Guerres d'Italie

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Guerres d'Italie

Les guerres d’Italie sont une suite de conflits menĂ©s par les souverains français en Italie au cours du XVIe siĂšcle pour faire valoir ce qu'ils estimaient ĂȘtre leurs droits hĂ©rĂ©ditaires sur le royaume de Naples, puis sur le duchĂ© de Milan.

Sommaire

Origines

Le royaume de Naples, jusqu’en 1442, est aux mains de la maison d'Anjou, maison cadette des CapĂ©tiens. À cette date, l’Aragon avec le roi Alphonse V en prend le contrĂŽle. La maison d’Anjou essaie alors sans relĂąche d’en reprendre possession. Son dernier reprĂ©sentant, RenĂ© d’Anjou meurt en 1480 : ses droits sur le royaume de Naples passent alors au royaume de France, oĂč rĂšgne Louis XI, puis, Ă  partir de 1483, Charles VIII.

Charles VIII doit faire d'importantes recherches dans les archives pour prouver le bien-fondĂ© de ses prĂ©tentions, d'autant plus que la maison d'Anjou a perdu ses possessions napolitaines en 1442. Ce legs comprend aussi le royaume de JĂ©rusalem, qui sera occupĂ© par les mamelouks jusqu'en 1517. Trois traitĂ©s diplomatiques assurent Ă  la France la neutralitĂ© de l'Espagne par le traitĂ© de Barcelone en 1493 (Ferdinand d'Aragon rĂ©cupĂšre le Roussillon et la Cerdagne), de l'Angleterre par le traitĂ© d'Étaples en 1492 et de l'empereur Maximilien par le traitĂ© de Senlis en 1493. Dans ces derniers accords, Charles VIII renonce Ă  la Franche-ComtĂ©, dot de l'ancienne fiancĂ©e du roi Marguerite d'Autriche, mais que Maximilien a dĂ©jĂ  rĂ©cupĂ©rĂ©e.

En 1486, certains barons du royaume de Naples, restés fidÚles aux Angevins, se révoltent. Vaincus ils se réfugient en France. Les monarques français vont alors essayer de faire valoir leurs droits pendant prÚs de 60 ans.

Charles VIII est par ailleurs incitĂ© Ă  se rendre en Italie par Ludovic le More, qui est alors tuteur du duc de Milan Jean GalĂ©as Sforza. Ludovic le More est inquiet de la rupture possible de l’équilibre en Italie : l’alliance formĂ©e dĂšs 1467 par Florence, Milan et Naples, pour lutter contre la puissance vĂ©nitienne, bat de l’aile et Pierre l’InfortunĂ©, le successeur de Laurent le Magnifique, se rapproche du royaume de Naples.

Les premiĂšres guerres d’Italie : de Charles VIII Ă  Marignan

Premiùre guerre d’Italie (1494-1497)

Premiùre guerre d’Italie
Map of Italy (1494)-fr.svg
L'Italie en 1494
Informations générales
Date 1494-1497
Lieu Italie
Casus belli Revendications françaises sur le trĂŽne de Naples
Issue TrĂȘve d’AlcalĂĄ de Henares
Belligérants
Royaume de France
Duché de Milan (1494-1495)
Royaume de Naples
RĂ©publique de Venise (1495-1497)
États pontificaux (1495-1497)
Saint-Empire (1495-1497)
Aragon (1495-1497)
Castille (1495-1497)
Duché de Milan (1495-1497)
Commandants
Charles VIII de France
Louis d'Orléans
Gilbert de Montpensier
François II de Mantoue
Gonzalve de Cordoue
Guerres d'Italie
Batailles
Seminara - Fornoue

AlliĂ© au duchĂ© de Milan, et sous le prĂ©texte fallacieux (y compris pour ses contemporains) de mener une nouvelle croisade contre l’Empire ottoman et de dĂ©livrer JĂ©rusalem, Charles VIII part de Grenoble et franchit le col de MontgenĂšvre le 2 septembre 1494.

L’armĂ©e française qui pĂ©nĂštre en Italie est composĂ©e de la garde rapprochĂ©e du roi, formĂ©e par deux cents cavaliers, une cavalerie de 1 600 lances, 12 000 fantassins (dont 6 000 Suisses et 3 000 Gascons) et surtout une artillerie de 70 piĂšces, lĂ©gĂšres et maniables, tirant des boulets de bronze ou de cuivre Ă  cent coups Ă  l'heure.

Les Français avancent rapidement et atteignent la ville d’Asti le 9 septembre[1]. ParallĂšlement, Ă  Rapallo, prĂšs de GĂȘnes, les troupes franco-milanaises commandĂ©es par Louis d’OrlĂ©ans, appuyĂ©es par la marine française, mettent en dĂ©route une armĂ©e de 5 000 Aragonais, fraĂźchement dĂ©barquĂ©s dans le port de GĂȘnes. Victime de la petite vĂ©role, Charles VIII ne peut pĂ©nĂ©trer dans GĂȘnes avant le 6 octobre.

L’armĂ©e française continue alors en direction de Naples : le 20 octobre, les Français prennent Mordano, en Romagne, et y massacrent civils et soldats; le 26, c’est le bourg de Fivizzano qui subit le mĂȘme sort. Les Italiens sont terrorisĂ©s, et aprĂšs nĂ©gociation, Florence est prise sans combat le 17 novembre. Les Français la quittent le 28 du mĂȘme mois et entrent dans Rome le 31 dĂ©cembre. Pendant ce temps, une rĂ©volution populaire a transformĂ© la Florence des MĂ©dicis en une rĂ©publique qui survivra jusqu’en 1512.

À la mi-fĂ©vrier 1495, le roi Alphonse II de Naples abdique et Ferdinand II lui succĂšde. Ce dernier doit fuir devant l’arrivĂ©e des troupes françaises le 22 fĂ©vrier 1495. Des nobles italiens, nostalgiques de la pĂ©riode angĂ©vine et convaincu de la justesse de la prĂ©tentions de Charles VIII se rallient Ă  lui avec leur hommes d'armes (Lavorata...) et agissent en condottiere bon marchĂ©, se contentant de la solde du roi (8d pour un chevalier). L’occupation militaire de Naples est l’occasion pour de nombreux soldats de contracter un mal jusqu’alors inconnu : la syphilis.

