Guerre Des Malouines

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Guerre Des Malouines

Guerre des Malouines

Guerre des Malouines
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Informations générales
Date du 2 avril 1982 au 14 juin 1982
Lieu Îles Malouines, Géorgie du Sud et zone maritime environnante
Casus belli Occupation Argentine des √éles mentionn√©es ci-dessus
Changements territoriaux Retour au status quo ante bellum
Issue Victoire britannique
Belligérants
Flag of Argentina.svg Argentine Flag of the United Kingdom.svg Royaume-Uni
Commandants
Président Leopoldo Galtieri
Vice-Amiral Juan Lombardo
Général Ernesto Crespo
Général Mario Menéndez
Margaret Thatcher, Premier Ministre
Amiral Sir John Fieldhouse
Contre-Amiral Sandy Woodward
Général Jeremy Moore
Pertes
712 morts[1]
1 068 blessés
11 313 prisonniers
75 avions
25 hélicoptères
1 croiseur léger
1 sous-marin
2 navires garde-c√ītes
4 navires cargos
1 navire espion
258 morts[2]
777 blessés
106 prisonniers
10 avions Harrier
24 hélicoptères
2 destroyers
2 frégates
1 Barge de Débarquement de Chars
1 CDIC
1 porte-conteneurs

La guerre des Malouines (en anglais : Falklands War, en espagnol : Guerra de las Malvinas) est un conflit entre l'Argentine et le Royaume-Uni √† propos de la souverainet√© sur les √ģles Malouines entre avril et juin 1982. Bien que surpris par l'attaque argentine sur les √ģles, le Royaume-Uni r√©agit et chassa les troupes argentines. En Argentine, l'√©chec contribua √† la chute de la junte militaire et √† la restauration d'un r√©gime d√©mocratique.

Sommaire

Contexte historique

La propri√©t√© des √ģles a longtemps √©t√© disput√©e. Au XVIIIe si√®cle, la France fut la premi√®re √† les revendiquer, mais elle fut expuls√©e par l'Espagne qui les c√©da √† la Grande-Bretagne. Les √ģles demeur√®rent inoccup√©es de sorte que la souverainet√© britannique perdit son effectivit√©.

L'Argentine obtint son ind√©pendance de l'Espagne en 1816 et occupa les √ģles en 1820 avec une colonie p√©nitentiaire qui fut rapidement abandonn√©e. En 1833, le Royaume-Uni y √©tablit une colonie, mais l'Argentine maintint sa revendication territoriale.

Avec la transformation au milieu du XXe si√®cle de l'office colonial en celui du Commonwealth, les gouvernements britanniques voyaient cette opposition avec l'Argentine comme mineure et pouvant √™tre l'objet d'un compromis diplomatique, malgr√© le refus des 1 800 habitants d'origine britannique de devenir Argentins, invoquant l'article 73 de la Charte des Nations unies pour appuyer leur position. En 1965, sous l'effet de la r√©solution 2065 des Nations unies, les n√©gociations commenc√®rent ; mais, dix-sept ans plus tard, tr√®s peu de choses avaient chang√©.

L'Argentine devint une dictature militaire en 1976 et faisait face √† des probl√®mes √©conomiques graves et une quasi-guerre civile, avec une gu√©rilla de gauche, les Montoneros. Une victoire sanglante sur les gu√©rillas fut obtenue en 1981, mais l'√©conomie √©tait en ruine avec l'inflation annuelle √† 140 % quand le g√©n√©ral Galtieri parvint au pouvoir en 1981. Son arm√©e subissait un embargo sur les armes de la part des √Čtats-Unis depuis 1978.

La Royal Navy maintenait une présence militaire dans la zone sous la forme d'un petit groupe de quarante soldats des Royal Marines connu comme le groupe naval Naval Party 8901.

Vers la guerre

Les causes de la guerre

Les militaires argentins alors au pouvoir, qui √©taient confront√©s √† une grave crise √©conomique, voulaient redorer leur blason par un coup d'√©clat en s'emparant des √ģles Malouines en exaltant le nationalisme de leurs compatriotes.

