Histoire de Sainte-Marie-aux-Mines

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Histoire de Sainte-Marie-aux-Mines

Sainte-Marie-aux-Mines (Markirch en allemand) est une commune française, située dans le département du Haut-Rhin et la région Alsace.

Sommaire

Histoire

Sainte-Marie-aux-Mines, appel√© en latin Sancte Maria ad Fodinas, en allemand Mariakirch ou Markirch doit sa c√©l√©brit√© √† son sous-sol. Toute son √©volution est donc conditionn√©e √† l'exploitation des mines. Elle fut longtemps un importante ville industrielle et florissante et la troisi√®me ville du Haut-Rhin par le nombre d'habitants jusqu'√† la moiti√© du XIXe si√®cle.

Ces mines auraient √©t√© d√©couvertes par les Gallo-Romains qui avaient d√©j√† amorc√© l'exploitation des mines au d√©but du IIe ou IIIe si√®cle apr√®s J√©sus-Christ. Cette hypoth√®se avait √©t√© sugg√©r√©e, mais a √©t√© tr√®s vite abandonn√©e faute de documents s√©rieux[1].

C'est ensuite le trou noir jusqu'au Xe si√®cle o√Ļ selon le moine Richer de l'abbaye de Senones qui v√©cut au XIIIe si√®cle, un moine nomm√© Blidulphe fonda le monast√®re d'Ech√©ry, situ√© tout pr√®s de l'actuelle Sainte-Marie-aux-Mines. Les moines s'aper√ßurent bient√īt que la vall√©e regorgeait de richesses mini√®res[2]. Les moines d'Ech√©ry sont bient√īt menac√©s dans leurs biens et leurs droits par la famille d'Echery qui √©difie au XIIIe si√®cle, le ch√Ęteau du Hoh-Eckerich. Cette famille finit par s'approprier les mines que les moines exploitaient[3].

Première mention

Vue sur Echery depuis le Pain de sucre
Restitution des d√ģmes et march√©s par Thierry II, duc de Lorraine, en 1078 en faveur du prieur√© de Li√®pvre - Archives de Meurthe-et-Moselle G393/1

La premi√®re mention de la r√©gion[4] date de l'√©poque du duc de Lorraine, Thierry II qui rendit en 1078 au monast√®re de Li√®pvre les d√ģmes de Sainte-Marie (chapelle ?) et celle de Saint-Blaise[5]. Ces terres faisaient partie du prieur√© de Li√®pvre qui lui avaient √©t√© enlev√©s en 1052 par G√©rard d'Alsace son p√®re. G√©rard d'Alsace descendrait de la famille des Etichonides qui ont r√©gn√© sur l'Alsace au VIIe si√®cle dont le nom est reli√© √† celui d'Etichon qui √©tait aussi le p√®re de sainte Odile[6]. Le pr√©d√©cesseur de G√©rard d'Alsace, Adalbert de Lorraine, √©tait le fils d'un autre G√©rard qui avait √©pous√© Gis√®le, ni√®ce de l'empereur Conrad Ier. Le nouveau duc h√©r√©ditaire de la Lorraine, G√©rard d'Alsace, appartient donc √† une illustre lign√©e solidement pourvue en Alsace, c'est-√†-dire au sud-ouest du royaume de Germanie. Les liens entre la Lorraine, le royaume de Germanie et le Saint Empire s'av√©raient de ce fait √©troits et solides. Il √©tait soutenu par l'empereur Henri III car les Etichonides avaient toujours loyalement servi l'Empire et lui avaient fourni des fonctionnaires d√©vou√©s[7]. Il est fort probable que G√©rard d'Alsace eu connaissance des riches mines du Val de Li√®pvre, puisque selon Schoepflin il est question d√®s 963 du temps de G√©rard de Toul (963-994) des mines d'argent du Val de Li√®pvre dont la renomm√©e d√©passait la Lorraine[8]. √Ä cette √©poque il est d√©j√† question de la d√ģme que doivent verser les moines du Val de Li√®pvre. L'√©v√™que G√©rard √©v√™que de Toul nomm√© en 963 sera canonis√© en 1051 par L√©on IX qui fut son 5e successeur sur le si√®ge de l'√©v√™ch√© de Toul sous le nom de L√©on de Dabo. Dans son recueil Evangelienbuch, po√®me en langue vulgaire achev√© vers 865 et d√©di√© √† Louis le Germanique, Otfried de Wissembourg fait l‚Äô√©loge du pays des Francs, dont il loue, en quatre vers, les richesses min√©ralogiques de la r√©gion vosgienne. Otfried moine de Wissembourg, monast√®re qui poss√®de des propri√©t√©s jusque dans le Sud de l‚Äôancien duch√©, non loin de S√©lestat, et Louis le Germanique para√ģt avoir manifest√© pour cette r√©gion un tr√®s vif int√©r√™t.

Henri III du Saint-Empire - miniature de 1040

G√©rard d'Alsace (1048-1070), duc de Lorraine √† partir de 1048 et neveu d'Adalbert(1047-1048) para√ģt lui aussi troubl√© par ces mines qui se trouvent sur les terres de ses anc√™tres, les Etichonides. En 1055, ce duc affranchit l'abbaye de Saint-Di√© de la tutelle des √©v√™ques de Toul et se proclame avou√© de cette abbaye. Il fait payer ch√®rement cette protection. Ainsi le chapitre perd progressivement ses droits pour ne conserver qu'une autorit√© morale et spirituelle.

Sainte-Marie-aux-Mines, appel√© en latin Sancte Maria ad Fodinas, et en allemand Markirch, doit son nom et son origine √† exploitation des mines et √† l'√©glise de Sainte-Marie Madeleine qui √©tait la paroisse de la partie lorraine et qui fut b√Ętie en 1757. Le grand autel √©tait sous l'invocation de cette sainte et les deux autres collat√©raux sous l'invocation de la sainte Vierge et l'autre de saint S√©bastien[9]. Un document dat√©e de l'ann√©e 1317 ne mentionne pas encore l'existence d'une agglom√©ration, mais signale une chapelle consacr√©e √† la Vierge Marie.

Le partage de la vallée entre ducs et seigneurs

Avec l'extinction du dernier des seigneurs d'Eckerich, en 1381, la moiti√© du ch√Ęteau d'Echery parvint aux ducs de Lorraine qui en √©taient les seigneurs directs, et l'autre moiti√© aux sires de Rappolstein (Ribeaupierre) h√©ritiers allodiaux des Eckerich. Les ducs de Lorraine accord√®rent leur portion du ch√Ęteau aux nobles de la famille d'Hattstatt et notamment √† Fr√©d√©ric de Hattstatt qui passa le 9 d√©cembre 1399 le trait√© de Burgfried ou paix castrale avec les deux fr√®res Maximin et Ulrich de Ribeaupierre. √Ä la suite de ce trait√©, les ducs de Lorraine re√ßurent pour leur part les communes de Li√®pvre, de Sainte-Croix-aux-Mines, Rombach-le-Franc et une partie de Sainte-Marie-aux-Mines situ√©e sur la rive gauche de la Liepvrette. Les seigneurs de Ribeaupierre prirent le contr√īle des hameaux de Saint-Blaise, de Fertrupt, d'Ech√©ry, et de la partie de Sainte-Marie-aux-Mines qui se trouve √† droite de la Li√®pvrette. Cette division de la vall√©e va perdurer pendant quatre si√®cle, jusqu'√† la R√©volution de 1789.

La Seigneurie des Ribeaupierre

Une partie de Sainte-Marie-aux-Mines fut pendant de longues ann√©es inf√©od√©e aux Ribeaupierre, dont le premier personnage connu avec certitude fut un certain Eguenolf d'Ursingen dont les premiers t√©moignages remontent √† l'ann√©e 1022. Selon la l√©gende il descendrait d'un nomm√© Ursini de Spol√®te, donc d'Italie, qui v√©cut au VIIIe si√®cle. Des chevaliers de cette famille, au temps de Fr√©d√©ric Barberousse, duc de Souabe, se sont fix√©s en Alsace o√Ļ ils auraient fait souche. Eguenolf d'Ursingen √©pousera une riche h√©riti√®re alsacienne, fondant ainsi la dynastie des Rapolstein ou Ribeaupierre. On leur doit notamment la construction des ch√Ęteaux de Saint-Ulrich, du Girsberg et du Haut-Ribeaupierre. Ces trois ch√Ęteau se trouvant sur le banc de Ribeauvill√© ont √©t√© occup√©s d√®s le XIIe si√®cle par seize g√©n√©rations de la famille des Ribeaupierre jusqu'au XVIIe si√®cle. Les Ribeaupierre h√©rit√®rent √©galement, √† l'extinction de la famille des Ech√©ry, la moiti√© du ch√Ęteau d'Ech√©ry. Le d√©clin de la famille des Ribeaupierre mettra fin √† cette dynastie, √©poque √† laquelle il n'y plus de descendants m√Ęle. Le ch√Ęteau de Saint-Ulrich a √©t√© habit√© jusque vers 1525, √©poque qui correspond √† la guerre des paysans dont les ravages ont √©t√© importants. Les trois ch√Ęteaux ont √©t√© abandonn√©s par les Ribeaupierre qui sont venus habiter √† Ribeauvill√© m√™me dans un ch√Ęteau de la Renaissance. La seigneurie de Ribeaupierre s'√©tendait au cours des si√®cles de la partie nord de l'Alsace, en s'√©tendant du Rhin jusqu'√† la cr√™te des Vosges. Elle √©tait compos√©e de plus de 30 bourgs et villages appartenant √† 9 bailliages allant de Bergheim, Gu√©mar, Heiteren, Jebsheim, Orbey, Ribeauvill√©, Sainte-Marie-aux-Mines, Wihr-au-Val et Zellenberg. Chaque chef-lieu de bailliage poss√©dait un ch√Ęteau o√Ļ r√©sidait le bailli. √Ä Sainte-Marie-aux-Mines celui-ci se trouvait au lieu-dit "Auf der Matte" (Sur le Pr√©) qui a √©t√© compl√®tement d√©truit pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648).

L'un des plus c√©l√®bre descendant des Ribeaupierre fut sans aucun doute, Eberhard d√©c√©d√© en 1637 laissant deux fils : Georg Friederich (1594-1651) qui n'a qu'une fille Anna √Člisabeth, mari√©e en 1658 √† Christian Ludwig, comte de Waldeck. Le deuxi√®me fils, Johann Jacob (1598-1673) a h√©rit√© de l'ensemble de la succession de son p√®re et a re√ßu le titre de comte. D√©c√©d√© en 1673 et sans descendant m√Ęle, n'ayant que deux filles. L'une d'elles, Catherine Agathe √©pousa Christian II de Birkenfeld, comte Palatin et duc des Deux-Ponts. Prot√©g√© de Louis XIV, celui-ci lui avait accord√© en fief l'ensemble des propri√©t√© des Ribeaupierre, dont une partie du Val d'Argent. Lors de la R√©volution de 1789, le prince Max, dernier seigneur, fut contraint de quitter l'Alsace pour Munich o√Ļ il devint prince de Bavi√®re. Au cours de la R√©volution, tous les biens des Ribeaupierre en Alsace furent d√©clar√©s biens nationaux.

L'introduction du protestantisme dans la vallée de Lièpvre

C'est vers l'ann√©e 1550, qu'un nomm√© Ely, ancien prieur du couvent de Lessines, converti au protestantisme, r√©fugi√© √† Strasbourg se rend √† Sainte-Marie-aux-Mines, pour prendre un travail dans les mines d'argent. Pr√™chant l'√©vangile et propageant de nouvelles id√©es aux mineurs, il r√©ussit √† former une petite communaut√©. Elle se r√©unit r√©guli√®rement dans un lieu connu sous le nom de "Backhofen", un endroit situ√© au-dessus du hameau de Fertrupt. Il va c√©l√©brer dans ce lieu la Sainte-C√®ne ou pr√©senter des enfants aux bapt√™me. Par la suite il fait appel au pasteur Jean Loque, pr√©dicateur ayant fait des √©tudes th√©ologiques. Ses successeurs furent Fran√ßois de Morel sieur de Collonges et Pierre Marboeuf qui est d√©c√©d√© en 1560. √Ä partir de 1566, le sire de Ribeaupierre, Eguenolf III, converti au protestantisme introduit la religion luth√©rienne dans la partie alsacienne de Sainte-Marie-aux-Mines compos√©e pour l'essentiel d'une population germanophone au nombre de 3000 venus d'Allemagne, en particulier des mineurs. Des r√©fugi√©s francophones, constitu√©s par des huguenots chass√©s de France √† la suite du massacre de Wassy en 1562 et de la Saint-Barth√©l√©my en 1572, ainsi que des calvinistes ou des expuls√©s en 1585 par le duc de Lorraine Charles III et toute la paroisse de Badonviller chass√©e en 1625 par le comte de Salm, se sont fix√©s √† Sainte-Marie-aux-Mines. Les pasteurs luth√©riens (culte allemand) et des ministres calvinistes (culte fran√ßais) ont √©t√© autoris√©s √† pr√™cher aupr√®s des habitants. Les autorit√©s ont en outre octroy√© aux luth√©riens de langue allemande la "Mattenkich" (√Čglise-sur-le-Pr√©) dont l'√©difice remonte √† 1542 qui fut ensuite d√©truite par le feu en 1754. Cette √©glise des mineurs reconstruite en 1757, √©tait d'abord destin√©e au culte catholique desservie par des religieux. Les r√©form√©s de langue fran√ßaise prenaient possession de l'√©glise de Saint-Pierre-sur-l'H√Ęte (St.Wilhelm = saint Guillaume) devenue vacante √† la suite du d√©part du cur√© et dont les paroissiens ont rejoint dans leur immense majorit√© le protestantisme.

Toutefois, par d√©cision de Louis XIV en 1686, le chŇďur de cette √©glise a √©t√© mis √† la disposition des catholiques, alors que les protestants et les calvinistes et les luth√©riens ont gard√© la nef de l'√©glise. Celle-ci sert alors aux trois cultes, ce qui est une particularit√© tout √† fait exceptionnelle. Depuis de nombreuses ann√©es des concerts aux chandelles ont lieu tous les ans dans cette antique √©glise.

Armoiries des premiers comtes de Habsbourg

L'introduction de la R√©forme vers 1550 (et l'accueil des Huguenots) √† Sankt-Merienkirch gr√Ęce aux Ribeaupierre, surtout Eguenolf III, devenus luth√©rien, mais officiellement sujet des Habsbourg (catholiques)allait apporter un essor aux activit√©s artisanales, telles que le tissage, la passementerie. Parmi les mineurs venant d'Allemagne, certains sont Luth√©riens, ceux venant de France sont des calvinistes chass√©s par la pers√©cution qui firent de Sainte-Marie-aux-Mines un refuge. Au premier temps, il est difficile de faire une distinction entre les communaut√©s religieuses. Les habitants de la vall√©e n'ont que faire des subtilit√©s doctrinales et se regroupent d'abord par origine linguistique puisque les pr√™ches ont lieu dans la langue maternelle. Les mineurs allemands ont leur propre √©glise "Sur le pr√©", tandis que les Huguenots se r√©unissent sur l'H√Ęte d√®s la deuxi√®me moiti√© du XVIe si√®cle. Des pasteurs arrivent dans la r√©gion et officient dans les deux lieux de culte. Une diff√©renciation plus nette entre le culte r√©form√© fran√ßais et le culte luth√©rien allemand est signal√©e vers la fin du XVIe si√®cle. Avec l'arriv√©e de Eberhard de Ribeaupierre (1585-1637) qui succ√®de √† Eguenolphe III celui-ci conc√®de d√©finitivement aux luth√©riens l'√©glise sur le pr√©. L'√©glise sur le pr√© est incendi√©e en 1754 et pendant trois ans la chapelle de Fertrupt remplace l'√©glise d√©truite.

