Guerre d'Algerie

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Guerre d'Algerie

Guerre d'Algérie

Guerre d’AlgĂ©rie
Semaine Barricades Alger 1960.jpg
Semaine des barricades Ă  Alger - Fin janvier 1960
Informations générales
Date 1954-1962
Lieu Algérie
Issue Accords d'Évian
Indépendance de l'Algérie
Belligérants
Front de libération nationale (FLN) (1954-62)
Mouvement national algérien (MNA) (1954-62)

Parti communiste algérien (PCA) (1954-55)

Drapeau de la France France (1954-62) Front Algérie française (FAF) (1960-61)
Organisation armée secrÚte (OAS)(1961-62)
Commandants
Ferhat Abbas
Larbi Ben M'Hidi
Rabah Bitat
Mohamed Boudiaf
Messali Hadj
Pierre MendĂšs France
Guy Mollet
René Coty
Jacques Massu
Maurice Challe
Charles de Gaulle
SaĂŻd Boualam
Pierre Lagaillarde
Raoul Salan
Edmond Jouhaud
Antoine Argoud
Roger Degueldre
Jacques Soustelle
Georges Bidault
Jean Bastien-Thiry
Forces en présence
40 000 460 000 3 000 (OAS)
Pertes
300 000-460 000 morts en trĂšs grande partie civils, 1 million selon l'État algĂ©rien ‱ 28 500 morts
‱ 65 000 blessĂ©s
‱ 30 000 Ă  90 000 morts harkis
4 000 Ă  6 000 civils europĂ©ens
‱ 100 morts (OAS)
‱ 2 000 prisonniers (OAS)
Batailles
Bataille d'Alger, Bataille de Bouzegza, Putsch des Généraux, Combat du Fedj Zezoua 


La guerre d'Algérie se déroule de 1954 à 1962 et débouche sur l'indépendance de l'Algérie, d'abord colonie française de 1842 à 1848, puis partie intégrante du territoire de la République française comme département d'Outre mer.

Cette guerre oppose l'ArmĂ©e française Ă  une guĂ©rilla. La doctrine de la guerre rĂ©volutionnaire, mettant en Ɠuvre l'arme psychologique est rejetĂ©e par le commandement. Elle oppose l'armĂ©e française, faisant cohabiter commandos de troupes d'Ă©lite (parachutistes, lĂ©gionnaires), goums marocains (jusqu'Ă  leur dissolution en avril 1956), forces de maintien de l'ordre (gardes mobiles, Compagnie rĂ©publicaine de sĂ©curitĂ© (CRS)), appelĂ©s du contingent et supplĂ©tifs indigĂšnes (harkis, moghaznis) aux troupes indĂ©pendantistes de l'ArmĂ©e de libĂ©ration nationale (ALN), branche armĂ©e du Front de libĂ©ration nationale (FLN) d'encadrement politico-administratif (Conseil national de la rĂ©volution). Elle se double d'une guerre civile et idĂ©ologique Ă  l'intĂ©rieur des deux communautĂ©s, donnant lieu Ă  des vagues successives d'attentats, assassinats et massacres sur les deux rives de la MĂ©diterranĂ©e. CĂŽtĂ© indĂ©pendantiste, elle se traduit par une lutte de pouvoir qui voit poindre la victoire du FLN sur les partis algĂ©riens rivaux, notamment le Mouvement national algĂ©rien (MNA) et par une campagne de rĂ©pression contre les harkis soutenant le statu quo du rattachement de l'AlgĂ©rie Ă  la RĂ©publique française. Par ailleurs, elle suscite cĂŽtĂ© français l'affrontement entre une minoritĂ© active hostile Ă  sa poursuite (mouvement pacifiste), une seconde favorable Ă  la rĂ©volution (les « porteurs de valises Â»), et une troisiĂšme ralliĂ©e au slogan de l'« AlgĂ©rie française Â» (Front AlgĂ©rie Française, Jeune Nation, Organisation armĂ©e secrĂšte (OAS)).

Cette guerre s'achĂšve Ă  la fois sur la proclamation de l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie le 5 juillet 1962 lors d'une allocution tĂ©lĂ©visĂ©e du gĂ©nĂ©ral de Gaulle, suite au rĂ©fĂ©rendum d'autodĂ©termination du 1er juillet prĂ©vu par les accords d'Évian du 18 mars 1962, sur la naissance de la RĂ©publique algĂ©rienne le 25 septembre, sur le dĂ©part du million de Français d' AlgĂ©rie et sur le sort tragique des harkis.

L'histoire de cette guerre conserve de nombreux aspects inconnus, les archives de cette Ă©poque Ă©tant loin d'ĂȘtre toutes accessibles[1].

Sommaire

Les divergences de qualification juridique et enjeux politiques

Remarque historiographique

Les archives officielles ne sont encore que partiellement disponibles et accessibles aux chercheurs. Une loi devrait permettre en France l'accĂšs aux archives classifiĂ©es « secret dĂ©fense Â» postĂ©rieure Ă  1948 Ă  l'horizon 2012, malgrĂ© la proposition d'un amendement par le SĂ©nat français visant Ă  prescrire un dĂ©lai de 75 ans concernant les piĂšces « susceptibles de porter atteinte Ă  la vie privĂ©e Â»[2]. Cet amendement vivement critiquĂ© par des historiens amĂšne le Parlement français Ă  se prononcer Ă  nouveau pour un dĂ©lai rĂ©duit Ă  cinquante ans[3], texte qui doit Ă  nouveau passer au SĂ©nat[4].

Terminologie

En AlgĂ©rie, cette guerre est appelĂ©e Ă©galement rĂ©volution algĂ©rienne ou guerre de libĂ©ration nationale. On parle Ă©galement de guerre d'indĂ©pendance algĂ©rienne. La France n'a reconnu qu'il s'agissait d'une guerre qu'en 1999, sous la prĂ©sidence de Jacques Chirac. Toutefois, dans les textes lĂ©gislatifs notamment, l'expression officielle continue d'ĂȘtre « Ă©vĂ©nements d'Alger Â» ou « Ă©vĂ©nements d'AlgĂ©rie Â».

ProblĂšme juridique de la qualification de guerre

En droit, seuls peuvent faire la guerre ceux qui ont la personnalitĂ© juridique de droit international (en partie parce qu'une dĂ©claration de guerre est un traitĂ© et qu'il faut avoir la capacitĂ© juridique pour le signer). Refuser de qualifier juridiquement les Ă©vĂ©nements d'AlgĂ©rie de guerre revient donc Ă  refuser de reconnaĂźtre le caractĂšre d'État Ă  l'AlgĂ©rie antĂ©rieurement Ă  1962.

La qualification des accords d'Évian relĂšve de la mĂȘme problĂ©matique.

À partir de cette rĂ©alitĂ© juridique, deux positions s'opposent :

  • la position française a pendant longtemps Ă©tĂ© celle de refuser la qualification de guerre. Le terme de guerre ne fut donc employĂ© par les autoritĂ©s françaises que trĂšs tardivement. L'adoption par le Parlement de la loi du 18 octobre 1999[5] consacre la reconnaissance lĂ©gale de la guerre d'AlgĂ©rie. Auparavant, l'expression consacrĂ©e dans le discours politique français Ă©tait « les Ă©vĂ©nements d'AlgĂ©rie Â» ;
  • la position algĂ©rienne, au contraire, estime que les faits Ă©taient tels que l'AlgĂ©rie Ă©tait un État souverain, alors mĂȘme que la qualitĂ© d'État ne lui avait pas Ă©tĂ© reconnue en droit, antĂ©rieurement Ă  la colonisation. Le droit ne devant ĂȘtre que l'expression du politique, il doit donc s'y soumettre ; ainsi, la guerre d'indĂ©pendance n'aurait pas permis de trouver la souverainetĂ© de l'État algĂ©rien, mais de la retrouver.

Avec la reconnaissance officielle de la guerre par la reprĂ©sentation nationale française[6], la premiĂšre position est en passe de disparaĂźtre, d'autant plus que l'expression « guerre d'AlgĂ©rie Â» Ă©tait dĂ©jĂ  utilisĂ©e par les historiens et les journalistes français depuis longtemps et que le grand public reconnaĂźt Ă©galement cette expression.

Conséquences du statut

À l'Ă©poque mĂȘme des faits, la France considĂ©rait qu'il ne s'agissait pas d'une guerre. Ce statut avait des consĂ©quences pratiques importantes : les insurgĂ©s ne pouvaient bĂ©nĂ©ficier du statut de prisonnier de guerre, et ce n'est que bien aprĂšs la guerre que les pensions versĂ©es aux soldats français ou leur veuves furent alignĂ©es sur celles versĂ©es dans le cas de guerres officielles[7].

Reconnaissance des crimes

Si la France a reconnu la guerre, seuls ont Ă©tĂ© Ă©galement reconnus officiellement les actes individuels commis par les militaires. Le caractĂšre organisĂ© de la rĂ©pression des AlgĂ©riens (tortures
) par les militaires au nom de l'État français n'a, lui, jamais Ă©tĂ© reconnu,tout comme celui de l'abandon des harkis.

CĂŽtĂ© algĂ©rien, le 20 aoĂ»t 2006, Ă  l'occasion du cinquantiĂšme anniversaire du congrĂšs de la Soummam, le prĂ©sident Abdelaziz Bouteflika a reconnu dans un message que « Notre guerre de libĂ©ration nationale a Ă©tĂ© menĂ©e par des hommes et des femmes que l'Ă©lan libĂ©rateur portait le plus souvent Ă  un haut niveau d'Ă©lĂ©vation morale, mais elle comporte des zones d'ombre Ă  l'instar de tous les processus de transformation violente et rapide des sociĂ©tĂ©s humaines Â»[8]. C'est la premiĂšre fois que l'État algĂ©rien reconnaĂźt publiquement l'existence de faits jusque-lĂ  tabous et occultĂ©s par l'histoire officielle.

