Alexandre III De Russie

ÔĽŅ
Alexandre III De Russie

Alexandre III de Russie

Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir : Maison Romanov.
Alexandre III
Empereur de Russie
Kramskoy Alexander III.jpg
Alexandre III, portrait par Ivan Kramsko√Į (1886)

Règne
14 mars 1881-1er novembre 1894
Couronnement 14 mars 1881
Dynastie Romanov
Prédécesseur Alexandre II
Successeur Nicolas II

Autres fonctions
{{{fonction1}}}
Période
{{{début fonction1}}} - {{{fin fonction1}}}
Président {{{président1}}}
Président(s) de la République {{{président de la république1}}}
Monarque {{{monarque1}}}
Gouverneur général {{{gouverneur1}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur1}}}
Successeur {{{successeur1}}}

{{{fonction2}}}
Période
{{{début fonction2}}} - {{{fin fonction2}}}
Président {{{président2}}}
Président(s) de la République {{{président de la république2}}}
Monarque {{{monarque2}}}
Gouverneur général {{{gouverneur2}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur2}}}
Successeur {{{successeur2}}}

{{{fonction3}}}
Période
{{{début fonction3}}} - {{{fin fonction3}}}
Président {{{président3}}}
Président(s) de la République {{{président de la république3}}}
Monarque {{{monarque3}}}
Gouverneur général {{{gouverneur3}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur3}}}
Successeur {{{successeur3}}}

{{{fonction4}}}
Période
{{{début fonction4}}} - {{{fin fonction4}}}
Président {{{président4}}}
Président(s) de la République {{{président de la république4}}}
Monarque {{{monarque4}}}
Gouverneur général {{{gouverneur4}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur4}}}
Successeur {{{successeur4}}}

{{{fonction5}}}
Période
{{{début fonction5}}} - {{{fin fonction5}}}
Président {{{président5}}}
Président(s) de la République {{{président de la république5}}}
Monarque {{{monarque5}}}
Gouverneur général {{{gouverneur5}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur5}}}
Successeur {{{successeur5}}}

{{{fonction6}}}
Période
{{{début fonction6}}} - {{{fin fonction6}}}
Président {{{président6}}}
Président(s) de la République {{{président de la république6}}}
Monarque {{{monarque6}}}
Gouverneur général {{{gouverneur6}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur6}}}
Successeur {{{successeur6}}}

{{{fonction7}}}
Période
{{{début fonction7}}} - {{{fin fonction7}}}
Président {{{président7}}}
Président(s) de la République {{{président de la république7}}}
Monarque {{{monarque7}}}
Gouverneur général {{{gouverneur7}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur7}}}
Successeur {{{successeur7}}}

{{{fonction8}}}
Période
{{{début fonction8}}} - {{{fin fonction8}}}
Président {{{président8}}}
Président(s) de la République {{{président de la république8}}}
Monarque {{{monarque8}}}
Gouverneur général {{{gouverneur8}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur8}}}
Successeur {{{successeur8}}}

{{{fonction9}}}
Période
{{{début fonction9}}} - {{{fin fonction9}}}
Président {{{président9}}}
Président(s) de la République {{{président de la république9}}}
Monarque {{{monarque9}}}
Gouverneur général {{{gouverneur9}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur9}}}
Successeur {{{successeur9}}}

{{{fonction10}}}
Période
{{{début fonction10}}} - {{{fin fonction10}}}
Président {{{président10}}}
Président(s) de la République {{{président de la république10}}}
Monarque {{{monarque10}}}
Gouverneur général {{{gouverneur10}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur10}}}
Successeur {{{successeur10}}}

Biographie
Naissance 10 mars 1845
D√©c√®s 1er novembre 1894
Père Alexandre II
Mère Marie de Hesse et du Rhin
Consort(s) Dagmar de Danemark
Descendance Nicolas II
Alexandre Alexandrovitch

Georges Alexandrovitch
Xenia Alexandrovna
Olga Alexandrovna
Mikhail Alexandrovich Romanov


Blason Russie XVIIIe siècle.svg
Monarques de Russie

Alexandre III de Russie (Alexandre Alexandrovitch Romanov, en russe : –ź–Ľ–Ķ–ļ—Ā–įŐĀ–Ĺ–ī—Ä –ź–Ľ–Ķ–ļ—Ā–įŐĀ–Ĺ–ī—Ä–ĺ–≤–ł—á –†–ĺ–ľ–įŐĀ–Ĺ–ĺ–≤), n√© le 10 mars 1845 et mort le 11 novembre 1894, est l'avant-dernier tsar √† r√©gner sur l'Empire russe. Il est l'empereur de toutes les Russies, roi de Pologne et grand-duc de Finlande. Son r√®gne dure du 14 mars 1881 jusqu'√† sa mort le 11 novembre 1894.