Par ailleurs, les milieux g√©opolitiques de Buenos Aires avaient d√©velopp√© le concept d'une Argentine bicontinentale. Le continent Antarctique, dont les ressources en mati√®res premi√®res sont inestim√©es, devrait √™tre inclus dans le territoire argentin. La possession des √ģles Malouines serait donc la premi√®re √©tape pour faire des Antilles antarctiques (√ģles Malouines, √ģles de G√©orgie du Sud, les Orcades du Sud, les Sandwich du Sud, les Shetland du Sud) un trait d'union maritime avec des territoires que l'Argentine souhaiterait annexer en Antarctique. Le concept d'une Argentine bicontinentale ne repr√©sente pas seulement un r√™ve pour les milieux politiques argentins : il est pour beaucoup une mission qui doit √™tre accomplie un jour[3].

Déclenchement

La junte argentine tenta de d√©tourner l'attention port√©e par l'opinion publique sur l'√©conomie et le respect des droits de l'homme gr√Ęce aux effets esp√©r√©s d'une victoire nationale rapide dans les Malouines. Une pression fut exerc√©e sur l'Organisation des Nations unies (ONU) avec une menace subtile d'invasion : les Britanniques n'y firent pas attention et continu√®rent √† tergiverser[r√©f. n√©cessaire] (les positions britanniques ne se sont pas exprim√©es d'une mani√®re monolithique mais plut√īt en tenant compte d'int√©r√™ts sp√©ciaux et d'administrations diverses ; ce qui conduisit souvent les observateurs ext√©rieurs √† des erreurs d'appr√©ciation). Les Argentins interpr√©t√®rent la politique britannique comme un d√©sengagement[r√©f. n√©cessaire] en particulier si les √ģles √©taient envahies - un point de vue √©galement soutenu par le retrait planifi√© de la derni√®re unit√© de la Royal Navy en 1981 (dans le cadre d'une diminution g√©n√©rale de la flotte) et la loi sur la nationalit√© britannique de 1981 qui retirait la nationalit√© compl√®te aux r√©sidents des √éles Malouines.

Le plan d'invasion fut con√ßu par l'amiral Jorge Anaya, le chef passionn√©ment anti-britannique de la marine argentine. Apr√®s l'√©chec des n√©gociations en janvier 1982, les plans furent finalis√©s et l'invasion programm√©e pour avril. L'attaque fut pr√©c√©d√©e par l'occupation de l'√ģle de G√©orgie du Sud √† 1 390 km des Malouines, le 19 mars 1982, par un groupe de civils argentins patriotiques se faisant passer pour des ferrailleurs. Le navire de patrouille pour l'Antarctique de la Royal Navy re√ßut l'ordre d'√©vacuer les civils, le 25 mars, mais en fut emp√™ch√© par trois vaisseaux de guerre argentins et n'insista pas. Cependant, le 30 mars, malgr√© la preuve suppl√©mentaire[r√©f. n√©cessaire] que la marine argentine embarquait des troupes √† Puerto Belgrano, le comit√© commun de renseignement du Royaume-Uni pour l'Am√©rique latine d√©clara que l'¬ę invasion n'√©tait pas imminente. ¬Ľ

Relations diplomatiques

Depuis que les relations bilatérales formelles étaient interrompues, les diplomates péruviens à Londres représentaient les intérêts diplomatiques argentins auprès du gouvernement britannique et les diplomates suisses représentaient la couronne britannique auprès des autorités argentines.

Invasion argentine

Le gouverneur des √ģles Malouines Rex Hunt fut inform√© par le gouvernement britannique d'une invasion argentine possible le 31 mars. Le gouverneur fit venir les deux officiers sup√©rieurs des Royal Marines pour discuter des options de la d√©fense.

Le major Mike Norman fut charg√© du commandement g√©n√©ral des Marines en tant que doyen pendant que le major Gary Noott devint le conseiller militaire du gouverneur Hunt. La force totale comprenait 67 Marines, ce qui √©tait sup√©rieur √† ce dont ils auraient d√Ľ disposer en temps normal car la garnison √©tait sur le point d'√™tre relev√©e : les troupes arrivant et celles partant √©taient donc toutes sur l'√ģle en m√™me temps. Ce total fut r√©duit √† 55 quand 12 Marines embarqu√®rent √† bord du bateau de patrouille Endurance pour observer les soldats argentins bas√©s dans la G√©orgie du Sud. Enfin, la force fut appuy√©e par 23 volontaires √† temps partiel dispers√©s dans des points strat√©giques alors que les casernes de Moody Brook √©taient abandonn√©es.

Le 2 avril, le destroyer Santisima Trinidad s'arrêta à 500 mètres de la crique Mullet et débarqua 21 engins d'assaut argentins Gémini avec 92 commandos.

