Guerre De Trente Ans

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Guerre De Trente Ans

Guerre de Trente Ans

Guerre de Trente Ans
Schlacht am Weißen Berg C-K 063.jpg
Bataille de la Montagne Blanche
Informations générales
Date 1618 - 1648
Lieu Europe
Issue Traités de Westphalie
Belligérants
SuĂšde SuĂšde
Drapeau de BohĂȘme BohĂȘme
Danemark Danemark
Provinces-Unies Provinces-Unies
Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Land de Saxe Saxe
Écosse Ă‰cosse [rĂ©f. nĂ©cessaire]
Saint Empire romain germanique aprĂšs 1400 Saint-Empire
Empire colonial espagnol Empire espagnol
Flag Portugal (1640).svg Royaume du Portugal
Drapeau : Empire d'Autriche ArchiduchĂ© d'Autriche
BaviĂšre BaviĂšre
Commandants
Frédéric V
Gustave Adolphe †
Cardinal Richelieu
Christian IV
Jean-Georges Ier
Jean t'Serclaes
Albrecht von Wallenstein
Ferdinand II
Ferdinand III
Gaspar de GuzmĂĄn
Maximilien Ier
Guerre de Trente Ans
Batailles
Pilsen â€” Sablat â€” Montagne Blanche â€” Bataille du cap Saint-Vincent (1621) â€” Wiesloch â€” Wimpfen â€” Höchst â€” Fleurus â€” Stadtlohn â€” Dessau â€” Lutter â€” Magdebourg â€” Breitenfeld â€” Rain am Lech â€” LĂŒtzen â€” Nördlingen â€” Tornavento â€” Wittstock â€” Rheinfelden â€” Guetaria â€” Fontarrabie â€” Downs â€” Montjuic â€” MarfĂ©e â€” Honnecourt â€” Barcelone â€” 1er LĂ©rida â€” Leipzig â€” Rocroi â€” CathagĂšne â€” Tuttlinghem â€” Fribourg â€” Jankau â€” Alerheim â€” Orbetello â€” Mardyck â€” Dunkerque â€” 2e LĂ©rida â€” Cavite â€” 3 e LĂ©rida â€” Zusmarshausen â€” Lens â€” Valenciennes

La guerre de Trente Ans est une suite de conflits armĂ©s qui ont dĂ©chirĂ© l’Europe de 1618 Ă  1648.

Les combats se dĂ©roulĂšrent initialement et principalement dans les territoires d’Europe centrale dĂ©pendant du Saint-Empire romain germanique, mais impliquĂšrent la plupart des puissances europĂ©ennes, Ă  l’exception notable de l’Angleterre et de la Russie. Dans la seconde partie de la pĂ©riode, les combats se portĂšrent aussi en France, aux Pays-Bas, en Italie du nord, au Portugal, en Catalogne, etc. Pendant ces trente annĂ©es, la guerre changea progressivement de nature et d’objet : commencĂ©e en tant que conflit religieux, elle se termina en lutte politique entre la France et la Maison d’Autriche.

Sommaire

Les origines du conflit

La défenestration de Prague

Ses origines sont multiples, mĂȘme si la premiĂšre est l’opposition religieuse et politique entre catholiques et protestants luthĂ©riens ou calvinistes. D’autres ressorts : tentations hĂ©gĂ©moniques ou d’indĂ©pendance, rivalitĂ©s commerciales, ambitions personnelles, jalousies familiales y trouvent leur exutoire[1].

La dĂ©fenestration de Prague, Ă©pisode relativement anodin, est la cause immĂ©diate du conflit, mais la disproportion est grande entre l’étincelle initiale et la gravitĂ© et la durĂ©e du conflit – celles-ci ne peuvent se comprendre que par l'existence de causes profondes qui atteignent leur paroxysme pendant la mĂȘme pĂ©riode.

Catholiques contre protestants

Martin Luther

À la suite de la prĂ©dication de Martin Luther, la RĂ©forme se rĂ©pand rapidement. De nombreuses principautĂ©s allemandes adoptent le protestantisme ce qui divise l'Empire en deux camps opposĂ©s. La Contre-RĂ©forme, dirigĂ©e par la maison de Habsbourg a pour ambition de regagner au catholicisme le terrain perdu[2].

La paix d'Augsbourg (1555) confirme les conclusions de la premiĂšre diĂšte de Spire et met fin aux combats entre catholiques et luthĂ©riens dans les États allemands. Elle stipule que :

  • les princes allemands (pour environ 360 d'entre eux) sont libres de choisir la confession (catholique ou luthĂ©rienne) de leurs territoires, selon leur conviction (« Cujus regio, ejus religio Â») ;
  • les luthĂ©riens qui habitent dans des principautĂ©s ecclĂ©siastiques (dĂ©pendant d'un Ă©vĂȘque) peuvent conserver leur foi ;
  • les luthĂ©riens peuvent conserver les territoires conquis sur les catholiques depuis la paix de Passau en 1552 ;
  • les dignitaires de l'Église catholique (Ă©vĂȘques et archevĂȘques) qui se sont convertis au luthĂ©ranisme doivent abandonner leurs domaines (Ă©vĂȘchĂ©s et archevĂȘchĂ©s).

Les tensions politiques et Ă©conomiques s'accroissent entre les puissances europĂ©ennes au dĂ©but du XVIIe siĂšcle. L'Espagne s'intĂ©resse aux affaires allemandes car Philippe III d'Espagne est un Habsbourg et possĂšde des territoires bordant Ă  l'ouest certains États allemands. Les deux branches de la famille des Habsbourg restent si Ă©troitement liĂ©es que leur politique extĂ©rieure est commune. Le roi d'Espagne en est le chef vĂ©ritable.

La France s'intĂ©resse aussi aux affaires allemandes, car elle surveille avec mĂ©fiance son encerclement par les territoires soumis aux Habsbourg. Son action est ambiguĂ« et louvoyante, car le cardinal de Richelieu n'hĂ©site pas Ă  soutenir ou Ă  s'allier aux princes protestants pour contrer la maison d'Autriche, champion du catholicisme et de la chrĂ©tientĂ© contre les Turcs pendant le mĂȘme temps qu'il combat les protestants en France. La SuĂšde et le Danemark s'intĂ©ressent aussi aux affaires de l'Allemagne du nord, dont les rivages bordent la mer Baltique, pour des raisons plutĂŽt Ă©conomiques mais non dĂ©nuĂ©es d'arriĂšre-pensĂ©es politiques.

Les tensions religieuses se sont Ă©galement accrues pendant la seconde moitiĂ© du XVIe siĂšcle. La paix d'Augsbourg est mise Ă  mal pendant cette pĂ©riode car des Ă©vĂȘques convertis n'ont pas renoncĂ© Ă  leurs Ă©vĂȘchĂ©s. Par ailleurs, le calvinisme se propage en Allemagne, ce qui ajoute une nouvelle confession[2]. Les catholiques d'Europe orientale (Polonais, Autrichiens) souhaitent restaurer la primautĂ© de la confession catholique[3].

Pour les Habsbourg : conserver l’hĂ©gĂ©monie

L'empereur Rodolphe II
L'empereur Mathias

Les empereurs Rodolphe II puis Matthias Ier veulent avant tout accroĂźtre leur hĂ©gĂ©monie, ils sont donc parfois prĂȘts Ă  coopĂ©rer avec les protestants, ce qui est mal compris par leurs partisans. La lutte entre la maison d’Autriche et la royautĂ© française pour la suprĂ©matie en Europe dure depuis cent ans : le terrain est propice pour qu’elle s’y dĂ©ploie sans mĂ©nagement.

Les Habsbourg sont en outre trĂšs tolĂ©rants, ce qui favorise l’expansion des nouvelles religions, contribuant ainsi Ă  multiplier les causes de querelles. La SuĂšde et le Danemark, qui veulent contrĂŽler l’Allemagne du Nord, sont dans le camp des luthĂ©riens.

Tout ceci dĂ©gĂ©nĂšre en violence ouverte en 1606 dans la petite ville allemande de Donauwörth. La majoritĂ© luthĂ©rienne empĂȘche la communautĂ© catholique de faire une procession[4], ce qui dĂ©clenche une rixe. À la demande des catholiques, le duc Maximilien Ier de BaviĂšre intervient et impose le retour de la ville au catholicisme. AprĂšs ces combats, les calvinistes, encore peu nombreux en Allemagne, se sentent les plus menacĂ©s, et fondent la Ligue de l’Union ÉvangĂ©lique sous la direction de l’électeur FrĂ©dĂ©ric V du Palatinat, Ă©poux d’Elizabeth Stuart, fille de Jacques Ier d’Angleterre[5]. Sa possession du Palatinat RhĂ©nan est prĂ©cisĂ©ment l’un des territoires de la vallĂ©e du Rhin que convoite l’Espagne, pour pouvoir y faire passer librement ses troupes du Milanais vers les Pays-Bas. En rĂ©action, les catholiques s’unissent en 1609, sous la direction de Maximilien de BaviĂšre et sous la banniĂšre de la Sainte Ligue (catholique)[5].