Blason de l'empereur Habsbourg montrant l'étendue de ses possessions territoriales.

La chapelle sur le Pr√© reconstruite en 1757 continuera √† recevoir les offices jusqu'en 1867. Le dernier sera c√©l√©br√© le 16 juin de la m√™me ann√©e. La chapelle sera d√©molie en 1881. Trois pierres tombales ont √©t√© d√©couvertes lors de la d√©molition de la chapelle. Seule la pierre de Chr√©tien Schwengsfelfd, pasteur luth√©rien, fils a√ģn√© du conseiller intime du prince de Birkenfeld, successeur de Jean Jacques de Ribeaupierre a √©t√© conserv√©e lors de la d√©molition et d√©plac√©e un peu plus loin. La dalle fun√©raire se trouve √† pr√©sent encastr√©e dans le mur de l'√©glise de Fertrupt. On y lit qu'il est mort en juillet 1772 √† l'√Ęge de 60 ans. Une autre tombe int√©ressante portant un √©cusson a √©t√© d√©couverte et laisse supposer qu'il pourrait s'agir de Jacob Trimbach d√©c√©d√© le 3 septembre 1649. On peut y lire que le d√©funt occupait une fonction importante dans la hi√©rarchie mini√®re, peut-√™tre jury. Une troisi√®me tombe dat√©e de 1624 a √©t√© mise √† jour, mais les inscriptions sont pratiquement effac√©es et donc peu lisibles.

Les ducs de Lorraine qui occupent l'autre partie de la ville sont de farouches catholiques, en particulier Antoine qui mata le révolte des Rustauds à Scherwiller en 1525. Durant cette crise qui secoua l'Alsace des paysans, Ulrich de Ribeaupierre, après le sac du prieuré de Lièpvre par les insurgés, se tint habilement en dehors du conflit et sauva ainsi sa ville de Ribeauvillé de la vengeance du duc de Lorraine.

Le d√©clin des mines vers la fin du XVIe si√®cle fut le d√©but d'une s√©rie d'√©preuves pour la bourgade et la vall√©e: peste, massacre durant la guerre de Trente Ans, passage des troupes de Louis XIV lorsque la rive droite ne fit plus partie de l'Empire. Une timide reprise des activit√©s mini√®res au d√©but du XVIIIe si√®cle relan√ßa l'activit√©. Elle fut accentu√©e par le d√©marrage de l'activit√© textile: fondation Reber en 1755. D√®s lors l'activit√© textile (qui obtint le statut de ville en 1790 sera le moteur du d√©veloppement de la ville.

Les pillards du 2 septembre 1676

Cette √©pisode de l‚Äôhistoire locale est encore peu connu. Vers 1572, un incendie a lieu dans la partie lorraine de Sainte-Marie-aux-Mines. Toutes les maisons, sauf 70 furent ravag√©es par les flammes. De m√™me en 1589 furent br√Ľl√©es en l'espace de 3 heures, sur le versant lorrain de la commune, 120 maisons et la m√™me ann√©e sur celui d'Alsace, 40 b√Ętiments, sans que l'on puisse d√©finir les causes et l'origine du d√©sastre. Ces maisons il est vrai avaient √©t√© construites √† la h√Ęte pour loger les nombreux ouvriers qui arrivaient de toutes part pour travailler dans les mines. Et ce n'est pas avec l'industrie naissante que les choses vont s'arranger. Ce n'est qu'avec l'acquisition de richesses que les habitants de Sainte-Marie-aux-Mines cherchent √† mieux se prot√©ger contre les calamit√©s et le feu. Au XVIe si√®cle il existe encore des maisons en assez grand nombre qui sont reconnaissables gr√Ęce aux sculptures qui ornent leurs portails et leurs crois√©es aux tours dans lesquels on aper√ßoit des escaliers en pierre sous forme de spirale qui vont de la cave au grenier. √Ä la Petite Li√®pvre on voit fr√©quemment au-dessus des portes des √©cussons portant des dates du XVIe si√®cle avec le marteau et le ciseau du mineur en sautoir.

L‚Äôarm√©e imp√©riale compos√©e de troupes h√©t√©roclites et indisciplin√©es, venues de Kaiserslautern, ayant √† leur t√™te des chefs rivaux et souvent incapables, souvent mal pay√©e et mal nourrie mettent le feu dans la partie alsacienne de Sainte-Marie-aux-Mines. Le 2 septembre 1676 Sainte-Marie Alsace est br√Ľl√©e par les partisans allemands. Aussi, aux jours de revers, se formait-il souvent dans son sein des groupes de partisans qui √† certains moment, s‚Äôen d√©tachaient pour entreprendre √† leur compte de petites exp√©ditions. Les Allemands appelaient ces aventuriers des Schnapphanen, d‚Äôo√Ļ le nom fran√ßais de Chenapans. C‚Äôest sous ce vocable peu enviable qu‚Äôils sont connus. La ville est √©galement incendi√©e en 1702 et 1726.

L'arrivée des Anabaptistes

Femmes amish dans le comté de Lancaster

Du XVIe au XVIIe si√®cle des r√©fugi√©s d'origine suisse s'installent √† Sainte-Marie-aux-Mines (Montgoutte et Haute Broque), mais √©galement un peu partout dans le Val d'Argent dont ils occupent des fermes dans les endroits un peu isol√©s des montagnes et dans diff√©rentes m√©tairies, notamment √† la Petite Li√®pvre, mais √©galement √† la Hingrie et la vall√©e de la Bruche. Il s'agit principalement de cultivateurs, membres de l'√©glise anabaptiste mennonite qui est une communaut√© de chr√©tiens √©vang√©liques, issue de la R√©forme et cr√©√©e en 1525 √† Zurich par le r√©formateur Suisse Ulrich Zwingli. Ils se sont par la suite s√©par√©s de lui car ils tenaient √† leur ind√©pendance de l'√Čglise par rapport √† l'√Čtat. Ils ont pr√©f√©r√© abandonner leur patrie et leurs biens pour ne pas renier leur foi. Ils sont pacifiques, patients et paisibles, charitables occup√©s enti√®rement √† leur n√©goce, fid√®les √† leurs ma√ģtres. Ils cultivent en g√©n√©ral des terres ingrates au pied des collines. Un grand nombre d'entre eux furent pers√©cut√©s et expuls√©s de la Suisse. Une autre vague de Mennonites √©taient venus du canton de Berne √† la fin du XVIIe si√®cle s'√©tablir dans la haute vall√©e de la Bruche, au lieu-dit du Hang, commune de Saales (Bas-Rhin). Les Anabaptistes occupent souvent des "censes[10]" o√Ļ ils sont appr√©ci√©s pour leur comp√©tence. Les relations avec la hi√©rarchie catholique sont franchement mauvaises ; les cur√©s se plaignent que les Anabaptiste ne paient pas la d√ģme et r√©clament leur expulsion. Ils c√©l√®brent leur culte au domicile de l'un ou l'autre membre de la communaut√©. Au d√©but du XIXe si√®cle la communaut√© anabaptiste de Sainte-Marie-aux-Mines se r√©unit au lieu-dit "la Haute Broque" dans l'une ou l'autre ferme. En 1693 sous l'impulsion de Jakob Amman un schisme prendra naissance dont la communaut√© prendra le nom d'Amisch. Cette communaut√© remet en cause le bapt√™me des enfants ou "p√©dobaptisme" qui est depuis longtemps une r√©flexion constante des √Čglises protestantes en Europe. Amman renforce les signes vestimentaires obligatoires : port de la barbe pour les hommes, v√™tements attach√©s avec des agrafes et des boutons, interdiction des couleurs voyantes au profit du brun et du bleu sombre. En 1712, Louis XIV promulgue un d√©cret d'expulsion des Anabaptistes en Alsace pouss√© par le clerg√© catholique. Mais cet √©dit aura peu d'incidence dans la vall√©e de Sainte-Marie-aux-Mines dont la partie lorraine n'est pas concern√©e par les expulsions. La communaut√© anabaptiste install√©e dans la partie alsacienne de la ville se disloque et rejoint des censes vosgiennes plus discr√®tes, comme la Hingrie, les hameaux de Sainte-Croix-aux-Mines, et de Li√®pvre. La R√©volution de 1789 remet en cause l'√©quilibre que les Anabaptistes ont su trouver au sein de l'ensemble de la population. Ils ne sont plus consid√©r√©s comme h√©r√©tiques, mais rencontrent d'autres probl√®mes. Leur statut de fermiers est remis en cause. Certains sont ainsi malmen√©s, les fermes sont parfois vendues en tant que biens nationaux.

Des Saint-Mariens au secours de la guerre d'indépendance américaine

Pendant la guerre d'ind√©pendance am√©ricaine (1775-1783), un corps exp√©ditionnaire form√© de 6 000 hommes fut envoy√© en 1778 par Louis XVI pour renforcer les effectifs du g√©n√©ral George Washington. Dans ce corps exp√©ditionnaire se trouvait un d√©tachement "le Royal Deux Ponts". Comme c'√©tait la coutume √† cette √©poque, les unit√©s combattantes portaient en g√©n√©ral le nom de la famille qui en √©tait propri√©taire, donc en l'occurrence, le duc de Deux Ponts. Celui-ci poss√©dait la seigneurie de Bischwiller et le comt√© de Ribeaupierre, dont Sainte-Marie-aux-Mines, un fort d√©tachement de Saint-mariens et d'Alsaciens s'y trouvaient ainsi enr√īl√©s.

La partition de la commune

Sainte-Marie-aux-Mines depuis les hauteurs de Fertrupt

Avant la révolution de 1789, la commune de Sainte-Marie-aux-Mines était divisée en deux entités, formant chacune une commune distincte, ayant une administration propre, ses propres lois et même sa religion. Grandidier atteste que de son temps, la langue allemande dominait dans l’une des deux parties de la ville et que la langue française était présente dans l’autre moitié.

La partie m√©ridionale de Sainte-Marie-aux-Mines (aussi appel√©e Sainte-Marie, c√īt√© Alsace) appartenait au comt√© de Ribeaupierre ; la partie septentrionale √©tait lorraine. Entre les deux coulait le Landwasser ou Landbach ( = Liepvrette), form√© par la r√©union au lieu dit Br√©hagotte (hameau aujourd‚Äôhui englob√© dans la ville) du ruisseau d‚ÄôHergochamps ou de Liverselle et de la Liepvrette.

Sainte-Marie-aux-Mines depuis les hauteurs de la rue de la liberté

En amont du Br√©hagotte, le ruisseau d‚ÄôHergochamps s√©parait seul la Lorraine de l‚ÄôAlsace, et il en est ainsi jusqu‚Äô√† sa source appel√©e ¬ę la Gineselle ¬Ľ. Vers la fin du XVIIIe si√®cle, les communaut√©s de la rive droite de la Liepvrette √©taient enti√®rement germanis√©es.

Au milieu du XVIe si√®cle, Sainte-Marie-aux-Mines n‚Äôexistait pas encore. √Ä cette √©poque on ne connaissait que Mergenkilch, Marienkirch, Mariakirch, petit hameau √©lev√© depuis peu aux cantons dits "le rain et le pr√© de Sainte-Marie-Madeleine", situ√© sur la rive lorraine, et qui jusqu‚Äôen 1515, avait servi de p√Ęturage commun aux riverains des deux bords. Tant que le sol sur lequel se b√Ętit le bourg de Sainte-Marie d‚ÄôAlsace put sembler improductif, nul ne songea √† en revendiquer la possession. Les Seigneurs de Lorraine l‚Äôoccup√®rent, sinon de droit, au moins certainement de fait. Une dizaine de maisons, les seules construites √† Mergenkilch avant 1512, leur payait un droit de m√©nantie et continu√®rent √† le payer. Un accord, intervenu entre Schmassman de Ribeaupierre et Antoine de Lorraine (1512-1515), ne d√©cida pas absolument de la question de la propri√©t√© : il permit en effet aux sujets lorrains de faire pa√ģtre leur b√©tail sur le territoire en litige, et Schmassman s‚Äôobligea √† indemniser les habitants de Fertrupt qu‚Äôil avait maltrait√©s et emp√™ch√©s de travailler aux mines ouvertes par la Lorraine

Vieille fontaine à Fertrupt

Les environs imm√©diats de Sainte-Marie-aux-Mines port√®rent des noms allemands et fran√ßais, qui sont souvent la traduction l‚Äôun de l‚Äôautre, par exemple : Eckirch et Echery, Fortelbach et Fertrupt, Schoenberg et Belmont.

Cette dualité des dénominations de lieux n’est pas étonnante quand on sait que la haute vallée de la Liepvrette, comme d’ailleurs les hautes vallées voisines de la Bruche, du Giessen, de la Béchine et de la Weiss, était francophone, et que d’autre part les paysans venus de la plaine, et surtout des mineurs venus de la Saxe, parlaient l’allemand et implantèrent leur langue.

Apr√®s la r√©union de l‚ÄôAlsace √† la France, Louis XIV, en 1669, crut, para√ģt-il, devoir, par un √©dit sp√©cial, affirmer √† nouveau ses droits sur Sainte-Marie, bourg alsacien. ¬ę Tout ce qui se trouve √† droite de la hauteur et de l‚Äôeau vers le midi sera et demeurera enti√®rement s√©par√© de la Lorraine ‚Ķ distrait du ban de Marie-Madeleine (Lorraine) et garde le nom de Sainte-Marie, c√īt√© Alsace, etc.. On trouve des traces de ces contestations jusque dans les pr√©liminaires et dans l‚Äôinstrument lui-m√™me de l‚ÄôEurop√§ische Ruhe de 1719.

La Révolution française

La R√©volution fran√ßaise a eu pour cons√©quence de r√©unifier les deux parties de la ville, dont l'une d√©pendait des Ribeaupierre et l'autre du Duch√© de Lorraine. Apr√®s la prise de la Bastille en 1789 des troubles se produisirent un peu partout en Alsace, le peuple voulant se venger des nobles et des couvents par des si√®cles de servitude, mais l'ordre fut r√©tabli assez rapidement. Les habitants de Sainte-Marie-aux-Mines r√©clam√®rent la suppression des nombreuses seigneuries ainsi que les domaines eccl√©siastiques, ainsi que les d√©crets qui morcelaient le bourg. √Ä Sainte-Marie-aux-Mines les troubles furent insignifiants. Le 24 ao√Ľt 1794 (7 fructidor an II) la Convention nationale d√©clare que le gouvernement ne payera plus les frais du culte ni les salaires de leurs ministres, et qu'aucun local ne sera allou√© aux diff√©rentes sectes pour y c√©l√©brer les pratiques religieuses. Les √©glises, devenues propri√©t√©s nationales, furent ferm√©e, et celles de Sainte-Marie-aux-Mines durent subir le sort commun. Les portes des temples, ferm√©s au culte, ne furent ouvertes que pour r√©unir les membres des divers clubs r√©volutionnaires qu y tinrent leurs s√©ances. L'√©glise catholique de Lorraine fut transform√©e en temple de la Raison, et dans le temple r√©form√© se r√©unissait le club des Jacobins. Les chaires, priv√©es de leurs cur√©s et de leurs pasteurs, furent occup√©es par les orateurs des clubs, qui y prononc√®rent quelquefois les discours les plus extravagants. la c√©l√©bration des f√™tes de la R√©publique avait lieu, non seulement dans l'enceinte du temple de la Raison, mais souvent aussi sur un plateau non loin de la ville, appel√© encore aujourd'hui les Halles[11] et form√© par les d√©combres de la mine de Saint-Pierre qui se trouvait √† proximit√©. Sur ce plateau avait √©t√© √©lev√© un autel d√©di√© √† la Libert√©. Lors des f√™tes on sortait en procession du temple de la Raison, la musique formant la t√™te du cort√®ge, suivie d'un d√©tachement de la garde nationale et des autorit√©s municipales avec leurs √©charpes tricolores. Le cort√®ge √©tait ferm√© par une foule de concitoyens qui voulait ainsi prouver leur patriotisme en assistant √† ces f√™tes nationales. Sur le plan administratif la ville est rattach√©e au Haut-Rhin et √† l'arrondissement de Ribeauvill√© et une nouvelle administration communale est constitu√©e. La r√©unification de Sainte-Marie - Alsace et Sainte-Marie-Lorraine en une seule commune fait l'objet d'un d√©cret le 20 janvier 1790 o√Ļ la ville est baptis√©e d'abord Val-aux-Mines puis Sainte-Marie-aux-Mines.