L’arrogance de l’occupant provoque l’hostilitĂ© de la population. Une alliance anti-française, la Ligue de Venise, se forme. Charles VIII dĂ©cide de quitter Naples le 20 mai 1495 avec le gros de son armĂ©e. Gilbert de Montpensier, devenu vice-roi, y demeure Ă  la tĂȘte d’une garnison française.

RestĂ© en Lombardie avec une partie des troupes, Louis d’OrlĂ©ans, bien qu’ayant reçu l’ordre de ne pas attaquer le duc de Milan Ludovic le More, ne peut rĂ©sister Ă  l’envie de s’emparer de Novare. Il y entre le 10 juin 1495 et y est trĂšs bien reçu par les habitants, mais ne pousse pas jusquĂ  Milan, pourtant peu dĂ©fendue et sans doute prĂȘte Ă  l'accueillir de la mĂȘme façon.

Cependant, le retour vers la France de Charles VIII s’effectue dans des conditions difficiles. Le roi, ayant quittĂ© Naples avec une armĂ©e diminuĂ©e (il n’a plus que 9 000 hommes avec lui), fait traverser Ă  grand-peine les Apennins Ă  son artillerie et arrive prĂšs de Fornoue le 5 juillet. RattrapĂ© par l’armĂ©e coalisĂ©e, forte de 35 000 hommes et commandĂ©e par le marquis de Mantoue, François II, Charles VIII est obligĂ© d’accepter le combat. Le 6 juillet se dĂ©roule la bataille de Fornoue oĂč les Français, malgrĂ© leur infĂ©rioritĂ© numĂ©rique, remportent une relative victoire leur permettant de poursuivre leur retraite.

L’armĂ©e arriva Ă  Asti dans un Ă©tat de dĂ©labrement certain. Louis d’OrlĂ©ans, enfermĂ© avec ses troupes dans Novare par les 30 000 hommes de Ludovic le More et en proie Ă  la famine, appelle son cousin Ă  l’aide, qui part Ă  son secours sans lui tenir rigueur de son insubordination.

Des nĂ©gociations s’ouvrent entre les deux parties qui conduisent Ă  la paix de Verceil signĂ©e le 9 octobre 1495. Louis d’OrlĂ©ans Ă©vacue Novare avec ses 5 500 hommes majoritairement suisses dont un grand nombre, trop affaibli, meurt peu aprĂšs. Le traitĂ© de Verceil accorde au roi de France des espĂ©rances chimĂ©riques et laisse en rĂ©alitĂ© le champ libre au duc de Milan.

Pendant ce temps, les Français laissĂ©s sur les dĂ©bris du royaume de Naples combattent pour en conserver la possession. Ferdinand II dĂ©barque en Calabre et les assiĂ©ge dans Naples. Montpensier s'enferme dans les chĂąteaux en attendant les secours de France. Ceux-ci tardent Ă  arriver : Ludovic le More ne tient pas son engagement d'envoyer une flotte pour acheminer leur troupes vers Naples et Charles VIII est Ă  court d’argent. Le coĂ»t de son expĂ©dition en Italie aurait dĂ» ĂȘtre partiellement couvert par des dons des Florentins, dons conditionnĂ©s au retour sous leur contrĂŽle des places fortes prĂȘtĂ©es au roi. Ces places fortes sont finalement vendues Ă  Lucques, Venise, GĂȘnes ou Pise, aprĂšs la trahison du commandant français en Toscane, Robert de Balsac. Charles VIII se voit donc contraint Ă  rembourser les prĂȘts florentins et ne reçoit pas de nouveaux fonds de cette ville.

Gilbert de Montpensier, en dĂ©sespoir de cause, embarque avec la quasi-totalitĂ© de sa garnison et se rend Ă  Salerne. L’armĂ©e du comte, composĂ©e en grande partie de mercenaires allemands et italiens, manquant souvent de vivres et n’ayant pas reçu sa solde depuis fort longtemps, se laisse enfermer par Ferdinand II dans la petite ville d’Atella. Une partie des mercenaires allemands fait dĂ©fection, poussant les Français Ă  la capitulation. L’armĂ©e française retenue prisonniĂšre est dĂ©cimĂ©e par la maladie et la faim.

L’Espagne, engagĂ©e dans la Ligue de Venise en violation du traitĂ© de Barcelone, attaque le Languedoc Ă  plusieurs reprises courant 1496. Des nĂ©gociations en vue d’obtenir une paix sĂ©parĂ©e avec l’Espagne occupent une partie de l’annĂ©e 1496, toute l’annĂ©e 1497 et le dĂ©but de 1498, aboutissant Ă  la signature de la trĂȘve d’AlcalĂĄ de Henares le 24 novembre 1497.

Charles VIII, toujours dĂ©sireux de reconquĂ©rir le royaume de Naples, entretient des intelligences avec les princes d’Italie dont les États peuvent lui ouvrir de nouveau le chemin de ce royaume. Le duc d’OrlĂ©ans contribue cependant Ă  faire naĂźtre des obstacles aux projets du roi qui meurt en 1498 sans assouvir ses rĂȘves de revanche.

Deuxiùme guerre d’Italie (1499-1500)

Deuxiùme guerre d’Italie
Informations générales
Date 1499-1500
Lieu Milanais
Casus belli Revendications françaises sur le duchĂ© de Milan
Changements territoriaux DuchĂ© de Milan-GĂȘnes
Issue Capture du duc de Milan
Belligérants
Royaume de France
RĂ©publique de Venise
Duché de Milan
Commandants
Jacques de Trivulce Ludovic le More
Guerres d'Italie
Batailles
Novare