Un conflit indĂ©pendant, la guerre de Quatre-Vingts Ans entre l’Espagne et les Provinces-Unies, contribue Ă  faire converger vers les pays allemands les armĂ©es espagnoles, alliĂ©es de l’Empire. En effet, l’Espagne ne dispose plus, depuis la dĂ©route de l’Invincible Armada, de la suprĂ©matie sur les mers. Le passage des troupes par la voie maritime (OcĂ©an Atlantique, Manche, Mer du Nord) Ă©tant trop risquĂ©, le moyen le plus sĂ»r pour faire passer les troupes espagnoles de la pĂ©ninsule ibĂ©rique vers le lieu des affrontements aux Pays-Bas est une route passant par la MĂ©diterranĂ©e, GĂȘnes, le Milanais, les cols alpins de la Valteline[6] et la vallĂ©e du Rhin. Le jeu des alliances focalise sur ces diffĂ©rentes contrĂ©es l’affrontement entre les puissances rivales.

L’empereur Matthias Ier, Ă©galement roi de BohĂȘme, est sans descendance : se pose donc le problĂšme de sa succession et de la conservation du titre impĂ©rial aux Habsbourg. Matthias souhaite que celui-ci revienne Ă  son cousin germain Ferdinand de Styrie. Or, le roi de BohĂȘme (titre Ă©lectif en droit, mais habituellement dĂ©volu Ă  un Habsbourg) est un des sept princes-Ă©lecteurs : Matthias abandonne le titre de roi de BohĂȘme en 1617 et Ferdinand de Habsbourg lui succĂšde, avec la perspective de pouvoir ainsi accĂ©der Ă  la dignitĂ© impĂ©riale Ă  la mort de Matthias[7]. Les TchĂšques ont obtenu de Rodolphe II, par une lettre de majestĂ© de 1609, des prĂ©rogatives leur assurant une certaine autonomie et des garanties concernant la libertĂ© religieuse.

Ferdinand II

Or, Ferdinand II, catholique zĂ©lĂ© qui a Ă©tĂ© Ă©duquĂ© chez les JĂ©suites, veut voir revenir la BohĂȘme dans le giron de l’Église catholique. Des incidents survenus entre l’archevĂȘque de Prague et les luthĂ©riens amĂšnent le Conseil des DĂ©fenseurs de la Foi Ă  convoquer une diĂšte. Le roi s’y oppose par une lettre[8].

La défenestration de Prague

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©fenestration de Prague.

Le 23 mai 1618 au palais de Hradschin Ă  Prague, les DĂ©fenseurs de la Foi rencontrent deux Ă©missaires de Ferdinand II, Martinitz et Slawata : ceux-ci sont passĂ©s par la fenĂȘtre sans ĂȘtre sĂ©rieusement blessĂ©s car ils tombent sur un tas d’ordures[9]. Cet Ă©vĂšnement mineur, appelĂ© : la DĂ©fenestration de Prague, marque le dĂ©but de la Guerre de Trente Ans. La rĂ©volte de la BohĂȘme est soutenue et accompagnĂ©e avec plus ou moins de conviction par les États voisins de Moravie, SilĂ©sie et Lusace.

Frédéric V

Le 20 mars 1619, l’empereur Matthias meurt. MĂ©contents de leur nouveau roi, les TchĂšques dĂ©posent Ferdinand II le 19 aoĂ»t et Ă©lisent Ă  sa place l’électeur palatin (et ardent calviniste) FrĂ©dĂ©ric V, le 26 aoĂ»t[10], alors que l’élection impĂ©riale se tient Ă  Francfort le 28 aoĂ»t. Un roi protestant Ă  la tĂȘte de la BohĂȘme signifie une majoritĂ© d’électeurs du Saint-Empire acquis au protestantisme (Brandebourg, Saxe, Palatinat et BohĂȘme contre les trois princes-Ă©vĂȘques de Cologne, Mayence et TrĂšves), ce qui serait un bouleversement considĂ©rable.

Les nouvelles de BohĂȘme ne sont pas parvenues Ă  Francfort et Ferdinand II est Ă©lu Empereur : s’appuyant sur la Sainte Ligue et sur son cousin Philippe III d'Espagne, Ferdinand II se met en devoir de mater la rĂ©volte tchĂšque et d’éliminer son rival FrĂ©dĂ©ric V. De fait, ce dernier va trĂšs vite mĂ©contenter ses sujets du fait de sa mĂ©connaissance du pays et son calvinisme intransigeant[10]. Le dĂ©cor est en place pour le dĂ©marrage de la conflagration.

Une guerre familiale

Il est intĂ©ressant de noter les Ă©troites parentĂ©s de ces souverains rĂ©gnants qui s’affrontent si longuement :

Financement de la guerre

Les misĂšres de la guerre, gravure de Jacques Callot

Les dĂ©gĂąts causĂ©s par les combats et la circulation incessante des troupes armĂ©es en campagne ou en dĂ©bandade sont considĂ©rables, parfois inouĂŻs. Les armĂ©es comprennent une majoritĂ© de mercenaires dont la paye n’est pas rĂ©guliĂšrement assurĂ©e sur les budgets des États qui les emploient. Ainsi les soldats, mal payĂ©s, payĂ©s avec retard ou pas payĂ©s du tout sont amenĂ©s Ă  se payer par eux-mĂȘmes sur les populations civiles, qu’elles soient « ennemies Â» ou de leur propre bord. D’ailleurs Wallenstein dĂ©veloppe au plus haut point (s’il ne l'inventa pas) le principe selon lequel « la guerre doit financer la guerre Â» c’est-Ă -dire que l’exploitation Ă©conomique des pays conquis doit ĂȘtre la ressource principale de l’armĂ©e en campagne, quitte Ă  demander Ă  des financiers des avances sur le tribut Ă  percevoir. Des fortunes colossales sont ainsi amassĂ©es sur le malheur des populations par des hommes sans scrupule tels que Wallenstein lui-mĂȘme, Liechtenstein ou Hans de Witte.

Les exactions sont nombreuses : tortures, massacres en masse d’innocents, viols, assassinats, etc. Des Ă©pisodes comme ceux du sac de Magdebourg, ou les atrocitĂ©s commises au Palatinat, en Franche-ComtĂ© (par exemple) marquent les esprits pour des dĂ©cennies et restent dans la mĂ©moire collective pendant plus d’un siĂšcle, alimentant en chaĂźne le cycle infernal des reprĂ©sailles et de la vengeance. Certaines rĂ©gions de l’Allemagne ou de la France actuelles sortent de cet interminable conflit ruinĂ©es, dĂ©vastĂ©es, dĂ©peuplĂ©es pour de longues annĂ©es.

Les traitĂ©s qui suivent la guerre de Trente Ans redessinent la carte de l’Europe en instaurant un nouvel Ă©quilibre des forces, consacrant le dĂ©clin de l’Espagne, l’affaiblissement durable de la Maison d’Autriche, l’affirmation de la puissance de la SuĂšde et de la France, l’extrĂȘme morcellement politique de l’Allemagne, l’émergence de nouvelles nations (Pays-Bas, Suisse[rĂ©f. nĂ©cessaire]).

Les quatre périodes de la guerre

Carte de la guerre de Trente Ans

On analyse traditionnellement la guerre de Trente Ans en quatre périodes successives correspondant chacune à un élargissement de l'ensemble des protagonistes[13]. Chacune des trois premiÚres périodes se termine en effet par un succÚs du camp impérial et catholique qui détermine un nouvel acteur à entrer en lice pour voler au secours du camp protestant.

Ces pĂ©riodes sont :

  1. la pĂ©riode bohĂ©mienne et palatine, de 1618 Ă  1625 ;
  2. la pĂ©riode danoise de 1625 Ă  1629 ;
  3. la pĂ©riode suĂ©doise de 1630 Ă  1635 ;
  4. la période française ou franco-suédoise de 1635 à 1648.

La période bohémienne et palatine (1618-1625)

Maximilien Ier, Électeur et duc de BaviĂšre et sa seconde Ă©pouse, Marie-Anne d’Autriche

Les Habsbourg ont pour alliĂ©s la papautĂ©, leur cousin Philippe III d'Espagne, Maximilien Ier de BaviĂšre et sa Ligue catholique dont les armĂ©es sont commandĂ©es par Jean t' Serclaes, comte de Tilly[5]. Les Électeurs ecclĂ©siastiques (princes-archevĂȘques de Mayence, de Cologne et de TrĂšves, chefs temporels autant sinon plus que spirituels) font partie de la Ligue catholique (l’archevĂȘque de Cologne est mĂȘme le propre frĂšre de Maximilien). Pourtant, l’archevĂȘque de TrĂšves va plus tard, par ses intrigues et sa politique francophile, provoquer l’entrĂ©e en guerre de la France.

Le prince-Ă©lecteur Jean-Georges Ier de Saxe est dans un premier temps du cĂŽtĂ© de l’Empereur, bien que protestant : il espĂšre des gains territoriaux et, de toute façon, voit d’un mauvais Ɠil l’accroissement de puissance d’un de ses collĂšgues Électeurs — car, Ă©lu roi de BohĂȘme, l’Électeur Palatin dispose de deux voix sur les sept du collĂšge Ă©lectoral instituĂ© par la Bulle d'Or. Ce prince est par la suite un alliĂ© plus que versatile[14].

