Aldo Moro

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Aldo Moro
Aldo Moro
Aldo Moro
En 1978, pendant sa détention par les Brigades rouges

Mandats
55e et 61e président du Conseil italien
23 novembre 1974 ‚Äď 30 avril 1976
Président Giovanni Leone
Majorité Démocratie chrétienne
Prédécesseur Mariano Rumor
Successeur Giulio Andreotti
4 d√©cembre 1963 ‚Äď 5 juin 1968
Président Antonio Segni
Giuseppe Saragat
Majorité Démocratie chrétienne
Prédécesseur Giovanni Leone
Successeur Giovanni Leone
Biographie
Date de naissance 23 septembre 1916
Lieu de naissance Drapeau : Italie Maglie (Italie)
Date de d√©c√®s 9 mai 1978 (√† 61 ans)
Lieu de d√©c√®s Drapeau : Italie Rome (Italie)
Nationalité italienne
Parti politique Démocratie chrétienne

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Présidents du Conseil italien

Aldo Moro Prononciation du titre dans sa version originale (n√© le 23 septembre 1916 √† Maglie dans la province de Lecce, Pouilles ‚Äď mort le 9 mai 1978 √† Rome ou dans les environs, assassin√© par les Brigades rouges) √©tait un juriste (professeur de droit p√©nal) et un homme politique italien de premier plan, plusieurs fois pr√©sident du Conseil.

Sommaire

Biographie

Aldo Moro a exerc√© la fonction de pr√©sident du Conseil des ministres de la R√©publique italienne √† cinq reprises :

L'un des principaux dirigeants historiques et pour longtemps chef de l'aile progressiste de Democrazia cristiana (DC, en français, la Démocratie chrétienne), homme fort tolérant et très respecté à gauche, Aldo Moro était considéré comme un homme d'une grande patience et un médiateur de talent, tout particulièrement dans la vie de son parti. Il fut enlevé et assassiné par des terroristes des Brigades rouges.

Aldo Moro reste connu comme le principal artisan du Compromesso storico (en français, le Compromis historique) entre son parti, la Démocratie chrétienne (DC), et le Parti communiste italien (PCI), dirigé par Enrico Berlinguer.

Débuts politiques

Sa carrière politique est née au crépuscule du fascisme dans les groupes universitaires GUF (Jeunesses Universitaires Fascistes).

Professeur de droit pénal à la faculté de jurisprudence de l'université de Bari à partir de 1940, en 1941 il rejoint et devient président de la FUCI (Fédération Universitaire des catholiques italiens).

Apr√®s la Seconde Guerre mondiale, Moro fut √©lu √† l'Assembl√©e Constituante en 1946. Il participa √† la r√©daction de la nouvelle Constitution et fut ensuite r√©√©lu comme d√©put√© √† la Chambre des d√©put√©s en 1948 pour y servir jusqu'√† sa mort. Il a √©t√© sous-secr√©taire d'√Čtat aux Affaires √Čtrang√®res (1948 - 1950), garde des sceaux, ministre de la Justice (1955 - 1957), de l'√Čducation Nationale (1957 - 1958) et des Affaires √Čtrang√®res (1969 - 1972 et 1973 - 1974). Il a √©t√© secr√©taire de la D√©mocratie Chr√©tienne de 1960 √† 1963 et pr√©sident de ce parti de 1976 jusqu'√† sa mort.

Juriste renomm√©, il a √©t√© professeur de droit et proc√©dure p√©nale √† la facult√© de Sciences Politiques de l'universit√© de Rome ¬ę La Sapienza ¬Ľ de 1960 jusqu'√† la mort.

Le ¬ę Compromis historique ¬Ľ

Pendant les ann√©es 1970, Moro porta son attention sur le projet d'Enrico Berlinguer de Compromis historique. Le dirigeant du PCI (Parti communiste italien) proposait une alliance entre les communistes et les d√©mocrates-chr√©tiens √† une √©poque de grave crise √©conomique, politique et sociale en Italie. Moro, qui pr√©sidait alors la D√©mocratie chr√©tienne, fut l'un de ceux qui contribu√®rent √† former un gouvernement de ¬ę solidarit√© nationale ¬Ľ.

Moro fut chef de cinq gouvernements de centre-gauche, de décembre 1963 à juin 1968, puis à nouveau de novembre 1974 à avril 1976. Mais jamais il ne put diriger une coalition issue du Compromis historique.

Enlèvement et assassinat

Le 16 mars 1978, il est enlevé en plein Rome, rue Stresa, par les Brigades rouges, un groupe terroriste d'extrême gauche dirigé par Mario Moretti. Les assaillants assassinent, avec une "froideur inhumaine"[1], les cinq gardes du corps de Moro afin de l’enlever. Après une détention de 55 jours, Moro est assassiné à Rome ou dans les environs. Son corps est retrouvé le jour même dans le coffre d'une automobile.

