Guillaume VI Durand

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Guillaume VI Durand
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Guillaume Durand
Image illustrative de l'article Guillaume VI Durand
Biographie
Décès 1330
√Čv√™que de l'√Čglise catholique
√Čv√™que de Mende

Blason

Guillaume VI Durand, né à une date inconnue à Puimisson et mort en 1330, est un évêque de Mende en Gévaudan. Il est le neveu de Guillaume Durand, son prédécesseur. Il porte le numéro VI comme étant le sixième évêque de Mende à se prénommer Guillaume. Cependant si cinq de ses prédécesseurs se sont prénommés ainsi, la littérature privilégie souvent le numéro IV (ou IIII) ou simplement le II pour le différencier de son oncle[1]. On le retrouve ainsi également nommé Guillaume Duranti II.

Sommaire

Biographie

Ses débuts, les querelles

Il est n√©, comme son oncle, √† Puimisson, pr√®s de B√©ziers. Il a trois fr√®res : Pierre qui h√©rite des biens familiaux, Bernard et Pons tous deux chanoines √† Mende[1].

Le 7 mars 1291 il obtient un premier poste √† Banassac, en G√©vaudan, o√Ļ le pape lui offre la collation de Saint M√©dard. Il succ√®de ainsi √† l'un de ses parents, Hugon d'Aquisvisis. Il devient ensuite chanoine puis archidiacre √† Mende avant de devenir √©v√™que le 17 d√©cembre 1296. Il n'√©tait alors pas encore pr√™tre (donc non √©ligible √† la qualit√© d'√©v√™que) mais il obtient une d√©rogation du pape Boniface VIII. Il ne prend cependant possession de son √©v√™ch√© que le 23 octobre 1304[2].

Peu de temps après sa prise en main de l'évêché il rentre en conflit avec les barons du Gévaudan, principalement les Peyre. Lorsque, en octobre 1304, il prend possession de l'évêché, il réunit ses chanoines et déclare qu'il comptait corriger l'injustice dont son église est victime, et ne jamais pardonner le complot ourdi par Astorg de Peyre, Guigue de Cénaret et Hugues de Quintinhac[3]. Il faut savoir que, depuis 1161 et la Bulle d'or obtenue par Aldebert III du Tournel, les évêques de Mende ont tout pouvoir politique sur Mende et le Gévaudan. Mais une partie du pouvoir est également détenu par la Vicomté de Grèzes, ancienne possession des rois d'Aragon, rattachée au domaine royal français en 1258. Grèzes est basé en terre de Peyre, la plus grande ville était alors Marvejols. De plus, Marvejols était bailli des sénéchaux de Beaucaire qui souvent passaient outre la juridiction de l'évêque[4].

Il laisse également les chevaliers de la Garde-Guérin continuer leurs agissements, bien que cela lui déplaise, à l'image de ses prédécesseurs (dont Aldebert qui craignait la présence de ces chevaliers sur la voie Regordane).

Guillaume Durand cherche alors à légitimer son pouvoir. En 1302, il obtient de la Chaise-Dieu les prieurés de Fournels, de Brion, de Termes, de Saint-Pierre-le-Vieux et du Bacon. En juin de cette même année, il ramène en la cathédrale de Mende des reliques de la Vraie Croix offertes par le roi de France.

L'acte de paréage

Guillaume Durand n'appr√©cie pas l'acte sign√© de la Bulle d'or, et l'assouvissement d'Aldebert en faveur du roi de France, qui engage ses successeurs. Il veut donc remettre en question la place du Roi en G√©vaudan, continuant ainsi un proc√®s qui a √©t√© entam√© par ses pr√©d√©cesseurs 36 ans auparavant, et visant √† d√©finir les limites de chacun des deux partis. Entre 1301 et 1302, il r√©dige un ¬ę M√©moire sur le par√©age ¬Ľ, o√Ļ il d√©montre la l√©gitimit√© du pouvoir temporel de l'√Čglise[5]. Pour r√©aliser cette enqu√™te, il s'entoure de plusieurs notables du pays, tels Gaucelin de la Garde, √©v√™que de Maguelone ou Pierre de La Chapelle-Taillefert, archev√™que de Toulouse.