Le Palatin et les protestants comptent sur l’appui du prince (protestant) de Transylvanie Gabriel Bethlen et sur l’aide financiĂšre des Provinces-Unies (celles-ci sont liĂ©es par la trĂȘve de douze ans conclue avec l'Espagne en 1609, qui va bientĂŽt se terminer)[15]. Mais il ne peut bĂ©nĂ©ficier de celui de son beau-pĂšre, Jacques Ier d’Angleterre dont la politique incohĂ©rente cherche Ă  ce moment l’alliance avec l’Espagne[16]. De fait, FrĂ©dĂ©ric V, prince jeune, manquant d’expĂ©rience et de la stature politique qu'exige sa situation, va bien vite Ă©prouver le manque de motivation, de constance et/ou de courage de tous ceux qui pourraient lui apporter leur appui.

Le duc de BaviĂšre (catholique) et l’Électeur palatin (calviniste) sont tous deux de la famille des Wittelsbach, le premier issu de la branche aĂźnĂ©e et le second issu d'une branche cadette qui a reçu la dignitĂ© Ă©lectorale au XIVe siĂšcle : l’opposition religieuse se double d’une longue jalousie familiale. En fait, Maximilien, qui aurait pu Ă  un moment postuler Ă  l’Empire, a obtenu de Ferdinand II, pour prix de son soutien, entre autres promesses celle de reprendre la dignitĂ© Ă©lectorale.

Tilly, portrait par Van Dyck

Les premiers combats ont lieu dÚs le mois de septembre 1618 avec le siÚge de Pilsen par les protestants allemands commandés par le comte Ernst von Mansfeld; puis en août 1619, les Bohémiens conduits par le comte de Thurn battent une armée impériale et menacent Vienne, mais cet avantage est momentané[17].

En Valteline (nord de l'Italie), les catholiques se rĂ©voltent contre la tutelle des Grisons (protestants), cela aboutit, dans toute la rĂ©gion, au massacre des protestants en juillet 1620 : "Sacro Macello".

Louis XIII de France souhaite aider l’Empereur. MalgrĂ© la rivalitĂ© des deux familles, ils ont en commun l’idĂ©al monarchique, le dĂ©sir de conforter le catholicisme contre les protestants et les Turcs, toujours menaçants Ă  l’est. La France offre sa mĂ©diation, concrĂ©tisĂ©e Ă  Ulm en juillet 1620 par une trĂȘve entre catholiques et luthĂ©riens : la BohĂȘme calviniste n’est donc pas concernĂ©e, et les armĂ©es catholiques peuvent l’attaquer librement : Tilly et Bucquoy Ă©crasent les rĂ©voltĂ©s de BohĂȘme Ă  la bataille de la Montagne Blanche (Bila Hora) prĂšs de Prague le 8 novembre 1620. Leur dĂ©route est complĂšte et la reprise en main de la BohĂȘme trĂšs Ă©nergique[18].

FrĂ©dĂ©ric V est vaincu, 1 an et 4 jours aprĂšs le dĂ©but de son rĂšgne : il reste pour la postĂ©ritĂ© le Roi d’un hiver. Il est mis au ban de l’Empire, ses territoires sont confisquĂ©s et il doit s'exiler en Hollande. Il est plus tard dĂ©chu de son titre d’Électeur au profit de Maximilien de BaviĂšre. Celui-ci reçoit en outre une partie du Palatinat[19].

En BohĂȘme, les responsables de la rĂ©volte sont condamnĂ©s Ă  mort, la Lettre de majestĂ© de Rodolphe II est rĂ©voquĂ©e[20], une intense campagne de restauration du catholicisme et de germanisation est entreprise. La couronne Ă©lective devient hĂ©rĂ©ditaire au profit des Habsbourg et le siĂšge de la Cour est transfĂ©rĂ© Ă  Vienne[21].

Campagnes de Tilly et principales batailles 1619-1623

Les Espagnols commandĂ©s par Spinola occupent le Palatinat qui leur servira d'Ă©tape stratĂ©gique importante entre leurs domaines du Milanais oĂč stationnent leurs troupes et les Provinces-Unies[22]. À la mort de Philippe III en 1621, son fils Philippe IV, qui n’a que seize ans prend pour conseiller le comte-duc d’Olivares, catholique trĂšs zĂ©lĂ© ; celui-ci, vĂ©ritable responsable des affaires, est partisan convaincu d’une collaboration Ă©troite avec les Habsbourg d’Autriche[23].

Ernst von Mansfeld

De nombreux princes protestants estiment que l’empereur a outrepassĂ© ses droits ; c’est une cause majeure de la poursuite et de l’extension du conflit. Trois princes, Ă  la tĂȘte de troupes de mercenaires, restent en armes : le comte Ernst von Mansfeld, le plus redoutable, retourne vers les rives du Rhin avec 20 000 hommes ; les deux autres, Christian de Brunswick et Georg Friedrich de Bade-Durlach ont chacun 15 000 hommes. Ces troupes d’aventuriers sont autant, sinon plus, motivĂ©es par l’appĂąt du gain et les perspectives de pillage que par leur conviction religieuse[24]. Tilly se porte vers les rĂ©gions rhĂ©nanes pendant les annĂ©es 1621-1622, et les affronte ensemble ou tour Ă  tour au cours de plusieurs batailles (Ă  Wiesloch, victoire protestante[25], Ă  Wimpfen, Ă  Höchst — victoires de la Ligue alliĂ©e aux Espagnols de Spinola) sans rĂ©sultat dĂ©finitif[26]. Toutefois, lors de la bataille dĂ©cisive de Stadtlohn le 6 aoĂ»t 1623, Tilly met en dĂ©route complĂšte l’armĂ©e de Christian de Brunswick : les forces catholiques contrĂŽlent le sud et l’ouest de l’Allemagne mais ces combats sont accompagnĂ©s de destructions, de pillages et d’exactions trĂšs importants par les armĂ©es en campagne[27]. La France voit avec dĂ©pit le dĂ©sĂ©quilibre qui s’instaure au profit du parti des Habsbourg[28].

La période danoise (1625-1629)

Christian IV

En 1625, Christian IV de Danemark se dĂ©cide Ă  intervenir dans le conflit. Ce monarque luthĂ©rien, Ă©galement duc de Holstein et comme tel, vassal de l’empereur veut Ă  la fois dĂ©fendre le luthĂ©ranisme et, si possible, Ă©tendre ses possessions en Allemagne du Nord[22]. La France, sollicitĂ©e, mais en proie Ă  des difficultĂ©s intĂ©rieures se limite Ă  accorder une aide financiĂšre[29]. Les troupes danoises sont commandĂ©es par Ernst von Mansfeld. Elles trouvent sur leur route, non seulement les armĂ©es de la Sainte Ligue dirigĂ©es par Tilly, mais aussi une armĂ©e impĂ©riale nouvellement levĂ©e et placĂ©e sous le commandement d’Albrecht von Wallenstein, le plus grand condottiere de son temps, homme d’intrigue autant — sinon plus — que militaire de talent[30].

Les Danois et leurs alliĂ©s allemands sont dĂ©faits tour Ă  tour par Wallenstein le 25 avril 1626 Ă  Dessau (pour les Allemands)[31],[32] et par Tilly le 27 aoĂ»t Ă  Lutter (pour les Danois)[33]. Wallenstein livre bataille et vainc Gabriel Bethlen Ă  NeuhĂ€usel en Hongrie. Puis les armĂ©es catholiques, Ă  nouveau rĂ©unies, traversent le Holstein, pĂ©nĂštrent au Jutland : pour sauver son royaume, Christian IV est contraint de signer la paix de LĂŒbeck le 12 mai 1629, par laquelle le Danemark s’engage Ă  ne plus intervenir dans les affaires de l’Empire[34]. C’en est fini de ce pays en tant que grande puissance europĂ©enne. Les forces catholiques dominent l’Allemagne du nord, malgrĂ© l’échec de Wallenstein devant la ville hansĂ©atique de Stralsund (les princes catholiques, inquiets de la domination de Wallenstein, s’opposent Ă  ce que Tilly le rejoigne). Wallenstein s’est lui-mĂȘme toujours abstenu de trop aider Tilly lorsqu’il en a eu la possibilitĂ© : alors que ce dernier est toujours motivĂ© par sa fidĂ©litĂ© Ă  ses convictions et Ă  son camp, Wallenstein est principalement mĂ» par l’ambition personnelle.

DĂ©barrassĂ© du danger danois, l’Empereur peut envoyer ses troupes en Italie du nord pour appuyer les Espagnols qui combattent les troupes françaises envoyĂ©es par Richelieu dans la guerre de Succession de Mantoue et du Montferrat.

Albrecht von Wallenstein

L’empereur rĂ©compense richement Wallenstein en ajoutant Ă  ses possessions en BohĂȘme de nouveaux territoires en SilĂ©sie et dans le Mecklembourg et en le nommant amiral de la Baltique[34] : vĂ©ritable maĂźtre de l’Allemagne du nord, il devient un « presque souverain Â», d'oĂč la jalousie des princes de la ligue catholique. Par ailleurs, la France agit en sous-main pour les convaincre qu’ils ont intĂ©rĂȘt Ă  limiter les pouvoirs de l’empereur. À la diĂšte de Ratisbonne en aoĂ»t 1630, ils imposent Ă  Ferdinand II de relever Wallenstein de son commandement. Celui-ci se retire dans ses domaines de BohĂȘme et Tilly le remplace Ă  la tĂȘte des troupes impĂ©riales. Les effectifs des armĂ©es catholiques sont diminuĂ©s[35].

