© comme le frĂšre de lait du roi, est un de ses plus fidĂšles compagnons et lui sauve mĂȘme la vie lors de la bataille du Granique. Lors d’un banquet se terminant souvent en ivrognerie gĂ©nĂ©ralisĂ©e, scĂšne dont Alexandre semble familier, les auteurs antiques sont unanimes sur ce point, Cleithos porte les exploits de Philippe II au dessus de ceux de son fils. Celui-ci ne le supporte pas et dans un accĂšs de rage tue son ami de sa main. DĂ©grisĂ©, Alexandre pleure longuement Cleithos et lui fait faire de grandioses funĂ©railles. Cependant ce sĂ©jour dans les provinces orientales de l’ancien Empire achĂ©mĂ©nide pĂšse fortement sur l’entourage du roi. Quand Alexandre tente d’imposer l’étiquette perse aux MacĂ©doniens, en particulier le fait de se prosterner devant lui (proskynĂšse), une protestation portĂ©e par CallisthĂšne, le neveu d’Aristote et historiographe du roi, semble approuvĂ©e par de nombreux compagnons du roi. Alexandre d’ailleurs cĂšde et ne maintient cette Ă©tiquette que pour ses sujets asiatiques mais la part qu’il donne Ă  ces derniers dans l’armĂ©e et l’administration suscite des mĂ©contentements dans son entourage proche. Le complot des pages, nĂ© du dĂ©sir de vengeance personnelle d’un de ces jeunes gens entourant et servant le roi qui s’estimait injustement puni, rĂ©vĂšle cependant que parmi ses compagnons de jeunesse, nourris comme lui aux sources de la philosophie grecque, certains jugent insupportables ses nouvelles exigences et commencent Ă  le considĂ©rer comme un tyran. CallisthĂšne qui avait raillĂ© les prĂ©tentions d’Alexandre Ă  la divinitĂ© est exĂ©cutĂ© lors de la rĂ©pression qui fait suite Ă  ce complot.

L’insaisissable SpitamĂ©nĂšs succombe finalement Ă  la trahison des MassagĂštes qui au cours de l’hiver -328/-327, alors qu’Alexandre est Ă  Nautaca (sud-est de l’actuelle Boukhara), envoient sa tĂȘte au roi de MacĂ©doine. Le printemps -327 est occupĂ© Ă  dĂ©truire les derniers Ăźlots de rĂ©sistance, rĂŽle dont s’acquitte CratĂšre, et Ă  rĂ©organiser l’empire dans cette rĂ©gion. À la place d’Artabaze, satrape de Bactriane ralliĂ© depuis longtemps Ă  Alexandre mais qui est trĂšs ĂągĂ© demande Ă  ĂȘtre relevĂ© de son commandement, Alexandre nomme un macĂ©donien. Enfin, il Ă©pouse en -327 la fille d’OxyartĂšs, Roxane. Le roi fonde aussi Alexandria Eskhate (actuelle Khodjent), sur le fleuve IaxartĂšs (Syr-Daria), qui marque le point le plus au nord de son pĂ©riple.

L’Inde et la fin du pĂ©riple

Peinture de Charles Le Brun montrant Alexandre et Pûru lors de la bataille de l'Hydaspe.

L’Inde pour les MacĂ©doniens et les Grecs est une contrĂ©e mystĂ©rieuse connue par les textes d’HĂ©catĂ©e de Milet et d’HĂ©rodote ainsi que ceux de CtĂ©sias, mĂ©decin Ă  la cour d’ArtaxerxĂšs II. Ces auteurs ont sans doute utilisĂ© la relation du voyage qu’y fit Scylax de Caryanda sur ordre de Darius Ier. La vallĂ©e de l’Indus est thĂ©oriquement sous le contrĂŽle de l’empire achĂ©mĂ©nide depuis cette Ă©poque mais en rĂ©alitĂ© la frontiĂšre du pouvoir perse se limite aux Paraponisades. Quant Ă  la vallĂ©e du Gange et au plateau du Deccan ils sont inconnus. Cependant des relations existent puisque l’on trouve dans les armĂ©es perses quelques Ă©lĂ©phants et des contingents indiens.

Alexandre avait-il l’intention d’intervenir en Inde ? Il ne fait guĂšre de doute que le but premier du roi est de restaurer Ă  son profit les limites de l'empire de Darius Ier et d'en tirer les profits commerciaux inhĂ©rents. Ce qui semble probable est qu’il ait Ă©tĂ© aisĂ©ment convaincu, alors qu’il guerroie encore en Sogdiane, par Taxile, l’un des roitelets de la vallĂ©e septentrionale de l’Indus, d’intervenir contre son ennemi PĂŽros qui rĂšgne sur le royaume de Paurava Ă  l’est de l’Hydaspe et qui menace le PanjĂąb. Alexandre est conseillĂ© aussi par un prince indien, Sisicottos, qui aprĂšs avoir suivi la fortune de Bessos s’est ralliĂ© au conquĂ©rant. Le projet d'Alexandre est probablement plus ancien cependant puisqu'au printemps -329 il fonde une Alexandrie-du-Caucase (au nord de l'actuelle Kaboul) ce qui illustre clairement sa volontĂ© de disposer d'une base arriĂšre pour son expĂ©dition. Enfin le rappel d'un marin comme NĂ©arque en -329/-328[56] semble prouver qu'Ă  ce moment Alexandre envisage dĂ©jĂ  une expĂ©dition maritime entre l'Inde et le golfe Persique.

Souhaite-t-il continuer au delĂ  de l'Indus ? A-t-il une ambition mondiale [57]? De nombreux historiens[58] estiment que son expĂ©dition vers le Gange, interrompue par la sĂ©dition de ses soldats sur l'Hyphase, avait pour but de s'emparer des bases commerciales indiennes (de la mĂȘme façon qu'en -323, peu avant sa mort, il prĂ©parait probablement une expĂ©dition vers les ports arabes du golfe Persique) mais que l'objectif premier Ă©tait bien le retour par la vallĂ©e de l'Indus, puis l'OcĂ©an et le golfe Persique. Tout conduit par consĂ©quent Ă  admettre que, dans la droite ligne de son refus des propositions de paix faites par Darius III en -332 et -331, Alexandre avait dĂ©jĂ  une idĂ©e relativement prĂ©cise de ses objectifs globaux (devenir le maĂźtre de l'ensemble des territoires qui avaient Ă©tĂ© un jour achĂ©mĂ©nides et contrĂŽler l'ensemble des grandes routes commerciales), mĂȘme si leur application dans le dĂ©tail restait beaucoup plus imprĂ©cise[59].

La conquĂȘte du nord-ouest de l’Inde (Ă©tĂ© -327 / Ă©tĂ© -326)

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de l'Hydaspe.
Parcours de l’armĂ©e d’Alexandre le Grand en Bactriane, en Sogdiane, puis le long de la vallĂ©e de l’Indus jusqu’à l’ocĂ©an Indien.

Au printemps -327, Alexandre part de Bactres Ă  la tĂȘte d’une armĂ©e considĂ©rable, sans doute 120 000 personnes dont au moins 60 000 soldats, le reste Ă©tant constituĂ© d’esclaves, de serviteurs mais aussi de femmes et d’enfants[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Les Grecs et MacĂ©doniens ne reprĂ©sentent guĂšre que la moitiĂ© des effectifs combattants. Le roi de MacĂ©doine en effet a recrutĂ© des Asiatiques qui sont organisĂ©s dans des unitĂ©s sur le modĂšle macĂ©donien.

