Histoire De L'Angleterre

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Histoire De L'Angleterre

Histoire de l'Angleterre

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Histoire des Îles Britanniques

Stonehenge Closeup.jpg

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Blason d'Angleterre

L'Angleterre est la plus √©tendue et la plus peupl√©e des quatre nations qui composent le Royaume-Uni. L'Angleterre correspond approximativement au territoire conquis par les Anglo-Saxons au Ve si√®cle, avant d'√™tre unifi√© au Xe si√®cle et de former le royaume d'Angleterre, qui devient la Grande-Bretagne par l'Acte d'Union de 1707 avec le royaume d'√Čcosse, puis le Royaume-Uni par l'Acte d'Union de 1800 avec le royaume d'Irlande.

Sommaire

La Préhistoire

Stonehenge

Peupl√©e d√®s le IIIe mill√©naire av. J.-C., l'√ģle qui allait devenir l'Angleterre, voit s'√©panouir la civilisation m√©galithique dont t√©moigne Stonehenge. Les Celtes s'y installent au Ier mill√©naire av. J.-C. : ils sont appel√©s Bretons, et leur √ģle, connue pour ses exportations d'√©tain, porte √† cette √©poque le nom de Bretagne.

La Bretagne romaine

Article d√©taill√© : Bretagne (province romaine).

Les Romains conquièrent une grande partie de la Grande-Bretagne (approximativement le territoire de l'Angleterre et du Pays de Galles) en 43, à l'époque de l'empereur Claude.

Mais finalement les Romains, submerg√©s par les grandes invasions abandonnent l'√ģle en 410.

Les Anglo-Saxons

Article d√©taill√© : Histoire de l'Angleterre anglo-saxonne.

La conquête anglo-saxonne

Les peuples de la Grande-Bretagne vers 600

√Ä partir du milieu du Ve si√®cle, les envahisseurs germaniques et saxons repouss√®rent progressivement les Bretons du sud et de l'est vers l'ouest de l'√ģle de Bretagne tandis que les Irlandais effectuaient des raids sur la c√īte ouest de la Bretagne[1]. Les Irlandais finirent par fonder de v√©ritables principaut√©s sur les c√ītes galloises et √©cossaises. Si les premi√®res furent finalement √©cras√©es, les secondes donn√®rent naissance √† l'√Čcosse par la fusion du Dal Riada avec les royaumes britanniques du nord. Durant cette p√©riode sur laquelle les sources fiables font d√©faut, des populations bretonnes peu romanis√©es √©tablirent de nombreux royaumes dans l'√ģle de Bretagne, notamment dans le pays de Galles et d'autres migr√®rent en Irlande. De m√™me, l√† se trouve probablement la cause premi√®re d'une √©migration en masse de Bretons vers la p√©ninsule armoricaine, celle-ci prenant alors le nom de ¬ę Petite Bretagne ¬Ľ[r√©f. n√©cessaire].

Cependant, malgr√© les d√©faites une partie du peuple breton, invaincue par les Angles, r√©ussit √† se maintenir jusqu'√† nos jours en Grande-Bretagne, dans la Principaut√© du Pays de Galles et en Cornouailles. Jusque r√©cemment, on a largement cru que les Anglo-Saxons avaient supplant√© les populations bretonnes, ou que les r√©gions de la Bretagne occup√©es par les Anglo-Saxons √©taient inhabit√©es ou bien que les Bretons avaient pris la fuite devant leur avance. Des √©tudes g√©n√©tiques r√©centes sont en d√©saccord avec toutes ces hypoth√®ses, sugg√©rant que les Anglo-Saxons ont contract√© des mariages mixtes avec les Bretons. En effet, ces √©tudes g√©n√©tiques sugg√®rent que les Anglais n'ont pas √©limin√© les premiers habitants bretons et que beaucoup de tribus sont rest√©es dans ce qui allait devenir l'Angleterre[2]. Les r√©sultats de Capelli renforcent la recherche de Steven Bassett de l'Universit√© de Birmingham ; son travail pendant les ann√©es 1990 sugg√®re qu'une grande partie des Midlands occidentaux ont √©t√© seulement tr√®s l√©g√®rement colonis√©s par les Angles et les Saxons. Les r√©sultats de ces recherches co√Įncident avec celles du Pr Evans, et sugg√®rent que la majeure partie des Bretons sont rest√©s dans la Bretagne qui allait devenir l‚ÄôAngleterre et qu‚Äôils se sont donc anglicis√©s et m√©lang√©s aux Anglo-Saxons (surtout les filles et les femmes, captur√©es en grand nombre semble-t-il, d'apr√®s le Pr Evans) ; ils ont ainsi contribu√© √† donner sa physionomie originale au peuple anglais, m√©lange de racines celtiques et germaniques.

