Heinrich Himmler


Heinrich Himmler
Heinrich Himmler
Heinrich Himmler
Heinrich Himmler

Naissance 7 octobre 1900
Munich, Drapeau: Empire allemand Empire allemand
Décès 23 mai 1945 (à 44 ans)
Lüneburg, Troisième Reich
Origine Allemagne
Allégeance NSDAP
Grade Reichsführer-SS
Années de service 1923 - 1945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement SS, ensemble des polices allemandes
Famille Marié, 1 enfant légitime
Conjointes
Marga Siegroth (1928-1940)
Hedwig Potthast (1942-1944)

Heinrich Luitpold Himmler (7 octobre 1900, Munich - 23 mai 1945, Lüneburg) fut l'un des plus hauts dignitaires du Troisième Reich. Il était le maître absolu de la SS (Reichsführer-SS), chef de la police allemande (Chef der Deutschen Polizei), dont la Gestapo et, à partir de 1943, ministre de l'Intérieur du Reich, commandant en chef de l'armée de réserve de la Wehrmacht, (Befehlshaber des Ersatzheeres der Deutschen Wehrmacht[1]). Il est également considéré comme le Jahrhundertmörder (« meurtrier du siècle Â») par certains auteurs allemands[2]. Il s'est suicidé le 23 mai 1945 pour échapper à son jugement au procès de Nuremberg.

Himmler porta la responsabilité la plus lourde dans la liquidation de l'opposition en Allemagne nazie et dans le régime de terreur qui régna dans les pays occupés. Les camps de concentration et les camps d'extermination dépendaient directement de son autorité, et il mit en œuvre la « Solution finale Â».

Sommaire

Les premières années (1900-1929)

La jeunesse à Munich

Himmler en 1907

Né à Munich le 7 octobre 1900, Heinrich Himmler est le deuxième fils d'Anna Maria Heyderde et de Joseph Gebhard Himmler. Son père, professeur au lycée de Landshut, est un homme cultivé, nationaliste et conservateur sans être antisémite. La famille est issue de la moyenne bourgeoisie catholique bavaroise et, le père, en nationaliste convaincu, enseigne à ses fils Gebhard Ludwig (né en 1898), Heinrich et Ernst Hermann (1905-1945[3]) le respect de la patrie allemande. Gebhard et Ernst entreront également dans la SS, mais sans y tenir un rôle particulier[4],[5]. Le père d'Himmler est également le précepteur du prince héritier de Bavière, Heinrich de Wittelsbach, qui accepte d'être le parrain de Heinrich[6].

Himmler effectue sa scolarité dans un établissement réputé de Landshut, près de Munich. C'est un élève modèle. Petit, peu sportif et myope, il se révèle faible en gymnastique et ses fréquentes absences scolaires dénotent une santé fragile. De 1911 à 1924, il tient un journal intime. qui trace le portrait d’un jeune homme bien intégré à son milieu et à la société, capable de gentillesse et de générosité : pendant les vacances de Noël (date inconnue), il fait la lecture à un aveugle ; il organise une manifestation de bienfaisance pour les orphelins et regrette les mauvais traitements infligés aux prisonniers français auxquels il a assisté en 1914[7].

La Première Guerre mondiale et le début des années 1920

En août 1914, Heinrich Himmler est enthousiaste à l'éclatement de la Première Guerre mondiale : comme son frère, Gebhard, il souhaite s’engager dans la Reichsmarine, où il n'est pas accepté à cause de sa myopie et de son jeune âge.

Dans son journal, il décrit l'ambiance à Landshut lorsque la guerre est déclarée :

« Les craintifs petits bourgeois de Landshut baissent la tête et ont peur d'être massacrés par les cosaques. Il n'y a d'ailleurs, en Basse-Bavière, pas beaucoup d'enthousiasme dans ceux qui sont restés. On dit que quand fut connu l'ordre de mobilisation générale dans la vieille ville tout le monde pleurnichait ; or je ne m'attendais pas à ça des gens de Basse-Bavière ! Â»

— Heinrich Himmler, Journal intime, août 1914[8].

Himmler est frustré de ne pouvoir rejoindre une école d'officiers. Grâce à l'intervention de son père, il obtient une dispense d'âge en juin 1917 et est incorporé au IIe régiment d’infanterie bavarois von der Tann. Après six mois de formation en tant qu'élève officier, il est transféré à Ratisbonne, puis à Freising du 15 juin au 15 septembre et enfin à Bayreuth du 15 septembre au 1er octobre 1918. Aspirant, il envoie une lettre à ses parents qu'il signe Miles Heinrich (le soldat Heinrich). À sa grande déception, il est démobilisé deux mois plus tard sans jamais avoir vu le front et rentre chez ses parents à Noël[Note 1].

Après la guerre il fait partie, avec son frère Gebhard, des cercles militants de Munich (Völkischen Rechten Münchens). Toujours avec son frère, il intègre, en novembre 1919, la 14e compagnie de la Brigade de protection de Munich, unité de réserve de l'armée[9] fort proche des Freikorps, ces unités non officielles chargées en Bavière par le gouvernement légal social-démocrate d'écraser la République des conseils de Munich, à tendance communiste, avec l'assentiment des alliés.

L'année suivante, il étudie l'agronomie au lycée technique agricole de Munich, tout en étant stagiaire dans une ferme-école près d'Ingolstadt jusqu'en 1922. Au cours de ses études, il s'affilie à de très nombreuses associations dont le cercle étudiant Burschenschaft Apollo, pour les activités duquel il obtient un certificat médical afin d'être dispensé de beuveries[10]. Il s'inscrit également à une ligue de jeunes pangermaniste, l'Artamanenbund dont le slogan est « le sang, le sol et le glaive Â»[11].