Moro était en route pour une session de la Chambre des députés lorsqu’il est enlevé. Lors de cette session, les députés devaient discuter le vote de confiance au nouveau gouvernement de Giulio Andreotti qui pour la première fois recevait l’aval du parti communiste. Ce devait être la première application de la vision stratégique que partageait Moro avec Berlinguer (chef du PCI) de Compromis historique.

Les Brigades rouges propos√®rent d‚Äô√©pargner la vie de Moro en √©change de la lib√©ration de plusieurs de leurs compagnons emprisonn√©s. Durant la d√©tention, il est sugg√©r√© que certaines personnes dans les services secrets ou l'appareil d'√Čtat savaient o√Ļ se situait le lieu de d√©tention (un appartement romain).

Pendant cette p√©riode, Moro √©crivit des lettres aux principaux dirigeants de la DC ainsi qu‚Äôau Pape Paul VI (qui plus tard c√©l√©bra personnellement la messe de fun√©railles de Moro). Dans ses lettres, Moro pr√īnait comme objectif prioritaire pour l‚Äô√Čtat de sauver des vies, et affirmait que le gouvernement devait s‚Äô√©vertuer √† satisfaire les demandes de ses ge√īliers. La plupart des dirigeants du parti de la D√©mocratie chr√©tienne soutenait que les lettres ne refl√©taient pas les aspirations sinc√®res de Moro, et refus√®rent toute tentative de n√©gociation, rejetant ainsi les requ√™tes de la famille Moro. Dans son appel aux terroristes, le Pape Paul VI demanda la lib√©ration ¬ę sans conditions ¬Ľ de Moro.

Suivant les indications des Brigades rouges, son corps sans vie fut retrouvé dans le coffre d'une automobile via Caetani, à mi-chemin des sièges de la DC et du PCI. Sans doute un dernier acte symbolique à l’attention de la police et des institutions qui gardaient toute la nation, et sa capitale en particulier, sous une surveillance stricte et sévère.

L'affaire Romano Prodi et la séance de spiritisme

Il a m√™me √©t√© dit que Romano Prodi (l‚Äôancien pr√©sident de la Commission europ√©enne) √©tait impliqu√© dans une √©trange histoire d‚Äôindication de la rue o√Ļ √©tait d√©tenu Moro. En effet, Prodi participa √† une s√©ance de spiritisme (le 2 avril 1978 chez le professeur Alberto Clo[2]) pendant laquelle ¬ę les esprits ¬Ľ indiqu√®rent Gradoli comme lieu de d√©tention[3]. Une descente de police dans le village de Gradoli (pr√®s de Viterbe) ne donna rien, mais on apprit plus tard que Moro avait √©t√© d√©tenu par les Brigades rouges rue Gradoli √† Rome[3].

Or, les scientifiques sugg√®rent que les ph√©nom√®nes de Ouija sont des canulars li√©s √† l'effet id√©omoteur[4]. Diff√©rentes √©tudes ont √©t√© men√©es, reproduisant les effets de la planchette Ouija en laboratoire et montrant que les sujets d√©pla√ßaient la ¬ę goutte ¬Ľ de fa√ßon involontaire[4],[5]. Une session caract√©ristique se d√©roule avec la pr√©sence d'au moins deux personnes posant la main sur la planchette. Il n'est alors pas n√©cessaire d'exercer une pression forte pour la faire bouger, les participants peuvent m√™me ne pas s'en rendre compte. Ce qui voudrait dire que Prodi ou l'un des participants de cette s√©ance connaissait le lieu de d√©tention de Moro.

Aussi, une deuxième enquête parlementaire a été ouverte en 1998. Mais tous les participants semblent avoir donné la même version[6].

Le mystère entourant sa disparition

La capture de Moro, la cause et les méthodes de son assassinat n'ont pas été complètement éclaircies à ce jour, en dépit de plusieurs procès et de nombreuses enquêtes, ainsi que d’une attention nationale et internationale soutenue. Certains ont envisagé que les lettres de Moro comportaient des messages codés à l’attention de sa famille et de ses collègues. D’autres ont douté de la validité de ces lettres, et envisagé une éventuelle censure. Le chef des carabiniers Carlo Alberto Dalla Chiesa (qui sera plus tard assassiné par la mafia) trouva des copies des lettres de Moro dans une maison milanaise ayant appartenu à des terroristes. Mais ce ne fut que des années après cette découverte qu’elles furent rendues publiques.

Certains ont sugg√©r√© que les Brigades rouges avaient √©t√© infiltr√©es ou manipul√©es, pour discr√©diter la cause communiste, par les services secrets am√©ricains (via Gladio). Guy Debord lui met plut√īt en cause des services secrets italiens[7] . Cette th√©orie se fonde sur le fait que l'effort fourni par Moro pour int√©grer des communistes au sein du gouvernement n'avait pas re√ßu l'approbation des √Čtats-Unis. Aucune preuve n'a pu √™tre trouv√©e pour l'appuyer.

