Guerre Hispano-Américaine

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Guerre Hispano-Américaine

Guerre hispano-américaine

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Guerre hispano-américaine
RoughRiders.jpeg
Le colonel Roosevelt et ses hommes aprĂšs la victoire sur les collines San Juan.
Informations générales
Date 25 avril - 12 août 1898
Lieu CaraĂŻbes et Pacifique
Casus belli RĂ©volutions Ă  Cuba et aux Philippines, destruction de l’USS Maine
Issue Victoire des États-Unis
Traité de Paris
Belligérants
US flag 45 stars.svg États-Unis
Cuba RĂ©publique de Cuba
Philippines flag original.png Philippines
Espagne Espagne
Commandants
Nelson Miles
William Shafter
George Dewey
MĂĄximo GĂłmez
Emilio Aguinaldo
Patricio Montojo
Pascual Cervera
Arsenio Linares
Ramon Blanco
Pertes
432 morts américains au combat
3 289 morts amĂ©ricains au total ; nombres inconnus de morts cubains et philippins
~ 55 000
Batailles
Bataille de la baie de Manille
Combat de la baie de Cardenas
Bombardement de San Juan de Porto-Rico
Bataille d'El Caney
Bataille de San Juan

La Guerre hispano-amĂ©ricaine, souvent dĂ©signĂ©e en Espagne sous le nom de DĂ©sastre de 98 (« Desatre del 98 Â»), est un conflit armĂ© qui se dĂ©roula d'avril Ă  aoĂ»t 1898 entre les États-Unis d'AmĂ©rique et l'Espagne, et qui eut pour consĂ©quence l'indĂ©pendance de Cuba jusqu'en 1901, et la prise de contrĂŽle d'anciennes colonies espagnoles dans les CaraĂŻbes et le Pacifique par les États-Unis.

Sommaire

Contexte

La position de l'Espagne en tant que puissance mondiale avait dĂ©clinĂ©. À la fin du XIXe siĂšcle ne lui restaient que quelques petites possessions dans l'ocĂ©an Pacifique, l'Afrique et les Indes, la plus grande partie de son empire colonial avait acquis son indĂ©pendance, et un certain nombre des zones encore sous contrĂŽle espagnol Ă©tait susceptible de le faire. Les guĂ©rillas opĂ©raient dans les Philippines, et avaient Ă©tĂ© prĂ©sentes Ă  Cuba pendant des dĂ©cennies oĂč une Guerre des Dix Ans entre 1868 et 1878 fut une premiĂšre tentative de Cuba pour obtenir l'indĂ©pendance. Cette guerre dite "Guerre de Dix Ans" fut dĂ©clarĂ©e lorsque le planteur cubain Carlos Manuel de Cespedes libĂ©ra ses esclaves et forma une armĂ©e. Ce mouvement fut suivi par 37 autres planteurs et donna naissance Ă  la Constitution de la RĂ©publique de Cuba.

Vers 1894, le capital amĂ©ricain investi dans les plantations de sucre et les raffineries de Cuba reprĂ©sente environ 50 millions de dollars et le commerce annuel entre les États-Unis et Cuba une centaine de millions de dollars. Le sucre constitue de loin le principal produit d’exportation et est Ă©coulĂ© principalement vers les États-Unis. Par ailleurs, un certain nombre d’adeptes du commodore Alfred Mahan, cĂ©lĂšbre thĂ©oricien et stratĂšge, voyaient dans cette Ăźle proche des États-Unis une zone propice Ă  la crĂ©ation de bases navales.

Or, Cuba va connaĂźtre des troubles. Le petit peuple des peones y vivait dĂ©jĂ  dans la misĂšre, mĂȘme au temps de la prospĂ©ritĂ© Ă©conomique. Mais, aprĂšs 1890, une sĂ©rie de difficultĂ©s rend leur situation encore plus intolĂ©rable : concurrence accrue du sucre de betterave europĂ©en, baisse du prix du sucre lors de la dĂ©pression de 1893 et surtout le tarif douanier Wilson-Gorman (1894) qui augmentait de 40 % les droits de douane sur le sucre et faisait disparaĂźtre la position privilĂ©giĂ©e du sucre cubain sur le marchĂ© amĂ©ricain. Étant donnĂ© que le sucre reprĂ©sentait 80% des ressources de l’üle, le rĂ©sultat fut catastrophique. Les souffrances sociales qui en dĂ©coulĂšrent et le mĂ©contentement latent contre la domination espagnole - qui avait dĂ©jĂ  amenĂ© dans le passĂ© une sĂ©rie de rĂ©voltes, notamment en 1868-1878, - provoqua une rĂ©bellion en mars 1895 qui sera le dĂ©but de la guerre d'indĂ©pendance cubaine.