Les mines d’argent

La découverte des premiers gisements

Antoninien d’Aurélien

La mise en Ňďuvre des ressources mini√®res aurait, selon certains auteurs, commenc√© sous l‚Äô√©poque romaine, voire d√®s l‚Äô√āge de fer. Les preuves, font h√©las d√©faut. Toutefois on a extrait, dans certains cas, dans les vall√©es voisines : l‚Äôantimoine pr√®s de Charbes (Bas-Rhin), dans le Val de Vill√©, et du fer au ¬ę camp celtique ¬Ľ de la Bure pr√®s de Saint-Di√©. Les mines de Sainte-Marie-aux-Mines ont √©t√© activement exploit√©es au Moyen √āge. Elles fournissent en effet un argent m√™l√© d‚Äôantimoine que l‚Äôon a reconnu dans les monnaies des peuples voisins, Leuques (en Lorraine, versant ouest des Vosges) et S√©quanes (Haute-Alsace et Franche-Comt√©). L'exploitation des mines dans la vall√©e du temps des Romains pourrait appara√ģtre au 2e ou 3e si√®cle de notre √®re. Ce qui pourrait donner du poids √† cette assertion, c'est la d√©couverte d'une m√©daille en bronze qui a √©t√© trouv√© en 1846, dans un jardin situ√© dans la partie sup√©rieure de Sainte-Marie-aux-Mines, dont l'une des faces repr√©sente le buste de l'empereur Aur√©lien avec l'inscription IMP. AURELIANUS, HUC et de l'autre face deux figures ayant chacune une lance √† la main. La bonne conservation de cette m√©daille et surtout le relief des objets prouve qu'elle aurait pu √™tre enfuie dans la terre depuis le r√®gne d'Aur√©lien qui est mont√© sur le tr√īne vers l'an 270. Cette m√©daille, il est vrai peut aussi marquer le passage des troupes romaines, ou la pr√©sence de mineurs romains dans la vall√©e. L'Alsace d'ailleurs √©tait d√©j√† tr√®s connue des Romains √† cette √©poque, car depuis Jules C√©sar, qui en fit la conqu√™te cinquante ans avant J√©sus Christ, les l√©gions romaines ne cess√®rent de traverser cette r√©gion pour se rendre sur les bords du Rhin o√Ļ elles avaient √©tabli de nombreuses colonies.

La rue Wilson à Sainte-Marie-aux-Mines

Ensuite, il n'est pas impossible que ces conqu√©rants qui apport√®rent la civilisation en Alsace et qui rest√®rent pendant quatre si√®cles, n'aient pas connu les riches mines d'argent du Val de Li√®pvre, tandis que 600 ans apr√®s, elles ont √©t√© exploit√©es par de pauvres ermites dans les solitudes d'Ech√©ry[12].Les premiers t√©moignages incontestables datent de la fin du Xe si√®cle dans le dipl√īme par lequel Otton III confirme √† l‚Äô√©glise de Toul la possession du monast√®re de Saint-Di√©, il est question des d√ģmes des mines d‚Äôargent et les premi√®res monnaies frapp√©es √† Saint-Di√© appartiennent √† cette √©poque. C‚Äôest aussi l'√©poque o√Ļ est fond√©e la cella d‚ÄôEchery, d√©pendance de Moyenmoutier au Val de Li√®pvre, qui prit part de bonne heure √† l‚Äôexploitation des gisements argentif√®res. Les moines ayant √©t√© d√©poss√©d√© ou conc√©d√© ces mines aux nobles d'Ech√©ry[13], elles furent ensuite exploit√©es jusqu'√† l'extinction de cette famille, puis ces mines furent ensuite partag√©es par les Sires de Ribeaupierre et les ducs de Lorraine. La technique utilis√©e √† l'√©poque √©tait celle des pingen ou puits verticaux qui √©taient fr√©quemment inond√©s, puis les puits √† ciel ouvert.

Les mines au Moyen √āge

Pharmacie de la Tour - Ancien si√®ge de l'administration mini√®re au milieu du XVIe si√®cle, puis h√ītel de ville

On trouve encore autour de Sainte-Marie-aux-Mines de nombreuses anciennes mines qui ont depuis fort longtemps maintenant √©t√© abandonn√©es. Dans le district de Sainte-Marie-aux-Mines, on a rep√©r√© plus d‚Äôune centaine de puits appel√©s ¬ę Bingen ¬Ľ ou ¬ę Pingen ¬Ľ, situ√©s pour la plupart sur les cr√™tes des filons et qu‚Äôen raison de leur caract√®re primitif, tous les sp√©cialistes s‚Äôaccordent √† reconna√ģtre comme typiques de l‚Äôexploitation m√©di√©vale et m√™me aloto-m√©di√©vale √† ciel ouvert. Jusqu‚Äô√† pr√©sent, le plus ancien site fouill√© plac√© tr√®s haut dans la montagne, date de la premi√®re moiti√© du Xe si√®cle. Il est tout √† fait logique de penser que les filons qui affleurent plus pr√®s de la vall√©e (Blumenthal, Fertrupt, Saint-Pierremont) ont √©t√© mis en exploitation bien avant. On raconte qu'un condamn√© √† mort s‚Äô√©chappa dans les bois aux environs de Sainte-Marie-aux-Mines. Il cherchait des fruits sauvages et tr√©bucha sur une pierre. C‚Äô√©tait un filon d‚Äôargent et sa d√©couverte fut √† l‚Äôorigine de l‚Äôexploitation mini√®re dans le val de Li√®pvre.

Une partie de la ville depuis les hauteurs de la rue Mulhenbeck

En 1317, un des rares document m√©di√©vaux concernant le val de Li√®pvre, fait mention d'une √©glise d√©di√©e √† Marie. Vers la m√™me p√©riode, de nombreux puits de mines encore visibles aujourd'hui atteste de l'importance activit√© mini√®re et donc de la population. Mais ce n'est vraiment qu'au XVIe si√®cle que na√ģt Sainte-Marie-aux-Mines, √† partir notamment des hameaux de Fertrupt et de Br√©hagoutte (Saint-Philippe). Un plan des mines vers 1580 est illustr√© d'une vue de la bourgade de Sainte-Marie, telle que nous la connaissons aujourd'hui. L'agglom√©ration est d√©sign√©e sur ce plan sous le nom de Marienkirch et a la particularit√© d'√™tre partag√©e entre la seigneurie des Ribeaupierre (Rappolstein) qui poss√®de la rive droite de la Liepvrette et le duch√© de Lorraine qui en poss√®de la rive gauche. Cette curieuse fronti√®re r√©sulte d'un partage aux implications multiples, religieuse, politique et linguistique pass√© du temps des nobles d'Ech√©ry (Eckerich) dont le dernier s'√©teignit en 1381. L'√Ęge d'or de Sainte-Marie-aux-Mines correspond √† l'apog√©e de l'exploitation mini√®re (1530-1570). Il y avait alors deux √† trois mille mineurs, venus surtout d'Europe centrale. La ville connaissait de ce fait une activit√© artisanale tr√®s diversifi√©e (forgerons, tisserand, passementiers) qui √©tait d√©ploy√©e autour de l'activit√© des mines.

L'une des pi√®ces les plus ancienne qui figure dans les archives relatifs aux mines de Sainte-Marie-aux-Mines est dat√©e du lundi avant la Saint-Laurent de l'ann√©e 1486; il s'agit d'une convention entre l'archiduc Sigismond d'Autriche et Guillaume de Ribeaupierre dans laquelle il demande sa part dans l'exploitation des mines. Dans ce document le duc revendique les 2/3 de l'exploitation mini√®re et le reste au seigneur de Ribeaupierre.Cependant, une clause stipule qu'en cas o√Ļ le duc venait √† mourir sans laisser d'h√©ritiers, sa famille collat√©rale pourrait se voir octroyer la moiti√© des revenus. Sigismond effectivement d√©c√©d√© sans laisser d'h√©ritiers directs, Bruno, Maximilien et Guillaume de Ribeaupierre firent en 1496 un arrangement avec le roi des romains.

L'√Ęge d'or des mines

C'est √† partir du XVIe si√®cle que commence v√©ritablement √† grande √©chelle l'exploitation des mines du Val d'Argent. C'est Bruno de Ribeaupierre (von Rappolstein) qui donne le coup d'envoi et qui donnera un nouvel essor aux activit√©s mini√®res de la vall√©e qui constitue la grande √©poque vers la ru√©e de l'argent qualifi√©e d'¬ę √Ęge d'or ¬Ľ. On raconte que certains mineurs en qu√™te de nouveaux gisements aurif√®res auraient prospect√© la montagne avec une baguette de sourcier appel√©e "virgula divina". Cette m√©thode √©tait para√ģt-t-il assez efficace si l'on en juge par les r√©sultats obtenus. Les gisements d√©couverts, d'une exceptionnelle richesse min√©ralogique √©taient estim√©s √† l'√©poque comme ayant le premier rang en France, le 2e en Europe et au temps de la Renaissance les plus importants du monde. Les filons m√©tallif√®res r√©pandus dans les gneiss (roches) renfermaient pr√®s de quatre vingt esp√®ces min√©rales constituant les minerais d'argent, de cuivre, d'arsenic, de plomb/gal√®ne, de zinc, de nickel de fer, ainsi que d'autres m√©taux plus rares, tel l'antimoine, le bismuth, l'uranium ou le mangan√®se. Ces gisements √©taient r√©partis sur trois secteurs : du c√īt√© de Sainte-Marie Alsace (sud-ouest) vers l'Altenberg (ancienne exploitation) comprenant les anciennes exploitations comprenant les secteurs de Saint-Blaise, Fertrupt, Blumenthal, Saint-Philippe. Le deuxi√®me secteur, le Neuenberg (nouvelle exploitation), au Rauenthal, Ech√©ry, Rain de l'horloge et au pied du Br√©zouard granitique. Les exploitations allaient en g√©n√©ral d'est en ouest dans la partie occidentale de la r√©gion au Neuenberg et nord-sud dans la partie orientale vers l'Altenberg. Le troisi√®me secteur concernait la partie lorraine de Sainte-Marie-aux-Mines dont les exploitations mini√®res s'√©tendaient sur la rive gauche de la Liepvrette, notamment √† la Goutte des Pommes, le Bois du Prince, le Petit Rombach, la Timbach, le Grand Rombach, Musloch dont l'exploitation a dur√© du XVIe au XVIIIe si√®cle. √Ä la m√™me √©poque d'autres mines ont √©t√© ouvertes √† La Croix-aux-Mines dans le d√©partement des Vosges, ainsi que dans la vall√©e voisine du Val de Vill√©, en particulier √† Urbeis.

En 1502 on comptait √† Fertrupt, √† l'entr√©e du vallon, 67 galeries dont 37 √©taient encore en bon √©tat. Ces mines √©taient situ√©es √† Saint-Guillaume o√Ļ l'on a extrait surtout du plomb. Vers 1532 les mines de Saint Sylvestre, d'Eisenthur et √† la Burgonde √† la sortie de Fertrupt produisaient surtout de l'argent. √Ä Ech√©ry en 1524 les mines du Rauenthal et de la Petite Li√®pvre (mine Saint-Nicolas) produisaient du plomb, de l'argent et du cuivre. √Ä Mariakirch (Sainte-Marie c√īt√© Alsace) en 1522 fonctionnait la mine Saint Barth√©l√©my o√Ļ l'on a extrait de l'argent et du cobalt ainsi qu'√† la mine Saint-Philippe. On a √©galement travaill√© √† partir de 1525 dans les mines de Saint-Michel au Blumenthal. Certaines mines portaient Curieusement des noms en rapport avec la religion. Au d√©but du XVIe si√®cle, cent cinq mines ont √©t√© ouvertes dont on a extrait environ 5 000 tonnes de cuivre, 300 tonnes de minerai d'argent, 80 000 tonnes de plomb. Devant la quantit√© de minerai extrait, les seigneurs de Ribeaupierre ont fait appel √† des mineurs √©trangers, la plupart des r√©fugi√©s protestants, victimes de la pers√©cution religieuse, recrut√©s surtout en Saxe, Autriche, Hongrie qui se fix√®rent entre Saint-Blaise, Saint-Guillaume et Ech√©ry. En peu de temps de nouvelles maisons sortirent de terre. Des incendies entre 1572 et 1589 d√©cim√®rent une partie de ces habitations. Ainsi 120 maisons du c√īt√© lorraine et 40 du c√īt√© Alsace partirent en fum√©e.

Le continuateur de Montrelet, dit qu'en 1516 deux seigneurs allemands, le comte Guerlande et le comte Francisque, d√©clar√®rent la guerre au duc de Lorraine au sujet des mines de Lorraine. Ils prirent la ville de Saint-Hippolyte, qui fut bien t√īt reprise par le duc Antoine. Les ennemis du duc qui s'√©taient poster √† l'entr√©e du Val de Li√®pvre pour lui en disputer l'entr√©e furent d√©faits[14]. Entre 1519-1521, il y eut quelques difficult√©s entre l'empereur et le duc de Lorraine au sujet des mines. On nomma des arbitres de part et d'autres. Les compte-rendus sont entrepos√©s aux Archives de Meurthe et Moselle.

Organisation et coutume des mineurs

Au XVIe si√®cle les mineurs qui travaillaient √† Sainte-Marie-aux-Mines Alsace formaient un corps s√©par√© qui avait ses propres juridictions et se comportait comme une v√©ritable organisation para-militaire. Les ouvriers mineurs √©taient divis√©s en plusieurs classes qui avaient les emplois suivants:

  • Hauer : mineur travaillant √† la pierre
  • Haspelknechte : renvideurs
  • Hundl√§ufer : coureurs de chien

Cette classe d'ouvriers mineurs travaillaient √† l'int√©rieur de la mine et portaient le nom allemand de Bergknappen. Le corps de mineurs √©tait connu sous le nom de Knappschaft. Autour des mines et dans les divers endroits o√Ļ l'on travaillait il y a aussi :

  • Pochknechte / brocardeurs
  • Siebwaescher : laveurs au tamis
  • Kruckenwaescher: laveurs √† la crosse
  • Scheider: Ouvriers qui cassaient la pierre en sortant de la mine et qui s√©paraient celle qui contenanit du m√©tal de la roche.
  • Weiber die das Erz klauben : femmes qui trient le minerai
  • Schmelzer: fondeurs

Au seizi√®me si√®cle, le minerai √©tait partag√© entre les actionnaires (Gewercken) avant d'√™tre livr√© √† la fonte et il √©tait loisible √† chaque actionnaire de faire fondre sa part o√Ļ bon lui semblait. Le pr√©pos√© charg√© d'en faire la distribution s'appelait Verweser et celui qui inscrivait les diverses parts Huttmann. Le minerai brocard√© et pr√™t √† la vente √©tait mis dans de grands sacs et conduit √† la fonderie, le voiturier qui en √©tait charg√© se nommait Erzf√ľhrer. Le costume que portait les mineurs consistait en une petite veste de toile grossi√®re, d'un pantalon de m√™me √©toffe, et d'un vieux chapeau rond, ou seulement la t√™te du chapeau sans bords. Lorsque les mineurs travaillaient dans les mines, ils attachaient quelquefois des morceaux de cuir aux genoux, parce qu'ils sont souvent oblig√©s de grimper √† la mani√®re des ramoneurs. Outre le costume de travail, les mineurs portaient un uniforme pour les dimanches et jours de f√™te. Les officiers des mines, avant la R√©volution de 1789 portaient un uniforme tr√®s riche: c'√©tait une veste en drap noir, avec revers, parements et large collet rabattu en drap √©carlate, le tout bord√© de gaons en or; ils portaient la culotte courte en drap √©carlate, des bas blancs avec souliers √† grandes boucles en argent, un schako en feutre noir, sans visi√®re, bord√© d'un galon en or et orn√© de deux marteaux en sautoir en cuivre dor√©. L'uniforme des simples mineurs √©tait le m√™me que celui des officiers, √† l'exception des galons en or. Les mineurs avaient leur propre caisse de secours qui intervenait en cas de maladie. Lors du d√©c√®s d'un des membres de cette ma√ģtrise, le convoi fun√®bre est accompagn√© par douze mineurs en costume, chacun muni de sa lampe allum√©e suivant une ancienne coutume en usage.