Sommaire

Jeunesse

Alexandre, deuxième fils sans point commun avec son père

Alexandre est le second fils d'Alexandre II, et tr√®s t√īt, sa personnalit√© tranche avec celle de son p√®re et de son grandp√®re. Son p√®re est r√©put√© lib√©ral, et son grand-oncle Alexandre Ier est pr√©sent√© comme un homme raffin√©, philosophe, sentimental, chevaleresque mais rus√©. En comparaison, le jeune prince Alexandre se montre abrupt et bourru et son √©ducation renforce ces caract√®res.

Durant les vingt premi√®res ann√©es de sa vie, le prince Alexandre n'est en effet pas l'h√©ritier du tr√īne. En temps que tsar√©vitch, son fr√®re ain√©, Nicolas Alexandrovitch, re√ßoit une √©ducation soign√©e, tandis que son fr√®re Alexandre ¬ę s'ennuie √† p√©rir aux le√ßons de ses gouverneurs. En vain ses professeurs Grott et Soloviov tentent-ils de l'int√©resser √† l'histoire de son pays, le civiliste Contantin Pobi√©donostsev aux th√©ories du droit et le g√©n√©ral Dragomirov √† la strat√©gie[1]. ¬Ľ Adolescent, il t√©moigne d'une force musculaire peu commune : ¬ę C'√©tait l'Hercule de la famille[2]. ¬Ľ

Les relations avec son père sont marquées par sa désapprobation de la liaison que son père entretient avec Catherine Dolgorouki.

Un mariage heureux

Alexandre III et sa famille.

Sur son lit de mort, son fr√®re a√ģn√©, Nicolas Alexandrovitch, √©met le souhait que sa fianc√©e, la princesse Dagmar de Danemark (1847-1928), fille de Christian IX du Danemark et de Louise de Hesse, √©pouse son successeur. Son vŇďu est r√©alis√© le 9 novembre 1866. Cette union fut tr√®s heureuse.

Alexandre et Dagmar eurent six enfants :

L'h√©ritier du tr√īne

De 1865 √† 1881, Alexandre n'a pas un r√īle important dans les affaires publiques, bien qu'il soit d√©sormais l'h√©ritier du tr√īne de Russie. Depuis son mariage, il m√®ne une vie retir√©e au Palais Anitchkov. Toutefois, il manifeste √† de nombreuses reprises son d√©saccord sur la politique men√©e par son p√®re. Conscient de son manque de pr√©paration, il se tourne vers son ancien pr√©cepteur Constantin Pobi√©donostsev, un juriste de l'universit√© de Moscou connu pour son conservatisme extr√™me, et qui devient plus tard procureur g√©n√©ral du Saint-Synode[3]. Celui-ci r√©p√©tait souvent : ¬ę Le salut de la Russie ne peut venir que de la Russie elle-m√™me. ¬Ľ

Le problème de l'influence étrangère

Alexandre d√©sapprouve ce qu'il consid√®re comme une ¬ę influence √©trang√®re excessive ¬Ľ, tout particuli√®rement en ce qui concerne l'influence allemande. Il souhaite que des principes exclusivement nationaux soient adopt√©s dans les sph√®res de l'√Čtat, afin que la mosa√Įque d'ethnies diff√©rentes qui compose son pays devienne un √Čtat homog√®ne, tant dans le domaine religieux que linguistique ou administratif.

Son père Alexandre II ne cache pas de fortes sympathies allemandes, et utilise fréquemment l'allemand pour s'entretenir en privé. Il fonde ainsi sa politique étrangère sur une alliance avec la Prusse, première puissance allemande. Il ridiculise parfois les exagérations et les excentricités des Slaves.

La premi√®re manifestation publique de cet antagonisme est la guerre franco-prussienne de 1870. Le Tsar soutint √† cette occasion la Prusse, quand le tsar√©vitch montre quelques sympathies vis √† vis de la France. En r√©action √† la d√©faite de Sedan, il note dans son journal : ¬ę Quelle effroyable nouvelle ! Mac-Mahon d√©truit ! L'arm√©e en d√©route ! ¬Ľ

La Question d'Orient : nouveau d√©saccord

Article d√©taill√© : Question d'Orient.