Alexandre repasse donc les monts Paraponisades et se rend Ă  Alexandrie-du-Caucase (actuelle Bagram prĂšs de Kaboul). LĂ  il reçoit le renfort du roi de Taxila qui lui offre quelques Ă©lĂ©phants de guerre. Puis il charge HĂ©phaestion et Perdiccas de soumettre les peuples vivant sur la rive sud du Cophen (la riviĂšre qui descend de la vallĂ©e de l’actuelle Kaboul vers l’Indus) tandis que lui s’occupe de la rive septentrionale (Ă©tĂ© -327). Si la conquĂȘte de la rive sud se dĂ©roule sans trop d’encombre, ses deux gĂ©nĂ©raux atteignant l’Indus avant lui, Alexandre est confrontĂ© aux AssacĂšnes (Açvakas) qui offrent une forte rĂ©sistance. La prise de leur ville forte Aornos lui donne du fil Ă  retordre. Finalement il atteint l’Indus oĂč HĂ©phaestion et Perdiccas ont construit un pont et celui-ci est franchi au printemps -326. L’armĂ©e se repose alors Ă  Taxila la capitale de Taxile. Peu aprĂšs, l’armĂ©e s’ébranle pour combattre PĂŽros qui surveille l’Hydaspe (actuel Jhelum l’un des affluents de l’Indus) avec une armĂ©e nombreuse, forte de 200 Ă©lĂ©phants de guerre. Alexandre manƓuvre une fois de plus avec habiletĂ© car laissant CratĂšre avec le gros des troupes, il traverse avec sa cavalerie et ses hypaspistes le fleuve dans une rĂ©gion boisĂ©e environ 150 stades en amont (environ 30 km) afin de prendre PĂŽros Ă  revers. La victoire est totale, mais c’est une bataille d’une grande violence. BucĂ©phale meurt lors de cette bataille et en son honneur, Alexandre fonde sur son tombeau la ville de BucĂ©phalie (ou BoukĂȘphalia).

Poursuivant sa politique d’intĂ©gration des chefs locaux, Alexandre laisse PĂŽros en place, conquis par la noblesse de celui-ci, avec un territoire plus vaste que celui qu’il avait Ă  l’origine. Une rĂ©volte sur ses arriĂšres de la part des AssacĂšnes l’oblige Ă  envoyer des troupes dirigĂ©es par Philippe et TyriaspĂšs tandis que lui-mĂȘme parcourt le PanjĂąb actuel y soumettant les divers peuples qui y vivent. Alexandre pense alors franchir l’Hyphase (actuel Sutlej, fleuve le plus oriental de la vallĂ©e de l’Indus) pour atteindre la vallĂ©e du Gange et l’OcĂ©an extĂ©rieur.

Mais Ă  l’automne -326, sur les rives de ce fleuve, Alexandre doit affronter une levĂ©e de boucliers des Grecs et des MacĂ©doniens et le roi ne parvient pas Ă  les convaincre d’aller plus loin. AprĂšs s’ĂȘtre enfermĂ© trois jours sous sa tente, le ConquĂ©rant est obligĂ© de se plier aux volontĂ©s de ses soldats et donne l’ordre du retour. Il fait Ă©riger douze autels monumentaux pour chacun des douze principaux dieux de l’Olympe, ainsi qu’un camp artificiellement agrandi jusqu’au triple de ses dimensions normales, marquant le point extrĂȘme de sa progression Ă  l’est. Il fait apposer une inscription : « Ici s’est arrĂȘtĂ© Alexandre Â». Cet Ă©pisode est rĂ©vĂ©lateur de la coupure qui s’est crĂ©Ă©e entre le roi et ses troupes. Certains de ses officiers, les Ă©pisodes de la mort de Philotas et de Cleithos le rappellent, sont hostiles Ă  un mode de gouvernement de plus en plus personnel et autocratique, sur le modĂšle asiatique. Mais les soldats quant Ă  eux sont, au moins pour les survivants du dĂ©but de l’expĂ©dition, physiquement extĂ©nuĂ©s[60]. Il y a de plus pour les soldats un dĂ©sir lĂ©gitime de revoir leur famille et de jouir du butin accumulĂ©[61].

La conquĂȘte de la vallĂ©e de l’Indus (automne -326 / printemps -325)

Alexandre dĂ©cide ensuite de soumettre toute la vallĂ©e de l’Indus. Il fait construire une flotte, prĂȘte Ă  l’automne -326 oĂč il embarque avec une partie de son armĂ©e, pour descendre l’Hydaspe puis l’AcĂ©sine afin de rejoindre l’Indus. Cette flotte est construite avec la contribution financiĂšre de nobles de la cour et de l’état-major du roi. Elle est dirigĂ©e par NĂ©arque avec des Ă©quipages essentiellement phĂ©niciens et grecs suite aux renforts qu’Alexandre vient de recevoir. Avant le dĂ©part, et malgrĂ© la mort de CƓnos un des chefs militaires les plus populaires et un des plus fidĂšles compagnons d’Alexandre, une assemblĂ©e des princes locaux reconnaĂźt PĂŽrĂŽs comme souverain, sous la suzerainetĂ© du roi de MacĂ©doine et de l’empire perse. Alexandre embarque avec lui les archers, les hypaspistes et les cavaliers de sa garde cependant que CratĂšre longe la rive droite et HĂ©phaestion, avec l’essentiel de l’armĂ©e, descend le long de la rive gauche.

À l’embouchure de l’Hydaspe et de l’Acesine des rapides endommagent la flotte qui doit rĂ©parer. Certains peuples se soumettent rapidement mais d’autres comme les Malliens et les Oxydraques refusent. Vers la mi-novembre -326, le ConquĂ©rant soumet les Malliens, mais commet la faute d’attaquer une ville de brahmanes, ce qui provoque une rĂ©bellion qui se propage rapidement avant d’ĂȘtre rĂ©duite par Peithon. Au cours de cet engagement, il est assez sĂ©rieusement blessĂ©, au point que l’armĂ©e croit en sa mort. Il doit faire ouvrir les rideaux de la cabine de son navire pour rassurer ses troupes.

Alexandre, trop empreint de culture grecque, ne comprendra jamais le systĂšme de castes indien, et finit par rejoindre l’embouchure de l’Indus aprĂšs une violente campagne de rĂ©pression[62]. Les MacĂ©doniens sont effrayĂ©s par le phĂ©nomĂšne des marĂ©es, quasi inconnu en Mer MĂ©diterranĂ©e, ce qui n’empĂȘche pas Alexandre d’établir un port, des arsenaux, des citernes dans un port construit au sud de la ville de Pattala, preuve qu’il s’agit pour lui d’un territoire destinĂ© Ă  ĂȘtre incorporĂ© Ă  son empire.

Le difficile retour (juillet -325 / décembre -325)

Alexandre, pour son retour vers Babylone, divise son armĂ©e en trois corps (juillet -325). NĂ©arque avec une flotte d’une centaine de navires, 2 000 marins et 12 000 soldats, est chargĂ© de rouvrir la route maritime entre l’Indus et l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate. CratĂšre quant Ă  lui a dĂ©jĂ  quittĂ© (en juillet) la vallĂ©e de l’Indus avec la moitiĂ© de la phalange (quatre taxes), les Ă©lĂ©phants et les vĂ©tĂ©rans dĂ©sirant retourner en MacĂ©doine. Il remonte par l’Arachosie et la Drangiane (sud de l’Afghanistan actuel) et doit retrouver Alexandre en Carmanie (rĂ©gion qui correspond au sud de l’Iran vers le dĂ©troit d'Ormuz). Sans doute s’agit-il pour Alexandre de montrer ses troupes dans des rĂ©gions soumises depuis peu, Ă  proximitĂ© Ă©galement de la Bactriane oĂč les colons militaires viennent de se rĂ©volter[63].

