Guerre d'Irak

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Guerre d'Irak
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la troisiĂšme guerre du Golfe. Pour les prĂ©cĂ©dentes, voir Guerre du Golfe.
Guerre d'Irak
Iraq header 2.jpg
Dans le sens des aiguilles d'une montre en commençant en haut Ă  gauche : une patrouille Ă  Samarra ; le renversement de la statue de Saddam Hussein au square Firdos ; un soldat irakien pendant un assaut ; un engin explosif improvisĂ© explose au sud de Bagdad.
Informations générales
Date 19 mars 2003 –en cours
Lieu Irak
Casus belli « Guerre contre le terrorisme Â»
Présence d'armes de destruction massive sur le sol irakien
Issue Chute du régime de Saddam Hussein.
Guérilla irakienne.
Belligérants
Drapeau des États-Unis Ă‰tats-Unis

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni


Drapeau d'Irak Irak (2004-)
Flag of Kurdistan.svg Peshmerga


Drapeau de Turquie Turquie

Drapeau d'Irak Irak (2003)
Flag of the Ba'ath Party.svg Parti Baas

Flag of Jihad.svg Guérilla irakienne
Armée du Mehdi
Flag of al-Qaeda in Iraq.svg Al-Qaida en Irak
IAILogo.gif Armée islamique en Irak
et autres...


PKK.svg PKK

Batailles
Guerre conventionnelle (2003) : OpĂ©ration Southern Focus – OpĂ©ration libĂ©ration de l'Irak – Bataille d'Umm Qasr – Bataille d'Al Faw – Bataille de Bassorah – Bataille de Nassiriya – Bataille de Nadjaf – Bataille de Kerbala – Bataille de Bagdad

GuĂ©rilla irakienne (2004-prĂ©sent) : OpĂ©ration Cajun Mousetrap II – Bataille de Falloujah – SiĂšge de Tall Afar – OpĂ©ration Restore Peace III – OpĂ©ration Bashaer al-Kheir – OpĂ©ration New Dawn

La guerre d'Irak, parfois connue sous le nom de troisiĂšme guerre du Golfe[1], a dĂ©butĂ© le 20 mars 2003 avec l'invasion de l'Irak (dite « opĂ©ration Iraqi Freedom Â») par la coalition menĂ©e par les États-Unis contre le parti Baas de Saddam Hussein. Le prĂ©sident George W. Bush a officiellement dĂ©clarĂ© son achĂšvement le 1er mai 2003, sous la banniĂšre Mission accomplie. L'invasion a conduit Ă  la dĂ©faite rapide de l'armĂ©e irakienne, et Ă  la capture et l'exĂ©cution de Saddam Hussein. La coalition et l'Irak occupĂ© ont tentĂ© d'Ă©tablir un nouveau gouvernement. Toutefois, la violence contre les forces de la coalition a rapidement conduit Ă  une guerre asymĂ©trique entre les insurgĂ©s, l'armĂ©e amĂ©ricaine et le nouveau gouvernement irakien.

En novembre 2011, Iraq Body Count, qui fonde son analyse sur des donnĂ©es publiĂ©es dans les mĂ©dias[2], estime que 103 536 Ă  113 125 civils irakiens sont morts dans les violences, constituĂ©es essentiellement d'attentats[3], et au moins 250 000 civils irakiens auraient Ă©tĂ© blessĂ©s[rĂ©f. nĂ©cessaire], auxquels il faut ajouter 4 484 morts (selon Globalsecurity) et 32 224 blessĂ©s dans les rangs amĂ©ricains (4 802 morts pour l'ensemble des troupes de la coalition et plus de 36 000 blessĂ©s), les morts des sociĂ©tĂ©s militaires privĂ©es[4], et parmi les combattants irakiens (armĂ©e irakienne et insurgĂ©s). La guerre a provoquĂ© l’exode d’au moins deux millions d’Irakiens, rĂ©fugiĂ©s Ă  l’étranger depuis 2003 (principalement en Syrie et en Jordanie, mais Ă©galement en Europe et aux États-Unis)[5]. L'organisation National Priorities Project estime Ă  plus de 803 milliards de dollars le coĂ»t de la guerre[6].

La guerre d'Irak est la seconde guerre aprĂšs celle d’Afghanistan caractĂ©risĂ©e par la doctrine Bush de « guerre prĂ©ventive Â» et concernant ce que certains appellent le « nouvel empire amĂ©ricain Â». Cette guerre intervient dans la Global War On Terrorism (GWOT) que George W. Bush a dĂ©clarĂ©e en rĂ©ponse aux attentats du 11 septembre 2001.

Sommaire

ÉvĂ©nements ayant prĂ©cĂ©dĂ© la guerre

La dĂ©termination des États-Unis

La deuxiĂšme guerre d'Irak a Ă©tĂ© menĂ©e sous l'impulsion des États-Unis. AprĂšs avoir lancĂ© une offensive en Afghanistan, lieu oĂč Ben Laden se serait rĂ©fugiĂ©, et suspectant des liens entre l'Irak et al-Qaida, George W.Bush charge Donald Rumsfeld et Tommy Franks (en) de constituer un plan d'attaque contre l'Irak. C'est le plan d'opĂ©ration 1003V, qui est une « Ă©volution Â» du plan de guerre de la premiĂšre guerre du Golfe.

Les raisons invoquĂ©es officiellement Ă©taient principalement :

Ces accusations ont depuis été démontrées comme non fondées, y compris par le sénat américain, Saddam Hussein considérant l'extrémisme islamiste comme une menace pour son régime[7].
La possession de missiles longues portée et leurs prolifération sont démontrées depuis les années 1990[8] mais L'Irak Survey Group chargé par le gouvernement américain de trouver ces armes déclara en septembre 2004 qu'il n'y avait plus aucune arme chimique depuis 1991, ni aucun programme en cours en vue d'en obtenir de nouvelles (voir plus bas), et que seules ont été collectées dans tout le pays 500 munitions abandonnées ou oubliées et dans un état dégradé, datant de la guerre Iran-Irak[9],[10],[11],[12].

Mais ces Ă©lĂ©ments sont contestĂ©s par de nombreux analystes, journalistes et responsables politiques. Les Ă©lĂ©ments avancĂ©s par les États-Unis pour Ă©tayer leurs affirmations sur la prĂ©sence en Irak d'armes de destruction massive, la poursuite de recherches visant Ă  fabriquer de telles armes ou encore l'existence de liens entre l'Irak et le terrorisme ne provoquent guĂšre plus de controverses, surtout aprĂšs la publication du memorandum de Downing Street. De plus, certains Ă©lĂ©ments provoquent des interrogations sur les motivations rĂ©elles de l'intervention, comme :

  • les liens entre les nĂ©o-conservateurs au pouvoir Ă  Washington et des entreprises sous-traitantes de l'armĂ©e (dont Halliburton) ;
  • la dĂ©cision de l'Irak de ne plus faire valoir son pĂ©trole contre des devises en dollars, mais en euros (voir 1).

On peut donc distinguer deux sortes d'objectifs, les objectifs/enjeux officiels, énoncés lors des discours des représentants de la Maison Blanche et relatés dans la presse, et l'avis de la doctrine qui s'exprime par des objectifs/enjeux officieux.

Les enjeux officiels

Objectifs politiques

Établir le plus rapidement possible un gouvernement de transition (gouvernement provisoire irakien) qui dĂ©signerait dans le peuple un gouvernement dĂ©mocratique reprĂ©sentatif de toutes les communautĂ©s irakiennes (chiites, sunnites et kurdes), capturer les membres du parti Baas et les juger, renverser le rĂ©gime dictatorial mis en place par Saddam Hussein et sa famille et affecter les biens (palais, argent
) saisis Ă  ceux-ci pour la reconstruction des infrastructures dĂ©truites lors de la guerre.

Objectifs humanitaires

LibĂ©rer l’Irak de son dictateur Saddam Hussein, afin que l’Irak devienne un pays uni, stable et libre, appuyer la reconstruction et l’aide humanitaire, minimiser les dommages causĂ©s Ă  l’infrastructure du pays et Ă  la population civile, condamner Saddam Hussein pour ses crimes (violation des droits de l’homme), punir l’Irak pour les 16 rĂ©solutions des Nations unies qu’elle n’a pas respectĂ©es et le non-respect du programme « pĂ©trole contre nourriture 2 Â». Promouvoir la dĂ©mocratie et les droits de la femme dans le monde musulman.

Objectifs militaires

Écarter une menace qui pĂšse sur le monde, due aux capacitĂ©s qu’a Saddam Hussein Ă  mener une guerre ; neutraliser les armes de destruction massive (biologique, chimique et nuclĂ©aire) ainsi que les missiles Ă  longue portĂ©e et les autres armements, frapper des cibles militaires sĂ©lectionnĂ©es, rendre au KoweĂŻt des biens (Ɠuvres d’art, matĂ©riel militaire) et des prisonniers de guerre, qui ont Ă©tĂ© dĂ©robĂ©s lors de la premiĂšre guerre du Golfe.

Le 1er dĂ©cembre 2008, dans un entretien donnĂ© Ă  la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision ABC News, le prĂ©sident Georges Bush a reconnu, concernant les armes de destruction massives, que « Le plus grand regret de toute cette prĂ©sidence consistera dans la dĂ©faillance du renseignement en Irak. Â» À la question de savoir si la guerre aurait Ă©tĂ© lancĂ©e s'il avait su que Saddam Hussein ne dĂ©tenait pas ces armes, le prĂ©sident Bush a rĂ©pondu : « C'est une question intĂ©ressante. Ce serait revenir sur ce qu'on a fait, et c'est une chose que je ne peux pas faire. Â»[13],[14].

Objectifs anti-terroristes

Détruire les poches de soutien au terrorisme situées en Irak, éliminer un allié d'Al-Qaïda qui aide et protÚge les terroristes, les finances, et qui procure un refuge pour divers groupes terroristes palestiniens, qui met des armes et des bases militaires à la disposition des groupes terroristes iraniens.

Le 12 septembre 2001, au lendemain des attentats du World Trade Center, Georges W. Bush convoque des membres de son administration, dont Richard Clarke, afin d’explorer les possibilitĂ©s de liens entre les attentats du 11 septembre perpĂ©trĂ©s par Al-QaĂŻda et l’Irak. Il demande Ă  savoir si « Saddam avait fait cela Â» ou « s’il n’y a pas participĂ© de quelque maniĂšre que ce soit Â»[15].

Le 18 septembre 2001, Richard Clarke envoie un mĂ©mo Ă  Condoleezza Rice portant le titre « Survey on intelligence information on any Iraq involvement in the September 11 attacks Â». Il explique que seules quelques preuves anecdotiques lient l’Irak Ă  Al-Qaeda et prĂ©cise qu’il n’y a aucune trace concrĂšte de l’intervention de l’Irak dans la prĂ©paration ou la mise en Ɠuvre des attaques du 11 septembre. Il se justifie notamment en expliquant que Ben Laden n’aime pas le sĂ©cularisme de Saddam Hussein[16].

Pour justifier leur suspicion sur l’existence de liens entre l’Irak et Al-Qaeda, les services de renseignements amĂ©ricains Ă©voquent diffĂ©rentes rencontres entre Ben Laden ou ses sbires, et des personnalitĂ©s irakiennes du renseignement ;

  • En 1994-1995, un officier du renseignement irakien aurait rencontrĂ© Ben Laden Ă  Khartoum. Mais, il n’y a aucune preuve que cette rencontre ait rĂ©ellement eu lieu[17].
  • En mars 1998, l’Irak aurait invitĂ© des talibans sur son territoire aprĂšs que Ben Laden a exprimĂ© sa fatwa contre les États-Unis. En juillet 1998, ce sont cette fois des reprĂ©sentants irakiens qui se seraient rendus en Afghanistan pour rencontrer les Talibans et Ben Laden[18].
  • Selon un unique rapport des services de renseignements tchĂšques transmis Ă  la CIA, l’égyptien Mohamed Atta, un pilote d’un des avions qui se sont crashĂ©s dans les deux tours, aurait rencontrĂ© le 9 avril 2001 un officier des services de renseignements irakiens, identifiĂ© comme Ă©tant Samir al-Ani, diplomate Ă  l’ambassade irakienne de Prague[19].

Selon les services de renseignements, d’autres rencontres auraient encore eu lieu, dont une au cours de laquelle Saddam Hussein aurait proposĂ© Ă  Ben Laden de s’installer dans son pays. Cette offre aurait Ă©tĂ© refusĂ©e par ce dernier, jugeant sa situation plus favorable en Afghanistan que ce que lui proposait l’Irak[20].

Les rapports font Ă©tat d’une bonne entente entre Al-Qaeda et l’Irak, mais aucun ne laisse paraĂźtre la preuve d’une collaboration entre eux pour s’attaquer aux intĂ©rĂȘts amĂ©ricains[21].

Objectifs Ă©conomiques

ProtĂ©ger les richesses pĂ©troliĂšres qui seront utiles pour la reconstruction du pays et aussi pour le programme « pĂ©trole contre nourriture Â», arrĂȘt de l’important marchĂ© noir[22].

Les enjeux officieux

Objectifs politiques

Installer un rĂ©gime dĂ©mocratique qui servira les intĂ©rĂȘts amĂ©ricains et qui de plus serait une menace pour plusieurs rĂ©gimes islamiques voisins de l’Irak. Suite aux menaces terroristes, qui se sont exprimĂ©es avec les attentats du World Trade Center, et le dĂ©clenchement de la guerre contre le terrorisme (Irak et Afghanistan), cela a permis Ă  l’administration Bush de devenir un rempart contre le terrorisme aux yeux de millions d’AmĂ©ricains et a permis le dĂ©ploiement sans prĂ©cĂ©dent de la puissance militaire amĂ©ricaine et de renforcer l’image de Bush en tant que « patriote Â» et « dĂ©fenseur de la nation Â». La suppression d'un rĂ©gime anti-israĂ©lien est Ă©galement un facteur Ă  prendre en compte.

Objectifs militaires

Placer des troupes amĂ©ricaines et des bases en permanence sur le sol irakien pour ainsi avoir un contrĂŽle sur le golfe Persique, montrer au monde que l’armĂ©e amĂ©ricaine est toujours la plus puissante et qu’elle peut agir efficacement et rapidement, libĂ©rer des prisonniers de guerre amĂ©ricains retenus en Irak.

Objectifs Ă©conomiques

Ce conflit permettrait Ă©galement Ă  beaucoup d’entreprises amĂ©ricaines proches de l’administration Bush (telles que Halliburton et Bechtel) de profiter du pĂ©trole irakien, prendre le contrĂŽle des puits de pĂ©trole du 4e dĂ©tenteur de rĂ©serves ; il s'agirait donc d'une raison motivĂ©e par les analystes de la gĂ©opolitique du pĂ©trole. Le secteur de l'armement aurait Ă©galement l'occasion « d'Ă©couler les stocks Â» et de stimuler la production par une augmentation des « besoins Â». Beaucoup d'argent pourrait ainsi ĂȘtre rĂ©injectĂ© dans l'Ă©conomie amĂ©ricaine, plus spĂ©cifiquement dans le secteur de l'armement et des hydrocarbures, trĂšs proches des RĂ©publicains [rĂ©f. nĂ©cessaire].

Conflit diplomatique Ă  l'ONU

Cette guerre fait suite Ă  la mission de l'ONU en Irak qui avait en charge le dĂ©sarmement de l'Irak (rĂ©solution 1441 (2002), votĂ©e Ă  la demande des AmĂ©ricains et des Britanniques) le 8 novembre 2002. Le Conseil de sĂ©curitĂ© de l'ONU n'a pas pu se mettre d'accord entre les partisans :

  • Axe de la paix : (France, Allemagne, Russie, Chine), pour qui tous les moyens pacifiques n'avaient pas encore Ă©tĂ© exploitĂ©s, notamment donner encore du temps Ă  la mission des inspecteurs ;
  • Axe de la guerre : (États-Unis, Royaume-Uni), pour qui l'Irak ne « jouait pas le jeu Â» et restait dĂ©tenteur d'armes de destruction massive. En outre, les pays de la coalition estimaient qu'aprĂšs 12 ans d'inspections et de nombreuses rĂ©solutions, l'ONU n'avait toujours pas rĂ©ussi Ă  dĂ©terminer la menace que pouvait reprĂ©senter d'Ă©ventuelles armes de destruction massive irakiennes. L'expulsion d'inspecteurs onusiens en novembre 1997 et le refus de coopĂ©rer de l'Irak en 1998[23] montrait aux yeux des nĂ©o-conservateurs amĂ©ricains l'impuissance de l'organisation internationale Ă  se faire respecter.

Plus spécifiquement, les arguments américains seront développés comme suit:

L’échec du processus de dĂ©sarmement de l’aprĂšs-1991

AprĂšs la deuxiĂšme guerre du Golfe de 1991, les Nations Unies ont adoptĂ© la rĂ©solution 687 qui, en son article 8, dĂ©cide que « l’Iraq doit accepter inconditionnellement que soient dĂ©truits, enlevĂ©s ou neutralisĂ©s, sous supervision internationale :

  1. Toutes les armes chimiques, biologiques et tous les stocks d’agents, ainsi que tous les sous-systĂšmes et composants de toutes les installations de recherche-dĂ©veloppement, d’appui ou de production dans ces domaines ;
  1. Tous les missiles balistiques d’une portĂ©e supĂ©rieure Ă  cent cinquante kilomĂštres ainsi que tous les principaux composants et les installations de rĂ©paration et de production[24] Â».

Suite Ă  cela, des inspecteurs des Nations Unies et de l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique (AIEA) ont procĂ©dĂ© Ă  des inspections des sites irakiens jusqu’en dĂ©cembre 1998.

Fin novembre 2001, Washington met en garde Bagdad contre la production d’armes de destruction massive (ADM) : Georges W. Bush exige la reprise des inspections des Nations Unies pour le dĂ©sarmement en Irak. Petit Ă  petit les États-Unis font pression sur l’Irak en tentant de convaincre Saddam Hussein de laisser revenir les inspecteurs de l’ONU.

Le 8 novembre 2002, les 15 membres du conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies votent la rĂ©solution 1441 qui stipule que si Saddam Hussein manque Ă  ses obligations en matiĂšre de dĂ©sarmement, il en dĂ©coulera de « graves consĂ©quences[25] Â».

Le 27 novembre, l’Irak accepte que la nouvelle rĂ©solution de l’ONU soit mise en application et voit la reprise des inspections dĂšs le lendemain. La CIA, qui espĂšre rendre les contrĂŽles plus efficaces et accroĂźtre les chances de trouver des armes de destruction massive, renseigne les inspecteurs sur leurs caches et emplacements probables[26].