Casque anglo-saxon du VIIe siècle, Sutton Hoo

D'autres, notamment les Cornouaillais et les Combriens, restent plus fortement apparentés aux Bretons[3]. Un nouveau groupe d'Anglais a été influencé par la culture scandinave, en particulier dans le nord de l'Angleterre (York était autrefois sous la juridiction danoise de Jorvik). Ces groupes ont eu un impact apparent sur l'anglais, par exemple la signification moderne du mot rêve est d'origine scandinave. De plus, les noms de lieux qui incluent le thwaite et la ville sont scandinaves d'origine.

Mais peu de noms de lieux en Angleterre, sauf en Cornouailles, sont d√©riv√©s des noms de lieux bretons d'origine. Quelques uns dans le Cumberland, le Westmorland dans le nord-ouest ainsi que dans quelques autres poches. Les noms des villes anciennes romano-bretonnes contiennent souvent des racines celtiques comme Londres (le nom London est une √©volution du breton Lundun), York, Dorchester, Douvres (Dover) et autres Colchester. On pense que quelques √©l√©ments des noms de lieux anglais se r√©f√©rant √† leur g√©omorphologie sont en tout ou en partie ou d'origine bretonne : on trouve les racines celtiques bre ou bal pour les collines, carr pour un endroit rocheux √©lev√©, comb pour qualifier une petite vall√©e profonde.

L'Angleterre (en anglais England) est la ¬ę terre des Angles ¬Ľ. Initialement, elle fut morcel√©e entre les sept royaumes de l'Heptarchie : Est-Anglie, Essex, Kent, Mercie, Northumbrie, Sussex, Wessex, etc. La r√©unification fut le fait d'√Čdouard l'Ancien, roi de Wessex, assist√© de sa sŇďur √Üthelfl√¶d, reine de Mercie dans les ann√©es 902-920 : l'Est-Anglie est conquise en 917, le royaume d'York en 918 mais reperdu en 919, la Northumbrie en 918. Et en 919 la Mercie est annex√©e au Wessex.

La christianisation

Les royaumes anglo-saxons furent √©vang√©lis√©s au VIIe si√®cle √† la suite de la mission d'Augustin de Cantorb√©ry, envoy√© par le pape Gr√©goire le Grand, qui convertit √Üthelbert, roi du Kent (597) et fonda l'√©v√™ch√© de Cantorb√©ry, et par les moines irlandais et √©cossais du monast√®re de Lindisfarne, qui convertirent le roi Oswald de Northumbrie (634). Les autres royaumes anglo-saxons se convertirent sous leur influence.

Suite √† des tensions entre les missionnaires de Lindisfarne (la mission celtique) et les autres (la mission romaine) au sujet de la m√©thode pour d√©terminer la date de la f√™te de P√Ęques, eut lieu un important concile √† l'abbaye de Streanarshalch, pr√®s de Whitby (664). L'√Čglise anglaise se rallia au rite romain.

L'unification et la lutte contre les Vikings

Statue d'Alfred le Grand à Winchester

√Ä partir de 793 (raid contre le monast√®re de Lindisfarne), les Vikings pillent les c√ītes anglaises. Au m√™me moment, les royaumes anglo-saxons sont unifi√©s par Egbert de Wessex vers 823-829. Mais les Danois s'installent dans tout le sud-est de l'Angleterre (prise d'York, 866), de Londres √† l'estuaire de la Mersey (Danelaw). Le roi Alfred le Grand (871-899) parvient √† les arr√™ter (bataille d'Edington, 878, prise de Londres, 885), mais doit leur reconna√ģtre la domination du Danelaw (partie de l'Angleterre au Nord d'une ligne qui va de Londres √† Chester). La reconqu√™te est achev√©e (917-927) par son fils √Čdouard l'Ancien et par son petit-fils Athelstan, qui remporte ensuite en 937 une importante victoire (bataille de Brunanburh) contre les √Čcossais et les Danois de Dublin. Leurs successeurs doivent encore repousser des attaques, avant que l'Angleterre ne retrouve la paix sous le r√®gne d'Edgar le Pacifique (959-975).