Contexte socioéconomique

En Algérie, depuis les années 1930, prÚs d'un million de Pieds-Noirs y vivent dont quelques milliers possÚdent les meilleures terres agricoles. Toutefois, la majorité des autres habitants (dont les européens)qui ont un emploi exerce des professions similaires, ou ont un statut social souvent comparable à la majorité des Français de l'héxagone.

Population et répartition de la propriété en Algérie
Musulmans Pieds-noirs Total
Surface (ha) 7 612 000 2 720 000 10 332 000
 % des terres agricoles 25 75 100
 % de la population totale 89 11 100
 % de la population agricole 98 2 100
Source : R. Aron & al. Les Origines de la guerre d'AlgĂ©rie, Paris, Fayard, 1962

Contexte politique

CÎté français

L’évolution vers un engagement europĂ©en, contradictoire avec le maintien de l’ancien Empire

Le 18 avril 1951, la France signe le traitĂ© instituant la CommunautĂ© europĂ©enne du charbon et de l'acier (CECA). Le 27 mai 1952, le traitĂ© instituant la CommunautĂ© europĂ©enne de dĂ©fense (CED) est adoptĂ© par le gouvernement français (mais ne sera pas ratifiĂ© par le Parlement). Le 1er juin 1955 se tient la confĂ©rence de Messine prĂ©parant le traitĂ© de Rome du 25 mars 1957 qui institue la CommunautĂ© Ă©conomique europĂ©enne, prĂ©lude Ă  l’Union europĂ©enne d’aujourd’hui, nĂ©e le 7 fĂ©vrier 1992.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la France s'engage rĂ©solument dans une politique europĂ©enne qui dessine l'avenir de la nation. Au dĂ©but de la guerre d'AlgĂ©rie, des forces politiques encore puissantes essayent de maintenir ce qui reste de l'Empire colonial français, mais les consĂ©quences du choix du gĂ©nĂ©ral de Gaulle pour la France sont inexorables. Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle se prononce pour l'autodĂ©termination de l'AlgĂ©rie le 16 septembre 1959. Un peu plus tĂŽt, en mars, il expliquait Ă  Alain Peyrefitte : « [...] Les musulmans, vous ĂȘtes allĂ©s les voir ? Vous les avez regardĂ©s avec leurs turbans et leurs djellabas, vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prĂŽnent l'intĂ©gration ont une cervelle de colibri, mĂȘme s'ils sont trĂšs intelligents. Essayez d'intĂ©grer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sĂ©parent de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber 10 millions de musulmans qui demain seront 20 millions, et aprĂšs demain 40 ? Si nous faisons l'intĂ©gration, si tous les Arabes et BerbĂšres d'AlgĂ©rie Ă©taient considĂ©rĂ©s comme Français, comment les empĂȘcherait-on de venir s'installer en mĂ©tropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus Ă©levĂ© ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-MosquĂ©es ! [...][9]. Â»

La fin de la guerre d'Indochine et la décolonisation de l'empire français

Le conflit s'inscrit dans le cadre du processus de dĂ©colonisation qui se dĂ©roule aprĂšs la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres l'Indochine (guerre d'Indochine), la GuinĂ©e, l'AlgĂ©rie, Madagascar, le Maroc, la Tunisie, l'Afrique Ă©quatoriale française et l'Afrique occidentale française. Le cas de l'AlgĂ©rie se diffĂ©rencie des autres en ce sens qu'elle appartenait officiellement au territoire français, avec un million de citoyens (les « Pieds-Noirs Â») qui y vivaient, souvent depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations et prĂšs de neuf millions de non-citoyens appelĂ©s « indigĂšnes Â». L'AlgĂ©rie - sous administration française depuis 1830 - Ă©tait considĂ©rĂ©e comme faisant partie du territoire national. De 1954 Ă  1962, l'AlgĂ©rie comptait: trois dĂ©partements en 1954, quatre fin 1955, douze en juin 1956 et quinze dĂ©partements Ă  partir de 1958 (cf. Liste des dĂ©partements français d'AlgĂ©rie).

Le drame de la guerre d'Algérie a été que l'Algérie fut une colonie de peuplement, en contraste aux colonies d'exploitation d'Afrique et d'Indochine dont la perte entraßnait moins de conséquences humaines.

PrĂ©mices de cette guerre, les massacres de SĂ©tif et Guelma, le 8 mai 1945, alors qu'est fĂȘtĂ©e en Europe la victoire des AlliĂ©s contre le nazisme, fait entre 10 000 et 20 000 morts selon les divers travaux historiques - les nationalistes algĂ©riens ayant parlĂ© sur l'heure de 45 000 victimes[10], et les États-Unis eux-mĂȘmes[11] de 40 000 morts Ă  la suite de manifestations[12]. L'ArmĂ©e française qui doit rĂ©tablir l'ordre le fait sans mĂ©nagement pour la population civile. La marine et l'aviation sont ainsi engagĂ©es pour bombarder les populations civiles.

Dans son rapport, le gĂ©nĂ©ral Duval, maĂźtre d'Ɠuvre de la rĂ©pression, se montra prophĂ©tique : « je vous donne la paix pour dix ans, Ă  vous de vous en servir pour rĂ©concilier les deux communautĂ©s Â»[13],[14]. Et neuf ans plus tard, l'insurrection de la Toussaint 1954 dans les AurĂšs, appelĂ©e Toussaint rouge, marquera le dĂ©but de la guerre d'AlgĂ©rie.

L’impossibilitĂ© des rĂ©formes sous la IVe RĂ©publique

La principale cause du déclenchement de cette guerre réside dans le blocage de toutes les réformes, dû au fragile équilibre du pouvoir sous la IVe République, et à l'opposition obstinée de la masse des Pieds-Noirs et de leurs représentants hostiles à toute réforme en faveur des Musulmans.

Alors que des dizaines de milliers d’habitants de l'AlgĂ©rie française, estimĂ©s Ă  68 000 combattants, ont participĂ© Ă  la libĂ©ration de la France et que plusieurs intellectuels revendiquent l’égalitĂ© des droits, les habitants musulmans de l'AlgĂ©rie française sont Ă  l'Ă©poque considĂ©rĂ©s comme des citoyens de seconde zone, alors mĂȘme que le rĂ©gime de l'indigĂ©nat est abrogĂ© en thĂ©orie en 1945.

En 1947, l'application du nouveau statut de l'AlgĂ©rie française fut presque ouvertement faussĂ©e par l'administration, qui fit arrĂȘter les « mauvais Â» candidats et truqua les rĂ©sultats en faveur des intransigeants, au point que certains furent Ă©lus ça et lĂ  par plus de 100 % des inscrits.
Pendant les douze mois qui précédÚrent le déclenchement du 1er novembre, ce ne sont pas moins de 53 attentats qui furent commis[15].

CÎté algérien

Mouvement National Algérien pour la revendication au droit


Au dĂ©but du XXe siĂšcle, plusieurs leaders algĂ©riens exigent de la France le droit Ă  l'Ă©galitĂ© ou Ă  l'indĂ©pendance . Plusieurs partis vont ĂȘtre crĂ©Ă©s et plusieurs pamphlets seront Ă©crits pour dĂ©fendre le droit pour les algĂ©riens. Plusieurs penseurs algĂ©riens vont villipender les plus importantes personnalitĂ©s du rĂ©gime colonial français. La plupart des figures du mouvement algĂ©rien vont ĂȘtre surveillĂ©es de prĂšs par les services policiers français, d'autres seront exilĂ©es vers d'autres pays comme l' a Ă©tĂ© l'Ă©mir Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi en Égypte puis en Syrie.

Malek Bennabi[16], Mohamed Hamouda Bensai, Saleh Bensai, Messali Hadj[17], Ben Badis[18], Mohamed Bachir El Ibrahimi, Fodil El Ouartilani, Larbi TĂ©bessi, Ferhat Abbas, Omar Ouzeggane, etc., tous vont diverger entre-eux sur la question algĂ©rienne, cela provoquera l'Ă©mergence de plusieurs associations et partis algĂ©riens: Parti de la rĂ©forme ou mouvement pour l'Ă©galitĂ©, Association des oulĂ©mas musulmans algĂ©riens, association de l' Étoile nord-africaine, le parti Parti du peuple algĂ©rien, Amis du Manifeste des LibertĂ©s, Parti communiste algĂ©rien, etc.


George Marshall SecrĂ©taire d'État amĂ©ricain, le plan Marshall prĂ©voit que la France quitte l'AlgĂ©rie

AprÚs la fin de la Seconde Guerre mondiale, le plan Marshall prévoit une aide économique à la France et l'Algérie.

Le massacre du 8 mai 1945

Article dĂ©taillĂ© : Massacres de SĂ©tif et Guelma.

Le 8 mai 1945 ont lieu des manifestations d’AlgĂ©riens dans plusieurs villes de l’Est du pays (SĂ©tif, et le Constantinois), qui devaient permettre de rappeler leurs revendications nationalistes, de maniĂšre concomitante avec la liesse de la victoire. À SĂ©tif, aprĂšs des heurts entre policiers et nationalistes, la manifestation tourne Ă  l’émeute et la colĂšre des manifestants se retourne contre les « Français Â» : 27 EuropĂ©ens sont assassinĂ©s (103 trouveront la mort dans les jours suivants). La rĂ©pression de l’ArmĂ©e française est brutale.

Officiellement, elle fait 1 500 morts parmi les musulmans, chiffre sous-estimĂ© et probablement plus proche des 20 000 Ă  30 000 selon l’historien Benjamin Stora. Le Parti du peuple algĂ©rien (PPA) estime qu'il y a eu 45 000 morts[19]. De par la radicalisation qu'ils ont engendrĂ©e dans les milieux nationalistes algĂ©riens, certains historiens considĂšrent ces massacres comme le vĂ©ritable dĂ©but de la guerre d'AlgĂ©rie[20].