Le désaccord réapparait de manière épisodique pendant les années 1875-1879, tandis que la Question orientale provoque un certain émoi dans tous les échelons de la société russe, surtout au cours de la guerre russo-turque de 1877-1878 .

Inspir√©s par les r√©voltes des chr√©tiens des Balkans, les Bulgares se r√©voltent contre le pouvoir ottoman au printemps 1876. Le sultan Abdul-Aziz r√©plique en envoyant 10 000 soldats irr√©guliers ( les fameux Bachi-Bouzouks ) qui commette de nombreux massacres. Par solidarit√©, la Serbie et le Mont√©n√©gro d√©clarent la guerre √† la Turquie, le 1er juillet 1876, et sont √©cras√©s par l'arm√©e du nouveau sultan Abdul-Hamid, surnomm√© ¬ę le Sultan rouge ¬Ľ. Alexandre II, qui s'√©tait assur√© de la neutralit√© autrichienne, attaque le 21 avril 1877. Les Russes, aid√©s par les Roumains, traversent facilement le Danube, mais sont arr√™t√©s √† la forteresse de Plevna par Osman Pacha. Cette place forte tombe en d√©cembre, apr√®s un long si√®ge.

Les Russes continuent sur leur lancée, ils prennent Batoum ainsi que la forteresse de Kars en Arménie, et atteignirent Trébizonde sur la mer Noire. Ils se dirigent aussi vers Constantinople et prennent Andrinople à quelques kilomètres. Cette expansion des troupes russes inquiète de nombreux gouvernements. L'Angleterre ne souhaite pas que la Russie s'empare des Détroits. La paix est signée aux conditions du vainqueur par le traité de San Stefano, le 3 mars 1878.

Au d√©but du conflit, le tsar nomme le grand-duc Nicolas Nicola√Įevitch g√©n√©ralissime, ce qui est une grande d√©ception pour le prince Alexandre qui esp√©rait le poste[4]. Alexandre parait au d√©part plus slavophile que le gouvernement russe, mais sa nature flegmatique le pr√©serve de nombre d'exag√©rations d'autres slavophiles. Ses propres observations √† la t√™te de l'aile gauche de l'arm√©e en Bulgarie dissipent rapidement les illusions populaires en vogue en Russie √† propos des Bulgares. Ces derniers √©taient en effet repr√©sent√©s √† Saint-P√©tersbourg comme des martyrs et des saints[5]. Comme la plupart de ses camarades officiers, Alexandre a des difficult√©s √† concevoir de l'affection pour les ¬ę petits fr√®res ¬Ľ Bulgares. Observateur direct du conflit, Alexandre ne partage pas la mauvaise r√©putation que ses contemporains russes accordent aux Ottomans. Il se montre cependant discret sur ses opinions personnelles durant toute sa participation √† la guerre[6].

Jamais consulté sur les questions politiques, le tsarévitch Alexandre montre une bonne tenue dans le cadre de ses devoirs militaires, remplis consciencieusement sans jamais faire obstruction aux ordres donnés. Il se rend compte toutefois de la nécessité de moderniser l'armée.

Le Congrès de Berlin

Benjamin Disraeli exige la révision du traité de San Stefano, et mobilise les réservistes pour intimider la Russie. La Russie espère qu'en échange du soutien russe lors de la création de l'Empire allemand, Bismarck aidera à résoudre la Question d'Orient, dans un sens favorable à la Russie.

Benjamin Disraeli parvient à convaincre l'Autriche, et la plupart de ce que la Russie a obtenu dans le traité de San Stefano est sacrifié au Congrès de Berlin, le chancelier allemand Bismarck ne voulant pas donner satisfaction à la Russie victorieuse. Bismarck se limite au Congrès de Berlin à être un "courtier honnête" sans aider à la résolution de ce problème, à l'indignation générale de la cour russe. Peu de temps après, il conclut une alliance avec l'Autriche-Hongrie, dans le but de contrecarrer les desseins russes en Europe orientale, notamment dans les Balkans. De plus, ni l'Angleterre, ni l'Allemagne et l'Autriche ne veulent d'une Grande Bulgarie.