À 5 h 45, les Argentins avaient atteint leur premier objectif, les casernes Moody Brook et y lancèrent une attaque puissante, utilisant des armes lourdes et des grenades au phosphore. Elle prit fin quand les Argentins s'aperçurent que les casernes étaient abandonnées.

Les commandos reçurent du renfort pour aller à la maison du gouverneur. Le bruit de l'attaque alerta le major Norman qui se rendit sur les lieux. Réalisant que l'attaque venait de plusieurs directions, il ordonna à ses troupes de se grouper dans la demeure. Le lieutenant-commandant Giachino qui avait seize hommes sous ses ordres fut envoyé à l'assaut, entra dans l'annexe pour les serviteurs, croyant que c'était la porte arrière. Giachino avec quatre de ses soldats enfonça la porte. Trois Marines britanniques la protégeaient et Giachino fut blessé alors qu'il passait le seuil ainsi qu'un autre attaquant. Les trois autres se replièrent. Giachino était gravement blessé. Un médecin argentin tenta de l'aider mais fut atteint par une grenade. Les Britanniques lui demandèrent de se rendre, mais Giachino refusa - il succomba à l'hémorragie après la reddition des forces britanniques.

Presque simultanément à l'assaut de la maison du gouverneur se déroula une autre action. Plusieurs véhicules avaient été débarqués par des navires amphibies américains réformés et rachetés par l'Argentine, alors qu'une section des Marines commandée par le lieutenant Bill Trollope les observait. Brown toucha un blindé avec son lance-roquettes Carl Gustav. Les Argentins à l'intérieur ne furent pas blessés et quittèrent le véhicule. Les Argentins ouvrirent rapidement un feu nourri et la section retourna à l'abri de la maison.

Au QG, le major Norman reçut un rapport radio du caporal York posté à Port Stanley et chargé de surveiller les mouvements des navires argentins. Celui-ci suggéra un porte-aéronef et un croiseur comme cibles potentielles. Décidant de se replier, le caporal piégea son arme antichar et partit avec sa section dans son petit bateau vers le nord à travers Port Guillaume. Un destroyer le prit en chasse jusqu'à ce qu'il se réfugie près d'un navire de pêche polonais en attendant la nuit.

Un autre incident survint au QG quand les trois survivants argentins alertèrent par inadvertance le major Noot de leur présence alors qu'ils tentaient de quitter leur cachette. Le major tira vers le plafond et les Argentins se rendirent, devenant les premiers prisonniers du conflit.

Le matin du 3 avril, Rex Hunt et le major Norman, désormais assiégés dans la maison, décidèrent de capituler, mais la section du caporal York était encore libre. Le lendemain, cette section atteignit une hutte isolée et choisit de se rendre.

Les Royal Marine prisonniers le 2 avril 1982.
Patrouille argentine à Port Stanley le 2 avril 1982.

Apr√®s la reddition, les Royal Marines et les volontaires furent rassembl√©s dans les terrains de sport. Des photos furent prises, photos qui galvanis√®rent l'opinion publique britannique quand elle les vit. Ensuite, les hommes furent plac√©s dans un C-130 de transport qui les emmena en Uruguay, puis au Royaume-Uni. Un Marine pr√©dit √† un garde argentin : ¬ę Ne vous installez pas trop confortablement, nous allons revenir ¬Ľ. Ce qui fut fait 72 jours plus tard.

Les Argentins occup√®rent dans le m√™me temps aussi la G√©orgie du Sud et les √ģles Sandwich du Sud, mais alors qu'ils ne croyaient avoir √† faire qu'√† des scientifiques et en cons√©quence n'avaient envoy√© qu'un navire de transport escort√© d'un seul aviso de la classe d'Estienne d'Orves, ils tomb√®rent sur un d√©tachement de Royal Marines qui, avec leurs lance-roquettes, inflig√®rent de tels d√©g√Ęts √† l'aviso que celui-ci dut se mettre √† l'abri. Mais face au contingent argentin d√©barqu√©, les Britanniques durent s'incliner.

À Buenos Aires, de grandes foules agitant des drapeaux inondèrent la Plaza de Mayo en entendant les nouvelles. À Londres, le gouvernement était stupéfait.

Réaction britannique

Margaret Thatcher, alors premier ministre du Royaume-Uni, annonce son intention de répliquer. Elle invoque le droit international, qui commande de ne pas laisser une agression par une dictature impunie, le droit à la légitime défense, qui a lui seul suffit à justifier une réplique contre l'agression argentine, et les droits de l'homme, les habitants des Malouines étant des Britanniques ne souhaitant nullement être dirigés par un dictateur argentin.