Louis d’OrlĂ©ans, devenu Louis XII, hĂ©rite des droits des Valois sur le royaume de Naples et estime en avoir Ă©galement sur le duchĂ© de Milan, par sa grand-mĂšre issue de la famille Visconti. ConseillĂ© par le cardinal-archevĂȘque de Rouen, Georges d'Amboise, Louis XII prĂ©pare minutieusement sa campagne en Italie. Il se rapproche d’abord des Borgia pour s'assurer l’appui du pape Alexandre VI pour l'annulation de son mariage avec Jeanne de France et son remariage avec la veuve de Charles VIII, Anne de Bretagne, dans le but de conserver le duchĂ© de Bretagne. CĂ©sar Borgia apporte la bulle pontificale accordant l’annulation du mariage. En rĂ©compense, le roi de France accorde au messager le duchĂ© de Valentinois, Ă©rigĂ© en duchĂ©-pairie, ainsi que la main de Charlotte d'Albret, sƓur du roi de Navarre, Ă  la satisfaction du pape dĂ©sireux de placer tous les membres de sa famille Ă  l’échelle europĂ©enne. Louis XII se rapproche Ă©galement de la RĂ©publique de Venise avec qui il signe le traitĂ© de Blois le 2 fĂ©vrier 1499 par lequel il lui promet la rĂ©gion de CrĂ©mone si elle intervient au cĂŽtĂ© de la France. Le 16 mars 1499 est signĂ© le traitĂ© de Lucerne entre la France et les Cantons suisses. Enfin, il conclut des accords avec le roi Henri VII d'Angleterre et le futur roi de Castille, Philippe le Beau. Le duc de Milan Ludovic le More se trouve ainsi totalement isolĂ©.

Les Français commandĂ©s par le condottiere Jacques de Trivulce et les VĂ©nitiens attaquent le duchĂ© de Milan en juillet 1499. Ludovic le More, sans soutien de l'Empereur et attaquĂ© sur deux fronts, se rĂ©fugie au Tyrol. Trivulce occupe Milan le 2 septembre 1499. GĂȘnes tombe Ă©galement aux mains du roi de France. Louis XII rejoint Trivulce Ă  Milan puis repart pour son royaume, laissant la protection du duchĂ© Ă  son gĂ©nĂ©ral. Ludovic Sforza reconstitue une armĂ©e et reprend Milan en mars 1500.

Louis XII envoie alors La TrĂ©moille et Georges d'Amboise reconquĂ©rir le duchĂ©. Ludovic le More n’ayant pas soldĂ© ses mercenaires, ces derniers refusent de combattre les Français et leur livrent mĂȘme leur chef Ă  Novare le 10 avril 1500. Ludovic Le More est emmenĂ© en captivitĂ© en France oĂč il meurt en 1508. Louis XII nomme Charles II d'Amboise de Chaumont gouverneur de Milan.

Troisiùme guerre d’Italie (1500-1504)

TroisiĂšme guerre d'Italie
Informations générales
Date 1500-1504
Lieu Royaume de Naples
Casus belli Revendications françaises sur le royaume de Naples
Changements territoriaux Royaume de Naples
Issue Armistice de Lyon
Belligérants
Royaume de France Royaume de Naples Royaume d'Aragon
Commandants
Bayard Gonzalve de Cordoue
Guerres d'Italie
Batailles
Seminara-Garigliano-CĂ©rignole

Une fois conquis le duchĂ© de Milan, Louis XII se tourne vers le royaume de Naples. Une fois encore, il obtient l’appui du pape Alexandre VI qui reproche au roi FrĂ©dĂ©ric II de Naples de s’ĂȘtre alliĂ© aux Turcs. Le 11 novembre 1500, Louis XII signe le traitĂ© de Grenade avec Ferdinand II d'Aragon rĂ©gissant le partage du royaume de Naples : les Pouilles et la Calabre pour l’Aragon, Naples, le Labour et les Abruzzes pour la France.

En 1501, Naples doit faire face Ă  la double offensive franco-espagnole si bien que son roi doit capituler le 26 septembre 1501. Il se rĂ©fugie auprĂšs du roi de France, qui lui attribue le titre de duc d'Anjou en contrepartie de son renoncement au royaume de Naples.

Durant le mĂȘme temps, et avec l’accord de la France, CĂ©sar Borgia, fils d’Alexandre VI, prend possession de la totalitĂ© de la Romagne pontificale (1500), puis du DuchĂ© d'Urbino (juin 1502). Louis XII s’oppose Ă  ses vellĂ©itĂ©s d’attaquer Florence. Le 31 dĂ©cembre 1502, il fait massacrer les barons de la famille Orsini Ă  Senigallia.

Dans le royaume de Naples, l’occupation par les Français de certains territoires contestĂ©s entraĂźne un conflit avec Ferdinand II d'Aragon dĂšs 1502.

Alexandre VI meurt en aoĂ»t 1503. Son successeur, Pie III, ne rĂšgne que quelques mois, et un adversaire farouche des Borgia, Jules II, devient pape. CĂ©sar Borgia doit rendre les villes et forteresses qu’il occupe et fuit en Espagne, oĂč il est emprisonnĂ©, puis finit par se rĂ©fugier en Navarre oĂč il meurt en 1507.

Les dĂ©faites françaises de Seminara, de CĂ©rignole et du Garigliano contre Gonzalve de Cordoue, entraĂźnent la perte de Naples et, le 1er janvier 1504, la capitulation de GaĂ«te.

En fĂ©vrier 1504 est signĂ© l’armistice de Lyon par lequel Louis XII renonce au royaume de Naples au profit de Ferdinand II d'Aragon. Louis XII a donc permis l’extension de la PapautĂ© et a provoquĂ© l’installation des Espagnols Ă  Naples.

Quatriùme guerre d’Italie (1508-1513)

Article dĂ©taillĂ© : Guerre de la Ligue de Cambrai.
Quatriùme guerre d’Italie
Informations générales
Date 1508-1513
Lieu Vénétie-Romagne-Lombardie-Picardie-Bourgogne-Navarre
Casus belli Occupation de quelques villes de Romagne par Venise.
Changements territoriaux Duché de Milan
Issue Traité de Dijon
Belligérants
États pontificaux (1508-1510)
Royaume de France
Navarre
Saint-Empire
Venise
États pontificaux (1510-1513)
Aragon (1511-1513)
Royaume d'Angleterre
Cantons suisses
Commandants
Louis XII
Gian Giacomo Trivulzio
Charles II d'Amboise de Chaumont
Maximilien de Habsbourg
Gaston de Foix
Jacques II de Chabannes
La Trémoille
Bartolomeo d'Alviano
Andrea Gritti
Guerres d'Italie
Batailles
Agnadel-Ravenne-Novare-Guinegatte

En 1508, le traitĂ© de Cambrai, dĂ©bouche sur la quatriĂšme guerre d’Italie. La ligue de Cambrai est dirigĂ©e contre Venise et regroupe la PapautĂ©, qui veut rĂ©cupĂ©rer quelques places de Romagne que Venise a occupĂ©es en 1504, la France, qui veut rĂ©cupĂ©rer quelques places vĂ©nitiennes en Lombardie et le Saint-Empire, qui veut rĂ©cupĂ©rer quelques places dans le Frioul. En 1506, Jules II s’était dĂ©jĂ  emparĂ© seul de PĂ©rouse et de Bologne.