Le prince Alexandre en tire la conclusion que la meilleure chose à faire pour la Russie est de réorganiser son armée et sa marine en vue de possibles affrontements futurs. À ces fins, il suggère un certains nombres de réformes.

Les propositions de réformes

Durant sa campagne en Bulgarie, Alexandre observe la corruption et les graves d√©sordres qui s'ensuivent dans l'administration militaire. De retour √† Saint-P√©tersbourg, il d√©couvre de semblables abus dans le minist√®re de la marine. Il s'aper√ßoit que des personnages hauts plac√©s (comme deux grands-ducs) y sont impliqu√©s. Son p√®re, alert√©, ne s'inqui√®te gu√®re de ce que son fils lui montre. √Ä cette √©poque, le tsar a perdu la plus grande partie de son courage r√©formateur, √† l'Ňďuvre durant la premi√®re d√©cennie de son r√®gne. En cons√©quence, les relations entre le p√®re et le fils se tendent un peu plus.

L'assassinat d'Alexandre II

Le 13 mars 1881, un groupe de nihilistes assassine le tsar Alexandre II. Durant les derni√®res ann√©es de son r√®gne, Alexandre II, agac√© par la propagande nihiliste et l'augmentation du nombre de conspirations anarchistes avait h√©sit√© entre renforcer l'autocratie ou faire des concessions aux aspirations des classes √©duqu√©es. Il s'√©tait finalement d√©cid√© en faveur de la deuxi√®me solution ; le jour m√™me de sa mort il signe un oukase cr√©ant un certain nombre de ¬ę commissions consultatives ¬Ľ qui auraient pu devenir des assembl√©es de notables.

Plus tard, Alexandre III débute la construction de la Cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé au cours de son règne, en l'honneur de son père.

Un règne marqué par le retour à la réaction

L'assassinat d'Alexandre II a pour r√©sultat imm√©diat de remettre en question les projets de r√©formes en cours, que le nouveau souverain soumet, le 8 mars 1881, √† un conseil des ministres sp√©cialement convoqu√© pour la circonstance : s'y affrontent les partisans des r√©formes (soutenus par le comte Loris-Melikov), bient√īt √©cart√©s du pouvoir, et les partisans de l'autocratie, men√©s par Constantin Pobi√©donostsev, procureur du Saint-Synode, et ancien pr√©cepteur de l'empereur et le comte Dimitri Tolsto√Į, ministre de l'√Čducation. Alexandre III se range √† leur avis : il proclame dans le Manifeste du 29 avril 1881[7] que l'abandon du pouvoir autocratique porte en lui-m√™me sa propre punition.

Les règlements temporaires

Des r√®glements temporaires destin√©s √† assurer la s√©curit√© de l'√Čtat et l'ordre public sont promulgu√©s √† la fin de l'√©t√© 1881 dans plusieurs r√©gions de l'Empire :

  • les fonctionnaires re√ßoivent des pouvoirs √©tendus en mati√®re de police et de presse
  • toutes les libert√©s peuvent √™tre suspendues par simple d√©cret et les causes civiles port√©es devant les tribunaux militaires. Valable initialement trois ans, ce r√®glement provisoire est constamment renouvel√© par la suite et reste en vigueur jusqu'√† la fin du tsarisme.

En 1882 est cr√©√©e la Section de protection de l'ordre et de la s√©curit√© publique, plus connue sous le nom d'Okhrana : elle infiltre les petits groupes r√©volutionnaires d'agents provocateurs et en acc√©l√®re la d√©composition, qui se conclut en 1887 avec l'arrestation de 200 militants des cercles populistes √† Moscou et d'un petit groupe d'√©tudiants √† Saint-P√©tersbourg qui pr√©parait un attentat contre le tsar. Des apprentis terroristes, dont Alexandre Ilitch Oulianov, sont condamn√©s √† mort et pendus.

Les contre-réformes

Le gouvernement impérial publie également des contre-réformes destinées à restreindre la portée des changements intervenus sous Alexandre II.

La réforme judiciaire est démantelée. L'indépendance et l'inamovibilité des magistrats sont abolies en 1885 et la publicité des débats judiciaires limitée en 1887. En 1889, les juges de paix élus sont remplacés par des représentants de la noblesse terrienne nommés par le ministère de l'intérieur qui cumulent ainsi les fonctions de juges et d'administrateurs locaux.