De part et d’autre on fit preuve de cruautĂ©. Le gĂ©nĂ©ral espagnol Valeriano Weyler, Ă  partir de fĂ©vrier 1896, pratiqua une politique de regroupement forcĂ© d’une grande partie de la population - y compris femmes, enfants, vieillards - derriĂšre des fils de fer barbelĂ©. Les conditions alimentaires et sanitaires Ă©tant absolument insuffisantes, des milliers de reconcentrados moururent, ce fut le premier cas moderne de camp de concentration. En deux ans, un huitiĂšme de la population, c’est-Ă -dire environ 200 000 personnes, succomba. De leur cĂŽtĂ©, les rĂ©voltĂ©s pratiquaient la politique de la terre brĂ»lĂ©e, saccageant et dĂ©truisant les propriĂ©tĂ©s des partisans de l’Espagne et ravageant les plantations de sucre. Leur but Ă©tait de provoquer la dĂ©faite des Espagnols en Ă©puisant toutes leurs ressources.

L’opinion publique amĂ©ricaine, influencĂ©e du reste par les comitĂ©s rĂ©volutionnaires cubains de New-York, manifesta assez vite sa sympathie pour ceux qui luttaient pour leur indĂ©pendance. Certains journaux particuliĂšrement avides de sensationnel, surtout le New York World de Joseph Pulitzer et le New York Journal de William Randolph Hearst, firent grand cas de la barbarie des Espagnols et de leur commandant en chef, Weyler, surnommĂ© « le boucher Â». Des journaux protestants - peut-ĂȘtre en partie par hostilitĂ© Ă  l’égard des prĂȘtres catholiques de Cuba - ainsi qu’un certain nombre d’organes rĂ©publicains et dĂ©mocrates se dĂ©clarĂšrent partisans d’une intervention en faveur des insurgĂ©s pour des motifs purement humanitaires. D’autre part, des partisans de l’expansion tels Theodore Roosevelt, Lodge ou Whitelaw Reid du New York Tribune, rĂ©clamaient aussi une intervention.

Ces Ă©vĂ©nements Ă  Cuba coĂŻncidaient dans les annĂ©es 1890 avec une bataille pour les lecteurs entre les groupes de presse amĂ©ricains Hearst et Pulitzer. Le style de Hearst, qualifiĂ© de « journalisme jaune Â», aurait pu supplanter celui de Pulitzer, et il utilisa le pouvoir de la presse pour influencer l'opinion amĂ©ricaine en faveur de la guerre. MalgrĂ© les documents attestant des atrocitĂ©s commises dans l'Ăźle, et la rĂ©alitĂ© d'une rĂ©bellion qui combattait le joug espagnol, Hearst fabriquait souvent des histoires ou les montait en Ă©pingle dans un langage hautement provocateur. Hearst publia des rĂ©cits sensationnalistes sur les atrocitĂ©s que les « Espagnols cruels Â» infligeaient aux « pauvres Cubains Â». ScandalisĂ©s par « l'inhumanitĂ© Â» des Espagnols, les AmĂ©ricains Ă©taient incitĂ©s Ă  demander une « intervention Â» que mĂȘme les faucons les plus blasĂ©s, tel le jeune Theodore Roosevelt, auraient considĂ©rĂ© comme une affaire rĂ©glĂ©e. Hearst est connu pour sa cĂ©lĂšbre rĂ©ponse Ă  son illustrateur, Frederic Remington, qui estimait que les Ă©vĂ©nements Ă  la Havane ne justifiaient pas une guerre : « Vous fournissez les images, et je fournirai la guerre. Â»

En revanche, les journaux reflĂ©tant la pensĂ©e des milieux Ă©conomiques ou financiers faisaient ressortir qu’une guerre compromettrait le rĂ©tablissement Ă©conomique qui commençait Ă  se manifester en 1897 et menacerait la stabilitĂ© monĂ©taire basĂ©e sur l’étalon-or.