La révolte algérienne de 1945 à 1954

Suite Ă  la mort de Ben Badis en 1940, Ă  l'emprisonnement de Messali Hadj et Ă  l'interdiction du Parti du peuple algĂ©rien, le parti Mouvement pour le triomphe des libertĂ©s dĂ©mocratiques revendique aprĂšs le statut de l'Ă©galitĂ© l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie en 1948. Aussi, l'Association des oulĂ©mas musulmans algĂ©riens fut interdite. Alors, l'Organisation spĂ©ciale (AlgĂ©rie) apparait et elle a pour but de rassembler les armes pour le combat. Mohamed Belouizdad fut le premier chef de l'organisation clandestine. Ensuite, Hocine AĂŻt Ahmed prend la tĂȘte de l'Organisation et continua Ă  Ɠuvrer pour l'achat des armes. La poste d'Oran fut attaquĂ©e par les membres de l'OS.

Ahmed Ben Bella prend la place de Hocine Aït Ahmed en 1949. Le plan de l'organisation est dévoilé et une chaßne d'arrestation est entamée par les autorités françaises en 1950. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques niait tout relation avec l'Organisation spéciale afin d'éviter les arrestations.

Le CRUA ,fondé en mars 1954 organisera la lutte armée. Le parti du Mouvement national algérien est fondé en juillet 1954 par les messalistes[21]. Par la suite, le Front de libération nationale (Algérie) est fondé en octobre 1954 par la branche du CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action).

Le Front de libération nationale (Algérie) et le Mouvement national algérien seront rivaux pour le contrÎle du pouvoir de la révolution. Messali hadj sera libéré de la prison en 1958 et il sera assigné à résidence surveillée en France.


Le Front de libération nationale

Article dĂ©taillĂ© : Front de libĂ©ration nationale.
« Groupe des six Â», chefs du FLN. Photo prise juste avant le dĂ©clenchement des hostilitĂ©s le 1er novembre 1954. Debout, de gauche Ă  droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben BoulaĂŻd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf.Assis : Krim Belkacem Ă  gauche, et Larbi Ben M'Hidi Ă  droite.

En 1954, l’AlgĂ©rie compte huit millions d'autochtones et un million de « Français d'AlgĂ©rie Â» (Pieds-Noirs et Juifs d'AlgĂ©rie naturalisĂ©s).

La lutte pour l'Ă©galitĂ© des droits est engagĂ©e depuis longtemps par des intellectuels, et en particulier par le mouvement des oulĂ©mas. Le recours au combat est initiĂ© par le « Front de libĂ©ration nationale Â» (F.L.N.), une organisation nationaliste algĂ©rienne basĂ©e en AlgĂ©rie et Ă  l'extĂ©rieur. Le FLN commence ses actions en 1954, seulement deux ans avant que la Tunisie et le Maroc obtiennent leur totale indĂ©pendance par la nĂ©gociation (la Tunisie et le Maroc n'Ă©taient pas des colonies mais des protectorats). Quelques hommes politiques français d'extrĂȘme-gauche appelĂ©s les « porteurs de valises Â», soutinrent ce mouvement (envoi d'armes et d'argent)[22].

DĂšs 1954, le combat armĂ© pour l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie par le F.L.N. se traduit par des exactions contre les populations civiles d'origine europĂ©enne et autochtone ainsi que par une guĂ©rilla, des maquis et des affrontements avec l'ArmĂ©e française, qui comprend Ă©galement des unitĂ©s de supplĂ©tifs musulmans appelĂ©s « Harkis Â» (cf. Harkis pendant la guerre d'AlgĂ©rie).

Minoritaire au dĂ©but, le F.L.N. utilise la terreur,la torture,les mutilations (menaces de mort pour les « traĂźtres Â») pour contrĂŽler les populations civiles, qui sont ainsi trĂšs tĂŽt prises pour cibles dans des attentats ou des massacres comme Ă  El Halia, en aoĂ»t 1955, et pour susciter chez les EuropĂ©ens une rĂ©pression qui sĂ©parera dĂ©finitivement les deux communautĂ©s.
L'historien Omar Carlier note que « de 1955 Ă  1958, plusieurs milliers d'hommes sont tombĂ©s, et davantage encore ont Ă©tĂ© blessĂ©s, en France et en AlgĂ©rie, dans l'affrontement entre le Mouvement national algĂ©rien (M.N.A.) et le F.L.N. Â», cependant que d'autres encore sont morts dans les combats qui ont opposĂ© le Parti communiste algĂ©rien (P.C.A.) et le F.L.N.[23]. Â».

L’appel au peuple algĂ©rien

Le 1er novembre 1954, le SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral du Front de libĂ©ration nationale diffuse la DĂ©claration du 1er novembre 1954 grĂące un appel radiophonique[24] destinĂ© « au peuple algĂ©rien Â» et Ă©crit afin d'« Ă©clairer sur les raisons profondes qui [les] ont poussĂ©s Ă  agir en [
] exposant [le] programme [du FLN], le sens de [son] action, le bien-fondĂ© de [ses] vues dont le but demeure l’indĂ©pendance nationale dans le cadre nord-africain. Â». Il dĂ©crit son action comme « dirigĂ©e uniquement contre le colonialisme, seul ennemi aveugle, qui s’est toujours refusĂ© Ă  accorder la moindre libertĂ© par des moyens de lutte pacifique. Â».
Le FLN exige donc que les « autoritĂ©s françaises [
] reconnaissent une fois pour toutes aux peuples qu’elles subjuguent le droit de disposer d’eux-mĂȘmes Â» sans quoi il annonce « la continuation de la lutte par tous les moyens jusqu’à la rĂ©alisation de [son] but [
] la restauration de l’État algĂ©rien souverain, dĂ©mocratique et social dans le cadre des principes islamiques. Â»


La communauté Juive d'Algérie pendant la guerre

Pendant la guerre d'AlgĂ©rie, la communautĂ© Juive s'est orientĂ©e d'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale vers une attitude neutraliste. Les organisations communautaires font preuve d'une extrĂȘme modĂ©ration et refusent de prendre politiquement position, car elles considĂšrent que ce n'est pas de leur ressort, pourtant -malgrĂ© les nombreux attentats- certains embrassent la cause du FLN d'autres, s'engagent dans l'OAS.

Certains intellectuels juifs, comme Henri Alleg, ont pris fait et cause pour les nationalistes AlgĂ©riens du FLN (Front de LibĂ©ration National). A l'inverse, des Juifs sympathisent avec l'OAS, Ă  Alger et Ă  Oran essentiellement (ils sont particuliĂšrement actifs Ă  Oran). RegroupĂ©s au sein des « Commandos Colline Â» Ces groupes sont liĂ©s aux rĂ©seaux 'France Insurrection' et conduits par Elie Azoulai et Ben Attar, tuent certains Ă©lus musulmans, essaient de mettre le feu Ă  une prison oĂč sont dĂ©tenus des hommes du FLN et abattent des officiers français (dont le Lieutenant-Colonel Rançon).

Les attentats du FLN touchent les synagogues et les rabbins (en janvier 1962, le FLN commet des attentats dans le quartier juif de Mostaganem, une grenade est lancée sur un marché du quartier juif de Constantine en mai...). Auparavant, le chanteur Raymond Leyris était abattu au pistolet en Avril 1961, à Constantine. Des Juifs d'Algérie furent également victimes de l'OAS. (En novembre 1961 à Alger: William Lévy, en décembre 1961: Moïse Choukroun...)

La diversité de la communauté se retrouve ainsi dans la diversité des engagements.

Les faits importants

DĂ©lĂ©gation des principaux dirigeants du FLN (de gauche Ă  droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine AĂŻt Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) aprĂšs leur arrestation suite au dĂ©tournement, le 22 octobre 1956 par l'ArmĂ©e française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).

Le terme de « RĂ©volution algĂ©rienne Â» est utilisĂ© en AlgĂ©rie pour dĂ©signer ce que la France appelle la Guerre d'AlgĂ©rie (et appelait officiellement Ă©vĂšnements d'AlgĂ©rie jusqu'en 1999). Ensuite, un vaste mouvement de rĂ©voltes naĂźt au fil des ans . Par la suite aprĂšs la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis imposent aux EuropĂ©ens de se retirer de toutes les colonies selon le Plan Marshall. Cela dĂ©bouche sur l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie. Lors du XXe siĂšcle, 75% des AlgĂ©riens n'Ă©taient pas scolarisĂ©s. La majoritĂ© de la population Ă©tait au chĂŽmage. Les colons faisaient leurs affaires. L'AlgĂ©rien Ă©tait sujet de la France et non un citoyen de la France[25]. L'action armĂ©e va venir du CRUA (Mohammed Boudiaf, Mostefa Ben BoulaĂŻd, etc). Le dĂ©clenchement de la rĂ©volution algĂ©rienne a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© dans la Casbah d'Alger et Ă  Batna sous la prĂ©sidence du batnĂ©en Mostefa Ben BoulaĂŻd dans la rĂ©union des 22 cadres du ComitĂ© rĂ©volutionnaire d'unitĂ© et d'action (CRUA)[26],[27]. Le CRUA se transformera en Front de libĂ©ration nationale (FLN). Les six chefs du FLN Ă  l'origine du dĂ©clenchement des hostilitĂ©s le [[1er Novembre 1954]]: Rabah Bitat, Mostefa Ben BoulaĂŻd, Didouche Mourad, Mohamed Boudiaf, Krim Belkacem et Larbi Ben M'Hidi. La DĂ©claration du 1er novembre 1954 est Ă©mise par radio depuis Tunis. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, la caserne de la ville de Batna est attaquĂ©e par les moudjahidines. Cette nuit sera appelĂ©e par les historiens français la Toussaint rouge. Un caĂŻd local, Hadj Sadok, et deux enseignants français vont ĂȘtre abattus sur la route de Biskra Ă  Arris. Des attentats sont enregistrĂ©s dans les trois districts Batna, Biskra, Khenchela et le reste du pays[28].