Les Britanniques organisent rapidement une pression diplomatique √† l'encontre de l'Argentine tandis qu'ils constituent une armada autour des porte-a√©ronefs HMS Invincible et HMS Hermes. Bien que l'opinion publique au Royaume-Uni sout√ģnt l'intervention, la communaut√© internationale se montra plus divis√©e. Pour certains √Čtats, il s'agissait d'un conflit entre un pouvoir colonial et un √Čtat r√©gional. Toutefois, en raison de son caract√®re dictatorial, le r√©gime argentin peina √† obtenir un soutien. La crainte de voir leurs fronti√®res remises en cause groupa une majorit√© d'√Čtats aux Nations Unies en faveur du Royaume-Uni. Le 10 avril, la Communaut√© √©conomique europ√©enne vota des sanctions contre l'Argentine.

ManŇďuvre diplomatique

Alexander Haig, le Secr√©taire d'√Čtat des √Čtats-Unis, fit une navette diplomatique pour concilier Argentine et Royaume-Uni. Le gouvernement am√©ricain √©tait tr√®s divis√© sur la conduite √† adopter. Si les √Čtats-Unis √©taient li√©s militairement aux deux pays, le trait√© de l'Atlantique nord n'imposait pas aux Am√©ricains l'obligation d'aider les Britanniques dans l'Atlantique sud, et le pacte de Rio n'imposait pas aux Am√©ricains de soutenir les Argentins, qui √©taient les agresseurs. Si des membres du gouvernement pr√©f√©r√®rent soutenir le Royaume-Uni pour renforcer l'Otan, d'autres pr√©f√©r√®rent soutenir l'Argentine pour poursuivre l'effort anticommuniste en Am√©rique latine. Le repr√©sentant des √Čtats-Unis √† l'ONU, Jeane Kirkpatrick, soutint cette derni√®re approche.

Les Argentins rejet√®rent le projet am√©ricain de triple administration provisoire de l'√ģle (am√©ricaine, argentine, britannique). Fin avril, le pr√©sident Ronald Reagan attribua l'√©chec des n√©gociations aux Argentins, se d√©clara en faveur des Britanniques et ordonna des sanctions √©conomiques contre l'Argentine.

L'Union Soviétique proposa la fourniture de renseignements à l'Argentine.

La contribution am√©ricaine √† la Grande-Bretagne fut la fourniture de la plus r√©cente version L des missiles AIM-9 Sidewinder et de renseignements collect√©s par les satellites espions ainsi que la mise √† disposition de satellites de communications militaires [4]. En remerciement, Weinberger et Reagan furent faits Chevaliers d'honneur de l'Empire britannique par la Reine Elizabeth II.[r√©f. n√©cessaire]

Le président français François Mitterrand demanda à ses services secrets de renseigner les Britanniques sur les avions Mirage et les missiles Exocet fournis auparavant par la France à l'Argentine[5].

Préparation de la réplique britannique

√Ä cause de l'√©loignement entre les Malouines et le Royaume-Uni, les Britanniques devaient utiliser une force a√©ronavale autonome command√©e par le contre-amiral Sandy Woodward. Une seconde composante √©tait la force d'assaut amphibie sous les ordres du commodore M. C. Clapp embarqu√©e, entre autres, dans le bateau de croisi√®re r√©quisitionn√© Canberra. Les troupes terrestres d√©barqu√©es √©taient sous le commandement du Brigadier G√©n√©ral Julian Thompson (Commandant de la 3e Brigade Commando). Elles comprenaient principalement trois bataillons des Royal Marines (Commando) et deux bataillons Para. L'ensemble des forces √©tait sous la coordination de l'amiral John Fieldhouse. Pour √©viter de causer des victimes collat√©rales, une zone d'exclusion militaire de 320 km fut √©tablie autour des √ģles.

La France participa de mani√®re importante √† la pr√©paration britannique[6]. Des exercices eurent lieu au large de la Bretagne entre les deux arm√©es et des informations confidentielles furent transmises par la France sur la position et les caract√©ristiques des Super-Etendard et Exocet vendus √† l'Argentine. De plus, les forces britanniques purent faire escale √† Dakar gr√Ęce aux Fran√ßais.

Le prince Andrew d'York servit comme pilote d'hélicoptère sur l'Invincible.

Cette op√©ration re√ßut le nom de code Corporate. La presse la baptisa ¬ę l'Empire contre-attaque ¬Ľ[7].