Étant donnĂ© l’aspect passionnel du dĂ©bat et la nature de la lutte Ă  Cuba, il ne fut pas facile pour le gouvernement amĂ©ricain de maintenir une position de neutralitĂ©. Le prĂ©sident Cleveland fit tout son possible pour ne pas se laisser entraĂźner dans une aventure, malgrĂ© les pressions du CongrĂšs. Son successeur McKinley s’efforça de suivre la mĂȘme politique de prudence. L’amorce d’une politique de rĂ©formes Ă  Cuba par l’Espagne - renvoi de Weyler, obtention par les Cubains des mĂȘmes droits politiques que les Espagnols, promesse d’une Ă©ventuelle autonomie interne - fut loin de satisfaire les rĂ©voltĂ©s mais fut bien accueillie par le gouvernement amĂ©ricain et une partie de la presse. Le 6 novembre 1897, le Washington Post titrait : « Pas de guerre avec l’Espagne. Tout porte Ă  croire Ă  la paix. Â»[1] Une sĂ©rie d’incidents allait pourtant faire monter la tension entre les États-Unis et l’Espagne.

Montée de la tension

USS Maine, coulé dans le port de La Havane

La publication, le 9 fĂ©vrier 1898, par le New York Journal d’une lettre privĂ©e de l’ambassadeur espagnol Ă  Washington DC, Enrique Dupuy de LĂŽme, dĂ©robĂ©e par un espion des insurgĂ©s, fit grand bruit : dans cette missive, l’auteur dĂ©crivait le prĂ©sident McKinley comme « un faible recherchant l’admiration des foules  Â» !

Six jours plus tard, le cuirassé USS Maine explosait dans la rade de la Havane.

MalgrĂ© les journaux - si l’on met Ă  part le Journal et le World - , les politiciens, les hommes d’affaires et les membres du clergĂ© qui appelaient au calme, l’opinion publique fut atteinte, suivant l’expression d’un diplomate europĂ©en, « d’une sorte de furie belliqueuse Â». Des manifestations brĂ»laient des Espagnols en effigie dans les rues : un enthousiasme guerrier dĂ©ferla d’un bout Ă  l’autre du pays. Devant l’inaction du gouvernement, on commença Ă  siffler McKinley dans les rues et dans les thĂ©Ăątres.

Devant la montĂ©e de cette marĂ©e de bellicisme, les avocats de la paix commencĂšrent Ă  faiblir. Le Chicago Times Herald Ă©crivait le 9 mars 1898 : « L’intervention Ă  Cuba est maintenant inĂ©vitable. Nos conditions politiques internes ne permettent pas de la repousser.» D’autres journaux emboĂźtĂšrent le pas. Le 19, un sĂ©nateur rĂ©publicain du Vermont, modĂ©rĂ© et respectĂ©, Redfield Proctor, dĂ©clara devant le SĂ©nat qu’un rĂ©cent voyage Ă  Cuba l’avait convaincu du bien-fondĂ© d’une intervention. De nombreux hommes d’affaires, des organismes Ă©conomiques, divers groupes religieux qui s’étaient montrĂ©s modĂ©rĂ©s commencĂšrent Ă  changer d’avis. De nombreux dirigeants politiques dĂ©cidĂšrent qu’il n’était dĂ©sormais plus raisonnable de s’opposer Ă  la demande gĂ©nĂ©rale en faveur de la guerre. Chez les DĂ©mocrates, par exemple, Bryan, qui avait manifestĂ© jusque-lĂ  beaucoup de prudence, se prononça Ă  la fin de mars pour l’intervention. De leur cĂŽtĂ©, de nombreux rĂ©publicains firent pression sur le gouvernement qu’ils menacĂšrent de ne plus soutenir s’il ne tenait pas davantage compte de la volontĂ© populaire.

Devant une telle fiĂšvre guerriĂšre, quelle fut l’attitude de McKinley ? Personnellement dĂ©sireux d’éviter la guerre, il demanda le 27 mars 1898 Ă  l’Espagne de conclure un armistice avec les rĂ©voltĂ©s, de supprimer la politique des camps de concentrations, enfin d’accepter une mĂ©diation amĂ©ricaine. En fait, il s’arrangea pour faire savoir Ă  l’Espagne qu’il dĂ©sirait que Cuba obtĂźnt son indĂ©pendance. Le gouvernement espagnol de la rĂ©gente Marie-Christine accepta tout, sauf la promesse d’indĂ©pendance. Comme le remarque Ernest May, en refusant la plus importante des exigences amĂ©ricaines, l’Espagne acceptait l’éventualitĂ© d’une guerre avec les États-Unis.