La CIA Ă  la recherche des armes de destruction massives

La CIA, dans son rapport d’octobre 2002 intitulĂ© « Iraq’s Weapons of Mass Destruction Programs Â» est trĂšs claire sur le sujet : depuis la fin des inspections de 1998 et en violation des rĂ©solutions et des restrictions des Nations Unies, l’Irak a maintenu ses projets d’armes chimiques, a poursuivi le dĂ©veloppement et la production de missiles et a investi bien plus encore dans les armes biologiques. La plupart des experts estiment que l’Irak a reconstituĂ© son programme d’armes nuclĂ©aires. L’Irak aurait ainsi tentĂ© d’obtenir des tubes d’uranium auprĂšs du Niger dans les annĂ©es 1990, repris la production d’agents chimiques (gaz VX, sarin, moutarde,
), conservĂ© et dĂ©veloppĂ© des missiles, etc[27].

NĂ©anmoins, ce n’est pas l’avis de tout le monde. Ainsi, Joseph C. Wilson, ancien diplomate et chargĂ© de la question de l’Irak, s’est vu confier par la CIA, en fĂ©vrier 2002, l’enquĂȘte sur l’uranium nigĂ©rien dont aurait pu se servir Saddam pour son programme nuclĂ©aire. Son rapport est clair : il n’a rien trouvĂ©[28].

Cependant, le 24 septembre 2002, l’uranium nigĂ©rien refait surface dans un rapport britannique ; ce rapport prĂ©cise que l’Irak tente de se fournir en uranium dans des pays africains[29]. Et, en janvier 2003, pour prouver devant les Nations Unies que l’Irak relance son programme nuclĂ©aire, Georges W. Bush fait usage du rapport britannique[30].

Bien que les agents de la CIA n’aient pas trouvĂ© d’arme de destruction massive, ils restent persuadĂ©s que l’Irak en possĂšde. Ils comparent les documents remis par l’Irak aux Nations Unies (document de 11 807 pages remis dans le cadre de la rĂ©solution 1441, dĂ©clarant ce que l’Irak possĂšde encore comme armement) avec ce qu’ils ont comptabilisĂ© aprĂšs la guerre du Golfe de 1991[31].

Justification devant les Nations Unies

Le 5 fĂ©vrier 2003, Colin Powell passe devant le Conseil de SĂ©curitĂ© des Nations Unies pour dĂ©voiler les preuves des activitĂ©s illicites du rĂ©gime baasiste. Il fait dĂ©filer des photos de camions prĂ©sentĂ©s comme des laboratoires mobiles de recherche biologique, des photos satellites d’usine d’armes chimiques et de bunkers, l’enregistrement d’une conversation entre des officiers de la garde rĂ©publicaine irakienne qui parlent d’« agents neurotoxiques Â» et prĂ©sente finalement un flacon de poudre blanche : de l’Anthrax. Il insiste : « chacune des dĂ©clarations que je fais aujourd’hui s’appuie sur des sources, des sources solides Â». Cependant, quand Lewis S. Libby, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du vice-prĂ©sident Dick Cheney, avait remis ce discours Ă  Colin Powell, ce dernier l’avait rejetĂ© en disant : « c’est de la merde, rien ne se tient [32]! Â»

Étant donnĂ© le fait que la France, la Russie et la Chine menaçaient d'utiliser leur droit de veto pour empĂȘcher une approbation par l'ONU d'une intervention armĂ©e contre l'Irak, et la forte probabilitĂ© qu'une majoritĂ© du Conseil de sĂ©curitĂ© refuse de suivre les États-Unis et le Royaume-Uni, ces derniers dĂ©cident d'attaquer l'Irak sans l'aval du Conseil de SĂ©curitĂ©. Comme aprĂšs la guerre du Kosovo, elle aussi illĂ©gale Ă  ses dĂ©buts, en 1999, la guerre d'Irak a Ă©tĂ© lĂ©galisĂ©e a posteriori et de facto par les rĂ©solutions suivant la guerre et organisant l'occupation du pays [rĂ©f. nĂ©cessaire].

Forces de la coalition

Article dĂ©taillĂ© : Coalition militaire en Irak.

Engagement de forces armĂ©es lors de l'offensive initiale : États-Unis, Royaume-Uni et Australie.

Pays ayant un rĂŽle actif et significatif dans le soutien logistique, politique et armĂ© : l'Australie, la Bulgarie, la CorĂ©e du Sud, le Danemark, l'Espagne jusqu'en mars 2004 (retrait des troupes suite aux Ă©lections lĂ©gislatives), les États-Unis, la Hongrie, l'Italie, le Japon, la Lituanie, les Pays-Bas, les Philippines, jusqu'en juillet 2004 (dĂ©sengagement suite Ă  l'exĂ©cution d'un otage philippin), la Pologne (fin d'engagement officielle le 4/10/2008), le Portugal, la Roumanie, le Royaume-Uni, la RĂ©publique tchĂšque, la Slovaquie, la Turquie, l'Ukraine.

En mars 2003, les 48 pays de la coalition citĂ©s par la Maison Blanche sont : l'Afghanistan, l'Albanie, l'Angola, l'Australie, l'AzerbaĂŻdjan, la Bulgarie, Colombie, la CorĂ©e du Sud, le Danemark, la RĂ©publique dominicaine, le Salvador, l'ÉrythrĂ©e, Espagne, l'Estonie, les États-Unis, l'Éthiopie, la GĂ©orgie, le Honduras, la Hongrie, l'Italie, l'Islande, le Japon, le KoweĂŻt, Lituanie, la RĂ©publique de MacĂ©doine, les Îles Marshall, la MicronĂ©sie, la Mongolie, le Nicaragua, l'Ouganda, l'OuzbĂ©kistan, les Palaos, Panama, les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, le Rwanda, Singapour, la Slovaquie, la RĂ©publique tchĂšque, le Royaume-Uni, les Tonga, la Turquie, l'Ukraine.

Le Costa Rica, initialement inclus, est enlevé aprÚs la décision de la Cour constitutionnelle invalidant le soutien apporté par le Président Pacheco[33]

Le cas espagnol : alors que le premier ministre espagnol JosĂ© MarĂ­a Aznar (Partido Popular, droite espagnole) avait dans un premier temps engagĂ© l'Espagne dans le conflit, les Ă©lections lĂ©gislatives espagnoles de 2004 lui ont fait perdre la majoritĂ©, au profit du PSOE de Jose Luis Zapatero, qui prit la dĂ©cision, conformĂ©ment Ă  son programme, de retirer les troupes espagnoles d'Irak. Quelques jours avant les Ă©lections, un attentat attribuĂ© Ă  Al Qaida avait frappĂ© Madrid. Jose Maria Aznar avait alors accusĂ© l'organisation basque ETA d'ĂȘtre Ă  l'origine des attentats, ce qui s'est rĂ©vĂ©lĂ© inexact. Cette erreur a fait perdre toute crĂ©dibilitĂ© au premier ministre ce qui aurait, selon certains, entraĂźnĂ© la victoire de Jose Luis Zapatero.

L'engagement australien : lors de l'invasion de l'Irak en mars 2003, l'Australie menĂ©e par le conservateur John Howard lance l'opĂ©ration Bastille, en envoyant environ 2 000 hommes, trois navires de guerre et une quinzaine d'avions de chasse. Pendant la campagne Ă©lectorale de l'automne 2004, l'opposition travailliste avait promis de ramener les soldats australiens au pays. La victoire du parti de John Howard, alliĂ© de George W. Bush, aux Ă©lections lĂ©gislatives d'octobre 2004 a prolongĂ© le soutien Ă  l’opĂ©ration amĂ©ricaine en Irak (environ 850 Australiens sur place en 2004) jusqu'Ă  la fin de la mission militaire le 28 juillet 2009[34].

En novembre 2006, les forces non-amĂ©ricaines, reprĂ©sentent environ 10 % des effectifs.

Outre le Royaume-Uni, les nations ayant alors des forces en Irak sont (dans l'ordre dĂ©croissant des effectifs) : la CorĂ©e du Sud, l'Australie, la Pologne, la Roumanie, le Danemark, le Salvador, la GĂ©orgie, l'AzerbaĂŻdjan, la Bulgarie, la Lettonie, l'Albanie, la Slovaquie, la RĂ©publique tchĂšque, la Mongolie, la Lituanie, l'ArmĂ©nie, la Bosnie-HerzĂ©govine, l'Estonie, la MacĂ©doine, le Kazakhstan et la Moldavie soit plus de 14 000 militaires[35].

Des nations comme le Japon ont retiré à cette date leurs forces terrestres mais contribuent à la logistique de l'opération.

En 2010, hors un contingent américain dont le retrait est annoncé, il reste environ 150 britanniques ayant un rÎle de formateurs.

Oppositions Ă  la guerre

Dans un trĂšs grand nombre de pays, d'importantes manifestations ont rassemblĂ© la population voulant montrer son refus de l'intervention amĂ©ricano-britannique. Le mouvement a Ă©tĂ© particuliĂšrement intense en Europe, oĂč, selon les sondages, entre 70 et 90 % de la population Ă©tait opposĂ©e Ă  cette guerre. À Londres, Ă  Barcelone et Madrid particuliĂšrement, les importantes manifestations ont dĂ©montrĂ© la rupture entre les dĂ©cisions des deux gouvernements, qui soutenaient la guerre, et la volontĂ© des citoyens, qui Ă©taient massivement contre.

Noam Chomsky pense que c'est « la premiĂšre fois dans l'histoire occidentale qu'une guerre impĂ©rialiste suscite une telle opposition avant mĂȘme qu'elle ait Ă©tĂ© lancĂ©e[36] Â».

L'administration Bush a Ă©tĂ© trĂšs sensible aux critiques venant de citoyens amĂ©ricains, au point de demander Ă  la CIA des enquĂȘtes et des Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques illĂ©gales pour pouvoir dĂ©nigrer publiquement les dĂ©tracteurs de cette guerre[37].

2003 : La guerre conventionnelle

DĂ©roulement et issue de la guerre

Article dĂ©taillĂ© : OpĂ©ration libĂ©ration de l'Irak.
Militaires irakiens montés sur un tank, 28 février 2003
VCI BMP-2 irakien détruit pendant l'offensive

Le 20 mars 2003, Ă  h 45 UTC, le prĂ©sident amĂ©ricain George W. Bush dĂ©clare formellement la guerre Ă  l'Irak. Le 19 mars 2003, Ă  21 h 37, soit quelques heures aprĂšs la fin de l'ultimatum de 48 heures qui demandait au prĂ©sident irakien Saddam Hussein ainsi qu'Ă  ses fils OudaĂŻ et Qusay de quitter l'Irak, les États-Unis ont lancĂ© des missiles sur Bagdad. L'Irak a rĂ©pliquĂ© en envoyant sur le KoweĂŻt, Ă  partir d'une vedette rapide de fabrication soviĂ©tique dissimulĂ©e dans le littoral, plusieurs Missile antinavire HY-2 (en), volant au raz des vagues, qui ont atteint des zones inhabitĂ©es sans ĂȘtre interceptĂ© ; l'un est tombĂ© Ă  h 18 UTC prĂ©s d'un QG de la 1re Force expĂ©ditionnaire de Marines amĂ©ricaine[38]; un total d'une vingtaine de missiles balistiques furent Ă©galement lancĂ© par l'armĂ©e irakienne en direction du Koweit et sur les forces de la coalition, la majoritĂ© Ă©tant interceptĂ© par les missiles MIM-104 Patriot ou tombant hors champ mais le 3 avril, l'un d'entre eux frappa le QG d'une brigade amĂ©ricaine.

La stratĂ©gie de la coalition a consistĂ©, d'abord, en des bombardements ciblĂ©s et rĂ©pĂ©tĂ©s de la capitale irakienne et autres villes importantes, visant Ă  la fois Ă  terroriser les Irakiens, l'espoir de la coalition Ă©tant de voir des dĂ©sertions massives dans l'armĂ©e irakienne ou un soulĂšvement de la population irakienne, et Ă  dĂ©truire les systĂšmes de dĂ©fenses du pays. Les bĂątiments les plus bombardĂ©s furent les palais prĂ©sidentiels (en)[39] et les Ă©difices du parti Baas, ainsi que les casernements que les forces armĂ©es irakiennes avaient Ă©vacuĂ©es plusieurs semaines auparavant[rĂ©f. nĂ©cessaire], et les systĂšmes fixes de communications irakiens. Les forces de la Coalition passĂšrent Ă  l'offensive terrestre Ă  partir de 18 h 30 UTC quelques heures aprĂšs le dĂ©but les bombardements aĂ©riens contrairement Ă  ce qui s'Ă©tait passĂ© lors de l'opĂ©ration tempĂȘte du dĂ©sert[40].

Chars M1 de la 1re Division blindée américaine à Bagdad devant les mains de la victoire commémorant la guerre Iran-Irak

ParallĂšlement aux bombardements aĂ©riens, trois divisions de l'US Army, la 1re Force expĂ©ditionnaire de Marines amĂ©ricaine (I Marine Expeditionary Force (en)[41] de l'US Marine Corps et la 1re division blindĂ©e britannique[42] de la British Army, comptant 100 000 hommes de troupe et des milliers de blindĂ©s sous le commandement de l'United States Central Command stationnĂ©s au KoweĂŻt, sont entrĂ©s dans le pays essentiellement par la frontiĂšre sud et ont affrontĂ© trois des dix-sept divisions de l'ArmĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne (chaque division irakienne Ă©tant d'une force militaire Ă©quivalente Ă  un rĂ©giment de la Coalition[43], soit Ă  un RĂ©giment mĂ©canisĂ© en combat rapprochĂ©[44], soit Ă  un RĂ©giment d'infanterie lĂ©gĂšre[45][rĂ©f. nĂ©cessaire][46][rĂ©f. nĂ©cessaire], et les onze autres au Kurdistan[rĂ©f. nĂ©cessaire]) et ne disposant pas d'une logistique leur permettant de se dĂ©placer Ă  plus de quelques dizaines de kilomĂštres de leur garnison [rĂ©f. nĂ©cessaire])</ref>) et quatre des six divisions de la Garde RĂ©publicaine[47] (chaque division de la Garde Ă©tant d'une force militaire Ă©quivalente Ă  une Brigade de la Coalition : au total, trois Brigades blindĂ©es en combat rapprochĂ©[48] et 1 Brigade d'infanterie motorisĂ©e[49][rĂ©f. nĂ©cessaire][50]) ; les diverses milices, tels les fedayins de Saddam, essentiellement chargĂ©es d'assurer la garde statique de points sensibles, n'ont pratiquement pas eu l'occasion de combattre.

Des combats ont Ă©tĂ© menĂ©s pendant plusieurs jours dans les villes d'Umm Qasr et de Nassiriya, pendant prĂšs de deux semaines Ă  Bassorah, la rĂ©sistance des Irakiens, combattant exclusivement en milieu urbain ou semi urbain, Ă©tant plus forte que ce que l'Ă©tat-major de la Coalition ne l'avait escomptĂ©. En particulier, des commandos irakiens (ou des forces spĂ©ciales irakiennes) tinrent des quartiers d'Umm Qasr pendant presqu'une semaine [rĂ©f. nĂ©cessaire], et les forces de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne Ă  Bassorah composĂ© de la 6e division blindĂ©e irakienne et de la 51e division mĂ©canisĂ©e irakienne de la Coalition. Les forces irakiennes de Bassorah Ă©taient seulement appuyĂ©es par une artillerie du volume total d'un Bataillon (canons tractĂ©s D-20 (en) et/ou D-30 (en)) et ne disposaient d'aucun appui aĂ©rien[rĂ©f. nĂ©cessaire], « fixĂšrent Â» la 1Ăšre Division blindĂ©e britannique[42] flancgardĂ©e sur sa droite par la 3 Commando Brigade des Royal Marines dĂ©barquĂ©e Ă  Faw, et disposant de l'appui aĂ©rien de la Coalition) dans les faubourgs de cette ville[51] pendant toute la durĂ©e du dĂ©placement des forces amĂ©ricaines vers Bagdad [rĂ©f. nĂ©cessaire], et empĂȘchĂšrent ainsi cette division blindĂ©e britannique de participer Ă  l'offensive sur Bagdad au cĂŽtĂ© des forces amĂ©ricaines, comme cela Ă©tait trĂšs probablement initialement prĂ©vu[52] ; une fois leur mission accomplie, les forces irakiennes de Bassorah ne se rendirent pas, mais « s'Ă©vaporĂšrent Â» [rĂ©f. nĂ©cessaire], alors qu'elles avaient certainement la possibilitĂ© de tenir encore plus longtemps. De mĂȘme, une force de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne de Nassiriya, composĂ© de la 11e division irakienne d'infanterie, appuyĂ©e par un petit nombre de mortiers, ne disposant pas blindĂ© s'opposa avec succĂšs Ă  Nassirya, pendant prĂšs de trois jours, au franchissement Ă  cet endroit de l'Euphrate par une brigade de l'US Marine Corps disposant pourtant de moyens trĂšs supĂ©rieurs en termes de qualitĂ©[rĂ©f. nĂ©cessaire]. L'infanterie mĂ©canisĂ©e amĂ©ricaine, fortement blindĂ©e, avec ses chars lourds de combat Abrams, ses VCI Bradley, accompagnĂ©e d'une trĂšs puissante artillerie lourde (automoteurs M109 howitzer (en) et lance-roquettes multiples M270) et disposant d'une suprĂ©matie aĂ©rienne totale, a ensuite contournĂ© les villes dans leur marche vers Bagdad. L'objectif Ă©tait d'atteindre le plus rapidement possible le point central du rĂ©gime, en espĂ©rant qu'une chute de la capitale entraĂźnerait la reddition des foyers de rĂ©sistance partout ailleurs.

En parallĂšle, dans la rĂ©gion du Kurdistan, la Coalition avait initialement prĂ©vue qu'une Division d’infanterie mĂ©canisĂ©e de l'US Army venue de la province de Mardin en Turquie, Division assez lĂ©gĂšre mais la plus moderne de toute l'armĂ©e amĂ©ricaine au point de vue de son informatisation (et encore en cours d'expĂ©rimentation...), « fixe Â» dans cette rĂ©gion, avant l'invasion, une partie importante de l'armĂ©e irakienne, cette division ayant pour mission, soit de menacer Bagdad dans l'hypothĂšse oĂč l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne se trouvant au Kurdistan se serait rendue, soit de « fixer Â» pendant toute la durĂ©e de l'invasion, et jusqu'Ă  la chute de Bagdad, une partie importante de l'armĂ©e irakienne dans cette rĂ©gion, les forces kurdes du PDK et du UPK devant dans le mĂȘme temps menacer Mossoul et Kirkouk[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Cette division n'est finalement pas autorisĂ©s Ă  dĂ©barquer en Turquie et, devant rejoindre le KoweĂŻt par bateau, arrivera aprĂšs la fin des combats.