Par ailleurs, l’Édit de restitution du 6 mars 1629 pris par Ferdinand II exige le retour Ă  l’Église catholique de tous les biens perdus par elle depuis 1552 et Tilly est chargĂ© de son application. Il y gagne auprĂšs des protestants une rĂ©putation dĂ©testable, largement outranciĂšre car lui-mĂȘme fait ce qu’il peut pour limiter les exactions de ses troupes[36].

La période suédoise (1630-1635)

Gustave II Adolphe

La diplomatie de la France s’exerce aussi auprĂšs du roi (luthĂ©rien) de SuĂšde Gustave II. La SuĂšde, puissance montante de la Baltique qui vient de vaincre la Pologne, a des vues sur la PomĂ©ranie et voit dĂ©favorablement la puissance catholique s’installer en Allemagne du Nord[37]. Par le traitĂ© de BĂ€rwald le 23 janvier 1631, Gustave Adolphe s’engage Ă  intervenir en Allemagne et la France Ă  lui verser 400 000 Ă©cus par an. Les SuĂ©dois doivent respecter le culte catholique et l’indĂ©pendance de la BaviĂšre. DĂšs la fin du mois, ils mettent pied en PomĂ©ranie et au Mecklembourg. Un traitĂ© secret est par ailleurs conclu entre la France et la BaviĂšre pour se garantir mutuellement leurs possessions sur le Rhin[38].

Gustave-Adolphe débarque en Allemagne

Gustave Adolphe est un gĂ©nie militaire[39]. Il commence par Ă©viter le combat contre l’armĂ©e de Tilly, afin de lui ĂŽter l’initiative. Celui-ci, probablement pour forcer son adversaire au combat, investit la ville protestante de Magdebourg oĂč se tient une garnison suĂ©doise. RavagĂ©e par l’incendie et mise Ă  sac (voir sac de Magdebourg) sans que les circonstances soient complĂštement Ă©claircies, la ville est rĂ©duite en ruines[40] : Tilly se retire vers la Thuringe, ravage la Saxe (qui se rallie alors aux SuĂ©dois) et affronte Gustave Adolphe le 17 septembre Ă  Breitenfeld[41],[42]. L’armĂ©e impĂ©riale est Ă©crasĂ©e. Gustave Adolphe poursuit son avancĂ©e vers le sud, combattant Ă  plusieurs reprises l’armĂ©e impĂ©riale reconstituĂ©e. Les pays sillonnĂ©s sont dĂ©vastĂ©s, les SuĂ©dois atteignant la Franconie, l’Alsace, la Lorraine et en particulier les Trois-ÉvĂȘchĂ©s, les pays rhĂ©nans, se dirigeant vers Munich.

Ferdinand II ne peut que rappeler Wallenstein[41]. Celui-ci accepte de recruter et diriger une nouvelle armĂ©e mais Ă  des conditions exorbitantes qui le font discuter Ă  Ă©galitĂ© avec l’empereur[43]. Les armĂ©es catholiques ne font pas leur jonction : pendant que Wallenstein chasse les Saxons de BohĂȘme, Tilly affronte une nouvelle fois les SuĂ©dois Ă  Rain am Lech[44] le 15 avril 1632 : il y est griĂšvement blessĂ© et ses troupes sont vaincues. Lui-mĂȘme, aprĂšs avoir organisĂ© la dĂ©fense de Ratisbonne et d’Ingolstadt, meurt dans cette derniĂšre ville.

Wallenstein s'installe dans le camp fortifiĂ© de Zirndorf non loin de la ville de Nuremberg occupĂ©e par les SuĂ©dois. Ceux-ci assiĂ©gĂ©s tentent vainement de le dĂ©loger[45] et subissent leur premiĂšre dĂ©faite majeure du conflit en attaquant vainement ses positions d'Alte Veste le 3 septembre 1632. Ils sont contraints d'abandonner Nuremberg tandis que Wallenstein prend l'offensive, s'empare de Leipzig et menace les liaisons des SuĂ©dois avec la Baltique. Les adversaires se rencontrent Ă  la bataille de LĂŒtzen le 16 novembre 1632[46]. Gustave Adolphe est tuĂ© au cours de l’affrontement, mais les SuĂ©dois remportent nĂ©anmoins la victoire sous le commandement repris par Bernard de Saxe-Weimar. La mort de Gustave Adolphe dĂ©sorganise quelque peu le commandement de l’armĂ©e suĂ©doise[47].

L’assassinat de Wallenstein

L'héritiÚre du royaume, Christine de SuÚde ùgée de six ans, laisse gouverner le régent Axel Oxenstierna qui poursuit la politique allemande de Gustave Adolphe[47].

De son cĂŽtĂ©, Wallenstein n’exploite pas l’avantage qu’il aurait pu tirer de la nouvelle situation et commence Ă  travailler pour son propre compte, nĂ©gociant avec les ennemis de l’empereur (SuĂšde, France, Ă©lecteurs de Saxe et de Brandebourg) dans le but de se constituer son propre royaume. Ferdinand II, convaincu de sa trahison, le relĂšve secrĂštement de ses fonctions et le fait assassiner le 25 fĂ©vrier 1634 avec l’aide de certains de ses officiers, notamment Gallas et Piccolomini[48].

Les catholiques peuvent alors reprendre l’avantage, menĂ©s par l'archiduc Ferdinand, (futur Ferdinand III) avec les gĂ©nĂ©raux de Wallenstein (Ottavio Piccolomini et Matthias Gallas) ralliĂ©s Ă  l’empereur ; ils battent les protestants Ă  Ratisbonne le 26 juillet puis, avec l’aide des Espagnols sous le commandement de l’autre Ferdinand (fils de Philippe III d'Espagne, cousin du prĂ©cĂ©dent), le Cardinal-Infant en route vers les Pays-Bas, Ă  Nördlingen le 6 septembre 1634[49].

La période française (1635-1648)

Armand Jean du Plessis, duc de Richelieu, par Philippe de Champaigne

Depuis le dĂ©but de la guerre, la France s’est toujours soigneusement tenue Ă  l’écart des combats, tout en appuyant les opposants Ă  l’empereur et au roi d’Espagne par sa diplomatie et ses subsides. Ses seules implications directes se sont exercĂ©es dans des zones pĂ©riphĂ©riques :

Cette politique n’est pas sans contradictions car Richelieu, cardinal de l’Église catholique et adversaire impitoyable des forces protestantes Ă  l’intĂ©rieur du royaume, est l’alliĂ© des protestants Ă©trangers contre les Habsbourg, champions du catholicisme. Les considĂ©rations religieuses s'opposent donc aux considĂ©rations politiques et Ă  la volontĂ© de contenir la puissance des Habsbourg. Or ceux-ci finissent par l’emporter sur leurs divers adversaires. Pour maintenir l’équilibre dĂ©sirĂ©, la France n’a plus d’autre solution que de s’engager directement dans le conflit. Cet engagement est prĂ©cĂ©dĂ© d’une intense activitĂ© diplomatique et de la nĂ©gociation de multiples traitĂ©s avec les ennemis de l’empereur et du roi d’Espagne (ce dernier est d’ailleurs, plus que l’empereur, le principal adversaire). Avec les Hollandais est notamment prĂ©vu le partage des Pays-Bas espagnols (grosso modo l'actuelle Belgique, la Flandre française, le Hainaut français, le CambrĂ©sis et l'Artois).

Les SuĂ©dois ont subi un revers mais, contrairement aux Danois quelques annĂ©es plus tĂŽt, ils ne sont pas anĂ©antis. Leur intervention en Allemagne va en fait se perpĂ©tuer jusqu’à la fin de la guerre, sous des gĂ©nĂ©raux de valeur tels que Johan BanĂ©r ou Lennart Torstenson. Les ImpĂ©riaux ne seront par consĂ©quent jamais libres de se retourner complĂštement contre la France. Au contraire, les armĂ©es française et suĂ©doise vont souvent se coordonner, ou tenter de se rejoindre pour forcer l’ennemi commun.

Intervention française (1635)

Bernard de Saxe-Weimar

Par prĂ©caution, les Espagnols occupent Philippsburg, Spire, Landau et enfin TrĂšves dont l’archevĂȘque Philipp Christoph von Sötern, l’un des Princes-Electeurs, s’est mis sous la protection de la France[52] : Richelieu prend ce prĂ©texte pour dĂ©clarer, le 19 mai 1635, la guerre Ă  l’Espagne[53], adversaire le plus direct des intĂ©rĂȘts français[54]. Les armĂ©es françaises, fortes de 120 000 hommes, vont intervenir dans quatre secteurs dont trois principaux :

Les combats se portent vers les Pays-Bas oĂč ChĂątillon et BrĂ©zĂ© vainquent les Espagnols Ă  la bataille d'Avein[56] le 20 mai 1635 avant de se joindre au prince d’Orange FrĂ©dĂ©ric-Henri. Mais des atermoiements franco-hollandais permettent aux Espagnols de recevoir des renforts et de sauver leurs possessions.[rĂ©f. nĂ©cessaire] C’est Ă  ce mĂȘme moment qu'est nĂ©gociĂ©e la Paix de Prague entre l’Empereur et plusieurs princes protestants dont l’Electeur de Saxe : les armĂ©es impĂ©riales commandĂ©es par Piccolomini peuvent alors se retourner vers les Pays-Bas. Sur le Rhin, les impĂ©riaux commandĂ©s par Matthias Gallas, alliĂ©s aux troupes de Charles de Lorraine font Ă©quilibre aux troupes de la France et de Bernard de Saxe-Weimar. En Italie, l’invasion du Milanais ne peut se faire du fait de l’alliance peu fiable du duc de Savoie et malgrĂ© les succĂšs des troupes stationnĂ©es en Valteline[57].

