Histoire De La Palestine

ï»ż
Histoire De La Palestine

Histoire de la Palestine

L'histoire de la Palestine est la présentation des événements dans la région de Palestine au cours de l'Histoire.

Cet article s'en tient aux travaux des historiens et des archéologues portant sur cette région. Pour les sources bibliques et religieuses et pour l'histoire du peuple juif ( = judéen), voir Israël (Bible), Judaïsme, Juifs et les articles cités en "Voir aussi".

Sommaire

La préhistoire

Lac de Tibériade
  • Des fouilles au sud du lac de TibĂ©riade et dans d'autres parties de la vallĂ©e du Jourdain ont permis de mettre au jour des traces d'hominidĂ©s remontant au palĂ©olithique infĂ©rieur, soit datant de plus d'un million d'annĂ©es. D'autres fossiles dĂ©couverts ont un Ăąge estimĂ© Ă  environ 300 000 ans. La frĂ©quentation des grottes par l'homme semble commencer Ă  l'acheulĂ©en supĂ©rieur. Le fossile L'homme de GalilĂ©e date d'environ 140 000 ans.
  • Entre le XIe millĂ©naire av. J.-C. et le IXe millĂ©naire av. J.-C. se dĂ©veloppe, en JudĂ©e et Samarie, la civilisation natoufienne, sans doute nomade, dont on retrouve les vestiges[1]. Cette civilisation aurait Ă©tĂ© composĂ©e de deux groupes de populations lĂ©gĂšrement diffĂ©rents, d'une part des ancĂȘtres de peuples du type eurafricain (Palestine, Irak, Iran et Anatolie des temps historiques) et l'ancĂȘtre des proto-mĂ©diterranĂ©ens Ă©galement nombreux en Palestine.
  • DĂšs le IXe millĂ©naire av. J.-C., des peuplades nĂ©olithiques ont domestiquĂ© des plantes, des animaux, se sont sĂ©dentarisĂ©es et pratiquent l’agriculture et l’élevage. Vers 10 000 Ă  8 000 avant JC, l'outillage en os paraĂźt prendre une rĂ©elle importance et le mobilier en pierre un essor caractĂ©ristique. À cette pĂ©riode, les conditions climatiques sont favorables (plus de prĂ©cipitations et tempĂ©ratures moins Ă©levĂ©es).
  • DĂšs le VIIIe millĂ©naire av. J.-C., la ville de Er Riha (JĂ©richo), constitue une des plus anciennes citĂ©s du monde. On estime que cette Ă©poque coĂŻncide avec les premiĂšres citĂ©s en tant que telles constituĂ©es.
  • Au cours du dernier quart du VIIe millĂ©naire av. J.-C., la cĂ©ramique fait son apparition, ainsi que d'autres formes d’artisanat.
  • La Palestine du VIe et de la premiĂšre moitiĂ© du Ve millĂ©naire av. J.-C.est mal connue. On suppose des dĂ©placements de populations qui peuvent ĂȘtre dus Ă  des variations climatiques. Les reliefs et la rĂ©gion cĂŽtiĂšre sont occupĂ©es par une civilisation Ă  caractĂšre forestier comme en tĂ©moigne la prĂ©dominance des instruments destinĂ©s au travail du bois.
    • Au milieu du Ve millĂ©naire av. J.-C., d'anciens sites de la vallĂ©e du Jourdain comme celui de JĂ©richo sont Ă  nouveau occupĂ©s avec l'amĂ©lioration des conditions climatiques.
    • A la fin du Ve millĂ©naire av. J.-C., la Palestine atteint un niveau de dĂ©veloppement Ă©conomique et culturel se rapprochant de celui des civilisations du nord de la Syrie qui avaient bĂ©nĂ©ficiĂ© plus tĂŽt d'influences nord-mĂ©sopotamiennes.
  • Au IVe millĂ©naire av. J.-C. : La civilisation cananĂ©enne est organisĂ©e sur un systĂšme de citĂ©s-États, fruits d'une osmose entre agriculteurs sĂ©dentaires et pasteurs semi-nomades.
    • Dans la premiĂšre partie du IVe millĂ©naire av. J.-C., les techniques de la mĂ©tallurgie et du travail de l’ivoire, arrivent du nord. On voit alors apparaĂźtre des structures techno-Ă©conomiques adaptĂ©es aux rĂ©gions sĂšches : y vivent de petites collectivitĂ©s vivant de la culture de cĂ©rĂ©ales et de l'Ă©levage du gros et du petit bĂ©tail.
    • Dans la seconde partie du IVe millĂ©naire av. J.-C., c'est l'Égypte qui influence la rĂ©gion.
    • Vers la fin du IVe millĂ©naire av. J.-C. la civilisation des agriculteurs-Ă©leveurs disparaĂźt sans qu'il soit possible d'Ă©tablir de lien avec la formation de la civilisation cananĂ©enne du IIIe millĂ©naire av. J.-C.. Jusqu'Ă  2400 avant JC, le climat Ă©tait un peu plus humide que de nos jours.

L'inauguration d'Ă©changes entre la Palestine et l'Égypte, Ă  travers le dĂ©sert du SinaĂŻ, vers la fin du IVe millĂ©naire av. J.-C., est un Ă©vĂ©nement de premiĂšre importance car jusqu'alors la Palestine avait Ă©tĂ© un "cul-de-sac" soumis aux seules influences asiatiques. Ces relations prennent une ampleur considĂ©rable, grĂące Ă  l'utilisation du bovidĂ© comme animal de bĂąt, capable de franchir les quelques 200 kilomĂštres de quasi-dĂ©sert sĂ©parant le sud palestinien du delta Ă©gyptien. DĂšs lors, la Palestine joue le rĂŽle de zone de passage oĂč se croisent les influences, et souvent les armes, des grands empires d'Égypte et du Proche-Orient asiatique.

  • Le IIIe millĂ©naire av. J.-C. est celui de la civilisation cananĂ©enne qui s'Ă©tend au-delĂ  de la fin de la prĂ©histoire. Bien que l'Ă©criture n'apparaisse pas en Palestine avant la seconde moitiĂ© du IIe millĂ©naire av. J.-C., compte tenu de l'Ă©tat de surproduction, de centralisation et de redistribution des surplus alimentaires, il est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© par les historiens que ce nouvel ordre Ă©conomique, social et politique marque l'entrĂ©e de la Palestine dans l'histoire, soit dans le courant du IIIe millĂ©naire av. J.-C.. Par les Ă©changes avec l’Égypte, la rĂ©gion se dĂ©veloppe et s’enrichit, se spĂ©cialise dans le commerce de la cĂ©ramique et de nombreuses constructions voient le jour. De nombreuses villes cananĂ©ennes se dĂ©veloppent et se fortifient.

La pĂ©riode cananĂ©enne IIIe millĂ©naire av. J.-C. au milieu du XVIe siĂšcle av. J.-C.

Les historiens considĂšrent gĂ©nĂ©ralement que la pĂ©riode cananĂ©enne s'Ă©tale du dĂ©but du IIIe millĂ©naire av. J.-C. Ă  la fin du XXIIIe siĂšcle av. J.-C.. Voir l'article Pays de Canaan.

  • Au sortir du IIIe millĂ©naire av. J.-C., des populations semi-nomades franchissent le Jourdain et pĂ©nĂštrent en Palestine, provoquant l'effondrement des structures socio-Ă©conomiques qui y prĂ©valaient : les agglomĂ©rations sont dĂ©truites et abandonnĂ©es et l'Ă©conomie palestinienne se convertit Ă  l'Ă©levage.
  • A partir du XIXe siĂšcle av. J.-C., il est supposĂ© une augmentation du nombre des installations permanentes, et une diminution de celui des tribus ; mais il semble que l'on reste encore trĂšs proche de l'organisation tribale.

Cette pĂ©riode durant laquelle les dĂ©placements entre l'Asie, depuis la MĂ©sopotamie, et l'Égypte sont intenses correspond Ă  un moment d'agitation interne qui sert de prĂ©lude Ă  l'invasion hyksĂŽs (« Princes des pays Ă©trangers Â») de l'Égypte. Durant cette mĂȘme pĂ©riode, les agglomĂ©rations palestiniennes commencent Ă  s'entourer de remparts.

  • Les attaques et infiltrations rĂ©pĂ©tĂ©es ouvrent aux HyksĂŽs la voie vers la partie orientale du delta du Nil oĂč ils font d'Avaris leur capitale. Les HyksĂŽs Ă©taient probablement des petits princes cananĂ©ens et amorrites venus de Palestine. Contrairement Ă  ce qu'on a pensĂ©, les HyksĂŽs ne semblent pas ĂȘtre un peuple sĂ©mitique car les donnĂ©es les plus rĂ©centes montrent, selon Dominique Valbelle, que leur langue n'appartenait pas Ă  la famille des langues sĂ©mitiques[2]. Des tablettes Ă©gyptiennes les mentionnent comme des groupes d'Ă©leveurs nomades et de marchands pratiquant le pillage. À cette Ă©poque, la Palestine, centre d'un empire placĂ© sous l'autoritĂ© de la capitale hyksĂŽs d'Avaris, atteint un niveau de civilisation remarquable[3]. De puissantes fortifications entourent les rĂ©sidences des roitelets palestiniens sans cesse en guerre les uns contre les autres et recourant Ă  des chars de guerre tirĂ©s par des chevaux. De spacieuses demeures, comprenant cour intĂ©rieure et Ă©tage, ont Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©es. Elles contrastent avec les masures qui leur sont contemporaines occupĂ©es par la masse de la population. Les tombeaux, creusĂ©s dans le roc, sont le plus souvent des sĂ©pultures familiales ; armes et bijoux de bonne qualitĂ© accompagnent les restes des dĂ©funts fortunĂ©s. Dans le domaine de la cĂ©ramique, les formes imitent celles de vases de mĂ©tal. On voit se rĂ©pandre en Palestine une poterie dite "hyksĂŽs", noire, lustrĂ©e et incrustĂ©e de pĂąte de calcaire blanche, ainsi que des travaux sur ivoire de grande qualitĂ©, ou encore la rĂ©putation acquise par les CananĂ©ens dans la teinture en pourpre.
  • Vers 1850 av. J.-C., la citĂ© d’Ascalon (Ashquelon) est la capitale d’un royaume cananĂ©en et un port trĂšs actif sur la mer MĂ©diterranĂ©e qui exporte les produits de l’arriĂšre-pays. Elle est ceinte d’un mur de 2 km de circonfĂ©rence, haut de 25 mĂštres, et la citĂ© devait compter prĂšs de 15 000 habitants.
  • ComplĂ©tant l'Ɠuvre de libĂ©ration nationale entreprise par les pharaons de la XVIIe dynastie, Ahmosis, le fondateur de la XVIIIe dynastie, s'empara d'Avaris et pourchasse les HyksĂŽs jusqu'en Asie. Ainsi, vers le milieu du XVIe siĂšcle av. J.-C., l'Égypte conquiert la Palestine oĂč le protectorat Ă©gyptien fut maintenu pendant trois siĂšcles et demi, durant lesquels la situation internationale subit de nombreuses modifications : les conflits avec les Hittites et les frĂ©quentes rĂ©voltes des BĂ©douins campĂ©s dans le NĂ©guev et le SinaĂŻ entraĂźnĂšrent des destructions, des pillages, des dĂ©portations en Palestine.

Âge du bronze rĂ©cent -1550 Ă  -1200

Localisation des principales cités du Levant de l'époque des archives d'El Amarna
  • Le Bronze rĂ©cent (-1550, -1200) se termine, tout au long de son dernier siĂšcle, par un effondrement systĂ©mique qui touche tout le bassin oriental de la MĂ©diterranĂ©e. On assiste en Palestine Ă  l’effondrement de la civilisation cananĂ©enne et Ă  l’avĂšnement de l’ñge du fer (terminologie utilisĂ©e par l'archĂ©ologue Pierre de Miroschedji[4]). Les donnĂ©es archĂ©ologiques, dans ce paragraphe, brossent un tableau radicalement diffĂ©rent du rĂ©cit biblique sur beaucoup de points. Si on n’y retrouve pas certains Ă©lĂ©ments familiers (l'arrivĂ©e en Canaan des HĂ©breux de l'Exode, la conquĂȘte de Canaan par les HĂ©breux, la monarchie unie de David et Salomon, ou la guerre de David contre les Philistins), il ne s’agit pas d’un oubli ni d’une ignorance Ă©tonnante, c’est simplement que ces Ă©lĂ©ments ne sont pas des donnĂ©es du terrain.
  • C’est lors de cet effondrement que se produit l'invasion, Ă  grande Ă©chelle, de ce que l'on appelle "les Peuples de la Mer". Les Philistins sont les plus connus parmi ces peuples. Ce sont les plaines cĂŽtiĂšres qui sont touchĂ©es les premiĂšres, et aussi le plus sĂ©vĂšrement.
  • Sous AkhĂ©naton, les Lettres d'Amarna dĂ©crivent Canaan vers -1350 : le bas pays est contrĂŽlĂ© par des citĂ©s-États dans lesquelles se trouvent les garnisons Ă©gyptiennes. Les hautes terres sont partagĂ©es en territoires peu peuplĂ©s. Le roi de JĂ©rusalem, Habdi-Heba se plaint des mĂ©faits, sur son territoire (quelques hameaux s’étendant de BĂ©thel Ă  Beersheba) de l’éthnie Shasou (pasteurs nomades) et des Apirou (classe socio-Ă©conomique de mercenaires plus ou moins brigands). Il rĂ©clame de l’aide Ă  l’Égypte. Des conflits de territoires l’opposent Ă  Shuwardata, souverain de Gat, la citĂ©-État de la plaine cĂŽtiĂšre. À Sichem (hautes terres du nord) rĂšgne Labayu, qui lance une attaque sur la citĂ©-État de Megiddo : c’est un Ă©chec qu’il paie de sa vie. Ces trois sphĂšres d’influences, le fait est Ă  noter, vont se maintenir longtemps[5].
  • RamsĂšs III (-1182, -1151) s’affronte durement avec les Peleset, un des Peuples de la Mer, et fait graver sur son temple une scĂšne de bataille d’un rĂ©alisme dramatique. L’Égypte utilisera par la suite, semble-t-il, des Philistins comme mercenaires dans ses garnisons palestiniennes.