Les autonomies provinciale et municipale sont affaiblies. Les lois de 1890 sur les zemstvos et de 1892 sur les villes élèvent considérablement le cens électoral et retirent aux zemstvos et aux doumas urbaines leurs compétences essentielles. Les décisions peuvent être supprimées par l'administration lorsqu'elles sont jugées inopportunes.

La r√©forme de l'enseignement est abolie. Les √©coles primaires sont plac√©es sous le contr√īle de l'√Čglise (1884) et le Statut des Universit√©s de 1884 remplace celui de 1863 en mettant fin √† leur autonomie et triple les frais d'inscription pour √©carter des √©tudes les n√©cessiteux. En 1887, le ministre de l'√Čducation D√©lianov ordonne d'¬ę √©carter des gymnases les enfants de cochers, laquais, cuisini√®res ¬Ľ qui ne peuvent devenir √† l'√©cole que des r√©volt√©s, d'o√Ļ par d√©rision son surnom de circulaires des ¬ę enfants de cuisiniers ¬Ľ.

La politique de russification

La d√©finition de l'√Čtat russe √©labor√©e par Pobi√©donostsev marque un durcissement du pouvoir politique russe √† l'√©gard des peuples allog√®nes. L'usage et la diffusion des langues nationales sont limit√©s : le russe est rendu obligatoire dans l'enseignement et l'administration, notamment dans les r√©gions consid√©r√©es comme russes par leurs traditions culturelles et religieuses, comme les Ukrainiens (ou Petits Russiens tels qu'il √©taient nomm√©s √† l'√©poque) et les Bi√©lorusses. Parall√®lement, une politique favorable √† l'orthodoxie (probl√®me des uniates, favoritisme √† l'√©gard des fonctionnaires orthodoxes) est mise en place. En Pologne, des si√®ges √©piscopaux catholiques restent vacants et le projet de russifier l'enseignement, abandonn√© ensuite, soul√®ve les plus vives critiques.

Les juifs, consid√©r√©s comme une "nationalit√©" √† part et soumis √† l' obligation de r√©sidence en Pologne, Petite Russie, Russie blanche et quelques villes de Russie occidentale (ils n'ont pas officiellement le droit de vivre √† Moscou et doivent avoir une permission pour vivre dans la capitale) sont victimes tout √† la fois de l'antis√©mitisme d'√Čtat (ils servent de boucs √©missaires pour d√©tourner les m√©contentements) et populaire (sous des pr√©textes √©conomiques ou religieux). Un numerus-clausus est mis en place dans les universit√©s pour limiter le nombre d' √©tudiants juifs, dans leur majorit√© hostiles au r√©gime.

Ces mesures dressent contre l'Empire des franges importantes des populations allogènes.

L'essor économique

La Russie, rest√©e essentiellement agricole, s'efforce de devenir rapidement une puissance industrielle. Le gouvernement favorisa cet essor par une politique protectionniste; pour prot√©ger les droits de douanes sur les machines, la houille et le fer import√©s[8]. Serge de Witte, ministre des communications puis des finances √† partir de 1892 sut par une habile politique financi√®re attirer les capitaux √©trangers en Russie, principalement fran√ßais, et gr√Ęce aux emprunts (les fameux emprunts russes) contract√©s en France fit acc√©l√©rer l'industrialisation, l'extraction mini√®re et l'√©quipement ferroviaire du pays.

Une politique étrangère contrastée

Des désillusions dans les Balkans

Pendant que l'influence autrichienne se développait en Serbie (protectorat autrichien en 1881) et en Roumanie (protectorat autrichien en 1883), celle de la Russie s'affaiblissait en Bulgarie, demeurée principauté vassale de l'Empire ottoman depuis le Congrès de Berlin.

Le souverain de cet √Čtat balkanique jouissant d'une large autonomie est jusqu'en 1886 le prince Alexandre de Battenberg (neveu de l'√©pouse de l'empereur Alexandre II) qui entend mener une politique ind√©pendante. Sous la pression des nationalistes bulgares qui ne voulait pas laisser leur pays devenir un satellite de la Russie, Battenberg avait d√Ľ cong√©dier des g√©n√©raux russes conseillers du gouvernement bulgare. La Russie organise donc un coup d'√Čtat pour le renverser, au grand m√©contentement des Bulgares. Alexandre de Battenberg est remplac√© apr√®s des n√©gociations entre les puissances en juin 1887 par Ferdinand de Saxe-Cobourg (dont la famille est alli√©e √† la fois √† l'Allemagne et √† l'Angleterre) qui se tourne finalement vers les Empires centraux. C'est une victoire pour l'Autriche et son alli√©e l'Allemagne.