Une vie conjugale difficile

Marga Siegroth (Himmler) en 1918

D'après son journal intime, Himmler fait la connaissance, en 1920 ou 1921, de la fille du propriétaire de la ferme-école où il est stagiaire. De nature timide, il ne lui fait jamais part de ses sentiments. Par la suite, les relations avec les femmes semblent inexistantes. Toujours selon son journal, il est fort probable qu'il n'ait eu sa première expérience sexuelle que lors de son mariage à l'âge de vingt-huit ans. En 1926, il rencontre une infirmière divorcée Margarete Siegroth (née Boden), de sept ans son aînée et protestante. « Marga Â», grande blonde aux yeux bleus, correspond à l'idéal de la femme aryenne. Ils se marient le 3 juillet 1928 ; de cette union naît une fille, Gudrun le 8 août 1929. En 1928, le couple investit la dot de « Marga Â» dans un élevage de poules à Waldtrudering, dans les faubourgs de Munich. Jusqu'à la fin des années 1920, Himmler continue de cultiver sa petite propriété rurale avec son épouse.

Il affectionne sa fille qu'il surnomme Püppi ; il n'en fera pas autant avec le fils adoptif de Marga. Durant ses premières années de vie politique, il semble essayer de remplir son rôle de père et de mari le mieux possible. Les pages de son agenda démontrent qu'il avait des conversations téléphoniques quasi quotidiennes avec sa femme et sa fille. Depuis que sa ferme a fait faillite en 1929, Himmler détient de plus en plus de responsabilités au sein du parti et délaisse son épouse : ils se séparent finalement en 1940 sans divorcer. Le Reichsführer entretient une relation avec une de ses secrétaires, Hedwig Potthast avec qui il aura deux enfants illégitimes : Helge (1942) et Nanette Dorothea (1944). Ils se sépareront finalement la même année.

Au sein du parti nazi

Les premiers pas (1923-1926)

Sa vie, durant le début des années 1920, est assez floue. De 1919 à 1922, il étudie à l'Université technique de Munich. En 1922, Himmler sort diplômé ingénieur agronome, semble-t-il comme son frère Gebhard, et devenu laborantin dans une usine d'engrais de la banlieue munichoise. Apparemment il aurait dirigé une exploitation avicole jusqu'à la fin des années 1920. Depuis 1918-1919, il entretient une amitié avec son ancien chef de corps francs, le capitaine nationaliste Ernst Röhm, qui le convertit à ses idées. Début 1923, Himmler devient membre d'une association nationaliste, dont Ernst Röhm est l'un des dirigeants, la Reichsflagge. Suite à des conflits internes, le noyau des militants les plus radicaux, soit 300 personnes emmenées par Röhm, fonde un nouveau groupuscule extrémiste à l'existence éphémère, la Reichskriegsflagge[12].

Himmler adhère provisoirement au NSDAPi en août 1923, amené par Röhm, qui dirige alors les SA. Lors du putsch de la Brasserie d'Adolf Hitler le 9 novembre 1923, on le voit arborer l'étendard à la tête de l'unité de la Reichskriegflagge qui avait essayé durant la nuit de prendre d'assaut le ministère bavarois de la Guerre situé sur la Ludwigstrasse à Munich[13]. Après le fiasco de l'entreprise, il n'est pas poursuivi en raison de son jeune âge et du fait de ses faibles responsabilités au sein du parti. Hitler étant incarcéré, Himmler rejoint momentanément le Bayrische Volkspartei. Au début de l'année 1924, il quitte probablement le NSDAP pour devenir propagandiste (Parteiredner) actif et efficace au sein du NSFB (Nationalsozialistische Freiheitsbewegung) d'Erich Ludendorff. Dans le monde agricole bavarois, son diplôme et sa compétence inspirent respect et confiance.

Au même moment, Heinrich Himmler continue de fréquenter ses anciennes connaissances d'après-guerre au sein du Freikorps : l'organisation des officiers du peuple allemand (Deutschvölkischer Offizierbund) et celle de l'ancien drapeau impérial (Alt-Reichsflagge)[14]. Hitler, bénéficiant d'une libération anticipée (20 décembre 1924), en profite pour refonder le NSDAP au début de l'année suivante. De retour dans le parti en février 1925, Himmler rejoint les SA. Sa lente ascension est en marche : grâce au succès qu'il a rencontré avec Ludendorff, il est dans un premier temps nommé propagandiste (Reichsredner), puis chef de la propagande, Gauleiter suppléant de Basse-Bavière, puis de Haute-Bavière (aux côtés de Gregor Strasser) et enfin Gauleiter du district de Haute-Bavière.

De SS-Gauführer à Reichsführer-SS (1926-1929)

Heinrich Himmler en 1929

En 1925, afin de disposer d'une unité disciplinée et totalement dévouée, Hitler fonde une sous-section au sein de la SA, la Schutzstaffel (SS) (escadrons de protection) qui constitue sa garde rapprochée. Himmler va tenir une place de premier choix au sein de cette nouvelle organisation. En 1926, il est nommé chef SS du district de Haute-Bavière (Gau-SS-Führer), il dirige un petit groupe de SS. La même année, pendant que Ernst Röhm a émigré en Bolivie, il rencontre le Führer ; ce dernier devient son maître à penser et la fidélité de Himmler passe de Röhm à Hitler. L'année suivante, il est membre de l'État-major des SA. Son sérieux et sa loyauté l'amènent à être nommé adjoint du Reichsführer-SS (Stellvertreter Reichsführer-SS) Erhard Heiden en 1927. Patient, il continue à tenir des rôles secondaires au sein du parti et n'atteint que le grade de SA-Oberführer.