Face Ă  cette menace, les Irakiens avaient massĂ© Ă  l'ouest de Bagdad onze divisions de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne et deux divisions de la Garde RĂ©publicaine[47] : en premiĂšre ligne, face Ă  la frontiĂšre avec la Turquie, les forces irakiennes Ă©taient Ă©quivalentes Ă  deux Brigades d'infanterie motorisĂ©e de la coalition, auxquelles il faut ajouter des groupes paramilitaires dans Mossoul et Kirkouk ; en seconde ligne, des forces Ă©quivalentes Ă  trois brigades la la Coalition se trouvaient sur chacun des trois axes routiers menant du Kurdistan Ă  Bagdad. Les forces en prĂ©sence Ă©taient relativement Ă©quilibrĂ©es, voire lĂ©gĂšrement Ă  l'avantage des dĂ©fenseurs irakiens, bien que la suprĂ©matie aĂ©rienne de la Coalition lui donnait certainement en rĂ©alitĂ© l'avantage ; nĂ©anmoins, au cas oĂč l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne aurait dĂ©cidĂ© de combattre, il est peu probable que cette Grande UnitĂ© amĂ©ricaine, « expĂ©rimentale Â» et dont tous les Ă©quipements n'Ă©taient pas encore opĂ©rationnels, aurait rĂ©ellement cherchĂ© Ă  l'affronter et Ă  la rĂ©duire, par souci de limiter ses pertes en vies humaines[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Finalement, moins d'un mois avant la date de l'invasion, la Turquie n'autorisa pas les forces terrestres amĂ©ricaines Ă  opĂ©rer depuis son territoire ; nĂ©anmoins, compte tenu de la faiblesse de la logistique irakienne, la plus grande partie de l'armĂ©e irakienne du Kurdistan fut forcĂ©e de demeurer sur place, Ă  l'exception de quelques unitĂ©s de la Garde RĂ©publicaine qui furent envoyĂ©es en renfort des unitĂ©s de la Garde qui assuraient la dĂ©fense de Bagdad[rĂ©f. nĂ©cessaire]. En remplacement de cette Division d'infanterie mĂ©canisĂ©e, l'armĂ©e amĂ©ricaine envoya au Kurdistan une Brigade aĂ©roportĂ©e, principalement destinĂ©e Ă  empĂȘcher une intervention de l'armĂ©e turque dans cette rĂ©gion et Ă  contrĂŽler l'action des forces kurdes du PDK et du UPK[rĂ©f. nĂ©cessaire] ; cette Brigade, en conformitĂ© avec une tactique que l'armĂ©e amĂ©ricaine avait dĂ©jĂ  utilisĂ©e en Afghanistan, se contenta de suivre et d'appuyer si nĂ©cessaire les forces kurdes, sĂ©curisant par exemple les ponts, forces kurdes qui avaient maintenant pour objectif la prise des villes de Mossoul et de Kirkouk. Les forces de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne n'opposĂšrent pratiquement aucune rĂ©sistance aux forces kurdes, ayant probablement eu pour consigne (pour motiver ses soldats dans une guerre qui se voulait ĂȘtre une « guerre de dĂ©fense nationale Â» et non pas une guerre de dĂ©fense du rĂ©gime ou une guerre civile) de ne combattre que les forces « Ă©trangĂšres Â», les Kurdes Ă©tant alors considĂ©rĂ©s par les irakiens comme des irakiens[rĂ©f. nĂ©cessaire], et les villes de Mossoul et de Kirkouk furent pratiquement prises sans combat, aprĂšs que les forces de l'armĂ©e rĂ©guliĂšres irakienne se furent (tout comme les autres forces de l'armĂ©e irakienne, qui ne se rendirent jamais, Ă  l'exception, Ă  la fin des hostilitĂ©s, des GĂ©nĂ©raux commandant des RĂ©gions militaires) « Ă©vaporĂ©es Â»...[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Dans les mois qui avaient prĂ©cĂ©dĂ© l'invasion, les forces de la Coalition avaient fait courir le bruit d'une possible vaste opĂ©ration aĂ©roportĂ©e qui, depuis le dĂ©sert irakien situĂ© prĂšs de la frontiĂšre jordanienne aurait, aurait pu conduire une offensive sur Bagdad en passant par Falloujah ; en rĂ©alitĂ©, cette opĂ©ration, demandant des moyens trĂšs importants, en particulier au niveau de la Logistique, et trĂšs risquĂ©e si les irakiens avaient dĂ©cidĂ© de mettre en place des troupes sur les aĂ©rodromes qui auraient dĂ» dans ce cas ĂȘtre utilisĂ©s par les forces de la Coalition, ne semble jamais avoir Ă©tĂ© rĂ©ellement planifiĂ©, et les irakiens ne semblent pas y avoir rĂ©ellement cru[rĂ©f. nĂ©cessaire] ; ils placĂšrent nĂ©anmoins quelques troupes Ă  Falloujah, ville qui pouvait, de toute maniĂšre, ĂȘtre menacĂ©e par des troupes de l'US Army si celles-ci avaient dĂ©cidĂ© de se flanc garder sur leur aile gauche lors leur attaque principale sur Bagdad par le Sud. En fait, la Coalition se contenta d'envoyer dans cette rĂ©gion dĂ©sertique quelques forces spĂ©ciales, rĂ©gion uniquement dĂ©fendue cĂŽtĂ© irakien par des gardes frontiĂšres ; les forces spĂ©ciales amĂ©ricaines se contentĂšrent de progresser vers le nord, afin de contrĂŽler la frontiĂšre de l'Irak avec la Syrie et d'empĂȘcher ainsi une fuite Ă©ventuelle des dirigeants irakiens en direction de la Syrie, si ceux-ci avaient dĂ©cidĂ© de faire une telle tentative[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Bagdad (2003).

AprĂšs seulement 19 jours de dĂ©placement et au prix de quelques combats (depuis le dĂ©part du KoweĂŻt), l'armĂ©e amĂ©ricaine a bousculĂ© facilement au sud et Ă  l'est de Bagdad des unitĂ©s de la Garde RĂ©publicaine[47] (entiĂšrement composĂ©e de militaires professionnels, en majoritĂ©, ou presque exclusivement, des Sunnites[rĂ©f. nĂ©cessaire]), principalement Ă©quipĂ©es de chars moyens T-72 Lion de Babylone, de vĂ©hicules de transport de troupes (VTT) BTR Ă  roues, de vĂ©hicules de combat d'infanterie (VCI) BMP-1 et de VCI BMP-2, ne dĂ©passant jamais un volume Ă©quivalent Ă  un Escadron blindĂ© des forces de la Coalition [rĂ©f. nĂ©cessaire], unitĂ©s combattant de façon isolĂ©es et apparemment trĂšs mal commandĂ©es au niveau du commandement de la Garde RĂ©publicaine[53] ; le commandant des opĂ©rations (civil) de la rĂ©gion militaire centre, incluant en particulier les rĂ©gions de Bagdad, de TikrĂźt, de Baqubah et de Kut, dĂ©fendue par la garde rĂ©publicaine, Ă©tait QoussaĂŻ Hussein [rĂ©f. nĂ©cessaire], l'un des deux fils de Saddam Hussein. L'armĂ©e amĂ©ricaine a alors pĂ©nĂ©trĂ© dans Bagdad, menant des attaques contre des bĂątiments symboliques du gouvernement irakien, alors que le premier plan du Pentagone aurait prĂ©vu de parvenir Ă  80 km de la capitale aprĂšs 47 jours. L'armĂ©e amĂ©ricaine a pris le contrĂŽle de la capitale avec une sĂ©rie de raids blindĂ©s qui ont facilement rĂ©duit une faible rĂ©sistance, mal organisĂ©e, de la Garde RĂ©publicaine chargĂ©e de la protection des palais prĂ©sidentiels, et de divers groupes paramilitaires.

On note le tir au total d'une vingtaine de missiles balistiques irakiens qui ont été dans la majorité des cas contrés par les batteries de missiles antiaériens Patriot ou qui sont tombés hors zone, mais l'un d'entre eux à réussi à frapper le QG d'une brigade américaine.

Le régime de Saddam Hussein est tombé dans les jours suivants. Les derniÚres poches de résistance armée n'ont alors pas tardé à tomber.

Saddam Hussein lors de son arrestation

Les troupes de la coalition ont ensuite cherchĂ© les hauts responsables du gouvernement irakien (rĂ©unis symboliquement dans un jeu de cartes). Si certains ont pu ĂȘtre arrĂȘtĂ©s rapidement, une partie importante des dignitaires irakiens restera plusieurs mois introuvable, en particulier les deux fils de Saddam Hussein, UdaĂŻ et QusaĂŻ (tuĂ©s tous deux le 22 juillet 2003). En fĂ©vrier 2005, sur les cinquante-cinq plus hauts dignitaires de l'ancien rĂ©gime, seuls onze Ă©taient encore en fuite.

Saddam Hussein a quant Ă  lui Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© dans une cave par l'armĂ©e amĂ©ricaine Ă  Tikrit dans la nuit du 13 au 14 dĂ©cembre 2003, avec l'aide des Kurdes. Il fut pendu le 30 dĂ©cembre 2006 au matin aprĂšs avoir Ă©tĂ© jugĂ© par le Tribunal spĂ©cial irakien.

MĂ©diatisation

Une des grandes premiĂšres de cette guerre a Ă©tĂ© sa trĂšs grande mĂ©diatisation. Certains journalistes Ă©taient prĂ©sents aux premiĂšres lignes, intĂ©grĂ©s ou aux cĂŽtĂ©s des troupes de la Coalition, ou dans des zones potentiellement dangereuses. De plus, bon nombre de soldats Ă©quipent leurs vĂ©hicules ou leurs casques de petite webcam. Des images du front Ă©taient diffusĂ©es vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Seuls les journalistes embarquĂ©s avaient directement accĂšs au front : leur neutralitĂ© a Ă©tĂ© mise en cause pour des raisons psychologiques. De plus, les armements modernes permettant des attaques distantes ne permettaient pas de voir les combats. Ainsi, malgrĂ© une forte mĂ©diatisation, les « dommages collatĂ©raux Â» ne sont pas bien Ă©valuĂ©s.

Une partie importante de la presse internationale Ă©tait rassemblĂ©e au plein cƓur de Bagdad, dans l'hĂŽtel Palestine, qui fut d'ailleurs l'objet de certains tirs amĂ©ricains. Plusieurs journalistes ont d'ailleurs Ă©tĂ© tuĂ©s par les forces amĂ©ricaines pendant le conflit.

Le sauvetage de Jessica Lynch, menĂ© par les forces spĂ©ciales U.S. en pleine couverture mĂ©diatique de l'opĂ©ration libĂ©ration de l'Irak, fut dĂ©criĂ© comme un spectacle hollywoodien visant Ă  atteindre le tĂ©lĂ©spectateur ; voir les articles sur le cinĂ©ma de sĂ©curitĂ© nationale et le clichĂ© de la demoiselle en dĂ©tresse.
Cette photo Ă©mane des services de presse de l'USCENTCOM.

Par exemple, la libĂ©ration mĂ©diatisĂ©e d'une militaire (Jessica Lynch) d'un hĂŽpital irakien, oĂč elle Ă©tait soignĂ©e aprĂšs sa capture lors d'une embuscade, filmĂ©e par des camĂ©ras Ă  vision nocturne est Ă©galement sujet Ă  caution. Plusieurs tĂ©moins parlent d'une mise en scĂšne avec tirs Ă  blanc (voir lien en bas de page). Plusieurs Irakiens avaient indiquĂ© aux forces de la coalition oĂč elle se trouvait et comment la libĂ©rer. La mission de secours des forces spĂ©ciales Ă©tait donc des plus classiques, car bien peu de geĂŽliers ont rĂ©pliquĂ©. Jessica Lynch a Ă©crit un livre qui rĂ©sume les Ă©vĂ©nements dont elle se rappelle, ses souffrances et toute la mĂ©diatisation que sa libĂ©ration a causĂ©es. Dans son livre elle explique que bon nombre d'AmĂ©ricains la considĂ©raient comme un hĂ©ros de guerre. D'autres, au contraire la considĂšrent plus comme une sorte d'imposteur. Ces gens n'hĂ©sitent pas Ă  remettre en cause les moyens qui ont servi Ă  sa libĂ©ration. En effet, ce sont des forces spĂ©ciales qui sont intervenues, en grand nombre et surĂ©quipĂ©es, alors que les tĂ©moins et les sources qui avaient indiquĂ© l'hĂŽpital oĂč elle Ă©tait soignĂ©e avaient prĂ©cisĂ© qu’il n'y avait pas de risque majeur.

Une autre consĂ©quence de la mĂ©diatisation, cette fois-ci nĂ©faste pour les États-Unis, est le bruit qui a couru et qui s'est confirmĂ© Ă  propos des tortures dans les prisons d'Abu Ghraib. De nombreuses photos ont circulĂ© sur ces tortures, la majoritĂ© vraies, d'autres truquĂ©es par la presse, ont permis de faire passer devant la cour martiale les soldats responsables.

La fin de l'opĂ©ration de guerre conventionnelle fut savamment orchestrĂ©e lors d'un discours du prĂ©sident prononcĂ© le 1er mai 2003 sur le pont d'un porte-avions nuclĂ©aire sur lequel on pouvait lire la banniĂšre Mission accomplie ; le prĂ©sident amĂ©ricain le prononça sur un ton victorieux aprĂšs avoir atterri d'un Lockheed S-3 Viking.

Polémique à propos des armes de destruction massive

Tir d'essai d'un missile balistique Al-Samoud en 2001. D'une portĂ©e de 180 km, au-delĂ  des proscriptions des Nations Unis, il fut censĂ© ĂȘtre dĂ©truit par le rĂ©gime bassiste mais utilisĂ© durant la guerre de 2003.
Dégùts causés par le tir d'un Al Fatah sur le centre d'opération d'une brigade de la 3e division d'infanterie américaine.

Informations divulguées avant-guerre

Richard Butler (en), diplomate australien et chef de la United Nations Special Commission (en) (UNSCOM) chargĂ© des recherches sur le sujet aprĂšs la guerre du Golfe, dont certains [rĂ©f. nĂ©cessaire] affirmeraient qu'il aurait Ă©tĂ© Ă  l'origine, ou couvert, [rĂ©f. nĂ©cessaire] la communication au Pentagone du contenu militaire (plans dĂ©taillĂ©s de l'intĂ©rieur des installations industrielles inspectĂ©es en Irak par les inspecteurs en dĂ©sarmement de l'UNSCOM, ayant permis la programmation des bombes guidĂ©es par GPS utilisĂ©es pour la destruction de ces installations en 1998 et en 2003 [rĂ©f. nĂ©cessaire]) des rapports d'inspection qui Ă©taient exclusivement destinĂ©s Ă  l'ONU, a publiĂ© un livre en 2000, intitulĂ© The Greatest Threat: Iraq, Weapons of Mass Destruction, and the Crisis of Global Security (ISBN 1-58648-039-1). (« La plus grande des menaces : les ADM de l'Irak et la crise pour la sĂ©curitĂ© globale Â»). Dans ces pages, il explique que les inspecteurs ont dĂ©couvert en 1998 que l'Irak produisait du gaz VX. L'Irak avait dĂ©menti, puis admis en avoir produit seulement 200 litres, puis 3 900 litres mais sans toutefois ĂȘtre en mesure de les utiliser comme armes.

En 2002, les inspecteurs de l'ONU ont résumé ce qu'ils avaient trouvé en Irak, dans un rapport écrit par l'analyste Kenneth Katzman. Entre 1991 et 1994, les inspecteurs ont découvert quarante laboratoires secrets de recherche nucléaire ainsi que trois programmes clandestins d'enrichissement d'uranium.

Hans Blix, dont la moralité n'a jamais été mise en cause par personne, le 27 janvier 2003, a affirmé dans son rapport que les inspecteurs de l'ONU avaient découvert, fin 2002, que l'Irak de Saddam Hussein produisait du gaz VX ainsi qu'un gaz proche du gaz moutarde, le thiodiglycol ainsi que des missiles balistiques tactiques.

Une catĂ©gorie de ces missiles sont des sol-sol Â» dĂ©rivĂ© du missile « sol-air Â» soviĂ©tique SA-2 Guideline, conçu, mis au point et fabriquĂ© par les Irakiens), lancĂ©s Ă  partir de plates-formes de lancement mobiles rĂ©alisĂ©es en Irak, missiles qui avaient Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s en toute lĂ©galitĂ© par l'Irak sous le contrĂŽle des inspecteurs de l'UNSCOM Ă  partir de 1994, qui estimaient en 1998 que sa portĂ©e rĂ©elle Ă©tait de 149 km , en conformitĂ© avec la RĂ©solution 687 de l'ONU qui fixait Ă  150 km la portĂ©e maximale des missiles que pouvait dĂ©tenir, fabriquer ou dĂ©velopper l'Irak, mais dont les structures semblent avoir Ă©tĂ© allĂ©gĂ©es aprĂšs 1998, ce qui aurait donnĂ© aux modĂšles de production une portĂ©e pouvant atteindre 160 km ou 190 km selon les versions[54].

Une dizaine a été détruite devant les médias quelques semaines avant l'invasion. Une douzaine a été capturée le 21 juillet 2003 par les forces américaines.

Une version du FROG-7 (en), le Ababil-100/Al Fatah, d'une portĂ©e maximale dĂ©clarĂ© par l'Irak de 161 km, a Ă©tĂ© construite Ă  environ 95 exemplaires entre 2001 et 2003[55]. Ils ont Ă©tĂ© utilisĂ©s durant l'invasion contre le KoweĂŻt, sans pertes, et contre le Quartier GĂ©nĂ©ral de la 2e brigade de la 3e division d'infanterie des États-Unis le 7 avril 2003 tuant 3 soldats, 2 journalistes, blessant 14 autres militaires et dĂ©truisant 22 vĂ©hicules[56],[57],[58],[59].

La situation aprĂšs-guerre

Actuellement, aux États-Unis et au Royaume-Uni, plusieurs enquĂȘtes sont en cours afin de dĂ©terminer les responsabilitĂ©s dans le dĂ©voilement de fausses informations, tels les rapports d'avant-guerre exagĂ©rĂ©s sur la prĂ©sence d'armes de destruction massive en Irak, raison qu'avaient invoquĂ©e les États-Unis et le Royaume-Uni pour justifier leur intervention armĂ©e. La CIA est mise en cause. Des Ă©quipes de la CIA ont Ă©tĂ© envoyĂ©es en Irak pour trouver des preuves, aprĂšs plus de deux mois de recherches infructueuses.