Âge du fer I -1200 à -900

  • Les zones montagneuses sont, pour une raison gĂ©ographique Ă©vidente, moins exposĂ©es aux Peuples de la Mer. C'est dans ces rĂ©gions montagneuses, vers -1200, qu'apparaissent les premiers IsraĂ©lites, population semi-nomade qui se sĂ©dentarise. IsraĂ«l Finkelstein en est l’un des dĂ©couvreurs. On observe ensuite une croissance rĂ©guliĂšre de cette population, qui se poursuit Ă  l'Ă©poque de David et de Salomon. Pour Pierre de Miroschedji, la culture israĂ©lite a Ă©mergĂ© dans les collines du centre du pays, en continuitĂ© avec la culture cananĂ©enne de l'Ă©poque prĂ©cĂ©dente[6].
  • Vers -1000, on estime la population Ă  40 000 habitants rĂ©partis sur 230 sites dans la moitiĂ© nord, mieux arrosĂ©e et proche des grandes voies de communication, pour 5 000 habitants rĂ©partis sur 20 sites dans la moitiĂ© sud (plus sĂšche et plus isolĂ©e). Ces chiffres, trĂšs faibles, dĂ©montrent l’impressionnant progrĂšs des mĂ©thodes d’investigation de l’archĂ©ologie aujourd’hui. L’inscription, ligne 27 de la stĂšle de MĂ©renptah (-1207), selon laquelle IsraĂ«l est un groupe semi-nomade qui n’habite pas dans une ville, se trouve ainsi confirmĂ©e.
  • La StĂšle de Tel Dan, postĂ©rieure Ă  -900 (non datĂ©e exactement), vante les exploits de l’aramĂ©en HazaĂ«l, roi de Damas : « J’ai tuĂ© [Jo]ram fils d’[Achab] roi d’IsraĂ«l, et [j’ai] tuĂ© [Ahas]yahu fils de [Joram ro]i de la maison de David. Et j’ai rĂ©duit [leur ville en ruine et changĂ©] leur terre en [dĂ©solation]. Â» L’archĂ©ologie a ainsi la preuve qu’il y a bien eu un roi David, dont la “maison de David” (la dynastie) Ă©tait diffĂ©rente de la "maison d'Omri" (dĂ©signation de la dynastie d'IsraĂ«l dans les archives assyriennes).
  • À l’époque du roi David, JĂ©rusalem est un petit village entourĂ© d’une population rurale trĂšs dispersĂ©e (5 000 habitants rĂ©partis sur 20 sites). La croissance de cette population est assez lente mais rĂ©guliĂšre, elle se poursuit sous Salomon, JĂ©rusalem restant cependant une agglomĂ©ration de taille modeste[7]. La population totale du royaume de Juda est estimĂ©e, selon les critĂšres habituels en archĂ©ologie, Ă  35 000 vers –800. Il n’y a, dans la rĂ©gion, nulle trace d’une activitĂ© militaire sous David (aucune trace de grande bataille des IsraĂ©lites avec les Philistins), ni de la construction de trĂšs grands bĂątiments sous Salomon (temple, palais, Ă©curie). Pourtant, l’archĂ©ologie est Ă  mĂȘme d’identifier, dans le mĂȘme site autour du promontoire, de grandes constructions antĂ©rieures (murailles cyclopĂ©ennes vers –1700), ainsi qu’un dĂ©veloppement foudroyant postĂ©rieur (vers –700)[8].
  • Sheshonq Ier attaque les principales citĂ©s du nord ainsi que la partie montagneuse d’IsraĂ«l situĂ©e juste au nord de JĂ©rusalem. Plusieurs villes sont alors incendiĂ©es et dĂ©truites. L’épisode est relatĂ© sur un mur de Karnak. Les inscriptions ne mentionnent pas JĂ©rusalem (c’est un petit village) et ignorent complĂštement Juda. L’épisode se situe entre -950 et –900 mais n’est pas datĂ© prĂ©cisĂ©ment par l’archĂ©ologie : cette imprĂ©cision empĂȘche donc d’étalonner le carbone 14 Ă  cette occasion[9].
  • La culture philistine du littoral mĂ©ridional et la culture cananĂ©enne des vallĂ©es du nord se poursuivent jusque vers –900 sans interruption et, dans le royaume des Omrides, une importante population cananĂ©enne coexiste avec la population israĂ©lite : on ne peut donc pas dĂ©finir l'Histoire de la Palestine entre –1200 et -900 Ă  partir de la seule culture israĂ©lite.

Âge du fer II -900 à -586

Localisation des principaux sites du Levant de la premiÚre moitié du Ier millénaire avant J.-C.
  • Au royaume de Juda, aprĂšs –900, d’imposantes citadelles sont construites Ă  Lakish et Bet-Shemesh, une forteresse Ă  Arad et une autre Ă  Beersheba (Beer Sheva), signant un essor Ă©conomique, commercial et administratif au sud de JĂ©rusalem.
  • Selon la stĂšle de Mesha (–853), « Omri [Ă©tait] roi d’IsraĂ«l, et il opprima Moab pendant de nombreux jours
 Et son fils lui succĂ©da, et lui aussi il dĂ©clara “je vais humilier Moab.” Ainsi a-t-il parlĂ©, sous mon rĂšgne
 Et Omri prit possession de la terre de Medeba. Et il y habita pendant son rĂšgne, et la totalitĂ© des rĂšgnes de ses fils : pendant quarante ans. Â» Le royaume d’IsraĂ«l, sous la dynastie des Omrides (-884, -842), a pour capitale Samarie. On y a dĂ©gagĂ© une immense esplanade et un superbe palais de pierre taillĂ©e, le plus grand de la rĂ©gion, datĂ© -900[10]. Le royaume, qui comprend toutes les grandes villes du nord, devient un vĂ©ritable État avec une gestion administrative centralisĂ©e, la production Ă  grande Ă©chelle de cĂ©rĂ©ales et l’exportation, en grande quantitĂ©, d’huile d’olive et de vin, vers l’Assyrie en particulier. Les armĂ©es d’HazaĂ«l mettent fin Ă  la domination de ces puissants chefs militaires que sont les Omrides, comme Ă  celle des Philistins (destruction de Gat).
  • Au royaume d’IsraĂ«l, on trouve Ă  Megiddo, Hazor et Gezer des portes monumentales en triple tenaille, que l’on a, au siĂšcle dernier, attribuĂ©es Ă  Salomon. Mais les datations actuelles situent ces trois portes Ă  des Ă©poques diffĂ©rentes et, de plus, des portes du mĂȘme type ont Ă©tĂ© trouvĂ©es dans des rĂ©gions trĂšs diverses, sans rapport avec les IsraĂ©lites. Celle de Megiddo est datĂ©e –800. Une trĂšs grande Ă©curie a Ă©tĂ© trouvĂ©e Ă  Megiddo, datĂ©e –800 Ă©galement. Les restes les plus importants, palais et temples en pierre taillĂ©e, sont datĂ©s –900[11].
  • L’Assyrie envahit le royaume d’IsraĂ«l en –720, anĂ©antissant sa puissance Ă©conomique et politique.
  • Vers -700, JĂ©rusalem, modeste bourgade de 6 hectares, passe Ă  75 hectares en quelques dĂ©cennies, et devient une ville impressionnante protĂ©gĂ©e par une muraille formidable. Sa population passe en peu de temps de 1 000 Ă  12 000 habitants et la population totale de Juda est alors estimĂ©e Ă  120 000 habitants[12]. Cette croissance spectaculaire s’explique par l’afflux de rĂ©fugiĂ©s en provenance du royaume d'IsraĂ«l et par la collaboration commerciale de Juda avec l’Assyrie. Les jarres, de taille standardisĂ©e, portent des sceaux officiels, preuve d’un mode de production industriel et de la gĂ©nĂ©ralisation de l’écriture.
  • ÉzĂ©chias (-715, -687) fait creuser un tunnel pour amener l’eau sous la ville, rĂ©alisation qui reprĂ©sente une grande prouesse technique, Ă  laquelle la Bible fait allusion. Une inscription commĂ©morative, en hĂ©breu ancien, a Ă©tĂ© gravĂ©e. DestinĂ©e Ă  ĂȘtre lue pour informer (alors que les stĂšles ont jusqu’ici une fonction magique qui explique le style laudateur Ă  l’excĂšs de leurs textes), elle prouve que Juda est dĂ©sormais alphabĂ©tisĂ©. Le nombre d’ostraca trouvĂ©s augmente d’ailleurs considĂ©rablement Ă  partir de -800. Dans la Bible, les Ă©vĂ©nements ont Ă  partir de -700, un fondement historique prĂ©cis, en rapport avec les donnĂ©es archĂ©ologiques, ce qui n’était pas le cas auparavant, tant que l’écriture proto-hĂ©braĂŻque n’était pas pratiquĂ©e au sein de la population.
  • En -623, la puissance Assyrienne s’effondre, les Assyriens se retirent de la rĂ©gion du nord. Le rĂšgne de Josias – descendant de David – couronnĂ© en -639, reprĂ©sente, pendant 30 ans, l’apogĂ©e de la monarchie israĂ©lite.
  • Vers -600, Juda a 75 000 habitants, dont 15 000 Ă  JĂ©rusalem. Juda rĂȘve d’étendre son influence sur le nord, de rĂ©aliser l’unitĂ© du peuple d’IsraĂ«l, mais les visĂ©es Ă©gyptiennes sont contraires Ă  ce projet[13]. L’Égypte est un bien grand voisin (2 800 000 habitants vers –1250). Cette concurrence constitue, pour la premiĂšre fois en Juda, une raison rĂ©elle d’hostilitĂ© vis-Ă -vis de l’Égypte. Dans la Bible, l’Égypte est tantĂŽt prĂ©sentĂ©e comme un pays amical (Joseph), tantĂŽt comme un pays hostile (MoĂŻse).
  • En -586, Nabuchodonosor (Babylonie, c’est-Ă -dire MĂ©sopotamie du centre) conquiert le royaume de Juda et JĂ©rusalem, dĂ©porte le quart de la population Ă  Babylone et dĂ©truit le Temple et la citĂ© systĂ©matiquement. Il en rĂ©sulte une premiĂšre Diaspora juive. Juda devient Jehoud, la JudĂ©e : une certaine vie des Jehoudim (les Juifs) subsiste sur les emplacements actuels de Ramallah et de BethlĂ©em. Les fouilles permettent d’estimer Ă  30 000 habitants la population de la province de Jehoud qui entoure JĂ©rusalem Ă  cette Ă©poque.

La période perse -587 à -333

De 587 av. J.-C., la période perse s'étend jusqu'en 333 av. J.-C..

  • D'autres peuples commencent Ă  cette pĂ©riode Ă  s'installer alors en Samarie, parmi lesquels les Edomites, les Ammonites et les Maobites.
  • En 539 av. J.-C., Cyrus le Grand, roi de Perse, fait la conquĂȘte de Babylone et de ses provinces. Il autorise la mĂȘme annĂ©e par un Ă©dit les IsraĂ©lites Ă  retourner en Palestine, mais la situation Ă©conomique n'y est pas trĂšs favorable et beaucoup restent dans l’empire perse, aidant parfois financiĂšrement ceux qui choisissent de revenir en Palestine. Ces derniers, au nombre de 40 000 environ, reconstruisent le Temple de Salomon (selon la Bible, d'abord l'autel des sacrifices dĂšs 538 av. J.-C. puis le temple lui-mĂȘme entre 520 et 515 av. J.-C.). D'autres parties de la ville dĂ©truite, dans laquelle certains IsraĂ©lites Ă©taient dĂ©jĂ  retournĂ©s clandestinement, sont rebĂąties.
  • Cette Ă©preuve pour la communautĂ© judĂ©enne en exil, soldĂ©e par un renouveau religieux en Palestine, permet l'Ă©mergence vĂ©ritable du judaĂŻsme.
  • Une importante communautĂ© juive se dĂ©veloppe Ă  ÉlĂ©phantine en Égypte. Elle nous est connue en dĂ©tail par une riche collection de papyri Ă©crits en aramĂ©en.
  • Jusqu'au IVe siĂšcle av. J.-C., grĂące aux libertĂ©s qui rĂšgnent dans l’empire Perse, la JudĂ©e et la Samarie deviennent plus florissantes. Le grand prĂȘtre de JĂ©rusalem est nommĂ© administrateur de la province perse de JudĂ©e, ce qui fait d’elle une thĂ©ocratie. L'aramĂ©en ayant Ă©tĂ© adoptĂ© par les souverains achĂ©mĂ©nides sous l'administration babylonienne, cette langue se propage en Palestine et, en JudĂ©e, elle prend une importance de plus en plus grande au dĂ©triment de l'hĂ©breu.

La période hellénistique -333 à -134

La période hellénistique s'étend de 333 av. J.-C. à 63 av. J.-C..