François Mitterrand va dĂ©clarer :"l'AlgĂ©rie,c'est la France". Et il dĂ©clenche une vraie machine de guerre dans les AurĂšs. Au dĂ©part, il y avait juste 500 hommes de l'ALN ArmĂ©e de libĂ©ration nationale. AprĂšs quelques mois, ils seront plus de 15 000 hommes Ă  dĂ©fier l'autoritĂ© française[29][30]. 100 000 soldats français sont affectĂ©s dans les AurĂšs et plus tard ils seront plus de 400 000 en AlgĂ©rie. Le gĂ©nĂ©ral Cherriere donne l'ordre de faire le ratissage des AurĂšs. Il croit gagner, mais il va subir une grosse dĂ©faite[25].

Ensuite, il y eut le massacre de Skikda (ex philippevillois ou Skikda), la mort d'une centaine de manifestants algĂ©riens, le 20 au 26 du mois aout 1955. La mĂȘme annĂ©e, l'affaire algĂ©rienne est inscrite Ă  l'ordre du jour de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'ONU,. A noter aussi la mort de Mostefa Ben BoulaĂŻd, de Zighout Youcef, etc. Plusieurs chefs sont emprisonnĂ©s[25].

Fichier:Albert Camus, lauréat du prix Nobel, portrait en buste, posé au bureau, faisant face à gauche, cigarette de tabagisme.jpg

Beaucoup d'intellectuels français vont aider le FLN[25]. Maurice Audin fut torturĂ© et tuĂ© par les services français[31]. Frantz Fanon s'engage auprĂšs de la rĂ©sistance algĂ©rienne et a des contacts avec certains officiers de l'ALN (ArmĂ©e de libĂ©ration nationale) et avec la direction politique du FLN, Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Il donne sa dĂ©mission de mĂ©decin-chef de l'hĂŽpital de Blida-Joinville en novembre 1956 au gouverneur Robert Lacoste, puis est expulsĂ© d'AlgĂ©rie en janvier 1957. Albert Camus, natif d'AlgĂ©rie, fut un dĂ©fenseur des droits algĂ©riens[32], dans les annĂ©es 1940, avant de refuser de prendre position pour l'indĂ©pendance avec cette phrase cĂ©lĂšbre prononcĂ©e Ă  Stockholm en 1957 : « Si j'avais Ă  choisir entre la justice et ma mĂšre, je choisirais encore ma mĂšre Â». DĂšs 1956, Jean-Paul Sartre et la revue Les Temps modernes prennent parti contre l'idĂ©e d'une AlgĂ©rie française et soutiennent le dĂ©sir d'indĂ©pendance du peuple algĂ©rien. Sartre s'Ă©lĂšve contre la torture[33], revendique la libertĂ© pour les peuples de dĂ©cider de leur sort, analyse la violence comme une gangrĂšne, produit du colonialisme[34]. En 1960, lors du procĂšs des rĂ©seaux de soutien au FLN, il se dĂ©clare « porteur de valise Â»[35] du FLN [36]. Cette prise de position n'est pas sans danger, son appartement sera plastiquĂ© deux fois par l'OAS et Les Temps modernes saisis cinq fois.

AprĂšs la condamnation de Larbi Ben M'Hidi et aprĂšs le dĂ©roulement du CongrĂšs de La Soummam, Le F.L.N intĂšgre les dirigeants du mouvement national algĂ©rien (M.N.A). Plusieurs partis algĂ©riens adhĂšrent Ă  la cause du F.L.N. Le Front de libĂ©ration nationale (FLN) et l'ArmĂ©e française tiennent le mĂȘme langage (« Ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre nous  Â»[25].

La guerre Ă©clate entre les chefs kabyles (Krim Belkacem, Ouamrane, etc) et les chefs chaouis et aussi entre les chefs chaouis des AurĂšs et les chefs chaouis de Nemencha[37][38]. Abdelhai et AbbĂšs Leghrour seront condamnĂ©s Ă  mort par les partisans du CongrĂšs de la Soummam et le ComitĂ© de coordination et d'exĂ©cution (C.C.E). Il y a aura aussi un conflit entre les hommes du Sud algĂ©rien et les dirigeants kabyles[25]. La Tunisie va ĂȘtre le thĂ©Ăątre d'affrontement entre les diffĂ©rents chefs. Le prĂ©sident Bourguiba devait intervenir pour pacifier les choses. Les AurĂšs, le Constantinois, l'Ouest de l'AlgĂ©rie, la Kabylie, etc., seront les zones les plus cruciales de la rĂ©volution , compte tenu du rĂŽle stratĂ©gique et logistique de chaque rĂ©gion. Le Maroc aussi va jouer un rĂŽle important dans l'histoire de la guerre d'AlgĂ©rie, notamment pour le transfert des armes , des rĂ©unions du F.L.N et pour l'hĂ©bergement des troupes militaires algĂ©riennes. Les deux pays(le Maroc et la Tunisie) sont sous protectorat français. Ces pays hĂ©bergeront les deux armĂ©es de l'ALN aux frontiĂšres . Plusieurs chefs du FLN comme Ferhat Abbas contesteront leurs rĂŽles.

L'ArmĂ©e française fait construire un barrage Ă©lectrifiĂ©, 320 km de long, 7 000 volts, un poste de contrĂŽle tous les 15 km, des milliers de mines terrestres, etc., pour empĂȘcher le passage des armes dans les AurĂšs et dans tout l'est de l'AlgĂ©rie. Mais les Ă©lĂ©ments de l'ALN (ArmĂ©e de libĂ©ration nationale) vont dĂ©jouer toute la stratĂ©gie militaire française. Dans les villes, la population algĂ©rienne sera sous le "contrĂŽle" de l'ArmĂ©e de libĂ©ration algĂ©rienne. La bataille d'Alger fera la une de la presse internationale et interne. Le conflit est portĂ© jusqu'Ă  L'ONU. Aussi, il y aura plusieurs grĂšves et manifestations dans les villes. Les protestations ont Ă©tĂ© organisĂ©es par le FLN.

Le colonel Amirouche AĂŻt Hamouda fera un massacre dans les AurĂšs en voulant intervenir pour l'unification des zones des AurĂšs[39]. L'AurĂšs fut le lieu de passage des armes vers l'intĂ©rieur du pays. Le colonel Amirouche AĂŻt Hamouda rĂ©ussira Ă  faire passer les armes, qui provenaient d'Égypte en passant par la frontiĂšre de Tunisie et de l'AlgĂ©rie. Il franchira les AurĂšs pour rejoindre la Kabylie. Une vingtaine de chaouis vont ĂȘtre du voyage, mais Ă  la fin, ils abandonneront les troupes du colonel Amirouche pour revenir aux AurĂšs. Krim Belkacem voulait contrĂŽler la rĂ©gion des AurĂšs pour Ă©tablir l'union des forces. Les hommes de Ben Bella et de Abdelhafid Boussouf dĂ©siraient aussi avoir un pied dans les AurĂšs. Au mĂȘme moment, la France connaĂźtra une crise interne jusqu'Ă  l'arrivĂ©e au pouvoir du gĂ©nĂ©ral de Gaulle Ă  cause de la situation en AlgĂ©rie. Les ultras europĂ©ens veulent garder l'AlgĂ©rie française. L'ArmĂ©e française dĂ©cide de crĂ©er les zones interdites sous contrĂŽle des S.A.S (sections administratives spĂ©cialisĂ©es) et entame une lutte contre les Djounoudes (maquisards) et la population locale, dans les villes, dans les villages, dans les douars et sur tous les territoires sensibles au F.L.N. de l'AlgĂ©rie. Les bombardements massifs, les tueries, les massacres, la torture, les viols, etc., tous les actes de crime (torture pendant la guerre d'AlgĂ©rie) ont Ă©tĂ© employĂ©s dans cette guerre. Plusieurs attentats seront organisĂ©s par l'ALN dans les villes et les villages, dans les zones interdites et dans les zones montagneuses des AurĂšs. Le CCE (ComitĂ© de coordination et d'exĂ©cution) voit ses membres s'acroĂźtre et dĂ©cide de garder le cap sur les objectifs militaires ainsi que privilĂ©gier l'intĂ©rieur par rapport Ă  l'extĂ©rieur. Une grande crise se dĂ©veloppe entre les membres du ComitĂ© de coordination et d'exĂ©cution.

Selon Yves CourriĂšre, Abane Ramdane s'opposera sĂ©vĂšrement contre les militaires. Il choisira de faire le maquis, il dĂ©signera un homme de l'AurĂšs Hadj Ali pour renverser le CCE Ă  Tunis. Mais, Abane Ramdane sera condamnĂ© Ă  la prison au Maroc par le CCE. Plus tard, il sera tuĂ© au Maroc, mais les sources de F.L.N diront qu'il aurait Ă©tĂ© tuĂ© lors d'un accrochage contre l'ArmĂ©e française. Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle Ă  la tĂȘte du pouvoir français engage une lutte contre les Ă©lĂ©ments de l'armĂ©e de libĂ©ration nationale algĂ©rienne et il apporte les rĂ©formes tant attendues pour donner tous les droits aux AlgĂ©riens. L'ArmĂ©e française Ă©limine presque tous les rĂ©seaux de l'ArmĂ©e de libĂ©ration nationale en Kabylie et dans quelques rĂ©gions sensibles avec l'OpĂ©ration Jumelles et l'OpĂ©ration Etincelles. Les colonels Amirouche AĂŻt Hamouda et Si el haouĂšs sont tuĂ©s lors d'un accrochage avec les Ă©lĂ©ments de l'ArmĂ©e française. Le FLN appelle les Ă©lĂ©ments de son armĂ©e Ă  tenir jusqu'au bout.

