Histoire De Terre-Neuve

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Histoire De Terre-Neuve

Histoire de Terre-Neuve

Cet article résume l'histoire de Terre-Neuve qui est maintenant une province canadienne.

Les premiĂšres traces d'humains sur le territoire de Terre-Neuve remontent Ă  6 000 ans avant J.-C. Terre-Neuve a longtemps Ă©tĂ© une colonie anglaise avant de devenir une province canadienne en 1949.

Sommaire

Les origines

Précurseurs asiatiques

Les premiers signes de prĂ©sence humaine sur l’üle de Terre-Neuve datent d’environ 6 000 ans av. J.-C. et relĂšvent de la “Civilisation archaĂŻque maritime”, culture de pĂȘcheurs et de chasseurs d’animaux marins. On note le dĂ©veloppement du travail du bois, tumulus-tombeaux et usage abondant de l’ocre rouge, sur les cĂŽtes des provinces maritimes actuelles et de Terre-Neuve. Cette civilisation s’éteint vers –2000, possiblement Ă  la suite de la submersion du plateau continental Ă  cette Ă©poque.

Vers 850 av. J.-C. arrivent les palĂ©o-inuits qui occupent l’üle durant environ 700 ans. D'origine asiatique (SibĂ©rie), ces Inuits ont Ă©migrĂ©s il y a plusieurs milliers d'annĂ©es en traversant le dĂ©troit de BĂ©ring et en s'Ă©tablissant en AmĂ©rique du Nord. Ils sont supplantĂ©s par les reprĂ©sentants de la culture Dorsets et, simultanĂ©ment par ceux de la culture « Recent Indian Â», ancĂȘtres possibles des BĂ©othuks. Ces deux cultures occupent l’üle pendant le millĂ©naire suivant.

Les Vikings

Les cĂŽtes mĂ©ridionales furent explorĂ©es pour la premiĂšre fois par des europĂ©ens vers la fin du Xe siĂšcle par Leif Eriksson (fils d'Erik le Rouge), un Viking originaire d'Islande. Des colonies vikings s'installĂšrent sur la cĂŽte est du Groenland sous son rĂšgne. On en a trouvĂ© des vestiges Ă  L'Anse aux Meadows . La colonisation Ă©choue. Les sagas scandinaves laissent entrevoir que des dissensions entre les colonisateurs n’y sont peut-ĂȘtre pas Ă©trangĂšres, de mĂȘme que les conflits avec les autochtones skrĂŠlings (BĂ©othuks ? Dorsets ?). Selon les rĂ©cits scandinaves, les derniĂšres expĂ©ditions vers le Vinland (dĂ©signation scandinave de Terre-Neuve) auront lieu au XIIe siĂšcle.

PĂȘcheurs et explorateurs europĂ©ens

DĂšs le dĂ©but du XVe siĂšcle, des marins bretons de Paimpol et de Saint-Malo, des marins normands de Barfleur et de Dieppe, enfin ceux du Pays basque partent pĂȘcher la morue au large des cĂŽtes canadiennes et dans le golfe du Saint-Laurent. Tous ces hardis marins-pĂȘcheurs se retrouvent sur la grande Ăźle de Terre-Neuve en compagnie d'autres vaillants navigateurs irlandais et portugais. Les marins français payent la dĂźme au roi de France sur « les Pescheries des terres neufves Â». DĂšs cette Ă©poque, des cartes et autres portulans circulent parmi les navigateurs europĂ©ens. Des Ăźles sont clairement indiquĂ©es Ă  l'Ouest de l'OcĂ©an Atlantique ; Ăźle d'Antilia, Ăźle de Brasil, Ăźle de Bacalao.[rĂ©f. nĂ©cessaire] En 1472, l'explorateur portugais JoĂŁo Vaz Corte-Real se rend sur l'Ăźle de Bacalhau sur laquelle les marins-pĂȘcheurs portugais pĂȘchent la morue depuis une longue pĂ©riode avec leurs homologues français. Terra Nova do Bacalhau (littĂ©ralement, Terre-Neuve des morues).[rĂ©f. nĂ©cessaire]

La premiĂšre expĂ©dition clairement documentĂ©e date de 1497 quand Giovanni Cabotto, naturalisĂ© (John Cabot), explore la rĂ©gion pour le compte de l’Angleterre et dĂ©couvre Ă  son tour les Grands Bancs de morue de Terre-Neuve. La pĂȘche et l’exploitation des richesses naturelles marqueront le dĂ©veloppement de l’üle jusqu’à nos jours.

En 1501, Gaspar de Corte-Real explore la cĂŽte est de l’AmĂ©rique du Nord pour le compte du Portugal. Il capture 50 Autochtones du Labrador ou de Terre-Neuve pour les ramener au Portugal.