Le 3 f√©vrier 1307 tout est pr√™t, et il conclut alors un acte de par√©age avec le roi Philippe le Bel[6]. Cet acte s√©pare ainsi le G√©vaudan en trois terres : celle de l'√©v√™que, celle du Roi et les terres communes. Ce trait√© consacre d√©finitivement la soumission des barons √† l'autorit√© de l'√©v√™que ou du roi, m√™me s'ils ont encore droit de justice sur la terre commune.

Cet acte permet donc √† l'√©v√™que de devenir Comte de G√©vaudan. Il obtient ainsi le droit, entre autres, de battre sa monnaie. Ce statut de comte-√©v√™que sera d'ailleurs conserv√© jusqu'√† la disparition du G√©vaudan √† la R√©volution fran√ßaise. Par cons√©quent Mende devient officiellement capitale civile et religieuse. Un bailli royal √©tant bas√© √† Marvejols, alors qu'un bailli √©piscopal dirige Mende. La justice, les imp√īts et amendes sur les terres communes seront √† la charge des barons, en accord avec le Roi et l'√©v√™que.

Les barons tentent de s'insurger contre cet acte qui limite leur pouvoir, et intentent un procès devant le Parlement de Paris. Le verdict tombe en leur défaveur en 1341.

La lutte contre les Templiers

Guillaume Durand est tr√®s proche du Roi Philippe le Bel. Ce dernier souhaite, avec l'aide du pape Cl√©ment V voir dispara√ģtre l'Ordre du Temple. En ao√Ľt 1308, l'√©v√™que fait partie des huit commissaires nomm√©s par le Pape pour instruire le proc√®s des Templiers[7]. Il rend ainsi un rapport le 5 juin 1311, qui lui vaut l'hostilit√© des Templiers. Dans celui-ci il pr√©conise de prendre une ¬ę ordonnance pontificale ¬Ľ plut√īt qu'une instruction judiciaire[8]. Menac√©, il est autoris√© par le pape √† se constituer une garde personnelle pour se pr√©munir d'un attentat, au cours de l'ann√©e 1312.

La pr√©sence des Templiers en G√©vaudan est av√©r√©e par certaines marques sur les pierres (dont une croix de Malte sur le roc de Peyre, lieu du ch√Ęteau des barons du m√™me nom), mais ils n'√©taient peut-√™tre pas tr√®s nombreux, et n'avaient aucune possession. En effet le G√©vaudan abritait principalement les Hospitaliers de Saint-Jean de J√©rusalem, rivaux des Templiers.

La r√©forme de l'√Čglise

En m√™me temps que se tient le proc√®s des Templiers, Guillaume Durand pr√©sente son rapport intitul√© Tractatus de modo generalis Concilii celebrandi[9], o√Ļ il pr√©conise une r√©forme de l'√Čglise. Il en fait la lecture le 16 octobre 1311 lors du Concile de Vienne. Il remet en cause l'absolutisme de Rome. Il pr√īne en faveur du mariage des pr√™tres, de la gratuit√© des sacrements, et milite contre les f√™tes religieuses qu'il juge trop licencieuses[10].

Cette requ√™te n'est pas accept√©e par l'√Čglise, et certains craignent m√™me qu'elle puisse provoquer un schisme. Il n'en est finalement rien, mais cette r√©forme est rejet√©e. Cela ne change en rien la confiance que le pape place en lui au sujet des Templiers.

Juriste auprès du roi

En 1316 il intervient en qualité de juriste pour conforter le droit de succession de Philippe V de France, suite à la mort de Jean Ier. Il devient ainsi conseiller royal. C'est ainsi qu'il négocie, en 1317, un traité avec la Castille, et arbitre un acte de paréage entre l'évêque de Rodez et le comte d'Armagnac, acte annulé finalement par le pape Jean XXII. Guillaume Durand sert alors d'interlocuteur entre le roi de France et le pape lors de plusieurs arbitrages.

Il s'occupe aussi de la politique √©trang√®re. Ainsi, entre 1319 et 1321, il se rend en Angleterre pour conclure la paix entre les rois d'Angleterre et d'√Čcosse[1].