DiffĂ©rentes commissions s'ouvrent courant juillet 2003, au Royaume-Uni et aux États-Unis, Ă  propos des faux documents confirmant la prĂ©sence d'armes de destruction massive soumis par ces gouvernements Ă  leur population.

Le 22 janvier 2004, Dick Cheney, vice-prĂ©sident amĂ©ricain, rĂ©affirme que le rĂ©gime de Saddam Hussein Ă©tait liĂ© au rĂ©seau terroriste Al-Qaida. Il maintient Ă©galement que l'Irak poursuivait des programmes de dĂ©veloppement d'armes de destruction massive (ADM), bien qu'aucune preuve n'ait Ă©tĂ© dĂ©couverte aprĂšs plus de 6 mois de prĂ©sence sur le territoire irakien par l'armĂ©e amĂ©ricaine et ses alliĂ©s [rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le 23 janvier 2004, David Kay (en), chargĂ© de la recherche d'armes de destruction massive en Irak par le gouvernement des États-Unis, dĂ©missionne et proclame qu'il n'y a pas eu production d'armes de destruction massive depuis la fin de la premiĂšre Guerre du Golfe - tout en ne condamnant pas l'intervention militaire. George Tenet, directeur de la CIA, nomme un remplaçant, Charles Duelfer (en). Colin Powell confirme finalement qu'il y a peu de chances qu'il y ait eu des armes de destruction massive en Irak. Peu avant cette dĂ©mission, le premier ministre britannique Tony Blair se rĂ©affirmait convaincu de la prĂ©sence d'ADM en Irak devant des journalistes.

Le 6 octobre 2004, Charles Duelfer rend un rapport public dans lequel il affirme que le rĂ©gime de Saddam Hussein ne possĂ©dait pas d’ armes de destruction massive et n'en avait pas fabriquĂ© depuis 1991, et surtout qu'il ne disposait pas non plus de la capacitĂ© d'en produire, comme les inspecteurs de l'ONU sur place en avaient acquis la certitude [rĂ©f. nĂ©cessaire]. Le rapport crĂ©e un scandale international en mentionnant le nom de personnalitĂ©s soupçonnĂ©es d'avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© de fonds occultes de la part du rĂ©gime de Saddam Hussein, notamment l'homme politique français Charles Pasqua.

Le 12 janvier 2005, le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, annonce la fin de la mission amĂ©ricaine de recherche d'armes de destruction massive en Irak, sans avoir trouvĂ© trace d'armes prohibĂ©es[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le chef inspecteur de la mission ISG, Charles Duelfer, tĂ©moigne que « l'on ne peut pas Ă©carter la possibilitĂ© que les ADM aient Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©es en Syrie. Â» Il cite « un nombre important de preuves crĂ©dibles[60] Â».

L'ISG affirme dans son rapport que parmi les ADM recherchées, figureraient quatre-vingt tonnes de gaz moutarde qui ont disparu des entrepÎts irakiens[61] .

Environ 500 munitions chimiques datant d'avant 1991 mais non classés ADM ont été découvertes dans le pays ainsi que plusieurs tonnes de divers produit chimiques[62].

Le gĂ©nĂ©ral George Sada, deuxiĂšme adjoint des forces aĂ©riennes irakiennes sous la prĂ©sidence de Saddam Hussein, a Ă©crit un livre, Saddam's secrets, dans lequel il explique qu'il a recueilli les tĂ©moignages de pilotes de Boeing 747 qui ont utilisĂ© leurs avions pour transporter des ADM en Syrie, en fĂ©vrier 2003[63]. Une colonne de camions a fait Ă©galement le trajet, avec le matĂ©riel le moins lourd. La CIA a effectivement des images satellites montrant des colonnes de camions irakiens traversant la frontiĂšre, Ă  la mĂȘme pĂ©riode[64].

John Loftus, ancien procureur fĂ©dĂ©ral des États-Unis, a publiĂ© un rapport fin 2007[65] sur les collusions entre le rĂ©gime bassiste et les envois d'enveloppes contaminĂ©es au bacille du charbon et la prĂ©sence, selon lui, d'ADM en Irak en 2003.

Une des sources d'informations, Rafid Ahmed Alwan al-Janabi (en), ingĂ©nieur chimiste irakien, qui a fait dĂ©fection en Allemagne en 1999 et a Ă©tĂ© interrogĂ© par le BND a fourni de faux renseignements accrĂ©ditant l'existence d'un programme d'armement biologique. Cela fut rĂ©vĂ©lĂ© au grand public en 2007[66] et il confirmera avoir menti en fĂ©vrier 2011[67].

Depuis 2003 : Occupation de l'Irak et guĂ©rilla

Occupation de l'Irak

Zones d'occupation, par autorité occupante et selon les Subdivisions de l'Iraq, 2003

AprĂšs leur victoire, les troupes de la coalition ont cherchĂ© Ă  stabiliser la situation en Irak en installant un gouvernement militaire provisoire, l'autoritĂ© provisoire de la coalition. NĂ©anmoins, la population est massivement hostile aux troupes de la coalition et des conflits surviennent. En outre, la majoritĂ© des villes se trouvent dans une situation difficile : pillages, affrontements, rĂšglements de compte


En avril 2003, l'ancien chef du Commandement central américain, le général Tommy Franks, décide de suspendre la peine de mort en Irak.

Le 22 mai 2003, la rĂ©solution 1483 votĂ© par le conseil de sĂ©curitĂ© des Nations-Unis demande aux puissances occupantes de travailler Ă  la formation d'une administration provisoire « jusqu'Ă  ce qu'un gouvernement internationalement reconnu et reprĂ©sentatif puisse ĂȘtre Ă©tabli par le peuple irakien Â». Le 23 mai 2003, l'administrateur amĂ©ricain en Irak, Paul Bremer, a annoncĂ© la dissolution de l'armĂ©e irakienne et d'autres organismes de sĂ©curitĂ© de Saddam Hussein, ce qui sera considĂ©rĂ© par la suite comme l'une des plus graves erreurs de celui-ci. Le 31 mai 2003, les États-Unis annoncent qu'ils occuperaient militairement l'Irak plus longtemps que ce qui avait Ă©tĂ© annoncĂ© auparavant.

Au cours du mois de juin 2003, l'armĂ©e amĂ©ricaine, qui subit de nombreuses attaques de la part de la rĂ©bellion civile irakienne et de groupes terroristes, lance une opĂ©ration nommĂ©e « Scorpion du dĂ©sert Â», essayant de prendre le contrĂŽle du pays. Les États-Unis demandent Ă  la population civile de leur livrer quelque 5 millions d'armes qui leur auraient Ă©tĂ© confiĂ©es par le rĂ©gime de Saddam Hussein et les menacent d'emprisonnement dans le cas d'un refus. Seules quelques milliers d'armes leur sont livrĂ©es. Le 17 juin 2003, un groupe jusqu'alors inconnu, les Brigades de rĂ©sistance irakiennes, revendique les attaques contre l'armĂ©e d'occupation amĂ©ricaine. Ce groupe se dĂ©clare indĂ©pendant de l'ancien prĂ©sident Saddam Hussein, non islamiste, et affirme ĂȘtre un « groupe de jeunes Irakiens et d'Arabes qui croient en l'unitĂ©, en la libertĂ© et en l'arabitĂ© de l'Irak Â». Par la suite, de nombreux groupes de rĂ©bellion apparaissent. On pense qu'ils recrutent de nombreux partisans chez les membres des anciennes forces militaires et paramilitaires du rĂ©gime baassiste, les États-Unis ayant Ă©tĂ© longs Ă  envisager de les recruter afin de maintenir l'ordre.

Localisation du triangle sunnite : cette expression fut mĂ©diatisĂ©e, comme celle de la zone verte dans le centre de Bagdad, aprĂšs la fin des « opĂ©rations de combat majeures », lorsque la phase de l'occupation de l'Irak s'avĂ©ra plus difficile que prĂ©vue.

Courant juillet 2003, les États-Unis demandent Ă  plusieurs pays et Ă  l'ONU de les aider dans le contrĂŽle du pays par l'envoi de troupes armĂ©es, mais ces derniers refusent, ne voulant pas cautionner l'invasion jugĂ©e illĂ©gale de l'Irak.

Le 23 juillet 2003, cent jours aprĂšs la fin dĂ©clarĂ©e par l'occupant, de la guerre, Amnesty International publie un article, exposant que les droits de l'homme ne sont toujours pas respectĂ©s par l'armĂ©e amĂ©ricaine en Irak (tortures, assassinats, dĂ©tentions dans de mauvaises conditions de prisonniers, mĂȘme innocentĂ©s)[68].

Le 25 juillet 2003, Moqtada al-Sadr, dignitaire chiite considĂ©rĂ© comme influent, demande Ă  Najaf, « le retrait des forces d'occupation Â» amĂ©ricaines, devant une foule de cent mille fidĂšles.

Le 19 aoĂ»t 2003, un attentat au camion piĂ©gĂ© dĂ©truit le siĂšge des Nations unies Ă  Bagdad faisant 22 morts dont le reprĂ©sentant spĂ©cial du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies en Irak, le BrĂ©silien Sergio Vieira de Mello. AttribuĂ© Ă  Ansar el-Islam (en) et Al-Qaida en Irak, cette attaque marque le dĂ©but d'un cycle de violences continue dans le pays.

Le 14 dĂ©cembre 2003, Saddam Hussein, est arrĂȘtĂ© par l'armĂ©e amĂ©ricaine. On le voit fatiguĂ©, avec une longue barbe. Il est transfĂ©rĂ© dans un endroit tenu secret pour des interrogatoires. Mais son arrestation, bien qu'Ă©tant un succĂšs pour les forces des États-Unis, ne dĂ©courage pas la rĂ©bellion armĂ©e.

Fin janvier 2004 en Irak, des attentats quasi quotidiens frappent toujours les forces militaires d'occupation et les civils travaillant pour eux.

Courant janvier et fĂ©vrier 2004, les attaques aux engins piĂ©gĂ©s des points de recrutement de la police et de l'armĂ©e irakienne se multiplient. Certains analystes pensent que des rebelles veulent ainsi empĂȘcher toute aide aux forces d'occupation Ă©trangĂšre de la part de leurs concitoyens.

Le 15 fĂ©vrier 2004, un ensemble de pays voisins de l'Irak (Syrie, Iran, KoweĂŻt, Arabie saoudite, Jordanie, Égypte et Turquie), aprĂšs une rĂ©union Ă  KoweĂŻt, demandent solennellement, le retrait de la coalition des forces d'occupation et l'aide de l'ONU, pour rendre le pays Ă  ses habitants.

George W. Bush et Tony Blair se fĂ©licitant mutuellement lors du transfert de souverainetĂ© de l'Irak lors du sommet de l'OTAN Ă  Istanbul le 28 juin 2004

En mars 2004, premiĂšre bataille de Falloujah, baptisĂ©e « Operation Vigilant Resolve (en)[69] Â» : 2 000 Marines et deux bataillons de la nouvelle armĂ©e irakienne conquiĂšrent les deux tiers de la ville et tuent 184 insurgĂ©es et 616 civils (nombre de blessĂ©s inconnu), pour 27 morts du cĂŽtĂ© de l'armĂ©e amĂ©ricaine[69]. Selon des renseignements recueillis par l'ArmĂ©e française, les deux bataillons irakiens qui participent Ă  cette opĂ©ration « s'Ă©vanouissent Â» au premier accrochage[70], et ne participent pas Ă  l'opĂ©ration. AprĂšs 3 semaines de combats, les États-Unis renoncent, officiellement devant les pertes civiles.

Le 8 juin 2004, aprĂšs d'Ăąpres discussions, une rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ© de l'ONU est adoptĂ©e sur les conditions du transfert de souverainetĂ© Ă  l'Irak, prĂ©vue le 30 juin. Le gouvernement intĂ©rimaire doit prĂ©parer des Ă©lections, prĂ©vues dĂ©but 2005. La rĂ©solution stipule qu'il pourra demander le dĂ©part de la coalition, mais celle-ci peut toujours intervenir Ă  chaque fois qu'elle l'estime nĂ©cessaire.

Le 28 juin 2004, Paul Bremer, administrateur d'occupation, transmet la souverainetĂ© au gouvernement intĂ©rimaire irakien, deux jours avant la date prĂ©vue, afin d'Ă©viter les attentats. Le gouvernement intĂ©rimaire obtient le contrĂŽle Ă©conomique du pĂ©trole, mais pas celui des dix-huit milliards de dollars d'aide amĂ©ricaine.

Du 6 novembre au 29 novembre 2004 (officiellement), seconde bataille de Falloujah, baptisĂ©e « Operation Phantom Fury Â» (« Operation Al-Fajr Â» pour les irakiens)[71] : 10 Ă  15 000 hommes du IIIe corps amĂ©ricain rĂ©partis en six bataillons, et 2 000 hommes de la nouvelle armĂ©e irakienne, y participent. La bataille dĂ©bute par des bombardements aĂ©riens et d’artillerie, avec l'usage de phosphore blanc (une arme chimique interdite) dĂ©crit par la journaliste Giuliana Sgrena[72],[73], aprĂšs un bouclage de la ville par la coalition. Des caches d’armes, des bunkers et des rĂ©seaux de tunnels sont dĂ©couverts. Cette fois, les unitĂ©s irakiennes sont en deuxiĂšme Ă©chelon, elles aident Ă  s'emparer de points critiques comme les mosquĂ©es et, surtout, Ă  occuper les territoires conquis. MalgrĂ© ce retrait, le comportement des soldats irakiens ne se serait amĂ©liorĂ© que trĂšs lentement, et les jugements portĂ©s par les Marines sur leurs alliĂ©s Ă  Falloujah en novembre restent trĂšs sĂ©vĂšres[70]. Au 15 novembre, il reste quelques centaines de d'insurgĂ©s bien Ă©quipĂ©s. L’essentiel des combats porte alors sur la rĂ©duction des poches de rĂ©sistance. Au 15 dĂ©cembre, l’armĂ©e amĂ©ricaine lutte toujours pour rĂ©duire les derniĂšres poches de rĂ©sistance, dont elle estime les effectifs Ă  200 hommes environ. Ceux-ci auraient encore eu 45 morts entre le 11 et le 14 dĂ©cembre. Une grande partie des insurgĂ©s parvient finalement Ă  s’échapper et se dispersent dans l’ouest irakien. D’autres seraient revenus quelques semaines aprĂšs la fin de la bataille[74]. Les chiffres officiels font Ă©tat de 470 morts et 1 200 blessĂ©s, parmi lesquels 243 femmes et 200 enfants, mais plus de 1 350 morts (sans distinction subtile entre « insurgĂ©s Â» et « civils Â»)[71] et/ou de 4 000 Ă  6 000 civils tuĂ©s selon d'autres sources[75] (nombre de blessĂ©s inconnu), et 106 morts du cĂŽtĂ© de la coalition, au 23 dĂ©cembre 2004[71].

Explosion, provoquée par la coalition, d'une voiture piégée découverte sur les lieux d'un premier attentat en 2005.

Le 25 mai 2006, George W. Bush et Tony Blair reconnaissent leurs erreurs en Irak. Le prĂ©sident amĂ©ricain a notamment dĂ©clarĂ© que ses propos avaient « envoyĂ© de mauvais signaux Â», que « les choses ne se sont pas dĂ©roulĂ©es comme nous l'avions espĂ©rĂ© Â» et que « la plus grosse erreur, du moins en ce qui concerne l'implication de notre pays, c'est Abou GhraĂŻb Â»[76].

Abdul Sattar Buzaigh al-Rishawi, ex-dirigeant du Conseil du salut d'Anbar, alliance tribale sunnite s'étant allié au gouvernement d'al-Maliki et aux Américains contre Al Qaida en Mésopotamie. Assassiné en septembre 2007, il a été remplacé par son frÚre Ahmed Abou-Risha élu par le conseil tribal.

Dans la province d'Al-Anbar, Ă  l'ouest du pays, une partie de l'insurrection tribale sunnite forme en septembre 2006 le Conseil du salut d'Anbar, dirigĂ© par Abdul Sattar Abou Richa, qui meurt un an aprĂšs et est remplacĂ© par son frĂšre aĂźnĂ© Ahmed Abou-Risha. Aussi dĂ©signĂ© sous le nom de Mouvement du rĂ©veil (en), ces sunnites s'allient au gouvernement d'al-Maliki (majoritairement chiite suite Ă  l'abstention massive des sunnites lors des Ă©lections de dĂ©cembre 2005) et aux AmĂ©ricains contre Al Qaida en MĂ©sopotamie. Ils parviennent Ă  faire de la province d'Al-Anbar, l'un des foyers de l'insurrection islamiste, l'une des plus sĂ»res du pays[77].

L'attaque terroriste la plus meurtriĂšre depuis le dĂ©but de la guerre survient le 14 aoĂ»t 2007 provoquant 572 morts et 1 562 blessĂ©s[78]. Peu de temps aprĂšs, Bush reconnaĂźt, le 15 septembre 2007, que l'engagement politique, Ă©conomique et militaire des États-Unis en Irak devra se poursuivre aprĂšs sa prĂ©sidence[79].

Les renforts (surge) envoyés début 2007[80] et l'application d'un programme d'un contre-insurrection symbolisé par la nomination de David Petraeus au poste de commandant des opérations appuyé par l'armée irakienne et les milices (Réveil d'Anbar, Fils de l'Irak) contribue à faire baissé le niveau de la violence. Fin juillet 2008, le président Bush annonce le retrait des troupes américaines des agglomérations irakiennes pour la fin juin 2009 et la date du 31 décembre 2011 pour le retrait des unités combattantes américaines de ce pays[81].

En novembre 2008, les gouvernements irakien et amĂ©ricain ont signĂ© un pacte bilatĂ©ral incluant le Status of Forces Agreement (SOFA) qui fixe Ă  la fin 2011 le terme de la prĂ©sence militaire des États-Unis. À partir de la mi-2009, les forces amĂ©ricaines ne patrouilleront plus dans les rues[82]. Ce texte, qui comprend trente articles, a Ă©tĂ© adoptĂ© jeudi 27 novembre 2008 au Parlement Irakien par 149 dĂ©putĂ©s sur 198 prĂ©sents, 35 ayant votĂ© contre et 14 dĂ©putĂ©s se sont abstenus[83].