La domination danoise

Les Vikings reprennent leurs raids √† partir de 991, et le roi Ethelred II doit leur payer tribut, ce qui conduit √† l'√©tablissement du premier imp√īt g√©n√©ralis√© (Danegeld). Mais le massacre qu'il ordonne des Danois vivant en Angleterre (13 novembre 1002) conduit le roi du Danemark (par ailleurs roi de Norv√®ge) √† la conqu√™te de l'Angleterre en 1013, puis √† nouveau en 1016. Cette domination danoise et cette int√©gration de l'Angleterre au sein d'un empire maritime nordique dure jusqu'en 1042, date √† laquelle la dynastie saxonne revient au pouvoir sous √Čdouard le Confesseur.

L'Angleterre médiévale

La conquête normande

Tapisserie de Bayeux, invasion normande

En 1066, apr√®s la mort d'√Čdouard le Confesseur, son beau-fr√®re Harold Godwinson prend le pouvoir, mais Guillaume II duc de Normandie (appel√© encore Guillaume le B√Ętard et plus tard Guillaume le Conqu√©rant ou Guillaume Ier d'Angleterre), cousin germain d'√Čdouard, revendique le tr√īne d'Angleterre, franchit la Manche et d√©fait Harold √† Hastings (14 octobre). La conqu√™te normande par les Normands, racont√©e par la Tapisserie de Bayeux, est un √©v√®nement fondamental dans l'histoire anglaise : Guillaume remplace en grande partie la noblesse anglo-saxonne par la noblesse normande et r√©organise l'Angleterre suivant le mod√®le f√©odal centralis√© normand. Les domaines dont sont dot√©s les barons normands sont dispers√©s, et situ√©s des deux c√īt√©s de la Manche, ce qui assure leur ob√©issance. Guillaume couvre l'Angleterre de ch√Ęteaux-forts (dont la c√©l√®bre Tour de Londres). Il r√©forme la loi civile anglo-saxonne (Common law) en y introduisant des √©l√©ments de la loi normande. Enfin il fait √©tablir un cadastre (Doomsday Book), monumental recensement de toutes les propri√©t√©s (1086). L'Angleterre se trouve ainsi domin√©e pendant trois si√®cles par une petite minorit√© aristocratique normande, parlant sa langue (ce qui explique le nombre √©lev√© de mots d'origine fran√ßaise dans la langue anglaise).

La puissance d'Henri Plantagenêt

Enluminure du XIIIe siècle, (La plus ancienne représentation connue de l'assassinat de Becket)

Apr√®s les r√®gnes de Guillaume le Roux (1087-1100) et Henri Beauclerc (1100-1135), fils de Guillaume le Conqu√©rant, la venue au pouvoir de √Čtienne de Blois (1135-1154), neveu de Henri Beauclerc, d√©clenche une guerre civile. Le Trait√© de Wallingford (1153) met fin √† la guerre en d√©signant Henri Plantagen√™t, comte d'Anjou et petit-fils d'Henri Ier, comme futur roi d'Angleterre. Il devient roi (Henri II d'Angleterre) en 1154.

Comme il a √©pous√© en 1152 Ali√©nor d'Aquitaine (duchesse d'Aquitaine qui √©tait c√©l√®bre pour ses yeux bleus, qui avait divorc√© du roi de France Louis VII dont elle avait eu deux filles), Henri II se trouve √† la t√™te d'un territoire immense, que les historiens appellent parfois ¬ę Empire Plantagen√™t ¬Ľ (ou ¬ę empire angevin ¬Ľ). Il est le plus important vassal du roi de France, et il est plus puissant que ce dernier dont le domaine royal est beaucoup plus petit que le domaine fran√ßais des Plantagen√™ts. Henri II exerce un pouvoir fort. Il g√©n√©ralise la perception de l'√©cuage (redevance rempla√ßant le service militaire) sur les barons. En 1164, les constitutions de Clarendon r√©tablissent le jugement par jury et visent √† contr√īler l'√Čglise d'Angleterre en r√©duisant le r√īle des tribunaux eccl√©siastiques. Le chancelier Thomas Becket, archev√™que de Cantorb√©ry, s'y oppose. Apr√®s l'assassinat de ce dernier en 1170, Henri II doit faire p√©nitence publique sur sa tombe en 1174. La fin du r√®gne d'Henri II est assombrie par les r√©voltes de ses fils.