Alexandre sur son cheval Bucéphale, bronze, musée national étrusque de la villa Giulia (Rome)

Alexandre choisit pour le retour l’itinĂ©raire le plus difficile en longeant la cĂŽte de la GĂ©drosie (actuel Balouchistan pakistanais). Il s’agit de soutenir la flotte de NĂ©arque en Ă©tablissant des dĂ©pĂŽts de vivre. Depuis Patala sur l’Indus, il gagne avec 25 000 hommes l’actuelle rĂ©gion de KarĂąchi oĂč le peuple des Arabites capitule sans combattre. Puis Alexandre atteint la vallĂ©e du Purali dont il soumet les habitants, les Orites. La cĂŽte Ă©tant trop misĂ©rable pour approvisionner la troupe, Alexandre doit demander de l’aide aux GĂ©drosiens de l’intĂ©rieur du pays. Alexandre divise alors son armĂ©e en deux corps ; celui commandĂ© par LĂ©onnatos doit suivre l’itinĂ©raire traditionnel des caravanes, plus au nord, et faire sa jonction avec Alexandre Ă  Pura, capitale de la GĂ©drosie. Alexandre avec 12 000 hommes, dont ses troupes d’élite et un convoi de femmes et d’enfants, traverse la GĂ©drosie par le dĂ©sert du Makran qui longe le littoral[64]. Or au moment oĂč Alexandre entre dans le dĂ©sert, les GĂ©drosiens et les Orites se rĂ©voltent ; il n’obtient donc pas les vivres promis. Le dĂ©sert de Makran est une rĂ©gion particuliĂšrement isolĂ©e, couverte de marĂ©cages salĂ©s, comptant peu d’oasis, en tout cas avec des ressources insuffisantes pour un tel effectif. Une grande partie du convoi avec les femmes, les enfants et les attelages est emportĂ© par la brusque montĂ©e d’un torrent. La troupe met deux mois pour accomplir 700 km entre la vallĂ©e du Purali et Pura. Alexandre rallie la ville de Pura en dĂ©cembre -325. Il y est rejoint par le contingent de LĂ©onnatos qui a entre-temps fondĂ© Alexandrie des Orites. MalgrĂ© la saison des pluies, plus de 6 000 personnes seraient mortes de soif et d’épuisement durant cette marche dans le dĂ©sert du Makran[65], d’autant qu’une partie des rĂ©serves de grain est dĂ©posĂ©e dans des fortins au bord de la mer pour approvisionner la flotte. Ce voyage est le plus Ă©prouvant de toute l’expĂ©dition d’Alexandre et entraĂźne un grand nombre de dĂ©cĂšs par Ă©puisement, soif et sous-alimentation ; tous les chevaux et les bĂȘtes de sommes meurent au cours de ce pĂ©riple. D’autant que cette souffrance a Ă©tĂ© inutile : jamais Alexandre ne parvient Ă  Ă©tablir le contact avec la flotte de NĂ©arque.

En Carmanie, Alexandre est rejoint par CratĂšre. ImmĂ©diatement Alexandre est confrontĂ© Ă  des rĂ©criminations de toutes sortes sur les officiers qui ont gouvernĂ© l’empire en son absence. Les abus de ses satrapes sont les signes d’un malaise assez comprĂ©hensible en cette pĂ©riode troublĂ©e et que l’éloignement du roi ont favorisĂ©. Deux stratĂšges de MĂ©die, ClĂ©andre et SitalcĂšs, sont exĂ©cutĂ©s ainsi plus tard qu’HĂ©racon. Il s’agit des officiers qui avaient Ă©tĂ© chargĂ©s de tuer ParmĂ©nion[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Quant Ă  la flotte, elle part avec un mois de retard sur les plans initiaux, Ă  cause des vents de mousson, le 23 octobre -325. Elle longe la cĂŽte de la mer d’ÉrythrĂ©e (actuelle mer d’Oman), pour rallier l’Euphrate. PilotĂ©e par NĂ©arque, avec pour second OnĂ©sicrite (le futur rĂ©dacteur de l’AlexandropĂ©die), elle explore la cĂŽte avec minutie, et rencontre notamment des baleines pour la premiĂšre fois. ConfrontĂ©e Ă  plusieurs tempĂȘtes, qui coulent trois navires au moins, NĂ©arque est aussi obligĂ© de maintenir la flotte Ă  la mer jour et nuit car il craint les dĂ©sertions. Il est impossible de se ravitailler Ă  terre sur la cĂŽte de la GĂ©drosie, le pays des misĂ©rables Ichtyophages (« mangeurs de poisson Â»). En outre les dĂ©pĂŽts laissĂ©s par Alexandre sont attaquĂ©s par les Orites. Les seuls aliments proviennent donc de la mer ; ce qui prend au dĂ©pourvu la flotte, laquelle souffre de la faim. Finalement aprĂšs 1 300 km et 80 jours de navigation, NĂ©arque parvient Ă  Harmozia (Ormuz) en face du promontoire de MacĂ©ta (actuel Émirats arabes unis). NĂ©arque quitte alors la flotte et se rend au devant d’Alexandre qui le reçoit avec des transports d’allĂ©gresse, persuadĂ© de la disparition de sa flotte. NĂ©arque repart ensuite jusqu’aux bouches de l’Euphrate (dĂ©cembre -325) et rallie Suse.

La derniÚre année du rÚgne

Les noces de Suse et la mutinerie d’Opis (hiver / printemps -324)

L’empire d’Alexandre

De Carmanie, Alexandre se rend au dĂ©but de l’annĂ©e -324 Ă  Pasargades avec des troupes lĂ©gĂšres tandis qu’HĂ©phaestion poursuit le voyage avec le gros de l’armĂ©e le long des cĂŽtes de la Perse. C’est Ă  ce moment qu’il entreprend de restaurer le tombeau de Cyrus le Grand, lequel avait Ă©tĂ© pillĂ© en son absence, et de punir les coupables. Il se dĂ©barrasse aussi de plusieurs satrapes tel BaryaxĂšs qui s’était proclamĂ© Grand Roi ou OrxinĂšs en Perse dont la fidĂ©litĂ© Ă©tait sujette Ă  caution. Puis il arrive Ă  Suse.

C’est Ă  ce moment qu’interviennent les fameuses noces de Suse. Cet Ă©pisode est un acte symbolique trĂšs solennel rĂ©vĂ©lateur de la volontĂ© du roi de fondre en un seul peuple les MacĂ©doniens et Grecs ainsi que les Asiatiques. C’est ainsi que dix mille de ses compagnons Ă©pousent le mĂȘme jour des femmes asiatiques. Alexandre y Ă©pouse Stateira, fille aĂźnĂ©e de Darius III, tandis qu’HĂ©phaestion Ă©pouse une de ses sƓurs cadettes. Les mariages se font Ă  la mode perse, ce qui ne manque pas de provoquer la dĂ©sapprobation des MacĂ©doniens (qui ont dĂ©jĂ  vu leur roi s’unir Ă  Roxane) qui en concluent qu’Alexandre s’éloigne des coutumes grecques pour adopter une mentalitĂ© « barbare Â». Le conquĂ©rant marque Ă©galement la volontĂ© d’intĂ©grer de jeunes Perses Ă  son armĂ©e. Pour calmer la grogne Alexandre paye les dettes de ses soldats et offre en un geste symbolique des couronnes d’or Ă  ses gĂ©nĂ©raux.

