Hippocrate

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Hippocrate
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Hippocrate de Cos
Hippocrates rubens.jpg

Surnom Hippocrate le grand, áŒčÏ€Ï€ÎżÎșÏÎŹÏ„Î·Ï‚ (Grec)
Naissance vers 460 av. J.-C
Kos (GrĂšce)
DĂ©cĂšs vers 370 av. J.-C (Ă  environ 90 ans)
Larissa (GrĂšce)
Nationalité grec
Profession médecin
Compléments
Buste de Peter Paul Rubens, 1638

Hippocrate le Grand ou Hippocrate de Cos (en grec : áŒčÏ€Ï€ÎżÎșÏÎŹÏ„Î·Ï‚), nĂ© vers 460 av. J.-C dans l’üle de Cos et mort vers 370 av. J.-C Ă  Larissa, est un mĂ©decin grec du siĂšcle de PĂ©riclĂšs, considĂ©rĂ© comme le « pĂšre de la mĂ©decine Â». Il a fondĂ© l'Ă©cole de mĂ©decine hippocratique qui a rĂ©volutionnĂ© intellectuellement la mĂ©decine en GrĂšce antique, en instituant cet art comme une discipline distincte des autres disciplines de la connaissance auxquelles elle avait traditionnellement Ă©tĂ© rattachĂ©e (notamment la thĂ©urgie et la philosophie), faisant ainsi de la mĂ©decine une profession Ă  part entiĂšre[1],[2].

Article dĂ©taillĂ© : MĂ©decine en GrĂšce antique.

Cependant, les Ɠuvres des Ă©crivains du corpus, des praticiens de la mĂ©decine hippocratique et les actions d'Hippocrate lui-mĂȘme sont souvent confondues. On sait trĂšs peu de choses sur la vie d'Hippocrate, sa pensĂ©e et ses Ă©crits. NĂ©anmoins, Hippocrate est couramment dĂ©crit comme le parangon du mĂ©decin de l’AntiquitĂ©. En particulier, il est gĂ©nĂ©ralement admis qu’il a fait considĂ©rablement avancer l'Ă©tude systĂ©matique de la clinique mĂ©dicale en compilant la somme des connaissances mĂ©dicales des Ă©coles prĂ©cĂ©dentes et en instituant des rĂšgles Ă©thiques pour les mĂ©decins Ă  travers le serment d'Hippocrate et d'autres travaux[1],[3].

Sommaire

Biographie

Asklepieion sur l’üle de Kos

Selon la plupart des historiens, Hippocrate est nĂ© en 459 avant JĂ©sus Christ sur l’üle grecque de Cos (Kos). Il fut un mĂ©decin rĂ©putĂ© et un cĂ©lĂšbre professeur de mĂ©decine.

D'autres renseignements biographiques sont apocryphes et sujets Ă  caution[4]. Soranos d'EphĂšse, un gynĂ©cologue grec du IIe siĂšcle[5] fut le premier biographe d’Hippocrate et ses Ă©crits sont la source des principales informations dont nous disposons sur sa personne. D'autres dĂ©tails nous sont parvenus au travers des Ă©crits d’Aristote, qui datent du IVe siĂšcle av. J.‑C., de la Souda du Xe siĂšcle aprĂšs J.-C. et des ouvrages de Jean TzĂ©tzĂšs rĂ©digĂ©s au XIIe siĂšcle aprĂšs J.-C.[1],[6]. Les deux fils d'Hippocrate, Thessalos et Draco, ainsi que son gendre, Polybe, ont Ă©tĂ© ses Ă©lĂšves. Selon Galien, un mĂ©decin grec d’une Ă©poque plus rĂ©cente, Polybe est le vrai successeur d’Hippocrate. Source de confusion, Draco et Thessalos eurent tous deux un fils nommĂ© Hippocrate[1],[6]. Hippocrate mourut vers 370 av. J.C.

Théorie hippocratique

Hippocrate est reconnu comme le premier mĂ©decin Ă  avoir rejetĂ© les superstitions et les croyances qui attribuaient la cause des maladies Ă  des forces surnaturelles ou divines. Ainsi, l'auteur de Sur la maladie sacrĂ©e entreprend de montrer que l'Ă©pilepsie, appelĂ©e alors « maladie sacrĂ©e Â», n'est pas « plus divine ou plus sacrĂ©e que n'importe quelle autre maladie[7]. Â» Sa preuve est simple : la maladie ne s'en prend qu'aux « flegmatiques Â» (voir : thĂ©orie des humeurs) or, si la maladie Ă©tait vĂ©ritablement une visitation divine, tous devraient pouvoir en ĂȘtre atteints. « Toutes les maladies sont divines et toutes sont humaines Â», conclut l'auteur[8]. Les disciples de Pythagore ont portĂ© au crĂ©dit d’Hippocrate le mĂ©rite d’avoir rĂ©uni la philosophie et la mĂ©decine[9]. Il a sĂ©parĂ© la mĂ©decine en tant que discipline de la religion en croyant et en faisant valoir que la maladie n'Ă©tait pas une punition infligĂ©e par les dieux, mais plutĂŽt la consĂ©quence de facteurs environnementaux, de l'alimentation et des habitudes de vie. De fait, on ne trouve pas mention d'une seule maladie mystique dans la totalitĂ© du corpus hippocratique. Cependant, Hippocrate a travaillĂ© sur la foi de nombreux principes basĂ©s sur des conceptions qui sont maintenant reconnues comme Ă©tant erronĂ©es en anatomie et en physiologie comme la thĂ©orie des humeurs[10],[11],[12].

Les Ă©coles de mĂ©decine de la GrĂšce ancienne (l’école de Cnide et celle de Cos) se sont opposĂ©es sur la façon de traiter les maladies. L’école de mĂ©decine de Cnide avait principalement axĂ© sa pratique sur le diagnostic, mais elle Ă©tait tributaire de nombreuses hypothĂšses erronĂ©es sur le fonctionnement du corps : la mĂ©decine grecque Ă  l'Ă©poque d'Hippocrate ignorait pratiquement tout de l'anatomie et de la physiologie humaine en raison du tabou grec qui interdisait la dissection du corps humain. L'Ă©cole de Cnide, par consĂ©quent, ne parvenait pas Ă  identifier une affection donnĂ©e comme Ă©tant une seule et unique maladie lorsqu’elle pouvait se manifester par diffĂ©rents types de symptĂŽmes[13].