La DĂ©lĂ©gation des principaux dirigeants du FLN (Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine AĂŻt Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella)) est arrĂȘtĂ©e suite au dĂ©tournement, le 22 octobre 1956 par l'ArmĂ©e française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).

En 1959, Messali Hadj sort de prison, il est assigné à résidence surveillée en France[40]. Les Algériens en France organisent des attentats et des manifestations en France en faveur du F.L.N.

Charles de Gaulle aux Nations Unies

1960, la semaine des barricades Ă  Alger fait 22 morts algĂ©riens et des centaines de prisonniers. Charles de Gaulle annonce la tenue du rĂ©fĂ©rendum pour l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie. Les AlgĂ©riens sont tenus Ă  se prononcer. Certains gĂ©nĂ©raux français se rebellent contre l'autoritĂ© de de Gaulle : putsch des GĂ©nĂ©raux). Auparavant, il y eut dĂ©jĂ  le Putsch d'Alger (1958) (voir plus bas : le Putsch d'Alger et le ComitĂ© de Salut Public...) dont les consĂ©quences amenĂšrent De Gaulle au pouvoir.. De Gaulle reprend en main le destin de la France, annonce la tenue de rĂ©fĂ©rendum et invite le FLN Ă  faire la "paix des braves". Au mĂȘme moment, le Gouvernement provisoire de la RĂ©publique algĂ©rienne est proclamĂ©. Ferhat Abbas dĂ©cline l'invitation française. Le colonel Houari BoumĂ©diĂšne est Ă  ce moment chef de ArmĂ©e de libĂ©ration nationale.

En 1960, l'ONU annonce le droit Ă  l'autodĂ©termination du peuple algĂ©rien. La partie française organise des pourparlers avec le Gouvernement provisoire de la RĂ©publique algĂ©rienne. Plusieurs rĂ©unions Ă  l'extĂ©rieur du pays vont aboutir aux accords d'Évian. Le colonel Houari BoumĂ©diĂšne refuse que les pieds-noirs restent en AlgĂ©rie.

Le 17 octobre 1961, lors de la nuit noire Ă  Paris , appelĂ©e aussi la bataille de Paris (Massacre du 17 octobre 1961), plusieurs AlgĂ©riens sont tuĂ©s en mĂ©tropole lors d'une manifestation du FLN. Il y aura aussi des milliers d'arrestations au sein des AlgĂ©riens pendant cette nuit. Ce fait survient Ă  la suite de l'instauration du couvre-feu Ă  Paris pour les AlgĂ©riens , suite Ă  l'assassinat de 21 policiers français par le FLN. À Alger, le peuple algĂ©rien sort dans les rues pour manifester sa joie Ă  l'indĂ©pendance. Il y aura plusieurs morts et blessĂ©s par la police française[25].

L'Organisation armée secrÚte (OAS) organise des attentats contre les Algériens malgré l'accord de cesser le feu , en représailles des résultats du référendum qui proclamera l'indépendance [41]. La grande bibliothÚque d'Alger fut complÚtement détruite par l'OAS (Organisation armée secrÚte[41].

Des éléments de l'Armée française restent en Algérie pour évacuer un million de Français (pieds-noirs, les Harkis, les Juifs, etc.). Un million de réfugiés algériens reviennent en Algérie.

Chronologie

Article dĂ©taillĂ© : Chronologie de la guerre d'AlgĂ©rie.

Attentats et État d'urgence (novembre 1954-juillet 1955)

Articles dĂ©taillĂ©s : ALN et Toussaint rouge.

Les débuts de la Guerre d'Algérie

Massacres du Constantinois (août 1955)

Article dĂ©taillĂ© : Massacres du Constantinois.

Le CongrÚs de la Soummam (août 1956)

Article dĂ©taillĂ© : CongrĂšs de La Soummam.

Affaires tunisienne et égyptienne (fin 1956 - début 1957)

Article dĂ©taillĂ© : Crise de Suez.

La France qui soupçonne le colonel Nasser de soutenir le FLN en moyens et en armes s'engage dans la « campagne d'Egypte Â» ce qui gĂšle ses relations avec les pays arabes et l'URSS[42].

Avec l'aide d'IsraĂ«l et du Royaume-Uni, les parachutistes français battent les Égyptiens et reprennent le contrĂŽle du canal de Suez mais les États-Unis et l'URSS forcent les troupes anglo-françaises au repli.

La mĂȘme annĂ©e, Guy Mollet dĂ©cide de faire appel au contingent pour la pacification en AlgĂ©rie. DĂ©sormais ce seront plus de 400 000 hommes qui seront dĂ©ployĂ©s en permanence dans le pays. Le GĂ©nĂ©ral Salan prend le commandement de la rĂ©gion militaire que constitue l'AlgĂ©rie. Les attentats se multiplient dans tout le territoire, les lĂ©gionnaires doivent intervenir rĂ©guliĂšrement dans les AurĂšs et ailleurs. L'ArmĂ©e française est sur la dĂ©fensive. Chaque mois, des milliers d'attentats ont lieu, augmentant la violence de la rĂ©pression ; ainsi, rien que durant le mois de janvier 1957, le FLN a conduit plus de 100 attentats Ă  Alger et prĂšs de 4 000 dans le reste du pays[43].

Le FLN tente d'infiltrer Alger pour y mener une campagne terroriste, ce qui conduira Ă  la bataille d'Alger.

Intensification des hostilités (1957-1958)

L'annĂ©e 1957 voit le dĂ©roulement de la bataille d'Alger. Sous les ordres du GĂ©nĂ©ral Massu, la 10e division parachutiste fait du maintien de l'ordre dans la capitale. Les parachutistes (8 000 hommes) parviennent Ă  anĂ©antir les poseurs de bombes. Le FLN a perdu la bataille et sa structure dans la capitale est dĂ©truite.

Dans le mĂȘme temps, le gĂ©nĂ©ral Salan organise la contre-guerrilla grĂące Ă  des techniques de quadrillage. Les hommes du contingent sont ainsi souvent rĂ©duits Ă  Ă©tablir des missions de surveillance et Ă  organiser des missions d'aide sociale (ou de propagande) tandis que les troupes de choc organisent la suppression des maquis.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

De Gaulle et la conduite des affaires algériennes (1958-1962)

Putsch d'Alger et Comité de Salut Public (mai 1958)

Suite au départ de Félix Gaillard qui laisse vacant le poste de chef du gouvernement, une crise ministérielle s'installe le 15 avril. L'armée prend alors le pouvoir le 13 mai 1958, à Alger.

À 18 heures dans la capitale de l'AlgĂ©rie française - deuxiĂšme ville de France - Pierre Lagaillarde, leader Ă©tudiant et commandant de rĂ©serve, lance ses militants du Groupe des 7 Ă  l'assaut du Gouvernement GĂ©nĂ©ral d'Alger, symbole de l'autoritĂ© nationale. À 18 h 30 le « GG Â» prĂ©sidĂ© par le gouverneur Lacoste (SFIO) tombe aux mains des insurgĂ©s. À Paris, en rĂ©action au « putsch d'Alger Â», le Gouvernement Pierre Pflimlin (MRP) est crĂ©Ă©, il durera jusqu'au 28 mai 1958.

Pendant ce temps Ă  Alger, le gĂ©nĂ©ral Massu, commandant la 10e division parachutiste victorieuse de la bataille d'Alger, prend la tĂȘte du comitĂ© de Salut Public et fait savoir au prĂ©sident RenĂ© Coty de l'Union rĂ©publicaine (UR) qu'il attend la formation d'un « gouvernement de Salut Public Â». Le 1er juin, suite Ă  l'OpĂ©ration RĂ©surrection en Corse qui annonce l'imminence d'un putsch Ă  Paris, le prĂ©sident annonce qu'il dĂ©lĂšgue ses pouvoirs au « plus illustre des Français Â», le gĂ©nĂ©ral de Gaulle. Celui-ci forme un gouvernement de salut public et dans la foulĂ©e annonce la crĂ©ation d'une nouvelle constitution.

Retour aux affaires et Ve RĂ©publique (Septembre 1958-1959)

Articles dĂ©taillĂ©s : Discours du Forum d' Alger, 4 juin 1958, Bleuite, Plan Challe, OpĂ©ration Jumelles et Paix des Braves.

Semaine des barricades (janvier 1960)

Articles dĂ©taillĂ©s : Semaine des barricades et Affaire Si Salah.

Putsch des généraux (avril 1961)

Article dĂ©taillĂ© : Putsch des gĂ©nĂ©raux.

Organisation armée secrÚte (1961-1962)

Raoul Salan - TIME, 1962
Articles dĂ©taillĂ©s : OAS, Commando Delta, Attentat contre Malraux et OpĂ©ration Rock and Roll.

Bataille de Bab El-Oued (mars 1962)

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Bab El-Oued.

Rejetant le cessez-le feu proclamé le 13 mars par de Gaulle, l'OAS se retranche dans son bastion de Bab El-Oued, quartier d'Alger. La bataille qui s'en suit donne lieu à une lutte entre commando Delta et gardes mobiles. BientÎt l'aviation de l'aéronavale pilonne les bùtiments occupés par l'OAS, tandis que les chars de l'Armée française prennent position dans le quartier en état de siÚge.

Fusillade de la rue d'Isly (mars 1962)

Article dĂ©taillĂ© : Fusillade de la rue d'Isly.