En 1502 des pĂȘcheurs anglais commencent Ă  frĂ©quenter les bancs de Terre-Neuve, suivis par les Normands en 1506, les Bretons en 1510, puis des vaisseaux d’à peu prĂšs toutes les nations europĂ©ennes ayant une façade sur l’Atlantique.

Vers 1530, 50 navires de pĂȘche europĂ©ens viennent chaque annĂ©e pĂȘcher la morue, amenant une population saisonniĂšre de 1 250 personnes. SimultanĂ©ment, les Inuits sur une partie du territoire de Terre-Neuve entrent en conflit avec les Beothuks, ainsi qu’avec les pĂȘcheurs blancs. À partir de 1580, les affrontements sont endĂ©miques entre Inuits et EuropĂ©ens.

Au cƓur des rivalitĂ©s coloniales

Les prises de possessions anglaises

  • En 1578, la reine d'Angleterre, Elizabeth, concĂ©dait Ă  Sir Humphrey Gilbert, beau-frĂšre de son favori, Sir Walter Raleigh, « tous pays lointains payens et barbares non actuellement possĂ©dĂ©s par prince ou peuple chrĂ©tien Â».
  • Le 5 aoĂ»t 1583, Sir Humphrey prit officiellement possession de Terre-Neuve. La plupart des puissances europĂ©ennes, dont la France, n'avaient pas voulu reconnaĂźtre cette prise de possession. Les Anglais n'y installĂšrent pas moins leurs postes de pĂȘche. Ce geste sera suivi, deux ans plus tard, par la destruction de la flotte de pĂȘche espagnole par l’amiral Drake.
  • C'est en 1610 que John Guy, marchand anglais de Bristol, Ă©tablissait dans la baie de la Conception la premiĂšre colonie permanente Ă  Terre-Neuve. Il fonde la « Newfoundland Company Â» (Ă  Cupids) malgrĂ© une interdiction de la couronne. Le gouvernement britannique refusera le statut de colonie Ă  Terre-Neuve durant deux siĂšcles. La Newfoundland Company fera faillite en 1631.
  • En 1623, George Calvert, qui deviendra plus tard Lord Baltimore, fonda un Ă©tablissement Ă  Ferryland, d'oĂč il se retira en 1629.
  • En 1611 le pirate Peter Easton construit un fort Ă  Harbour Grace et, de lĂ , Ă©cume l’Atlantique. L’endroit deviendra une colonie de pĂȘcheurs. Les combats commencent bientĂŽt entre colons britanniques et BĂ©othuks. Ceux-ci seront progressivement repoussĂ©s vers l’intĂ©rieur de l’üle. Cette opĂ©ration dans l'histoire actuelle serait considĂ©rĂ©e comme un crime de guerre.
  • En 1627, Sir John Calvert, Lord Baltimore, tente de fonder une colonie de Catholiques anglais Ă  Ferryland.
  • En 1634, un dĂ©cret royal nomme gouverneur de Terre-Neuve le capitaine du premier navire Ă  aborder au printemps. Ce sera longtemps le seul gouvernement de l'Ăźle.
  • En 1638, le corsaire David Kirke prend possession des propriĂ©tĂ©s de Lord Baltimore Ă  Ferryland et se nomme gouverneur. Il chasse les colons catholiques et les remplace par une centaine de nouveaux colons.
  • De nombreux autres postes anglais surgiront par la suite sur les cĂŽtes orientales de Terre-Neuve.

Les tentatives françaises

À diverses reprises, Ă  l'instigation d'influents armateurs français, ceux de La Rochelle en particulier, engagĂ©s dans l'industrie lucrative de la pĂȘche sur les bancs de Terre-Neuve, la France avait vigoureusement protestĂ© contre l'occupation de l'Ăźle par les Anglais.

Ce n'est cependant qu'en 1635 que les Anglais accorderont aux pĂȘcheurs français la permission de faire sĂ©cher leurs prises de morue sur les rivages de l'Ăźle. C'est alors que la pittoresque baie de Plaisance, situĂ©e sur la cĂŽte sud de Terre-Neuve, deviendra le principal centre d'activitĂ© des pĂȘcheries françaises du littoral de l'Ăźle.

En 1658, à la faveur de l'état de guerre qui existait alors entre la France et l'Angleterre, Louis XIV octroya à Nicolas Gargot de La Rochette, capitaine au long cours, le port de Plaisance, à titre de fief héréditaire, ainsi qu'une vaste concession s'étendant sur vingt-six lieues de profondeur dans la région du sud de Terre-Neuve.

En 1660, une commission royale désignait Nicolas Gargot comte de Plaisance et gouverneur de l'ßle.

En 1662, Louis XIV fit fortifier Plaisance. Il nomma gouverneur, Thalour du Perron, qui fut assassiné l'année suivante, ainsi que son aumÎnier, par des soldats de sa garnison. Quelques mois plus tard, un commissaire du roi, le sieur de Monts, se rendant à Québec, fit débarquer à Plaisance un détachement de soldats ainsi que des vivres et des munitions.