L'Ă©cole hippocratique de Cos a obtenu de meilleurs rĂ©sultats en se contentant de diagnostics gĂ©nĂ©raux et de traitements symptomatiques ou palliatifs, selon les points de vue. L’accent Ă©tait mis sur les soins aux patients et le pronostic de la maladie et non plus sur son diagnostic. Elle parvint Ă  traiter efficacement les maladies et cela a permis un grand dĂ©veloppement de la pratique clinique[14],[15].

La mĂ©decine hippocratique et sa philosophie sont trĂšs Ă©loignĂ©es des orientations de la mĂ©decine moderne. De nos jours le mĂ©decin se concentre sur un diagnostic prĂ©cis et un traitement spĂ©cialement adaptĂ© en consĂ©quence, deux principes qui avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prĂ©conisĂ©s par l’école de Cnide. Ces changements dans la pensĂ©e mĂ©dicale depuis l’époque d’Hippocrate ont suscitĂ© des critiques pertinentes au cours des deux derniers millĂ©naires, le traitement palliatif d’Hippocrate faisant l'objet de controverses particuliĂšrement virulentes. Par exemple en 1869 un mĂ©decin français, MS Houdart, qualifiait la mĂ©thode thĂ©rapeutique d'Hippocrate de « mĂ©ditation sur la mort[16] Â».

Les humeurs et les crises

Articles dĂ©taillĂ©s : ThĂ©orie des humeurs et quatre Ă©lĂ©ments.

L'Ă©cole hippocratique a Ă©tĂ© influencĂ©e par la thĂ©orie des quatre Ă©lĂ©ments qui postule que toute matiĂšre est constituĂ©e d’un mĂ©lange de quatre Ă©lĂ©ments primordiaux l'Eau, la Terre, l'Air, le Feu. En reprenant une vieille conception grecque qui Ă©tablissait une correspondance entre le microcosme et le macrocosme, le corps humain Ă©tant le reflet en miniature de l'univers, Hippocrate professait que le corps humain Ă©tait constituĂ© de quatre humeurs qui sont la transposition organique de chacun des Ă©lĂ©ments fondamentaux. Selon cette conception, connue sous le nom de thĂ©orie des humeurs, les maladies Ă©taient la consĂ©quence d'un dĂ©sĂ©quilibre interne de l’organisme entre les quatre humeurs, des fluides qui sont naturellement en proportion Ă©gale lorsque l’état de santĂ© est bon (pepsis)[17]. Selon cette Ă©cole de pensĂ©e, lorsque les quatre humeurs, le sang, la lymphe (ou phlegme), la bile jaune et l'atrabile (ou bile noire) ne sont pas en Ă©tat d’équilibre (dyscrasie qui signifie «mauvais mĂ©lange») une personne devient malade et le reste jusqu'Ă  ce que l'Ă©quilibre ait Ă©tĂ© quelque peu rĂ©tabli. Trop de flegme dans le corps, par exemple, provoquait des troubles pulmonaires et l'organisme tentait de tousser et de cracher le phlegme pour rĂ©tablir l’équilibre. La mĂ©thode thĂ©rapeutique d’Hippocrate avait pour but de rĂ©tablir cet Ă©quilibre. Par exemple en utilisant le citron dont on pensait qu’il Ă©tait bĂ©nĂ©fique lorsque le flegme (la lymphe) Ă©tait surabondant[18], ou encore en recommandant la saignĂ©e ou bien les sangsues pour Ă©liminer le sang en excĂšs, localement ou dans tout l’organisme.

Selon ce modĂšle, « le corps humain est composĂ© de quatre humeurs dont le juste tempĂ©rament est la condition de la santĂ© Â», la maladie est alors considĂ©rĂ©e comme Ă©voluant en trois phases :

– la dĂ©gĂ©nĂ©rescence des humeurs ;
– la coction (rĂ©action par la fiĂšvre) ;
– la crise (Ă©vacuation de l'humeur en excĂšs).

Un autre concept important dans la mĂ©decine hippocratique Ă©tait celui de crise, un moment prĂ©cis dans la progression de la maladie oĂč tout peut basculer : soit la maladie commence Ă  triompher, et le patient va succomber, soit Ă  l'inverse les processus naturels de guĂ©rison se mettent en Ɠuvre et permettent au malade de se rĂ©tablir. AprĂšs une crise, une rechute peut survenir, suivie d'une autre crise dĂ©cisive. Selon cette doctrine, les crises auraient tendance Ă  survenir au moment de jours critiques qui Ă©taient censĂ©s revenir Ă  date fixe aprĂšs le dĂ©but de la maladie. Si une crise survient au cours d'une journĂ©e Ă©loignĂ©e d'un jour critique, une rechute est Ă  craindre. Galien estime que cette idĂ©e est nĂ©e avec Hippocrate, mais il est possible qu'elle soit antĂ©rieure[19].

La thérapeutique hippocratique

Dessin d'un banc d'Hippocrate d’une Ă©dition byzantine d’un ouvrage de Galien au IIe siĂšcle

La mĂ©decine hippocratique Ă©tait humble et palliative. L'approche thĂ©rapeutique Ă©tait fondĂ©e sur le pouvoir guĂ©risseur de la nature (vis medicatrix naturae en latin). Selon cette doctrine, le corps contient en lui-mĂȘme le pouvoir de rĂ©Ă©quilibrer les quatre humeurs et de se guĂ©rir lui-mĂȘme (physis)[17]. La thĂ©rapeutique hippocratique se donnait simplement pour but d'aider ce processus naturel. À cette fin, Hippocrate croyait que le "repos et l'immobilisation" Ă©taient d'une importance capitale[20]. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, la mĂ©decine hippocratique Ă©tait trĂšs respectueuse du patient, le traitement Ă©tait doux, et visait surtout Ă  garder le patient propre pour prĂ©venir toute infection. Par exemple, seuls l'eau propre ou le vin Ă©taient utilisĂ©s sur les plaies, bien qu’un traitement sec soit prĂ©fĂ©rable. Des baumes apaisants Ă©taient parfois utilisĂ©s[21].