Avantage aux Impériaux (1636)

Ferdinand, le Cardinal-Infant

La campagne de 1636 est trĂšs difficile pour la France. Les opĂ©rations en Italie piĂ©tinent[58], de mĂȘme que celles d’Alsace ; une opĂ©ration menĂ©e en Franche-ComtĂ© contre Dole se solde par un Ă©chec[59] et Gallas envahit la Bourgogne avant d'Ă©chouer au siĂšge de Saint-Jean-de-Losne et de devoir repasser le Rhin Ă  l'arrivĂ©e de renforts ; dans le nord les Espagnols et leurs alliĂ©s, sous le commandement d’Ottavio Piccolomini, de Jean de Werth et du Cardinal-Infant, gagnent du terrain, prenant finalement Corbie (sur la Somme) le 15 aoĂ»t[60]. Paris est donc directement menacĂ©, mais Louis XIII parvient Ă  reprendre Corbie le 14 novembre[61]. Pourtant au Sud, l'Espagne s'est emparĂ©e de Saint-Jean-de-Luz et menace le Sud-Ouest[62].

Le 4 octobre, le gĂ©nĂ©ral suĂ©dois Johan BanĂ©r dĂ©fait les ImpĂ©riaux Ă  Wittstock, ce qui contribue Ă  allĂ©ger les difficultĂ©s françaises en relançant le camp protestant[62]. Ferdinand II va bientĂŽt mourir. Son fils et successeur Ferdinand III appelle les troupes de Gallas qui rejettent les SuĂ©dois en PomĂ©ranie. C’est la fin de la supĂ©rioritĂ© suĂ©doise incontestĂ©e en Allemagne.

Confusion et statu quo (1637-1638)

Les hostilitĂ©s en 1637 et 1638 sont marquĂ©es par la confusion, et un relatif statu quo. Les faits les plus marquants sont en 1637 la mort des ducs de Mantoue et de Savoie[63], et le dĂ©but de rĂ©gence difficile de la duchesse de Savoie, Christine, la sƓur de Louis XIII, en butte aux intrigues de ses beaux-frĂšres, Thomas et Maurice, alliĂ©s aux Espagnols. En 1638 ce sont la dĂ©faite française Ă  Fontarrabie (au Pays basque) le 7 septembre et la destruction d’une flotte espagnole le 22 aoĂ»t[64] ainsi que la prise de Brisach, clef de l’Alsace et de la Souabe par Bernard de Saxe-Weimar le 19 dĂ©cembre[65]. À cette mĂȘme Ă©poque, Mazarin devient l’homme de confiance de Richelieu qui vient de perdre son « Ă©minence grise Â», le PĂšre Joseph.

CĂŽtĂ© français, sur le front nord, la stratĂ©gie consiste Ă  capitaliser sur la victoire de Corbie en repoussant toujours plus au nord la "ligne de front" tout en la cloisonnant. Ainsi, la reconquĂȘte du chĂąteau de Bohain, et les prises de Landrecies le 26 juillet 1636, de Maubeuge et de La Capelle respectivement les 5 aoĂ»t 1636 et 28 septembre 1636[66] sĂ©curisent ThiĂ©rache et Vermandois des coups de force de dĂ©tachements de cavalerie croate impĂ©riale qui sĂ©vissent en Picardie, Ă  partir de 1636, depuis les collines d'Artois et le Hainaut[67].

Les impériaux sur la défensive (1640-1642)

Sur ordre du roi, au début du printemps 1638, l'armée française regroupe ses forces à Saint-Quentin. L'objectif de la campagne est alors de parvenir à placer la Picardie occidentale à couvert aprÚs la protection réussie de son flanc oriental en 1637. Le maréchal de Chùtillon prévoit de s'introduire en territoire ennemi avec pour objectif de s'emparer de la place de Saint-Omer[68] tandis que le maréchal de La Force et sa troupe font diversion en feignant de marcher sur Cambrai via Le Catelet[69].
De ChĂątillon arrive le 26 mai 1638 devant Saint-Omer qui, renforcĂ©e, lui oppose une rĂ©sistance farouche. Louis XIII ordonne alors Ă  de La Force de lever le camp de devant le Catelet[70] et d'aller appuyer sur le champ Le marĂ©chal de ChĂątillon afin d'assurer la logistique de son armĂ©e au cas oĂč les Espagnols dĂ©cidaient de marcher sur Saint-Omer. Tel fĂ»t effectivement le cas et aprĂšs plusieurs manƓuvres successives de part et d'autre, le prince Thomas de Savoie-Carignan, ayant renforcĂ©e la garnison du chĂąteau de Ruminghem, contre attaque et prend l'armĂ©e du marquis de La Meilleraye de vitesse. Il s'empare d'une redoute stratĂ©gique positionnĂ©e Ă  proximitĂ© de Ardres. Le 8 juillet, l'armĂ©e du comte Piccolomini et la cavalerie du comte de Nassau[71] arrivent pour soutenir le prince Thomas. De La Force engage la bataille Ă  Zouafques pour profiter de l'effet de surprise et du terrain. Son armĂ©e repousse les forces espagnoles dans des marĂ©cages. Le lieutenant-gĂ©nĂ©ral Colloredo est tuĂ© ainsi que deux milles cavaliers. Mais, la contre-attaque du prince Thomas sur des positions françaises assiĂ©geant Saint-Omer prive de La Force de victoire. Ce dernier doit se retirer pour assister de ChĂątillon devant la ville et l'aider Ă  lever, le 15 juillet 1638, un siĂšge dĂ©sormais mal engagĂ©[72]. Les garnisons françaises prennent quartier Ă  Nielles Ă  partir du 17 juillet afin de protĂ©ger, comme prĂ©vu, le flanc occidental de la Picardie.
AprĂšs un dĂ©but d'annĂ©e 1639 sans importance au plan des opĂ©rations militaires — si ce n’est la mort de Bernard de Saxe-Weimar dont l’armĂ©e passe sous les ordres du comte de GuĂ©briant —, l'armĂ©e française, plus puissamment armĂ©e, aprĂšs son Ă©chec devant Saint-Omer, repasse Ă  l'offensive sur le front nord et prend successivement Hesdin le 29 juin 1639[73] et Arras (siĂšge d'Arras), le 9 aoĂ»t 1640. Le 18 septembre 1640, dans la foulĂ©e de cette importante victoire, Mazarin, commanditĂ© par Richelieu, retourne le prince Thomas de Savoie en lui proposant par traitĂ© de se placer sous la protection de la France. Durant le printemps 1641 et jusqu'en septembre 1641, d'autres place fortes espagnoles, telles que Aire-sur-la-Lys, Lens, Bapaume et La BassĂ©e, tombent. Le royaume de France contrĂŽle dĂ©sormais de nouveau l'Artois.

Sur le front oriental les hostilitĂ©s sont moins intenses. BanĂ©r et de GuĂ©briant lance en 1640 une nouvelle attaque contre les ImpĂ©riaux rapidement mise en Ă©chec par Piccolomini. BanĂ©r meurt l’annĂ©e suivante. Cette mĂȘme annĂ©e, le sort des armĂ©es en Italie du nord fait rentrer les États de Savoie dans la dĂ©pendance de la France[74]. De plus, deux couronnes dĂ©pendant de la Maison d'Autriche secouent le joug : le Portugal appelle au trĂŽne Jean de Bragance, de la maison d’Aviz[75] et la Catalogne reconnaĂźt Louis XIII comme comte de Barcelone et de Roussillon le 23 janvier 1641. La France envoie une armĂ©e, commandĂ©e par Lamothe pour prendre possession de la nouvelle province[76]. Plusieurs places sont prises et le siĂšge est mis devant Tarragone que bloque aussi la flotte française commandĂ©e par l’archevĂȘque de Sourdis. Les Espagnols la battent et les Français doivent lever le siĂšge.

Des tractations commencent dĂšs 1641 pour ouvrir des nĂ©gociations de paix, que tous les belligĂ©rants commencent Ă  appeler de leurs vƓux. Cet espoir ne doit se concrĂ©tiser que plusieurs annĂ©es aprĂšs, alors que les combats se continuent toujours, malgrĂ© la lassitude gĂ©nĂ©rale[77].

La France renoue avec le succĂšs en Italie (victoire d’IvrĂ©e, prise de Coni) et en Allemagne oĂč le comte de GuĂ©briant bat Piccolomini Ă  WolfenbĂŒttel le 25 juin 1641 et Lamboy et Mercy Ă  Kempen le 17 janvier 1642 et oĂč le gĂ©nĂ©ral suĂ©dois Lennart Torstenson remporte sur les ImpĂ©riaux la bataille de Leipzig, aussi connue comme la seconde bataille de Breitenfeld le 23 octobre 1642. Cette mĂȘme annĂ©e, le marĂ©chal de Lamothe est forcĂ© d'Ă©vacuer la Catalogne malgrĂ© son succĂšs du 7 octobre sur les Espagnols de Leganez Ă  la bataille de LĂ©rida[78].