En 1663, le capitaine Nicolas Gargot, en conduisant Ă  QuĂ©bec le nouveau gouverneur de la Nouvelle-France, de MĂ©sy, ainsi que le premier Ă©vĂȘque de QuĂ©bec, Monseigneur de Laval, laissa Ă  Plaisance plusieurs familles de colons. De sorte qu'Ă  l'Ă©poque, Plaisance Ă©tait devenu un poste fortifiĂ© comptant quelque deux cents soldats, colons et pĂȘcheurs.

C'est alors que la France décida d'exercer sa souveraineté sur toute la partie sud de l'ßle de Terre-Neuve, du Cap Race au Cap Ray, ainsi que sur les ßles du littoral.

Au recensement de 1687, cette vaste rĂ©gion groupait 36 familles, la plupart d'origine basque, ainsi que 488 engagĂ©s, formant une population totale de 663 personnes, dont 256 demeuraient Ă  Plaisance. À partir de 1662 une colonie française se dĂ©veloppe dans la rĂ©gion de Plaisance. En 1690, l'Angleterre Ă©tant de nouveau en guerre avec la France, des flibustiers anglais, venus des cĂŽtes de l'est de Terre-Neuve, saccagĂšrent Plaisance, laissant la population dans le plus complet dĂ©nuement. La plupart des habitants ayant pris la fuite, il ne restait plus que 150 Français. De Prat Ă©tait alors gouverneur.

L'année suivante, le 24 août 1691, les Anglais tentÚrent un nouvel assaut contre Plaisance, mais le nouveau gouverneur, François de Brouillan, les repoussa. Puis, aprÚs avoir formé de petits détachements, qu'accompagnaient des matelots basques, De Brouillan se porta à l'attaque des établissements britanniques de l'ßle qu'il dévasta à son tour, le mieux qu'il pût.

Les Anglais s'attaquÚrent de nouveau à Plaisance, en 1692 et en 1693, mais ils ne purent réussir à en déloger les Français.

Puis, des secours étant arrivés de France, d'Acadie et de Nouvelle-France, De Brouillan reprit l'offensive. Il partit le 9 septembre 1696, avec huit navires armés en provenance de Saint-Malo, en vue de s'emparer de Saint-Jean, chef-lieu de la cÎte anglaise de l'ßle. Ayant subi un échec, il était de retour à Plaisance le 17 octobre pour y trouver Pierre Le Moyne d'Iberville, arrivé avec sa flotte depuis le 12 septembre. C'est alors qu'une nouvelle expédition contre les postes anglais de Terre-Neuve s'organisa.

Le 1er novembre 1696, d'Iberville partit de Plaisance avec 124 hommes en direction de Ferryland oĂč De Brouillan avait Ă©galement dirigĂ© ses troupes par bateaux. Ils y effectuĂšrent leur jonction le 6 novembre. D'Iberville voulait d'abord s'attaquer Ă  Carbonear, qui ne pouvait ĂȘtre pris que par surprise.

De Brouillan s'y opposa, insistant pour que Saint-Jean soit assiégé en premier lieu. D'Iberville y acquiesça de mauvaise grùce.

Arrivé devant Saint-Jean, le 28 novembre 1696, d'Iberville s'empara en quelques heures des deux premiers forts et assiégea le troisiÚme qui capitula deux jours plus tard. Il lança ensuite des détachements de soldats contre le chef-lieu et les autres postes anglais qu'il pilla et détruisit au cours de l'hiver. De Brouillan, dont le concours lui avait été de peu de valeur, était retourné à Plaisance le 24 décembre.

L'affrontement s'est soldĂ© par la perte de deux cents soldats britannqiues et par la capture de 1 838 autres. D'Iberville avait dĂ©truit les postes anglais Ă©chelonnĂ©s sur la cĂŽte orientale de Terre-Neuve, tels que Saint-Jean, le chef-lieu; Petty Harbour, Bay Bulls, Ferryland, Renews, Portugal Cove, Torbay, Cape Saint Francis, Fermeuse, Aquaforte, Quidi Vidi, Brigus, Heart's Content, Bay de Verde, Port Grove, Old Pelican et New Pelican. Ces divers Ă©tablissements comprenaient alors une population de 2 321 personnes, dont 293 rĂ©sidents et 2 028 engagĂ©s.

Carbonear avait Ă©chappĂ© Ă  la destruction. Au printemps de 1697, d'Iberville s'apprĂȘtait Ă  attaquer Bonavista lorsque la Cour de France lui ordonna de se rendre Ă  la Baie d'Hudson.

Plaisance est cédé à la France.