Le cours des choses semble changer en 1928. En janvier, Hitler reprend à son compte la propagande, Himmler devient son adjoint. Sur une photographie datée de la même année sur laquelle Hitler s'adresse aux dirigeants du NSDAP, Himmler est assis à la table d'honneur[15]. Suite à la démission de Heiden de la tête de la SS, il est nommé le 6 janvier 1929 Reichsführer-SS[16]. À cette date, malgré son titre impressionnant, il ne dirige que 280 hommes avec lesquels il défile devant les dignitaires du parti à Berlin au printemps 1929. Au cours de l'année, on le voit passer en revue les troupes[17]. C'est désormais un proche de Hitler qui le surnomme « le fidèle Heinrich Â» (der treue Heinrich) mais il reste un subalterne de Röhm, qui fait son retour en 1930. Le Führer lui ordonne de faire de la SS un corps d'élite de la SA, mais échappant au contrôle d'Ernst Röhm, qui devient encombrant à ses yeux.

La montée en puissance de la SS (1930-1934)

Hermann Göring nomme Heinrich Himmler à la tête de la Gestapo (1934)

Longtemps considéré par les hauts dignitaires du parti comme un « brave petit homme Â» ayant « un bon cœur mais probablement inconstant Â», Heinrich Himmler commence à dévoiler sa véritable nature[18]. En 1930 le Reichsführer-SS, qui vient d'être nommé préfet de police de Munich, est toujours subordonné à Ernst Röhm. Ce dernier est revenu à la hâte de Bolivie, pour aider Hitler à maîtriser totalement ses 3 millions de SA. Pour Himmler, la subordination de la SS à la SA est de plus en plus pesante.

Au printemps 1931, il rencontre Reinhard Heydrich tout juste limogé de la Reichsmarine. La confiance est immédiate et le Reichsführer-SS lui propose d'entrer dans la SS et compte tenu de son expérience dans les services de renseignements de la Marine à Kiel, il lui demande de créer un service de renseignement interne à la SS : le futur SD (Sicherheitsdienst)[19]. Bras droit d'Himmler, Heydrich est également l'éminence grise de la SS. Ils deviennent si puissants qu'ils irritent certains membres du parti en particulier Joseph Goebbels :

« Je dépiste un complot de grande envergure : la SS (Himmler) entretient un bureau d'espionnage qui me surveille, ici, à Berlin. C'est lui qui est à l'origine de ces rumeurs démentielles [...]. Himmler me hait. Désormais je vais travailler à sa perte. Cette bête à cornes sournoise doit disparaître. Même Göring est d'accord avec moi sur ce sujet Â»

— Joseph Goebbels, 30 juin 1931[20].

Le 25 janvier 1932, Himmler est nommé chef de la sécurité de la Maison brune, le siège de la direction centrale du mouvement à Munich.

En janvier 1933, Hitler est nommé chancelier. Les SS d'Himmler comptent à peine 52 000 membres comparés aux plusieurs millions de SA de Röhm. Cette différence numérique s'explique notamment par les critères de recrutement de la SS, beaucoup plus stricts que ceux de la SA : depuis le début des années 1930, Himmler exige des postulants de prouver leur appartenance au Aryen Herrenvolk (race aryenne) ; toujours afin de se démarquer de la SA, durant l'automne 1933, il fait concevoir un nouvel uniforme noir pour ses troupes, créé par Hugo Boss. Symboliquement, la séparation entre SS et SA est entamée.

Dès mars 1933, Himmler crée le premier camp de concentration, à Dachau, où il fait interner les opposants.

Avec Hermann Göring et le général Werner von Blomberg, Himmler est de ceux qui pensent que Röhm et ses SA constituent une menace pour la Wehrmacht et le parti nazi. Hitler, qui a besoin de l'appui de l'armée, des milieux conservateurs et des grands industriels est conscient des problèmes soulevés par la SA, pour qui la révolution reste à faire, mais il répugne à agir contre Röhm, un des rares membres du parti qu'il tutoie. Avec la complicité de Heydrich qui en est le véritable inspirateur, Himmler dévoile au Führer un pseudo « putsch de Röhm Â». Plusieurs dizaines de responsables de la SA, dont Röhm lui-même, mais aussi des opposants au sein du parti nazi ou à l'extérieur de celui-ci sont assassinés durant la Nuit des Longs Couteaux (du 30 juin au 1er juillet 1934. Le lendemain, la SS prend son indépendance vis-à-vis de la SA : il n'y a plus d'obstacle entre le Reichsführer-SS et son Führer.

Ayant acquis son indépendance, le Reichsführer-SS souhaite mettre la main sur le dernier outil de répression qui échappe encore à la SS, la Gestapo. Après de durs conflits avec Göring, celui-ci cède, en 1934, la direction de celle-ci à Himmler et Heydrich, secondés par Heinrich Müller.

En 1936, il devient ministre de l'Intérieur.

« L'architecte de la Solution finale Â»

Article détaillé : Shoah.
Heinrich Himmler et Rudolf Heß à Dachau en 1936
Heinrich Himmler en visite au camp de Dachau (1936)
Visite du camp de Sachsenhausen en 1936.