Hippocrate hĂ©sitait Ă  administrer des mĂ©dicaments et Ă  s'engager dans un traitement spĂ©cifique qui pourrait s'avĂ©rer mal choisi. Un diagnostic incertain Ă©tait suivi d’un traitement polyvalent[21],[22]. De puissants mĂ©dicaments ont toutefois Ă©tĂ© utilisĂ©s en certaines occasions[23]. Cette approche attentiste a rencontrĂ© un grand succĂšs dans le traitement des affections relativement simples telles que les fractures qui nĂ©cessitaient une traction pour provoquer une Ă©longation du membre brisĂ© et soulager ainsi la pression sur la zone de fracture. Le banc d'Hippocrate et d'autres dispositifs ont Ă©tĂ© utilisĂ©s Ă  cette fin.

Un des points forts de la mĂ©decine hippocratique Ă©tait l'accent mis sur le pronostic. À l'Ă©poque d’Hippocrate, les traitements mĂ©dicamenteux Ă©taient encore primitifs et, souvent, la meilleure chose que les mĂ©decins pouvaient faire Ă©tait d'Ă©valuer la gravitĂ© de la maladie et d'estimer comment elle Ă©tait susceptible d’évoluer sur la base des donnĂ©es recueillies par l’observation dĂ©taillĂ©e de cas semblables[12],[24].

Un précurseur de la diététique

Articles dĂ©taillĂ©s : DiĂ©tĂ©tique, quatre Ă©lĂ©ments, thĂ©orie des humeurs et DiĂ©tĂ©tique hippocratique.
Croix élémentaire.svg

Hippocrate a ouvert la voie à la diététique en prÎnant l'utilisation des légumes et des fruits.

À cette Ă©poque la diĂ©tĂ©tique repose sur quatre idĂ©es simples :

  • la digestion est une cuisson des aliments.
  • il est prĂ©fĂ©rable de manger des aliments cuits, pour faciliter la digestion.
  • le corps est composĂ© d'Ă©lĂ©ments ou humeurs qui dĂ©terminent un tempĂ©rament.
  • il est recommandĂ© de manger une nourriture Ă©quilibrĂ©e, c'est-Ă -dire des aliments correspondant Ă  son tempĂ©rament.

Dans la diĂ©tĂ©tique hippocratique, on classe les aliments en fonction de leur correspondance avec l’un ou l’autre des quatre Ă©lĂ©ments : l'Eau, la Terre, l'Air, le Feu qui correspondent Ă  quatre tempĂ©raments dĂ©finis par la thĂ©orie des humeurs: lymphatique, mĂ©lancolique, sanguin et colĂ©rique. Chaque aliment est classĂ© en fonction de ses qualitĂ©s (voir ici) qui s'Ă©chelonnent en quatre degrĂ©s sur deux axes principaux chaud et froid, sec et humide.(accessoirement selon les axes doux et amer, cru et cuit). Ces qualitĂ©s influent sur la façon dont l’aliment se transforme dans le corps et sur la qualitĂ© et la consistance des humeurs ainsi engendrĂ©es dans l’organisme. La chaleur de la digestion transforme les aliments en lymphe qui, elle-mĂȘme, se transforme en humeurs ou agit sur la qualitĂ© et l’équilibre des humeurs en prĂ©sence. Pour rester en bonne santĂ©, au fil des saisons, il faut avoir une nourriture Ă©quilibrĂ©e. Pour cela, les mĂ©decins se recommandant de la tradition hippocratique prĂ©conisent Ă  leurs patients de consommer des aliments qui correspondent Ă  leur tempĂ©rament, pour corriger le dĂ©sĂ©quilibre des humeurs prĂ©dominantes dans chaque tempĂ©rament. Ainsi le vin rouge (chaud et sec), comme la viande (chaude et sĂšche) sont recommandĂ©s aux personnes ĂągĂ©es, aux flegmatiques et aux mĂ©lancoliques, de nature froide. Par contre, le poisson frais (froid et humide), les fruits ou lĂ©gumes (froids et humides) conviennent plutĂŽt aux colĂ©riques et aux sanguins, ainsi qu'aux jeunes, de tempĂ©rament chaud.

L’alimentation doit aussi varier selon le climat et les saisons qui influent sur les humeurs, l'hiver, pĂ©riode oĂč le flegmatique froid et humide domine, il est prĂ©fĂ©rable de consommer des viandes en sauce, cuisinĂ©es avec des Ă©pices qui rĂ©chauffent; au printemps, pĂ©riode oĂč le sanguin chaud et humide domine, il est conseillĂ© de passer peu Ă  peu du bouilli au rĂŽti et de commencer Ă  manger davantage de lĂ©gumes verts; l'Ă©tĂ©, pĂ©riode oĂč le colĂ©rique chaud et sec domine, c’est le moment de manger des viandes et des poissons grillĂ©s, plus lĂ©gers, et de prĂ©fĂ©rer des aliments froids et humides comme les melons, les prunes ou les cerises; l'automne, pĂ©riode oĂč le mĂ©lancolique (ou atrabilaire) sec et froid domine, il faut manger des aliments appĂ©tissants et acidulĂ©s pour chasser la mĂ©lancolie et diminuer le vin et les fruits.

Bien que dĂ©sormais obsolĂštes, ces concepts qui ont largement dominĂ© la mĂ©decine en Occident pendant plus de mille ans ont laissĂ© des traces dans la culture populaire. Les termes lymphatique, flegmatique, mĂ©lancolique, colĂ©rique sont toujours employĂ©s pour dĂ©signer des caractĂšres, bien qu’on ne sache plus prĂ©cisĂ©ment Ă  quoi ils font rĂ©fĂ©rence. Cette tradition survit Ă©galement dans certaines pratiques culinaires (manger du melon avec du jambon cru, en dĂ©but de repas, des poires au vin en dessert, boire un digestif en fin de repas) ou dans certains conseils diĂ©tĂ©tiques de nos grands-mĂšres (ne pas boire en mangeant).

Le professionnalisme

Instruments chirurgicaux de l’AntiquitĂ© grecque. Sur la gauche on distingue un trĂ©pan et sur la droite, un jeu de scalpels. La mĂ©decine Hippocratique a fait bon usage de ces instruments[25].

