Histoire Des Congrégations Chrétiennes


Histoire Des Congrégations Chrétiennes

Histoire des congrégations chrétiennes

Les congrégations chrétiennes sont des institutions qui se sont créées au fil du temps en fonction des besoins ou des crises qui agitaient l’Église, et sont l’illustration de l’évolution de celle-ci.

Sommaire

Les débuts

Dès le début du christianisme, l’ascétisme a été une forme de don de soi et dès le IIIe siècle, se créent des communautés monastiques. C’est avec saint Pacôme qu’apparaissent des couvents observant des règles strictes. Pacôme pense en effet que la solitude est dangereuse, car elle peut conduire au désespoir.

Dès 360, Martin de Tours crée l’abbaye Saint-Martin de Ligugé à proximité de Poitiers. saint Jean Cassien fonde Saint-Victor de Marseille et le Saint-Sauveur de Marseille à Marseille vers 415. C’est le début du cénobitisme où les moines sont seuls dans leur cellule et se retrouvent pour les repas. La vie commune l’emporte finalement. Lorsque Benoît de Nursie fonde un monastère au mont Cassin en 529, la règle de vie qu’il finalise en 540 forme le fondement de tous les ordres monastiques d’Europe. La devise de saint Benoît était : « Ora et labora Â», « Prie et travaille Â». Elle est restée la devise de l’ordre bénédictin.

Sous le règne des souverains Carolingiens, la vie monastique, notamment l’ordre bénédictin, prend un essor considérable par tous les couvents dépendant de l’abbaye de Cluny (fondée en 910).

Le renouveau au début du second millénaire

À peu près à la même époque, l’Ordre cistercien, créé en 1098 lors de la fondation de l’abbaye de Cîteaux, est le premier ordre, dit réformateur, qui se réfère également à la règle bénédictine en voulant en assurer une observance plus stricte et revenir aux idéaux de départ. Bruno de Cologne fonde la Chartreuse ; alors que l’on assiste à la naissance des Grandmontains, des Prémontrés, des Gilbertins, de la congrégation de Savigny et de bien d’autres.

Ce besoin de réforme entraine aussi la création des Ordres mendiants, notamment les Franciscains vers 1210 et les Dominicains vers 1215, qui choisissent une vie de pauvreté et de prédication en dehors d’un monastère. Des personnalités de ce nouveau type de vie conventuelle trouvent même leur entrée dans les universités (Thomas d’Aquin, Bonaventure). Grâce à ces Ordres mendiants, beaucoup de chrétiens sont restés fidèles à l’Église.

Les réformes à partir du XVIe siècle

Les Capucins sont issus en 1517 de l’ordre franciscain, accentuant encore l’idéal de pauvreté de ce dernier.

Véritable nouveauté, Compagnie de Jésus est créé en 1540 par Ignace de Loyola s’occupe essentiellement d’activité missionnaire et d’enseignement, formant ainsi un ordre de clercs réguliers.

Peu à peu apparaissent des congrégations qui se spécialisent dans des activités spécifiques : les Somasques, fondés en 1532, qui se vouent aux soins des malades et à l’éducation des orphelins, les Camilliens, fondés en 1584, se consacrant aux soins des malades, les Piaristes fondée en 1597 pour l’enseignement. Des congrégations féminines voient le jour, dont les Ursulines, premier ordre d’enseignement féminin.

Les ordres féminins

Les ordres et la Réforme

La République française et les congrégations

L’État français a manifesté, depuis la Révolution, une certaine méfiance à l’égard des congrégations. Au long du XIXe siècle, une législation assez restrictive a été élaborée, y compris sous des régimes plutôt favorables à la religion catholique comme la Restauration, à travers la loi du 24 mai 1825 sur les congrégations de femmes.

Troisième République

Sous la Troisième République, le mouvement anticlérical, s’il reste assez bienveillant envers le clergé séculier, mène une politique plus restrictive à l’égard des congrégations, qui se traduit notamment par des expulsions du territoire français. La loi du 1er juillet 1901 soumet les congrégations au titre III de la loi: aucune congrégation religieuse ne peut se former sans une autorisation donnée par une loi qui déterminera les conditions de son fonctionnement, et elle sera soumises au contrôle des préfets.

À défaut pour une congrégation de se soumettre aux dispositions indiquées, des sanctions pénales peuvent être infligées aux fondateurs de la congrégation. Le Vatican condamne la loi, mais laisse aux congrégations la liberté de demander leur autorisation, et la plupart des congrégations déposent un dossier de demande. Cependant, suite à la victoire du Bloc des Gauches aux élections législatives de mai 1902 qui porta au pouvoir Émile Combes, allié avec les socialistes de Jaurès, et dont le gouvernement mène un farouche combat anticlérical, les demandes de reconnaissance introduites furent examinées dans un sens restrictif et refusées.

Dès l’été 1902, les écoles congréganistes non autorisées étaient fermées et le mouvement s’accéléra en 1903, le coup final aux congrégations étant porté par une loi de 1904 interdisant purement et simplement «l’enseignement de tout ordre et de toute nature aux congrégations», l’interdiction s’appliquant même aux congrégations autorisées et à l’enseignement dans les écoles publiques.

Près de 2 000 écoles avaient été fermées, et des dizaines de milliers de religieux qui avaient fait de l’instruction leur terrain d’action privilégié se trouvaient interdits d’exercer leur profession et confrontés à l’alternative de la reconversion, et donc de l’abandon de l’état religieux, ou l’exil. Certains se sécularisent, à l’appel des évêques, pour assurer la survie de leur œuvre, mais beaucoup choisissent la fidélité à leur vocation et donc l’exil, de préférence le plus près possible de la France, dans l’espoir d’un retour possible.

30 à 60 000 religieux français partent ainsi fonder des établissements à l’étranger : Belgique, Espagne, Suisse, mais aussi la voie « missionnaire Â». Ainsi, environ 1300 débarqueront au Canada entre 1901 et 1904, marquant la société québécoise.

Beaucoup de religieux resteront à l’étranger, contribuant à l’internationalisation des congrégations, mais l’Union sacrée proclamée lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, en fait revenir beaucoup en France, confiant en l’ouverture créée qui sera suivie par la reprise des relations avec le Saint-Siège dans les années 1920.

La loi du 8 avril 1942, confirmée à la Libération, assouplit le système. La fondation d’une congrégation n’est plus soumise à une autorisation légale, mais à un décret pris après avis conforme du Conseil d’État. La loi supprime aussi le délit de congrégation et met donc définitivement fin à la chasse au religieux.

Époque contemporaine

Au XXe siècle, les ordres traditionnels traversent une crise, et on constate l’apparition d’instituts séculiers.

Sources

  • Article consacré aux ordres et congrégations
  • Résumé du livre de Christian Sorrel
  • Article relatif au livre de Guy Lapperière
  • Article sur les lois de 1901 et 1904

Bibliographie

  • Christian Sorrel, La République contre les congrégations - Histoire d'une passion française (1899-1904), Cerf 2003, (ISBN 2-204-07128-5)
  • Guy Lapperière, Les Congrégations religieuses. De la France au Québec, 1880-1914, Les Presses de l’Université Laval, 2 tomes
  • Le Grand Exil des congrégations religieuses françaises 1901-1914, sous la direction de Jean-Dominique Durand et Patrick Cabanel, Cerf (2005), (ISBN 978-2204074698)

Voir aussi

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