Les traités franco-anglais

  • Au traitĂ© de Ryswick, signĂ© le 25 septembre 1697, la France et l'Angleterre se rendaient mutuellement leurs conquĂȘtes en AmĂ©rique. Les Français conservaient l'Acadie et Plaisance et les Anglais leurs Ă©tablissements de Terre-Neuve. De plus, la France obtenait, dans la rĂ©gion de Plaisance, un vaste territoire s'Ă©tendant sur les cĂŽtes du sud-ouest de l'Ăźle, comprenant les baies de Plaisance, de Fortune et de l'Hermitage. À l'Ă©poque, des postes français avaient Ă©tĂ© Ă©tablis Ă  Petit-Plaisance, Pointe-Verte, Baie-Fortune, Grand-Banc, Hermitage ainsi qu'aux Ăźles Saint-Pierre.
  • En 1704, de nouveau, un français nĂ© en Nouvelle-France, Jacques Testard de Montigny, commandant une expĂ©dition de miliciens français et d’AbĂ©nakis, ravage les Ă©tablissements anglais.
  • En 1705, les Français soutiennent l’installation de vingt-cinq familles micmaques Ă  Plaisance.
  • En 1708, c’est le dĂ©but de la pĂȘche commerciale au saumon dans les riviĂšres par Georges Skiffington. Les BĂ©othuks seront peu Ă  peu Ă©vincĂ©s de l'accĂšs Ă  cette ressource dans les annĂ©es qui suivent par les britanniques.
  • Pastour de Costebelle, qui fut le dernier gouverneur de Plaisance, dans un rapport au ministre Pontchartrain, datĂ© du 28 octobre 1708, donne de Terre-Neuve, en particulier de la rĂ©gion de Plaisance, une description dĂ©taillĂ©e dont nous extrayons les passages suivants :

« L'Ăźle de Terreneuve a trois cents lieues de circuit de Cap en Cap, sans approfondir dans l'enfoncement des baies dont elle est presque toute formĂ©e. Les terres Ă©tant extraordinairement coupĂ©es, la baie de Plaisance, qui se prend depuis le Cap Sainte-Marie, a 24 lieues de profondeur et 14 de largeur jusqu'au Cap Judas qui en forme l'ouverture. Elle renferme plusieurs Ăźles dont les plus observĂ©es sont l'Île Rouge et l'Île Longue qui ne sont point habitĂ©es. Il n'y a aucun bois propre Ă  la construction et Ă  la mĂąture des vaisseaux, exceptĂ© du cĂŽtĂ© de la RĂ©gente dont on peut tirer quelques mĂąts de hunes pour des bĂątiments de 28 Ă  30 canons. Encore faut-il couper vingt arbres pour en trouver un de bon. Il ne faut pas compter cet endroit Ă  pouvoir fournir des bois d'une vĂ©ritable utilitĂ©.
« Du fond de la baie de Plaisance il n'y a que trois quarts de lieue Ă  percer pour pouvoir joindre la baie frĂ©quentĂ©e par les Anglais, appelĂ©e la baie de la TrinitĂ© ... D'un havre appelĂ© le degrat de Jean de Bordeaux, Ă  trois lieues du Petit Plaisance, il n'y a que sept lieues de terre Ă  traverser pour aller dans la baie de la Conception, d'oĂč vous tombez dans la baie de CharbonniĂšre et de CharbonniĂšre Ă  Belle-Isle il y a quatre lieues .. . . Vous avez dans la mĂȘme baie le port de Postegrue, oĂč il ne peut mouiller que des vaisseaux de 60 tonneaux, suivant la cĂŽte de l'Ouest jusqu'au cap de Ray distant de celui de Sainte-Marie de 80 lieues nous avons des havres connus et frĂ©quentĂ©s pour la pĂȘche Ă  la morue qui sont le Grand Martin, le Petit Martin, les Burins, le Petit et le Grand Saint-Laurent et la baie de l'Asne dont l'entrĂ©e est trĂšs dangereuse et l'on n'oserait y naviguer sans pilote du pays. Prolongeant la mĂȘme cĂŽte vous arrivez aux Isles Saint-Pierre sur laquelle les habitants ne peuvent point hiverner faute de bois Ă  brĂ»ler ... La baie de la Fortune joignant celle des Espoirs a 25 Ă  30 lieues de profondeur, c'est celle oĂč tous les habitants sont en nombre de 28 Ă  30 familles Ă©tablies et font la pĂȘche en diffĂ©rents postes 