ProgrÚs français (1642-1643)

Le Grand Condé

Richelieu veut forcer l’Espagne en la menaçant directement. Au printemps, lui-mĂȘme et Louis XIII bien que tous deux malades partent avec une armĂ©e pour conquĂ©rir le Roussillon. Richelieu doit s’arrĂȘter mais le roi engage le siĂšge de Perpignan, qui est prise le 9 septembre[79]. Au mois de juin une armĂ©e française a battu les deux beaux-frĂšres de Christine de Savoie. Le 4 dĂ©cembre 1642 meurt Richelieu ; Louis XIII le suit dans la tombe le 14 mai 1643, laissant la rĂ©gence Ă  une Ă©pouse peu aimĂ©e, Anne d’Autriche qui est flanquĂ©e d’un conseil de rĂ©gence composĂ© entre autres de Mazarin et de Pierre SĂ©guier.

Turenne

Profitant de ces circonstances, les Espagnols s’avancent en Champagne. Ils y sont sĂ©vĂšrement dĂ©faits Ă  la cĂ©lĂšbre bataille de Rocroi le 18 mai 1643, par un gĂ©nĂ©ral de 22 ans, Louis de Bourbon, duc d'Enghien, surnommĂ© plus tard « le grand CondĂ© Â»[80] . Celui-ci s’empare plus tard de Thionville[81]. D’autres succĂšs français se font en Italie, en Espagne, y compris sur mer, oĂč la flotte française est maĂźtresse de la MĂ©diterranĂ©e et s'illustre lors de la bataille navale de CarthagĂšne. Ces succĂšs sont contrebalancĂ©s par des revers en Allemagne (Rantzau battu Ă  la bataille de Tuttlingen), Ă  la faveur desquels le commandement du comte de GuĂ©briant passe au marĂ©chal de Turenne[82]. OpposĂ© aux impĂ©riaux de Mercy, il est rejoint par le duc d’Enghien et les Français prennent Fribourg (3 aoĂ»t 1644), bientĂŽt reperdue, puis se rendent maĂźtres de la vallĂ©e du Rhin[83].

Paroxysme et fin de la guerre (1645-1648)

Le duc d'Enghien Ă  la bataille de Rocroi

Les principaux Ă©vĂ©nements de 1645 se dĂ©roulent en Allemagne. Torstenson continue ses campagnes victorieuses (BohĂȘme, SilĂ©sie, Moravie), s’approchant de Vienne. Turenne veut le rejoindre, dans des conditions difficiles, liĂ©es Ă  l'indiscipline de ses soldats et Mercy en profite pour lui infliger la dĂ©faite de Mergentheim. Rejoint par le duc d’Enghien, il rencontre les ImpĂ©riaux Ă  la seconde bataille de Nördlingen, le 3 aoĂ»t, oĂč Mercy est tuĂ©. Mais Torstenson ne peut forcer Vienne, doit se retirer en BohĂȘme pendant que les Français Ă©vacuent leurs Ă©phĂ©mĂšres conquĂȘtes, en les dĂ©vastant systĂ©matiquement[84].

Les campagnes de 1646 et 1647 voient Ă  nouveau des opĂ©rations tour Ă  tour favorables Ă  chacun des camps, en Italie du nord et dans les Pays-Bas. Les Français commandĂ©s par le duc d’Enghien s’emparent de plusieurs villes de Flandres, mais aprĂšs la prise de Dunkerque, les Hollandais font une trĂȘve avec les Espagnols (laquelle trĂȘve se termine par une paix dĂ©finitive) et ces derniers peuvent reprendre pied. En juillet 1947, le frĂšre de l'empereur, l'archiduc LĂ©opold gouverneur gĂ©nĂ©ral des Pays-Bas espagnols, reprend la place forte de Landrecies conquise 11 annĂ©es auparavant[85].

Bataille de Lens

Cela se passe moins bien pour les Français en Catalogne : le comte d'Harcourt doit abandonner le siĂšge de LĂ©rida en 1646. Afin d'Ă©loigner le vainqueur de Dunkerque dont les ambitions deviennent gĂȘnantes, Mazarin nomme le duc d’Enghien, par ailleurs devenu prince de CondĂ© depuis la mort de son pĂšre, vice-roi de Catalogne avec la charge de reprendre le siĂšge de LĂ©rida. Il Ă©choue dans cette tĂąche[86] et la Catalogne est perdue pour la France, dĂ©finitivement[87].

Bien que les champs de bataille d’Allemagne soient considĂ©rĂ©s par la France comme thĂ©Ăątre d’opĂ©rations d’importance secondaire, c’est lĂ  que Turenne lui offre les plus grandes victoires des derniers temps de la guerre. Il reprend son projet de rejoindre les SuĂ©dois pour se diriger vers Vienne, impose un traitĂ© Ă  Maximilien de BaviĂšre mais reçoit l’ordre de revenir sur le Rhin. Le duc de BaviĂšre rompt le traitĂ©. L’annĂ©e suivante, Turenne revient en Souabe puis en BaviĂšre, rejoint le SuĂ©dois Wrangel, inflige aux impĂ©riaux la dĂ©faite de Zusmarshausen (17 mai 1648) et chasse Maximilien de BaviĂšre de Munich avant de devoir se retirer[88].

La derniĂšre grande bataille de la guerre est celle de Lens (19 aoĂ»t 1648) : CondĂ© y dĂ©fait si sĂ©vĂšrement les Espagnols que cette bataille oblige Ferdinand III[89] Ă  accepter les formalitĂ©s de paix dont les nĂ©gociations durent depuis cinq ans[90].

Les traités de Westphalie

Banquet de la garde civique d'Amsterdam Ă  l'occasion de la paix de MĂŒnster par Bartholomeus van der Helst, peint en 1648

Les traitĂ©s de Westphalie concluent la guerre de Trente Ans et, simultanĂ©ment, la guerre de Quatre-Vingts Ans le 24 octobre 1648. NĂ©gociĂ©s pendant plusieurs annĂ©es, ils sont signĂ©s en deux lieux distincts, pour des raisons de prĂ©sĂ©ance et d’incompatibilitĂ© religieuse :

  • Ă  OsnabrĂŒck entre le Saint-Empire, la SuĂšde et les puissances protestantes ;
  • Ă  MĂŒnster entre l’Empire, la France et les autres puissances catholiques[91].

La guerre entre la France et l’Espagne n’est pas incluse dans leurs dispositions.

Les traitĂ©s de Westphalie Ă©noncent et initient la nĂ©cessitĂ© d'un Ă©quilibre politique "opĂ©rant par et dans la pluralitĂ© des États"[92]. En ce sens, ces accords rĂ©vĂšlent la fin d'un ordre et l'Ă©tablissement progressif puis la domination d'un nouveau. Ce nouvel ordre met fin Ă  l'idĂ©e d'une paix terrestre perpĂ©tuelle administrĂ©e par "un Empire [europĂ©en] des derniers jours"[93] renvoyant Ă  l'idĂ©e d'une autoritĂ© pastorale[94]. DĂ©sormais, les principes d'administration des hommes se baseront de plus en plus sur le prima de la raison d'État. Ces traitĂ©s apparaissent donc comme un pivot temporel, seuil de passage d'un ordre autoritaire de type pastoral vers celui de l'Ă©tablissement progressif d'une gouvernementalitĂ© fondĂ©e sur une rationalitĂ© politique privilĂ©giant l'Ă©conomie politique de l'État souverain, ce dernier lui-mĂȘme fondement du droit international moderne et contemporain.

Autres traités

  • TraitĂ© de Vic (Vic-sur-Seille ) signĂ© le 6 janvier 1632 entre le duc de Lorraine Charles IV et Louis XIII.
  • TraitĂ© de Liverdun : 26 juin 1632. Nancy - capitale du duchĂ© de Lorraine - Ă©tant menacĂ©e directement par les Français, le duc de Lorraine doit signer de nouveau un traitĂ© avec Louis XIII de France. Ce dernier rend les principales places occupĂ©es mais le duc doit cĂ©der au roi, pour quatre ans, les villes de Stenay, Dun-sur-Meuse, Jametz et Clermont - cette ville sera donnĂ©e dĂ©finitivement Ă  la France en Ă©change d'une indemnitĂ©. D'autre part, Charles IV de Lorraine promet de rendre hommage au roi pour le duchĂ© de Bar d'ici Ă  un an[95].
  • TraitĂ© de Charmes : il est signĂ© le 19 septembre 1633, entre Richelieu et Charles IV dans la maison du Chaldron, dite maison des Loups, propriĂ©tĂ© du duc de Lorraine ; l'armĂ©e ducale cĂšde la ville de Nancy Ă  l’armĂ©e française cinq jours aprĂšs. Le 25 septembre, le roi lui-mĂȘme s'installe dans la ville ducale, nommant un gouverneur : le baron de Brassac (Jean de Galard de BĂ©arn, nĂ© en 1580, comte de Brassac, baron de Saint-Maurice et de la Rochebeaucourt). Celui-ci s'Ă©tablit au Palais du gouverneur le 1er octobre 1633.
  • TraitĂ© des PyrĂ©nĂ©es entre l'Espagne et la France, 7 novembre 1659.
  • TraitĂ© de Vincennes entre la France et la Lorraine, 1661.
  • TrĂȘve d'Andrusovo entre la Pologne et la Russie en 1667.