Ces gestes sont insuffisants pour Ă©viter qu’une rĂ©volte des vĂ©tĂ©rans n’éclate Ă  Opis (au nord de Babylone). L’élĂ©ment dĂ©clencheur est bien cette place nouvelle qui est accordĂ©e par Alexandre Ă  ses troupes asiatiques. Ainsi la crĂ©ation d’une cinquiĂšme hipparchie composĂ©e d’Asiatiques dans le corps des hĂ©tĂšres est-elle mal ressentie. Aussi le jour mĂȘme oĂč Alexandre libĂšre 10 000 vĂ©tĂ©rans Ă©clate la mutinerie. Il lui est demandĂ© de donner congĂ© Ă  tous, d’entreprendre de nouvelles conquĂȘtes tout seul, ou avec son pĂšre Amon. Cette remise en cause de son origine divine le rend fou de rage et Alexandre se prĂ©cipite sur les mutins avec ses hypaspistes. Il fait exĂ©cuter treize des meneurs et reprend, par un discours habile oĂč il flatte l’orgueil de ses hommes, le contrĂŽle de la situation. Il se retire ensuite sous sa tente et ne s’adresse plus qu’aux Perses refusant de parler aux MacĂ©doniens. Ceux-ci supplient alors le roi de leur rendre leur place auprĂšs de lui et promettent de le suivre oĂč il voudra les conduire.

Cette rĂ©conciliation thĂ©Ăątrale prouve l’habiletĂ© du roi qui conserve son ascendant sur ses troupes tout en atteignant ses objectifs puisque les Asiatiques restent dans l’armĂ©e. Mais cette mutinerie Ă©claire bien la distance qu'il y a entre les projets du roi et les dĂ©sirs de ses troupes fatiguĂ©es. À Opis les troupes s'aperçoivent qu'Alexandre a bien l'intention « d'Ă©tablir pour toujours en Asie le centre de son royaume. Â»[66]. Les nouvelles entreprises du roi apparaissent aux yeux de ses soldats comme de plus en plus personnelles et ils s'en estiment de moins en moins solidaires. Cette rĂ©sistance de l'armĂ©e Ă  la politique de fusion avec les troupes asiatiques constitue assurĂ©ment le plus grave Ă©chec d'Alexandre.

Plusieurs milliers de vĂ©tĂ©rans sont libĂ©rĂ©s et rentrent en MacĂ©doine, commandĂ©s par CratĂšre et Polyperchon. CratĂšre est chargĂ© de remplacer Antipater en MacĂ©doine, en conflit permanent avec Olympias, et dont Alexandre semble Ă  ce moment se mĂ©fier, tandis qu’Antipater doit emmener en Asie de nouvelles recrues pour les projets futurs du roi (Ă©tĂ© -324).

Ultimes desseins (été -324 / printemps -323)

D’Opis par la vallĂ©e du Zagros, Alexandre se rend Ă  Ecbatane. C’est lĂ , au cours de l’hiver -324, que meurt le favori d’Alexandre, HĂ©phaestion, probablement de maladie. La douleur du roi est assimilĂ©e par les historiens antiques Ă  celle d’Achille sur le corps de Patrocle. Alexandre rend Ă  son compagnon des honneurs quasi royaux. Mais les tĂąches royales reprennent vite le dessus et une derniĂšre campagne est organisĂ©e contre les habitants du Lorestan actuel (sud-ouest de l’Iran) et contre les Ouxiens montagnards que les Perses n’avaient jamais totalement soumis.

PiĂšce de PtolĂ©mĂ©e avec Alexandre portant un scalp d’élĂ©phant, symbole de sa conquĂȘte de l’Indus.

Alexandre se rend ensuite Ă  Babylone au printemps -323. En chemin il reçoit des ambassades venues de GrĂšce. Les AthĂ©niens en particulier protestent contre un dĂ©cret d’Alexandre ordonnant le rappel des bannis et contre celui rĂ©clamant pour le roi les honneurs divins. Le dĂ©cret sur les bannis sera l’un des prĂ©textes au dĂ©clenchement de la guerre lamiaque Ă  la mort du roi.

Alexandre multiplie les rencontres avec des ambassades venues des pays limitrophes de son empire (Libye, CyrĂ©naĂŻque, Celtes des Balkans, sans doute Carthaginois) sans qu’il soit possible de dĂ©terminer avec prĂ©cision quels sont ses objectifs. Le voyage de NĂ©arque ayant montrĂ© combien les communications maritimes avec la partie orientale de l’empire Ă©taient plus aisĂ©es que les communications terrestres, Alexandre ordonne l’exploration des mers limitrophes. Ainsi HĂ©raclide est-il envoyĂ© explorer la mer Caspienne et trois expĂ©ditions successives sont envoyĂ©es reconnaĂźtre les cĂŽtes de l’Arabie. Les deux premiĂšres, celle d’Archias, et celle d’AndrosthĂšne ne dĂ©passent pas l’üle de Tylos (actuelle Ăźle de BahreĂŻn). Celle d’HiĂšron de Soles atteint sans doute le golfe de Suez. Cette reconnaissance totale des cĂŽtes de la mer Rouge Ă  l’embouchure de l’Indus va donner Ă  Alexandrie un rĂŽle pivot dans le dĂ©veloppement des relations commerciales entre la mer ÉgĂ©e, et donc la GrĂšce, et l’Asie.

Les historiens ne s’accordent pas sur ses derniers desseins. Plusieurs auteurs anciens affirment qu'Alexandre caresse le projet de conquĂ©rir le bassin occidental de la mer MĂ©diterranĂ©e[67]. Il est plausible en effet qu’il ait envisagĂ© de se tourner vers la mer MĂ©diterranĂ©e occidentale, en particulier vers Carthage. Perdiccas l'affirme devant les troupes peu aprĂšs le dĂ©cĂšs du roi. Ce qui est certain c’est qu’une expĂ©dition est envisagĂ©e pour le 20 du mois de DĂŠsios (5 juin -323) que les sources antiques orientent vers le sud de la Libye afin d’atteindre l’Occident. S’agit-il, sinon de s’aventurer en Arabie, plus vraisemblablement d’assurer la prospĂ©ritĂ© et la durĂ©e de son empire par la maĂźtrise des mers environnantes ? La question que se posent les historiens contemporains est donc de comprendre s'il y a deux projets distincts, la conquĂȘte de la MĂ©diterranĂ©e orientale d'une part et le contrĂŽle des cĂŽtes de l'Arabie et de la mer Rouge d'autre part, ou s'il ne s'agissait que d'un seul et mĂȘme projet Ă  savoir relier Alexandrie du Tigre Ă  Alexandrie en Égypte puis de lĂ  poursuivre vers Carthage et la Sicile[16]

Auparavant Alexandre consacre les derniĂšres semaines de sa vie Ă  parcourir les canaux de l’Euphrate et Ă  faire exĂ©cuter des travaux destinĂ©s Ă  rĂ©guler les inondations. Puis il revient Ă  Babylone et reçoit, tel un dieu, les thĂ©ores (Ă©missaires) envoyĂ©s par les citĂ©s grecques.

Les derniers jours (juin -323)

Alexandre a-t-il Ă©tĂ© empoisonnĂ© ? Cette rumeur qui accuse Cassandre et Iolas, les fils d’Antipater (Iolas, Ă©chanson du roi, est le suspect idĂ©al), est Ă©voquĂ©e par les auteurs de la Vulgate d’Alexandre, sans toutefois qu’ils la cautionnent vĂ©ritablement[68] ; elle est contestĂ©e par Arrien et Plutarque[69].

Suite Ă  des dĂ©saccords dans la politique Ă  mener en GrĂšce et aux conflits avec Olympias, Alexandre compte en effet relever Antipater de la rĂ©gence de MacĂ©doine pour le remplacer par le fidĂšle CratĂšre. Cependant cette rumeur, fomentĂ©e par Olympias, se rĂ©pand plusieurs annĂ©es aprĂšs la mort d’Alexandre, Ă  une Ă©poque oĂč les diadoques se dĂ©chirent dĂ©jĂ  et oĂč la volontĂ© de discrĂ©diter les concurrents potentiels est forte. Cette hypothĂšse est bien entendu invĂ©rifiable de nos jours mais il est plus vraisemblable pour les historiens modernes qu’Alexandre soit mort de la malaria, dans sa forme la plus aiguĂ« (Plasmodium falciparum), qui plus est, sur un organisme fatiguĂ© par les blessures et les excĂšs de boisson. Cette saison de fin de printemps dans la rĂ©gion marĂ©cageuse que constitue le sud de l’Irak actuel est Ă©galement propice Ă  une telle maladie. Des hypothĂšses plus rĂ©centes datant de la fin du XXe siĂšcle estiment qu’Alexandre a pu mourir du virus du Nil occidental[70] ou d’une fiĂšvre typhoĂŻde[71].