 « La pĂȘche du saumon est abondante gĂ©nĂ©ralement dans les fonds de toutes les baies dont l'Ăźle de Terre-Neuve est remplie oĂč se dĂ©chargent les riviĂšres d'eau douce qui se forment par la quantitĂ© d'Ă©tangs qui sont sur l'Ăźle. Le saumon qui va chercher les rapides pendant les mois de juin et juillet pour rĂ©pandre sa semence abonde infiniment dans cette saison, mais ils sont beaucoup moins gros qu'en France. Il s'en place communĂ©ment dans une barrique 80 Ă  90 de ceux qu'on a dans le pays.
« La pĂȘche Ă  la morue Ă©tant la plus avantageuse et la plus infaillible dĂ©truit celle de tous les autres poissons et c'est l'unique Ă  laquelle tous les habitants s'attachent, n'en connaissant point d'autres d'un plus assurĂ© dĂ©bit ni qui puisse fournir Ă  charger la quantitĂ© des bĂątiments qui viennent dans ce port ...
« Les forĂȘts ne sont que du bois de sap, merisier et Ă©pinette, les autres manquent gĂ©nĂ©ralement de nourriture par l'ingratitude de la terre, Ă©tant venus dans une certaine grosseur suivant le plus ou moins de leur avantageuse situation manquent tout d'un coup de sĂšve et pourrissent de leurs pieds ce qui fait que pour en trouver des bois soit pour la mĂąture ou la construction, il faut en abattre dix pour en avoir un de bon.
« La chasse du pays la plus utile Ă  l'entretien de ses habitants est celle du cerf ou caribou, son bois est plat. La viande en est fort bonne et les chasseurs nous la vendent ordinairement six sous la livre : c'est la difficultĂ© et l'Ă©loignement du transport qui cause sa chertĂ©.
« Nous avons beaucoup de liĂšvres et des perdrix, ces deux espĂšces blanchissent comme neige dans l'hiver et reviennent en printemps les liĂšvres moins roux qu'en France et les perdrix du plumage des gĂ©linettes des bois, elles perchent souvent de mĂȘme. Il n'y a point d'endroit dans tout ce continent oĂč elles soient si bonnes qu'Ă  Plaisance pour la quantitĂ© de petits fruits rempants dont elles se nourrissent et qu'elles ne trouvent pas ailleurs oĂč les terres sont beaucoup plus longtemps couvertes de neige que sur cette Ăźle oĂč nous avons souvent des dĂ©gels dans les mois de l'hiver qui devraient ĂȘtre les plus rudes.
« Si les habitants n'avaient pas de plus avantageux travail que celui de s'appliquer Ă  la chasse ordinaire, ils pourraient tirer sur cette Ăźle, des ours, des loups, des renards rouges et argentĂ©s, des castors et des martres dont les peaux sont de valeur, mais ils trouvent encore mieux leur compte Ă  scier des planches, Ă  construire des canots, chaloupes et Ă  prĂ©parer pendant l'hiver tout ce qui est nĂ©cessaire Ă  la pĂȘche des morues qui fournit de tout temps de fort grandes occupations Ă  ceux qui veulent s'y appliquer Â».