Les révoltes des barons

Richard Ier CŇďur de Lion (1189-1199) participe √† la Troisi√®me croisade. Son fr√®re Jean d'Angleterre. Jean sans Terre perd toutes ses possessions fran√ßaises (sauf la Guyenne), confisqu√©es et conquises par le roi de France Philippe Auguste. En conflit avec le pape Innocent III qui jette l'interdit sur l'Angleterre (1208), il doit se soumettre (1213). Les barons se soul√®vent, et Jean est oblig√© d'accepter la Grande Charte (15 juin 1215) qui limite son pouvoir : les taxes nouvelles devront √™tre accept√©es par un conseil des barons, pr√©figuration du Parlement.

Son fils Henri III doit √©galement faire face aux barons conduits par Simon de Montfort et accepter les Provisions d'Oxford (10 juin 1258) : le roi est contr√īl√© par un conseil de quinze barons, et un parlement doit se r√©unir trois fois par an. Henri III est d√©li√© de ce serment par le pape (1261), mais il est vaincu par les barons r√©volt√©s lors de la bataille de Lewes en 1264. Il perd tout pouvoir et Simon de Montfort convoque un parlement compos√© non seulement des grands nobles et eccl√©siastiques, mais aussi de deux chevaliers par comt√©, et pour la premi√®re fois de deux bourgeois par ville. Cependant, quelques mois plus tard, Simon de Monfort est tu√© √† la bataille d'Evesham en 1265 par les partisans du roi conduits par son fils √Čdouard.

L'expansion anglaise

Article d√©taill√© : Guerre de Cent Ans.
√Čdouard III d'Angleterre (Histoire de l'Angleterre de Cassel, 1902)

Devenu roi (1272-1307), √Čdouard Ier restaure l'autorit√© royale, bien qu'il convoque en 1295 le Model Parliament. Il fait la conqu√™te du Pays de Galles qui est annex√© en 1284. L'√Čcosse le reconna√ģt comme souverain en 1291, mais il doit mener plusieurs campagnes contre les √Čcossais r√©volt√©s contre la domination anglaise, et son fils √Čdouard II, perd finalement l'√Čcosse apr√®s la bataille de Bannockburn (1314).

Son fils √Čdouard III revendique la couronne de France apr√®s la mort des trois fils de Philippe le Bel sans h√©ritier m√Ęle et se lance en 1337 dans la guerre (Guerre de Cent Ans). Apr√®s les succ√®s anglais de Cr√©cy (1346) et de Poitiers (1356), √Čdouard III obtient par le Trait√© de Br√©tigny (1360) tout le sud-ouest de la France et Calais. Mais le co√Ľt financier de la guerre l'oblige √† conc√©der plus de pouvoir au Parlement, qui est divis√© sous son r√®gne en deux chambres, l'Angleterre est touch√©e en 1348 par la Peste noire qui ravage toute l'Europe, et la guerre reprend en France √† partir de 1369, o√Ļ Bertrand du Guesclin parvient √† reconqu√©rir petit √† petit presque toutes les possessions anglaises. C'est √† cette √©poque que la langue anglaise s'impose aux d√©pens du fran√ßais dans l'aristocratie britannique.

Le petit-fils d'√Čdouard III, Richard II (1377-1399) doit faire face √† la r√©volte des paysans (1381) et aux grands nobles qui veulent encadrer son pouvoir. Il est finalement renvers√© par son cousin germain Henri IV de Lancastre en 1399, qui doit √† son tour mater plusieurs r√©bellions, de la noblesse et des Gallois. Il pers√©cute √©galement, avec l'appui de l'√Čglise, les lollards (r√©formateurs chr√©tiens disciples de John Wyclif).