Aux États-Unis, le parti de la guerre, qui continuait de s’organiser, renforça sa pression sur le prĂ©sident. Celui-ci ne voulait pas laisser aux DĂ©mocrates, en cette annĂ©e d’élection, le privilĂšge de dĂ©fendre l’indĂ©pendance de Cuba. Il redoutait aussi une initiative du CongrĂšs qui le mettrait dans l’embarras. Aussi, en dĂ©pit des concessions de l’Espagne, McKinley proposa-t-il au CongrĂšs, le 11 avril 1898, une intervention. Le 19, celui-ci dĂ©clara que Cuba devait ĂȘtre libre et autorisa l’usage de la force pour libĂ©rer l’üle. Un amendement prĂ©cisa que les États-Unis n’annexeraient pas l’üle. L’Espagne chercha dĂ©sespĂ©rĂ©ment l’appui des autres puissances europĂ©ennes, mais sans succĂšs. Certes, sa cause n’était guĂšre attirante. Mais, surtout, les pays d’Europe se souciaient de ne pas se brouiller avec les États-Unis, avec toutes les consĂ©quences Ă©conomiques et financiĂšres que cela pouvait entraĂźner. AbandonnĂ©e de tous, l’Espagne n’eut pas d’autre solution que de dĂ©clarer la guerre aux États-Unis le 24 avril 1898, l’US Navy ayant de son cĂŽtĂ© dĂ©jĂ  Ă©tabli le blocus de l’üle dĂšs le 21.

La plupart des historiens considĂšrent que la guerre n’a pas Ă©clatĂ© sous la pression des milieux Ă©conomiques. Si l’on met Ă  part quelques propriĂ©taires qui avaient eu leurs biens dĂ©vastĂ©s dans l’üle, les armateurs engagĂ©s dans le commerce avec Cuba et quelques individus dĂ©sirant obtenir des contrats du gouvernement, en fait, on ne peut pas parler de pressions concrĂštes des milieux Ă©conomiques sur le gouvernement pour une intervention Ă  Cuba en 1898.

Au contraire, le monde des affaires s’efforça durant trois ans de rĂ©sister Ă  toutes les pressions, Julius W. Pratt, au terme d’une Ă©tude minutieuse des journaux Ă©conomiques et financiers, des procĂšs-verbaux des Chambres de commerce et des pĂ©titions envoyĂ©es au DĂ©partement d'État, conclut que les milieux Ă©conomiques, bancaires, industriels et commerciaux, tout particuliĂšrement dans l’Est, Ă©taient violemment hostiles Ă  la guerre Ă  la fin de 1897 et au dĂ©but de 1898. La reprise des affaires qui datait de 1893, avait connu deux rechutes, une premiĂšre fois en 1895 et une nouvelle fois au moment de la campagne en faveur de la frappe libre de l’argent en 1896. En 1897, la situation Ă©conomique se rĂ©tablit Ă  nouveau, le commerce extĂ©rieur Ă©tait en progrĂšs ; les industriels, les commerçants, les financiers Ă©taient optimistes. En politique intĂ©rieure, la grande lutte Ă©lectorale de 1896 avait abouti au triomphe du grand capitalisme. Une guerre ne risquait-elle pas de venir jeter le trouble ? Elle « mettra en pĂ©ril la marche de la prospĂ©ritĂ© Â», Ă©crit le New Jersey Trade Review. Le chef de l’organisation Ă©lectorale du parti rĂ©publicain, Mark Hanna, porte-parole au SĂ©nat des milieux d’affaires, estimait que la guerre « pour la politique Ă©conomique intĂ©rieure Â». Le Wall Street Journal, en dĂ©cembre 1897 et fĂ©vrier 1898, souhaitait que la question de Cuba reçût une solution pacifique. Ainsi, ThĂ©odore Roosevelt, lui-mĂȘme trĂšs favorable Ă  la guerre, Ă©crivait-il le 5 avril 1898 Ă  Robert Bacon : « Ici, Ă  Washington, nous avons l’impression que tous ceux qui ont un lien quelconque avec les intĂ©rĂȘts du big business sont prĂȘts Ă  aller au-devant de n’importe quelle infamie afin de conserver la paix et d’éviter que les affaires ne soient perturbĂ©es. Â»