Les VĂ©nitiens refusent de cĂ©der Ă  l’ultimatum papal et la guerre Ă©clate en mai 1509. Les troupes françaises, commandĂ©es par Louis XII en personne, assistĂ© par Trivulce et Charles II d'Amboise de Chaumont, franchissent la frontiĂšre lombarde le 9 mai 1509 et battent les VĂ©nitiens de Bartolomeo d’Alviano Ă  la bataille d'Agnadel le 14 mai.

Louis XII s’empare immĂ©diatement des villes lombardes qui lui reviennent, Maximilien fait de mĂȘme avec les siennes et Jules II occupe la Romagne.

Les troupes vĂ©nitiennes se ressaisissent toutefois et, le 15 juillet, les VĂ©nitiens qui s’étaient fortifiĂ©s dans TrĂ©vise, reprennent Padoue sous les ordres d’AndrĂ©a Gritti. L’empereur vient mettre le siĂšge devant la ville le 15 septembre, mais doit le lever 17 jours plus tard,

Inquiet des progrĂšs de Louis XII, le pape Jules II manifeste sa volontĂ© de chasser les Français d’Italie. Le 24 fĂ©vrier 1510, il lĂšve l’excommunication de Venise et les troupes papales et vĂ©nitiennes vont combattre ensemble pour chasser les Français d’Italie, les VĂ©nitiens reprenant progressivement leurs territoires sur la Terre Ferme.

En mai 1511, Louis XII prend Bologne et convoque un concile à Pise destiné à destituer le pape. Jules II riposte par sa bulle SacrosanctÊ, convoquant un concile au Latran, en excommuniant les membres du concile de Pise.

Le 5 octobre 1511, le pape forme la Sainte Ligue avec l’Espagne et Venise, puis l’Angleterre et les cantons suisses, contre la France.

Les troupes françaises, commandĂ©es par Gaston de Foix, parviennent toutefois Ă  vaincre les troupes de la Ligue : celles-ci doivent lever le siĂšge de Bologne, Ă©vacuer Brescia qu’elles avaient reprises et vainquent les troupes de la Ligue le 11 avril 1512 lors de la bataille de Ravenne. Gaston de Foix meurt cependant durant cette bataille et Jacques II de Chabannes, son successeur, n’a pas ses talents de gĂ©nĂ©ral ![rĂ©f. nĂ©cessaire].

Au lieu de marcher sur Rome, les troupes françaises perdent du temps Ă  piller Ravenne. Les troupes espagnoles et pontificales ont le temps de se ressaisir et les 18 000 soldats suisses arrivent en Lombardie. En juin 1512, les Français ont complĂštement Ă©vacuĂ© la Lombardie et Maximilien Sforza est placĂ© sur le trĂŽne ducal Ă  Milan.

Jules II meurt le 20 février 1513. Il laisse à son successeur Léon X une papauté trÚs forte. Les Français, dirigés par La Trémoille et Trivulzio, lancent une nouvelle offensive et reprennent la plupart des villes du duché, dont Milan. Cette offensive est pourtant mise en échec à son tour, le 6 juin 1513, à la bataille de Novare, perdue contre les Suisses. Les troupes françaises évacuent une nouvelle fois le Milanais et repassent en France pour faire face à un nouveau danger.

Au nord, les Anglais lancent l’offensive Ă  partir de Calais en Picardie, tandis que les Suisses lancent l’offensive en Bourgogne. La cavalerie française est battue Ă  la bataille de Guinegatte le 16 aoĂ»t 1513 face aux Anglais d’Henri VIII. Ce dernier occupe ensuite ThĂ©rouanne. Les Suisses mettent le siĂšge devant Dijon. Au sud, Fadrique Álvarez de Toledo y EnrĂ­quez de Quiñones, deuxiĂšme duc d'Albe, commandant les Aragonais, lance l’offensive contre la Navarre. Il conquiert tout le pays au sud des PyrĂ©nĂ©es, contraignant Jean d'Albret Ă  faire retraite. Le 14 septembre, Louis II de la TrĂ©moille signe le traitĂ© de Dijon par lequel il achĂšte le dĂ©part des Suisses et abandonne ses prĂ©tentions sur l’Italie au nom du roi Louis XII. Ce dernier ne ratifie pas ce traitĂ©.

Louis XII a perdu l’Italie. La rĂ©cupĂ©ration de ces territoires sera l'oeuvre de son successeur, François Ier.

Cinquiùme guerre d’Italie (1515-1516)

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Marignan.
Cinquiùme guerre d’Italie
Informations générales
Date 1515-1516
Lieu Milanais
Casus belli Revendication françaises sur le duchĂ© de Milan
Changements territoriaux Duché de Milan
Issue Concordat de Bologne-Traité de Noyon-Traité de Fribourg
Belligérants
Royaume de France Milan
Cantons suisses
Saint-Empire
Aragon
États pontificaux
Commandants
François Ier Matthieu Schiner
Guerres d'Italie
Batailles
Marignan

SacrĂ© roi de France le 25 janvier 1515, François Ier rassemble de l’argent pour une nouvelle expĂ©dition en vue de reprendre le duchĂ© de Milan. Il est lui aussi le petit-fils de Valentine Visconti, et veut sans tarder rĂ©occuper Milan. Il signe des traitĂ©s avec le roi d’Angleterre Henri VIII, le prince des Pays-Bas bourguignons Charles (futur Charles Quint) et la RĂ©publique de Venise.

Les Suisses tiennent le duchĂ©, au nom de son jeune duc Maximilien Sforza. Ils obtiennent le soutien, le 7 fĂ©vrier 1515, de l’empereur Maximilien Ier de Habsbourg et de Ferdinand II d'Aragon pour la protection du Milanais. Le pape LĂ©on X, plus soucieux de dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts de sa famille Ă  Florence n’adhĂšre Ă  l’accord que le 15 juillet. En rĂ©alitĂ© seuls les Suisses sont prĂȘts Ă  dĂ©fendre le duc de Milan, l’empereur fermant les yeux sur l’engagement par François Ier de plus de 15 000 lansquenets allemands.