MŇďurs et coutumes

Un des traits les plus marquants qui caract√©risait les anciens mineurs √©tait le profond respect pour la religion qui guidait toutes leurs actions. Matin et soir avant d'entrer dans les mines, ils se rassemblaient dans une des chambres d'une maison avoisinant l'entr√©e de la mine, et l√† le pasteur ou le cur√© faisaient journellement la pri√®re, en implorant Dieu de pr√©server les ouvriers des malheurs qui pourraient leur arriver dans leurs travaux souterrains. Apr√®s la pri√®re on chantait un cantique qui √©tait suivi d'une courte allocution du ma√ģtre mineur qui exhortait les ouvriers √† remplir consciencieusement leur devoir. Les mineurs lorsqu'ils se rencontraient se saluaient par le mot de Gluck-auf, ce qui veut dire : que Dieu vous accorde une heureuse sortie de mine. Ce mot de Gluck-auf est m√™me souvent employ√© dans leurs cantiques et surtout avec beaucoup d'√†-propos dans celui qu'ils chantaient √† l'enterrement de leurs camarades, et o√Ļ il fait allusion au passage de la vie terrestre du mineur √† la vie dans l'au-del√†. Les mineurs √©taient tr√®s superstitieux et se cr√©aient des fant√īmes ou des personnages imaginaires qui peuplaient l'int√©rieur des mines. Ils ne manquaient jamais de prier afin de les pr√©server contre les mauvais sorts, notamment les lutins et autres mauvais esprits qui hantaient les galeries souterraines afin de les contrarier. Si par exemple leur lampe venait subitement √† s'√©teindre, c'√©tait un esprit m√©chant qui l'avait souffl√©e; arrivait-il un √©boulement dans la mine, c'√©tait encore un lutin qui en √©tait la cause.

Le déclin

Tr√®s florissantes jusqu'√† la fin du XVIe si√®cle, le d√©clin des mines allait sonner le glas de la prosp√©rit√© de Sainte-Marie-aux-Mines. Les difficult√©s d'exploitation, le manque de bois n√©cessaire aux fonderies et boisage des mines vint √† manquer, en plus des inondations fr√©quentes seront le lot quotidien qui am√®neront le d√©clin des mines de la r√©gion. Par ailleurs une grande quantit√© d'argent affluant en Europe et en provenance du nouveau monde (Mexique, P√©rou) dont les rendements sont meilleurs que ceux de Sainte-Marie-aux-Mines fera diminuer le rendement des mines. La plupart des galeries qui avaient √©t√© exploit√©es depuis le XVIe si√®cle vont √™tre progressivement abandonn√©es. Au d√©but du XVIIe si√®cle, il n'existait plus √† Sainte-Marie-aux-Mines qu'une centaine de mineurs sur les 3000 occup√©s ant√©rieurement dans les 200 puits. La guerre de Trente Ans (1618-1648) et les guerres qui s'ensuivirent an√©antirent compl√®tement l'exploitation des mines et de ce qu'il restait. La mis√®re et la famine r√©gnaient partout. Le feu avait an√©anti une partie de Mariakirch (Sainte-Marie-aux-Mines) et consum√© Fertrupt dans le courant des ann√©es 1634 et 1635. La peste qui √©tait apparue dans la vall√©e allait faire du Val d'Argent un d√©sert, la population ayant pratiquement compl√®tement disparu du fait de la famine, des guerres. √Ä cette √©poque √† Marie-aux-Mines, il ne restait plus qu'une trentaine de familles. Sainte-Marie-aux-Mines se repeuplera dans la 2e moiti√© du XVIIe si√®cle gr√Ęce √† l'arriv√©e de cultivateurs suisses, principalement des anabaptistes, de r√©form√©s allemands qui se joindront √† la communaut√© calviniste. Au XVIIIe si√®cle, il ne restera comme vestiges des exploitations mini√®res que des galeries √† demi √©boul√©es et des puits envahis par les eaux. Seule la ville de Mariakirch subsistait. Au d√©c√®s de Jean Jacques de Ribeaupierre le 28 juillet 1673 ne laissant pas d'h√©ritiers m√Ęles, succ√®da le prince Palatin de Birckenfeld qui transmettra la seigneurie √† son fils Chr√©tien II de Birckenfeld. En 1711, trois bourgeois-marchands de Strasbourg, nomm√©s Nicolas Cederer, Jacques Duominguer et Simon Knol essay√®rent de faire red√©marrer les mines. Il √©tablirent plusieurs ateliers dans les endroits o√Ļ il y avait d'anciennes mines dont la premi√®re est situ√©e dans la vall√©e du Rauenthal sous le nom de Saint Jacques. Ils ouvrirent une ancienne galerie sur 400 toises de longueur. Au bout de ces 400 toises, ils trouv√®rent trois grands rameaux faits par ceux qui y avaient travaill√©, contenant les trois ensemble soixante toises de profondeur, o√Ļ ils remarqu√®rent dans le nettoiement quelques veines de mines, contenant de l'argent et du cuivre. Ils y trouv√®rent environ 40 quintaux de mine d'argent et de cuivre qui produisirent environ 7 onces d'argent par quintal et 8 √† 10 de cuivre. Ils ne se sont pas trouv√©s en √©tat de poursuivre la grande galerie, en raison des √©boulements. Ils ont donc abandonn√© l'endroit. Dans la m√™me vall√©e, une autre mine appel√©e Saint-Christian a fait l'objet de recherches. Ils sont tomb√©s sur trois galeries en partie √©boul√©es, et ont parcouru celle du milieu sur 150 toises de longueur. √Ä environ 100 de distance de cette galerie, ils ont trouv√© quantit√© de rameaux anciens dans lesquels ils ont fait construire plusieurs petits rameaux o√Ļ ils ont trouv√© de l'azur et de l'argent[15]. Ils ont fait ouvrir d'autres galeries, dans la vall√©e de la Petite Li√®pvre, √† Fortelbach et √† Fertrupt. Les travaux ont √©t√© d√©finitivement abandonn√©s en 1828

Couvent et églises

Le couvent des Cordeliers

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François d'Assise par Francisco de Zurbarán

En 1617, Henri II (1563-1624), duc de Lorraine, envoya √† Sainte-Marie-aux-Mines, √† la sollicitation d'Adam Petz, √©v√™que de Tripoli, suffragant de Strasbourg, quelques cordeliers de la maison de Raon-l'√Čtape pour assister le cur√© et lutter contre le protestantisme[16]. Les moines du couvent des Cordeliers ou Franciscains portaient un v√™tement large de gros draps gris et une ceinture de corde, d'o√Ļ leur nom. Le couvent des Cordeliers de Sainte-Marie-aux-Mines rel√®ve de la province des cordeliers de Lorraine qui comprend treize maisons partag√©es en trois custodies, celle de Nancy, des V√īges, du Barrois. Sainte-Marie-aux-Mines fait partie de la custodie des V√īges qui compte quatre maisons: Mirecourt, Neufch√Ęteau, Raon-l'√Čtape et Sainte-Maie-aux-Mines. Cet ordre fut institu√© par saint Fran√ßois d'Assise en 1223 et fut class√© dans l'ordre des mendiants. Leur maison, √©tablie dans la partie lorraine[17] √† l'emplacement o√Ļ se trouve aujourd'hui la CMDP du Val d'Argent, fut en partie incendi√©e qui d√©truisit l'√©glise et fit p√©rir un religieux le 13 mars 1777. Cet incendie d'origine accidentelle est occasionn√© par le p√®re Gay qui s'est endormi chandelle allum√©e. Ce dernier, gardien, c'est-√†-dire sup√©rieur du couvent depuis 1774, p√©rira dans l'incendie. L'√©glise fut reconstruite et c'est le 12 juillet de la m√™me ann√©e qu'on posa la premi√®re pierre et en 1786 elle √©tait enti√®rement restaur√©e. Malgr√© la faiblesse num√©rique, les religieux du couvent des Cordeliers assistent les pr√™tres de la paroisse de Sainte-Marie-aux-Mines, en c√©l√©brant des messes et quelques sermons. La popularit√© du couvent des Cordeliers √©tait telle que les bourgeois les plus importants de la ville demandent √† se faire inhumer dans l'√©glise. C'est le cas d'Antoine Narbey qui demande dans son testament de 1731 d'√™tre inhum√© dans l'√©glise. Le 11 juillet 1755 une autre personnalit√© importante de Sainte-Marie-aux-Mines est inhum√© dans l'√©glise, Nicolas Lamouche, pr√©v√īt, avocat de la cour souveraine, √Ęg√© de 72 ans qui est mis en terre par le p√®re cordelier Bernadier Cordier. Le couvent des Cordeliers √©tait sous l'invocation de saint Jean Baptiste et le grand autel sous son nom. Il y avait dans la nef deux autels collat√©raux, l'un d√©di√© √† saint Fran√ßois et l'autre √† saint Antoine. Avant l'incendie de 1770 il y avait jusqu'√† 18 religieux. En 1790 ils √©taient encore treize. Les moines vivaient en grande partie des aum√īnes que recueillait le p√®re gardien du couvent tous les vendredis chez les habitants de Sainte-Marie-aux-Mines sans distinction de religion. √Ä la R√©volution, l'immeuble des Cordeliers est d√©clar√© bien national.

Liste de quelques religieux[18]

  • Gervasius Corroyer, arriv√© en 1626, originaire de B√Ęle.
  • Minorville, 1674
  • Thiery, 1676[19]
  • Thyvet, 1754
  • Cordier, 1757
  • Thyvet, 1764
  • Perrin, 1766, gardien en 1767
  • Joseph Leopold Gay, 1774. P√©rit dans l'incendie de 1777
  • Hoeld, 1775-1776
  • Nicolas Marchal, 1783 (qui fait r√©tractation de ses vŇďux en 1801)
  • Antoine Mathebs de Bergheim, 1791, n√© le 6 mai 1748. Gardien du couvent des Cordeliers de Sainte Marie-aux-Mines. Il refuse de pr√™ter serment √† la Constitution civile du clerg√© et est arr√™t√© au cours d'une messe. Il est d'abord d√©port√© √† Rochefort sur ordre des autorit√©s du d√©partement de la Meurthe. Il meurt le 12 ao√Ľt 1794 √† l'√Ęge 46 ans en d√©portation √† l'√ģle d'Aix o√Ļ il est inhum√©[20].

L’ancienne église paroissiale de Saint-Louis

√Čglise Saint-Louis

Situ√©e rue Saint-Louis, l‚Äô√©glise paroissiale de Saint-Louis a √©t√© b√Ętie en 1674 gr√Ęce √† un don du roi de France, Louis XIV, qui s'√©tait d√©plac√© √† Sainte-Marie-aux-Mines en 1673[21]. Elle n‚Äôaura cependant surv√©cu que cent quatre-vingt ans. Elle sera d√©truite en 1854 pour faire place √† l‚Äô√©glise actuelle.

Vers le XVIe si√®cle, √† l‚Äô√©poque o√Ļ le protestantisme commen√ßait √† s‚Äôintroduire dans la partie des terres appartenant √† la seigneurie de Ribeaupierre, trois √©glises catholiques s‚Äô√©levaient dans la partie alsacienne du Val de Li√®pvre : l‚Äô√©glise d‚ÄôEchery, l‚Äô√©glise de Saint-Blaise et l‚Äô√©glise sur le pr√©. Des trois √©glises, seules les deux premi√®res existent encore, la troisi√®me a disparu en 1881.

L'√©glise de Saint-Pierre-sur-l'H√Ęte √† Ech√©ry

C'est au cours des XVe si√®cle et XVIe si√®cles que fut reconstruite l'√©glise de Saint-Pierre-sur-l'H√Ęte. Le chŇďur, par sa vo√Ľte d'ar√™te √† nervures naissant des murs m√™mes, para√ģt appartenir √† la fin du XVe si√®cle. C'est la seule partie du b√Ętiment qui ait des vitraux en ogive. Dans le chŇďur, du c√īt√© de l'√Čvangile, se trouve une armoire ench√Ęss√© dans le mur et dont les ornements repr√©sentant des entrelacs sculpt√©s en gr√®s vosgiens, d'un beau travail. Sous l'armoire, on voit, grav√©e en creux, l'ann√©e 1504 et, en relief, un √©cusson aux armoiries de Guillaume, surnomm√© le Grand, seigneur de Ribeaupierre, auquel appartenait la partie alsacienne du Val de Li√®pvre. Guillaume r√©gna de 1450 √† 1507 ; c'est √† cette p√©riode que fut b√Ęti le chŇďur, ainsi que le clocher qui remonte √† 1506, comme l'indique la date grav√©e au ciseau au-dessus de la porte d'entr√©e. La tour, carr√©e et massive, contenait autrefois trois cloches, dont une petite en argent, si l'on en croit la l√©gende populaire. Aujourd'hui, elle n'a plus qu'une cloche. Plusieurs dates dates restent encore visibles : 1511 sur la clef de l'arcade qui s√©pare la tour de la nef, 1538 au-dessus de la porte du c√īt√© nord, 1561 sur l'arc en plein cintre du portail sud, maintenant mur√©. Ces divers mill√©simes montrent que l'√©dification de l'√©glise fut d'une extr√™me lenteur. Les travaux durent souvent √™tre interrompus, sans doute par suite d'embarras p√©cuniaires, et ce ne fut qu'au bout d'une soixantaine d'ann√©es que l'√©glise fut achev√©e. Elle semble avoir √©t√© construite par de simples ouvriers de la localit√©, dans le but de donner un lieu de culte aux habitants des vallons d'Ech√©ry. L'arcade en forme d'ogive qui donne acc√®s au chŇďur para√ģt avoir √©t√© reconstruite vers la fin du XVIe si√®cle si l'on s'en rapporte √† la date de 1576, grav√©e sur l'une des pierres du c√īt√© gauche. L'√©glise renferme plusieurs tombes, dont la plus remarquable est celle d'Antoine Tiusler, exploitant des mines de la seigneurie de Ribeaupierre, inhum√© en 1563.