  • En 333 av. J.-C. : Alexandre le Grand de MacĂ©doine, vainc les Perses, s'ouvrant ainsi la voie vers la Syrie. AprĂšs Tyr et Gaza en 332 av. J.-C., il pĂ©nĂštre en Égypte oĂč il fonde Alexandrie en 331 av. J.-C., puis entame la conquĂȘte de la JudĂ©e et des terres entre l'Égypte et l'Inde, obligeant les peuples Ă  lui faire acte d'allĂ©geance.
    • La Palestine semble alors connaĂźtre un temps de paix et la JudĂ©e s'hellĂ©nise partiellement, de nombreux Grecs s'y installent et leur culture influence profondĂ©ment les domaines sociaux, philosophiques mais Ă©galement religieux. La communautĂ© juive devient minoritaire d'autant plus que de nombreux juifs partent par milliers s'installer dans les nombreuses citĂ©s de l'empire, depuis la mer Noire jusqu'Ă  la mer ÉgĂ©e, mais surtout dans la nouvelle capitale d'Alexandrie (voir : Juifs de l'Égypte hellĂ©nistique et romaine). Ces migrations prirent une telle importance qu'on les dĂ©signa sous le nom collectif de diaspora (en grec, « dispersion Â»). À cette pĂ©riode, la Bible commence Ă  ĂȘtre traduite en grec, traductions qui formeront la Septante. Des synagogues sont Ă©difiĂ©es dans les grandes villes.
    • AprĂšs la mort d'Alexandre, en 323 av. J.-C., ses descendants, les SĂ©leucides de Syrie, contrĂŽlent la JudĂ©e jusqu'au IIIe siĂšcle av. J.-C., mais elle devient l'enjeu de conflits incessants entre l'Égypte et la Syrie.
  • En 198 av. J.-C., le roi Antiochos III de Syrie Ă©crase les Égyptiens Ă  la bataille de Panion, et annexe dĂ©finitivement la JudĂ©e Ă  ses territoires, et tente de remplacer le judaĂŻsme par l'hellĂ©nisme.
  • Selon l'historien Flavius JosĂšphe, Antiochos III avait accordĂ© aux Juifs une charte dĂ©finissant le statut thĂ©ocratique de la nation juive. Cependant, les tensions avec les Romains se multiplient et le successeur d'Antiochus III ne renouvelle pas cette charte.
  • En 167 av. J.-C., le roi Antiochos IV de Syrie interdit la religion juive et remplace dans le Temple sacrĂ©, l'autel de YahvĂ© par un autel consacrĂ© Ă  Zeus.
    • Selon les livres des MacchabĂ©es repris par Flavius JosĂšphe, le soulĂšvement juif s'organise sous la direction du prĂȘtre Mattathias et de ses fils, les MacchabĂ©es. Au terme d'un rude conflit militaire, les MacchabĂ©es, qui ont fait appel aux Romains en 164 av. J.-C., sont victorieux, obtiennent l'abrogation des mesures qui ont provoquĂ© le soulĂšvement. Judas MacchabĂ©e conduit alors des expĂ©ditions punitives envers les non-Juifs et les Juifs hellĂ©nisĂ©s.
    • Les grands prĂȘtres dĂ©signĂ©s sont favorables Ă  la culture hellĂ©nique, ce qui gĂ©nĂšre des conflits avec les adversaires des Grecs qui finissent par cĂ©der. Ces derniers nomment en 152 le chef des rebelles Jonathan grand prĂȘtre.

La période hasmonéenne -134 à -63

C'est avec le petit-fils de Jonathan, Jean Hyrcan Ier(134-104), que les Juifs connaissent une pĂ©riode d'indĂ©pendance sous la forme d'une dynastie monarchique et sacerdotale hasmonĂ©enne. Le nouveau royaume annexe la Samarie et l'IdumĂ©e et leurs habitants adoptent le judaĂŻsme, contraints en partie. Au Ier siĂšcle av. J.-C., le trĂŽne de JudĂ©e est l'enjeu d'un grave conflit entre les deux princes hasmonĂ©ens Hyrcan II et Aristobule II. Le gouverneur Antipater s'allie avec les Romains qui Ă©taient restĂ©s depuis un siĂšcle dans la rĂ©gion, et en 63 av. J.-C., le gĂ©nĂ©ral romain PompĂ©e entre Ă  JĂ©rusalem.

Les manuscrits dits de la mer Morte datent de cette période. Déposés dans des grottes à proximité de Jéricho, au cours de la premiÚre révolte juive contre les Romains (au plus tard en 68 av. J.-C.). Par ailleurs, le grec est devenu la langue internationale au Proche-Orient comme dans l'ensemble du monde "civilisé".

La période romaine -63 à 324

Elle s'étend de 63 av. J.-C. à 324 ap. J.-C. et se prolonge, sans solution de continuité, dans la brillante période byzantine.

Les historiens distinguent usuellement deux pĂ©riodes, la premiĂšre concernant les deux derniers siĂšcles de la JĂ©rusalem juive, jusqu'Ă  la fin de la guerre d'Hadrien 135 ap. J.-C., puis l'Ă©poque de la paĂŻenne Ælia Capitolina, se clĂŽturant sur la victoire de Constantin, en 324 ap. J.-C..

  • En 63 av. J.-C., PompĂ©e prend JĂ©rusalem. Hyrcan II Ă©tant grand prĂȘtre, Antipater, son ministre gouverne la JudĂ©e. c'est alors que se gĂ©nĂ©ralise le terme « JudĂ©ens Â» pour dĂ©signer les enfants d'IsraĂ«l et qui donnera juifs en Français.
  • À partir de 47 av. J.-C., le royaume de JudĂ©e est directement soumis Ă  l'empire romain. Ce sont les Romains qui crĂ©eront, plus tard, le nom « Palestine Â» en souvenir du peuple philistin. Le gouverneur Antipater prend le titre de procurateur. La loi romaine s'Ă©tend sur la JudĂ©e, qui est rattachĂ©e Ă  la grande province romaine de « Syrie-Palestine Â».
  • En 37 av. J.-C., HĂ©rode le Grand, le fils d'Antipater devient roi de JudĂ©e. Dans un premier temps, aucun juif n'avait pu prĂ©tendre Ă  la royautĂ©, le plus haut grade leur Ă©tant accordĂ© Ă©tant celui de grand prĂȘtre ou d'ethnarque. Mais HĂ©rode s'impose parmi ceux Ă  mĂȘme de dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts romains en Palestine, devenant roi alliĂ© Ă  l'empire. À la fin de son rĂšgne, son royaume s'Ă©tend sur la Palestine jusqu'Ă  la mer Morte, entre Massada et Sodome, et des parties de la Transjordanie. En administrateur et hellĂ©niste passionnĂ©, il fait construire gymnases, thĂ©Ăątres, piscines et autres lieux de rassemblements, ainsi que des temples en l'honneur de l'empereur romain. Il amĂ©nage Ă©galement le mont de Massada et la colline de l'HĂ©rodion (proche de BethlĂ©em) pour en faire des forteresses, celles-ci accueillent alors les plus anciennes synagogues connues, celle de l'HĂ©rodium qui est datĂ©e de la PremiĂšre rĂ©volte juive, et celle de Massada du dĂ©but du rĂšgne d'HĂ©rode
  • En 20 ap. J.-C., HĂ©rode s'attache Ă  bĂątir Ă  la place du modeste temple que les Juifs ont Ă©rigĂ© Ă  leur retour d'exil, un Second Temple. Le culte s'y Ă©tablit dĂšs l'an 18 ap. J.-C., mais l'aboutissement de la rĂ©alisation ne se fera qu'en 64 ap. J.-C., quelques annĂ©es avant la PremiĂšre rĂ©volte juive, qui verra ce monument ĂȘtre dĂ©truit. HĂ©rode tarde cependant Ă  se faire reconnaĂźtre des Juifs, qui lui reprochent ses origines Ă©trangĂšres er son alliance avec Rome qu'il applique dans un despotisme souvent brutal.
  • Le rĂ©gime procuratorien dure 60 ans jusqu'Ă  la PremiĂšre rĂ©volte juive - interrompu de 41 Ă  44, ce qui correspond au rĂšgne d'Agrippa.
  • Parmi les procurateurs qui se succĂšdent jusqu'en 41, le commandement de Ponce Pilate (26-36) reste associĂ© dans les textes religieux des Évangiles Ă  la mort de JĂ©sus-Christ. Son rĂšgne se termine peu aprĂšs le massacre de Samaritains qu'il ordonne.
  • ConsidĂ©rĂ© au dĂ©part comme une secte juive, le christianisme, portĂ© par de brillants disciples, s'Ă©tend rapidement parmi les juifs hellĂ©nisĂ©s, qui considĂšrent JĂ©sus-Christ comme le Sauveur (en hĂ©breu Yeshua), le Messie attendu et annoncĂ© par les prophĂ©ties. Cependant cette nouvelle religion se propage avec beaucoup plus de force et de foi vers Rome et l'Europe qu'en JudĂ©e mĂȘme, ou le judaĂŻsme, fondement et source du monothĂ©isme, est largement suivi par la population. Les religieux rĂ©agissent fortement en refusant tout laxisme dans l'observance des formes de la religion traditionnelle.
  • Au dĂ©but de l'Ăšre chrĂ©tienne, la population de JudĂ©e est composĂ©e en majoritĂ© d'habitants d'origine grecque, en partie judaĂŻsĂ©s, d'un tiers de juifs autochtones, et de quelques groupes de NabatĂ©ens.
  • De 41 Ă  44 ap. J.-C., Agrippa 1er rĂšgne sur les terres du royaume d'HĂ©rode, lĂ©gĂšrement modifiĂ©es. À sa mort, l'empereur Claude fait du royaume du dĂ©funt une province administrĂ©e par un procurateur romain. La situation devient tendue entre Romains et Juifs qui les accusent de despotisme et des incidents Ă©clatent.
  • En 66 ap. J.-C., lors du prĂ©lĂšvement effectuĂ© sur le trĂ©sor du Temple, des Ă©meutes Ă©clatent, qu'attisent les ZĂ©lotes. Elles constituent la PremiĂšre rĂ©volte juive, de 66 Ă  70. ProclamĂ© empereur en 70, le gĂ©nĂ©ral Vespasien, envoyĂ© par l'empereur NĂ©ron, confie Ă  Titus son fils, la mission de terminer les opĂ©rations engagĂ©es contre les Juifs. Les bastions juifs tombent les uns aprĂšs les autres, le Temple de JĂ©rusalem, aprĂšs plusieurs mois de siĂšge en 70, est incendiĂ©, la forteresse de Massada est vaincue en 73. De nombreux juifs sont vendus comme esclaves.
  • En 72 ap. J.-C., est fondĂ©e Flavia Neapolis, l'actuelle ville de Naplouse. La province est devenue indĂ©pendante de celle de Syrie et est rĂ©gie par un lĂ©gat.
  • Vers la fin du Ier siĂšcle, le canon hĂ©braĂŻque de la Bible est fixĂ© Ă  Jamnia (YabnĂ©), aprĂšs la destruction du Temple. Pour les versions grecques, voir Traductions de la Bible.
  • Au IIe siĂšcle, lorsque l’empereur Hadrien ordonne de rebĂątir JĂ©rusalem sous le nom d'Ælia Capitolina en l'honneur de Jupiter et interdit la circoncision, une nouvelle rĂ©volte juive Ă©clate, en 132, sous la direction de Simon Bar-Kokheba.
  • En 135, les troupes romaines finissent par Ă©craser la rĂ©bellion dans le sang. Le royaume de JudĂ©e est dĂ©finitivement aboli et complĂštement intĂ©grĂ© dans la province romaine de Syrie Palestine. JĂ©rusalem est dĂ©clarĂ©e citĂ© romaine et interdite aux Juifs sous peine de mort.
  • Les juifs de Palestine se regroupĂšrent en GalilĂ©e et autour du lac de TibĂ©riade.
  • La communautĂ© juive d'Égypte, estimĂ©e Ă  300 000 personnes, particuliĂšrement importante Ă  Alexandrie, est exterminĂ©e entre 115 et 117 par les soldats romains de Trajan et par les citoyens grecs d'Alexandrie (voir Juifs de l'Égypte hellĂ©nistique et romaine).

La période byzantine 324 à 638

DĂ©coupage administratif de l'empire byzantin, suivant les limites des diocĂšses de Palaestina Prima et Palaestina Secunda, vers la fin du 4e siĂšcle
  • À partir du IIIe siĂšcle, sous l’influence des chrĂ©tiens qui sont devenus de plus en plus puissants, surtout aprĂšs l'adoption du christianisme par l’empereur Constantin Ier au IVe siĂšcle, la Palestine prend un statut moral particulier en Ă©tant considĂ©rĂ©e comme Terre sainte.
  • Constantin et spĂ©cialement sa mĂšre sainte HĂ©lĂšne, qui vient en pĂšlerinage sur place, dĂ©truisent les sanctuaires paĂŻens Ă©tablis sur les lieux saints et Ă©tablissent des basiliques sur le site du Saint-SĂ©pulcre et de la NativitĂ© Ă  BethlĂ©em. D'autres basiliques et sanctuaires sont construits et le pĂšlerinage en Terre Sainte se dĂ©veloppe, ainsi que le monachisme (saint JĂ©rĂŽme de Stridon se retire Ă  BethlĂ©em pour y traduire la Bible en latin : la Vulgate).
  • La Palestine byzantine connaĂźt, comme le reste de la partie orientale de l'Empire, une floraison culturelle et Ă©conomique alors mĂȘme que l'Empire d'occident disparaĂźt.
  • Les empereurs byzantins de Constantinople s'y intĂ©ressent de trĂšs prĂšs. Au VIe siĂšcle, les chrĂ©tiens sont majoritaires en Palestine, aux cĂŽtĂ©s desquels on trouve une forte minoritĂ© juive, des Arabes paĂŻens et une petite communautĂ© samaritaine.