Plutarque et Arrien ont Ă©crit, d’aprĂšs les ÉphĂ©mĂ©rides royales, le dĂ©tail des derniers jours du roi entre le 15 et le 28 du mois de DĂŠsios (27 mai au 10 juin)[72]. Selon Plutarque, Alexandre est troublĂ© par la multiplication de signes funestes. Ainsi, lors de la navigation sur l’Euphrate, un coup de vent emporte le diadĂšme royal tandis qu’à Babylone, un inconnu ose s’asseoir sur le trĂŽne d’Alexandre, geste qu’il paye de sa vie. Puis les fĂȘtes et les soirĂ©es de beuveries, dont est coutumier le roi, reprennent. Ainsi, les 16 et 17 DĂŠsios, Alexandre passe de banquets en banquets chez NĂ©arque puis chez un hĂ©tĂšre thessalien du nom de MĂ©deios de Larissa.

Le 18 au matin (30 mai -323), il est pris d’une fiĂšvre qui va durer jusqu’à son dĂ©cĂšs. Les premiers jours, jusqu’au 22 DĂŠsios (4 juin), il continue Ă  donner des ordres et Ă  surveiller les prĂ©paratifs de son expĂ©dition mais, Ă  partir du 23, l’aggravation de son Ă©tat l’en rend incapable. Le 25 DĂŠsios, il perd l’usage de la parole et ne peut parler Ă  ses officiers, qu’il reconnaĂźt cependant. Une terrible fiĂšvre s’empare de lui Ă  partir de la nuit du 25 au 26 DĂŠsios. Le 27, les soldats le croyant mort exigent de le voir et dĂ©filent devant le roi, sans armes, lequel salue chaque homme d’un mouvement de tĂȘte ou d’un clignement des yeux.

Alexandre le Grand meurt le 28 DĂŠsios au soir, c’est-Ă -dire le 10 juin -323, Ă  l’ñge de 32 ans Ă  Babylone.

Le tombeau d'Alexandre

Article dĂ©taillĂ© : Tombeau d'Alexandre le Grand.

Le cadavre embaumĂ© d’Alexandre devient l'enjeu d'un conflit entre ses diadoques. L'un d'eux, Perdiccas, fidĂšle Ă  Roxane et Ă  Alexandre IV, dĂ©cide dans un premier temps de le rapatrier Ă  AigĂ©ai, l'ancienne capitale de MacĂ©doine, lĂ  oĂč reposent les ancĂȘtres du conquĂ©rant. Le corps est ainsi placĂ© dans un premier sarcophage anthropoĂŻde en or, enfermĂ© Ă  son tour dans un deuxiĂšme cercueil dorĂ©, un drap pourpre recouvrant le tout. L'ensemble est disposĂ© sur un char d'apparat surmontĂ© d'un toit que soutient un pĂ©ristyle ionique[73]. PtolĂ©mĂ©e Ier Soter n'hĂ©site pas Ă  attaquer la procession funĂ©raire pour s'approprier le sarcophage et l'exposer Ă  la dĂ©votion Ă  Memphis. Selon le pseudo-CallisthĂšne, le cadavre est ensuite transportĂ© Ă  Alexandrie vers -280, Ă  l'aide d'un coffre de plomb par PtolĂ©mĂ©e II. Ce dernier le place Ă  l'intĂ©rieur d'un temple dans un nouveau sarcophage recouvert d'or. PtolĂ©mĂ©e IV Philopator enfin fait construire un mausolĂ©e somptueux (le SĂŽma) dans lequel il expose la dĂ©pouille d'Alexandre. Dans La Pharsale de Lucain[74], on apprend que le monument se dresse sur un tumulus et a la forme d'une tour de marbre surmontĂ©e d'un dĂŽme pyramidal. Tout autour sont amĂ©nagĂ©es de petites chapelles destinĂ©es Ă  recevoir les corps des rois lagides, l'ensemble Ă©tant protĂ©gĂ© par une enceinte murĂ©e qui dĂ©limite le tĂ©mĂ©nos. Il est presque certain que le SĂŽma se trouvait quelque part Ă  l'intersection de la voie Canopique, qui traverse la ville selon un axe nord-est sud-ouest depuis la porte du Soleil jusqu'Ă  la porte de la Lune, et de l'autre voie principale orientĂ©e nord-sud qui relie la presqu'Ăźle de Lochias au lac MarĂ©otis.

Pour Strabon[75], le monument fait mĂȘme partie de la basilique. PtolĂ©mĂ©e IX, Ă  court d'argent selon Antiochos Grypus, fit remplacer en -89 le cercueil d'or par un cercueil de verre ou d'albĂątre translucide[76]. Le cadavre embaumĂ© y reste plusieurs centaines d'annĂ©es et devient un objet de visite pour un grand nombre d'hommes politiques, de gĂ©nĂ©raux tant grecs que romains. Ainsi, si l'on suit SuĂ©tone[77], l'empereur Auguste visite le tombeau et retire un instant le corps du sarcophage pour lui mettre avec respect une couronne d'or sur la tĂȘte et le couvrir de fleurs. La manipulation aurait malheureusement abĂźmĂ© le nez du cadavre.

La derniĂšre visite importante est celle de l'empereur Caracalla en 215. Ce dernier n'hĂ©site pas Ă  s'approprier la tunique, la bague et la ceinture du MacĂ©donien, la cuirasse, quant Ă  elle, ayant probablement dĂ©jĂ  Ă©tĂ© volĂ©e par Caligula. DĂšs le IVe siĂšcle, un tremblement de terre et divers vandalismes romains ayant probablement dĂ©gradĂ© le monument, l'emplacement du SĂŽma n'est plus connu. Les historiens et archĂ©ologues, malgrĂ© de nombreuses recherches et hypothĂšses, ignorent encore de nos jours son emplacement exact.

Bilan

Le bilan de l’Ɠuvre d’Alexandre le Grand est complexe Ă  rĂ©aliser parce qu’elle est inachevĂ©e.

Avec les peuples asiatiques, Alexandre accĂšde le plus souvent Ă  un statut de roi-dieu. Ainsi en Égypte il est pharaon, Horus vivant. À Babylone il est roi de par la volontĂ© du dieu principal de la citĂ©, Mardouk[78]. C’est pourquoi Alexandre, qui s’appuie sur les traditions asiatiques, cherche Ă  ĂȘtre honorĂ© comme un dieu par tous ses sujets. Il parait peu probable qu’il ait cru vĂ©ritablement ĂȘtre un dieu. HĂ©phaestion et lui en font mĂȘme un sujet de plaisanteries[79]. Mais il est convaincu de l’essence divine de sa mission et pense sincĂšrement qu’il est fils de dieu.

En principe, Alexandre parvient Ă  unifier son empire car tous les territoires conquis en Asie dĂ©pendent de l’autoritĂ© du roi mais derriĂšre cette souverainetĂ© totale se cache une grande diversitĂ© de statuts et de situations comme l’administration satrapique. Cela est la consĂ©quence directe de l’extraordinaire rapiditĂ© de la conquĂȘte.