Après la nuit des longs couteaux, les unités SS-Totenkopfverbände sont chargées d'organiser le réseau de camps de concentration et après 1941 ceux d'extermination. À Dachau, puis dans les autres camps, elles imposent depuis 1933 une discipline effroyable aux prisonniers dont elles ont la garde. Himmler et surtout Heydrich sont aussi les principaux artisans du massacre d'environ six millions de personnes, essentiellement des Juifs, lors de la mise en place de la solution finale, qui se déroule en plusieurs étapes[21] :

  • Dès 1937, Himmler souhaite expulser les Juifs par le biais d'une émigration forcée, mais deux ans plus tard l'Allemagne entre en guerre, il y a un blocus autour des frontières du Reich.
  • En 1940, après la victoire contre la France, la bureaucratie SS pense expulser les Juifs à Madagascar, sans succès.
  • En juillet 1941, c'est la mise en place du « programme Heinrich Â» préparé par Himmler lui-même. Dans le cadre de la préparation de la guerre contre l'Union soviétique, l'extermination des élites et l'asservissement de la population russe, ainsi que la déportation des Juifs en Sibérie sont planifiés.
  • Au cours de l'hiver 1941-1942, la victoire se fait attendre et le massacre se radicalise. Les Einsatzgruppen, en activité depuis le début de l'Opération Barbarossa, massacrent près d'un million de Juifs, hommes, femmes et enfants.

Le 7 octobre 1939, Himmler est nommé chef du Commissariat du Reich pour l'unification de la patrie allemande. Son objectif est de déplacer 250 000 Allemands qui habitent en Pologne russifiée vers la zone annexée par le Reich. Pour lui, l'unification ne peut se faire sans l'élimination des opposants.

« Alors que nous devions transférer des milliers, des centaines de milliers d'individus, il fallut réagir impitoyablement - écoutez ceci mais oubliez-le aussi vite - et fusiller des milliers de Polonais influents, afin d'éviter que plus tard ils ne se vengent sur nous (…). Il est certes beaucoup plus facile de monter en ligne avec une compagnie que de supprimer une population encombrante, de bas niveau culturel, ou de transférer des gens ou d'expulser des femmes criardes ou hystériques, ou de rapatrier nos frères de race germanique et de prendre soin d'eux. Â»

— Lettre de Heinrich Himmler aux officiers SS, [22]

.

En mars 1941, au début de la campagne de Russie, Himmler déclare au cours d'une conférence que les opérations à l'Est (le futur programme Heinrich) vont « détruire près de 30 millions de Slaves Â». En parallèle, il reçoit de la part de Hitler des pouvoirs étendus et indépendants des autres autorités : la directive n° 21 du 13 mars 1941. Dès lors, les « missions particulières Â» comme les appellent les SS, peuvent être exécutées sous les ordres de Himmler dans la zone des armées : la coopération entre la Wehrmacht et le SD est fixée[22].

Le « programme Heinrich Â» est lancé officiellement le 21 juillet 1941 par Himmler et il concerne tous les SS qui participent à l'opération Barbarossa en Europe de l’Est. Ce programme regroupe les pensées fanatiques du Reichsführer-SS. « Heinrich Â» fait référence à Himmler lui-même mais surtout à son idole médiévale, Henri l'Oiseleur roi de Germanie et exterminateur des Saxons vers l'Est[23]. D'autre part, le programme suit également à la lettre le projet de Mein Kampf qui prévoit dès 1924 un « espace suffisant Â» ou un « espace vital Â» (Lebensraum) pour l'évolution du peuple allemand vers l'Est[24].

Pour mener à bien leur plan, Himmler et Heydrich ont besoin de la coopération de l'administration allemande. Le 20 janvier 1942 se tient à Berlin la conférence de Wannsee, en l'absence d'Himmler. Le Reichsführer-SS impose la ligne de conduite générale et se décharge des fonctions d'exécutant qu'il confie à son adjoint Reinhard Heydrich. Cette conférence réunit les secrétaires d'État des principaux ministères. Le sujet à l'ordre du jour est la « Solution finale de la question juive européenne Â».

Un théoricien mystique

Heinrich Himmler en 1942
Heinrich Himmler en train de tirer au pistolet (photo de 1940)

Influences idéologiques

« Fonctionnaire de la mort Â», Heinrich Himmler est avant tout un bureaucrate soucieux du détail jusqu'à la manie. Il compense ses déficiences physiques par son obsession de la pureté raciale de ses hommes.

Himmler oppose le caractère élitiste de la SS au qui devait « réincarner le vieil ordre des Chevaliers teutoniques Â»[25] au caractère plébéien de la SA . Comme la plupart des nationaux-socialiste, Himmler est influencé par deux théoriciens racialistes : Joseph Arthur de Gobineau et surtout Houston Stewart Chamberlain. Le philosophe du parti national-socialiste, Alfred Rosenberg, reprend cette idée de « sang pur Â» et de l'attachement à la terre développé sous le couvert du Lebensraum ; Alfred Rosenberg et Heinrich Himmler sont d'ailleurs les auteurs du Generalplan Ost ayant le plus d'influence.

Procréation et eugénisme

En tant que Grand maître de ce nouvel ordre, il institue des critères rigoureux pour les nouvelles entrées dans la SS. L'une de ces unités, la garde spéciale du Führer, se compose jusqu'en 1937 de jeunes hommes, blonds, aux yeux bleus dont la taille requise est au minimum de 1m80.