Les Suisses se prĂ©parent Ă  l’invasion française en installant des garnisons dans le PiĂ©mont, aux dĂ©bouchĂ©s traditionnels des armĂ©es françaises, Suse et Pignerol, par le col du Mont-Cenis et du MontgenĂšvre. Les Français prennent cependant une voie nouvelle pour venir en Italie, le col de Larche, et forcent ainsi les Suisses Ă  faire retraite pour dĂ©fendre la Lombardie.

Au cours de l’étĂ©, le roi de France promet aux ConfĂ©dĂ©rĂ©s d’énormes sommes d’argent en Ă©change de l’abandon du duchĂ© de Milan. Les Suisses hĂ©sitent, puis refusent. Suisses et Français s’affrontent alors les 13 et 14 septembre 1515 lors de la bataille de Marignan. Les Français sont vainqueurs et peuvent rapidement prendre le contrĂŽle de l’ensemble de la Lombardie. La France et la PapautĂ© signent alors le concordat de Bologne qui rĂ©gira les rapports entre les deux puissances jusqu’à la RĂ©volution française, renforçant le poids du roi dans l’Église gallicane.

Le 13 aoĂ»t 1516, Charles de Habsbourg, devenu roi d’Espagne Ă  la mort de son grand-pĂšre Ferdinand II d'Aragon, reconnaĂźt Ă  la France la possession du Milanais, contre l’abandon de toute prĂ©tention française sur Naples : c’est la paix de Noyon.

Il fut plus difficile pour le roi de France de s’entendre avec les Suisses divisĂ©s. En janvier 1516, huit cantons dĂ©cident d’accepter les conditions du roi, cinq autres autorisent l’empereur Ă  recruter pour une nouvelle expĂ©dition en Italie. Finalement le 29 novembre 1516, une paix perpĂ©tuelle est signĂ©e entre la ConfĂ©dĂ©ration et la France. Le roi de France pouvait de nouveau engager des Suisses dans son armĂ©e. Une paix durable semble s’installer en Italie.

Les six guerres du duel Valois/Habsbourg

Sixiùme guerre d’Italie (1521-1526)

Article dĂ©taillĂ© : SixiĂšme guerre d'Italie.
SixiĂšme guerre d'Italie
Informations générales
Date 1521-1525
Lieu Italie France Espagne
Issue Victoire des Habsbourg
Belligérants
Royaume de France
RĂ©publique de Venise
Saint-Empire
Espagne
Royaume d'Angleterre
États pontificaux
Commandants
François Ier
Odet de Foix
Guillaume Gouffier de Bonnivet â€ 
Pierre Terrail de Bayard â€ 
Anne de Montmorency
Charles Quint
Charles de Lannoy
Fernando de Avalos
Charles III de Bourbon
Prospero Colonna
Batailles
Pampelune â€” Noain â€” MĂ©ziĂšres â€” Tournai â€” La Bicoque â€” GĂȘnes â€” Sesia â€” Marseille â€” Pavie

Suite Ă  l’élection de Charles Quint Ă  tĂȘte du Saint-Empire, la France se retrouvait entourĂ©e par les États des Habsbourg, qui possĂ©daient l’Espagne, l’Empire, les Pays-Bas et le Royaume de Naples. Les affrontements ne se limitent plus Ă  l’Italie, mais celle-ci reste tout de mĂȘme le principal champ de bataille.

Le 29 avril 1522, les Français qui tentaient une nouvelle fois de prendre le royaume de Naples, sont vaincus à la bataille de la Bicoque prÚs de Milan et doivent abandonner le duché de Milan. Francesco Maria Sforza est installé sur le trÎne ducal.

En septembre 1523, Charles de Bourbon, connétable et premier officier du royaume, se révolte contre le roi et passe au service du Habsbourg. Dans le Midi, le maréchal de Lautrec, par une résistance héroïque, contraint les Espagnols à lever le siÚge de Bayonne.

En 1524, les troupes françaises doivent se retirer complĂštement de Lombardie et abandonnent mĂȘme leurs piĂšces d’artillerie durant la retraite. Le chevalier Bayard meurt le 30 avril 1524, durant la retraite.

En juillet de la mĂȘme annĂ©e, les troupes espagnoles, commandĂ©es par Charles de Bourbon, envahissent la Provence. Elles ne parviennent toutefois pas Ă  rĂ©ussir le siĂšge de Marseille et les Français font une contre-offensive, qui leur permet de repasser les Alpes en octobre. Milan est reprise le 26 octobre et les Espagnols se rĂ©fugient Ă  Lodi et Pavie.

Pavie est assiégée durant trois mois et une armée impériale, commandée par Georg Frundsberg, vient au secours des assiégés en février 1525. La bataille de Pavie se solde par une véritable déroute française.

Septiùme guerre d’Italie (1526-1529)

Article dĂ©taillĂ© : SeptiĂšme guerre d'Italie.
SeptiĂšme guerre d'Italie
Informations générales
Date 1526-1530
Lieu Italie France Espagne
Issue Victoire des Habsbourg
Belligérants
Royaume de France
États pontificaux
RĂ©publique de Venise
Florence
Royaume d'Angleterre
Duché de Milan
Saint-Empire
Espagne
RĂ©publique de GĂȘnes
Commandants
Odet de Foix
Francesco Ferrucci
Jean des Bandes Noires de MĂ©dicis
Malatesta Baglioni
Charles III de Bourbon †
Georg von Frundsberg
Philibert de Chñlon †
Batailles
Rome â€” Naples â€” Landriano â€” Florence â€” Gavinana

Le 14 janvier 1526, François Ier avait signĂ© le traitĂ© de Madrid selon lequel il devait renoncer Ă  ses prĂ©tentions en Italie, cĂ©der la Bourgogne Ă  l'Espagne, renoncer Ă  sa souverainetĂ© sur les Flandres et l'Artois et Ă©pouser ElĂ©onore de Habsbourg, la sƓur de Charles Quint. Mais Ă  son retour en France aprĂšs sa libĂ©ration le 17 mars 1526, François Ier annule le traitĂ© et ne respecte par consĂ©quent aucune des promesses qu’il avait faites pour ĂȘtre libĂ©rĂ©.