Préparation de la croisade et mort

En 1323, il s'associe avec Amauri de Narbonne afin de pr√©parer une croisade, mais le projet et finalement abandonn√©. Cette id√©e de croisade ressurgi en 1329 √† la demande du pape Jean XXII et du roi de France Philippe de Valois. Il est alors mand√© de se rendre en √Čgypte, en compagnie de Pierre de Palu (Pierre III de la Palude), patriarche de J√©rusalem[1].

Le 24 avril 1329, alors qu'il se sent √† l'article de la mort, il obtient du pape le droit de recevoir l'absolution. Il meurt √† Nicosie, en Chypre, en juillet 1330[1]. Il est inhum√© √† gauche de l'autel de l'√©glise Sainte-Marie de Beaulieu de Nicosie. Cette √©glise ayant √©t√© d√©truite au XVIe si√®cle, il ne reste plus rien de la d√©pouille comme du tombeau de Guillaume Durand.

Son gisant

Guillaume Durand avait fait √©riger une chapelle d√©di√©e √† saint Privat au sein du prieur√© Notre-Dame-de Cassan, pr√®s de B√©ziers dans l'H√©rault. Un gisant lui a alors √©t√© √©lev√©, et plac√© dans cette chapelle. Ce c√©notaphe a √©t√© acquis par la Soci√©t√© arch√©ologique du Midi de la France le 10 ao√Ľt 1833, et ainsi a √©t√© d√©plac√© au Mus√©e des Augustins de Toulouse[11].

Il s'agit d'une sculpture de marbre, de près de deux mètres de longueur, 60 centimètres de profondeur et 26 centimètres de hauteur. L'évêque y est représenté en habits pontificaux, les bras croisés sur sa poitrine et accompagné de la crosse d'évêque. Ses pieds sont appuyés sur un dragon.

Armes

Armes personnelles
Blason des Durand

De gueules à trois bandes d’argent, et un chef d’argent chargé d’un lion naissant d’azur, soutenu d’une devise cousue d’azur chargée de trois fleurs de lys d’or.

Armes en qualité d'évêque de Mende
Blason de Guillaume Durand, évêque

D’or à trois pals de gueules, chargé d’un buste mitré tenant de la main droite une épée, et de la sénestre une crosse, le tout d’or

√Čcrits

  • M√©moire relatif au par√©age, 1305-1307
  • Tractatus de modo generalis Concilii celebrandi, 1309-1311

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a, b, c, d et e Fasti Ecclesiae Gallicanae, volume 8, le dioc√®se de Mende, Philippe Maurice, Brepols Publishers, Turnhout, 2004, (ISBN 978-2-503-52159-6), p. 87-96, (fr) visualisable gratuitement sur le site de FEG
  2. ‚ÜĎ F√©lix Buffi√®re, Ce tant rude G√©vaudan [d√©tail des √©ditions], tome I, p. 706
  3. ‚ÜĎ Guillaume Durand le jeune, √©v√™que de Mende, Histoire litt√©raire de la France, XXXV, P. Viollet, Paris, 1921, p. 1
  4. ‚ÜĎ F√©lix Buffi√®re, Ce tant rude G√©vaudan [d√©tail des √©ditions], tome II, p. 706
  5. ‚ÜĎ Les √©v√™ques comtes du G√©vaudan : √©tude sur le pouvoir temporel des √©v√™ques de Mende, Ch. Poree, Bulletin 1915
  6. ‚ÜĎ Loz√®re, encyclop√©die Bonneton, I. Darnas, 2004, p. 36
  7. ‚ÜĎ Les templiers, St√©phane Ingrand, p. 110, (ISBN 9782848550794). Nota Bene : S. Ingrand ne mentionne pas Jean de Montlaur, √©v√™que de Maguelone, pourtant mandat√© √©galement comme commissaire ((fr) site d√©di√© aux Montlaur).
  8. ‚ÜĎ F√©lix Buffi√®re, Ce tant rude G√©vaudan [d√©tail des √©ditions], tome I, p. 721
  9. ‚ÜĎ Ouvrage disponible (fr) sur Google Books
  10. ‚ÜĎ F√©lix Buffi√®re, Ce tant rude G√©vaudan [d√©tail des √©ditions], tome I, p. 723
  11. ‚ÜĎ (fr) Fiche du gisant sur le site du Mus√©e des Augustins
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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Guillaume VI Durand de Wikipédia en français (auteurs)

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