  • En 1713, c’est le TraitĂ© d’Utrecht. Terre-Neuve est cĂ©dĂ©e Ă  la Grande-Bretagne par les Français. Plaisance est abandonnĂ©e par les Français, mais des colons se maintiennent aux environs de Cape Ray.

Le problĂšme des indiens

  • En 1729, un dĂ©cret nomme gouverneur de l’ensemble de l’üle le plus haut officier de marine prĂ©sent. Henry Osborn, le premier, nomme des juges de paix et instaure des tribunaux permanents.
  • En 1730, une confrontation gĂ©nĂ©rale Ă©clate entre BĂ©othuks et Micmacs. Pourvus d’armes Ă  feu, les seconds chassent les premiers de l’ouest de l’üle. SimultanĂ©ment, les Inuits les chassent de la cĂŽte nord de l’üle.
  • En 1762, c'est le dĂ©barquement d’une armĂ©e française dirigĂ©e par Charles-Henri-Louis d’Arsac de Ternay qui ravage la colonie avant d’ĂȘtre repoussĂ©e par une armĂ©e britannique commandĂ©e par William Amherst.
  • En 1765, un traitĂ© entre les Inuits et le gouverneur de Terre-Neuve, Hugh Palliser mets fin aux affrontements entre Inuits et Britanniques.
  • En 1769 une proclamation interdit aux colons britanniques de tuer ou de maltraiter les BĂ©othuks. Elle reste lettre morte et deux expĂ©ditions envoyĂ©es pour contacter pacifiquement les autochtones Ă©chouent.
  • En 1771 au Labrador arrivent Jens Haven et les premiers missionnaires moraves. Cette secte Ă©vangĂ©lique allemande construira une sĂ©rie de poste de traite en pays inuit et Ă©vangĂ©lisera ceux-ci.
  • Durant cette pĂ©riode, la vie Ă  Terre-Neuve est aussi marquĂ©e par les affrontements entre Catholiques et Protestants, en 1778, c’est le rappel, par Westminster, des “lois pĂ©nales” interdisant la cĂ©lĂ©bration du culte catholique. Le gouverneur Richard Edward refuse d’appliquer la mesure qui n’entre en vigueur qu’en 1784. En 1794, l’üle recevra son premier Ă©vĂȘque catholique.
  • En 1783, consĂ©quence de la guerre d'IndĂ©pendance amĂ©ricaine, la France recouvre des droits de pĂȘche sur la cĂŽte ouest de Terre-Neuve.
  • En 1784, la guĂ©rilla entre colons et BĂ©othuks culmine avec le massacre d’une bande d’environ soixante BĂ©othuks par des colons britanniques conduits par John Peyton Sr. Les “Masterless Men”, semi-hors-la-loi de la cĂŽte sud, sont les premiers britanniques Ă  vivre Ă  l’intĂ©rieur. Ils vivent de chasse et de pillage. Ils tracent aussi les premiers chemins.
  • En 1791 est crĂ©Ă©e une “Court of Civil Jurisdiction” prĂ©sidĂ©e par John Reeves. qui rĂ©digera un rapport sur l’urgence de secourir les BĂ©othuks menacĂ©s d’extinction.
  • Vers 1800, on observe une chute dramatique des prises de saumons, dĂ©cimĂ©s par la surpĂȘche, de mĂȘme que l’extinction de certaines espĂšces d’oiseaux de mer (Grand Pingouin) dont les Ɠufs ont Ă©tĂ© surexploitĂ©s. Les BĂ©othuks sont privĂ©s de deux de leurs sources d’alimentation.
  • La mĂȘme annĂ©e, les autoritĂ©s dĂ©couvrent un complot en vue d’un soulĂšvement des Irlandais de l’üle. Ils sont dĂ©noncĂ©s par l’évĂȘque O’Donel. Cinq rebelles sont pendus. 35 000 irlandais Ă©migreront Ă  Terre-Neuve dans les trois dĂ©cennies qui suivent.
  • À partir de 1808, William Carson amorce un mouvement rĂ©formiste, revendiquant une AssemblĂ©e Ă©lue comme dans les colonies britanniques. L’üle n’a toutefois encore comme statut que celui de « station de pĂȘche Â».
  • En 1817, pour la premiĂšre fois, le gouverneur, le Vice-Amiral Pickmore, prĂ©voit passer l’hiver dans l’üle mais il meurt en fĂ©vrier. NĂ©anmoins, ses successeurs rĂ©sideront Ă  St-John en permanence.
  • L’annĂ©e suivante, des Ă©meutes ont lieu quand des chĂŽmeurs affamĂ©s pillent les rĂ©serves de nourriture de leurs voisins.
  • En 1820, une expĂ©dition commandĂ©e par le capitaine Buchan cartographie l’intĂ©rieur de l’üle et Ă©choue dans une ultime tentative de nouer des contacts amicaux avec les BĂ©othuks. MalgrĂ© ces tentatives tardives des Britanniques vers un contact paisible avec les autochtones de Terre-Neuve, les conflits avec des colons armĂ©s, la fuite des autochtones Ă  l'intĂ©rieur de l'Ăźle oĂč la vie est plus difficile, ainsi que les maladies introduites par les europĂ©ens rend la survie des BĂ©othuks impossible. Certains dĂ©signent la tragĂ©die des BĂ©othuks un gĂ©nocide.[1] D'autres s'opposent Ă  ce point de vue.[2][3] Les BĂ©othuks restent un source de dĂ©bat et de controverse.[4] La derniĂšre Beothuk, Shawnadithit, meurt Ă  Saint-Jean, Terre-Neuve en 1829.[5] La question des BĂ©othuks se traite dans une Ɠuvre de fiction Le Saga des BĂ©othuks de Bernard Assiniwi qui gagna le prix France-QuĂ©bec Jean-Hamelin.