La période musulmane 638 à 1096

  • 638 : Le Calife Umar (634-644), annexe les territoires de Syrie et la JudĂ©e. JĂ©rusalem tombe aprĂšs deux ans de siĂšge et les conquĂ©rants convertissent pacifiquement[14] la population. La citĂ© de JĂ©rusalem est un lieu sacrĂ© de l’islam, car selon les musulmans, Mahomet aurait Ă©tĂ© transportĂ©, lors d’une nuit miraculeuse, de La Mecque Ă  « la plus Ă©loignĂ©e des mosquĂ©es Â». Dans ce lieu — d'aprĂšs la tradition musulmane — il a fait son ascension au paradis : c’est l’épisode du isra' (voyage nocturne) et du Mi’radj (ascension). Les Arabes autorisaient les Juifs et les ChrĂ©tiens Ă  rester dans JĂ©rusalem.
  • En 691, La «Coupole du Rocher», l'un des plus beaux monuments de l’architecture islamique, est construite Ă  JĂ©rusalem, sur l'emplacement de l'ancien temple juif dĂ©truit par les romains.
  • En 702 est construite la mosquĂ©e Al-Aqsa, prĂšs du nouveau DĂŽme du Rocher.
  • Salih ibn Ali, le Wali d’Égypte est nommĂ© gouverneur de la Palestine, il sera confirmĂ© par le nouveau Calife en 755.
  • Au Xe siĂšcle, la dynastie rĂ©gnante des Fatimides s’oppose aux attaques turques, bĂ©douines et byzantines.
  • Le gĂ©ographe arabe Muqaddasi, nĂ© Ă  JĂ©rusalem en 942, dĂ©finit la Palestine comme le territoire s’étendant de la plaine cĂŽtiĂšre Ă  la steppe, Ă  travers la montagne, puis la dĂ©pression du Jourdain.
  • En 972, le calife Fatimides al-Mu'izz, (953-975), Ă©tendit son empire sur l’Égypte, la Palestine et une partie de la Syrie.
  • De 1090 Ă  1272, les haschischins, secte politico-religieuse dissidente du courant ismaĂ©lien, font rĂ©gner la terreur dans les États du Proche et du Moyen-Orient. Ils prĂŽnaient l’élimination physique des ennemis de la VĂ©ritĂ©, et tuĂšrent de nombreux dignitaires Turcs seldjoukides, Abbassides, Sunnites, Fatimides et croisĂ©s chrĂ©tiens.

Le temps des croisades 1096 Ă  1244

  • De 1096 Ă  1099, premiĂšre croisade des chrĂ©tiens en Terre Sainte.
  • En 1098, JĂ©rusalem est prise par les Fatimides
  • le 15 juillet 1099, JĂ©rusalem est prise par les CroisĂ©s, une grande partie des habitants musulmans et juifs sont massacrĂ©s.
  • En 1100, le roi Godefroi de Bouillon dĂ©sireux avant tout de protĂ©ger les intĂ©rĂȘts de l’Église dans l’État latin en formation, choisit lui-mĂȘme de porter le titre d’avouĂ© du Saint-SĂ©pulcre, car il ne voulait pas ceindre une couronne d’or lĂ  oĂč le Christ avait portĂ© une couronne d’épines.
  • Le 18 juillet 1100, le roi Godefroi de Bouillon meurt tuĂ© par une flĂšche empoisonnĂ©e, selon le chroniqueur ibn al-Qualanissi, alors qu’il dirigeait les opĂ©rations du siĂšge d’Acre, mais selon les chroniqueurs francs il serait mort de la peste.
  • En juin 1101, Bataille de Rama, lors de laquelle, le nouveau roi Baudouin Ier, avec ses 260 chevaliers et son infanterie, Ă©crase l’armĂ©e Ă©gyptienne du gĂ©nĂ©ral-Ă©mir al Sawla al Qavasi.
  • En mai 1102, Bataille de Rama prĂšs de Jaffa, lors de laquelle 20 000 guerriers Ă©gyptiens dĂ©barquent et prennent par surprise le roi Baudouin et ses chevaliers qui sont massacrĂ©s. Le roi rĂ©ussit Ă  se sauver, mais JĂ©rusalem se retrouve sans dĂ©fense, or curieusement les Égyptiens ne tentent rien et repartent.
  • En 1103 : Le roi Baudouin Ier prend les citĂ©s de HaĂŻfa, de Jaffa et d’Acre.
  • En 1108 : ArrivĂ©e en Palestine de Bertrand de Toulouse et d’escadres de mercenaires gĂ©nois, dans le but final de prendre Tripoli et Beyrouth au Liban.
  • En 1111, le gouverneur palestinien d’Ascalon, propose au roi Baudouin Ier, un tribut versĂ© par les palestiniens de la ville, en contrepartie de l’éviction des fonctionnaires Ă©gyptiens, et de la fourniture d’une garnison franque pour les protĂ©ger, mais en juillet les Ă©gyptiens contre-attaquent et massacrent le gouverneur et 300 guerriers francs.
  • En 1113 :
  • En 1115, Tughtekin de Damas s’allie au roi Baudouin pour contrer l’armĂ©e du sultan Mohammed de Bagdad.
  • En 1117, le roi Baudouin Ier rĂ©pudie sa deuxiĂšme Ă©pouse aprĂšs l’avoir ruinĂ©e.
  • En 1118 :
    • En mars, le roi Baudouin Ier part conquĂ©rir l’Égypte avec 216 chevaliers et 400 fantassins, il traverse le SinaĂŻ mais meurt de maladie Ă  El-Arich le 2 avril. Le nouveau roi est Baudouin, comte d’Édesse, sous le nom de Baudouin II.
    • L’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ est crĂ©Ă© par les chevaliers Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer, afin d’assurer la garde du dĂ©filĂ© d'Athlit, le chemin d’accĂšs le plus dangereux pour les pĂšlerins.
      • Le nouveau roi de JĂ©rusalem, Baudouin II leur octroie une partie de son palais, Ă  l’emplacement du Temple de Salomon.
      • En l’honneur de ce lieu hautement symbolique, ils prennent le nom d’Ordre du Temple en 1119, crĂ©Ă© avec sept autres chevaliers français : AndrĂ© de Montbard, Gondemare, Godefroy, Roral, Payen de MontdĂ©sir, Geoffroy Bisol et Archambaud de Saint-Agnan. AndrĂ© de Montbard Ă©tait le neveu de Saint-Bernard qui a Ă©crit lui-mĂȘme la rĂšgle de l’ordre. Jusqu’en 1291 et la chute de Saint-Jean-d'Acre, les Templiers vont gagner, en Terre Sainte, une aura trĂšs importante.
  • En 1147 et 1148, dĂ©sastreuse deuxiĂšme croisade qui finit par rejoindre JĂ©rusalem.
  • En aoĂ»t 1153, les Templiers, par la prise de la citĂ© d’Ascalon, marquent leurs ambitions d’obtenir un vĂ©ritable pouvoir temporel.
  • À l’exception de l’époque de la dĂ©sastreuse deuxiĂšme croisade, la Palestine connaissait depuis la mort du roi Baudouin Ier en 1118 des annĂ©es de paix relative et de relation de bon voisinage entre chrĂ©tiens et musulmans. Beaucoup d’anciens croisĂ©s Ă©pousĂšrent des femmes arabes et adoptĂšrent nombre de coutumes orientales, et d’intenses Ă©changes commerciaux se dĂ©veloppĂšrent avec les ports italiens. Il n’y eut pas de conversion forcĂ©e au christianisme, mais des persĂ©cutions contre les Juifs qui choisirent l’exil en grand nombre et disparurent presque de Palestine.
  • Dans les annĂ©es 1180, le plus puissant seigneur du monde musulman Ă©tait le sultan d’Égypte, SalĂąh al-DĂźn, dit Saladin. Il dominait une grande partie du Levant et avait en gĂ©nĂ©ral de bons rapports avec les chrĂ©tiens. Mais les agissements de quelques seigneurs fanatiques l’obligĂšrent Ă  entrer en guerre. Lors de la bataille de Hattin (AttĂźn), Saladin battit les chrĂ©tiens et finalement entra en vainqueur Ă  JĂ©rusalem en octobre 1187. Cet Ă©vĂšnement dĂšs qu’il fut connu en Europe entraĂźna l’appel Ă  la troisiĂšme croisade.
  • En 1189, l’empereur FrĂ©dĂ©ric Barberousse, le roi de France Philippe Auguste et le roi d’Angleterre Richard CƓur de Lion, unirent leurs forces et formĂšrent une trĂšs importante armĂ©e, l’armĂ©e des Rois. Cependant FrĂ©dĂ©ric Barberousse se noya, et Philippe Auguste quitta la croisade aprĂšs la prise de Saint-Jean-d'Acre. RestĂ© seul, Richard CƓur de Lion accomplit des prodiges mais finalement, en 1192, avant de repartir, il nĂ©gocia une trĂȘve avec Saladin, aux termes de laquelle, JĂ©rusalem restait dĂ©finitivement aux mains de Saladin, les pĂšlerins chrĂ©tiens Ă©taient autorisĂ©s Ă  s’y rendre librement et les « Francs Â» conservaient les ports du Levant, ainsi que Chypre.
    • Avec la dĂ©faite des CroisĂ©s et la victoire de Saladin, la communautĂ© juive redevint plus nombreuse, surtout dans les villes cĂŽtiĂšres.
  • En 1228 et 1229, l’empereur germanique FrĂ©dĂ©ric II, excommuniĂ©, organisa sa propre croisade en Terre sainte, et, essentiellement par la diplomatie, il obtint la restitution de BethlĂ©em, de Nazareth et de JĂ©rusalem.
  • En 1244, les musulmans reprennent dĂ©finitivement JĂ©rusalem.

La conquĂȘte ottomane 1244 Ă  XVIIIe

  • AprĂšs Saladin, aux XIIIe siĂšcle et XVIe siĂšcle, les Mamelouks Ă©gyptiens, crĂ©Ă©s en 1230, prennent en 1250 le pouvoir en Égypte et contrĂŽlent la Palestine, alors que le prestige de JĂ©rusalem s’accroĂźt dans le monde arabe.
    • Durant cette pĂ©riode, la Palestine, accueille des rĂ©fugiĂ©s arabes chassĂ©s par l’avancĂ©e des Mongols sur l’Irak et la Syrie, et vers la fin du XVe siĂšcle, elle accueille les rĂ©fugiĂ©s juifs chassĂ©s d’Espagne. Beaucoup d’entre eux s’installent en GalilĂ©e, et vont ĂȘtre Ă  l’origine du rayonnement intellectuel et religieux de la ville de Safed.
  • En 1516, le sultan turc Selim Ier de Constantinople conquiert la Palestine qui va devenir durant 4 siĂšcles, jusqu'en 1917, une des provinces arabes de l’Empire ottoman, un an avant l'Égypte, mais il laisse aux milices mamelouks le pouvoir au niveau local, avec le titre de Bey.
  • IntĂ©grĂ©e dans l’empire Ottoman, la Palestine connaĂźt au XVIe siĂšcle un bon dĂ©veloppement Ă©conomique, au contraire de l’Égypte. Les citĂ©s et lieux de cultes sont rĂ©novĂ©s, toutes les communautĂ©s voient leurs populations croĂźtre. Les Ottomans autorisent les juifs Ă  se rĂ©installer en Palestine, fuyant les persĂ©cutions (notamment d'Espagne).

Le XIXe siĂšcle

Bonaparte y passe, suivi d’une courte prĂ©sence Ă©gyptienne. La rĂ©gion subit une forte dĂ©pression Ă©conomique, mais, Ă  la fin du XIXe siĂšcle, la Palestine redevient l’objet des convoitises, notamment europĂ©ennes, et sa population voit l’arrivĂ©e massive d’Arabes de Transjordanie, tandis que les minoritĂ©s chrĂ©tiennes et juives s’étendent Ă©galement.

  • Le gĂ©nĂ©ral NapolĂ©on Bonaparte passe par la Palestine et Saint-Jean-d'Acre.
  • Lors de ce XIXe siĂšcle, la Palestine subit une forte dĂ©pression Ă©conomique, et redevient l’enjeu de convoitises europĂ©ennes.
  • 20 avril 1799, JĂ©rusalem : Proclamation Ă  la nation Juive, discours de NapolĂ©on Bonaparte, durant sa campagne d'Égypte, reconnaissant la propriĂ©tĂ© de la terre sainte (Palestine) au peuple juif[15].. L'autenticitĂ© de cette proclamation est contestĂ©e par certains historiens[16].
  • 1800 : Le 16 aoĂ»t 1800, NapolĂ©on Bonaparte dĂ©clara : "Si je gouvernais une nation juive, je rĂ©tablirais le temple de Salomon."[17].
  • 1854 : Selon le compte-rendu publiĂ© dans le New York Tribune, les Juifs reprĂ©sentaient les deux tiers de la population de JĂ©rusalem. Le journaliste, envoyĂ© spĂ©cial au Moyen-Orient pour Le Tribune s'appelait Karl Marx.
  • 1866 : Le Suisse Henri Dunant (1828-1910), fondateur de la Convention de GenĂšve et de la Croix Rouge, constitue La SociĂ©tĂ© Nationale Universelle pour le Renouvellement de l'Orient, et lance un appel suggĂ©rant que les colonies juives naissantes en Palestine soient dĂ©clarĂ©es diplomatiquement neutres, tout comme la Suisse.
  • 1873 : Les territoires allant de Ramleh-Jaffa, au nord, jusqu’à l’Égypte, au sud, relĂšvent dĂ©sormais directement des autoritĂ©s de Constantinople. Jusque lĂ , la JudĂ©e et la Samarie relevaient de l’administration de Damas, alors que la GalilĂ©e relevait de Beyrouth.
  • 1881 : L'assassinat du tsar Alexandre II marque le dĂ©but de la premiĂšre vague d’immigration juive. Des Juifs venus de Russie, de Roumanie, et du YĂ©men, viennent s’installer en Palestine. Le baron Edmond de Rothschild se met Ă  acheter de la terre en Palestine et finance le premier Ă©tablissement "sioniste" Ă  Rishon LeZion (Le Premier Ă  Sion). ArrivĂ©e des premiers sionistes, les Amants de Sion.
    • Avant cette arrivĂ©e (en 1881), la population de la Palestine est de 457 000 personnes, dont 400 000 musulmans, entre 13 000 et 20 000 Juifs et 42 000 chrĂ©tiens, la plupart orthodoxes grecs[18].
    • Ces derniers, ashkĂ©nases d'origine europĂ©enne et sĂ©pharades d'origine d'Espagne, d'Afrique du Nord et du Moyen Orient, sont de condition modeste et se concentrent dans des quartiers Ă  JĂ©rusalem, HĂ©bron, Safed et TibĂ©riade. Ils ne reprĂ©sentent au total qu'une minoritĂ© insignifiante (hormis dans ces villes).
    • La population Arabe vit Ă  70% dans des petits villages dans les collines, Ă  proximitĂ© des sources et des puits, oĂč, mĂ©tayers, ils vivent d'une agriculture primitive. Les grands propriĂ©taires terriens vivent dans les villes et, pour certains, Ă  Beyrouth, Damas et Paris. C'est Ă  eux, principalement, que les terres seront achetĂ©es, privant ainsi les mĂ©tayers de leur outil de travail.