Il est n√©anmoins √©tabli que le gouvernement italien, conseill√© par des fonctionnaires am√©ricains, a d√©lib√©r√©ment fait √©chouer les n√©gociations. Dans un documentaire d'Emmanuel Amara (2006) r√©alis√© pour la s√©rie de France 5, ¬ę Les derniers jours d'une ic√īne ¬Ľ, Steve Pieczenik, un ancien n√©gociateur en chef am√©ricain ayant travaill√© sous les ordres des secr√©taires d'√Čtat Henry Kissinger, Cyrus Vance et James Baker, raconte comment il a particip√© au court-circuitage des n√©gociations afin qu'elles n'aboutissent pas, avec comme recours √©ventuel de ¬ę sacrifier Aldo Moro pour maintenir la stabilit√© politique en Italie ¬Ľ. ¬ę J'ai instrumentalis√© les Brigades rouges pour tuer Moro ¬Ľ, ajoute-t-il. Un peu plus tard, dans le m√™me documentaire, Francesco Cossiga, ministre de l'Int√©rieur de l'√©poque, confirme cette version des faits[8]. C'est aussi la conclusion √† laquelle est arriv√© le journaliste d'investigation am√©ricain Webster G. Tarpley.

Voir aussi

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Bibliographie

  • Emmanuel Amara, Nous avons tu√© Aldo Moro, Patrick Robin √Čditions, 2006 (ISBN 2-35228-012-5)[9]
  • Aldo Moro, Mon sang retombera sur vous, Tallandier, 2005.
  • Leonardo Sciascia, L'Affaire Moro, Grasset, 1978.
  • Webster Tarpley, Chi ha ucciso Aldo Moro ? (Qui a tu√© Aldo Moro ?), 1978

Liens internes

  • Enl√®vement de Ciro Cirillo en 1981
  • Enl√®vement de Kim Dae-jung (1973)
  • False flag
  • Gladio : Licio Gelli a √©t√© accus√© d'√™tre impliqu√© dans l'assassinat d'Aldo Moro, dans la mesure o√Ļ le chef des services secrets de l'√©poque, accus√© de n√©gligence lors de cette affaire, √©tait membre de Propaganda Due (P2).
  • Les circonstances de sa mort sont trait√©es dans le film Buongiorno, Notte de Marco Bellocchio en 2003, d'apr√®s le livre d'un ancien membre des Brigades rouges, Anna Laura Braghetti.

Liens externes

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Primo Levi, ¬ę Esp√©rons que les Brigades rouges auront, par la froideur inhumaine avec laquelle elles commettent leurs crimes, d√©voil√© leur vraie nature aux quelques individus qui avaient vu en elles des compagnons de route ¬Ľ, √©crivait celui-ci dans ¬ę La Stampa ¬Ľ apr√®s l'assassinat d'Aldo Moro
  2. ‚ÜĎ http://www.guardian.co.uk/world/1999/aug/03/eu.politics
  3. ‚ÜĎ a et b http://www.independent.co.uk/news/world/europe/the-seance-that-came-back-to-haunt-romano-prodi-517786.html
  4. ‚ÜĎ a et b Cheryl A. Burgess, ¬ę Facilitated Communication as an Ideomotor Response ¬Ľ, dans Psychological Science, Blackwell Publishing, vol. 9, no 1, 1998, p. 71 [texte int√©gral (page consult√©e le 21 novembre 2010)] 
  5. ‚ÜĎ Hattie Brown Garrow : Suffolk's Lakeland High teens find their own answers, McClatchy - Tribune Business News (1er d√©cembre 2008).
  6. ‚ÜĎ http://www.parlamento.it/parlam/bicam/terror/stenografici/steno35.htm
  7. ‚ÜĎ En janvier 1979, dans la Pr√©face √† la quatri√®me √©dition italienne de ¬ę La Soci√©t√© du Spectacle ¬Ľ et √† propos du S.I.M., Service [italien] des Informations Militaires, Guy Debord a √©crit : ¬ę quand on a programm√© sur un ordinateur une esp√®ce de doctrine-robot de la ¬ę brigade rouge ¬Ľ, lugubre caricature de ce que l‚Äôon serait r√©put√© penser et faire si l‚Äôon pr√©conise la disparition de cet √Čtat, un lapsus de l‚Äôordinateur ‚ÄĒ tant il est vrai que ces machines-l√† d√©pendent de l‚Äôinconscient de ceux qui les informent ‚ÄĒ a fait attribuer au seul pseudo-concept que r√©p√®te automatiquement la ¬ę brigade rouge ¬Ľ, ce m√™me sigle de S.I.M., voulant dire pour cette fois ¬ę Soci√©t√© Internationale des Multinationales ¬Ľ ¬Ľdebordiana.chez.com.
  8. ‚ÜĎ ¬ę Pourquoi le pouvoir italien a l√Ęch√© Aldo Moro ex√©cut√© en 1978 ¬Ľ, sur Rue89. Extrait du documentaire d'Emmanuel Amara
  9. ‚ÜĎ Un livre peu connu huit mois apr√®s sa parution, comment√© ici.



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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Aldo Moro de Wikipédia en français (auteurs)

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