La mĂ©decine hippocratique se distinguait par son strict professionnalisme, sa discipline et la rigueur de sa pratique[26]. L’ouvrage d'Hippocrate Sur le MĂ©decin recommande aux mĂ©decins d'ĂȘtre toujours rigoureux, honnĂȘtes, calmes, comprĂ©hensifs et sĂ©rieux. Le mĂ©decin Hippocrate a portĂ© une attention particuliĂšre Ă  tous les aspects de sa pratique : il a donnĂ© des prescriptions dĂ©taillĂ©es pour l'Ă©clairage, le personnel qui assistait le praticien, le positionnement des instruments et du patient, les techniques de bandage et de contention dans les salles d'opĂ©ration[27]. Il veillait mĂȘme Ă  garder les ongles d’une longueur convenable[28].

L'Ă©cole d'Hippocrate a donnĂ© beaucoup d'importance aux doctrines cliniques d'observation et de documentation. Ces doctrines enseignent aux mĂ©decins comment enregistrer leurs conclusions et leurs prescriptions mĂ©dicamenteuses d'une maniĂšre trĂšs claire et objective de sorte que ces documents puissent ĂȘtre transmis Ă  d'autres mĂ©decins et utilisĂ©s par eux[29]. Hippocrate s’astreint avec minutie Ă  noter rĂ©guliĂšrement de nombreux symptĂŽmes comme le teint, le pouls, la fiĂšvre, les douleurs, la motricitĂ© du patient et l’aspect des urines et des selles[24]. On dit qu’il aurait pris le pouls d'un patient pendant qu’il l’interrogeait sur l’histoire de sa maladie (anamnĂšse) pour savoir si le patient avait menti[30]. Hippocrate a Ă©tendu ses observations cliniques Ă  l’histoire de la famille et de l'environnement[31]. Pour lui la mĂ©decine est l'art de l'observation et de l’examen clinique[12]. Pour cette raison il peut lĂ©gitimement ĂȘtre considĂ©rĂ© comme le PĂšre de la mĂ©decine clinique[32]. On lui attribue le mĂ©rite d’avoir dĂ©crit les symptĂŽmes de la grippe humaine et ses Ă©lĂšves sont les premiers Ă  avoir fait des diagnostics, sinon prĂ©cis, du moins pertinents.

Contributions directes à la médecine

Doigts en baguettes de tambour secondaire Ă  une hypertension artĂ©rielle pulmonaire chez un patient atteint du syndrome d'Eisenmenger. DĂ©crit pour la premiĂšre fois par Hippocrate, l’aspect des doigts en baguette de tambour est Ă©galement connu sous le nom « d’Hippocratisme digital Â».

Hippocrate et ses disciples ont Ă©tĂ© les premiers Ă  dĂ©crire de nombreuses maladies et affections mĂ©dicales. On lui attribue la paternitĂ© de la premiĂšre description de l’hippocratisme digital, un signe important pour le diagnostic de la broncho-pneumopathie chronique obstructive, du cancer du poumon et des cardiopathies congĂ©nitales cyanogĂšnes. Pour cette raison, le symptĂŽme des doigts en baguette de tambour est parfois appelĂ© Hippocratisme digital[33]. Hippocrate a Ă©galement Ă©tĂ© le premier mĂ©decin Ă  dĂ©crire dans Pronostic la face hippocratique, le changement qui se produit dans le visage au moment de la mort, ou pendant une longue maladie. Shakespeare fait allusion Ă  cette description dans sa relation de la mort de Falstaff dans Henry V acte II, scĂšne III[34],[35].

Diagnostic

Article dĂ©taillĂ© : Diagnostic (mĂ©decine).

Hippocrate a commencĂ© Ă  classer les maladies en maladies aiguĂ«s, chroniques, endĂ©miques et Ă©pidĂ©miques, et Ă  utiliser des termes tels que, « exacerbation, rechute, rĂ©solution, crise paroxysme, pic et convalescence[24],[36] Â». Une autre des grandes contributions d’Hippocrate peut ĂȘtre trouvĂ©e dans ses descriptions des symptĂŽmes, des signes physiques, du traitement chirurgical et du pronostic de l’empyĂšme thoracique (pleurĂ©sie purulente), c'est-Ă -dire de la suppuration de la muqueuse pleurale dans la cavitĂ© thoracique. Ses enseignements demeurent pertinents de nos jours pour les Ă©tudiants en pneumologie et en chirurgie[37]. Hippocrate a Ă©tĂ© le premier chirurgien thoracique rĂ©pertoriĂ© et ses conclusions sont toujours valables.

L'Ă©cole hippocratique de mĂ©decine a correctement dĂ©crit les maladies du rectum et leur traitement, en dĂ©pit d’une conception erronĂ©e de la mĂ©decine. Les hĂ©morroĂŻdes, par exemple, qu’on croyait causĂ©es par un excĂšs de bile et de flegme, Ă©taient traitĂ©es par les mĂ©decins de l’époque d’Hippocrate par des moyens relativement avancĂ©s[38],[39].La cautĂ©risation et l’excision sont dĂ©crites dans le Corpus hippocratique, en plus des mĂ©thodes les plus utilisĂ©es: la ligature des hĂ©morroĂŻdes et leur assĂšchement au fer chaud. D'autres traitements tels que l'application de diffĂ©rents baumes sont Ă©galement proposĂ©s[40],[41]. Aujourd'hui, le traitement [des hĂ©morroĂŻdes] comprend encore la cautĂ©risation, la ligature, et l’excision[38]. En outre, certains des concepts fondamentaux de la proctoscopie dĂ©crits dans le corpus, sont encore en vigueur[38],[39]. Par exemple, les utilisations du spĂ©culum rectal, un dispositif mĂ©dical courant, sont exposĂ©s dans le Corpus hippocratique[39]. Ce qui constitue la premiĂšre rĂ©fĂ©rence connue Ă  l’endoscopie[42],[43].