L'√©glise de Saint Pierre sur l'H√Ęte √† Ech√©ry

L‚Äô√©glise d‚ÄôEchery est maintenant situ√©e √† Saint-Pierre-sur-l‚ÄôH√Ęte. D√©di√©e d‚Äôabord √† saint Guillaume, en hommage √† un pieux anachor√®te qui vivait au Val de Li√®pvre vers le milieu du Xe si√®cle et dont la f√™te se c√©l√©brait le troisi√®me jour des nones de novembre, elle ne fut plac√©e que plus tard sous le vocable de saint Pierre. Il est difficile de d√©terminer la date de sa cr√©ation. (On parle de 1140). Par qui fut-elle construite ? Pour le moment la question reste pos√©e. L‚Äô√©glise de Saint-Pierre-sur-l‚ÄôH√Ęte ne pr√©sente pas assez d‚Äôuniformit√© dans son architecture pour qu‚Äôil soit permis d‚Äôadmettre qu‚Äôelle fut b√Ętie d‚Äôun seul bloc. La tour semble appartenir au XIIIe si√®cle ; la nef remonte semble-t-il √† la p√©riode gothique, mais a √©t√© modifi√©e depuis ; le chŇďur, par sa vo√Ľte d‚Äôar√™te √† nervures naissant des murs m√™mes, indique le XIVe ou le XVe si√®cle. Plusieurs dates restent encore apparentes: 1504 sur l'entablement du socle de la custode, 1506 au-dessus de la porte d'entr√©e, 1511 sur la clef de l'arcade qui s√©pare la tour de la nef, 1538 au-dessus de la porte s'ouvrant du c√īt√© nord, 1651 sur l'arc en plein cintre du portail sud, maintenant mur√©. Cette derni√®re date est celle o√Ļ l'√©glise devint protestante. Dans une lettre √©crite le 12 mars 1643 √† son coll√®gue P. Ferry de Metz, le ministre J. de Bachelle, pasteur r√©form√© fran√ßais √† Sainte-Marie-aux-Mines, s'exprimait ainsi √† propos de l'√©glise d'Ech√©ry "Pour ne point vous parler du cost√© de Lorraine, faut savoir que le cost√© des seigneurs de Ribeaupierre est vers le midi et a quatre tant bourgs que village. Le plus haut s'appelle Eschery et est le lieu o√Ļ nous avons une assez ancienne √©glise, au plus haut d'une petite montagne qu'on appele Surlatte, elle est b√Ętie depuis l'an 1150. L'ann√©e y est engrav√©e sur une pierre, mais √† moiti√© effac√©e, en lettres Gothiques. Il conste qu'elle fut jadis d√©di√©e √† Saint Wilhelm ou Guillaume ..."

La pierre sur laquelle √©tait grav√©e la date de 1150 dont parle Bachelle a disparu, mais il est certain que la fondation de l'√©glise remonte √† une √©poque ant√©rieure, car son nom appara√ģt d√©j√† dans une bulle du pape Innocent II r√©dig√© le 11 d√©cembre 1140 qui confirme √† l'abbaye b√©n√©dictine de Moyenmoutier la possession d'un grand nombre de biens parmi lesquels figure l'√©glise d'Ech√©ry avec ses d√©pendances[22]. L'√©glise d'Ech√©ry semble donc, √† cette √©poque, unie √† l'abbaye de Moyenmoutier et desservie par des religieux de cette maison.

Environ un si√®cle plus tard, √† peu pr√®s au temps o√Ļ le moine Richer de Senones √©crivait sa chronique, le z√®le des religieux s'√©tant ralenti, l'√©glise fut convertie en paroisse. La paroisse prit le nom de Saint Guillaume du nom du patron de l'√©glise, et fut plac√©e sous l'administration d'un recteur. L'abbaye de Moyenmoutier ne conserva plus d√®s lors sur l'√©glise que le droit de patronage, avec la jouissance d'un petit revenu, montant √† quinze sous de Strasbourg[23]. Mais ce droit de patronage √©tait aussi revendiqu√© par les nobles d'Ech√©ry qui pr√©tendaient √™tre les seuls pr√©tendants. En 1279, ils tent√®rent de s'accaparer de la cure et d'y installer un cur√© de l'√©glise de Riquewihr du nom de G√©rard, au lieu et plac√© du recteur Arnold qui y avait √©t√© nomm√© par l'abbaye de Moyenmoutier. L'abb√© de Moyenmoutier porta plainte devant la cour de Rome. La sentence rendue par le doyen de l'√©glise de Sarrebourg, d√©l√©gu√© √† cet effet, le confirma dans ses droits et Arnold fut maintenu dans la possession de la cure[24]. Les nobles d'Ech√©ry ne s'inclin√®rent pas devant ce verdict. Quels titres avaient-ils √† faire valoir √† l'appui de leurs pr√©tentions ? Nous ne saurions le dire. Toujours est-il qu'en 1317, moins de cinquante ans apr√®s l'arr√™t dont nous venons de parler, ils √©taient d√©finitivement entr√©s en possession du jus patronatus de la cure de Saint-Guillaume √† Alt-Eckerich et le c√©daient √† l'abbaye de Baumgarten dans le Val de Vill√©. Cette donation fut approuv√©e en 1323 par Jean Ier, √©v√™que de Strasbourg.

Lorsque Louis XIV impose le simultan√©um en 1685, la nef reste aux R√©form√©s tandis que le chŇďur est accord√© aux Catholiques. Aujourd'hui l'√©glise de saint-Pierre-sur-l'H√Ęte demeure l'un des rares √©difices Ňďcum√©niques d'Alsace.

L'église Sainte-Madeleine

√Čglise Sainte-Madeleine
La Vierge montrant l'enfant √† saint Dominique - Tableau du XVIIIe si√®cle
Dalle funéraire de François Léopold Wichard ( curé de 1750-1774) encastrée dans la nef de l'église

L'√©glise Sainte-Madeleine ainsi que la maison curiale et l'h√ītel de ville occupent aujourd'hui l'emplacement de l'ancien ch√Ęteau, ou ch√Ętelet, qui √©tait la demeure des ducs de Lorraine. Par la suite, ce ch√Ęteau fut occup√© par l'entrepreneur des mines qui y avait √©tabli une manufacture de galons d'or et d'argent. La partie septentrionale de Sainte-Marie-aux-Mines d√©pendait de la Lorraine et comprenait au XVIIIe si√®cle pr√®s de 400 familles tous catholiques et ne parlait que le fran√ßais et le patois vosgien appel√© aussi le Welche. La partie m√©ridionale appartenait aux seigneurs de Ribeaupierre et parlait uniquement l'allemand. Les habitants des deux paroisses √©taient diff√©rents non seulement par la religion, mais √©galement pour les mŇďurs et la fa√ßon de se v√™tir. Cependant, les deux parties √©taient si proches g√©ographiquement - le commerce se faisait invariablement des deux c√īt√©s - ce qui justifia le proverbe ¬ę on y fait le pain en Alsace et on le cuit en Lorraine ¬Ľ ou encore ¬ę l'homme couche dans la premi√®re de ces provinces et sa femme dans la seconde ¬Ľ.

L'√©glise Sainte-Madeleine construite avec une fa√ßade massive est surmont√©e d'un clocher √† bulbe. Cette √©glise lorraine a √©t√© construite en 1757 dans un style apparent√© baroque puis remani√©e en 1816. Les √©glises de ce style sont tr√®s nombreuses dans les d√©partements lorrains. L'autel central d√©di√© √† sainte Madeleine est √©galement second√© par deux autels collat√©raux d√©di√© l'un √† la Sainte Vierge et l'autre √† Saint S√©bastien. La nef comporte quatre fresques de Caroline Sorg dat√©es de 1897-1898. En face de la chaire en marbre de l'autel de "la Madeleine" pr√©sente un tableau surplomb√© par la croix des mineurs. Au fond de l'√©glise, √† gauche se trouve un tableau du XVIIIe si√®cle comportant la Vierge montrant l'enfant √† Saint-Dominique. √Ä droite on trouve un joli baptist√®re en marbre. Sous le crucifix sont expos√©s des outils de mineurs (marteau et pointerolle). L'orgue de cet √©glise est le dernier instrument construit par Joseph Callinet (1849).

Galerie d'images

Vitraux de l'église Sainte-Madeleine

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Les anciens temples et chapelles

Chapelle Saint-Mathieu

Chapelle Saint-Mathieu

La chapelle est mentionn√©e d√®s 1634 et on peut voir son portrait dans la grande salle du conseil de l'h√ītel de ville en 1722. √Ä l'origine cette chapelle √©tait d√©di√©e √† saint Nicolas et appartenait √† un habitant de Sainte-Marie-aux-Mines du nom de Mathieu.

√Čglise luth√©rienne dite des cha√ģnes

√Čglise luth√©rienne dite des cha√ģnes

L'√©glise luth√©rienne dite des cha√ģnes, est situ√©e 81 rue Saint-Louis. L'ancienne √©glise √©tait caract√©ris√©e par un clocher massif et la fa√ßade √©tait construite en pierres de taille. Elle a √©t√© enti√®rement d√©truite au cours d'un incendie le 6 octobre 1754 puis restaur√©e vers 1757.Dans l'incendie tout ou presque disparut, m√™me les pierres tombales o√Ļ reposaient plusieurs dignitaires de la ville furent an√©anties sous l'effet de la chaleur. La reconstruction de la nouvelle √©glise furent rapidement entreprise.

Le nouvel √©difice sera inaugur√© le 30 novembre 1757 et consacr√© le 31 d√©cembre 1757.L'√©glise actuelle a remplac√© l'√©glise Sur-le-Pr√© devenue trop exigu√ę dont la premi√®re pierre a √©t√© pos√©e sur le m√™me terrain que la premi√®re incendi√©e en 1754 appartenant √† Charles Weisgerber originaire de Ribeauvill√©. Rapidement construite la nouvelle √©glise sera inaugur√©e le 15 mars 1846. Le nom dite des cha√ģnes lui a √©t√© donn√© parce que la cour de l'√©glise √©tait prot√©g√©e par des cha√ģnes immenses. Divers mobiliers se trouvant √† l'int√©rieur de l'√©glise luth√©rienne actuelle ont √©t√© class√©s dans l'inventaire des monuments historiques (I.M.H 1985).Parmi ces mobiliers remarquables ont trouve notamment la descende de croix, les tribunes, la chaire en ch√™ne et son double escalier, et l'orgue de Callinet de 1846. Les vitraux dat√©s du d√©but du XXe si√®cle ont √©galement attir√©s l'attention des Monuments historiques en 1995. La cloche de la derni√®re √Čglise-Sur-le-Pr√© dat√©e de 1810 est √† pr√©sent expos√©e √† l'entr√©e de l'√©glise des cha√ģnes. L'√©glise des cha√ģnes a √©t√© r√©nov√©e en 2002.

Temple réformé

Temple réformé

Situ√© 5, rue du Temple il a √©t√© inaugur√© le premier octobre 1634 et est l'un des plus vieux temple que la France ait conserv√©. Le temple d'Ech√©ry √©tant devenu trop petit, il a donc √©t√© d√©cid√© d'en construire un autre au centre de la ville. Initialement construit sans clocher, il ne verra le jour qu'√† partir de 1807. La paroisse protestante fait alors partie du consistoire de Riquewihr. Par la suite le clocher sera pourvu de deux autres cloches. En 1861, l'une des cloches est f√™l√©e . Les deux sont remplac√©es par le fondeur Gousset[25]. Le temple r√©form√© de Sainte-Marie-aux-Mines fait actuellement l'objet de travaux de r√©novation. Des pierres tombales du XVIIIe si√®cle sont visibles depuis l'origine sur le sol du temple. On y trouve notamment la pierre tombale de Jean Fattet juge des mines mort en 1707 qui √©tait le conseiller intime du prince Palatin de Birkenfeld. On y trouve √©galement dans cette m√™me tombe, l'√©pouse du juge des mines, Louise Schoenauer et peut-√™tre aussi Christiane Doroth√©e Schwengsfeld. Cette derni√®re famille √©tait tr√®s connue √† Sainte-Marie-aux-Mines √† l'√©poque. Elle habitait dans une maison aujourd'hui disparue qui √©tait situ√©e √† l'emplacement de la grande surface, rue Reber. Une autre tombe situ√©e entre l'autel et la chaire est celle du pasteur Christof Merian mort √† l'√Ęge de 30 ans en 1743. La pierre pr√©cise qu'il √©tait tr√®s instruit. Une cartouche inscrite en latin en sa m√©moire se trouve au consistoire situ√© en face du temple. Une troisi√®me tombe situ√©e sous l'autel du temple est celle de Maria Rosina Seyler "inhum√©e au temple le 23 f√©vrier 1703". Il s'agissait de la femme du pasteur Johann Rudolf Brenner qui a offici√© de 1696 √† 1703.

Chapelle du Sacr√©-CŇďur √† Ech√©ry

Chapelle du Sacr√©-CŇďur √† Ech√©ry

Le terrain sur lequel fut b√Ęti la chapelle du Sacr√©-CŇďur appartenait √† Monsieur Fr√©d√©ric-Louis Weisgerber o√Ļ existait alors une usine textile qui passa ensuite aux Etablissements Koenig. Le b√Ętiment a √©t√© transform√© en chapelle en 1932. Les habitants du hameau d'Ech√©ry se rendaient aux offices dominicales, ce qui leur √©vitait de se d√©placer jusqu'√† la ville.

L'église sur le pré

  • Situ√©e avenue Robert-Zeller

Situ√©e autrefois sur l'ancien pr√©[26] de la Mattenkirch, cette √©glise n'existe plus aujourd'hui. Cette paroisse utilis√©e par l'ensemble des luth√©riens fut d√©truite par le feu le 6 octobre 1754. Elle avait √©t√© construite en 1542, puis apr√®s l'incendie reconstruite vers 1757. Elle fut d√©mont√©e en 1880. √Ä c√īt√© de cette chapelle, il y avait un cimeti√®re o√Ļ reposaient de hauts fonctionnaires des mines, dont les familles Pfeffinger, Kroeber, Finck, Saur, Schreiber et plusieurs tombes de la famille Schwengsfeld, ainsi que celle du Landrichter Jean Philippe Von der Lippe qui exer√ßait au commencement du XVIIe si√®cle.

Chapelle de Fertrupt (1612)

Chapelle de Fertrupt construite en 1612

D'après l'abbé Grandidier les luthériens possédaient également une chapelle à Fertrupt, mais n'y célébraient aucun culte. Jusqu'en 1842, on l'utilisa principalement pour les enterrements. On raconte que lors des obsèques d'un membre de la hiérarchie minière, le sol de l'édifice s'effondra sous le poids du cercueil en plomb .. Le sous-sol était truffé de galeries minières[27]

Celle-ci n'√©tait utilis√©e que lors des enterrements dont un cimeti√®re se trouve juste √† c√īt√© de la chapelle. Dans cette derni√®re chapelle furent inhum√©s quelques hautes personnalit√©s

  • le docteur Jean Christophe Kast, n√© √† Strasbourg, m√©decin personnel du duc Stanislas. Il √©tait tr√®s vers√© dans la m√©decine et la botanique. D√©c√©d√© le 13 d√©cembre 1754 √† Lun√©ville. Il est enterr√© dans la chapelle de Fertrupt.
  • J.H. Barth, archiviste de la ville de Strasbourg, d√©c√©d√© √† l'√Ęge de 42 ans en 1755
  • Jean Jacques Saur, concessionnaire des mines de Sainte-Marie-aux-Mines Lorraine, d√©c√©d√© en 1757 √† l'√Ęge de 70 ans. Il jouissait d'une grande estime aupr√®s du duc de Lorraine dont il √©tait son banquier √† Sainte-Marie-aux-Mines. Il avait deux fils, tous n√©s √† Sainte-Marie-aux-Mines, Jean-Jacques n√© en 1716 et Jean Daniel n√© en 1721. Tous deux √©taient de c√©l√®bres min√©ralogistes.
  • Juliana Doroth√©e Weidner, √©pouse de Philippe Albert Weidner, officier, d√©c√©d√©e en 1758 √† l'√Ęge de 84 ans.