Le 22 mai 1526, la France, la PapautĂ© (en la personne de ClĂ©ment VII), le duchĂ© de Milan, l’Angleterre, Venise et Florence forment la ligue de Cognac contre l’Empire. Alors que l’armĂ©e impĂ©riale est affaiblie par les maladies et le manque d’argent pour payer la solde, le duc d'Urbino Francesco Maria della Rovere, qui commande les armĂ©es de la Ligue, ne peut se rĂ©soudre Ă  attaquer Milan et attend les renforts.

En septembre 1526, suite Ă  la dĂ©faite des Hongrois Ă  MohĂĄcs contre Soliman le Magnifique et contraint par une partie de la noblesse romaine, ClĂ©ment VII doit conclure une trĂȘve avec l’empereur.

Au printemps 1527, Charles de Bourbon ne peut plus payer l’armĂ©e impĂ©riale, qui comprend entre autres 12 Ă  15 000 lansquenets conduits par Georg von Frundsberg : pour Ă©viter une dislocation de son armĂ©e, il lui promet qu’elle pourra se payer sur les villes toscanes et pontificales.

Florence et Bologne parviennent Ă  payer l’armĂ©e impĂ©riale pour qu’elle se dĂ©tourne de leurs terres et l’armĂ©e se dirige alors vers Rome. ClĂ©ment VII, convaincu qu’il pourra nĂ©gocier, nĂ©glige les dĂ©fenses de la ville.

Au matin du 6 mai 1527, en rĂ©action Ă  l'alliance de ClĂ©ment VII avec François Ier contre lui, Charles de Bourbon ordonne Ă  son armĂ©e de prendre d’assaut Rome, sans prĂ©paration d’artillerie ni siĂšge. Bourbon est tuĂ© durant l'assaut, mais les soldats prennent la ville en quelques heures

La ville est mise Ă  sac durant plusieurs jours, les soldats pillant tout, lieux de culte et demeures des partisans de Charles Quint compris. AprĂšs trois semaines de siĂšge, le chĂąteau Saint-Ange, oĂč s’étaient rĂ©fugiĂ©s le pape et les cardinaux, est pris. Le pape doit verser une rançon de 70 000 ducats d’or. Le retentissement du sac de Rome est immense dans toute la chrĂ©tientĂ© et d’innombrables exĂ©gĂšses voient le jour.

L’armĂ©e impĂ©riale ne quittera la ville qu’en fĂ©vrier 1528, se rendant enfin Ă  Naples. Durant le sac de Rome, les armĂ©es françaises s’étaient rendues dans le royaume de Naples, avaient entrepris sa conquĂȘte et mis le siĂšge devant Naples en avril 1528.

Les Ă©pidĂ©mies, la malaria et le changement de camp d’Andrea Doria, amiral gĂ©nois, contraignent les Français Ă  abandonner le royaume de Naples et ils subissent une derniĂšre dĂ©faite en Lombardie.

Le 5 aoĂ»t 1529, la France et les Habsbourg signent la paix de Cambrai.

Huitiùme guerre d’Italie (1536-1538)

Article dĂ©taillĂ© : HuitiĂšme guerre d'Italie.
Huitiùme guerre d’Italie
Informations générales
Date 1536-1538
Lieu Savoie-Piémont-Milanais-Provence
Casus belli Revendications françaises sur le duchĂ© de Milan
Changements territoriaux Savoie-Piémont
Issue Paix de Nice
Belligérants
Royaume de France
Empire ottoman
Saint-Empire
Espagne
Commandants
François Ier
Montmorency
Charles Quint
Guerres d'Italie

Au dĂ©but des annĂ©es 1530, François Ier prĂ©fĂšre soutenir les ennemis de l’Empereur, comme la ligue des princes protestants allemands (Ligue de Smalkalde) ou l’Empire ottoman, avec lequel il fera plusieurs fois alliance.

Charles Quint, au contraire, se prĂ©sente de plus en plus comme le dĂ©fenseur de la foi. En juin 1535, il reprend quelques villes de la Tunisie et, une annĂ©e plus tard, le 5 avril 1536, il fait une entrĂ©e triomphale Ă  Rome, accueilli par le pape Paul III. L’empereur et le pape conviennent de l’organisation d’un concile pour ramener les princes protestants allemands dans le giron catholique.

François Ier n’en veut pas et avait profitĂ© de la mort du duc de Milan, le 1er novembre 1535, pour revendiquer l’hĂ©ritage du duchĂ©. Au dĂ©but de l'annĂ©e 1536, 40 000 soldats français envahissent la Savoie et s’arrĂȘtent Ă  la frontiĂšre lombarde, François Ier espĂ©rant trouver une solution nĂ©gociĂ©e. La Savoie et le PiĂ©mont resteront possession française jusqu’en 1559. En fĂ©vrier, le roi de France parvient Ă  signer un traitĂ© d’alliance avec le sultan ottoman.

Charles Quint envahit la Provence en juin 1536. L’armĂ©e française doit battre en retraite, mais Montmorency inaugure la politique de la terre brĂ»lĂ©e. Une offensive des ImpĂ©riaux en Picardie est arrĂȘtĂ©e par les Français. En septembre, les Espagnols doivent quitter la France sans avoir livrĂ© la moindre bataille.

TrĂȘves Ă©phĂ©mĂšres et conflits se succĂšdent sans rĂ©sultats, l’Italie devenant de moins en moins importante. GrĂące Ă  l’intervention du pape Paul III, Ă©lu en 1534 et partisan d’un rapprochement entre les deux souverains, le roi et l’empereur signent le 18 juin 1537 la Paix de Nice et se rĂ©concilient lors de l'entrevue d'Aigues-Mortes le 15 juillet 1538, promettant de s’unir face au danger protestant. Le pape pousse d'ailleurs les deux souverains Ă  partir en croisade contre les Turcs.