Fin 2008, il reste 14 brigades américaines dans ce pays[84]

Les seules forces armĂ©es Ă©trangĂšres autorisĂ©es Ă  rester en Irak aprĂšs l'expiration du mandat de l'ONU le 31 dĂ©cembre 2008 sont celles des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Australie, du Salvador, de l'Estonie et de la Roumanie[85]. Le gros des 4 000 militaires du contingent britannique a Ă©tĂ© rapatriĂ© en juin 2009. Il reste, au 25 janvier 2010, une quarantaine d'instructeurs sous commandement OTAN pour la formation des officiers irakienne et un contingent d'une centaine d'hommes pour assurer la protection des sites pĂ©troliers off shore et former la marine irakienne[86].

Le ministÚre de la santé irakien annonce que 134 irakiens ont tué en mai 2009, soit le chiffre le plus bas jusqu'ici depuis l'invasion de 2003 et le porte-parole de l'armée américaine en Irak annonce que treize attaques importantes ont eu lieu[87].

Prises d'otages par des groupes armés (2004)

DĂšs mai 2004, le monde entier apprend avec horreur la dĂ©capitation de Nick Berg, prenant conscience de la dĂ©termination des preneurs d'otages d'Irak Ă  appliquer leurs menaces. Des experts de la CIA amĂ©ricaine affirmeront reconnaĂźtre la voix de Zarqaoui dans le bourreau, pourtant la qualitĂ© de la vidĂ©o de l'exĂ©cution est mauvaise, et Zarqaoui est censĂ© porter une jambe de bois Ă  la suite d'un accident, selon ces mĂȘmes experts, ce qui n'est pas le cas sur la vidĂ©o. Celle-ci sera ensuite diffusĂ©e sur Internet.

Durant l’étĂ© 2004, les enlĂšvements se multiplient en Irak, crĂ©ant un climat d’insĂ©curitĂ© pour tous, ressortissants des pays membres de la coalition ou non. Les ravisseurs appartiennent Ă  la guĂ©rilla (mouqawama, la « rĂ©sistance Â» irakienne) menĂ©e par d’anciens baasistes des services de Saddam Hussein, des djihadistes Ă©trangers, des islamistes et des salafistes.

Le 20 aoĂ»t 2004, deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, sont enlevĂ©s au sud de Bagdad par un groupe alors inconnu, l'ArmĂ©e islamique en Irak. Une campagne internationale rĂ©clame leur libĂ©ration : les reprĂ©sentants des musulmans de France, le comitĂ© des oulĂ©mas musulmans (sunnites) et Yasser Arafat demandent la libĂ©ration des deux journalistes français. Une manifestation de soutien a lieu le 30 aoĂ»t Ă  Paris. Des dizaines de personnes manifestent le 15 septembre 2004 dans les rues de la capitale irakienne pour exiger la libĂ©ration des deux otages français. Les ravisseurs rĂ©clament l’abrogation de la loi sur les signes religieux Ă  l'Ă©cole qualifiĂ©e d’« injustice et d'agression contre l'islam et la libertĂ© personnelle dans le pays de la libertĂ© prĂ©sumĂ©e Â». Le groupe revendique l'assassinat de plusieurs otages, notamment celui du journaliste italien Enzo Baldoni, et a mĂȘme obtenu le retrait d'Irak des troupes philippines en Ă©change de la libĂ©ration d'un camionneur. L’organisation publie un communiquĂ© sur Internet le 14 septembre 2004, qui reproche Ă  la France d’ĂȘtre l’ennemie des musulmans; d’ĂȘtre intervenue en AlgĂ©rie au moment des Ă©lections de 1992; d’opprimer les musulmans en Afrique; de soutenir IsraĂ«l; de s'opposer au voile islamique; et enfin d’avoir affamĂ© le peuple irakien avec l’embargo des annĂ©es 1990.

Le 15 septembre 2004, l'armée américaine relùche 275 détenus de la prison d'Abou Ghraib.

Insurrection et contre-insurrection

La guĂ©rilla ne dĂ©sarmant pas, les troupes de la coalition entament des opĂ©rations dont l'envergure est de plus en plus grande. Au mois d'aoĂ»t 2004, la ville sainte de Najaf est l'enjeu d'un siĂšge et de combats urbains, dont l'Ă©picentre est le mausolĂ©e d'Ali, et les trĂ©sors (livres rares, bijoux, objets d'orfĂšvrerie, pierreries) qu'il renferme. Les clefs du trĂ©sor qui Ă©taient en effet dĂ©tenues par la famille Al-RufaĂŻe depuis plusieurs siĂšcles auraient Ă©tĂ© subtilisĂ©es par Moqtada al-Sadr[rĂ©f. nĂ©cessaire], dont les milices luttĂšrent contre les forces de la coalition autour du mausolĂ©e.

Les succÚs de la guérilla sont visibles dans les quantités de pétrole exportées avec la baisse provisoire de la quantité de pétrole exporté, ceux-ci ayant retrouvé leur niveau d'avant 2003 en 2007. En janvier 2006 est créé le Conseil consultatif des Moudjahiddines en Irak réunissant plusieurs groupes à Al Qaeda.

En plus des opérations terrestres[88], l'aviation intervient ponctuellement, 285 bombes et missiles largués en 2004, 404 en 2005, 229 en 2006, 237 du 1er janvier au 15 mai 2007[89].

Al-Qaïda en Irak a subi de nombreux revers depuis 2007. Le réseau a été considérablement affaibli par la stratégie de contre-insurrection de l'armée américaine jouant sur la lassitude des sunnites face aux violences islamistes et leur ralliement à l'armée américaine, la montée en puissance des forces de sécurité irakiennes ainsi que de vastes opérations militaires inscrite dans la durée comme l'Opération Bashaer al-Kheir s'accompagnant d'opérations spéciales de ciblage des responsables insurgés et terroristes[90]. il s'agit aussi avec ses démonstrations de force pour le gouvernement central du premier ministre Nouri al-Maliki de s'imposer sur la scÚne politique face aux multiples partis et acteurs de la société de ce pays[91] dont les kurdes irakiens dont les peshmergas contrÎlent militairement une partie de la région[92]. Les violences sont ainsi tombées en octobre 2008 à leur plus bas niveau depuis 2004[93].

Des experts militaires ont estimĂ© en dĂ©cembre 2007 que la situation militaire et sĂ©curitaire est dĂ©sormais maĂźtrisĂ©e depuis l'arrivĂ©e de renforts en cours d'annĂ©e et la dĂ©finition d'une nouvelle stratĂ©gie mais restent extrĂȘmement circonspects sur l'Ă©volution politique de l'Irak[94].

Aux opérations de recherches et destructions s'ajoute celles voulant s'assurer la retour à la vie civile des insurgés comme l'Opération Restore Peace III.

Guerre civile ?

T-72 de la nouvelle armée irakienne en 2006

Plusieurs représentants chiites et sunnites ont signé en octobre 2006 le Document de La Mecque sous l'égide de l'Organisation de la conférence islamique, qui exige le rétablissement de l'ordre et de la paix.

Selon un rapport publiĂ© le 2 fĂ©vrier 2007 par l'Intelligence Community, on peut y lire : « La communautĂ© du renseignement juge que le terme de « guerre civile Â» ne reprĂ©sente pas de maniĂšre adĂ©quate la complexitĂ© du conflit en Irak. Cependant, le terme de « guerre civile Â» dĂ©crit de maniĂšre correcte des Ă©lĂ©ments-clĂ©s du conflit en Irak, qui incluent un durcissement identitaire dans chaque communautĂ©, un changement dans le phĂ©nomĂšne des violences, une mobilisation confessionnelle et des dĂ©placements de population. Â»

Cependant, la majoritĂ© des mĂ©dias occidentaux utilisent aujourd'hui l'expression « guerre civile Â» pour dĂ©signer le conflit irakien, notamment du fait de l'implication de milices confessionnelles disposant de reprĂ©sentants au parlement. Dans un film d'investigation rĂ©alisĂ© Ă  Bagdad en novembre 2006, le journaliste Paul Moreira enquĂȘte par exemple sur une prise d'otage gĂ©ante de 150 personnes au ministĂšre de l'Ă©ducation supĂ©rieure, ayant eu lieu le 14 novembre 2006[95]. La version officielle parle de miliciens « dĂ©guisĂ©s Â» en policiers. Le film montre qu'il s'agit plus probablement de vrais policiers infiltrĂ©s par une milice chiite. Un responsable des services secrets lui avoue qu'il s'agit d'un groupe armĂ© qui a un « parti au parlement[96] Â».

Interventions armées turque et iranienne

L'armée turque en lutte contre le Parti des travailleurs du Kurdistan a déclenché plusieurs offensives contre ce mouvement à l'intérieur du kurdistan irakien depuis 1984[97] tandis que l'armée iranienne bombarde également des villages suspectés d'abriter des séparatistes du Parti pour une vie libre au Kurdistan[98].

Depuis fin 2006, les forces américaines et irakiennes ont capturé et tué de plusieurs hauts officiers du corps Ramazon de la force Qods iranienne créée pour agir en Irak qui soutenaient certains groupes de la guérilla. Plusieurs ont été libérés en 2009[99].

Un drone iranien a été abattu le 16 mars 2009 par un F-16 de l'USAF dans la province de Diyala[100].

Retrait des forces Ă©trangĂšres

CĂ©rĂ©monie d'activation de la United States Forces – Iraq
Article dĂ©taillĂ© : OpĂ©ration New Dawn.

En mi-2006, 135 000 militaires amĂ©ricains, soit dix-sept brigades dont six de la garde nationale des États-Unis, sont dĂ©ployĂ©s, seuls 50 000 sont rĂ©ellement opĂ©rationnels dans l'ensemble de l'Irak, le reste s'occupant de la logistique. Ces effectifs sont en novembre 2008 de 150 000 militaires renforcĂ©s par 163 000 contractuels privĂ©s de 122 SMP dont 49 % des employĂ©s sont Irakiens, 34 % d'entre eux sont originaires de pays tiers et 17 % AmĂ©ricains[101] dont plus de 13 000 sont armĂ©s, pour lesquels aucun compte officiel des pertes n’est tenu.

140 000 militaires amĂ©ricains sont sur place en janvier 2009.

Au 1er janvier 2010, le commandement de la force multinationale est remplacĂ© par la United States Forces – Iraq (en) (USF-I). En juillet 2010, les forces de combat amĂ©ricaines entament leur retrait. La derniĂšre unitĂ© de combat prĂ©sente en Irak, la 4e brigade de la 2e division d’infanterie, a quittĂ© le pays la nuit du 18 au 19 aoĂ»t 2010 par la frontiĂšre koweĂŻtienne.

Au 1er septembre 2010, il ne reste que 50 000 soldats placĂ© sous le commandement du gĂ©nĂ©ral Lloyd Austin (en). Ils ont un rĂŽle d’assistance et de formation auprĂšs des soldats et des policiers irakiens, mais ne seront pas directement impliquĂ©s dans les opĂ©rations de maintien de l’ordre. Ils devraient quitter le pays fin 2011[102].

Bilans de la guerre

Article dĂ©taillĂ© : ConsĂ©quences de l'invasion de l'Irak.

Bilans humains

Pertes de la Coalition

Pertes annoncées

Morts et blessés
Selon les sites Internet indĂ©pendants icasualties.org[103] et antiwar.com[104] le bilan de la guerre est, du 20 mars 2003 au 17 novembre 2011 :

  • de 4 802 morts dans la coalition incluant les dĂ©cĂšs au KoweĂŻt et dans le golfe Persique dont 4 484 soldats amĂ©ricains[105] (3 531 morts au combat), 179 soldats britanniques et 139 soldats d'autres pays alliĂ©s (805 par accidents ou maladies).
  • Plus de 36 000 blessĂ©s dans la coalition dont 32 225 amĂ©ricains[105].

À ces chiffres, il faut compter le nombre de « mercenaires Â», de travailleurs, diplomates et civils Ă©trangers morts en Irak, le chiffre des victimes dĂ©passe les 10 000 morts et prĂšs de 130 000 blessĂ©s selon le NY Times mi-2007[106].

Cela en fait la guerre la plus meurtriĂšre pour les États-Unis depuis la guerre du ViĂȘt Nam.

Le bilan annuel pour la coalition se dĂ©compose ainsi :

  • en 2003 : 580 morts ;
  • en 2004 : 906 morts ;
  • en 2005 : 897 morts ;
  • en 2006 : 872 morts ;
  • en 2007 : 963 morts ;
  • en 2008 : 322 morts ;
  • en 2009 : 150 morts ;
  • en 2010 : 60 morts ;
  • en 2011 : 54 morts au 17 novembre


  • La barre symbolique des 1000 GI's tuĂ©s a Ă©tĂ© franchit le 08/09/04 ;
  • La barre symbolique des 2000 GI's tuĂ©s a Ă©tĂ© franchit le 26/10/05 ;
  • La barre symbolique des 3000 GI's tuĂ©s a Ă©tĂ© franchit le 08/01/07 ;
  • La barre symbolique des 4000 GI's tuĂ©s a Ă©tĂ© franchit le 24/03/08 ;


Pertes matérielles
Selon le magazine Raids[107], en mai 2006, on dĂ©nombrait dans les forces armĂ©es des États-Unis :

  • 2 400 morts et 17 469 blessĂ©s, dont 8 137 assez ou sĂ©rieusement blessĂ©s Ă©tant affligĂ©s de handicaps permanents, soit un total d'environ 20 000 soldats mis hors de combat, environ 12 % des effectifs engagĂ©s ; — avec les rotations, au total, plus d'un demi million de militaires amĂ©ricains on fait un tour de service en Irak ;
  • 1300 hĂ©licoptĂšres perdus, dont 140 CH-47 Chinook et 27 AH-64 Apache (plus de 15 millions de dollars l'unitĂ©), et 1180 hĂ©licoptĂšres endommagĂ©s ;
  • sur 30 000 vĂ©hicules terrestres, prĂšs de 14 000 ont Ă©tĂ© dĂ©truits, dont 490 chars Abrams M-1 (1420 endommagĂ©s) et 4500 vĂ©hicules lĂ©gers Hummer (4300 endommagĂ©s).

Les pertes matérielles sont dues aux faits de guerre et accidents, mais aussi aux conditions d'utilisation (poussiÚre, chaleur). On estime que la maintenance des hélicoptÚres a représenté, depuis le début des opérations d'Afghanistan en 2001, 20,6 milliards de dollars, et la maintenance globale pour 2006 est évaluée à 200 millions d'heures de travail.

Impacts psychologiques
Le mĂȘme magazine raids, dans son numĂ©ro de janvier 2008, aborde la question des consĂ©quences psychiques et psychologiques de ces engagements sur les soldats concernĂ©s et notamment les rĂ©servistes.

Il s'agit d'une Ă©tude relative aux soldats amĂ©ricains engagĂ©s dans le conflit irakien entre 2005 et 2006. Elle a Ă©tĂ© publiĂ©e par « The Journal of the American Medical Association Â» et porte sur 88 235 soldats dont la moitiĂ© de rĂ©servistes.

« Le but de cette Ă©tude Ă©tait de comparer leur Ă©tat mental avant leur dĂ©part, avec celui dont ils tĂ©moignent six mois aprĂšs leur retour. Pour 20% des professionnels et 42% des rĂ©servistes un suivi psychologique s'impose. Â»

Selon l'étude d'une maniÚre plus générale les réservistes sont deux fois plus nombreux à manifester des troubles de stress post-traumatique dans leur ménage ou leur activité professionnelles.

Les anciens combattants
Aux États-Unis, 25% des sans abris sont d'anciens militaires[rĂ©f. nĂ©cessaire].

L'Ă©tude souligne que beaucoup de vĂ©tĂ©rans sont laissĂ©s Ă  eux-mĂȘmes une fois rendus Ă  la vie civile, il n'y a pas de vĂ©ritable politique de suivi et d'assistance.

Bilan humain pour les Irakiens

Morts et blessés
Il n'existe pas de décompte précis des morts civiles et seules des estimations sont disponibles, établies selon différentes méthodes.

En 2005, le prĂ©sident amĂ©ricain George Bush a estimĂ© le nombre de morts Ă  30 000[rĂ©f. nĂ©cessaire].

L'Iraq Family Health Survey Study Group, basĂ©e sur un Ă©chantillonnage plus important que l'Iraq Body Count Project, estime le nombre de dĂ©cĂšs autour de 150 000 entre mars 2003 et juin 2006[108].

En octobre 2006, la revue mĂ©dicale The Lancet estimait le nombre de dĂ©cĂšs irakiens imputables Ă  la guerre Ă  655 000[109]. Comparant les taux de mortalitĂ© dans les foyers de 1982 individus en 2006 (certificats de dĂ©cĂšs Ă  l'appui) Ă  des chiffres officiels de 2003, l'Ă©tude montre que la mortalitĂ© aurait doublĂ© pendant la guerre, passant de 5,5 Ă  13,3 pour mille ; cette Ă©tude est nĂ©anmoins fortement critiquĂ©e par de nombreuses associations et organisations internationales, y compris par l'Iraq Body Count[110]. L'une des critiques porte sur la sur-reprĂ©sentation des grands axes de circulation dans leur Ă©chantillonnage[111].

L'institut de sondage britannique Opinion research business a estimĂ© Ă  plus de 1 000 000 le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et aoĂ»t 2007[112].

L'Iraq Body Count Project ne compte que les morts civils rĂ©pertoriĂ©s officiellement. En septembre 2008, il dĂ©nombre entre 87 665 et 95 687 dĂ©cĂšs[113].

Selon l'Iraq Body Count, le nombre de civils tués a beaucoup baissé en 2008 (76 morts par jour en 2006, 25 morts par jour en 2008)[114].

L'armĂ©e irakienne et les forces de l'ordre, en mars 2007, auraient 20 000 soldats et policiers tuĂ©s [rĂ©f. nĂ©cessaire]. 2 065 policiers ont Ă©tĂ© tuĂ©s en 2007 contre 928 en 2008[114]. 225 militaires en ont Ă©tĂ© tuĂ©s en 2009 et 429 en 2010[115].

Concernant la période fin 2010-janvier 2011, les ministÚres irakiens font état de 120 civils tués en octobre 2010, 105 civils tués en novembre, 89 civils, 41 policiers et 21 militaires en décembre 2010, 159 civils, 55 policiers et 45 militaires tués en janvier 2011 selon les ministÚres de l'Intérieur et de la Défense[116].

Blessés
DĂ©but 2008, certains estiment le nombre de blessĂ©s parmi la population civile irakienne Ă  au moins 250 000 blessĂ©s, principalement parmi la population sunnite, qui compte environ 5 millions de personnes [rĂ©f. nĂ©cessaire].