Économiquement, Alexandre donne l’impression d’un souverain soucieux d’exploiter l’espace conquis et d’en rĂ©pertorier les richesses. Cela est peut-ĂȘtre dĂ» Ă  l’influence d’Aristote avec lequel il reste longtemps en contact. L’expĂ©dition du roi de MacĂ©doine est accompagnĂ©e de bĂ©matistes, Ă©claireurs chargĂ©s de recueillir les renseignements (topographiques) avant chaque bataille, et de les consigner par Ă©crit. Mais l’expĂ©dition d’Alexandre est aussi et avant tout une opĂ©ration prĂ©datrice de pillage caractĂ©risĂ© au bĂ©nĂ©fice de la seule MacĂ©doine, et, dans une moindre mesure de la GrĂšce. Les trĂ©sors pris reprĂ©sentent des sommes astronomiques mais les dĂ©penses de l’expĂ©ditions sont elles-mĂȘmes gigantesques si bien qu’à la mort du roi, malgrĂ© l’expansion commerciale, il ne reste d’aprĂšs Justin que 50 000 talents dans les caisses de l’État[80].

Le personnage d’Alexandre

Alexandre le Grand a inspiré de trÚs nombreuses représentations.

Peinture

Alexandre tranchant le nƓud gordien par Jean Simon BerthĂ©lemy.

Alexandre et ses conquĂȘtes ont Ă©tĂ© les sujets de nombreux tableaux et dessins, notamment par Charles Le Brun, Jan Bruegel l'Ancien et Jean Simon BerthĂ©lemy.

Littérature

  • Évocation par Plutarque dans ses Vies parallĂšles des hommes illustres.
  • Histoire de son rĂšgne dans l'Anabase d'Arrien, du IIe siĂšcle.
  • Il apparaĂźt dans BibliothĂšque historique de Diodore de Sicile.
  • Il est Ă©galement prĂ©sent dans AbrĂ©gĂ© des Histoires philippiques de Trogue PompĂ©e de Justin
  • Eskandar-Nameh (Le Livre d'Alexandre le Grand) de Nizami poĂšte persan.
  • Histoire d’Alexandre le Grand de Quinte-Curce.
  • AlexandrĂ©ide de Gautier de ChĂątillon, vers 1180.
  • Valerio Manfredi, Alexandre le Grand, trilogie :
    • I. - Le fils du songe,
    • II. - Les sables d'Amon,
    • III. - Les confins du monde.
  • Roger Peyrefitte, trilogie sur Alexandre le Grand, Ă©ditions Albin Michel :
    • I. - La Jeunesse d'Alexandre, 1977,
    • II. - Les ConquĂȘtes d'Alexandre, 1979,
    • III. - Alexandre le Grand, 1981 ;
  • Mary Renault, trilogie sur Alexandre le Grand, Ă©ditions Julliard :
    • I. - Le feu du ciel,
    • II. - L'enfant perse,
    • III. - Les jeux funĂ©raires ;
  • David Gemmel :
    • I. - Le Lion de MacĂ©doine,
    • II. - Le Prince noir.
  • Iana Iasova :
    • Alexandre de MacĂ©doine ("АлДĐșŃĐ°ĐœĐŽŃŠŃ€ МаĐșĐ”ĐŽĐŸĐœŃĐșĐž" - titre original)

Cinéma

Alexandre a été représenté de nombreuses fois au cinéma.

En 1956, Robert Rossen dirige Alexandre le Grand (Alexander the great) avec comme acteurs Richard Burton, Fredric March, Danielle Darrieux ou encore Claire Bloom[81].

En 1980, Theo Angelopoulos fait le film Alexandre le Grand.

Et enfin en 2004, Oliver Stone avec, Alexandre, oĂč Colin Farrell, Angelina Jolie, Val Kilmer ou encore Anthony Hopkins[82] racontent l’épopĂ©e du personnage.

Musique

La chanson Alexander the Great, sur le disque Somewhere in Time du groupe de heavy metal britannique Iron Maiden rend hommage Ă  ce personnage historique. Le dĂ©but de la chanson est introduit avec la citation suivante :

Mon fils, demande pour toi un autre royaume, car celui que je laisse est trop petit pour toi.
« My son ask for thyself another kingdom, for that which I leave is too small for thee. Â»
— Roi Philippe de MacĂ©doine

À noter que les termes thyself et thee sont des mots provenant de l’anglais moderne naissant. On les utilisait lorsque l’on voulait dĂ©signer Dieu ou une personne envers qui l’on avait une trĂšs grande estime.

Jeu

Il est le Roi de trĂšfle dans un jeu de carte traditionnel.

Annexes

Articles connexes

André Castaigne, Le Dressage de Bucéphale, 1899.

Liens externes

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Bibliographie

  • GĂ©rard Colin, Alexandre le Grand, Pygmalion, 2007 ;
  • Gustave Droysen, Alexandre le Grand, Complexe ;
  • Sous la direction d'Olivier Battistini et de Pascal Charvet pour la traduction, Alexandre le Grand, Histoire et dictionnaire, Robert Laffont, « Bouquins Â», Paris, 2004 (ISBN 222109784X) ;
  • Jacques LacarriĂšre, La LĂ©gende d'Alexandre, Gallimard, coll. « Folio Â», 2004 ;
  • Pierre Briant :
    • De la GrĂšce Ă  l'Orient, Alexandre le Grand, coll. DĂ©couvertes, Gallimard, 1988,
    • Alexandre le Grand, PUF, coll. « Que sais-je ? Â», Ă©ditions de 1974 et de 2002,
    • Alexandre le Grand : de la GrĂšce Ă  l'Inde, Gallimard, coll. « DĂ©couverte Â», 2005,
    • « Ă€ la poursuite de Darius Â», Historia no 697, 2005 ;
    • 'Lettre ouverte Ă  Alexandre le Grand, Actes Sud, 2008
  • Pierre Carlier, Le IVe siĂšcle grec jusqu’à la mort d’Alexandre, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l'AntiquitĂ© Â», Paris, 1996 (ISBN 2-02-013129-3)  ;
  • Jean Delorme, Le Monde hellĂ©nistique, SEDES, coll. « Regards sur l'Histoire Â», 1975 ;
  • Paul Goukowsky, Alexandre et la conquĂȘte de l'Orient dans Le monde grec et l'Orient, II, PUF, 1975 ;
  • Pierre Jouguet, L'impĂ©rialisme macĂ©donien et l'hellĂ©nisation de l'Orient, Albin Michel, coll. « L'Ă©volution de l'humanitĂ© Â», 1972 ;
  • Paul Faure, Alexandre, Fayard, 1985 ;
  • Dominique Joly (textes) et Antoine Ronzon (illustrations), La Fabuleuse Histoire d’Alexandre le Grand, Tourbillon, coll. « La fabuleuse histoire Â», Paris, 2005 (ISBN 2-84801-135-1) ;
  • Nikos Kalampalikis, Les Grecs et le mythe d’Alexandre. Étude psychosociale d’un conflit symbolique Ă  propos de la MacĂ©doine. Paris, L’Harmattan, 2007.
  • Jean-Claude Perrier, Alexandre le Grand, Éditions Hermann, coll. « Hermann Histoire Â», 2008.