Cessez-le feu et référendum en métropole (mars 1962)

Articles dĂ©taillĂ©s : Accords d'Évian et CollĂšge unique.

Au 18 mars 1962, suite aux accords d'Évian, Charles de Gaulle annonce unilatĂ©ralement Ă  l'ORTF (alors l'autoritĂ© en matiĂšre de radio et tĂ©lĂ©vision) le cessez-le-feu et la tenue prochaine d'un rĂ©fĂ©rendum en mĂ©tropole concernant l'autodĂ©termination de l'AlgĂ©rie. Il sera suivi d'un second rĂ©fĂ©rendum portant sur le collĂšge unique en AlgĂ©rie.

Résolution de l'affaire algérienne (juillet 1962)

Le 3 juillet 1962, trois mois aprĂšs les accords d'Évian et deux jours aprĂšs le rĂ©fĂ©rendum d'autodĂ©termination du 1er juillet en AlgĂ©rie, le prĂ©sident de Gaulle annonce officiellement la reconnaissance par la France de l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie, par la voie d'une lettre adressĂ©e au prĂ©sident de l'ExĂ©cutif Provisoire . L'ExĂ©cutif Provisoire Ă©tait un organisme mis en place par les accords d'Evian et chargĂ© d'assurer la direction du pays pendant la pĂ©riode de transition entre le cessez-le-feu et le transfert de souverainetĂ© puis jusqu'Ă  l'Ă©lection d'une assemblĂ©e constituante en AlgĂ©rie[44].

Massacre d'Oran

Article dĂ©taillĂ© : Massacre du 5 juillet 1962.

Le sort tragique des harkis

Article dĂ©taillĂ© : Harki.

Entre 150,000 et 350,000 harkis seront massacrés par le FLN [45],[46] et 30 000 Harkis se réfugient en France.

Guerre vécue de la métropole (1954-1962)

Manifestation contre la guerre d'Algérie, place de la Concorde à Paris

Affaire de la station de métro Charonne (février 1962)

Affaire Bastien-Thiry (août 1962)

Article dĂ©taillĂ© : OpĂ©ration Charlotte Corday.

Bilan

Pour empĂȘcher les populations d'aider le FLN, l'armĂ©e concentre aussi, selon le rapport Rocard de 1959, un million de civils (dont la moitiĂ© d'enfants) des zones rurales dans des « camps de regroupement Â»[47].

En février 1959, Michel Rocard, élÚve à l'ENA et en stage en Algérie, adresse un rapport sur les camps de regroupement à un proche de Paul Delouvrier, délégué général en Algérie. Le 31 mars, ce dernier donne l'ordre aux autorités militaires de suspendre les regroupements, et de concentrer les moyens sur l'amélioration des camps existants. Cet ordre sera assez mollement suivi.

L'existence des camps de regroupement et leur Ă©tat est en gĂ©nĂ©ral ignorĂ© de la population mĂ©tropolitaine, jusqu'au 22 juillet 1959, oĂč Le Figaro fait la une avec un reportage de Pierre Macaigne qui scandalise les lecteurs. Une campagne d'opinion se lance. La comparaison avec les camps de concentration est Ă©voquĂ©e.

L'armée bombarde des villages dans les AurÚs afin de mater la rébellion Chaouis[48],[49]. De son cÎté, le FLN a recours aux attentats ciblés, aux assassinats et aux massacres de rivaux notamment du MNA[50],[51].

AprÚs l'indépendance, l'Armée française refuse d'intervenir pour assurer la sécurité de ses supplétifs musulmans, comme le 5 juillet 1962 à Oran pour protéger les Européens[52],[53].

Bilan humain

Mémorial national de la Guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, érigé quai Branly, à Paris.

Le bilan humain a longtemps été difficile à établir étant données les divergences de l'histoire officielle reconnue par les deux pays[54].

Les pertes françaises

Les chiffres concernant les Françaises et Français de mĂ©tropole et d’AlgĂ©rie, les « Français musulmans Â» et les lĂ©gionnaires sont les mieux connus JO du 4 et 7 aoĂ»t 1986 : 24 614 militaires dĂ©cĂ©dĂ©s dont 371 marins, 1 047 de l'ArmĂ©e de l'air et 487 gendarmes. AprĂšs le cessez le feu, 360 autres militaires sont morts, sans compter les disparus. En outre, on compte 65 000 blessĂ©s militaires[55].

Pour les civils français, le total est de 2 788 tuĂ©s[55]. Il faut y ajouter, aprĂšs le cessez le feu, 3 018 enlĂšvements dont 1 282 retrouvĂ©s (dĂ©claration de Broglie du 24 novembre 1964, confirmĂ©e par lettre Santini du 9 novembre 1994), chiffres proches de ceux de PervillĂ© qui Ă©voque 2 000 tuĂ©s sur 3 000 enlevĂ©s[55].

AprÚs le 2 juillet 1962, il est à déploer plus de 500 militaires Morts pour la France en Algérie, dont plus de la moitié ont été tués ou enlevés par l'ALN.[56]
D'aprĂšs le service du Service Historique du ministĂšre de la DĂ©fense, il est constatĂ© :

  • En 1962 : 1 039 militaires morts (540 appelĂ©s et 209 engagĂ©s).
  • En 1963 : 122 militaires morts (74 appelĂ©s et 18 engagĂ©s).
  • En 1964 : 46 militaires morts (15 appelĂ©s et 17 engagĂ©s).

Les pertes de la population algérienne

Les pertes humaines algĂ©riennes sont trĂšs difficiles Ă  Ă©valuer, car les sources sont divergentes. Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle parlait de 78 000 victimes en octobre 1958, et de 145 000 en novembre 1959[57]. Selon Djemila Amrane (archives algĂ©riennes), total cumulĂ© de 132 290 militaires de l'ALN et 204 458 civils du FLN, dont au total 152 863 ont Ă©tĂ© tuĂ©s[58], valeur qui correspond sensiblement Ă  l'Ă©valuation du 2e Bureau.

Du cĂŽtĂ© algĂ©rien, le FLN compte en 1964 1 500 000 victimes de cette guerre. Des historiens se sont penchĂ©s sur la question : Guy PervillĂ© s'est appuyĂ© sur des donnĂ©es dĂ©mographiques — notamment les recensements de 1954 et 1966 — pour conclure Ă  un minimum de 400 000 morts certaines[59]. Xavier Yacono, dans un article paru en 1983, estime toujours Ă  partir des recensements les pertes algĂ©riennes Ă  250 000 morts environ[60]. Le FLN fait valoir de son cĂŽtĂ© que les donnĂ©es dĂ©mographiques ne rendent pas compte des massacres dans les douars et que ces chiffres correspondent peut ĂȘtre davantage au nombre de morts dans les villes oĂč les AlgĂ©riens Ă©taient en effet recensĂ©s et inscrits Ă  l'Ă©tat civil.

La guerre fratricide entre le FLN et le MNA, mouvement de Messali Hadj fait 4 300 tuĂ©s et 9 000 blessĂ©s en France et environ 6 000 tuĂ©s et 4 000 blessĂ©s en AlgĂ©rie[55].

Le FLN a Ă©tĂ© responsable, entre 1954 et le 19 mars 1962, de la mort de 16 378 civils algĂ©riens et de 13 296 disparus, selon Guy PervillĂ© [55].

Quant au nombre de harkis massacrĂ©s aprĂšs le cessez-le-feu, les estimations varient entre 15 000 et 100 000 personnes[61]. Les chiffres des morts sont encore contestĂ©s car basĂ©s sur des tĂ©moignages locaux et supposĂ©s Ă©tendus Ă  l’ensemble du pays. Les massacres de supplĂ©tifs ont commencĂ© dĂšs mars 1962 et ont culminĂ© Ă  l’automne. Ils sont dus Ă  des rĂšglements de compte, des vengeances mais aussi au zĂšle des « marsiens Â», ralliĂ©s FLN de la 25e heure, voulant montrer leur patriotisme.

Par ailleurs, la torture pendant la guerre d'Algérie a été pratiquée par l'Armée française mais le nombre de torturés n'est pas connu[62].

Amnisties

Des lois d'amnisties ont Ă©tĂ© promulguĂ©es aprĂšs la guerre (lois de 1962[63], 1966[64], de 1968[65], de 1974, de 1982 et de 1987)[66]. Une loi spĂ©cifique est votĂ©e pour amnistier les responsables de l'affaire Audin[63]. AprĂšs les doubles lois de 1962, les seuls actes pouvant ĂȘtre poursuivis sont ceux de torture commis contre des membres de l'OAS[63].

Dans son arrĂȘt du 17 juin 2003[67], la Cour de cassation considĂšre qu'il n'y a pas eu de crime contre l'humanitĂ© pendant la guerre d'AlgĂ©rie. Elle Ă©carte ainsi la possibilitĂ© de poursuites contre le gĂ©nĂ©ral Paul Aussaresses. Sans nier les faits de torture, ni leur qualification de crime contre l'humanitĂ© au sens du code pĂ©nal actuel (entrĂ© en vigueur le 1er mars 1994), la jurisprudence actuelle Ă©carte la qualification de crime contre l'humanitĂ© au sens du code pĂ©nal de l'Ă©poque : dĂšs lors que les Ă©vĂ©nements sont antĂ©rieurs au 1er mars 1994, seuls les faits commis par les puissances de l'Axe sont susceptibles de revĂȘtir la qualification de crime contre l'humanitĂ©.

Des associations de défense des droits de l'homme comme la FIDH demandent un revirement[68].

En 1982, sous le gouvernement Mauroy, dans la continuitĂ© des amnisties antĂ©rieures, intervient l’« ultime normalisation administrative Â»[69], la « rĂ©vision de carriĂšre Â»[70] et la rĂ©habilitation des gĂ©nĂ©raux putschistes[71].