La guerre

Le 2 avril, la marine argentine d√©barque plusieurs milliers d'hommes aux Malouines. La garnison de la Royal Marine oppose une r√©sistance courageuse mais inutile. Le gouverneur Rex Hunt demande aux marines de se rendre, ils seront conduits √† Montevideo avec le gouverneur britannique. L‚Äô√ģle passe sous administration militaire de l‚ÄôArgentine.

Le 3 avril, les premiers avions de transport britanniques arrivent √† l‚Äô√ģle d‚ÄôAscension. Le 5, le gros de la force d'intervention britannique (porte-avions et transporteurs de troupe), rassembl√©e et pr√©par√©e en moins de 5 jours, quitte Portsmouth pour l'Atlantique sud. Le 8, les destroyers Broadsword et Yarmouth quittent Gibraltar. Le 9, le Canberra quitte Southampton avec 2 000 hommes. Le 10, le premier groupe de destroyers (Antrim) arrive √† l‚Äô√ģle d'Ascension.

Mi-avril, l'escadre navale, soutenue par des bombardiers Vulcan et des ravitailleurs Victor, atteint l'√ģle d'Ascension.

La Géorgie du Sud

Le 26 mars, les leaders du gouvernement militaire argentin d√©cident l‚Äôinvasion de l‚Äô√ģle. L‚Äôop√©ration est baptis√©e ¬ę Operaci√≥n Rosario ¬Ľ, sous le commandement de l‚Äôamiral Jorge Anaya. Le 3 avril les troupes argentines prennent la G√©orgie du sud et les √ģles Sandwich.

Le 21 avril, le groupe de l'Antrim commence ses reconnaissances autour de la G√©orgie du sud. Le 25, les forces britanniques des SAS d√©barquent en G√©orgie du Sud dans le cadre de l'op√©ration Paraquat. Malgr√© une m√©t√©o difficile, l'√ģle fut reprise, le commandant argentin signa la reddition sans conditions de ses forces sans avoir tir√© un seul coup de feu. Le sous-marin argentin Santa Fe, attaqu√© par un h√©licopt√®re, fut abandonn√© par son √©quipage.

1er mai : Raids Black Buck

Un Bombardier Avro Vulcan en approche de l'√ģle de l'Ascension le 18 mai 1982.

Le 1er mai, les op√©rations contre les Malouines s'ouvrent avec les attaques de nuit par des Avro Vulcan de la Royal Air Force, bas√©s sur l'√ģle de l'Ascension, lors de l'op√©ration Black Buck 1 contre l'a√©roport de Port Stanley. Ces avions √† rayon d'action moyen devaient √™tre ravitaill√©s plusieurs fois et les ravitailleurs Victor devaient √™tre eux-m√™mes ravitaill√©s en vol, ce qui obligea √† un effort logistique important (11 Victor). Une seule bombe toucha l'objectif mais les Argentins, se rendant compte de leur vuln√©rabilit√©, d√©cid√®rent de maintenir leurs avions √† r√©action sur le continent. On consid√®re que cette mission fut un √©chec tactique mais une r√©ussite strat√©gique.

Le chasseur Sea Harrier

Quelques minutes apr√®s Black Buck, neuf Sea Harrier du Hermes poursuivirent le raid en l√Ęchant des chapelets de bombes sur Port Stanley et les terrains d'aviation √† Goose Green. Les deux missions d√©truisirent des avions au sol et firent quelques d√©g√Ęts sur les infrastructures des a√©roports. La Fuerza Aerea Argentina lan√ßa une attaque avec le Grupo 6, d√®s le d√©but des op√©rations de d√©barquement. Quatre de ces appareils furent d√©truits par les Sea Harriers tandis que les combats s'engag√®rent entre d'autres Harriers et les chasseurs Mirage III du Grupo 8. Chaque c√īt√© refusant de se battre √† la meilleure altitude de l'autre, les Mirages furent contraints de descendre. L'un des Mirages fut abattu et un autre, endommag√©, se dirigea vers Port Stanley o√Ļ les d√©fenseurs argentins, victimes de la confusion, l'abattirent.

Des forces spéciales britanniques SAS et SBS sont débarquées sur les Malouines pour des missions d'observation.

Article d√©taill√© : SAS dans la guerre des Malouines.