Pour l’historien amĂ©ricain Walther La Feber, au contraire, « la communautĂ© Ă©conomique amĂ©ricaine n’était pas aussi monolithique dans son opposition Ă  la guerre Â». Elle aurait mĂȘme Ă©tĂ© dĂ©jĂ  fortement prĂ©occupĂ©e par la recherche de nouveaux marchĂ©s, notamment depuis la dĂ©pression de 1893. Pour La Feber, ce n’est pas l’influence du CongrĂšs ni celle des journalistes Ă  sensation qui expliquent le durcissement de l’attitude de McKinley Ă  partir du 10 avril, mais l’évolution in extremis de nombreux hommes d’affaires en faveur d’une politique belliciste. McKinley ne dĂ©sirait pas la guerre et a mĂȘme tentĂ© de l’éviter, mais il voulait aussi ce que seule une guerre pouvait obtenir : l’indĂ©pendance de Cuba et, en mĂȘme temps, la disparition de l’incertitude qui pesait sur la vie politique et Ă©conomique du pays. Quoi qu’il en soit, devant la rapiditĂ© des succĂšs militaires, les rĂ©serves exprimĂ©es par les industriels s’évanouirent. D’abord, on se rendit compte que la guerre pourrait ĂȘtre courte et faciliterait la reprise Ă©conomique. Ensuite, le triomphe de l’amiral Dewey Ă  Manille offrait, avec la possibilitĂ© d’un point d’appui en ExtrĂȘme-Orient, le moyen de contrecarrer les avantages que l’empire russe, l’empire allemand, l’empire britannique et la France avaient rĂ©cemment gagnĂ©s avec l’obtention de territoires Ă  bail en Chine.

Toutefois, mĂȘme si McKinley ne s’était dĂ©cidĂ© Ă  devenir intransigeant que lorsqu’il avait eu la certitude d’obtenir l’appui d’un certain nombre d’hommes d’affaires, il ne faut pas oublier qu’il Ă©tait soumis Ă  une Ă©norme pression de la part de l’opinion publique. Devant la montĂ©e du sentiment belliciste, McKinley craignit de provoquer une scission dans le parti rĂ©publicain et ruiner ses chances de rĂ©Ă©lection en 1900 s’il continuait de s’opposer Ă  la guerre. Les milieux d’affaires s’étaient, en fait, ralliĂ©s Ă  l’idĂ©e d’une politique expansionniste prĂȘchĂ©e par d’autres depuis longtemps. Ils n’en avaient pas Ă©tĂ© les promoteurs.

Ernest R. May, dans son livre Imperial Democracy, propose une explication d’ordre psychologique Ă  l'origine de la vague de fond belliciste. Les États-Unis Ă©taient dans une situation d’inquiĂ©tude. Ce pays, jusque-lĂ  largement protestant et anglais, Ă  l’économie rurale, avait vu en peu de temps le nombre de catholiques s’accroĂźtre ainsi que l’industrialisation et l’urbanisation triompher. Un malaise s’empara de la population de vieille souche. Cette inquiĂ©tude latente fut brusquement avivĂ©e par la crise de 1893. Ne s’est-il pas produit une sorte de transfert irrationnel de ces anxiĂ©tĂ©s et de ces angoisses sur les Cubains souffrant eux aussi ? Pour le peuple comme pour le gouvernement amĂ©ricain, la guerre avec l’empire espagnol monarchique, catholique, latin, n’avait peut-ĂȘtre pas d’autre but que de porter remĂšde Ă  leurs propres inquiĂ©tudes. En tous cas, jamais peut-ĂȘtre la nation ne connut-elle pareille unanimitĂ©.

Il y eut toutefois plus de pressions véritables et sincÚres incitant à la guerre. Confrontés à la défaite et un manque d'argent et de ressources pour continuer à combattre l'occupation espagnole, les révolutionnaires cubains et leur futur président, Tomås Estrada Palma, déposÚrent secrÚtement 150 millions de dollars dans une banque américaine pour acheter l'indépendance de Cuba, ce que l'Espagne refusa. Il négocia alors adroitement et fit la propagande de sa cause auprÚs du CongrÚs américain, éventuellement en garantissant de payer la facture d'une intervention américaine.