Sources

  • Arrien, Anabase ;
  • Diodore de Sicile, BibliothĂšque historique [dĂ©tail des Ă©ditions] [lire en ligne], XVII ;
  • Justin, AbrĂ©gĂ© des Histoires philippiques de Trogue PompĂ©e ;
  • Quinte-Curce, Histoire d'Alexandre le Grand ;
  • Plutarque, Vies parallĂšles [dĂ©tail des Ă©ditions] [lire en ligne], Vie d'Alexandre
  • Plutarque (trad. Robert FlaceliĂšre, Émile Chambry), Vies ParallĂšles, vol. II, coll. « Bouquins Â», 2001 (ISBN 978-2221-093931), « Alexandre Â», p. 94-149  ;
  • Tabari (trad. du persan par Hermann Zotenberg), La Chronique. Histoire des prophĂštes et des rois, vol. I, Actes Sud / Sindbad, coll. « ThĂ©saurus Â», 2001 (ISBN 2-7427-3317-5), « De Salomon Ă  la chute des Sassanides Â», p. 78-82 (Histoire de Dsoul-QarnaĂŻn et construction du mur de YĂądjoudj et MĂądjoudj)  ;
  • Janick Auberger, Historiens d'Alexandre, Belles lettres, coll. « Fragments Â», 2001 (ISBN 978-2251-74200-7)  ;
  • Jacques LacarriĂšre, La lĂ©gende d'Alexandre, Folio n°3654, 2000, (ISBN 978-2070-417216) ;
  • Aline Tallet-Bonvalot, Le roman d'Alexandre, GF-Flammarion n°788, 1994, (ISBN 978-2080-707888) ;
  • Le Coran, La Caverne, XVIII, 83-98 (ar)â€ŽŰ§Ù„ÙƒÙ‡Ùâ€ ;