Corpus hippocratique

Article dĂ©taillĂ© : Corpus hippocratique.
Manuscrit byzantin du XIIe siĂšcle du Serment d’Hippocrate sous la forme d'une croix

Le Corpus hippocratique (du latin : Corpus hippocraticum) est une compilation de prĂšs de soixante-dix traitĂ©s de mĂ©decine de la GrĂšce antique, Ă©crit en Ionique (dialecte ionique). La question de savoir si Hippocrate lui-mĂȘme a Ă©tĂ© l'auteur du corpus n'a pas Ă©tĂ© rĂ©solue de façon dĂ©finitive[44]. Mais, ces livres ont probablement Ă©tĂ© rĂ©digĂ©s par ses Ă©tudiants et ses disciples[45]. En raison de la variĂ©tĂ© des thĂšmes, des styles d'Ă©criture et de la date apparente de rĂ©daction les chercheurs estiment que le Corpus hippocratique n'aurait pas pu ĂȘtre Ă©crit par une seule personne (Ermerins Ă©value le nombre des auteurs Ă  dix-neuf)[23]. Pendant l'AntiquitĂ© le corpus a Ă©tĂ© attribuĂ© Ă  Hippocrate et son enseignement a en gĂ©nĂ©ral suivi ses principes, de sorte qu'il est dĂ©signĂ© par son nom. Il pourrait s’agir des vestiges d'une bibliothĂšque de Kos ou d’une collection de manuscrits compilĂ©s au IIIe siĂšcle av. J.-C Ă  Alexandrie[27],[46].

Le Corpus hippocratique comprend des manuels, des confĂ©rences, des recherches, des notes et des dissertations philosophiques sur divers sujets en rapport avec la mĂ©decine, rĂ©unis sans ordre particulier[44],[47]. Ces ouvrages qui ont Ă©tĂ© Ă©crits pour diffĂ©rents publics, Ă  la fois pour les spĂ©cialistes et pour les profanes, ont parfois Ă©tĂ© conçus Ă  partir de points de vue opposĂ©s, ce qui explique que d’importantes contradictions peuvent ĂȘtre relevĂ©es entre les diffĂ©rentes parties du corpus[48]. Parmi les Ɠuvres importantes du Corpus citons le serment d'Hippocrate, Le Livre des pronostics, Le RĂ©gime dans les maladies aiguĂ«s, Les Aphorismes, Airs, eaux, lieux, Les instruments de rĂ©duction, Sur la maladie sacrĂ©eetc.[23].

Le serment d’Hippocrate

Article dĂ©taillĂ© : Serment d'Hippocrate.

Le serment d'Hippocrate, un texte sur l 'Ă©thique de la pratique mĂ©dicale, a Ă©tĂ© attribuĂ© dans l'AntiquitĂ© Ă  Hippocrate. Il s’agit probablement du document le plus cĂ©lĂšbre du Corpus hippocratique, mais rĂ©cemment, l'authenticitĂ© du document a Ă©tĂ© mise en doute. Bien que le serment soit aujourd'hui rarement utilisĂ© sous sa forme originale, il a inspirĂ© d'autres serments similaires et les lois qui dĂ©finissent les bonnes pratiques et la morale mĂ©dicale. De tels serments sont aujourd’hui rĂ©guliĂšrement prononcĂ©s par les diplĂŽmĂ©s en mĂ©decine sur le point d'entrer dans la pratique mĂ©dicale[49],[46].

ƒuvre

Peinture murale reprĂ©sentant Galien et Hippocrate. XIIe siĂšcle; Anagni, Italie

Hippocrate est largement considĂ©rĂ© comme le « PĂšre de la MĂ©decine[45] Â». Ses contributions ont rĂ©volutionnĂ© la pratique de la mĂ©decine, mais aprĂšs sa mort, les progrĂšs de la discipline ont marquĂ© le pas[50]. Hippocrate Ă©tait tellement rĂ©vĂ©rĂ© que ses enseignements ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s comme trop parfaits pour pouvoir ĂȘtre amĂ©liorĂ©s et qu’aucun progrĂšs significatif dans le domaine mĂ©dical n’a plus Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© pendant longtemps, tant le dogme interdisait toute remise en cause[46],[20]. Les siĂšcles qui ont suivi la mort d'Hippocrate furent marquĂ©s plus souvent par des retours en arriĂšre que par de nouveaux progrĂšs. Par exemple, aprĂšs l’époque d'Hippocrate, la pratique d’écrire l’histoire de cas cliniques a disparu selon Fielding Garrison[51].

HĂ©ritage

AprĂšs Hippocrate, le mĂ©decin le plus remarquable a Ă©tĂ© Galien, un grec qui a vĂ©cu de 129 Ă  200 apr. J.-C. et qui perpĂ©tua la mĂ©decine Hippocratique avec Ă  la fois des apports et des reculs[52]. Ses Ɠuvres traduites en latin ont eu beaucoup d’influence sur l’occident chrĂ©tien qui avait difficilement accĂšs aux textes originaux en grec. AprĂšs la chute de l’Empire romain d'Occident en 476 la mĂ©decine hippocratique a continuĂ© Ă  ĂȘtre pratiquĂ©e dans l’Empire byzantin qui a contribuĂ© Ă  prĂ©server les connaissances de l’antiquitĂ© grecque et latine par la compilation des textes anciens et plus tard par leur transmission aux Italiens notamment par l'intermĂ©diaire de la Sicile qui est restĂ©e possession byzantine jusqu’en 878.

Article dĂ©taillĂ© : MĂ©decine dans l’Empire byzantin.

En 489 au moment de la fermeture de leur École thĂ©ologique d'Édesse l’élite intellectuelle des chrĂ©tiens nestoriens chassĂ©s de l’Empire byzantin par les persĂ©cutions religieuses ont fui en Perse oĂč ils ont Ă©tĂ© accueillis par le roi Khosro Ier Ă  l’AcadĂ©mie de Gundishapur. Ils emmenaient avec eux de prĂ©cieux manuscrits anciens et ont traduit en syriaque et en persan une grande partie de l’Ɠuvre d’Hippocrate. Au Moyen Âge, aprĂšs la chute de la dynastie sassanide et la conquĂȘte de la Perse par les musulmans, Bagdad est devenu progressivement le nouveau centre culturel de la rĂ©gion et aprĂšs la crĂ©ation de la Maison de la sagesse en 832 par le Calife al-Ma'mĆ«n, les textes d’Hippocrate ont Ă©tĂ© traduit en Arabe[53]et ses mĂ©thodes ont Ă©tĂ© adoptĂ©es par les mĂ©decins musulmans.