Son fils Henri V (1413-1422) reprend la guerre contre la France, affaiblie par la folie de son roi et d√©chir√©e par le conflit entre Armagnacs et Bourguignons : apr√®s la victoire anglaise d'Azincourt (1415), il est reconnu au Trait√© de Troyes (1420) par le roi de France Charles VI, dont il √©pouse la fille, comme r√©gent et h√©ritier de la couronne de France (au d√©triment du Dauphin, futur Charles VII). Henri V, alli√© aux Bourguignons, et qui contr√īle la moiti√© de la France, entre triomphalement dans Paris et le trait√© de Troyes, enregistr√© par l'Universit√©, est confirm√© par des √Čtats g√©n√©raux de langue d'o√Įl.

La Guerre des Deux-Roses

À la mort d'Henri V en 1422, son tout jeune fils Henri VI devient donc non seulement roi d'Angleterre (ses oncles en assument la régence), mais aussi roi de France, reconnu par une partie de ce pays (et couronné à Paris en 1431). Mais après la chevauchée de Jeanne d'Arc (1429), les Français reprennent le dessus et le roi de France Charles VII finit par conquérir petit à petit toutes les possessions anglaises sur le continent, sauf Calais. La Guerre de Cent Ans se termine en 1453.

La faiblesse et la folie d'Henri VI pousse une autre branche descendant d'√Čdouard III, la Maison d'York √† contester la l√©gitimit√© de la Maison de Lancastre. La guerre civile qui les oppose et qui ravage l'Angleterre pendant trente ans est appel√©e Guerre des Deux-Roses (1455-1485). Elle conna√ģt de multiples rebondissements. En 1461, √Čdouard d'York se proclame roi √† la place d'Henri VI qui est restaur√© en 1470 pour quelques mois, mais √Čdouard IV reprend le pouvoir en 1471. √Ä sa mort en 1483, son fr√®re Richard III s'empare du pouvoir. Son r√®gne est marqu√© par son impopularit√© et son √©trange accession au trone. En 1485, il est vaincu et tu√© √† la bataille de Bosworth (1485) par Henri Tudor, avec le soutien des deux familles longtemps rivales, succ√©dant au dernier roi des york, et fonde la dynastie des Tudors, sous le nom d'Henri VII.

L'Angleterre moderne

Le XVIe siècle

Hampton Court, XVIe siècle

Henri VIII devient roi en 1509, √† l'√Ęge de dix-sept ans. Il est connu pour sa prodigalit√© et pour ses six mariages. L'acte politique peut-√™tre le plus important de son r√®gne fut le passage de l'Acte d'Union de 1536, par laquelle le Pays de Galles devint une partie constituante de l'Angleterre. Il fut aussi le fondateur de la premi√®re flotte permanente de l'Angleterre, la 'Royal Navy. Henri crut (??) que son mariage avec Catherine d'Aragon ne produisait pas de fils parce qu'elle avait √©t√© mari√©e d'abord √† son fr√®re ; il essaya donc de divorcer. Le pape refusant, il en r√©sulta une s√©paration de l'√©glise d'Angleterre de celle de Rome, √©v√©nement √† l'origine de l'anglicanisme. Mais son mariage avec Anne Boleyn le laissa sans descendant m√Ęle. Seul son mariage avec Jeanne Seymour vit la naissance d'un h√©ritier, √Čdouard, qui lui succ√©da.

La seconde moiti√© du XVIe si√®cle est connue sous le nom d'√®re √©lisab√©thaine en hommage au r√®gne de la reine √Člisabeth Ire. Cette √©poque d'apaisement civil fut particuli√®rement florissante pour les arts et les lettres en Angleterre, notamment sous l'impulsion de William Shakespeare, et vit l'affirmation de l'influence britannique dans le monde. La guerre avec l'Espagne √† partir de 1585 ternit cependant le bilan √©conomique de cette √©poque.

Les Révolutions anglaises

Jacques Ier d'Angleterre (1603-1625)

Au XVIIe si√®cle, l'histoire de l'Angleterre est marqu√©e par la lutte contre les tentatives absolutistes de la dynastie des Stuart (dynastie de souverains qui r√©gn√®rent sur l'√Čcosse (1371-1714) et l'Angleterre (1603-1714)). Cette lutte aboutit au renforcement des pouvoirs du parlement qui limite d√©finitivement le pouvoir royal.