Des quĂȘtes sont organisĂ©es dans les milieux ouvriers juifs communistes europĂ©ens pour l'achat de terres en Palestine, des gravures d'Ă©poque prĂ©sentent ces quĂȘtes populaires. Le sionisme moderne est nĂ© dans les milieux juifs socialistes communistes ouvriers qui influenceront directement le style de vie des nouveaux arrivant: une sociĂ©tĂ© proche des idĂ©ologies socialistes et des mĂ©thodes collectivistes soviĂ©tiques, en crĂ©ant des collectivitĂ©s semblables aux kolkhozes russes (coopĂ©ratives agricoles de production qui avait la jouissance de la terre qu'elle occupait et la propriĂ©tĂ© collective des moyens de production), ou tout est mis en commun au service de la communautĂ©. En IsraĂ«l ce sont Ă  la campagne des collectivitĂ©s appelĂ©es Kvoutza, modernisĂ©es ensuite par le Kibboutz et le Mochav, coexistants avec un secteur privĂ©.

  • 1883 : DĂ©but des activitĂ©s d’implantation de colonies juives par le baron Edmond de Rothschild en Palestine.
    • Les idĂ©es de Theodor Herzl se concrĂ©tisent. Bien qu'en public il prĂ©tende que l'arrivĂ©e des Juifs n'apporterait que des bienfaits matĂ©riels, il est conscient du problĂšme que pose la prĂ©sence de la population Arabe en Palestine, mais il se garde d'en parler[19].
  • 1890 : DĂ©but de la deuxiĂšme vague d’immigration juive en provenance de Russie.
  • 1899 : CrĂ©ation de la Banque coloniale juive, chargĂ© de gĂ©nĂ©rer le financement des activitĂ©s pour l’achat de terres en Palestine.

Le XXe siĂšcle jusqu'Ă  la DĂ©claration Balfour (1903 - 1920)

  • 1903 : Le 6e CongrĂšs sioniste, adopte le principe d’une installation en Palestine.
  • 1908 : Ouverture prĂšs de Jaffa du Bureau palestinien destinĂ© Ă  organiser l’achat de terres par le Dr Arthur Ruppin (1876-1943), ainsi que du Palestine Land Development Company (PDLC).
    • En mars, incidents Ă  Jaffa entre Juifs et Arabes.
  • 1909 : Fondation d’un petit bourg juif Ă  proximitĂ© de Jaffa qui deviendra la ville nouvelle de Tel Aviv.
    • CrĂ©ation du premier kibboutz.
    • La notion de travail juif, au cƓur de la philosophie socialiste, conduit Ă  l'exclusion des Arabes de l'Ă©conomie juive. Cette politique exacerbe l'hostilitĂ© des Arabes envers le sionisme. Paradoxalement plus ouverts, les riches propriĂ©taires terriens utilisent la main d'Ɠuvre arabe, moins chĂšre et plus expĂ©rimentĂ©e[20].
  • 1910 : À Jerusalem sur une population totale de 73700 personnes, 47400 sont juifs, 9800 musulmans, 16500 chrĂ©tiens. ( En 1860, sur 18000 personnes on comptait 8000 juifs, 6000 musulmans et 4000 chrĂ©tiens )
  • 1915 : En pleine guerre, le Royaume-Uni, la France et la Russie, planifient, dans le plus grand secret, le partage du Proche-Orient et dĂ©finissent les contours de leurs zones d’influence. Ils pensent que la Palestine est un cas particulier, du fait de l’enjeu symbolique que constituent les lieux saints, et doit bĂ©nĂ©ficier d’un statut international.
  • 1916 : L’accord Sykes-Picot redĂ©finit la nouvelle carte gĂ©o-politique du Moyen-Orient. La Palestine est dĂ©finie comme zone internationale, comprenant Saint-Jean-d’Acre, HaĂŻffa et JĂ©rusalem.
Article dĂ©taillĂ© : DĂ©claration Balfour de 1917.
  • 1919 : Rencontre entre l'Emir Fayçal et HaĂŻm Weizmann le 3 janvier; la possibilitĂ© d'une coopĂ©ration judĂ©o-arabe apparaĂźt. L'Emir Fayçal envisage favorablement la venue des Juifs en Palestine et la fondation d’un Foyer National Juif.

Le Mandat britannique (1921-1947)

Articles dĂ©taillĂ©s : Palestine mandataire et Histoire du sionisme.
  • En 1921 :
    • De passage Ă  JĂ©rusalem, le jeune secrĂ©taire d’État britannique aux Colonies, Winston Churchill, reçoit une dĂ©lĂ©gation islamo-chrĂ©tienne qui lui dĂ©clare : « Si les sionistes n’étaient venus en Palestine que comme des hĂŽtes, ou si les choses en Ă©taient restĂ©es Ă  ce qu’elles Ă©taient avant la guerre, il n’y aurait pas de problĂšme Juifs et de non-Juifs. Mais c’est l’idĂ©e d’une Palestine transformĂ©e en un Foyer national juif que les Arabes rejettent et combattent Â».
    • Les mouvements palestiniens refusant de cautionner la construction d’un « Foyer national juif Â», ils rejettent toute participation aux institutions politiques du mandat britannique, Ă  l’exception de la gestion des affaires religieuses.
  • 1922 : La Transjordanie (partie orientale du territoire mandataire britannique) devient un Ă©mirat autonome. Elle est soustraite Ă  l’immigration juive.
  • 1928 : la Palestine vivait jusqu’en 1926 dans un calme relatif, mais la communautĂ© juive -le yichouv - traverse depuis une crise profonde. Le tarissement de l’immigration juive permet mĂȘme Ă  certains de parler de « banqueroute du projet sioniste Â». Cette annĂ©e lĂ , la commĂ©moration par les juifs sionistes de la destruction du Temple par les Romains se radicalise et est ressentie comme une provocation par la communautĂ© musulmane. De nombreux incidents ont lieu prĂšs du mur des Lamentations. Des rumeurs commencent Ă  circuler, au sujet d’un complot juif, dont le but de s’emparer de l'Esplanade des mosquĂ©es.
  • 1929 : La rumeur aboutit Ă  des Ă©meutes qui prennent des allures de pogrom anti-juif; massacres Ă  HĂ©bron puis Ă  Safed : 113 juifs tuĂ©s et 339 autres blessĂ©s. Pourtant, l'Ă©migration reprend, et de nombreux juifs d’Europe centrale continuent d’arriver en Palestine, apportant des capitaux et achetant de plus en plus de terres arabes.
  • 1930 : Publication du second Livre Blanc britannique, prĂ©voyant de limiter pour la premiĂšre fois l’immigration des Juifs en Palestine.
  • 1931 : DeuxiĂšme recensement britannique. La Palestine compte 175 000 Juifs et 880 000 Arabes (pour 84 000 Juifs et 760 000 Arabes lors du premier recensement en 1922)[22]. En 1939, la Palestine comptera 1 070 000 Arabes et 460 000 Juifs[23].
  • En 1933 :
    • Adolf Hitler accĂšde au pouvoir en Allemagne. C’est le dĂ©but de la 5e aliyah, principalement en provenance d’Allemagne et des territoires contrĂŽlĂ©s par les Allemands.
    • en octobre, Ă  HaĂŻfa, des Ă©meutiers arabes s’en prennent aux autoritĂ©s britanniques qu’ils considĂšrent comme responsables des progrĂšs du sionisme.
  • 1934 : DĂ©but de la Hapa'alah, entreprise d’immigration illĂ©gale de rĂ©fugiĂ©s juifs alors que leur nombre dĂ©passe les quotas imposĂ©s par les Britanniques.
  • Automne 1935 : une rĂ©volte populaire arabe Ă©clate, avec une nette coloration d’islam populiste et de guerre sainte, menĂ©e par le cheikh Izz al-Din al-Qassam. AprĂšs sa mort, en novembre, une grĂšve gĂ©nĂ©rale est lancĂ©e pour obtenir l’arrĂȘt de l’immigration juive et la vente des terres aux juifs. Elle se prolongera jusqu’en octobre 1936.
  • En 1936 : DĂ©but de l’opĂ©ration Homa Oumigdal (murailles et tour), qui est une entreprise d’implantations aboutissant, de 1936 Ă  1939, Ă  51 nouvelles localitĂ©s crĂ©Ă©es chacune en une seule nuit.
  • Avril 1936 : La rĂ©volte arabe, soutenue par le grand mufti de JĂ©rusalem, Haj Amin al Husseini, se gĂ©nĂ©ralise aprĂšs la grĂšve gĂ©nĂ©rale. Les britanniques et les Juifs sont visĂ©s par de nombreux attentats.
  • 1937 :
    • La commission britannique Peel, propose un projet de partition de la Palestine entre Juifs et Arabes (15% du territoire Ă  l'Ă©tat juif). Le gouvernement britannique finit par accepter le principe de cette recommandation. Il s’agit lĂ  du premier texte suggĂ©rant le partage du pays entre Juifs et Arabes. MalgrĂ© le soutien de Ben Gourion, l'Agence Juive rejette le plan, tous comme les dirigeants palestiniens.
    • Des groupes armĂ©s arabes s’en prennent aux Britanniques, aux Juifs et aux « traĂźtres arabes Â». Les Britanniques mĂšnent une dure rĂ©pression, et en deux annĂ©es rĂ©ussissent Ă  vaincre et Ă  dĂ©capiter ce mouvement national palestinien.
    • L'Irgoun commet, en 1937 et 1938, une sĂ©rie d'attentats Ă  la bombe contre les foules et les bus arabes en reprĂ©sailles contre les attentats arabes. ces actions font environ 250 victimes civiles arabes[24].
    • Ben Gourion se rallie Ă  la thĂšse, largement dĂ©battue, du « transfert Â» : « Le transfert obligatoire [nous] apporterait une immense rĂ©gion [pour la colonisation].[...] Je suis en faveur d'un transfert obligatoire et je n'y vois rien d'immoral. Â»[25].
  • 3 mai 1939 : Publication du 3e Livre Blanc (de MacDonald) :
    • Celui-ci prĂ©voit que « au terme de la pĂ©riode de cinq ans, aucune immigration juive ne sera plus autorisĂ©e, Ă  moins que les Arabes de Palestine ne soient disposĂ©s Ă  y consentir Â»[26].
    • Par ailleurs, « le gouvernement de Sa MajestĂ© dĂ©clare aujourd’hui sans Ă©quivoque qu’il n’est nullement dans ses intentions de transformer la Palestine en un État juif. [il a le] dĂ©sir [...] de voir s’établir finalement un État de Palestine indĂ©pendant[26] Â».
    • Ce projet officiel semble entrainer la fin des espoirs sionistes, et entraine une nette dĂ©gradation des relations entre l'Agence Juive (l'exĂ©cutif sioniste en Palestine), et le gouvernement britannique.
  • 1941 : « Le Grand Mufti de JĂ©rusalem, Haj Amin al-Husseini, rencontra plusieurs dirigeants nazis dont Adolf Hitler et Heinrich Himmler, espĂ©rant les amener Ă  adopter la cause arabe et mĂȘme Ă  Ă©tendre leurs mesures anti-juives aux Juifs de Palestine. Lors de sa rĂ©union avec Hitler, en novembre 1941, al-Husseini obtint d'Hitler la promesse que "l'objectif allemand serait (...) la destruction des Ă©lĂ©ments juifs rĂ©sidant dans la sphĂšre arabe"[27] Â». Le Mufti soutiendra les forces de l'Axe jusqu'Ă  la fin de la Seconde Guerre mondiale.
  • 6 mars 1942 : A la confĂ©rence de Biltmore, qui rĂ©unit l'Agence Juive et les dĂ©lĂ©guĂ©s sioniste amĂ©ricain, David ben Gourion annonce que l'objectif officiel du sionisme est la crĂ©ation d'un « commonwealth juif Â», une « patrie des Juifs[28] Â». C'est la premiĂšre revendication d'un Ă©tat indĂ©pendant, l'Agence juive s'Ă©tant jusqu'alors gardĂ©e d'affronter la puissance mandataire sur ce point, en restant Ă  la revendication plus consensuelle et plus floue d'un « foyer national juif Â» autonome.
  • FĂ©vrier 1944 : l'Irgoun, organisation armĂ©e sioniste issue de la droite sioniste, rompt le cessez-le-feu qu'elle respectait depuis 1940 du fait de la guerre, et lance une campagne d'attentats contre les britanniques, qui durera jusqu'en 1948. Le Lehi, une dissidence de l'Irgoun, reprend aussi ses opĂ©rations anti-britanniques. Les attaques, en combattant les deux points les plus rejetĂ©s du livre blanc de 1939 visent Ă  permettre une libre Ă©migration juive en Palestine afin de modifier le rapport de force dĂ©mographique, et Ă  empĂȘcher la crĂ©ation de l'Ă©tat palestinien unitaire qui Ă©tait envisagĂ©. Un troisiĂšme objectif s'y ajoute progressivement : le dĂ©part des britanniques.
  • 8 aoĂ»t 1944, le haut commissaire britannique pour la Palestine (gouverneur), sir Harold Mac Michael, trĂšs impopulaire dans le Yichouv[29], Ă©chappe Ă  une tentative d'assassinat du Lehi.
  • Juillet 1947 : le bateau Exodus est expulsĂ© des cĂŽtes de Palestine vers l’Europe, portant Ă  son bord 4 500 survivants de la Shoah, suscitant un important mouvement de sympathie international.
  • 18 fĂ©vrier 1947 : Devant l'augmentation des attentats commis par les organisations armĂ©es sionistes (surtout Irgoun et Lehi, et dans une moindre mesure Haganah), les Britanniques annoncent l'abandon de leur mandat sur la Palestine.
  • 28 avril 1947 -13 mai : La SDN ayant attribuĂ© ce mandat, c'est Ă  son successeur, l'ONU, qu'il appartient de dĂ©cider des consĂ©quences de la fin du mandat. Une commission d'enquĂȘte est crĂ©Ă© l'UNSCOP (United Nations Special Committee on Palestine), composĂ© de reprĂ©sentants de 11 Ă©tats (Australie, Canada, Guatemala, Inde, Iran, Pays-Bas, PĂ©rou, SuĂšde, TchĂ©coslovaquie, Uruguay, Yougoslavie). Dans un souci de neutralitĂ©, aucune des grandes puissances de l'Ă©poque ne fut reprĂ©sentĂ©e.
    • L'UNSCOP considĂšre deux options. La premiĂšre Ă©tait la crĂ©ation d'États juif et arabe indĂ©pendants, avec la ville de JĂ©rusalem placĂ©e sous contrĂŽle international. La seconde consistait en la crĂ©ation d'un seul État fĂ©dĂ©ral, contenant Ă  la fois un État juif et un État arabe.
    • L'agence juive coopĂšre largement avec l'UNSCOP, mais le Haut comitĂ© arabe (reprĂ©sentant les palestiniens) refuse, considĂ©rant que « les droits naturels des arabes de Palestine sont Ă©vidents et ne peuvent continuer Ă  faire l'objet d'enquĂȘte[30] Â», et critiquant l'absence de prise en compte de l'idĂ©e d'un Ă©tat indĂ©pendant unitaire. Ce sont les Ă©tats arabes qui dĂ©fendent la position palestinienne.
    • Sur le principe, les reprĂ©sentants de la jeune Ligue arabe rejettent toute division de la Palestine mandataire, et rĂ©clament une indĂ©pendance unitaire[30]. La fin de l'immigration juive est demandĂ©e, les Juifs dĂ©jĂ  installĂ©s et ayant « acquis lĂ©galement la nationalitĂ© palestinienne [auraient] les mĂȘmes droits [que les] arabes[31] Â». Hamid FrangiĂ©, un reprĂ©sentant libanais, indique Ă  l'UNSCOP qui demande des prĂ©cisions sur ce dernier point que « les Juifs entrĂ©s illĂ©galement en Palestine ou n'ayant pas demandĂ© la nationalitĂ© - au total, d'aprĂšs lui, 400 000 personnes, soit les deux tiers des immigrants - seraient [...] expulsĂ©s[32] Â». Pour le Haut comitĂ© arabe, « l'affrontement en terre sainte met au prise, non deux lĂ©gitimitĂ©s, mais des autochtones avec des colons Ă©trangers[33] Â».
  • Le 29 novembre 1947, l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'ONU vote Ă  la majoritĂ© des 2/3 et le soutien des grandes puissances (USA, URSS, France) une rĂ©solution sur le partage de la Palestine.
    • Deux Ă©tats, un juif et un arabe, sont crĂ©Ă©s. Le territoire israĂ©lien proposĂ© couvre 55% de la Palestine mandataire (voir Carte du plan de partage), qui abriterait une population de 498 000 Juifs sur 650 000 (37% de la population totale de la Palestine), plus une minoritĂ© de 407 000 Arabes sur 1 237 000. À l'Ă©poque du vote, 7% du territoire de la Palestine avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© acquis en propriĂ©tĂ© fonciĂšre par la population juive grĂące au financement par des mĂ©cĂšnes et aux collectes de fonds.
    • Le territoire des deux Ă©tats ne comprend pas JĂ©rusalem, oĂč vivent 100 000 Juifs supplĂ©mentaires aux cĂŽtĂ©s de 105 000 Arabes, et dont le statut prĂ©vu est celui de zone internationale[34].
    • Les Britanniques se sont abstenus, souhaitant prĂ©server leurs intĂ©rĂȘts dans le monde arabe sans s'opposer aux amĂ©ricains.
    • L'Agence Juive soutient le plan, lequel est rejetĂ© par la droite nationaliste sioniste : Parti rĂ©visionniste, Irgoun et Lehi.
    • Les pays arabes ont votĂ© contre le plan, et quittent la salle du vote aprĂšs celui-ci[35]. Toutes les organisations politiques palestiniennes s'opposent au plan, Ă  l'exception du parti communiste, qui s'aligne sur Moscou.
    • Bien que la principale objection soit la crĂ©ation d'un Ă©tat pour des « colons Ă©trangers[33] Â», la partie arabe critique aussi de façon plus technique le tracĂ© de la frontiĂšre. Celui-ci a en effet Ă©tĂ© dessinĂ© de façon Ă  englober le maximum de villages juifs Ă  l'intĂ©rieur de l'État juif, la rĂ©ciproque n'Ă©tant pas respectĂ©e. La frontiĂšre englobe enfin 55% du territoire palestinien, les Juifs ne reprĂ©sentant Ă  l'Ă©poque que 37% de la population.