La Marine des États-Unis d'AmĂ©rique s'Ă©tait alors considĂ©rablement dĂ©veloppĂ©e, mais n'avait pas encore eu l'occasion d'ĂȘtre testĂ©e, et plusieurs vieux chiens de guerre Ă©taient enthousiastes Ă  l'idĂ©e de tester et d'utiliser leurs nouveaux outils. La marine avait conçu des plans pour attaquer les Espagnols dans les Philippines plus d'un an avant le dĂ©but des hostilitĂ©s. La fin de la conquĂȘte de l'Ouest et du conflit Ă  grande Ă©chelle avec les AmĂ©rindiens laissait l'armĂ©e inoccupĂ©e, et les Ă©tats-majors espĂ©raient qu'une nouvelle tĂąche leur incomberait bientĂŽt. Depuis des temps fort anciens, certains AmĂ©ricains avaient pensĂ© que Cuba leur revenait de droit. La soi-disant thĂ©orie de la destinĂ©e manifeste faisait de l'Ăźle, aux portes des cĂŽtes de la Floride, une candidate toute dĂ©signĂ©e pour l'expansion amĂ©ricaine. La majoritĂ© de l'Ă©conomie insulaire Ă©tait dĂ©jĂ  dans les mains de l'AmĂ©rique, et la majoritĂ© de son commerce, dont une bonne partie Ă©tait clandestine, s'effectuait avec les États-Unis. Quelques dirigeants Ă©conomiques ont eux aussi incitĂ© au conflit. Selon les propres mots du sĂ©nateur du Nebraska John M. Thurson : « La guerre avec l'Espagne pourrait accroĂźtre le commerce et les revenus de chaque compagnie de chemin de fer amĂ©ricaine ; cela pourrait accroĂźtre la production de chaque usine amĂ©ricaine ; cela pourrait stimuler chaque branche de l'industrie et du commerce domestique. Â»

En Espagne, le gouvernement n'Ă©tait pas totalement en dĂ©faveur de la guerre. Les États-Unis n'Ă©taient pas une puissance avĂ©rĂ©e, alors que la marine espagnole, quoique dĂ©crĂ©pite, avait un passĂ© glorieux ; on pensait que cela pourrait ĂȘtre un dĂ©fi aux États-Unis. Il existait Ă©galement une notion largement rĂ©pandue auprĂšs des leaders aristocratiques espagnols que l'armĂ©e et la marine des États-Unis, empreintes d'une mixitĂ© ethnique certaine, ne pourraient jamais survivre Ă  d'aussi fortes pressions [2].

Les Rough Riders Ă  San Juan (Frederic Remington)

La puissance militaire des belligérants

Les CortĂšs, malgrĂ© les conflits incessants dans ce qui reste de l'empire espagnol, se sont refusĂ©es Ă  modifier une loi de 1882 sur le recrutement de l'armĂ©e qui n'applique que trĂšs incorrectement le systĂšme du service militaire obligatoire et nombreux sont ceux qui se font exempter. Le vieux fusil Remington Ă©tait en cours de remplacement par le Mauser espagnol Mle 1893 d'un calibre 7mm Mauser d'excellente facture et quelques 80 000 exemplaires ont Ă©tĂ© expĂ©diĂ©s Ă  Cuba et aux Philippines.

L'armée de terre disposait dans la métropole de 56 régiments d'infanterie (d'un effectif de 804 hommes en temps de guerre), 56 cadres de régiments de réserve, 20 bataillons de chasseurs (964 hommes en temps de guerre), 10 cadres de bataillons de réserve. 28 régiments de cavalerie de 450 à 510 hommes, 13 régiments d'artillerie de campagne à 24 piÚces, 1 régiment léger, 3 régiments d'artillerie de montagne soit 68 batteries et 408 piÚces et 9 bataillons d'artillerie de forteresse.

Avec les forces du gĂ©nie militaire, les services et les troupes rĂ©gionales dans les BalĂ©ares, aux Canaries et au Maroc espagnol, l'effectif thĂ©orique au 1er juillet 1897 est de 100 140 hommes [3].