La loi du 23 fĂ©vrier 2005 (dont seul l'article 4 a Ă©tĂ© retirĂ©) accorde une « indemnitĂ© forfaitaire Â» et non imposable aux « personnes (
) ayant fait l’objet, en relation directe avec les Ă©vĂ©nements d’AlgĂ©rie (
), de condamnations ou de sanctions amnistiĂ©es Â» (art.13) [72]. Athanase Georgopoulos, ancien de l'OAS rĂ©fugiĂ© en Espagne avant de revenir en France, a Ă©tĂ© nommĂ© Ă  la Commission chargĂ©e d'implĂ©menter ces indemnisations (arrĂȘtĂ© du 29 dĂ©cembre 2005) [72].

Le gĂ©nĂ©ral de BollardiĂšre, sanctionnĂ© de soixante jours d'arrĂȘts de forteresse pour avoir dĂ©noncĂ© la torture, n'a pas Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©. Il fut Ă  l'Ă©poque le seul officier supĂ©rieur français Ă  condamner la torture[73].

Notes et références

  1. ↑ [1]
  2. ↑ ChloĂ© Leprince, Archives: Vichy et la guerre d'AlgĂ©rie bientĂŽt inaccessibles?, in Rue89, 17 avril 2008, article en ligne
  3. ↑ CommuniquĂ© officiel de l'ambassade de France Ă  Alger, 2 mai 2008, communiquĂ© en ligne
  4. ↑ Mohamed Salah Boureni, Un nouveau projet de loi : Les archives algĂ©riennes reviennent Ă  l'AssemblĂ©e française, in Le Quotidien d'Oran, 4 mai 2008, article en ligne
  5. ↑ Loi no 99-882 du 18 octobre 1999 relative Ă  la substitution, Ă  l'expression « aux opĂ©rations effectuĂ©es en Afrique du Nord Â», de l'expression « Ă  la guerre d'AlgĂ©rie ou aux combats en Tunisie et au Maroc Â».
  6. ↑ Reconnaissance du 19 mars (loi) – JournĂ©e nationale du souvenir et de recueillement Ă  la mĂ©moire des victimes civiles et militaires de la guerre d'AlgĂ©rie et des combats du Maroc et de la Tunisie.
  7. ↑ http://www.senat.fr/rap/l03-073-304/l03-073-30418.html
  8. ↑ Voir Message d'Abdelaziz Bouteflika 20/08/06 (source: Nouvel observateur)
  9. ↑ Propos en date du 5 mars 1959 in C'Ă©tait de Gaulle, Alain Peyrefitte, Gallimard, 2000
  10. ↑ Voir page 149 in Modern Algeria: The Origins and Development of a Nation, John Douglas Ruedy, Indiana University Press, 2005
  11. ↑ Par l'intermĂ©diaire de son consul gĂ©nĂ©ral Ă  Alger« mai 1945 : les massacres de SĂ©tif et Guelma Â», LDH de Toulon, 12 juin 2004.
  12. ↑ W.K.Rice JICAME Branch AFN (chef des services de renseignements amĂ©ricains en Afrique du nord), The national archives-E.Records Administration, Washington D.C., Military Reference Branch.
  13. ↑ La Guerre d'AlgĂ©rie de Mohammed Harbi, Benjamin Stora, Collectif Hachette LittĂ©rature Collection Pluriel, p. 185.
  14. ↑ « La guerre d'AlgĂ©rie a commencĂ© Ă  SĂ©tif Â», Le Monde diplomatique, mai 2005, p. 21.
  15. ↑ Jean-Charles Jauffret (dir.) La Guerre d'AlgĂ©rie par les documents, t. 2, Les Portes de la guerre 1946-1954, Service historique de l'ArmĂ©e de terre, Vincennes, 1998, in 4°, 1023 p.
  16. ↑ Le dictionnaire des livres de la guerre d'AlgĂ©rie: romans, nouvelles, poĂ©sie, photos, histoire, essais, rĂ©cits historiques, tĂ©moignages, biographies, mĂ©moires, autobiographies : 1955-1995. Par Benjamin Stora. PubliĂ© par Éditions L'Harmattan, 1996 (ISBN 2-7384-4863-1), page 45
  17. ↑ Messali Hadj: pionnier du nationalisme algĂ©rien, 1898-1974, Par Benjamin Stora, Messali Hadj. PubliĂ© par RAHMA, 1991
  18. ↑ Histoire de l'Afrique contemporaine: de la DeuxiĂšme guerre mondiale Ă  nos jours. Par Marianne Cornevin. Edition: 2. PubliĂ© par Payot, 1978. page 37,40
  19. ↑ Les Français d'AlgĂ©rie: vie, mƓurs, mentalitĂ© de la conquĂȘte des Territoires du Sud Ă  l'indĂ©pendance. Pierre Mannoni. L'Harmattan, 1993 (ISBN 2-7384-1377-3), p272-273
  20. ↑ « La guerre d’AlgĂ©rie a commencĂ© Ă  SĂ©tif Â», Mohammed Harbi, Le Monde diplomatique, mai 2005.
  21. ↑ 1er novembre 1954
  22. ↑ Voir page 112 in Memory, Empire, and Postcolonialism: Legacies of French Colonialism, Alec G. Hargreaves, Lexington Books, 2005
  23. ↑ Omar Carlier, « Violence(s) Â», dans Mohamed Harbi et Benjamin Stora (dir.), La Guerre d'AlgĂ©rie, Ă©d. Hachette, 2005, p. 511
  24. ↑ (fr) Appel au peuple algĂ©rien, Texte intĂ©gral du premier appel adressĂ© par le SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral du FLN le 1er novembre 1954
  25. ↑ a , b , c , d , e , f  et g  Yves CourriĂšre, La Guerre d'AlgĂ©rie
  26. ↑ Le MTLD le Mouvement pour le triomphe des libertĂ©s dĂ©mocratiques, 1947-1954, De Jacques Simon
  27. ↑ Jacques Simon, Le MLDT
  28. ↑ Voir pages 55-56 in Algeria: anger of the dispossessed, Martin Evans & John Phillips, Yale University Press, 2008
  29. ↑ Yves CourrriĂšre,La guerre d'AlgĂ©rie
  30. ↑ http://www.algerie-dz.com/article1211.html
  31. ↑ Le Parti communiste français dans la lutte contre le colonialisme. Par Monique Lafon.PubliĂ© par Éditions sociales, 1962. page 140
  32. ↑ Fragments d'un combat: 1938-1940, Alger. RĂ©publicain, le Soir RĂ©publicain : articles par Albert Camus, Jacqueline LĂ©vi-Valensi, AndrĂ© Abbou. PubliĂ© par Gallimard, 1978 Notes sur l'article: v. 1-2. page 565
  33. ↑ Anne Mathieu, Jean-Paul Sartre et la guerre d'AlgĂ©rie, Monde diplomatique, novembre 2004
  34. ↑ Arno MĂŒnster, Sartre et la praxis, p 257
  35. ↑ Sympathisant du FLN chargĂ© du transport de fonds et de documents confidentiels Ă  l'intĂ©rieur de la mĂ©tropole
  36. ↑ http://expositions.bnf.fr/Sartre/arret/1952.htm Exposition Bnf sur Sartre
  37. ↑ Yves CourriĂšre, La Guerre d'AlgĂ©rie, page 78
  38. ↑ http://www.canal-u.education.fr/producteurs/ens_lsh_canal_philo/dossier_programmes/colloque_pour_une_histoire_critique_et_citoyenne_le_cas_de_l_histoire_franco_algerienne/054_les_dirigeants_de_l_aures_nemencha_1954_1957
  39. ↑ Yves CourriĂšre, La Guerre d'AlgĂ©rie, page 92
  40. ↑ La FĂ©dĂ©ration de France de l'union syndicale des travailleurs algĂ©riens, USTA: son journal. Par Jacques Simon, Union syndicale des travailleurs algĂ©riens. FĂ©dĂ©ration de France. PubliĂ© par L'Harmattan, 2002 (ISBN 2-7475-3083-3), page 134
  41. ↑ a  et b  ALGÉRIE 1962 - La grande dĂ©rive: la grande dĂ©rive. Par M-Ali Haroun. PubliĂ© par L'Harmattan, 2005 (ISBN 2-7475-8865-3), page 53
  42. ↑ [rĂ©f. incomplĂšte]L'Affaire de Suez, Peter Hercombe, 2006
  43. ↑ Voir p.  125 in A Diplomatic Revolution: Algeria's Fight for Independence and the Origins of the Post-cold War Era, Matthew James Connelly, Oxford University Press, 2002
  44. ↑ DĂ©claration du gĂ©nĂ©ral de Gaulle], JT20h, ORTF, 18 mars 1962 (INA)
  45. ↑ Voir page 32 in France since 1945, Robert Gildea, Oxford University Press, 2002
  46. ↑ Voir page 45 in The invention of decolonization: the Algerian War and the remaking of France, Todd Shepard, Cornell University, 2006
  47. ↑ Michel Rocard, Rapport sur les camps de regroupement et autres textes sur la guerre d'AlgĂ©rie, Ă©d. Mille et une nuits, 2003, introduction, p.14
  48. ↑ Au forgeron de Batna, Jean-Pierre Marin
  49. ↑ AlgĂ©rie: le passĂ©, l'AlgĂ©rie française, la rĂ©volution, 1954-1958 De Jacques Simon
  50. ↑ Voir page 136 in The wars of French decolonization, Anthony Clayton, Longman, 1994
  51. ↑ Voir aussi Chapitre 6 « Visions of Reconciliation, Visions of Rupture: Violence, Propaganda, and Representations of Difference Â» pages 165-213 in Uncivil war: intellectuals and identity politics during the decolonization of Algeria, James D. Le Sueur (avec la collaboration de Pierre Bourdieu), University of Pennsylvania Press, 2001
  52. ↑ Voir page 238 in Wars of the Cold War: Campaigns and Conflicts, 1945-1990, David Stone, Brassey's Edition, 2004
  53. ↑ Voir page 105 in Algeria, 1830-2000: A Short History, Benjamin Stora, Jane Marie Todd (traduction), Cornell University Press, 2004
  54. ↑ [LDH-Toulon] combien de morts ?
  55. ↑ a , b , c , d  et e  Guy PervillĂ©, « La guerre d'AlgĂ©rie en face Â», L'Histoire, n° 331, mai 2008, p. 96
  56. ↑ La voix du combattantN°1733 de mars 2008
  57. ↑ Voir page 147 in Aux vents des puissances, Jean-Claude Allain & Jean-Marc Delaunay, Presses Sorbonne Nouvelle, 2009
  58. ↑ voir page 65 in L'Ăšre des dĂ©colonisations : sĂ©lection de textes du Colloque « DĂ©colonisations comparĂ©es Â», Aix-en-Provence, 30 septembre-3 octobre 1993, Charles-Robert Ageron & Marc Michel, Ed. Karthala, 1995
  59. ↑ Voir « MĂ©moire et histoire de la guerre d’AlgĂ©rie, de part et d’autre de la MĂ©diterranĂ©e Â», Guy PervillĂ©, page 157-68 in Confluences MĂ©diterranĂ©e (no 19), automne 1996
  60. ↑ Voir « Les pertes algĂ©riennes de 1954 Ă  1962 Â», Xavier Yacono, pages 119-132 in Revue de l'Occident musulman et de la MĂ©diterranĂ©e (n° 34), 1982
  61. ↑ D’aprĂšs Jean-Jacques Jordi. op. cit. p. 48 [2] [pdf]
  62. ↑ Collectif, Anissa Barrak, BĂ©nĂ©dicte Muller, FEMMES ET GUERRES, L'Harmattan, 1996 (ISBN 2738441815), p. 91 
  63. ↑ a , b  et c  La torture pendant la guerre d'AlgĂ©rie, entretien avec Pierre Vidal-Naquet sur le site de la Ligue des droits de l'homme, juillet 2003
  64. ↑ Jean-Pierre Delannoy, Les religions au parlement français : du gĂ©nĂ©ral de Gaulle (1958) Ă  ValĂ©ry Giscard d'Estaing (1975), Éditions du CERF, 2005, p. 422.
  65. ↑ Loi d'amnistie du 31 juillet 1968 - GĂ©rard Chaliand, Jean Lacouture, AndrĂ© Versaille, Voyage dans le demi-siĂšcle : entretiens croisĂ©s avec AndrĂ© Versaille, Éditions Complexe, 2001, p. 160.
  66. ↑ Benjamin Stora, Les mots de la guerre d'AlgĂ©rie, Presses Universitaires du Mirail, 2005, p. 13
  67. ↑ Cass. crim. no 02-80719 du 17 juin 2003 [lire en ligne]
  68. ↑ « Aussaresses : La Cour de cassation rejette la poursuite des crimes contre l’humanitĂ© commis pendant la guerre d’AlgĂ©rie Â»
  69. ↑ Section de Toulon de la LDH, juillet 2002 [lire en ligne]
  70. ↑ Loi no 82-1021 du 3 dĂ©cembre 1982 relative au rĂšglement de certaines situations rĂ©sultant des Ă©vĂšnements d'Afrique du Nord, de la guerre d'Indochine ou de la seconde guerre mondiale [lire en ligne]
  71. ↑ Jean Guisnel, Les gĂ©nĂ©raux : enquĂȘte sur le pouvoir militaire en France, La DĂ©couverte, 1990, p. 66-78
  72. ↑ a  et b  Olivier Le Cour Grandmaison, Sarkozy, mythologie coloniale et anciens de l’OAS, L'HumanitĂ©, 8 avril 2009.
  73. ↑ [LDH-Toulon] il y a cinquante ans, le gĂ©nĂ©ral Jacques de BollardiĂšre condamnait la pratique de la torture