En 1931, Himmler légifère une règle de mariage spéciale pour les SS interdisant à un homme de prendre une femme si celle-ci ne peut justifier de la pureté de ses origines aryennes au cours des deux siècles précédents. Le dessein du Reichsführer-SS est clair : avec l'institution du mariage SS, il veut être le bâtisseur d'un vaste empire germanique de l'Atlantique à l'Oural dans lequel le sort des « races inférieures Â» voisines appartient à la « race des Seigneurs Â»[26]. Himmler prévoyait qu'après la guerre, la monogamie imposée en Europe par le christianisme qualifié par Himmler de "peste" car notamment fondé sur la "croyance qu'un homme peut se contenter d'une seule femme", serait abolie dans le futur Reich[27] : les SS et les héros de guerre auraient des privilèges parmi lesquels celui d'avoir une seconde épouse "qui sera tout aussi légitime que la première".

Himmler a également mis en application un vaste programme d'eugénisme, le programme Lebensborn (source de vie). Sous cette appellation se cache une entreprise de reproduction à grande échelle destinée exclusivement aux SS, qui sont censés représenter la pureté raciale aryenne.

Certains historiens [réf. nécessaire] avancent que durant la guerre, plus de 400 000 enfants (de Pologne uniquement) furent déportés vers des instituts Lebensborn à partir de critères raciaux. La Norvège et la Belgique avaient également leurs Lebensborn [réf. nécessaire].

Parallèlement, Himmler chercha à encourager l'avortement chez les peuples non germaniques ; il révéla à Felix Kersten qu'après la victoire allemande l'avortement serait légalisé et vivement encouragé et facilité dans tous les pays occupés par l'Allemagne et ce afin de réduire la population non germanique en Europe[27] .

Archéologie

Dans sa quête maniaque et obsessionnelle des origines germaniques, il entreprendra de nombreuses recherches archéologiques, pour concorder avec ses théories pangermanistes (en désaccord avec Hitler)[28].

Heinrich Himmler veut réécrire l'Histoire. Le 2 juillet 1936, dans l'église collégiale St. Servais à Quedlinbourg, il célèbre le millième anniversaire de la mort de son héros le roi germanique Henri Ier, Henri l'Oiseleur. Il dépose une gerbe et des rameaux de chêne sur le tombeau du souverain et énonce un discours :

« Ici où vivent depuis toujours ceux de notre sang, dans cette magnifique maison de Dieu, née d'un sûr sentiment germanique, sera un lieu de culte où les Allemands iront en pèlerinage (…) L'Homme après mille ans a repris avec une grandeur inouïe l'héritage humain et politique du roi Henri, notre Führer Adolf Hitler, nous le servirons fidèlement de nos paroles, de nos pensées et nos actes, pour l'Allemagne et pour la Germanie[29]. Â»

— Discours de Heinrich Himmler, juillet 1936.

Dans cette même perspective de réécriture de l'Histoire, il déclare le 7 avril 1942 devant les officiers supérieurs et les chefs de service de la Schutzstaffel : « Tout ce que nous faisons doit être justifié par rapport à nos ancêtres. Si nous ne retrouvons pas cette attache morale, la plus profonde et la meilleure parce que la plus naturelle, nous ne serons pas capables à ce niveau de vaincre le christianisme et de constituer ce Reich germanique qui sera une bénédiction pour la terre entière. Depuis des millénaires, c'est le devoir de la race blonde que de dominer la terre et de toujours lui apporter bonheur et civilisation. Â»[30]

De nombreuses expéditions sont lancées pour :

  • trouver les preuves « irréfutables Â» de la race aryenne partout dans le monde, des expéditions sont financées en direction du Tibet, dans les Andes, au Moyen-Orient ;
  • retrouver le Saint-Graal (recherché principalement aux alentours de Montségur (le mont sûr en occitan) ainsi qu'à Montserrat (le Mont Scié en catalan) en Catalogne, dans le Massif central et ses environs, supposé caché par les cathares avant leur disparition) ;
  • étudier des rites païens pré-chrétiens de la race aryenne (cela concernait le culte des équinoxes, de la moisson, les différentes croyances de sorcellerie pratiquées).

Hostilité au christianisme

Bien qu’issu d’une famille catholique, Himmler devient, au fil de sa conversion au national-socialisme, un adversaire acharné du christianisme. Peter Longerich, dans sa biographie du chef des SS, décrit en détails les multiples raisons de cette haine que Himmler théorisa dans de nombreux discours et écrits. D’un point de vue personnel, Himmler rejette avec violence la morale sexuelle de l’Eglise catholique dans laquelle il perçoit l’origine de plusieurs de ses incapacités, notamment son développement sexuel tardif et ses difficultés matrimoniales. Il l’accuse également d’engendrer des tentations homosexuelles auxquelles il aurait été lui-même soumis dans sa jeunesse[31].

Une autre raison pour Himmler d'éradiquer le christianisme est son projet racial aryen et de défense de la germanité. Aux yeux d’Himmler, la race germanique a été pervertie par sa conversion au christianisme. Le combat mortel contre les sous-hommes (juifs et slaves) nécessite de libérer les Allemands des principes chrétiens comme la charité ou l’amour du prochain pour mieux faire émerger les « vertus Â» germaniques.