AprĂšs le XIIe siĂšcle et sous l’influence des Arabes dont les ouvrages avaient Ă©tĂ© traduits en latin au XIIe siĂšcle, les mĂ©thodes d’Hippocrate ont Ă©tĂ© redĂ©couvertes en Europe et mĂȘme dĂ©veloppĂ©es au XIXe siĂšcle. À noter parmi ceux qui ont pratiquĂ© les mĂ©thodes cliniques rigoureuses d’Hippocrate les personnalitĂ©s suivantes : Sydenham, Heberden, Charcot et Osler. Un mĂ©decin français Henri Huchard, a dĂ©clarĂ© que ces retours aux sources jalonnent « toute l'histoire de la mĂ©decine interne[54] Â».

De nos jours les concepts de la médecine hippocratique sont considérés comme obsolÚtes, mais ils sont encore mis en pratique en Inde en tant que médecine traditionnelle sous le nom de médecine Yunùni (le terme vient du grec Ionia, qui désigne la cÎte d'Asie Mineure).

La naturopathie se réfÚre encore de nos jours à la philosophie hippocratique, en tenant compte des 4 éléments, des tempéraments, du milieu humoral et de la force vitale. Cette approche de la santé permet à la médecine hippocratique de rester vivante au travers d'une pratique qui n'ignore pas les avancées de la science, tout en respectant les lois de la vie, observées par les anciens depuis des millénaires.

Article dĂ©taillĂ© : YunĂąni.

Image

Image conventionnelle de « portrait Â» romain en buste (gravure du XIXe siĂšcle)

Selon le tĂ©moignage d’Aristote, Hippocrate est connu comme « le Grand Hippocrate[55] Â». Concernant son apparence, Hippocrate fut d'abord dĂ©crit comme un « vieux mĂ©decin de campagne digne et compatissant Â», puis comme « arrogant et inaccessible[46] Â». Il est certainement considĂ©rĂ© comme un sage, un homme d’une trĂšs grande intelligence et, surtout, comme un bon praticien. Francis Adams le dĂ©crit comme un vrai « mĂ©decin, homme d’expĂ©rience et de bon sens[13] Â».

Cette image de sage, de vieux mĂ©decin est renforcĂ©e par les bustes qu’on possĂšde de lui et qui le reprĂ©sentent le visage ridĂ© et portant une grande barbe. De nombreux mĂ©decins de l'Ă©poque avaient les cheveux coupĂ©s courts dans le style de Jupiter et d’AsclĂ©pios. Par consĂ©quent, les bustes d'Hippocrate qui nous sont parvenus ne sont peut-ĂȘtre seulement qu’une autre version des portraits de ces divinitĂ©s[50]. Hippocrate et les croyances qui lui sont attribuĂ©es sont considĂ©rĂ©s comme celles de l’idĂ©al mĂ©dical. Fielding Garrison, une autoritĂ© en matiĂšre d'histoire de la mĂ©decine, a dĂ©clarĂ© : « Il est, avant tout, l'exemple de cette attitude d'esprit critique, toujours Ă  la recherche de sources d'erreur qui est l’essence de l'esprit scientifique[54] Â». « Sa figure ... se dresse pour les temps futurs comme celle du mĂ©decin idĂ©al Â», selon une courte histoire de la mĂ©decine, qui a inspirĂ© la profession mĂ©dicale depuis sa mort[56].

LĂ©gendes

La plupart des histoires qui sont rapportĂ©es sur la vie d'Hippocrate sont probablement fausses parce qu’elles sont incompatibles avec les donnĂ©es historiques, et qu’on raconte des histoires similaires ou identiques, Ă  propos d’autres personnages comme Avicenne et Socrate, ce qui suggĂšre qu’il s’agit de lĂ©gendes. MĂȘme au cours de sa vie, la rĂ©putation d'Hippocrate Ă©tait extraordinaire et les histoires de guĂ©risons miraculeuses Ă©taient lĂ©gion. Par exemple, on dit qu’Hippocrate aurait contribuĂ© Ă  la guĂ©rison des AthĂ©niens durant la peste d'AthĂšnes par de grands feux utilisĂ©s en guise de « dĂ©sinfectants Â» en complĂ©ment d'autres traitements. Il existe une histoire d'Hippocrate guĂ©rissant Perdiccas, roi de MacĂ©doine, de la « maladie d'amour Â». Aucune de ces fables n'est corroborĂ©e par aucun historien et ces Ă©vĂ©nements ont donc peu de chances de s'ĂȘtre rĂ©ellement produits[57],[58],[59]. MĂȘme le miel provenant d'une ruche situĂ©e sur sa tombe Ă©tait rĂ©putĂ© avoir des pouvoirs de guĂ©rison[46],[20].

Arbre d'Hippocrate sous lequel on dit qu’Hippocrate aurait travaillĂ©, dans la ville de Kos[60].

Une autre lĂ©gende concerne la maniĂšre dont Hippocrate aurait rejetĂ© une convocation officielle au tribunal d’ArtaxerxĂšs, roi de Perse et refusĂ© de le soigner en dĂ©pit des somptueux cadeaux que celui-ci lui proposait[61]. La validitĂ© de cette anecdote est admise par les sources anciennes, mais rĂ©futĂ©e par certains historiens modernes et est donc sujette Ă  caution[62].

Un autre rĂ©cit affirme que DĂ©mocrite Ă©tait considĂ©rĂ© comme fou parce qu'il se moquait de tout et qu’il fut envoyĂ© Ă  Hippocrate pour ĂȘtre soignĂ©. Hippocrate ne diagnostiqua chez DĂ©mocrite qu'une disposition Ă  ĂȘtre heureux. DĂ©mocrite fut par la suite surnommĂ© « le philosophe rieur[63] Â».