Chapelle de la Madeleine

Chapelle de la Madeleine situ√©e √† c√īt√© de l'ancien cimeti√®re

Situ√©e rue Mulhenbeck √† l'ancien emplacement o√Ļ s'√©levait jadis l'√©glise de Sainte-Madeleine et √† c√īt√© de l'ancien cimeti√®re. Aujourd'hui, seul le chŇďur originel subsiste encore. La nef a √©t√© d√©truite en 1756. Au d√©but du XVIIIe si√®cle cette ancienne √©glise √©tait encore rattach√©e au prieur√© de Li√®pvre dont les moines administraient la paroisse. Depuis 1613 l'ancienne √©glise de Sainte-Madeleine est d√©tach√©e du prieur√© de Li√®pvre pour devenir une paroisse ind√©pendante avec son propre cur√©. Entre 1888 et 1889 cette chapelle fait l'objet de travaux pour r√©nover ce qui pouvait l'√™tre et donner un aspect plus pr√©sentable √† l'√©difice qui commen√ßait √† tomber en ruine. On peut encore trouver actuellement dans cette chapelle d'anciens vestiges muraux qui datent des XIVe et XVe si√®cles et qui ont √©t√© r√©nov√©s en 1992. Autour de cette chapelle se trouve en ancien cimeti√®re o√Ļ reposent les cur√©s de l'ancienne √©glise Sainte-Madeleine dont notamment le cur√© Cornette.

L’industrialisation de la vallée

Ind√©pendamment de l'exploitation mini√®re, Sainte-Marie-aux-Mines poss√©dait plusieurs autres industries qui √©taient alors en pleine prosp√©rit√©. Parmi ces nombre ont relevait surtout celle des tanneurs et des drapiers; la coutellerie y √©tait aussi tr√®s florissante. C'est aussi l'√©poque o√Ļ un c√©l√®bre personnage, Fran√ßois Thomas qui √©tait n√© √† Sainte-Marie-aux-Mines le 14 mai 1670 s'attaqua √† la d√©couverte des sources, dont il pr√©sentait la proximit√© gr√Ęce √† son flair. En effet, il se basait pour d√©couvrir les sources gr√Ęce √† la verdure de certaines herbes qui poussaient √† la surface du sol. Il fit preuve de ses connaissance lors du si√®ge de L√©rida dont le commandant √©tait le duc d'Orl√©ans.Il fit creuser dans la montagne et trouva de l'eau en abondance. L√©opold, duc de Lorraine, le nomme dans un titre du 27 janvier 1714, son "sujet naturel, ing√©nieur et machiniste en chef natif de Sainte-Marie-aux-Mines". Le duc le pr√©senta √† Pierre le Grand lorsqu'√† son retour de Paris, il passa par Nancy pour retourner en Russie. Le Tsar qui d√©sirait s'entourer de savants et ing√©nieurs lui proposa de le suivre dans son pays et lui fit des propositions fort all√©geantes que Thomas refusa pr√©f√©rant rester dans sa patrie.

Sainte-Marie-aux-Mines fut aussi la la patrie des deux frères Sauer, célèbres minéralogistes: Jean Daniel né en 1716 et Jean Jacques né en 1721. Le premier mourut à Sainte-Marie-aux-Mines, le second allait finir ses jours en Espagne. L'un et l'autre firent des recherches assez avancées pour l'époque dans la minéralogie et l'histoire naturelle.

L'industrie textile

C'est en 1755 que la filature de coton √† la main fut introduite dans cette ville et dans les vall√©es environnantes par un industriel, Jean-Georges Reber, qui y joignit bient√īt apr√®s une fabrique de siamoise. En 1865, il existait √† Sainte-Marie, trois √©tablissements industriels plus ou moins florissantes: on y trouvait notamment des manufactures de pignas, madras, cravatess, toiles de Saxe, reps, damas, brocatelles et en g√©n√©ral, des tissus connus sous le nom d'articles de Roubaix, des filatures de coton, douze teintureries pour coton, laine et soie, deux blanchisseries de toiles, quatre imprimeries typographiques, quatre lithographie, cinq brasseries, cinq moulins √† bl√©, cinq scieries m√©caniques, quatre fabriques de chandelles, quatre huileries, deux tuileries, cinq appr√™teurs de tissus, treize commissionnaires de tissus, etc.[28]. Les fabriques de tissus en laine, soie et coton emploient alors tant √† Sainte-Marie-aux-Mines que dans toute la vall√©e, y compris jusqu'√† 80 kilom√®tres √† la ronde, plus de 25 000 personnes ouvriers tisserands[29].

La fabrication de tissus comme le guingan a fait la renommée de Sainte-Marie-aux-Mines. L'introduction en 1840 par Jacques Blech de la fabrication de tissus mélangés en soie, coton et laine a revêtu une importance primordiale. Le principe même de la fabrication qui consiste dans le tissage de filés préalablement teints sont utilisés dès la mode des siamoises, donc après 1755, reste le même pour toute la période concernée et depuis le développement de l'industrie du guingan qui ne sont fabriqués qu'à partir de 1825. Dans les années 1870, la production locale a toutefois changé de cap. Elle s'oriente plus décisivement que jamais vers la production d'étoffes pour habillement féminin. Les tissus sont en laine, ou laine mélangée.

Les anciens imprimeurs

Sainte-Marie-aux-Mines, √† l'instar des autres villes comme Strasbourg, Colmar, S√©lestat, Mulhouse ou Molsheim, eut de bonne heure des √©tablissements typographiques. Parmi les plus anciens imprimeurs il y avait celui de Jean Martin Heller qui en 1722 publia un livre de cantiques et de pri√®res en allemand √† l'usage des mineurs. Jean Martin Heller √©tait l'imprimeur du prince palatin de Birckenfeld. Il √©tait interdit √† tous les imprimeurs de la province d'imprimer des ouvrages protestants en langue fran√ßaise. Jean Martin Heller imprima aussi les titres des actions de la Compagnie des mines de Sainte-Marie-aux-Mines Alsace. Selon Daniel Risler[30], l'imprimerie de M. Heller √©tait assez importante si l'on en juge par le volume du livre de cantiques qui contient pas moins de 420 pages et pour l'impression duquel il a √©t√© employ√© au moins une trentaine de caract√®res diff√©rents. On ne conna√ģt pas d'autres ouvrages sorti des presses de cette imprimerie, mais √† voir la quantit√© de caract√®res d'impression qu'il a fallu utiliser pour imprimer ce seul livre de cantiques, il est fort probable que d'autres livres sont sortis de ses presses.

Jean Martin Heller, continua d'imprimer de l'autre c√īt√© des Vosges, √† Etival √† partir de 1725 o√Ļ il n'imprima que des ouvrages √† caract√®re liturgique ou historique. Il imprima notamment un ouvrage historique fort int√©ressant : "Sacrae antiquitatis monumenta historica" √©crit par l'abb√© C.L. Hugo et dont le premier tome a √©t√© imprim√© √† Etival en 1725. Un deuxi√®me tome plus tard remani√© et enrichi de cet abb√© d'Etival est sorti en 1731 √† Saint-Di√©[31].

Plus tard, c'est François, le fils cadet de Jean-Georges Reber, fondateur de l'industrie cotonnière de la vallée de Lièpvre qui va se lancer dans l'imprimerie. Au début, François Reber n'imprimait que pour son plaisir et imprima plusieurs publications qu'il mettait en vente. En 1806, il acheta une imprimerie et envoya à Paris un ouvrier nommé Bontemps pour se former dans le métier de typographe. À son retour, et après avoir été formé, François Reber mit sous presse les ouvrages suivants:

  • Histoire de la vall√©e de Li√®vre. Extrait de la IIIe livraison des Vues pittoresque de l'Alsace - 1re √Čdition, 1807
  • Deux nuits d'Young, traduite en vers par Colladeau, 1807
  • V√©rit√©s salutaires ou Les enfants de ma plume, 1807
  • Die Gr√∂sse Gottes in den Wundern der Natur, 1807
  • Sammlung von Aufs√§zen vermischtent Inhalls, 1807
  • Geschichte des Leberthal, 1808 (2e tirage en 1809)
  • Histoire de la vall√©e de Li√®vre, 2e √©dition, 1810
  • Sammlung von Prosa√Įschen Aufs√§zen und Gedichte, 1810

Monsieur Reber imprima √©galement de 1807 √† 1814, un journal en vers contenant des chansons, des charades, des logogriphes en fran√ßais et en allemand. Plus tard, il en r√©unit un certain nombre de num√©ros, qu'il fit para√ģtre sous ce titre: "Lieder zum Geselligen Vergn√ľgen" . Il imprima sans doute √©galement "Munster dans la vall√©e de Saint Gr√©goire" en septembre 1808.

Un autre imprimeur va faire son apparition √† Sainte-Marie-aux-Mines, Armand Jardel, n√© √† Luvigny dans les Vosges, arguant du fait qu'aucun imprimeur ne r√©side dans cette ville. En 1836 Armand Jardel d√©pose une demande d'autorisation pour √©tablir √† Sainte-Marie-aux-Mines une imprimerie-Lithographie. Le minist√®re de l'int√©rieur lui d√©livre la m√™me ann√©e un brevet lui permettant d'ouvrir une imprimerie dans sa ville. Il embauche deux ouvriers. En 1844 il imprima une feuille hebdomadaire d'annonces et d'avis divers de Sainte-Marie-aux-Mines et en 1848 il commence √† imprimer le "Journal de Sainte-Marie-aux-Mines" qui est vendu dans la vall√©e. Il est install√© place de la Fleur au no 13, puis d√©m√©nage son atelier dans la rue de la Vieille Poste au no 18. Il est le r√©dacteur de la presse locale du journal de Sainte-Marie-aux-Mines du 3 mars 1848 au 2 janvier 1875. L'imprimerie Jardel est l'auteur d'un nombre d'ouvrages concernant les travaux miniers dont les dessins sont extraits de la "Cosmographie de S√©bastien Munster" de 1545. Il √©tait aussi sp√©cialis√© dans la confection de cartouches d'√©tiquettes (1854) ainsi que des menus illustr√©s (1867).

Plus tard, le 2 janvier 1875, l'imprimerie de Armand Jardel de la rue de la Vieille Poste est reprise par David Cellarus qui a suivi une formation de plusieurs années à Paris. C'est sous son impulsion qu'il reprend le journal de Sainte-Marie-aux-Mines qui devint bilingue sous le nom "Der Vogesenbote". En 1903 il imprime une édition bi-mensuelle du "Messager des Vosges Illustré" dont la parution cesse en décembre 1904 faute d'avoir trouvé un nombre de lecteurs suffisants. Le premier avril 1909, David cède son imprimerie-lithographie à ses deux fils Ernest et Robert. En 1910 l'imprimerie occupe neuf ouvriers, une ouvrière et trois apprentis.

Le 7 janvier 1927 Le "Messager des Vosges" tire à 1560 exemplaires. Connu comme rédacteur du journal, David Cellarus est également l'auteur du Grand Almanach alsacien-lorrain édité en 1886.

Le 25 juin 1883 Edouard Czeizorzinski reprend la librairie-papeterie d'Eug√®ne Jung. En 1890, il cr√©e "Grand'Rue", une imprimerie-cartonnerie employant 10 ouvriers de cartonnerie, 3 ouvriers relieurs et 3 apprentis. Le 1er novembre 1903 il informe sa client√®le qu'il vient de joindre √† son atelier de reliure une Imprimerie lithographique et de typographie. Le 16 novembre il travaille avec un effectif de 19 ouvriers. Trois semaines plus tard, il rach√®te la scierie Karl Pracher √† la Petite Li√®pvre pour y installer une cartonnerie employant 15 hommes et 9 femmes. Enfin le 12 juillet 1912 Edouard Czeizorzinski rach√®te les Etablissements Charles Woerner, rue Saint Louis o√Ļ il installe son entreprise. En 1914 l'entreprise de la Petite Li√®pvre emploie 19 personnes et 65 √† Sainte-Marie-aux-Mines. L'affaire tourne jusqu'√† la Deuxi√®me Guerre mondiale avec une quinzaine de collaborateurs jusqu'en 1953.

Aloyse Freppel qui est le lithographe de l'imprimerie Czeizorzinski s'installe à son compte en embauchant trois ouvriers dans l'ancien commissariat de police, face à la mairie. En 1952, il passe les rênes à Albert Banzet dessinateur-lithographe, pour se consacrer entièrement à la gestion de son entreprise. Un an plus tard il emploie une dizaine de personnes. En 1969, Armand Freppel cède son activité à Roméo Maciuk qui quitte la vallée dix ans plus tard pour Colmar[32]

Les périodes de guerre

La période allemande (1870-1918)

La guerre franco-prussienne de 1870-1871 et la d√©faite de la France allait de nouveau apporter des bouleversements juridiques pour la vall√©e de Sainte-Marie-aux-Mines. Le trait√© de Francfort (18 mai 1871) enlevait √† la France la province de l'Alsace et une partie de la Lorraine (d√©partement de la Moselle, ce qui constituait ni plus ni moins une annexion de ces territoires √† l'Allemagne. Une loi vot√©e √† Berlin le 23 avril 1871 incorporait l'Alsace et une partie de la Lorraine √† l'Allemagne qui devint "Terre d'empire" (Reichsland). Sainte-Marie-aux-Mines √©tait incorpor√©e √† la Haute Alsace[33], devenue Markirch faisant partie du cercle de Ribeauvill√©. D√®s 1871 des d√©crets ordonn√®rent le renouvellement des conseils municipaux, l'enseignement primaire et le service militaire fut rendu obligatoire. Les alsaciens-lorrains pouvaient toutefois conserver la nationalit√© fran√ßaise, mais √† condition de quitter le sol national. On estime ainsi que plus de 400 000 personnes quitt√®rent le pays. √Ä partir de 1872, 25600 jeunes gens quitt√®rent le pays pour ne pas servir dans l'arm√©e allemande. Presque tous, se sont engag√©s dans la L√©gion √©trang√®re. Entre 1888 et 1902, le r√©gime des passeports mit une barri√®re infranchissable entre la France et les provinces annex√©es. En 1874 l'Alsace eut √† envoyer pour la premi√®re fois des repr√©sentants au parlement de Berlin. Tous les candidats alsaciens protestataires furent √©lus. Une nouvelle constitution pour les provinces annex√©es fut vot√©e en 1910. Selon la nouvelle constitution, l'empereur d'Allemagne, Guillaume II est nomm√© souverain direct du "Reichsland" repr√©sent√© par un "Statthalter" (gouverneur), lequel est assist√© d'un pr√©sident sup√©rieur. Le pouvoir l√©gislatif est exerc√© par deux chambres. La chambre basse est compos√©e de 60 membres √©lus au suffrage universel. La chambre haute o√Ļ si√©geaient les repr√©sentants du clerg√© et des hauts fonctionnaires, d√©sign√©s par l'empereur pouvait annuler les d√©cisions de la premi√®re chambre. De nombreux incidents ont √©maill√©, faisant connaitre l'esprit frondeur des alsaciens-lorrains. Les rapports tr√®s difficiles entre les autorit√©s administratives allemandes et la population ne devaient prendre fin que le 11 novembre 1918 jour de la signature de l'armistice. Entre 1870 et 1914 d'importants travaux de construction furent entrepris par les allemands √† Sainte-Marie-aux-Mines.