Voir aussi

Bibliographie indicative

Généralités
  • Linda Amiri, La Bataille de France, la guerre d'AlgĂ©rie en mĂ©tropole, Robert Laffont, 2004.
  • GĂ©rard BĂ©lorgey, « L’AlgĂ©rie dans nos tĂȘtes Â», Revue Politique et Parlementaire n° 1032-1033, octobre-dĂ©cembre 2004.
  • Georges-Marc Benamou, Un mensonge français, Retours sur la guerre d'AlgĂ©rie, Robert Laffont, 2003.
  • RaphaĂ«lle Branche, La Guerre d’AlgĂ©rie, une histoire apaisĂ©e ?, Points Seuil, coll. L’Histoire en DĂ©bat, 2005.
  • RaphaĂ«l Delpard, Les OubliĂ©s de la Guerre d'AlgĂ©rie, Michel Lafon, 2003
  • Bernard Droz, Évelyne Lever, Histoire de la guerre d'AlgĂ©rie, Seuil, 1982 ; rĂ©Ă©ditĂ© en 2002.
  • RenĂ© Gallissot, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, Maghreb. 2 AlgĂ©rie : engagements sociaux et question nationale, de la colonisation Ă  l'indĂ©pendance de 1830 Ă  1962, l’Atelier, 2007.
  • Mohammed Harbi, Les Archives de la RĂ©volution algĂ©rienne, 1981.
  • Mohammed Harbi et Benjamin Stora, La Guerre d'AlgĂ©rie (1954-1994). La fin de l'amnĂ©sie, Robert Laffont, 2004.
  • Mohammed Harbi et Gilbert Meynier, Le FLN, documents et histoire 1954-1962, Paris, Fayard, 2004.
  • GĂ©rard Lorne, Du rouge au noir. MĂ©moire vive d'un porteur de valise, Ă©ditions du Monde Libertaire, 1998
  • Claire Mauss-Copeaux, AppelĂ©s en AlgĂ©rie. La parole confisquĂ©e, Paris, Hachette-LittĂ©ratures, 1999, rĂ©Ă©ditĂ© en poche dans la collection « Pluriel Â».
  • Claire Mauss-Copeaux, À travers le viseur. AlgĂ©rie 1955-1962, Lyon, Ă©d. Aedelsa, 2003.
  • Gilbert Meynier, Histoire intĂ©rieure du FLN, Paris, Fayard, 2002.
  • Guy PervillĂ©, Pour une histoire de la guerre d'AlgĂ©rie, Picard, 2002.
  • Jean-Pierre Rioux (dir), La Guerre d'AlgĂ©rie et les Français, Fayard, 1990.
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d'AlgĂ©rie, 1954-1962, la DĂ©couverte, 1993.
  • Sylvie ThĂ©nault, Histoire de la guerre d'indĂ©pendance algĂ©rienne, Flammarion, 2005.
  • Kateb Yacine, Nedjma
Articles et documents annexes
  • Serge Adour, « En AlgĂ©rie : de l’utopie au totalitarisme Â», Le Monde 31/10-5/11/1957 –document historique sur la « pacification Â» par un sous-lieutenant du contingent, « l’un des meilleurs articles contre la guerre que nous imposait son pays Â», selon Mohammed Harbi « Une vie debout Â» (La DĂ©couverte, 2001) – consultable au Centre d’Histoire de Sciences-Po, fonds BĂ©lorgey et sur « www. ecritures-et-societe.com Â».
  • RaphaĂ«lle Branche, La Torture et l’armĂ©e pendant la guerre d’AlgĂ©rie, 1954-1962, Paris, Gallimard, 2001.
  • Hartmut Elsenhans, La Guerre d’AlgĂ©rie 1954-1962. La transition d’une France Ă  une autre. Le passage de la IVe Ă  la Ve RĂ©publique (1974), Publisud, 1999 [3].
  • Jean-Charles Jauffret, Soldats en AlgĂ©rie, 1954-1962. ExpĂ©riences contrastĂ©es des hommes du contingent. Autrement, 2000.
  • Jean-Charles Jauffret, Des hommes et des femmes en guerre d'AlgĂ©rie. Autrement, 2003.
  • Sylvie ThĂ©nault, Une drĂŽle de justice : les magistrats dans la guerre d’AlgĂ©rie, La DĂ©couverte, Paris, 2001.
  • Irwin Wall, Les États-Unis et la Guerre d'AlgĂ©rie, Soleb, 2006
  • W.K.Rice (chef du JICAME Branch AFN, services de renseignements amĂ©ricains en Afrique du Nord), The national archives-E.Records Administration, Washington D.C., Military Reference Branch.
TĂ©moignages
  • Mehdi Charef À bras-le-cƓur , Mercure de France, 2006.
  • Mohand-Amokrane Kheffache, Une enfance kabyle pendant la guerre d'AlgĂ©rie de 1955 Ă  1958. L'Harmattan, 2005. La guerre d'AlgĂ©rie vue de l'intĂ©rieur, par les yeux d'un enfant.
  • M-A Kheffache, Une adolescence Ă  Alger (2e partie, 1958-1962), L'Harmattan, 2006.
  • Abdelmadjid MaĂąlem, Les TĂ©moignages de BĂ©zouiche, tomes 1, 2 et 3, Éditions ANEP, AlgĂ©rie, 2004.
  • Étienne Maignen, Treillis au djebel - Les Piliers de TiahmaĂŻne Yellow Concept, 2004.
  • Lakhdar BelaĂŻd, Mon pĂšre, ce terroriste : MNA contre FLN en France, Seuil, 2008
  • Arnaud de Vial, Le courage des Morts , Fonscouverte, 2009.
  • Paul RenĂ© Machin, Djebel 56, Lettres Du Monde, 1978.

Filmographie

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