2 mai : Naufrage du Belgrano

Naufrage du Belgrano

Le 2 mai, le croiseur datant de la Seconde Guerre mondiale ARA General Belgrano fut coul√© par le sous-marin nucl√©aire d'attaque HMS Conqueror hors de la zone d'exclusion. 321 argentins p√©rirent. Le journal britannique The Sun titra ¬ę GOTCHA! ¬Ľ (¬ę On vous a eus ! ¬Ľ). Cette perte durcit l'attitude du gouvernement argentin. Elle devint aussi un pr√©texte pour la campagne des antiguerre qui affirmaient que le croiseur s'√©loignait de la zone d'exclusion. Cependant, selon les lois internationales, la direction d'un navire bellig√©rant n'a aucune importance, il peut √™tre coul√© aussi bien dans les eaux internationales que dans celles des pays en guerre.

En d√©pit des controverses, ce torpillage eut une importance strat√©gique : toute la flotte argentine, y compris les deux destroyers de support du Belgrano, se r√©fugia dans les ports et autour du porte-avions Veinticinco de Mayo, ce qui soustrayait une menace pour l'escadre britannique.

Le 3, deux hélicoptères Lynx du HMS Coventry et HMS Glasgow coulent deux patrouilleurs argentins.

4 mai : Exocet

Le couple Super-√Čtendard/missile Exocet fut employ√© de fa√ßon efficace par l'Argentine qui ne disposait que de 5 AM-39 lors du conflit.

Deux jours apr√®s le naufrage du Belgrano, le 4 mai, les Britanniques perdirent le destroyer du type 42 HMS Sheffield dans un incendie apr√®s le tir d'un missile Exocet (cette information et cette date sont contest√©es par les Argentins). Ce destroyer et deux autres √©taient en mission de couverture radar. Lorsque les navires furent d√©tect√©s par une patrouille argentine P-2 Neptune, deux Super-√Čtendards furent envoy√©s arm√©s d'un Exocet chacun. Ravitaill√©s par un C-130 peu de temps apr√®s le d√©collage, ils s'approch√®rent √† basse altitude, et l√Ęch√®rent les missiles √† une distance de 30 et 50 km. D'apr√®s les Britanniques, l'un rata le , mais l'autre toucha le Sheffield, entra√ģnant la mort de 22 marins britanniques. Il coulera le 10 mai lors de son remorquage pour la G√©orgie du Sud. Cependant, d'apr√®s le pilote de chasse Jean-Pierre Otelli, apr√®s l'attaque, aucun avion ne d√©colla de l'HMS Hermes, et quelques heures apr√®s, il est √©vacu√© de la zone des combats √† vitesse r√©duite, puis le lendemain, ses avions sont transf√©r√©s sur le HMS Invincible.[8]

Pendant qu'il combattait l'incendie, le Yarmouth subit l'attaque d'un sous-marin de la classe Guppy qui lui lança neuf torpilles. Aucune des torpilles Telefunken n'explosa, ce qui déclencha un litige avec l'Allemagne à la fin de la guerre. Néanmoins, les destroyers furent retirés de la zone de combat, laissant l'escadre principale avec moins de protection.

Les conditions météorologiques se dégradaient avec l'arrivée de la mauvaise saison.

Le 9 mai, le chalutier espion argentin Narwal est coulé. Les positions autour de Stanley sont bombardées par la marine et les Harrier.
Le 11, le b√Ętiment de ravitaillement argentin Isla de Los Estados est coul√© par le HMS Alacrity.
Le 12, le Queen Elisabeth 2 quitte Southampton avec la 5eme brigade d'infanterie à son bord, le contingent britannique en route pour les Malouines compte près de 10 000 hommes. Quatre Skyhawk argentins sont abattus en opération. Le HMS Glasgow est touché par une bombe qui n'explose pas.
Le 15, trois Skyhawk argentins sont abattus. Un raid des SAS sur Pebble Island se solde par la destruction au sol de 11 avions argentins.
Le 16, les bombardements des installations militaires autour de Stanley continuent, trois navires argentins sont touchés.
Le 20, un hélicoptère Sea King du HMS Invincible tombe près de Punta Arenas au Chili, les trois membres d'équipage seront rapatriés par la suite. Il est très probable que cette mission avait pour but de débarquer des membres des forces spéciales afin d'observer les mouvements d'avions des principales bases de l'aviation argentine.

21 mai : D√©barquement √† Port San Carlos

carte du débarquement

Au cours de la nuit du 21 mai, les Britanniques organis√®rent un d√©barquement amphibie de 4 000 hommes sur les plages sur la c√īte nord des Malouines, √† 100 km √† l‚Äôouest de Stanley, et s'assur√®rent de son contr√īle. 17 avions argentins et 4 h√©licopt√®res sont d√©truits. Le plan visait √† se rendre ma√ģtre de Darwin et Goose Green avant de se tourner vers Port Stanley.