Du vote des Nations Unies aux Armistices (1947-1949)

  • DĂšs le lendemain de l'adoption du plan de partage par l'ONU, les manifestations de joie de la communautĂ© juive sont contrebalancĂ©es par les manifestations d'opposition arabe dans tout le pays[36]. En effet, de graves affrontements ont dĂ©jĂ  lieu et dans tout le Proche-Orient les extrĂ©mistes islamistes s'en prennent aux communautĂ©s juives[37].
Rue Ben Yehuda aprĂšs l'attentat du 22 fĂ©vrier 1948
  • DĂ©cembre 1947 : un « vent de violence Â»[39] va rapidement et spontanĂ©ment s'installer, annonciateur de la « guerre civile[40] Â». Dans toutes les zones mixtes oĂč vivent les deux communautĂ©s, Ă  JĂ©rusalem et HaĂŻfa en particulier, attaques, reprĂ©sailles et contre-reprĂ©sailles de plus en plus violentes se succĂšdent. Les tirs isolĂ©s Ă©voluent en batailles rangĂ©es ; les attaques contre le trafic se transforment en embuscades. Des attentats de plus en plus sanglants se produisent, auxquels rĂ©pondent Ă  leur tour des Ă©meutes, des reprĂ©sailles et d'autres attentats.
  • 8 janvier 1948 (ou 10 janvier selon Yoav Gelber)[41] : entrĂ©e en Palestine de l'ArmĂ©e de libĂ©ration arabe de Quawukji, formĂ©e de volontaires arabes et palestiniens, Ă  l'Ă©poque environ 1 500 hommes[42].
  • Dans la nuit du 20 au 21 janvier, une troupe composĂ©e de 700 Syriens, en tenue de combat, bien Ă©quipĂ©e et disposant de transports mĂ©canisĂ©s entre en Palestine « via la TransJordanie[43] Â».
  • Le 27 janvier, une « bande de 300 hommes, venant de l'extĂ©rieur de la Palestine, s'est Ă©tablie dans la rĂ©gion de Safed en GalilĂ©e et est probablement responsable des attaques intensives au mortier et Ă  l'arme lourde de la semaine contre la colonie de Yechiam[43] Â».
  • Janvier 1948 - Mars 1948 :
    • les attaques menĂ©es par les nationalistes palestiniens et les volontaires arabes se gĂ©nĂ©ralisent, sous le nom de « guerre des routes Â». Les communications entrent implantations juives et avec la JĂ©rusalem juive deviennent difficiles. Les forces Juives sont sur la dĂ©fensive.
    • En mars, rĂ©daction du plan Daleth par la Haganah, lequel prĂ©voit « destruction de villages [...]. En cas de rĂ©sistance, les forces armĂ©es doivent ĂȘtre dĂ©truites et la population expulsĂ©e en dehors des frontiĂšres de l'État hĂ©breu Â». Des historiens comme Ilan PappĂ© ou Walid Khalidi le considĂšre comme un plan de nettoyage ethnique, alors que Benny Morris ou Yoav Gelber le considĂšre plutĂŽt comme un plan limitĂ© Ă  la gestion des affrontements autour des « bases ennemies Â»[44].
    • PremiĂšre vague de rĂ©fugiĂ©s : environs 70 000 palestiniens, essentiellement des membres des couches moyennes et supĂ©rieures, qui partent pour l'Ă©tranger dans l'attente de la fin des combats.
  • DĂ©but avril 1948, la Haganah, principale milice clandestine, dĂ©pendant de l'Agence juive (le gouvernement du Yichouv), reçoit sa premiĂšre grosse livraison d'armes en provenance de TchĂ©coslovaquie (en quelques mois, sous la direction de Yigael Yadin, elle deviendra une vĂ©ritable armĂ©e professionnelle).
    • DĂ©but de la contre-attaque des forces sionistes : dĂ©cidĂ©e par Ben Gourion, l'OpĂ©ration Nahshon est lancĂ©e le 2 avril par la Haganah pour dĂ©gager la JĂ©rusalem juive avec laquelle les communications sont devenues trĂšs difficiles.
    • 9 avril, l'Irgoun et le Lehi, assistĂ©s par la Haganah, prennent le village de Deir Yassin. AprĂšs le retrait de la Haganah un massacre est commis contre les civils. Le massacre est condamnĂ© par l'Agence juive et les dirigeants de la Haganah[45], mais sans sanctions judiciaires.
    • Courant avril, la Haganah conquiert TibĂ©riade et HaĂŻfa, puis, par l'opĂ©ration Yiftah sous la direction de Yigal Allon, Safed, pendant que l'Irgoun s'empare de Jaffa.
    • Yigal Allon lance une campagne de guerre psychologique[46].
    • En un mois et demi (avril-mai), les villages arabes tombent les uns aprĂšs les autres.
    • Seconde vague de l'exode palestinien. D'aprĂšs un rapport du Shai (service de renseignement militaire de la Haganah) datĂ© du 30 juin 1948[47], 391 000 personnes sont parties depuis dĂ©cembre 1947, ce qui estime la seconde vague Ă  320 000 rĂ©fugiĂ©s. Le rapport indique : « au moins 55 % du total de l’exode ont Ă©tĂ© causĂ©s par nos opĂ©rations [de la Haganah] [...], [l’Irgoun et le Lehi] ont directement causĂ© environ 15 % de l’émigration Â». Deux pour cent des dĂ©parts seulement seraient des expulsions directes, chiffre considĂ©rĂ© comme sous-estimĂ© par Morris, qui l'Ă©value plutĂŽt Ă  10%.
  • Le 14 mai 1948, Ben Gourion lit la DĂ©claration d'indĂ©pendance qui proclame la crĂ©ation de l'État d'IsraĂ«l. A ce stade, le gouvernement contrĂŽle la bande cĂŽtiĂšre Ashkelon-HaĂŻfa, la JĂ©rusalem juive, le vallĂ©e de la JĂ©zrĂ©el et la haute vallĂ©e du Jourdain.
Carte des Ă©volutions territoriales entre 1947 et 1949 : l'État palestinien prĂ©vu par le plan de partage de 1947 n'est pas crĂ©Ă©. IsraĂ«l, l'Égypte et la Jordanie se partagent son territoire
  • Dans les jours qui suivent, des armĂ©es composĂ©es d'environ 1 000 Libanais, 6 000 Syriens, 4 500 Irakiens, 10 000 Égyptiens et entre 6 000 et 9 000 Transjordaniens se joignent aux forces arabes civiles (12 000 hommes) et Ă  l'ArmĂ©e de LibĂ©ration (3 800 hommes d'aprĂšs Gresh et Vidal[42]). IsraĂ«l se retrouve comme avant avril sur la dĂ©fensive.
  • 11 juin 1948 - 8 juillet 1948 : premiĂšre trĂȘve israĂ©lo-arabe. Les armes affluent en IsraĂ«l, en particulier en provenance du bloc de l'est, qui souhaite la dĂ©faite des anglais et de leurs alliĂ©s arabes. CrĂ©ation et organisation de Tsahal, qui regroupe toutes les milices juives.
  • Juillet - octobre :
    • IsraĂ«l conquiert la plus grande partie de la Palestine, hors le Neguev et la Cisjordanie.
    • TroisiĂšme vague de dĂ©part des rĂ©fugiĂ©s (300 ou 350 000), accompagnĂ©s de certains massacres[48]. Selon Morris[49] ou Gelber[50], s'appuyant sur les archives de Tsahal, les expulsions deviennent particuliĂšrement nombreuses.
    • Au total, ce sont Ă  la fin 1948 entre 700 000 et 730 000[51] Palestiniens qui fuiront ou seront chassĂ©s de leur terre et leur maison. Cet exode est Ă  la fois intĂ©rieur vers la Bande de Gaza et la Cisjordanie et extĂ©rieur vers la Syrie, le Liban et la Jordanie. À la fin de la guerre, plus de la moitiĂ© des Palestiniens sont des rĂ©fugiĂ©s : il en reste moins de 150 000 en IsraĂ«l, 400 000 en Cisjordanie, 60 000 dans la bande de Gaza[52]. Suite Ă  l'annexion de la Cisjordanie la plus grande partie de ces rĂ©fugiĂ©s palestiniens passeront sous tutelle jordanienne. Le Liban et la Syrie accueillent chacun Ă  peu prĂšs 100 000 rĂ©fugiĂ©s, l’Irak 5 000 et le restant sera sous administration Ă©gyptienne dans la bande de Gaza.
    • La Palestine comptait environ 1 800 000 habitants (musulmans, juifs et chrĂ©tiens) dont environ 1 200 000 palestiniens de souche. En quelques mois, elle voit la majeure partie de la population palestinienne de souche fuir ou ĂȘtre chassĂ©e des zones sous contrĂŽle israĂ©lien. Les rĂ©fugiĂ©s furent remplacĂ©s par les immigrĂ©s juifs survivants de la Shoah, ainsi que par les rĂ©fugiĂ©s juifs chassĂ©s ou fuyant Ă  leur tour les pays arabes. Voir notamment Ă  ce sujet Diaspora palestinienne.
  • DĂ©cembre 1948 : la loi sur les « propriĂ©tĂ©s abandonnĂ©es Â» permet la saisie des biens de toute personne « absente Â». Elle dĂ©finit un « Absent Â» comme une personne qui « pendant la pĂ©riode du 29 novembre 1947 au 1er septembre 1948, se trouvait quelque part ailleurs sur la Terre d’IsraĂ«l situĂ©e Ă  l’extĂ©rieur du territoire d’IsraĂ«l Â» (ce qui signifie la Cisjordanie ou la Bande de Gaza) ou dans d’autres États Arabes. Les anciens villages arabes sont dĂ©truits, et leurs terres redistribuĂ©es Ă  des communautĂ©s agricoles juives, Mochavim ou Kibboutzim, formalisant lĂ©galement la volontĂ© d'empĂȘcher tout retour.
  • 24 janvier 1949: annexion de la Cisjordanie par la Transjordanie, qui devient alors la Jordanie. La Palestine, qui avait obtenu une existence juridique Ă  partir du mandat de la SociĂ©tĂ© des nations de 1922, cesse toute existence lĂ©gale, partagĂ©e entre IsraĂ«l (77%), la Jordanie (20%), et l'Égypte (2%). Seule la bande de Gaza n'est pas formellement annexĂ©e par l'Égypte, tout en restant cependant administrĂ©e par elle en l'attente d'une hypothĂ©tique « libĂ©ration de la Palestine Â».
  • Mars 1949 : le dĂ©sert du Neguev passe sous contrĂŽle israĂ©lien (opĂ©ration Ouvda).