Réfugiés
Selon les estimations de l'ONU en avril 2006, presque 2,5 millions d'Irakiens (soit un irakien sur huit) ont fui leur pays en raison des violences. 1 million ont trouvĂ© refuge en Syrie, 75 000 en Jordanie et 150 000 en Égypte et 500 aux États-Unis. De plus, selon le HCR, 1,8 million d'Irakiens ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s Ă  l'intĂ©rieur du territoire. PrĂšs du quart des Irakiens ont donc Ă©tĂ© obligĂ©s d'abandonner leurs domiciles depuis le dĂ©but de la guerre[117].. Depuis septembre 2007, on assiste Ă  un retour de plusieurs dizaines de milliers de rĂ©fugiĂ©s[118]

Conséquences pour l'Irak

Conséquences pour l'armée irakienne

  • Il y a eu une totale recrĂ©ation de l'armĂ©e et des forces de sĂ©curitĂ© (Nouvelle armĂ©e irakienne, Garde Nationale, police, milices d'autodĂ©fense
) formĂ©es et reconstituĂ©es par l'armĂ©e amĂ©ricaine. Cette nouvelle armĂ©e a rĂ©engagĂ© de nombreux soldats, jusqu'au grade d'officier subalterne, de l'ancienne armĂ©e irakienne.
  • Les soldats ont plus de libertĂ© vis-Ă -vis de leurs officiers [rĂ©f. nĂ©cessaire] ; au dĂ©but de la guerre, les soldats dĂ©pendaient entiĂšrement de leurs officiers car ceux-ci avaient en leur possession les papiers d'identitĂ© de leurs soldats, ce qui les obligeait Ă  se battre[rĂ©f. nĂ©cessaire]. En rĂ©alitĂ©, le comportement de l'ArmĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne, dont les officiers de carriĂšre Ă©taient en majoritĂ© des sunnites et dont les hommes du rang Ă©taient en majoritĂ© des conscrits chiites, armĂ©e qui s'est battue avec courage et dĂ©termination Ă  Umm Qasr, Bassorah et Nassiriya, face Ă  un ennemi trĂšs supĂ©rieur en capacitĂ©, semble dĂ©mentir complĂštement la derniĂšre assertion ; ces soldats semblent s'ĂȘtre battus, non pour Saddam Hussein, mais pour la Patrie et pour leur Honneur[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Conséquences sur la politique irakienne

  • Fin de la politique menĂ©e par Saddam Hussein et sa famille.
  • Fin du parti BĂąas.
  • Fermeture ou rĂ©duction des activitĂ©s des ambassades irakiennes Ă  travers le monde selon les ordres de Washington.
  • Installation d'un gouvernement provisoire irakien (sous la tutelle de Paul Bremer, proconsul amĂ©ricain, administrateur gĂ©nĂ©ral et civil de l'Irak) choisi par la coalition qui a pour objectif de rĂ©organiser la politique irakienne et d'introduire un gouvernement « dĂ©mocratique Â» comprenant des membres des divers groupes ethniques en Irak (les chiites, sunnites et Kurdes).
  • Vote d'une constitution qui est acceptĂ©e Ă  75 % (principalement par les Kurdes et les chiites).
  • PremiĂšres « Ă©lections libres Â» depuis plus de 50 ans (bien que le caractĂšre libre de ces Ă©lections soit sujet de polĂ©miques Ă  cause de la tutelle des États-Unis[rĂ©f. nĂ©cessaire]).
  • Formation de facto d'un État indĂ©pendant[rĂ©f. nĂ©cessaire] au Kurdistan car depuis, bien longtemps, les Kurdes d'Irak, tout comme ceux de Turquie, de Syrie et d'Iran, veulent crĂ©er un État Kurde unifiĂ© et indĂ©pendant, et ont engagĂ© des luttes armĂ©es pour y parvenir, luttes qui ont Ă©tĂ© en particulier durement rĂ©primĂ©es par la Turquie et par le rĂ©gime de Saddam Hussein.

Conséquences sur l'économie irakienne

  • Hausse spectaculaire du Produit national brut suite Ă  l'arrĂȘt des sanctions Ă©conomiques et l'investissement pour la reconstruction (18,4 milliards de dollars US en 2002, 47 milliards en 2006).
  • Le nombre d'entreprises privĂ©es en Irak est passĂ© de 8 000 en 2003 Ă  35 000 en 2006 suite Ă  la libĂ©ralisation de l'Ă©conomie.
  • Investissements dans le pĂ©trole par des sociĂ©tĂ©s Ă©trangĂšres, ce qui empĂȘche l'Irak de bĂ©nĂ©ficier pleinement de cette ressource, investissements que les irakiens ne peuvent refuser car les raffineries de pĂ©troles sont sous le contrĂŽle des forces spĂ©ciales et des armĂ©es amĂ©ricaines et britanniques.
  • Sabotages d'usines et de raffineries durant la guerre qui engendrent une baisse des exportations de pĂ©trole Ă  travers le monde et une pĂ©nurie d'essence, mĂȘme dans les rĂ©gions les plus pĂ©trolifĂšres de l'Irak.
  • PĂ©nurie des productions et importations des produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, de la nourriture, mĂ©dicaments, etc.
  • Pollution de l'eau par la mise Ă  feu de plusieurs raffineries pĂ©troliĂšres et par les combats, ce qui empĂȘche les agriculteurs de produire suffisamment.
  • Introduction d'une nouvelle monnaie irakienne remplaçant les anciens dinars irakiens Ă  l'effigie de Saddam et le « dinar suisse Â» ayant court dans le Nord du pays.
  • Disparition du tourisme (dĂ©jĂ  quasi-inexistant sous la dictature de Saddam Hussein) en raison de l'Ă©tat de guerre et de l'insĂ©curitĂ© permanente.

Conséquences sociales en Irak

  • Cette guerre a fait des milliers de victimes du cĂŽtĂ© irakien et beaucoup de rĂ©fugiĂ©s ont tout perdu en fuyant leur pays vers la Syrie, la Turquie et l'Iran (environ 200 000 rĂ©fugiĂ©s irakiens).
  • Retour au pays de rĂ©fugiĂ©s politiques (opposĂ©s au pouvoir de Saddam Hussein), exilĂ©s dans les pays voisins ou ailleurs dans le monde, c'est le cas de Ahmed Chalabi qui Ă©tait exilĂ© en AmĂ©rique.
  • Il y a eu beaucoup de prises d'otages faites par des groupes radicaux islamiques, soit pour financer leurs opĂ©rations, dĂ©stabiliser les pays de la coalition ou encore pour faire libĂ©rer certain de leurs miliciens emprisonnĂ©s par la coalition.
  • RĂ©organisation des diffĂ©rents services publics et retour Ă  l'Ă©cole de la jeunesse irakienne malgrĂ© la destruction des infrastructures, l'insĂ©curitĂ© qui rĂšgne dans le pays et la mort de nombreux professeurs et Ă©lĂšves avec, par exemple, un augmentation du taux de scolarisation Ă  Bassorah des 7/13 ans passant de 80 % en 2003 Ă  89,8 %[119].
  • Pour la premiĂšre fois des femmes ont accĂšs Ă  des postes dans le gouvernement, au mĂȘme titre que les hommes, quoique en nombre trĂšs infĂ©rieur ; c'est le cas de Narmine Othmane (ministre de l'environnement), Jouane Fouad Maasoum (ministre de la communication), Souheila Abed Jaafar (ministre des Ă©migrĂ©s et des dĂ©placĂ©s), un tiers des dĂ©putĂ©s sont des femmes, un record dans la rĂ©gion.
  • Dommages aux infrastructures civiles : les services de santĂ© ont Ă©tĂ© pillĂ©s de leurs lits, ambulances, Ă©quipements, installations Ă©lectriques (etc.) par la population, les hĂŽpitaux sont surchargĂ©s alors que les mĂ©decins manquent cruellement. Des routes, centrales Ă©lectriques, et Des centres de communications sont dĂ©truits.
  • Augmentation de l'insĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©rale (pillages, incendies et prises d'otage), suite Ă  la dĂ©sorganisation totale (ou presque) des diffĂ©rents services publics tels que les forces de l'ordre, qui sont actuellement formĂ©es par des instructeurs de l'armĂ©e amĂ©ricaine.
  • ArrivĂ©e d'ONG telles que la Croix-Rouge, le Croissant-Rouge

  • LibĂ©ration de prisonniers dĂ©tenus parfois depuis des dizaines d'annĂ©es et n'ayant plus d'identitĂ©, dans le Quartier GĂ©nĂ©ral des Services de renseignements militaires irakiens.
  • Emprisonnement d'autres personnes sur simple dĂ©nonciation, vengeances personnelles, etc..
  • Accroissement spectaculaire du nombre de familles atteignant le seuil minimal de pauvretĂ©, du fait du chĂŽmage, pillages, dĂ©placements forcĂ©s.

Conséquences humanitaires

  • Ouverture d'un centre humanitaire amĂ©ricain au KoweĂŻt.
  • Fin de l'embargo mis en place Ă  la fin de la premiĂšre guerre du Golfe (KoweĂŻt, 1991).
  • Risques importants de cholĂ©ra et de maladies respiratoires dus au faible accĂšs Ă  l'eau potable et aux produits alimentaires.
  • Fermetures des frontiĂšres voisines (notamment celle de la Syrie) sauf pour laisser passer des convois humanitaires.
  • SystĂšme sanitaire inopĂ©rant.

Conséquences sur l'éducation supérieure

DĂ©jĂ  sous le rĂ©gime de Saddam Hussein l’éducation supĂ©rieure en Irak souffrait :

  • Le salaire d’un professeur Ă©tait au maximum de 200 dollars US, beaucoup trop peu pour vivre.
  • De nombreux professeurs compĂ©tents ont Ă©tĂ© sortis des universitĂ©s pour devenir fonctionnaire.

Aujourd’hui les salaires ont augmentĂ© mais restent insuffisants. Les dĂ©pressions sont accentuĂ©es par le stress psychique causĂ© par la peur de persĂ©cution. Souvent les professeurs en Irak n’osent pas dire publiquement leur opinion. Depuis la guerre en 2003, plus de 200 professeurs ont Ă©tĂ© tuĂ©s, des bibliothĂšques ont Ă©tĂ© pillĂ©es, la bibliothĂšque de la facultĂ© philosophique historique de l’UniversitĂ© de Bagdad par exemple a Ă©tĂ© entiĂšrement brĂ»lĂ©e. Selon l’UNESCO, 84 % des infrastructures des institutions d’éducation ont Ă©tĂ© endommagĂ©es par la guerre et le pillage, ceci avec 50 000 nouveaux Ă©tudiants, garçons et filles, intĂ©grant les universitĂ©s chaque annĂ©e. L’admission des Ă©tudiants se fait sans considĂ©ration de leur qualification, ce qui entraĂźne une surcharge des universitĂ©s, notamment Ă  Bagdad. Les 21 universitĂ©s irakiennes comptent environ 250 000 Ă©tudiants. On estime qu'il manque 60 000 ordinateurs, 2 000 laboratoires scientifiques ainsi que de nombreux livres et du matĂ©riel scolaire. Depuis 1990, 40 % des professeurs parmi les mieux formĂ©s ont quittĂ© leur pays et depuis vingt ans les universitĂ©s et centres de recherche irakiens sont isolĂ©s de la communautĂ© scientifique internationale. Seulement 7 % du corps enseignant sont des professeurs. Des professeurs sont obligĂ©s d’avoir une deuxiĂšme source de revenu. Leurs qualifications se limitent souvent Ă  un niveau bacheliers, alors qu’un master ou mieux un doctorat serait la norme. La qualitĂ© manque Ă©galement au niveau acadĂ©mique. Les travaux de diplĂŽmes en histoire par exemple se limitent souvent Ă  un listage d’évĂ©nements historiques. Aucune critique ou contribution n'apparait, faisant cruellement dĂ©faut aux programmes. Des congrĂšs, confĂ©rences et forum sont presque inexistants, sans parler d'une « vie d’étudiant Â». Il n’y a guĂšre de contacts vers l’extĂ©rieur. Beaucoup de scientifiques et Ă©tudiants manquent de connaissances linguistiques pour un Ă©change international. Officiellement il n’existe plus de restrictions concernant le programme scolaire, malgrĂ© un manque de planification stratĂ©gique[120].

Conséquences sur la culture irakienne

  • De nombreux centres historiques ont Ă©tĂ© dĂ©truits par les bombardements amĂ©ricains, les combats et les pillages.
  • Le MusĂ©e national d'Irak a Ă©tĂ© pillĂ© au moment de l'entrĂ©e des troupes amĂ©ricaines dans Bagdad.
  • Tout ce qui reprĂ©sente Saddam ou son rĂ©gime a Ă©tĂ© saccagĂ© par les populations chiites et kurdes.

Conséquences religieuses en Irak

  • RĂ©surgence des anciens conflits religieux entre chiites et sunnites pour la prise du pouvoir et l'installation d'un rĂ©gime religieux, aprĂšs la chute de Saddam.
  • Assassinats de nombreux chefs religieux chiites tel que l'Ayatollah Mouhammad Baqir Al-Hakim et Abdoul Majid al KhoĂŻ (chef chiite irakien modĂ©rĂ© et pro-occidental, revenu d'exil aprĂšs 12 ans).
  • Assassinats des ChrĂ©tiens autrefois protĂ©gĂ©s par le rĂ©gime de Saddam Hussein.

Conséquences écologiques

  • DĂ©tĂ©rioration des canalisations d'eau des principales villes irakiennes.
  • Pollution des terres agricoles et des nappes phrĂ©atiques par le sabotage des puits de pĂ©trole et l'ouverture volontaire des olĂ©oducs.

ConsĂ©quences pour les États-Unis

Conséquences pour l'armée américaine

  • Le manque de forces au sol pour une opĂ©ration massive de longue haleine se fait ressentir par un emploi massif des rĂ©servistes et une augmentation de la durĂ©e des rotations.
  • Le budget accordĂ© par le SĂ©nat des États-Unis au DĂ©partement de la dĂ©fense a Ă©tĂ© largement augmentĂ©, mais le financement des opĂ©rations en Irak en augmentation fait que des Ă©conomies sont exigĂ©es dans d'autres programmes militaires tandis que l'usure du matĂ©riel est accĂ©lĂ©rĂ©e.
  • Elle est notamment l'occasion, pour les États-Unis et leurs alliĂ©s, de tester de nouvelles mĂ©thodes de guerre urbaine, utilisant les technologies de l'information les plus rĂ©centes, et de nouveaux concepts de combat en rĂ©seau[123].
  • De nombreuses amĂ©liorations du matĂ©riel ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es : augmentation de la protection balistique pour le personnel militaire (protection pour les jambes, les bras, gilets-pare balles plus performant, casques,...), augmentation du confort du soldat, adaptation au milieu (nouveaux camouflages, matĂ©riels adĂ©quats pour tel type d'opĂ©ration,etc), vĂ©hicules militaires Ă©voluĂ©s (protections supplĂ©mentaires, confort augmentĂ©, techniques dernier-cri, etc.) ,...

ConsĂ©quences sur la politique des États-Unis

  • L'accusation de mensonge lancĂ© contre l'administration Bush au sujet des justifications de l'intervention militaire a provoquĂ© des troubles dans l'opinion publique amĂ©ricaine.
  • La politique amĂ©ricaine a Ă©tĂ© fortement critiquĂ©e dans le monde. La question des mensonges de l'administration Bush a crĂ©Ă© un climat de dĂ©fiance entre les opinions publiques, y compris au sein des pays alliĂ©s des États-Unis, et l'administration amĂ©ricaine. Cela s'est traduit par un grand nombre de manifestations anti-amĂ©ricaines et contre la guerre.
  • Plusieurs responsables ont quittĂ© l'administration Bush (dont le secrĂ©taire d'État Colin Powell) en raison du dĂ©saccord avec la ligne prĂ©sidentielle.

ConsĂ©quences Ă©conomiques pour les États-Unis

  • Augmentation des dĂ©penses militaires (armes, habillements, vĂ©hicules... ).
  • Beaucoup de sociĂ©tĂ©s amĂ©ricaines se sont enrichies grĂące aux contrats engendrĂ©s par l'intervention militaire (telle que Halliburton), et envisagent de pouvoir se charger de la reconstruction du pays dĂ©vastĂ© par la guerre et les attentats.
  • Selon le Prix Nobel d'Ă©conomie Joseph Stiglitz, « C'est la seule guerre connue financĂ©e par l'emprunt[124] Â». L'administration Bush a, dans le mĂȘme temps, procĂ©dĂ© Ă  deux baisses d'impĂŽt successives, et a empruntĂ©e « plus de 800 milliards de dollars au reste du monde Â» (la dette publique des États-Unis est aujourd'hui, avec la crise des subprimes, Ă  plus de 9 000 milliards de dollars). Selon J. Stiglitz,

    « Aujourd'hui [fin novembre 2008], aprĂšs une enquĂȘte indĂ©pendante, j'Ă©value le coĂ»t global de la guerre en Irak Ă  3000 milliards de dollars. (
) Larry Kingsley, “chief economic adviser”, disait qu'elle coĂ»terait 200 milliards de dollars : il a Ă©tĂ© renvoyĂ© par Bush. L'administration prĂ©tendait que la guerre ne coĂ»terait pas plus de 50 Ă  60 milliards de dollars, et qu'il n'y aurait pas plus de trois mois de combats sur le front. Â»[124]

Coût financier

Le coĂ»t financier de la guerre en Irak peut en partie ĂȘtre calculĂ© Ă  partir des mesures budgĂ©taires votĂ©es par le CongrĂšs des États-Unis en sus des budgets de fonctionnement. Le DĂ©partement de la DĂ©fense est aussi autorisĂ© Ă  utiliser ce budget de fonctionnement pour financer la guerre.

De nombreuses associations américaines, pour la plupart hostiles à la guerre, suivent de prÚs l'évolution des surcoûts liés à la guerre. Leurs estimations tournent autour de 500 milliards de dollars et intÚgrent aussi des frais indirects (pensions, indemnités...)[125]

Dans son discours du 28 octobre 2006 devant la Chambre des ReprĂ©sentants des États-Unis, le sĂ©nateur honoraire du Massachusetts, James P. Mc Govern, estime le coĂ»t de la guerre Ă  246 millions de dollars par jour (soit 2 847 $ par seconde)[126]. Il rappelle que les dĂ©penses directes (qui ne reprĂ©sentent pas l'ensemble des coĂ»ts) se sont montĂ©es Ă  :

  • 2004 : 77,3 milliards de dollars
  • 2005 : 87,3 milliards de dollars
  • 2006 : 100,4 milliards de dollars

Il identifie deux scĂ©narios pour l'avenir :

  • Une dĂ©cision de retrait immĂ©diate (d'Irak et d'Afghanistan) coĂ»terait 371 milliards de dollars.
  • La prolongation de quatre ans des opĂ©rations entraĂźnerait un coĂ»t de 1 000 milliards de dollars.