Dans les histoires qui le concernent, Hippocrate n’est pas toujours dĂ©peint positivement : selon une lĂ©gende, Hippocrate aurait fui aprĂšs l'incendie d'un temple de guĂ©rison en GrĂšce. Soranos d’ÉphĂšse, Ă  l’origine de cette histoire, citait le temple comme Ă©tant l’un de l'Ă©cole de Cnide. Toutefois des siĂšcles plus tard le grammairien byzantin Jean TzĂ©tzĂšs Ă©crit qu’Hippocrate a brĂ»lĂ© son propre temple, le temple de Cos, prĂ©tendant qu'il avait agi ainsi pour conserver son monopole sur la connaissance mĂ©dicale. Cette histoire est totalement en contradiction avec la personnalitĂ© d'Hippocrate, telle que la rapporte la tradition. D'autres lĂ©gendes racontent la rĂ©surrection de son neveu Auguste[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Cet exploit est censĂ© ĂȘtre survenu au moment de l'Ă©rection d'une statue d'Hippocrate et de la crĂ©ation d'une chaire en son honneur Ă  Rome[59],[57],[29],[64]

Généalogie légendaire

La gĂ©nĂ©alogie lĂ©gendaire d’Hippocrate fait remonter son ascendance paternelle directement Ă  AsclĂ©pios et son ascendance maternelle Ă  HĂ©raclĂšs provenant des grecs[23],[65],[66].

Article dĂ©taillĂ© : AsclĂ©pios.

Locutions nommées d'aprÚs Hippocrate

Certains signes cliniques et certains symptĂŽmes ont reçu le nom d’Hippocrate parce que l’on croyait qu’il avait Ă©tĂ© la premiĂšre personne Ă  les avoir dĂ©crits. La face hippocratique est le changement qui se produit dans le visage au moment de la mort, ou pendant une longue maladie, Ă  cause de l’amaigrissement et de la dĂ©nutrition. Le signe des doigts en baguette de tambour, une dĂ©formation des doigts et des ongles, est Ă©galement connu sous le nom d’Hippocratisme digital. La succussion hippocratique est le bruit d’éclaboussures d’un hydropneumothorax ou d’un pyopneumothorax que l’on entend Ă  l’intĂ©rieur du thorax en « secouant Â» le patient. Le banc d'Hippocrate qui est un appareil permettant de mettre les os en traction et le bandage hippocratique sont deux dispositifs qui ont reçu le nom d’Hippocrate[67]. Le corpus hippocratique et le Serment d'Hippocrate portent Ă©galement son nom. Une boisson mĂ©dicinale trĂšs utilisĂ©e au Moyen Âge, l’hypocras, est aussi rĂ©putĂ©e avoir Ă©tĂ© inventĂ©e par Hippocrate. Le rire sardonique, provoquĂ© par le spasme des muscles du visage est aussi parfois qualifiĂ© de sourire d'Hippocrate.

À l'Ă©poque moderne, on a baptisĂ© de son nom un cratĂšre de la lune – le cratĂšre Hippocrate. Un musĂ©e sur l'Ăźle grecque de Kos le MusĂ©e Hippocrate, lui est consacrĂ©. Le projet Hippocrate est un programme du centre mĂ©dical de l 'UniversitĂ© de New York pour renforcer l'Ă©ducation Ă  travers l'utilisation de la technologie. Le Projet Hippocrate (un acronyme de "HIgh PerfOrmance Computing for Robot-AssisTEd Surgery") est un projet de la Carnegie Mellon School of Computer Science et du Shadyside Medical Center, pour Ă©laborer la planification, la simulation, et la mise en pratique des technologies pour la prochaine gĂ©nĂ©ration des robots de chirurgie assistĂ©e par ordinateur[68].

Bibliographie

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Corpus hippocratique

Le « Corpus hippocratique Â» comprend entre soixante et soixante-douze traitĂ©s mĂ©dicaux, Ă©crits en langue ionienne entre la fin du Ve siĂšcle av. J.‑C. et la fin du IIIe siĂšcle av. J.‑C., rĂ©unis vers le IIe siĂšcle av. J.‑C. Ă  Alexandrie. À l'exception de La Nature de l'homme (probablement Ă©crite par Polybe, le gendre d'Hippocrate, vers 410 av. J.-C.), aucun de ces traitĂ©s ne peut ĂȘtre clairement et dĂ©finitivement attribuĂ© Ă  Hippocrate ou Ă  un quelconque auteur. Toutefois, on regroupe sous l'Ă©cole de Cos : La Nature de l'homme, Airs, eaux, lieux, PrĂ©notions coaques, Pronostics, La Maladie sacrĂ©e ; sous le nom d'Ă©cole de Cnide : Sentences cnidiennes, Affections internes[69].

  • ƒuvres complĂštes d'Hippocrate, trad. Émile LittrĂ©, Paris, 1839-1861, 10 vol.
  • Hippocrate, trad., Les Belles Lettres : L'ancienne mĂ©decine (t. II, 1re partie) (fin du Ve siĂšcle av. J.‑C.) ; Airs, eaux, lieux (II, 2) ; La maladie sacrĂ©e (II, 3) (influence de DiogĂšne d'Apollonie) ; ÉpidĂ©mies ; Des vents (V, 1) ; De l'art (V, 1) ; Du rĂ©gime (VI, 1) ; Du rĂ©gime des maladies aiguĂ«s (VI, 2) ; De l'aliment ; De l'usage des liquides ; Plaies, nature des os, cƓur, anatomie (VIII) ; Maladies ; De la gĂ©nĂ©ration (XI) ; De la nature de l'enfant (XI) ; Du fƓtus de huit mois (XI) ; Des lieux dans l'homme (XIII) ; Du systĂšme des glandes ; Des fistules ; Des hĂ©morroĂŻdes (XIII) ; De la vision ; Des chairs ; De la dentition (XIII) .