Neuviùme guerre d’Italie (1542-1546)

Article dĂ©taillĂ© : NeuviĂšme guerre d'Italie.
Neuviùme guerre d’Italie
Informations générales
Date 1542-1546
Lieu Provence-PiĂ©mont-Picardie-Champagne-Écosse-Manche
Casus belli Revendication françaises sur le duchĂ© de Milan
Changements territoriaux Savoie-Piémont
Issue TrĂȘve de CrĂ©py-en-Laonnois-TraitĂ© d'Ardres
Belligérants
Royaume de France
Empire ottoman
Écosse
Saint-Empire (1542-1544)
Espagne (1542-1544)
Royaume d'Angleterre (1543-1546)
Commandants
François Ier
François de Bourbon
Khayr ad-Din Barberousse
Charles Quint
Henri VIII
Guerres d'Italie
Batailles
Solvay Moss - Nice - CĂ©risoles - Saint-Dizier - Boulogne

François Ier, alliĂ© aux Turcs reprend les hostilitĂ©s 4 ans plus tard en rĂ©action Ă  la violation des accords par Charles Quint qui a donnĂ© le Milanais Ă  son fils, Philippe, en novembre 1540. François Ier envoie une armĂ©e commandĂ©e par le duc d’OrlĂ©ans sur les Pays-Bas, une autre armĂ©e commandĂ©e par Du Bellay sur le Milanais et une autre armĂ©e commandĂ©e par le dauphin Henri sur le Roussillon. L’armĂ©e du nord (duc d’OrlĂ©ans) comprend 20 000 lansquenet, 6 000 fantassins français, 500 gendarmes des compagnies d’ordonnance. Celle du Roussillon, commandĂ©e par le Dauphin, Montpezat et Annebault, rĂ©unit 40 000 fantassins français, 2 000 gendarmes et 2 000 chevau-lĂ©gers. L’armĂ©e de PiĂ©mont (Du Bellay), a plus de 10 000 hommes. Les Français Ă©chouent sur tous les fronts en 1542. L’Angleterre s’engage dans le conflit au cĂŽtĂ© de Charles Quint si bien que la France fait jouer son alliance ancestrale avec l’Écosse. Jacques V d'Écosse est battu par les Anglais de Norfolk Ă  Solway Moss le 24 novembre 1542.

En aoĂ»t 1543, les Français du comte d'Enghien font le siĂšge de Nice, assistĂ©s par la flotte turque de Khayr ad-Din Barberousse. La ville se rend sauf la citadelle. Le comte d’Enghien poursuit l’offensive en direction de Milan et bat les ImpĂ©riaux Ă  la bataille de CĂ©risoles le 11 avril 1544. Cette victoire fait passer le Montferrat Ă  la France. Tandis que la France connaĂźt des succĂšs au sud, elle doit affronter un important danger au nord. Henri VIII d’Angleterre et Charles Quint s’entendent pour une offensive conjointe au nord et Ă  l’est de la France. Henri VIII lance une offensive Ă  partir de Calais et vient assiĂ©ger Boulogne. Charles Quint lance une offensive en Champagne et menace Paris.

Le 18 septembre 1544, François Ier et Charles Quint signent la trĂȘve de CrĂ©py-en-Laonnois. François Ier conserve la Savoie et le PiĂ©mont mais doit renoncer Ă  ses prĂ©tentions sur l’Artois, la Flandre, le Milanais et Naples. Charles Quint renonce Ă  ses prĂ©tentions sur le duchĂ© de Bourgogne. Le troisiĂšme fils de François Ier, Charles d'OrlĂ©ans, se voit fiancĂ© avec Anne d'Autriche, niĂšce de l’empereur, avec le Milanais en dot.

La guerre se poursuit entre la France et l’Angleterre. Cette derniĂšre doit essuyer plusieurs Ă©checs contre les troupes Ă©cossaises et la flotte française. Le 7 juin 1546 est signĂ© le traitĂ© d'Ardres entre François Ier et Henri VIII par lequel ce dernier restitue Boulogne Ă  la France contre une rançon.

Dixiùme guerre d’Italie (1552-1556)

Dixiùme guerre d’Italie
Informations générales
Date 1552-1556
Lieu Lorraine-Toscane-Corse
Casus belli Occupation des Trois-ÉvĂȘchĂ©s par Henri II
Changements territoriaux Trois-ÉvĂȘchĂ©s-Corse-Piombino-Ortobello-Sienne
Issue TrĂȘve de Vaucelles
Belligérants
Royaume de France
Empire ottoman
Sienne
Saint-Empire
Espagne
GĂȘnes
Commandants
Henri II
François de Guise
Blaise de Monluc
Charles Quint
Guerres d'Italie
Batailles
Metz - Renty - Sienne

Henri II se rapprocha donc des puissances qui pourraient contrebalancer celle de l’empereur. Le pape Paul III avait besoin de la France pour installer son ambitieuse famille. En mars 1547, le pontife avait dĂ©cidĂ© de transfĂ©rer le concile de Trente Ă  Bologne, avant de le suspendre en septembre 1549 : nĂ©anmoins le travail sur la foi et la discipline Ă©tait dĂ©jĂ  largement Ă©bauchĂ©. Henri II dĂ©cida de gagner le PiĂ©mont, en aoĂ»t 1548, dont il s’estimait le lĂ©gitime possesseur dĂ©sormais : en effet, contrairement Ă  ses engagements, son pĂšre François Ier n’avait pas rendu ce territoire de l’autre cĂŽtĂ© des Alpes. Les PiĂ©montais rĂ©servĂšrent au roi un accueil chaleureux. De nouveaux accords furent aussi signĂ©s avec les Suisses.

Cependant en 1550 le nouveau pape Jules III (1550-1555) Ă©tait favorable Ă  la cause impĂ©riale. Il avait convoquĂ© de nouveau les Ă©vĂȘques Ă  Trente pour 1551, au grand mĂ©contentement du roi de France qui se considĂ©rait trĂšs capable de reformer lui-mĂȘme son Église. Le pape passa Ă  l’offensive en menaçant la maison FarnĂšse, celle de son prĂ©dĂ©cesseur, qui Ă©tait protĂ©gĂ©e de la France. Henri II avait aussi maintenu d’excellentes relations avec le sultan Soliman et il reçut de lui en 1551 l’aide d’une flotte. Finalement le pape capitula devant les menaces françaises. La pression de la France et la menace des armĂ©es luthĂ©riennes qui s’approchaient de Trente conduisirent Ă  une nouvelle suspension du concile. Ainsi la politique d’Henri II avait tenu en Ă©chec le pape et l’empereur Ă  la fois, et affirmĂ© la prĂ©sence et l’influence françaises dans le Saint-Empire et en Italie, tant par des opĂ©rations militaires que par des manƓuvres diplomatiques.