Des frictions avec l'Angleterre en Asie centrale

La Russie ach√®ve sous le r√®gne d'Alexandre III la conqu√™te de l'Asie centrale : elle annexe en 1884 la r√©gion des Turkm√®nes de Merv et le Pamir en 1885, ce qui lui ouvre la route de l'Afghanistan et des Indes.

Cette occupation entra√ģne de nouvelles n√©gociations avec la Grande-Bretagne : les deux pays se mettent d'accord pour fixer la fronti√®re et d√©limiter les zones d'influence, la Russie au Nord et la Grande-Bretagne au Sud, dessinant sur les cartes le bec de canard de Wakham entre les possessions russes et les Indes britanniques.

Le rapprochement avec la France

L'aspect le plus spectaculaire de la politique extérieure au cours du règne d'Alexandre III est le renversement des alliances militaires.

Le rapprochement avec la France s'op√®re √† partir de 1888-1890. Alexandre III et ses ministres n'√©prouvent aucune sympathie pour le r√©gime de la France r√©publicaine, mais Alexandre III - qui parle couramment fran√ßais - est conscient du r√īle g√©ostrat√©gique de la France[9]. D'autre part le pays a besoin de capitaux pour financer son industrialisation naissante, et seule la France est capable de les lui fournir. La France totalement isol√©e diplomatiquement depuis vingt ans par Bismarck y voit un grand int√©r√™t. Lorsque Guillaume II refuse de signer le trait√© de r√©assurance en 1890 avec la Russie, la voie est libre pour une nouvelle alliance.

Les deux gouvernements signent en 1891 un accord politique proclamant leur entente et leur décision de se consulter en cas de menace sur la paix. Ils signent un an plus tard une convention militaire secrète. L'Alliance franco-russe de 1893, à Paris, avec le Président de la République Française Sadi Carnot et son Ministre de la marine Henri Rieunier allait se poursuivre avec le Président Félix Faure en 1896, et demeurer jusqu'en 1917.

Le pont Alexandre-III, franchissant la Seine à Paris, était destiné à symboliser l'amitié franco-russe conclue entre le tsar Alexandre III de Russie et le président de la République Sadi Carnot. La première pierre fut posée par son fils, Nicolas II de Russie, en 1896 et il fut inauguré en 1900 à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris. Il relie l'esplanade des Invalides aux Petit et Grand Palais.

Sa mort

Apr√®s un court r√®gne de 13 ann√©es, Alexandre III mourut √† Livadia le 1er novembre 1894. Son fils Nicolas Alexandrovitch lui succ√©da sous le nom de Nicolas II. Son √©pouse, morte en exil en 1928 fut inhum√©e au Danemark, son pays d'origine, avant d'√™tre transf√©r√©e le 26 septembre 2006 aux c√īt√©s de son mari √† la Forteresse Pierre-et-Paul de Saint-P√©tersbourg.

Généalogie

Alexandre III de Russie appartient à la Maison des Romanov, issue de la première branche de la Maison d'Oldenbourg-Russie (Holstein-Gottorp-Romanov), issue de la première branche de la Maison d'Holstein-Gottorp, elle-même issue de la première branche de la Maison d'Oldenbourg.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Henri Troyat, op cit√©, p.8
  2. ‚ÜĎ Phrase √©mise par son fr√®re Vladimir, in Henri Troyat, opus cit√©
  3. ‚ÜĎ Paul Vial, op cit√©, p.284
  4. ‚ÜĎ Henri Troyat, op cit√©, p. 29
  5. ‚ÜĎ cf Aksakov, Katkov, Dosto√Įevski
  6. ‚ÜĎ ¬ę Nous ne pensions pas que la guerre tra√ģnerait si longtemps ; au d√©but, tout allait bien et nous pouvions esp√©rer une fin rapide ; puis, tout √† coup, ce malheureux Plevna ! Ce cauchemar de la guerre[...] ¬Ľ
    Lettre d'Alexandre à Pobiédonostsev, 8 septembre 1877, in Henri Troyat, op cité, P. 31.
  7. ‚ÜĎ dans le calendrier julien, le 11 mai dans le calendrier gr√©gorien
  8. ‚ÜĎ Paul Vial, op cit√©, p 285
  9. ‚ÜĎ D√©j√† en 1866, il √©crivait au futur empereur d'Allemagne, le prince-r√©gent de Prusse Fr√©d√©ric-Guillaume :"L'alliance de la France et de la Russie est chose tellement naturelle qu'il y aurait folie √† ne pas s'y attendre, car, de toutes les Puissances, ce sont les seules, qui par leur situation g√©ographique et par leurs vis√©es politiques, renferment le moins d'hostilit√©, car n'ayant pas d'int√©r√™t qui se combattent n√©cessairement.