Germanisation et déchristianisation appartiennent, pour Himmler, au même processus. Selon Peter Longerich, ce combat antichrétien est la « mission de sa vie Â» et la « vocation première Â» de la SS : « L’anticommunisme et l’antisémitisme d’Himmler ne font aucun doute, et il extermina sans pitié ces deux groupes d’opposants. Mais fondamentalement, il s’intéressait beaucoup plus au christianisme[31]. Â»

Himmler vitupérait l’action néfaste de Charlemagne et de saint Boniface qu’il rendait responsables de la christianisation des Germains[32]. Il espèrait remplacer les références chrétiennes de la société allemande par des références au culte païen ancestral qui seul pouvait régénérer le monde allemand. Par exemple, il souhaite débaptiser Noël en fête du solstice d’hiver ou de Iule, et faire du solstice d’été une fête de l’accouplement. Dans la SS, le baptême des enfants est déjà remplacé par une simple bénédiction du nom[33].

Hitler, tout autant hostile au christianisme qu'Himmler, était par contre peu favorable à la recréation d'un culte païen et se félicitait de vivre à une époque de libération de toute mystique[34]. Hitler regrettait la conversion des Germains au christianisme et préférait l'Islam, religion qu'il percevait comme fanatique et guerrière[35], mais il voulait attendre la fin de la guerre pour régler leurs comptes aux églises chrétiennes[36], ce qui le conduisit à réfréner certaines ardeurs antichrétiennes et mystiques du chef des SS.

Négociations et disgrâce (février-avril 1945)

Depuis l'hiver 1944-1945 Himmler, comme beaucoup de dignitaires nazis, sait que l'Allemagne a perdu la guerre. Mais, il continue à sacrifier des milliers d'Allemands en leur martelant que le Reich peut encore être victorieux.

« Nos mauvais ennemis devront constater et comprendre qu'une intrusion en Allemagne, dût-elle réussir ici ou là, leur coûtera un prix qui équivaudra pour eux à un suicide national. Â»

— Heinrich Himmler, dans un discours du début 1945[37].

Ses conseillers, par exemple Walter Schellenberg (le chef de contre-espionnage) et Felix Kersten (son médecin), lui proposent de destituer Hitler, ce qu'il refuse de faire. En revanche, afin de donner une seconde chance au parti nazi durant la phase d'après-guerre, il décide de contacter les Anglais et les Américains par le biais du comte Folke Bernadotte. Ce dernier est le vice-président de la Croix-rouge suédoise et les deux hommes se rencontrent pour la première fois au sanatorium de Hohenlychen près de Berlin le 14 février[37]. Bernadotte prend en note le projet de pacification prévu entre le Reich et les Alliés et proposé par Himmler. Le Reichsführer-SS y stipule que l'Allemagne se soumettrait à la Grande-Bretagne et aux États-Unis à condition qu'elle pût poursuivre la résistance contre le « bolchévisme Â».

Himmler s'enfuit dans la propriété de son médecin Felix Kersten à Hartzwalde, au nord de Berlin. Les Suédois — probablement Bernadotte lui-même — demandent à Kersten d'intervenir pour éviter le sabotage des camps de concentration comme le voulait Hitler. Le 12 mars 1945, après de longues négociations, Himmler assure qu'on ne sabotera pas les camps de concentration et que la Croix-rouge suédoise sera autorisée à envoyer des vivres pour les prisonniers. Un membre du Congrès juif mondial, Norbert Masur, est dépêché sur place et obtient la garantie que Himmler et ses SS ne molesteront plus aucun Juif[37].

Le 28 avril[38], Adolf Hitler est mis au courant des trahisons de Himmler. L'ancien Reichsführer-SS est déchu de ses fonctions et aussitôt remplacé par Karl Hanke du 29 avril 1945 au 5 mai 1945. Après la mort de Hitler, un nouveau et éphémère gouvernement nazi se forme sous la houlette de Dönitz appelé le gouvernement de Flensburg. Tentant de proposer ses services, Himmler est éjecté par l'amiral. Le maréchal Wilhelm Keitel capitule le 8 mai 1945 face aux Soviétiques. Commence alors pour Himmler une véritable chasse à l'homme.

La fuite et la mort (mai 1945)

Himmler après son suicide

Refoulé par la nouvelle direction nazie et pourchassé par les Alliés, Himmler erre plusieurs jours avec ses derniers fidèles autour de Flensburg près de la frontière danoise. Son projet est de fuir soit en Bavière soit en Autriche où il pourrait se cacher. Rasé et déguisé en sergent-major de la Geheime Feldpolizei, il porte un bandeau sur l'œil gauche, un uniforme déchiré et de faux papiers au nom de Heinrich Hitzinger. L'unité qu'il a rejointe est arrêtée près de Lüneburg par les hommes du sergent Arthur Britton, le 22 mai 1945. On raconte que ce qui alarma les Britanniques fut le fait que le pseudo Hitzinger présenta des papiers neufs et tous les documents nécessaires en pleine période de débâcle.