Études sur Hippocrate

Une gravure sur bois reprĂ©sentant la rĂ©duction d’une Ă©paule luxĂ©e avec un dispositif hippocratique.
  • Laurent Ayache, Hippocrate, PUF. Collection Que sais-je ? Paris (1992) (ISBN 2-13-044736-8)
  • Alberto Jori, Medicina e medici nell'antica Grecia. Saggio sul 'PerĂŹ tĂ©chnes' ippocratico, Bologna, Ă©dition il Mulino, 1996 (ISBN 88-15-05792-7).
  • Jacques Jouanna, Hippocrate, Fayard, 1992.
  • Adams Francis, The Genuine Works of Hippocrates, New York, William Wood and Company, 1891 .
  • Encyclopedia Britannica, « HIPPOCRATES Â», Encyclopedia Britannica, Inc., 1911, p. 519. ConsultĂ© le 4 octobre 2006.
  • Garrison Fielding H., History of Medicine, Philadelphie, W.B. Saunders Company, 1966 .
  • Internet Encyclopedia of Philosophy, « Democritus Â», The University of Tennessee at Martin, 2006. ConsultĂ© le 17 DĂ©cembre 2006.

Autres lectures

  • Adams Francis (translator) [1891], « Works by Hippocrates Â», Daniel C. Stevenson, Web Atomics © 1994–2000, 1994 (original date 1891).
  • Baissette, Gaston, Hippocrate, Paris (France), Bernard Grasset, 1931 .
  • Jori, Alberto, Medicina e medici nell'antica Grecia. Saggio sul 'PerĂŹ tĂ©chnes' ippocratico, Bologne (Italie), il Mulino, 1996 .
  • Kalopothakes M. D., « An essay on Hippocrates Â», King and Baird Printers, 1857.
  • Lopez Francesco, Il pensiero olistico di Ippocrate. Percorsi di ragionamento e testimonianze. Vol. I, Cosenza (Italie), Edizioni Pubblisfera, 2004 .
  • Pliny the Elder, Natural History: Book XXIX., translated by John Bostock. See original text in Perseus program.
  • Smith Wesley D., Hippocratic Tradition, Cornell Univ Pr, 1979 (ISBN 0-8014-1209-9) 

Annexes

Articles connexes

Notes et références

  1. ↑ a, b, c et d (Garrison 1966, 92–93)
  2. ↑ (Nuland 1988, 5)
  3. ↑ (Garrison 1966, 96)
  4. ↑ (Nuland 1988, 4)
  5. ↑ (Britannica 2006)
  6. ↑ a et b (Nuland 1988, 7)
  7. ↑ CitĂ© par LLoyd (1999a), p. 69.
  8. ↑ Sur la maladie sacrĂ©e, c.18.
  9. ↑ (Adams 1891, 4)
  10. ↑ (Jones 1868, 11)
  11. ↑ (Nuland 1988, 8–9)
  12. ↑ a, b et c (Garrison 1966, 93–94)
  13. ↑ a et b (Adams 1891, 15)
  14. ↑ (Margotta 1968, 67)
  15. ↑ (Leff et Leff 1956, 51)
  16. ↑ (Jones 1868, 12–13)
  17. ↑ a et b (Garrison 1966, 99)
  18. ↑ (Boylan 2006)
  19. ↑ (Jones 1868, 46,48,59)
  20. ↑ a, b et c (Margotta 1968, 73)
  21. ↑ a et b (Garrison 1966, 98)
  22. ↑ (Singer et Underwood 1962, 35)
  23. ↑ a, b, c et d (Encyclopedia Britannica 1911)
  24. ↑ a, b et c (Garrison 1966, 97)
  25. ↑ (Adams 1891, 17)
  26. ↑ (Garrison 1966)
  27. ↑ a et b (Margotta 1968, 64)
  28. ↑ (Rutkow 1993, 24–25)
  29. ↑ a et b (Margotta 1968, 66)
  30. ↑ (MartĂ­-Ibåñez 1961, 88)
  31. ↑ (Margotta 1968, 68)
  32. ↑ (Leff et Leff 1956, 45)
  33. ↑ (Schwartz, Richards et Goyal 2006)
  34. ↑ (Singer et Underwood 1962, 40)
  35. ↑ (Margotta 1968, 70)
  36. ↑ (MartĂ­-Ibåñez 1961, 90)
  37. ↑ (Major 1965)
  38. ↑ a, b et c (Jóhannsson 2005, 11)
  39. ↑ a, b et c (Jani 2005, 24–25)
  40. ↑ (Jóhannsson 2005, 12)
  41. ↑ (Mann 2002, 1, 173)
  42. ↑ (Shah 2002, 645)
  43. ↑ (NCEPOD 2004, 4)
  44. ↑ a et b (Singer et Underwood 1962, 27)
  45. ↑ a et b (Hanson 2006)
  46. ↑ a, b, c, d et e (MartĂ­-Ibåñez 1961, 86–87)
  47. ↑ (Rutkow, 23)
  48. ↑ (Singer et Underwood 1962, 28)
  49. ↑ (Jones 1868, 217)
  50. ↑ a et b (Garrison 1966, 100)
  51. ↑ (Garrison 1966, 95)
  52. ↑ (Jones 1868, 35)
  53. ↑ (Leff et Leff 1956, 102)
  54. ↑ a et b (Garrison 1966, 94)
  55. ↑ (Jones 1868, 38)
  56. ↑ (Singer et Underwood 1962, 29)
  57. ↑ a et b (Adams 1891, 10–11)
  58. ↑ (Jones 1868, 37)
  59. ↑ a et b (Smith 1870, 483)
  60. ↑ (National Library of Medicine 2000)
  61. ↑ (Pinault 1992, 1)
  62. ↑ (Adams 1891, 12–13)
  63. ↑ (Internet Encyclopedia of Philosophy 2006)
  64. ↑ (Jones 1868, 24)
  65. ↑ (Adams 1891)
  66. ↑ Selon les Chiliades de TzĂ©tzĂšs, la gĂ©nĂ©alogie d'Hippocrate II est la suivante :
    1. Hippocrates II. Le pÚre de la médecine
    2. Heraclides
    4. Hippocrates I.
    8. Gnosidicus
    16. Nebrus
    32. Sostratus III.
    64. Theodorus II.
    128. Sostratus, II.
    256. Thedorus
    512. Cleomyttades
    1024. Crisamis
    2048. Dardanus
    4096. Sostatus
    8192. Hippolochus
    16384. Podalirius
    32768. Asclépios
  67. ↑ (Fishchenko et Khimich 1986)
  68. ↑ (Project Hippocrates 1995)
  69. ↑ Laffont-Bompiani Ă©di., Le nouveau dictionnaire des Ɠuvres, t. II, p. 1498.

Liens externes


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