Les conséquences du conflit

La chapelle de Moncourt, seul vestige d'un village détruit.

La guerre de Trente Ans a ravagé pour de longues années toutes les régions, principalement en Allemagne, qu'ont traversées en tous sens les armées venues de toutes parts. Les populations sont décimées, par les armes, les exactions de la soldatesque, les dégùts innombrables, les disettes qui s'ensuivent, les épidémies[96].

Certaines provinces, se dĂ©peuplent de maniĂšre dramatique par suite de la mort ou de la fuite des habitants vers des contrĂ©es moins exposĂ©es. Des historiens estiment que certaines rĂ©gions perdent jusqu'Ă  la moitiĂ© de leur population (Saxe, Hesse, Alsace, Franche-ComtĂ©) ou mĂȘme les deux tiers tel le Palatinat[97]. Les traitĂ©s de paix sont signĂ©s dans un pays en ruine et qui mettra des dizaines d'annĂ©es Ă  se relever. Les autres belligĂ©rants (SuĂšde, France, Espagne) sont financiĂšrement exsangues.

Cette guerre modifie de plus profondĂ©ment l'Ă©quilibre des forces politiques europĂ©ennes :

  • le Danemark perd dĂ©finitivement son statut de grande puissance ;
  • la SuĂšde devient maĂźtresse de la Baltique et assure sa suprĂ©matie en Europe du Nord : elle gagne la PomĂ©ranie occidentale, les villes de Wismar et Stettin, le Mecklembourg, les Ă©vĂȘchĂ©s de BrĂȘme et Verden qui lui assurent le contrĂŽle des embouchures de l'Elbe et de la Weser ;
  • le Brandebourg acquiert la PomĂ©ranie orientale et les archevĂȘchĂ©s de Magdeburg et Halberstadt : la future puissance prussienne est en germe dans la montĂ©e en puissance de cet État du nord de l'Allemagne.
  • la Saxe conserve la Lusace ;
  • la BohĂȘme demeure domaine hĂ©rĂ©ditaire des Habsbourg ;
  • la BaviĂšre conserve le Haut-Palatinat et la dignitĂ© Ă©lectorale ;
  • le Bas-Palatinat est restituĂ© Ă  Charles Louis, le fils de FrĂ©dĂ©ric V, et un 8e siĂšge Ă©lectoral est crĂ©Ă© en sa faveur ;
  • la Haute-Autriche revient aux Habsbourg ;
  • l'Empire est Ă©clatĂ© en une multitude de petits États pratiquement indĂ©pendants : son titulaire ne dispose plus que d'une autoritĂ© trĂšs rĂ©duite pendant que les Turcs menacent ses frontiĂšres orientales. En outre, son affaiblissement ouvre la porte Ă  l'avĂšnement d'Ă©tats modernes, prĂ©ludes aux droits des peuples Ă  disposer d'eux-mĂȘmes, et donc Ă  l'avĂšnement des dĂ©mocraties modernes;
  • les Pays-Bas et la Suisse gagnent leur indĂ©pendance de droit ;
  • la France est la grande gagnante : son hĂ©gĂ©monie pourra bientĂŽt s’affirmer sous Louis XIV. Elle bĂ©nĂ©ficie de plusieurs gains territoriaux sur ses frontiĂšres : les Trois-ÉvĂȘchĂ©s, officiellement rattachĂ©s, ainsi que Brisach et Philippsburg, l’Alsace et Strasbourg (en 1681), la forteresse de Pignerol, l’Artois et le Roussillon.
  • l’Espagne entame un dĂ©clin prolongĂ© qu’accroĂźtront les difficultĂ©s dynastiques.

Des pays qui sont restĂ©s Ă  l’écart et se sont « Ă©conomisĂ©s Â» pourront aussi entrer bientĂŽt en lice : l’Angleterre et la Russie.

Bilans du conflit

Sur le plan culturel

La Guerre de Trente ans a inspirĂ© des Ɠuvres Ă  des artistes qui ont vĂ©cu cette Ă©poque :

et d'autres artistes de l'Ă©poque contemporaine :

Sur le plan démographique

Sur le plan Ă©conomique

Sur le plan militaire

Liste des principaux acteurs

Matthias Gallas
Johan Banér
Lennart Torstenson

Sources

Les ouvrages utilisĂ©s pour sourcer cet article ont Ă©tĂ© les suivants :

  • Georges PagĂšs, La guerre de trente ans, 1939, rĂ©Ă©dition Payot, 1991,
  • Georges Livet, La Guerre de Trente Ans, collection « Que sais-je ? Â», PUF, 1994, (ISBN 2130459889),
  • Henry Bogdan, La Guerre de Trente Ans, Perrin, 12 septembre 1999 (ISBN 2262010692),
  • Henri Sacchi, La Guerre de Trente Ans, Éditions L'Harmattan, 2003, (ISBN 2-7475-2300-4), (ISBN 2-74752301-2), (ISBN 2-7475-2302-0),
  • Yves Krumenacker, La Guerre de Trente Ans, Ellipses, 2008. (ISBN 9782729839529),
  • Jean Chagniot, Guerre et sociĂ©tĂ© Ă  l'Ă©poque moderne, PUF, 2001, (ISBN 2130515460),
  • Geoffrey Parker, La RĂ©volution militaire, la guerre et l'essor de l'Occident 1500-1800, Gallimard, 1993, (ISBN 2070726576),
  • Jean-Pierre Bois, Les Guerres en Europe 1494-1792, Belin, 2003, (ISBN 2701136989).

Bibliographie

  • (fr) Louis de Haynin, Un discours des guerres de BohĂȘme depuis l'arrivĂ©e des Vallons, jusque aprĂšs la mort dĂ©plorable de ce vaillant, prudent et gĂ©nĂ©reux chef de guerre comte de Busquoy, Douai Ă©dition 1621 [98]
  • (fr) Louis de Haynin, Petit Mercure Vallon des guerres de Savoie et de BohĂȘme, Ă©dition 1622 [98]
  • (fr) Louis de Haynin, Histoire gĂ©nĂ©rale des guerres de Savoie, de BohĂȘme, du Palatinat et des Pays-Bas 1616-1627, Ă©dition 1628 [98]
  • (en) C.V. Wedgwood, The Thirty Years War, London, Jonathan Cape, 1938, rĂ©-Ă©dition London, Pimlico, 1992.
  • (fr) Georges PagĂšs, La guerre de trente ans, 1939, rĂ©Ă©dition Payot, 1991.
  • (en) Geoffrey Parker, The Thirty Years' War, London, ed. Routledge and Kegan Paul, 1984, 340 p. (Traduction française : La guerre de Trente ans, Pairs, Aubier-Montaigne, coll. historique, 1987, 468 p.) NB :ouvrage classique
  • (fr) Victor L. TapiĂ©, La Guerre de Trente Ans, Paris, Sedes, coll. Les cours de Sorbonne, 1989, 452 p. NB : ouvrage classique, qui continue Ă  faire rĂ©fĂ©rence.
  • (de) Johannes Burkhardt, Der DreißigjĂ€hrige Krieg, Frankfurt/Main, 1992
  • (de) N. M. Sutherland, « The Origins of the Thirty Years War and the Structure of European Politics Â», in English Historical Review 107 (1992), S. 587-625 [Sutherland kritisiert die teilweise eindimensionale Betrachtung des DreißigjĂ€hrigen Krieges als primĂ€r deutscher Krieg.]
  • (fr) Georges Livet, La Guerre de Trente Ans, collection « Que sais-je ? Â», PUF, 1er octobre 1994 (ISBN 2130459889)
  • (de) Friedemann BedĂŒrftig, Taschenlexikon DreißigjĂ€hriger Krieg, Taschenbuch, 261 Seiten, Piper 1998
  • (fr) Henry Bogdan, La Guerre de Trente Ans, Perrin, 12 septembre 1999 (ISBN 2262010692)
  • (de) Gerhard Schormann, DreißigjĂ€hriger Krieg. 1618-1648, Stuttgart, 2001
  • (de) Georg Schmidt, Der DreißigjĂ€hrige Krieg, 6. Aufl., MĂŒnchen: Beck, 2003 (ISBN 3-406-49034-4)
  • (fr) Henri Sacchi, La Guerre de Trente Ans, Paris, Éditions L'Harmattan, coll. Chemins de la mĂ©moire, 2003, Nouv. Ă©d. corr.NB : À ce jour, l'Ă©tude la plus complĂšte en français sur la Guerre de Trente Ans
    • Tome 1 : L'Ombre de Charles Quint, 450 pages - (ISBN 2-7475-2300-4)
    • Tome 2 : L'Empire suppliciĂ©, 555 pages - (ISBN 2-74752301-2)
    • Tome 3 : Cendres et renouveau, 512 pages - (ISBN 2-7475-2302-0)
  • (fr) Yves Krumenacker, La Guerre de Trente Ans, Ellipses, 2008. NB: ouvrage commode, le plus rĂ©cent sur la question. Bonne bibliographie sur les divers aspects du conflit. (ISBN 9782729839529)