De l'Indépendance d'Israël à la Guerre de Six Jours (1949-1967)

Article dĂ©taillĂ© : Crise du canal de Suez (1956)

Depuis la guerre des Six jours

  • En 1968, le Fatah, groupe de rĂ©sistance palestinienne, est la cible d’une attaque majeure de l’armĂ©e israĂ©lienne sur le village jordanien de Karameh, durant laquelle plus de 150 combattants palestiniens sucomberont sous le feu israĂ©lien et 29 soldats israĂ©liens seront tuĂ©s par les forces armĂ©es jordaniennes. MalgrĂ© sa dĂ©faite sur le terrain, la bataille est considĂ©rĂ©e comme bĂ©nĂ©fique par le Fatah, les IsraĂ©liens s’étant finalement retirĂ©s.
  • En 1970, Yasser Arafat appelle au renversement de la monarchie hachĂ©mite, en s’appuyant sur le fait que 75% des habitants de la Jordanie sont maintenant Palestiniens Ă  un degrĂ© ou Ă  un autre. Le roi Hussein ne se laisse pas faire et fait massacrer par dizaines de milliers les Palestiniens, qu’ils soient fedayins ou civils, obligeant Yasser Arafat Ă  se rĂ©fugier au Liban. Cet Ă©pisode dramatique est connu sous le terme de Septembre noir.
  • En 1974, les chefs d’États arabes dĂ©clarent que l’OLP est le seul reprĂ©sentant lĂ©gitime de tous les Palestiniens. L’OLP est admise comme membre Ă  part entiĂšre de la Ligue arabe en 1976.
  • 1987 : DĂ©but Ă  Gaza de la premiĂšre Intifada, la « guerre des pierres Â» ou la « rĂ©volte des pierres Â», initiĂ©e par la population palestinienne contre l'occupation et les humiliations israĂ©liennes. Elle durera sept annĂ©es.
  • En 1988, avec l’Intifada, Yasser Arafat reformule sa pensĂ©e politique, Ă  travers la « DĂ©claration d’indĂ©pendance de l’État de Palestine Â», prĂ©parĂ©e par Jerome Segal, un universitaire juif amĂ©ricain d’extrĂȘme-gauche, et prononcĂ©e Ă  Alger. Il se fait Ă©lire, par le Conseil national palestinien, prĂ©sident de l’État qu’il proclame indĂ©pendant en novembre Ă  Alger.
  • Le 30 octobre 1991 a lieu une confĂ©rence de paix Ă  Madrid, parrainĂ©e par Moscou et Washington.
  • En aoĂ»t 1993, suite Ă  des nĂ©gociations secrĂštes menĂ©es Ă  Oslo, un accord de paix est signĂ© Ă  la Maison Blanche sous l’égide du prĂ©sident Bill Clinton. Le monde entier retient la poignĂ©e de main Ă©changĂ©e avec le premier ministre israĂ©lien Yitzhak Rabin et la nouvelle donne gĂ©opolitique que constitue le plan d’Oslo.
  • Le 1er juillet 1994: Arafat revient en Palestine aprĂšs plusieurs annĂ©es d’exil. Il constitue Ă  Gaza l’AutoritĂ© nationale palestinienne et en est Ă©lu prĂ©sident en 1996.
  • Le 4 novembre 1995 Yitzhak Rabin est assassinĂ© par un extrĂ©miste juif qui lui reproche la rĂ©trocession des terres juives. Il est remplacĂ© par le travailliste Shimon Peres, qui perdra le pouvoir six mois plus tard au profit du politicien de droite Benyamin Netanyahou.
  • 13 novembre - 21 dĂ©cembre 1995 : Retrait israĂ©lien de plusieurs villes de Cisjordanie.
  • Durant les annĂ©es 1994 Ă  2000, selon un rapport du FMI, l’économie palestinienne a augmentĂ© Ă  un rythme de 9,28% par an, et les investissements de 150%, ce qui en fait l’un des taux de dĂ©veloppement les plus Ă©levĂ©s au monde lors de cette pĂ©riode, mais cette croissance ne profite pas au peuple du fait du coĂ»t Ă©conomique et social exorbitant de la lutte contre IsraĂ«l et de la corruption gĂ©nĂ©ralisĂ©e des dirigeants palestiniens.
  • 23 octobre 1998 : Netanyahu et Arafat signent Ă  Wye Plantation (États-Unis) un accord sur le retrait israĂ©lien de 13% de la Cisjordanie. Le 14 dĂ©cembre, les articles de la charte palestinienne appelant Ă  la destruction d’IsraĂ«l sont supprimĂ©s.
  • En 2000, le nouveau premier ministre israĂ©lien Ehud Barak prĂ©tend offrir Ă  Yasser Arafat de reconnaĂźtre l’État palestinien. En fait « l’État Â» proposĂ© voyait les colonies israĂ©liennes non dĂ©mantelĂ©es, Ă©tait amputĂ© de prĂšs de 10% de son territoire sans compter le contrĂŽle israĂ©lien Ă  l’ouest du Jourdain, avec les colonies qui amputent encore de 40% le contrĂŽle du territoire (du fait des routes de dĂ©tournements reliant les colonies entre elles) ; l'Ă©tat proposĂ© n'avait pas le contrĂŽle de ses frontiĂšres, pas armĂ©e, et il Ă©tait prĂ©vu d’y inclure la ville prĂšs de JĂ©rusalem, Abu Dis, et de la nommer Al Quds (le nom arabe de JĂ©rusalem), ainsi que de permettre le retour en IsraĂ«l mĂȘme de 250 000 descendants des rĂ©fugiĂ©s de 1948. Sans compter le fait qu’IsraĂ«l ne reconnaissait pas sa responsabilitĂ© dans le problĂšme des rĂ©fugiĂ©s palestiniens. Suite Ă  cela, il y a eu les accords de Taba, mais Barak n'a pas voulu signer, officiellement car son mandat arrivait Ă  son terme. De plus il restait encore des contentieux Ă  rĂ©gler (JĂ©rusalem Est, les colonies Ă  dĂ©manteler, la reconnaissance de la responsabilitĂ© israĂ©lienne pour les rĂ©fugiĂ©s).
  • En septembre 2000, une seconde Intifada est dĂ©clenchĂ©e, encore plus violente que la premiĂšre ; elle tourne rapidement Ă  la guerre. D’aprĂšs Imad Al Faluji, ministre palestinien de la Communication (mai 1996 - octobre 2002), la seconde Intifada a Ă©tĂ© planifiĂ©e par les treize formations dĂšs la fin du sommet de Camp David II en juillet 2000. La visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des MosquĂ©es (aussi appelĂ©e Mont du Temple) ayant Ă©tĂ© vĂ©cue comme une provocation par les Palestiniens, elle serait l’étincelle qui dĂ©clencha le dĂ©but de l’Intifada le lendemain.
  • 30 avril 2003 : Publication de la Feuille de route pour la paix, un plan par Ă©tapes rĂ©digĂ© par les États-Unis, la Russie, l’Union europĂ©enne et l’Onu et devant conduire Ă  la crĂ©ation d’un État palestinien. Les Palestiniens l’acceptent immĂ©diatement, IsraĂ«l l’adopte en mai, avec des rĂ©serves liĂ©es Ă  la sĂ©curitĂ© des ses frontiĂšres et aux attaques terroristes.
  • 17-18 aout 2005 : Retrait et dĂ©mantĂšlement des colonies Juives de la bande de Gaza, 8000 colons sont Ă©vacuĂ©s en IsraĂ«l par l'armĂ©e israĂ©lienne, ce qui provoque une fracture au sein de la population entre les pro-retrait favorables au dialogue avec les Palestiniens et les anti-retrait favorables Ă  la poursuite de la colonisation.
  • 12 septembre 2005 : AprĂšs trente-huit ans d’occupation et de colonisation de la bande de Gaza le dĂ©part des derniers soldats israĂ©liens marque un tournant dans l'avenir du proche orient. Le retrait de Gaza, le dĂ©mantĂšlement de plusieurs colonies en Cisjordanie ainsi que la construction de la barriĂšre de sĂ©curitĂ© ("le mur de l'apartheid" du point de vue palestinien) envisage les frontiĂšres d'un futur État Palestinien et rassure les IsraĂ©liens sur des frontiĂšres sĂ»res
 la paix est peut-ĂȘtre proche.
  • DĂ©cembre 2005 - Janvier 2006 : Le premier Ministre IsraĂ©lien, Ariel Sharon, acteur principal du plan de dĂ©sengagement israĂ©lien de la bande de Gaza subit deux attaques cĂ©rĂ©brales successives et plonge dans un coma profond. Le pays sombre dans un grand dĂ©sarroi.
  • 25 janvier 2006 : Tenue des Ă©lections lĂ©gislatives Palestiniennes. Stupeur et crainte pour l'avenir remplace l'optimisme du rĂ©cent retrait israĂ©lien de Gaza. MalgrĂ© les efforts de paix de Mahmoud Abbas (PrĂ©sident de l'AutoritĂ© Palestinienne) et malgrĂ© le dĂ©sengagement juif de Gaza, le peuple Palestinien Ă©lit massivement le Hamas (parti islamiste qui ne reconnait pas IsraĂ«l et appelle Ă  sa destruction). Le Hamas obtient 74 des 132 siĂšges au parlement palestinien entrainant la dĂ©mission du 1er Ministre Ahmed QoreĂŻ. Les États-Unis dĂ©cident de stopper leurs versements financiers au gouvernement Palestinien tant que le Hamas n'aura pas reconnu IsraĂ«l et qu'il n'aura pas renoncĂ© Ă  son projet de destruction totale de l'État HĂ©breu.
  • 30 janvier 2006 : IsraĂ«l, par la voix de son Premier ministre intĂ©rimaire, Ehud Olmert, dĂ©cide de geler les fonds dus Ă  l'AutoritĂ© palestinienne, de peur qu'ils ne parviennent Ă  des Ă©lĂ©ments terroristes.
  • 25 juin 2006 : Un groupe de combattants Palestiniens attaque un poste armĂ© de Tsahal Ă  la frontiĂšre sud d'IsraĂ«l via un tunnel prĂšs de Kerem Shalom qui passe au sud de la bande de Gaza. Durant l'attaque, deux soldats israĂ©liens sont tuĂ©s, trois autres blessĂ©s, dont le caporal Guilad Shalit qui est enlevĂ© par les Palestiniens. Mohammed Abdel Al, un porte-parole des ComitĂ©s de RĂ©sistance Populaire, a rĂ©vĂ©lĂ© que l'attaque de ce lieu Ă©tait planifiĂ©e depuis deux mois dans le but de rĂ©clamer la libĂ©ration de prisonniers palestiniens enfermĂ©s en IsraĂ«l.
  • 28 juin 2006 : IsraĂ«l lance l'opĂ©ration "pluie d'Ă©tĂ©" dans le but de rĂ©cupĂ©rer le soldat capturĂ© par le commando palestinien. Plusieurs unitĂ©s terrestres de Tsahal sont engagĂ©es dans les combats ainsi que des hĂ©licoptĂšres et des frappes aĂ©riennes de bombardiers F-15 et F-16. Le second objectif de cette offensive est de mettre fin aux tirs incessants de roquettes kassam tirĂ©es depuis Gaza sur le sud d'IsraĂ«l (notamment la ville de SdĂ©rot) et de mettre la pression sur le gouvernement du Hamas qui cautionne ces attaques. C'est la premiĂšre fois que l'armĂ©e israĂ©lienne revient sur ce territoire de l'AutoritĂ© palestinienne depuis le plan de dĂ©sengagement unilatĂ©ral terminĂ© en septembre 2005. Les premiers jours de l'opĂ©ration ont Ă©tĂ© marquĂ©s par la destruction de la seule centrale Ă©lectrique de Gaza, de trois ponts et de l'arrestation de plusieurs parlementaires et ministres affiliĂ©s au Hamas.