Son unité est envoyée dans le camp de prisonniers de Bramstedt près de Lüneburg. Un sous-officier britannique[39] raconte la scène du 23 mai 1945 :

« On ne savait pas que c'était Himmler, je savais seulement que c'était un prisonnier important. Quand il est entré dans la pièce, non pas la personne élégante que nous connaissons tous, mais en chemise de l'armée et en caleçon long, avec une couverture autour du corps, je l'ai aussitôt reconnu. Je lui ai adressé la parole en allemand, je lui ai indiqué un canapé libre et je lui ai dit : « Voilà votre lit, déshabillez-vous Â». Il m'a regardé, puis il a regardé un interprète et il a dit « Il ne sait pas qui je suis ! Â» J'ai dit : « Si je sais, vous êtes Himmler et ceci est votre lit, déshabillez-vous ! Â» Il m'a regardé fixement, mais je lui ai rendu son regard, finalement il a baissé les yeux et s'est assis sur le lit et il a commencé à retirer ses caleçons. Le médecin et le colonel sont entrés, ils cherchaient du poison, nous le soupçonnions d'en dissimuler sur son corps. Le médecin a regardé entre ses orteils, partout sur son corps, sous ses bras, dans ses oreilles, derrière ses oreilles, dans ses cheveux et puis il est arrivé à sa bouche. Il a demandé à Himmler d'ouvrir la bouche, il a obéi et il arrivait à remuer la langue assez facilement. Mais le docteur n'était pas satisfait, il lui a demandé de se rapprocher de la lumière, il s'est approché et il a ouvert la bouche. Le docteur a essayé de lui mettre deux doigts dans la bouche pour mieux regarder. Alors Himmler a retiré la tête d'un seul coup, a mordu le docteur aux doigts et a cassé la capsule de poison qu'il contenait depuis des heures dans sa bouche. Le docteur a dit : « Il l'a fait, il est mort Â». On a mis une couverture sur lui et on l'a laissé là. Â»

— Témoignage du sergent-major Edwin Austin[40]

Comme beaucoup d'autres nazis, Himmler se suicida le jour même de l'arrestion des membres du gouvernement de Flensburg. Ses derniers mots ont été : « Ich bin Heinrich Himmler Â» (« Je suis Heinrich Himmler Â»). En 2005, Martin Allen affirme que Himmler aurait été assassiné par les Alliés[41], thèse qui est partagée par David Irving, négationniste notoire condamné à plusieurs reprises. Quelques mois après la publication de son livre, et suite à une enquête ouverte à la demande des responsables des archives britanniques, la police du Royaume-uni a démontré que certains de ces nouveaux « documents Â» n'étaient en réalité que des faux[42]. L'auteur Joseph Bellinger remet lui aussi en question le suicide de Himmler, en se basant sur des documents différents de ceux employés par Martin Allen[43]. D'après la version officielle, le cadavre aurait été enterré secrètement dans une tombe anonyme quelque part dans la lande de Lüneburg.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Cela n'empêchera pas la propagande nationale-socialiste d'affirmer qu'il avait mené sous l'uniforme d'officier sa compagnie sur le front au cours de la Grande Guerre, notamment afin de lui conférer le prestige d'ancien combattant de la plupart des dirigeants du NSDAP.

Références

  1. ↑ Peter Longerich, Himmler, éditions Héloïse d'Ormesson, 2010
  2. ↑ Katrin Himmler, Die Brüder Himmler : eine deutsche Familiengeschichte, Francfort, 2006
  3. ↑ (en) The Himmler Brothers: A German Family History Katrin Himmler, 2007 ISBN 0-230-52907-0
  4. ↑ (en) Yes, I’m related to that Himmler, Peter Millar in The Sunday Times 8 juillet 2007
  5. ↑ (en) Great-uncle Heinrich Himmler in the Daily Telegraph 16 août 2007
  6. ↑ K. Himmler, op. cit.
  7. ↑ Cf. Guido Knopp, Les SS – Un avertissement de l'Histoire, Paris, Presses de la Cité, 2006, p. 87 
  8. ↑ Témoignage recueilli à partir du documentaire de Guido Knopp, Himmler der Vollstrecker, 1996.
  9. ↑ Peter Padfield, Himmler. Reichsführer SS, Papermarc, London, 1990, p. 44-46.
  10. ↑ Guido Knopp, Les SS. Un avertissement de l'histoire, Presse de la Cité, Paris, 2006, p. 93
  11. ↑ Jacques Delarue, Histoire de la Gestapo, Fayard, Paris, 1962, p. 87.
  12. ↑ J. Delarue, op.cit., p. 87
  13. ↑ Cet emblème nationaliste a été interdit par les autorités le 17 octobre 1923. I. Kershaw, op. cit., p.128-129
  14. ↑ Il semble qu'il arrête de fréquenter définitivement ces organismes autour de 1925-1926
  15. ↑ I. Kershaw, Adolf Hitler : 1889-1936, tome 1, Norton, 1999, p. 576-577
  16. ↑ Terme dont la traduction littérale serait chef suprême de la SS pour l'ensemble du Reich.
  17. ↑ G. Knopp, op. cit. 1996
  18. ↑ Joseph Goebbels, Journal : 1923-1933, Paris, Tallandier, 2006, p. 401 (au 22 novembre 1929)
  19. ↑ P. Padfield, Reichsführer SS, Papermac, London, 1990, p. 111-112
  20. ↑ J. Goebbels, op. cit., 2006, p. 563xxx
  21. ↑ Frédéric Rossif, De Nuremberg à Nuremberg, Éditions montparnasse, 2004
  22. ↑ a et b A. Beaufre (dir.), op. cit., t. II, p. 596
  23. ↑ R. Breitman, Der Architekt der Endlösung, Munich, 2000, p. 265
  24. ↑ A. Hitler, Mein Kampf, t. II, p. 641
  25. ↑ A. Beaufre (dir.), Une histoire internationale de la Seconde Guerre mondiale, t. I, Paris, Tallandier, 1969, p. 18-19
  26. ↑ A. Beaufre (dir.), op. cit., t. I, p. 18-19
  27. ↑ a et b Felix Kersten, article du journal Le Figaro du 21 mai 1947, pages 1 et 3, présentation par André François-Poncet.
  28. ↑ Le National-Socialisme et l'Antiquité, par Johann Chapoutot.
  29. ↑ G. Knopp, op. cit., 1996
  30. ↑ in Heinrich Himmler, Discours secrets, Paris, 1978
  31. ↑ a et b Peter Longerich, Himmler. L’éclosion quotidienne d’un monstre ordinaire, éditions Héloïse d’Ormesson, 2010, p. 261.
  32. ↑ Peter Longerich, Himmler. L’éclosion quotidienne d’un monstre ordinaire, éditions Héloïse d’Ormesson, 2010, p. 265.
  33. ↑ Peter Longerich, Himmler. L’éclosion quotidienne d’un monstre ordinaire, éditions Héloïse d’Ormesson, 2010, p. 284.
  34. ↑ Albert Speer (trad. Michel Brottier), Au cœur du Troisième Reich, Librairie Arthème Fayard, Paris, novembre 2010, p. 136.
  35. ↑ Albert Speer (trad. Michel Brottier), Au cœur du Troisième Reich, Librairie Arthème Fayard, Paris, novembre 2010, p. 138.
  36. ↑ Albert Speer (trad. Michel Brottier), Au cœur du Troisième Reich, Librairie Arthème Fayard, Paris, novembre 2010, p. 176.
  37. ↑ a, b et c G. Knopp, op. cit., 1996
  38. ↑ I. Kershaw, Hitler, 1936-1945, Paris, Flammarion, 2001, p. 1167
  39. ↑ Peter Longerich, historien, op. cit., écrit que c'est le capitaine Selvester qui interrogea le premier Himmler déguisé en civil, puis le capitaine Smith, et le médecin qui examina Himmler à Lünebourg, était le capitaine Wells.
  40. ↑ G. Knopp, op. cit., 1996
  41. ↑ Martin Allen, Himmler’s Secret War, 2005
  42. ↑ Ben Fenton, « Files on Himmler 'murder' exposed as fake Â», dans telegraph.co.uk, 3 juillet 2005 [texte intégral] 
  43. ↑ Entretien avec Joseph Belliger paru dans DNZ, n°36, sept. 2005