Notes et références

  1. ↑ Y. Krumenacker, pages 5-7.
  2. ↑ a  et b  Y. Krumenacker, page 20.
  3. ↑ Y. Krumenacker, page 47.
  4. ↑ Y. Krumenacker, page 48.
  5. ↑ a , b  et c  Y. Krumenacker, page 50.
  6. ↑ Actuelle vallĂ©e de l'Adda. Voir Bogdan, page 102.
  7. ↑ Y. Krumenacker, pages 54-55.
  8. ↑ G. Livet, page 19, Y. Krumenacker, pages 55-56.
  9. ↑ G. Livet, page 19, Y. Krumenacker, page 56. Le "tas d'ordures" n'est pas toujours citĂ©. G. PagĂšs, disant s'appuyer sur les mĂ©moires de l'un des "dĂ©fenestrĂ©s", Slawata, dit simplement qu'ils tombĂšrent dans le fossĂ© dont ils sortirent par leurs propres moyens (cf; PagĂšs, page 48).
  10. ↑ a  et b  Y. Krumenacker, page 59.
  11. ↑ les deux souverains ayant Ă©pousĂ© deux sƓurs de Philippe IV
  12. ↑ Un arbre gĂ©nĂ©alogique, partiel, peut ĂȘtre consultĂ© dans l'ouvrage de H. Bogdan, citĂ©, infra, en bibliographie, page 291.
  13. ↑ À la suite de J. Michelet, comme le rappelle G. Pagùs.
  14. ↑ G. Livet, page 21, Y. Krumenacker, page 60.
  15. ↑ G. Livet, pages 21-22.
  16. ↑ G. Livet, pages 20-21.
  17. ↑ Y. Krumenacker, page 58.
  18. ↑ G. Livet, pages 22-23, Y. Krumenacker, pages 61-62.
  19. ↑ Y. Krumenacker, page 67.
  20. ↑ Y. Krumenacker, page 68.
  21. ↑ G. Livet, pages 22-23.
  22. ↑ a  et b  G. Livet, page 24.
  23. ↑ Krumenacker, page 76.
  24. ↑ Sacchi, II, pages 12-12.
  25. ↑ Sacchi, II, page 16.
  26. ↑ Sacchi, II, pages 17-18 et 20-21.
  27. ↑ Y. Krumenacker, page 74.
  28. ↑ Y. Krumenacker, page 78.
  29. ↑ Y. Krumenacker, pages 82 et 78.
  30. ↑ G. Livet, pages 25-26.
  31. ↑ Y. Krumenacker, page 82.
  32. ↑ Sacchi, II, pages 130-131.
  33. ↑ Y. Krumenacker, page 83.
  34. ↑ a  et b  G. Livet, page 27.
  35. ↑ Y. Krumenacker, page 90.
  36. ↑ G. Livet, page 27, Y. Krumenacker, pages 84-85.
  37. ↑ G. Livet, pages 29-30.
  38. ↑ Y. Krumenacker, page 91.
  39. ↑ Harper Encyclopedia of Military Bography pages 303 et 304
  40. ↑ Y. Krumenacker, page 92.
  41. ↑ a  et b  G. Livet, page 31.
  42. ↑ H. Sacchi, tome II, pages 406-413.
  43. ↑ Y. Krumenacker, page 94.
  44. ↑ Walter Markov et Heinz Helmert, L'histoire à travers les batailles p 186
  45. ↑ Walter Markov et Heinz Helmert, L'Histoire à travers les batailles page 186
  46. ↑ Walter Markov et Heinz Helmert, L'Histoire à travers les batailles p 185 à 189
  47. ↑ a  et b  G. Livet, page 32.
  48. ↑ G. Livet, page 32, Y. Krumenacker, page 97.
  49. ↑ G. Livet, page 32, Y. Krumenacker, pages 100-101.
  50. ↑ G. Livet, page 36.
  51. ↑ G. Livet, page 35, Y. Krumenacker, pages 87-88.
  52. ↑ G. Livet, page 37.
  53. ↑ DĂ©claration de guerre faite selon les formes fĂ©odales, par un hĂ©raut d'armes.
  54. ↑ Y. Krumenacker, pages 103-104.
  55. ↑ Y. Krumenacker, page 105.
  56. ↑ Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l'histoire de France, page 110
  57. ↑ H. Bogdan, pages 180-183.
  58. ↑ G. Livet, page 40.
  59. ↑ Histoire de l'annexion de la Franche-ComtĂ© et du Pays de MontbĂ©liard pages 129 Ă  135.
  60. ↑ Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l'histoire de France, pages 237.
  61. ↑ Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l'histoire de France, page 110.
  62. ↑ a  et b  Y. Krumenacker, page 108.
  63. ↑ Y. Krumenacker, page 110.
  64. ↑ Y. Krumenacker, page 112.
  65. ↑ G. Livet, page 39.
  66. ↑ de Courcelles J.-B., 1823, Dictionnaire historique et biographique des gĂ©nĂ©raux français, depuis le onziĂšme siĂšcle jusqu'en 1820, Paris, Monsteq - Riva, vol. 8, 509 p., p. 413-414.
  67. ↑ Parker G., 1987, La guerre de 30 ans, Paris, AUbier, coll. historique, p. 235-236.
  68. ↑ Saint-Omer prise, l'objectif Ă©tait de s'emparer de l'ensemble de l'Artois par des actions conjuguĂ©es depuis cette place forte et depuis la frontiĂšre picarde.
  69. ↑ LocalitĂ© perdue dans la foulĂ©e de la prise de Corbie par le Prince Thomas de Savoie.
  70. ↑ Seul le lieutenant-gĂ©nĂ©ral de La Meilleraye resta sur place avec sa division.
  71. ↑ Lieutenant-GĂ©nĂ©ral espagnol Colloredo dont la troupe Ă©tait forte de 6000 chevaux.
  72. ↑ Caumont, 1843, MĂ©moires authentiques de Jacques Nompar de Caumont duc de La Force, Paris, Charpentier, tome III/IV, chapitre XXIII.
  73. ↑ Le siĂšge dura 6 semaines entiĂšres. C'est durant le siĂšge de Hesdin commandĂ© par La Meilleraye - cousin-germain de Richelieu- que l'armĂ©e française utilisera pour la premiĂšre fois le boulet explosif -ancĂȘtre de l'obus- et dĂ©truisit le beffroi de la citĂ©. La prise de la ville valu Ă  La Meilleraye son bĂąton de marĂ©chal de la main mĂȘme du Roi, assistant depuis dĂ©jĂ  4 semaines aux opĂ©rations. Martin H., 1860, Histoire de France, depuis les temps les plus reculĂ©s jusqu'en 1789, Paris, Furne, Tome 13, 640 p., p. 245.
  74. ↑ Y. Krumenacker, page 113.
  75. ↑ Y. Krumenacker, page 114-115.
  76. ↑ Y. Krumenacker, page 114.
  77. ↑ Y. Krumenacker, page 115-117.
  78. ↑ GĂ©nĂ©ral Hardy de PĂ©rini, Batailles françaises, tome III 1621-1643, p 317
  79. ↑ H. Bogdan, page 219.
  80. ↑ G. Livet, page 41.
  81. ↑ Y. Krumenacker, page 141.
  82. ↑ H. Bogdan, page 224.
  83. ↑ Y. Krumenacker, page 143.
  84. ↑ Y. Krumenacker, page 144-145.
  85. ↑ Les Espagnols tiendront la citĂ© 10 annĂ©es durant, jusqu'Ă  sa reconquĂȘte par les marĂ©chaux Turenne et de La FertĂ© en 1667. Demeunynck et Devaux, 1837, Annuaire statistique du dĂ©partement du Nord, Lille, PrĂ©fecture du Nord, 404 p., p. 45.
  86. ↑ Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l'histoire de France, page 495.
  87. ↑ Y. Krumenacker, page 148.
  88. ↑ Y. Krumenacker, page 146-147.
  89. ↑ http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761572707_2/Trente_Ans_guerre_de.html
  90. ↑ Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l'histoire de France, pages 494 et 495
  91. ↑ Y. Krumenacker, chapitre VIII, pages 151-165.
  92. ↑ Malette S., 2006, [www.theses.ulaval.ca/2006/23836/23836.pdf La "gouvernementalitĂ©" chez Michel Foucault], M. A., FacultĂ© de Philosophie, UniversitĂ© Laval - QuĂ©bec, 115 p., p. 78.
  93. ↑ Hayt F., 2006, Atlas d'histoire, dir. C. Patart, De Boeck, Bruxelles, 31e Ă©d., 192 p.
  94. ↑ Au sens de l'analyse du "pouvoir pastoral" proposĂ©e par Michel Foucault, cf. Foucault M., 2004, SĂ©curitĂ©, territoire, population : cours au CollĂšge de France. 1977-1978, Gallimard, Hautes Études, Paris, p. 131 et suivantes.
  95. ↑ Almanach Vermot 2008 et Une guerre de trente ans en Lorraine (page 369), de Philippe Martin, professeur d'histoire moderne Ă  l'universitĂ© de Nancy 2.
  96. ↑ Y. Krumenacker, page 168.
  97. ↑ On pourra se reporter Ă  la carte donnĂ©e par Y. Krumenacker, page 193.
  98. ↑ a , b  et c  http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_de_Haynin

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