La guerre

CannoniÚre espagnole Pizarro, coulée au large de Cuba

Le 15 fĂ©vrier 1898, une explosion eut lieu Ă  bord du navire de guerre de l'US Navy USS Maine, ancrĂ© dans le port de La Havane qui coula rapidement, entraĂźnant la mort de 266 hommes. Les preuves quant Ă  la cause de l'explosion Ă©taient peu concluantes car contradictoires, nĂ©anmoins, la presse amĂ©ricaine, menĂ©e par les deux journaux new-yorkais, proclama que c'Ă©tait certainement un ignoble acte de sabotage commis par les Espagnols. La presse poussa le public Ă  rĂ©clamer la guerre avec ce slogan : « Rappelez-vous du Maine ! L'Espagne en enfer ! Â»[4] Ce sentiment chauvin et belliciste prit le nom de jingoĂŻsme, expression inventĂ©e au Royaume-Uni en 1878. GrĂące aux avancĂ©es scientifiques modernes, on s'accorde pour dire que cette explosion fut due Ă  une combustion spontanĂ©e de magasins de poudre situĂ©s trop prĂšs de sources de chaleur.

PoussĂ©e par l'opinion publique, la guerre est finalement dĂ©clarĂ©e le 25 avril 1898 par le CongrĂšs des États-Unis par 42 voix pour et 35 contre au SĂ©nat des États-Unis et 310 voix pour et 6 contre Ă  la chambre des reprĂ©sentants [5].

La lutte entre l’Espagne et les États-Unis Ă©tait inĂ©gale. Certes sur le papier, l’Espagne pouvait paraĂźtre puissante : 200 000 soldats Ă  Cuba et une flotte de croiseurs cuirassĂ©s et de torpilleurs supĂ©rieure en nombre Ă  l’US Navy. Mais les navires de guerre de celle-ci Ă©taient beaucoup plus rĂ©cents et mieux entraĂźnĂ©s. L’Espagne n’opposa en fait qu’une faible rĂ©sistance et les opĂ©rations militaires furent assez courtes. Elle avait placĂ©, semble-t-il, ses espoirs dans une aide extĂ©rieure, une intervention europĂ©enne, qui ne se produisit pas.

La plus populaire de toutes les guerres amĂ©ricaines, la « splendid little war Â», selon l’expression de John Hay[6], s’organise aux États-Unis dans la pire confusion. L’US Army ne comptant que 28 183 hommes, on fit appel Ă  des volontaires qui ne recevaient que des fusils dĂ©modĂ©s et manquaient de tentes et de couvertures. N’ayant pas d’uniformes d’étĂ©, ils partirent pour les tropiques avec le lourd uniforme bleu en laine.

La bataille de Manille, en vignette, le visage du Commodore Dewey
Croiseur Espagnol Cristobal Colon, coulé aux Philippines

Les premiers combats se dĂ©roulĂšrent non pas Ă  Cuba mais aux Philippines, Ă©galement possessions espagnoles. L’escadre amĂ©ricaine du Pacifique composĂ©e de 7 navires de guerre, commandĂ©e par le Commodore George Dewey, envoya par le fond ou captura, Ă  l’aube du 1er mai 1898, la flotte espagnole de 8 navires de l’amiral Patricio Montojo en perdant un seul homme (d'une crise cardiaque) au cours de la bataille de la baie de Manille (ou bataille de Cavite) dans la baie de Manille.

À Cuba mĂȘme, un corps expĂ©ditionnaire de 17 000 hommes dĂ©barqua le 20 juin 1898. Parmi eux, il y avait une unitĂ© de volontaires - le rĂ©giment de cavalerie des Rough Riders - commandĂ©s en titre par le colonel Leonard Wood et en fait par le lieutenant-colonel Theodore Roosevelt qui avait dĂ©missionnĂ© de son poste d’adjoint au SecrĂ©taire Ă  la marine le 7 mai 1898 pour se joindre Ă  l’expĂ©dition. L’armĂ©e espagnole ne sut pas profiter de sa supĂ©rioritĂ© numĂ©rique. Il est vrai qu’ils n’avaient que 13 000 hommes sur les lieux du dĂ©barquement et qu’ils Ă©taient trĂšs mal organisĂ©s pour le transport de leurs troupes. Dans les combats qui se dĂ©roulĂšrent pour la prise des hauteurs des collines San Juan prĂšs de Santiago de Cuba, ThĂ©odore Roosevelt Ă©tablit sa rĂ©putation de soldat tĂ©mĂ©raire et de hĂ©ros. Ces combats furent d’ailleurs durs et sanglants, et les AmĂ©ricains, mal commandĂ©s, manquant de renforts, de nourriture et de munitions, Ă©taient « au bord d’un dĂ©sastre militaire Â», selon l’avis mĂȘme de Roosevelt, mais remportĂšrent une bataille dĂ©cisive pour le contrĂŽle de l'Ăźle.