23 mai. La tête de pont est consolidée, 5 000 hommes sont à terre. Un Harrier est perdu en mer. Les Argentins perdent 8 avions. 25 mai, les argentins perdent 5 avions. Le 27 mai, les 263 survivants du Sheffield arrivent en Grande Bretagne. Les installations à terre de San Carlos sont attaquées pour la première fois. Les Argentins perdent deux avions.

En mer, la faiblesse des défenses antiaériennes des navires fut démontrée dans le naufrage de la frégate le 21, le 23, qui coulera lors d'une tentative de désamorçage d'une bombe non-explosée, et le MV Atlantic Conveyor, coulé par un missile Exocet lors d'une attaque dirigé contre le groupe principal de la Task Force, avec une cargaison essentielle d'hélicoptères et de composants de piste le 25. Ce jour-là le , du même type que le Sheffield, est coulé par 3 bombes de 500kg alors qu'il était avec le . Les destroyers et le furent gravement endommagés. L'Antrim a deux bombes non-explosées à son bord.

Les Argentins perdirent plus de trente avions et h√©licopt√®res dans ces attaques. Des rapports apr√®s la guerre indiqu√®rent que les d√©g√Ęts auraient √©t√© bien plus importants pour les Britanniques si des commandos n'avaient pas d√©truit des avions au sol, le 15.

27 mai : Goose Green

Carte de la bataille de Goose Green
carte de Goose Green

Bien qu'inférieur en nombre (1 contre 3), les parachutistes approchèrent et attaquèrent Darwin et Goose Green les 27 et 28 mai, qui étaient tenus par le 12e régiment d'infanterie argentin. Après une dure bataille, la plus longue et la plus dure du conflit, dix-sept Britanniques et deux cents Argentins perdirent la vie, mille quatre cents de ces derniers furent prisonniers. La BBC annonça la victoire avant qu'elle ne soit effective.

Après avoir éliminé le danger de l'important contingent de Goose Green, les forces britanniques purent faire une percée vers l'est depuis la tête de pont de San Carlos, soit en marchant, soit transportées par hélicoptères. Le 31 mai, les troupes britanniques atteignent le Mont Kent à 20 Km de Stanley. L'aviation argentine perd encore deux Skyhawk lors d'attaques contre la flotte britannique.

Le 1er juin, avec l'arriv√©e de 5 000 soldats britanniques suppl√©mentaires de la cinqui√®me brigade du paquebot Queen Elisabeth 2, le nouveau commandant de division, le major g√©n√©ral JJ Moore RM, disposait d'assez de troupes pour lancer une offensive contre la garnison de Port Stanley. Le 5 juin, le 42e bataillon de commando de la Royal Marines occupe Mont Challenger. Un h√©licopt√®re britannique Gazelle est abattu par un tir ami.

Pendant ces pr√©paratifs, les attaques a√©riennes argentines continu√®rent, faisant 48 morts, y compris 32 gardes du pays de Galles √† bord des Sir Galahad et Sir Tristam le 8 juin √† Fitzroy. De nombreux soldats contraints de rester √† bord √† cause de la perte des h√©licopt√®res de l'Atlantic Conveyor furent victimes de br√Ľlures. Une barge de d√©barquement du HMS Fearless est attaqu√©e par 4 Skyhawk, 3 avions argentins sont abattus par une patrouille de Harrier. Le HMS Plymouth est endommag√© par une attaque a√©rienne. Un Sea Harrier est abattu pr√®s de Stanley.

Le 10 juin, une patrouille d'observation des SAS est attaquée lors de la seule action militaire sur West Malouines.

11 juin : Bataille pour Port Stanley

Prisonniers de guerre Argentin le 17 juin 1982.

Dans la nuit du 11 juin, après plusieurs jours de reconnaissance difficile et la mise en place de la logistique, les forces britanniques, appuyées par l'artillerie, lancèrent une brigade à l'offensive du Mont Longdon, défenseur des hauteurs de Port Stanley. Treize Britanniques furent tués quand le Glamorgan, qui fournissait un appui-feu, fut touché par un Exocet tiré depuis une remorque de camion dételée auparavant aménagée en batterie improvisée. Une habitation dans la banlieue de Stanley est touchée par les tirs britanniques, trois civils seront tués, les seuls de tout le conflit.