Contexte historique

Depuis le Moyen √āge, le pouvoir royal est limit√© par le Parlement qui se compose de deux assembl√©es l√©gislatives : la Chambre des Lords, o√Ļ si√®gent les grands seigneurs la√Įcs et eccl√©siastiques, et la Chambre des communes o√Ļ si√®gent les d√©put√©s √©lus des comt√©s et des villes. √Ä chaque fois que le souverain a besoin de lever une arm√©e et un nouvel imp√īt, il doit consulter le Parlement. Celui-ci dispose d'un droit de regard sur les d√©penses de l'√©tat. Les r√®gnes de Jacques Ier (1603-1625) et de Charles Ier (1625-1649) sont marqu√©s par des tensions de plus en plus violentes, qui aboutissent √† une guerre civile et √† la r√©volution. Ce dernier souverain a voulu r√©gner en monarque absolue, et se passer du consentement du Parlement. Mais ce mode de gouvernement ne convenait pas du tout aux marchands et aux petits agriculteurs anglais, ni m√™me √† la noblesse qui, en Angleterre, s'occupait de commerce. S'ajoutaient √† cela des probl√®mes religieux : le clerg√© anglican soutenait le roi alors que des mouvements religieux, parmi lesquels celui des puritains (calvinistes), soutenaient le Parlement.

La première révolution anglaise et la République

Gravure allemande de l'exécution du roi Charles Ier d'Angleterre, XVIIe siècle
Article d√©taill√© : premi√®re r√©volution anglaise.

Charles Ier a commis des maladresses (lev√©es d'imp√īts, arrestations arbitraires, dissolution de la Chambre des communes) qui lui co√Ľtent finalement son tr√īne et sa t√™te. En 1640, la bourgeoisie londonnienne se soul√®ve et contraint le roi √† s'enfuir. En 1642, la guerre civile oppose les partisans du monarque et ceux du Parlement qui finissent par l'emporter, gr√Ęce √† leur sup√©riorit√© militaire. C'est leur chef puritain Cromwell qui prend le pouvoir apr√®s l'ex√©cution du roi. En 1649, il se d√©clare Lord Protecteur et proclame la R√©publique. Mais il supprime le Parlement et instaure un pouvoir autoritaire. La bourgeoisie soutient n√©anmoins cette dictature, car elle pr√©serve ses int√©r√™ts √©conomiques (Cromwell favorise en effet le commerce).

La Restauration monarchique

Apr√®s la mort de Cromwell (1658) et l'abdication de Richard Cromwell, Charles II, fils de Charles Ier est rappel√© sur le tr√īne et essaie vainement de restaurer l'absolutisme. En 1679, le Parlement l'oblige √† reconna√ģtre l'habeas corpus (document qui garantit la libert√© individuelle des citoyens).

La Restauration monarchique s'accompagne d'une extension de l'empire colonial, √† partir de la Barbade, la colonie la plus riche gr√Ęce √† la culture du sucre. En 1607, les anglais avaient fond√© l'√©tablissement Jamestown en Virginie : voir l'article Histoire coloniale des √Čtats-Unis d'Am√©rique.

De nombreux colons anglais venus de la Barbade s‚Äôinstallent alors en Caroline et en Jama√Įque o√Ļ ils d√©veloppent l‚Äôesclavage, via le commerce triangulaire, qui conna√ģt une tr√®s forte croissance entre 1670 et 1688, stimul√© en 1672 par la cr√©ation de la Compagnie Royale d'Afrique.

La Glorieuse Révolution

Guillaume III d'Angleterre
Article d√©taill√© : Glorieuse R√©volution.

Charles II meurt en 1685. Son frère catholique Jacques II lui succède. Il ne respecte pas l'habeas corpus et doit fuir en France suite de la Glorieuse Révolution. En 1688, le Parlement offre la couronne à sa fille Marie, protestante et épouse du stadhouder de Hollande, Guillaume III. Marie et Guillaume s'engagent à défendre une déclaration des droits (1689), qui limite définitivement le pouvoir du roi au profit de celui du Parlement anglais. La monarchie constitutionnelle remplace désormais la monarchie absolue.

La Glorieuse R√©volution assure une certaine stabilit√© religieuse en Angleterre et ainsi la s√©curit√© pour les protestants qui vont alors y √©migrer de toute l'Europe, en anglicisant leurs nom. L'√Čdit de Nantes avait √©t√© r√©voqu√© en 1685, les dragonnades contre les huguenots ont commenc√© d√®s 1680 et 200 000 d'entre deux quittent la France, dont une partie, les plus instruits[r√©f. n√©cessaire], pour l'Angleterre.