Annexes

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Bibliographie

  • (en) Martin Allen, Himmler’s Secret War : The Cover peace negociations of Heinrich Himmler, Carroll and Graf publishers, 2005.
  • André Beaufre (dir.), Une Histoire internationale de la Deuxième Guerre mondiale, 8 tomes, Paris, Jules Tallandier, 1969.
  • Joseph Bellinger, La Mort d'Himmler. Suicide ou assassinat ?, Editions Akribeia, 2006.
  • (de) Richard Breitman, Der Architekt der Endlösung, Munich, 2000.
  • Jacques Delarue, Histoire de la Gestapo, Fayard, Paris, 1962.
  • Joseph Goebbels, Journal : 1923-1933, Paris, Tallandier, 2006.
  • (de) Frank Helzel, Himmlers und Hitlers Symbolpolitik mit mittelalterlichen Herrschem, Bad Wildungen, 2007 [1].
  • Heinrich Himmler, Discours secrets, Gallimard, Paris, 1978.
  • (en) Heinz Höhne, The Order of the Death's Head : The story of Himmler's SS, Pan Books, Londres, 1972.
  • Édouard Husson, "La vraie histoire des Bienveillantes", L'Histoire, n°320, mai 2007, p. 6-19.
  • A. Kersten et E. Amara, Felix Kersten, Le Dernier des Justes, Paris, Patrick Robin Éditions, 2006.
  • Guido Knopp, Les SS, Un avertissement pour l'Histoire, Paris, Presses de la Cité, 2006.
  • (en) Roger Manvel et Heinrich Fraenkel, Heinrich Himmler : The SS, Gestapo, His Life and Career, Skyhorse Publishing, 2007.
  • (en) Peter Padfield, Reichsführer SS, Papermac, London, 1990.
  • H. Pringle, Opération Ahnenerbe - Comment Himmler mit la pseudo-science au service de la solution finale, Paris, Presses de la Cité.
  • Robert Merle, La mort est mon métier, 1952
  • Joseph Kessel, Les Mains du miracle
  • Peter Longerich, Heinrich Himmler. Biographie, München (Siedler) 2008.

Filmographie

  • G. Knopp, A. Schmidt et H. Hillesheim, Himmler, der Vollstrecker, Arte-ZDF, 1996.
  • Frédéric Rossif, De Nuremberg à Nuremberg, Éditions montparnasse, 2004.
  • H. Hillesheim et W. Schoen, Die Gestapo (1) : Hitlers schärfste Waffe, Dokumentation der ARD/SWR, 2005.
  • H. Hillesheim et W. Schoen, Die Gestapo (2) : Terror ohne Grenzen, Dokumentation der ARD/SWR, 2005.
  • H. Hillesheim et W. Schoen, Die Gestapo (3) : Henker an der Heimatfront, Dokumentation der ARD/SWR, 2005.


Fonctions militaires
Précédé de :
aucun
Commandant du Groupe d'armées Oberrhein
10 décembre 1944 - 23 Janvier 1945
Suivi de :
SS-Oberstgruppenführer Paul Hausser
Précédé de :
aucun
Commandant du Groupe d'armées Vistule
25 janvier 1945 - 13 mars 1945
Suivi de :
Generaloberst Gotthard Heinrici


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