Mais la situation internationale restait instable. En avril 1552, Henri II s’empare des Trois-ÉvĂȘchĂ©s de Metz, Toul et Verdun. En Italie, la ville de Sienne avait chassĂ© sa garnison espagnole le 26 juillet 1552 et demandĂ© l’intervention française. C’était pour la France l’occasion d’ouvrir un nouveau front : cette guerre de Sienne dura trois ans. En octobre, Charles Quint tente de reprendre les Trois-ÉvĂȘchĂ©s et met le siĂšge devant Metz, mais la ville, dĂ©fendue par François de Guise, rĂ©siste et les ImpĂ©riaux lĂšvent le siĂšge en janvier 1553. En 1553, Français et Turcs, qui soutiennent les Corses, rĂ©voltĂ©s contre les GĂ©nois, dĂ©barquent sur l’üle. La mĂȘme annĂ©e, Charles Quint fait raser ThĂ©rouanne, en Artois, la ville Ă©tant tombĂ©e aprĂšs avoir Ă©tĂ© assiĂ©gĂ©e.

En juin 1554, le connĂ©table de Montmorency reprend le projet avortĂ© d'une marche sur Bruxelles. Il dispose de 40 000 fantassins et de 1 200 cavaliers. Gaspard Ier de Coligny prend Dinant mais Montmorency, hĂ©sitant, Ă©vite un combat frontal. Il se replie devant l'armĂ©e impĂ©riale vers Cambrai, Calais, Boulogne et enfin Renty, petit village dotĂ© d'un solide chĂąteau aux mains des troupes du Saint-Empire. AprĂšs un combat acharnĂ©, les Français, invaincus, abandonnent le siĂšge faute de munitions.

La ville de Sienne, dĂ©fendue par Monluc, dut finalement capituler le 17 avril 1555. L’Espagne cĂšde Sienne Ă  Florence mais conserve les prĂ©sides toscans de Piombino et Ortobello. C’était pour la France la fin d’un rĂȘve toscan.

L’empereur accepta la trĂȘve de Vaucelles le 15 fĂ©vrier 1556, il laissait Ă  Henri II la Savoie, le PiĂ©mont, Metz, Toul et Verdun, comme la Corse qui avait Ă©tĂ© conquise.

Onziùme guerre d’Italie (1556-1559)

Onziùme guerre d’Italie
Informations générales
Date 1556-1559
Lieu Flandre Calais Saint-Quentin
Issue Traités du Cateau-Cambrésis
Belligérants
Royaume de France
Empire ottoman
Sienne
Saint-Empire
Espagne
RĂ©publique de GĂȘnes
Royaume d'Angleterre
RĂ©publique de Florence
Duché de Savoie
Commandants
Henri II
François de Guise
Blaise de Monluc
Pierre Strozzi
Soliman le Magnifique
Charles Quint
Philippe II d'Espagne
Ferdinand Ier
Marie Ire
Cosme Ire
Emmanuel-Philibert de Savoie
Guerres d'Italie
Batailles
Saint-Quentin - Calais - Gravelines

La trĂȘve de Vaucelles, si favorable Ă  la France, fut rompue par les intrigues du pape Paul IV Carafa (1555-1559). C’était un Napolitain trĂšs hostile Ă  l’occupation espagnole. Il souhaitait donc s’allier aux Français contre les Habsbourg qu’il frappa mĂȘme d’excommunication. Le duc François de Guise arriva en Italie au dĂ©but de 1557, mais cette expĂ©dition se rĂ©vĂ©la vaine et ruineuse pour l’État. Le pape fut contraint dĂšs l’automne 1557 de faire la paix avec l’Espagne, dont la prĂ©sence en Italie Ă©tait solide. En rompant la trĂȘve, Henri II s’exposait Ă  une reprise de la guerre du nord le 31 janvier 1557. La reine Marie Tudor suivit son mari Philippe II dans l’affrontement. L’armĂ©e espagnole trompa la vigilance des Français et rĂ©ussit Ă  assiĂ©ger Saint-Quentin qui Ă©tait dĂ©garnie de dĂ©fenseurs. L’amiral de Coligny rĂ©ussit Ă  s’y glisser. Pour aider son neveu, le connĂ©table de Montmorency prĂ©para une vaste opĂ©ration de secours qui Ă©choua : l’armĂ©e fut dĂ©cimĂ©e et le connĂ©table prisonnier le 10 aoĂ»t 1557. Cette « journĂ©e de Saint-Laurent Â» Ă©tait une victoire espagnole, autant psychologique que stratĂ©gique. La route de Paris Ă©tait ouverte, mais les Espagnols prĂ©fĂ©rĂšrent obtenir la capitulation de Saint-Quentin : aprĂšs une rĂ©sistance farouche, Coligny dut se rendre. Il avait nĂ©anmoins retardĂ© l’avance espagnole et empĂȘchĂ© l’invasion. Le seul gĂ©nĂ©ral qui restait Ă  Henri II Ă©tait François de Guise qu’il fit revenir d’Italie. Celui-ci prit le 6 janvier 1558 par surprise Calais, anglais depuis 1347. La rivalitĂ© entre les Guise et les Montmorency s’aiguisait un peu plus. Pour continuer la guerre, Henri II dĂ©cida de rĂ©unir Ă  Paris en ce 6 janvier 1558[2] les États gĂ©nĂ©raux , assemblĂ©e des notables. Pour aller plus vite, le clergĂ© fut reprĂ©sentĂ© par les Ă©vĂȘques et les archevĂȘques, la noblesse par les baillis et sĂ©nĂ©chaux, le tiers Ă©tat par les maires et Ă©chevins. La prise de Calais stimula les Ă©nergies. Le roi se prĂ©occupait de plus en plus de la situation religieuse du royaume. Philippe II voulait lui aussi lutter contre les progrĂšs du protestantisme en Europe. La mort de Marie Tudor et l’avĂšnement d’Élisabeth Ire le 17 novembre 1558 affaiblissaient la position espagnole d’autant plus qu’Élisabeth refusait Philippe II comme mari et rejoignait le protestantisme. Le 2 avril 1559, la France signait le traitĂ© avec l’Angleterre et le 3 avril celui avec l’Espagne et le duchĂ© de Savoie : c’est la paix du Cateau-CambrĂ©sis.

Note

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Bibliographie


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