Linda Bilmes et Joseph Eugene Stiglitz (« Prix Nobel » d'Ă©conomie en 2001), deux chercheurs de Harvard et Columbia, ont rĂ©actualisĂ© une Ă©tude sur les coĂ»ts du conflit de 2 267 milliards de $

Les coĂ»ts budgĂ©taires (en dollars) qu'ils identifient se dĂ©composent ainsi :

  • 336 milliards dĂ©jĂ  dĂ©pensĂ©s.
  • 389 milliards de frais de fonctionnement pour les opĂ©rations futures
  • 127 milliards pour les indemnitĂ©s et pensions des anciens combattants
  • 160 milliards pour la dĂ©mobilisation et le repositionnement de la dĂ©fense

Les coĂ»ts Ă©conomiques se dĂ©composent selon les auteurs de la façon suivante :

  • 355 milliards de manque Ă  gagner pour l'Ă©conomie liĂ©s aux dĂ©cĂšs, invaliditĂ©s, diffĂ©rentiels de coĂ»ts des achats liĂ©s Ă  la guerre

  • 300 milliards liĂ©s au prix du pĂ©trole sous forme de transferts vers les pays producteurs.
  • 150 milliards liĂ©s Ă  une moindre performance Ă©conomique liĂ©e aux mĂȘme prix Ă©levĂ©s.
  • 450 milliards dĂ©coulant de l'affectation des budgets Ă  la guerre plutĂŽt qu'Ă  des dĂ©penses productives ou Ă  la rĂ©duction du dĂ©ficit.

En dĂ©but 2008, dans un livre intitulĂ© The Three Trillion Dollar War : The True Cost of the Iraq Conflict. Ils identifient dĂ©sormais un coĂ»t global de 3 000 milliards de dollars (article du figaro du 9 avril 2008) Le coĂ»t des opĂ©rations a dĂ©jĂ  dĂ©passĂ© celui des douze ans de la guerre du Vietnam, et reprĂ©sente le double du coĂ»t de la guerre de CorĂ©e.

Dans son numĂ©ro du 25 dĂ©cembre 2006/1er janvier 2007 le magazine Time estime Ă  502 milliards de dollars les dĂ©penses des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme.

Évolution de l'opinion amĂ©ricaine

Protestation Ă  Washington contre la guerre

En 2003, environ 150 000 personnes avaient manifestĂ© contre la guerre en Irak dans les rues de San Francisco[127].

En juin 2005, l'opinion publique amĂ©ricaine semble ĂȘtre en dĂ©saccord avec la politique des États-Unis en Irak : d'aprĂšs une enquĂȘte publiĂ©e le 27 juin 2005 par ABC/Washington Post, une majoritĂ© d'AmĂ©ricains dĂ©sapprouvent la gestion de la situation en Irak. Plus d'un AmĂ©ricain sur deux pense que George W. Bush a « intentionnellement trompĂ© Â» l'opinion amĂ©ricaine sur les raisons d'engager cette guerre.

  • 57 % d'entre eux estiment que l'administration Bush a exagĂ©rĂ© la menace des armes de destruction massive.
  • En somme, 53 % des personnes interrogĂ©es jugent que le conflit n'en valait pas la peine.
  • Cependant, toujours selon le mĂȘme sondage, 58 % estiment que les soldats amĂ©ricains doivent demeurer en Irak pour rĂ©tablir l'ordre.
  • Seuls 41 % exige le retrait de ces troupes (source : Le Monde et AFP, 28 juin 2005).

Le 24 septembre 2005, 100 Ă  300 000 manifestants[128] s'Ă©taient rassemblĂ©s Ă  Washington D.C. pour protester contre l'engagement amĂ©ricain en Irak. Dans ce contexte difficile (ouragan Katrina) pour George W. Bush, un sondage Gallup montrait que 63 % des AmĂ©ricains voulaient le retour des soldats dans leur pays.

Un mois plus tard, le Wall Street Journal rĂ©vĂšle les rĂ©sultats d'un sondage encore plus dĂ©favorable Ă  l'intervention amĂ©ricaine : 53 % des AmĂ©ricains pensent que la guerre en Irak Ă©tait « une erreur Â», contre seulement 34 % qui estiment qu'elle Ă©tait justifiĂ©e.

Un nouveau sondage commandĂ© par CNN au dĂ©but du mois d'aoĂ»t 2006 montre que les partisans de la guerre sont trĂšs minoritaires : 36% approuvent encore le conflit en Irak alors que 60% le rejettent[129].

Le 10 janvier 2007, lors d'une allocution tĂ©lĂ©visĂ©e, le prĂ©sident annonce que 21 500 militaires supplĂ©mentaires seront envoyĂ©s en Irak pour permettre un retour Ă  la paix plus rapide. Cette dĂ©cision se heurte Ă  un congrĂšs et une opinion publique hostile et majoritairement sceptique Ă  cette dĂ©marche[130]. Cela remettrait les effectifs amĂ©ricains au niveau de dĂ©cembre 2005 au moment des Ă©lections lĂ©gislatives dans ce pays[131].

Le 27 janvier 2007, une nouvelle manifestation est organisĂ©e par le collectif Unis pour la paix et la justice contre la guerre et l'envoi de renforts armĂ©s en Irak ; elle rĂ©unit plusieurs milliers d'AmĂ©ricains dans la capitale[128]. À l'occasion du quatriĂšme anniversaire de la guerre en Irak, plus de 50 000 personnes[132] ont manifestĂ© le 17 mars 2007 Ă  Washington DC contre le maintien des troupes amĂ©ricaines ; ils ont dĂ©filĂ© Ă  l'appel d'Answer (Act Now to Stop War and End Racism) de la Maison Blanche au Pentagone.

Le 28 mars 2007, le SĂ©nat amĂ©ricain vote le retrait des troupes amĂ©ricaines d'Irak d'ici le mois de mars 2008[133].

Le 26 avril, la loi est définitivement adoptée par le sénat américain pour un retrait des troupes à partir du mois d'octobre en contre partie d'une rallonge budgétaire de 124 milliards de dollars[134].

Le 2 mai 2007 (soit 4 ans jour pour jour aprĂšs la dĂ©claration annonçant la fin des « principales opĂ©rations de combat Â»), le prĂ©sident George W. Bush annonce comme prĂ©vu dans une allocution tĂ©lĂ©visĂ©e qu'il met son veto Ă  la loi votĂ©e par la majoritĂ© dĂ©mocrate quelques jours auparavant estimant que « proposer un calendrier pour un retrait est proposer une date pour un Ă©chec et [que] cela serait irresponsable[135] Â».

Le retrait des troupes d'Irak est alors soutenu par 56 % des AmĂ©ricains selon un sondage NBC/Wall Street Journal publiĂ© le 26 avril 2007 (seuls 37 % soutiennent le prĂ©sident Bush sur ce point). Le sondage indique Ă©galement que 55 % des AmĂ©ricains ne croient plus Ă  la victoire en Irak (contre 36 % qui y croient et 9 % qui ne se prononcent pas). On pourra y lire encore que prĂšs de la moitiĂ© des sondĂ©s trouvent que la situation en Irak a empirĂ© ces trois derniers mois (37 % estiment qu'elle est stable et 12 % pensent qu'elle s'amĂ©liore)[136].

Dans son Ă©ditorial du 8 juillet 2007, le New York Times affirmait : « Il est temps pour les États-Unis de quitter l'Irak, sans plus de dĂ©lai qu'il n'en faut au Pentagone pour organiser un retrait mĂ©thodique[137]. Â» Ainsi, l'un des journaux les plus influents du pays appelait au retrait des forces amĂ©ricaines d'Irak.

Le 27 octobre 2007 de nouvelles manifestations pacifistes sont organisĂ©es dans les principales villes amĂ©ricaines (New York, Los Angeles, Chicago, Philadelphie, San Francisco, Boston, Seattleetc.[138]). Entre 10 000 et 30 000 personnes se sont rassemblĂ©es rien qu'Ă  San Francisco[138].

En mars 2008, un nouveau sondage montre une montĂ©e de l'opposition de l'opinion publique amĂ©ricaine : d'aprĂšs un sondage effectuĂ© pour CBS, 64% des sondĂ©s pensent que la guerre n'en valait pas la peine[139].

Conséquences au niveau mondial

Conséquences sur le droit international public

Conséquences sur l'économie mondiale

  • Hausse des prix du pĂ©trole [rĂ©f. nĂ©cessaire] (cause secondaire, l'Irak Ă©tant Ă  cause des sanctions Ă©conomiques faiblement productrice avant guerre).
  • Bouleversement des statu quo liĂ©s Ă  la gĂ©opolitique du pĂ©trole[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Conséquences politiques en dehors de l'Irak

  • Augmentation du nombre d'attaques terroristes dans le monde [rĂ©f. nĂ©cessaire] sur incitation d'Oussama Ben Laden qui invite les musulmans Ă  se soulever contre les rĂ©gimes musulmans (BahreĂŻn, KoweĂŻt, Afghanistan, Pakistan
) en raison de leur soutien Ă  la guerre en Irak.
  • AmĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© au KoweĂŻt [rĂ©f. nĂ©cessaire].
  • Cette guerre en Irak a divisĂ© l'Europe, crĂ©ant des discordes entre les pays engagĂ©s ou qui se sont engagĂ©s en Irak (Royaume-Uni, Pologne, Espagne
) et ceux qui Ă©taient contre l'intervention armĂ©e (Allemagne, Belgique, France
).
  • Le lancement d'une vĂ©ritable politique de dĂ©valorisation de la France aux États Unis connue sous le nom de French Bashing. Elle se manifeste particuliĂšrement dans certains restaurants oĂč les frites, appelĂ©es usuellement « French Fries Â», sont renommĂ©es « Liberty Fries[140] Â». Cette pratique n'est, avec l'Ă©volution de l'opinion amĂ©ricaine sur le conflit, plus d'actualitĂ©.
  • Renforcement de la puissance politique de l'islam Chiite et donc de l'Iran sur la rĂ©gion.
  • Endettement massif des États-Unis suite aux dĂ©penses militaires et perte de leur statut de super puissance militaire et politique aux yeux de nombreuses nations par l'Ă©chec du contrĂŽle politique et militaire de l'Irak.
  • Renforcement du sentiment anti-amĂ©ricain dans tous les pays de culture musulmane ce qui renforce le risque de terrorisme et la puissance d'organisations terroristes islamistes.

Autres

Article dĂ©taillĂ© : Attentats aprĂšs l'invasion de l'Irak.

Pour l'IFRI, en septembre 2005, « la cause religieuse l'emporte sur la cause nationale[141]. Â»

L'arrestation de Saddam Hussein par l'armĂ©e des États-Unis, aurait cependant, pour certains observateurs sur place, permis Ă  une plus large part de la population de ne pas avoir peur de reprĂ©sailles et de rentrer dans les rangs de la guĂ©rilla qui se disent persĂ©cutĂ©s [rĂ©f. nĂ©cessaire]. Sa « capture Â» et certaines photographies prises Ă  cette occasion semblent avoir Ă©tĂ© extrĂȘmement mal perçues par la majoritĂ© des Sunnites irakiens [rĂ©f. nĂ©cessaire].

D'aprĂšs Robert Fisk[142], en octobre 2005, l'armĂ©e amĂ©ricaine avait complĂštement perdu le contrĂŽle de la situation. Des « rebelles Â» en armes se promĂšnent alors dans Bagdad au grand jour Ă  200 mĂštres de la zone verte.

En octobre 2006, l'Organisation de la confĂ©rence islamique (OCI) rĂ©dige le « document de La Mecque Â». SignĂ© par des dignitaires irakiens chiites et sunnites, le texte lance un appel Ă  la fin des violences interconfessionnelles, Ă  la libĂ©ration de tous les otages et Ă  la prĂ©servation de l'unitĂ© de l'Irak[143]. La situation s'amĂ©liore graduellement Ă  partir de 2007 grĂące Ă  l'envoi de renforts supplĂ©mentaires ("surge") et d'autres facteurs[144],[145].

Dans la culture

Plusieurs films amĂ©ricains ont pour sujet la guerre d'Irak :

  • Fahrenheit 911, un documentaire de Michael Moore sur les attentats du 11 septembre, les Ă©lections amĂ©ricaines de 2000 et la politique amĂ©ricaine pour le lancement de l'opĂ©ration Iraqi Freedom en mars 2003 ;
  • Generation Kill, sĂ©rie amĂ©ricaine de HBO (2008) crĂ©Ă©e par David Simon et Ed Burns, suit le 1er Bataillon de Reconnaissance des Marines lors de l'invasion de l'Irak.
  • DĂ©mineurs, sortie en 2009, sur le travail des Ă©quipes luttant contre les engins explosifs en Irak.
  • Green Zone rĂ©alisĂ©e par Paul Greengrass avec Matt Damon sorti en 2010, suit le parcours d'un soldat amĂ©ricain affectĂ© Ă  la recherche des armes de destruction massive Irakiennes et dĂ©nonce les motivations officieuses des États-Unis pour mener cette guerre.