Changement de statut, réformes et agitation

  • Enfin, en 1824, le statut de l’üle passe de “station de pĂȘche” Ă  “Colonie de la Couronne”. La colonie a aussitĂŽt son premier gouverneur rĂ©sident, sir Thomas Cochrane.
  • En 1827, le juge Des Barres et le commerçant W.E. Cormack fondent “The Boeothick Institution” dans le but de prendre contact avec et de protĂ©ger les BĂ©othuks, ainsi que de les Ă©tudier. Une expĂ©dition commandĂ©e par Cormack ne trouve que des vestiges : les BĂ©othuks semblent dĂ©jĂ  disparus. C’est en 1829 que mourra Ă  St-John’s, Shanawdithit, qui reste la derniĂšre des BĂ©othuks connue aux EuropĂ©ens.
  • En 1832, c’est la crĂ©ation d’une chambre d’AssemblĂ©e et premiĂšres Ă©lections lĂ©gislatives. Les Ă©lections sont souvent marquĂ©es par des affrontements interconfessionnels qui font un mort et plusieurs blessĂ©s en 1850.
  • AprĂšs 1840, commence l’expansion de la chasse aux phoques. Plus de 500 000 animaux sont tuĂ©s et plus de 400 navires y participent annuellement.
  • En 1844, l’üle se dote d’un systĂšme scolaire confessionnel, catholique et protestant.
  • En 1855, l’üle obtient la responsabilitĂ© ministĂ©rielle avec Philip Francis Little, libĂ©ral, comme Premier ministre.
  • En 1866, l’üle devient le terminus du premier cĂąble tĂ©lĂ©graphique transatlantique.
  • Aux Ă©lections de 1869, les Ă©lecteurs rejettent un projet de confĂ©dĂ©ration avec le Canada.
  • En 1888 Saint John se dote du premier conseil municipal de la colonie et le seul jusqu’en 1949. L’annĂ©e suivante, le gouvernement contracte un premier emprunt Ă  Londres.
  • En 1892, Wilfred Grenfell, mĂ©decin, commence la fondation de cliniques, d’hĂŽpitaux, de coopĂ©ratives et d’écoles avant de fonder la “International Grenfell Association” pour recueillir des fonds. Il devient un critique virulent des institutions telles que l’endettement des pĂȘcheurs et les Ă©coles confessionnelles. Cette mĂȘme annĂ©e, la diminution des troupeaux de caribous du Labrador entraĂźne une famine qui fera 150 morts chez les Naskapis.
  • En 1894, c’est la faillite de la Bank of Saint-John qui entraĂźne une crise Ă©conomique. Le premier ministre Robert Bond doit offrir sa fortune personnelle en garantie pour obtenir des prĂȘts des banques au gouvernement. Cela ranime les projets de confĂ©dĂ©ration avec le Canada mais en 1897 le Canada rejette une demande d’annexion.
  • En 1902 a lieu la premiĂšre grĂšve des chasseurs de phoques qui tentent, sans succĂšs, d’obtenir de meilleures conditions de travail. En 1908, les pĂȘcheurs fondent la Fishermen’s Protective Union (FPU) Ă  la fois syndicat et parti politique, sous la direction de William Coaker. En 1909, c’est la formation du syndicat des pĂȘcheurs (FPU) par W.F.Coaker.
  • En 1904, la France renonce Ă  ses pĂȘcheries sur la “French Shore” Ă  la suite d’un accord global avec le Royaume-Uni. Le gouvernement intĂšgre la rĂ©gion Ă  la colonie.
  • En 1907, Terre-Neuve accĂšde au statut de Dominion, qui sera confirmĂ© en 1926 et en 1931.
  • En 1913, la FPU fait Ă©lire plusieurs dĂ©putĂ©s au parlement, dont W. Coaker.
  • En 1914, Terre-Neuve entre en guerre aux cĂŽtĂ©s de la mĂšre-patrie et procĂšde Ă  la formation d’un corps d’armĂ©e qui sera dĂ©cimĂ© Ă  la Bataille de la Somme, en 1916.
  • DĂšs 1920, c’est le dĂ©but d’une longue crise reliĂ©e Ă  l’endettement du pays suite Ă  la guerre. Tentative de rĂ©glementer l’industrie des pĂȘches sous le gouvernement de William Coaker. Ce sera un Ă©chec et la FPU ne s’en relĂšvera pas.
  • Le gouvernement de Richard Squires est marquĂ© par une suite de scandales et l’instabilitĂ© ministĂ©rielle. Cinq gouvernements se succĂšdent en deux ans en 1923 et 1924.
  • En 1924, c’est la crĂ©ation du Fisher’s Regulations board pour rĂ©glementer l’industrie de la pĂȘche. Le droit de vote est accordĂ© aux femmes en 1925.
  • 1927 voit la fin d’un long litige territorial avec le Canada : Le Conseil PrivĂ© de Londres attribue le Labrador Ă  Terre-Neuve.
  • Le 18 novembre 1929, le sud de l'Ăźle est frappĂ© par un tsunami dĂ©vastateur provoquĂ© par le tremblement de terre des Grands Bancs
  • En 1932, le gouvernement est aux abois et Imperial Oil lui accorde un prĂȘt en Ă©change d’un monopole sur la vente des produits pĂ©troliers au pays. Une manifestation de chĂŽmeurs Ă  Saint John’s tourne Ă  l’émeute.
  • En 1933 des Ă©meutes causĂ©es par la famine se produisent au Labrador, ce qui entraĂźne la crĂ©ation des “Newfoundland Rangers”. Une commission mixte britano-terre-neuvienne se penche sur la rĂ©forme du gouvernement Ă  Terre-Neuve.
  • En 1934, l’État est en faillite. Le service de la dette absorbe 63% des revenus. L’AssemblĂ©e s’abolit elle-mĂȘme. Dans un geste sans prĂ©cĂ©dent, le statut de Dominion est suspendu et le Royaume-Uni confie le gouvernement Ă  une commission de fonctionnaires nommĂ©s par Londres.