Personnages historiques

Bibliographie

Notes

  1. ↑ Histoire de l'humanitĂ©, T. 1, De la PrĂ©histoire aux dĂ©buts de la civilisation, Éditions UNESCO, 2000, pp. 611-623 et pp. 1029-1035. ISBN 92-3-202810-7.
  2. ↑ Voir Dominique Valbelle, Dictionnaire de l’AntiquitĂ©, sous la direction Jean Leclant, Ă©ditions PUF, 2005, p. 1105.
  3. ↑ Claude Vandersleyen, L’Égypte et la vallĂ©e du Nil T. 2, “De la fin de l’Ancien Empire Ă  la fin du Nouvel Empire”, Ă©ditions PUF, 1995, pp. 163-206, armement p. 205.
  4. ↑ Voir Palestine par Pierre de Miroschedji et Jacques Briend, p.1 621 du Dictionnaire de l’AntiquitĂ©, sous la direction de Jean Leclant, PUF, octobre 2005.
  5. ↑ IsraĂ«l Finkelstein, Neil Asher Silberman, “Les rois sacrĂ©s de la Bible, Bayard, 2006.
  6. ↑ Pierre de Miroschedji, « La Recherche Â» no391 du 01-11-2005, p. 32.
  7. ↑ Jean Baptiste Humbert, p. 1 177 du Dictionnaire de l’AntiquitĂ©, direction Jean Leclant, PUF, 2205.
  8. ↑ Ronny Reich dans le DVD de Thierry Ragobert “La Bible dĂ©voilĂ©e”, chap. 6 de l’épisode 2.
  9. ↑ IsraĂ«l Finkelstein, Neil Asher Silberman, “Les rois sacrĂ©s de la Bible, Bayard, 2006, p. 74.
  10. ↑ Norma Franklin dans le DVD de Thierry Ragobert “La Bible dĂ©voilĂ©e”, chap. 8 de l’épisode 3.
  11. ↑ Françoise Briquel Chatonnet, p. 1 377 du Dictionnaire de l’AntiquitĂ©, direction Jean Leclant, PUF, 2005.
  12. ↑ Double DVD de Thierry Ragobert “La Bible dĂ©voilĂ©e”, sur le travail de Finkelstein et Silberman, Éditions Montparnasse, 2006.
  13. ↑ idem
  14. ↑ rĂ©fĂ©rence, citation ou lien
  15. ↑ [1]
  16. ↑ [2]
  17. ↑ [3]
  18. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste (titre original Righteous Victims. A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881-1999.), Éditions Complexe (CNRS-IHTP), 2003, ISBN 2-87027-938-8, p. 18.
  19. ↑ Benny, Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, p. 35. En 1885, Theodor Herzl Ă©crit ainsi dans son journal : « Nous devons essayer d’attirer la population dĂ©munie au-delĂ  des frontiĂšres en lui procurant du travail dans les pays de transit et en empĂȘchant qu’elle puisse en trouver chez nous. Le processus d’expropriation et le dĂ©placement des pauvres doivent tous deux ĂȘtre accomplis avec discrĂ©tion et circonspection. Â».
  20. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, p. 65.
  21. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, p. 125. Admirateur de Mussolini, selon Benny Morris, tout en restant trĂšs attachĂ© au libĂ©ralisme politique et Ă©conomique, Jabotinsky ancre le parti rĂ©visionniste dans une idĂ©ologie de droite Ă  la fois nationaliste et libĂ©rale. Son attitude vis-Ă -vis de Mussolini est quelque peu ambiguĂ«. Il fustige le 2 dĂ©cembre 1928 « la tendance maladive qui existe dans nos rangs Ă  exagĂ©rer l'importance du pouvoir personnel Â» (Jabotinsky, dans « je crois Â», un article publiĂ© dans Doar Ha'yom le 2 dĂ©cembre 1928 - citĂ© par Marius Schattner, Histoire de la droite israĂ©lienne, 1991, P.97.). Fin 1927, il Ă©crit « la revanche du chef est une idĂ©e Ă  la mode que je dĂ©teste [...]. Passe encore qu'un personnage comme Mussolini enfourche un tel cheval. Du moins cet homme ne manque ni de grandeur ni de sens pratique, bien que je le supporte aussi peu que les autres Â» (Lettre Ă  Oscar Grunzberg, 3 octobre 1927 - citĂ© par Marius Schattner, Histoire de la droite israĂ©lienne, 1991, P.346.). Le mouvement rĂ©visionniste deviendra, aprĂšs 1948, le parti Herout, qui donnera naissance au Likoud.
  22. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, p. 124.
  23. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, p. 140.
  24. ↑ Arie Perliger et Leonard Weinberg, Totalitarian Movements & Political Religions, Vol. 4, No. 3 (2003) 91-118.
  25. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, p. 163.
  26. ↑ a  et b  Extrait du troisiùme livre blanc sur la Palestine.
  27. ↑ Interview accordĂ© par Walter Reich au journaliste Schmuel Rosner, correspondant pour Haaretz aux États-Unis [4]
  28. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avortĂ©, Ă©ditions complexe, 1994, P. 77.
  29. ↑ À son poste, en charge d'appliquer le « livre blanc Â» de 1939, Sir Mac Michael devait lutter contre l'immigration clandestine juive en Palestine, qui concernait souvent des juifs fuyant l'Europe nazie. C'est sous son mandat que se dĂ©roulera la TragĂ©die du Struma, un cargo chargĂ© de centaines de fuyards, qui sera torpillĂ© aprĂšs avoir Ă©tĂ© repoussĂ© en mer, entraĂźnant la mort de 768 personnes. L'Ă©motion fut trĂšs vive dans le Yichouv et y ancrera la mauvaise rĂ©putation de Sir MacMichael.
  30. ↑ a  et b  Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avortĂ©, Ă©ditions complexe, 1994, P. 21.
  31. ↑ DĂ©claration du reprĂ©sentant libanais, citĂ©e par Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avortĂ©, Ă©ditions complexe, 1994, P. 23.
  32. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avortĂ©, Ă©ditions complexe, 1994, P. 23.
  33. ↑ a  et b  Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avortĂ©, Ă©ditions complexe, 1994, P. 24.
  34. ↑ Chiffres donnĂ©s par Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avortĂ©, Ă©ditions complexe, 1994, P. 25.
  35. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, p. 206.
  36. ↑ Extraits du Time de l'Ă©poque
  37. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 1947, AndrĂ© Versaille Ă©diteur, 2008, p.7.
  38. ↑ Yoav Gelber (2006), p.17
  39. ↑ L'expression est de Ilan PappĂ©, La guerre de 1948 en Palestine, La fabrique Ă©ditions, 2000, p.111.
  40. ↑ Benny Morris, The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, 2003, p.65
  41. ↑ Yoav Gelber, p.51-56
  42. ↑ a  et b  Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avortĂ©, Ă©ditions complexe, 1994, P. 145.
  43. ↑ a  et b  United Nations Special Commission, First special Report to the Security Council : The Problem of Security in Palestine, 16 avril 1948, § II.7.3, disponible sur le site des Nations-Unies..
  44. ↑ Sur la controverse autour du plan Daleth, voir par exemple :
    • la prĂ©sentation de la controverse dans le chapitre History and invention : was Plan D a blue print for "ethnic cleansing" du livre de Yoav Gelber, pp.302-306.
    • Walid Khalidi, Plan Daleth : Master Plan for the conquest of Palestine, Middle East Forum, Novembre 1961, rĂ©Ă©ditĂ© dans le Journal of Palestine Studies, Beyrouth, vol.XVIII, n°69, 1988, pp.4-37.
  45. ↑ Idem, p. 230-231. AprĂšs avoir violĂ© plusieurs filles arabes, ils massacrent hommes femmes et enfants
  46. ↑ Idem, p. 235. (« Si vous ne fuyez pas immĂ©diatement, vous serez tous massacrĂ©s, vos filles seront violĂ©es... Â»)
  47. ↑ Le rapport s'intitule L’émigration des Arabes de Palestine dans la pĂ©riode 1/12/1947 - 1/6/1948.
  48. ↑ Yoav Gelber, P.220-236
  49. ↑ Benny Morris, The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press.
  50. ↑ Yoav Gelber, clairement favorable Ă  la position israĂ©lienne, et souvent critique des analyses de Benny Morris, parle ici de nettoyage ethnique. Palestine 1948, Sussex Academic Press.
  51. ↑ Les estimations vont de 550 000 Ă  900 000 mais le chiffre gĂ©nĂ©ralement admis aujourd'hui est de 700 000 Ă  730 000. voir Benny Morris, The birth of the Palestinian Refugee Problem revisited, Ă©ditions Cambridge University Press, 2004, (ISBN 9780521009676  et ISBN 0521009677)
  52. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste (titre original Righteous Victims. A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881-1999.), Éditions Complexe (CNRS-IHTP), 2003, ISBN 2-87027-938-8, p. 277.

Articles connexes

Histoire des Juifs en terre d'Israël

Liens externes


  • Portail de la Palestine Portail de la Palestine
  • Portail du Proche-Orient ancien Portail du Proche-Orient ancien

Ce document provient de « Histoire de la Palestine ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Histoire De La Palestine de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Histoire de la palestine — L histoire de la Palestine est la prĂ©sentation des Ă©vĂ©nements dans la rĂ©gion de Palestine au cours de l Histoire. Cet article s en tient aux travaux des historiens et des archĂ©ologues portant sur cette rĂ©gion. Pour les sources bibliques et… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Histoire de la Palestine — L histoire de la Palestine est la prĂ©sentation des Ă©vĂ©nements dans la rĂ©gion de Palestine au cours de l Histoire. Cet article s en tient aux travaux des historiens et des archĂ©ologues portant sur cette rĂ©gion. Pour les sources bibliques et… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Histoire de la Palestine selon la Bible — Philistins (Bible) Carte d IsraĂ«l sous la monarchie unifiĂ©e lors des rĂšgnes de David et Salomon (Ă  partir du rĂ©cit qu en fait la Bible, « de Dan Ă  Beer Sheva Â»). En rouge, le cƓur du royaume est le territoire historique de la tribu de… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Histoire Du Sionisme —  Sionisme  
   WikipĂ©dia en Français

  • Histoire du Sionisme —  Sionisme  
   WikipĂ©dia en Français

  • Histoire des Juifs en terre d'israĂ«l — Les Juifs et le judaĂŻsme GĂ©nĂ©ralitĂ©s Qui est Juif ? Â· Terminologie Â· Conversion JudaĂŻsme : Principes de foi Noms de Dieu dans le judaĂŻsme Tanakh (Bible hĂ©braĂŻque)  
   WikipĂ©dia en Français

  • Histoire des Juifs en terre d’IsraĂ«l — Histoire des Juifs en terre d IsraĂ«l Les Juifs et le judaĂŻsme GĂ©nĂ©ralitĂ©s Qui est Juif ? Â· Terminologie Â· Conversion JudaĂŻsme : Principes de foi Noms de Dieu dans le judaĂŻsme Tanakh (Bible hĂ©braĂŻque)  
   WikipĂ©dia en Français

  • Palestine (antique) — Palestine Photo satellite de la Palestine janvier 2003.  Cet article concerne la Palestine en tant que rĂ©gion gĂ©ographiqu 
   WikipĂ©dia en Français

  • PALESTINE — La Palestine, contrĂ©e aux limites mal dĂ©finies et changeantes selon le cours de l’histoire, n’est que la partie mĂ©ridionale de la rĂ©gion syro palestinienne – qui constitue, elle mĂȘme, la corne occidentale du «Croissant fertile» –, voie de passage 
   EncyclopĂ©die Universelle

  • Histoire chronologique d'IsraĂ«l — Histoire d IsraĂ«l Cet article relate l histoire moderne de l État d IsraĂ«l. Pour les pĂ©riodes antĂ©rieures Ă  la crĂ©ation de cet État, veuillez consulter les articles dĂ©taillĂ©s suivants : L histoire du personnage biblique IsraĂ«l est traitĂ©e… 
   WikipĂ©dia en Français


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.