Notes

  1. ↑ Dictionnaire Grec-Français Bailly: le verbe ጀλέΟω signifie repousser (le danger), donc dĂ©fendre, protĂ©ger; dans tous les composĂ©s comportant le prĂ©fixe alex (ጀλΔΟ), celui-ci signifie bien «protecteur».
  2. ↑ « Alexandre naquit le six du mois d’hĂ©catombeion, que les MacĂ©doniens appellent LoĂŒs Â». Plutarque, Alexandre, 4.
  3. ↑ Alexandre III le Grand, MEMO.
  4. ↑ Plutarque, Alexandre 2.1.
  5. ↑ Plutarque, Vie d’Alexandre, traduction d’Amyot, 2, 3 et 3, 5 à 7
  6. ↑ Le temple d’ArtĂ©mis, 7merveilles.
  7. ↑ Plutarque, Alexandre 2.2–3.
  8. ↑ « Plutarque mentionne le phĂ©nomĂšne, et plusieurs statues antiques, Ă  la suite du sculpteur Lysippe, montrent une inclinaison plus ou moins accentuĂ©e. Coquetterie, signe d’élĂ©gance, ou exagĂ©ration de Lysippe ? Rien de tout cela, mais une pathologie, si l’on en croit les mĂ©decins modernes qui ont Ă©tudiĂ© le buste conservĂ© au Louvre, et les statuettes en ivoire retrouvĂ©es en 1977 Ă  Vergina. Alexandre avait la tĂȘte inclinĂ©e Ă  droite, et le cou en avant, avec un raccourcissement du muscle sterno-clĂ©ido-mastoĂŻdien ; qui plus est, son Ɠil droit Ă©tait plus bas que le gauche. La source du problĂšme pourrait ĂȘtre un torticolis musculaire, provoquĂ© soit par un choc violent, soit par un trouble oculaire (strabisme vertical ou paralysie des muscles oculaires) d’origine hĂ©rĂ©ditaire puisqu’on retrouve semble-t-il cette pathologie sur les statuettes de personnages apparentĂ©s Ă  Alexandre. Â», L. Mangin, « La tĂȘte penchĂ©e d’Alexandre Â», Pour la Science, n° 342, avril 2006.
  9. ↑ EncyclopĂŠdia Universalis, article Alexandre le Grand, Tome 1, Ă©dition de 1989, pp 744-748.
  10. ↑ Justin, AbrĂ©gĂ© des Histoires philippiques de Trogue PompĂ©e, Livre VII.
  11. ↑ " il criait en macĂ©donien, ce qui trahissait une Ă©motion forte", Plutarque, Alexandre, LI)
  12. ↑ C'est Ă  cette Ă©poque, selon la tradition lorsqu’il avait dix ans, qu'il parvient Ă  dresser BucĂ©phale, le cheval qui le suivra le long de ses conquĂȘtes. Avant lui, personne n’avait rĂ©ussi mais ayant remarquĂ© que l’animal avait peur de son ombre, Alexandre parvint Ă  le maĂźtriser en le plaçant face au soleil.
  13. ↑ dont il emporte un exemplaire en Asie
  14. ↑ Alexandre le Grand, Clio la Muse, 2007.
  15. ↑ Diodore de Sicile, XVI, 89, 3.
  16. ↑ a  et b  Pierre Briant, Alexandre le Grand, P.U.F., 1977.
  17. ↑ Guerre contre Philippe, roi de MacĂ©doine dans Histoire de la GrĂšce, comte de SĂ©gur.
  18. ↑ J.B. Fears, Pausanias, the assassin of Philipp II, Athenaeum, 1975, LXIII, p.111-135.
  19. ↑ À l'exception notable d'E. Badian, The death of Philipp II, Ă©d. PhƓnix, 1963.
  20. ↑ Pierre Briant, Alexandre le Grand, P.U.F., 1977, p30.
  21. ↑ Michel Mourre, Dictionnaire encyclopĂ©dique d'histoire, Ă©dition Bordas, Tome 1, 1996
  22. ↑ Justin, AbrĂ©gĂ© des Histoires philippiques de Trogue PompĂ©e, Livre XI.
  23. ↑ François LefĂšvre, Histoire du monde grec antique, le Livre de Poche,, collection InĂ©dit-Histoire, 2007.
  24. ↑ C'est Ă  ce propos que DĂ©mosthĂšne expose sa fameuse parabole sur les moutons livrant leurs chiens au loup
  25. ↑ Pierre Briant, Alexandre le Grand : de la GrĂšce Ă  l'Inde., Éditions DĂ©couvertes Gallimard, 2005
  26. ↑ Polybe, Histoires, XVIII, 29-30 UniversitĂ© de Lausanne
  27. ↑ Les principales sources pour les Ă©pisodes de la vie d’Alexandre au dĂ©but de sa conquĂȘte sont : Arrien, Anabase, I, 1 et II, 12 ; Diodore de Sicile, XVII, 16-38 ; Plutarque, Alexandre, 15-23 ; Justin, AbrĂ©gĂ© des Histoires Philippiques, XI, 5, 1-9.
  28. ↑ La rĂ©alitĂ© de ce geste a longtemps Ă©tĂ© discutĂ© mais l’étude de G. Radet, Notes critiques sur l’histoire d’Alexandre, 2e sĂ©rie, 8, p 119 et suivantes publiĂ©e dans les annĂ©es 1930, Ă©tablit la rĂ©alitĂ© du pĂšlerinage d’Alexandre.
  29. ↑ Arrien, Anabase, I, 11, 6-12.
  30. ↑ Extrait de la traduction d’Alessandra Lukinovitch et d’Anne-France Morand, Belles Lettres, 2004.
  31. ↑ Arrien, Anabase, I, 12, 10
  32. ↑ Plutarque, Vie de Camille, 19, 6.
  33. ↑ Sans doute pour des raisons financiĂšres puisqu'il faut attendre la prise de Sardes et de son trĂ©sor pour qu'Alexandre connaisse une aisance matĂ©rielle qui est l'un des facteurs expliquant sa rĂ©ussite
  34. ↑ A.R. Bellinger, Essays on the coinage of Alexander the Great, New-York, 1967
  35. ↑ Pierre Jouget, L’ImpĂ©rialisme macĂ©donien et l’hellĂ©nisation de l’Orient, Albin Michel, 1972, p. 31.
  36. ↑ Isocrate, Philippe, 120.
  37. ↑ Pierre Briant, Alexandre le Grand, De la GrĂšce Ă  l’Inde, Collection DĂ©couverte Gallimard, Ă©dition de janvier 2005, p. 48
  38. ↑ Le siùge de Tyr par Alexandre, Histoire-militaire.org
  39. ↑ C'est Ă  ce moment qu'a lieu probablement le fameux Ă©change rapportĂ© par Quinte-Curce (Histoire d'Alexandre, IV, 11, 13.) entre ParmĂ©nion qui parlant des offres de paix de Darius affirme : « Je les accepterais si j'Ă©tais Alexandre Â» ce qui entraine immĂ©diatement la rĂ©plique du roi, « et moi aussi si j'Ă©tais ParmĂ©nion Â».
  40. ↑ Isocrate, IV, 50.
  41. ↑ Isocrate, dans son discours de -346 intitulĂ© Philippos se pose en apĂŽtre du panhellĂ©nisme et fait de Philippe II l'unificateur de la GrĂšce et le chef de la guerre contre les Perses
  42. ↑ XĂ©nophon, CyropĂ©die, VII, 5, 73.
  43. ↑ Quinte-Curce, IV, 5, 8.
  44. ↑ Arrien, Anabase, II, 25, 3
  45. ↑ Ainsi il libĂšre les mercenaires athĂ©niens faits prisonniers au Granique. Il renvoie Ă  AthĂšnes, Ă  une Ă©poque ou la victoire d'Antipater contre Agis III ne lui est pas parvenue, les statues des Tyrranoctones que XerxĂšs Ier avait fait enlever en -480
  46. ↑ Une autre hypothĂšse est qu’il se soit ralliĂ© Ă  Alexandre dĂšs -333 lors du sĂ©jour de celui-ci Ă  Tarse
  47. ↑ Agis avait dĂ©jĂ  tentĂ© d'agir en collaboration avec les Perses en -333 mais la dĂ©faite de Darius Ă  Issos avait ruinĂ© ses espoirs de mener une action concertĂ©e contre Alexandre.
  48. ↑ Pierre Briant Alexandre le Grand, P.U.F., 1977.
  49. ↑ Qui met cependant plusieurs mois Ă  arriver Ă  Alexandre ce qui explique que pendant la pĂ©riode de la fin -331/dĂ©but -330 ont le voit multiplier les gestes de bonne volontĂ© Ă  l'Ă©gard des Grecs d'Europe
  50. ↑ L'incendie serait alors une opĂ©ration de propagande envers les Grecs Ă  un moment ou la situation est tendue en GrĂšce et ou la nouvelle de la victoire d'Antipater sur Sparte n'est peut-ĂȘtre pas encore parvenue Ă  Alexandre. L'incendie de PersĂ©polis est alors la revanche de l'incendie d'AthĂšnes par XerxĂšs Ier en -480
  51. ↑ Plutarque, Vie d'Alexandre, 38.
  52. ↑ Quinte-Curce, VI, 3, 15-16.
  53. ↑ Celui-ci, selon Quinte-Curce dans son Histoire d'Alexandre (VII, 4, 4), reproche Ă  Darius ses choix stratĂ©giques calamiteux.
  54. ↑ Pierre Briant, Alexandre le Grand : De la GrĂšce Ă  l’Inde, Collection DĂ©couvertes Gallimard, 1987 (Ă©dition 2005), p. 82
  55. ↑ Quinte-Curce, VII, 7, 39.
  56. ↑ Il Ă©tait satrape de Lycie et de Pamphylie depuis la fin de -334.
  57. ↑ Ce que certains historiens contemporains ont dĂ©fendu, tel F. Schachermeyr dans Alexander der Grosse. Das Problem seiner Persönlichkeit und seines Werkes publiĂ© en 1973.
  58. ↑ Pierre Briant en particulier
  59. ↑ Pierre Briant, Alexandre le Grand, P.U.F., 1974.
  60. ↑ Un simple soldat de l’expĂ©dition qui quitte la MacĂ©doine en -334 et qui atteint l’Inde a parcouru environ 20 000 kilomĂštres.
  61. ↑ Pierre Briant, Alexandre le Grand, PUF, 1974
  62. ↑ Arrien, Anabase, VI, 14, 3. Arrien dresse un rĂ©cit effrayant de la campagne contre les Malliens qui sont soumis Ă  un vĂ©ritable "gĂ©nocide". Il en est de mĂȘme en GĂ©drosie
  63. ↑ La GrĂšce hellĂ©nistique
  64. ↑ Il est difficile d’établir l’itinĂ©raire exacte suivi par Alexandre entre la le Purali et Pura. Les sources antiques sont peu prĂ©cises et parfois contradictoires : Diodore de Sicile, BibliothĂšque Historique, XVII, 105-106 ; Quinte-Curce, Histoire d’Alexandre, IX, 10, 4-19 ; Plutarque, Vie d’Alexandre, 66, 4-7 ; Arrien, Anabase, 6, 21-27 ; Indica, 20-36, 3 ; Justin, AbrĂ©gĂ© des Histoires Philippiques, XII, 10, 7 ; Strabon, GĂ©ographie, XV, 720-723.
  65. ↑ Plutarque se trompe en Ă©crivant qu’Alexandre a perdu en GĂ©drosie les trois-quarts de son armĂ©e. Voir Ă  ce sujet Paul Faure, Alexandre, Fayard, 1985, p.118-119 ; Paul Goukowsky, Alexandre et la conquĂȘte de l’Orient, PUF, 1975, p. 299.
  66. ↑ Quinte-Curce, Histoire d'Alexandre, X, 2, 12.
  67. ↑ Diodore de Sicile, XVIII, 4, 1, 6.
  68. ↑ Diodore de Sicile, BibliothĂšque Historique, XVII, 118, 1-2 ; Quinte-Curce, Histoire d’Alexandre, X, 10, 14-18 ; Justin, AbrĂ©gĂ© des Histoires Philippiques, XII, 13.
  69. ↑ Arrien, Anabase, VII, 27, 1-2 ; Plutarque, Vie d’Alexandre, 77, 1-3.
  70. ↑ (en) John S. Marr et Charles H. Calisher, Alexander the Great and West Nile Virus Encephalitis, 2003.
  71. ↑ (en) Alexander's death riddle is « solved Â», BBC, 1998.
  72. ↑ RĂ©digĂ©es par le chancelier EumĂšne de Cardia, les ÉphĂ©mĂ©rides royales sont des chroniques relatant les faits et gestes du roi. Les auteurs anciens qui concĂšdent les utiliser comme source ne rendent compte que des derniers jours d’Alexandre : Arrien, Anabase, VII, 25-26 ; Plutarque, Vie d’Alexandre, 76, 1 ; 77, 1 ; Elien, Histoires variĂ©es, 3, 23. Seul Plutarque, Quaestionnes Convivialum, 23, 4, mentionne les ÉphĂ©mĂ©rides Ă  propos d’un autre fait que la mort du roi (le goĂ»t d’Alexandre pour la chasse).
  73. ↑ Diodore, XVII, 17,4; XVIII, 1, 4; XVIII, 26,3.
  74. ↑ Lucain, La Pharsale, VIII, 694 : X, 19.
  75. ↑ Strabon, GĂ©ographie, XVII, C.793,794.
  76. ↑ Strabon (17. C 794) : il visita lui-mĂȘme le tombeau au premier siĂšcle aprĂšs J.-C.
  77. ↑ Auguste, XVIII, 1.
  78. ↑ Alexandre suit scrupuleusement les rites religieux babyloniens fait restaurer certains temples, et par lĂ  mĂȘme se fait reconnaĂźtre souverain lĂ©gitime du pays et « des quatre parties du monde Â». Il reçoit surtout l’appui dĂ©terminant (mais qui ne sera pas permanent) de la caste sacerdotale babylonienne
  79. ↑ W. W. Tarn, Cambridge Ancient History, Vol VI, 1933
  80. ↑ Pierre Briant, Alexandre le Grand, PUF, 1974.
  81. ↑ Fiche IMDb de Alexandre le Grand de 1956.
  82. ↑ Fiche IMDb de Alexandre de 2004.


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