La Première Guerre mondiale

Le Violu: th√©√Ętre de violents combats entre 1914-1918

Bunker-Abri au Violu
Bunker-Abri " Z√ľnfthaus II " au Violu

En 1914 apr√®s de dures batailles qui sont sanglantes et meurtri√®res, l'ancienne fronti√®re franco-allemande se fige. Les Allemands comprenant l'importance de ce verrou strat√©gique vont consid√©rablement renforcer leur ligne en √©tablissant un syst√®me de d√©fense tr√®s dense et pratiquement imprenable. Sur plus de sept kilom√®tres, ils vont creuser des galeries et des abris et poser des barbel√©s. Pour acheminer au plus pr√®s du front les munitions et le mat√©riel n√©cessaires ils vont entreprendre une ligne de chemin de fer passant vers le val de Vill√© jusqu'au d√©but de la cr√™te vosgienne. De nombreux abris sont construits destin√©s √† h√©berger quelque 15 000 hommes. Il existe encore de nos jours, au-dessus de la ville de Sainte-Marie-aux-Mines de nombreux abris militaires allemands de la Premi√®re Guerre mondiale. Ils sont souvent m√©connus √† la fois par les randonneurs ext√©rieurs √† la vall√©e et par les amateurs d'histoire. Ces constructions ont toutes √©t√© r√©alis√©es par l'arm√©e allemande qui n'a pas l√©sin√© sur le co√Ľt et la qualit√© des mat√©riaux. Ainsi pour les allemands la guerre 1914-1918 se caract√©rise aussi par l'√©dification de tranch√©es s√©curis√©es et par des abris fortifi√©s pour suivre l'avanc√©e des troupes fran√ßaises. √Ä cette √©poque des voies de communications (remonte pentes, funiculaires, etc..) dont les traces sont encore visibles sont construits sur les hauteurs de Sainte-Marie-aux-Mines pour permettre de ravitailler en munitions et en nourriture les troupes allemandes. Plusieurs de ces abris sont essentiellement concentr√©s au sommet du Violu ou vers le haut de la c√īte d'Ech√©ry. Le sommet du Violu ou t√™te du Violu √©tait plus connu avant la guerre sous le nom de t√™te du Chipian. Il culmine √† 994 m√®tres et l'ancienne fronti√®re franco-allemande passait par cette hauteur. Conquis par les fran√ßais en 1914, il est am√©nag√© en v√©ritable forteresse. Les positions allemandes √©taient situ√©es pas tr√®s loin des tranch√©es fran√ßaises. Plusieurs abris fortifi√©s construit au centre du Violu portent des noms rappelant l'Allemagne de l'√©poque: "Preussen", "Hessen", "Baden", "Hamburg". D'autres abris portent des noms d'animaux: "Dachsgraben" (tranch√©e du blaireau), "Fuchsloch" (trou du renard), "Maulwurf" (abri de la taupe), "Wolfsgrube" (fosse du loup), "Hamsterbau" (terrier du hamster). Les sommets du violu et du Bernhardstein sont aujourd'hui couverts d'arbres calcin√©s et de terres labour√©es par des trous d'obus √©normes et des tranch√©es, vestiges de la Premi√®re Guerre mondiale. C'√©tait un endroit o√Ļ se trouvaient les positions fran√ßaises et allemandes qui se pilonnaient mutuellement. On y trouve encore de nombreux abris fortifi√©s en parfait √©tat, notamment au Violu et vers le haut de la c√īte d'Echery au lieu-dit du Pain de Sucre pr√®s de l'ancien trac√© du Benzolbahn. On y trouve encore de nombreux √©difices fortifi√©s avec plusieurs galeries et des bunkers enterr√©s style "trou de renard" ou encore des rampes de tir. On peut √©galement apercevoir d'autres abris militaires sur les pentes de la Haute Broque de la c√īte d'Ech√©ry et du Berhardstein[34].

Abri-Bunker de 1914-1918 au-dessus de la C√īte d'Echery au lieu-dit du Pain de Sucre
Rampes de tir au-dessus du Pain de Sucre servant à pilonner les positions ennemies pendant la guerre 1914-1918

La période française 1918-1940

D√®s le retour de l'Alsace √† la France le 11 novembre 1918, elle fut administr√©e pendant plusieurs ann√©es par des Commissaires de la R√©publique, dont M. Maringer, Millerand et Alapetite. Tous les services administratifs des d√©partements, arrondissements, cantons et communes, ont √† nouveau fonctionn√© selon la l√©gislation fran√ßaise. √Ä Sainte-Marie-aux-Mines la population √©tait tr√®s francophile et avait beaucoup souffert du r√©gime de tyrannie germanique pendant 48 ans de domination allemande. D√®s les premi√®res √©lections, apr√®s le retour de l'Alsace √† la France, les habitants de Sainte-Marie-aux-Mines ont √©lu, le g√©n√©ral Bourgeois Robert, n√© le 22 ao√Ľt 1858 √† Sainte-Marie-aux-Mines, d√©c√©d√© le 10 novembre 1945 √† Paris, aux titres de maire de la ville et de s√©nateur du Haut-Rhin.

La Deuxième Guerre mondiale

Le 22 juin 1940, au moment de la signature √† Rethondes (Oise) de la Convention d'armistice franco-allemande, l'Alsace √©tait d√©j√† pratiquement occup√©e par la 7e arm√©e allemande. Celle-ci apr√®s avoir franchi le Rhin le 15 juin 1940, √©tait entr√©e √† Colmar le 17 juin et √† Strasbourg le 19 juin. Bien que la convention d'armistice ne comportait aucune clause territoriale relative √† l'Alsace-Lorraine, Hitler d√®s le 26 juin 1940 avait nomm√© le gauleiter de Bade, Robert Wagner, chef de l'administration civile en Alsace aupr√®s de la 7e arm√©e allemande. Par un nouveau d√©cret du 2 ao√Ľt 1940 l'ensemble de l'administration civile en Alsace √©tait d√©finitivement √©cart√©e et confi√©e au gauleiter Wagner, la Wehrmacht n'exer√ßant plus que l'autorit√© militaire. Les Allemands font leur entr√©e √† Sainte-Marie-aux-Mines le 19 juin 1940 devant des habitants m√©dus√©s et r√©sign√©s qui adoptent un comportement tr√®s r√©serv√©. La premi√®re mesure prise par les nouvelles autorit√©s concerne la destitution de ses fonctions de maire, M. Louis Kaps, qui est remplac√© par un "stadtkommissar" (administration), M. Prestel, exer√ßant tous les pouvoirs administratifs de la commune. D√®s le 13 juillet 1940, les autorit√©s expulsent 53 personnes de confession isra√©lite. Le 30 juillet c'est au tour d'une dizaine d'handicap√©s moteurs et d√©biles mentaux d'√™tre d√©port√©s en Allemagne. On n'aura plus aucune nouvelle sur leur sort. Le 12 ao√Ľt 1940 une centaine de personnes sont √† leur tour expuls√©es de Sainte-Marie-aux-Mines, toutes immigr√©es depuis 1918. Il s'agissait en l'esp√®ce d'une mesure de repr√©sailles, par rapport aux expulsions des Allemands en 1918. Le 16 d√©cembre 1940, plus de 400 personnes, dont le maire Louis Kaps, r√©sidant √† Sainte-Marie-aux-Mines sont expuls√©es vers le d√©partement de la Dordogne et les d√©partements limitrophes. Ils sont suspect√©s d'√™tre francophiles. On trouve parmi les expuls√©s d'anciens engag√©s volontaires dans l'arm√©e fran√ßaise pendant la guerre 1914-1918, ainsi que certains fonctionnaires, industriels ou commer√ßants. Les personnes expuls√©es n'ont qu'une heure pour pr√©parer les 30 kilos de bagages autoris√©s ainsi qu'une somme de 5 000 francs de l'√©poque. Le 8 mai 1941 c'est un autre coup dur qui atteint la population. Tous les jeunes jeunes gens de 17 √† 25 ans sont appel√©s √† effectuer le service du travail obligatoire (Reichsarbeitsdienst) √† caract√®re paramilitaire. Ils seront affili√©s in extr√©mis dans la Wehrmacht. Les jeunes filles sont d'abord mises √† la disposition des familles pour des t√Ęches m√©nag√®res et √† partir de 1942, employ√©es dans les services auxiliaires de guerre ou dans les usines d'armement. Le 25 ao√Ľt 1942 est introduit en Alsace, le service militaire obligatoire pour les habitants √Ęg√©s entre 17 et 38 ans pr√©c√©d√©e de l'ordonnance du 23 ao√Ľt 1942 imposant la nationalit√© allemande aux futurs conscrits. Par ordonnance du 21 septembre 1942 les autorit√©s allemandes mettent en place une zone d'interdiction de 3 km de long entre les Vosges et la fronti√®re. Selon la loi, tout d√©serteur de l'arm√©e allemande passant cette fronti√®re √©tait consid√©r√© comme un ennemi de l'Allemagne et pouvait risquer la peine de mort et √† coup s√Ľr la d√©portation. Les plus jeunes des incorpor√©s de force, n'ont g√©n√©ralement pas plus de 16 ans et se retrouvent souvent dans des unit√©s de la Waffen SS (groupe d'√©lite) pour aller se battre en Russie. Apr√®s la cessation des hostilit√©s le 8 mai 1945 les enr√īl√©s de force dans l'arm√©e allemande ont pu regagner leur domicile. La commune de Sainte-Marie-aux-Mines a eu √† d√©plorer la disparition de 103 jeunes gens incorpor√©s sous l'uniforme allemande morts au combat.

Le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines en 1940

En juin 1940 l'entr√©e du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines sera dynamit√©e par le g√©nie fran√ßais. Avec l'arriv√©e des Allemands √† Sainte-Marie-aux-Mines le tunnel sera d√©blay√© puis transform√© par les nazis en annexe du camp de concentration de Dachau. Des d√©port√©s, en grande partie des Yougoslaves provenant de ce camp et de celui du Struthof (Bas-Rhin) seront contraints de participer √† la construction d'une usine de fabrication de pi√®ces pour engins de guerre (V1-V2). Cette annexe est une filiale de la Bayerische Motor Werke(B.M.W.)o√Ļ travaillent 800 d√©port√©s de guerre qui √©taient log√©s dans l'usine Diehl et Cie, situ√©e √† la sortie nord de Sainte-Marie-aux-Mines sur la route d'Ech√©ry. Ces d√©port√©s travaillant en deux √©quipes de 12 heures chacune (6h √† 18 h et 18h √† 6h) au plus profond de ce tunnel dans des conditions particuli√®rement √©prouvantes ne recevaient pour toute subsistance qu'un l√©ger plat par jour, dont le contenu ne consistait qu'en une soupe avec quelques pommes de terre au fond. Pour marquer cet √©v√®nement tragique de la guerre, les municipalit√©s de Trzic (Slov√©nie) et Sainte-Marie-aux-Mines sont unies par les liens de jumelage. Les c√©r√©monies officielles ont eu lieu l8 mai 1966 et √† Trzic le 29 mai de la m√™me ann√©e.

La résistance

Avec l'entr√©e du service militaire obligatoire sous l'uniforme allemand, de nombreux jeunes vont se cacher et d√©serter. Pour contrer ces d√©sertions, les autorit√©s allemandes vont prendre des sanctions tr√®s s√©v√®res contre les parents des d√©serteurs en signe de repr√©sailles pour contrer toute vell√©it√© de r√©sistance. Souvent les parents seront expuls√©s de leur village d'origine et transplant√©s en Allemagne dans des camps sp√©ciaux ou en Haute Sil√©sie. D'autres personnes de la vall√©e vont √™tre emprisonn√©es dans la maison centrale d'Ensisheim ou d√©port√©es dans des camps de travail comme √† Schirmeck. Beaucoup ne reviendront jamais de ces dures √©preuves. D'autres, comme les passeurs qui organisaient des fili√®res d'√©vasion le long de la fronti√®re franco-allemande, √©taient passibles de la peine de mort ou du camp de concentration. D'autres organisaient encore des r√©seaux de r√©sistance o√Ļ l'on trouvaient souvent des familles enti√®res. On y rel√®ve, par exemple pour le Val d'Argent les patronymes suivants : Balland, Schmitt, Wagner, Didierjean (deux eccl√©siastiques), Baradel, Receveur, Hinsinger, Payer, Chaetzel, Maurer, Rohfritsch, Preiss, Meyer, Ringue, Leromain, Langlaude, Verdun, Munier, Marchal, Hotz, Diebold, Garisco, Bernard et bien d'autres encore qui sont rest√©s dans l'ombre par modestie. Le travail de passeurs a sans doute √©t√© facilit√© par la configuration du terrain qui √©tait propice √† de nombreux camouflages. Dans le Val d'Argent, les itin√©raires emprunt√©s le plus souvent par les passeurs se situaient √† Ech√©ry, le Rauenthal, le ch√™ne de la libert√©, le Robinot, la Chaume de Lusse, le Hury, la Hingrie, le Petit Rombach, le Grand Rombach, Rombach-le-Franc, le Col de Fouchy, la Croix Surmely, etc.. C'est √† partir du 2e trimestre 1940 et d√©but 1941 que des r√©seaux de r√©sistance tr√®s actifs vont se constituer dans les trois d√©partements annex√©s (Haut-Rhin, Bas-Rhin et Moselle). Le 8 mai 1941 √† Strasbourg un groupe de r√©sistants nomm√© "la main noire de Marcel Weinum, se livre √† une tentative d'attentat contre le gauleiter Robert Wagner par le jet de deux grenades sur la voiture o√Ļ il √©tait cens√© se trouver. Mais il n'y s'y trouvait pas. √Ä la suite de cet attentat, des mesures tr√®s draconiennes sont prises dont les effets sur la r√©sistance vont tr√®s vite se faire sentir. Au cours de la p√©riode du 26 juin 1940 au 15 novembre 1941, 2 978 alsaciens sont arr√™t√©s dont 399 pour propagande anti-allemande, 47 pour espionnage et 40 pour pour avoir particip√© √† l'√©vasion de prisonniers. L'ann√©e 1942 a √©t√© l'ann√©e noire de la r√©sistance, la plupart des r√©seaux ayant √©t√© d√©mantel√©s. Pour la seule ann√©e 1943 les tribunaux d'exception (Volksgerichshof) vont prononcer en Alsace 72 condamnations √† mort dont 37 ont √©t√© ex√©cut√©es. Il faut rajouter aussi ceux qui ont √©t√© condamn√©s √† des peines de prison, d√©port√©s ou intern√©s au camp de Schirmeck.

Dans ce chef-lieu de canton, malgr√© un certain cloisonnement d√Ľ au fait que la population y √©tait moins autochtone que les villages voisins, les prisonniers trouvaient n√©anmoins toujours un endroit s√Ľr o√Ļ ils pouvaient se cacher, de m√™me qu'un passeur pouvant les amener de l'autre c√īt√© de la fronti√®re. Le clerg√© local joua un r√īle de premier plan. Le cur√© Henna de la paroisse de Sainte-Madeleine en liaison avec l'abb√© Didierjean de Sainte-Marie-aux-Mines cachait le plus souvent les √©vad√©s et prisonnier sous le clocher de son √©glise. Certains prisonniers √©taient envoy√©s par Mme Grossetti, une libraire qui tenait un magasin dans la Grand'Rue. Le pasteur Wagner du temple (situ√© rue du Temple) en h√©bergea √©galement un nombre consid√©rable. L'une des plus importantes fili√®res √©tait organis√©e par Joseph Rohfritsch et sa femme Marie. Le 13 octobre 1941 deux prisonniers rencontr√©s √† Benfeld, envoy√©s par un ami vinrent frapper √† leur porte. C'est sur la recommandation d'un ami rencontr√© pr√®s de Benfeld qu'ils se dirig√®rent vers Sainte-Marie-aux-Mines. Ils furent pr√©sent√©s √† Suzanne, fille du restaurateur Adolphe Preiss qui les emmen√®rent au nord de la ville sur les hauteurs de la montagne. Pour ne pas √©veiller les soup√ßons des gardes allemands, ils portaient √† la main des petits seaux pour faire croire qu'ils allaient √† la cueillettes des framboises et des m√Ľres. Ils march√®rent pendant des heures et atterrirent √† la Chaume de Lusse, dont la hauteur culmine √† 975 m√®tres. Les deux guides qui les accompagnaient leur firent traverser la fronti√®re.