C’est encore sur mer que se joua le sort des armes : la flotte amĂ©ricaine coula en quelques heures les navires espagnols de l’amiral Cervera qui tentaient de sortir du port de Santiago de Cuba le 13 juillet. PrivĂ©es de tout appui naval, les forces espagnoles de Cuba capitulĂšrent le 17 juillet. Porto Rico fut occupĂ© sans rĂ©sistance le 25 juillet par un contingent de 500 hommes.

Finalement, pendant cette guerre de dix semaines, les forces amĂ©ricaines avaient perdu 5 462 hommes dont seulement 379 sur les champs de bataille, tandis que les forces espagnoles dĂ©ploraient la perte de deux gĂ©nĂ©raux, 581 officiers et de 55 078 soldats et marins.

Le 12 aoĂ»t 1898, l’Espagne accepta un traitĂ© de paix prĂ©liminaire mettant fin aux hostilitĂ©s Ă  Cuba. Le lendemain, Manille tombait aux mains des AmĂ©ricains aidĂ©s par les insurgĂ©s philippins. Le traitĂ© de Paris, signĂ© le 10 dĂ©cembre 1898, mit un terme officiel Ă  la guerre.

Conséquences

Ten Thousand Miles From Tip to Tip (« 10 000 miles d'une extrĂ©mitĂ© Ă  l'autre Â») - des Philippines Ă  Porto Rico

Avec le traitĂ© de Paris, l'Espagne a reconnu l'indĂ©pendance de Cuba, tout en cĂ©dant les Philippines, Porto Rico et Guam aux États-Unis en Ă©change d'un versement de 20 millions de dollars amĂ©ricains[7]. La mĂȘme annĂ©e, dans un acte indĂ©pendant, les États-Unis annexent les Ăźles d'Hawaii. L'annĂ©e suivante, ils acquiĂšrent une partie de l'archipel du Samoa. Ainsi, le territoire amĂ©ricain s'est soudainement accru de plusieurs territoires au-delĂ  de l'AmĂ©rique du Nord.

La guerre de 1898 a constituĂ© incontestablement un tournant dans l’histoire amĂ©ricaine. Les États-Unis prenaient place dans le cercle Ă©troit des grandes puissances de la planĂšte. Le Washington Post avait Ă©crit Ă  la veille de la guerre dans un Ă©ditorial : « Nous sommes confrontĂ©s Ă  un Ă©trange destin. Le goĂ»t de l’empire rĂšgne sur chacun de nous comme le goĂ»t du sang rĂšgne dans la jungle[8]. Â»

DĂ©sormais, les AmĂ©ricains ne dĂ©siraient plus se contenter de ne s’occuper que de leurs affaires intĂ©rieures. Les États-Unis avaient Ă©tabli leur suprĂ©matie sur les CaraĂŻbes et Ă©tendu leur influence jusqu’aux rivages de l’Asie. Ils Ă©taient devenus une puissance mondiale par la manifestation de leur force et celle-ci allait dorĂ©navant affecter la politique internationale de toutes les grandes puissances. L'historien Howard Zinn Ă©crit : « DĂ©sormais, le goĂ»t de l'empire possĂ©dait aussi bien les politiciens que les milieux d'affaire Ă  travers tout le pays. Le racisme, le paternalisme, et les questions de profit se mĂȘlaient aux discours sur la destinĂ©e de la civilisation[9]. Â»

Notes et références

  1. ↑ (en) « No war with Spain. All indications point to peace. Â»
  2. ↑ Y.H. Nouailhat, Les États-Unis 1898-1933 : L'avĂšnement d'une puissance mondiale, Éditions Richelieu, 1973
  3. ↑ Lieutenant-Colonel Émile Bujac, PrĂ©cis de quelques campagnes contemporaines 1893-1901, H. Charles-Lavauzelle
  4. ↑ (en) « Remember the Maine, To Hell with Spain ! Â»
  5. ↑ Hakim, Joy. A History of US: Book Eight, An Age of Extremes. New York: Oxford University Press, 1994, p. 144 et 149.
  6. ↑ Jean-Michel Lacroix, Histoire des États-Unis, PUF, coll. « Quadrige Â», 2006, p. 337.
  7. ↑ Jean-Michel Lacroix, op. cit., p. 337-338.
  8. ↑ CitĂ© dans Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 Ă  nos jours, Agone, 2002, p. 343.
  9. ↑ Howard Zinn, op. cit., p. 359.

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