Au matin, les positions argentines étaient enlevées après plus de 24 heures parfois au corps à corps. La nuit du 13 juin, la seconde phase fut enclenchée pour reprendre Wireless Ridge et Mont Tumbledown, 9 Britanniques et 32 Argentins perdent la vie. Stanley est complètement encerclé.

Le 14 juin, le commandant de la garnison, Mario Menendez, offrit sa reddition avec 10 254 hommes. La souveraineté britannique est restaurée sur l'ensemble des territoires des Malouines. Le 18 juin, le Canberra et le Norland appareillent pour Puerto Madryn pour rapatrier les prisonniers argentins. Le 20 juin, la fin des hostilités est officiellement déclarée par les Anglais.

Cette guerre de 72 jours causa la mort de 255 Britanniques et 712 Argentins.

Analyse

Militaire

Militairement, la guerre des Malouines fut remarquable sous plusieurs aspects :

  • Elle justifia la d√©cision du Royaume-Uni de d√©velopper des avions √† d√©collage vertical Harrier et des porte-a√©ronefs.
  • La capacit√© logistique du Royaume-Uni fut utilis√©e au maximum et am√©lior√©e ult√©rieurement.
  • Elle souligna le r√īle des forces sp√©ciales qui d√©truisirent de nombreux avions et contribu√®rent au recueil de renseignements.
  • L'utilit√© des h√©licopt√®res fut d√©montr√©e, aussi bien au combat qu'en appui logistique.
  • En mer, certaines faiblesses des vaisseaux furent soulign√©es, comme l'utilisation du magn√©sium et du nylon qui pouvaient fondre et br√Ľler.
  • Les aptitudes du missile Exocet impressionn√®rent beaucoup de pays qui s'empress√®rent l'ann√©e suivante de passer de nombreuses commandes √† la France, ce qui contribua √† sa c√©l√©brit√© et √† son succ√®s commercial durable.
  • Ce fut l'occasion pour les Britanniques de tester de nouveaux mat√©riels mieux adapt√©s au grand froid (tenues chauffantes et chaussettes beaucoup plus l√©g√®res).

Politique

Monument aux morts argentins √† Ushua√Įa

L'issue de la guerre aurait pu √™tre diff√©rente si un porte-a√©ronefs avait √©t√© touch√© par un Exocet ou si les Argentins avaient attendu une ann√©e ou deux qu'ils soient retir√©s du service. Le ravitaillement d'une importante garnison co√Ľtait cher et il est probable que l'Argentine n'aurait pas pu garder ces √ģles une ann√©e de plus.

Cette guerre contribua à la popularité de Margaret Thatcher et aida à la victoire de son parti en 1983, même si plusieurs membres de son gouvernement donnèrent leur démission, y compris le secrétaire pour les Affaires extérieures Lord Carrington. On[Qui ?] a aussi dit qu'il y eut un regain de respect pour le Royaume-Uni, jusque-là perçu comme un pouvoir colonial décadent.

La défaite argentine précipita la chute du régime dictatorial et amorça une lente transition démocratique.

Culturelle

L'album The Final Cut du groupe Pink Floyd porte des charges directes contre cette guerre d√©nonc√©e comme brisant le r√™ve d'apr√®s-guerre de ne plus faire mourir des soldats britanniques dans une guerre bien que le Royaume-Uni e√Ľt d√©j√† particip√© √† plusieurs conflits depuis 1945.

Liens internes

Liens externes

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Notes et références

  1. ‚ÜĎ Pertes argentines de la guerre des Malouines Site web du minist√®re argentin de la d√©fense
  2. ‚ÜĎ Pertes britanniques de la guerre des Malouines Site web du minist√®re britannique de la d√©fense
  3. ‚ÜĎ Fran√ßois Thual : G√©opolitique de l'Am√©rique latine, 1996
  4. ‚ÜĎ Flottes de combat 1986
  5. ‚ÜĎ ¬ę Argentine. Le code ou la bombe. ¬Ľ, Marianne, 24/11/2005.
  6. ‚ÜĎ ISC - CFHM - IHCC
  7. ‚ÜĎ Charles Maisonneuve, Pierre Razoux, La Guerre des Malouines, chapitre 3 : ¬ę L'Empire contre-attaque ¬Ľ. √Čditions Lariviere, collection Docavia.
  8. ‚ÜĎ Tir√© du livre Pilotes dans la tourmente, page 349, √©crit pas Jean-Pierre Otelli, pilote de chasse.
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