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Paul Vial, L'Europe et le monde de 1848 √† 1914, Paris, Editions de Gigord, 1968.
  • Henri Troyat, Alexandre III, le tsar des neiges, Paris, Grasset, 2004
  • Christian Ambrosi, L'apog√©e de l'Europe 1871-1918, Paris, Masson, 1975
Précédé par Alexandre III Suivi par
Alexandre II
Empereur de Russie
1881-1894
Nicolas II
  • Portail de la Russie Portail de la Russie
Ce document provient de ¬ę Alexandre III de Russie ¬Ľ.

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Alexandre III De Russie de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Alexandre iii de russie ‚ÄĒ  Pour les autres membres de la famille, voir : Maison Romanov. Alexandre III ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Alexandre III de Russie ‚ÄĒ Pour les autres membres de la famille, voir : Maison Romanov. Alexandre III Alexandre III, portrait par Ivan Kramsko√Į (1886) ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Alexandre Alexandrovitch De Russie ‚ÄĒ La seule photographie (√† titre posthume) du grand duc Alexandre Alexandrovitch de Russie Le grand duc Alexandre Alexandrovitch de Russie (en russe : –í–Ķ–Ľ–ł–ļ–ł–Ļ –ö–Ĺ—Ź–∑—Ć –ź–Ľ–Ķ–ļ—Ā–į–Ĺ–ī—Ä –ź–Ľ–Ķ–ļ—Ā–į–Ĺ–ī—Ä–ĺ–≤–ł—á –†–ĺ–ľ–į–Ĺ–ĺ–≤) est n√© le 7 juin 1869 √† ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Alexandre alexandrovitch de russie ‚ÄĒ La seule photographie (√† titre posthume) du grand duc Alexandre Alexandrovitch de Russie Le grand duc Alexandre Alexandrovitch de Russie (en russe : –í–Ķ–Ľ–ł–ļ–ł–Ļ –ö–Ĺ—Ź–∑—Ć –ź–Ľ–Ķ–ļ—Ā–į–Ĺ–ī—Ä –ź–Ľ–Ķ–ļ—Ā–į–Ĺ–ī—Ä–ĺ–≤–ł—á –†–ĺ–ľ–į–Ĺ–ĺ–≤) est n√© le 7 juin 1869 √† ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Alexandre Ier De Russie ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Alexandre Ier. Alexandre I ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Alexandre ier de russie ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Alexandre Ier. Alexandre I ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Alexandre Mikha√Įlovitch de Russie ‚ÄĒ (–ź–Ľ–Ķ–ļ—Ā–į–Ĺ–ī—Ä –ú–ł—Ö–į–Ļ–Ľ–ĺ–≤–ł—á –†–ĺ–ľ–į–Ĺ–ĺ–≤) Grand duc Alexandre de Russie) Surnom Sandro ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Alexandre Mikhailovitch de Russie ‚ÄĒ Alexandre Mikha√Įlovitch de Russie Aleksandr Mikha√Įlovitch de Russie (–ź–Ľ–Ķ–ļ—Ā–į–Ĺ–ī—Ä –ú–ł—Ö–į–Ļ–Ľ–ĺ–≤–ł—á –†–ĺ–ľ–į–Ĺ–ĺ–≤) Surnom Sandro Naissance 1er avril 1866 ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Alexandre Nikitich de Russie ‚ÄĒ (en russe : –ź–Ľ–Ķ–ļ—Ā–į–Ĺ–ī—Ä –Ě–ł–ļ–ł—ā–ł—á), n√© √† Paris le 4 novembre 1929, d√©c√©d√© le 22 septembre 2002 √† Londres, √©tait un prince de Russie, membre de la Maison de Hostein Gottorp Romanov. Sommaire 1 Famille 1.1 Mariage ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Alexandre II de Russie ‚ÄĒ Pour les autres membres de la famille, voir : Maison Romanov. Pour les articles homonymes, voir Alexandre II. Alexandre II ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.