Province canadienne

  • Avec la Seconde Guerre mondiale, les Canadiens prennent le contrĂŽle de l’aĂ©roport de Gander et construisent une base aĂ©rienne Ă  Goose Bay, au Labrador. Les AmĂ©ricains y stationnent des dĂ©tachements et construisent des installations portuaires. En 1941 l’üle se couvre de bases militaires. En 1943 plus de 10 000 militaires amĂ©ricains et 6 000 canadiens occupent le pays.
  • AprĂšs la fin de la guerre en 1946, le Royaume-Uni manifeste le dĂ©sir de se sĂ©parer de cette coĂ»teuse colonie et une convention nationale est formĂ©e pour Ă©tudier la “forme future du gouvernement”.
  • Deux rĂ©fĂ©rendums d’autodĂ©termination auront lieu en 1948. Le premier rĂ©fĂ©rendum donna faveur Ă  l'indĂ©pendance de Terre-Neuve Ă  45% contre 41% pour l'annexion au Canada et 18% pour rester un Dominion. Le second rĂ©fĂ©rendum donna officiellement 52% en faveur de l'annexion au Canada contre 48% pour l'indĂ©pendance de Terre-Neuve. Le principal avocat de cette option, Joey Smallwood un travailliste ralliĂ© au parti libĂ©ral, devient premier ministre et Terre-Neuve devient la dixiĂšme province canadienne en 1949.
  • En 1955, c’est la grĂšve des bĂ»cherons Ă  Grand Falls et Corner Brooks, rĂ©primĂ©e par le gouvernement Smallwood qui adopte des lois antisyndicales rĂ©prouvĂ©es par l’Organisation Mondiale du Travail.
  • En 1961 c’est l’arrivĂ©e de la premiĂšre flotte de pĂȘche soviĂ©tique comprenant 52 chalutiers et 4 “vaisseaux-mĂšres”. C’est le dĂ©but d’un long conflit international sur les pĂȘcherie qui s’aggravera jusqu’à la chute dramatique des prises Ă  la fin du vingtiĂšme siĂšcle.
  • En 1963, c’est le dĂ©but du “Fisheries Household Resettlement Program” : fermeture de villages isolĂ©s dans le but de faciliter l’accĂšs aux services publics. Plus de 30 000 personnes sont “relocalisĂ©es”. Interdiction du droit de grĂšve dans les hĂŽpitaux et les Ă©coles.
  • En 1969, le conflit ressurgit avec le QuĂ©bec : ArrĂȘt de la phase II du projet hydro-Ă©lectrique de Churchill Falls, au Labrador, Ă  la suite du dĂ©saccord entre les deux provinces, Terre-Neuve trouvant que l’accord actuel avantage trop le QuĂ©bec. En effet, au dĂ©but des annĂ©es soixante, la province atlantique a acceptĂ© un accord par lequel l’électricitĂ© du Labrador est vendue Ă  taux fixe Ă  la province francophone. Le QuĂ©bec veut rouvrir le dossier des frontiĂšres du Labrador, ce que Terre-Neuve refuse catĂ©goriquement.
  • En 1973 la raffinerie de pĂ©trole de Come by Chance est ouverte en grande pompe. Elle ferme en 1975 et dĂ©clare faillite en 1976. Des scandales impliquent l’homme d’affaire John Shaheen, proche de l’ex P.M. Joey Smallwood. Des Ă©cologistes viennent manifester contre la chasse aux phoques, ce qui est le dĂ©but d’une campagne internationale.
  • En 1979 on dĂ©couvre le champ pĂ©trolifĂšre d’Hibernia, au large de l’üle.
  • En 1981 L’International Grenfell Association cĂšde son rĂ©seau d’institutions au gouvernement provincial.
  • En 2001, la Province adopte officiellement le nom "Terre-Neuve et Labrador".
  • Au tournant du siĂšcle, les promesses du pĂ©trole off-shore tardent Ă  se manifester et Terre-Neuve est encore la province canadienne ayant le plus haut taux de chĂŽmage et de pauvretĂ©.

Voir aussi

Articles connexes

References

  1. ↑ Al Purdy, The Canadian Review of Sociology and Anthropology 1 mai 1998, http://www.articlearchives.com/humanities-social-science/anthropology-archaeology/1501732-1.html
  2. ↑ Ralph Pastore, Post-Contact Beothuk History Heritage Newfoundland [1]
  3. ↑ Olaf U. Janzen, A Reader's Guide to the History of Newfoundland and Labrador to 1869: Beothuk and Mi'kmaq[2]
  4. ↑ William D. Rubinstein, "Genocide and Historical Debate: William D. Rubinstein Ascribes the Bitterness of Historians' Arguments to the Lack of an Agreed Definition and to Political Agendas"], History Today, Vol. 54, Apr 2004, Questia, [3]subscription required
  5. ↑ L'EncylopĂ©die canadienne, Beothukshttp://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0000690

Lien externe

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