La libération de Sainte-Marie-aux-Mines

Le monument aux morts

C'est finalement le 25 novembre 1944 que la ville de Sainte-Marie-aux-Mines sera lib√©r√©e par l'arm√©e am√©ricaine (le 142nd r√©giment de la 36th Division D'infanterie - 7e arm√©e U.S du g√©n√©ral George Patton) suivie deux jours apr√®s par les troupes fran√ßaises sous le commandement du g√©n√©ral Joseph de Goislard de Monsabert[35].Le 25 d√©cembre 1944, alors que le territoire alsacien n'√©tait pas encore compl√®tement libre, le g√©n√©ral de Gaulle viendra saluer les habitants de Sainte-Marie-aux-Mines et de la vall√©e. Des combats acharn√©s se d√©roulaient encore dans la poche de Colmar tenue par la XIXe arm√©e allemande, dont la lib√©ration n'interviendra finalement que le 2 f√©vrier 1945 par la 1√®re Arm√©e fran√ßaise du g√©n√©ral de Lattre de Tassigny. Une partie des 1200 alsaciens-lorrains intern√©s dans des camps en Suisse ont pris part d√®s le 15 aout 1944 au d√©barquement de la 1re arm√©e fran√ßaise sur les C√ītes de Provence pour constituer deux bataillons, le Groupe Mobile d'Alsace (G.M.A) sous les ordres du chef de bataillon Ernest Georges n√© le 1er aout 1904 √† Colmar et dont les parents √©taient originaires de Sainte-Marie-aux-Mines. Le commandant d'aviation, Jean Wetzel, n√© le 20 septembre 1904 √† Sainte-Marie-aux-Mines a √©t√© l'un des premiers soldat fran√ßais √† p√©n√©trer dans sa ville natale apr√®s la lib√©ration. L'armistice du 8 mai 1945 et l'arr√™t des hostilit√©s a mis fin √† la Deuxi√®me Guerre mondiale. Les communes de la vall√©e se sont mobilis√©s pour panser les plaies et les blessures morales et physiques et r√©parer les destructions. Les collaborateurs de l'Allemagne nazie, une centaine dans la vall√©e, furent arr√™t√©s et conduit dans les d√©pendances de l'usine Haffner en attendant d'√™tre jug√©s. D√®s le retour de la paix, les expuls√©s, les prisonniers et les combattants survivants ont pu regagner la ville de Sainte-Marie-aux-Mines. D√©but mars 1945, avec le retour de M. Louis Kaps (expuls√© par les Allemands en 1940) les rouages de l'administration et l'activit√© √©conomique sont repartis. Sainte-Marie-aux-Mines a cependant pay√© un lourd au cours de cette guerre: 12 soldats portant l'uniforme allemand sont morts au front, 27 ont disparu, 6 personnes sont mortes dans les maquis et dans la r√©sistance, dont entre autres Andr√© Aalberg, Andr√© Horb, Maurice Malais√©, Pierre Schmidt, Stahl Ren√©. Treize personnes civiles ont √©galement trouv√© la mort entre 1941 et 1945.

Un déserteur américain fusillé à Sainte-Marie-aux-Mines

Article d√©taill√© : Eddie Slovik.

Attribution de la croix de guerre

En novembre 1948 la ville de Sainte-Marie-aux-Mines s'est vue attribuer la croix de guerre 1939-1945 avec √Čtoile de Vermeil en raison de la r√©sistance des habitants au nazisme. La ville de Sainte-Marie-aux-Mines compta 12 tu√©s, 20 bless√©s, 88 d√©port√©s, 417 expuls√©s et 6 fusill√©s. Environ 600 prisonniers de guerre fran√ßais, 50 patriotes et 150 r√©fractaires au S.T.O et √† la Wehrmacht ont pu gagner les Vosges gr√Ęce √† l'aide de la population. Sainte-Marie-aux-Mines avait d√©j√† obtenu la croix de guerre 1914-1918 avec palme.

Le retour de Sainte-Marie à la France en 1945

L'armistice du 8 mai 1945 a mis fin à la seconde Guerre mondiale. L'Alsace fut totalement libérée par la 1re armée française et les armées alliées et redevint une province française. Sainte-Marie-aux-Mines libérée le 25 novembre 1944 par la 1re armée américaine du général Patton, la légalité républicaine sera rétablie dès le 27 novembre 1944. Le commandant Lantz, chef de liaison auprès du 6e corps américain, avait convoqué tous les anciens membres du conseil municipal et présidé la séance. Au cours de cette réunion, plusieurs nominations ont été prononcées, dont celle de M. Eugène Cunrath en qualité d'administrateur provisoire, Louis Zapfel commissaire de police, Jean Jacques Lacour 2e adjoint, Eugène Eschbach maintenu dans sa fonction d'adjoint qu'il exerçait avant le 21 juin 1940. L'ancien maire, M. Louis Kaps qui avait été contraint d'exercer ses fonctions lors de l'entrée des Allemands dans la ville est remis en selle. Il reçoit les pouvoirs de l'administrateur provisoire, Eugène Cunrath au cours du conseil municipal du 8 mars 1945.

L'h√ītel de ville

H√ītel de ville de Sainte-Marie-aux-Mines

L'h√ītel de ville a √©t√© √©difi√© d'abord en 1833 sur l'emplacement d'un b√Ętiment qui fut appel√© "le Ch√Ętelet" occup√© par les repr√©sentants du duc de Lorraine. Cet immeuble devenu vacant tombait en ruine et fut d√©moli en 1880. On a toutefois conserv√© une tourelle qui aurait servi de cage d'escalier √† Madame de Ribeaupierre, ancienne propri√©taire.On a fix√© sur cette tourelle un bloc de gal√®ne (sulfure naturel de plomb) sculpt√© en √©cusson, armes parlantes de la ville, t√©moignage de son ancienne richesse, c'est-√†-dire, les mines. En 1957 l'√©difice fut enti√®rement r√©nov√© auquel il a √©t√© rajout√© un b√Ętiment abritant le Syndicat d'initiative pour devenir ensuite la gare routi√®re de la SNCF. Les premi√®res √©lections au suffrage universel du 26 f√©vrier 1790 ont port√© √† la mairie Nicolas Fran√ßois Lamouche, avocat devenu le premier maire de la ville r√©unifi√©e.

Notes et liens

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Robert Forrer la remit en valeur en 1927 en se fondant sur la pr√©sence d'antimoine dans les monnaies des Leuques et des S√©quanes dont le val de Li√®pvre d√©pendait plus ou moins, antimoine, dans Cahiers d'arch√©ologie et d'histoire d'Alsace, 1927, p.54-55
  2. ‚ÜĎ Monuments Germaniae historica, Scriptores, XXV, Hanovre, 1880, p.284 - De Blidolfo, qui cellam Acheri aedificavit ... In qua postea extiterunt viri, quorum diebus argentarie fosse reperte sunt in quibus multum argentum esse fertur effossum
  3. ‚ÜĎ D'apr√®s Lesslin et Daniel Rissler, les moines donn√®rent les mines en fief aux nobles d'Ech√©ry. Cette affirmation est souvent en contradiction avec d'autres historiens
  4. ‚ÜĎ On ne parle pas encore de Sainte-Marie-aux-Mines
  5. ‚ÜĎ Deciman de Sancta Maria et de Sancto Blasio - Archives de Meurthe et Moselle G 393/1 - Sainte-Marie: il pourrait s'agir l√† d'une chapelle qui existait √† l'endroit et non le nom de la ville qui n'existait pas encore. Cet acte serait en fait un faux d'apr√®s plusieurs analystes et aurait √©t√© r√©dig√© bien plus tard, peut-√™tre au XIIIe si√®cle par les moines pour contrer les pr√©tentions des seigneurs locaux et du duc de Lorraine
  6. ‚ÜĎ Cette affiliation est cependant mise en doute par certains historiens
  7. ‚ÜĎ Henry Bogdan : La Lorraine des ducs, p. 32
  8. ‚ÜĎ Schoepflin : Alsatia Illustrata, tome, 1, p.43
  9. ‚ÜĎ Cette √©glise a remplac√© l'ancienne dont il ne subsiste plus que le chŇďur situ√© rue M√ľhlenback
  10. ‚ÜĎ Cense = fermes seigneuriales
  11. ‚ÜĎ Les Halles, annexe se trouvant aujourd'hui √† Sainte-Croix-aux-Mines
  12. ‚ÜĎ On a √©galement trouv√© dans la vall√©e une m√©daille de l'empereur Constance et une autre de Maximilien qui r√©gn√®rent au commencement du 4e si√®cle
  13. ‚ÜĎ Cette hypoth√®se n'est pas tr√®s claire, puisqu'elle varie d'un historien √† l'autre
  14. ‚ÜĎ Herculanus: Histoire de la Lorraine, tome 3, p. cxviii
  15. ‚ÜĎ Les mines de Sainte-Marie, Revue d'Alsace, 1898, p.309
  16. ‚ÜĎ Selon l'abb√© Rice d'Attigny-la-Tour c'est en r√©alit√© Charles IV de Lorraine en 1617 qui fit appel aux Cordeliers pour s'√©tablir √† Sainte-Marie-aux-Mines. L'abb√© Rice avait √©t√© sollicit√© par L√©opold Ier, duc de Lorraine de faire un inventaire de toutes les paroisses d√©pendantes de son gouvernement et d'en dresser l'inventaire et l'√©tat des revenus et des b√©n√©fices situ√©s en Lorraine en 1702. Ce document forme douze registres qui sont conserv√©s aux archives d√©partementales de Meurthe et Moselle sous la cote B 288-298
  17. ‚ÜĎ Le plan du couvent en 1791 se trouve aux Archives d√©partementales du Haut-Rhin, carton des R√©collets
  18. ‚ÜĎ Nouvelles Ňďuvres in√©dites de Grandidier, (publi√©es sous les auspices de la Soci√©t√© industrielle de Mulhouse), Alsatia Sacra ou statistiques religieuses de l'Alsace avant la R√©volution, avec notes in√©dites de Schoepflin, tome II, Colmar Huffel, librairie de l'√©diteur, M.DCCC.XCIX, pages 265-266
  19. ‚ÜĎ Ce religieux, sans doute un patriote lorrain fut enlev√© par ordre du mar√©chal de Rochefort, gouverneur de Lorraine pour Louis XIV
  20. ‚ÜĎ Archives d√©partementales du Haut-Rhin, R√©volution, carton des R√©collets
  21. ‚ÜĎ Louis XIV fit don √† cette √©glise d'un calice et finan√ßa l'√©difice pour une somme de cinq mille cinq cent livres - Abb√© Grandidier: Sainte-Marie-aux-Mines, Ech√©ry, 1785
  22. ‚ÜĎ "Ecclesiam de Echery cum appendiciis suis " - L. J√©r√īme: L'abbaye de Moyenmoutier, Bulletin de la Soci√©t√© Philomatique vosgienne, 1898-99, p. 232, note 5
  23. ‚ÜĎ D'apr√®s l'abb√© Hanauer - Guide mon√©taire pour l'histoire d'Alsace publi√©e en 1894, le pouvoir du sou strasbourgeois, entre les ann√©es 1313 et 1318 √©tait d'environ de six francs cinquante centimes
  24. ‚ÜĎ L. J√©r√īme: L'abbaye de Moyenmoutier, Bulletin de la Soci√©t√© Philomatique vosgienne, 1899-1900, p. 64-65
  25. ‚ÜĎ Mme Magdeleine: Le temple r√©form√©e de Sainte-Marie-aux-Mines
  26. ‚ÜĎ Le pr√© portait le nom de "Wahlfahrtsmatte" ou simplement Sur-le-Pr√©. L'√©glise portait le nom de Mattenkirch
  27. ‚ÜĎ Derni√®res nouvelles d'Alsace 21 f√©vrier 1995 - Edition Alsace centrale
  28. ‚ÜĎ Baquol: Dictionnaire topographique, historiques et statistique du Haut-Rhin, p 253
  29. ‚ÜĎ Baquol : Dictionnaire topographique, historique et statistiques du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, p.253
  30. ‚ÜĎ Les anciennes industries de la vall√©e de Li√®pvre. Cette partie du travail de M. Risler a paru en feuilletons dans le Journal de Sainte-Marie-aux-Mines en mars-mai 1862
  31. ‚ÜĎ d'apr√®s Auguste Kroeber: Les anciens imprimeurs de Sainte-Marie-aux-Mines, Revue d'Alsace, 1867
  32. ‚ÜĎ d'apr√®s Jean Paul Patris, Soci√©t√© d'histoire du Val de Li√®pvre, 1993, p.24-30
  33. ‚ÜĎ La traduction allemande, Oberelsass, est encore utilis√©e de nos jours par les Allemands et les Suisses pour d√©signer le d√©partement du Haut-Rhin
  34. ‚ÜĎ L'Association M√©moire & Patrimoine Militaire du Val d'Argent propose des sorties guid√©es permettant de d√©couvrir les anciens vestiges de la guerre 1915-1918
  35. ‚ÜĎ N√© en 1887, d√©c√©d√© en 1981, il deviendra apr√®s la guerre le premier commandant en chef des troupes fran√ßaises d'occupation en Allemagne

Bibliographies

  • Baquol: L'Alsace ancienne et moderne: Dictionnaire topographique, historique et statistique du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, 1865
  • Bogdan, Henry: La lorraine des ducs, sept si√®cle d'histoire, Perrin, 2005, (ISBN 2-262-02113-9)
  • Bri√®le . Archives d√©partementales du Haut-Rhin, ant√©rieures √† 1790, inventaire sommaires, Fonds de Ribeaupierre, s√©rie E 1829 √† 1979
  • Delbos et Koechlin-Schumberger. Description min√©ralogique et g√©oogique du d√©partement du Haut-Rhin, Mulhouse, 1866, 2 vol. in 8 ¬į
  • Dietrich J.J: La chronique des mines de Sainte-Marie par L. Hausenbach, Bulletin de la soci√©t√© d'histoire naturelle, Colmar, 1875-1876,p. 325 et suivante.
  • Dietrich (baron de). Description des g√ģtes de minerai, forge, salines, etc.. de la Haute et Basse Alsace, 3e et 4e partie, Paris 1789, p. 138 et suivantes.
  • Dubled, Henri : Sainte-Marie-aux-Mines et sa r√©gion dans le pass√©, Imprimerie Alsatia, 1959, 16 pages, p. 119-134, t.10 - Annuaire de la Soci√©t√© des amis de la biblioth√®que de S√©lestat
  • Garnier-Pierrez, Dani√®le : Le couvent des Cordeliers de Sainte-Marie-aux-Mines (1617-1789), Soci√©t√© d'Histoire du Val de Li√®pvre, 20e cahier, ann√©e 1998, p. 103-114
  • Grandidier, abb√© : Sainte-Marie-aux-Mines, Ech√©ry, Vues pittoresques d'Alsace, Strasbourg, 1785
  • Grandidier, abb√© : Histoire de l'√©glise et des √©v√™ques-princes de Strasbourg depuis la fondation de l'√©v√™ch√© jusqu'√† nos jours, imprimerie Fran√ßois Levrault, 2 tomes, 1776
  • Kroeber, Lesslin, Petitdidier : M√©moire au gouvernement sur la demande form√©e par les hameaux d'Ech√©ry, la Petite Li√®pvre, Fertru et Saint-Blaise, 1841
  • Grandidier, Andr√© Philippe : Histoire eccl√©siastique, militaire et litt√©raire de la province Alsace, Strasbourg, 1787, Lorenzi & Schulerii (tome 1) et Levrault (tome II)
  • Muhlenbeck Emile : Nos mines, Journal de Sainte-Marie-aux-Mines 1878-1879
  • Risler, Daniel: Histoire de la ville de Sainte-Marie-aux-Mines et ses environs, 1873, Strasbourg, r√©impression en 1991 par Res Universis (ISBN 2-87760-550-7)
  • Risler, Daniel : Histoire de l'industrie dans la vall√©e de Li√®pvre, Sainte-Marie-aux-Mines, 1851, Imprimerie et Lithographie de A. Jardel, 73 pages
  • Schricker A : Die Elsaessischen Bergwerke in Markirch, National Zeitung, 1879

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