Notes et références

  1. ↑ La troisiĂšme guerre du Golfe : Analyse politique, stratĂ©gique et Ă©conomique , RĂ©seau Multidisciplinaire d'Études StratĂ©giques, 2007, L'Harmattan, (ISBN 2296024742)
  2. ↑ (en) MĂ©thodologie de Iraq Body Count, consultĂ©e le 4 novembre 2009
  3. ↑ Nombre de personnes tuĂ©es, blessĂ©es ou enlevĂ©es Ă  la suite des actes de terrorisme en Irak selon le centre national de contre-terrorisme du DĂ©partement d'État : 20 685 en 2005, 38 813 en 2006. 22 citoyens privĂ©s amĂ©ricains tuĂ©s en 2006, National Counterterrorism Center: Annex of Statistical Information
  4. ↑ 800 selon Emmanuel Razhavi, Éric de la Varenne, StĂ©phane Villemin. Arte reportage. Diffusion : 19 mai 2007.
  5. ↑ InfoSud HumanRights Tribune, mĂȘme chiffre pour l’ambassade de France au Danemark. Amnesty international donnait le chiffre d’1,8 million en novembre 2006
  6. ↑ DĂ©penses supplĂ©mentaires portĂ©es au budget national, comme primes de guerre, munitions, reconstruction, sans tenir compte des futures pensions d'invaliditĂ© des soldats blessĂ©s : Cost of War to the United States
  7. ↑ Les justifications de la guerre en Irak battues en brĂšche par le SĂ©nat amĂ©ricain, Le Monde, 09-09-2006
  8. ↑ (en) Task force on terrorism & unconventional warfare, « THE IRAQI WMD CHALLENGE -- Myths and Reality Â» sur www.au.af.mil, Chambre des reprĂ©sentants des États-Unis, 10 fĂ©vrier 1998. ConsultĂ© le 31 mars 2010
  9. ↑ New report offers no evidence that Iraq stockpiled WMD, Mercury News (2006-06-22).
  10. ↑ Sarin, Mustard Gas Discovered Separately in Iraq, Fox News (17-05-2004).
  11. ↑ Hundreds of chemical weapons found in Iraq, Breitbart (2006-06-22).
  12. ↑ Addendums to the Comprehensive Report, GlobalSecurity.Org. [PDF]
  13. ↑ (en) Iraq intelligence failure my biggest regret: Bush - ABC, 2 dĂ©cembre 2008
  14. ↑ (fr) Bush : « Je n'Ă©tais pas prĂ©parĂ© pour la guerre Â» - Le Figaro, 2 dĂ©cembre 2008
  15. ↑ (en) The 9/11 Commission Report - États-Unis Government Printing Office, 2002, p. 334
  16. ↑ Idem, p. 351
  17. ↑ Ibidem, p. 61
  18. ↑ Ibid., p. 66
  19. ↑ Op.cit., p. 228
  20. ↑ Idem, p. 66
  21. ↑ Idem ; K. Katzman, « Iraq and Al-Qaeda : allies or not? Â», CRS Reports for Congress, p. 6
  22. ↑ « Pour des raisons bureaucratiques, nous nous sommes concentrĂ©s sur la raison principale, Ă  savoir les Armes de Destruction Massive, parce que c'Ă©tait celle que tout le monde acceptait mais... il y a toujours eu trois arguments principaux. Le premier est les ADM, le second, les liens avec le terrorisme, le troisiĂšme, le caractĂšre criminel du rĂ©gime. Vous pourriez aussi qu'il y en a un quatriĂšme, une sorte de mĂ©lange entre les deux premiers... Le troisiĂšme argument en lui-mĂȘme est une bonne raison d'aider les Irakiens, comme je l'ai soulignĂ© prĂ©cĂ©demment, mais ce n'est pas une bonne raison de risquer la vie de jeunes AmĂ©ricains. L'argument numĂ©ro deux, soit les liens entre le rĂ©gime et le terrorisme, est le plus dĂ©battu au sein du gouvernement mais je crois que tout le monde se rejoint sur le fait que nous avons tuĂ© plus de cent membres d'un groupe d'Al-Quaeda en Irak et que nous avons arrĂȘtĂ© un membre d'Al-Quaeda Ă  Bagdad, liĂ© Ă  Al-Zarkawi. Â» — DĂ©claration de Wolfowitz au journaliste Sam Tanenhaus de Vanity Fair en juin 2003
  23. ↑ (fr) De "pĂ©trole contre nourriture" Ă  la rĂ©solution 1441, MinistĂšre français des affaires Ă©trangĂšres
  24. ↑ Art. 8 de la RĂ©solution 687 du Conseil de SĂ©curitĂ©, 3 avril 1991, www.un.org, 1991, p. 13.
  25. ↑ RĂ©solution 1441 du Conseil de SĂ©curitĂ©, 8 novembre 2002, www.un.org, 2002, p. 5.
  26. ↑ B. Woodward, « Plan d’attaque Â», Folio documents, n° 25, 2004, p. 357.
  27. ↑ (en) Iraq’s Weapons of Mass Destruction Programs - Rapport de la CIA, octobre 2002, pp. 1-3 [PDF]
  28. ↑ J. Wilson, « What I didn’t find in Africa Â», 6 juillet 2003, New York Times, 2003, p. 9
  29. ↑ [PDF] Iraq’s Weapons of Mass Destruction the Assessment of the British Government sur www.fco.gov.uk
  30. ↑ J. Wilson, op. cit., p. 9.
  31. ↑ B. Woodward, o. c. (v. note 4), n° 25, 2004, p. 350
  32. ↑ M. Gozlan, « La vĂ©ritable histoire de la guerre en Irak Â», 25 au 31 octobre 2008, Marianne, p. 71
  33. ↑ Connie Veillette, « CRS Report for Congress Â», 10 fĂ©vrier 2005. ConsultĂ© le 17 aoĂ»t 2010
  34. ↑ Irak: fin de la mission militaire australienne, 31 juillet 2009
  35. ↑ Non-US Forces in Iraq - novembre 2006
  36. ↑ Noam Chomsky, « Noam Chomsky on 1968 Â», New Statesman, 8 mai 2008. [lire en ligne]
  37. ↑ L'administration Bush et les dĂ©tracteurs de la guerre en Irak, article du quotidien Le Monde, datĂ© du 17 juin 2007.
  38. ↑ (en) Attacking the Cruise Missile Threat, 8 septembre 2003, Joint Forces Staff College (en) [PDF]
  39. ↑ (en) Palais prĂ©sidentiel irakien, prĂšs de Babylone Aerial View of Saddam Hussein's Palace
  40. ↑ (en) OPERATION IRAQI FREEDOM Theater Air and Missile Defense, 32nd Army Air and Missile Defense Command, septembre 2003 [PDF]
  41. ↑ (en) I Marine Expeditionary Force I Marine Expeditionary Force
  42. ↑ a et b (en) 1re Division blindĂ©e britannique1st Armoured Division (United Kingdom)
  43. ↑ Une division blindĂ©e de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne « type 2003 », Ă©quipĂ©e en moyenne d'environ 120 chars moyens T-54 totalement obsolĂštes (canon Ă  Ăąme rayĂ©e de 100 mm, ne tirant pas de pĂ©nĂ©trateur Ă  Ă©nergie cinĂ©tique, tirant des obus perforants (OP) et des High Explosive Anti-Tank ne perçant plus la plus grande partie des surfaces blindĂ©es des chars lourds de la Coalition, et dont un obus quelconque n'a de chance raisonnable d'atteindre une cible en mouvement lent qu'Ă  moins de 1 000 mĂštres), d'environ 40 (VCI) BMP-1 (vĂ©hicules de combat d'infanterie obsolĂštes, pouvant nĂ©anmoins ĂȘtre considĂ©rĂ©s aujourd'hui comme des vĂ©hicules de transport de troupe bien armĂ©, pouvant appuyer efficacement une infanterie dĂ©barquĂ©e, mais dont le canon « basse pression Â» de 73 mm, par manque de prĂ©cision, n'est efficace sur un vĂ©hicule qu'Ă  moins de 400 m, et dont les missiles antichar AT-3 Sagger ne percent plus la plus grande partie des surfaces blindĂ©es des chars lourds de la Coalition), disposant de l'Ă©quivalent d'une Compagnie d'Ă©clairage Ă©quipĂ© de BRDM, montĂ©e sur vĂ©hicules lĂ©gers, d'une Batterie d'artillerie (canons tractĂ©s D-20 et D-30) et d'un petit nombre de vĂ©hicules de transport ne permettant pas, et de loin, de dĂ©placer l'ensemble de la division en une seule fois, Ă©tait Ă©quivalente Ă  un RĂ©giment renforcĂ© de Cavalerie lĂ©gĂšre blindĂ©e Ă©quipĂ© de Sagaie (tirant des munitions OFL de 90 mm, avec tĂ©lĂ©mĂštre laser et calculateur de tir) et ce, uniquement en combat rapprochĂ© car, Ă  moyenne distance (1 000-2 000 m), elle n'avait guĂšre plus de valeur qu'un Groupement d'escadrons de Cavalerie lĂ©gĂšre blindĂ©e Ă©quipĂ© d'AMX-10 RC (tirant des OFL de 105 mm sur objectif mobile) et, Ă  grande distance (2 000-3 000 m), elle devait Ă©quivaloir Ă  un Escadron de chars lourds de combat Leclerc (tirant en marche des OFL de 120 mm sur objectif mobile)... Une division blindĂ©e de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne ne pouvait valablement se battre qu'en zones semi-urbaines
  44. ↑ Une division mĂ©canisĂ©e de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne « type 2003 », Ă©quipĂ©e en moyenne d'environ 40 chars moyens T-54 et d'environ 120 VTT MT-LB (vĂ©hicule de transport de troupes dont l’armement principal se limite Ă  un fusil mitrailleur de 7,62 mm), disposant de l'Ă©quivalent d'une Compagnie d'Ă©clairage montĂ©e sur vĂ©hicules lĂ©gers, d'une Compagnie de missiles anti-char (Ă©quipĂ©e d'un petit nombre de missiles antichar AT-3 Sagger portatifs, demandant un trĂšs grand entraĂźnement des servants pour avoir une probabilitĂ© raisonnable d'atteindre son but, et ne perçant plus la plus grande partie des surfaces blindĂ©es des chars lourds de la Coalition), de deux Batteries d'artillerie (canons tractĂ©s D-20 et D-30) et d'un petit nombre de vĂ©hicules de transport ne permettant pas, et de loin, de dĂ©placer l'ensemble de la division en une seule fois, Ă©tait Ă©quivalente Ă  un RĂ©giment d’infanterie mĂ©canisĂ©e Ă©quipĂ© d'AMX-30 B2 (tirant des munitions flĂšche OFL de 105 mm sur objectif mobile) et de vĂ©hicules de combat d'infanterie (VCI) AMX-10 P armĂ©s d'un canon de 20 mm efficace Ă  1 000 mĂštres, et ce, uniquement en combat rapprochĂ© car, Ă  moyenne distance (1 000-2 000 m), elle n'avait guĂšre plus de valeur qu'un Escadron d’AMX-30 B2 (tirant des munitions flĂšche OFL de 105 mm sur objectif mobile) et, Ă  grande distance (2 000-3 000 m), elle devait Ă©quivaloir Ă  un Peloton de chars lourds de combat Leclerc (tirant en marche des munitions OFL de 120 mm sur objectif mobile)... Une division mĂ©canisĂ©e de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne ne pouvait valablement se battre qu'en zones urbaines ou semi-urbaines
  45. ↑ Une division d'infanterie de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne « type 2003 », composĂ©e de l'Ă©quivalent de trois Bataillons d'infanterie lĂ©gĂšre (disposant chacun de quelques moyens d'Ă©clairage, de quelques canons sans recul antichar de 73 (SPG-9) mm (tirants des Ă  projectiles Ă  charge creuse (OCC), de quelques mortiers portĂ©s de 60 mm, mais ne disposant pas de moyens de transports organiques) Ă©quivalent chacun Ă  un Bataillon d'infanterie de montagne, et de l'Ă©quivalent d'une Compagnie d'Ă©clairage montĂ©e sur vĂ©hicules lĂ©gers, d'une Compagnie de missiles anti-char (Ă©quipĂ©e d'un petit nombre de missiles antichar AT-3 Sagger portatifs, demandant un trĂšs grand entraĂźnement des servants pour avoir une probabilitĂ© raisonnable d'atteindre son but, et ne perçant plus la plus grande partie des surfaces blindĂ©es des chars lourds de la Coalition), d'une Compagnie d'appui Ă©quipĂ©e d'un petit nombre de mortier de 120 mm, et d'un petit nombre de vĂ©hicules de transport ne permettant pas, et de loin, de dĂ©placer l'ensemble de la division en une seule fois, Ă©tait Ă©quivalente Ă  un RĂ©giment d'infanterie de montagne. Comme toute unitĂ© d'infanterie non mĂ©canisĂ©e, et comme les irakiens l'avaient appris Ă  leurs dĂ©pens lors du dĂ©sastre militaire qu'ils avaient subi Ă  l'occasion de la Guerre du Golfe de 1991, une division d'infanterie de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre irakienne ne pouvait se battre qu'en terrain favorable, Ă  savoir en zones urbaines, en zones montagneuses ou en zones couvertes
  46. ↑ les quatorze autres divisions se trouvant en dehors des zones de combat (trois à [[Amara (Irak)|]]
  47. ↑ a, b et c (en) Garde RĂ©publicaine irakienne Iraqi Republican Guard (
  48. ↑ Une division blindĂ©e de la Garde RĂ©publicaine « type 2003 », Ă©quipĂ©e en moyenne d'environ 120 chars moyens T-72 de fabrication irakienne (« Lion de Babylone Â», dont, en particulier, le blindage est de qualitĂ© nettement infĂ©rieure Ă  celui des T-72 de fabrication soviĂ©tique, char Ă©quipĂ© d'un canon Ă  Ăąme lisse de 125 mm, tirant des munition flĂšche (OFL), capables de percer une partie des surfaces blindĂ©es des chars lourds de la Coalition, trĂšs dangereux pour les vĂ©hicules ce combat d'infanterie (VCI) de type Bradley ou Warrior mais dont un obus quelconque n'a de chance raisonnable d'atteindre une cible en mouvement lent qu'Ă  moins de 1 200 m), d'environ 40 (VCI) BMP-2 (vĂ©hicule de combat d'infanterie dont le canon de 30 mm est efficace Ă  1 500 m, susceptible de « neutraliser Â» certains des chars lourds de la Coalition en endommageant certains de leurs accessoires, mais dont les missiles antichar Bataillon d'Ă©clairage Ă©quipĂ© de BRDM, de l'Ă©quivalent d'un Bataillon d'artillerie (canons tractĂ©s D-20 (en) et/ou D-30 (en) et de quelques canons automoteurs lance-roquettes multiples BM-21 Grad) et d'un certain nombre de vĂ©hicules de transport, Ă©tait Ă©quivalente Ă  une Brigade BlindĂ©e Ă©quipĂ©e de AMX-30 B2 (tirant des munitions flĂšche OFL de 105 mm sur objectif mobile) et de vĂ©hicules de combat d'infanterie (VCI) AMX-10 P armĂ©s d'un canon de 20 mm efficaces Ă  1 000 mĂštre, mais ce, uniquement en combat rapprochĂ© car, Ă  moyenne distance (1 000-2 000 m), elle n'avait guĂšre plus de valeur qu'un RĂ©giment AMX-30 B2 et, Ă  grande distance (2 000-3 000 m), elle devait Ă©quivaloir Ă  un Groupement d'escadrons de chars lourds de combat Leclerc (tirant en marche des munitions OFL de 120 mm sur objectif mobile)... Une division blindĂ©e de la Garde RĂ©publicaine ne pouvait valablement se battre qu'en zones semi-urbaines
  49. ↑ Une division d'infanterie motorisĂ©e de la Garde RĂ©publicaine « type 2003 », composĂ©e de l'Ă©quivalent de trois RĂ©giments d'infanterie Ă©quivalent chacun Ă  un RĂ©giment d'infanterie de montagne (disposant chacun de l'Ă©quivalent d'une Compagnie d'Ă©clairage, d'une Compagnie antichar dotĂ©e de missiles antichar Milan de premiĂšre gĂ©nĂ©ration mais capables de percer une partie des surfaces blindĂ©es des chars lourds de la Coalition), d'une Compagnie de commandos et une Compagnie d'appui Ă©quipĂ©e de mortiers portĂ©s de 81 mm, disposant de vĂ©hicules de transport de troupes (VTT) BTR Ă  roues (Ă©quipĂ©s d'une mitrailleuse lourde de 14,5 mm et d'un fusil mitrailleur de 12,7 mm) organiques, et de l'Ă©quivalent d'un Bataillon d'Ă©clairage Ă©quipĂ© de BRDM, d'un Bataillon Ă©quipĂ© de vĂ©hicules de combat Ă  roues (VCR) armĂ©s de missiles antichar HOT de premiĂšre gĂ©nĂ©ration mais capables de percer une partie des surfaces blindĂ©es des chars lourds de la Coalition), d'un Bataillon de commandos, d'un Bataillon d'appui Ă©quipĂ© de mortiers de 120 mm, de l'Ă©quivalent d'un Escadron de chars moyens T-62 (ou T-72 Lion de Babylone de fabrication irakienne, dont, en particulier, le blindage est de qualitĂ© infĂ©rieure Ă  celui des T-72 de fabrication soviĂ©tique, char Ă©quipĂ© d'un canon Ă  Ăąme lisse de 125 mm, tirant des munition flĂšche (OFL), capables de percer une partie des surfaces blindĂ©es des chars lourds de la Coalition, trĂšs dangereux pour les vĂ©hicules ce combat d'infanterie de type M2/M3 Bradley ou Warrior mais dont un obus quelconque n'a de chance raisonnable d'atteindre une cible en mouvement lent qu'Ă  moins de 1 200 m) et d'un certain nombre de vĂ©hicules de transport, correspondant Ă  une Brigade d'infanterie motorisĂ©e de la Coalition. Comme toute unitĂ© d'infanterie non mĂ©canisĂ©e, et comme les irakiens l'avaient appris Ă  leurs dĂ©pens lors du dĂ©sastre militaire qu'ils avaient subi Ă  l'occasion de la Guerre du Golfe de 1991, une division d'infanterie motorisĂ©e de la Garde RĂ©publicaine ne pouvait se battre qu'en terrain favorable, Ă  savoir en zones urbaines, en zones montagneuses ou en zones couvertes
  50. ↑ Les deux autres divisions de la Garde RĂ©publicaine, la division mĂ©canisĂ©e, Ă©quivalente en combat rapprochĂ© Ă  une Brigade mĂ©canisĂ©e de la Coalition, et une seconde division d'infanterie motorisĂ©e, se trouvaient au Kurdistan[rĂ©f. nĂ©cessaire]
  51. ↑ en utilisant intelligemment le rĂ©seau trĂšs dense de canaux - utilisĂ©s comme fossĂ©s anti-chars - de cette agglomĂ©ration, qui a la particularitĂ© d'ĂȘtre incontournable
  52. ↑ (en) POLO STEP : Plan d'invasion amĂ©ricain de l'Irak de 2002, dĂ©classifiĂ© en 2005 [PDF]
  53. ↑ La Garde RĂ©publicaine n'a apparemment pas cherchĂ© Ă  tirer profit du rĂ©seau dense des trĂšs larges canaux d'irrigation situĂ©s au Sud de Bagdad, comme l'avait fait l'ArmĂ©e rĂ©guliaire irakienne Ă  Bassorah, alors que les moyens de franchissement de ces canaux pas les chars de combat lourds Abrams constituaient l'un des points faibles de l'US Army, dans ce terrain trĂšs dĂ©favorable aux offensives des blindĂ©s. Evidemment, pour que cette manƓuvre puisse ĂȘtre couronnĂ©e d'un certain succĂšs, il aurait fallu qu'en plus, comme elle avait rĂ©ussi Ă  le faire Ă  Bassorah avec la 1re division blindĂ©e britannique, l'armĂ©e irakienne parvienne Ă  « fixer Â» quelque part, au moins pour quelque temps, la stratĂ©gique cohĂ©rent de dĂ©fense d'ensemble de l'Irak, plan qui n'existait probablement pas...
  54. ↑ (en) Al-Samud, Global Security
  55. ↑ (en) Ababil-100 / Al Fatah, Global Security
  56. ↑ Zucchino, David: Thunder Run: The Armored Strike to Capture Baghdad. Grove Press, 2004, page 162.
  57. ↑ Iraqi missile hits Army base, By Steven Lee Myers. The New York Times, 04/07/2003.
  58. ↑ www.globalsecurity.org
  59. ↑ (de)Reportage spĂ©cial sur la mort de deux journalistes)
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Annexes

Bibliographie

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  • Le Nouvel Empire amĂ©ricain, causes et consĂ©quences pour les États-Unis et pour le monde, Rodrigue Tremblay, L'Harmattan, 2004 (ISBN 2-7475-6287-5)
  • Bush s'en va-t-en guerre, Bob Woodward, folio document, mars 2004 (ISBN 2-0703-1301-8)
  • Bagdad blog, Salam Pax, Hachette LittĂ©rature, 26 mai 2004 (ISBN 978-2-0123-5768-6)
  • D'une guerre d'Irak Ă  l'autre - Violence et politique au Moyen-Orient 1990-2004, GĂ©rard Chaliand, MĂ©tailiĂ©, 2004 (ISBN 2-8642-4506-X)
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  • RomĂ©o et Juliette de Bagdad: quand l'amour dĂ©fie la guerre, Ehda'a Blackwell, Michel Lafont, 2005 (ISBN 2-7499-0277-0)
  • L'autre guerre des États-Unis, les secrets d'une machine de conquĂȘte, Claude Revel et Eric DenĂ©cĂ©, Robert Laffont, 2005 (ISBN 2-2211-0368-8)
  • Plan d'attaque, Bob Woodward, Folio document, 2005 (ISBN 2-0703-0665-8)
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  • Irak, la vĂ©ritĂ© : Ce que la France peut craindre du procĂšs Saddam Hussein, Jeanne Assouly, SW-TĂ©lĂ©maque 2006 (ISBN 2-7533-0023-2)
  • Voyage au Pays d'Al-Qaida, Sara Daniel, Seuil, 2006 (ISBN 2-0209-0208-7)
  • La troisiĂšme guerre du Golfe. Analyse gĂ©opolitique, stratĂ©gique et Ă©conomique, RĂ©seau Multidisciplinaire d'Études StratĂ©giques, Paris, L'Harmattan, 2007 (ISBN 978-2-2960-2474-8)
  • (en) Just another soldier : a year on the ground in Iraq, Jason Christopher Hartley, HarperCollins Publisher (ISBN 0-0608-4366-7)
  • (en) Waging Peace: A Special Operations Team's Battle To Rebuild Iraq, Rob Schultheis, Gotham Books, 2005 (ISBN 1-5924-0127-9)
  • (en) Disarming Iraq, Hans Blix, Pantheon Books, 2004 (ISBN 0-3754-2302-8)
  • L'AmĂ©rique en guerre : Irak-Afghanistan, GĂ©rard Chaliand, Éditions du Rocher, 2007 (ISBN 2-2680-6143-4)
  • Pilotes dans l'enfer irakien, William Smallwood, Altipresse, 2007 (ISBN 2-9112-1856-6)
  • Putain de guerre ! : Le tĂ©moignage choc d'un jeune dĂ©serteur amĂ©ricain qui refuse de faire la guerre en Irak, Joshua Key (en), Albin Michel, 2007 (ISBN 2-2261-7614-4)
  • (en) All Roads Lead to Baghdad - Army Special Operations Force in Iraq, Charles H. Briscoe, Paladin Press, 2007, 552 p.(ISBN 1-5816-0600-1)
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Exemples de scÚnes de guerre (vidéos)

Vidéo d'une scÚne nocturne d'échange d'armes entre combattants irakiens, vue par des soldats américains depuis un hélicoptÚre Apache, avec les commentaires et hésitations de ceux-ci sur la décision de tir puis l'exécution d'un homme blessé.

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