Sur le plan religieux, les droits pour les catholiques négociées par leurs leaders irlandais en 1691 à l'occasion du Traité de Limerick ne sont pas respectées à partir des années 1700, avec les lois pénales qui instaurent des discriminations.

Le nouveau r√©gime anglais, partiellement dirig√© par une √©lite hollandaise, cr√©e en 1694 la premi√®re banque nationale (la Banque d'Angleterre), qui pr√™te √† l'√Čtat les fonds permettant d'am√©nager le r√©seau des rivi√®res anglaises et de construire une importante flotte, la Royal Navy, qui devient maitresse des oc√©ans en une dizaine d'ann√©es, mais peine √† r√©duire la piraterie dans les Antilles.

La Glorieuse R√©volution r√©√©dite √† Londres ce qui s'est pass√© 80 ans plus t√īt √† Amsterdam, avec une forte croissance urbaine, financi√®re, intellectuelle et maritime, malgr√© l'opposition violente de la France de Louis XIV. C'est l'√©poque de la cr√©ation des Lloyd's of London et des cercles boursiers qui se r√©unissent au Jonathans' coffe house. Cette r√©volution financi√®re britannique est cependant en butte √† la guerre men√©e par la France, alors deux fois et demie plus peupl√©e.

D√®s 1689, Louis XIV invite son cousin Jacques II √† s'installer avec une cour en exil au chateau de Saint-Germain en Laye, autour duquel vivent tr√®s vite plus de 1700 r√©fugi√©s jacobites en France, qui sont au total 40 000 √† immigrer en France entre 1688 et 1692, dont 40% de famille aristocratiques. L'arm√©e fran√ßaise aide les jacobites dans les r√©bellions jacobites, plusieurs tentatives d'invasion de l'Angleterre, visant √† remettre Jacques II sur le tr√īne, en 1692, 1708 et 1715, mais toutes √©chouent.

L'Acte d'Union

En 1707, l'Acte d'Union scelle l'association de l'√Čcosse et de l'Angleterre, qui forment d√©sormais la Grande-Bretagne. Cette union fut la cons√©quence d'un certain nombre de d√©sastres survenus √† la fin du XVIIe si√®cle. Des d√©cennies de guerre avaient amen√© la famine ; nul bateau autre qu'anglais ne pouvait transporter de marchandises en √Čcosse.

Une aventure catastrophique a particuli√®rement particip√© √† ruiner l'√Čcosse. Un financier eut l'id√©e d'installer une colonie √† Panama dans l'id√©e de faire du portage entre le Pacifique et l'Atlantique. Une souscription populaire fut lanc√©e avec succ√®s et le 4 juillet 1698, cinq bateaux quitt√®rent le port de Leith. Mais ils n'avaient aucune id√©e des conditions climatiques qui les attendaient. Sur les 1 200 colons au d√©part, 400 sont morts.

La compagnie fondée pour cette aventure a ainsi perdu les économies des petits souscripteurs. L'Angleterre accepta de rembourser les pertes en échange de l'Acte d'Union.

Après 1707

L'Angleterre faisant partie de la Grande-Bretagne à partir de 1707, et du Royaume-Uni à partir de 1801, voir Histoire du Royaume-Uni pour son histoire politique et militaire.

Sources

  • Bernard Cottret, Histoire de l'Angleterre. De Guillaume le Conqu√©rant √† nos jours, Paris, Tallandier, janvier 2007.
  • Jean-Philippe Genet, Les √éles Britanniques au Moyen √āge, Hachette, 2005, ISBN 978-2-01-144904-7

Notes et références

  1. ‚ÜĎ C'est d'ailleurs √† cette occasion que saint Patrick, qui √©tait breton, fut captur√© par les Irlandais
  2. ‚ÜĎ C. Capelli et al., Un recensement de chromosome de Y des √ģles britanniques, Biologie Courante 13, 979√Ę‚ā¨"984, (2003)
  3. ‚ÜĎ certains Cornouaillais revendiquent pour ne pas √™tre Anglais, mais Cornouaillais

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

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